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 Mettre Pharembourg au pas

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Aetius d'Ivrey
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MessageSujet: Mettre Pharembourg au pas   Jeu 16 Aoû 2012 - 23:14

Au bord de la rade, le conseiller personnel du comte de Scylla, Hubert, qu’on avait fini par surnommer « l’habile », se tenait, dos tout courbé, accompagné d’une centaine de cavaliers. A sa gauche, les deux tours de l’Arsenal obombraient le port, et dans au côté des quais militaires mouillaient quelques galéasses revenues en urgence des îles estréventines, avec son lot de maroufles et d’hommes d’armes, autant d’assassins en brigandine ramenés des Possessions pour mettre un terme au climat de guerre privée qui empoisonnait la cité. Les vieilles querelles aristocraties avaient repris le dessus lorsque le comte avait déserté la ville pour s’occuper des affaires royales, et « Ocèbe et ses amis », qu’on aurait aussi bien pu surnommer parti anti-comtal, avait profité du chaos dans la Brande, les collines au nord du comté, pour se lancer dans une grande accusation d’Hubert et ses sbires. L’affaire aurait pu ne rester que politique – en apparence – si l’un des cousins d’Ocèbe, échauffé par quelques moqueries, n’avait poignardé un autre cousin (qui était aussi ennemi mortel, comme cela arrive souvent dans la société des patriciens). Depuis, les choses s’étaient tendu, et une vague de vendettas était passé sur l’élite de Pharembourg.

Voilà pourquoi Hubert, accompagné d’Arapienzzo « Prestépée, » compagnon du comte (et bien entendu cousin de l’assassin comme de l’assassiné), attendait l’arrivée de Vincente Manolesti, Envoyé du régent, et ses mercenaires, pour mettre au pas la cité.
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Vincente Manolesti
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MessageSujet: Re: Mettre Pharembourg au pas   Mer 22 Aoû 2012 - 17:13

Sur le pont du dromon les hommes de Manolesti effectuaient les dernières manœuvres à l’approche du port pharétan afin de pouvoir accoster. Pendant ce temps, l’ambiance était décontractée du côté du vicomte qui sourire aux lèvres écoutait en compagnie de Vespucci son navigateur et de Bash, une mésaventure de notre ami Hector Malaki lorsque ce dernier était encore duelliste à Thaar.

" Ce qui est important dans cette botte c’est le recul au moment de la parade.

- Si fait mon sieur, mais l’homme d’en face ne l’a compris que trop tard. Heureusement pour lui j’étais encore trop saoul de la veille pour piquer juste, mais à ce qu’on m’a dit, il ne pourra plus parler de manière claire et audible. "

Tous lâchèrent un rire avant que Vincente qui jeta un œil sur le port reprit un peu de sérieux.

" Ah, nous arrivons, que les hommes s’équipent et se tiennent prêt à débarquer, mes enfants vous allez pouvoir vous dérouiller un peu. "

Il est vrai que depuis que le vicomte avait quitté son poste de régent d’Ydril, les hobereaux du levant rongeaient leur frein dans le comté, s’acquittant de petit contrat et de quelques taches annexes plus discutables pour le compte de Manolesti qui possédait quelques intérêts privés depuis la régence. Quoiqu’il en soit, ce contrat tombait à pique afin de stimuler les hommes et ne pas les laisser s’encrouter dans leur vie dédiée à la boisson et à la débauche. C’était donc avec complaisance que l’homme au chapeau avait répondu à l’appel du nouveau régent du royaume, le comte de Scylla, lorsque celui-ci l’avait mandé pour aller remettre de l’ordre dans un comté touché par le chaos et la sédition. Sans doute que le fait d’avoir mis Ydril au pas lui avait fait bonne presse, du moins assez pour ce genre de besogne, mais il était là et son dromon ainsi qu’une galéasse scylléenne qu’on lui avait détaché pour l’occasion venaient de s’amarrer au quai. Mettant le pied à terre le premier notre protagoniste sourit à ce bon vieux Hubert, ouvrant ses bras tel un frère (ou un marchand cupide) :

" Messer Hubert quelle joie de vous revoir, même si notre rencontre se déroule en de si triste circonstance. Je vois que le comité d’accueil est fourni et je suppose que nous n’allons pas nous attarder avant de se mettre au travail. Le régent n’a pas eu le temps de m’expliquer en détail les raisons de ma venue ici préférant laisser à votre bon soin de me mettre au courant de la situation. Peut-être pourrions-nous nous asseoir et discuter de l’affaire autour d’un verre pendant que mes hommes débarquent des navires ? "

