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 Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]

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Celindel de Delebrimir
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MessageSujet: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Mer 6 Juin 2012 - 16:01

Thaar était décidément une ville originale. Bâtie près de la mer, son port était une petite cuvette, d'où l'on pouvait apercevoir les extrémités surplombées des collines alentours. Les barrières naturelles du port, hautes de plusieurs centaines de mètres, offraient un poste de tir incomparable et précieux en cas d'attaque. Dans la ville, il y avait trois pics étranges de pierre, dont les flancs étaient parsemés d'habitations. D'ailleurs, la demeure du dirigeant de la ville se trouvait au sommet du plus haut pic de la cité. Celindel contemplait ce paysage depuis l'une des deux barrières naturelles de la cité. C'était étrange. Et beau. La nuit avait finalement étalé son emprise sur l'Ithri'Vaan, ancienne contrée des Drows, depuis lors libérée du joug oppresseur.

Thaar et ses environs étaient une étrange contrée pour y avoir une résidence, même de vacances. Celindel ne partait jamais en vacances. Il voyageait, certes, mais il écrivait toujours le second tome de son futur manuscrit. Son manoir à Alëandir, héritage de son père, lui suffisait amplement, et encore, la moitié de l'année, c'était les auberges qui accueillaient Celindel, en voyage. Celindel écrivait quelques lignes, notant ce qui lui inspirait ce paysage de la ville de Thaar. Surprise, incompréhension, charme, et stupidité. Il se releva, époussetant sa longue robe rouge, et remonta sur la croupe de sa monture, talonnant Imaëh qui se mit à galoper.

La demeure de Cylas se trouvait à quelques lieux hors de Thaar, sur la route de Naelis, cachée par une petite forêt de pins. Celindel avait envoyé, deux semaines auparavant, une lettre à son ami Cylas, lui proposant de tenir une réunion, à laquelle les penseurs, écrivains et érudits, mages et philosophes de Miradelphia seraient conviés. Son ami lui avait répondu promptement, faisant preuve d'un engouement qui ne surprit pas le moins du monde Delebrimir. Ce dernier demanda, ou plutôt, imposa à son ami le lieu de la réunion dans sa propre demeure, près de Thaar. Un endroit simple et discret, où tous pouvaient se rendre. Celindel ne savait pas qui viendrait. Ils n'avaient qu'ébruiter la réunion. Aucun acte officiel, cela aurait coûté cher, aurait pris plus de temps, et aurait rameuté sûrement des bandits...

La petite forêt de pins s'érigea à l'horizon, et Celindel bifurqua à travers champs. Les premières torches, accrochées aux pans de la vaste demeure de Cylas, percèrent l'étroit camouflage que procurait la forêt. La demeure était véritablement splendide. Véritable petite forteresse d'élégance. La porte, fermée par une herse, était surplombée de deux torches, voisines de petites meurtrières, filles de créneaux à la cime des remparts. Quand la herse s'ouvrit, ouverte par les gardes qui l'aperçurent et le reconnurent, le Philosophe put admirer une vaste cour, dont le centre était occupée par une belle obélisque. Des fleurs étaient accrochées partout sur les murs, et Celindel contempla les chefs d’œuvres architecturaux du manoir : Les gravures étaient splendides, et les alcôves protégeaient un petit chemin où il devait être agréable de se promener par de chaudes journées d'été. Un garde vint chercher sa monture, et l'emmena aux écuries. Le porche, qui abritait une vaste porte de bois, était éclairé par une lanterne plafonnée qu'un garde alluma avec une torche, tandis que la vaste porte de la demeure s'ouvrait, et qu'un Elfe, relativement petit, vêtu d'une robe de chambre soyeuse et aux motifs élégants sortait par de petits pas.

Spoiler:
 

Delebrimir était vêtu d'une robe rouge et dorée qu'il affectionnait, mais il fallait le reconnaître, il passait pour un mendiant à côté de son ami. En tout cas dans cette tenue. Mais le Philosophe Millénaire avait amené de nombreux vêtements, dont ses plus beaux atours, qui provoqueraient la jalousie et l'admiration de Cylas. De 800 ans son cadet, le jeune Artiste avait intéressé Celindel par ses études et ses ouvrages. Bien que très jeune, Cylas avait tout d'un grand esprit comme Delebrimir, si ce n'était qu'il était également un jeune effronté. La différence d'âge ne gênait aucun des deux Elfes, qui devinrent de bons amis en peu de temps, se partageant des idées et les exploitants. Après avoir pris ses trois gros sacs d'habits, de livres, d'armes et d'armures sur le côté de sa monture, Celindel se dirigea vers Cylas. Delebrimir s'amusa à marcher comme Cylas, faisant de grandes enjambées avec le visage sérieux et les sourcils froncés.

- Bonsoir Cylas, un plaisir de te revoir. Appelle un de tes hommes, mes sacs sont lourds. J'ai, comme convenu, amené une infime partie de mes ouvrages écrits, qui sont au nombre de cinq, ainsi que mes livres les plus rares, qui sont au nombre de trente sept. J'aurais bien pris l'intégralité de ma bibliothèque mais je doute que voyager avec cinq milliers d'ouvrages soit bien vu, par ici. Etrange n'est ce pas ? Je dois essayer une théorie sur la différence d'intelligence entre les Elfes et les Humains de cette région. Ceux de la Péninsule pensent avec des épées pour la plupart, ce qui ne fait pas d'eux des personnes très constructives et intelligentes...Bien que j'ai rencontré des personnes fort aimables ! Enfin ! Embrassons nous !


Dernière édition par Celindel de Delebrimir le Sam 1 Déc 2012 - 15:16, édité 4 fois
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Cylas Le Pamphlétaire
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MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Mer 6 Juin 2012 - 19:02

Prologue

Il se souvenait encore… Cette lettre, ces mots, ces syntaxes, ce style… Il ne lui fallut que peu de temps pour comprendre qu’il s’agissait de son vieil ami Celindel. Cela faisait un petit moment que Cylas n’avait pas eu de nouvelles de son camarade, aussi cette lettre lui fit elle chaud au cœur, en plus de le rassurer sur le sort de Celindel. Ce dernier était un voyageur passionné, qui savait apprécier la diversité des paysages. Cylas se souvenait… Il était assis confortablement près du feu de sa magnifique cheminée. Il était dans le salon, relisant ses notes sur la théorie des courbes de Gallistar. Son perfectionnisme le poussait à relire chaque ligne, craignant d’avoir omis un détail important. Quoique l’importance du détail ne soit pas véritablement ce qui l’importait, c’était plutôt sa quête acharnée de connaissance, et la maîtrise absolue des sujets qu’il abordait qu’il recherchait.

Plongé dans ses écrits, il n’entendit pas les pas mécaniques d’un de ses domestiques. C’était une de ses magnifiques nuits de pleine lune, où les étoiles tapissent ce voile sombre en formant une sorte de schéma complexe que de simples mortels ne pouvaient pas comprendre. Le domestique tapota délicatement la porte de trois brefs coups réguliers, il savait que son maître abhorrait les entrées brutales, sans une certaine retenue. Aussi le servant fit-il attention, prévenant à l’avance son maître de son arrivée, et ne fit son entrée qu’une fois la permission accordée par Le Pamphlétaire. Le domestique ne pouvait distinguer que la main de son maître, celle-ci tenant avec grâce un verre de cristal, rempli d’une liqueur dont il ignorait le nom. Les cheveux de maître Cylas, longs qu’ils étaient, dépassaient légèrement de son grand siège. Avec une politesse exemplaire, il déclara, d’un air très calme :

- Maître, une lettre.

- De qui est-elle ?

- Elle provient de votre ami Celindel, je crois.

- Celindel ? Cela fait bien deux pleines lunes que je n’ai pas eu de ses nouvelles. Merci Narel, posez la lettre sur la table. Ah, et allez me chercher de l’encre.

- Oui, maître.

Finissant son verre, Cylas se leva avec légèreté, tandis que son domestique s’en allait chercher l’encre. Le célèbre écrivain prit la lettre… Il identifia le sceau, il s’agissait bien de son ami. Il l’ouvrit, et lit avec attention… Organiser une soirée ? Pour réunir les plus grands esprits du continent ? Plus il lisait les belles lignes de son ami, plus l’on pouvait apercevoir un sourire se dessinait lentement au coin de ses lèvres. L’idée lui plaisait. Quand Narel revint, Cylas prit sa plume, s’assis sur sa chaise en if, et commença à écrire. Il ne pouvait pas refuser…

Après le départ

Le Pamplétaire était convenu avec Celindel d’organiser ce grand rendez-vous chez lui, dans sa maison secondaire, enfin si l’on peut nommer cela une maison, de Thaar. Il n’avait pas choisi l’endroit au hasard. Carrefour réunissant toutes les races, une cohabitation avec les drows étaient possibles, enfin presque. La proximité avec la mer lui plaisait, le climat également. Mais désirant ne pas être trop proche de la ville, il avait décidé de faire construire cette demeure un peu plus à l’extérieur. Toute de pierre blanche, la demeure semblait avoir été construire après le jardin, central ici. Le jardin était grand, spacieux, entretenus, et réunissait un nombre non-négligeable d’espèces végétales diverses et variées. Les gravures magnifiques semblaient guider le visiteur le long du jardin, l’obélisque surplombait de sa superbe l’ensemble. Cohabitation quasi-parfaite de la nature avec l’architecture, Cylas avait voulu d’un endroit apaisant, inspirant, et bien évidemment, protégé. Pour l’organisation de cette rencontre, Cylas avait engagé de nombreux gardes, mais il avait également fait appel à de grands cuisiniers pour la confection des plats. Et n’oublions pas les musiciens, les danseuses et les décorateurs auxquels Le Pamphlétaire avait fait appel. Tous les éléments étaient réunis pour que cette rencontre se déroule sous les meilleurs hospices. Ce rendez-vous n’avait rien à envier aux soirées festives de la haute-noblesse. Même les drows avaient le droit de venir, si c’était pour discuter, débattre et partager des connaissances bien entendu.

Des tapis importés du Sud recouvraient le sol en marbre de la grande salle de réunion. Des drapeaux de soie recouvraient les murs, les fenêtres laissaient la lumière couler tel un torrent dans la salle, illuminant la pièce, faisant ressortir ces petits détails que l’on ne voit pas toujours, mais qui une fois révélés, vous impressionnent. L’elfe était toujours admiratif de cette demeure magnifique. Quelques statues et de petites sculptures étaient disséminées un peu partout, et un œil avisé pourrait voir ces gravures, nombreuses, qui donnent un certain charme aux murs. Des tableaux avaient été placés dans les couloirs. La salle de réunion, immense, pouvait réunir jusqu’à une centaine de convives. Au fond de la salle, une chair, pour les discours.

Quand Cylas fut enfin arrivé, il savait que son ami n’allait pas tarder, aussi ne prit-il pas le temps de se reposer, et alla directement se laver, avant de se changer. Pour l’occasion, il portait de beaux vêtements blancs avec des touches de bleu. Des lignes dorées donnaient plus d’éclat à la tenue. A peine avait-il eu le temps de mettre ses bottines, qu’un garde vint le prévenir de l’arrivée de son ami. Quelqu’un s’était déjà occupé de la monture de Celindel. Sortant de sa chambre, Cylas attendit devant la seconde entrée, à l’intérieur de la cour celle-ci, observant non sans amusement son camarade le rejoindre en tentant de l’imiter, avec sa démarche sûre, rapide.

- Bonsoir Cylas, un plaisir de te revoir. Appelle un de tes hommes, mes sacs sont lourds. J'ai, comme convenu, amené une infime partie de mes ouvrages écrits, qui sont au nombre de cinq, ainsi que mes livres les plus rares, qui sont au nombre de trente sept. J'aurais bien pris l'intégralité de ma bibliothèque mais je doute que voyager avec cinq milliers d'ouvrages soit bien vu, par ici. Etrange n'est ce pas ? Je dois essayer une théorie sur la différence d'intelligence entre les Elfes et les Humains de cette région. Ceux de la Péninsule pensent avec des épées pour la plupart, ce qui ne fait pas d'eux des personnes très constructives et intelligentes...Bien que j'ai rencontré des personnes fort aimables ! Enfin ! Embrassons nous !

D’un signe de tête, Cylas appella un de ses hommes pour s’occuper des affaires de son confrère. Puis, s’approchant de son ami avec un grand sourire, Cylas s’exécuta, prenant Celindel dans ses bras :

- Ah, que de temps ai-je passer à attendre de tes nouvelles mon ami ! Les dieux te témoigneraient de mon inquiétude, tes incessants voyages mettant constamment ta vie en danger.

Cylas refit face à Celindel, et ajouta :

- Je te reconnais bien là, tu ne peux t’empêcher d’emmener tes livres partout où tu passes. J’espère que tu ne comptes pas organiser d’enchères ? Haha ! Quand j’ai eu ta lettre, cela m’a fait chaud au cœur. Mais c’est surtout cet évènement qui m’enthousiasme, voilà des décennies que je n’avais pas participé à de telles réunions.

Après un court silence, il reprit, avec ce calme qu'on lui reconnaissait :

- J’espère que tu n’as pas eu trop de difficulté à trouver mon manoir de Thaar. Il est vrai que je ne t’y avais jamais emmené. Ceci est mon petit paradis dans la région. Tu remarqueras que pour l’occasion, je n’ai guère prêté attention à mes dépenses. La connaissance l’emporte toujours sur tout le reste. Mais que dis-je encore, te revoir me rend bavard. Entre donc, nos invités de devraient plus tarder.

D’un geste discret de la main, Cylas invita son ami à le suivre, se dirigeant déjà vers la salle de fête…
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Celindel de Delebrimir
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MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Mer 6 Juin 2012 - 19:35

- Ah, que de temps ai-je passer à attendre de tes nouvelles mon ami ! Les dieux te témoigneraient de mon inquiétude, tes incessants voyages mettant constamment ta vie en danger. Je te reconnais bien là, tu ne peux t’empêcher d’emmener tes livres partout où tu passes. J’espère que tu ne comptes pas organiser d’enchères ? Haha ! Quand j’ai eu ta lettre, cela m’a fait chaud au cœur. Mais c’est surtout cet évènement qui m’enthousiasme, voilà des décennies que je n’avais pas participé à de telles réunions. J’espère que tu n’as pas eu trop de difficulté à trouver mon manoir de Thaar. Il est vrai que je ne t’y avais jamais emmené. Ceci est mon petit paradis dans la région. Tu remarqueras que pour l’occasion, je n’ai guère prêté attention à mes dépenses. La connaissance l’emporte toujours sur tout le reste. Mais que dis-je encore, te revoir me rend bavard. Entre donc, nos invités de devraient plus tarder.


- Le danger est la preuve de notre existence, comment ferions nous sans lui pour savoir qui nous sommes ? Allez zou !

Celindel devança son ami et pénétra le premier dans la demeure. Il poussa un sifflement admiratif et partit dans une salle au hasard.

