AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3  Suivant
AuteurMessage
Haven Do'orst
Hybride
avatar

Masculin
Nombre de messages : 167
Âge : 117
Date d'inscription : 19/07/2010

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge : 255 ans
Niveau Magique : Non-Initié.
MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Mer 13 Juin 2012 - 1:42

Énoncer l’évidence tout en ayant l’air de proposer cela comme une grande découverte est la marque des esprits supérieurs, mon cher Cylas. Ou tout du moins des esprits imbus d’eux-mêmes, et je me classe volontiers dans les deux catégories.

Pique contre pique, humour noir contre sarcasme, l’hybride venait de rappeler que lui aussi jouait à cela et qu’il ne fallait pas dépasser les bornes de la politesse dans le cadre de cette discussion. Pris entre la folie d’un humain, l’arrogance des elfes et l’ironie amère du drow, Haven profitait pleinement de cet amalgame de brillants esprits bouffis de leur suffisance. Enfin il se sentait parmi ses frères !

Vous avez raison de différencier meurtre et assassinat. Un soldat assassine-t-il l’ennemi ? Non, il le tue pour survivre et parce que les règles de la guerre sont ainsi faites. Qui oserait aller l’accuser d’avoir mal agit ? Nous pouvons parler de meurtre dans ce cas là, bien que ce terme ne couvre pas exactement tout le périmètre désiré, mais vous me permettrez cette facilité oratoire. D’ailleurs notez que souvent ceux qui tuent ainsi sous le coup de la peur ou de la colère le vivent ensuite très mal. Combien de soldats sont hantés par leurs batailles et revoient chaque nuit les visages des ennemis tombés sous leur lame ?

Chemise rouge et pantalon marron, voilà la tenue idéale des soldats selon un grand général des temps pas si anciens. Le rouge pour cacher leurs blessures et ne pas affoler leurs compagnons, le marron pour que la merde qui souille leurs chausses ne soit pas trop visible.

L’assassinat est différent, il s’agit d’un art bien plus subtil. Point ici de peur ou de colère, car de fait l’assassin n’a bien souvent aucune rancœur contre sa cible qu’il ne connait peut être même pas. Et pourtant il en vient à la découvrir et à la disséquer au long de sa traque. Je ne parle pas là du vulgaire assassin qui percera le ventre d’un miséreux pour une histoire de dette impayée, non je parle du véritable assassin, celui qui a prix d’or s’introduira chez un riche marchand ou un puissant seigneur afin de porter son message de mort. J’ai eu le privilège de rencontrer plusieurs de ces porteurs de mort, et c’est suite à leurs témoignages que j’ai pu écrire ce livre où je décrypte l’art de l’assassinat.

Si Haven se faisait passer pour un philosophe, il ne comptait pas pour autant rabaisser sa profession au niveau des assassins de bas-étage. Saisissant son livre qu’il tenait à côté de lui, l’hybride l’ouvrit et reprit :

Dans mon livre, je prends la plume comme si j’étais moi-même un de ces maîtres-assassins. Facilité de style et gout pour la personnification, je rédige souvent ainsi. Tenez, je vous en lis un passage.
L’assassinat est un art, un art que peu de gens peuvent comprendre. Il y a une beauté perverse dans la préparation d’un assassinat, dans la recherche du bon moment, de la bonne heure, du bon endroit. La proie et le prédateur entament alors un ballet mortel d’une rare subtilité. Pendant ces quelques jours où ils vivront non loin l’un de l’autre, ils ne feront plus qu’un. Le prédateur vit comme sa proie, entre dans son esprit… "devient" sa proie.
Il en vient presque à aimer sa cible, à voir en lui ou en elle un compagnon d’armes ou un frère disparu. Cette sourde empathie est l’arme la plus puissante du porteur de mort, mais aussi sa damnation s’il n’y prend pas garde. Peu d’assassins réussissent vraiment à la ressentir, trop concentrés sur leur mission, sans comprendre qu’au-delà d’un nom il y a un être de chair et de sang dont ils doivent percer les secrets les plus intimes.
Mais pour les rares qui réussissent… quelle extase ! Vous pourriez presque voir par les yeux de votre cible, vous devinez ses réactions avant même qu’elle n’y ait pensé… en un mot vous avez démonté le système qu’elle représente… vous avez pris le contrôle des entrées, vous maîtrisez désormais les résultats. Je ne nie pas qu’il soit infiniment plus compliqué de rentrer ainsi dans l’esprit d’un homme éduqué que dans celui d’un rustaud de paysan, mais cette difficulté décuple la jouissance si vous y arrivez.
Écoutez patiemment les maîtres assassins qui vous content leurs grands exploits, leurs plus beaux faits d’armes. Ils parleront presque avec regret de leur cible, et quelquefois leur voix en viendra à s’étrangler lorsqu’ils arriveront au moment de l’exécution. Ces hommes là ont un jour ressenti cette parfaite osmose avec leur cible… et ils ont goûté au doux poison qu’elle contenait en son sein.
Car n’oubliez jamais que l’osmose peut vous empêcher d’accomplir votre mission. A trop vous identifier à votre cible, à trop chercher à la comprendre, vous ressentirez le tiraillement de votre conscience qui remet en cause la justesse de votre acte, qui retiendrait votre bras au moment fatidique si vous n’y prenez pas garde. Vous n’êtes pas des golems mes frères… comme votre cible, vous êtes fait de chair et de sang, et à ce titre vous êtes faillibles.


Les grands esprits se rencontrent, car Celindel venait justement d’introduire des catins destinées à divertir les invités, comme pour appuyer les paroles que faisait tenir Haod’on au maître assassin de son livre. Ravi d’avoir de la compagnie, l’hybride fit signe à deux belles drows de le rejoindre. Le corps voluptueux des sombres le faisait toujours rêver, preuve en était l’attirance qu’il ressentait pour Salyä. Tout en enlaçant les filles de joie, il ajouta :


Faillible… la faiblesse de la chair… voilà un sujet passionnant et dont vous nous donnez un excellent exemple mon cher Celindel. Car l’assassinat, comme la philosophie, est un art dont la perfection demeure entachée par notre nature profonde d’être imparfaits.
Revenir en haut Aller en bas
Celindel de Delebrimir
Elfe
avatar

Masculin
Nombre de messages : 143
Âge : 21
Date d'inscription : 07/05/2012

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  1142 ans
Niveau Magique : Arcaniste.
MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Jeu 14 Juin 2012 - 20:32

Les passes avaient faits l'effet désiré par le Philosophe Millénaire. A peine rentrées, que leur minois et leurs faibles vêtements avaient déjà séduits Haod'On. Quoi de plus normal aux yeux de Delebrimir, que la chair appelle la chair, que ce qui est séduisant attire ce qui doit, ou ce qui veut être séduit. Comment un Drow pouvait-t-il résister aux formes imposantes d'une femme de la même ethnie ? L'attirance des deux sexes avaient quelque chose de poétique en soi, les deux étaient si complémentaires, en harmonie entre eux, qu'il était impossible de se repousser. Les mains fougueuses du Drow entamèrent la conquête du territoire des catins, qui ne s'empêchèrent de sourire et même de geindre sous cette prompte victoire. L'une d'elle entama ce pour le destin l'avait conçue, se mettant à genou face au Drow, répandant en Haod'On le plaisir d'un travail bien fait.

Tebirhac devina quelles personnes pénétrèrent dans la salle, en entendant les rires des femmes de joies, et plus précisément, les soupirs de satisfaction d'Haod'On. Il restait impassible. Un sourire de temps en temps, exception confirmant cette triste règle ! Quand à Nakor, le vieillard malgré ses six siècles d'existence, semblait toujours trouver du plaisir en contemplant la fine fleur prostituée de Thaar. Celindel se "contentait" de deux jeunes Elfes. Probablement capturées jeunes et élevées à la manière Humaine, car elles ne semblaient ni troublées ni affectées de voir Haod'On en plein ébat à sens unique, et semblaient malicieuses avec le sourire en coin. Leurs mains, coquines et mesquines, s'avérèrent être fines joueuses et expertes dans l'art de l'onanisme dont le Philosophe Millénaire devint le jouet. Entre deux soupirs de plaisir, Delebrimir répondit à Haod'On :

- Imparfaits est un euphémisme pour décrire l'existence, mon bon...AMI. Hé, doucement, voilà...Nous avons certes moult défauts. Mais il ne faut pas comprendre défauts et faiblesses. L'un concerne un trait de caractère ou physique, le deuxième est une faille en nous. La plupart des Mâles de notre monde ont la même faille en eux pour la plupart : les femmes. Que l'on ne me parle plus de la piètre hospitalité des Elfes, mes amis, ils savent recevoir...

Celindel venait de faire une petite intermède. Il désirait continuer le débat de l'assassinat dont Haod'On semblait fort bien renseigné. Mais ce qui retenait plus son attention était plus d'un ordre de la faille : les femmes.
Revenir en haut Aller en bas
May'Inil Baenrahel
Ancien
Ancien
avatar

Féminin
Nombre de messages : 1059
Âge : 474
Date d'inscription : 01/05/2012

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  469 ans
Niveau Magique : Spécial.
MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Ven 15 Juin 2012 - 9:15

May'Inil était appuyé contre l'épaule d'Elystrel, le gardien d'Arcam qu'elle avait rencontré quelques jours plus tôt en d'étranges circonstances. Rencontre charmante s'il s'en fallait. Elle était venus à Thaar en simple accompagnatrice, et elle se retrouvait désormais à se rendre à la plus importante réunion de philosophe et écrivain de la région en compagnie de l'avatar de ce qui était, suivant certaines logiques théologiques, son dieu tutélaire -par le truchement de quelques intermédiaires-.

Les rumeurs à Thaar courraient bon train sur ce qui se préparait dans la résidence d'un elfe, à quelque distances de la ville, connus surtout pour ne jamais y avoir foutue les pieds de mémoire d'habitants (soit entre une semaine et quelques années, on ne leur demande pas non plus de relater l'histoire de la cité avec moult détails). On racontait que les plus grand philosophes du continent viendraient, que des rois et princes de tout horizons seraient présent.
Comme d'habitude, beaucoup d'exagération, mais les noms des organisateurs étaient connus aux oreilles de May'Inil, amatrice de littérature entre autre, ainsi que d'Elystrel qui avait dus lire bien plus que sa part d'écrit auparavant. Et peut-être même encore, May'Inil ne savait pas exactement comment voyait le Gardien. Or donc avaient-ils décidé d'y faire une petite excursion, pour s'entretenir avec les fameux grands esprits qui ne maqueraient point de s'y rendre.

Voici donc ce qui expliquait leur présence à tout deux dans le carrosse de May'Inil, avec lequel elle était naturellement venue à Thaar. La route n'était pas dans un excellent état, mais la prêtresse avait trouvé une position confortable, la joue reposant délicatement sur l'épaule de son compagnon de voyage qui égrenait quelques notes sur son instrument, accompagné par le fredonnement de la drow.

Finalement l'appareillage s'arrêta doucement et May'Inil se releva doucement remettant un peu d'ordre dans sa coiffure. Elle portait en cette occasion sa tenue de prêtresse officielle au lieu de ses habituelles robes à la couleur vive. Les seules fantaisie en cette occasion se cachaient parmi les bracelets et bagues qu'elle portaient en nombre et dont les joyaux reflétaient quelques éclats de couleurs.
Elle descendit du carrosse et se dirigea vers la porte de la demeure perdue au milieu d'un bois. Une herse plus précisément, étrange accueil pour une demeure elfe. Demeure qui lui fit un tout aussi drôle d'effet. Tout en pierre taillé, l'ensemble était très joli à voir mais décidément peu en accord avec ce qu'elle avait déjà pus voir des maisons elfiques de l'Anaëh. Elle fit signe à son garde du corps d'attendre à l'extérieur de la résidence, devant le regard soupçonneux des gardes de faction envers le demi-drow. Ce qui étonnant May'Inil fut qu'aucun des deux hommes ne s'étonna outre mesure de sa race alors qu'elle se présentait à eux aux côtés d'Elystrel, comme une prêtresse de Thaar passionnée par les œuvres du Pamphlétaire. Ce qui n'était pas tout à fait faux, elle ne se connaissait juste pas d'admiration spécifiques aux œuvres du ''jeune'' elfe.

Ils purent à loisir entrer dans la demeure, rapidement guidés jusqu'à l'endroit où se tenait la réunion. Et en débarquant dedans, elle ne put retenir un gloussement amusé. C'était donc ça de grand penseurs, avachis sur de confortables divans et canapés, fumant du tabac ou que savait-on d'autres, buvant des nectars diverses et le tout entourés de délicieuses jeunes femmes -et pas le moindre mâle songea-t-elle avec une pointe de frustration- qui s'occupaient de leur pensées plus charnels ?

-Heureuse surprise, je ne m'attendais pas à trouver tel public de dévots, ironisa-t-elle en guise d'introduction. Messires, enchantée de vous rencontrer, je suis May'Inil Llaunim Baenrahel, prêtresse d'Isten de la ville de Sol'Dorn.

HRP:
 
Revenir en haut Aller en bas
Celindel de Delebrimir
Elfe
avatar

Masculin
Nombre de messages : 143
Âge : 21
Date d'inscription : 07/05/2012

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  1142 ans
Niveau Magique : Arcaniste.
MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Ven 15 Juin 2012 - 9:41

Tandis que les pensées de Celindel s'évadaient paisiblement vers ce qui semblait être un havre de jouissance, les cruelles réalités de ses raisons de sa présence lui revinrent en mémoire, les paroles de deux nouveaux arrivants étant le fer de lance de cette âpre désillusion. L'arrivée des nouveaux penseurs, dont l'un était en réalité une penseuse Drow, rappela à Celindel les véritables raisons de la présence de ses confrères, et il se sentit gêné d'avoir eu l'idée, originairement partant d'une intention louable, de faire venir des distractions. Il repoussa doucement la passe qui le servait, rabaissant sa robe et se relevant. Enjambant les coussins qui servaient d'hôtes aux postérieurs des philosophes, il vint à la rencontre de celle qui s'était nommée May'Inil Llaunim Baenrahel. Un nom qui, sous une apparence compliquée à prononcer, révélait tout le charme souvent incompris des noms Drows.

- Je vous souhaite le bienvenue, May'Inil. Je suis Celindel de Delebrimir, commanditaire de cette réunion, Philosophe et Écrivain de son état. Excusez l'état dans lequel ils...nous étions, comprenez qu'il nous faut satisfaire nos invités comme leurs failles l'exigent.

Delebrimir fit un clin d’œil à Haod'On en accentuant sur le mot faille. Le Philosophe Millénaire claqua des doigts, pointant la sortie de l’extrémité de son index :

- Mesdames, vous avez accompli votre devoir en ces lieux, vous êtes priés de nous laisser à présent.

