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 La grande colère du non moins grand Anseric.

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Hans
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MessageSujet: La grande colère du non moins grand Anseric.   Mar 23 Oct 2012 - 19:50

Barkios, septième jour de la troisième ennéade.

Le milieu de la nuit avait vu le réveil d'Anseric, quand arriva à toute allure un agreste cavalier olysséan. L'homme, qui s'il s'était abstenu de la livrée baronniale, restait reconnaissable à son infernal patois de Sharasien, s'était empressé de remettre au comte un pli capital. Le vélin sentait bon la cannelle et le fleur d'oranger, ce qui ajoutait une touche de romantisme à cette guerre sordide (comme quoi). Il était en effet noté en tête de la missive "Presse le pas, facteur, car l'amitié n'attend pas". La hâte du messager se comprit aisément à la lecture, lorsqu'on découvrit le style navré d'une Clélia déconfite. Des litres d'eau de rose n'auraient pu en effet effacer la médiocrité de la lettre, où la baronne tentait en vain d'obtenir le pardon de son époux, tout en lui demandant de se rendre à la raison.

Au travers des suppliques se cachait une nature d'un tout autre acabit, puisqu'on y apprenait le trahison d'Arsinoé, laquelle avait bien vite oublié ses engagements, à la vue de quelques sauveurs étrangers. Ces derniers n'étaient autres que le seigneur d'Odelian et ses sbires, aux yeux desquels il avait été voué aux gémonies. L'amer souvenir de la longue lettre épistolaire reçue de monsieur Berdevin ne manqua pas d'allumer les feux de la haine dans le cœur d'Anseric, qui décidément n'avait pas peur des formules, ça non. Un tel revirement bouleversait l'agenda déjà bien chargé du comte ; en lieu et place d'un hommage, il y aurait une GUERRE! La tournure des évènements rendait ainsi apparente l'inéluctabilité de la chose, car ce que notre héros avait pris pour de la tiédeur demeurait en vérité une trahison.

Il ne fallut pas moins pour mobiliser les glorieuses armées arétanes (et d'ailleurs); au petit matin, la horde leva sans attendre le camp et franchit la frontière, dont elle s'était tenue proche en cette fin de voyage. La destination première était Kelbourg, alors qu'à cela ne tienne! on brûlerait Kelbourg. La colonne en branle ne laissa désormais derrière son passage que cendres fumantes et fruits gâtés. Si de vilaines âmes étaient restés sur leur faim lors de l'assaut prompt et tumultueux des hordes de reîtres (la force brute), cette opérette, ce cirque à pédés, désormais, elles en avait pour leur argent. Plus un hameau, plus une masure ne semblait résister à cette furia qui s'était emparé de l'ost arétan. "Je leur ferai passer le goût du pain, moi", déclarait alors un Anseric plein d'à propos, comme ses séides détruisaient un four jusqu'à la moindre boutisse. Les porcheries devinrent des charniers, les poulaillers des purgatoires, et rien ne fut épargnés aux cultures de la populace, si bien que des années durant, le blé déserterait celles-ci sans que l'on sache si c'était par peur d'un nouveau massacre, ou du au salage des champs. Les bâtisses en ruines exposaient à leur corps défendant des hommes défenestrés et des tuiles dont rougirait tout honnête couvreur. Assurément, celui qui vît ce jour là les chiens noyés à même leurs propres gamelles tutoyèrent le concept d'horreur totale.

S'il est vrai que tous les plaisirs ont une fin, on peut néanmoins nuancer la chose ; les arétans, ma foi, ne semblaient guère enclins à cesser le carnage. Ils durent hélas émerger de ce doux rêve de pillerie, quand les murs de Kelbourg se profilèrent. Dès lors, il apparut à les entendre que l'on engloutirait la ville toute entière ; cela semblait certes un vaste programme, mais diables! à cœur vaillant rien d'impossible, et les reîtres avaient de la vaillance à revendre... trois carreaux plus tard, l'ost reprenait la route, décidant que finalement, il était de bien meilleur aloi de rançonner les gueux sans défenses. Anseric, lui, voyait ces amusements d'un œil attendri. Au-delà du divertissement, c'était un message clair envoyé aux seigneurs de Sainte-Berthilde : où était donc leur marquise ? Que faisait elle pour protéger ses vassaux ? De quoi retourner l'hommage de plus d'un.

La réponse, comme on l'espérait, ne se fit pas attendre, quand l'on vit le nuage de poussière à l'Est. On s'assura bien vite de l'identité de l'ennemi : monsieur de Kelbourg, au retour de la ville. L'homme s'y était surement rendu afin de ployer le genou, un acte suffisamment odieux pour qu'on le vouât aux pires tourments. Seulement, le ladre laissa bien vite à penser que sa pitrerie lui avait ôté son courage, car sans même qu'un ost pusse voir l'autre, il détalait déjà, faisant volte-face. Anseric, qui vit là une ruse trop grossière, ordonna que l'on retinsse les hommes, mais c'en était trop pour la gent d'Erac, dont le sang juvénile et les promesses de gloires avaient échaudé les tempes. L'absence de bataille avait suffisamment pesé sur les hommes, si bien qu'ils n'entendirent l'appel au calme, et lorsque les arétans se tinrent arrêtés, eux chargèrent. S'imaginant dominer l'ennemi par le nombre et la force, ils prirent celui-ci en chasse, dans cette arrogance qu'a la noblesse à vouloir s'accaparer tout le mérite de la victoire. Seul le camp adverse pourrait dire ce qu'il adviendrait de ces rodomonts, car alors qu'ils galopaient à bride abattue, Anseric ordonnant à ses hommes de faire demi-tour. Il avait, en l'espace d'un instant, entrevu l'avantage stratégique dans ce menu sacrifice. En effet, qui pourrait voir derrière une brusque charge d'eraciens en rupture de banc la main du goupil ? Celui-ci n'était il pas sensé guerroyer en Erac ? Les conjurés imputeraient aisément les pilleries à ces maraudeurs venu d'Erac, tandis qu'Anseric pourrait momentanément passer inaperçu sur le territoire. Et si dans leur emportement, les diables de l'Avosne pouvaient emporter quelques reîtres berthildois dans leur tombe, on ne cracherait pas dessus.

