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 D'or et d'acier [PV Arkezia]

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Cléophas d'Angleroy
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MessageSujet: D'or et d'acier [PV Arkezia]   Jeu 19 Juil 2012 - 14:43

Au dehors, tout n’était que chaleur et humidité. L’air iodé qui venait battre son visage n’avait rien de frais mais tout de sale. Comme une tempête de sable qui venait lécher ses joues, la poussière des pavés et des briques venait le recouvrir, rendant son teint blafard et triste. Les rues étaient étroites et vomissaient un flux continuel de pauvres et d’infirmes, de miliciens, de soldats et d’autres francs hommes ou d’esclaves. Sous l’ombre de quelques panneaux de bois, des Sombres se tenaient, l’arme au poing, fiers de leurs armures et de la couleur étrange de leur peau. Ils n’étaient après tout qu’une pale copie des Immortels, du moins en apparence pour ce que leur âme était tout aussi bouffie d’arrogance. Dans ce chaos ininterrompu, il n’entendait rien de ce que l’on lui disait et ce ne fut qu’au prix d’une bousculade safranée qu’il fut tiré de ses pensées.

« Trente souverains. »
« Voici. Savez-vous où je pourrais trouver de quoi me rafraichir ? »
« C’est qu’les tavernes manquent pas ici m’sire. Mais c’est que j’vous conseillerai pas celles avec les gris d’vant. C’gars là boivent du feu liquide ! »
« Merci bien. Quand repartez-vous à l’Ouest ? »
« P’avant trois bons jours. J’dois prendre une cargaison d’safran pour vos m’sires là-bas qu’aimez ça. C’te chose pue et c’qu’elle tache aussi, j’sais pas comment que c’est qu’vous mangez c’truc. »
« Trois jours. Soit. »


Le bateau n’avait rien de bien seigneurial. Une caravelle de marchand n’avait jamais rien de bien seigneurial. Ses voiles étaient rayées de bandes violettes et sa proue décorée d’une tête de diable. Le diable pourpre n’avait rien d’impérial et il venait à regretter ne pas s’être servi des navires baronniaux. De tous les marchands qui jetaient l’ancre en Merval, il avait choisi cet homme horrible et sans manières, gras et grand, sentant les épices, le poisson et l’urine. A en croire ses dires et son rude accent, il était homme du Nord et traversait les cotes et sans doute n’était-il marchand que par une étrange machination. Reste que derrière son front suintant et sa grasse chevelure, il était plus ingénieux que lui et ne s’encombrait pas de brocarts et de mailles. Son seul vêtement « est l’or que je récolte » disait-il et bien malhonnête celui qui dirait qu’il ne brillait pas autant. Un bien triste capitaine d’un bien triste équipage. Au Soleil les hommes du Nord avaient tendance à rougir plutôt que brunir et les alcools et les épices d’Estrévent n’arrangeaient pas l’état de leurs visages. Quittant le navire et ses cales aux relents de soufre, il mit pied sur le quai et se couvrit le visage. Devant le bateau, une auberge à la devanture rouge lavée par le sel avait attiré son attention et il s’y rua, avec ses quelques malles apportées pour le voyage. Trois jours avait dit le capitaine aux dents jaunies, trois jours qu’il allait payer ici. Passée la porte de l’auberge, l’odeur de poisson s’éloigna pour laisser place à une puanteur de sueur et d’alcool. Fronçant le sourcil, il chercha l’aubergiste, qui s’affairait à nettoyer ses cornes pour les resservir aussitôt. L’homme, d’une petite stature avait un bouc blond et une tête brune et son visage pourtant dépeignait une étrange sagesse. Le voyant arriver, il sourit et ses dents étrangement étaient plus blanches que celles du capitaine du Diable Pourpre.

« J’aimerais votre chambre la plus confortable, pour trois nuitées. »
« J’ai bien celle donnant sur les quais. Trois fenêtres, une pour chaque nuit que vous passerez. Attenantes sont des latrines privées et le lit est rempli de plumes. Vous aurez même un âtre, au cas où vous auriez froid. »
« Je doute que ce jour arrive. Combien pour trois nuit ? »
« Avec les malles et la nourriture, cela vous fera dix souverains. »
« Soit. Connaissez-vous un forgeron capable de forger une armure noire comme la nuit ou rouge comme le sang ?
« J’ai entendu parler d’une jeune femme, une drow. Ses semblables vont la voir lorsqu’il s’agit de se parer. Pas même une échoppe…dans un triste endroit de la ville. Trouvez plutôt un bon homme de nos terres, ils forgent les armures de la même façon que sur la péninsule.
« Pour cela, je me serais contenté de ma péninsule. Merci. »


Il n’y avait pas de nombreux quartiers à Thaar. La cité était loin de rivaliser avec les splendeurs péninsulaires et son organisation chaotique la faisait héritière d’un labyrinthe plutôt que de quelconque autre chose. Ses rues étaient sinueuses, ses bâtisses lorgnaient les rues au dessous et le caniveau inondait la chaussée presque en entier en certains endroits. Etrangement, cela ne dérangeait que lui, qui pourtant n’était pas de la péninsule. Lui avait réussi à dépasser sa condition de simple marchand d’Estrévent pour s’élever. Lui avait réussi à quitter la fange d’Ithri’Vaan et ses drows et ses simulacres de seigneurs pour rejoindre la péninsule scintillante. Mais eux. Savaient-ils seulement la beauté des terres à l’occident ? S’ils ne voyaient d’elles que leurs capitaines, il est vrai qu’on ne pouvait leur en vouloir de rester en leur cote aride et baignée de Soleil. Ce Soleil, comment pouvait-il être aussi traitre en ces latitudes ? Rien n’y faisait, ni l’ombre, ni les courants d’air, ni les couches de mousselines et de lin. L’eau même était chaude comme si elle fut tirée du ventre du Puy. Il demanda son chemin à plusieurs individus, des drows, des humains puis d’autres drows et d’autres humains. Certains étaient gris, d’autres noirs et beaucoup furent bruns mais tous s’accordèrent quant à la direction à prendre. Il n’était qu’un forgeron dans les bas quartiers de Thaar, et ce forgeron était d’une femme dont on disait qu’elle n’avait pas connaissance de la courtoisie ou des sourires. Cela l’arrangeait. Il n’était pas venu pour les sourires, mais pour le fer, pour les armures et les lances. Pour tout ce que l’on pouvait trouver de résistant, de brillant ou de mat. Une armure pour son seigneur, autant pour ses hommes. C’était là la seule raison de sa venue. Les hommes d’Ithri’Vaan sont de piètres marchands mais leur arrogance les fait vouloir trop d’or et leurs sourires sont si fétides que l’on sent les mains couper les chaines de nos bourses. Les drows avaient une autre réputation, plus pragmatique. Il n’allait pas marchander. Il allait acheter. Au détour d’une rue il tomba sur une grande place, baignée d’ombre comme de lumière. En son centre une ancienne statue, décapitée et recouverte de suie et tout autour des étals aux couleurs étranges et tristes. Les seules odeurs qui régnaient étaient celles du fer chaud et du sang coulant des bêtes pendues aux fenêtres d’un abattoir. Certains hommes criaient leurs prix, leurs poteries, leurs tissus ; trop élevés, trop cassées, trop fichus. Mais au loin, adossée à un mur pleurant des larmes de charbon, une femme semblant se fondre dans la masse de pierre. Ses traits étaient ceux d’un homme, sa couleur celle d’un Sombre. Son œil était glacé au loin et devant elle quelques armes étaient posées, sous une tente la protégeant du clair-obscur de la place. Prudemment il la rejoint, prudemment il mit la main à sa bourse et brusquement il la déposa devant elle, parlant en sa langue avec une pointe d’accent de l’ouest.