- Bigre, c'est joli..Oui oui je sais, vous aimez pas...pour répondre à ta question, Cylas, si je devais organiser des enchères, je pense que même Ivrey n'aurait pas d'argent pour tout acheter. Mes ouvrages écrits et le contenu de ma bibliothèque a plus de valeur que tous les trésors de Miradelphia. Tu attends les invités pour ce soir ? J'ai mes doutes...j'aurais plutôt visé leur arrivée pour les trois prochains jours, le temps qu'un professeur fasse évader sa femme. AH ! C'est une bonne blague qu'on m'a raconté...ou que j'ai inventé...enfin bref.

Celindel se tourna vers un page qui montait l'un de ses sacs :

- Garçonnet ! Faites attention avec ce sac, voyons !

Delebrimir était rentré dans la salle qui allait être la salle de la réunion. Des coussins immenses avaient été placés en cercle, autour de trois petites machines. C'était des engins étranges, de grands tubes, dont le fond était rempli d'eau, et la cime était recouverte de tabac. De longs tubes s'échappaient par plusieurs trous, et il fallait aspirer l'air pour fumer le tabac. C'était très intéressant. Plusieurs coussins moelleux avaient été disséminés pour former une sorte de fauteuil à même le sol. Cela ressemblait à la culture nomade des déserts. Des feux brûlaient dans trois cheminées différentes, sculptées et gravées avec finesse et perfection. Des lustres étaient suspendus par d'épaisses cordes de cuir. Le plafond avait plusieurs reliefs, gravé et peint par de grands artisans, certainement. C'était d'une grande beauté. Une sorte de renaissance dans l'art de l'architecture, qui épousait dans sa perfection la plus pure, l'obscure clarté des Lunes qui filtraient à travers les carreaux.

Celindel était épuisé. Le voyage avait été long jusqu'à Thaar. Il avait besoin de repos. Il rédigerait demain matin, sûrement...Il demanda la direction de sa chambre à son ami, puis après s'être excusé de ne pas rester à ses côtés, il suivit les instruction du Pamphlétaire, et se retrouva dans une chambre spacieuse, où tout le nécessaire était installé et confortable. Un lit double spacieux, un bureau et un fauteuil de cuir, une armoire immense. Ses sacs avaient été déposés. Par magie, il les ouvrit et s'entraîna quelque peu : Il plaça ses habits dans l'armoire, et prépara ceux qu'il comptait vêtir demain. Puis il s'effondra sur le lit et s'endormit, bercé par le lin des draps et le chants des oiseaux en cette belle nuit d'été.
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Nakor
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MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Mer 6 Juin 2012 - 20:54

Après toutes ces histoires, Nakor avait décidé de prendre un peu de recul en Nisetis, dans sa bonne vieille maison. Il faut dire qu'il avait visité Kirgan la dévasté, brisé un sortilège au sein des catacombes du seigneur Hereon et avait ensuite affronté des drows dans la forêt d'Alëandir. Il était temps de retourner chez soit. Il était donc en route et devait passer par l'Ithri'Vaan quand il entendit parler de rumeurs. Dans une auberge, deux nobles discutaient, pensant qu'aucune oreille paysanne ne pourrait comprendre ce qu'ils disaient avec leurs belles paroles. Il était question d'une réunion des grands esprits en une résidence proche d'ici. Une discussion autour des philosophies et des connaissances poussées des maitres de la plume de Miradelphia. Nakor se mit à sourire et tourna autour des deux hommes. Il entendit ce qu'il voulait savoir et enquêta un peu sur un certain Cylas le Pamphlétaire. Il suffisait de donner ce nom à des gens bien habillés pour en apprendre à chaque fois un peu plus sur la destination finale de toutes ces rumeurs. Le vieux fou se mit donc en route, avec les dernières indications difficilement obtenus. On put entendre le bâton magique de la longue barbe, frapper le sol aussi souvent que ses deux jambes le faisaient. La résidence se trouvait en dehors de Thaar, en direction de Naelis, il fallait passer au travers d’une forêt de pins, humides mais protectrice. Le vieux fou finit par voir la grande propriété. Il s'arrêta même et lança dans sa barbe

"Hoooo! Belle chiotte!"

Puis il se mit à exploser de rire et avança gaiement en direction de la magnifique herse. Il se plaça devant et observa le petit manège des deux gardes. Ils ouvrirent la grande herse et firent coulisser la porte en bois massif. Ils s'inclinèrent sans mot dire, amplement et presque en dansant, ils invitèrent d'un geste ample, Nakor à entrer sans qu'aucun mot ne soit prononcé. Le magicien, car il était évident en le voyant qu'il en était un, s'inclina à son tour, en se mettant lui aussi presque à danser, de façon grotesque et pantagruélique. Il se mit à rire et avança dans l'allée. Il lança de nouveau

"Décidément! Sacrée maison! Nous sommes loin d'une villette de manant!"

Il releva les yeux et vit arriver un homme ... non un elfe! Diable qu'il était ... incandescent! Cela fit rire Nakor, qui s'approcha à son tour et prit l'envie de parler en elfique. C'est donc dans un accent parfait qu'il indiqua, à hauteur de son hôte.

"Suis-je bien ici chez Cylas le Pamphlétaire? Je n'ai certes aucune invitation. Je suis Nakor, je viens de Nisetis et j'ai entendu dire qu'il y avait ici une réunion autour du livre, du bon mot, de la pensée élaborée et de l'échange. Et je dois avouer que je n'ai pu résister à une telle organisation, j'y ai été attiré comme du feu par la paille!"

Puis Nakor gloussa et s'inclina légèrement en attendant de voir comment réagissait son hôte du moment ... s'il acceptait de le devenir! Peut-être que la réunion était fermé aux étrangers du jeune elfe.
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Haven Do'orst
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MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Jeu 7 Juin 2012 - 8:01

Haven Do’orst, seigneur des assassins et mégalomane en puissance, observait d’un œil intéressé et curieux la luxueuse demeure de l’elfe. Elle lui paraissait telle un petit havre de paix à l’écart des complots qui grouillaient à Thaar, et on sentait avant même d’y entrer qu’en ces lieux les armes autorisées ne seraient que l’esprit et la langue. Voilà qui allait agréablement le changer ! Une réunion de penseurs devait s’y tenir et il n’imaginait pas un seul instant ne pas s’y rendre, conscient que la puissance de son esprit ne se connaissait guère d’égal.

L’hybride n’était pas venu seul et confia les rênes de sa monture à un de ses compagnons avant de continuer à pied en sifflotant un air grivois. Plusieurs assassins prendraient discrètement position à distance raisonnable de la villa ce jour là, pour le cas où leur maître aurait besoin d’une évacuation précipitée. A priori rien de tel ne devrait se produire mais on ne survit pas dans le monde des porteurs de mort en se basant sur des suppositions. Réajustant sa tenue anthracite délicatement brodée à l’or fin, son ouvrage culte sous le bras, Haven salua les gardes de la porte d’un signe de tête amical bien que légèrement condescendant.


Salutations mes bons gueux. Je gage que cette magnifique demeure se trouve être celle de Cylas le Pamphlétaire. Parfait, tel le boutre arrivant à Meca, je suis à bon port.

Leur jetant au passage une poignée de pièces d’or, car noblesse et distinction oblige, l’assassin pénétra dans le jardin intérieur. Il y retrouva deux elfes en compagnie d’un vieil homme qui devisaient déjà en elfique. La langue de l’Anaëh n’ayant pas non plus de secret pour lui, il se présenta tout en se demandant vaguement quel dialecte aurait l’honneur de servir lors de leurs débats. De l’élégance de l’elfique à la puissance de l’humain, de la rugosité de nain au mordant du drow, ils allaient pouvoir s’en donner à cœur joie.

Cylas le Pamphlétaire je présume ? Oui, il ne saurait en être autrement et je vous remercie d’organiser ce rassemblement où nos esprits s’élèveront au-delà des bassesses quotidiennes. Je suis Haod’on Erst, philosophe, penseur, libertin et oisif de son état. J’admire la beauté du chaos et l’élégance du mal, mais je suis sur que nous aurons tout le temps de développer ces théories par la suite.

Haven n’avait pas spécialement fait d’effort pour camoufler son nom, mais de toute façon peu le connaissaient en dehors de ceux qui faisaient du meurtre leur métier. Aux yeux des présents, il jouerait le rôle d’un riche parvenu se délectant de philosophie pour tromper son ennui. Se tournant vers le second elfe, il réfléchit quelques secondes avant de réussir à mettre un nom sur ce visage.

Oh et vous… ne seriez vous pas le fameux Celindel de Delebrimir ? Vous êtes bien loin de votre manoir d’Alëandir, mais j’aurais du me douter qu’un érudit comme vous ne pouvait manquer une réunion de grands esprits.

L’humain se trouvait nettement plus aisé à identifier, des personnages comme lui ne courant pas les rues. Tournant lentement autour du Gandalf local, l’assassin marmonna comme pour lui-même :

Grand chapeau, longue barbe blanche, oranges en poche, bâton lumineux, regard du joueur qui défit Tyra depuis des siècles… et malgré cette étincelle de folie et d’ironie, semblable à celui qui porterait des montagnes sur ses épaules. Le poids du passé se révèle-t-il trop lourd par moments, archimage Nakor ?

Nul doute que la destruction de tout ce en quoi il croyait devait peser sur l’esprit de celui qui autrefois conseillait le roi de Diantra en personne et qui désormais voyait sa tête réclamée par le nouveau régent. Pour autant aucun contrat d’assassinat ne pesait sur cette tête, ce que regrettait presque Haven qui imaginait déjà le prix colossal qu’il aurait pu exiger pour « s’occuper » d’un aussi redoutable client. Ayant finit son tour d’observation et son petit jeu d’acteur, il reprit :

J’ai appris pour la mort du roi Trystan et de la reine Liliana. Par les Cinq, quelle tragédie ! Je tiens à vous présenter toutes mes condoléances pour la perte de ces deux êtres chers à votre cœur. Et soyez sur que nul ici ne peut croire une seule seconde les infamantes rumeurs que la lie de Diantra laisse courir et selon lesquelles vous seriez leur assassin.

En tout cas, en ce qui concernait Liliana, nul parmi les présents ne connaissait mieux les causes de sa mort que l’hybride, qui savourait comme une friandise de faire l’éloge funèbre d’une grande reine morte sous le coup de ses sbires. Une des plus belles réalisations des Lames Dansantes d’ailleurs, et le portrait de la défunte ornerait bientôt le mur de la salle des trophées de la Guilde en mémoire de cette remarquable mission.
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Cylas Le Pamphlétaire
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MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Jeu 7 Juin 2012 - 9:45

Cylas se faisait déjà devancer par Celindel que celui-ci répondait déjà :

- Bigre, c'est joli..Oui oui je sais, vous aimez pas...pour répondre à ta question, Cylas, si je devais organiser des enchères, je pense que même Ivrey n'aurait pas d'argent pour tout acheter. Mes ouvrages écrits et le contenu de ma bibliothèque a plus de valeur que tous les trésors de Miradelphia. Tu attends les invités pour ce soir ? J'ai mes doutes...j'aurais plutôt visé leur arrivée pour les trois prochains jours, le temps qu'un professeur fasse évader sa femme. AH ! C'est une bonne blague qu'on m'a raconté...ou que j'ai inventé...enfin bref.

Il eut un léger sourire, il retrouvait bien là son ami, qu’il trouvait assez excentrique, et c’est cela qu’il appréciait chez lui. Mais le philosophe était visiblement fatigué par la route qu’il avait parcouru, il souhaitait déjà rejoindre la chambre qui lui était réservé. Reprenant un verre de vin, la manière dont il tenait sa coupe était propre aux gens précieux et raffinés. Mutisme… Cylas regardait au loin, pensif. Il était curieux de voir qui s’inviterait à ce rendez-vous. Et soudain, comme si ces pensées avaient trouvé écho, un personnage, au loin, marchant gaiement, se rapprochait. Cylas ne parvint pas à le distinguer nettement au départ, mais quand la lumière des torches vint éclairer le visage de l’inconnu, on put voir un homme âgé, très âgé même, un humain, à première vue. Le sourire aux lèvres, il semblait épris d’une joie enfantine à déambuler dans le jardin central.

Une fois à sa hauteur, le vieillard prononça ces quelques mots, dans un elfique parfait, témoignant déjà d’une certaine instruction :

"Suis-je bien ici chez Cylas le Pamphlétaire? Je n'ai certes aucune invitation. Je suis Nakor, je viens de Nisetis et j'ai entendu dire qu'il y avait ici une réunion autour du livre, du bon mot, de la pensée élaborée et de l'échange. Et je dois avouer que je n'ai pu résister à une telle organisation, j'y ai été attiré comme du feu par la paille!"

Nakor ? Ce nom ne lui était pas inconnu… De son regard perçant, Cylas dévisagea un instant l’humain, mémorisant le moindre petit détail. Et puis, sa mémoire lui revint…

*Nakor. Magicien au service du roi Trystan, et éminent conseiller. Hmmm… Je sens que cette soirée va être intéressante…*, pensa-t-il, laissant une certaine curiosité remplacer progressivement son air dubitatif.

- Bonsoir, je savais bien que votre nom me disait quelque chose. Un conseiller du roi Trystan, n’est-ce-pas ?

C’était une question rhétorique, il connaissait déjà la réponse. De son air un brin arrogant, mais teinté déjà d’un intérêt certain pour ce personnage, Cylas reprit, avec son calme légendaire, et de sa voix mélodieuse :

- C’est un plaisir de recevoir une personnalité telle que vous en ces lieux. Vous êtes bien chez Cylas Le Pamphlétaire, à savoir, moi. Je me réjouis déjà d’accueillir l’auteur De la Découverte des Catacombes. Livres très instructifs sur tous ce qui touche aux ruines. Mais nous aurons le temps d’en parler un peu plus tard. Vous êtes le bienvenue, il n’y avait pas d’invitations, seuls des personnes dont la vie tourne autour du savoir auraient entrepris le voyage jusqu’à mon manoir.

Laissant échapper un petit ricanement, il reprit, toujours avec autant de calme :

- Mais entrez donc mon cher. Nous n’allons pas attendre nos futurs convives à l’extérieur d’une salle, qui, je puis déjà vous le promettre, saura vous éblouir.

Mais déjà un autre invité débarqua, et pas des moindres, puisqu’il s’agissait d’un drow, ou plus exactement, d'un hybride. Cylas savait qu’accepter des drows pouvait se révéler délicat, mais il comptait sur l’intelligence de ses confrères pour ne prendre en considération que l’esprit, et non le corps. D’ailleurs, s’il y en avait bien un qui se devait de montrer l’exemple, c’était lui… Bien qu’il soit un elfe, il comptait bien juger l'hybride sur sa psyché, et non sur son appartenance raciale. Le sombre commença par se diriger vers l’hôte :

- Cylas le Pamphlétaire je présume ? Oui, il ne saurait en être autrement et je vous remercie d’organiser ce rassemblement où nos esprits s’élèveront au-delà des bassesses quotidiennes. Je suis Haod’on Erst, philosophe, penseur, libertin et oisif de son état. J’admire la beauté du chaos et l’élégance du mal, mais je suis sur que nous aurons tout le temps de développer ces théories par la suite.

Intelligent…C ‘était rassurant… Peu d’animosité dans sa manière de parler, il était bien là pour débattre, et non pour se battre. Il s’appelait Haod’on Erst, et se disait philosophe et penseur. A première vue, il semblait bien être ce qu’il prétendait être. Mais çà, c’était à Cylas d’en juger.