Se retournant vers Bash et Halarik :

" Je vous laisse les rênes le temps que l'habile Hubert m’explique la situation. "


Dernière édition par Vincente Manolesti le Mar 28 Aoû 2012 - 23:16, édité 2 fois
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Aetius d'Ivrey
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MessageSujet: Re: Mettre Pharembourg au pas   Dim 26 Aoû 2012 - 22:13

« Messire Envoyé, finit par prononcer d’une voix chevrotante le vieillard impotent que jouait Hubert depuis des années, s’inclinant légèrement pour éviter toute accolade. Politesse froide, dont le fameux envoyé ne tint pas compte. Ce serait un plaisir de partager une coupe en cette chaude journée, conclut-il alors qu’un page s’en venait avec un cheval pour Manolesti et des instructions pour les centaines de soudards qu’ils amenaient – et qu’il fallait bien loger, avant qu’ils ne servent.

La discussion se poursuivit dans le palais de l’Arsenal. En l’absence du comte et à cause de la destruction de Bordefente, ce vieux château berceau de la maison des Pharembourg, le palais de l’Arsenal, qui accueillait la Questure, était devenu le cœur politique comme économique de la cité et de ses Possessions maritimes. Tous les mois, d’innombrables réunions rassemblaient les plus puissants hommes de Pharem, les pères des familles les plus nobles et les plus riches, tous les représentants, en somme, de l’oligarchie qui régnait depuis l’arrivée des voiles pharétanes sur le pays alentour. Souvent, cette aristocratie de marchands et de marins avait décliné, plus souvent encore elle avait abattu l’homme qu’on leur avait donné pour les commander. Les régents langeciens et les comtes des Pharembourg avaient parfois été puissants, mais plus souvent décapités ou cloîtré dans leur forteresse, au-dessus de la cité.

Le comte Aetius avait débuté un règne maigre, certes, mais ambigu. Homme fort, il avait fait brillé, de nouveau, la cité de Pharem, et avait donné aux patriciens comme au peuple des terres par-delà les flots. Secondé par un homme d’Etat digne de ce nom, l’habile Hubert, le bon comte de Scylla avait laissé en paix cette aristocratie suderone qu’il ne connaissait guère et qui ne l’intéressait pas plus que ça. Il avait même, sous les conseils de son avisée Eminence grise, donné plus de pouvoirs à celle-ci, créant le Concile de la Questure, vaste sénat où les plus puissants hommes d’affaires de la côte olienne discutaient commerce et comment le comte, leur principal partenaire, allait pouvoir aider l’accroissement de leur fortune – exponentiel, comme la cupidité des Marchands.
Hélas, quand le dit comte fut appelé à des causes plus hautes, les vieilles habitudes de la cité reprit le pas, les affaires de famille, vieilles de dix siècles pour certaines !, qui s’emmêlaient souvent aux affaires de politiques, avaient redonné naissance à l’esprit factieux des princes-marchands. Parce que l’on détestait son cousin ennemi partisan du comte, on crachait sur les libéralités de celui-ci et s’enhardissait à le prétendre mauvais pour le bien commun de la cité. « Vice cruel de ces vieilles familles forgés pour dominer ou résister ! » s’écria un Hubert rougi par un Côteaux-du-Treyve pas si dégueu, et de continuer en expliquant le nœud gordien qui s’était filé sous ses yeux impuissants.
Ocèbe, fils d’Ocèbe, était de ces Conciliaires influents et parmi les plus riches. Descendu de nouveaux riches, son clan s’était offert de l’honneur avec quelques mariages bien amenés et, surtout, l’achat compulsif de grandes propriétés dans la plaine scylléenne. Son père, grand mécène et grand capitaine, avait fait sa gloire sur deux victoires héroïques sur les pirates thaarii, et avait laissé à son premier fils son prestige politique, et à son second le contrôle du sanctuaire de Saint-Oste, l’un des temples rouges de la cité libre. Aussi Ocèbe, à la tête du plus puissant clan de Pharembourg, s’était décidé qu’il était temps d’éprouver le comte, et devait fantasmer des rêves d’hégémonie sur le reste des familles. Ses manœuvres étaient des manifestations pures de patience et de subtilité, mais le reste des princes-marchands, toujours jaloux de leur pouvoir et de leur prestige, le détestaient un peu plus à chaque nouvelle rumeur sur Ocèbe.

