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 Quand sapience prévaut sur violence [Clélia, Kerthan, Cléophas]

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Clélia d'Olyssea
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MessageSujet: Re: Quand sapience prévaut sur violence [Clélia, Kerthan, Cléophas]   Jeu 11 Oct 2012 - 20:24

    Le départ de Grégoire d'Odélian se fit dans un calme relatif pour la baronne d'Olyssea, qui se contenta d'observer la silhouette imposante se retirer dans un flot de paroles - dans lesquelles on sentait néanmoins toute l'animosité et le dégoût qu'il éprouvait pour ce qui se passait sous ses yeux incrédules - que Clélia semblait entendre sans réellement chercher à les comprendre. Laissant l'homme quitter la pièce sans qu'aucun bruit ne vienne finalement rompre le calme retombé au sein du repas, les deux cousines finirent par se regarder avant de reprendre la discussion. Le ton, tout comme l'ambiance, semblaient s'être subrepticement réchauffés, même si bien sûr l'assistance emplie de serviteurs et de gardes divers n'en étaient pas moins aux aguets.

    « Je ne saurais que louer Néera de vous avoir offert la bonté d'âme naturelle que chacun doit avoir envers sa famille. »

    S'accomodant d'une ample gorgée d'eau afin de finir sa coupe, la jeune femme, qui n'avait pour ainsi dire pas touché à son assiettée, écouta avec attention les dires de sa cousine. Elle parlait de l'avenir d'Adrien, du sien, de ce que les souvenirs lui rappelaient lors de ses voyages à l'époque où Sharas était la ville de leurs pérégrinations familiales.

    D'une voix calme, la jeune olysséenne posa un regard neuf sur Arsinoé, ses iris d'un bleu profond sondant presque celles de son homologue pour s'assurer que celle-ci garderait en mémoire tout ceci.

    « Je serais enchantée qu'Adrien puisse ainsi venir en Sharas. Mes nourrices - les mêmes qui se sont occupées d'Yvain - s'en occuperont avec toute l'attention et la rigueur qu'elles ont su montrer à l'égard de mon fils. Il sera traité comme mien, et la maisonnée se réjouira, après le triste départ de Mère, de revoir de la vie en cette demeure. Il me serait d'ailleurs tout aussi réjouissant de savoir que vous accepteriez d'être la marraine de mon prochain enfant ; ainsi sera t-il le gage d'un avenir apaisé. »

    Baissant les yeux au douloureux rappel de la mort d'Antonella d'Olyssea, la jeune femme laissa la conversation dériver sur d'autres sujets moins houleux, le dîner s'achevant sur une note plus légère qu'au commencement. La nuit, noire et tout juste parsemée de quelques traînées étoilées, s'était installée depuis un moment en Cantharel alors que la baronne rejoignait ses appartements.

    -----

    Le lendemain, toute la garde pourpre réquisitionnée pour le voyage, ainsi que les quelques servantes qui avaient été de la partie, s'affairaient autour du calèche. Alors que la baronne patientait, visiblement agacée par la lenteur exaspérante que prenaient tant d'hommes à charger si peu d'affaires personnelles. Agitant son éventail distraitement, Clélia éprouva un léger regain de sympathie en voyant arriver un de ses hommes à sa hauteur, lui annonçant que ses ordres avaient bel et bien été donnés : aussi, les quelques mille hommes servant la cause de la Louve s'étaient préparés à quitter la ville, et l'attendaient aux portes de la capitale berthildoise. Des missives avaient été envoyées pour tenir au courant du départ de la baronne les conseillers et les vassaux, et notamment à Langehack où l'on faisait la lecture à Yvain, qui apprenait enfin à déchiffrer les nouvelles concernant sa mère.

    Les salutations avec sa parente s'étaient faites de manière intime et néanmoins discrètes ; n'aimant ni l'une ni l'autre l'exubérance suderonne et la mise en scène émotionnelle plus ou moins absurde qu'occasionnaient ce type d'au-revoir, les jeunes femmes avaient eu le loisir, avant le départ de la cadette, d'en discuter et de souhaiter vivement des retrouvailles à court terme.