[HRP : je me défausse de mes auxilliaires éraciens bien mal acquis, comme vous l'aurez compris.]
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Kerthan Vosker
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MessageSujet: Re: La grande colère du non moins grand Anseric.   Ven 26 Oct 2012 - 15:16

Les dernières actions s'étaient écoulées dans l'attente pour le plus communément nommé "traître". Traître qui s'était occupé de sa mission mais n'avait pas eu la prestance nécessaire et l'écoute suffisante des personnes devant l'écouter. Adelin avait du faire le tout et Kerthan s'était retranché en tant que garde du corps avec sa colonne de gaillards. Pas très utile, très critiqué et ce pas vraiment injustement. Après tout, il avait publiquement retourner sa veste mais il ne s'était pas entièrement impliqué, cependant suffisamment.

Il n'avait pas personnellement assisté a l'entrevue des invités campant devant la ville, rapellant presque une situation peu lointaine dans le temps ou un campement avait été en place, mais peu aussi grand. La totalité des hommes de Laraus se nombrant à peine à quatre cents avait pris leurs places autour de la ville de Sainte Berthilde campement dans des bois un peu à part, bien que Kerthan se cachait bien de s'arborer en publique. Il avait passé du temps a scruter les hommes étrangers a ce marquisat, présent de l'autre côté de la ville, ce qui n'empêcha pas pour autant le Laraussien de venir prendre des nouvelles aux postes de gardes pour une quelconque action ou mouvement inconnu. Rien, c'était désespérant mais surtout exaspérant.

L'ordre du départ fut donné et les troupes maigres de Laraus perdues sur le flanc droit de cette masse de chair et de métal, les questionnements s'en bousculait presque dans les troupes. Mais on signala un mouvement important et rapide de troupes mais l'agitation ne montrait pas clairement ce qu'il se passait, à part qu'un groupe en chassait un autre. La réaction fut vive en faisant partir ses hommes a chevaux, les autres à pieds restant en formation, les tireurs préparant leurs armes de jets et de tirs.

Les deux cents cavaliers partaient à brides abattues à la rencontre du seigneur de Kelbourg en chasse pour leurs porter secours et leurs permettre une retraite plus convenable et une once de formation qu'au lieu d'une masse grouillante désordonnée.


Spoiler:
 


Dernière édition par Kerthan Vosker le Sam 27 Oct 2012 - 18:18, édité 1 fois
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Arsinoé d'Olyssea
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MessageSujet: Re: La grande colère du non moins grand Anseric.   Sam 27 Oct 2012 - 10:04

An 6;Barkios; Printemps; huitième jour de la troisième ennéade; matinée.

L’Ost coalisé, après un bref répit sous le couvert de la nuit, avait reprit son inexorable progression vers le sud alors que l'aube perçait. Fort d'environ cinq milliers d’âmes, il longeait encore la route qui se prolongeait à travers l'Eracon et jusqu'au Domaine Royal, et qui permettait aux nombreuses charrettes et caravanes emplies de vivres et autres nécessités de ne pas être distancées. Arsinoé aussi empruntait le chemin dallé, bien qu'ayant pour l'instant préféré le dos de sa jument à la calèche qu'Adelin avait fait apprêter ; par goût mais peut être aussi dans l'espoir que les petites gens apprennent à reconnaître leur suzeraine légitime : douce rêverie qui fut cruellement déçu par la vision des bastides et bourgades qui chacune fermaient leurs portes à la vue de la horde, peut être par peur du bélier d'Odélian.

De douces pentes et vallées commençaient à se dessiner dans le paysage autrefois plat, un signe sûr qu'ils arpentaient désormais le fief de Frédéric, qui selon Adelin aurait désormais atteint son siège à la frontière d'Erac et ne devrait tarder à leur faire parvenir des nouvelles. Son sénéchal n'en était pas à sa première campagne, et pourtant son malaise quant à l'absence d'informations sur la localisation du félon était tout apparent, le poussant à multiplier les compagnies d'éclaireurs qui désormais entouraient l'armée de toute part, et de chevaucher de part et d'autre celle-ci, s'assurant auprès de chaque seigneur de la cohésion du dispositif. L'estafette de de Kelbourg ne pouvait arriver trop tôt songeait Arsinoé, qui passait le temps en s'entretenant avec le sire d'Adhémar. L'homme s'était en effet révélé être un interlocuteur prenant lorsqu'il parvenait à détourner ses pensées des terres qui lui avaient été promises au nord.