« Et c’est à ce moment que vous intervenez. En les assassinant, lui et toute sa famille. »

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Vincente Manolesti
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MessageSujet: Re: Mettre Pharembourg au pas   Mer 29 Aoû 2012 - 2:04

Dans un bureau spacieux aux riches tentures et aux meubles de bons goûts, on s’était mis à l’abri du soleil et de la chaleur pour pouvoir discuter au frais. La petite fenêtre qui donnait sur le large envoyait quelques sons de la mer dont notamment le bruit d’oiseaux de rivage qui alertèrent Manolesti quelques secondes jetant un coup d’œil par la fenêtre tout en dégustant le vin qui était dans sa coupe. Reposant le breuvage et jouant avec son verre, le pirate écoutait avec un intérêt tout à fait relatif le bon Hubert qui essayait de lui expliquer les tenants et les aboutissants de cette affaire sudéronne. Les villes du sud paraissaient toujours plus complexes que les villes du septentrion, l’économie et les acteurs venaient toujours tous compliqués dans la politique et on pouvait facilement constater que les villes marchandes tel que Pharembourg possédaient un nombre très important d’acteurs. Enfin ce n’était pas non plus pour déplaire au vicomte qui après tout avait grandit dans le coin et qui connaissait assez bien les règles du jeu, malgré que sa vie ne se soit rapidement aiguillée sur les rails de la prêtrise.

Le chef des mercenaires au fil du récit commençait à voir plus clair dans l’affaire et de toutes manières il se doutait-pendant le voyage qu’il l’avait amené ici-de quel genre de services on allait lui demander dans une querelle aussi délicate et où l’arbitrage était une manœuvre très chirurgicale; où il fallait employer des hommes compétents. Vincente retirant son chapeau, vida son verre avant de se resservir tranquillement :

" Une bien triste histoire que vous me contez là, messer Hubert. Cependant celle-ci n’a rien de bien étonnant, les praticiens ont toujours étaient avide de pouvoirs et de gains. Le fait que le pouvoir comtale se soit éloigné de Scylla a donné des ailes au plus téméraires d’entre eux et conforté dans leur entreprises passées, ils ont cru pouvoirs une fois de plus se substituer au pouvoir en place. Je vois ainsi que ce Ocèbe cause bien des tracas mais j’aimerais en savoir un peu plus sur ce dernier. Pourquoi devons nous l’éliminer ? Ce dernier deviendrait-il un trop gros poisson ? Servirait-il d’exemple ? A moins que cela ne soit pas adoucir le reste des princes marchands ? Remarque maintenant que j’y pense, sa mort peut très bien remplir les trois offices à la fois. "

Dit le pirate tout en sortant sa pipe. C’était une longue pipe effilé qui avait été gravé d’arabesque dans style rappelant les vagues de la mer ou les arts elfiques. Bourrant le tabac, Manolesti sorti une pierre à silex et alluma le foyer avant de tirer quelques bouffées qui embaumèrent la pièce d’un parfum rappelant la cannelle ou quelques senteurs de vanille, un tabac exotique et sucrée assurément. Méditant quelques minutes sur sa chaise fixant son homologue d’un visage espiègle tel Sentenza le grand corsaire que l’on disait aussi roublard que cruel, Manolesti laissant le temps en suspens pendant qu’il s’avouerait les arômes de sa fumée. Puis, laissant passer les justifications de l’habile Hubert, le pirate reprit :

" Je suppose que l’entreprise ne sera pas aisé, vu le nombre de mercenaires engagés. Je suppose que vous avez des indications concernant l’effectif de " l’ennemi " et peut-être même un plan d’action concernant la solution à cet épineux problème ? "



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Aetius d'Ivrey
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MessageSujet: Re: Mettre Pharembourg au pas   Lun 10 Sep 2012 - 23:26

« Oh non, non, rien de tout cela. » sourit Hubert avec bonhommie. « Ocèbe essaye de déstabiliser l’autorité du comte, qu’il considère comme un étrange. Il terrorise les rues et les marchés, et certains de ses amis s’en sont déjà pris à de nobles patriciens de notre paisible cité. » Bien sûr, le vieillard passait les détails fastidieux. Il oubliait de mentionner les bandes de voyous qui s’armaient dans les albergeries pharembourgeoises, prêtes à faire couler le sang pour leur patron, Ocèbe ou un autre. Il mettait également de côté que ces mêmes bandes s’étaient déjà senties assez fortes pour bloquer des quartiers entiers de la cité, et que si leur audace persistait, les ports maritime comme fluvial finiraient engorgés et isolés par des dizaines de porte-glaive. Une situation peu reluisante en pleine saison de navigation, dans le plus important port de l’Olienne.