- Bienvenu Haod’on, si je puis vous appeler par votre prénom, bien entendu. Vous ne vous méprenez pas, je suis bien Le Pamphlétaire. Le mal a son élégance, je vous l’accorde, mais cette même élégance peut mener à notre perte. Mais comme vous le dîtes, nous aurons tout le temps d’en discuter à l’intérieur.

Il avait parlé calmement, ne laissant aucunement sa méfiance envers les drows transparaître dans ses dires. Le drow faisait un effort, lui aussi, et il comptait sur le reste des invités pour suivre l’exemple. Haod’on reconnu les deux autres personnes, Celindel et Nakor. Il avait l’air cultivé, et étrangement, Cylas se surpris à se prendre d’une certaine sympathie pour cet hybride, les drows instruits, qui ne juraient pas que par le conflit armé étaient rares, très rares. C'était peut être son côté humain qui ressortait ?

- J’ai appris pour la mort du roi Trystan et de la reine Liliana. Par les Cinq, quelle tragédie ! Je tiens à vous présenter toutes mes condoléances pour la perte de ces deux êtres chers à votre cœur. Et soyez sur que nul ici ne peut croire une seule seconde les infamantes rumeurs que la lie de Diantra laisse courir et selon lesquelles vous seriez leur assassin.

Cette dernière phrase partit telle une provocation en direction du magicien humain. Le Pamphlétaire n’accepterait aucune crise, aucun conflit au sein de sa demeure, s’il n’est intellectuel. Aussi Cylas intervint-il comme pour montrer qu’il était capable de faire face à toutes situations :

- Haod’on, je crains que vous ne soyez mieux placer que nous pour connaître l’origine de cette tragédie. J’ose espérer que vos condoléances sont sincères, mais vous comprendrez qu’il ne s’agit pas ici d’une soirée dédiée au couple royale. Seul le thème de la connaissance est toléré. Je pense que vous êtes quelqu’un de raisonnable, il n’est nullement nécessaire de raviver des flammes déjà éteintes.

Il ne voulait surtout pas que Nakor s’emporte. Il ne connaissait aucun des deux hommes, aussi ne pouvait-il prévoir une quelconque réaction, et lui fut-il nécessaire de s’imposer. Mais, comme pour redonner un caractère festif à cette occasion, il reprit joyeusement, en tapant une fois dans ses mains :

- Mais je vous en pris, entrez donc. Mettons nous au chaud.

Cylas se mit sur le côté, invitant de son bras ses invités à entrer dans la salle des fêtes, et appelant deux hommes à venir s’occuper des affaires de ses convives.


Dernière édition par Cylas Le Pamphlétaire le Jeu 7 Juin 2012 - 18:42, édité 2 fois
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Celindel de Delebrimir
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MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Jeu 7 Juin 2012 - 16:26

Spoiler:
 

La nuit fut de courte durée. Si on pouvait appeler cela une nuit. Une nuit de quelques minutes. A peine la porte fermée que celle de l'entrée s'ouvrait, et des voix se firent entendre dans le hall. Levant les bras au plafond, Celindel souffla bruyamment :

- C'est pas des manières d'arriver à des gens à cette heure ci ! Quoi ? Je viens de le faire ? Mais c'est différend, je le connais. Comment cela ? C'est totalement différend. Je vois parfaitement la différence.

Le Philosophe se releva, et se revêtit d'une longue robe noire et dorée, l'une de ses plus belles robes. La laine était noire, et recouvrait la quasi totalité du vêtement, excepté les extrémités des manches, jaunes, ainsi qu'au col, de la même couleur. Il s'empara de son sac qui contenait ses livres, et descendit les marches de l'escalier en marmonnant. Il pénétra dans le salon, provoquant le regard de Cylas et de deux nouveaux arrivants, un Humain et un Hybride, qui contenait le visage d'un Drow mais sa peau était pâle.

- Bonjour. Ou bonsoir. Quoi que minuit étant passé, je peux dire bonjour.

Il posa son sac derrière son tas de coussins, et se dirigea vers l'Humain. Il était âgé, très âgé, si on jugeait que par ses rides. Son visage vieux et usé témoignait d'un grand savoir et d'une expérience hors pair dans le domaine du combat et de la magie. Son chapeau pointu et sa robe assortis formaient un mélange amusant, mêlant l'élégance à l'excentrisme, ce que Celindel apprécia grandement. Mais ce fut à son bâton que Celindel reconnut Nakor. Le Philosophe Millénaire ne connaissait Nakor que par les faits qui se contaient à son sujet, et surtout par son œuvre unique et majeure, De la Découverte des Catacombes. En faisant moult saluts et d'inclinaisons, Celindel se présenta au mage Humain.

- Messire Nakor ! Quel plaisir de vous avoir en ces lieux ! Taisez vous, je lui parle ! Nous aurons l'occasion de discuter de vos recherches sur les ruines de Kirgan ! Excusez le manque de préparations, nous n'attendions les invités qu'avant demain, à dire vrai !

- Oh et vous… ne seriez vous pas le fameux Celindel de Delebrimir ? Vous êtes bien loin de votre manoir d’Alëandir, mais j’aurais du me douter qu’un érudit comme vous ne pouvait manquer une réunion de grands esprits.

Delebrimir regarda l'individu qui venait de lui adresser la parole. Son visage ciselé et ses yeux perçants allumèrent en Celindel l'étincelle de la mémoire qui lui rappela son identité.

- Mes respects, Hybride, quel plaisir de voir que l'intelligence et la délicatesse d'une plume prime sur les préjugés guerriers et raciaux qui fracturent nos races ! Pour vous répondre, je dirais qu'il serait pour le moins saugrenu que je ne participe pas à la réunion dont je serais l'organisateur. Cylas n'est que notre hôte -et quel hôte !-, je suis le président de cette assemblée !

L'hybride, dont le nom était Haod’on Erst et Nakor étaient deux invités de marques. L'un, ancien conseiller du feu Roi Trystan, avait vu sa tête recherchée par Ivrey, régent sur la couronne. La folie et une once de démence avaient conquis la santé mentale de l'Humain Centenaire, ce qui, irrémédiablement, attirait Celindel au plus haut point, et qui le poussait à l'admirer, l'aimer, et l'écouter avec attention. L'Hybride avait sûrement fière réputation, méconnue cependant de Celindel.

- Mais je vous en prie, installez vous ! Cylas ! Les boissons ! Haod'on ! Les mets ! Ah non, vous êtes invités, et les invités ne bougent pas, alors, assis ! Pour le débat j'ai mes préférences pour converser dans la langue Humaine, elle est plus répandue et facilitera les échanges. J'ai entendu parler de chaos, je parierais que c'est vous, cher Haven !

Si vous voulez mon avis, je pense à une théorie du Chaos, moi même. Regardez, définissons le Chaos : l'absence d'ordres. Ceci est la définition des illettrés. Le chaos se retrouve dans un système. Une suite d'évènements, par exemple. Ces évènements ont des phases qui se doivent de respecter la condition initiale, c'est à dire, provoquer quelque chose -car oui, le mot Chaos à l'origine, n'a rien de péjoratif- et ils doivent également être synchronisés entre eux, se suivre dans un laps temporel. Le Chaos survient, quand ces règles ne sont pas respectées par les évènements. Le système se dérègle et implose : résultat, il se détruit. Imaginez ceci, à l'échelle Humaine !

A vrai dire, le Chaos est quelque chose de si vague, qu'il serait possible d'en étudier jusqu'à l'existence de la Nature en ces termes. Nous vivons dans le Chaos. Ce dernier est présent partout : c'est lui qui fait tenir les Lunes en place, entre autres.


Delebrimir fut fier de sa théorie. Haod'on l'avait écouté attentivement, tout comme Nakor. Ils restaient debout alors que Celindel s'était déjà assis dans son coussin rouge immense. Après sa tirade, il tira une longue bouffée sur la machine à tabac, et attendit les réponses de ses interlocuteurs.

HRP :

Spoiler:
 


Dernière édition par Celindel de Delebrimir le Ven 8 Juin 2012 - 9:08, édité 2 fois
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Tebirahc Zaurahel
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MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Ven 8 Juin 2012 - 7:14

Ce n'était pas une vie tournant autour du savoir qui conduisait le Premier Feu jusqu'au manoir du Pamphlétaire – au sujet duquel il s'était rapidement renseigné ne serait-ce que pour savoir de quel métal était fait son hôte – mais avant tout la curiosité de contempler ceux qui s'estimaient grands par l'esprit, jauger leurs idées et éventuellement les confronter à la réalité du monde.
En somme, c'était avant tout par jeu qu'il s'inviterait à la fête, non pour faire progresser quelques esprits, car par expérience, il savait que les prétendus sages étaient souvent empli d'un désir de paix universel, débordant d'une naïveté qu'il ne pouvait décemment pas encourager, n'est-ce pas ? Et puis, quoi de mieux pour rabattre le caquet de ces « grands » qu'un guerrier – leur brute sans cervelle et sans instruction, à les entendre - aussi voir peut-être davantage éclairé qu'ils ne le pouvaient l'être.

Bref, la chose avait du potentiel pour l'amuser, et il espérait ne pas être déçu du spectacle.

C'est avec un jeune gamin, un sang-mêlé selon ses dires, d'une trentaine d'années mais qui devait en paraître à peine plus d'une quinzaine, pour guide qu'il se rendit jusqu'à la demeure de l'elfe. Et sur le chemin, il dut réfléchir à quelques titres ou statuts qui conviendraient et intéresseraient tout en collant à son personnage et à ses connaissances propres.

Finalement parvenu à la grille, ils se dirigèrent vers les gardes et il retira la capuche qui toujours dissimulait la grande part de son visage, et se présenta à eux dans la langue des elfes, toujours avec cette sonorité qui semblait remonter à plusieurs millénaires – bien qu'heureusement, la langue elle n'ait pas tant évolué.

« Faites savoir à votre maître, Cylas, dit le Pamphlétaire, que je souhaite me joindre à lui. Je suis Nakhti, Maître Pyromancien, Saltimbanque ainsi qu'Historien et Philosophe d'Elda. »

La combinaison pouvait paraître étrange, mais il s'était forgé un nom très frais à Thaar avec ses spectacles, et il ne voulait pas encore changer de personnage... Cela complique les choses à trop les multiplier. Quant aux titres d'historien et de philosophe, ils étaient aussi véridique que présent pour attirer l'attention du collectionneur. Grâce soit rendu à ses pères d'avoir conserver et veiller à ce que chacun de leurs descendants possèdent autant de connaissances.

Et tandis qu'un garde allait prévenir le maître de maison, il s'intéressa à la demeure elle-même, ou plutôt, au force en présence. Et ce qu'il perçu lui déplut, mais l'amusa tout à la fois.

« Ce bon vieux Nakor... » murmura t-il, avec un léger sourire.

Ce vieil humain qui défiait la mort et qui croyait tant détenir toutes les vérités... Devait-il voir en sa présence une jauge du niveau de ces « Grands Esprits », ou n'était-ce encore qu'une énième manifestation de son arrogance. Il avait apprit la mort de son roi, qu'il s'était juré de protéger, et ne manquerait pas, à l'occasion, de lui lancer une petite pique. Le mauvais côté, c'est que cela sonnait probablement la fin de Nakhti, à moins que le vieux mage ne s'abstienne de trop en dire et tienne sa langue, mais il ne comptait pas dessus.

En tout les cas, cela présageait un jeu plaisant.


[HRP : Pour les mages, ce n'est pas précisé, mais Ust'Chath joue toujours avec les perceptions et les sonars magiques, donc il paraît naturellement comme un puissant mage, mais pas comme un Gardien. ]
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Haven Do'orst
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MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Ven 8 Juin 2012 - 8:53

Né d’un père drow et d’une mère elfe, Haven offrait un intéressant mélange des deux races tant au plan physique que psychologique. Sa haute taille et sa carrure solide révélait son ascendance drow, bien qu’il ne soit pas aussi puissamment bâti que peuvent l’être les redoutables guerriers sombres et que sa peau claire se rapprochait plutôt de celle des natifs de l’Anaëh. Quand à son visage, s’il reflétait la finesse et la perfection des traits elfiques, on pouvait y déceler une sensualité venue des mœurs des habitants du Puy. Union improbable et rare que sa naissance, ce qui fit légèrement sourire avec tristesse l’assassin lorsque Celindel parla des préjugés entre leurs races.

Mon cher ami, les hybrides sont rares en ce monde et constituent la cible de nombreux préjugés. Notre sang drow répugne aux elfes, et notre sang elfe déclenche la haine les drows. Quand aux humains, dans le meilleur des cas ils nous ignorent.

On sentait une sourde douleur dans les paroles du soi-disant philosophe, douleur par ailleurs non feinte. L’une des raisons qui l’avait poussé à accepter des assassins de toutes races et de toutes origines au sein de la Guilde venait justement de ce rejet qu’il avait lui-même subit autrefois. Se refaisant un visage apaisé, il reprit :

Mais changeons de sujet. Le Chaos est bien plus intéressant que mes conflits intérieurs.

Les penseurs se rendirent dans un salon où les elfes firent passer des plats de mignardises et des boissons. Haven écouta attentivement les explications de Celindel sur le Chaos et son rôle dans l’ordre des choses. Oui, le Chaos pourrait être un excellent sujet de discussion afin d’ouvrir les débats qui pourraient les amener jusque tard dans la nuit. Mais un vrai penseur ne se préoccupe ni de l’heure ni de la fatigue tant que son esprit se trouve apte à batailler ferme pour l’amour de la discussion. Posant son ouvrage à côté de lui, l’hybride s’installa confortablement dans un sofa et accepta une coupe de vin dont il savoura une gorgée avant de prendre la parole.

Je vois rejoins dans votre analyse de dire que nous vivons avec le Chaos, car de fait il est nécessaire. Au premier abord, nous pourrions rêver d’une société parfaite ou tout obéirait à des règles visant à créer un monde idyllique. Des groupuscules ont dans l’histoire tentés de viser à ce genre d’idéaux en général via des pseudo-sociétés pastorales, et tous ont lamentablement échoué. Pourquoi ? Car ils ont refusé d’admettre la nécessité du Chaos. Mais interrogeons nous sur le Chaos, sur sa définition même. Comme vous l’avez dit, Celindel, le Chaos n’est en rien l’absence d’ordre mais une systémique dont les phases successives ne sont pas contrôlables. L’absence de contrôle n’implique pas l’absence d’ordre… mais l’absence de maîtrise sur cet ordre par des êtres pensants. Le Chaos dépend en effet de la condition initiale mais sans pouvoir permettre à son initiateur d’en maîtriser les conséquences.

Haven, ou plutôt Haod’on puisque tel était le nom sous lequel il se présentait, repris une gorgée du doux nectar et continua :

Supposons l’absence de Chaos. Nous obéirions alors tous à des lois prédéfinis, mais le suivi de telles lois ne permet pas la stabilisation dans un état convenable. De même que si je lâche ce verre il tombe et se brise, de même une société sans Chaos avancera tout droit jusqu’à un mur. Le Chaos permet de rebattre les cartes en créant de l’incontrôlable. Prenons l’exemple de deux châtelains en conflit armés pour un point d’honneur… que sais-je ? L’un des deux ayant couché avec la femme de l’autre par exemple. Si nous laissons le scénario se dérouler selon les règles habituelles, ils lèveront des troupes, amasseront des conscrits dans les villages et les lanceront dans un combat sanglant tout en observant la scène de l’arrière.