C'était alors que la dame s’apprêtait à répondre à une interrogation fort désagréable sur l'ascendance de son jeune fils que le beuglement de cors put se faire entendre au loin, émanant du bois en contrebas de la douce mais large colline sur laquelle trônait l'ost. Il ne fallut alors guère plus d'une ou deux minutes pour qu'une poignée de cavaliers ne jaillisse de celui-ci, galopant à bride abattue jusqu'à atteindre Adelin et autres nobles gens, Arsinoé restant quelque peu en retrait. L'homme qui prit la parole, un soudard de Frédéric aussi exténué que la bête qu'il chevauchait, fit tant bien que mal comprendre à l'assemblée que son seigneur ne se trouvait qu'à une demi-lieue, poursuivit de près par une horde déchaînée. Les choses s’enchaînèrent alors très vite, les différents châtelains et bannerets qui avaient accompagné la marquise partant chacun rallier leurs hommes, la laissant presque seule sur la cime du mont. Elle aurait certainement dû se réfugier dans sa calèche, mais ne pouvait détourner son regard des lignes de batailles qui se dessinaient à la base de la colline, ou aussi du spectacle encore lointain des deux masses de chevaliers de l'autre coté du bois mais se rapprochant à vive allure. Elle vit la tour verte de Vosker s'élancer plusieurs centaines de mètres à droite, puis vint le claquement terrible des arbalètes.
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Jérôme de Clairssac
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MessageSujet: Re: La grande colère du non moins grand Anseric.   Mar 30 Oct 2012 - 12:32

Un messager vint quérir le Baron, lui annonçant qu'il était requis dans la tente du Comte, Jérôme acquiesça de la tête et il emboita le pas au soldat. Arrivant devant l'endroit ou Grégoire "logeait", il entra sans frapper, se doutant qu'il était attendu. Le Comte était de dos, portant son armure, il vit le reflet de nouvel arrivé dans le miroir qu'il avait face à lui, il lui fit signe d'entrer et de s'assoir, ce que fit son vassal. Après avoir servit deux verres et s'être installé en face, il prit la parole. Le ton était plus à l'amitié qu'au protocole, chose que Jérôme appréciait.

Grégoire commença par faire un discours sur leurs rapports, la confiance qui s'est installée entre eux et la charge qui leur est échue alors qu'ils étaient plus guerriers que seigneurs. Il en vint ensuite aux faits en expliquant qu'il avait décidé de suivre la Marquise dans son entreprise et donc qu'ils ne rentraient pas chez eux comme le Baron le pensait. Jérôme haussa les sourcils, surprit

"Je ne comprends pas bien, il ne semble pas y avoir tant d'histoires que cela au final et les forces de la Marquise sont désormais suffisante pour la soutenir ? de plus il y a cette armée qui vient de partir et qui va donc se retrouver dans notre dos."

Il se tut alors, se doutant en observant le Comte boire son verre qu'il n'avait pas terminé. C'était effectivement le cas et Grégoire reprit, il rappela les discussions qu'ils avaient eu concernant Serramire et il annonça qu'il avait songé à se rendre devant les murailles pour demander des comptes à la Marquise. Le cœur de Jérôme manqua un battement mais il réussit à rester maitre de lui, ses plans concernant cette région étaient secrets et encore dans sa seule imagination, il était donc impossible que quelqu'un soit au courant de ses intentions. Grégoire avait lancé la levé de l'arrière ban apparemment et il demanda à Jérôme s'il avait fait de même en parlant de son frère Guillaume. Il annonça qu'il allait convoquer le conseil de guerre pour expliquer tout cela à tous. Il finit en parlant d'Oësgard qui semblait être un soucis vu l'inquiétante situation qui était en cours la bas.

Jérôme médita quelques instants, il y eut une multitudes de choses qui lui traversèrent l'esprit. déjà son idée d'aller à Serramire lui même et ainsi de faire exactement la même chose qu'avait faite Anseric lui déplaisait. Il pensa aussi au fait qu'Etherna était au préalable une baronnie de Sainte Berthilde et aujourd'hui il se retrouvait en plein milieu d'un conflit entre la marquisat et le comté de cette même région. Il se rappela aussi sa rencontre avec Anseric de la Rochepont et bien que ne pouvant pas dire qu'ils étaient les meilleurs amis du monde après s’être vu une seule fois, il devait s'avouer que l'homme ne lui avait pas déplu dans son comportement. Toutefois son serment de vassalité le liait et il était donc logiquement auprès de son suzerain et aujourd'hui il allait marcher contre le comte d'Aretria. Il y avait quelque chose dans le discours de Grégoire qui ne collait pas sur cette situation et il se permit de le soulever

"Il y a quelque chose que je ne saisis pas, vous parlez de la paix en Atral et de l'acte de Comte de la Rochepont contre sa marquise mais votre intention était de faire la même chose à Serramire, pourquoi donc prendre parti pour la Marquise et non le Comte qui semble avoir plus d'atouts en cas d'entente ?"

Jérôme n'avait rien non plus contre la Marquise et il ne voulait pas aller contre elle mais il ne voyait pas l'intérêt qu'il y avait à gagner pour eux ? à moins que Grégoire n'ait négocier des avantages dans son aide.


***


Le démontage du campement continua pendant que le conseil eut lieu et que le Comte expliqua à tout le monde ce qu'il avait dit peu de temps avant à Jérôme mais avec plus de formes et plus protocolairement. Une fois tout le monde prêt et les questions et autres plaintes terminées, l'ost se mit en branle et rejoignit les troupes de la Marquise. Un total d'environ cinq mille guerriers ne passe pas inaperçu c'est ainsi une longue file ininterrompue qui partait pour le sud de la région, allant à la rencontre de l'armée du Comte d'Aretria. Arsinoé d'Olyssea, Marquise de Sainte Berthilde avait décidé de monter son cheval et d'accompagner la troupe, c'était louable. Elle était en compagnie de ses gentilshommes et autres nobles de sa cours, Jérôme détestait cela et comme sa présence n'avait pas (pour le moment) était mandée, il préféra rester avec les troupes d'Etherna et se montrer. C'était la première campagne à laquelle il participait à la tête des forces etherniennes, il connaissait le champs de bataille et il avait fait ses preuves mais c'était auprès des forces odélianes, il devait donc tout refaire malgré son statut. En effet en tant que guerrier il appréciait de montrer une bonne image de lui même et de s'allouer la fidélité de ses hommes, leur montrer que leur seigneur n'était pas un couard.