Les raisons de ce meurtre sauvage étaient également pécuniaire, on voulait s’emparer des riches domaines d’Ocèbe, et politique, on voulait réduire les vieilles mécaniques velléitaires des anciennes maisons, mais la cause la plus forte était purement personnelle. Hubert, ce brave Hubert, avait passé dix ans à Pharembourg, d’abord en tant que valet d’Hannibal de Roch, comte scylléen aussi habile qu’éphémère, puis comme simple ombre, politicien mercenaire trempant vaguement dans les mauvais coups et l’espionnage pour le compte de ces familles patriciennes imbues d’elles-mêmes. Son talent avait été récompensé par du mépris et de la méfiance, et il avait subi avec une patience infinie l’idiotie et la vanité de la noblesse locale. Aetius avait été pour lui l’instrument de son influence à la cour comtale, ce qui avait décuplés les mauvais mots lancés à son égard, les plaisanteries badines sur ce majordome parvenu, ce vieillard impotent.

Nul doute que, pour une fois dans les calculs de l’habile Hubert, un peu de ressentiment s’était glissé. La vengeance n’était certes pas le motif unique de l’assassinat d’Ocèbe, mais elle était le sel qui donnait au futur massacre tout son goût. Le majordome parvenu avait envie de s’offrir l’anéantissement d’un nom ancien et illustre, le vieillard impotent voulait écraser Pharembourg pour y marquer la trace de son pied.

*

La Questure avait été réunie en urgence, le soir même. Et, sous le soleil mourant, alors que sur la place on rangeait les tréteaux, que les cabaretiers fermaient les vantaux et que les paysans venus vendre leurs fruits ou leur froment remballaient leurs étals de fortune, l’agora laissait place aux patrices et à leurs spadassins. Rares étaient les Conciliaires qui s’étaient abstenu de répondre à la convocation, et même les plus prudents étaient descendus de leurs villas du plat-pays pour participer à cette réunion aux motifs mystérieux.

Ainsi défilaient-ils, les princes-marchands de Scylla, emplissant de leur grosse voix les cours du Palais de l’Arsenal, rejoignant d’un pas lourd tonnant contre les dalles de marbre la Chambre du Dôme. Ce lieu antique, qui avait accueilli en d’autres temps les conseils de guerre des pirates pharétans comme les mariages rituels entre la cité de Pharem et l’Olienne, avait un pied dans la mer de la rade pharembourgeoise et la tête, couronnée de tuiles de bronze, levée vers le ciel crépusculaire. En son sein déjà s’installaient les premiers. Ils avaient laissé aux portes leurs porte-glaive, car aucun homme armé n’était toléré dans la Chambre, à moins qu’il fût un dignitaire étranger ou le comte lui-même. Les cathèdres de bois noir s’emplissaient doucement, et à mesure que le soleil se couchait, embrasant dans un baroud d’honneur les longues et étroites fenêtres qui brûlaient de mille nuances d’ocre et de rouge, les chuchotements des gros hommes s’amplifiaient. On s’interrogeait sur la cause de cette session extraordinaire, sur la venue d’Ocèbe et sur celle de Manolesti ; on demandait son avis aux Questeurs, qui étaient aussi perdus que le reste des Conciliaires, alors on se retournait vers ses compagnons et s’interloquait ensemble.

Ocèbe arriva finalement, accompagné de l’habile Hubert, dont il tenait la main, car la vieillesse rendait le conseiller faible. Ces deux-là étaient le jour et la nuit, Ocèbe avec sa chevelure de boucles d'or, sa beauté presque juvénile et sa hauteur, Hubert avec son air abattu, son dos croulant comme une ruine, son regard vieilli par les luttes et le temps. Arrivés au seuil des portes, ils se séparèrent dans un geste amical, arrêtant pour un moment une conversation courtoise qu’ils semblaient remettre à plus tard. Alors les deux hommes rejoignirent leurs alliés à chacune des ailes de l’hémicycle tandis que la Chambre ombragée s’illuminait de flambeaux et de lumignons.