A contrecœur, indifférentes ou contentes, les catins se levèrent, certaines ramassant leurs vêtements ôtés. Après un dernier sourire et un geste d'encouragement envers les deux arrivants vers le centre de la pièce, où convergeaient, portés par des servants, de nouveaux mets et de nouvelles carafes de boissons. Le Philosophe Millénaire n'apporta pas d'importance au suivant de May'Inil, si ce n'était qu'il ne pipait mot. Celindel sortit dehors, s'emparant de sa pipe et d'un peu de tabac. Le banc qu'il élut comme piédestal de son postérieur était froid, caressé par les vents frais d'une nuit de Barkios. La chaleur à l'intérieur était étouffante, et sortir fit du bien à Celindel, qui bourra sa pipe avant de l'allumer d'un vulgaire sort de feu mineur. Les bouffées tirées puis expirées réveillèrent en Celindel une sensation étrange, une immersion totale dans son univers. Il ressentit ce bien être lorsqu'on est en compagnie de ses semblables, que nos dires sont compris dès la première écoute, malgré des termes qui peuvent être compliqués, ambiguës, et parfois à double sens. Le Mage Elfe se leva, allant contempler la fière cité de Thaar, du haut des collines vierges, où se dressait, fièrement maîtresse, la demeure de Cylas.

Revenir en haut Aller en bas
Tebirahc Zaurahel
Ancien
Ancien
avatar

Masculin
Nombre de messages : 964
Âge : 28
Date d'inscription : 08/10/2009

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  859 ans
Niveau Magique : Spécial.
MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Dim 24 Juin 2012 - 4:42

La tournure des événements devenait étrange, et le nouveau sujet de discussion choisi suggérait au Premier Feu de se placer en retrait, un temps tout du moins, afin de ne pas apparaître constamment pour le contestataire qu'il était encore une fois, malgré tout. L'assassinat, après tout, qu'ils décrivaient comme un art subtil n'était que l'apanage des lâches et des faibles, incapable de faire face à son ennemi à la régulière – mais il ne contestait nullement la subtilité des manières de ces individus, mais il ne les glorifierait pas comme le faisaient les autres « penseurs ».
Bref, il demeura contre son mur, se plaçant de manière à ne pas trop attirer l'attention, à ne plus être trop proche de centre des discussions.
Il jaugeait ces hommes depuis sa position, pas physiquement car bien qu'incapable de le faire, il les savait aussi menaçant que le serait un nourrisson, mais il jugeait ce qu'ils étaient et s'étonna d'en voir tant avec un avis sur les assassins... En avaient-il fait l'expérience ? En avaient-ils connu ? Ou bien avaient-ils simplement lu un livre sur le sujet ? Curieusement, c'est pour la plupart la troisième option qui lui paraissait correcte.

Puis, les choses devinrent plus étranges encore quand Celindel fit entrer des catins... Outre la bizarrerie que lui inspirait de telles manières venant d'un elfe, une race qui se prétendait pourtant très raffiné, loin, si loin, de l'esclavage des sombres, c'est surtout l'apparition de cette distraction dans un cercle de penseurs... Il n'y avait sans doute pas mieux pour que les esprits divaguent plus encore, et cela sonna comme une bêtise absurde de la part de l'initiateur de cette rencontre.
Et si certains semblèrent bien accueillir une telle compagnie, il ne fut aucunement d'entre eux, et si il supposa un sourire qui se voulait poli tout d'abord, il rejeta tout aussi rapidement les quelques filles de joies qui s'intéressèrent à lui, sans même qu'une main ne se balade.

Son esprit fut plus attiré par la présence rayonnante dans les méandres magiques... Un Gardien. Si lui ne paraissait que comme un mage, certes exceptionnel, aux yeux des autres assemblés ici, il doutait qu'un tel subterfuge ait le moindre effet sur son Frère ou l'une de ses Sœurs. Si il venait assister à cette petite sauterie, alors elle trouverait un regain d'intérêt que les catins avaient refroidit.
D'ailleurs, pour l'heure, il ne pouvait manquer l'occasion de dire ce qu'il pensait... Cela raviverait quelques tensions, mais il n'était pas à l'origine de la bêtise d'avoir fait entrer ces filles après tout.

« Moi qui pensait que nous étions venus ici pour discuter et réfléchir de concert, j'ignorais que la chose ne serait qu'un prétexte pour une orgie... Si vous avez d'autres surprises de ce genre, Celindel, veuillez m'en avertir, je me retirerais pour méditer, la chose serait alors plus instructive que vos sauteries.
La discussion empruntait-elle un chemin que vous n'auriez pas su suivre pour que vous ayez choisi de les inviter maintenant alors qu'elles auraient eu meilleur effet en attendant vos invités dans leurs chambres ? »


Après tout, c'était une idée qui se défendait... Et si il voulait penser quoique ce soit de ce drow qui restait indifférent à l'appel de la chair, grand bien lui fasse, que pouvait-il comprendre, après tout ?
Mais la présence d'une prêtresse d'Isten le surprit... Non pas le fait qu'elle soit dans la région, mais à cette réunion en particulier. Les prêtresses en venaient à se louer à des elfes au titre de distraction. S'en était presque triste, être réduite à cela.

« C'est une surprise que de voir une prêtresse d'Isten venir ainsi distraire une telle assemblée. Il me tarde de rencontrer celui qui vous accompagne. »

Conclut-il avec franchise, car si la demoiselle ne l'intéressait guère, le Gardien qui était venu en même temps qu'elle, mais qui n'était pas encore entré en scène avait pour sa part toute son attention.
Revenir en haut Aller en bas
Nakor
Humain
avatar

Masculin
Nombre de messages : 1468
Âge : 31
Date d'inscription : 28/01/2008

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  628 ans
Niveau Magique : Archimage.
MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Dim 24 Juin 2012 - 5:37

Des catins! Non mais alors on touchait le fond. Le vieux fou étrécit son regard et attrapa d'un mouvement vif, la main baladeuse d'une jeune prostituée qui avait eut le courage de s'approcher de la longue barbe blanche. En effet, elle venait de se placer derrière Nakor et de lentement le caresser, d'abord sur la barbe, puis la poitrine, et la main descendait doucement encore et encore, arrivant sur le ventre puis ... puis Nakor avait attrapé la main de la jeune femme.

"Si j'étais vous ma chère, je ne tenterai rien de ce côté là! Il y a des choses qu'un homme trop âgé ne peut plus faire!"

Mais sachant que ces femmes ne faisaient cela, non pas pour le plaisir mais pour pouvoir se nourrir, ce qui était la plus grande déchéance possible selon le vieux fou, il lui glissa une pièce dans la main et approcha de son oreille en lui glissant

"Cette nuit, prenez un peu de repos!"

Puis il se tourna vers celle qui finit d'arriver. Une drow. Et bien dis donc, ils étaient finalement aptes à se maîtriser et à ne pas tuer sans vergogne en présence d'autres races? Intéressant. Le magicien la salua et répondit au gardien, en se levant et en passant devant lui

"Votre sollicitude me touche, mais rassurez vous, mon rêve est simplement là pour me rappeler l'ampleur de la tache à accomplir, comme une carte sur laquelle un chef de guerre aurait dressé son plan de bataille. Mes rêves sont suffisamment grands pour ne pas les perdre de vu lorsqu'ils s'éloignent. C'est tout! Ensuite je ne me contente jamais de rêver, je suis comme vous, je suis un homme d'action! Même si mes effets sont sans doute moins grands que les votre."

Puis le vieillard sorti dehors et se rendit compte que Celindel était là, seul aussi. Tebirahc viendrait il les rejoindre? En tout cas le vieux fou alla de l'avant et, une fois à côté de l'elfe, dit tout haut

"Voilà une réunion qui se présentent sous des hospices plus que tangent. Se trouvent réunit ici des gens d'horizons terriblement diverses et a la forte tête ... cela promet d'être passionnant ne trouvez-vous pas?"

Puis le vieux fou observa aussi le ciel de Thaar en se plongea dans de vieux souvenirs.
Revenir en haut Aller en bas
Celindel de Delebrimir
Elfe
avatar

Masculin
Nombre de messages : 143
Âge : 21
Date d'inscription : 07/05/2012

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  1142 ans
Niveau Magique : Arcaniste.
MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Mer 4 Juil 2012 - 9:32

Tandis que Delebrimir observait calmement la ville endormie, l'herbe fut froissé par le pas calme de Nakor, qui vint se placer près de Celindel. Le silence qui s'était imposé ne tarda pas à être brisé, le mage prenant la parole et s'adressant à l'Elfe qui avait tranquillement glissé ses mains dans les poches de sa robe.

- "Voilà une réunion qui se présentent sous des hospices plus que tangent. Se trouvent réunit ici des gens d'horizons terriblement diverses et a la forte tête ... cela promet d'être passionnant ne trouvez-vous pas?"

L'Elfe ne répondit pas tout de suite à son interlocuteur. Il le laissa le rejoindre dans la contemplation des cieux, admirer quelques instants la lueur immaculée et parfaite des étoiles qui peuplaient le ciel. Il invita Nakor à marcher à ses côtés, tandis qu'ils longeaient la bordure de la muraille de pierre, assaillie par le lierre qui décorait de ses belles fleurs le pan du mur qui protégeait la vaste demeure.

- Oui vous avez raison Maître Nakor, bien que je trouve "tangent" un fort euphémisme. En revanche...je ne peux m'empêcher de rire à votre remarque : En effet nous avons tous une forte tête et un ego surdimensionné, moi le premier peut être. Beaucoup ici sont des humanistes, dont Cylas, moi même...notre savoir cherche à s'étendre à tout ce dont il pourrait se vanter d'avoir une emprise, même infime. C'est la première fois en un millénaire d'existence, et en huit siècles de conscience, que je vois des Drows discuter pacifiquement avec des Elfes et des Hommes. Je suis fier d'être celui qui a réussi ce qu'on pensait impossible. La question demeure, cela va-t-il durer ? La preuve que les paroles sont plus utiles que le fil d'une épée est parmi nous. Nous pourrions résoudre de nombreux différends, rien qu'en étant assis autour d'un verre, dans cette maison. Mais cela ne serait pas amusant. Il est bien plus intéressant de débattre de sujets tabous, insolites et rares, de confronter nos points de vue divergents en fonction des races, des origines, des expériences de chacun et chacune. En cela, oui, vous avez une nouvelle fois raison : cela promet d'être passionnant.

Celindel cueillit une petite fleur violette, donc il caressa les pétales doucement. Le vent se joignit à ses doigts dans leur étreinte de la violette, dont une pétale finit par se briser et à voler selon la volonté du vent. Quelle étrange sensation...il venait de rencontrer sûrement parmi les plus grands esprits de son temps. C'était alors cette sensation que l'on avait lorsque l'on se trouvait parmi les siens, parmi ses frères et ses sœurs, se sentir aimé et protégé ? Ou n'était-ce qu'une illusion que le Millénarium s'était forgé dans son esprit dérangé ?
Revenir en haut Aller en bas
Elystrel
Hybride
avatar

Masculin
Nombre de messages : 20
Âge : 34
Date d'inscription : 10/11/2011

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  650 ans
Niveau Magique : Spécial.
MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Sam 7 Juil 2012 - 3:58

Ses doigts jouaient le long de l’échine de sa compagne. Ses lèvres venaient happer le lobe de l’oreille de la belle lorsque la discussion badine s’essoufflait. De quoi maintenir cette agréable tension entre partenaire de jeu sans sombrer dans le stupre à tout bout de champs. Souvent on qualifiait Arcam du sobriquet du dieu de la débauche et son vaisseau l’était assurément mais, comme certains félins, Elystrel goûtait plus à la traque qu’à la mise à mort de sa proie. Oh certes, cela serait un vilain mensonge de tenter de faire croire que ces deux-là n’avaient point succombé à la petite et douce mort à de maintes reprises. Toutefois, May’Inil était une joueuse exquise et leur bataille n’était qu’à peine entamée.

Quittant les replis de la robe de la demoiselle, les mains du barde retrouvèrent son cistre pour quelques mélodies entraînantes et enjouées afin d’égayer le morne périple en carrosse jusqu’à l’antre d’un certain philosophe. Les rumeurs étaient parvenues aux oreilles des deux compères et, d’un commun accord, ils avaient quittés le temple afin de participer à la réunion des « érudits ». Consigne avait été donnée à sa compagne de ne souffler mot sur l’identité de son suivant afin que celui-ci puisse, si l’envie lui prenait, jouer d’un brin d’effet de surprise. Son « sacre » au rang de Gardien d’Arcam était encore suffisamment récent pour que son nom et son apparence ne soit pas encore connu par tous et il comptait bien jouir de cette liberté pour un temps encore.

A l’arrivée, après un baiser plus mutin glissé sur la pointe des seins de la belle avec un large sourire dévorant ses joues cendreuses, l’hybride se hâta de sortir de la calèche afin d’aider la prêtresse à en sortir – non pas qu’elle en eut besoin, mais par pur jeu et galanterie -. Une fois encore, il s’était affublé de larges braies sombres. Pieds nus comme un esclave, il avait ceint aux chevilles et aux poignets d’épais bracelets d’or rappelant les entraves d’un prisonnier. Pour une fois, il avait consenti à porter une tunique simple retenue à sa taille par une large ceinture d’étoffes précieuses et colorées. Bien que dérouté par l’absence de ses cimeterres chéris, il avait glissé dans les replis d’étoffes un poignard courbe, sans doute sa compagne cachait-elle pareil artifice dans les recoins de sa tenue. Si d’aventure les gardes désiraient les fouiller, un chant murmuré suffirait, assurément, à les convaincre de l’inutilité de l’entreprise.

Prenant à cœur son rôle de serviteur zêlé, le barde parcourut les couloirs deux pas derrière sa « maîtresse », gardant profil bas tandis qu’on les menait jusqu’à leurs hôtes. Lorsque la dame se présenta, il recula un peu plus dans l’ombre, dans un recoin de la pièce afin de veiller sur elle et de rester en alerte en cas de besoin. Du moins, cela en donnait l’apparence. L’hybride souhaitait juste prendre température de la pièce avant d’entrer dans la danse. Profitant ainsi du manque d’intérêt pour sa personne, probablement un peu vexé quelque part qu’on ne remarque pas son charme étincellant, ni sa suave et troublante beauté, Elystrel prit appui contre un des murs, prenant garde à son cistre toujours sanglé dans son dos, loin de la scène centrale. Croisant les bras, son regard fut bien vite attiré par une mélodie bruyante, belliqueuse et reconnaissable entre mille par son Seigneur et Maître. Il étira alors un large sourire, ses yeux morts et pailletés d’or étrangement braqué sur son « frère ». Au mot de celui-ci à sa compagne, l’hybride ne retint pas un rire léger et cristallin. Finalement, il s’inclina bien bas, presque servile devant son homologue guerrier.