Au vu de la capacité de la noblesse, essentiellement humaine, à prendre les armes pour un oui ou pour un non, les participants pouvaient fort aisément imaginer la scène. Nakor peut être encore plus que les autres, lui qui avait vu à quel point l’ambition des grands féodaux pouvait se révéler destructrice et source de déchirements.

Au final, le bilan sera de centaines de morts et des villages totalement détruits sans pour autant avoir rien réussi à régler. A l’inverse, imaginez que l’un des deux châtelains décède, que ce soit de manière naturelle ou non car le Chaos peut prendre de multiples formes. Le différend n’a plus lieu d’être, et un accord peut s’entrevoir entre les deux camps. Voilà pourquoi j’affirme que le Chaos est tel une soupape de sécurité de ce monde, un moyen d’éviter l’asphyxie que causerait un trop plein de règles. Pour autant, si je défends l’utilité du Chaos, je ne le considère comme un but à atteindre. Outil, et non pas finalité, tel est son rôle. Ceux qui ne jurent que par le Chaos sont autant dans l’erreur que ceux qui le refusent.

Reposant son verre, Haven attendit que Cylas ou Nakor prennent à leur tour la parole pour défendre les thèses déjà présentées ou au contraire pour leur confronter une autre analyse.
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Cylas Le Pamphlétaire
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MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Ven 8 Juin 2012 - 13:35

Le verre a la main, l’intellectuel observait tous ses hôtes attentivement, leurs gestes, leur manière de se mouvoir, leur façon de respirer. Le vocabulaire employé, les petits tics que l’on voudrait cacher, les regards, autant d’éléments que l’elfe retenait, mémoriser, et analyser. Il était en train de sonder chacun des invités, les uns après les autres, comme pour voir au-delà de leur aspect charnel. Il voulait lire en eux, sentir ce qu’ils ressentaient, comprendre ce qu’ils pensaient, et découvrir ce qu’ils souhaitaient et ce qu’ils abhorraient. L’air mystérieux, il semblait comme gambader innocemment autour de chacun des personnages.

Le sourire aux lèvres, on voyait bien là cette confiance en soi qui caractérisait Cylas. Il était jeune, riche et célèbre, logique direz-vous. Mais c’était plus que çà, la recherche d’une confrontation intellectuelle l’animait, mais il ne voulait pas là chercher que pour là causer, cette confrontation devait être la conséquence d’un désaccord logique et non provoqué. La seule idée de voir ce que pensaient ses convives l’enthousiasmer, d’autant plus que tous semblaient épris du même amour pour le savoir. Si Cylas était d’accord, il n’hésiterait pas à le dire, mais au fond de lui, ce qu’il cherchait, c’était défendre ses idées face à un individu qui allait à contre-courant par rapport à lui.

Il but une autre gorgée de ce délicieux nectar à la couleur nacrée, prenant bien soin de se délecter de cet arôme exquis, laissant l’odeur de ce liquide, qu’il nomma liqueur de losen, remonter lentement en direction de ses fines narines. Le Pamphlétaire écoutait avec amusement son ami Celindel, un elfe énergétique s’il en est. Ce dernier déjà faisait des siennes, avec ses grandes phrases, et la force de sa voix. Il avait toujours le don de mettre un petit peu d’ambiance, malgré son âge avancé. Déjà il commençait à répondre à cet hybride, Haod’on, en exposant sa vision du chaos. Les débats commençaient…

Intrigué, attentif, Cylas voulait voir ce que l’hybride avait dans le ventre, ou plutôt, dans la tête. La réponse de celui-ci ne se fit pas attendre :

- Je vous rejoins dans votre analyse de dire que nous vivons avec le Chaos, car de fait il est nécessaire. Au premier abord, nous pourrions rêver d’une société parfaite ou tout obéirait à des règles visant à créer un monde idyllique. Des groupuscules ont dans l’histoire tentés de viser à ce genre d’idéaux en général via des pseudo-sociétés pastorales, et tous ont lamentablement échoué. Pourquoi ? Car ils ont refusé d’admettre la nécessité du Chaos. Mais interrogeons nous sur le Chaos, sur sa définition même. Comme vous l’avez dit, Celindel, le Chaos n’est en rien l’absence d’ordre mais une systémique dont les phases successives ne sont pas contrôlables. L’absence de contrôle n’implique pas l’absence d’ordre… mais l’absence de maîtrise sur cet ordre par des êtres pensants. Le Chaos dépend en effet de la condition initiale mais sans pouvoir permettre à son initiateur d’en maîtriser les conséquences. Supposons l’absence de Chaos. Nous obéirions alors tous à des lois prédéfinis, mais le suivi de telles lois ne permet pas la stabilisation dans un état convenable. De même que si je lâche ce verre il tombe et se brise, de même une société sans Chaos avancera tout droit jusqu’à un mur. Le Chaos permet de rebattre les cartes en créant de l’incontrôlable. Prenons l’exemple de deux châtelains en conflit armés pour un point d’honneur… que sais-je ? L’un des deux ayant couché avec la femme de l’autre par exemple. Si nous laissons le scénario se dérouler selon les règles habituelles, ils lèveront des troupes, amasseront des conscrits dans les villages et les lanceront dans un combat sanglant tout en observant la scène de l’arrière.

Ainsi l’elfe ne s’y était pas trompé, ce Haod’on avait la tête bien remplie. Il parlait bien, avait une bonne tonalité, savait rythmer ses phrases. Malgré le sang drow qui pouvait couler dans ses veines, Cylas fut agréablement surpris par l’hybride, mais il savait que les premières impressions pouvaient être trompeuses, aussi conserva-t-il un certain recul. Très objectif sur sa manière de juger les autres, il ne laissait guère de place aux sentiments, chez lui tout n’était que logique et raison. Pour le moment, il était d’accord sur plusieurs points, notamment que le chaos ne soit pas une absence d’ordre, mais plutôt un ordre d’une forme différente. Il n’aimait guère intervenir sans que l’on le lui demande, mais là c’était différend, chaque intervention était encouragé, le débat était apprécié. La posture fière, la tête droite, comme à son habitude, il se rapprocha lentement du groupe, et déclara, toujours avec ce sourire intelligent au coin de lèvres, de sa voix mélodieuse :

- Permettez-moi de vous exposer modestement mon point de vue. Le chaos est un ordre au sens où il s’agit ici d’actes déjà préétabli dans un ordre précis, mais parce que cet ordre n’est ni prévisible, ni compréhensible pour de simples mortels comme nous, la plupart des gens ont affecté ce nom à ce « désordre organisé » dans un certain sens. Nous pourrions considérer le chaos comme une forme de hasard n’obéissant à aucunes règles précises, car celles-ci n’ont pas été découvertes. Mais je n'y crois pas. Il serait ici simpliste et tout à fait absurde de donner une forme concrète à ce qui ne l’est certainement pas, notamment en affectant un nom et en décrivant ce système de manière trop simplifié. Le chaos, je le crois, est un système organisé qui obéit à des règles qu’aucun homme n’a découvertes, et parce qu’on les ignore, on ne peut prévoir les évènements tels que découlant de cette notion de chaos, et ainsi de telles évènements nous apparaissent comme désordonnés, alambiqués de manière aléatoire. Mais j’en suis persuadé, le hasard n’existe pas, et de telles règles ne demandent qu’à être découvertes.

Il but une autre gorgée, et reprit :

- Ainsi le chaos est quelque chose de passionnant, car il s’agit de la forme d’ordre la plus élaborée, c’est une chose qui nous dépasse, enfin pour le moment. Je n’admets nullement les machinations de force supérieures comme étant à l’origine du chaos tel que nous l’entendons, simplement, le chaos est la forme d’ordre la plus ancienne, la première, d’où découle tout le reste. Comme disais Nolan Blancrinet : « Le chaos est la source de la vie ».

Le pamphlétaire se stoppa soudain, assez brusquement. Il fixa un instant Haod’on, de son regard à la fois sérieux et joueur, très déstabilisant :

- Mais, mon cher Haod’on, avez-vous seulement retranscrit vos idées sur un livres quelconque ?
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Nakor
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MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Ven 8 Juin 2012 - 14:35

Ce fut d'abord Cylas qui accueilli Nakor en son donjon. Il l'observa des pieds à la tête et finit par le saluer en déclinant son identité et son statut. Nakor se mit à rire et prit la parole

"Longue barbe blanche, chapeau pointu, bâton magique, il est évident qu'avec un tel accoutrement on reconnait assez vite qui je suis. Même si je dois avouer qu'il est bien aise pour moi de voir que même dans ce coin du monde, je suis un peu connu."

Il fut ensuite invité à entrer dans une fastueuse salle. Nakor accepta en inclinant très légèrement la tête et ajouta, une fois redressé

"Je ne doute pas du faste de votre demeure ... même si je dois avouer que tout ce luxe mène souvent à un inconfort étrange pour ceux qui sont donc incapable de faire leur, les murs de cette pièce. Le savoir n'a nul besoin de parure, il est un cristal brut et c'est cet aspect des choses que j'aime par dessus tout! Mais ... je vous en prie nous en discuterons plus tard et ..."

Puis Nakor se retourna et vit arrivée des convives de tous les côtés. D'abord un autre elfe, qui semblait hautain et fier comme il était bien commun de l'être en présence d'humain, au sein de la race aux longues oreilles. Puis ensuite ce fut un drow, non pas exactement, un hybride plutôt! Tiens donc, voilà une chose bien rare qu'un tel être. Tout deux reconnurent, Nakor. Décidemment, c'était une épidémie. Où était passé le temps où le vieux pèlerin arpentait le monde, incognito. Il était déjà loin et quelque part, peut-être que cela n'était que mieux! Le magicien allait répondre à Celindel, qui ne s'était pas présenté, qu'il n'avait aucun problème à ce que les choses ne soient pas tout à fait prête puisqu'il était venu sans invitation quand l'autre parla à son tour, ce Haod’on Erst. Le magicien étrécit un peu son regard et, avec une pointe d'ironie dans la voix, répondit clairement, afin de ne pas rentrer dans le jeu de l'hybride, ce qui l'aurait rendu trop heureux et fait passer pour un imbécile

"Hooo non ... pas après les trois ou quatre premiers siècles! On finit par s'y faire finalement et puis, vivre vieux, c'est avoir la chance de faire croire sans cesse son expérience des choses et de la vie! Je ne peux donc qu'être heureux. Et quand aux personnes que je perds aux fils des siècles, évidemment que cela me rend triste, mais plutôt que de pleurer que cela soit terminé, je préfère me réjouir que cela soit arrivé! Et quand à ces rumeurs ... en effet seul un imbécile heureux y prêterait attention!"

Et voilà, envoyé, dans les dents. Le magicien se mit à sourire et écouta ensuite la litanie de ce Haod’on Erst. Ils allèrent dans un luxueux salon. Le vieux fou hocha de la tête comme pour confirmer que c'était un lieu riche et noble, ainsi qu'on le lui avait vendu. Il prit place et attrapa un verre de vin au passage. Il s voulaient donc repasser en humain! Aucun problème. Ils jouèrent à la balle avec Celindel en discutant de Chaos. Quand Nakor voulu intervenir

"Votre modèle s'effondre Haod’on Erst, sur lui même. Vous dite que, sans chaos le monde ne fonctionnerait pas et que donc, deux châtelains se faisant guerre pour une histoire de tromperie, ne pourraient qu'entrainer avec eux de nombreux morts ... mais s'il n'y avait que respect des règles de bienséances ... le châtelain n'aurait jamais couché avec la femme de l'autre, il n'y aurait alors pas eut, ni guerre, ni tuerie, ni besoin de chaos."

Nakor se tourna ensuite vers Celindel

"Ce qui est intéressant et que vous soulevez mon cher, c'est que finalement, et bien souvent, dans une question, les querelles et les désaccords ne sont que des problèmes de définitions. Chacun a un bagage, un vécu et un entourage qui forcent les mots à avoir une connotation. Selon qu'elle soit péjorative ou méliorative, deux personnes pourraient être en train de s'opposer sur un même sujet, à cause de ces différences de considérations. Alors que, si au préalable, nous définissons avec précision, le sens de nos propos, nous évitons de nombreux soucis. J'ai souvenance d'une guerre entre deux villages, qui se sont écharpés pour un arpent de terre ... le problème n'était pas de savoir à qui appartenait l'arpent de terre, mais qu'est-ce qu'un arpent. Pour un village cela faisait telle taille, pour l'autre telle taille! Une différence de référence de mesure, qui a eu pour effet, il y a cinq cents ans, de mener à leur mort, plusieurs dizaines de villageois, au nord de Diantra la belle. La définition ... oui, il faut toujours commencer par les définitions, ce qui est sans doute une tache passionnante mais fort difficile. Pour moi le chaos est le contraire de l'ordre établis par des règles issues d'un esprit vivant et voulant vivre en accord avec ses congénères. Le chaos mène toujours à la mort et la destruction, ce qui ne le rend pas très enviable de mon point de vue."

Le magicien se tourna vers les autres et attendit quand soudain, une secousse, un mouvement, une sensation! Un nouvel individu arrivait et il avait un grand pouvoir, ou peut-être pas. Une seule fois dans sa vie, il avait ressenti une telle chose! Etait-ce possible que? Il le verrait bientôt. Décidemment, voilà qui devenait intéressant. Nakor allait attendre de voir comment il se présentait et quel jeu il aurait envie de jouer.
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Celindel de Delebrimir
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MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Ven 8 Juin 2012 - 15:08

- Je vous rejoins dans votre analyse de dire que nous vivons avec le Chaos, car de fait il est nécessaire. Au premier abord, nous pourrions rêver d’une société parfaite ou tout obéirait à des règles visant à créer un monde idyllique. Des groupuscules ont dans l’histoire tentés de viser à ce genre d’idéaux en général via des pseudo-sociétés pastorales, et tous ont lamentablement échoué. Pourquoi ? Car ils ont refusé d’admettre la nécessité du Chaos. Mais interrogeons nous sur le Chaos, sur sa définition même.

Comme vous l’avez dit, Celindel, le Chaos n’est en rien l’absence d’ordre mais une systémique dont les phases successives ne sont pas contrôlables. L’absence de contrôle n’implique pas l’absence d’ordre… mais l’absence de maîtrise sur cet ordre par des êtres pensants. Le Chaos dépend en effet de la condition initiale mais sans pouvoir permettre à son initiateur d’en maîtriser les conséquences. Supposons l’absence de Chaos. Nous obéirions alors tous à des lois prédéfinis, mais le suivi de telles lois ne permet pas la stabilisation dans un état convenable. De même que si je lâche ce verre il tombe et se brise, de même une société sans Chaos avancera tout droit jusqu’à un mur. Le Chaos permet de rebattre les cartes en créant de l’incontrôlable. Prenons l’exemple de deux châtelains en conflit armés pour un point d’honneur… que sais-je ?