La journée passa, la Baron avait bien évidemment envoyé des éclaireurs autour de leur position en plus de ceux de la Marquise, il appréciait d'avoir sa propre source d'information. Puis la nuit arriva, durant laquelle Jérôme avait fait fortifier sa position avant de laisser les hommes se manger et se coucher. Le lendemain ils se remirent en route. Alors que la troupe avançait à un rythme soutenu mais peu rapide vu le ravitaillement qui les suivait, un cor résonna soudain, faisant se tourner toutes les têtes vers sa provenance. Des cavaliers surgirent, il s'agissait de fidèles à la Marquise, ils firent leur compte rendu et la nouvelle parcourue les lignes à la vitesse d'un chariot mené par des bêtes affolées. Un mouvement désorganisé se fit dans la noblesse, chacun se précipitant vers ses forces à la mention des troupes qui fonçaient droit vers eux. Il se posa alors une question à Jérôme, celle de savoir s'il devait mener ses troupes lui même ou rester en arrière. il était en effet difficile de répondre à celle-ci de la meilleure façon. En effet certains diraient que rester en arrière révélait une mentalité de couard, pourtant les plus fins stratèges diraient au contraire que partir à la tête de ses troupes était le meilleur moyen de perdre la vision globale du champ de bataille et ainsi de ne plus avoir la lucidité de s'adapter à la stratégie adverse, se focalisant sur son seul plan qui pouvait être déjoué et ainsi courir au fiasco total. Vu le nombre de commandant possible en ce moment, à savoir la Marquise de Sainte Berthilde ou son représentant et le Comte d'Odélian, Jérôme se permit le luxe de donner des instructions au départ puis de se joindre à sa cavalerie lourde. Il déploya ses hommes, les hallebardiers au centre et les lanciers divisaient en deux parties sur les flancs. Les arbalétriers se trouvaient devant les troupes, elles se replieraient derrière pour continuer le tir sous la protection de l'infanterie si les forces adverses s'approchaient de trop. Ensuite les cavaliers légers, arcs en main se mirent sur un côté, prêt à partir harceler l'avant garde ennemie. Lui même se trouvait donc à la tête de la cavalerie lourde un peu à distance, prêt à charger à la moindre opportunité.

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Grégoire d'Odélian
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MessageSujet: Re: La grande colère du non moins grand Anseric.   Mer 31 Oct 2012 - 22:26

" Pour remplir mon devoir et aider le régent, Aetius d’Ivrey mon allié ? Pour défendre les prétentions et les biens légitimes de la marquise contre des vassaux frondeurs ? Pour défendre l’honneur d’une gente dame ? Pour conserver un équilibre des pouvoirs au sein de l’Atral ? " Avait énoncé le comte de manière rhétorique. Grégoire avait l’air légèrement exaspéré de devoir expliquer une deuxième fois ses raisons alors que celles-ci semblaient avoir été clairement exprimées la première fois. " Si j’avais mis mon plan à exécution et nous avait fait quitter ce marquisat pour nous diriger sur Serramire, j’aurais tourné le dos à mes principes, à mon honneur et surtout au régent qui possède bien plus d’influence que le comte d’Arétria. De plus le fait d’aider la marquise équilibre cette région qui aurait été sous la dominance totale du comte Anseric dans le cas contraire. Un marquisat unifié et voisin de nos terres me parait être une plus grande menace surtout quand celui s’étend de l’Eris à l’Olienne, qu’une région comportant un contre pouvoir. Le dernier aspect pratique en plus d’obtenir un allié est que Serramire est une force importante et notre ost n’aurait pas obligatoirement gagné la guerre que j’aurais porté sous ses murs; quoi de mieux qu’une force étrangère vous envahissant pour unifier un pays divisé. "

Espérant que cette fois-ci le message était bien passé, le comte enchaina sur un autre sujet…



Le 26 de Barkios, an 6.

Alors que l’armée avançait suivant la grande route qui mener à l’Erac, le pays semblait calme, la situation actuelle de multiples conflits au sein de la péninsule, du moins dans sa partie septentrional avait surement fait ralentir les activités économiques et le commerce ne devait plus être assuré dans certaines régions depuis un moment. Ne croisant que peu de caravanes ou charrettes qui devaient surement transiter par l’Est du pays, l’armée avait toute la place pour progresser dans sa marche les rapports des différents éclaireurs qu’ils soient Berthilois, ethernien ou autres n’annonçaient aucun contact avec l’ennemi. Cependant un événement survint alors que l’on approchait enfin de Kelbourg, lorsque qu’une poignée de soldats arrivant à toutes blindes comme si Tyra était à leur trousse, vinrent prévenir les coalisés qu’une troupe eracienne les talonnaient. A ces mots tout ce beau monde s’agita, chacun donnant des ordres à ses hommes, chacun voulant briller, faire de son mieux, les plus " braves " commençant déjà à s’élancer à la tête de leur hommes afin d’aller porter secours et assistance au seigneur Frédéric. Le problème était que tout cela manquait de cohésion chacun prenant ses propres décisions sans savoir ce que le voisin était en train de faire. Malgré tout, il semblait qu’un schéma prenne forme notamment du côté des alliés, puisque Grégoire et Jérôme utilisaient des tactiques militaires des plus similaires. A propos de Grégoire, ce dernier fut surpris d’entendre qu’une bande de cavaliers eraciens donnaient la chasse aux troupes du seigneur de Kelbourg alors que leur pays était plongé dans la guerre. Était-ce une bande de pillards ? Un mauvais coup du goupil ? Le comte s’interrogea tout en donnant des ordres, envoyant ses archers grossirent les rangs déjà en place et faisant disposer ses scorpions sur le promontoire de la crête qui surplombait la plaine. Les cavaliers et les chars s’étaient disposés sur un flanc légèrement en retrait, afin de voir comment aller évoluer la situation.