« Je suis Hespérion, au service du seigneur de Merval, grand parmi les grands de la péninsule. Voilà mon or. Il sera votre si vous m’offrez tout ce que votre talent peut faire pour protéger un homme des coups de son assaillant. »
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Arkezia
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MessageSujet: Re: D'or et d'acier [PV Arkezia]   Jeu 19 Juil 2012 - 15:51

La journée s'écoulait lentement....très lentement...bien trop lentement. Exilée des quartiers commerçants par ses confrères, Arkezia avait fini par dénicher un petit étale avec trois pierres pour le foyer de sa forge et un disque rouillé posé sur une souche pourrie en guise d'enclume. La vie n'était pas agréable ici. L'armurière n'en était pas à sa première nuit à la belle étoile, recroquevillée autour des cendres encore tièdes. Son esclavage l'ayant l'avait habituée aux mauvais traitements, ainsi la Drow ne prêtait aucune attention aux cris des oiseaux marins, aux beuglements des ivrognes qui cuvaient à chaque coin de rue, pas plus qu'aux cris cassés des misérables commerçants ou à l'odeur permanente de sang et de viande faisandée. Non tout cela elle connaissait bien, la forge de son maître lui avait bourré le crâne de sifflements stridents, de grondements sourds et d'une cacophonie de sons métalliques à vous rendre sourd. Les odeurs âcres comme nauséabondes avaient aussi été son quotidien entre les différentes huiles utilisées pour finalisé les métaux fins, les senteurs de la chaux et du souffre servant à entretenir les feux. Non cela elle n'en avait cure. Ce que la Drow apprenait à redouter désormais c'était l'oisiveté. Toute sa vie elle avait été élevée en étant surchargée de travail, de corvées et de consignes, mais en seulement quelques jours passés à Thaar, l'armurière s'était retrouvée désœuvrée. Pour la première fois de son existence il n'y avait personne derrière son dos pour lui crier des ordres, lui jeter un objet à aller ranger ou à manufacturer ou même lui passer un commande. Aucune requête, rien, l'inaction, le vide. Alors elle avait passé le temps en forgeant quelques armes et pièces d'armure, certaines même en sombracier. Puis elle avait installé un étal constitué principalement d'une pièce de tissu rapiécé, qui avait dû être rouge avant d'être recouvert de suie et d'autres tâches en tout genre. Posé à même le sol, l'ensemble formait un simulacre d'échoppe ayant la prétention d'attirer des passants quasi inexistant jusqu'a la forgeronne afin au moins, de lui faire passer le temps.

Adossée contre le mur au pied duquel se trouvait sa "boutique", la Drow avait le moral bien bas. Elle refusait de nettoyer la poussière de charbon de son visage, dans le vain espoir que conserver les traces de l'exercice de sa profession l'aide à obtenir du travail. Et puis elle remarqua qu'une ombre plus foncée venait de recouvrir ses armes qu'elle regardait depuis plus d'une heure sans les voir. Elle releva la tête pour dévisager l'inconnu. Celui-ci venait de poser une bourse tintante aux pieds de la Drow avec des gestes calculés. L'intérêt commença doucement à s'éveiller en elle au fil des déclarations de l'homme. Lorsqu'il évoqua la confection d'une armure, Arkezia se dit qu'elle tenait enfin sa chance de sortir de cette gangue d'oisiveté ankylosée et retrouver la volonté de quitter cet endroit miteux. Elle se décolla du mur et du bout du pied elle renversa la bourse de laquelle s'échappèrent quelques disques aux reflets trompés reconnaissables entre mille. Si la jeune femme conserva sa nonchalance, au fond de son regard d'acier s'allumèrent deux petites étincelles. Elle répondit à l'homme sans reconnaissance, sans délicatesse, sans politesse, toujours aussi franche et directe :


-"Messire Merval désire donc une armure et t'as envoyé quêter à sa place hein petit ?" un certain amusement mêlé de mépris est perceptible dans le ton de la Sombre. Elle se redresse complètement désormais exposant sa taille de près de sept pieds au regard du messager.

-"Alors dis-moi, quel genre d'armure lui ferai plaisir à ton Merval ?"

La prospérité du commanditaire n'intéressait pas la Drow, surtout s'il était de la péninsule. D'ailleurs ce point là aussi ne la regardait pas. Elle travaillait pour quiconque requérait ses services, si l'on se donnait la peine de la trouver c'est que l'on méritait ses talents. Mais elle préférait tout de même quand l'individu se déplaçait en personne, ou qu'il lui donne l'occasion d'une rencontre enfin, elle n'était pas vraiment en position d'être difficile, et il lui fallait vraiment travailler !
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Cléophas d'Angleroy
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MessageSujet: Re: D'or et d'acier [PV Arkezia]   Jeu 19 Juil 2012 - 17:23

Messager. Messager…Hespérion n’avait rien d’un messager. Il était membre du conseil baronnial de Merval, jadis négociant en épices et en gemmes. Il avait parcouru toutes les mers, connu toutes les cotes et vu toutes les races. Il n’avait rien d’un messager et ne comptait pas se laisser insulter ainsi. Mais avant de parler il se ravisa pour ce qu’il était en effet le grand chancelier et il n’allait pas s’abaisser à se quereller avec une drow aussi sotte que malapprise. Aurait-il du garder tout son or, ses couronnes et ses gemmes et étaler la puissance de la baronnie et la prospérité de son office ? Pour seuls habits il avait de grands pans de lin blanc, qui avec la traversée de Thaar devinrent crème et gris. Ses cheveux chatoyaient d’un éclat rouge comme le feu de la forge et ses yeux brulaient d’admiration. Dans sa jeunesse, il avait été passionné par les armures et les armes et s’était renseigné sur toutes les façons de les réaliser. Mais bien vite il comprit l’intérêt des épices et abandonna l’amour des armes. Sans doute était-ce pour cela qu’il avait été choisi par le baron de Merval, parce qu’il était un homme de lettres, parce qu’il était un homme d’argent. Parce qu’il ne risquait pas de le menacer de quelque façon. Lui, n’avait pas compris cela. Promptement il avait préféré s’entourer d’esclaves plutot que d’hommes libres, venant de l’Ithri’Vaan plutot que de la péninsule. Ceux qui avaient vu des merveilles voulaient souvent les rejoindre. Hespérion avait bati son royaume sur la servitude et il avait trouvé un empereur. Le temps des regrets était loin désormais s’il avait seulement été. La machoire serrée, le regard dur, il lui parla d’une voix sèche.