L’un des deux ayant couché avec la femme de l’autre par exemple. Si nous laissons le scénario se dérouler selon les règles habituelles, ils lèveront des troupes, amasseront des conscrits dans les villages et les lanceront dans un combat sanglant tout en observant la scène de l’arrière.

Au final, le bilan sera de centaines de morts et des villages totalement détruits sans pour autant avoir rien réussi à régler. A l’inverse, imaginez que l’un des deux châtelains décède, que ce soit de manière naturelle ou non car le Chaos peut prendre de multiples formes. Le différend n’a plus lieu d’être, et un accord peut s’entrevoir entre les deux camps. Voilà pourquoi j’affirme que le Chaos est tel une soupape de sécurité de ce monde, un moyen d’éviter l’asphyxie que causerait un trop plein de règles. Pour autant, si je défends l’utilité du Chaos, je ne le considère comme un but à atteindre. Outil, et non pas finalité, tel est son rôle. Ceux qui ne jurent que par le Chaos sont autant dans l’erreur que ceux qui le refusent.


- Permettez-moi de vous exposer modestement mon point de vue. Le chaos est un ordre au sens où il s’agit ici d’actes déjà préétabli dans un ordre précis, mais parce que cet ordre n’est ni prévisible, ni compréhensible pour de simples mortels comme nous, la plupart des gens ont affecté ce nom à ce « désordre organisé » dans un certain sens. Nous pourrions considérer le chaos comme une forme de hasard n’obéissant à aucunes règles précises, car celles-ci n’ont pas été découvertes. Mais je n'y crois pas. Il serait ici simpliste et tout à fait absurde de donner une forme concrète à ce qui ne l’est certainement pas, notamment en affectant un nom et en décrivant ce système de manière trop simplifié. Le chaos, je le crois, est un système organisé qui obéit à des règles qu’aucun homme n’a découvertes, et parce qu’on les ignore, on ne peut prévoir les évènements tels que découlant de cette notion de chaos, et ainsi de telles évènements nous apparaissent comme désordonnés, alambiqués de manière aléatoire. Mais j’en suis persuadé, le hasard n’existe pas, et de telles règles ne demandent qu’à être découvertes.

Ainsi le chaos est quelque chose de passionnant, car il s’agit de la forme d’ordre la plus élaborée, c’est une chose qui nous dépasse, enfin pour le moment. Je n’admets nullement les machinations de force supérieures comme étant à l’origine du chaos tel que nous l’entendons, simplement, le chaos est la forme d’ordre la plus ancienne, la première, d’où découle tout le reste. Comme disais Nolan Blancrinet : « Le chaos est la source de la vie ».


- Stupide et inconcevable. On reconnaît votre jeunesse dans vos paroles, Cylas ! AH ! Le jeunot ! Hum, plus sérieusement. Le hasard, tout comme la chance, sont des propriétés du Chaos. A l'origine, pour reprendre mon idée, le chaos est donc une suite d'évènements, un cycle répétitif. Le terme péjoratif du chaos survient lors de l'implosion du cycle.

Vivre sans le Chaos serait possible. Une société Utopique, s'il en est. Mais vous oubliez que le Chaos est l'ordre naturel des choses. Par exemple, pour reprendre le votre, Haod’on : Je prends mon verre. Je le lâche. Là, nous arrivons à une intersection du cycle dans laquelle il nous est possible d'agir. Si préalablement, un coussin est situé à l'endroit de la chute du verre, empêchant sa rupture ? Le cycle continue ainsi : le verre ne se brise pas, mais le liquide se répand. Si il n'y avait pas de coussins : le verre se brise. Un autre cycle s'enclenche alors : quelqu'un marche pieds nus sur les morceaux de verres et se coupe. Nous avons une intersection : cet individu porte-t-il des chausses ?

Voyez vous, ces faits comme le coussin ou les chausses, c'est le hasard et la chance. L'individu aurait-il eu la chance de porter des chausses ? Un serviteur aurait-il laissé par hasard le coussin à cet endroit précis ? Ou même à la source même du cycle présent : Aurais-je lâché mon verre ?

Si je vous disais que c'est l'Être vivant qui influe sur le Chaos, que répondriez vous ? Car il influe en toute sa personne ! Dans ses gestes, dans ses mimiques, dans ses paroles ! Le discours de Cylas a lancé un cycle : celui de ma réponse, et probablement de la vôtre Haven. Mais il peut en être rien : vous pouvez choisir de ne pas répondre, et le cycle est brisé, et le Chaos implose : La discussion s'achève, et un nouveau cycle commence.

Je pense que ceux qui ont voulu créer ainsi, des sociétés Utopiques en l'absence de Chaos, ne comprenaient pas que non seulement le Chaos est l'ordre le plus pur, le plus sain et le plus basique de l'ordre de la Nature, mais ne savaient pas, qu'ils ne devaient pas écarter le Chaos, mais construire leur société SUR lui ! Une société coordonnée, où tous les cycles sont commandés. Imaginez, commander l'essence même de la Vie par le Chaos.


Celindel se recala dans les coussins. Il venait de coincer ses interlocuteurs : Les contredire en leur donnant raison. Il venait de donner la définition même du Cycle Chaotique. Le Philosophe Millénaire, doyen et organisateur du Conseil, se plaisait grandement parmi ces confrères de toute race.

La liqueur qu'il buvait lui plaisait grandement, et il vida son verre d'un trait avant d'en commander un autre. Son cher ami Cylas avait du répondant pour un jeune Elfe. Mais il avait toutes les caractéristiques de la jeunesse. Malgré un esprit brillant, il avait la précipitation effrontée et un esprit trop fermé, persuadé de faits non prouvé et dont la recherche demanderait des millénaires. Il était sûrement l'un des esprits les plus prometteurs de la salle, par son jeune âge. Celindel avait fait son temps, jadis, mais sa réputation ne cessait de croître, les tomes de ses Essais étant de plus en plus demandés. Il courut à son sac, sortant un tome vierge, et nota tout ce qui s'était dit.

- "Ce qui est intéressant et que vous soulevez mon cher, c'est que finalement, et bien souvent, dans une question, les querelles et les désaccords ne sont que des problèmes de définitions. Chacun a un bagage, un vécu et un entourage qui forcent les mots à avoir une connotation. Selon qu'elle soit péjorative ou méliorative, deux personnes pourraient être en train de s'opposer sur un même sujet, à cause de ces différences de considérations. Alors que, si au préalable, nous définissons avec précision, le sens de nos propos, nous évitons de nombreux soucis. J'ai souvenance d'une guerre entre deux villages, qui se sont écharpés pour un arpent de terre ... le problème n'était pas de savoir à qui appartenait l'arpent de terre, mais qu'est-ce qu'un arpent. Pour un village cela faisait telle taille, pour l'autre telle taille! Une différence de référence de mesure, qui a eu pour effet, il y a cinq cents ans, de mener à leur mort, plusieurs dizaines de villageois, au nord de Diantra la belle. La définition ... oui, il faut toujours commencer par les définitions, ce qui est sans doute une tache passionnante mais fort difficile. Pour moi le chaos est le contraire de l'ordre établis par des règles issues d'un esprit vivant et voulant vivre en accord avec ses congénères. Le chaos mène toujours à la mort et la destruction, ce qui ne le rend pas très enviable de mon point de vue."

Celindel ne leva pas les yeux vers Nakor, qui prit place à sa gauche. En face se tenait Haven, installé dans ses coussins et qui fumait de la machine à tabac. Cylas, sur sa droite, envoya quérir le nouvel arrivant qui se tenait à l'entrée par un serviteur, ordonnant de préparer de nouveaux mets et d'apporter de nouvelles boissons. Ces dernières arrivèrent, et Celindel s'empara d'une bouteille de ce fin nectar qu'il appréciait vraiment. Il en but une gorgée et se servit une quatrième fois dans son verre. Sans s'arrêter de noter, il répondit à son interlocuteur :

- La définition est quelque chose d'abstrait mon cher. Vous prenez l'exemple d'un morceau de terre - au passage il n'y a que les Humains pour se battre pour de si futiles choses-. Ne comparez pas la terre au Chaos. Bien que les deux soient essentiels, le premier pourrait être remplacé. En revanche, comment remplacer ce qui fait l'Ordre naturel des choses ? Vous avez la vision primitive du Chaos, celle que les ignares lui donnent : un terme péjoratif, synonyme de mort. Le Chaos précède la Terre, l'Amour, la Vie et la Mort. Par ses cycles, c'est le Chaos qui a créé la vie telle que nous la connaissons, le plus grand cycle du Chaos étant le paradoxe de la vie : la Vie entraîne la Mort. Le Chaos est fin joueur, et impose des paradoxes voués à imploser, la fin d'un cycle, comme je le disais : La vie et la mort. L'amour et la fin. Ces cycles suivent un ordre naturel des choses, mais c'est à l'Être vivant qu'il appartient parfois d'en décider l'issue : Il peut se suicider.

Vous voyez, en somme, je pense que ma théorie de cycle, dans laquelle la chance, le hasard et l'Être influent, est la plus probable.


HRP :

Spoiler:
 
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Tebirahc Zaurahel
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MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Ven 8 Juin 2012 - 16:39

Après qu'on l'ait introduit dans la résidence, qu'il ait demandé et obtenu qu'on nourrisse son accompagnateur, on le conduisit jusqu'à la salle où se tenait la réunion, et la première chose qu'il entendit le fit réagir, si bien qu'à peine dans la pièce, il ne tarda pas à s'adresser directement à celui qui avait tenu de telles propos.

« Il est vrai que les Elfes de votre genre préfèrent ne pas se battre pour de la terre, quitte à abandonner des milliers de vos frères et de vos sœurs aux tourments qui les submergent et à la mort. Vous devriez également aller dire à chacun de vos frères et sœurs qui se sont battus et à ceux qui sont morts à chacune des batailles pour défendre l'Anaëh, qui, tout sacrée qu'elle peut-être, n'est finalement qu'un bout de terre votre sentiment au sujet de tel combat. Je suis certain qu'ils reconnaîtront la justesse de votre raisonnement. »

Et cette première phrase entendue était finalement l'occasion de mettre en avant une nouvelle façon de concevoir les choses... Tous les elfes n'étaient pas fautifs, ils en étaient certains qui se seraient battus à l'époque autant qu'ils se battent aujourd'hui, et d'autres comme ce Celindel, qui sont les réels fautifs, en plus de la Déesse, bien entendu.

« Quant à vos hypothèses, je n'ai pas entendu toute la conversation, mais supposer que le Chaos, car c'est de lui que vous parlez apparemment, n'est finalement composé que de cycles régis par le hasard ou la chance et prétendre que c'est là la plus probable, c'est écarter toutes les autres. Le Chaos, c'est de l'ordre, régit par des lois et une logique différente de celle que nous pouvons concevoir. Ce que vous appelez chance, hasard, n'étant finalement que la résultante d'une de ces lois qu'on ne peut saisir. »

Là-dessus, il tourna la tête vers Nakor, et avant que celui-ci ne réagisse, il s'adressa à lui.

« Cela faisait longtemps, Nakor. Mes condoléances, pour votre roi et vos rêves naïfs de races unies... Puissiez vous survivre à ces pertes, il serait dommage que vous manquiez la suite, elle vous permettrait certainement de vous réveiller. »

C'était gratuit, mais après tout, la situation le permettait. Une Péninsule en guerre, les Elfes se défiant des Hommes, les Nains refermés sur eux-même. Et ça n'était pas terminé... Il attendrait et le moment venu, la défiance deviendrait sang et larmes.

« Je tiens à m'excuser de cette intervention soudaine, mais comprenez que de tel propos dans la bouche d'un elfe ne peut conduire qu'à cela pour quelqu'un qui connaît l'histoire. Mais je tiens à rassurer l'hôte, je ne ferais pas couler le premier sang, ainsi qu'il est convenu. »

Pour autant, il ne manquerait pas de répondant. Et sur ses mots, il commença par s'appuyer contre un mur, croisant les bras.
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Celindel de Delebrimir
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MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Ven 8 Juin 2012 - 17:09

- Il est vrai que les Elfes de votre genre préfèrent ne pas se battre pour de la terre, quitte à abandonner des milliers de vos frères et de vos sœurs aux tourments qui les submergent et à la mort. Vous devriez également aller dire à chacun de vos frères et sœurs qui se sont battus et à ceux qui sont morts à chacune des batailles pour défendre l'Anaëh, qui, tout sacrée qu'elle peut-être, n'est finalement qu'un bout de terre votre sentiment au sujet de tel combat. Je suis certain qu'ils reconnaîtront la justesse de votre raisonnement.

Celindel sourit à cette remarque. Il leva les yeux vers son nouvel interlocuteur, un Drow. Celindel se leva, refermant son grimoire entamé par les notes des protagonistes, il s'approcha du Drow, remarquant qu'il était aveugle :

- Vous pourriez aussi aller dire aux proches de ces morts, qui sont les fautifs des décès de leurs chers disparus ? Car il me semble, non, excusez moi, il est une réalité cruelle qui est que chaque fois que nos frontières étaient menacés et envahies, il s'agissait de Drows. Mais je dois mettre cette naïveté sur le dos de votre infirmité, peut être que vos yeux ne vous ont pas permis de le voir.

Celindel retourna s'asseoir, rouvrant son grimoire.

- De plus, cher nouvel arrivant, je n'ai pas dis que le Chaos était régis que par la chance et le hasard. Ces deux lois ne peuvent être influencées par l'Être, et par cette simple raison le Chaos ne peut être contrôlé. Prenez place je vous en prie. Serviteur, guidez le jusqu'à ses coussins et servez lui quelque chose à boire. Vous prendrez bien quelque chose ?
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Tebirahc Zaurahel
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MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Ven 8 Juin 2012 - 19:37

« Oh, c'est bas d'utiliser l'infirmité comme argument ! »

Mais il ne semblait aucunement blessé, au contraire, il s'en amusait.

« Quant à la réalité, elle ne m'échappe pas contrairement à ce que vous pensez... Je n'ignore pas les nombreuses batailles et les raids qui eurent lieu ces derniers millénaires et dont j'ai été parti prenante. Mais vous, oubliez-vous les tords causés par les hommes quand vous affirmez que toutes les victimes aux combats sont dû aux sombres ? J'ai eu vent de bûcherons humains venus, par cupidité, coupés vos précieux arbres et massacrés le moindre contestataire, il y a à peine quelques années. Et que dire du plus grand dommage fait à votre forêt il y a six millénaires, cette fracture durant une guerre contre les hommes qui finalement provoqua la naissance des sombres ? Et avant eux, se furent les nains. »

Au moins, de cette façon, il appuyait ce titre d'historien qu'il avait présenté aux gardes à l'entrée. Il se posa toutefois une question, tous les grands esprits et les penseurs elfiques se projetaient-ils si peu en arrière, ou était-il tombé sur un cas particulier qui n'accordait d'importance qu'au temps qu'il vécut lui-même ?

« Voici la réalité historique, mais je vous accorde que les miens ont fait le plus de victimes ces derniers siècles. Mais si vous vous sentez le cœur d'un aventurier, contestez donc l'Histoire, toutefois je crains que vous ne réussissiez pas à la faire fléchir pour qu'elle vous donne raison. »

Et le pire, c'est qu'une pensée lui suggérait qu'il était prêt à le faire, ne serait-ce que pour avoir raison finalement. Il était curieux de voir si il aurait l'arrogance et ferait cette bêtise, ou non.