- Sire, ne prêtez point attention au Serviteur-Prisonnier. Certaines vérités sont comme les charmes d’une femme voilées, à découvrir avec lenteur et délice, afin de mieux y succomber.

Si l’allusion n’était pas si subtile, il y avait tout de même fort à parier que la plupart des convives ne la saisiraient pas de suite. Certes, l’hybride dégageait une aura particulière, entre une certaine puissance et majesté qu’on appelait généralement « charisme » mais les yeux des mortels souvent négligent les détails qu’ils ne peuvent comprendre en un clin d’œil. Il reprit ensuite sa place, calmement et attendit que reprennent les débats.

Revenir en haut Aller en bas
Nakor
Humain
avatar

Masculin
Nombre de messages : 1468
Âge : 31
Date d'inscription : 28/01/2008

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  628 ans
Niveau Magique : Archimage.
MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Mar 10 Juil 2012 - 7:39

Nakor observa d'un oeil précis le personnage qui était à ses côtés, Celindel. Il avait glissé ses mains dans sa tunique et invita d'un geste simple mais clair, Nakor à venir marcher avec lui. Le magicien lui emboîta le pas et écouta avec attention les propos de l'elfe. Il se mit à sourire et marcha encore un peu avant de prendre la parole, tout en continuant à marcher et donc sans jamais regarder Celindel

"Je ne sais pas si l'épée n'est pas plus efficace finalement Celindel ... voyez-vous, la guerre met toujours un terme à la folie pendant plusieurs années, ou au moins plusieurs mois. L'horreur, la folie, le crime le meurtre et le sang apaise les coeurs. Les pourparlers, les négociations, les alliances ... tout s'effondre voir ne fonctionne jamais. J'ai récemment était au plus proche du coeur du pouvoir et croyais moi, le dialogue, les échanges ... ça ne mène jamais à rien parce que chacun campe sur ses positions. Regardez ce qui s'est passé aujourd'hui : est-ce qu'un seul d'entre nous à accepté une position qui n'était pas la sienne au départ?"

Nakor activa alors ses pouvoirs magiques et ramena auprès de Celindel, le pétale de fleur qui s'était envolé. Il le remit en place sur la fleur cueillie et força la plante à retisser son lien en faisant appel à son contrôle des pouvoirs de la terre. Puis tout souriant, il ajouta

"Mais je suis aussi un éternel optimiste, puisque cela fait six cents vingt six ans que je suis sur cette terre et à peu prés autant de temps que j'essaie de permettre ce rapprochement entre race, en évitant le sang et les larmes. J'y crois encore mais pourtant je dois bien l'avouer, ramener à sa cause, par le seul dialogue et l'échange, des personnes qui ne sont pas de notre avis ... c'est une tache bien ardu, ne trouvez-vous pas Celindel? Et si ce n'est pas le cas, je vous en prie, indiquez moi vos moyens, car je n'ai pas encore trouvé la réponse."

Puis sans trop y penser, Nakor leva une main, y fit apparaître des flammes qui se levèrent dans les airs, il les modela en leur donnant la forme d'un dragon, qui fit quelques cabriole, ouvrit la gueule en crachant des flammes et implosa pour donner naissance à un minuscule feu d'artifice qui disparu dans l'air devant les deux hommes. Nakor se mit à glousser et termina là dessus

"Les rêves, les envies, les espoirs, toute la flamme d'une belle âme et souvent, tout part en fumée dans une dernière révérence!"

Nakor n'était pas défaitiste, il disait simplement que concrètement, le dialogue, malheureusement dans un monde de chair, d'argent et de pouvoir, ne menait bien souvent, nul part. L'épée par contre, le sang, la guerre et la domination ... tout cela avait une réponse plus fracassante et un résultat trop immédiat pour que le commun des mortels prenne la peine d'opter pour la solution la plus compliquée.
Revenir en haut Aller en bas
Celindel de Delebrimir
Elfe
avatar

Masculin
Nombre de messages : 143
Âge : 21
Date d'inscription : 07/05/2012

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  1142 ans
Niveau Magique : Arcaniste.
MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Jeu 12 Juil 2012 - 19:15

Pendant qu'il marchait tranquillement sous le feu des étoiles, uniques lueurs dans un océan de ténèbres, Nakor répondit aux paroles de Delebrimir avec une sagesse propre à un Homme tel que lui : Un Homme qui a vécu de nombreux siècles, et à ce titre est certainement le plus sage de tous les Humains. Mais il reste un Humain, et à ce titre, certainement moins sage qu'un Drow ou un Elfe.

- Je ne peux m'empêcher de rire à votre remarque, si l'un d'entre nous a accepté ceux que d'autres ont avancés. Je ne vais pas dire que cela est vrai, ce serait une insulte à votre ouïe, et douter de la mienne. Mais sérieusement, cher ami...Si nous acceptions tout ce qui s'était dit ce soir, où serait l’intérêt de cette réunion ? "Je pense que le Chaos est un cycle..." "Oui je suis d'accord" " Oui, moi aussi". Où est...le plaisir de tergiverser ? De se battre ? De se confronter ? De tester les arguments des autres ? D'autant plus cher ami, que vous semblez avoir oublié vos propres dires, nous sommes tous si différents qu'il aurait retenu de l'action des Cinq eux même si un seul s'était désisté de son choix pour celui d'un autre, car je ne vous vois vraiment pas être d'accord avec ce Drow.

Celindel sourit d'un air bienveillant. Il se pencha sur le lierre, avec une exclamation aiguë. D'un habile geste il en sortit un petit fruit, qu'il croqua à pleines dents. Alors qu'il mangeait encore, il continua sa tirade en fixant le sol.

- Après, quant à dire que les guerres étouffent la folie, je n'aurais qu'à répondre que vous devez avoir été aveuglé par tant d'années passées au pouvoir royal pour pouvoir avancer ceci. En revanche, il faut juger avec les protagonistes en question, certes. Un Homme qui va cacher ses plans par une fausse arrogance et une vraie médisance tout cela pour parvenir à ses fins...mon ami...eh bien le parchemin d'un traité lui servira à se torcher, et l'épée, à vous trancher la tête quand vous aurez le dos tourné, tant qu'il n'aura pas obtenu ce qu'il désire. Cependant, j'ai vu bien des massacres faire taire des folles ambitions c'est bien vrai, mais jamais cela n'est éternel. La rage bouillonne chez le Vaincu, et atteint un tel paroxysme qu'il est impossible de vaincre celui qui n'a rien à perdre, ne trouvez vous pas ? C'est un sujet sur lequel je n'ai que peu d'emprises je dois le reconnaître. Mais je suis sûr d'une chose. Il ne suffirait que d'assez de parchemins et d'un peu de bonne foi, pour que ce soir les soucis de ce monde soient réglés par notre assemblée. Nous avons ici chaque race réunie, quoi de plus ? Les souverains ? Ah ! Non. Ils seraient trop prompt à s'assassiner. Et pourquoi ? Car ce sont des guerriers. Pourquoi aucune effusion de sang, malgré la présence des Trois Races ? Car nous sommes des Esprits, mon ami. Nous pensons avec notre esprit et notre conscience, non pas avec une arme. Le Drow est l'exception qui confirme la règle.

Delebrimir avait mimé chacun des mots qui l'était. Il avait dessiné dans les cieux, à l'aide de sa magie, un grand schéma à l'aide de son doigt, expliquant, au fur et à mesure, ce qu'il contait à son ami qui regardait attentivement le schéma qui s'animait. Puis, avec un air dépressif, Celindel, s'arrêta, et effaça tout d'un geste violent de la main avec un petit cri de rage.

C'est une tâche sans fin. Comme celle dont vous me demandez la réponse, Nakor. Vous voulez rassembler ce qui est irrassasiable. C'est le cœur et non le corps qui font d'une union, un lien inaltérable. Vous voulez ma réponse...Je vais vous en donner une. Oubliez la peau noire des Drows. Oubliez le goût des Elfes pour les forêts. Oubliez la quête de sang des Hommes. Oubliez les massacres des Drows. Oubliez les tons cérémonieux des Elfes. Oubliez la lâcheté de certains Humains. Oubliez l'autarcie des Drows. Oubliez l'Immortalité des Elfes. Oubliez que vos nobles sont des assassins. Oubliez que vous êtes Drow, Elfe ou Humain. C'est une tâche bien ardue je vous l'accorde. N'essayer est à la limite de l'impossibilité, cela dépasse selon beaucoup l'entendement de l'éthique. Et si la paix Universelle doit passer par un nouveau début de l'Histoire, je suis prêt à faire partie de ceux qui raseront l'Ancien Monde.

Sa révélation marqua un silence pesant, que Celindel rompit en un ricanement.

- Quand aux rêves, mon ami...comme les envies, les espoirs...cela n'a rien de bien concret. Rêver d'un gâteau, c'est un rêve, pas un gâteau. Rêver de paix et de voyage, c'est déjà la paix et le voyage qui sont amorcés. Certes seulement par vous. Mais si d'autres le font aussi, on arrive à un petit quelque chose. Comme si des millions de personnes souhaitent un gâteau, il doit bien y en avoir un qui pourra assouvir leur faim. Mais un gâteau ne vaut pas la paix. Ensuite, il vaut mieux faire envie que pitié, non ? Eh puis, l'espoir fait vivre cher ami. Alors ne lassez pas les autres de votre optimiste, ne vous en lassez pas vous même. Vous n'êtes pas seul dans votre quête de paix Universelle. Je pense même que notre réunion est une étincelle de paix dans un brasier de guerre. Il faut voir maintenant si l'étincelle est étouffée par ses sœurs, ou si elle grandit et devient un feu elle aussi.

Faisant face à son nouvel ami, Celindel tapota l'épaule gauche de Nakor, de sa main gauche, et lui passa devant, continuant tranquillement de faire le tour de la maison, les mains reliées dans son dos en chantonnant un air populaire de son foyer.
Revenir en haut Aller en bas
Nakor
Humain
avatar

Masculin
Nombre de messages : 1468
Âge : 31
Date d'inscription : 28/01/2008

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  628 ans
Niveau Magique : Archimage.
MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Sam 28 Juil 2012 - 2:20

Nakor accompagnait son drôle d'ami du moment et écoutait. Avait-il enfin trouvé quelqu'un de plus bavard encore que lui même? C'était rare sur cette terre et cela fit sourire le magicien à pleine dent. Il étrécit ensuite le regard et continua l'échange

"Non, je ne suis pas vraiment d'accord avec lui ... nous nous connaissons et nous avons eut quelques échanges ... houleux dans le passé! Mais je ne dis pas qu'il serait dommage que nous soyons tous d'accord, car en effet, il n'y aurait plus du tout le plaisir du dialogue et de l'art de l'argumentation. Je ne dis pas que le problème est que personne n'est d'accord, je défend plutôt l'idée que, même après de long échanges et de bonnes explications, il est plus que rare que des gens finissent par tomber d'accord. Alors oui, nous parlons, nous discutons, nous développons nos idées mais au final pour quoi? Pour le simple plaisir de nos oreilles au mieux! Car tout à la fin, chacun continue de camper sur ses idées!"

Nakor haussa les épaules et leva les mains en l'air comme pour dire que personne n'y pouvait rien et que très rares étaient les orateurs suffisamment fort pour que quelqu'un adhère subitement à ses idées alors qu'au départ il y était opposé. Les seuls gens capables de faire changer les autres étaient les guerriers, stupide et sanglant, mais qui avait la force de l'épée avec eux, rien de plus qu'un règne de la raison par la terreur. Mais voilà que Celindel mangeait un étrange fruit en continuant de tergiverser. Nakor se mit à sourire et ajouta

"Mais c'est là que le bas blesse mon cher confrère : la bonne foi! Aucun homme de pouvoir, c'est à dire aucun homme qui n'a de l'emprise sur les choix du peuple et qui a de l'emprise sur la vie du peuple, n'a de la bonne foi, aucun n'en a suffisamment pour accepter quelques concession. Alors oui, entre esprits, nous pouvons mettre au monde un édifice naissant, une lumière phare dans l'obscurantisme de Miradelphia, mais au final, cela ne resterait qu'entre nous ... le problème est que ces dirigeants que nous décrions tous ... c'est eux qui peuvent faire changer les choses ... nous, nous ne pouvons au mieux qu'imaginer le changement, mais il nous faut un moyen pour rendre cela tangible, et je n'ai rien trouvé de mieux que de passer par les puissants! Mon influence était forte auprès de Trystan de Diantra, et pendant quelques années le monde des humains à connu un calme non négligeable, d'autres races nous ont attaqué, mais pendant un moment le peuple était heureux, leur dirigeant était juste et les nobles étaient respectueux de leur chef ... mais les temps changent, les vents tournent et en effet, l'impact du sang fini par disparaître et de nouvelles intrigues voient le jour. Le cercle infini de la vie!"

Ensuite Nakor écouta la dernière tirade de son compagnon elfe. Voilà un fou des plus extravagants, et après c'était le vieux sorcier qu'on traitait de décalé! Le magicien observa longuement et dans le silence Celindel, avant de lui confier sur un ton de conspirateur

"Mais mon cher, tout cela semble faire appel, et à grand renfort même, à du sang et de la destruction. Prenez garde de ne pas user, comme moyen, d'une chose qui vous emportera aussi dans son sillon."

Puis d'un air énigmatique, il se tourna vers le manoir et dit tout haut

"Pensez vous que d'autres viendront?"

Cela amenait plusieurs questions comme : qui? Pourquoi? Quelles idées viendraient avec? Et ainsi de suite.
Revenir en haut Aller en bas
Celindel de Delebrimir
Elfe
avatar

Masculin
Nombre de messages : 143
Âge : 21
Date d'inscription : 07/05/2012

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  1142 ans
Niveau Magique : Arcaniste.
MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Dim 5 Aoû 2012 - 9:09

Celindel avait entendu bien des propos sur Nakor. Certains élogieux, parfois des blâmes. Il avait appris par le passé cependant à ne pas se fier aux racontards, à ne pas s'abonner aux préjugés et à ne juger de rien sans connaissance de cause. Son nouvel ami semblait avoir la même règle : la réputation de Celindel n'était pas immaculée. Ses propos choquaient parfois son peuple, ce qui faisait de lui un Elfe polémiste doublé d'un anti conformisme singlant. Cependant son succès était indéniable. La dernière phrase de Nakor désola Delebrimir, qui se tourna vers son ami avec un ton las et un sourire triste sur les lèvres :


- Oui c'est vrai. Peut être qu'il n'y a que la destruction d'un monde pour permettre l'émergence d'un autre meilleur. Il faudrait des centaines de traîtés en tout cas, et des dizaines comme nous pour coordonner tout cela. Comme je vous le disais, les conditions pour une paix inter-raciales sont impossibles, rien que la première étape demanderait à beaucoup des miens d'oublier Ellyrion. C'est infaisable. Et triste. Mais je suis content de voir que je ne suis pas le seul ainsi. Nous comptons tous deux parmi les esprits les plus fous et les plus brillants du continent, et je refuse de laisser mes prochains siècles de vie mariner dans la médisance et l'indifférence tandis que nos peuples vont à l'abattoir. Une confrérie de mages, regroupant des mages puissants de toute races, voilà qui aurait du poids. Nous serions l'unité arborée, nous réussirions là où tous ont échoué, si tant est qu'ils aient essayés. Serez vous avec moi, Nakor ?