« Le très-haut, très-puissant et très-excellent prince Cléophas, premier de son nom, des maisons de Corvall et d’Angleroy, Baron de Merval et défenseur des vertus, fils de très-haut, très-puissant et très-excellent prince Pancrace, quatrième de son nom, des maisons de Corvall et d’Angleroy, Seigneur de Corvall requiert une armure. Nous ne parlons pas d’un simple…messire. Si vous avez quelque amour pour l’or et les armes, nommez-moi pour qui je suis, Hespérion. Autrement je m’en retournerai, je n’ai pas le temps d’être moqué de la sorte. »

La femme avait la peau couleur de suie, les yeux couleur de roche. Pour tout ce qu’elle avait de banal et de rustre, elle restait d’une taille impressionnante. N’était sa poitrine, elle aurait pu passer pour n’importe quel homme. Les drows entre eux se ressemblent et il est souvent difficile de les distinguer l’un de l’autre pour qui n’a pas l’œil habitué. Hespérion en avait cotoyé, des drows, mais elle était étonnante en tous points ; cela n’allait pas pour autant faire de cette créature une douce vision. Ses traits étaient bien trop bruts, à croire que les Dieux l’avaient à peine achevée. Pouvait-on vraiment penser d’une femme exerçant un métier si éprouvant qu’elle fut belle et ronde à la vue ? Et qui était-il à chercher le plaisir des chairs au cœur d’une triste place estréventine ? La péninsule regorgeait de tout ce que l’on pouvait vouloir de beau et d’agréable, pourquoi un homme de sa dignité irait perdre son temps à traverser l’Olienne, sinon pour son devoir envers son seigneur ? La statue de cendres le narguait depuis ses hauteurs, mais Hespérion n’avait rien de décontenancé et fit preuve d’assurance dans sa continuité.

« Mon seigneur voudrait l’armure que veulent les rois. Les rumeurs parlent de vos plaques comme de pièces d’un fer résistant à toute usure et déviant les lames. Ils parlent d’elles comme étant noires comme la nuit. Les armes de mon seigneur sont pourpres et dorées mais l’on dit que les entrailles des griffons ne sont que mort et désolation. Il demande une armure digne de son rang et de son nom qui a traversé les siècles. Une armure noire comme la nuit, décorée d’arabesques d’or et brillant d’un éclat rougeatre lorsque le soleil brille haut. Un harnois complet pour les grandes batailles de notre péninsule et une armure plus légère bleue comme les eaux profondes de l’Olienne. Trouvez un émail capable de tenir. »

Hespérion étudia sa réaction pendant quelques minutes et laissa peser un long silence, seulement meublé par le bruit de ses doigts parcourant le fer et le bois, le son des hommes rendant leurs diners, des rixes de rue, des orgasmes criant. C’était la musique de Thaar, loin des douceurs de la cote pharétane. Une musique à l’image de ses citoyens, brutale ; à l’image de leur langue, grommeleuse ; à l’image de leurs corps, brute. C’était là tout le charme des cités de l’Ithri’Vaan, pour ceux qui y trouvaient quelque charme. Etrangement le temps passait lentement, et cette minute paraissait se figer. Il tentait d’étudier cette femme de la comprendre mais son visage était aussi lisse que les épées qu’elle forgeait et Hespérion n’avait pas l’œil qu’avait son seigneur pour sonder les esprits. Après un long soupir accompagnant la rotation de sa tete, scrutant la place pour revenir à ce forgeron, il se décida à finir la proposition du baron de Merval.

« Enfin, s’il s’avère que vous parvenez à satisfaire ses demandes…eh bien sans doute pourrez-vous armer sa propre garde. C’est ainsi et c’est la seule proposition que j’ai à vous faire, moi qui suis si « petit » à vos yeux. Mon seigneur aurait aussi une autre requete. Vous avez une réputation particulière sur la péninsule et bien évidemment, il serait préférable que l’épée de mon seigneur soit trempée de ces sucs que vous créez avec tant de…talent. »

Car les drows n’étaient pas que de simples forgerons. Hespérion savait qu’il venait en ces terres lointaines pour une autre raison que la création d’une armure et d’une épée. Aucun herboriste de la péninsule ne pouvait prétendre à égaler les drows dans leur art. Art dangereux, art redouté, art terrible…mais sans doute le seul art qui soit efficace. Et comme tout homme qui avait vogué des années, comme tout marchand ou navigateur, Hespérion vouait un véritable culte à l’efficacité. Et pour en juger, seule l’action restait prescrite et là encore, Hespérion savait qu’il ne faisait pas tant d’efforts en vain pour ce que le griffon n’a pas de crocs pour rien.
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Arkezia
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MessageSujet: Re: D'or et d'acier [PV Arkezia]   Jeu 19 Juil 2012 - 19:58

Arkezia observa, médusée, le curieux personnage débiter son flot de titres et d'appellations. L'imagination des humains pour les choses inutiles commençait à fasciner la grande Drow. Comment parvenaient-ils à trouver un intérêt dans leurs jeux seigneuriaux, et même plus que de l'intérêt, souvent même du plaisir voir un devoir ! Elle en était presque atterrée. Au fil du discuors elle découvrit qu'elle l'avait vraiment vexé en le prenant ainsi de haut, un sourire étira ses lèvres l'espace de quelques instants. Sourire qui s'agrandit quand elle capta le regard légèrement insistant sur sa poitrine lors qu'il la parcourait des yeux. Les mâles resteront toujours des mâles quelle que soit leur race ou leur condition. L'armurière détailla l'humain à son tour. Ses vêtements de lin salis par les embruns et la poussière, conservaient tout de même un certain éclat et mettaient parfaitement en valeur, du fait de leur nouvelle couleur, la chevelure rousse et fort bien entretenue. Ses yeux, au delà de la dureté qu'il derrière laquelle il se dissimulait, étaient habités par deux flammes vives. Un homme de passion plus qu'autre chose. Cela était bien. D'ailleurs c'était sans doute cela qui était à l'origine de son cran. Car en ce lieu isolé, démuni, sur cette place aux commerçants décatis et aux bordels jaunis, il n'avait aucun moyen de savoir si la Drow n'allait pas l'écorcher vif d'une seconde à l'autre. Mais il restait là, imperturbable, et engoncé dans son devoir jusqu'a cou. N'était-il pas conscient qu'aux yeux de la Sombre il n'était rien de plus qu'une brindille ? Peut-être, peut-être pas. Ormis sa chevelure et l'éclat de ses yeux cet humain n'avait rien de particulièrement attirant. Trop petit et de constitution trop faible. Il ne semblait pas très athlétique enrobé dans ses draps de lins.