C’est la dernière vue qu’eut l’Envoyé du Comte, Vincente Manolesti, de l’assemblée. On ferma les portes, et il resta dans le corridor de marbre qui reliait la Chambre du Dôme au reste du Palais de l’Arsenal. Il n’était pas seul, certes, une poignée de serviteurs et de braves-à-gages attendaient avec lui, ainsi qu’une bonne cinquantaine de ses propres mercenaires. Le reste ne fut plus que des paroles étouffées. L’habile Hubert avait, semble-t-il, pris la parole, et si l’on croyait le débit de sa voix, il lisait un message de son seigneur l’Ivrey. Il ne passa pas deux minutes avant que l’assemblée n’explose dans un tonnerre de cris et d’insultes. Au-dedans, on reversait son siège et criait contre Hubert ou d’autres, tandis que le vieillard imperturbable persistait dans sa lecture haussant le ton pour se faire entendre. Et au milieu de la cohue, à travers les murs et les portes, Vincente put entendre entre « trahison ! » et « félonie » la voix implacable du vieux conseiller annoncer à Ocèbe sa mort.

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Vincente Manolesti
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MessageSujet: Re: Mettre Pharembourg au pas   Dim 16 Sep 2012 - 22:29

" Si j’entends bien l’affaire messer Hubert, nous agirons tel des libérateurs de la pandémie qui gangrène cette ravissante citée. " Dit Manolesti sourire de connivence aux lèvres.

***

Les quelques heures qui suivirent passèrent vite entre les conversations, les directives à donner et le tout sous une chaleur d’été, on avait l’impression que tout se déroulait au ralentit. C’est dans les heures rafraichissantes et bienfaitrices du début de soirée, où l’astre solaire cédait un peu de terrain sur sa domination impitoyable que le conseil des patriciens vint à se réunir en urgence. C’est là, que le vicomte après avoir accompagné une partie du chemin l’habile Hubert et Ocèbe s’adossa au mur et vit les portes se refermer sur l’hémicycle. Pendant leur petit trajet l’éminence grise de Scylla avait fait les présentations entre l’homme au chapeau et messer Ocèbe et le courant était bien passé. En effet Ocèbe malgré une attitude quelques peu hautaine dû à sa position n’était pas dénué de charisme et on pouvait facilement s’imaginer que ce derniers avait les faveurs de la citée et de ses partisans grandissant. Pensant que la réunion durerait quelques minutes voire se compterait en heures, Vincente au milieu des tireurs et autres ferrailleurs, sortit sa pipe et après l’avoir préparé se mit en tirer quelques bouffées.

Mais alors que le pirate se laissait aller à la contemplation de l’architecture des lieux, la situation sembla dégénérer au sein de l’assemblée, le ton montait et on entendait Hubert donnait de la voix pour essayer de couvrir les voix de ses homologues dont la bronca était vivace. C’est à ce moment là que les portes s’ouvrirent avec fracas pour laisser passer un Ocèbe furieux et au visage pourpre. Mais son visage gorgé de colère changea d’expression passant de la rage à la surprise lorsqu’il se retourna-interpelé par Manolesti -pour voir arriver un coup de poing à tuer un buffle droit dans le menton. L’homme déstabilisé, ne sachant plus était l’avant de l’arrière se retrouva au sol pendant que son assaillant lui prodiguait d’énergique coup de lattes dans les côtes. A cette agression les spadassins à la solde d’Ocèbe et des autres maisons sortirent leurs sabres alors que les mercenaires du pirate firent de mêmes. Après une rapide échauffourée, où dénombra un mort et un blessé, les hommes du levant maitrisèrent facilement les quelques gardes qui préféraient perdre leurs contrats plutôt que la vie. Devant ce tour de force, on préféra escorter Hubert qui grondait à ce que l’on enferme le traite Ocèbe sous sa garde afin que ce lui soit jugé et reçoive la sentence qu’il mérite. Alors que Manolesti embrassait son poing se disant qu’il avait toujours le truc, ses hommes vinrent l’assister et l’on ramassa le patricien inconscient et amoché du sol dallé afin de le transporter sous bonne garde et de le jeter dans l’un des geôles du palais.