Tandis qu'il proposait à Nakor de le rejoindre dans son idée, il se dirigeait vers le pas de la maison. L'air devenait frais, et le palais de Celindel réclamait une nouvelle coupe de vin.
Revenir en haut Aller en bas
Tebirahc Zaurahel
Ancien
Ancien
avatar

Masculin
Nombre de messages : 964
Âge : 28
Date d'inscription : 08/10/2009

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  859 ans
Niveau Magique : Spécial.
MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Dim 5 Aoû 2012 - 19:23

Il s'était attelé à fondre autant que possible ce qu'il dégageait, pour surprendre les deux mages, après qu'il eut quitté la pièce pour comprendre ce qu'ils faisaient et laissait les autres à leurs discussions... Il n'avait pas encore pu s'amuser, et la présence d'un autre Gardien pouvait peut-être raviver une étincelle d'intérêt déclinante pour cette réunion. Aussi allait-il se faire le devoir de réunir le beau monde, ce qui n'était pas du tout sa tâche, pour son plus grand plaisir.

« Et c'est ainsi que le déguisement de la bienséance, de la bonne volonté et de l'idéal lumineux se déchire pour laisser la place à l'odieuse, que dis-je, l'affreuse vérité pourtant si amusante à voir s'échapper des lèvres de celui qui se prétend érudit. Voici qu'au delà des beaux discours, des meilleures intentions, l'on retrouve le plus banal des trésors aux yeux des mortels... Le pouvoir. »

Il était sorti d'une ombre de manière spontanée, jouant au même jeu qu'à son entrée dans ce cercle, et surprenant le même, qui avait définitivement un esprit assez curieux mais très amusant, celui auquel il pouvait le mieux se confronter sans trop être sérieux, juste ce qu'il faut.

« Quelques rois, quelques tyrans mineurs, ne dirigeant qu'une région, qu'un petit bout de ce vaste monde, remplacés par des tyrans fous, imbus d'eux-même et totalement détachés des réalités du monde, vivants dans des bulles qu'ils ont créés qui se voudront les maîtres du monde... S'attelant à réunir ce qui est incompatible, à forcer les peuples à oublier, à taire les rancœurs légitime par la terreur et la menace d'une lourde répression magique...
Et ces érudits abattront des traditions et des cultures sans y attacher la moindre importance, élimineront ce qui les conteste, oseront-ils même s'attaquer à des temples qui ne voueront pas leurs prières et leurs sacrifices à leurs propres personnes ? Assurément, ils en seront capable. »


Ou pas... Mais c'était pour le plaisir du récit, et il allait continuer, levant les yeux dans le vague, comme pour y contempler sa vision, qu'il ne manqua pas de leur offrir.

« Mais ce que je vois, ça n'est qu'un rêve d'un enfant qui en envie d'autres, qui veut leurs jouets à son tour, malheureux de ne pas avoir pu en profiter alors qu'il le désirait ardemment. Au delà de cette bulle, je contemple également la réalité et son aiguille, prête à la faire éclater sans qu'elle ne pose de résistance... Quand vous n'avez que des mots et des pensées, moi, je vois des milliers, des centaines de milliers d'hommes se soulevant contre cette tyrannie auto-proclamée... Et je vous vois, vous et les mages siégeant à vos côtés, peut-être sont-ils les plus puissants, ou bien le désirent-ils, confrontés à cette révolte aux multiples fronts... Et je souris à contempler votre impuissance, peut-être que des centaines, des milliers tomberont, mais vous n'êtes pas des dieux, vos pouvoirs ont une limite qui ne permet pas de faire ployer le genou à quatre mondes qui se soulèvent. »

« J'efface cette vision, je me permets d'admettre la folie... J'autorise cette vision à accepter cette victoire des mages, et là, je balaies le monde d'un regard. J'y vois des ambitieux qui n'aspirent qu'à prendre la place, et ils y parviendront sans doute, à force de persévérance, avant d'être abattus à leur tour, et au sein même de ce conseil, j'y vois l'ambition d'un règne sans partage, sans avoir à consulter, à se concerter avec des esprits si différents et donc inférieurs. J'y vois ce que vous pensez de moi, Celindel, chacun des membres prétendant à un esprit meilleur et plus élevé que celui du voisin. 

Et quand je porte mon regard à l'horizon, je vois la chute d'une tyrannie éphémère et la remise en ordre de ce monde, et je sais que c'est le retour à la réalité, le réveil. »


Il baissa à nouveau les yeux vers Celindel, s'adressant à lui personnellement.

« Considérez ces mots comme un cadeau que je fais à un enfant, Celindel, dormez et rêvez, mais n'oubliez pas que lorsque vous vous éveillez, le monde n'est plus aussi malléable qu'un songe. »

Puis son regard se porta à Nakor.

« Désolé de vous avoir interrompu avant que vous ne lui répondiez par la négative, au nom de vos propres idéaux et de vos principes Nakor, ce qu'il aurait pu deviner avec un peu d'attention. »

Puis, reprenant tout son sérieux, et en revenant à ce qui avait motivé sa sortie, il s'adressa au deux, comme n'ouvrant pas, ici en tout cas, la porte à la moindre réponse... Si il voulait poursuivre cette discussion, chacun et chacune devait pouvoir en profiter.

« Il y a une personne très intéressante et vous avez des convives dans le « cercle », vous devriez aller voir. »

Et d'un geste, les invita à rentrer.

Revenir en haut Aller en bas
Nakor
Humain
avatar

Masculin
Nombre de messages : 1468
Âge : 31
Date d'inscription : 28/01/2008

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  628 ans
Niveau Magique : Archimage.
MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Mer 8 Aoû 2012 - 3:43

Nakor écouta la petite tirade de Celindel et ouvrit très légèrement les yeux un peu plus que la normale. Un confrérie de mage qui semblait être dévoyé à de la politique féroce. Nakor fit encore quelques pas et quand Celindel cessa de marcher, il en fit un dernier en faisant claquer son bâton contre le sol de la terrasse. Il réfléchit, ainsi là dans le silence et il allait répondre en prenant son souffle quand il entendit dans son dos la voix du gardien de Mogar. Le vieux fou se tourna bien lentement, les yeux étrécit, se demandant ce que ce grand impétueux allait encore dire, pensant que lui seul avait la vérité dans la bouche et qu'il était tellement grand et intelligent qu'il savait mieux que tout le monde ce qu'ils pensaient, comme s'il pouvait être dans leur tête et dans la vérité des dieux en même temps. Le magicien écouta avec attention. En effet celui qui autrefois se faisait nommer Tébirahc évoqua ce que Nakor avait étudié dans son esprit avant de donner sa réponse à Celindel. Bien sur il y avait cette possibilité terrible et voué à l'échec ou dans le pire des cas, à se comporter comme ceux qu'ils voulaient décrier. Et finalement il glissa un mot à l'attention de Nakor, qui n'eut d'autres réactions que de se mettre doucement à rire. Dans un geste théâtrale il invita le petit groupe à entrer mais le magicien éternel eut tout de même le temps de glisser une petite réponse

"Si vous me connaissez aussi bien que vous avez l'air de vouloir le faire remarquer, vous devriez savoir que je n'abandonne pas facilement la partie. Sous certaines conditions très restrictives, il se pourrait qu'une telle chose puisse m'intéresser ... vous savez l'état actuel de la magie dans le monde des hommes : aucune école, aucun mérite, seulement de la défiance voir de la violence à l'égard de ceux qui maîtrisent les arcanes. Cela fait longtemps que j'aimerai construire une telle confrérie ... le but final est à définir avec précision, car jamais je ne ferai parti d'une guilde de pouvoir ou qui cherche à l'obtenir en susurrant des choses aux oreilles de ceux qui ont le pouvoir, jusqu'à finir par leur prendre pour régner, en pensant que nous sommes meilleurs qu'eux ... car dans ce cas, on finit toujours par se brûler les ailes, je suis d'accord avec vous gardien."

En même temps qu'il disait ses derniers mots il passait juste devant Ust'Chath. Le magicien était d'accord, à vouloir prendre le contrôle du monde pour le gouverner selon des principes de grands esprits, on risquait un jour d'être pire que le plus ignoble des tyrans. Et, c'est en plongeant les yeux dans le regard opaque du drow, qu'il ajouta

"Mais la proposition est à creuser Celindel! Discutons en avec tous."

Puis le mage franchit le pas de la porte derrière Celindel et attendit de voir, avec un grand intérêt, ce qui allait se produire ici entre tous ces fous réunis.
Revenir en haut Aller en bas
Celindel de Delebrimir
Elfe
avatar

Masculin
Nombre de messages : 143
Âge : 21
Date d'inscription : 07/05/2012

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  1142 ans
Niveau Magique : Arcaniste.
MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Mer 8 Aoû 2012 - 3:46

Celindel n'avait pas entendu l'arrivée de Nahkti, ce Drow sage et Historien, avec qui il avait eu une discussion du mieux valoir des espèces respectives un peu plus tôt dans la soirée. Il pensait que ce qui intéressait Delebrimir n'était que le pouvoir en somme, celui de contrôler toutes les espèces. C'était pardonnable : il venait d'arriver, et n'avait pas entendu toute la discussion entre Nakor et l'Elfe. De plus, c'était mal connaître le Philosophe que de croire qu'il désirait le pouvoir. Delebrimir avait de nombreuses relations au sein de l'Anaëh, et il aurait pu avoir bien plus d'influence qu'il n'en avait déjà. Non, décidemment, c'était trop s'avancer. Son réalisme était désarmant, et il avait évoqué l'une des façons d'amener ce projet à la réalité. Soumettre par la terreur était l'un des moyens, non le meilleur, de permettre aux races de prospérer en paix. Il était plus saint, et plus difficile certes, de faire appel à la raison des races, à leur éthique, plutôt que de les soumettre. Mais comme il l'avait signalé plus tôt, faire oublier aux Drows ne serait-ce que leur culture guerrière, était un objectif insensé et quasi impossible. Et pour cette raison, il méritait qu'on se penche dessus. Avant d'être fou, Celindel restait brillant, tout comme Nakor en un sens. Certes, eux deux ne suffiraient jamais, et Delebrimir comptait suivre la proposition de Nakor, d'en parler aux autres présents. Il leur fallait d'autres partageant son idée. Il pénétra dans la demeure à la suite de Nakor et Nahkti, restant debout un instant. Il attendit un silence, et entama sa tirade sous le regard des autres présents :

- Chers convives. Je me réjouis de voir qu'autant de bonnes gens ont répondu à l'appel d'une réunion, basée sur le savoir et les questions que les gens du bas peuple ne peuvent répondre, des questions auxquelles nous pouvons prétendre à l'essai d'y apporter une réponse, sans trop s'avancer sur l'exactitude de nos propos. Nous avons su, en être intelligents, dépasser les préjugés qui divisent nos races, passer au delà des archétypes de nos origines, et discuter entre amis autour de sujets peu communs sans tirer une lame. Les seuls affrontements entre nous ont été verbaux, et je me réjouis de voir ce désaccord entre nous. Le monde serait si fade et si morne s'il n'y avait pas des différences d'opinion. Mais ces dernières ont atteint leur paroxysme alors que le sang fut versé en quantité. Une immense majorité des habitants de nos contrées se cantonnent à voir l'apparence des races, que ce soit la cruauté sans faille des Drows, malgré la couleur de leur peau qui appelle pourtant à un fait de la Nature auxquels aucun Être n'échappe, ou bien cette féminité, que les Humains abonnés à la virilité débordante semblent adonner aux mâles de mon espèce, jusqu'à cette barbarie et cette fourberie assignée à tous les puissants Humains ? Il y a parmi nous assez d'exemples pour contredire la totalité de ces préjugés.

Delebrimir marqua une pause, et se mit à marcher lentement, faisant jouer ses talents d'orateur et sa rhétorique pour amener les autres à se pencher sur son point de vue.

- Nous sommes la preuve vivante que malgré les fractures entre nos races, une cohabitation est possible. Je nous considère comme l'étendard d'une nouvelle aube, celle d'un jour nouveau, où une paix régnerait sur notre continent, que nos peuples puissent vivre en paix. C'est un bien vaste projet que déjà certains parmi nous vouent à l'échec. Mais je persiste à croire qu'une paix est possible et façonnable. Une paix qui est impossible pour l'instant en voyant ceux qui dirigent nos mondes. Je parlais d'étendard de cette paix...la réalité est telle que seuls des êtres tel que nous, des êtres ne faisant cure de l'origine de chacun, des êtres brillants peuvent être à même de façonner et de diriger cette paix. Avant que de revoir germer cette solution, je mets de côté la terreur. Soumettre par la force et la brutalité des peuples guerriers serait stupide et amènerait d'autres guerres. Je vous propose de faire appel à l'éthique des peuples. Gagner les faveurs de puissants de chaque peuple, pour voir en lui quelqu'un qui partagerait notre projet. Tous les races sont capables de discernement, et je pense, non, j'affirme, que bien que cela soit extrêmement difficile, cela reste dans la limite de la possibilité. Je ne désire pas un amour jaillissant du coeur des peuples, je ne m'attends pas à voir chaque civilisation rejeter sa culture car elle n'est point conforme à cet idéal, il y aura toujours un ennemi à combattre, mais j'apprécierais qu'il ne compte pas parmi les races de Miradelphia. Je n'aspire qu'à ce noble but, l'élaboration d'une paix inter-raciale.

Delebrimir s'arrêta un court instant.

- Je ne désire pas une société unique et utopique, basée sur l'unité et la concordance des races. Je reviendrais à faire l'erreur que notre ami Haod'On citait quelques temps plus tôt, refuser la nécessité du Chaos dans une société. Ce n'est pas un pays que je veux. Ce n'est pas un mélange hétérogène, où les frontières seraient abattues. Je ne demande pas aux Elfes ou aux Drows de s'aimer. Je vois en mon projet l'élaboration de paix, pas d'amitié. Nous ne pouvons pas obliger une personne à en aimer une autre, mais nous pouvons lui faire comprendre en quoi une paix est préférable. Peut-être que je me trompe lourdement sur cela, que finalement les guerres et l'hostilité entre les races ne fait partie que d'une chaîne dont nous ne sommes que des maillons, peut être que cette paix à laquelle j'aspire ne peut être approuvée par certaines races. Mais j'aime à croire que c'est possible. Vous remarquerez que je n'ai souligné le fait que les Drows n'en restent pas moins un peuple guerrier et esclavagiste. Mais le monde est bien assez grand, et il doit y avoir bien d'autre contrées à visiter, plutôt que de s'en prendre à leurs cousins haïs ou aux Humains. J'attendrais vos avis.