Enfin le discours de cet Hespérion s'axa sur la partie intéressante. Le sourire d'Arkezia disparut aussitôt pour laisser place à une expression impassible et pourtant plus attentive. Comparée à ce qu'elle avait eut à faire jusqu'alors, cette commande relevait de l'impossible tant elle était complexe. En réalité la Drow ne vit rien qui ne sorte de ses prérogatives excepté cette étrange demande d'une armure bleue. Cela, l'armurière ne savait pas encore comment s'y prendre. Mais le défi était des plus intéressant. Peut-être essaierai-t-elle d'exploiter les propriétés du bronze ou du cuivre tout simplement. A moins qu'elle n'emploit un revêtement pigmenté ? Les choix étaient nombreux et la Sombre doutait sur la direction à prendre. Toute à ses pensées, la Drow ne remarqua pas tout de suite que l'individu laissait planer un silence et en profitait pour l'observer. Ce ne fut que lorsqu'il reprit une triosième fois la parole qu'il put focaliser la totalité de l'attention de l'artisanne.

Après que l'homme eut proféré cette dernière réplique, qui faisait un écho somptueux à sa première déclaration, la Drow ne put se retenir d'éclater de rire. Un rire suave et sincère, communicateur s'il n'avait été moqueur. Elle le sentit se raidir et vouloir tout abandonner. L'armurière planta alors ses iris d'argent dans les siens et cessa aussitôt de s'esclaffer, le clouant sur place du regard.


-"Reste, je n'ai pas encore donné ma réponse."

La drow reprit son souffle ainsi que son sérieux et son impassibilité avant de continuer:

-"Mon rire avait pour seul but de te rappeler que tu n'est plus sur ta péninsule où vit le sérrénissime Baron de Merval. Tu es à Thaar, dans l'Ithri'Vaan et tu es en train de faire affaire avec une Drow dans un des quartiers les plus mal famés de la cité...épargne donc ta salive sur les titres de noblesses, les prouesses ou les valeurs de ton souverain ici, s'ils en impressionent certains, c'est bien loin d'être mon cas. Allons ne soit pas si coincé..."

Par pur jeu, les traits de l'armurière se détendirent aussitôt en une expression malicieuse et complice qui adressa un clin d'oeil aguicheur à l'homme tandis que les bras de la Sombre se croisait sous sa poitrine. Le mouvement avait pour but d'attirer l'oeil. Une fois le regard dévié, la position des bras, remontant les seins et les plaquant légèrement contre le torse, assurait à la jeune femme le ravissement des yeux de son interlocuteur. Elle maintint cette position par la suite, mais son visage lui reprit des accents plus durs, très légèrements adoucis par un infime sourire.

-"A part cela mettons autre chose au clair, je ne sais pas faire de poison. Je connais la réputation des Drows, mais je suis aussi capable de manipuler les "sucs", comme tu dis, que toi de marcher sur l'eau. Deuxièmement, la commande de sa Majesté semble assez précise et doit remplir plusieurs conditions contradictoires. Je peux faire le plus gros du travail avec ce que tu m'as dit pour l'instant, mais il va falloir que je demande des précisions à toi ou Clé..Cléophas c'est ça ? opur les finitions. Maintenant si tu es pressé, je ne te retiens pas, mais si je n'ai pas mes réponses maintenant il me les faudra dans la semaine. Que choisis-tu ?"

Arkezia avait décroisé les bras pour illustrer ses paroles de gestes et de mouvements. Si précédemment la compréhension de son client n'était pas nécessaire, maintenant que les affaires et les détails étaient abordés, elle avait besoin de se faire bien comprendre. Après avoir fini, elle replaça ses bras l'un dans l'autre au dessus de son ventre et attendit patiemment sa réponse.
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Cléophas d'Angleroy
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MessageSujet: Re: D'or et d'acier [PV Arkezia]   Jeu 19 Juil 2012 - 21:05

Ces sombres étaient d’une insolence inouïe. Les Dieux eux-mêmes n’étaient aussi arrogants et sans doute la couleur de leur teint était la sentence divine pour tant d’orgueil. Cette femme, pour ce qu’elle n’était dame, avait des attitudes déplaisantes et semblait jouer de ce qui revêtait une grande importance. La solennité et les graves affaires n’ont pas droit de cité passées les littoraux de la Péninsule. Seuls les sombres pouvaient tant haïr la loyauté et les valeurs que portaient les hommes de jadis. Les pharétans traversèrent la mer en les défendant et se battirent pour les conserver mais ces êtres infâmes…ils n’en avaient pas même connaissance et ce seul constat aurait suffi à Hespérion pour qu’il rebrousse chemin, retrouve son capitaine aux dents d’or et son endiablé pruneau. Mais il avait reçu de son seigneur un ordre qui n’était pas des plus clairs il est vrai mais c’était là inné chez le baron, que d’être obscur à ses plus proches amis. A croire qu’il portait en plus haute estime ceux avec qui il allait croiser le fer. Peut-être devrait-il se comporter ainsi et faire preuve de courtoisie envers le sombre branchage. Alors qu’il y réfléchissait, il suffit à la créature d’ouvrir la bouche pour que lui revinrent ses esprits. Les drows ne connaissaient rien des valeurs des hommes, ni la gravité, ni le respect des plus grands, ils ne connaitraient pas la courtoisie et riraient à toute tentative de séduction si ils y étaient présentés. Cette femme en particulier qui aimait rire de ses propres conclusions. Pourtant Hespérion avait vu clair et son œil appelait l’or. Ou n’était-ce pas plutôt son estomac qui voyait en cette bourse l’occasion de se remplir ? A cette idée, Hespérion lâcha un sourire, ne prenant pas soin d’écouter la pauvre enfant…sourire aussitôt ravalé lorsqu’elle évoqua le nom du baron. Aucun vassal honorable ne laisserait le nom de son seigneur ainsi souillé, par une bouche étrangère peinant à le prononcer correctement. Il lui laissa le temps de dérouler son tapis venimeux avant que de la couper d’une voix suave, le menton relevé, comme les seigneurs d’autrefois qui traitaient avec pareille espèce.

« Merci de me rappeler que vous êtes une drow, je craignais que mes yeux n’aient pas différencié le gris de la suie, mais après vos doux mots, soyez assuré, je vous vois pour ce que vous êtes. Savez-vous que dans la péninsule l’on parle de vous comme des « sombres » ? L’on se demanderait bien pourquoi…en effet. Ne vous inquiétez, mes yeux savent voir la pauvreté quand elle se présente à eux mais c’est ici un mur de misère qui s’élève face à moi. Je n’ai pas ici pour objectif de vous faire plier le genou devant mon seigneur dont les tapis supportent mal le charbon ; mais sachez simplement qu’à Thaar, ou Naelis, fut-ce au Puy même, le Baron de Merval reste qui il est et c’est encore lui qui vous offre une chance de ne pas basculer dans le caniveau comme une vulgaire mendiante. Dites-moi, est-ce difficile de vivre de paille et de…feu ? De ce que je sais, vous êtes faits de la même façon que nous…mais n’avez-vous pas faim ? Dois-je aussi vous rappeler que cette ville ne crie pas votre nom et ne parlent de vous qu’en mal. Chaque fois que je demandai une information pour vous trouver m’implora-t-on d’aller rencontrer un autre forgeron. Je trouve mon Seigneur assez généreux pour vouloir offrir à une personne de votre rang assez d’or pour remplir votre panse pour un an.»

