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 La douceur estivale d'une conversation jardinière [Katrina]

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Margot
Humain
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MessageSujet: La douceur estivale d'une conversation jardinière [Katrina]   Lun 27 Aoû 2012 - 2:02

La blancheur éthérée des dalles luisaient dans l'allée qu'empruntait la jeune duchesse. Sous la protection accueillante d'ogives de pierres, elle traversait le palais. Cybèle trottait à ses côtés, la démarche légère et l'allure impériale, l'animal s'arrêtait de temps en temps pour contempler quelques insectes qui voletaient dans l'air. La chaleur estivale étouffait les courtisans préférant se réfugier dans la douceur aquatique des thermes ou le confort des petits salons. Des eunuques l'entouraient, portant des ombrelles de paille. Leur teint basané laissait transparaître leur appartenance à la garde ducale. D'une musculature rassurante, ils inspiraient la crainte par leur démarche et posture parfaitement orchestrées. Les serviteurs avaient une fine moustache divinement taillée, leurs crânes chauves se camouflaient sous des fellahs blancs. Ils portaient des Jebbas de lin blanche brodés de fil écarlate, des sarouels écarlates décorés de fils d'argents dorés et des Balghas marrons. A leur ceinture pendait une flissa, garante de la protection de leur maîtresse.

Le jardin d'Hadrien glissait délicatement à l'arrière de la Domus Soltaria. Des rangées d'arbres et de fleurs s'alignaient autour de bassin. Elles étaient coupées par des petits chemins pavés. On trouvait une végétation importante habitée par quelques animaux exotiques. Des paons se massaient par endroits. On voyait des oiseaux exotiques se balançaient d'arbre en arbre, ainsi que des lémuriens jouant sous l'ombre des arbres. Des qanats permettaient de voir jaillir diverses fontaines et bassins. Certains grouillaient de poissons exotiques, d'autres permettaient de se baigner. Sous un Iwan, témoignage des antiques traditions Soltariis, la duchesse s'allongea sur un lit de soie. Elle avait sa fidèle léominis à ses côtés, couchée sur une banquette se reposant de l'harassante chaleur. La jeune demoiselle dégustait un délicieux thé sucré pendant que son bouffon la divertissait de ses farces et jeux. Gaudentius Valari, avait un passé des plus flous. On le prenait facilement pour un niais, mais nombreux des proches du trône astral se doutaient que l'homme avait un rôle bien plus important.

« Devant, derrière, le Cheik de Sentiponce ne voit ni l'un ni l'autre quand il entre dans son harem » glissa t-il en effectuant une agile cabriole.

« Allons bouffon, la moquerie n'aidera pas le pauvre homme à retrouver sa vue, on dit que son harem compte plus d'hommes que de femmes »

« Cela serait le fruit de la dernière mode, l'homme n'ayant compris que vous étiez femme, cru qu'il était de bon ton de fréquenter des hommes ».

La saillie suffit à faire rire la duchesse, le fou à l'audace parfois dangereuse, souria de son succès et s'approcha de la duchesse. Son allure se changea pour en adopter une bien plus sérieuse. Ses traits non plus tordus par les grimaces prirent un ton bien plus grave. Il surveillait d'un oeil qu'aucun inopportun ne se trouvait à proximité tandis que de l'autre il observait la jeune demoiselle.

« Illustre Soleil-Blanc, notre invitée est arrivé il y a peu. Mais... il se trouve qu'il ne s'agit point de l'homme escompté, la vieillesse l'aurait rendu incompétent dans la tâche que Vous souhaitiez lui confier. A sa place, il nous envoie sa fille, formé par ses soins, dont il nous garanti son efficacité et sa loyauté. »

« Sa fille... cela me semble autant exquis qu'intéressant. Invite la donc à prendre le thé avec nous, tu nous divertiras de tes drôleries en prêtant oreille et conseil à nos affaires mon tendre ami ».

Reprenant son air de bouffon, il effectua quelques acrobaties pour s'en aller vers le palais. Quelque instant plus tard, il revenait accompagné d'une jeune femme. Cette partie du jardin avait été vidée sur le souhait de son Excellence. Quelques paons s'avançaient vers la duchesse. Leur curiosité liée à leur fierté, fit rire Margot. Elle délaissa les animaux pour s'enquérir de la jeune femme.