    Lorsque la jeune noble s'engouffra dans la calèche à la suite de ses deux derniers gardes, celle-ci amorça paisiblement son départ, entraînant avec elle la disparition d'un millier d'hommes.
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Grégoire d'Odélian
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MessageSujet: Re: Quand sapience prévaut sur violence [Clélia, Kerthan, Cléophas]   Mar 16 Oct 2012 - 17:41

C’était un comte excédé, fulminant et pourtant qui essayait de se calmer avec l’air frais de la plaine, qui chevauchait vers le campement odélian. Son entrevue n’avait duré qu’une journée mais celle-ci lui avait paru improductive et c’est dans le doute de cette campagne et sa décision de faire route pour Saint-Berthilde que Grégoire réfléchissait. A l’entrée du campement, quelques gardes et gens d’armes qui avaient vu l’escouade venir vers eux essayer de savoir ce qui se passait alors que l’un des hommes du gant noir ainsi que le noble grommelait à ce qu’on les laisse passer :

" Imbécile, fais place, tu ne vois pas que ton comte veut passer, écartes toi avant que je ne descende t’expliquer pourquoi ma lame s’appelle Accalon la pourfendeuse. "

Alors que la foule s’écartait enfin afin que les cavaliers puissent avancer à travers l'allée centrale, Grégoire était d'une humeur massacrante, voulant se réconforter dans l’ambiance de son campement, laissant derrière lui ces deux bonnes femmes de malheur, il ne trouvait qu’abrutis lui barrant la route. Remontant le camp, il trouva une grande tente arborant ses couleurs-au moins on avait donné des ordres afin que ses appartements soient dressés-et descendit de cheval avant d’entrer. A l’intérieur des gens déjà s’affairaient à déballer quelques affaires, allumer les torches et amener une collation ainsi qu’une bouteille de vin pendant que le noble se défaisait de sa cape. Se posant sur une chaise, l’homme restait plongé dans ses pensées alors qu’il grignotait plus par nervosité que par appétit. Après avoir vidé un verre et s’être décidé à faire mander son conseil-après tout, il ne pouvait laisser toute l’armée dans le vague après son retour hâtif-il appela un serviteur et demanda à ce dernier d’aller chercher le baron et son conseil de guerre afin qu’il clarifie et donne les dernières informations sur la situation. Quelques minutes plus tard, tout le monde était rassemblé et Grégoire fit le résumé de sa visite au château en essayant de rester le plus objectif et poli qu’il le pouvait. On discuta un peu, certains criant à l’affront et demandant à partir immédiatement, d’autres plus sage ou plus stratège recommandèrent la prudence et d’attendre au moins la lettre de la marquise. Grégoire au milieu du brouhaha écoutait sans vraiment percevoir les sons, posant parfois un regard inquisiteur sur le baron. Finalement la décision fut prise par Grégoire, ils attendraient jusqu’au matin la missive d’Arsinoé d’Olysséa, quelques heures de plus n’allaient sans doute pas les tuer.

Au lendemain, un grouillot au couleur de Sainte-Berthilde fut accompagné sous escorte jusqu’à la tente du comte alors que ce dernier lisait quelques rapports et discutait tranquillement avec l’un de ses conseillers; le camp commençait à être défait et certains pages et serviteurs étaient occupés à ranger le matériel. Parcourant le document des yeux, l’homme demanda à ce que le messager reste un instant le temps que le noble puisse analyser la situation mais aussi lui transmettre sa réponse. Si la maladresse de la marquise était un euphémisme, celle-ci semblait avoir retrouvé un semblant de raison et allait même jusqu’à promettre la destitution du félon qui l’avait inquiété. Restant néanmoins sceptique, Grégoire luttait intérieurement entre ses envies et ses devoirs, sa passion et sa raison. Il est vrai qu’éjecter le goupil et ses prétentions démesurées rendraient service à tous et surtout à son comté. Après avoir soupesé le pour et le contre pendant quelques minutes (ou du moins le feint-il sa réflexion ne s’étant pas arrêter pendant la nuit) l’homme se saisit d’une feuille, d’une plume et d’un encrier.