Cette nuit-là, pendant qu’Hubert sous bonne garde s’occuperait de paperasses et détendrait ses rhumatismes avec la charmante Alexia, Vincente aurait une soirée chargée. Il fallait frapper fort, il fallait frapper vite avant que les partisans d’Ocèbe et ses forces n’aient le temps de se regrouper pour contre-attaquer. Cette nuit le sang allait couler, on devait démanteler l’empire océbien et débarrasser la citée de cette racaille qui complotait et vérolait la bonne marche des choses. Cette nuit, la ville s’éveillerait, ouvrant d’abord des yeux d’un rouge incandescent, fumant; puis dans un cri elle prouverait que le mal fut exterminer. Et c’est ce qui se produisit, peu de temps après l’arrestation et la débâcle qui s’était déroulé au palais, Manolesti s’en était retourné auprès de ses troupes et avait donné les ordres. Bien renseigné par Hubert pour qui la ville ne comptait plus de secrets, on dispersa ces escadrons de la mort dans les rues et venelles de ville. Manolesti à la tête de l’un d’elle entra avec fracas dans un tripot tenu par des pégriots à la solde du traite. La lame au poing le pirate embrocha le premier badaud venu, rejetant salement le cadavre et poussant les tables alors qu’à sa suite ses soldats de fortune investissaient les lieux. Une fois la surprise passé, les séides tentèrent de riposter et la taverne devint petite, l’on se senti rapidement à l’étroit lorsque les deux bandes à l’intérieur de l’établissement luttaient à mort dans une mêlé compacte. On se surprenait parfois à abandonner l’épée pour passer au poignard ou tous autres ustensiles qui pouvaient leur tombaient sous la main. Cependant si les porte-lames scylléens essayaient de s’en sortir avec les honneurs, le combat étaient perdu d’avance, surpris, la plupart dans un état second et surtout complètement en deçà par rapport à l’équipement de leur opposant, qui mieux équipés et bien plus frais n’avaient aucun mal à étriper le pauvre pécore qui se trouvait en face d’eux. Vincente exaltait, enfin autant qu’on pouvait l’être dans ces cas là, mais il se sentait vivant et après les " mésaventures " de ces derniers mois, le pirate était content de relâcher la pression même si dans le cas présent ça signifiait massacrer à tour de bras. Parant un coup d’estoc, il agrippa une bouteille de gnôle qui trainait l'explosa sur le crâne de son adversaire avant de lui trancher la gorge. C’est sur que si notre homme avait été bien formée à l’art de l’épée ici on ne faisait pas dans le technique et encore moins dans l’honorable comme le prouva le couteau qu’il envoya dans le dos d'un homme qui était sur le point de tuer l’un de ses compatriotes. Décidément trop à l’étroit et surtout apeuré par la situation tournant à leur désavantage, les seconds couteaux océbiens décidèrent à s’enfuir dans la rue ce qui s’avéra être une mauvaise idée lorsque les carreaux d’arbalétriers vinrent à se planter le dos des malheureux. Une fois l’exécution terminée, le vicomte fit un rapide point de la situation puis l’on se remit en marche, ce spectacle allait se répéter encore pendant quelques heures, faisant couler le sang, ce dernier souillant des pavés déjà bien sales. On put dénombrer aussi quelques départ d’incendies dans lesquels on rentrouvrait une poignée d’hommes brûlés vif, enfermés dans une cave tenant lieu d’établissement de jeux.

Au petit matin, la petite armée du prince-marchand félon avait été balayé par les vents et les rares qui n’avaient pas été tué ou emprisonné dans le but d’être pendu, n’oseraient surement plus se revendiquer du camp d’Ocèbe. C’est à une heure matinale alors qu’Hubert venait de finir son petit déjeuner qu’un garde entra dans son bureau lui faisant savoir que messer Manolesti était dans le jardin intérieur et qu’il souhaitait que le conseiller le rejoigne.

" A-t-il dit de quoi s’agissait-il ?

- Non, mon sieur mais il semblait avoir des invités. "

Alors qu’accompagné d’une escorte il se rendait dans une petite cour intérieure, petite excentricité dans laquelle on trouvait un petit jardin et une fontaine bordée de banc, On trouvait un Manolesti un air satisfait sur le visage accompagné d’une femme, d’un homme et de deux enfants. Si l’homme avait la mine sombre et hématome sur le visage, la jeune femme pleurait tandis que les enfants étaient calme et avaient l'air hagard, sans vraiment savoir ce qui se passait. L’un d’eux d’ailleurs était debout près de Vincente qui assit sur un banc tenait l’un des jeunes garçons par l’épaule semblant lui susurrer une histoire. A la vision du conseiller comtale, l’homme au chapeau libéra le garçon de son étreinte qui retourna vers sa mère et son frère :