Le Philosophe se rassit dans son coussin, sirotant une gorgée de nectar qui lui avait tant manqué. La suite promettait d'être des plus intéressante...et des plus amusante.
Revenir en haut Aller en bas
Haven Do'orst
Hybride
avatar

Masculin
Nombre de messages : 167
Âge : 117
Date d'inscription : 19/07/2010

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge : 255 ans
Niveau Magique : Non-Initié.
MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Mer 8 Aoû 2012 - 20:06

Haven était resté silencieux depuis un long moment, n’ayant pas de pierre à apporter à l’édifice philosophique. Il avait vu plusieurs convives se joindre à eux et quelques uns aller continuer leurs joutes verbales dans le jardin, mais ne les y avait pas suivis. L’espace de quelques instants il s’était d’ailleurs demandé ce qu’il faisait là, mais la curiosité et l’amusement se montraient plus forts que les habituelles règles de prudence qu’il s’imposait. L’assassin fut tiré de ses réflexions lorsque Celindel revint à l’intérieur du salon et reprit la parole sur le sujet de ce qui pourrait amener à la paix universelle.

Sophisme !

L’exclamation était sortie de la bouche de l’hybride par pur réflexe, mais le vin lui échauffait les sangs et il se trouvait en total désaccord avec les propos de l’elfe. Certes cette idée de paix universelle horrifiait l’âme de l’assassin qui y voyait l’arrêt des contrats, mais de toute façon il ne s’agissait pas d’une rêve qu’ils pourraient un jour voir devenir réalité. L’hostilité entre races touchait une corde particulièrement sensible pour un hybride qui voyait les siens rejetés dans tous les royaumes.

Illusion, Celindel, votre propos n’est qu’illusion. Vous prenez un exemple pour en tirer une théorie, oubliant en cela que nous ne sommes en rien représentatifs de nos races ni de leurs intérêts. Aucun de nous n’est un roi ni même un seigneur, nous sommes des électrons libres et pouvons à ce titre dépasser les préjugés de nos races.

Des philosophes, des archimages, des maîtres-assassins… les participants à la réunion des penseurs ne pouvaient nier sortir de l’ordinaire. Certes Haven ne se présentait pas sous sa véritable identité, et peut être d’autres parmi les présents agissaient de même, toutefois le simple fait qu’ils puissent se permettre de longs voyages afin de venir discourir philosophie prouvait qu’ils ne s’agissaient pas de seigneurs terriens, de ceux qui au fond nouaient ou dénouaient les conflits. Leurs positions sociales les définissaient désormais plus que leurs origines.

Le désir de posséder ce que détient l’autre est inhérent à toutes les races. Croyez vous que les barbares des Wandres seraient prêt à renoncer aux mines naines ? Que les esclavagistes drows du Puy pourraient arrêter leurs raids et à leurs profits ? Que les bucherons humains accepteraient de cesser la coupe des arbres en lisière de l’Aduram ? Aussi longtemps qu’un homme désirera ce que possède son voisin, il y aura conflit. Si cet homme est un simple paysan cela n’ira pas au-delà d’insultes ou de coups de poings, mais si c’est un noble alors il y aura une guerre.

L’hybride fit une pause pour reprendre tranquillement sa respiration et laisser ses arguments porter.

Vous évoquiez d’autres contrées à visiter. J’ai beaucoup voyagé dans ma vie, mais je n’ai jamais entendu parler d’autres contrées. Et quand bien même cela serait, je doute que ses habitants acceptent de bon cœur de nous y voir débarquer. Sous-entendez-vous que nous devrions cesser de nous piller entre nous pour aller en piller d’autres ?

Sur ces possibilités d’autres terres, Haven se savait peu compétent, seuls les dieux eux-mêmes auraient pu répondre à la question. Toutefois, si bien des explorateurs avaient pris le chemin des terres inconnues ou des océans lointains, aucun n’en était jamais revenu afin de narrer ses exploits et ses découvertes. Soit ces terres se montraient si riches et si accueillantes que nul ne désirait les quitter, soit les explorateurs avaient juste trouvé une mort loin de tout sans jamais avoir vu leur quête aboutir.

Avant de parler de paix entre les royaumes, Celindel, regardez déjà la situation actuelle. Le royaume humain est au bord de la guerre civile, avec un régicide régnant à Diantra. Les elfes sont divisés et l’autorité de Dyarque n’est plus que théorique. Les nains vivent renfermés sur eux-mêmes, rêvant à leur gloire passée. Et les drows se déchirent pour le trône depuis maintenant près de six ans. Nulle race n’a jamais à atteindre cet état de paix que vous nous décrivez, comment y arriveraient-elles ensemble ?
Revenir en haut Aller en bas
Altiom d'Ydril
Humain
avatar

Masculin
Nombre de messages : 598
Âge : 24
Date d'inscription : 29/08/2010

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge : 32
Niveau Magique : Eveillé / Néophyte.
MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Jeu 9 Aoû 2012 - 20:04

Mais bien loin de nos hardis érudits, dans le secret de la nuit et sous le silence des étoiles, se tramaient d'étraaaaaanges... choses. Oui... la petite coterie devait se croire bien à l'abri du monde extérieure, au milieu de ces divins nectars, drapée qu'elle était dans ces soieries hors de prix, nimbée de sa sophistication surampoulée, cachée derrière cette enceinte fortifiée! Et ne nous préoccupons pas mêmes de ces détails futiles qu'étaient les deux Gardiens du service de sécurité improvisé. Une question seule demeurait: tout cela suffirait-il? Rien n'était moins sûr, et la menace se rapprochait toujours... insidieuse, pernicieuse, tel l'assassin tirant sa lame, tel l'archer décochant son mortel trait, telle la grenouille foudroyant l'insecte de sa langue gluante. Entre autres.
Hi Hi Hi by Keiichi Suzuki, Hirokazu Tanaka, Hiroshi Kanazu, Toshiyuki Ueno on Grooveshark
- Voilà, un peu plus haut... non plus bas, PLUS BAS! fit une voix depuis les fourrées bordant les petits remparts de la propriété. Là, doucement, sois pas brusque on a tout notre temps. Allons bon fallait-il que la jeunesse vienne faire ses cochoncetés jusque sur le seuil de cette honorable demeure? Les invités, eux, avaient au moins eu la décence d'être conviés à la débauche par leur hôte avant de s'adonner à pareilles salacités! Enfin, s'il y avait bien une réflexion qui jamais ne traverserait le pragmatique esprit de Richard -Richard, c'était le garde-, ce serait bien celle-ci. Tout ce qui lui importait en cet instant, c'était de trouver le meilleur angle d'écoute!
- Penchez-vous un peu plus sir. Et bien, voilà que ça donnait dans le sir maintenant? L'esgoudre collée au muret, Riri n'en perdait pas une.
- Ça y est je la tient! Hgnnnn!
- Parfait, allez-y tirez fort.
- AAAAAAAAAARRRRRRRRRH!!! Soudain, un suderon sauvage apparut! Sans même avoir eu le temps de réagir, notre Richard national se prit un malencontreux coup d'archonte sur le coin du museau. Foutredieu d'rambarde en mousse! C'est une nouvelle mode de r'cruter ses architectes dans les Wandres?!
- Au moins vous êtes passé sir. Nous d'vons entrer à la courte échelle aussi?
- Non, non retournez au portail, je vais aller prévenir le maître des lieux de notre arrivée. Un vagissement typique se fit alors entendre quelque part derrière l'invité autoproclamé. Enfin si jamais je m'fais embrocher entre temps, optez pour la courte, oui.
- INTRUS!! MEUAAAAR!! Noble ou pas noble, c'était toujours la même rengaine en fin de compte.
- Alors au risque de paraître tout ce qu'il y a de plus cliché, commença le drille en détalant comme un dératé au travers de la cour, c'est une déplorable méprise! Peine perdue. Après un meuar, il ne pouvait y avoir de conciliation. Jamais. Coincé derrière une fontaine, tournicotant autour comme si lui et ses poursuivants s'étaient lancé dans quelque jeu d'enfant, le luron tenta un gambit digne des plus grands stratèges. Gauche, droite, gauche, droite? Ah, gauche! Eeeehéhé non, DROITE! Il parvint à s'extirper du piège. De la lumière, juste en face! Un salon! Des voix, les invités! Et des... vitres?
Dans un épouvantable vacarme de verre brisé, mobilier renversé et verbiage coloré, le nouvel arrivant fit enfin son entrée. Plus fracassante qu'il ne l'avait escompté, soit.

- IL TENTE DE S'EN PRENDRE AUX HÔTES!!! ESTRIPEZ-LE!!!
- Oooooého tout-de-suite! rouspéta mollement l'intéressé en se relevant. C'est un peu facile, on ruine une splendide baie vitrée et ça y est, on est forcément un assassin en puissance! Si vous aviez pas la sale manie de déserter votre poste une fois la nuit tombée on en serait pas là non plus! Envoyant quelques coussins -redoutables projectiles- sur les poursuivants, Altiom gagna juste assez de temps pour se saisir de moyens de défense appropriés, usant d'une ancestrale technique d'autodéfense apprise d'un soldat d'élite du sieur d'Ack... mais trêve de détail. Alors en possession d'objets redondants -selon le jargon du procédé-, à savoir une cuiller en lieu de lame, partie sporadique pointée vers l'ennemi, et la cloche d'un plat en guise de bouclier, il pouvait enfin stabiliser la situation.
- Par les Cinq je m'égosille des plombes devant ce damné portail pour des queues mais toute la garde radine dès que je saute le rempart! Je suis venu pour la réunion, c'était ça ou passer la nuit dehors! Et j... Nakor? Vous êtes aussi de la partie hahaha! Lâchant son attirail redondant, l'Ydrilote se précipita vers son archimage favoris -quoique les archimages ne courent pas franchement les rues à la base- avec un rire franc et enjoué. Em... j'ignore lequel d'entre vous possède cette vaste demeure mais j'aiderai à passer un coup de balai, bien entendu. Quelques secondes d'un silence pesant plus tard, l'animal ajouta: ah, oui les présentations. Altiom d'Ydril, archonte d'un petit coin de paradis, dont la provenance me semble assez évidente à deviner. Je comptais venir en tant qu'observateur, principalement, devant tant de grands esprits mais... ma foi cela me semble déjà... compromis. Se servant négligemment un verre de génépi en remettant sur pied ce qu'il pouvait, il enchaîna: une petite escorte attend toujours dehors qu'on lui ouvre la grille, ainsi que quelques présents pour mon futur hôte. Du moins si je suis autorisé à séjourner avec vous. Vous... m'aviez l'air en plein débat, quel était le sujet? questionna-t-il finalement, comme si de rien n'était.
Revenir en haut Aller en bas
Celindel de Delebrimir
Elfe
avatar

Masculin
Nombre de messages : 143
Âge : 21
Date d'inscription : 07/05/2012

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  1142 ans
Niveau Magique : Arcaniste.
MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Dim 12 Aoû 2012 - 21:15

Quand Celindel ouvrit la bouche, ce ne fut pas des mots qui en sortit. Une forme sombre et massive explosa la baie vitrée qui se trouvait sur ma gauche. Alors que certains pans de bois se rattachaient par de fines brindilles aux lambeaux de la fenêtre, la forme se releva avec un sourire enjoué, lavant son habit d'éventuelles échardes. Il parla ensuite comme si de rien n'était, demandant quel sujet était abordé, alors que calmement, Celindel intimait, d'un geste de la main, aux gardes de retourner à leur poste. Tout de suite, Delebrimir apprécia grandement cet Archonte. Amusant, enjoué, heureux de vivre...peut-être un manque de sérieux et d'intelligence, mais quelqu'un de fort aimable.

- Quelle...entrée en matière, messire d'Ydril. Je vous en prie, reposez vous de votre folle course en buvant et en mangeant quelque chose. Le sujet était de ceux qui sont sensibles et sur une corde fine, corde menaçant de lâcher. Nous sommes tous fatigués du voyage et il est déjà tard. Je propose que nous poursuivions dans quelques heures, à l'heure du dîner ? Il est déjà quatre heures du matin passées. Je vous souhaite la bonne nuit messieurs.

Celindel ne voulait pas poursuivre le débat ce soir. Les esprits déjà échauffés et fatigués menaçaient de lâcher et la situation pouvait s'aggraver. Le Millénarium se leva, tapotant l'épaule de Nakor avec un sourire affectif. Les pages vinrent en rang pour conduire les convives aux chambres qui leur avaient été choisies d'office. Delebrimir s'effondra sur le lit, et rapidement ses ronflements ne tardèrent pas à hanter les couloirs de la maison. La journée fut courte. Il n'y eut pas de déjeuner, car les convives se levèrent tard. Ils vaquèrent à leurs occupations variées : discussions, jeux, méditations...puis quand le clocher sonna les sept heures, tous les pieds se retrouvèrent sous la table devant des mets formidables qui défilaient sous les yeux gourmands des penseurs. APrès le dîner, le salon de la veille nous attendait, mais l'heure était au festin.

- Cher Haod'on ! Je me permets de continuer le débat où il s'en était arrêté hier...Altiom, pouvez vous me passer le vin ? Merci...Vous disiez que nous n'étions en rien représentatifs de nos peuples. Ce n'est pas faux. Mais nous sommes la preuve que nos races sont puissantes. Tous ici sont des êtres puissants. Et puis, même si vos propos ne sont plus à jour, nous avons parmi nous un noble Humain, le seigneur Altiom. Celui ci a bien assez de jugeote...Nakor, un morceau de pain...? Merci ! Assez de jugeote pour ne pas tirer sa lame, et donc dépasser ces stupides préjugés. A ce titre, s'il en est capable, d'autres nobles le sont.

Vous dites que vous avez beaucoup voyagé, ma foi je vous crois, mais ne vous permettez pas de me donner des leçons sur la découverte de Miradelphia et la possibilité d'existences de mondes ailleurs. Sauf votre respect, vous n'étiez même pas dans les pensées de votre père que déjà mes pas foulaient les contrées du monde. Si vous regardez une carte, Miradelphia n'est pas une île. Le Puy est tranché en son sud, mais encore au Sud, ce sont des terres inexplorées. Et je réponds oui, je préfère voir les races combattre des ennemis que nous ne connaissons pas, plutôt que de les voir s'entretuer ici.

Pour terminer, je dirais qu'il y a quelques siècles, quand je n'étais qu'un jouvenceau, Miradelphia était certes guerrière et un monde dangereux, mais miroitant de beauté. Les sires étaient nobles et non des meurtriers, et ainsi de suite. Si en quelques siècles la situaton s'est ainsi dégradée, je pense qu'en quelques siècles, elle peut s'améliorer.