Citation :
A son excellence la marquise de Saint Berthilde, Arsinoé d’Olysséa,

Je suis un gentilhomme et par conséquent je ne tiendrais pas rigueur de la manière dont son excellence m’aura traité lors de mon cours séjour en ses murs. Comme vous l’avez dit, il faudra faire des concessions pour que la paix et la fin de ce conflit voient enfin le jour; ainsi si je respecte-mais ne l’approuve-votre choix de laisser regarder votre cousine regagner ses terres, vous devrez pour porter garante de celle-ci.

Odélian et Etherna se tiendront donc à vos côtés et marcheront avec vous afin de vous porter assistance et voir enfin la conclusion de ce conflit arriver à terme. Mon ost est sur le départ, si comme votre missive l’indique, vous vous apprêtez à partir, mon armée se tiendra prête à vous suivre.

Grégoire Berdevin, seigneur de Dens, comte d’Odélian.

Se relisant, une animation au sein du fortin de fortune, fit quitter le noble de sa chaise pour se porter au devant de ses hommes qui montraient une longue procession vomit par les portes de Cantharel, les couleurs étaient celles d’Olysséa. Un instant, un bref instant, le comte se voyait donnait l’ordre de charger les scorpions, de s’armer, que la bataille était là, mais tous se contentèrent de regarder la colonne se déroulait et passait en toute quiétude, malgré l’électricité dans l’air que l’on pouvait sentir palpable dans chacun des deux camps. Grégoire jugeant en avoir assez vu de ce spectacle, revient dans sa tente, relu la lettre, la cacheta et la tendit au messager avant de demander à ce qu’on le laisse seul un instant.

Profitant de la relative tranquillité des lieux, il se servit un verre et prit de nouveau un papier vierge, sa plume et de l’encre, il écrivit une missive à Madeleyne, celle-ci était simple. Il donnait des nouvelles de sa bonne santé et quelques détails sur les quelques personnalités et paysages qu’il avait pu voir sans en écrire des tonnes, l’homme n’était pas un poète. Il n'espérait juste que la santé de sa douce ainsi que de celle de son enfant étaient bonnes, espérant que les deux se portaient bien et qu’il les retrouverait bientôt. La lettre était simple, celle d’un homme simple à sa mie. Il donna sa lettre ainsi que d’autres courriers à l’un de ses coursiers en disant qu’il les retrouverait surement sur la route pour l’Erac, puis après l’avoir vu s’éloigner, le comte se prépara a rencontrer de nouveau la marquise.
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Jérôme de Clairssac
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MessageSujet: Re: Quand sapience prévaut sur violence [Clélia, Kerthan, Cléophas]   Mer 17 Oct 2012 - 9:43

Alors qu'il devait dormir sur place, le Comte fit son retour après le repas, créant la surprise générale. Nombre de personnes se mirent sur son chemin afin d'entendre des bribes d'informations. Ce fut vain car celui-ci semblait excédé et il se dirigea tout droit vers sa tente qui avait été dressé au milieu du campement. Jérôme pour sa part n'avait pas fait le chemin pour aller au devant de son suzerain, il se tenait prêt à répondre à son appel mais il l'attendrait, il savait d'expérience que Grégoire n'aimait pas avoir des gens dans ses pieds lorsqu'il ne le voulait pas. Intérieurement, la Baron se demandait tout de même comme tout le monde le motif de se retour hâtif, il espérait avoir une explication rapidement.