« Ma douce amie, vous rayonnez par votre prestance, allons prenez place » dit la duchesse en désignant un petit canapé de l'autre côté de la table. « Servez lui le thé, allons » précisa Margot à l'eunuque.
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Katrina Caelevan
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MessageSujet: Re: La douceur estivale d'une conversation jardinière [Katrina]   Mar 28 Aoû 2012 - 5:26

Les pas de la jeune demoiselle l'avaient conduit jusqu'au palais où elle avait été convoquée pour son entretien avec la duchesse. Bien évidemment, la jeune femme avait son lot d'appréhension et d'incertitude face à ce qui allait se dérouler et bouleverser sa vie à un tel point. Pourtant, elle n'avait pas l'intention de faire honte à l'honneur de sa famille et elle ferait le nécessaire pour montrer qu'elle avait toute les compétences nécessaires pour la tâche qu'on lui demandait. Si son père avait préféré rester avec sa femme et son fils, ainsi que donner une chance à sa fille de faire plus que rester sous la tutelle d'autres spadassins, il avait offert ce qu'il avait de plus précieux : sa fille. Et n'est-ce pas là, la preuve du courage qu'avait l'homme? De laisser partir sa fille pour prendre un rôle qui n'était pas garanti de sa sécurité et de son avenir. Pourtant, la peur rongeait les viscères de la jeune femme, ce qui était normal, elle le savait. Cependant, elle ne pouvait pas se permettre de le montrer, sans quoi elle ne dégagerait que faiblesse et jeunesse... et elle serait déjà moquée de ne pas pouvoir être à la hauteur. Non, elle avait ce qu'il fallait, elle en était certaine, sinon son père aurait refusé de l'envoyer à sa place. Elle devait se faire à l'idée qu'elle était prête à voler de ses propres ailes, sans mentor ou senior pour la tirer des mauvais pas et rattraper les pots cassés derrière elle. Et pendant qu'elle pensait à tout cela, elle approchait de sa destination qui valait le coup d'oeil. Impressionnante, la structure avait un effet majestueux et finement travailler, sans pourtant négliger la robustesse et la solidité d'un refuge d'une telle importance. Droite, fière et décidée à ne pas trahir la moindre faiblesse, elle continua jusqu'à être devant les gardes, qui bien évidemment n'allaient pas la laisser visiter pour le plaisir.

« - La duchesse ne reçoit personne en ce moment.

- Je suis ici à sa demande.

- J'en doute fort.

- Je suis ici pour la demande qu'elle a fait parvenir aux spadassins de Soltariel... »

Un rire accueillit ses paroles. Blessée dans son orgueil, la jeune spadassin ne s'en laissa pas pour le moins rougir ou démontrer la frustration qu'elle ressentait. S'agit-il d'un test? D'une mauvaise blague? De mauvaise volonté de ses hommes? Désemparée, Katrina ne savait pas comment faire pour prouver la véracité de ses dires. En désespoir de cause, elle tendit la lettre que le conseiller avait fait parvenir à son père. Lettre qui fut prise de ses mains avec une nonchalance insultante.

« - Le Soleil-Blanc attend un spadassin de renom, j'ignore qui vous a donné cette lettre.

- Mon père! Il m'envoie pour...

- Comme une vulgaire citadine à pied? Sans même un cheval? Et d'ailleurs, pourquoi envoyer une femme, les femmes et les armes ne font pas bon ménage.

- Demander à la duchesse... »

Commençant à douter de réussir à voir la duchesse un jour, Katrina ne savait plus quoi opposer comme argument à ces gardes visiblement incapable d'accepter que ce soit elle qui devait venir et non son père. Ho, elle ne s'était pas attendue à arriver dans le respect des hommes d'armes du palais, elle se doutait bien qu'on ne voudrait pas d'une femme dans leur patte, mais de là à ne même pas vouloir donner suite à l'avis du conseiller qu'elle leur avait remis et l'accuser de se l'être approprié sans excuse légitime. Elle allait devoir trouver un moyen, car sinon elle serait coincée ici et son service sous l'aile de la duchesse commencerait déjà du mauvais pas. Un étrange personnage vint à sa rescousse néanmoins, sans la laisser finir sa précédente phrase. Ce dernier ressemblait à un bouffon fort excentrique. Par contre, il semblait avoir aussi une certaine autorité ou un prestige poussant les gardes à ne pas le contredire, car c'est grâce à lui que finalement Katrina put avoir gain de cause.