La table était remplie de cas incroyables. Nous avons trois optimistes à n'en plus faire, deux pragmatiques qui, si on les écoutait, les peuples se morfondraient en se tranchant les veines, sans que rien ne change, et deux qui ne prenaient pas souvent la parole. Cependant la nourriture était délicieuse, et Celindel n'était pas le seul à se faire plaisir.
Revenir en haut Aller en bas
Tebirahc Zaurahel
Ancien
Ancien
avatar

Masculin
Nombre de messages : 964
Âge : 28
Date d'inscription : 08/10/2009

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  859 ans
Niveau Magique : Spécial.
MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Ven 17 Aoû 2012 - 18:17

Sa nuit, ce n'est pas dans le confort d'une chambre qu'il la passa, craignant qu'on envoie quelques unes des catins sans demander le moindre avis. Il demanda au page de le conduire dehors, où il passa la nuit à méditer, toujours toutefois attentif aux lueurs qu'il percevait, s'attardant davantage sur l'escorte du nouveau venu. Il craignait aucunement une tentative des penseurs, mais ces hommes, il pouvait naître quelques envies à la vue d'un drow.

La journée, il l'a passa là encore entre méditation à l'intérieur des jardins qu'exercice à l'épée à l'extérieur, et ce, jusqu'au dîner. Là, il écouta la réponse de Celindel à l'Hybride, et, évidemment, y répondit le premier.

« Vous affirmez encore des choses sans savoir, et en déduisez une vérité basée sur du vent. Tous ici, des êtres puissants ? Quels sont pour vous les critères pour faire d'un individu un « être puissant », est-ce sa puissance magique, ou bien sa force physique ? Même dans ces critères, je doute que plus de quatre correspondent. Est-ce l'influence que nous possédons sur nos mondes respectifs ? Comme l'a dit Haod'on, nous sommes presque tous des électrons libres, aucun de nous ne serait en mesure de convaincre véritablement son souverain ou bien son peuple d'emprunter une voie plutôt qu'une autre. »

Bon, dans les faits, son frère et lui étaient certainement en mesure d'y parvenir et étaient des sources inépuisables de magie, d'une façon ou d'une autre, mais puisque lui se cachait, qu'aucun des présents ne s'était lancé dans le jeu proposé, ils seraient, ni l'un, ni l'autre, les Gardiens pour cette occasion.

« Pour le reste... Si on écarte la méthode des plus douteuses, cette manie d'user de handicaps aussi bien que d'une ancienneté supposée supérieure pour affirmer des choses, je ne reviendrais pas dessus. C'est cela, votre solution miracle ? Dites-moi, Nakor, vous êtes d'accord avec cela ? Vous êtes d'accord pour frapper une supposée race au-delà des terres connues ? »

Si c'était le cas, alors Nakor le décevrait, ou en tout cas, le surprendrait. Lui qui proclamait de si nobles pensées, appuyer des propos aussi malsains. Même pour lui. Mais bon, il fallait se dire que c'était la connaissance partielle et erronée de l'elfe qu'il transformait en vérité absolue qui lui faisait croire en la viabilité d'une telle solution. L'Histoire Drow, inconnue de cet « érudit » démontrait tout autre chose.

« Cela ne marchera pas, car au contraire de ce que vous semblez penser, les drows ne sont pas des chiens fous qui mordent pour mordre. A l'exception peut-être des nains, dont la nature guerrière de l'époque à convaincu nos dirigeants que nous trouverions là un probable adversaire digne de ce nom, tous les conflits drows sont pour l'heure des réponses à un premier sang versé. »

Et déjà le drow avait envie de prendre plaisir à voir Celindel tenter de prouver le contraire. Il se réjouissait d'avance de voir la gamelle, priant qu'elle vienne.

« Aussi, renoncez à l'idée que votre monde sera sauvé par une aussi pathétique diversion. Vous auriez de meilleurs résultats à aller trouver ce peuple inconnu et à le convaincre de nous attaquer, à supposer que vous ne finissiez pas dans son assiette, en supposant que cela n'entache pas votre si noble idéal de monde uni et pacifié. »

Un noble idéal qui s'était, à ses yeux, déjà effondré devant cette proposition égoïste, à son sens motivé que par l'envie de simplement sauver l'Anaëh d'une guerre dont il ne voyait pas d'issue favorable, alors plutôt que de travailler à une façon de se battre et de vaincre, il espérait certainement donner un os à ronger aux drows...

« Quant à votre dernière réflexion, je n'ai qu'une chose à dire... Vos yeux d'enfants vous ont trompé, comme ils trompent la majorité des êtres, mais si vous désirez tant leur offrir tant de crédibilité, c'est que j'ai finalement raison, vous êtes un enfant et vous n'avez rien à faire ici. »

Et bim !

A cela, il ajouta tout de même une petite réflexion.

« Les humains n'étaient pas si différents autrefois qu'ils ne le sont aujourd'hui. Ils sont plus nombreux, certains mieux habillés, mieux armés, mais ils restent fondamentalement les mêmes. Là encore, vous vous appuyez sur une illusion que votre sagesse « d'ancien » aurait du déchirer. »

Et c'est là-dessus qu'il entama son assiette et se servit du vin, ces mots lui ayant ouvert l'appétit.
Revenir en haut Aller en bas
May'Inil Baenrahel
Ancien
Ancien
avatar

Féminin
Nombre de messages : 1059
Âge : 474
Date d'inscription : 01/05/2012

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  469 ans
Niveau Magique : Spécial.
MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Sam 18 Aoû 2012 - 5:24

La soirée s'était finie en douceur pour May'Inil. Le principal événement fut l'arrivée aussi bruyante que remarquée d'un humain lorsqu'il traversa la baie vitrée de la pièce. Quel sens du spectacle les mortels possédaient-ils donc. Bien que celui-ci semblait tout à fait improvisé et moyennement apprécié par la garde de la maisonnée.
Elle fut sans doute la seule à applaudir l'archonte alors que celui-ci se présentait comme un saltimbanque aurait salué son public. Elle n'avait jamais entendus parler de ce qu'était un Archonte, mais supposait que c'était un poste assez important pour se payer une escorte et un voyage à Thaar depuis la Péninsule.

-Parce que vous sentiez encore une corde sous vos pieds, mon cher Celindel ?

Railla-t-elle de sa voix claire tandis que l'elfe congédiait l'assistance. Elystrel et elle gagnèrent l'une des chambres qui étaient offertes aux invités et s'endormirent fort tard -ou tôt, suivant comment l'on se repère-. May'Inil ne se leva que lorsque le soleil avait déjà largement entamé sa descente dans le ciel estival de l'Ithri'Vaan. Elle passa sa courte après-midi en prières, à écouter les mélodies d'Elystrel ou bien à profiter de la douceur du climat thaari dans les jardins.

Lorsque vint l'heure de se remettre à table, elle n'était affamée ni de nourriture, aussi exquises soient-elle, ni de paroles, et ce quelque soit leurs grâces. Elle picora dans quelques mets qui passaient à sa portée et restait vaguement attentive à ce qui se disait, avant que Celindel ne relance le débat sur lequel ils s'étaient tous arrêtés -sur son initiative- la veille. Il était assez inconstant, ou bien avait-il profité de la nuit pour étoffer ses positions. Mais ses paroles balayèrent bien vite cette option.

-Sauf le respect du Seigneur Altiom, je doute que, même en cas de portes closes, le protocole péninsulaire prévoit de s'introduire par-dessus le mur d'enceinte de son hôte. Et si je salue ce qui a été un joyeux divertissement, il ne me permet pas de penser que vous représentez le standard des seigneurs humains.
Subodorer si les dirigeants, et ce quelque soit leur race, sont capables de ce discernement ou non ne nous avancera pas. Il n'en montre pas trace, ce seul fait importe dans cette affaire d'amitié entre les peuples, mais je vous en pries, continuez.


Elle se retrouva vite relayé par l'intervention de l'autre drow, celui qui s'intéressait à Elystrel, lequel lui avait assez curieusement répondus. Elle ne savait pas pourquoi ces deux-là se traitaient ainsi et avait décidé de ne pas s'en soucier, si ça la concernait, elle osait espérer que le gardien d'Arcam l'en mettrait au courant.

-Celindel, je dois dire que vous m'impressionnez. Rarement je n'avais vus quelqu'un énoncer ses idéaux avec tant de conviction et soutenir que les fouler du pied serait la meilleure solution pour les atteindre. Brillant.
Car soyons sérieux, en supposant que vous trouviez le peuple inconnu et que vous arriviez à canaliser les envies de guerres de tous nos peuple, et non pas uniquement le sombre peuple car il serait naïf de penser que seul celui-ci s'épanouit par la guerre, sur un soit-disant peuple inconnu dans les terres au-delà du Puy, vous affirmer que le combattre dans le seul intérêt de maintenir la paix ici serait juste.
Je signalerai d'abord que vous ne faites que reproduire à plus grande échelle ce qui se passe ici. Les humains n'ont jamais été aussi unis que lorsque nous les combattions, sur ces même terres qui nous accueillent actuellement, et depuis qu'ils n'ont plus d'ennemis communs ils se tournent les uns vers les autres en guerres fratricides. La situation n'est pas différente chez les drows, notre peuple unis sous la férule guerrière de Brylyan n'a pas mis longtemps à imploser lorsque celui-ci a littéralement perdus sa tête. Même vous, les elfes, n'êtes plus en paix lorsque la menace que nous vous imposons ne vous retient plus ensembles. Ce qui m'amène donc à la question, pensez-vous vraiment que reproduire cette situation à une plus grande échelle soit plus juste, ou pacifique, ou tout autre mot que vous cherchez soi-disant à atteindre ?
Avant que vous ne répondiez, en me signalant peut-être que après tout nous ne connaissons pas ce peuple et que nous ne pouvons donc nous soucier de ce qu'il souffrira dans cette guerre -car sinon pour quelle autre raison le fait qu'il nous soit inconnu légitimerait cet acte ?-, ouvrez les yeux et vous comprendrez bien assez tôt que nous souffrirons de cette guerre aussi bien qu'eux. Rien ne garantit une victoire, et quand bien même elle surviendrait ça ne sera pas sans emporter des milliers de combattants.
Vous prétendez agir pour la paix dans notre monde, mais vous place des limites arbitraires à ce monde. Vous parlez de terres inexplorés au sud et à l'est du Puy. Qu'ont-elles de si différentes pour qu'elles ne trouvent grâce à votre idéal de paix, à supposer même qu'elles existent ?
Je n'aurais pas la civilité de vous considérer comme honnête, je dirais que tout ce qui vous intéresse est de protéger votre peuple de la guerre en envoyant le notre affronter d'imaginaires créatures qui ne nous ont jamais causé tort, et que par là-même vous êtes prêts à sacrifier des centaines de vie dans le seul but de préserver votre existence tranquille.
Mais je ne me le permettrais pas, nous sommes après tout entre êtres puissants et de si vils et égoïstes sentiments ne sauraient animer votre cœur.


Elle avait dis ces dernières paroles sur un ton excessivement polis et légèrement mielleux. Elle s'amusait toujours de semer le trouble par de telles paroles dans les esprits de ces interlocuteurs, et elle ne se souciait pas de ce dont elle venait de qualifier Celindel devant toute leur assemblée, elle pensait tous les mots qu'elle avait dis.
Non pas que cela soit vraiment des reproches d'ailleurs, elle n'avait toujours agis que pour son propre intérêt, s'était originellement tourné vers la prêtrise pour y trouver puissance et influence et avait fait tuer sa mère pour récupérer toute l'affaire familiale, entre autre. Mais elle au moins n'avait pas la prétention d'agir pour de nobles idéaux comme le faisait cet elfe.

Elle n'avait aucune envie de répondre aux idéaux de l'enfance dont avait parlé l'elfe, bien qu'elle ait vus se développer et s'ouvrir sa cité. Contrairement à ce que pensait cet idéaliste, le monde n'était pas mieux autrefois, il était sensiblement le même. Même les humains, si versatiles et changeants, n'avaient pas tant évolués que ça.

Elle se servit un verre de nectar qu'elle porta à ses lèvres, le savourant en profitant de la réaction de Celindel ou bien de l'intervention d'autres invités.
Revenir en haut Aller en bas
Nakor
Humain
avatar

Masculin
Nombre de messages : 1468
Âge : 31
Date d'inscription : 28/01/2008

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  628 ans
Niveau Magique : Archimage.
MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Sam 18 Aoû 2012 - 23:34

Ils étaient en pleine discussion, voilà que Celindel avait été prit à partie par Haod'on. Il était question d'impossibilité à quérir la paix qui au fils des siècles n’avait jamais vraiment voulu montrer le bout de son petit nez fourchue. Nakor allait prendre la parole, pour venir un peu en aide à Celindel, qui drapé dans la force des ses émotions, pouvait tenir un discours bien radical pour un elfe. Mais c'était sans compter sur Altiom. Une entrée fracassante, je parle du verre de la fenêtre bien sur, au beau milieu d'un tas d'individu follement dangereux. Cela aurait put suffire à déclencher un combat acharné et une folle destruction mais Altiom avait continué de parler alors que tout le monde se tenait sur ses gardes. L'Archonte eut la présence d'esprit de se précipiter aux côtés de Nakor, qui l'accueillit à bras ouvert en lui tapotant l'épaule et en lui glissant une bise d'accueil, tel un bon grand père chaleureux tout en disant

"Haaa mon cher petit!"

Cela suffit à calmer l'audience, voyant qu'il n'était pas un ennemi. Celindel renvoya ses gardes ainsi que tout ce petit monde au lit. Le vieux magicien serra le bras d'Altiom et sorti en dernier de la pièce. Il rendit son sourire à Celindel en ajoutant un petit hochement de tête et une fois seul avec son petit Altiom

"Non mais tu as perdu l'esprit Altiom! Qu'est-ce qui t'a pris de faire une telle entrée? Je n'ai point souvenance de t'avoir enseigné de telles manières ... huummm ... quoi que ... à bien y réfléchir."

Marmonna-t-il dans sa barbe : combien de fois Nakor s'était marché sur la barbe, ou combien de fois s'était-il prit le pied dans une racine et avait chuté lamentablement comme une pauvre loque. Il n'avait finalement aucune leçon à transmettre de ce point de vu et redevint un peu sérieux

"Je suis tout de même heureux de te voir ici mon cher petit! C'est une longue route que tu as fais depuis Ydril. Une raison particulière? En tout cas sache que nous discutons tous calmement de choses et d'autres. Avant que tu ... entres, nous discutions de la possibilité ou non d'instaurer une paix durable dans notre monde. Je te prierai de rester sur tes gardes mon enfant, il y a dans cette maison, des personnes ... enfin ... dont il vaut mieux se méfier!"