Hespérion se tut, les lèvres pincées dans un demi-sourire acide de satisfaction. Les créatures affamées sont souvent vulnérables et il en était conscient. Il avait vu des hommes tuer pour du pain, d’autres pleurer, d’autres s’amputer. Mais les drows s’ils avaient les mêmes organes n’avaient pas les mêmes esprits et cette créature ne donnerait aucun de ses poignets pour la promesse d’un bon festin, ce qui lui serait dommageable. Mangerait-elle ses propres doigts, ses propres mains, ses propres pieds plutôt que de recevoir l’aumône d’un seigneur…humain ? Dégouté autant qu’intrigué, il préféra nettoyer ces idées sacrilèges de son esprit et se concentrer sur son espiègle interlocutrice et s’il était bien une chose qui soit la même de chaque coté de l’Olienne, c’était bien le jeu qu’effectuaient les demoiselles pour faire se dresser leurs compagnons. Les drows faisaient donc la cour sans connaître la courtoise. Quelle idée déconcertante. Et quelle façon de courtiser un homme que de lui exposer une gorge noircie et ruisselante de sueur. Cette femme était un parangon de vulgarité. Et la vulgarité ne touchait guère le cœur d’hommes tels qu’Hespérion, qui eux avaient reçu la grace divine et leurs vertus. Il n’allait pas laisser ce jeu vicieux pervertir son ame. Il avait connu des plus belles femmes, des femmes plus vertueuses. Toutes celles qui remplissaient les hospices de Merval avaient une ame plus pure et des formes plus appétissantes. Mais ce spectre n’éveillait en Hespérion que mépris. C’est un point qu’il allait mettre à ce jeu qui n’amusait qu’elle. Tout chez ces êtres était déplorable, jusque leur sens de l’humour aussi fétide que l’odeur de leurs corps.

« Cela est bien dommage et mon seigneur sera triste à l’annonce de cette nouvelle. Dire que vous auriez pu en être plus utile qu’un serf. Mais sachez qu’il est en Merval un bassin à la surface duquel les vertueux peuvent marcher et j’ai déjà passé cette orda…cette épreuve. Et quelles sont donc ces conditions si contradictoires ? Qu’une armure puisse défendre un homme de ses coups. Ce serait fort triste que les armures de votre pays n’aient pour vocation que celle d’être transpercées. Je connais les détails qui plaisent à mon Seigneur. Je suis en tout cas fort aise que vous reteniez son nom…Malheureusement, mon Seigneur n’est pas Roi et ne prétendrait pas à usurper le trône de Sa Majesté Eliam, premier de son nom. Demandez-moi les choses qui vous laissent dubitative et je vous donnerai les réponses qu’il vous faut. Je ne peux me permettre de rentrer et déranger mon Seigneur pour une si futile question. Vous l’ignorez sans doute, mais les seigneurs de la péninsule ont fort à faire et sont souvent absents de leurs demeures. C’est le cas du baron. Dites-moi combien de temps il vous faudra pour forger le tout ou je m’absenterai dans trois journées. »

Ces esprits demandaient de la fermeté et de la concision, car c’étaient les deux seules choses qu’ils concevaient. Hespérion avait souvent conversé avec ces drows mais après ses années dans le royaume, il avait semble-t-il oublié les rouages du commerce estréventin. "Ne rien concéder, ne surtout rien offrir ni transparaitre, disait son père, car ils mangeraient le bras dans lequel tu tiens ta bourse, simplement pour s’assurer qu’ils ne mourraient pas de faim ». Cette femme au nom inconnu n’allait sans doute plus ressentir la faim, à condition qu’elle se prouve un tant soit peu conciliante. Et force était de constater que la condition était loin de se remplir.
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Arkezia
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MessageSujet: Re: D'or et d'acier [PV Arkezia]   Jeu 19 Juil 2012 - 22:17

La toute petite faille que l'armurière avait crut déceler au travers de la forteresse maniérée et superflue du rouquin avait bien vite été colematée. Laissant place à ce regard emprunt de dégoût et cet air outré. Quel dommage, elle aurait tellement aimé jouer encore un peu avec lui et ses instincts, s'il s'y était bien pris, elle aurait même put accepter de partager sa couche. Enfin, tant pis.
Arkezia n'avait que trop peu côtoyer la "noblesse" humaine. Elle ne connaissait strictement rien à la courtoisie et aux bonnes moeurs, c'est tout juste si son vocabulaire comportait ces mots. Mais manifestement pour d'Hespérion c'était tout le contraire. Il semblait que sa vie tournait autour de ce besoin de "normalité" et de bonnes mannières, et que la moindre action de la Sombre l'écoeurait. Cette parodie d'être vivant incapable de profiter de la moindre seconde de vie sans suivre un code ou une règle n'inspirait plus que le mépris à la grande forgeronne.
Il releva la tête avec défi en lui laissant à peine le temps de finir sa phrase, vexé comme un poux, il employa ses mots à dénigrer la condition de la Drow et à lui jeter sa soi-disant générosité et sa magnanimité à la figure.
Imperceptiblement se raidit l'armurière, décroisant lentement les bras, glissant doucement ses mains jusqu'à ses gantelets de fer. Tout en prêtant une oreille distraite au reste des propos de l'être humain, tout en présentant un visage froid et impassible à cet individu soudainement hautain, tout en détachant ses outils de combats et en les enfilant un par un, Arkezia préparait mentalement ses prochaines actions.
L'homme ne semblait pas avoir compris ce que la jeune femme préparait, et continuait à palabrer sans se soucier de son attitude. Elle enregistra un nouveau nom qui lui était familier, Eliam, dans le discours acide d'Hespérion, elle retint également de cette verve spontanée un délai de trois jour avant le départ du triste sire. Trois jour pouvaient être suffisant à l'accomplissement du travail, pour peu que la Drow soit bien motivée. Mais pour l'instant si la stimulation était effectivement présente ce n'était certainement pas pour travailler.

Sans prévenir, sans avertissement, sans un cri, ni même un sifflement, Arkezia projeta son poing droit, ganté désormais, dans la poitrine de l'individu, plié en deux pour reprendre son souffle, la drow profita de ce moment pour réunir ses deux mains et abattre l'énorme masse métallique ainsi formée sur le dos du médiocre. Celui-ci s'écroula au sol dans la poussière, la boue et la crasse. L'amurière se détendit et s'acroupit à côté de lui pour vérifier son pouls. Elle avait retenu son dernier coup, elle avait besoin de lui conscient, c'était une leçon qu'il devait graver dans sa mémoire vive pas dans son inconscient. Sa respiration était revenue et au grognement de douleur elle déduisit qu'il était encore en possession de ses moyens. D'un geste négligent elle le fit tourner, puis ôta son gant droit, empoigna un morceau pas trop sale de la tunique d'Hespérion et s'en servit pour essuyer son visage de la boue qui le maculait.