« Aussi aveugle que j'ai pu vous constater,
un régiment ennemi pourrait envahir la cité
sans que vous soyez alerté!

De notre chère duchesse, voilà l'invitée
que vous vous permettez d'ennuyer!
Fille du célèbre Caelevan si réputé,
elle n'aurait point de difficulté
à vous retirer le peu de masculinité
qui vous fut laissé quand vous avez été châtrés! »


Et c'est sous cette provocation qui fit rire le bouffon que les gardes décidèrent d'arrêter de contester les paroles de la jeune demoiselle. Ne sachant pas trop comment réagir à cette intervention, la spadassin en resta figée et bouche bée. Sans contredit, les gardes n'avaient pas envie de s'opposer au bouffon qui venait de les remettre à leur place. Elle comprendrait sûrement à force de servir la duchesse, car cela lui demanderait de comprendre la hiérarchie et l'influence des acteurs qui partageaient l'entourage de sa future protégée. Tout en exécutant quelques acrobaties qui semblaient bien amuser l'homme, il continua à rigoler un moment avant de se retourner vers l'invitée toujours indécise sur le comportement à adoptée. Elle préférait donc attendre qu'on lui dise ce qui l'attendait que de prendre l’initiative et de se placer en situation délicate. Durant un cours instant, le bouffon qui devait venir à la demande de la duchesse scruta la nouvelle venue. Son regard se porta bien évidemment au sac à dos et au sabre qui pendait le long de la cuisse gauche de la spadassin. Katrina n'espérait pas garder ses armes, mais ne désirait pas les abandonner entre les mains de n'importe qui non plus. Cet équipement, elle avait dû l'avoir à la sueur de son front. Puis, quittant son état de concentration, le bouffon plaqua de nouveau un sourire espiègle sur ses lèvres et recommença à s'agiter.

« - Juste à me suivre, la duchesse vous attend. Comprenez que vos armes ne peuvent rester sur vous.

- Je vous remettrai mes armes sans contester, mais j'aimerais que la personne qui en prend possession nous accompagne pour que mon équipement soit à ma vue.

- Demande sage et acceptable. Je suis certain que notre ami ici présent se fera un plaisir de nous accompagner avec votre équipement pour se racheter. »

Visiblement, au visage que l'homme fit, cela ne lui faisait aucunement plaisir. Visiblement, l'homme n'avait pas envie de contredire l'envoyé de la duchesse. Et le deuxième point semblait plus fort que le premier, car le garde émit un simple « Bien évidemment » pour montrer qu'il se plierait à la tâche qui lui avait été donnée. Ainsi donc, Katrina retira son baudrier qu'elle remit au garde, son sabre maintenant sans danger pour la duchesse. Elle remit son sac à dos à contre-coeur et avec souplesse, dégaina une dague de la manche de sa chemise et une autre de sous sa jupe, qu'elle remit toutes deux au garde. Elle était à présent bel et bien désarmée. Elle ne voyait pas l'utilité de garder une quelconque arme sur elle pour rencontrer la duchesse. Cela sembla satisfaire le bouffon qui scruta ses yeux un moment, sans doute pour déceler si elle avait omis une arme ou non. N'ayant rien à cacher, elle avait rendu le regard au bouffon avec sincérité et finalement, le trio s'était mis en route vers ce qui semblait être les jardins. Ce n'était pas le début qu'avait espéré Katrina, mais au moins, elle allait pouvoir rencontrer la duchesse sans trop de tracas. Suivant le bouffon, elle fut frappée par la beauté de l'endroit où on la conduisit et durant un instant, ses yeux ébahis parcoururent les environs. Avec un sourire à la fois simple et sincère, elle comprenait pourquoi la duchesse profitait de la journée en ce lieu.