Nakor pensait bien évidement au seigneur Zaura'el, gardien de Mogar par exemple. Le magicien continua de marcher un peu avec Altiom et ils continuèrent de discuter un peu. Nakor ne dormait plus, il resta donc ensuite sur le parvis, à observer les étoiles et à méditer tranquillement. La journée passa et enfin les discussions reprirent. Bien évidemment deux drows firent feu de tout bois et se jetèrent dans la brèche. Le vieux magicien se mit à sourire et se demanda même si ce n'était pas devenu un comportement inconscient chez les drows que d'attraper quelques mots et de les développer avec profondeur intense, afin de montrer à quel point cela pouvait être idiot, alors que bien souvent les mots sortent de la bouche des gens sans pour autant avoir valeur de sainteté. Là, bien sur, Tebirahc prit la parole, afin de démonter une partie du discours de Celindel. Nakor allait prendre la suite quand une autre drow fit de même : mielleuse et piquante, elle continua d'attaquer les idées de Celindel. Nakor se saisit d'un verre de vin, en but une bonne gorgée, vieil alcoolique qu'il était, et prit la parole, son verre à la main, tournoyant doucement sur place. Il rit d'abord dans un premier temps et se tourna vers le gardien de Mogar, qui lui avait posé une question

"Il est évident que non mon cher. De mon côté je ne préfère pas spéculer sur la possibilité de l'existence d'autre chose aux confins de Miradelphia. Nous avons déjà bien assez à faire ici autour des quatre races. Tout comme je pense que la paix peut-être possible sans la guerre. Je sais ce que vous allez encore dire, que je ne suis qu'un vieil idéaliste humain, qui se voile la face et refuse de regarder ce que des siècles de vie lui ont prouvé. Un idiot en somme. Et bien non, je ne me considère pas comme tel, je pense juste que, ce n'est pas parce que cela n'a jamais été pleinement accompli et que la guerre est toujours revenu, que c'est une constante de l'univers, irrémédiable et absolu. Car si c'était le cas, je n'aurai plus, moi comme vous tous, à rester chez moi et attendre que le monde face ce qu'il a toujours fait. Non, je refuse cette idée qui consiste à penser par faiblesse et manque de courage, qu'on ne peut rien faire sur ce monde."

Puis il s'adressa ensuite aussi bien à Tebirahc qu'à May'Inil et les autres

"En effet, le monde des hommes, comme depuis longtemps est en proie aux guerres d'intérêt et d'ambition, d'envie de pouvoir et de domination. Les drows aussi depuis certains événements qui se répètent ... très bien! Les elfes voient leur conseil suprême lentement disparaître de la scène et deviennent instable et les pauvres nains ont leur monde ravagé par la colère des dieux. En sommes presque rien ne change et à certains moments de l'histoire du monde, il y a quelques relents de coeur et de courage, pour ensuite laisser place à la lumière! Et bien je me mets du côté de ceux qui se battent pour que la lumière perdure. Pas une lutte armée et sauvage, sinon j'emploierai des moyens que je réfute, mais un combat idéologique au départ. Cela forcera sans doute à ce que je prenne de nouveau les armes, mais non plus pour attaquer, au contraire, pour défendre ou désamorcer un conflit en cours. Je ne dis pas que la paix viendra juste avec de belles paroles, je ne suis pas stupide à ce point. Mais je suis persuadé qu'une union peut voir le jour et qu'en commençant petit, nous pourrions devenir grand."

Nakor ne disait pas tout, il ne parlait pas encore de son rêve de voir une école de magie voir le jour, ouverte à tous, puis de répandre ainsi ses idéaux et atteindre lentement les hautes sphères du pouvoir, ou au moins ouvrir comme ils en avaient discuté avec Celindel, une guilde de mage dans un premier temps, qui pourrait devenir un poids dans les décisions des grands du monde. Prétentieux, sans doute un peu, rêveur, oui, mais convaincu aussi et prêt à soulever des montagnes. Il se mit à sourire et s'amusa d'une dernière note

"Quand à vous ... Nahkti ... je croyais que Nisetis avait été attaqué par les drows en premier! Voyant à l'Est de leur terres une civilisation trop grande et trop forte pour rester là à les regarder grandir et devenir peut-être un jour un danger pour eux. Les légendes seraient donc fausses? J'attend votre éclairage là dessus."

Puis Nakor but une gorgée de vin. Il tentait d'aider Celindel, en montrant qu'en effet, l'elfe n'était pas le seul à rêver de la paix ou à essayer de trouver une solution pour la mettre en place. Ensuite que chacun use de ses propres arguments ne le regardait pas tant que ça, mais au moins il avait un soutien idéologique, pas dans l'optique d'attaquer une autre race pour conserver la paix sur les quatre premières, mais d'imposer bel et bien une paix générale ... Nakor était sans doute encore un peu plus rêveur que Celindel finalement.
Revenir en haut Aller en bas
Celindel de Delebrimir
Elfe
avatar

Masculin
Nombre de messages : 143
Âge : 21
Date d'inscription : 07/05/2012

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  1142 ans
Niveau Magique : Arcaniste.
MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Dim 19 Aoû 2012 - 0:18

Enfin la soirée commençait...Cela avait pris le temps qu'il fallait, un peu trop au goût de Delebrimir. Voilà que les groupes se formaient, les Drows se rassemblaient contre l'idéologie idéaliste de Celindel, que Nakor partageait avec l'Elfe. Certains gardaient le silence encore, mais ils ne tarderaient pas à parler. Les ventres qui se remplissaient enjouaient les esprits présents, et Celindel s'amusait de voir comment les Drows s'affublaient sur ses paroles. Delebrimir écouta les tirades qui se suivirent, essuyant tranquillement et en riant les piques des Sombres.

- Voyons voyons, Nahkti...que de si belles paroles. Encore seraient-elles intéressantes si la plupart n'était pas des palabres devant me ridiculiser. Je suis surpris cependant que vous délaissiez ce que j'ai émis comme un fait qui arrivera sûrement, si tant soit peu que d'autres peuples vivent au Sud de nos territoires. Vous êtes Historien. Et à ce titre vous devez bien savoir que les Drows ont attaqués les Peuples des Marais, véritable ennemi, digne de vous si je reprends vos termes. Puis ce fut au tour des Nisétiens que vous avez anéantis. Vous les respectiez car c'était de grands ennemis, et un honneur de les combattre selon vos semblables. Je doute que vous respectiez les Elfes, cela dit...Seriez vous en train de me dire que vous refusez l'idée de trouver un nouvel adversaire digne de ce nom dans les terres du Sud ? Je voyais les Drows comme un peuple de guerriers...Au final peut être que ce sont eux les enfants ? A gémir quand ils n'ont pas ce qu'ils veulent, mais ils n'en veulent plus quand ils ont enfin une chance d'obtenir ce qu'ils veulent. Alors si vous croyez que je suis un enfant, je vous invite dehors à me rejoindre. On trouvera un bac à sable à votre taille, mon grand.

Celindel ponctua ses derniers dires par un clin d’œil en souriant narquoisement. Il but une petite gorgée de nectar en croisant les yeux de Nakor. Delebrimir se contenta de soulever ses sourcils très rapidement à l'adresse de son ami. Puis il se tourna vers May'Inil qui lui avait parlé. Elle parlait peu dans les débats. Ce n'était pas une mauvaise chose, peut être...Ou peut-être si. Plus on est de fous, plus on rit. Elle parla comme ceux qui se veulent donner de l'air en argumentant, en appuyant leurs termes de gestes, de mimiques, en exposant leur discours à des questions rhétoriques.

- Arrêtez, ma chère dame. Mes oreilles sont certes fines je le conçois, aussi, tant d'inepties de votre part ne fait que les endommager. Je vais vous reprendre. Jamais les Hommes et les Elfes n'ont été aussi uni que sous votre menace...C'est bien drôle. Êtes vous en train de me dire que vous renoncez à l'idée de dominer le monde ? Dans quel cas, cela confirme mon hypothèse sur le fait que les Drows soient des enfants...sinon, partons que non. Ah, vous les trouvez uni ? Alors que votre peuple pourrait les envahir ? Je reviens de la Péninsule, où j'ai vu des familles s'assiéger pour un titre. Vous parlez des Elfes ? La Haute Prêtresse de Kÿria a approuvé la destruction du Fort Ellyrion car cela s'opposait à la doctrine divine de notre Déesse. Je suis impressionné par la vision de l'unité des Drows...à peu près aussi impressionné à que vous renonciez à des ennemis à combattre. Mais dans tout ce plaisir que me procure l'idée que vous ayez tort, j'avais tort également : j'espère que vous êtes des électrons libres, car si tel n'est pas le cas, votre peuple me fait de la peine. Et ces contrées ne trouvent pas cette place dans mon cœur car simplement si elles étaient de l'une de nos races, les Dieux nous auraient mis en commun.

A présent je cesserais donc de vous considérer, madame, comme quelqu'un de votre peuple, car vous venez, en essayant de vous défendre, de dénigrer ce concept même en quoi les Drows excelleront toujours : la guerre. Mais je peux comprendre. Après tout, les Humains ne sont pas unis alors qu'ils pourraient l'être, et les Elfes aussi. A vrai dire vous ne l'êtes pas non plus. Car il ne suffirait que d'un vecteur armées Humaines ou Elfes, de cesser les chamailleries propres à leurs races, pour s'unir et lancer sur le Puy une force comme jamais elle n'en a connue ni affrontée. Alors, avant de me resservir de nectar, je dirais que si moi je suis un enfant, je pense que vous n'auriez même pas mérité de sortir de la femme qui vous a mis au monde.


Les yeux de May'Inil croisèrent ceux de Celindel, et le sourire arrogant de ce dernier se plissa pour accueillir le nectar qui coulait du verre. Il comprenait le jeu des Drows. Parler calmement en attendant que l'autre s'énerve était une technique bien classique mais très célèbre entre parleurs. Mais aucun ici ne connaissaient l'unique moyen pour mettre Celindel dans une rage folle. Il se resservit du nectar, avant de tasser sa pipe et de l'allumer. Il tira une bouffée, attendant en chantonnant les répliques qui allaient fuser...

TOURS :
Spoiler:
 


Dernière édition par Celindel de Delebrimir le Lun 20 Aoû 2012 - 5:37, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Alice de Grisambre
Humain
avatar

Féminin
Nombre de messages : 34
Âge : 25
Date d'inscription : 06/08/2012

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge : 22 ans.
Niveau Magique : Non-Initié.
MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Dim 19 Aoû 2012 - 5:45

« Et voilà ma p’tite dame, dernier arrêt...la demeure du Pamplé…du Palpé…du Palphélaire….Enfin…de l’ot’ là ! »

Le vieux barbu grincheux se racla la gorge baptisa la terre fraîche d’un glaire noir. Il ne prit pas la peine de descendre de sa vieille charrette, préférant bougonner et râler contre on ne sait quoi. La jeune femme descendit le plus rapidement possible, quittant définitivement la compagnie de poteries grossières et de caisses de tissus moisis par l’air des marais. Son havresac tomba mollement sur le sol tandis qu’elle ajustait pour la énième fois sa cape de voyage élimée et poussiéreuse.

« Ca vous f’ra cinq écus ma bonne dame, maugréa-t-il à son adresse »

Le tintement de l’or se fit entendre, les pièces tombèrent dans les mains calleuses du bougre qui les plaça prestement dans les plis de son bliaud crasseux. Il maugréa un vague merci puis fit claquer les rennes du maigre palefroi qui dirigeait le véhicule avant de disparaitre au loin sur la route boueuse.

La demeure de Cylas le Pamphlétaire…un des grands noms de la littérature du continent. La Plume d’Améthyste ne pouvait que répondre présente à cette invitation. La chance était du côté d’Alice pour une fois. Les maigres moyens dispensés par son cercle d’érudits pour l’envoyer à Thaar avaient à peine suffit à payer le voyage depuis Soltariel. La confrérie des écrivains manquait de fonds, c’était un fait aussi immuable que les guerres en Oesgard. Elle s’estimait chanceuse d’avoir réussi à atteindre le palais du Pamphlétaire avant de trop entamer ses propres réserves.

Ses vêtements de voyage étaient passablement usés, les routes menant en Ithri’Vaan n’étaient pas sûres et la demoiselle avait dû crapahuter quelques jours dans des endroits vierges de toute civilisation pour éviter les routes les moins recommandables. En effet, son voyage avait été perturbé par l’attaque d’un village par des maraudeurs, la forçant à faire un détour de quelques lieues en territoire inexploré. Fort heureusement, de par sa nature prévoyante, elle s’était assurée de bonnes doses de nourriture pour pouvoir soutenir l’effort.

Arrivée à Thaar via un convoi de marchands d’épices transitant dans les terres, la jeune femme avait usé de son bagou naturel pour pouvoir trouver la demeure de Cylas. Désireuse de ne pas paraître pour une simple roturière, elle s’était vêtue une robe de soie pourpre et des souliers noirs à fermoirs en argent, précieux vêtements conservés au fond de son havresac depuis le début du voyage. Elle avait relevé ses cheveux et les maintenait avec une baguette d’argent sertie d’une améthyste finement ciselée.

Etait-ce suffisant ? Assez distingué ? Alice n’en avait aucune idée. Elle se questionnait aussi sur la qualité et la nature des invités. Ses écrits n’étaient absolument pas du niveau de ceux de Cylas, elle en était parfaitement consciente. Aurait-elle grande chose à dire lors de ce débat d’idées ?
Elle poussa le portail de la demeure…

___________________

L’arrivée d’Alice dans la grande salle à manger interrompit un instant le débat en cours. Conduite par deux servants, elle avait traversé toute une série de pièces en enfilade avant de se retrouver à patienter dans l’antichambre de la salle à manger. Une fois annoncée, elle put pénétrer dans le creuset de connaissances. Une dizaine de visages se tournèrent vers la jeune femme…des humains, des elfes et…des Drows ? Que pouvaient-ils bien faire ici ? Le visage d’Alice resta de marbre, elle contrôla avec brio ses émotions et jaugea rapidement l’assemblée. Elle ne reconnaissait aucun visage et ne pouvait déterminer avec précision leurs rôles et les intrigues qui les liaient. La présence des Drows la troublait particulièrement…elle n’en avait jamais rencontré avant. Elle se garda de faire le moindre commentaire, préférant ne pas froisser les sensibilités.

Elle s’inclina et prononça quelques mots :

« Bien le bonsoir à toute l’assemblée. Je me nomme Alice de Grisambre, fille du seigneur de Berem de Grisambre, architecte et écrivain de la Péninsule. Je remercie mon hôte de son invitation. Je me joins à vous, malgré ma maigre expérience, espérant apprendre et apporter ma pierre à votre édifice. »


Les mots étaient polis, bien choisis. Elle n’espérait pas une réponse particulière, ayant troublé le cours des conversations. La demoiselle prit place dans un siège vide à côté d’un vieil homme à la longue barbe et attendit que les conversations reprennent. Son assiette fut remplie par un des serviteurs et elle grignota trois raisins issus de la garniture d’un cochon de lait trônant sur la table, plus par politesse que motivée par une réelle faim. Afin de faire bonne mesure, elle prit un peu de nectar dans une coupe et fit semblant de boire comme les autres.