« Par contre, si vous êtes prêt à l'accepter, et bien... Nous pourrons tourner cette page et vous pourrez reprendre, qu'en dites-vous ? »

Quant à la question du Chaos, il laissait aux autres la tâche de continuer, seul l'histoire l'intéressait, pour l'heure, et la prochaine réaction de Nakor. Et pour ce qui est de la proposition de s'asseoir, et bien, quand le serviteur esquissa le geste de le conduire, il l'esquiva sans peine, et répondit tout de même à la proposition de boire.

« Si vous avez du bon vin, je suis preneur. »
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Haven Do'orst
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MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Ven 8 Juin 2012 - 19:58

Reposant son verre, Haven se tourna vers Nakor, ravi de voir que le vieux fou se mêlait à la discussion. Ne voyez pas d’insulte dans le fait de le traiter de fou, mais l’archimage revendiquait lui-même cette folie et la nier serait douter de sa santé mentale. Seul quelqu’un de parfaitement sain peut comprendre sa folie et admettre son existence, adonc la sagesse centenaire de Nakor nous permet d’affirmer qu’il doit être fou.

Au contraire Nakor, elle se renforce. Vous admettez qu’un conflit du à une coucherie entre noble serait créé par une dérogation aux règles et aux lois de ce monde. Mais cela prouve bien que le Chaos s’insinue en chacun de nous, et qu’une situation fut-elle stable va l’engendrer. Nous partions d’un postulat de stabilité et d’un mariage uni, détruit par les forces du Chaos qui s’expriment dans la concupiscence d’un voisin. Or si le Chaos se refuse à intervenir de nouveau, le respect des lois et de l’ordre entraineront une guerre et des centaines de morts.

Présentant ses mains paumes ouvertes, l’hybride mima lentement le mouvement d’une balance.

De l’ordre nait le chaos… du chaos renait l’ordre. La boucle est bouclée, telles les deux faces d’une même pièce les frères ennemis se complètent et s‘équilibrent. Cela rejoint la théorie des cycles de notre ami Celyndel.

Se resservant en vin, Haven hydrata sa gorge sèche tout en savourant la robe du nectar. Des crus de Hautval, et d’un excellent millésime, il faudrait qu’il pense à demander lequel à leur hôte. Reprenant, il répondit à une question qui venait de lui être posée.

Oui, Cylas, j’ai en effet écrit un livre mais où je n’ai pas la présomption de traiter du Chaos, sujet trop vaste pour être couché sur des pages dans un volume acceptable. Mes études m’ont plus amené à une étude des personnification d’un type d’actions bien spécifique du Chaos, à savoir le meurtre prémédité... l'assassinat de sang froid si vous préférez.

Il n’alla pas plus loin car à ce stade, un convive supplémentaire se mêla à la discussion, mais pour une fois Haven dut admettre ne pas réussir à mettre un nom sur le nouveau venu. Ce visage ne lui paraissait pas complètement inconnu, et il aurait juré l’avoir vu à Thaar dans les dernières semaines, mais sans pouvoir en dire plus. Bah, un drow dans la discussion pourrait amener un point de vue plus conflictuel qui se révélerait sans doute assez amusant.

Plus étonnantes encore furent les paroles de l’inconnu, qui semblait connaître Nakor. Haven savait reconnaître les phrases dans lesquelles on en dit beaucoup plus que par ses simples paroles, et il aurait juré que Nakor comprenait parfaitement tous les sous-entendus du drow, mais lui-même devait admettre rester complètement perdu. Haussant les épaules et décidant qu’après tout il n’avait pas vocation à fouiller le passé de chacun, il se tourna vers le vieil elfe et reprit :


Vous êtes un grand amateur de la théorie des cycles, à ce que je vois Celindel. L’histoire semble en effet montrer que nous répétons les mêmes erreurs que nos ancêtres, et pour un elfe aussi âgé que vous ces répétitions doivent paraitre particulièrement frappantes.

De fait, les présents alignaient tous plusieurs siècles d’existence, et pour une fois Haven se sentait jeune. Aurait-on cumulé leurs âges que la somme aurait représenté des dizaines et des dizaines de vie humaines. Si la sagesse venait avec les ans, la pièce devait en être saturée, mais certains affirmeront que les préjugées et l’aveuglement se renforcent également avec le temps.

Dites moi… à votre avis, cette théorie des cycles est-elle inéluctable ? Ou bien est-elle causée par l’ignorance des puissants, si bouffis de leur importance qu’ils ne cherchent pas à comprendre en quoi l’étude du passé pourrait leur dévoiler les dangers de l’avenir ?

Se laissant aller en arrière, l’assassin laissa le nouveau sujet tomber dans la discussion. Confronter la théorie des cycles à l’analyse rationnelle des erreurs passées, voilà un sujet qui l’intéressait et sur lequel il désirait connaître les avis de l’auguste assemblée.
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Celindel de Delebrimir
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MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Ven 8 Juin 2012 - 21:27

Le nouvel arrivant amusait énormément Celindel. En plus de se croire malin et futé, il arborait un sourire qui le plaçait sur son piédestal imaginaire.

- Peut être avez vous mal interprété mes termes, messire, mais ne confondez pas se battre pour des terres et défendre ses terres. L'affront que les bûcherons Humains ont perpétrés était une insulte, et ont pénétrés sur nos terres, comme vos semblables l'ont fait avant nous. Regardez vous même l'Histoire : Les Elfes ont-ils, une seule fois, voulu la guerre ? Ont-ils attaqués les terres voisines ? Et combien de fois ont-ils été assaillis sur leurs propres sols ? Savez vous à quoi cela ressemble ? Cela ressemble fortement au plus fort que l'on cherche à détrôner.

Je n'ai pas la prétention de revoir l'Histoire. Mais n'ayez pas l'arrogance d'accabler la faute aux Elfes des guerres et des conflits dont ils étaient les victimes. D'autant plus que vous partagez certainement mon avis concernant la bêtise des Humains à s'entretuer entre eux.


Ce Drow l’agaçait, mais il l'aimait bien. Il avait du répondant, de la hargne. Il le guida même pour qu'il prenne place à ses côtés. Le débat sur le chaos continua, Haod'On répondant à la suite du Philosophe Millénaire à l'intervention de Nakor qui s'était assis. Les convives étaient au nombre de cinq pour l'instant. Cylas, Nakor, Haod'On, le nouvel arrivant et Celindel. Les réponses s'enchaînaient, le débat étant surtout animé par Haod'On et Delebrimir, parfois avec l'intervention de Cylas et, dernièrement, Nakor.
Le nectar faisait rage. La boisson fruitée, douce et mielleuse, avait convaincu les invités. Elle se buvait facilement, accompagnant parfois un fruit, une pêche, pour Celindel, qui continuait sans cesse sa prise de note, changeant la plume de mains quand l'autre lui faisait trop mal. Il arrivait à une trentaine de pages d'écrits en quelques minutes, prenant note de l'intégralité des dialogues qui se faisaient. Il adorait tous les participants, tous étaient de grands esprits, des fins penseurs.

- Vous êtes un grand amateur de la théorie des cycles, à ce que je vois Celindel. L’histoire semble en effet montrer que nous répétons les mêmes erreurs que nos ancêtres, et pour un elfe aussi âgé que vous ces répétitions doivent paraitre particulièrement frappantes. Dites moi… à votre avis, cette théorie des cycles est-elle inéluctable ? Ou bien est-elle causée par l’ignorance des puissants, si bouffis de leur importance qu’ils ne cherchent pas à comprendre en quoi l’étude du passé pourrait leur dévoiler les dangers de l’avenir ?

- Cher ami, la seule leçon que nous enseigne l'Histoire, est que les vivants ne retiennent rien de ce que nous enseigne l'Histoire. Les Elfes, les Nains, les Drows, les Humains...tant de races prônant différentes vertus. Les cycles de vie qui découlent au fil des siècles de mon existence se ressemblent et forment une monotonie dans laquelle je me suis installé. Pas plus tard qu'il y a quelques semaines, j'ai assisté au siège d'une ville Humaine par leurs propres congénères. Tout cela, pour quoi ? Pour qu'un noble s’assoit sur ce trône et soit détrôné à son tour ? Je suis las de toutes ces querelles futiles qui plaisent tant à certains. Mais la guerre est l'un des nombreux cycles du Chaos, si telle ma théorie existe, et est donc indispensable.

Ma théorie a quelque chose d'intéressant, dans la mesure où elle répond à toutes les interrogations que nous nous sommes posés, sauf celle que vous posez. Mais nous en revenons à ce nous disions avant : cela reviendrait à rompre le cycle, à empêcher l'inévitable d'arriver, et donc d’accélérer l'implosion du cycle. C'est à mon goût la théorie la plus plausible, bien que d'autres puissent l'être également.


Celindel tourna plusieurs pages, et écrivit en grosses lettres : Tome 2, Le Chaos. Il prit note de ce qu'il disait, de ce qui se disait. Ce serait le futur Tome de son Essai.
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Tebirahc Zaurahel
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MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Sam 9 Juin 2012 - 8:34

« Je n'accable personne... Vous dites que seuls les sombres vous attaquent et tuent les elfes, je vous ai démontré le contraire, et même montré que les plaies qu'ils ont provoqué sont moindre en comparaison de celles provoqués par ceux que vous avez considéré comme des alliés, rien de plus. Mon seul reproche aux elfes, ce dont ils sont réellement coupable à mes yeux, c'est leur inaction et l'absence d'aide apportée à leurs frères et sœurs du Linoïn. »

« Quant à ceux à quoi cela ressemble... Libre à vous d'y voir, si cela satisfait votre ego, l'expression d'un sentiment d'infériorité. Là encore, il est certain que votre hypothèse est la plus juste, il ne peut s'agir de vengeance, c'est purement insensé. »

Mais c'était dit avec une profonde ironie, il se moquait plutôt ouvertement de l'ego de l'elfe qui ne cessait de mettre en avant, de façon permanente, la justesse de ses pensées, tandis qu'évidemment, tout autre position s'avérait bien moins probable.

« Et ne présumez de rien qu'en a mon support à votre égard. Vous vivez dans des rêves et des idéals, moi, je contemple la réalité des êtres et du monde... La combativité fait parti de la vie, de toutes ses formes. Les querelles des hommes ne sont pas moins naturels que celles de deux meutes de loups pour un territoire où paît le plus grand nombre de proie. Simplement qu'aujourd'hui, ils se battent pour des ressources, et plus pour un point d'eau, un abri, de la nourriture... Ça n'en reste pas moins naturel. »

Et contrairement à son interlocuteur, il ne parlait pas de complexe d'infériorité à tout va, et pourtant, pour l'occasion, il aurait pu se permettre. Le prétendu grand esprit était plus enclin à s'attaquer aux autres races et à les juger qu'à réfléchir réellement aux causes, il préférait bomber son torse et se flatter.

Il écouta tant l'hybride que l'elfe sur le Chaos, et une question soudainement lui vint... Était ce cela, des grands esprits ? Il ne s'attendait pas à quelque chose de magnifique, mais tout de même... Réfléchissaient-ils avant de parler ?
Il réagit un peu plus vivement.

« Est-ce qu'au moins, vous vous écoutez parler ? Quand je vous entends, j'en doute. »

« La seule leçon que l'histoire nous enseigne, c'est que les vivants ne retiennent rien de ce que nous enseigne l'histoire » il répéta la phrase en y ajoutant un soupçon de pompeux. « Sérieusement ? Déjà que la formulation n'a aucun sens... L'histoire nous enseigne qu'on ne retient rien de ce qu'elle nous enseigne... Mais du coup, nous même, nous n'aurions pas retenu qu'elle nous enseigne qu'on ne retient rien de ce qu'elle nous enseigne, donc nous ne le saurions pas, et pourtant, nous le savons ! » La chose le fit rire, mais il poursuivit. « Personnellement, cette phrase est très belle, il faudra la faire figurer dans votre livre, les amateurs apprécieront.  Mais en plus... Vous êtes prêt à affirmer que jamais personne n'a apprit du passé. Mais alors, mon bon ami, comment savez-vous que les drows sont dangereux ? Pourquoi avoir bâti Ellyrion ? Pourquoi former des hommes et des femmes pour défendre votre forêt, sinon parce que l'expérience et le passé vous ont apprit que le monde extérieur est menaçant, qu'il y a dehors des ennemis qui vont ont déjà fait du tord, et qu'ils peuvent recommencer ? Et toutes les races ont apprit autant de leçons qui leur a permit d'évoluer et de savoir des choses. »

Et toc.

« Quand aux restes... Comment réagir à ce qui semble être l'expression de l'ignorance d'un prétendu penseur qui colle du futile sur tout ce qu'il ne parvient pas à comprendre. »

Et tout cela était dit avec calme, posément.
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Celindel de Delebrimir
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MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Sam 9 Juin 2012 - 9:22

Et voilà qu'il revenait à la charge. Celindel avait tenté de refermer l'intermède dérangeant et hors sujet que le nouvel arrivant -dont on ne connaissait toujours pas le nom- avait causé. Ce Drow, qui s'était présenté comme un historien, cherchait la raison dans un dialogue qui s'était lancé. Un dialogue...sans même s'être présenté, il avait envoyé une pique à Delebrimir, qui lui répondait avec le même mordant dont son adversaire faisait preuve, sous pourtant des masques de calme. Le Drow se sentait-il mis à l'écart d'une discussion sur le Chaos, dans laquelle Celindel avait beaucoup de cartes en main, celle d'avoir déjà élaboré une théorie sur ce domaine si vaste et si inconnu qu'il ne pouvait être intéressant que d'en discuter. Mais le Drow, qui ne cessait de reprocher aux deux penseurs leurs dires, ne se rendait pas compte qu'en critiquant l'intelligence qu'il prétendait avoir, se mettait au même rang que nous en nous critiquant ouvertement. Il affirmait que les penseurs parlaient de choses dont ils ne savaient rien. Mais évidemment, qu'ils n'en savent rien ! Sinon ils ne seraient pas là, à discuter de ces choses ! Pourquoi parler de thèmes qui dépassent les Vivants dans une réunion de penseurs !

- Vous n'avez rien écouté ? Tenez, je vous donne un autre exemple : le cycle des rivalités entre Elfes et Drows. Prenons pour commencement, Ellyrion, voulez vous ? Bien, cela donne ceci : Ellyrion. A l'intersection, c'est la défaite. La défaite engendre la destruction et l'occupation du Fort, ainsi que la mise en place de guetteurs sur les frontières. Temps froid, pas d'affrontements. Nouvelle invasion des Drows. Et l'intersection, mais cette fois, nous les avons repoussés. Le cycle est brisé. Quelle sera la suite ? Vous n'êtes pas en mesure d'assaillir la forêt, en quoi vous vous retournez contre Naelis. Et avant de reprocher des choses aux Elfes, trouvez les reproches que vous pouvez faire à votre propre peuple.