-"Au risque de me répéter, ce que je viens de faire avait pour but, à l'image de mon rire précédemment, de vous rappeler que vous n'êtes PAS dans votre péninsule ici. Et aussi que je suis une Drow...et au cas où votre race ne le saurait, les Drows ont une fâcheuse tendance à la colère et la violence. Alors prenez garde la prochaine fois que vous voudrez insulter un 'Sombre'. Non je n'ai pas faim, et si je suis ici c'est de mon propre chef, je puis repartir à tout moment, mais je crois encore en cette ville tout comme je crois en vous, ce qui explique pourquoi vous êtes encore vivant."

Elle se pencha en avant et appuya ses mains sur les épaules de l'homme pour l'empêcher de se relever, toute autre tentative de défense étant soldée d'un violent coup dans l'estomac.

-"Restez allongé, ça me permet de rester calme. Donc comme je vous l'ai dit, vos demandes sont contradictoires. Vous désirez que je confectionne une armure faite pour protéger son porteur sur un champ de bataille mais vous me demandez également de l'orner de gravures et autres fioritures qui s'âbimeront très vite au cours d'un combat et qui de plus constitueront des points faibles. Donc il va falloir faire un choix. Soit je privilégie les décorations, dans ce cas l'armure sera moins efficace car les gravures et les figurations seront autant de failles exploitables par les armes ennemis. Soit je privilégie la protection en minimisant le style, mais vous pouvez être certain qu'aucun guerrier ne saurait trouver la brêche dans votre écran de métal. Se pose cette même question pour la seconde armure, quel sera son usage exact ? Si je n'ai pas cette information comment voulez-vous que je trouve la matière appropriée ? Si cette armure bleu n'est que d'apparat un minerai proche de la céramique suffira amplement alors que si, à l'image de l'autre, elle est sensée servir de protection il faudra que je trouve un alliage plus convenant, vous comprenez ?"

Elle avait prit le vouvoiement, et avait cessé de titiller verbalement le messager. Elle s'employait également à utiliser le peu de leçon de politesse qu'elle avait acquis dans un soucis de ne pas le vexer d'avantage. Elle voulait simplement lui faire comprendre qu'elle avait l'avantage en cet endroit.

-"Alors ? que décidez-vous maintenant ?"
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Cléophas d'Angleroy
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MessageSujet: Re: D'or et d'acier [PV Arkezia]   Jeu 19 Juil 2012 - 23:24

Folie ! Cette femme était l’avatar même de la folie. Et le seul bucher guérit les fous. Folie ! C’était une folie. Comment pouvait-elle croire…Croyait-elle que son statut de drow lui permettrait autant de bêtises ? Hespérion n’était pas des simples poussins qui s’engraissent sur leurs fauteuils. Jadis, son équipage mourut sous ses yeux sans qu’il n’ouvrit la bouche. Jamais n’avait-on vu une personne aussi déterminée que lui. Il était Hespérion et n’allait pas se laisser malmener par une sombre de cette espèce. Infâmes. Tous le savaient à l’Ouest, tous lui auraient dit qu’il fallait avoir perdu la raison pour aller en Estrévent. Les négociants humains savaient bien travailler sans que l’on ait besoin de s’y rendre soi-même. Mais par Néera même, quelle folie prit donc cette femme ! Cette infamie ne respirant que haine et violence. Les Sombres étaient dès leur enfance nourris de cendres et du sang des hommes. Par trois fois en silence, Hespérion implora les dieux. Par trois fois il demanda à Mogar et Néera et Arcam de frapper, d’étouffer, de bruler cette folle engeance. Mais l’Ithri’Vaan était une terre couverte de poussière et d’autres vapeurs nauséabondes si bien que les dieux n’entendent aucune prière prononcée au couvert de cet anneau maudit. Quelle insolence dictait ses paroles, elle qui pensait s’arroger le droit que seuls les dieux possèdent ? Quel être terrestre peut donc décider de la vie ou de la mort d’un autre ? Quel homme de foi…aucun. Aucun homme de foi ne serait aussi blasphémateur mais les sombres n’étaient pas des hommes de foi. Ils n’étaient pas même des hommes. Ont-ils seulement des dieux, là où semble s’arrêter la civilisation ? Ont-ils seulement un esprit capable de fonctionner d’une manière assez rationnelle pour empêcher que des poings ne s’enterrent dans le corps d’un homme aussi fortuné qu’Hespérion ? Décidément, cette créature était aussi détestable à l’intérieur qu’elle ne paraissait l’être. Prenait-elle plaisir à ainsi se croire dominante. Un coup…un simple coup. S’il suffisait d’un coup pour anéantir un soldat, les guerres seraient achevées en une nuit et un jour. Mais là encore, qu’en savaient les sombres, s’ils étaient tant dénués du don de réflexion ? Moins encore que des hirondelles, qui dans les airs savent trouver leur chemin et éviter leurs ennemis : voilà ce qu’ils étaient. Moins qu’un vil oiseau. Hespérion cracha du sang et arracha sa tunique des mains de la créature pour venir essuyer ses lèvres. Aussi autoritaire qu’elle voulait paraître, elle n’était pas sans savoir que l’on pouvait s’étouffer dans son propre sang. Le vertueux écouta les paroles rugueuses de la vicieuse couler sur lui comme un torrent d’épines puis lui répondit d’une voix aux tons changeants, avec autant d’assurance qu’il lui était possible de rassembler.

« Si l’on doit aujourd’hui interpréter le rire d’un drow…par les Dieux je crains que l’Olienne ne soit devenue capricieuse. Ma race sait bien de vous et l’on vous sait cupides, comme nous le sommes. Mais vous êtes une exception à cette loi ai-je tort ? Si bien que vous violentez une main toute faite d’or. »

