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 Complexité de la Fiscalité Brandaise

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Ernst Monventeux
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MessageSujet: Complexité de la Fiscalité Brandaise   Dim 1 Juil 2012 - 1:30

Et si je dis que la Brande est une terre sauvage, ce n’est ni pour son climat, ni pour sa végétation ; si les routes étaient impraticables à une armée, qu’elles serpentaient si bien entre monts et vallées qu’on s’obligeait à des détours importants, il n’en demeurait pas moins que la région était couverte par ce maillage routier presque complètement. On y comptait de très nombreux villages à intervalles réguliers, de nombreux bourgs et quelques petites villes. Si la nature était très présente, elle n’en était pas pour autant maitresse des lieux. La brande restait rurale évidement, mais ne contenait nulle forêt impraticable, nuls plateaux inaccessibles, ni aucun autre endroit trop hostile aux hommes.

La vraie sauvagerie de la Brande se trouvait dans ses habitants, dans leurs mœurs. Plusieurs raisons à cela, mais l’on pointera en premier lieu la faiblesse de l’autorité. Car il n’est plus triste noblesse que celle de la Brande Scylléenne. Oh, ils ont le cœur brave et se rapprochent d’avantage des rudes seigneurs du nord que de leur voisin plus civilisé ; ce sont des hommes méritants, mais leur vie n’est pas facile. Car les paysans Brandais sont également braves, audacieux, courageux. Ils comptent parmi les paysans les plus redoutables, et ce n’est pas peu dire : ce sont eux qui ont tués le dernier Comte et toute sa famille, brûlé son château et festoyé sur ses cendres. Et nul ne put les arrêter.

Aucun paysan n’a oublié la force de leur rassemblement, et la jacquerie reste très présente. Il n’est pas rare de voir des soulèvements, des émeutes, et les autorités locales sont trop faibles pour les réprimer. Aussi se contentent-ils d’assurer un fragile équilibre. On cohabite. Les paysans restent calme aussi longtemps que les récoltes sont bonnes, les vavasseurs assurent une gestion médiocre des domaines, mais suffisante. Quant aux bannerets, ils n’ont ni les moyens d’aider leur vassaux, ni d’aide en provenance du Comte.

Et cela ne peut changer, aucun progrès n’est à espérer. Car la majorité d’entre eux sont des illettrés, parce que les monastères et leurs quelques connaissances sont coupés de la vie publique, trop peureux de finir incendiés comme c’est déjà arrivé, parce que nul être éduqué ne souhaite passer sa vie dans la brande.

Le niveau d’inculture, la faiblesse intellectuelle sont tels que la fiscalité brandaise est un cauchemar d’approximation pour qui s’y plonge, que le contrôle des impôts versés est une chimère. Si chaotique qu’on se contente de vérifier que la somme est voisine de celle de l’année passée.

La Brande ne paie pas pour autant des impôts légers, elle est fortement mise à contribution comme bien d’autres régions des royaumes humains. Seulement, son prélèvement est injuste. Les vavasseurs ne maitrisent pas pour la plupart les chiffres, ils versent un tribut traditionnel qui varie d’une région à l’autre. Mais avec les années, les irrégularités se creusent, avec le Voile, elles deviennent insupportables.

Puisque l’impôt est estimé sur les impôts précédents, il est très délicat de tenir compte des mauvaises récoltes, des blessures de la guerre et autres tragédies que la brande connu récemment. Aussi ces impôts sont devenus plus lourds, plus étouffants pour les Brandais ; d’autant plus que le Comte se voulant devenir roi sollicita d’avantage de contributions de tout son peuple.

C’est dans ce contexte qu’apparurent les suspicions de Fraude Fiscale. Celles-là même qui menèrent l’administration Scylléenne à ses heures les plus sombres.

La Brande était depuis quelque temps agité par la mort de l’un de ses bannerets, un homme estimé par le Comte lui-même. Cet homme de valeur, Carloman Mercatouille, était un garant de la sécurité dans la brande, grand chef de guerre dans la lutte contre Merval, il était parmi les bannerets indociles un interlocuteur priviliégié. Ce dernier était mort à Diantra pour sauver la vie du roi. Il devenait un symbole de dévouement, et la disparition de ce héro, adulé par beaucoup, fut un coup dur pour les suderons. Quelques grands intendants, que l’on appelait dans les coulisses « régent du régent » étaient préoccupés par ces changements et ces mouvements dans la brande lointaine. Ils soupçonnaient depuis quelques temps déjà quelques affaires opaques. Leurs inquiétudes furent justifiées lorsqu’on apprit trois semaines plus tard le meurtre d’un second banneret, le jour de son mariage.