Et alors qu'elle apercevait la duchesse, son coeur prit une cadence d'une rapidité qu'elle n'avait que peu connue. La démarche de la spadassin était à la fois légère et fluide. À mi-chemin avec la danse, qui était sa caractéristique propre, elle progressait avec rythme et simplicité. Le bouffon reprit sa place dans le scénario et le garde responsable de son équipement s'isola avec mécontentement. Continuant sa progression jusqu'au canapé face à la table, Katrina ne pouvait s'empêcher de remarquer que ce qu'on disait de la duchesse était vrai. C'était une femme d'une beauté indéniable et dont l'habillement n'était pas à critiquer. D'une beauté à couper le souffle et à faire tourner les têtes, le Soleil-Blanc de Soltariel avait un charisme qui pouvait devenir intimidant à ne pas en douter. S'asseyant comme on lui avait demandé, Katrina regrettait de ne pas avoir eu plus d'éducation sur la 'bienséance' de la noblesse. Elle ne voulait pas paraître rustre ou sauvage, mais ignorait ce qui était apprécié par la haute société dans un tel contexte. Au moins, elle avait tenté de se vêtir d'un accoutrement convenable. Confortables et idéaux pour le 'métier' qu'elle pratiquait, elle avait toutefois opté pour des habits avec quelques décorations et moins usé que la majorité de la garde-robe qu'elle avait pu accumuler par le passé. Ses bottes hautes et ses jambières presque invisibles, sous la jupe en deux pans faites d'un tissu solide et robuste, couvraient le corps de la demoiselle sous la ceinture que Katrina avait gardé lorsqu'elle avait dû se défaire de son baudrier. Puis, pour le haut du corps, Katrina avait opté pour une chemise aux manches longues et amples qui la couvrait jusqu'à la naissance de ses courbes, par-dessus laquelle se trouvait comme à son habitude un corset. Pas de ces corsets de courtisane coupant le souffle et broyant les côtes pour remonter et mettre en évidence la poitrine de celle-ci, non, un corset ajusté à sa silhouette dont le cuir offrait une protection appréciable sans la gêner. Motifs et tracés prenaient place sur ledit corset d'ailleurs. Ce n'était pas la tenue d'une noble, mais ce n'était pas non plus la tenue d'une gueuse... ce qui faisait un bon compromis. Du moins, elle l'espérait.


« Votre Altesse, je me présente à vous comme demandé; cela sans prestance ou faire-valoir créer de toutes pièces pour vous induire en erreur sur mon compte. De plus, je ne pourrais jamais espérer rivaliser avec le Soleil de Soltariel, dont tout ce que l'on dit est bien terne comparé à sa vision. Et, ce que l'on dit sur le Soleil de ce duché, fait pâlir de jalousie bien des femmes, ce qui n'est pas peu dire. » S'arrêtant le temps que l'on verse le thé dans sa tasse, Katrina ne savait pas trop comment réagir à cette offrande de bienvenue et gratifia le verseur d'un sourire remplit de gratitude en guise de remerciement, n'osant pas le faire par mot, de peur de passée pour une simpliste n'ayant jamais connu le service des domestiques... ce qui était le cas. « Si vous m'en donner le droit, avant de commencer notre entretien, mon père vous salue avec tout le respect qu'il accorde au Soltarii-Berentii depuis des années. Il se sent mal d'avoir refusé une demande aussi flatteuse pour la réputation que vous lui accordez, mais il espère pouvoir se racheter en me laissant prendre sa place. »

Attendant que la duchesse prenne une gorgée de son thé, ne voulant pas être offensante en la devançant impoliment, elle tenta de calmer ses battements cardiaques. Une fois les lèvres de la duchesse plongées dans sa tasse, Katrina prit la sienne et y trempa les siennes pour prendre le goût du breuvage. En prenant une petite gorgée avant de reposer la tasse, elle se sentit transporter par le breuvage qu'elle n'avait jamais goûté et qui était d'un goût inoubliable. Tentant de ne pas trop laisser transparaître son émerveillement, elle se sentait étrangère à tout cela. Elle qui avait vécu une vie d'une banalité sans histoire... elle découvrait maintenant un monde qu'elle n'aurait pu imaginer sans y être entrée. Son père l'avait-elle laissée partir à sa place pour lui faire connaître cet univers? Elle ne savait pas, mais elle savait que son père l'avait connu et le trouvait maintenant courageux de toujours l'avoir fait passer après sa famille. Après tout, il aurait pu décider de rester dans tous ces charmes et ces voluptés et abandonner la vie 'terne' que lui proposait sa maigre demeure. Avec un regard discret pour son équipement, elle fit un sourire à la fois nerveux et garant de l'engagement qu'elle s'apprêtait à énoncer.