Qu'est ce que nous a montré l'Histoire ? Que rester cloîtré dans une forêt ne nous amène à rien, sinon d'être envahi. Et qu'on fait les Elfes devant cette certitude ? Rien. Rien ! Ils n'ont pas bougé, pas envahi de territoires. Les tensions qui grimpent dans notre propre contrée sont une nouvelle fois issue de cette citation ! Le passage de Kyrïa en Anaëh...et bien des tas d'Elfes ignorent le passage de la Déesse, et refusent d'adapter un mode de vie sauvage, comme aux ères premières.

Et je vais vous poser une question à mon tour : Comment réagir aux dires d'un Drow, persuadé de mieux valoir alors que son peuple a le poids de milliers de morts sur le dos, si enclin à critiquer sans donner son propre avis, qui se base sur la réalité et ne stipule aucunement sur l'abstrait et les choses qui nous échappent ? Les personnes sont bien rapides à critiquer ce dont elles ne connaissent pas, et à reprocher aux autres leurs dires, sans même prendre le temps de s'explorer soi-même. Cette phrase devrait vous plaire, elle est pour amateur.


La discussion devait s'arrêter. C'était pénible de discuter avec quelqu'un si enclin à critiquer. Certes Celindel était comme ca, aussi. Nationaliste et patriote. Mais il savait parfois se retourner et contempler les actes que son peuple avait fait. Mais l'avis de Delebrimir vaut aussi bien que celui des autres, car tous les avis se valent, et aux yeux de Celindel, les Elfes étaient ceux qui avaient le moins de tâches dans leur histoire. Ils n'étaient pas responsable de milliers de morts. Ils ne s'entretuaient pas entre frères pour un trône vaquant. Ils n'ordonnaient pas l'assassinat de leurs propres dirigeants. Mais ils avaient, comme l'avait souligné le nouvel arrivant, laissé leurs frères et leurs sœurs. Cela avait abouti à la fracture de la forêt et à la création des Sombres. Il n'allait pas non plus s'en plaindre, sans cet acte il ne serait pas ici. Mais sans cet acte, des milliers de personnes arpenteraient encore les terres de Miradelphia.

- A présent, je vous invite à ne pas répondre et de parler du débat qui a lieu actuellement. Si vous vous trouvez trop intelligent, prouvez le. Ou partez.
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Nakor
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MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Sam 9 Juin 2012 - 10:14

Et bien, le jeu en valait la chandelle, ils n'avaient de cesse, tous les deux, d'échanger des piques ouvertes. Le magicien se mit à glousser sur son siège et avala un bon verre de vin avant de se resservir. Ou plutôt de se faire resservir. Il avait noté la remarque du drow, seigneur de Mogar, dieu de la guerre. Il allait répondre quand Celindel prit la suite et les échanges eurent lieux. Décidément, Tebirhac n'avait pas changé non plus, toujours à se croire supérieur à tous, sans doute parce qu'il était l'envoyé d'un dieu. Ou alors parce qu'il était un drow. C'était une hypothèse censée et plus que plausible. Nakor prit enfin son tour de parole en captant un moment de silence.

"Je vous remercie pour vos condoléances sincères Tebirhac. Trystan est parti pour un monde meilleur sans aucun doute, avec son épouse tellement aimé! Ensuite pour mes rêves, et bien je dois vous annoncer ... tenez vous bien ... que comme tout rêve, ils ne meurent jamais. Si vous n'avez aucun rêve par contre, je vous transmets à mon tour toutes mes sincères condoléances pour votre vie morne et sans but aucun. Vous le savez mieux que moi, les choses recommencent, les monarchies naissent et meurent, pour laisser la place à d'autre, la guerre remplace la paix et ainsi de suite. Mon rêve de voir une unification des peuples censés de notre monde ne peut donc s'éteindre. Et au cas où vous ne l'auriez pas vu, j'ai survécu à tout cela, puisque je suis ici, à vos côtés! Je vous avez dit que nous nous reverrions."

Puis le verre glissa encore dans sa gorge et étrécit le regard en se tournant vers Celindel.

"Je n'aime guère votre théorie des cycles ... savez-vous pourquoi? Parce que toute théorie incapable d'être démontré comme fausse, ne tient pas la route et ne doit pas être considéré comme acceptable. Les gens de sciences le savent mieux que les autres. Vos cycles semblent trouver toujours raison, et même s'il n'y a pas moyen de la faire fonctionner, vous trouverez une raison lointaine et fumeuse pour que le cycle reste en vie. Ce n'est plus une théorie, c'est une croyance, un dogme. Alors qu'une théorie, pouvant éventuellement être falsifié, démontré comme fausse, prend toute son ampleur, grâce à son courage et sa potentialité. Prenons les théories des anciens alchimistes de Nisetis ... certains avaient établis de lourdes équations permettant de savoir où atterrirait une flèche selon l'angle et la force avec laquelle elle était jeté. Cette théorie pouvait être falsifié, car il suffisait qu'un seul paramètre donne un résultat faux et que la théorie s'éloigne de la pratique et voilà, tout tombait à l'eau. Un archer pouvait montrer que la théorie était fausse. Là, vos cycles ne peuvent pas être démontré comme faux, votre théorie s'adapte au monde par des biais spirituels ... ce n'est donc pas une bonne théorie. Je préfère de loin simplement penser que le chaos est un contre ordre, que l'ordre est une chose établis par l'esprit humain pour tenter de vivre à peu prés correctement avec ses semblables et que donc, quand le chaos arrive au sein des vivants, il sème le trouble. Nous pouvons tergiverser sur le chaos au sens large, sur le fait que la vie s'est développé grâce à lui et que comme tout commence, tout doit finir et que nous retournons donc au chaos, que le chaos est un élément essentiel de la vie et ainsi de suite! Il n'empêche que si vous voulez vous ancrer dans la réalité, il faut cesser de survoler le monde de si haut qu'on ne voit plus les sommets des montagnes et regarder les choses en face : la vie que nous menons est toujours perturbé quand le chaos est là ... d'ailleurs que je sache, on ne dit pas "hoooooo c'est le chaos, génial" mais plutôt "c'est le chaos" quand la panique, l'enfer et le sang sont autour de nous, quand l'ordre ne règne plus et que les pulsions animales prennent le dessus sur nous tous, humains, nains elfes ou drows. Ce qui me fait encore vous confirmer Haod, que si le chaos n'agissait pas et que seul l'ordre régnait, aucun chatelain n'irait coucher avec la femme de son voisin, donc votre situation piège n'existerait pas!"

Nakor voulait leur faire comprendre ce qu'il pensait : le chaos pouvait être débattu, dans sa forme absolue, élevé, mais il y avait une réalité à ne pas négliger dans le dialogue, celle du monde dans lequel on vivait, où le chaos n'était toujours rien d'autre que le synonyme de malheur et de difficulté. Les soit disant sages pouvaient parler de façon plus hautaine de tout cela, il n'empêche que Nakor trouvait idiot de s'oublier à ce point. Il avait aussi soulevé l'idée qu'une vraie théorie, une théorie seule digne de ce nom était une théorie qui pouvait être élaborée par des hommes de sciences, de sorte à ce qu'elle puisse prévoir des choses et éventuellement être démontré comme fausse si un événement venait montrer le contraire de ce qu'elle prévoyait. Une théorie devait prévoir le fonctionnement du monde et voir si cela se passait comme prévue, et pas, comme celle des cycles de Celindel, de forcer le monde à s'adapter à la théorie en expliquant, après coup, comment elle était intervenue.
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Tebirahc Zaurahel
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MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Sam 9 Juin 2012 - 18:06

Décidément, il enchaînait les bêtises, cet elfe. Non content d'utiliser sa cécité comme autant d'argument pour prouver l'erreur de son interlocuteur, voilà qu'il parlait, posait des questions pour ensuite exiger qu'il se taise, ou prouve qu'il était quelqu'un d'intelligent. D'une part, il se demanda très brièvement ce qui le forcerait à prouver à un tel personnage quoique ce soit, surtout que même si la preuve était faite, il refuserait de l'admettre, question d'ego.
En somme, il ignora tout bonnement la chose, s'amusant par avance de la tentative qu'il effectuerait pour le mettre à la porte. Si une Gardienne n'était parvenue à le déloger de son île qu'en usant de ses pouvoirs pour finir par une intervention divine forcée, il se demandait ce que cet elfe avait pour espérer parvenir à un meilleur résultat.

Du coup, il décida de répondre, en commençant, tout logiquement, par démolir les suppositions et les exemples foireux, parce qu'en user pour prouver ses dires étaient une chose, mais il fallait replacer les choses dans le contexte, et le bon, non comme ça l'arrange.

« Sauf qu'Ellyrion n'est aucunement un commencement, mais une étape dans un conflit qui dure depuis des millénaires. Que cette bataille n'avait pas vocation de permettre une invasion, mais d'abattre le seul et sérieux rival de notre propre forteresse dans cette région. Que Naelis, pour ce que j'en sais, n'est aucunement la volonté des chefs de guerre du Puy, mais l'initiative d'un élément indépendant, et qu'il n'y a aucune espèce de rapport de causalité entre ces deux batailles. 
Ce n'est pas contre vous, mais si vous voulez utiliser des événements, la moindre des choses pour être rigoureux est de ne pas les tordre dans tous les sens pour qu'ils satisfassent vos besoins, quitte à ne plus ressembler à rien. »


Maintenant, à lui de voir, si il voulait bâtir des choses sur ses propres interprétations, même erronés, c'était à lui de décider, mais qu'il ne prétende pas ensuite détenir la bonne réponse. Et il poursuivit, surtout sur les derniers mots, ne comprenant pas ce que les actes de son peuple avaient à voir avec la façon dont on devait considérer ses mots.

« Je n'ai pas à vous dire comment réagir. Et si je me permets de me considérer mieux que vous n'êtes, vous en êtes seul fautif, par vos mots. Soyez digne de cette prétention que vous avez à être un grand esprit, alors je vous estimerais mieux, peut-être même vous respecterais-je et ce, même si nous sommes opposés.
Et si vous considérez que le poids des morts d'un peuple compte dans la valeur que vous accordez aux propos de ceux qui vous parlent, alors vous ne devez en donner aucune, à quiconque, car chacun de nos peuples à plusieurs milliers de morts à son actif, les elfes compris.
Quant à la critique, je vous ai donné mon avis, et si je puis me permettre de jouer sur les mots, à l'exception peut-être des dieux, personne ne connaît la vérité sur le Chaos, cela signifie t-il que personne ne peut discuter, ne peut critiquer l'hypothèse de l'autre ? Dans ce cas, pourquoi cette réunion ? »


Il n'y avait pas d'accusation, le drow se montrait toujours extrêmement calme, tranquille. Il tourna la tête vers Nakor, et très posément, eut des mots qui ne manqueraient pas de le surprendre.

« Votre inquiétude me touche, Nakor, mais c'est inutile, si je n'ai aucun rêve semblable aux vôtres, j'ai la vision d'un monde que je m'emploie à bâtir, un instant que je veux connaître et une tâche aussi colossale est exaltante, autrement, jamais je ne serais allé aussi loin. Mais si je peux me permettre un petit conseil, Nakor, cessez donc de rêver, car alors même vous, vous ne vivrez pas assez pour le voir devenir réel si vous vous contentez de songes... Préférez voir et usez de votre temps et de votre pouvoir pour œuvrer à façonner ce que vous aurez vu. Vivre tant, posséder tant et se contenter de rêves, c'est un gâchis que vous ne devriez pas permettre. »

Si Nakor comprenait pleinement le sens des mots du drow, il serait certainement surprit, mais un tel encouragement ne dérangeait pas le Gardien. Au contraire, cela pourrait offrir plus d'intérêt encore aux siècles à venir et à sa tâche, à son œuvre.

« Et si je ne partage pas votre conception des choses, je suis toutefois de votre avis. Le Chaos est une chose que nos esprits conjugués, même œuvrant de concert, ne parviendraient à résoudre. C'est perdre du temps que de s'acharner sur l'insoluble, tout ce qui peut en résulter, ce sont des hypothèses toutes aussi creuses et sans fondement. »
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Celindel de Delebrimir
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MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Sam 9 Juin 2012 - 20:17

- Il n'est pas une question du peut-être quand au fait que vous me respecterez. Vous me respecterez car j'en ferais de même, messire. Nous pourrions continuer ainsi des heures, à nous échanger des piques et sans cesse être persuadé chacun de la vérité. Il n'y a pas de dignité à prétendre quelque chose. Je suis un grand esprit. Comme vous. Comme tous ceux présents dans cette salle. Nos discussions, nos paroles, nos avis divergents, témoignent de notre intelligence. J'en ai moi même une étrange, car je mêle la Folie au Génie. Je dois mon caractère à une maladie qui, jadis, failli me terrasser. Mon corps en sorti indemne, mais mon esprit fut lynché.

Les avis divergents que nous émettons prouvent que nous sommes différents. Mettez sur le compte de ma folie si vous le désirez, mes paroles que peut être, vous trouverez insensées, mais ne vous donnez pas le droit de critiquer ma personne par mon avis, je vous prie. Si je devais résumer notre discussion, je commencerais par dire qu'aucun de nos deux peuples ne peut se vanter d'être sans péchés, et je vous propose que cela s'arrête là. Vous pensez avoir raison, et je le pense de même. Je vous ai vu sourire quand j'ai dis qu'il était peut être mieux que vous partiez. Croyez vous que j'aurais besoin de la force ? De la magie ? Je sens votre puissance. Je n'oserais pas me mesurer à vous. Mais nous avons quelque chose en commun, l'ego. Vous ne supportez pas d'être ignoré, aussi, je ne le ferais pas, car j'apprécie votre présence autant que celle des autres.

Vous vous interrogez sur la raison de cette réunion. Et bien il s'agit de discuter de toutes les choses qui nous dépassent, et essayer de les comprendre. Vous affirmez qu'il n'est pas possible de discuter de ma thèse. Mais c'est à l'instant ce que vient de faire Nakor. J'ai d'ailleurs la réponse à vous, Archimage : Ma théorie peut s'avérer fausse en tenant compte d'un point que je n'ai pas eu le temps d'émettre. Le Chaos, qui, selon moi, régit les évènements, a donc été créé. Même s'il est, toujours selon moi, la Source de tout, il a été créé. Par quelqu'un, ou quelque chose, qui maîtrise le Chaos. Ma théorie peut s'avérer fausse, dans le cas où cette chose -ou personne- régissant le Chaos est insensible à ce même chaos. Le fait que le moindre fait échappe au Chaos reviendrait donc à dire que celui ci ne contrôle pas la totalité de l'Existence, et donc que ma théorie s'effondre.


Celindel posa son grimoire, le temps d'attraper une coupe de vin, qu'il plaça dans la main de l'Aveugle. Il lui sourit légèrement, oubliant qu'il ne pouvait pas le voir. Il regrettait l'injure qu'il avait pu lui faire en l'attaquant sur son infirmité. C'était bas jeu.

- Oui je sais, c'est pas bien, gna. Vous pensez ? Il va s'en ficher. Bon, ok...Messire, je vous présente mes excuses, concernant l'injure que j'ai pu vous faire en vous critiquant sur votre infirmité.