" Messer Hubert, je suis fort aise de vous voir en cet agréable journée. Regardez qui est-ce que je vous ramène, la famille de l’infidèle Ocèbe. Ces derniers étaient inquiets ne voyant pas notre ami rentrer et j’ai pensé qu’il n’était jamais bon de séparer une famille, ainsi ils pourront se tenir compagnie. "

L’histoire n’était pas encore terminée bien sur mais voila comment s’y prenait Aetius d’Ivrey et l’habile Hubert pour détruire la vie de quelqu’un en quelques heures. La répression avait été violente et le message était très clair : " Marche pour moi ou meurs. "
Déployant les gros moyens, engageant des personnes très compétentes et peu scrupuleuses; le comte s’assurait qu’il n’y aurait plus de problèmes pendant qu’il était occupé par les affaires du royaume. Cependant même si le gros de la force armée du félon avait été éradiqué, il restait quelques poches de résistances, des partisans pouvant encore soutenir la cause du traitre et si partout il se murmurait qu’il n’était plus bons d’être l’ami du prince-marchand, tous sachant ce qui était arrivé il n’en restait pas moins que quelques figures publiques influentes et riches continuaient à soutenir l’homme dans l’attente du procès.

Deux jours après la nuit du massacre débuta une série d’accidents et d’assassinats violents à l’encontre de personnes que l’on savait proches du patricien selon eux injustement emprisonné. Stavros Bertholdi, riche armateur et ami de la famille d’Ocèbe fut retrouvé mort noyé dans son bain. François Lathek, négociant notamment dans le milieu du tissu fut retrouvé dans les décombres de sa villa avec sa famille et ses servants, l’incendie a fait une dizaine de victimes. Antoine Génovese, intendant et mécène de Pharembourg fut selon les témoins de la scène vaporisé par la foudre par une nuit étoilée. Un autre fait divers reporte que Cléon Palatos boutiquier renommé de Scylla est mort dans un cambriolage qui a mal tourné, lui et sa compagne seraient mort dans leur lit, poignardés violemment à plusieurs reprises. On pourrait aussi citer l’accident qui est arrivé au poète satyrique Frederico Bombardi qui s’est vu piétiné par son cheval atteint de la fièvre, alors qu’il travaillait sur un texte virulent traitant des actes violents et les injustices qui venaient à frapper le comté et la ville de Pharembourg depuis quelques jours.

Assit dans un fauteuil du bureau d’Hubert, Manolesti mangeait une pomme alors que le conseiller comtale faisait son entrer :

" Messer j’ai quelques craintes vous concernant, au vue de votre santé déclinante je ne saurais trop vous conseillez de vous éloigner de cette ville, celle-ci n’est vraiment pas salutaire quand j’entends parler de tous ses accidents et actes de violences. " Sa mine contrariée laissa finalement place à un sourire amusé qui disparut à moitié lorsqu’il croqua à pleine dent dans sa pomme. Reprenant après avoir dégluti. " Pharembourg est vraiment une citée qui vaut le coup d’œil, (après tout il l'avait plutôt pratiqué pendant trois années rendant des visites fréquentes à Fjama) cependant je ne pense pas rester encore très longtemps en vote compagnie, Avons-nous fini notre affaire ? J’aimerais aussi que nous discutions des " honoraires " inhérents à cette opération. "

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MessageSujet: Re: Mettre Pharembourg au pas   Mer 26 Sep 2012 - 18:47

Cette série d’assassinats pour le moins politiques n’étaient pas arrivée seule. En plus du soutien politique de la Questure (la majorité des grandes maisons s’étaient rangées avec une facilité surprenante du côté du comte), c’était à l’Université de Pharembourg que l’affaire prenait des teintes violentes. Les étudiants de la jeune Université, qui pour beaucoup étaient enfants de parvenus s’étant hissés à leur place avec les comtes et contre l’aristocratie, étaient les premiers à se féliciter de la décision du comte et des manœuvres de Vincente Manolesti. L’Envoyé du comte avait d’ailleurs été habilement choisi. Connu dans Pharembourg à cause de ses séjours réguliers à la cour de Scylla depuis quelques années, ce flibustier abouché à la grande noblesse jouissait d’une certaine popularité dans la cité libre. Marin réputé et Scylléen de haute extraction, disait-on, il avait été justement été sélectionné du fait de l’impression familière qu’il faisait à la populace – comme s’il était un fils de Scylla parti, comme les princes-pirates des anciens Cycles, à l’aventure sur la mer, qui fait la fortune des audacieux.