« Je ne peux pas prétendre à la réputation de mon père, ni m'en attribuer une aussi impressionnante. Je n'ai ni l'expérience ni la sagesse des années que mon père a passées à exercer le métier. Encore jeune et touchée de la confiance qu'un tel spadassin a pu avoir pour moi, je n'ai que pour seule promesse possible à votre égard de me montrer digne de l'honneur que vous me faites en acceptant de remplacer la légende que vous vouliez, par une enfant sans exploits telle que moi. »


Dernière édition par Katrina Caelevan le Dim 21 Oct 2012 - 20:25, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La douceur estivale d'une conversation jardinière [Katrina]   Ven 12 Oct 2012 - 16:01

L'astre illuminé sirotait délicatement son breuvage, s'arrêtant de temps en temps en reposant le verre sur la petite table de verre, et le reprenant peu après, continuant de le vider par petite gorgée. Il en fut ainsi jusqu'à ce que le contenu du verre soit vide. Sa soif étanchée, Margot fit signe à ses serviteurs de ne pas le remplir à nouveau. Elle reporta son attention sur la jeune femme. Ayant plusieurs projets dans son duché et besoin d'acolytes fidèles autour de sa personne, la jeune duchesse c'était néanmoins attendue de pourvoir à ce besoin envers l'ancien serviteur familial. Qu'on lui envoie la fille de ce mestre d'épée, lui déplaisait, n'aimant peu qu'on ne respecte pas ses ordres. Ce fut pourtant la curiosité piquée, qu'elle oublia tout cela puérilement pour s'en tenir à un intérêt nouveau pour la jeune femme.

« Allons ma douce amie, l'honneur est mien, votre lignage reste glorieux, non de cette gloire que l'aristocratie joui à la lumière des batailles, mais d'une gloire connut de Nous. »

Margot comptait user autant de la noblesse, capricieuse et ingrate – c'est ainsi qu'on l'aime – que, plus docile, la soldatesque suivant là ou l'or était. C'était pourtant dans un petit cercle de quelques fidèles suivant ni par convoitise mais par loyauté – un bien aussi précieux que rare – qu'elle cherchait le plus difficilement ses affidés. Pouvant se reposer sur celle maintes fois prouvée, la fille restait sujette à caution.

« J'ai ouï dire, que votre père tenait quelques passes d'armes et bottes dont seul votre famille aurait le secret, je ne serez résister à l'envie de les voir en action » laissa glisser la duchesse en claquant de la langue.

Un serviteur portant un petit plastron de cuir et un pantalon en toile s'approcha. Dans ses mains, deux flissas attendaient de pouvoir jaillir pour briller au soleil. Leurs lames bien qu'émoussées restaient trempées dans un acier redoutable. Asid-El-Sarad, Premier Garde des Thermes, passait pour être l'un des meilleurs bretteurs, le combat saurait opposer un adversaire de valeur à la jeune femme.

« Je vous prie d'accepter ce combat, il n'y aurait rien qui me ferait plus plaisir de retrouver la grâce et l'élégance de l'art de votre père, Asid-El-Sarad est un très bon duelliste, il ne vous sera d'aucune honte à l'affronter, il reste invaincu dans tout le palais. »
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Katrina Caelevan
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MessageSujet: Re: La douceur estivale d'une conversation jardinière [Katrina]   Dim 21 Oct 2012 - 21:32

Elle ne savait pas ce que la noble pensait d'elle et elle espérait fortement qu'elle n'était pas dans ses mauvaises grâces du fait qu'elle n'était pas aussi réputée que son père. Elle savait qu'on s'attendrait énormément d'elle au vu du talent que son père avait mainte fois prouvé à la famille noble par le passé. Pour le moment, la duchesse semblait de bonne humeur et en bon terme avec les circonstances. Les compliments adressés à sa famille du moins lui portaient à le croire. Enfin, si à défaut d'avoir le talent de son paternel, elle avait un honneur aussi important qu'inébranlable et une loyauté qui n'avait aucune question à éviter ni la moindre hésitation. Si la duchesse voulait des personnes de confiance, Katrina serait sans aucun doute dans le lot. L'or n'était pas sa motivation et elle n'était pas une vulgaire mercenaire ou un simple soldat. La spadassin qu'elle était devenue portait la même marque que celui qui l'avait initié à cet art et qui avait demandé à ce qu'elle prenne sa place. Tout comme son père, un dragon était inscrit sur son corps. Et, pour rien au monde, la jeune femme ne voulait s'attirer les foudres du dragon dans le déshonneur.