Hespérion plongea ses yeux dans l’immensité morne qu’étaient les siens. Un désert de glace et de pierre, un paysage de désolation. Ellyrion après la bataille. Dans toute sa poussée d’orgueil, la sombre en avait oublié que les hommes pouvaient être pétris de quelques vices et le doute le rongeait constamment depuis ses premiers jours. Il ne se méfiait que peu des hommes mais quel homme ne se méfiait pas des sombres. Aussi ne quitta-t-il pas l’auberge aussi naïvement. Aussi n’arpenta-t-il pas les rues de Thaar aussi oisivement. Aussi ne s’approcha-t-il pas de cette femme aussi ouvertement. Aussi avait-il pensé qu’il finirait dans une pareille situation. Sous ses tissus se cachait une dague, finement ouvragée, faite dans un métal fin et léger, aussi tranchant que l’obsidienne, aussi solide que l’acier. Le pommeau et le fourreau avaient été taillés dans de l’ivoire aussi clair que les plis de sa tunique. Un gant de fer n’est que rarement fait de chair et sans doute dans la précipitation, la jeune sombre en armure ne sentit rien de la lame ivoirine sous ses épaisseurs de lin. Hespérion était allongé, et la créature fixait son visage, comme si elle attendait qu’il trahisse une émotion dangereuse, comme si elle attendait que ses épaules se lèvent. Mais ses mains pendaient au coté de ses hanches et de sa ceinture si bien qu’il resta statique et que sa main devint une araignée rampant sous la boue et la paille. Il fallut quelques efforts à Hespérion pour sentir sous sa tunique les contours lissés du pommeau de sa dague et hiératique, comme raidi par la mort il s’en saisit d’une main ferme avant que de la soulever brusquement…et d’en user pour déchirer un pan de tissu. En tombant, il avait heurté son front à quelque semblant de pavé et son front était taché d’une perle vermeille qu’il sentait courir le long de sa tempe. Il profita de ce suspens pour recracher un peu de son sang. Son regard était devenu plus noir que les entrailles du Puy d’Elda, ses dents si serrées qu’elles allaient presque s’entrechoquer, sa respiration lourde s’accélérait et se calmait en suivant un rythme de marche. Sa bouche s’ouvrit en un claquement presque argentin et sa mâchoire inférieure sembla se décrocher en un étrange sourire. Hespérion attendit de voir se déformer le visage de cette créature qui en manquait pourtant avant de lui répondre aussi sombrement que l’on le put penser.

« J’aurais pensé votre ferraille plus douloureuse. Mon seigneur sera là encore bien déçu. Deux déceptions en une seule matinée…cela ne lui plaira guère. Sachez que je ne traiterai pas ainsi allongé dans la boue. Je me fiche de vos considérations techniques et que Mogar emporte votre forge s’il le veut je n’en ai cure ! Je ne traiterai pas ainsi. Dans cette bourse, il y avait près de trois cent souverains d’or. Je dis bien, « avait », car vous pensez bien que je ne me serais pas présenté à vous si richement. C’est incroyable à quel point le fer et quelques doreurs peuvent imiter l’or, vous ne trouvez pas ? Maintenant si vous voulez cet argent, relâchez-moi sur-le-champ ou tranchez moi la gorge, je n’ai pas de temps à perdre en esbroufe et futilités de la même nature. Vous n’êtes pas alchimiste, d’autres le sont et trouveront votre trace aussi facilement que moi s’il advenait que le mot de ma mort arrive à Merval…et croyez-moi que je pris assez de dispositions pour qu’il arrive quand bien même je serais en vie. Vous voyez…nous avons chacun nos choix à faire. »

Non. Hespérion n’était pas un griffon. S’il en était un, il ne serait pas venu dans ce cloaque en premier lieu. Mais il avait appris à sortir ses griffes au moment opportun et à ne montrer qu’une patte velue lorsqu’on le lui demandait. Ces maladresses devaient être le lieu de bien des négociants, pensa-t-il alors. Combien finirent pendus entre deux auberges, ou noyés dans un tonneau d’alcool, dans un quartier aussi sombre que celui dans lequel il s’était enfoncé ? Penser à de pareilles choses n’allait pas rendre l’affaire plus belle et voilà que la bile venait se mêler au fer qui lavait son palais en vagues écarlates. Les drows crachent-ils aussi du sang ?
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MessageSujet: Re: D'or et d'acier [PV Arkezia]   Ven 20 Juil 2012 - 12:04

N'y avait-il donc que l'argent, le politiquement correct et l'indignation dans les esprits de ces nobles humains ? Il était presque inconcevable à l'armurière, habituée à voyager, à découvrir et à s'adapter, que l'on puisse voir le monde de façon aussi cadrée. Cet homme ne dépendait-il que de ses règles ? Fourmi inconsciente, simple goutte d'eau dans l'océan de ses obligations, il se laissait abusé et idolâtrait cet homme, ce Cléophas qui au final contrôlaient plus que ses simples actions. Ce ne fut plus le dégout mais la nausée qui saisit la Drow. En cet instant, dans cette position si délicate, il n'osait même pas user de sa seule arme pour essayer de se défendre, il se reposait uniquement sur des suppositions, des espérances de vengeance qu'il pensait acquise.
Comme il sera facile de mettre fin à cette vie misérable, si l'on put appeler ça une vie. La dague que l'homme tenait entre ses mains ferait largement l'affaire. Une incision d'un côté à l'autre du cou, une mort rapide, mais douloureuse, étouffé dans son propre ichor, Hespérion n'aura même pas le temps de crier ou d'appeler à l'aide, de toute façon qui serait venu ? Puis il suffira à l'armurière de trouver un membre de son équipage, de son escorte ou qui que ce soit et remettre le meurtre sur le dos des lames dansantes. Elle aura déjà quitté les lieux lorsqu'ils retrouveront le chancelier piteux, le corps restera sur place, dans toute sa disgrâce. Il n'y eut plus personne pour pister la Sombre et remonter sa trace.

Comme cette idée était douce, quel agréable baume à son esprit courroucé. Le mouvement se dessinait dans son esprit, il ne restait plus qu'a tendre le bras. Déjà le regard de l'armurière se perdait sur la lame finement ouvragée de ce cadavre en sursis. Elle se demanda alors comment ce Hespérion pouvait-il toujours être en vie en réagissant ainsi si tôt qu'il se trouvait dans l'embarras, ou soumis aux moqueries. La vie est pleine de mystère, c'est ce qui la rend si passionnante. Mais l'heure n'était pas aux élucubrations. Après réflexion elle ne tuerait pas aujourd'hui, à moins qu'il ne prenne l'envie à sa seigneurerie de remettre en jeu sa vie sur un coup de tête bien mal réfléchit...
Qu'allait-elle donc faire de ce client qui lui promettait des fortunes imaginaires tout en étant incapable de comprendre la situation à laquelle il avait affaire ? La bourse ne contenait donc que des morceaux de fer et de la dorure ? Que pouvait-elle en faire. Le sourire de la forgeronne fendit son visage tandis que l'illumination atteignait son esprit. Ainsi il croyait l'avoir dupée et abusée ? En un sens il n'avait pas tort. Mais il fallait d'abord qu'elle vérifie un petit détail concernant cet "or".
Ignorant désormais complètement le chancelier, l'armurière se détourna pour s'emparer de la bourse renversée. Elle en sortit plusieurs pièces et examina leur forme, et leur facture. Le travail était remarquable, il était difficile de déceler une faille dans le simulacre sans y regarder de près et avec la bonne luminosité. Ses yeux se mirent à nouveau à briller d'un intense éclat lorsque son regard se posa sur l'humain encore une fois. Malice ou rage ? Triomphe ou défaite ? Le visage d'Arkezia ne donnait pas plus d'indice que cela sur son nouvel état, peut-être ses paroles éclaireront-elles d'avantage l'humain en contrebas :


-"Je ne veux plus traiter avec toi, tu ne comprends rien, tu n'essais même pas, ton or ne m'intéresse pas. Il n'y a que les fous pour l'utiliser à tout va et considérer qu'il est la seule valeur ici bas. Retourne dans ta triste péninsule avec tes trois cents souverains, ton Cléophas et tes notions ridicules. Mais si cela peut te rassurer tu m'as apporté bien plus que ces quelques pécules."