L'ordre arriva, le Comte demandait sa présence dans sa tente ainsi que le conseil de guerre, voila qui était étonnant vu l'heure mais Jérôme fit diligence comme il le devait. Il arriva donc devant la tente et entra alors qu'il entendait des voix à l'intérieur, il n'était pas le premier arrivé mais il s'en moquait, il avait fait aussi vite qu'il le pouvait tout en ne courant pas non plus. Grégoire expliqua ce qu'il s'était passé à l'intérieur de l'enceinte de la cité, l'affront qu'il avait reçu et la convivialité qu'il semblait y avoir entre la Marquise et sa cousine Baronne alors qu'elles étaient censées être en froid, du moins lorsque Arsinoé avait mandé le l'aide. Les voix se firent entendre, plus fortes les unes que les autres, certains criant et demandant le départ immédiat, d'autres plus politique expliquant qu'il fallait attendre la lettre promise par la Marquise. Le Baron était d'avis que s'il n'y avait pas de désaccord entre la Marquise et l'une des personnes qui l'avait assiégé il y peu alors leur présence ici n'était plus d'actualité et il leur fallait rentrer chez eux pour gouverner leurs terres. Toutefois, tenant son rang, il ne fit pas de commentaire, écoutant les avis partagés et subissant les regards inquisiteurs du Comte sans savoir pourquoi il en était le destinataire alors qu'il n'avait rien fait de mal. Grégoire finit par trancher, prenant la décision d'attendre jusqu'au matin une lettre hypothétique de la Marquise et d'aviser alors de la ligne de conduite à tenir. Chacun alla se coucher pour prendre un repos récupérateur.

Le lendemain arriva bien assez vite, Jérôme se leva et se lava à l'eau froide afin de se réveiller, connaissant le Comte il était presque certain que celui-ci déciderait de lever le camp et de partir. Lorsque les portes de la cité s'ouvrir, laissant passer l'ost de la Baronne d'Olyssea, son idée fut renforcé, il était certain qu'il rentrerait chez lui car qui partirait en guerre contre le mari d'une femme en la laissant avec son armée dans leur dos ou pire capable d'aller piller leurs terres qui avaient des défenses moindres vu les hommes présents ici même. D'autant plus en raison de l'entente qui semblait être de mise entre les deux femmes, démentant le climat qui devait être au moment de l'appel au secours de la Marquise. Des tentes commençaient même à être démontées, preuve qu'ils ne resteraient pas.
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Arsinoé d'Olyssea
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MessageSujet: Re: Quand sapience prévaut sur violence [Clélia, Kerthan, Cléophas]   Jeu 18 Oct 2012 - 17:27

Son sommeil, à la fois trop court et agité, la voyait néanmoins prête à affronter la journée qui s’annonçait rude. C'est ainsi que c'est presque sereine qu'elle entreprit de faire ses adieux à sa cousine, de recevoir l'hommage du vieux seigneur de Casteldulac puis de s'enquérir auprès de son bon Sénéchal sur le progrès des préparatifs, le tout dans l'attente fébrile du vélin contenant la décision du comte à l'honneur froissé. Celle-ci se fit attendre tard dans la matinée, le messager d'Odélian ne se présentant aux portes de la citadelle qu'alors que les Olysseans se perdaient dans les douces collines à l'ouest. Son message, présenté sans fard, correspondait pleinement à ses propres attentes et espérances. Parvenant même à se convaincre qu'elle n'avait jamais imaginé une autre issue à ce conflit insensé, Arsinoé se sentait pousser des ailes et ne put que prendre son mal en patience quant on l'informa qu'elle ne pouvait envisager de quitter Cantharel pour plusieurs heures encore. Un départ qui pour une femme contrainte à se réfugier entre ces austères murailles depuis le début du mois signifiait peu ou prou un retour tant attendu à la trajectoire qu'elle s'était fixée lors du lent périple de Thaar à Sharas.