Revenir en haut Aller en bas
Altiom d'Ydril
Humain
avatar

Masculin
Nombre de messages : 598
Âge : 24
Date d'inscription : 29/08/2010

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge : 32
Niveau Magique : Eveillé / Néophyte.
MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Lun 20 Aoû 2012 - 7:27

Le drille d'Ydril avait été applaudi par une drowe? Allons bon cela dépassait tous les standards! Et une certaine sombre dépassait elle aussi des standards d'un tout autre genre, soit dit en passant. Elle dégageait cette douce et suave aura de lasciveté, si rare dans les hautes sphères humaines qu'elle en devenait mythe, cette délectable volupté au triste arrière-goût de passé révolu. Le suderon regrettait parfois tant sa vie si simple d'alors.
Mais trêve de rêvasseries. Tout juste arrivé, le baroudeur se vit convié à quelque repos -diable que ces elfes avaient le sens de la réception!- et salua poliment chaque invité. Cette bonne vieille barbe blanche était bien la seule à lui être familière en cet endroit. Elfes, hommes, drows de tous bords, seuls les nains brillaient par leur absence! Dommage, le séjour risquait de manquer de concours de beuveries... le temps que notre animal y remédie du moins.

- Non mais tu as perdu l'esprit Altiom! Qu'est-ce qui t'a pris de faire une telle entrée? Je n'ai point souvenance de t'avoir enseigné de telles manières ... huummm ... quoi que ... à bien y réfléchir.
- Hm hm, n'est-ce pas? J’ai bel et bien appris d'un maître en la matière! Les deux loustics auraient pu faire une sacrée paire au service de sa majesté. Un véritable duo de choc, enchaînant gaffe sur gaffe, le commando de la culbute!
- Je suis tout de même heureux de te voir ici mon cher petit! C'est une longue route que tu as fais depuis Ydril. Une raison particulière?
- Oh, trouver d'autres partisans de la paix, pour qui le mot n'est pas synonyme de "plus grosse blague du cycle", confronter les points de vue, comprendre, apprendre, retrouver l'aventure, cette liberté qui me fait tant défaut... et échapper à ces épouvantables réceptions mondaines évidemment, ajouta le suderon avec un léger rire. Rico s'en occupe très bien tout seul! Le sujet devint alors plus sérieux sur la mise en garde de l'archimage. Comme toujours, il prit très au sérieux ses dires: l'antique personnage n'avait pas l'habitude des paroles en l'air. Tous deux continuèrent jusqu'à l'esplanade de la vaste demeure, le nez dans les étoiles, silencieux. C'était d'un calme absolu, cette noirceur tacheté, ces minuscules îlots de lumière dans une mer d'ombre, c'était-là le seul havre de paix que tous les penseurs du monde partageaient en secret, le seul qu'aucun tyran ne leur enlèverait jamais. Commençant presque à piquer du nez, le suderon posa une main sur l'épaule de Nakor et murmura un "bonne nuit papy" avant de s'évanouir dans les ombres.
Passant voir comment s'acclimatait son escorte, il fut heureux -et finalement peu surpris- de les trouver en pleine partie de cartes endiablée avec quelques sentinelles du Pamphlétaire. La camaraderie à la suderonne, ça c'était une arme infaillible! Repassant par la salle de son entrée ma foi plutôt typique, il se joignit aux domestiques à l'ouvrage pour finir de remettre les lieux en état. Finalement, l'archonte partit trouver sa chambrée tant désirée, emportant une bouteille de liqueur maltée au passage. Le bougre ne saurait l'affirmer avec certitude mais il lui aurait semblé avoir aperçu de drôles de jouvencelles au détour d'un corridor. Hm... nooooon, les elfes n'étaient pourtant par réputé pour ce genre de vices. Et il entra dans sa piaule pour ne plus en ressortir.


S'étirant comme un véritable pacha des lointaines contrées désertiques, l'archonte se leva parmi les premiers hôtes. Un fait assez miraculeux rare pour que l'on prenne la peine de le mentionner. Empoignant par réflexe sa bouteille, mystérieusement vidée de moitié depuis la veille -un équivalent suderon des fringales nocturnes dirons-nous-, il se réveilla à grandes lampées spiritueuses. Le doux breuvage procura le coup de fouet matinal escompté, ni une ni deux le bestiau était sur pieds! Après avoir commandé de quoi se décrasser et terminé ses ablutions, il put repartir à l'aventure! Aventure qui consistait pour l'heure à retrouver son chemin parmi le dédale architectural que constituait telle bâtisse. Par les Cinq ce véritable palais lui donnait d'irrésistibles envie de fête! Un garde dans les vapes par-ci, une servante au sourire aguicheur par-là... non le pauvret était définitivement perdu! Bien accroché à son litron ambré -seul repère familier du paysage-, il finit enfin par tomber sur un Celindel salutaire, tout enthousiasmé par les débats à venir. Arriva alors l'heure de la boustifaille.
Pour l'occasion, le vadrouilleur avait ramené quelques spécialités de son pays, et notamment du vin! Dolcerino et Carnoso, deux cépages exclusivement ydrilotes qu'Altiom tentait par tous les moyens de faire découvrir au monde. Huit bouteilles des meilleurs crus, qui ne tiendraient pas plus de deux jour, l'archonte y veillerait. Ajoutez à cela la ribambelle de fromages traditionnels, aussi nombreux qu'il y avait de chèvres en Ydril, et les caisses de charcutaille dont l'imprononçabilité des noms semblait proportionnelle à leur sapidité. Pour faire simple. Et tout ce beau monde discutaillait, se chamaillait, rigolait grassement ou se contentait de rictus moqueurs, dans la joie et la bonne humeur.

- Sauf le respect du Seigneur Altiom, je doute que, même en cas de portes closes, le protocole péninsulaire prévoit de s'introduire par-dessus le mur d'enceinte de son hôte. Et si je salue ce qui a été un joyeux divertissement, il ne me permet pas de penser que vous représentez le standard des seigneurs humains. L'intéressé confirma silencieusement du chef.
- Mais de grâce mademoiselle, appelez-moi juste Altiom. On m'affuble déjà de bien assez de titres farfelus en mes contrées, inutile de généraliser la tendance, fit-il d'un ton jovial. On avait vu plus constructif, soit, mais c'était une façon de participer.
Le débat s'enflamma cependant en un clin d'œil entre Nakor, Celindel, May'Inil et Nahkti, et le suderon se prépara d'avance à esquiver les éventuels jets de nourriture (pitié tout mais pas ses fromages!). Mais jusque-là, on en resta à s'échanger quelques piques. Pour l'instant cela lui allait bien. Il buvait, il mangeait, il incitait ses convives à goûter un peu à tout et lui-même faisait son possible pour n'oublier aucun des innombrables mets -pas de jaloux- en écoutait presque religieusement ses compères. Oui car voyons les choses en face: participer aurait signifié manger moins. Soit le sujet était des plus intéressants, mais c'était-là un dilemme tranché de longue date. MAN-GER. Profitant d'une soudaine accalmie, le noble brailla bien fort pour couvrir les derniers éclats de voix:
SINAN QUI C'EST QUI VEUT D'LA BONNE TERRINE DE CERF AU CALVADOS? On fait ça surtout dans le centre du com- Une nouvelle invitée venait de faire son apparition et se présenta. Peut-être trop timidement de l'avis du drille, il ne tenait qu'à lui de la mettre à l'aise.
- HOLÀ GRIGRI!! Viens, prends place et mets-toi à l'aise! Et un nouveau surnom idiot, un. La jeune femme s'exécuta et le joyeux luron s'empara d'une de ses bouteilles, contournant l'archimage avec son bras. Pardon Nakou- Alice, si vous avez des papilles délicates, il faut absolument que vous goûtiez à cette merveille! Faites-donc voir votre coupe! Et ni une ni deux, il servit à l'écrivaine un verre de son Dolcerino. Oui, encore cette foutue vinasse. Avec un grand sourire aux lèvres, il enchaîna: haha! Alors, dites-m'en des nouvelles!


Dernière édition par Altiom d'Ydril le Mar 21 Aoû 2012 - 2:32, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Tebirahc Zaurahel
Ancien
Ancien
avatar

Masculin
Nombre de messages : 964
Âge : 28
Date d'inscription : 08/10/2009

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  859 ans
Niveau Magique : Spécial.
MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Lun 20 Aoû 2012 - 8:18

Il écouta la réponse que lui fournit Nakor tout en appréciant une nouvelle gorgée de vin, et tout en reposant sa coupe, sourit, mais ça n'avait là rien de moqueur, il était amusé certes, mais pas au point d'en rire. Il l'écouta, constatant une nouvelle fois ces rêves prenant le pas sur la réflexion, l'empêchant d'arriver à maturité.
Et à ce dernier, il entreprit donc de répondre, désirant lui délivrer une petite vérité comme en dicte la réalité.

« Et pourtant, mon cher, la guerre est aussi fondamentale et ancrée que l'est la vie ou la mort, tandis que la paix n'est que l'invention de l'esprit. Le combat est nécessaire, il permet à ce monde de ne pas stagner, non seulement au sein de nos peuples respectifs, mais également au sein même de la nature. C'est pour cela que votre idéal ne dure jamais, car de belles pensées, quelques paroles ne peuvent contrarier son existence, tout au mieux quelques instants en retenir le retour. Vous même, Nakor, jouez le jeu de la guerre, menant ce combat idéologique contre elle.
Mais cette vérité n'empêche ou ne contrarie pas votre lutte, elle ne doit pas la freiner... Battez-vous, luttez car c'est là le naturel des mortels que de défier les éléments et les lois dictés par le divin, d'espérer et de désirer s'en affranchir, voici la preuve que vous vivez. »


A aucun moment il ne semblait se moquer de lui. Il l'encourageait réellement, là encore. Au final, cela ne le contrarierait pas, au mieux cela lui permettrait de s'amuser à l'avenir.
Et sur le petit détail historique, il ajouta simplement :

« Quant à la véritable histoire, Nakor, c'est que tandis que les nisétiens continuaient de s'étendre, ils découvrirent la Faille, l'arpentèrent et pénétrèrent le Puy qui ne possédait pas encore les portes qui en ferment aujourd'hui l'accès. Eut lieu une bataille remportée par les sombres contre des nisétiens qui ne s'attendaient pas à trouver là quoique ce soit. Ce n'est qu'en réplique que le Puy frappa l'avant-poste le plus proche, et c'est de là que débuta ce conflit. »

Il en vint finalement à Celindel dont la réaction et les mots le firent grandement sourire. Quelle réaction ! Le voilà s'écartant totalement des mots constructifs pour emprunter la voie controversée des petites attaques aussi ridicule que gratuite. Et en plus, il s'improvisait historien drow, quoiqu'il parla et utilisa des choses qu'il ne comprenait à l'évidence pas, mais après tout, qu'attendre d'un homme qui ne savait du monde que ce qu'il avait lu, sans le vivre concrètement ? Il aurait du savoir que sur certains sujets, quand on ne sait pas, il vaut mieux s'abstenir.

« Ah... Celindel, à défaut d'inspirer le moindre respect, au moins aurez-vous le mérite de me faire sourire et de m'amuser. Une utilisation si maladroite mais paraissant tellement assuré, si sûr de vous. Dommage que vous usiez et parliez de chose que vous êtes incapable de comprendre. Quant à tout ces propos, tant de mépris, s'en est surprenant venant de quelqu'un qui prétend désirer une réconciliation. Ou alors, vous espérez un sursaut d'orgueil... Mais j'en doute. Je crois que vous avez été retranché et que vous avez réagit comme toute bête acculée. »

Il décida même que cela ne valait pas la peine de corriger les erreurs de cet elfe, quelques petites corrections et il prétendrait plus encore tout savoir. Ça n'avait aucune espèce d'intérêt. Il prit toutefois le parti de ne pas le suivre, quoique se réservant le loisir, en cas d'une dérive qui perdurerait, de remettre à sa place l'elfe.

« Mais passons... Je vous laisse l'exclusivité d'une telle dérive. »

Et sur ses mots, il n'offrit pas encore de réponse à Celindel, prenant le temps d'apprécier quelques bouchées tandis qu'une nouvelle arrivante faisait son apparition... Une autre noble péninsulaire. Quoique celle-ci avait au moins pour elle d'être bien moins perturbé que l'Archonte que le Gardien avait décidé d'ignorer tant que c'était possible, considérant cet élément davantage comme un frein que comme une nouvelle voie à explorer.
Aussi décida t-il de faire un petit effort de courtoisie à son égard.

« Bienvenue à cette table. »

N'en demandons pas trop non plus, déjà, c'était dit dans la langue des hommes quoi que les sonorités étaient clairement drow, puis il en revint à Celindel, reprenant la langue des elfes qu'il parlait plus naturellement et tout aussi bien que n'importe lequel des représentants de cette race.

« Bon, réfléchissons... Si l'on considère bien les choses, accepter votre idée d'aller rechercher et combattre une race inconnue, à supposé qu'elle existe, vivant certainement à plus d'une année de marche du Puy, c'est tout simplement offrir une aubaine inestimable aux autres races de mettre un terme définitif à ce qu'ils considèrent, à raison, comme un problème. Et si nous suivions votre logique, les Drows devraient vous faire confiance, à vous et aux autres races, et mettre entre vos mains leur avenir.
Je ne crois pas que vous soyez digne de confiance pour garder un poulet, si il était la propriété d'un drow, alors miser sur vous et sur votre capacité à tenir les autres races, autant essayer de mettre une pièce sur la météo de ce jour, dans un millénaire.
Ainsi, prétendez que ça n'est là que l'expression d'une lâcheté, que nous ne sommes que des enfants qui fuient un combat. Nous ne mettrons pas pour autant notre avenir en jeu pour vous contredire. »


Et il en resta là, laissant le loisir à la prêtresse de répondre au reste, si cela faisait parti de ses envies. Celindel ne pourrait poursuivre dans son idée de concentrer les pulsions guerrières sur une race étrangère, quoiqu'il puisse dire, ce qu'il venait de dire s'appliquerait systématiquement. A moins de continuer de nier la logique, il ne pourrait qu'admettre son erreur sur cette solution.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   

Revenir en haut Aller en bas
 
Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 3Aller à la page : Précédent  1, 2, 3  Suivant
 Sujets similaires
-
» Les grands esprits discutent des idées ; les esprits moyensdiscutent des événements ; les petits esprits discutent des gens. | PV Helvia
» Les grands esprits se trouvent toujours [Pv Carl/Iosa/Vindi]
» Quand deux grands karatekas se tape dessus, ...poussez vous

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Miradelphia :: Ithri'Vaan ~ CENTRE :: Principautés de Thaar :: Thaar (Cité)-
Sauter vers: