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 Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]

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Nakor
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MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Mar 21 Aoû 2012 - 11:20

Altiom fit encore un peu d'esprit, en effet, Nakor avait un style bien à lui et si le jeune archonte fringuant s'inspirait de son grand père adoptif, il n'allait sans doute pas forcément y gagner une gloire sans borne. Quand il était question de magie le vieux fou était apte à créer des formes extraordinaires et stylisés, mais quand il était question de présentation, il était plus proche d'un vieil épouvantail que d'un noble de haut rang. Ils allèrent discuter un peu dehors et profitèrent des étoiles dans le ciel d'une nuit légèrement venteuse. Bien évidement, à son âge et avec la route qu'il avait fait, le seigneur d'Ydril alla se coucher en mettant la main sur l'épaule de Nakor et en lui souhaitant bonne nuit. Le vieux fou posa sa main sur celle d'Altiom, la tapota et marmonna aussi un

"Bonne nuit mon cher petit!"

Puis Nakor se retourna pour regarder Altiom partir en direction de sa chambre. Il souffla longuement et ferma les yeux, il se mit en tailleur à même le sol et se mit à méditer. Le temps passa et les discussions reprirent. Nakor écoutait, puis participait et écoutait encore. Il sourit à Celindel qui tentait par tous les moyens de mettre le discours des deux drows à terre. Il jeta un monstrueux et terrifiant regard en direction de son petit fils d'adoption. Non mais celui là alors! Un noble! Et puis quoi encore, Nakor, reine mère du monde? Le magicien se passa la main devant les yeux et hocha de la tête de droite à gauche quand une nouvelle venue fit son entrée. Elle se voulait discrète et gracieuse, c'est Altiom avant sa grande bouche qui l'accueillit et l'invita à prendre place aux côtés du vieux fou. Nakor inclina légèrement la tête et allait mettre son verre à la bouche quand le bras d'Altiom l'en empêcha, il rentra alors la tête dans ses épaules et sauva de justesse le contenu du verre tout en marmonnant

"Non mais qu'est-ce que ... c'est pas possible ça!"

Il se tourna de nouveau vers Altiom et allait le détruire d'un battement de cil quand il le vit servir du vin à la jeune donzelle. Evidemment! Fieffé fringuant gourgandin qu'il était. Haaaaa la jeunesse! Il tendit alors sa propre coupe, espérant que son petit fils lui verserait un peu de breuvage, mais il ne l'avait pas vu et il cracha donc

"Non mais c'est qu'il me laisserait mourir de soif pour une jolie femme!"

Et se penchant vers Alice il dit tout bas cette fois, sans perturber les autres conversations, pas comme certains!

"Je me présente, Nakor, conseiller de l'ancien roi de Diantra, et maintenant mage itinérant, à côté de vous c'est Altiom D'Ydril, Archonte d'Ydril, voilà ici, celui qui prend la parole, Nahkti et en face c'est Celindel de Delebrimir, notre ôte, à ses côtés Cylas le pamphlétaire. Ici un prêtresse drow May'Inil et un de ses confrère sans doute. Et là bas, Haod'on. Nous discutons pour le moment d'une éventuelle paix possible ou non dans notre monde, de façon continu et j'en suis un défenseur!"

Nakot avait bien sur caché le fait que Nahkti était en fait Tébirahc Zaurael, un gardien du dieu de la guerre, tout puissant et très dangereux. Mais déjà le gardien de Mogar prit la parole et répondit à Nakor et plus il écoutait, plus il eut le sourire aux lèvres. Finalement l'un et l'autre avait finit par se respecter et s'accepter un peu. Une fois qu'il eut finit de prendre la parole, le vieux fou posa son verre de vin et prit de nouveau son tour de discussion

"Et bien dans un premier temps je vous donne entièrement raison : la nature fait et rend la guerre vitale et inévitable. Mais justement, nous ne sommes pas ou plus des animaux! J'ai donc la folle envie de penser que nous pouvons nous éloigner quelque peu des lois de la nature, de part notre esprit. Agir contre la nature, pour faire de notre monde quelque chose de mieux. Et en tout cas, sachez que c'est bien la première fois que je vous imagine, vous, avec ce que je sais sur vous, qui m'encouragez à la guerre contre la guerre ... voilà une idée tout à fait intéressante."

Le magicien était sincère aussi et sans moquerie, se pouvait-il que le gardien du dieu de la guerre puisse aussi déclarer la guerre à la guerre! Folle boucle de raisonnement que celle ci. Le magicien hocha délicatement la tête quand son interlocuteur donna un petit cours d'histoire. Il se permit juste d'ajouter tout à la fin

"Et bien une nouvelle leçon voit le jour : l'histoire diverge légèrement selon la race qui la raconte!"

Nakor avait vu quelques petites choses dans les ruines de Nisetis qui forçait à penser que c'était les drows qui avaient attaqués. Mais en effet, l'histoire est écrite, par la main des êtres humains, un critère de fiabilité plus que douteux en temps de guerre et de dévastation. Mais il acceptait très honnêtement l'histoire du drow et voyait les choses sous un nouvel angle, angle qui allait dans le sens d'une paix possible. Une fois que le drow eut terminé, et avant que la prêtresse prenne la parole, Nakor lança une question

"Mais dites moi alors ... si les drows ne répondent qu'à un premier sang versé ... la paix avec eux est possible, si plus aucun sang n'est alors versé de nulle part. Ou alors avez vous la mémoire si profonde que vous ne pardonnez jamais à un peuple qui a fait verser votre sang?"

Le magicien était curieux d'entendre la réponse à cette question.
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Haven Do'orst
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MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Mar 21 Aoû 2012 - 13:13

Haven lâcha un long rire cristallin, bien plus amusé par ce qu’il entendait qu’il ne l’aurait cru avant de venir. Oui ces gens étaient tous complètements fous, et il se sentait donc parfaitement dans son élément en leur compagnie. Leur nombre augmentait régulièrement, et les nouveaux venus ne semblaient pas plus stables mentalement que les premiers arrivés. Cet… archonte d’Ydril, quel curieux personnage… s’agissait-il vraiment d’un puissant seigneur au sein du royaume ? Intéressé, l’assassin se demanda si l’humain était réellement un niais ou s’il s’agissait au contraire d’un être particulièrement rusé utilisant volontairement le rire et le ridicule comme des armes à son avantage.

Je suis ravi de voir, Celindel, que votre ardeur guerrière vous fait rêver à ces terres du Sud que nous pourrions tous envahir dans un bel ensemble. Humains, elfes, drows et nains alliés pour se lancer dans une grande expédition de conquête, voilà un rêve qui me plait ! Il y a dans une telle affaire moyen d’extorquer maintes richesses à ceux qui croient en de telles chimères.

Une expédition au-delà des terres connues, oui il pouvait s’agir d’un de ces projets pharaoniques qui engloutissent des sommes prodigieuses sans que l’on sache exactement quelle partie servira réellement à l’expédition. Haven allait continuer sur le sujet mais lorsque Nakor en vint au devoir de mémoire et à l’ancienneté des rancœurs qu’il se tourna vers l’archimage.

Quand à vous Nakor, je suis surpris qu’un vieillard ignore à quel point la haine recuite et remâchée sans cesse s’avère un met délectable. Avec le temps une légère insulte devient un affront intolérable, et telle la boule de neige déclenchant une avalanche, nul ne peut l’arrêter. Prenez un véritable conflit au lieu d’une simple insulte, vous multiplierez par cent l’effet recherché.

Nul mieux qu’un hybride ne pouvait savourer la haine des autres. Méprisés et rejetés de partout, nu d’une race ni d’une autre, les enfants d’une union contre-nature savaient à quel point la haine constitue un baume à leurs souffrances. L’espace d’un instant, Haven se demanda s’il serait devenu un assassin dans d’autres circonstances, si sa naissance même ne l’avait pas poussé vers l’art du meurtre. Balayant ces pensées dérangeantes, il revint au sujet de la discussion.

Combien de millénaires se sont écoulés depuis l’époque où les lignées des Primas Sanguis régnaient sur l’Anaëh ? Combien de générations séparent les drows actuels de leurs ancêtres qui vivaient sous les frondaisons ? Et pourtant, croyez vous que le peuple de l’Elda ait jamais oublié ou pardonné la traitrise de leurs cousins ? Nos amis drows ici présents pourront mieux que moi vous dire si la destruction d’Ellyrion et le massacre de l’armée elfique ne leur a pas paru comme une juste vengeance, comme un châtiment que les elfes ont appelé sur leur tête par leurs actes.

Certes Haven savait que les elfes possédaient une lecture bien différente de l’histoire, mais cela l’amusait de remuer ces vieux couteaux dans des plaies jamais refermées. Créer du conflit dans cette assemblée prouverait que l’entente entre personnes d’histoires et de motivations différentes relevait du rêve. Ne se sentant pas attiré par une quelconque fidélité envers les races de ses parents, il pouvait regarder d’un œil distrait et narquois les guerres qui ravageaient la frontière de l’Anaëh.

Mais je suppose que vous avez des idées pour promouvoir cette paix universelle que vous nous vendez, ou s’agit-il juste d’une discussion académique qui sombrera dans l’oubli dès que nous aurons passé les portes de cette villa ?

Descendre du rêve à la réalité, passer du concept à la réalisation, voilà bien l’étape qui bloquait le plus souvent les projets aussi nobles tel celui défendu par Nakor et Celindel. En parler et trouver des arguments valables lors d’une discussion philosophique ne relevait guère de l’exploit, mais mettre en œuvre ses idées amenerait leurs auteurs à changer de dimension.
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May'Inil Baenrahel
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MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Mer 22 Aoû 2012 - 13:29

May'Inil ne trouva pas grand chose à dire à l'intervention du vieux magicien. Elle n'avait rien contre les idéalistes, même si elle ne partageait pas son avis sur la possibilité d'échapper à la guerre. Elle la considérait aussi naturelle que la vie, découlant même de celle-ci, et si Isten ne prônait pas la violence à tout prix, elle n'avait rien contre celle-ci. May'Inil avait donc juger que si elle ne pouvait l'éviter, elle se devait d'en tirer ce qu'elle voulait et se retrouvait fréquemment du bon côté de l'affaire.
En revanche la riposte de Celindel la fit sourire tandis qu'elle l'écoutait. Elle s'installa un peu mieux dans son siège, croisa les jambes et posa son menton dans sa paume pour profiter de toutes ses paroles et ne pas en perdre une incohérence. Si les insultes ne lui retirèrent pas son sourire arrogant, une ombre passa sur son visage à la mention des dieux. Lorsqu'il eut finis et que quelques autres invités eurent pris la parole, elle laissa son congénère répondre aux remarques qui lui étaient portés avant d'intervenir.

-Je ne pensais pas autant agresser vos oreilles pour que vous compreniez si mal ce que je vous ai dis. J'ai dis, je me répète, que «  Les humains n'ont jamais été aussi unis que lorsque nous les combattions ». Si votre maîtrise de la langue n'est que la moitié de votre arrogance, vous remarquerez que je parlais au passé, et ce pour une raison simple, nous n'avons pas déclenché de guerre depuis plusieurs années déjà ,et quand je vois l'état des troupes par chez moi ou les rumeurs qui viennent du Puy, nous serions bien en mal de le faire dans l'immédiat. Et c'est justement privé de cette menace que les hommes s'entre-déchirent, actuellement, comme vous le faites si bien remarquer en enfonçant les portes ouvertes.
J'ajouterais que je ne comprends pas en quoi affirmer qu'une menace unis un peuple revient à dire que mon peuple renonce à imposer sa domination. De plus c'est vous qui nous proposez de renoncer à vous combattre pour allez cherchez d'hypothétiques autres peuples, avez-vous ainsi l'habitude de détourner les propos de vos interlocuteurs ou est-ce un traitement de faveur ?


Elle marqua une pause avant de reprendre, sur un ton beaucoup plus grave, ou palpitait une sourde colère maintenue enfermée.

-Je parlais d'arrogance, et elle doit décidément être bien grande pour que vous vous permettiez d'affirmer ce qu'auraient fait les Dieux, alors que de toute évidence vous n'êtes pas même un prêtre. Si vous pensez connaître les volontés des Dieux, vous êtes décidément d'une prétention rare, et je cesserai ce débat car il serait alors beaucoup plus intéressant de discuter avec le plus simplet de vos serviteurs qu'avec vous-même.

Il n'y avait ni provocation ni chamailleries dans ces paroles, juste la froide réalité de ce qu'elle pensait. Si le fait n'était pas toujours évident à percevoir, May'Inil était une croyante sincère, et voir quelqu'un se piquer de démêler les intérêts du divin sans même en posséder une once de connaissances lui hérissait le poil. Elle-même ne s'aventurait dans ces eaux-là qu'avec prudence et jamais elle n'aurait pus affirmer quelque chose comme venait de le faire cet idiot d'elfe.
Elle reprit sur un ton beaucoup plus amusé.

-Si vous cessez de me considérer comme une drow, je vais avoir du mal à vous considérez encore comme un elfe, malgré qu'en réalité vous me flattiez. D'une part je n'ai jamais dénigrer la guerre, ce n'est pas moi qui prône la paix, je n'ai fais que vous démontrez en quoi votre idéal est corrompus par vos propres méthodes. D'autre part vous démontrez votre ignorance crasse de mon peuple en affirmant que notre seule caractéristique est d'exceller dans l'art de la guerre. Je vous invite à vous rendre à Sol'Dorn, mais je doute que votre esprit borné et obtus puisse vraiment profiter de ce qu'il y découvrira. Enfin, si vous me jugez par rapport aux préjugés sur mon peuple, alors même que vous affirmiez la veille que cette réunion se situait bien au-dessus de tout cela, je me dois de faire de même et ce n'est pas la charmante compagnie en laquelle vous étiez hier qui sied aux majestueux et purs elfes.
Pour preuve que je ne vous tiens pas rigueur de vos paroles, je vous donnerai un petit conseil de rhétorique : évitez de prôner une paix entre les peuples pour ensuite menacer votre interlocuteur d'une guerre contre son peuple pour la seule raison que celui-ci vous donne tort, vous y gagnerez considérablement en crédibilité.


Elle préféra laisser la suite de la discussion entre les mains d'autres invités et se contenta de se servir un peu des mets amenés par l’exubérant humain qui semblait décidé à en faire goûter à tous. Si elle ne goûtait pas au plaisir de la charcuterie humaine, qui était pour elle une hérésie de traiter ainsi une honnête viande, elle ne se priva pas de goûter aux fromages et aux vins amenés, ainsi qu'à bien d'autres mets qui ornaient leurs assiettes toujours pleines grâce aux bonnes attentions des serveurs.
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Celindel de Delebrimir
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MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Mer 22 Aoû 2012 - 15:28

La porte de la salle à manger s'ouvrit, provoquant le silence dans la salle à manger, excepté Altiom qui beugla à qui voulait l'entendre que sa terrine de cerf était exquise. C'était une Humaine qui pénétra. Elle se présenta sous le nom d'Alice de Grisambre, architecte et écrivain de la Péninsule. Après les bienvenus de Nahkti et d'Altiom, complètement paradoxaux cela dit, Celindel prit à son tour l'initiative d'accueillir la jeune Humaine :

Bienvenue à cette réunion, mademoiselle de Grisambre. Venez nous rejoindre, jeune fille. Mon nom est Celindel de Delebrimir, hôte et organisateur de cette soirée haute en couleurs...

Puis Celindel prit la peine de répondre à Nahkti, l'écoutant parler, répondant à Nakor, puis il s'adressa à lui. Une énième pique entre les deux belligérants d'un conflit moral et idéologique.

- Là vous marquez un point je vous le conçois, Nahkti. En effet il est un point que vous soulevez et qui serait un grand obstacle. Pas insurmontable, mais il nous prendrait des siècles à entrevoir la cime de ce mur immense que vous venez d'ériger par votre parole. Cependant je suis content de voir que je vous fais rire.

Celindel se retint de rire à la pensée qui le prit. Il se mordit la langue pour ne pas sortir qu'il faisait souvent rire les enfants, mais cela pouvait être une parole de trop. L'intervention de Nakor était intéressante. Il donnait raison à Nahkti dans le début de son propos, avant d'émettre un fait simple et réel. Nous n'étions en effet plus obligé de nous comporter comme de simples bêtes, condamnées à se battre pour survivre. En écoutant Haod'On avec attention, Celindel hocha la tête avec un sourire à la petite parenthèse qui lui était destinée. Il se contenta de répondre qu'une paix s'obtenait toujours par une guerre. Il l'écouta, continuant de fourrer dans sa bouche des petites bouchées de légumes et de pain. Il réfléchissait intérieurement aux paroles d'Haod'On et...il aborda un sujet bien délicat. La fracture entre les Elfes d'Aduram et les Elfes d'Anaëh, cette division qui amena l'immigration de ces Elfes vers les Terres Stériles et la création des premiers Drows. Un sujet extrêmement délicat, que les Drows considéraient comme une trahison, mais que les Elfes considéraient comme légitime.

- Hum, Haod'On...Vous qualifiez ce schisme entre les Elfes de trahison...C'est un sujet bien délicat, car selon les points de vue, il est interprété de manières bien paradoxales. Selon notre point de vue, les Elfes de l'Aduram auraient été corrompus par les Humains, s'accoutumant à leur train de vie. C'était leur choix d'immigrer vers les Terres Stériles. Cela est du point de vue des Elfes. Quand au mien, il est inexistant. Je n'ai pas d'avis sur cette division qui a amené à la création des Sombres. Je ne peux pas dire quel monde aurait été meilleur si cela n'était pas arrivé. Qu'il aurait été meilleur ou pire, je ne m'avancerais pas. Cependant vous émettez un fait important : Non, ce n'est pas une simple discussion. J'ai en effet un projet derrière, mais je vous en parlerais quand nous serons au salon. Le dîner terminé, accordons nous une pause pour digérer, et nous reprendrons au salon ?

Celindel se leva, contournant la table en adressant un clin d'oeil à Nakor, avant de poser ses mains sur les épaules respectives d'Alice et d'Altiom.

- Pendant ce bref délai, voudriez vous venir afin que je m'entretienne avec vous ?

Ils sortirent sur le perron de la porte, et Celindel bourra sa pipe et l'alluma. Il parla d'abord à Alice.

- Alors vous êtes écrivain ? C'est intéressant, j'aurais grand plaisir à lire vos œuvres, que je n'ai pas encore l'honneur de connaître. Vous arriviez à un point de la soirée intéressant, mademoiselle. Les débats abordés ont été divers et variés, les esprits se sont échauffés à quelques reprises mais rien de bien menaçant...Le débat actuel était s'il était possible d'établir une paix mondiale. Nakor et moi-même défendons cette idée, face à Nahkti, Haod'On et May'Inil. Nakhti est un historien originaire du Puy. Haod'On est un philosophe libertin tandis que May'Inil est une prêtresse d'Isten. Quand au dernier...il n'a que peu parlé.

Dites moi Altiom...vous semblez joueur. Voudriez vous tenir un pari ? Vous connaissant depuis peu, je pense être en mesure de dire que vous accepterez. Vous avez l'air de quelqu'un d'osé, et votre...entrée en scène m'a convaincu. Je parie que je lance...ce caillou plus loin que vous. Quand au perdant, nous trouverons quelque chose d'assez voyant pour vous. Que diriez vous d'une promenade nocturne dans Thaar...complètement nu ?


Il avait glissé ses deux derniers mots assez bas pour que la jeune Alice ne l'entende pas. Il n'attendit pas sa réponse. Celindel ramassa un petit galet et se mit à rire alors qu'Altiom ne se doutait aucunement que le philosophe était un mage spécialisé dans l’élément de la pierre, dérivé de celui de la terre. Il puisa en lui sa magie, et en appela à faire léviter la roche. Il la lança vers les cieux avec sa magie tout en la tenant dans la main, prolongeant le lancé feint. La pierre s'envola à toute vitesse loin vers la cité, plus bas. La pierre dut facilement atteindre presque un demi kilomètre en étant dans les cieux sous la vitesse et la magie. De plus, sa petite taille aidait à cette fourberie à laquelle Celindel se prêtait en riant d'avance, s'imaginant l'archonte déjanté déambuler nu dans les rues de la ville.

Il se retourna vers Altiom en faisant mine de se frotter les mains avec un sourire amusé, avant de rentrer dans la demeure en passant ses mains sur les épaules d'Alice, l'amenant dans le salon. Les invités se réunirent, et Celindel prit une nouvelle fois la parole devant les mages et penseurs :

- En effet Haod'On, cette discussion n'est, que pour Nakor et moi même, le début d'un projet que nous comptons bien mener à bien : l'élaboration d'une guilde des mages à grande échelle sur Miradelphia. Tout est flou encore, mais je pensais à une sorte de système d'implantation d'antennes un peu partout en Péninsule pour débuter. Vous, cher Altiom, que pensez vous de cela ? Seriez vous prêt à accueillir une telle guilde ?
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Alice de Grisambre
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MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Mer 22 Aoû 2012 - 22:33

« Grigri… » laissa-t-elle échapper, pensive.

Alice fit s’agiter le liquide alcoolisé dans son verre à pied et le sentit avant d’en prendre une gorgée. Elle adressa un beau compliment à Altiom. Le vin était particulièrement bon…il devait avoir vieilli dans une bonne cave avant d’échoir dans la main de l’Archonte.

« Ma foi…c’est appréciable…rond en bouche, pas trop tanique, une légère note sucrée. Vous avez bon goût en matière de spiritueux, c’est tout à votre honneur messire Altiom. Avez-vous déjà mouillé vos lèvres sur le doux vin de Grisambre ? Il est assez liquoreux par rapport aux vins standards et il se marie fort bien avec les mets les plus raffinés…ou une bonne barbaque… »

Le Dolcerino était assez apprécié à Grisambre et même au sein de son cercle d’érudits soltaris. Alice fit mine de ne pas connaitre pour ne pas froisser son interlocuteur, d’autant que l’alcool était fort gouleyant.

La demoiselle reposa son verre sur la table et prit un nouveau grain de raisin dans une grappe posée dans une corbeille à fruits finement ciselée. Elle n’aimait pas la débauche de victuailles qui s’étalait sur la table des conversations. Plats trop chargés, nourriture abondante jusqu’à en avoir la nausée…même à Grisambre, le service restait frugal.

Le vieil homme placé entre Altiom et elle se présenta et lui fit une rapide description de l’assemblée. Alice l’écouta sans mot dire. Nakor…elle avait déjà entendu parler de lui dans les grimoires…mais le rencontrer en personne, c’était une chance inestimable ! Un véritable puits de savoir que certains disaient millénaires. Il devait certainement y avoir matière à discussion avec le vieil homme, d’autant que son affabilité le rendait immédiatement sympathique…et cette barbe blanche ! Quelle barbe, mais quelle barbe ! A en déclamer des poèmes ! Les yeux d’améthyste d’Alice se mirent à décortiquer chaque plis de cet ouvrage naturel, parfaitement soigné par la main de l’homme. C’en était merveilleux, toute une histoire tissée dans les poils argentés du vieil homme, comme autant de fils menant à la sagesse. Elle glissa quelques mots à l’archimage pour le remercier et retourna à son grain de raisin, jaugeant l’assemblée et leurs manières de parler.

Il n’y avait rien de plus frustrant pour la demoiselle de Grisambre que de prendre une conversation en cours et de ne pas pouvoir y prendre part, faute d’informations. Elle décida de ne pas interférer jusqu’à ce que la conversation se déplace sur un autre sujet.

N’ayant rien de mieux à faire que d’écouter telle une potiche en attendant le prochain débat, la jeune femme sortit discrètement de son havresac un crayon de bois et un calepin relié avant d’entreprendre d’immortaliser à sa manière les têtes de l’assemblée. Elle devait en être à dessiner l’Archonte d’Ydrill quand le dénommé Celindel sonna l’heure de la pause digestive et lui intima de le suivre.

Une fois sur le perron, une brève discussion débuta entre l’elfe et la jeune femme.

"Alors vous êtes écrivain ? C'est intéressant, j'aurais grand plaisir à lire vos œuvres, que je n'ai pas encore l'honneur de connaître. Vous arriviez à un point de la soirée intéressant, mademoiselle. Les débats abordés ont été divers et variés, les esprits se sont échauffés à quelques reprises mais rien de bien menaçant...Le débat actuel était s'il était possible d'établir une paix mondiale. Nakor et moi-même défendons cette idée, face à Nahkti, Haod'On et May'Inil. Nakhti est un historien originaire du Puy. Haod'On est un philosophe libertin tandis que May'Inil est une prêtresse d'Isten. Quand au dernier...il n'a que peu parlé."


« Oui, je le suis…j’exerce aussi le métier d’architecte. Vous n’aurez toutefois pas le loisir de pouvoir lire mes œuvres messire car il s’agit plus de nouvelles, de brèves pensées annotées sur parchemins et de recherches compulsives que d’une entité pensée et réfléchie sur un sujet global. Je m’efforce d’inventorier ce que je vois, d’immortaliser des moments, des ambiances, des lieux, des visages…pour pouvoir en faire naître d’autres par mes créations de pierre et de bois. »


Elle marqua une pause avant de reprendre.

« Une paix mondiale ? Je ne suis pas partisane de cette idée. Voyez-vous, la guerre elle-même est une rupture d’équilibre, un vecteur de changement, un drame si vous préférez. Le grand problème de l’humanité, ou plutôt des différentes peuplades foulant la terre de Miradelphia, c’est la lente dégénérescence qui les suit. On parle souvent d’évolution en temps de paix, mais en fait ce n’est que pendant les guerres que les peuples évoluent de manière significative. La guerre est un vecteur de changement, un révélateur de possibles et de nouvelles histoires. Se cantonner à la passivité et à la paix, c’est l’assurance d’une histoire qui n’évoluera que dans un seul sens et qui écartera d’emblée les diverses possibilités. Le sujet a été évoqué tantôt par messire Nakor, un peuple écrit l’histoire selon son point de vue. Prenons la possibilité de narrateurs multiples écrivant sur un seul et même morceau de parchemin. Une histoire contée par un seul narrateur ne va que dans une seule direction. Mais si chaque narrateur se bat pour le même bout de parchemin et obtient la gérance de celui-ci à des périodes données, vous obtenez un cadavre exquis tout à fait passionnant. Il en va de même pour les peuples de Miradelphia, à la différence qu’ici, nous sommes en présence de milliers de parchemins écrits par des milliers de narrateurs, chacun essayant d’imposer sa propre version et souhaitant écrire sur les parchemins des autres. Les guerres qui se succèdent ne sont là que pour relancer le mécanisme et redonnent vie à cette dramaturgie qui permet aux peuples d’écrire leurs propres histoires sans sombrer dans un automatisme d’écriture. Après tout, qui voudrait lire une histoire où il ne se passe rien ? Non, je crois au principe d’un drame continuel, avec des fins multiples, des rebondissements, des temps morts certes –ce que vous appelez la paix- mais ceux-ci ne sont que des entractes entre chaque acte. La paix est à mes yeux un bref silence dans le drame, un moment où acteurs, écrivains, metteurs en scènes et public peuvent rassembler leurs esprits et leurs forces avant de replonger au cœur de l’action. Guerres et paix sont donc nécessaires, mais l’une ne peut exister sans l’autre…sinon c’est la monotonie et l’ennui qui guette. Vous devez avoir un certain vécu, ne croyez-vous pas que votre immortalité serait bien terne sans conflits ? Je ne nie pas les bienfaits de la paix…mais celle-ci ne saurait durer…les peuples péricliteraient, dégénèreraient. Les guerres règlent la surpopulation, forcent l’évolution, font réagir les défenses naturelles des hommes. La paix n’engendrerait que des générations mollassonnes et décadentes, incapables de voir la beauté et la visée humaniste du drame créé par la guerre et les conflits. Vous pouvez douter de l’humanisme de ma position, mais pourtant, c’est dans un état d’esprit particulièrement soucieux du bien être de l’humanité que je crois aux conflits. Bien entendu, n’ayant jamais vécu de guerre durant ma courte vie, ce ne sont là que des positions théoriques. »

Alice s’arrêta de parler, elle était peut être allée trop loin. La jeune femme se retira quelques instants après que Celindel eut défié Altiom au lancer de cailloux, si bien qu’elle ne put voir la performance du magicien. Elle retourna s’asseoir à l’intérieur avec les convives qui prenaient leur pause. Elle ignora totalement les caresses à peine voilées de l’elfe. Il ne l’intéressait que pour ce qu’il avait à dire…Après tout, nous étions à une réunion de libres penseurs, et non dans un bordel de Thaar.

Celindel reprit la parole et cette fois-ci, ce fut à Alice de commencer les débats.

- En effet Haod'On, cette discussion n'est, que pour Nakor et moi même, le début d'un projet que nous comptons bien mener à bien : l'élaboration d'une guilde des mages à grande échelle sur Miradelphia. Tout est flou encore, mais je pensais à une sorte de système d'implantation d'antennes un peu partout en Péninsule pour débuter. Vous, cher Altiom, que pensez vous de cela ? Seriez vous prêt à accueillir une telle guilde ?


« Implanter une guilde des mages à grande échelle sur Miradelphia ? Voilà un projet pour le moins amusant, l’idée est belle, mais j’attends de voir vos principes d’organisations. Je ne suis pas seulement là pour faire naître des idées mais pour les réaliser. Les idées sont comme des édiices…des fondations en papier et tout s’effondre au premier coup de vent. Mais...n'allez pas croire que cela retire mes dires de tantot sur les bienfaits de la guerre...vous ne pourrez l'éviter, même au sein d'une guilde. Ne voyez pas la création d'une guilde comme la conséquence de la paix mais plutot comme une conséquence de la guerre et je pense que vous tiendrez un bon début pour une belle histoire.»


Une guilde des mages à grande échelle…l’idée avait le mérite d’exister, mais pourrait-elle mûrir ? Cela restait encore à débattre, mais Alice n’était pas magicienne…Elle attrapa à nouveau son carnet et recommença à griffonner quelques notes dessus.
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Altiom d'Ydril
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MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Jeu 23 Aoû 2012 - 7:44

OUI! ENFIN! Enfin l'on reconnaissait le potentiel des cépages Ydrilotes! Enfin une personne censée, une personne de goût, s'intéressait à ce que la terre du sud pouvait offrir! Les conques, les fromages, tout cela était bien beau, mais quoi de plus fin qu'un vin? C'était un grand pas pour Ydril, et en son for intérieur l'archonte exultait, exécutant l'une des plus exubérantes danses de la victoire de toute sa carrière dans le secret de son esprit. Et vint l'inespérée félicitation! Ce fut presque trop d'honneur après tant d'efforts acharnés, après une lutte aussi brutale et impitoyable que celle-ci!
- Ma foi…c’est appréciable…rond en bouche, pas trop tanique, une légère note sucrée. Vous avez bon goût en matière de spiritueux, c’est tout à votre honneur messire Altiom. Avez-vous déjà mouillé vos lèvres sur le doux vin de Grisambre ? Il est assez liquoreux par rapport aux vins standards et il se marie fort bien avec les mets les plus raffinés…ou une bonne barbaque… Un sourire taquin vint à poindre sur les lèvres de l'intéressé à mesure qu'Alice exprimait ses compliments. Pour autant ledit sourire n'avait rien à voir avec lesdits compliments, non, l’archonte était juste amusé par l'étrange tournure de la phrase. Avez-vous déjà mouillé vos lèvres sur le doux vin de Grisambre? Liquoreux... se marie bien avec... une bonne barbaque... Par les Cinq il y avait-là plus de sous-entendus que dans le discours d'un marin Thaarien aviné, revenu sur terre ferme après neuf longs et chastes mois de voyage! Alice semblait pourtant être une demoiselle de lettres plus que de chair, la chose devait être involontaire (et de fait d'autant plus cocasse).
- Ma foi Grigri, je dois bien vous confesser n'avoir jamais eu cet honneur. S'il vous prenait un jour l'envie d'y remédier, je serais honoré de me prêter au jeu! fit-il alors, répondant au double sens si double sens il y avait.
Quoiqu'il en soit, ne pas avoir pris partie dans la houleuse causerie avait sans doute été la plus riche idée d'Altiom en ce jour! Ça et d'être retourné s'habiller une fois assez réveillé pour se rendre compte qu'il baguenaudait en braies dans les couloirs. L'impudicité notoire du bougre ayant été à l'origine d'une belle brochette d'incidents diplomatiques dans la Péninsule, il jouerait pour une fois la carte de la prudence. Mais trêve de détails. Le débat actuel semblait parfois se muer en un concours de piques, c'était à qui aurait la plus grosse, aurait commenté un esprit trop franc pour faire preuve de tact. En d'autres termes, Altiom, oui. Mais peu désireux de s'attirer en une réplique toutes les foudres de la tablée -quoique ç'aurait été de la plus pur tradition du bestiau-, il jugea bon de garder le silence encore un peu. Le temps de changer de sujet ou d'avoir au moins un aperçu de tous les points de vue.
Piochant dans une assiette de sauciflard au poivre vert, qu'il arrosa d'une lampée de vin rouge, le suderon tendit plus encore l'oreille lorsque l'antique guerre entre Drows et Nisétiens fut mise sur le tapis. S'il était bien un peuple qui l'avait de tous temps intrigué, depuis même sa plus tendre enfance, c'était celui-ci. Lentement on en vint à traiter de l'origine du peuple sombre, du grand schisme sylvain. L'Histoire semblait aujourd'hui se répéter entre elfes de pierre et elfes des bois. Foutredieu, il y avait matière à s'inquiéter autour de cette table! Et peut-être y avait-il plus que cela? Celindel, jouant les mystérieux, venait de piquer au vif la curiosité débordante du drille. Un projet... L'énigmatique érudit vint alors derrière les derniers arrivés en date.

- Pendant ce bref délai, voudriez vous venir afin que je m'entretienne avec vous ?
- Oooh, regardez-le qui nous veut déjà pour lui tout seul! Grigri je crois que nous avons une touche, lança l'Ydrilote, rieur. Le trio s'éclipsa alors au-dehors de la bâtisse, où Celindel s'affaira à résumer la situation pour faciliter l'intégration d'Alice aux débats. Le luron s'adossa au mur, une jambe pliée, écoutant d'abord distraitement la discussion, en laissant glisser son regard sur une Thaar noyée dans le feu de l'astre couchant. Cette ville faisait preuve d'un tel charme exotique... si envoûtant... Puis les esgourdes suderonnes tiquèrent aux mots de la demoiselle. La nécessité du changement par la guerre.
- (...) Vous pouvez douter de l’humanisme de ma position, mais pourtant, c’est dans un état d’esprit particulièrement soucieux du bien être de l’humanité que je crois aux conflits. Bien entendu, n’ayant jamais vécu de guerre durant ma courte vie, ce ne sont là que des positions théoriques.
- Alors priez pour qu'elles le restent. Plus de sourire, plus d'éclat de voix enjoué, le ton était sombre, triste, las. Beaucoup souhaitent la guerre sans la connaître, sans jamais avoir passé leur baptême du sang. Croyez-moi Alice, aucun livre ne pourra jamais vous en décrire toute l'horreur. La guerre n'est que souffrance, pleurs, cris, sang, haine, rage, viols, bestialité, avidité, pillage, destruction, mort. Il n'y a pas de création dans la guerre, il n'y a pas de renouveau, il n'y a que la ruine. Puis nous nous relevons, et bâtissons sur le sang de nos frères. De nos sœurs. De nos mères. De nos pères. De nos fils et de nos filles. Nous bâtissons un monde nouveau. Et nous nous disons "plus jamais ça". Alors nous oublions, et le cycle recommence. Le lourd silence qui s'abattit sur nos protagonistes fut finalement brisé par le philosophe et son jeu du caillou, le pauvre faisant son possible pour raviver l'ambiance.
- Dites moi Altiom...vous semblez joueur. Voudriez vous tenir un pari ? Vous connaissant depuis peu, je pense être en mesure de dire que vous accepterez. Vous avez l'air de quelqu'un d'osé, et votre...entrée en scène m'a convaincu. Je parie que je lance...ce caillou plus loin que vous. Quand au perdant, nous trouverons quelque chose d'assez voyant pour vous. Que diriez vous d'une promenade nocturne dans Thaar...complètement nu ? A ces mots, l'Ydrilote ne put réprimer un rire franc et clair, perdant momentanément son masque de noirceur.
- Et comment que j'accepte! Par les Cinq Celindel, c’est exactement le genre de défis idiots qui me manquent tant depuis mon intronisation! Ainsi fut dit, ainsi fut fait! Chacun ramassa sa caillasse et s'apprêta à lancer. De son côté l'archonte devait trancher un déchirant dilemme. Userait-il de magie pour s'assurer l'avantage ou jouerait-il à la loyale? Bah, après tout la défaite serait presque aussi distrayante que la victoire! Chacun prépara son coup eeet... envoya valser son caillou aussi loin que possible! Très... trèèès loin. Voire... plus loin que possible. Un Celindel jubilant le dépassa alors pour rejoindre ses invités. Soit, Altiom aurait dû utiliser la magie.
- Bon. Va m'falloir quelques verres, déclara-t-il pour lui même. Arrivant dans le salon à la suite de l'érudit, le drille se mit à l'aise dans l'un des poufs disposé dans la pièce, plus couché que réellement assis. Alors l'elfe révéla enfin ses desseins.
- En effet Haod'On, cette discussion n'est, que pour Nakor et moi même, le début d'un projet que nous comptons bien mener à bien : l'élaboration d'une guilde des mages à grande échelle sur Miradelphia. Tout est flou encore, mais je pensais à une sorte de système d'implantation d'antennes un peu partout en Péninsule pour débuter. Vous, cher Altiom, que pensez vous de cela ? Seriez vous prêt à accueillir une telle guilde ? D'abord surpris d'être ainsi apostrophé -lui qui comptait piquer un petit somme sur son moelleux coussin-, l'intéressé balança la tête en arrière et réfléchit un temps dans cette position singulière, avant de relever le nez.
- Ma foi... la magie est l'une des principales forces de ce monde et si vous pensez pouvoir en faire un instrument de paix... Tout cela manque de détails et l'idée en soi est de toutes façons complètement folle. Oui, évidemment, j'en suis! Alice s'enquit alors de commenter l'idée. Et pour une première critique, on commença en douceur.
- (...) Ne voyez pas la création d'une guilde comme la conséquence de la paix mais plutot comme une conséquence de la guerre et je pense que vous tiendrez un bon début pour une belle histoire.
- Et pourquoi ne pas plutôt la voir comme un espoir? Un espoir fou, une idée utopique, vouée à l'échec. Pourquoi ne pas partir sans la moindre attente, sans la moindre illusion, et regarder où cela nous conduit, sans rien présager de l'avenir. Chaque réussite, aussi insignifiante soit-elle, serait un progrès, et une découverte en soi. Nous serions tous élèves de la paix, et apprendrions plus d'elle ainsi qu'en débattant de toutes ces théories sans jamais pouvoir trouver d'accord. Toujours vautré au fond de son pouf, l'archonte se contorsionna pour lancer des regards interrogateurs à chaque invité. Il avait parlé sur un ton mêlant espoir et questionnement, incertain de la justesse de son hypothèse, mais sans réelle expectation toutefois.
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Tebirahc Zaurahel
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MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Ven 24 Aoû 2012 - 19:29

Nakor était un rêveur, et il semblait, dans ses mots, se méprendre de la nature des êtres. Il serait déçu, toujours et aussi longtemps que Tari ne le reprendra pas. Il ne cessera de croire en une illusion.

« Dites-moi, pouvez-vous prétendre qu'aucun des individus de la race humaine ne se comporte pas en animal, voir en bien pire que cela ? Je ne crois pas. »

Et Nakor non plus, sans aucun doute. Les esprits qui se détachent totalement de leurs instincts sont une chose trop rare pour prétendre à la moindre généralité, mais le mage voulait certainement s'accrocher à ses idées, même si au fond de lui, il était convaincu de l'erreur.

« Et c'est parce que vous n'avez pas écouté correctement. J'ai bien dis que, pour l'heure, et il insista sur cela, tous les conflits dans lesquels étaient engagés les drows étaient une réponse à un premier sang versé. »

Ce qui mettait définitivement à mal ses idées qu'un jour, les drows cessent... Il ne pouvait concevoir l'idée qu'un peuple puisse s'épanouir en ayant évolué et cultivé le combat, ou bien alors, il considérait cela comme animal, certainement primitif, et il ne pouvait pas plus se tromper.

Il décida également de répondre à l'hybride, relevant quelques coquilles dans ses mots, et commença par s'amuser.

« Cinq, tout du moins dans mon cas, Haod'on. Et les lignées Prima Sanguis n'ont jamais régné sur l'Anaëh, ils étaient protecteurs d'un territoire qui aujourd'hui fait parti d'Aduram. Et il est malheureux de répondre qu'il est probable qu'une majeure partie de la population ait oublié, ce sont des choses qui ont été transmise par certaines lignées, pour toutes les autres, c'est une haine qui peut être instinctive comme enseignée au même titre que n'importe quel fondamental. Quant à Ellyrion, nul doute que ça n'est qu'une étape supplémentaire d'un conflit voué à s'étaler sur des siècles et des siècles. »

Ce qui était bien vrai, un pas de plus, une porte enfoncée et détruite pour faciliter les raids à venir.

Enfin, il en vint à Celindel et au projet qui finalement se cachait derrière tout ça... Et c'est avec tout le sérieux dont il était capable qu'il décida de raconter à nouveau sa petite histoire, d'une autre façon mais avec la même fin, ou presque.

« Voila encore une idée qui confirme une chose... Votre projet, tel que vous le désirez, tel que vous le concevez dans votre esprit, ne prendra jamais forme complètement. Une guilde de mages, pour contrôler et mettre en place votre paix... Si il est déjà évident que cela ne fonctionnera pas dans le Puy, je doute même que cela fonctionne auprès des Elfes, et même auprès des hommes... Peut-être parviendrez-vous à rallier certains des nobles les plus faibles, les plus froussards, mais à mesure que vous gagnerez en importance, vous susciterez méfiance d'une part, et un jour, une coalition se dressera contre cette menace qui tôt ou tard, dans son délire, contestera l'ordre établi, voulant rompre les traditions et faire tomber des têtes qui les gêneront, considérant ces dernières comme obstacle à leur dessein suprême.
Alors peut-être utiliserez-vous d'abord le dialogue, vous tenterez de cette façon de vous imposez, vous essayerez de les convaincre du bien fondé de vos actes, mais ils refuseront, car ils ne souhaiteront céder leur pouvoir et leur richesse et une part de vous espérera que cela dégénère. Alors, il y aura la guerre, et vous vous défendrez, et si d'aventure vous gagnez, je suis certain que vous imposerez aux perdants vos antennes et votre suprématie comme autant de récompense à votre victoire.
Peut-être aurez-vous la paix encore que j'en doute car l'on ne sait ce qui peut arriver, d'une génération à l'autre, mais vous n'aurez l'image que d'un tyran qui usa de la paix comme prétexte à toutes les folies, toutes les invasions, à moins que vous ne contraignez à l'éducation des jeunes dans la dévotion envers votre si noble cause, votre si vertueuse guilde. »
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Nakor
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MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Sam 25 Aoû 2012 - 12:35

Nakor écoutait, et cela fusait dans tous les sens bon sang. Il devenait presque difficile de tout garder en mémoire pour répondre à chaque détracteur. Mais ce fut Haod'on qui retint en premier lieu son attention. Il ouvrit de grands yeux outrés et marmonna de façon assez haute pour que tout le monde entende

"La haine recuite et remâchée, un met délectable!"

Nakor avait presque craché ces propos, il s'avança sur son siège et adressa quelques propos à son interlocuteur

"Rassurez-moi, vous plaisantez Haod'On? Il n'y a chez moi aucun plaisir dans la haine. Je ne me sens jamais bien quand une situation me pousse à une telle extrémité que mon sang se met à bouillir et que je ne peux faire autrement que de monter au créneau voir de prendre les armes. Je n'ai jamais été heureux de tuer qui ou quoi que ce soit et je ne le serai jamais. Même la vengeance, n'apporte à la fin que malaise et dégoût de soit, quand le sang vient à couler! Je suis peut-être le seul mais en tout cas soyez certain que jamais la haine ne me semble mener à quoi que ce soit d'appréciable à moins d'être un pervers sadique!"

Et tient, prend toi ça dans les dents hybrides haineux et meurtrier! Non mais! Enfin bref, passons à la suite. Ce fut la vilaine petite prêtresse drow qui passa à l'attaque et qui rendit les choses encore plus claires qu'elles ne l'étaient déjà : elle et Celindel n'était pas amis et ne le seraient jamais! Bien, Nakor nota mentalement dans son esprit certaines petites choses mais décida de ne pas se mêler de cette partie là de la discussion. D'ailleurs toute discussion fut coupée puisque Celindel invita à une pause digestive en glissant un clin d'oeil au vieux fou. Le magicien lui sourit et il attendit un peu avant de lui même suivre de loin la petite troupe de trois qui partait de la salle. Pourquoi voulait-il parler avec Altiom. En grand père tenace, le sorcier s'approcha un peu, sans se faire entendre et écouta de loin, tranquillement. Quand il entendit des choses qui lui firent dresser les cheveux sur la tête, sortant de la bouche de la jeune fille qui avait eut l'air fort courtoise à ses côtés et attentive quand au soin que le vieux fou apportait à sa barbe. Il laissa Altiom donner une petite réponse avant qu'il ne s'éloigne pour aller répondre au pari stupide de Celindel. Il apparut aux côtés de la jeune femme qui semblait pensive en s'approchant très discrètement et il glissa alors soudainement, comme s'il était apparut par magie

"Ma douce enfant, sachez que lorsqu'on est mort, la portée humaniste de la guerre est vraiment difficile à voir!"

Il était soudain devenu très sérieux et planta sur Alice un regard profond et antique, issu de ses siècles de vie et de la petite expérience qui allait avec

"Vous parlez d'évolution et de relance d'un certain mouvement vital ... mais que feriez donc pour faire avancer le monde si vous étiez morte, tuée par une épée qui vous aurez déchiré les entrailles avec violence, après que son propriétaire vous ait violé mainte fois, lui et sa petite troupe de soldat. J'ai fais la guerre, à de trop nombreuses reprises Ma Dame de Grisambre et croyez moi quand je vous le dis : rien de bon ne ressort d'une telle chose, pour personne!"

Nakor se plongea alors dans d'affreux souvenir de mort, de guerre, de combat, de soldat violent et devenu fou, animé par une rage toute animale, des cités saccagés, des viols à n'en plus finir et le silence finale de la vie, dévasté et éteinte. Celindel finit par retourner dans sa maison et tout le monde entra de nouveau. Les discussions reprirent et l'ébauche d'un plan, d'une solution, ou moins encore, d'une recherche de solution fut abordé. Ils en avaient un peu discuté hier, en lisant entre les lignes, Celindel et Nakor et voilà que les idées devaient se concrétiser maintenant! Tébirahc revint sur les propos du vieux magicien et Nakor se décida à apporter quelques éclaircissements sur sa pensée

"Je ne dis pas que nous ne nous comportons jamais comme des animaux, je dis juste qu'en ayant développé notre esprit, jusqu'à acquérir un langage écrit et parlé, une capacité à se souvenir et à tenter d'apprendre du passé, les elfes, les drows, les nains et les humains ont coupé avec le monde animal, peut-être pas complètement, mais au moins assez pour espérer un peu plus que des besoins viscéraux et un comportement irréfléchie. Je ne dis pas que cela est facile, ni même que tout le monde pourra s'y mettre, mais j'ai espoir que l'on puisse développer chez suffisamment de personne cette idée : le monde aurait bien plus à y gagner à ne plus être en conflit permanent que de ne cesser de guerroyer!"

Puis avec un sourire il termina là dessus

"Quand au drow et à leur envie de guerre ... il faudrait savoir à la fin!"

Nakor glissait par là que Tebirahc serait donc le genre de personne à masquer que des changements peuvent subvenir dans son discours quand bon lui semble pour appuyer son propos. Ainsi dans une même phrase il défendait l'idée que les drows n'étaient pas si barbare que ça parce qu'ils n'avaient jamais versé le sang en premier mais que cela allait peut-être changer! Non mais ce fourbe! Nakor vint au secours de Celindel sur la fin du dialogue avec le gardien de Mogar

"Je vous reconnais bien là, à ne penser qu'à la possibilité de la guerre et à la recherche du pouvoir. On ne peut pas vous en vouloir non plus, mais pourquoi une telle chose ne pourrait amener que haine et envie. Je pense que réunir sous une même bannière les mages de notre monde serait un début. Pourquoi les mages, et bien parce que j'en suis un et Celindel aussi, de fait, nous sommes peut-être plus à même de réunir des magiciens que n'importe quelle autre genre de personne. En effet cela représenterait une force non négligeable si le projet finit par prendre de l'ampleur. Mais correctement dirigé et avec une ligne de conduite fixe et stricte, nous pouvons éviter les chausse-trapes dans lesquels vous voudriez nous voir tomber. Je pense en effet que nous devrons être vigilant et ne pas trop se hâter. Créer une guilde, puis implanter une ou deux antennes sur quelques terres, essayer de regrouper des personnes allant dans notre sens. Puis aider, de façon générale, à planter la terre, construire, bâtir et aider dans un conflit si les gens qui nous accueillent et seulement eux sont attaqués sans aucune raison. Nous imposerons alors la paix, non pas en déclarant la guerre, jamais, mais plutôt en faisant en sorte que cela cesse, si jamais quelqu'un d'autre nous la déclare. Tout cela est encore très général et il y a trop de cas particuliers pour que je les traite tous ici, je vous vois déjà arriver Nahkti avec tous vos cas compliqué et j'aurai une réponse à chaque fois à vous donner. Et je peux déjà répondre à ce que vous évoquiez, moi vivant, si nous sommes attaqué et que nous répondons donc pour nous défendre et défendre les opprimés, jamais nous n'imposerons quoi que ce soit au vaincu si ce n'est qu'il retourne d'où il vient. Jamais je ne m'imposerai, comme un tyran, sur les terres d'un autre tyran. Et dans ce cas nous ne serons jamais implanté nulle part allez vous me dire! Et bien j'invoquerai comme vous l'histoire : un tyran finit toujours par tomber!"

Nakor s'arrêta là, il savait qu'il ouvrait une discussion immense, sur tous les cas possible : et si on attaquait des terres innocente, et si le tyran une fois remplacé était une honnête personne, on s'installe sur sa terre parce qu'il le veut bien mais ensuite il est remplacé par un tyran. Des centaines voir des milliers de cas était possible et s'il le fallait Celindel et Nakor répondrait. Une chose était certaine, à force d'en parler, Nakor et Celindel précisaient leur projet et qui ne tente rien ne réussit jamais rien! Cela pourrait mener à un échec et bien tant pis, Nakor continuerait à essayer, comme toujours et jusqu'à la fin de ses jours!
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Celindel de Delebrimir
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MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Sam 1 Sep 2012 - 6:37

La jeune Alice n'avait même pas eu le temps de termine sa tirade à mon égard. Altiom l'avait coupé. Plus de sourires, plus de rires. Le visage habituellement contaminé d'une joie de vivre inégalée avait, l'espace d'un instant, été remplacé par le masque noir et sombre de quelqu'un qui avait tant perdu durant une guerre. Lorsque les convives furent assis, ce fut le début d'échanges plus qu'intéressants. Nakor et Nakthi proliféraient sur les Humains, tandis qu'Altiom et Alice polémiquaient sur l'idée que Celindel avait émis. Quand à Haod'On...il se mêlait aux débats quand il le désirait, ce qui était pour le moins amusant.

- Avisez et repensez vos positions théoriques Mademoiselle de Grisambre. Clamer que la guerre est bonne alors qu'on ne l'a à peine connue est une preuve d'ignorance et d'une grande hypocrisie. Croyez vous qu'il est bon d'annoncer à des milliers de familles que leurs pères, leurs frères, leurs fils, leurs époux, ne reviendront jamais, car ils ont été la victime parmi tant d'autres de l'ambition d'un seul homme ? Mais avant que ne me répondiez précipitamment "oui", je vous mets en défi d'affronter le regard de ces personnes lorsqu'elles sauront que vous êtes une de celles qui prônent, quelles qu'elles soient, les raisons de la mort de leur bien-aimé. Qu'en dites vous ? Ou nous pouvons aller voir les femmes violées et ravagées par dizaines pendant une guerre ? Vous avez raison, ce n'est pas si grave après tout. Le viol n'est qu'un supplice affreux pour une femme, car non seulement il lui inflige des douleurs physiques, mais cela détruit son moral, son identité. C'est une bonne chose ? Je vous en prie, partez en guerre, perdez votre famille et faites vous violer. Nous verrons bien si vous pensez toujours que la guerre est si bonne pour notre monde. Vous dites que vous êtes ici pour réaliser les idées ? Celindel marqua une pause, essayant de ne pas rire à l'ignorance dont faisait preuve la jeune Humaine, vous ne comprenez pas que le Conseil ici présent est élaboré pour discuter de ces idées ? Si nous devions les réaliser à présent, vous pensez que je serais encore ici, en face de vous ?

Soyons sérieux ne serait-ce qu'un instant, Mademoiselle...La Guilde serait tout autant une conséquence de la guerre -pour des raisons plus qu'évidentes- mais également une conséquence de la paix. Voyez si vous le désirez, la Guilde comme une garantie de paix, afin de la maintenir en quelque sorte...Elle est, comme le Seigneur d'Ydril vient de le dire un espoir, mais pour qui ? Pour ces millions de gens ayant perdu des êtres chers, comme ces milliers de femmes violées à travers le monde. Vous ne figurez ni dans cette catégorie là, ni dans l'autre. Croyez vous être en mesure de pouvoir m'apprendre les principes de mon projet ? Grandissez Damoiselle. Nous ne sommes pas dans un château, où l'on parle de la guerre de loin. Croyez vous que les adeptes de notre idéologie se complairaient dans un bureau ? Je ne crois pas. Il faut combattre pour établir la paix, et nous combattrons pour l'instaurer et la maintenir. Et ce n'est pas vous qui m'en empêcherez.

Altiom, mon cher...Je ne pouvais que m'attendre à votre approbation. Cela me réjouit grandement, peut-être pourrons nous en discuter plus tard dans la soirée, en compagnie de Nakor ?


Delebrimir écouta alors Nahkti parler. l'historien s'adressa d'abord à Nakor, avec lequel il s'entretint de l'espèce Humaine, avant de parler des Prima Sanguis avec Haod'On. Il émit un point fort délicat de l'entreprise des deux mages : sombreraient-ils dans la folie en élaborant ce projet ? Tout ce que le Drow disait émanait de vérité.

- Voilà un point intéressant que vous soulevez, mon cher. Quels sentiments susciteront nous aux nobles en Péninsule ? Sera-t-il de la peur ? De la méfiance ? De la conciliation ? Un véritable bourbier d'avis émaneront de tous à nos égards, certains positifs et d'autre négatifs, mais vous voulez savoir une chose, Nahkti ? Je n'en ai rien à faire. L'avis des nobles Humains est à mes yeux moins intéressant que le nectar dans votre verre. Seuls ceux des plus sages m'intéresse, comme celui d'Altiom. Avant que vous ne partiez sur vos grands chevaux et ne déformiez mes propos pour vous bercer vous même d'avoir raison...Je dirais que ce n'est aucunement pour cette raison que je plierais les nobles à nous accepter chez eux. Notre implantation se fera uniquement avec le seigneur responsable à la plus petite échelle. Par exemple, pour Ydril je m'en réfère à Altiom, et non à la comtesse de Soltariel. Si je devais m'installer près d'Alonna, je m'en réfèrerais à son baron, et non à la marquise de Serramire. Ces nobles sont, je crois, tous de grands garçons capable de prendre des décisions sans qu'on leur tienne la main, n'est ce pas ? Si tant est que des nobles veulent nous détruire...libre à eux d'essayer...et d'échouer. De là, s'ils nous attaquent sans raisons, ils iront à l'encontre de notre idéologie, ce qui les classera dans nos ennemis. Et quand ils auront perdus, alors oui, non en tant que conquérant, mais en tant que vecteur de paix, nous nous installerons au plus près de cet ennemi afin d'en faire un allié.

Delebrimir avait parlé d'un ton cordial et galant, ralentissant par instants, cherchant ses mots...mais rien de ce qu'il avait dit ne paraissait dit avec hargne ou colère. Aucun de ceux présents ne pourraient jamais l'énerver, au plus, comme la jeune Demoiselle, ils arriveraient à provoquer son hilarité. Le projet était, mine de rien, mieux accepté et discuté que à ce que Celindel s'attendait. Il n'imaginait pas un fol engouement, mais plutôt à une jérémiade et une effusion de tout ce qui réunissait critiques et sarcasmes, comme des enfants mal nourris. Au final, c'était plutôt cordial, l'idée éveillait maints esprits affûtés, soulevait nombre de questions...Pendant que les Penseurs parlaient, l'Elfe se mit à penser à un endroit de base comme implantation. Le lieu le plus simple s'imposait de lui même, mais cela priverait l'accès aux Drows. C'était donc très simple...le Quartier Général se trouverait non loin d'ici, proche de Thaar.
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Alice de Grisambre
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MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Lun 3 Sep 2012 - 21:28

Alice écouta avec intérêt les points de vue des trois notables, non sans perdre une partie de ses moyens. Leurs avis de vénérables vieux birbes étaient totalement justifiés, néanmoins, Alice aimait se faire l’avocat du diable et ne se laissa pas marcher sur les pieds plus longtemps. Il était vrai qu’elle n’avait jamais participé à une guerre, mais elle connaissait le goût de la mort et de la perte. Ca, personne ne pouvait lui enlever…mais ses états-d’âme avaient-ils lieu d’être dans ce genre de conversation ?

Le sujet était biaisé depuis le départ…l’idée de la guerre servait un concept encore plus haut que la simple mort ou vie de masses anonymes. Il y avait un principe plus puissant, celui du conflit. Le conflit comme source de renouveau, d’expression des besoins de l’être humain.

Elle laissa Celindel terminer son sermon et prit le temps de reformuler ses propos avec soins.

« Je comprends tout à fait vos positions et je les respecte, mais comprenez que pour moi, il ne s’agit pas que de la guerre qui est mise sur la table des discussions mais bel et bien du concept même du conflit. Il n’y pas plus d’hypocrisie à clamer que la guerre est bonne que de se réclamer de ceux qui la renie. Car c’est un fait, le conflit est là, toujours présent, et vos millénaires n’y ont rien changé et pourtant, humains comme elfes ont survécu à l’extinction. Pourquoi je prête foi dans l’idée du conflit ? Parce que celui-ci est inévitable, quand bien même vous tenterez de le réguler, mais surtout parce qu’il est utile ? N’avez-vous jamais ressenti l’envie, le désir d’obtenir quelque chose alors que tous les éléments vous en privent ?
Vous souhaitez une guilde…vous entrerez en conflit avec d’autres idées que les vôtres, messire Celindel. Si cette guerre ne fera sans doute pas de morts à cette table, il s’agit bel et bien d’idées dressées les unes contre les autres. Supposons un instant que je ne sois pas favorable à cette idée…vous allez dresser devant moi tous les arguments pour me convaincre du bien fondé de vos dires. Et si ce conflit n’existait pas entre nous, qu’il suffisait d’applaudir votre idée, de l’accepter et dans la minute, en applaudir une autre ? Voyez-vous l’incohérence que cela engendrerait ? Alors vous vous battez, pour ce qui vous semble être juste, quitte à laisser des morts dans votre sillage. Beaucoup sont prêts à mourir pour les idées des autres parce qu’ils n’en n’ont pas eux-mêmes.

Le conflit est une nécessité par le fait même. Il donne l’occasion d’exprimer nos pensées, de combattre pour nos idées. Des relations pacifiques seraient possibles si nos besoins n’évoluaient pas. Que se passera-t-il le jour ou le territoire des Wandres ne leur suffira plus ? Les laisserez-vous aller sur vos terres ? Et si un jour vous vous retrouviez dans leur cas ? Attendrez-vous gentiment votre extinction ? De votre conflit naîtront des guerres, ou des discussions…mais il y aura toujours conflit.

Les conflits, des guerres aux disputes, permettent le dépassement de soi, tissent de nouvelles relations, rassemblent, séparent, mettent en marche le mécanisme de la vie. Vous souhaitez la paix, messire Celindel, mais vous en oubliez que les éléments vont se liguer contre vous…que ferez-vous à ce moment-là ? Allez-vous imposer votre paix aux autres ?

L’aptitude même de l’être humain au conflit a cette vertu de servir le changement, pour des ambitions qui dépassent le simple individu et permettent la naissance d’une société meilleure. La guerre, le conflit…libèrent les oppressés des oppresseurs…et pourtant, vous ne les condamnez pas.

Le conflit peut nous sauver, mais en même temps nous rapprocher. Les humains n’ont jamais été autant uni que pendant la bataille d’Alonna, lorsqu’il fallait défendre leurs terres. Il faudrait même louer les Dieux pour la présence des Drows sur Miradelphia. Où trouver un exutoire plus beau pour la colère des peuples que sur un autre ?

Quant au viol des femmes, messires...Si je n’ai pas connu la guerre, j’ai connu le meurtre et la perte d’un être cher…mais n’imaginez même pas vous mettre à la place des femmes que vous êtes capables de rudoyer. Je suppose que vous n’avez jamais été violé messire Celindel. Prétendre vous mettre à la place des gens qui souffrent, c’est là votre véritable hypocrisie. Je n’ai jamais prétendu me mettre à la place de laissés pour compte.

Autre chose, vous me parlez des morts engendrés par la guerre, des viols, des massacres…mais comprenez que l’ingérence des rois en temps de paix, les privations et autres sont tout aussi meurtriers et usent à petit feu ceux que vous défendez avec vos grands mots. Alors le conflit est la seule solution…renverser l’ordre établit, contrôler les ressources, défendre des idées plus hautes que l’individu seul, rassembler des peuplades…Le conflit est le moteur de ce monde, vous ne pourrez rien y changer.

Vous l’avez dit vous-même Celindel… « Il faut combattre pour établir la paix, et nous combattrons pour l’instaurer et la maintenir » Osez maintenant dire que le conflit n’a pas de bienfaits. Osez maintenant soutenir devant moi que vous n’entrerez pas en conflit pour faire valoir vos idées…Mûrissez un peu Celindel, et descendez de vos grands chevaux. Le conflit implique parfois la diplomatie et je trouve que vous en manquez sérieusement. »


Alice marqua une pause avant de reprendre la discussion.

« Pour reprendre sur votre lancée, qu’en sera-t-il de l’Arcanum et des mages soltaris ? Vous vous trouvez face à des adversaires puissants, comment allez-vous gérer ce souci ? »

Elle continua en répondant à Altiom. Ses dires étaient particulièrement étonnant pour quelqu'un qui n'avait que braillé durant la soirée, mais il était fort sérieux en cet instant et c'était tout à son honneur. Alice appréciait de plus en plus cet homme, qui, sous ses airs de fêtard braillard se révélait être une personne à l'esprit particulièrement affûté.

"Je dois avouer que vos paroles sonnent justes seigneur Altiom et que cela attise ma curiosité et mon envie de voir ce projet se développer, au moins pour que l'idée puisse être matérialisée par la pose d'une première pierre. Je vous suis dans votre raisonnement, il faut tenter l'expérience et apprendre à chaque instant de celle-ci. Une sorte d'empirisme...cela peut mener à beaucoup de choses, toutefois, il y a beaucoup à perdre...mais je vous accorde que le jeu en vaut la chandelle, rien que pour l'histoire qu'elle peut tisser."


La jeune femme goûta un peu de vin porté par l'Archonte et continua à dessiner machinalement sur son bout de parchemin.
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Altiom d'Ydril
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MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Dim 9 Sep 2012 - 23:40

Les Grandes Gueules se rencontrent. S'il existait bien une façon de rebaptiser l'actuel déploiement d'arguments transpirant l'assurance mal placée, le luxuriant étalage de pseudo-vérités absolues, la surenchère de remarques acerbes -trahissant autant d'ego surdimensionnés piqués au vif- qui prenait place en cette fastueuse villa thaarienne sous le regard d'or de l'astre mourrant, c'était bien celle-ci! Toutefois, une tendance semblait émerger au travers de cette mer de fions et réparties salées fusant de toutes parts ; tendance qui voyait progressivement diminuer la promptitude aux critiques amères parmi l'assemblée. Les esprits échauffés semblaient lentement retrouver leur contenance, ou peut-être était-ce là l'œuvre d'une lassitude inattendue, d'un relâchement inespéré -pouf, boisson et narguileh aidant- venant éroder l'hostilité des esprits présents. Quoiqu'il en soit, les paons ne faisaient plus la roue, et l'on commençait réellement à discuter comme des gens civilisés. Mais après tout, qui était Altiom pour juger ainsi tant de grands hommes et femmes de son temps? Peut-être était-ce la voie des sages et des intellectuels, peut-être était-ce la façon des "esprits supérieurs". Peut-être était-il trop simple, trop flegmatique, trop tolérant pour comprendre à quel point ce délicat ingrédient du débat qu'était la réplique trop acide se trouvait être vitale? Oui, ce devait être cela, l'immature archonte ne s'était que trop souvent remis en cause à la lumière de nouveaux faits et points de vue pour saisir toute la sagesse qui résidait dans la prise de position butée, dans le fait de ne pas essayer d'entrevoir les choses autrement, de refuser de prendre la place de celui dont on ne partage pas l'opinion. Ah qu'il était jeune et naïf cet Ydrilote, à croire qu'il aurait pu converser avec tous ces admirables penseurs, lui, pauvre bougre insignifiant et puéril qu'il était!
Littéralement encastré dans son pouf par l'abattement, le suderon finit par abandonner le fol espoir qu'on réponde à sa question. La déchéance mena le pauvre homme -qui d'après sa position tenait plus d'une étoile de mer collée à son rocher- à piocher quelque subsistance au hasard des bols et des plateaux sur les tables voisines. Pourtant les Dieux -car ça ne pouvait être qu'eux- se refusèrent, dans leur infinie mansuétude, à délaisser ainsi un de leurs fils, et par quelque miracle l'innocent entendit prononcer son nom. Aux côtés du mot violées. Soit, il ne fallait pas non plus trop en demander. Le vénérable Celindel remettait donc à sa place une Alice remontée à bloc. Un peu trop ardemment de l'avis du baroudeur. Mais la petite ne lui fit pas de cadeau en retour, ils étaient quittes.

- Altiom, mon cher...Je ne pouvais que m'attendre à votre approbation. Cela me réjouit grandement, peut-être pourrons nous en discuter plus tard dans la soirée, en compagnie de Nakor ?
- Et d'un bon verre! fit l'intéressé en levant le sien. Bien-sûr, quand vous voulez Celindel. Alors, second miracle de la soirée, la demoiselle de Grisambre prit à son tour idée de répondre aux dires de l'archonte!
- (...) mais je vous accorde que le jeu en vaut la chandelle, rien que pour l'histoire qu'elle peut tisser. Altiom l'observa un instant, plissant presque imperceptiblement les yeux.
- Et... pourquoi alors ne pas justement vous faire maîtresse d'œuvre de cette étoffe? Car l'histoire se passera quoi qu'il arrive, c'est vrai. Mais si nous échouons... si personne n'est là pour en garder trace, nos efforts et nos idées disparaîtront avec nous. Vous pourriez être notre mémoire, la femme qui permettra à nos voix, à nos pensées, de retentir dans l'éternité. Ouvrant les bras, paumes orientées vers le plafond, il ajouta: ou, bien plus sobrement, notre chroniqueuse. Comme toujours, Altiom garderait pour lui les raisons d'une telle proposition. Il tairait son intérêt pour l'objectivité de la dame, son envie de la voir progresser, affronter elle-même cette tempête qu'on entend bien souvent gronder au loin sans pouvoir y plonger réellement. Cette abomination qu'on fantasme à défaut de la vivre, ou d'y mourir. Incapables d'en contempler toute l'horreur, tout juste aptes à ressentir de lointaines brises, discerner quelques échos mourants, frissonner sous un doux crachin de sang. Cette tempête qu'on nomme guerre. Tout cela n'était qu'une intuition, il ne la connaissait pas. Mais il savait, il sentait, qu'elle devait apprendre, qu'elle était l'un de ces esprits capables de façonner le monde si l'on permettait d'abord au monde de la façonner.

HRP:
 
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Tebirahc Zaurahel
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MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Lun 10 Sep 2012 - 4:56

Si, jusqu'à lors, il avait eu à cœur de répondre et de rendre coup pour coup, il prit cette fois-ci sur lui de ne rien répondre, pas encore tout du moins. Il fallait varier autant les plaisirs que les angles d'approche, surtout lorsqu'on pressentait une impasse aussi inutile que désagréable, alors qu'un changement dans la manière et le discours pouvait avoir son petit effet, bien qu'à présent, une chose était claire, nous n'étions plus dans une discussion qui élèverait les esprits mais dans une tentative, piètre certes, de recrutement.
Mais ces choses là, il les écarta... Ce n'est pas cette conversation qui changerait le monde, ni leur guilde d'ailleurs, ils n'apporteront que leurs lots de tensions et de conflits, ajoutant leurs pierres à l'Œuvre qu'ils prétendaient combattre, ce qui le satisfaisait, sur de nombreux points, et il comptait bien l'exprimer.

Ainsi attendit-il, contemplant d'une part les différences qui opposaient Nakor à l'aspirant-tyran Celindel, et demeura t-il silencieux. Il sourit aux propos de l'elfe, autant lorsqu'il lui avoua ne pas même vouloir tenir compte des nobles humains dans sa « conquête » de la Péninsule, admettant définitivement qu'il ne s'attacherait nullement à adapter la manière à la race, il voulait tout vulgairement s'imposer, en mettant à mal les hiérarchies, en incitant d'une manière ou d'une autre à la rébellion et au soulèvement, et cela l'amusait, le réjouissait... Dans quelle mesure Nakor pouvait-il contenir la folie qui grondait ? Dans la plus petite possible, souhaitons-le.

Puis il y eut la jeune humaine, qui ne manquait ni d'une sagesse, ni d'une vision intéressante et pertinente malgré son âge. La chose suscita chez lui une petite réflexion. On disait d'ordinaire que l'âge apporte son lot de sagesse, mais n'est-ce pas finalement l'expérience et le vécut, plutôt que simplement le temps qui passe ? Cet elfe, qui avait sans doute grandi dans sa paisible forêt, plongé dans la fiction des livres qu'il avait pu lire n'était-il finalement pas moins à même de comprendre les réalités d'un monde qu'une gamine qui a évolué dans un monde aussi violent que celui des hommes ? C'était un comble, et il comptait utiliser la chose, d'une façon ou d'une autre.

L'autre humain poursuivit dans la voie qui était la sienne, à se demander si il n'était pas là que pour offrir un soutien supplémentaire, comme un argument disant « Voyez notre nombre et notre unité – quoique parfaitement factice. », il n'était rien, et ne deviendrait jamais autre chose que cela, tout Archonte qu'on lui offrait comme titre, tout poids qu'on lui accordait dans la Péninsule.

Là-dessus, il décida de reprendre la parole, offrant tout d'abord une petite réflexion simple.

« De quel monde parlez-vous, Nakor ? De celui-ci, où le conflit est en nous, sous une forme ou une autre, vous-même affecté par ce dernier ? Commencez par cessez votre lutte, cessez de courir et de vouloir vivre et survivre, mourrez, autrement, ne prétendez pas désirer un monde sans conflit. »

Dès lors, et s'appuyant également sur les propos de l'humaine, prétendre promouvoir la paix, se battre pour elle, était une pure hypocrisie, qu'un prétexte comme un autre pour simplement nourrir l'insatiable, l'inaltérable et l'inamovible besoin de se battre, pour une raison ou une autre, de la plus évidente qu'est celle de la vie, de la survie, à la plus éphémère et futile, comme celle de la richesse.

« Mais soyons fou, soyons rêveur ! Je vous accorde mon soutien, que dis-je, ma bénédiction, à supposer qu'elle ait la moindre valeur à vos yeux ! » Et à Nakor d'apprécier le plus le sens de cette dernière. « Battez-vous, luttez contre la réalité cruelle de ce monde qui impose le combat, qu'importe ses traits, et apportez la paix, à commencer par cette Péninsule qui se déchire. Bien qu'aveugle, je contemplerais votre œuvre et l'applaudirait, car je suis celui qui, sur ce monde, est le plus à même d'en apprécier la portée et la grandeur, la beauté même. »

Et le plus monstrueux dans l'histoire, c'était qu'il semblait des plus sérieux, il ne se moquait pas d'eux. Ce n'était après tout pas un gros investissement qui pouvait pourtant rapporter gros. Au pire, ça serait un flop, et ils s'effondreraient très vite, mais il n'y perdait rien finalement.

« Et dans quelques siècles, lorsque vous aurez échoué, nous trinquerons à cette humaine qui, si jeune, encore bourgeon, avait eu raison d'un arbre millénaire. Nous trinquerons aux milliers de morts que cette erreur, que cette idée et cette pensée auront provoqué, quoi qu’alors, la faute en reviendra forcément à d'autres, vous n'en assumerez jamais la responsabilité. »

Mais il imaginait plutôt le retrouver sur un bûcher, ou pendu... Le temps le lui dirait.

« La partie est déjà jouée, vous ne désirez pas notre avis sur la question, vous ne souhaitez que convier et recruter d'autres membres à votre sauterie. Alors, pour ma part et sur ce sujet, je vous donne rendez-vous dans cette taverne, si vous vivez encore à ce moment là. Autrement, je ne trouve plus ni d'intérêt, ni de plaisir à discuter de cela. »

Et pour lui, cette discussion était close, ainsi que son repas.
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Nakor
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MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Lun 10 Sep 2012 - 12:32

Nakor souleva un sourcil épais et se figea dans une sensation d'expectative totale. Voilà à quoi ressemblait cette réunion : un elfe comme hote qui tient des propos aussi dur et presque terrifiant que ceux que pourraient émettre un drow, un jeune châtelaine qui prétend que la guerre est la meilleure des choses qui existe dans ce monde de fou, un jeune seigneur que l'on nomme sage alors qu'il est un fieffé gourgandin adorable mais toujours prêt à faire les quatre cent coups, un gardien du dieu de la guerre qui une fois de plus joue sur les mots en espérant que personne ne s'en rende compte et un vieux cinglé qui entrevoit des possibilités sans pour autant miser sa barbe dessus. Une sacrée compagnie que voilà! La jeune Alice continua dans sa route effrontée au soutien à la guerre, mélangeant elle aussi les mots pour décrire avec force d'argument, ses positions comme étant les bonnes. Celindel qui dans tout ça, faisait feu de tout bois sans forcément se rendre compte qu'à force d'entrer dans le petit jeu des membres de cette réunion et de perdre un peu de son sang froid il arrivait à dire des choses qui le mettaient hors de la réalité aussi. Tout ça lui montant au cerveau, Nakor prit une grande inspiration, hocha de la tête, de droite à gauche et souffla, comme s'il n'en croyait ni ses oreilles, ni ses yeux, ni rien du tout. Il prit un verre de vin et en but une lampée avant d'en apprécier le goût et de fermer un peu les yeux. Comme pour mieux reprendre ses esprits. Le maître de la guerre prit encore la parole et fit ouvrir grand les yeux à Nakor dans un premier temps. Puis le magicien étrécit son regard, comme s'il était énervé. Non pas énervé, mais il en avait assez, assez d'entendre des sottises de la sortes dans la bouche d'une personne qu'il considérait comme trop intelligent pour qu'il s'abaissent à de telles, choses. Vint ensuite la fin de son discours, avec tellement de sous-entendu pour le vieux mage, qui savait la vérité à propos du fameux Nakhti, qu'il se mit à sourire. Il étudia les derniers mots du gardien, avant de prendre la parole, las et soufflant longuement

"Haaaaa ... Nahkti ... je vous en prie, cessez de jouer avec les doubles, triples ou quadruples sens que peuvent prendre chaque mot de notre langue. Et vous aussi mademoiselle de Grisambre. En ce qui me concerne je ne parle que d'une seule chose quand je parle de conflit ici : la guerre. Oui, la guerre, la mort, le sang, le meurtre, la destruction totale. Je me fou éperdument de la lutte métaphysique que peuvent entreprendre chacun d'entre nous contre une idée, un projet, une envie, un désir ... ces luttes là n'ont d'intérêt que pour les gens qui les mènent. Je ne parle pas de ma lutte pour la vie, je ne parle pas de la lutte d'un homme, qui une pâtisserie devant lui, tente de résister car il a entreprit un régime, cela c'est que foutaise enfin!"

Voilà, ça y est, Nakor s'énervait, le ton montait et comme un vieux fou qui d'un seul coup, pète un plomb, il continua, en hurlant presque, la colère sur son visage et dans sa voix, frappant de temps en temps les accoudoirs de son siège.

"Alors arrêtez de me prendre pour un imbécile ou d'essayer de jouer avec les mots pour appuyer vos argumentaires et me faire passer pour un idiot qui n'a rien compris. Ici il était question de vraie guerre, de conflit majeure, qui entraîne la mort et la désolation pour une raison idiote d'envie de plus de pouvoir et de domination. Alors oui je veux me battre contre ça, oui je veux arrêter la guerre qui n'est que chaos et néant et je me contre fou de savoir que des philosophes idiots que je conchie jusqu'à la fin des temps, iront dire que nous avons lutté contre la guerre, que nous avons nous même mené une guerre avec nos idées, nos pensées et nos mots! Je parle d'épées qui s'entrechoquent, de sortilèges qui sont incantés, voilà contre quoi je veux lutter sans faire forcément appel au même mal pour y remédier. Oui je vais lutter contre la guerre, mais pas en prenant les armes à tout va bon sang!"

Et voilà, maintenant qu'il avait une fois encore, répété ses idées, agacé au plus haut point qu'on puisse encore penser qu'il faisait ça sans comprendre dans quoi il se mettait, en pensant qu'il finirait par vouloir devenir lui même le plus grand des tyrans, sous une apparente bonne raison, Nakor se calma. Il souffla encore longuement et se passa la main droite sur le visage, avant de reprendre

"Pardon de m'emporter, mais je suis las de devoir me répéter sans cesse depuis déjà six cent ans ... ceci est un projet qui voit le jour, auquel nous devront réfléchir, avec Celindel et d'autre, que j'enjoins au calme et à la concertation avant d'envoyer tout aux orties sous le saint prétexte d'un but noble. Enfin, j'entends bien ... Nahkti ... et je prend note du rendez vous ... je ne manque jamais une occasion de trinquer avec une vieille connaissance!"

Nakor finissait sur un sourire en direction de Tebirahc, maintenant Ust'Chath le premier feu des drows, qui se faisait passer pour Nahkti le mendiant du coin. Il avait compris ses sous-entendus et lui accordait cordialement le droit de lui dire un jour "je vous l'avais bien dit", ce à quoi sans doute, Nakor répondra "je sais, mais je n'ai toujours pas perdu espoir de vous rendre un jour inutile sur ce monde!". Rien que cette pensées fit sourire Nakor encore plus fortement et il se rendit compte, en tournant la tête sur le côté, qu'en frappant à plusieurs reprises les accoudoirs de son sièges, sous l'effet de l'emportement, le vieux fou avait prisé son verre de vin et en avait mit partout, sur sa robe, sa barbe, son visage, son chapeau et ainsi de suite. Quel style.
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Celindel de Delebrimir
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MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Sam 22 Sep 2012 - 16:47

Quelle heure était-il ? Pas plus que dix heures du soir...il est relativement tôt, et déjà les premières stupidités sortaient de la bouche d'êtres stupides ou naïfs. Celindel sentit son cœur se rétracter et être réduit en miettes, tout comme ses oreilles, en écoutant la tirade de la petite Alice. Tant de naïveté...tant d'innocence qu'en général, le philosophe aurait trouvé adorable, mais encore était-il possible que cette petite puisse réellement croire détenir la vérité sur un sujet qu'elle ne connaissait à peine ? Celindel plongea son visage dans ses mains, priant intérieurement que ce supplice s'achève. Une fois qu'elle se tut, le visage de l'Elfe se releva, surpris.

« Je...j'ai survécu ? Louée soit Néera. Je n'ai qu'une seule question...vous vous entendez parler ? Vous croyez réellement que le monde tourne autour du concept du conflit ? En désirant la paix, je dois me préparer à une guerre même, contre ceux qui me verront comme un ennemi. Je ne renie aucunement le fait de cette certitude, ce n'est pas pour autant que je me plairais à les combattre. J'ai moi aussi connu la douleur que l'on ressent en perdant un proche ou une branche de sa famille, chère Alice, ne croyez pas que je parle de la guerre sans connaître ses effets néfastes.

Depuis toujours, les Nations en paix entretiennent un appareil guerrier “pour garantir la paix” ou se préparer aux prochaines hostilités : la paix est un temps d’accalmie pour se préparer à la guerre. Inversement, les guerres sont faites pour contraindre l’ennemi à accepter la paix ! Faire la guerre pour avoir la paix, profiter de la paix pour préparer la guerre... paix et guerre s’enchevêtrent dans une dialectique infernale. Entre ces deux faits, je préfère encore faire la guerre pour avoir la paix.

Les Nations sont des fourbes entre elles. Faute d’un maître commun, toutes veulent faire autorité : la loi du plus fort règne encore, non plus entre les individus, mais entre les Nations. Tant qu’il n’y aura pas de faction universelle elles continueront à guerroyer toutes contre toutes. Ce constat m'amène à créer mon projet, postulant qu’une délibération devait mettre d’accord les parties opposées. Si j'échoue, alors cela sera la preuve de la petitesse des races incapables de se soumettre dans un intérêt commun. Cela ne signifie en aucun cas que mon désir est de les contrôler. S'ils ne souhaitent pas se soumettre à mon idéologie, leur choix leur revient et n'incombe qu'à eux. Mais qu'ils gardent la guerre chez eux, et ne la répandent pas, car alors je me dresserais face à eux. De même que si un peuple est opprimé uniquement par plaisir ou par moyen de gouvernement, à force de plusieurs avertissements, nous interviendrons. Je ne combats pas une idéologie guerrière que des personnes prôneraient. Je combats la Guerre.

La psychologie humaine ne se défait pas de ses pulsions agressives : la pacification définitive supposerait une amélioration de la nature même de chaque race... Une simple volonté n’y peut rien, les guerres sont provoquées par des événements, des processus, des décisions qui échappent au contrôle des peuples concernés : la paix internationale ne peut être le produit de la psychologie individuelle ou interindividuelle. Le goût de l’affirmation de sa puissance envers et contre toute autre puissance incline à sacrifier le plaisir de s’harmoniser au pur et puissant plaisir de vaincre. Il s’agit d’être monstrueusement exigeant, pour ne pas se satisfaire du respect d’autrui permettant une vie harmonieuse.

L’alternance entre la paix et la guerre constitue peut-être un cycle inhérent à la nature monstrueuse de l’individu même. L’histoire donne raison aux doctrines pessimistes. Les optimistes espèrent la fin de cette sale histoire : dans les affaires humaines, les nécessités du passé ne sont jamais définitives et en fin de compte les efforts pour établir une paix assurée, c’est-à-dire pour dégager l’humanité de la dialectique guerre-paix, sont peut-être maintenant la seule lutte qui vaille. Alors ma chère Alice, que pensez vous de cela ? »



Les derniers propos de Celindel étaient dis avec hargne. Qui était-elle pour croire qu'elle pouvait donner une leçon à l'Elfe ? Était-elle assez naïve, voir stupide, pour croire que l'Elfe ne connaissait pas la guerre ? Qu'il n'avait pas vécu de combats ? Que la mort n'était pour lui qu'une simple notion passagère qu'il saluait de la main ? Non c'était entièrement le contraire. Durant mille ans, un millénaire, il avait côtoyé la mort, marchant avec elle main dans la main tandis que petit à petit, elle le rendait fou, tentant de briser son esprit. Son propre frère avait été emporté par le combat et l'horreur de la guerre, son propre père avait frôlé la mort par trois fois lors de combats. Croyait-elle donc s'adresser à l'un de ces manants, ignares et précoces, incultes et velléitaires de son état ? Que cela lui plaise ou pas, Delebrimir savait de quoi il parlait. Il s'était lui même confronté à un grand nombre de conflits, de guerres inutiles, et jamais cela n'avait eu de bonnes conséquences. De toutes celles qu'il avait vues, il pensait fermement, et à raison, que les éventuels combats - qu'ils soient armés ou pas - qu'il mènerait, aux côtés de Nakor, seraient les plus nobles jamais entrepris.
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Tebirahc Zaurahel
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MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Dim 30 Sep 2012 - 11:52

« Pourtant, ce que vous nommez foutaise conduit à la guerre lorsque c'est exacerbé... Vous prétendez lutter contre le guerre, mais pensez-vous l'obtenir en ne vous battant que contre l'une des conséquences, sans jamais vous souciez des causes ? C'est dans les cœurs, où s'épanouit le désir, que prend racine ce que vous considérez comme un mal absolu, il faudra en priver les êtres pour réussir votre tâche. »

Mais ils n'accepteront jamais cette simple vérité, et puis, comment priver les êtres de désirs, de toutes sortes, de toutes natures, de toutes forces ? Des golems sans âmes, c'est tout ce qu'il resterait. Ils n'admettront pas l'ennuie que serait un tel monde.

« Là est l'ennemi, et je contemple déjà votre fuite, Nakor. »

Il ne parlait même pas de défaite, mais d'une fuite, de couardise face au monstrueux ennemi qu'était le désir.

« Mais faites, agissez de la sorte, ça n'en sera que plus plaisant. Voir un idiot s'acharner, encore et encore et encore à éteindre un brasier qui ne cessera jamais de reprendre tant qu'il ne verra que les flammes, c'est un spectacle que je ne manquerais pas d'apprécier. »

Encore que même si il devait un jour comprendre qu'ils étaient dans le vrai, il se retrouverait devant un adversaire qu'il ne pourrait jamais espérer vaincre car alors, cela reviendrait à dire qu'ils auraient vaincu les dieux, tous, sans exception aucune.

« Je vous laisse poursuivre votre tentative de recrutement. »

Et sur ces mots, il se leva sans un regard supplémentaire, et quitta la pièce pour se rendre dans les jardins. Mais sur la route, il décida de faire preuve d'un peu de malice, se concentrant sur Nakor, sur cette colère qui s'était exprimée, encore présente quoique muselée. Il lui offrit la force de grossir plus encore qu'elle n'avait pu le faire quelques instants plus tôt, de briser ses chaînes et de s'exprimer totalement, flirtant avec une rage aveugle, sans retenue, au moins pour un petit temps.

Qu'il contemple le réel pouvoir de l'ennemi qu'il refusait de voir, quelque soit la forme d'expression que prendrait cette colère libérée de la raison, il espérait qu'elle ferait le plus de dommage possible en un si court laps de temps, le message n'en serait que plus efficace.
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Elystrel
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MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Dim 30 Sep 2012 - 13:28

Elystrel, qui s’était jusqu’à présent contenter de suivre le débat de loin, tout à son rôle d’esclave de la belle May, se redressa après la sortie de Ust’nath. Le Malicieux avait-il également envie de faire une petite blague à tous les gentils penseurs ? En lieu et place de quelques tours de passe-passe taquins, le grand gardien s’étira en baillant copieusement.

- Je m’ennuie

Avisa-il la prêtresse d’Isten en se grattant le ventre, la tunique à moitié relevée comme un gamin.

- Je suis navré. Je pensais qu’il serait amusant d’entendre les « grands esprits » du monde. Mais finalement, nous n’avons qu’une brochette d’utopistes sans le moindre pragmatisme. Ils sont tellement bouffis d’illusions que, même pour moi, la farce est surjouée.

Un fin sourire esquissé à l’ironie de la situation prouva à la dame, qui devait commencer à comprendre le fonctionnement global du mariole, qu’Elystrel s’en amusait plus qu’il s’en offusquait. Il s’avança vers elle, déposa plusieurs baisers très solennels sur ses oreilles, sans oublier de les mordiller au passage.

- Je fais de vous mes oreilles pour la journée. Vous êtes libre d’écouter ce que vous souhaitez… mais pour ma part, je retourne au Temple.

Il se tourna alors vers le reste de l’Assemblée ignorée jusqu’à lors. Il s’inclina très bas, une main caressant un instant le sol. Un sourire goguenard s’épanouit plus clairement ses traits.

- Même un barde raconte moins de sornettes et d’inepties insipides. Vous êtes terrifiants, Messieurs les penseurs, terrifiants. Je vous remercie pour le repas et la boisson et file à la missédoise.

Et le barde disparut en se redressant avec son plus charmant sourire narquois. Pas de décharge magique perceptible, pas de brumes, pas de poudre aux yeux, Elystrel sombra purement et simplement dans le néant. Naturellement, cela devait être autre chose mais, après tout, un bon prestidigitateur ne révélait jamais ses petits tours.
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Nakor
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MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Dim 30 Sep 2012 - 21:09

Le gardien de Mogar prit une fois de plus la parole pour faire jaillir ses inepties habituelles. Il passait son temps à dire que les autres n'écoutaient pas, qu'ils étaient idiots et que seul lui avait accès à la grande et ultime vérité, lui qui était dans la confidence des dieux. Voilà à quoi Nakor s'opposait et s'opposerait tout le long de sa vie : que le passé oblige les gens à se conduire comme les autres se sont conduit autrefois. Le vieux magicien croyait en la vie, en l'humanité et pensait qu'à force de dire, d'enseigner, de transmettre l'idée que les choses pouvaient changer en mieux, que la guerre et le mal pouvaient être doucement balayés pour laisser la paix devenir prédominante à l'extrême, et bien les choses évolueraient. En sommes Tebirahc réunissait en lui tout ce que Nakor détestait : l'immobilisme, la peur du changement, le mépris pour les faibles et cette folle idée qui consiste à penser que devant une tache qui semble impossible, mieux vaut rester chez soit bien au chaud! Le magicien avait affronté bien des choses, il avait connu bien des défaites, idéologiques et sur le terrain, il avait perdu des êtres chers, mais à écouter le drow, il fallait tout abandonner. Comme il était un humain trop âgé, il devait mourir, comme le monde avait le mal au fond du cœur il fallait que la guerre ravage tout, il fallait que personne ne s'y oppose, il ne fallait en somme rien faire. Le vieux fou bouillonnait dans son coin et ne se rendit pas même compte que Tebirahc était parti, il vit à peine Elystrel s'éclipser magiquement sans être bien étonné et il n'y tint plus. La colère monta en lui très fortement, vivement et d'un seul coup alors qu'il luttait pour qu'elle s'apaise. Il jeta un regard acéré dans la salle et prit la parole, d'un ton sombre, froid et charriant des glaçons

"Et vous, bien sur, vous êtes tous avec lui? N'est-ce pas? Vous êtes tous contre nous!"

Puis se levant il se mit à hurler à la foule encore présente

"Vous voudriez tous que nous échouions, vous nous riez, vous nous prenez pour des idiots! Des fous! Des naïfs! Et bien vous verrez quand nous en aurons fini, vous verrez quand tout sera mit sur pied, vous verrez nos résultats, notre tentative, nous échouerons peut-être mais au contraire de vous tous, nous aurons fait quelque chose au lieu de rester là à ne rien faire, vautré dans votre luxe et vos foutus habitudes! Alors si tout est dit, dehors!"

Nakor s'était mit à faire tourner ses bras au dessus de sa tête, sa colère atteignant un sommet intense, il en vint à la magie évidemment. Une magie dangereuse si le vieux fou était dans une colère noire. Mais justement le sentiment de haine s'estompa légèrement et au lieu que la vieille barbe déploie tous ses pouvoirs sans plus de contrôle, il leva la main dans un geste vif, en direction d'un mur, alors que personne n'était dans sa trajectoire et balança un énorme poing d'air. Dans un éclat de bruit et de poussière, c'était toute la véranda qui parti. Le magicien regarda toute cette magie partir, se calma, ses mains se mettant à trembler et se tourna dans la direction dans laquelle le gardien de Mogar était parti. Il n'avait pas pu s'énerver ainsi sans une intervention extérieure et un mage serait bien en peine d'ensorceler Nakor sans qu'il le sente ... le pouvoir divin du dieu Mogar. Le sale chien, c'était la dernière fois qu'il se faisait prendre au piège et qu'on l'obligeait à agir contre son absolu volonté. Nakor nota mentalement un sacré discours pour sa prochaine rencontre avec Tebirahc et se tourna enfin en direction des invités. Il ouvrit de grands yeux, se rendant compte qu'il était peut-être allé un peu loin. Il dit alors une dernière fois

"Partez!"

Et il attendit que tout le monde s'en aille, sans doute sans un mot et que Celindel vienne à son tour intervenir auprès du vieux fou, pour peut-être lui demander quelques explications sur ce qui venait de se passer.
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Celindel de Delebrimir
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MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Mar 2 Oct 2012 - 8:33

Celindel regarda le vieillard s'agiter en effectuant de grands gestes, cela ne le préoccupa que peu...jusqu'au moment où il sentit la magie de Nakor faire son œuvre. Par pur réflexe, le Philosophe sauta derrière son fauteuil, se protégeant avant tout. Il tira Altiom par le cou pour qu'il se cache, car ce grand benêt se contentait de regarder Nakor, bouche ouverte, en ne répétant que « Ouah...». Il le cacha derrière le divan, lui criant malgré la cohue :

« Restez donc encore, Altiom. Nous devons parler de notre projet, et nous avons toujours notre kilomètre à poil à parcourir ! »

Les cinq derniers mots avaient été criés, mais alors que le silence était revenu. Celindel se sentit tout bête, ne sortant que ses deux yeux et son nez de derrière le sofa. Il regardait le peu d'invités restant. Nahkti était parti, ainsi que l'étrange barde. La prêtresse Drow ne tarderait pas à partir, et Celindel lui adressa un geste de la tête cordial, un remerciement d'être venu. Il salua la petite Grisambre, à l'esprit biaisé certes, mais pas vilaine et promise à un grand avenir. Quand à Haod'On, nulle trace de lui, à croire que l'Hybride s'était évaporée dans une volute de fumée. Il ne restait plus que les trois plus excentriques de la soirée qui s'était terminée d'une bien originale manière. Le mage Elfe se leva, se plaçant devant le trou béant que Nakor avait provoqué. La véranda - déjà à moitié détruite par Altiom lors de son arrivée - était allée se perdre par delà le gouffre sous la demeure, sur la ville de Thaar. Celindel se mit à rire, imaginant l'ivrogne voir une véranda lui tomber dessus.

« Bon, la vue est belle au moins. Et c'est pratique pour l'été. Par contre pour l'hiver, il ne faudra pas être frileux. »

Celindel s'empara d'une bouteille qui semblait intacte. Il la souleva délicatement par le goulot, satisfait de voir qu'il restait quelque boisson. Mais à peine le flacon fut soulevé, que le bas de celui ci se brisa et tomba par terre, baignant les pieds de Celindel dans du nectar. Le Millénarium ne pouvait dire ce qui le frustrait le plus : ses pieds baignant de l'alcool, ou d'avoir brisé la dernière bouteille de la soirée ? Le mage prit une longue inspiration en faisant une moue énervée, et trépigna en projetant violemment le goulot qu'il tenait au sol. Il hurla envers un domestique afin qu'il aille en chercher une intacte, et se planta devant Nakor. Il n'avait pas peur du mage. C'est peut être une folie, mais Delebrimir lui asséna une mini claque, à peine si la volonté était là. Il était impossible qu'elle eût fait mal à un enfant, alors à un Homme comme Nakor...

« Tu m'expliques ? »

Le tutoiement était spontané, direct et franc. Celindel était énervé également, pas par la stupidité dont les autres invités bornés faisaient preuve, mais par la réaction de Nakor. Mais peut-être celui avait une raison d'avoir agi ainsi ? Delebrimir n'en voyait aucune, à part un brusque emportement suite à une lassitude.

« Réponds moi, ce Drow historien, Nahkti, tu le connais ? Vous vous parliez étrangement pour des personnes qui se rencontreraient pour la première fois. Dis moi la vérité. »
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Nakor
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MessageSujet: Re: Quand les Grands Esprits se rencontrent...[Libre][Terminé]   Mar 2 Oct 2012 - 12:12

Nakor avait tout défoncé! Le verre et toute la véranda qui allait avec étaient partis au loin ... et le vieux fou ne s'interrogeait pas sur ce qu'il venait de faire mais pourquoi il venait de le faire. Il chercha, analysa et se remémora. Il avait discuté avec tout le monde, s'était emporté comme toujours puis s'était calmé. Tebirahc s'en était allé et subitement alors que personne ne disait rien, une colère forte monta en lui, comme un geyser bouillonnant. Colère qui était d'autant plus vite retombé. Un simple sort, ne pouvait pas être responsable de cela, il en aurait au moins senti la source. L'étrange barde qui avait disparu ... non car pendant qu'il disparaissait, Nakor montait en puissance niveau énervement. Ca ne pouvait être que Tebirahc, ainsi étaient les pouvoirs du gardien du dieu de la guerre : être capable d'éveiller en n'importe qui, des sentiments de haine, voir peut-être d'envie ou autre encore ... oui une arme redoutable pour déclencher un conflit. Ca alors, quel lâche, par peur de voir que des gens étaient capable de se dresser contre lui, le drow usait de pouvoirs divins, se croyant hors jeu du monde et au dessus de tout. Il manipulait par l'intermédiaire des tout puissants, les émotions profondes. Le magicien restait donc là, profondément en lui, en train de penser, d'analyser quand quelque chose le fit revenir sur terre. On lui avait touché l'épaule? Le visage? La barbe? Nakor n'en eut aucune idée, il revint juste sur terre, un brin déboussolé et entendit les derniers mots de Celindel, le reconnaissant à peine, Altiom derrière lui. Il n'entendit donc que les deux dernières phrases et fronça des sourcils pour essayer de devenir le début. Oui, il devait parler de Nahkti bien sur. Nakor secoua la tête comme pour mieux se réveiller et ouvrit de grands yeux pour reprendre pied dans le monde

"Euuu oui ... oui!"

Puis reprenant contenance, Nakor observa la véranda, puis Celindel, puis la véranda, puis Altiom, puis Celindel puis ... se mit à parler

"Hum ... Oui ... j'ai l'honneur de t'apprendre Celindel, que tu as reçu chez toi non pas Nahkti, mais Tebirahc Zaura'el, de la famille Zaura'el de Puys d'Elda. Il est récemment devenu Gardien de Mogar le dieu de la guerre. Je l'ai rencontré il y a pas mal de temps déjà, en Nisetis et voilà que nos chemins se sont recroisés ici ... la dernière fois je lui ai tenu tête et il n'a pas du tout apprécié, j'ai d'ailleurs failli la perdre ... ma tête bien sur!"

Nakor se frotta la gorge au souvenir de la brûlure profonde que le gardien avait infligé au vieux mage.

"C'est un drow, en cela il a toutes les caractéristiques du drow : hautain, orgueilleux et insupportable. Ajoute le fait qu'il est maintenant le nouveau représentant d'un dieu sur notre monde et tu obtiens un cocktail des plus détestable crois moi. C'est une chance qu'il n'ait pas fait plus de dégâts que cela et tu as vu à l'oeuvre l'un de ses pouvoirs, très déloyal, qui consiste à faire naître un sentiment profond, sans même que tu sente de la magie à l'oeuvre, puisque c'est un pouvoir divin. Il a dû s'amuser à faire naître une colère inexpliquée mais forte en moi ... en voilà le résultat! C'est un adversaire de poids et à ne pas négliger."

Puis le magicien se tourna vers Altiom et dit tout haut

"J'espère que tout va bien mon enfant? Quand je perds pied je peux être un brin ... dangereux!"

Puis de nouveau il observa la véranda et ouvrit de grands yeux, en soufflant longuement, comme un brin ennuyé d'avoir subit les pouvoirs de Mogar sans n'avoir rien pu faire contre.
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