Elle avait eut raison d'espérer. Il lui avait redonné du travail. Et un travail fort intéressant à vrai dire. Car si la Drow n'accordait pas autant d'importance que d'autres à la monnaie, elle n'en était pas non plus désintéressée et était elle aussi victime de l'avarice qui rongeait ses frères. Ces imitations étaient des bénédictions, à la fois idées et modèles, elles allaient constituer un excellent sujet d'étude et deviendront sans doute une future source de fortune. Grâce à l'homme, avec un peu de fer et de la peinture elle espérait pouvoir plus tard se tirer des coups durs.
Lors ignorant l'humain sans remords, elle ferma les yeux et se concentra, l'oisiveté n'était plus, le travail l'attendait déjà. Sa main saisit, dans l'une des bourses à sa ceinture, une petite relique d'étain dont la forme faisait écho au tatouage noir dont son front était teint. Jetant le symbole au sol elle puisa dans son énergie et, grâce au savoir durement acquis, elle fit apparaître une enclume en pierre taillée. Si ça forme est grossière, sa dureté n'est plus à démontrer. Examinant à nouveau l'une des pièces qu'elle avait récupérées, la Drow se mit à en tester les différentes caractéristiques sur son enclume fraichement créée. Résistance aux chocs, souplesse, dureté, autant de critères qu'elle se devait de connaître parfaitement avant d'envisager la façon de procéder pour les reproduire. Bien sûr elle n'avait plus cure des action d'Hespérion, même si elle y prêtait encore une légère attention, la prudence n'est jamais superflue, quelle que soit la situation.

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MessageSujet: Re: D'or et d'acier [PV Arkezia]   Sam 1 Sep 2012 - 1:17

Il allait garder une bien amère expérience de ce court séjour thaarin. C’est en ces moments, qui pourtant n’étaient pas nombreux, qu’Hespérion se demandait ce qui lui avait pris d’abandonner ses comptoirs pour rejoindre les cours. Dans sa jeunesse n’avait-il pas toujours aimé les couronnes ? C’étaient les couronnes qu’il appréciait et non pas traiter avec d’aussi basses espèces que les Drows. La basse race, qu’il l’appelait. Sa pensée n’avait eu le temps de se dissiper ou de se rassembler qu’en un éclair elle s’était rendue à son atelier, minable forge plus apte à bruler un pain qu’à forger une épée. Les rumeurs toujours sont enduites de vérité, et celles à son sujet en étaient même trempées. La soif d’aventure d’un marchand ne convenait pas aux ambitions d’un homme de cour, il l’apprenait à ses dépens. Certes il n’était plus enveloppé d’une fierté aussi robuste qu’une armure, mais qu’a-t-on à vouloir paraître fier devant des êtres infâmes ? L’indignité de cette race ne savait rien du respect…et dehors les murs de ce sinistre quartier, il était toujours Hespérion. C’est ainsi qu’abandonnant toute idée d’arracher à cette bouche noirâtre des formules de courtoisie qui lui auraient ensanglanté la gorge, il se débarrassa des saletés qui mouchetaient son habit somptueux. Se tournant vers elle, elle qui était encore plongée dans la fournaise et ne voyait que cendres et étincelles, il voulut agir.

« Quelle laideur pouvez-vous faire naitre d’une forge si minable ? A tenir ce discours à tous vos clients, pourquoi s’étonner que vous viviez dans la fange et la sueur ? Vous etes bien une sombre, votre couleur, votre sang, votre caractère ; tout vous trahit. Vos mots sentent la mort et vos gestes la traitrise. Vous vous pensez plus haute que les Hommes mais quelle sotte vous faites à ainsi renier votre amour de l’or quand vous vous précipitez sur une bourse que l’on vous tend. Vous mourrez comme vous etes née, dans la puanteur de votre race et dans le chagrin des Dieux. S’ils auront quelque pitié ils vous laisseront graver votre nom misérable sur une pièce forgée de valeur très douteuse mais que vous réussirez à vendre à un marchand plus sot que vous, qui s’il est de votre espèce sera aisé à trouver ; l’exposant alors à la vue de marins venus de contrées méconnues et parlant des langues inintelligibles. Un voleur, un pilleur récupérera votre arme et si chanceuse vous etes, vous recommandera pour la qualité de vos cure-ongles. Mais au-delà de cela, vous n’etes rien. Jetez vous, tete la première, dans ce feu de camp étouffé qui vous sert de forge et vous ferez à vos dieux ridicules une faveur inestimable. Je crache sur vous et sur la putain qui vous servit de génitrice et prie tous les panthéons que les vivants imaginent pour qu’elle pourrisse dans une sépulture d’aussi bonne facture que vos armes et croyez que je lui fais ici un grand honneur. Mad…pauvre hère, mourrez ici. Et je suis encore gentil ».

Mais ces pensées restèrent muettes. Il ne se contenta de cracher au dos de cette créature le sang qui venait baigner sa langue et s’en retourna avec fougue vers le centre de la cité. Pour autant, il n’avait pas accompli la mission qui lui avait été confiée. Se résignant à suivre les conseils d’un tavernier, il alla trouver un de ces forgerons à la peau plus claire et la langue moins rude et lui donna des ordres clairs et une bourse d’aussi bonne facture que la première. Les yeux des Sombres voient sans doute aussi mal que ceux des Humains et la meme quantité d’étain lui servit à se procurer une armure de la plus belle facture. Talentueux mais idiot. Ceux-là, Hespérion les avait beaucoup connus et espérait en connaître de plus nombreux. C’était avec eux qu’il réussissait à commercer…les marchands n’aiment rarement le défi et se contentent bien du sot qui prend pour de l’or le moindre fer doré. Qu’il était heureux de voir que les temps avaient changé. Il profita de la réussite du subterfuge pour obtenir un habit plus propre et taillé dans la façon de Thaar et aurait paru de la région si ses cheveux n’avaient pas la couleur d’un champ de paille en flammes. Hespérion ne mit pas de temps à retrouver le navire qui l’avait mené jusqu’ici et pouvait s’autoriser d’y remettre le pied et de revivre une telle expérience. En ces moments, il se sentait jeune, comme il l’avait été bien que certains pensaient qu’il était né dans ses années mures. Avant de quitter Thaar, il trouva un jeune enfant, passant là et lui remit une des ses pièces dorées en lui demandant de trouver « la plus infame boulangère du quartier des forges » avec un message aussi concis qu’il était lourd de sens.

« Le jour où un Homme acceptera une de vos futures pièces, revenez vers moi et vous aurez le respect dont j’ai manqué jusqu’alors.»

Griffon, griffon…Hespérion lui n’était qu’un petit lion, petit lion.
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