Le soleil avait passé son zénith, et encore le castel résonnait d'une effervescence qui ne semblait vouloir s'estomper. La marquise s'entretenait avec un notable et son épouse, le bourgeois désirant quelques assurances que son commerce ainsi celui de la guilde qu'il prétendait représenter ne serait plus troublé par les troubles accompagnant le retour de sa souveraine, lorsque Frédéric de Kelbourg et Adelin firent leur entrée dans la pièce. Elle congédia alors le couple, répétant d'une voix chaleureuse ce qu'ils semblaient vouloir entendre, et se mit à disposition de ses deux châtelains qui n'avait point l'air d'humeur patiente. Le sire de Kelbourg s’avança alors, ses yeux gris-verts lui paraissant quelques peu moins ternes qu'à l'accoutumée.
« Je vous souhaite la bonne journée votre excellence, sachez moi désolé d’interrompre si grossièrement vos affaires, mais il était de l'avis de votre Sénéchal que la chose ne pouvait attendre. Votre déclaration à l'encontre du sire de la Rochepont, aussi juste soit elle, fut pour moi une surprise de poids. Il n'est en effet pas improbable que le conflit ne s'étale sur des terres sous ma protection, qui je le crains ne sont aucunement averties du danger les guettant. Permettez-moi de me rendre en toute hâte à Kelbourg et préparer le pays au retour de l'Arétan. »
Elle lança alors un coup d’œil en la direction d'Adelin, qui hocha vivement la tête, un signe on ne peut plus clair. Elle savait les deux hommes proches, n'avaient t-ils pas ensemble fais campagne contre les prétentions d'Aliénor il y a moins d'un an? C'était assez pour installer le doute dans l'esprit d'Arsinoé, qui voulut alors s'assurer que son oncle n'ait pas simplement cédé aux désirs égoïstes de son ami.
« N'y a t-il aucun risque que mon cousin ne profite de cette dispersion de nos forces ? L'homme est dit rusé à la guerre d'une manière qu'il ne l'est nulle part ailleurs, et je ne souhaite nullement mettre en péril notre avantage. »

« Votre prudence toute naturelle vous fait honneur, mais le jour ou Anseric pourra me surprendre en mon propre fief n'est pas proche. Le comte n'a de surcroît toujours pas franchit la frontière aux dernières nouvelles, et pourquoi agresserait-il sans provocation un seigneur uniquement responsable d'avoir rendu hommage à sa marquise légitime et s'en retournant à ses occupations? »



L’Astre n'était plus haut dans le ciel lorsque les Berthildois achevèrent de se déverser de Cantharel en une longue procession, suivant le cours de la route pavée qui les mèneraient droit vers Kelbourg. Du haut des parapets, les hommes laissés en garnison pouvaient observer la complexe tapisserie qu'était la plaine, quadrillée de dizaines de blasons des différents seigneurs unis par l'accord de leurs suzerains. Au loin et des plus hautes tours de Cantharel, ils pouvaient apercevoir une plus petite troupe chevauchant vers le sud ; Frédéric et ses hommes. Alors que se mettaient lentement en marche les différentes composantes de l'Ost, Arsinoé s'était décidée de rendre visite à ses alliés le baron et le comte, désireuse de rencontrer le premier et de réparer les relations avec le second.
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Grégoire d'Odélian
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MessageSujet: Re: Quand sapience prévaut sur violence [Clélia, Kerthan, Cléophas]   Mer 24 Oct 2012 - 18:18

Alors que le camp continuait de se démonter peu à peu, Grégoire qui avait passé son armure attendait que le baron qu’il avait appelé n’arrive dans sa tente. Se regardant dans le miroir, il admirait sa vieille compagne, une armure de fabrication oesgardienne et se trouvait peiné qu’un tel savoir-faire ne se perde avec la déliquescence qui régnait depuis bien des années dans ce hameau perdu. Ce triste constat d’un pays livré à lui-même n’aurait pas tiré une larme au comte, mais il prouvait indéniablement que la léthargie s’était installée dans l’ensemble du marquisat de Serramire et c’était l’une des raisons qui l’avait poussé à demander cet entretien avec Jérôme, avant d’annoncer aux restes de l’armée ses intentions. Regardant dans la glace, Grégoire vit le noble dans l’encadrement de la porte et il l’invita à entrer et s’asseoir.

" Entre Jérôme, j’ai à te parler. Laissez ça, vous finirez d’empaqueter tout cela plus tard, qu’on nous laisse. "

Congédiant les domestiques, l’homme en armure se dirigea vers la table et se servit un verre de cidre et en offrit un à son homologue avant de s’asseoir en face de lui. Le toisant un instant, il se remémora les années que les deux hommes avaient passés ensemble, le jeune homme passant à son service pour commencer son apprentissage de chevalier. Avec les années, il avait su gardé sa bonne humeur et un certain idéalisme (le comte aurait surement préféré le mot naïveté) malgré le caractère parfois irascible du comte. Puis finalement Grégoire prit la parole :