Toute cette mise en place avait pris de longues minutes, malgré l’effort qu’avait fait chacun pour se préparer au mieux, sans doute que dans le sous-bois les premiers fers s’étaient déjà croisés donnant un peu de temps aux forces afin de s’organiser mais aussi de répit à la troupe des harcelés. On n’avait eu que peu d’infos sur les effectifs ennemis et sur la menace réelle qui allait se profiler, ces hommes n’étaient peut-être qu’une troupe légère de l’avant-garde ennemis devançant de quelques minutes l’ost comtale du félon ? Quoiqu’il en soit tout le monde attendait que les troupes de Frédéric ainsi que celles des alliés prennent replis sur leur position afin d’arroser les ennemis de quelques traits bien sentis. Enfin des hommes sortirent du bois, pendant qu’on criait dans les rangs " Voilà Kelbourg. " qui galopait vers eux, alors que l’on sentait sur la figures de ses hommes la fatigue, l’épuisement et la peur. Quelques minutes passèrent encore alors que l’on entendait des cris émanant de la forêt jusqu’à ce que les gens de Laurus sortent à leur tour du bois suivit de près par les troupes ennemis qui faisait résonnait dans la prairie le son violent des sabots sur la prairie.

Au signal du comte les artilleurs commencèrent leur office essayant de fournir le meilleur rendement possible, les carreaux filant dans les airs avant d’être rejoint dès que la portée leur fut possible par les archers qui tirèrent une salve puis une deuxième et une troisième. Tous ces projectiles s’abattirent avec forces et destructions sur le groupe eracien et l’on pu voir nombre d’hommes chuter ou écraser par la horde après avoir été désarçonné de leurs montures. Alors que ce manège dura au final qu’une poignée de minutes, l’infanterie se préparaient déjà à encaisser la charge alors que Grégoire à la tête des chars Odélian S’apprêtait à s’élancer sur le flanc de la troupe, afin de les achever.

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Valerian d'Adhémar
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MessageSujet: Re: La grande colère du non moins grand Anseric.   Ven 2 Nov 2012 - 14:17

~~ Frontière entre Casteldulac et Sainte-Berthilde , an 7 du 11e cycle ~~

Le soleil est haut dans le ciel, les nuages peu nombreux. L'air est doux, le vent absent. Une caravane de quelques cavaliers a fait halte en bordure de route afin que les chevaux se reposent, et les hommes en profitent pour prendre leur repas. Un peu en retrait, assis dos contre le tronc d'un arbre, un homme vêtu noblement tient en main un livre couverte d'un cuir à la teinte émeraude. L'on peut lire sur la première page le titre inscrit d'une écriture élégante: Mémoires de Martin d'Adhémar.
L'homme ouvre le livre à la page préalablement marquée à l'aide d'une cordelette fixée à la reliure, et commence sa lecture.

Bàrkios, jour huit, troisième énnéade.

Ainsi que la marquise l'a décidé hier, nous faisons route vers le sud. La journée fut longue et éreintante, les récents évènements ne m'inspirent rien de bon. Il semble que les négociations soient vaines et que l'affrontement soit inévitable, à mon grand regret. Ce jour d'hui, alors que nous avancions vers Kelbourg, nous eûmes la surprise d'un bien malheureuse nouvelle.

C'était en courant de matinée ou en début d'après-midi, je ne sais plus très bien. Je m'entretenais avec son excellence la marquise de Sainte-Berthilde lorsque le calme du voyage fut troublé. Tout d'abord le hurlement des cors, puis l'apparition d'un groupe de cavaliers galopant vers nous. Des hommes de De Kelbourg, à en voir leurs tabards. Ils s'arrêtèrent à notre hauteur, si exténués que l'on aurait cru qu'ils cracheraient leurs poumons devant nos yeux. L'un d'eux, haletant, nous fit un rapide et alarmant rapport de leur situation: De Kelbourg et ses hommes, pourchassés par des cavaliers d'Erac. Si tôt? En un instant la nouvelle parcourue les différents osts.

Un simple regard sur la marquise me fit comprendre qu'elle ne savait quelle réaction adopter, et qu'il me fallait décider moi-même des manœuvres à adopter. Et ce ne fut pas aisé, car déjà les différents nobles qui nous accompagnent criaient leurs ordres à leurs hommes, sans qu'aucun d'entre eux ne se concerte avec les autres. La cohésion était difficile dans une telle situation, je le savais, alors je pris le temps d'analyser les mouvements des différents corps avant de rallier mes propres hommes.

Sur le flanc droit le seigneur Vosker déploya ses troupes, tandis que nos alliés d'Odélian –disposant d'un plus grand nombre d'hommes – se placèrent au centre et au flanc gauche. Avec soulagement, j'eus constaté que malgré le manque de concertation les différentes troupes se sont vite organisées, si bien qu'une certaine cohésion était apparue entre elles. De mon côté je rejoignis, mes troupes et passai mes ordres à mes capitaines. Je ne choisis d'envoyer que les archers rejoindre ceux de nos alliés, avec l'ordre de se replier dans le cas – peu probable – où les eraciens passeraient le mur de métal que formait l'infanterie alliée. Quant à mes propres fantassins et à ma cavalerie, je choisis de les garder en retrait, une sorte d'arrière-garde destinée à la protection de ma personne et de la marquise. D'une part parce que j'eus considéré nos alliés bien assez nombreux pour venir à bout de deux centaines d'eraciens fatigués par une vaine poursuite. D'autre part parce que je craignais que cette grotesque attaque ne soit un piège, une ruse destinée à nous désorganiser ou à nous occuper avant que le gros des troupes du félon ne nous charge par surprise. Après tout il était évident que ces chiens d'Erac avaient étés envoyés à une mort certaine, ce qui en soit était douteux, et dans la confusion de l'urgence tous s'étaient concentré sur la charge des poursuiveurs. Bien heureusement mes craintes qu'il ne s'agisse là d'un piège s'envolèrent quand, sans ménagement, les troupes adverses furent achevées par les forces de la coalition et que la tension retomba. Cette bataille, bien que brève, marqua a marqué le début des réelles hostilités.