Seulement, la surprise saisit la spadassin à la demande qui lui fut faite. Incapable de la cacher, les yeux agrandis et le visage de la duelliste exprimèrent cette surprise qui l'avait saisi. Ce n'était pas de la peur par contre, à ne pas confondre. S'agissait-il d'un test pour déterminer si elle avait droit de rester ici ou si elle repartait chez ses parents avec une note pour son père mentionnant qu'il avait failli en envoyant sa fille? Elle ne pouvait pas se permettre une telle chose, son père serait détruit et il ne pourrait jamais plus regarder sa fille. Ce serait par la même occasion la fin de la carrière de Katrina. Elle ne pouvait pourtant pas refuser ce combat. Un doute lui prit soudainement. Seulement, elle ne pouvait pas douter là en ce moment, car elle montrait que sa venue était une erreur. Ce qui était pire que de faire une erreur, c'était de succomber au doute. Son père lui avait enseigné à reconnaître que le doute signifiait un manque d'évaluation. Ainsi donc, Katrina réévalua rapidement la situation pour prendre une décision. Gracieusement, la spadassin courba l'échine devant la duchesse.


« Si c'est ce qui m'est demandé, alors c'est ce que je ferai. »

Se relevant pour regarder l'homme qui allait lui faire face, elle commença déjà à évaluer comme elle le pouvait les compétences de l'homme, sa façon de bouger et ce genre de détails. À défaut de muscles et de puissance, elle devait compenser par l'intelligence et l'analyse. Seulement, l'adversaire qu'elle affrontait était d'un calibre très certainement supérieur au sien. Seulement, avouer son impuissance reviendrait à avouer qu'elle n'était pas un bon choix. Et puis, elle devait montrer qu'elle ne laisserait pas tomber la duchesse devant les situations périlleuses. Seulement, elle ne se sentait pas à l'aise avec l'arme proposée. Depuis des années maintenant, elle s'entraînait avec son arme à elle et avait pris l'habitude de son sabre. Elle savait que de prendre le flissa proposé lui serait un handicap probablement fatal devant le guerrier qu'on lui demandait d'affronter. D'une voix polie et sans la moindre trace d'ordre, Katrina s'inclina de nouveau devant la duchesse.

« Votre Altesse, je ne tenterai pas d'échapper à la demande que vous m'avez faite. Seulement, j'aimerais avoir le droit d'user de mon sabre pour affronter l'homme que vous avez choisi. Ma façon de combattre est intimement liée à mon arme. De plus, considérant mon adversaire, je doute lui opposer un réel défi avec une arme que je n'ai jamais manié, car il s'agit d'un homme de la trempe de mon père. »

Elle n'ajouta pas qu'il n'était pas de sa trempe à elle, car ce serait s'avouer vaincu avant d'avoir commencé. Bien qu'elle savait qu'il y avait peu de chance qu'elle soit une réelle difficulté pour l'homme, elle ne pouvait qu'espérer que de se surpasser lui permettrait de ne pas trop perdre la figure. Quand elle entendit l'approbation de la duchesse, Katrina se releva et attrapa son sabre que le garde ayant refusé de la laisser passé à l'entrée portait avec frustration. Fermement et souplement, elle assura sa prise sur l'arme et fit face à son adversaire. Avec détermination et assurance, elle ne pouvait pas se permettre de laisser entrevoir doute ou faiblesse, pas en ce moment. Si elle devait perdre ce duel, ce serait la tête haute d'avoir accompli tout ce qui lui était possible pour maintenir l'honneur de son père qui lui avait été confié.

Habilement, elle plaça ses pieds pour adopter une position défensive. Le sabre devant elle, la jeune femme faisait face à l'homme qui avait été sélectionné pour tester son talent. Des yeux, elle évaluait son adversaire toujours, cherchant à connaître son opposant. Quant à elle, elle ne porterait pas les premiers coups. Elle savait que si elle agissait de manière trop agressive, elle allait se compromettre rapidement. Elle avait appris à combattre de manière défensive pour évaluer l'ennemi et trouver la faiblesse à exploité. Agile, Katrina savait esquiver et parer les attaques, dévier les lames pour ne pas être leur cible et ouvrir des opportunités à saisir. Ses pas dansants étaient à la fois gracieux et intrigants, pouvant parfois détourner l'attention quelques secondes pour lui permettre d'agir. Il fallait cependant qu'elle voie le style de combat de son adversaire. Ainsi, elle attendait de voir ce qu'allait faire l'homme à la réputation n'ayant aucune preuve à faire... ce qui n'était pas son cas à elle.
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