" Cela fait des années que nous nous connaissons mon ami et chacun de nous a fait du chemin, j’ai hérité de la charge de feu mon frère et toi, tu as été élevé à la charge de baron. Je suis sur que ta maison a dû se sentir fier de l’honneur qui lui avait été fait et je me félicite d’une telle décision. Tu es un homme droit et juste Jérôme et c’était un homme comme toi qu’il fallait pour qu’Etherna oubli le passé, fasse enfin son deuil et marche aux côtés d’Odélian. Toi et moi sommes avant tout des soldats, des guerriers, peu intéressés par les illusions, les abstractions de la politique et des intrigues de cours, mais cependant avec nos nouvelles affectations respectives nous nous devons de respecter certaines règles, règles qui au final ne sont pas si différentes de celles de la chevalerie. Peut-être ne vois-tu pas où je veux en venir, alors je te dirais que parfois l’on fait ce que l’on veut et parfois on fait ce que l’on doit; baron nous ne rentrons pas chez nous aujourd’hui. J’ai reçu la missive de dame Arsinoé et je l’ai lui déjà répondu que nous viendrons lui prêter main forte face au tyran d’Arétria. "

Se resservant un verre, le comte but lentement, le temps de sentir l’essence de la boisson et de se désaltérer après cette petite tirade emprunt de nostalgie et de rappel du devoir. Le ton était volontairement paternaliste et décontracté, loin des cours et des protocoles nobiliaires, Grégoire et Jérôme n’était que deux amis, un mentor et son élève ayant une discussion simple, entre hommes. Reportant son attention sur son interlocuteur et le discours :

" Oui, pour des raisons aussi bien politiques que pour répondre à notre devoir, nous nous devons d’accompagner la marquise et de la défendre afin que la paix puisse de nouveau se faire dans l’atral. Hier peut-être as-tu remarqué mes regards te fixant, c’était en effet le cas car j’hésitais. Te souviens-tu de notre conversation sur Serramire ? Pendant un instant hier soir, j’ai eu la faiblesse de croire que nous pourrions nous en aller et laisser la marquise se débrouiller seule, la laissant au prise avec le comte d’Arétria et partir simplement, pour peut-être nous arrêter devant les murs de notre marquisat. J’ai eu le fol espoir un instant de déserter ma tâche pour aller demander des comptes à la marquise de Serramire afin que le marquisat se réveille enfin et ne souffre plus des troubles et des tensions qui y règnent. Mais j’ai croisé ton regard et je me suis rappelé la droiture dont tu as toujours su faire preuve. Nous nous entretiendrons plus longuement sur le cas Serramirois, car si aujourd’hui notre devoir nous impose de ne pas nous y rendre, demain est un autre jour.

Ainsi je vais faire appeler le conseil de guerre sous peu et leur apprendrais que nous ferons route avec la marquise pour le nord d’Erac, nous passerons surement par Kel…Kelbourg, puis descendrons dans le sud; la marquise nous en dira plus lorsque nous la rencontrerons. J’ai aussi fait envoyé un coursier afin que l’on fasse le nécessaire pour que l’on lève l’arrière ban en Odélian, en homme avisé je suppose que tu as donné un ordre similaire à ton frère, un brave ce Guillaume. Si tu craignais une attaque sur nos arrières par la baronne d’Olysséa, les troupes en état d’alerte dans notre beau pays seront à même de s’occuper de la menace. Lorsque toute cette affaire sera finie, il nous faudra aussi nous entretenir de notre voisin Oesgardien, la situation dans cette région est inquiétante.
"

Ils restèrent un moment à discuter mais pressé par le temps, cela ne s’éternisa pas plus de quelques minutes avant que les hommes qu’ils avaient fait appeler n’arrivent que l’on mette au point la situation. Mis à part les échanges habituels sur la marche à suivre et les nobles récalcitrants, le comte trancha et après plier les tentes et tout le matériel, le convoi se mit en route, le comte et le baron se détachant de la tête de l’ost pour aller présenter leur respect à la marquise de Sainte-Berthilde.
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Quand sapience prévaut sur violence [Clélia, Kerthan, Cléophas]
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