Heureusement le coupable fût vite retrouvé et châtié. La situation fut jugée stable : on se trompait. Bien vite les gestionnaires de Bordefente se heurtèrent à un autre problème : la fiscalité Brandaise. Cette dernière avait été réévaluée unilatéralement et les recettes des impôts allaient, selon la nouvelle estimation, chuter de plus d’un tiers, presque la moitié. L’administration entra dans tous ses états.

Pourtant les Brandais semblaient de bonne foi. Ces derniers, suite à la mort de leur deux bannerets avaient tenu conseil (appelé conseil de la Chistole) pour la succession, où ils avaient évoqués la question de la fiscalité et travaillés à réévaluer leur possession. Ils avaient pour cela engagé un certain Arctur Sapinaware qui avait réussi ce qui était impossible pour les suderons : faire l’inventaire des possessions Brandaise. Cet homme de l’ombre sorti de nulle part était terrible dans les affaires de gestion et maitrisait même les pourcentages, ce qui mit hors-jeu les trois quarts des intendants du Comte.

Et le bilan était consternant, le recensement montrait une perte de plus de 35% de la population en un siècle, pointant du doigt les guerres et les révoltes. Le Mercatin même, qui avait été particulièrement touché par la guerre récente avec Merval et qui avait été fer de lance du conflit déclara avoir perdu 67% de sa population et demandait une exonération fiscale pour les cinq ans à venir du fait de l’impôt payé de son sang. Les chiffres étaient accablants, depuis près de cinquante ans la brande était écrasée sous des impôts beaucoup trop élevés pour elle. Cela expliquait ses difficultés matérielles, son dénouement et les crises incessantes en son sein.

Pire ! Les réquisitions effectuées au sein de la Brande étaient bien trop exigeantes par comparaison aux autres régions. L’armée brandaise comptait deux mille hommes, plus ceux réquisitionnés pour les guerres du comte. Il y en avait au total près de six cents de trop. Consternés, les scribouillards découvraient l’étendu du désastre. La Brande, cette région oubliée, était dans un état catastrophique au-delà de tout ce que l’on croyait. On l’avait trop exploitée, et les révoltes des dernières années prenaient tous leur sens. A présent que la brande prenait conscience du traitement injuste qu’elle avait subit, la situation pouvait très vite basculer. Il fallait rétablir l’équilibre.

Pourtant,l'Administration était méfiante. Ne pouvant compter sur le comte qui venait de se lancer dans une nouvelle campagne, elle ne pouvait de son propre chef mettre en accusation l’ensemble des chefs brandais pour de fausses déclarations fiscales. Il lui fallait des preuves. Aussi, après avoir employé tout ses scribouillards à déchiffrer les inventaires déposés par les Brandais à la recherche d’une escroquerie, finit-elle accumuler quelques éléments troublants.

Cependant, le lendemain, l’effondrement d'une partie du château de Bordefente, où périrent plusieurs grands noms du royaume remit à plus tard ces problèmes administratifs. Bordefente venait de connaitre son plus grand désastre.

Scylla n’avait plus de tête, et les disputes entre clergés et nobles de Pharembourg reprirent après plusieurs années de trêve. Les Brandais n’y prirent pas part, se contentant de solliciter le retour de leurs troupes réquisitionnés injustement, et l’effort de vérification fiscale dût être reporté, les brandais ne voulant plus subir une minute de plus un traitement plus dur que les autres.

Pris entre les revendications fusant de toute part, et principalement des grandes villes suderonnes, l’administration Scylléenne orpheline commença à donner des concessions pour maintenir provisoirement l’ordre. Elle cherchait au plus vite à informer le Comte de la situation de crise qui prenait place.

Mais déjà des monastères de la Brande avaient été pillés par la population, écœurée d’avoir payé si longtemps d’injustes impôts. On disait qu’un être mi-homme, mi-sanglier les menait au combat. Ses agitations de biens mauvaises augures rappelaient la triste époque des terres maudites où les Brandais avaient massacrés les Pharem. D’autres problèmes arrivèrent dans le sud où les tensions entre grandes familles, clergés et notables donnèrent lieu à des règlements de compte violents et à des exactions peu glorieuses.

Il fallait à tout prix remettre de l’ordre avant que la situation n’échappe à tout contrôle. Le pouvoir Comtale avait perdu ses représentants les plus éminents dans l’accident de Bordefente et les fonctionnaires avaient trop peu d’influence pour tenir les différentes factions en laisse. On craignait la Brande, les Marchands, les grandes familles Nobles, les Clergés, les guildes, les milices et les brigands d’essayer de tirer leur épingle du jeu pour augmenter leurs pouvoirs et leur influence.


L’anarchie s’étendait du cœur de Pharembourg jusqu’aux frontières de Scylla. Que faisait le Comte ?
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