Quand Frédéric de Kelbourg eut repris son souffle et un certain calme, il nous informa du malheur qui était arrivé à sa ville. Kelbourg, victime de l'armée du comte perfide. Je n'ai pas cru les missives de la marquise lorsqu'elle les a faites envoyer au château, appelant à elle ses vassaux pour lui prêter, en urgence, serment. Je n'ai pas cru sa missive quand, implorante, elle prétextait la vilainie du comte d'Arétria afin de nous rallier à sa cause. Je n'ai fait route vers Sainte-Berthilde que suite à l'insistance d'Adelin, y voyant là la possibilité de gagner quelques terres. Mais à présent que j'ai appris le sort de Kelburg, et que de mes yeux j'ai vu des troupes d'Erac en terre Berthildoise, je me tance de l'avoir prise pour une sotte.

Le jour se termine, l'astre luminescent se couche. Bientôt une autre bataille aura lieu, bien moins commode que celle de ce jour. Si ce n'est demain, elle se fera dans les jours qui viennent. Et si mon esprit est toujours bien vivace mon corps, lui, est usé. J'ignore l'état dans lequel j'en sortirais. Si je devais ne pas revenir, je n'aurais qu'un regret ...


Le lecteur lève la tête vers un l'homme armure qui vient de se présenter devant lui.
"Nous sommes prêts?" Demande le noble, devançant l'annonce de son interlocuteur.
"Oui monseigneur." Répond ce dernier.
Le lecteur marque la page, referme son livre, et se lève.
"Alors allons-y!" Dit-il d'un air nonchalant, tout en étirant ses muscles.
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Kerthan Vosker
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MessageSujet: Re: La grande colère du non moins grand Anseric.   Sam 3 Nov 2012 - 9:14

Les sabots résonnaient dans ses oreilles comme des tambours, beaucoup de chevaux battaient la terre de leurs fers.

Criant ses ordres a ses hommes, les Laraussiens firent un impact entre le groupe Eracien et des hommes de Kelbourgs, en leurs permettant de se désagrégés en 2 parties bien distinctes. Les nouveaux combattants étaient frais et vif, le but était de les séparer pour remonter vers le gros de l'armée sous une pluie de fer et de bois avant que la masse ne finissent le travail sur ses pauvres pillards. Repartant aussitôt avec ces derniers après quelques sommaires combats et la surprise passée au camps Eracien, Kerthan remonta et expliqua l'idée qui avait germée dans son esprit.

La horde de cinq cents hommes et chevaux se rua hors de la forêt, poursuivit par les deux cents cinquante sauvages a leurs trousses, ne virent pas l'armée présente en face. Le premier groupe se sépara soudain en deux, laissant le champs libre a tout ce qui pouvait tirer faire leurs offices météorologiques sur les pauvres pillards.

La cavalerie lourde arborant la couleur de Jérôme de Clairssac entra en collision après cette pluie sur le flanc, jointe par un des deux groupes qui s'était séparé auparavant, le second faisant son impact a son tour sur l'autre flanc. L'infanterie chargea d'elle même de face et ce fut comme couper un morceau de bavette si tendre qu'on pourrait croire à du beurre en train de fondre.

La bataille fut d'une simplicité incongrue, très peu de pertes pour le cortèges de la Marquise, mais presque les trois quarts étaient morts, le quart restant blessés ne pouvant plus se battre. Ces hommes, fait prisonniers, Kerthan accompagna l'homme de Kelbourg jusqu'à Arsinoé, un rassemblement étant nécessaire pour faire le point sur ce qu'il venait de se passer.

Kerthan se présenta à Arsinoé, expliquant l'arrivée du rescapé ainsi que le déroulement dans la forêt, rajoutant qu'il lui semblerait sensé de faire un rassemblement.
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Arsinoé d'Olyssea
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MessageSujet: Re: La grande colère du non moins grand Anseric.   Sam 3 Nov 2012 - 18:13

Du promontoire ou se tenait la marquise ainsi que le sieur d'Adhémar, les clameurs de guerres, le fracas d'acier frappant contre acier et les hurlements d'arbalestes grandes et petites semblaient avoir laissés place à un silence de mort dans le vallon. Les hommes en contrebas pouvaient eux profiter des gémissements incessants des blessés, ou encore des suppliques stridentes des Eraciens qui avaient vu leur retraite coupée par les chars et cavaliers légers nordiques. Adelin eu le bon sens de rassembler les captifs susceptibles de ne pas les ralentir ainsi que ses propres blessés avant de désengager sa troupe du charnier, l'abandonnant à la geusaille Berthildoise qui, avide, s'empressa de détrousser et achever les hommes à terres. Arsinoé observait le spectacle d'un œil impassible, s’efforçant de déceler la signification de cette escarmouche aussi sanglante qu'insolite.
« Ca n'a aucun sens...» murmura t-elle, pour elle-même aussi bien que le vieillard à ses côtés.