La cité n’en était pas moins plongée dans un brouhaha de ragots et de rumeurs. Les accidents faisaient parler d’eux, mais à mesure qu’ils se multipliaient, la clientèle d’Ocèbe fondait comme la neige sur la côte de Sel. C’était les juristes de l’Université, des étudiants haranguant le peuple, des bardes stipendiés chantant le renouveau de Scylla et la fin des dissensions. On louait Aetius, au loin parti guerroyer au nom du royaume, et fustigeait Ocèbe et ses amis, que l’on vouait aux gémonies et traitait de traître à sa cité. L’aristocratie marchande, fort calme quant à elle, se repaissait de la chute du meilleur d’entre eux avec une joie mauvaise. La croissance de leur cité et de leur commerce depuis l’arrivée d’Aetius ne donnait guère envie de perdre ce que l’on possédait (et ils possédaient beaucoup). Au contraire, certains accusaient les partisans d’Ocèbe et demandaient leur destruction afin de se nourrir sur les restes que leur jetterait le comte. Les voix n’étaient pas très virulentes cependant, car la violence de l’Envoyé du comte et de l’habile Hubert, le choc de la réponse comtale aux troubles provoqués par les grandes maisons, avait refroidi ces dernières, qui arrivaient pourtant à se considérer gagnantes.

Le gros-œuvre de cette politique était bien entendu le procès d’Ocèbe. Ce dernier, comme c’était souvent le cas à Scylla dans les procès politiques, était accusé d’une douzaine d’inculpations, de l’hérésie et des mauvaises mœurs au trafic d’influence en passant par la conspiration et la tentative de renversement du pouvoir. Ce procès, animé par les Conciliaires au palais de l’Arsenal, était relayé dans toute la ville, par messages déclamés ou cloués sur les portes des temples rouges. Certes, personne n’était dupe, la plupart des chefs d’accusation étant trop gros pour être crédibles, mais beaucoup d’autres donnaient raison aux rumeurs qui circulaient dans les albergeries comme dans les cours patriciennes. L’image d’Ocèbe était salie, on assassinait l’homme public avant de passer à la personne. Une semaine après son enfermement, Ocèbe était brûlé sur la place de l’Arsenal par les prêtres des temples rouges comme s’il eut été un sacrilège, devant une foule de centaines de citoyens venus profiter du spectacle. On avait fait le bonheur des colporteurs et autres vendeurs à la sauvette.

Le lendemain, des festins publics devant durer trois jours débutèrent. Le prétexte de ces réjouissances était les victoires du régent sur l’Usurpateur Léandre, à Pont-Lamour et Fiel-Bois, même si l’objectif avait pour but officieux d’enterrer Ocèbe et ses familiers dans des chants, des fêtes, et l’acclamation de la cité.

On était à la veille des festivités, aussi Hubert était-il pressé par l’organisation de ce message coûteux. Il n’avait même pas eu le temps de se réjouir de sa victoire politique, s’occupant en même temps de l’humeur des patriciens, les rumeurs du peuple et les affaires d’outre-mer, brandaise et outre-brandaise. Il reçut cependant l’Envoyé du comte, qui semblait avoir pris ses aises. Une fois installé, il sourit affablement devant les demandes de Manolesti.
« Je crois en effet que cette affaire est terminée une bonne fois pour toute… Cependant, il y a d’autres tâches qui intéresseraient peut-être l’Envoyé du comte. La Brande, comme ce traître d’Ocèbe, profite de l’absence de son seigneur pour provoquer des troubles, et il se pourrait que votre réputation, assisté par mes humbles services, pourraient débloquer cette situation problématique… » Hubert comptait adopter une politique moins brutale avec les Brandais. Il n’avait pas les moyens de s’attaquer à cette région de voleurs, de collines escarpés et de bois insondables. Une victoire était aussi probable que manger une bonne côte de porc dans l’Anaëh.

« Quant à votre récompense, au-delà de l’honneur d’avoir servi votre cité natale…, elle m’a été transmise par Aetius le Régent. » Il fit un signe à l’un des clercs qui le suivaient, lequel lui tendit un parchemin marqué du sceau de l’Ivrey. « Sur ses faits honorables et une fois sa charge d’Envoyé du comte éteinte, ledit Envoyé recevra la dignité de Conciliaire de Scylla sur l’opinion favorable de la Chambre des Conciliaires, ainsi que la viguerie orientale de l’île des Deux-Bosses. »[/color]
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