Delebrimir prit note des paroles de Nakor, se resservant un sixième verre de nectar. Il demanda à un servant de lui apporter une nectarine, fruit qu'il affectait particulièrement, tant par le jus goûteux ou la texture charnelle appétissante et tendre. Sa réunion était un réel succès. Il était tard dans la nuit, minuit passé. La rencontre n'avait pas de fin signée officielle, aussi, Celindel s'imaginait que d'autres participants arriveraient durant la journée du lendemain. Les présents étaient tous de grands esprits affûtés.

Le philosophe oisif et libertin, Hybride, Haod'On avait la parole difficile, mais ses réponses étaient pertinentes et intéressantes. L'Archimage Nakor, homme multicentenaire atteint d'une folie, recherché par le régent pour le mettre à mort. Cylas, l'hôte de la demeure. Un esprit -trop- jeune et prometteur, déjà auteur de nombreuses découvertes. Le nouvel arrivant, un probable vétéran des guerres et esprit extrêmement avisé et ouvert pour un Drow. Et Celindel, doyen des membres actuels, auteur de nombreuses œuvres. Tous étaient sages, d'autres l'étaient moins, car elle s’acquérait en grande partie avec l'âge et l'expérience. Par l'âge, le Philosophe Millénaire était le plus expérimenté. Par les actes, c'était sûrement le Drow. Delebrimir le sentait. Et comme tout puissants, les deux rivalisaient dans leurs propos, sans empêcher cependant Celindel d'apprécier le Drow. Il se voyait en lui comme un miroir, un esprit aiguisé et calme. Un ami d'envergure, et un ennemi dangereux.
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Haven Do'orst
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MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Sam 9 Juin 2012 - 23:11

Jugeant qu’il était temps d’intervenir pour éviter que la situation ne s’envenime trop, Haven se pencha en avant et fit un geste d’apaisement de la main avant que le drow ne puisse régir à la petite injure dont il venait d’être la victime.

Messieurs, je vous en prie. Les piques assassines n’ont pas leur place ici. Nous sommes… pardon… nous prétendons constituer un groupe d’esprits supérieurs, des libres penseurs et philosophes, et nous ne pouvons donc nous abaisser ainsi. Les seuls fleurets à notre disposition en ces murs sont nos arguments.

De fait, la conversation déviait un peu trop vers les attaques personnelles et l’assassin ne connaissait que trop bien le résultat que pouvait entrainer de tels piques. Plus d’un contrat arrivé à la Guilde venait en réponse d’une injure réelle ou supposée, mais ce soir l’hybride ne désirait pas devoir faire une estimation de la valeur en or d’une mission contre un des invités. Venus pour discourir et échanger avec de brillants esprits, l’assassin tendit un plat chargé de petites mignardises fort gouteuses et reprit d’un ton léger :

Tenez, goutez moi ces merveilles que les cuisiniers de notre hôte ont préparé pour nous. Car si l’esprit est fort, la chair reste faible et pour plusieurs d’entre vous la route a du être longue.

Rien de tel que des bouches pleines pour apaiser les langues acérées et laisser retomber la tension, car il fallait admettre que Cylas leur avait fait préparer des mets délicieux. Pourtant habitué au luxe de la citadelle, Haven se régalait et se promit de se renseigner sur un éventuel débauchage du maître-queux. Se levant, il alla ouvrir l’une des baies vitrées afin de laisser entrer un peu de la fraîcheur printanière dans la pièce, respira à pleins poumons les douces fragrances qui s’élevaient du jardin puis revint s’asseoir.

Celindel, si je souscris à la théorie des cycles que vous nous décrivez, je n’adhère pas totalement à sa formulation. Détail me direz-vous, mais de même que la fin parachève l’œuvre, le titre constitue l’essence même d’une théorie et doit refléter au mieux son contenu. Plutôt que de « cycles », je parlerais de « constantes », car de fait l’histoire ne se répète jamais exactement à l’identique, fort heureusement d’ailleurs pour les bardes et les troubadours qui sinon manqueraient de matière pour renouveler leurs chansons. Ce que vous appelez cycles sont des suites d’évènements ne se ressemblant que rarement mais issus des mêmes causes, causes liées à nos instincts les plus primaux. Prenons la bataille d’Ellyrion dont vous parliez. Les guerres entre elfes et drows sont certes des cycles, mais pour autant jamais un nœud ne s’était formé et jamais la porte de l’Anaëh n’était tombée. Certes les elfes ont déjà subis des revers, de même que les drows, mais ceux là exactement ? Non. Par contre, le désir d’extension territorial des drows reste une constante de même que l’incapacité des elfes à en finir avec les anciens frères ou à ne pas les sous-estimer. Parallèlement, la mort du Karliik Glenn reflète la constante drow à ne pas disposer d’un pouvoir stable dans la durée, en particulier lors des époques charnières de l’histoire. La « théorie des constantes », qui veut que les même causes se répètent dans le temps mais que le Chaos induise différents effets, tente de résumer ce concept.

L’air de savourer une sucrerie, il répéta le nom qu’il proposait pour la théorie à plusieurs reprises.

Oui… la « théorie des constantes », cela me plait. Et si j’admets faire preuve d’un peu de prétention à ainsi apposer des noms sur de tels concepts, n’oubliez pas que l’orgueil est elle-même l’une des constantes dont je parle. Le nom devient ainsi part de l’œuvre.

Certains pourraient accuser l’hybride de se laisser parfois aller à un manque d’humilité, mais cette qualité ne se trouvait guère présente ce soir là, n’en déplaise aux censeurs. De forts égos se trouvaient réunis, des êtres multi-centenaires persuadés de leur sagesse. Sagesse justifiée ou simple égocentrisme ? Cela, seul un être plus sage encore aurait pu le dire, car avant de prétendre juger il convient de surpasser. Satisfait de lui-même, ce qui ne vous étonnera pas si vous connaissez un tant soit peu la mentalité de notre assassin préféré, Haven changea de sujet.

Savez-vous que je me réjouis de voir des désaccords naitre entre nous ? Imaginez un peu à quel point ce monde serait terne si nous pouvions nous entendre, nous qui représentons des peuples aussi variés. Venus de lieux différents, issus de cultures différentes et parfois opposées, ayant traversé des épreuves différentes et dotés de valeurs différentes, nous arrivons néanmoins à discuter sereinement.
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Cylas Le Pamphlétaire
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MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Dim 10 Juin 2012 - 14:09

La rencontre d’hommes de savoir pouvait prendre plusieurs formes, mais ce qui était sûr, c’est qu’une personne ayant réfléchi longuement sur un sujet en question, a peu de chances d’être totalement d’accord avec un autre individu. Le conflit intellectuel était là, le choc des esprits était inévitable. Ces confrontations amusaient le regard malicieux de Cylas, qui ne pouvait effacer ce sourire narquois de son visage. D’autant plus que le sujet en question, bien que passionnant, n’était nullement celui qu’il voulait aborder. Cela faisait un bon moment que ses convives discuter du chaos, de sa nature, de sa fonction. Celindel parlait de théorie des cycles. Cylas avait dit ce qu’il en pensait, il en dirait plus si on le lui demandait.

L’homme qui pense et qui croit à ce qu’il pense n’a nullement besoin d’imposer son discours par la force de la voix et la longueur du texte. Cela était caractéristique de ceux qui n’avaient pas assez confiance en leurs dires.

Les piques de ce drow, Ust’Chath, lancées en direction de Celindel semblaient avoir fait mouche. Toujours avec son air arrogant, approchant dangereusement de la condescendance, le Pamphlétaire écoutait avec amusement son ami qui ne semblait guère apprécier les remarques, et qui commençait déjà à prôner la supériorité des elfes. Bien qu’elfe, Cylas ne savait que trop bien que cette arrogance des elfes les mèneraient à leur perte, l’arrogance de Cylas était d’une tout autre nature, rien avoir avec son appartenance raciale.

Un moment, il décida d’aller chercher quelques mets, grignota, observant attentivement la scène, gardant un œil sur les autres invités. Il demanda à l’une de ses servantes de ramener un peu plus de vin et d’hydromel. Puis il revint discrètement, gardant un certain recul, mais toujours avec son air amusé. Des invités, celui qui l’intéressait et l’intriguait le plus était l’hybride. Celindel fit une remarque, précisant que le but de cette réunion était de débattre de choses qui nous dépassent. Voilà bien un discours qui ne lui plaisait guère, au Pamphlétaire, car rien ne le dépassait, enfin le croyait-il. L’incompréhension et le manque de précisions ne doit en aucun cas conduire les hommes à penser qu’une chose dépasse leur entendement, que cela dépasse le ressort de leurs connaissances. Et puis son ami se mit même à s’excuser de ce qu’il avait pu dire sur l’infirmité du drow. Celindel le savait, Cylas n’appréciait pas les excuses, il considérait cela comme un signe d’un manque de confiance en soi. L’excuse était, pour lui, quelque chose qu’il fallait réserver aux faibles. Si l’on est incapable d’assumer ses dires, si l’on a ne serait-ce qu’un regret, cela nuira à notre propre estime.

Attentif, amusé, observateur, Cylas resté muet. Jusqu’à ce que Haod’on ne prenne la parole :

- Savez-vous que je me réjouis de voir des désaccords naitre entre nous ? Imaginez un peu à quel point ce monde serait terne si nous pouvions nous entendre, nous qui représentons des peuples aussi variés. Venus de lieux différents, issus de cultures différentes et parfois opposées, ayant traversé des épreuves différentes et dotés de valeurs différentes, nous arrivons néanmoins à discuter sereinement.

Il rit un bref instant, avant de prendre enfin la parole, avec un air ironique :

- Mon cher Haod’on, vous êtes d’une clairvoyance à toute épreuve ! Vous avez découvert cela tout seul ? Non… Une telle réflexion a dut nécessiter des décennies de travaux. Le désaccord est bien évidemment nécessaire, si tous les hommes ne suivaient qu’un seul chemin, cela sous-entendrait que tous les hommes ont la même expérience, et interprèteraient des mêmes évènements de la même manière. L’unité totale de l’opinion conduit indubitablement à l’unité de l’Homme, il n’y aurait qu’un homme. De ce fait, La multiplicité des individus conduit inévitablement à la multiplicité des opinions.

Reprenant son sérieux, son arrogance laissa place à une curiosité amicale envers l’hybride. Il demanda ainsi avc calme :

- Mais Haod’on, parlons plus sérieusement. Je serai curieux de savoir ce que vous avez retranscrit sur votre livre. Parlez nous en, c’est l’occasion de vous faire connaître. L’assassinat est toujours perpétré avec sang-froid, celui qui tremble au moment d’assener le coup fatal n’est qu’un vulgaire meurtrier. Je pense que dans la notion d’assassinat, il faut considérer le meurtre avec une touche artistique. Bien que nombre de mes camarades me reprochent certaines de mes idées, je pense que l’assassinat n’est ni plus ni moins qu’un travail comme un autre qui consiste à rétablir, dans une certaine mesure, un certain équilibre.

Bien que ses propos puissent choquer certains, le Pamphlétaire était réputé pour ses opinions……divergentes de celles du commun des mortels.
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Celindel de Delebrimir
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MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Dim 10 Juin 2012 - 21:04

Le débat sur le Chaos était clos. Débat...c'était un bien grand mot. Chacun avait exposé ses idées, Delebrimir avait exposé sa théorie des cycles comme il l'appelait, qu'Haod'On avait rebaptisé théorie des constantes. Blanc bonnet, et bonnet blanc. La discussion avait alors tourné en un duel : Celindel défendait sa théorie qu'il pensait la plus juste, face à Nakor tentant d'en trouver les failles, et contre Haod'On, qui semblait relativement séduit de cette théorie. Il affectionnait le Chaos, et pouvoir le cerner, si cela était possible, via cette théorie était un défi alléchant pour les penseurs réunis ici. Le sujet dérivait sur une oeuvre que l'Hybride avait écrit, sur l'art de l'assassinat. C'était un thème tabou, censuré et traqué. Trois raisons pour que Celindel en acquiert un exemplaire. Cependant, l'assassinat n'était un thème qui l'intéressait au point qu'il figure dans son œuvre. Aussi, il referma le grimoire, scellant les cinquantaines de pages qu'il avait noté sur le Chaos. Il demanda une nectarine, ainsi qu'un septième verre de nectar.

- Mais Haod’on, parlons plus sérieusement. Je serai curieux de savoir ce que vous avez retranscrit sur votre livre. Parlez nous en, c’est l’occasion de vous faire connaître. L’assassinat est toujours perpétré avec sang-froid, celui qui tremble au moment d’assener le coup fatal n’est qu’un vulgaire meurtrier. Je pense que dans la notion d’assassinat, il faut considérer le meurtre avec une touche artistique. Bien que nombre de mes camarades me reprochent certaines de mes idées, je pense que l’assassinat n’est ni plus ni moins qu’un travail comme un autre qui consiste à rétablir, dans une certaine mesure, un certain équilibre.

- Vous confondez le meurtre et l'assassinat. Ce dernier est prémédité, le meurtre n'étant qu'un accident, si j'ose dire. Il est vrai que cette profession en est une comme une autre, un gagne pain difficile, qui nécessite de nombreuses préparations. Mais la personne, la cible comme ils disent, n'est en rien personne à se reprocher ? C'est un assassinat pour de l'or, simplement. Alors que si on prenait par exemple, que dis-je...Anseric de la Rochepont, cet arrogant imbécile que j'ai rencontré à Sainte Berthilde, qui se croit seigneur de sang par son héritage, qui fait le paon devant les seigneurs seulement lorsqu'il en a de son côté, pour couvrir sa fuite trop prompte à survenir, et bien je vous dis que s'il advenait que cet imbécile soit tué, non seulement je trouverais l'assassin pour le remercier en personne, mais je pense que la terre serait enfin débarrassé d'un sale imbécile.

Delebrimir avait parlé d'un trait. Les paroles étaient sorti de sa bouche comme si elles n'attendaient qu'elle s'ouvre pour sortir, et jaillir à la tête des auditeurs. Qu'importait les conséquences, si Nakor était un ami de la Rochepont. Ce dernier était plus un boulet et un fléau qu'autre chose. Celindel était fier de ses paroles. Il n'avait pas hésité à exposer son avis, mais il attendait celui du plus vétéran en la matière, l'Hybride. Alors qu'il allait répondre, la porte s'ouvrit, ma surprise arrivant à point nommé.

- Au fait Cylas, j'ai pris le soin de faire venir ces catins pour nos hôtes, qui sait, peut être trouveront-ils la force de les satisfaire durant la nuit...

Les filles de joies se répartirent sur les invités, massant leurs corps et aguichant leurs volontés. Elles ne se contentaient, dans leur tenue bien légère, pour l'instant, de masser le haut du corps. On voyait parfois les mains baladeuses des catins se prolonger dans le bas du corps, arrachant un sourire à l'hôte du plaisir. Celindel était lui même satisfait. Fruit, alcool, filles et philosophie. Le Philosophe Millénaire discutait avec ceux qui allaient devenir ses amis, et il se faisait masser par une séduisante fille, tant par le corps que le visage, buvant du nectar et mangeant des fruits. Il se détendit, fumant de la machine à tabac, et plaça l'un des tubes dans les mains de Tebirhac, qui, comme les autres, se faisait doucement masser les épaules. La soirée ne faisait que commencer, et la réunion allait durer plusieurs jours...
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Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]
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