Vosker et de Kelbourg furent les premiers à les rejoindre, souffle rauque et cuirasses encore maculées de sang. Cédant à la demande avisée du premier, elle fit aussitôt quêter les sires d'Odélian et d'Etherna afin qu'il y ait concertation avant que la marche ne reprenne. Frédéric, qui ne pouvait retenir plus longtemps son ire et son inquiétude malgré une fatigue évidente, s'exclama alors tout en pointant du doigt le champ de bataille :

« Il n'y pas là l’entièreté de l'ost que nous avons surpris en train de marauder sous les murailles de ma forteresse, pas même la moitié m'est avis. »


« Les avez-vous aperçu de vos propre yeux? » S'interrogea t-elle.

« J'ai confiance en mes hommes madame,
rétorqua le seigneur, et les quelques pauvres bougres que nous avons questionné avant d’être prit en poursuite s'accordaient tous sur le fait que ces canailles se comptaient par milliers. Une description approximative j'en conviens, mais qui se doit de comporter une graine de vérité ! ».

Se voulant conciliante, Arsinoé fit mine d’acquiescer à ses dires puis s’enquit  : « Ont ils remarqué quelles couleurs portaient ces pillards, outre le blason qu'arboraient vos poursuivants ? ».

« J'ai aussi bien entendu citer la licorne que trois roses, le cerf que le griffon, le loup que le hibou. Un sot jura même avoir vu une marmotte, je le fis bastonner. Je suis tout de même troublé par l'affront que me fait aujourd'hui le Lyron. J'ai longtemps connu Léandre d'Erac, et il ne régnait aucune animosité entre nous. »


« Léandre croupissait dans les geôles de notre régent aux dernières nouvelles messire. »


« Certes,mais assurément ses fils... » entreprit-il de répondre, avant d’être coupé par une quinte de toux grasse qui ne prit fin qu'après qu'Adelin ne se soit à son tour joint aux délibérations, accompagné de quelques reîtres qui entre eux tenaient un des assaillants bien mal en point. Celui-ci s'était comme figé sous les regards nobles, à moins que ce ne soit à cause de la douleur provoquée par le carreau d'arbalète enfouie dans son flanc.

« Répétez donc ce que vous m'avez conté. »
Dit finalement Adelin, presque avec douceur, alors qu'elle s'impatientait.

« Messires, votre excellence...j'ai accompagné mon seigneur, un vavasseur de Léandre d'Erac qui maintenant gît mort, ravager votre pays. Je ne saurais dire pourquoi, seulement que quelque jour après s'en être retourné de notre défaite contre les hommes du jeune roy, mon sire décida comme tant d'autres de se joindre à l'ost du comte d'Arétria. Nous avons voyagé ensemble jusqu'à Kelbourg, et...je pense que le reste de cette histoire ne vous est pas étrangère. »

L'homme était bien éloquent en vue de sa pâleur cadavérique songea t-elle, ordonnant alors qu'il soit pansé et logé. La ligne de conduite à prendre était désormais évidente, tous s'accordant sur la nécessité d'une reprise rapide de la progression, et que tout soit fait afin que leur proie ne puisse s'échapper, ou pire , les prendre à revers.


****

C'est ainsi qu'alors que la mi-journée était encore lointaine la force s'était déjà considérablement éloignée du site de l'escarmouche, que l'on surnommerait par la suite le Massacre du bois d'Argonne. Non plus disposé en une longue file, l'ost s'étalait de part et d'autre de la route, presque en ordre de bataille. Des éclaireurs avaient été envoyé au sud, mais aussi à l'est et à l'ouest, afin que nul part entre les monts corbeaux et l'Océan d'Eris le félon ne puisse passer inaperçu. Arsinoé profita de cet intermède pour chevaucher un temps aux cotés de Jérome de Clairssac, qu'elle n'avait auparavant que croisé et n'avait pu remercier comme il se devait. Une fois les politesses et quelques interrogations courtoises échangées, Arsinoé s'enquit auprès du baron sur un sujet lui tenant à cœur :
« Vous qui avez eu le plaisir de rencontrer Anseric de la Rochepont en temps de paix, ce qui est bien plus que je ne puis dire, le jugez-vous susceptible de se rendre à l'évidence avant qu'il ne soit trop tard ? Peut-être serez-vous un jour prochain conduit à rencontrer l'homme de nouveau, et j'escompte qu'il sera plus sensible à vos paroles qu'aux miennes. »
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MessageSujet: Re: La grande colère du non moins grand Anseric.   Lun 5 Nov 2012 - 15:50

Les troupes se mirent en place, il ne fallait pas être sortit de West Point pour se rendre compte que chacun menait ses troupes comme il l'entendait dans son coin sans en référer aux autres. Odélian et Etherna se mêlèrent les uns aux autres en raison du lien entre leurs deux dirigeants, il était étonnant de voir les deux armées ennemis à plusieurs reprises se battre côte à côte. En raison du nombre des effectifs qu'ils avaient amené avec eux, les troupes odéliannes et etherniennes se retrouvèrent au centre du dispositif, chose étonnante étant donné leur statut "d'alliés". L'on voyait déjà sur le flanc droit une charge de cavalerie menée par le nommé Kerthan Vosker se diriger vers l'ennemi, les poursuivie se mirent en sécurité derrière les lignes qui s'étaient formées, heureux d'être enfin à l’abri. Il sembla que l'instruction martiale et la cause commune amena une cohésion hésitante entre les différentes troupes qui s'organisèrent comme elles le purent. La marquise fut entourée par un détachement de cavalier mené par l'un de ses vassal, elle était donc en sécurité tant que la troupe tiendrait. Personne ne savait ce qui les attendait, n'y avait il que l'avant garde ou toute une armée qui suivait ?

Les hommes attendirent et lorsque les cavaliers ennemis arrivèrent à bonne distance, les cordes des arbalètes et des arcs se détendirent, envoyant une volée de carreaux mais aussi de flèches qui noircirent le ciel en masquant le soleil. Les soldats adverses vidèrent leurs étriers par dizaines, certains chevaux tombèrent, une flèche dans le poitrail ou encore une jambe sanguinolente. Les premiers tombés génèrent les autres qui firent sauter leur montures par dessus leurs frères d'armes gémissants à terre ou déjà mort et déjà une deuxième volées partait dans leur direction. elles s'ensuivirent, des flèches et des carreaux selon la vitesse de rechargement, clairsemant les troupes hostiles. Ils réussirent tout de même à arriver au niveau de l'infanterie, ils se heurtèrent alors à un mur de hallebardiers et de piques ou lances de toutes sortes. Ce fut le moment que choisit le Comte d'Odélian pour donner le signal de la charge, menant ses chars alors que la cavalerie lourde ethernienne avec Jérôme à sa tête les suivit. La bataille fut aussi courte que sanglante, les pertes alliées furent minimes alors que les adversaires furent quasiment décimés.

Une fois cela terminé, un messager vint quérir Grégoire et Jérôme, leur expliquant que la Marquise souhaitait leur parler. Les deux dirigeants se dirigèrent donc vers l'endroit ou elle se trouvait. La réunion amena le discours de Kelbourg qui apporta des éléments, il semblait que les forces du Comte d'Aretria étaient de plusieurs milliers, chose qui était inquiétante. Une ligne de conduite fut dégagée, amenant tout le monde à miser sur une progression rapide afin d'empêcher Anseric de la Rochepont de s'enfuir. La troupe se remit en marche après s'être rassemblée et remise en ordre, un semblant de cohérence se mit en marche.

Les nobles chevauchaient ensemble cette fois ci et Jérôme ne put s'esquiver comme il l'avait fait jusque maintenant. La Marquise était entourée par sa cour et donnait de la tête de gauche à droite selon les personnes qui tentaient d'attirer son attention. Elle finit par se retrouver aux côtés du Baron sans que celui-ci ne fasse attention, c'était la première fois qu'il était aussi proche de celle qui aurait dû être sa souveraine légitime si Gaucelm d'Odélian n'avait pas conquit Etherna. Il la salua comme l'usage le requérait et ils échangèrent quelques banalités sans incidence avant qu'elle ne finisse par poser une question délicate à Jérôme

"J'ai en effet eu la chance de croiser le Comte dans la ville de Wenden lors d'une joute organisée par l'un de ses vassaux. Il serait présomptueux de vouloir juger une personne en ne la voyant qu'une seule fois et aussi peu mais de ce que j'ai pu observer, l'homme m'a paru fort sympathique bien que tendu aux vus de la situation car c'était juste après le décès de notre monarque."

Il marqua une courte pause avant de reprendre

"Si tel est votre bon vouloir, j'accepterais d'entamer des négociations avec le Comte mais je doute qu'avec un ost lui faisant face qu'il ne s'adonne avec joie avec cela. J'ai entendu dire que vous vouliez le déchoir et lui retirer ses titres et terres, est ce la vérité ? Je doute que quiconque dans cette situation n'accepte de se plier."

Un silence s'installa entre les deux personnes, Jérôme espérait qu'il n'avait pas froissé la Marquise, ce n'était nullement son attention mais il était de ceux qui appréciaient la franchise, même si celui lui avait pas toujours réussi

"Votre excellence, dans l'optique ou le Comte réussirait à nous échapper et se cloitrerait derrière ses murs, quelles sont vos intentions ? vous allez l'assiéger ?"

Il était évident qu'il était préférable aujourd'hui de le surprendre devant les murs de Kelbourg et ainsi l'acculer contre les murs du château. Il se demandait s'ils auraient suffisemment d'hommes pour envisager un assaut sur ses propres terres.
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Hans
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MessageSujet: Re: La grande colère du non moins grand Anseric.   Sam 10 Nov 2012 - 22:15

À plusieurs lieues de cela, Anseric, quant à lui, avait déjà mis les voiles. L'ost avait su saisir l'opportunité d'une diversion, offerte par l'emportement des jeunets éraçons, et filait déjà au Nord de la baronnie. Le comte, assuré de sa rapidité sur l'ennemi, et pour cause, tous ses soldats étaient montés sur de lestes coursiers arétans, avait affermi son intention de réduire en miettes chaque masure dont l'allégeance se serait tournée vers Arsinoé, et ses porte-glaives étrangers. Ainsi, d'un trot rafraichissant, l'armée s'en allait semer le dégât comme on plante des navets longs.

Parallèlement, un cavalier se présentait au devant de l'ost réuni, offrant à la vue de cette multitude de bannières le seul et unique goupil arétan. L'homme perçais au travers des futaies pour gagner les dirigeants assemblés. Une fois assuré que tout homme à la lignée assez noble fut là, il s'exprima avec la diction caractéristiques des hérauts bien formés :

"Moi, Foulques de Malestroit, ci devant héraut d'Anseric de la Rochepont, seigneur d'Arétria, d'Olysséa, protecteur des marches Berthildoises et seigneur-Duc de tout l'Atral, vais vous transmettre les dires et volontés de mon illustre maître. L’honorable Anseric vous offres l'ultime chance d'échapper aux indicibles tourments d'une mort violente ; donnez sur le champ votre reddition, renoncez à vos prétentions sur ces terres, et il vous permettra une retraite aux sein d'un ordre à la damedieu. Marquant une pause, le sémillant cavalier fit aller sa monture de long en large, exhibant la bannière rutilante aux hommes assemblés. Écoutez moi! Aux infâmes qui persisteront dans cette cause, monseigneur promet des lendemain de feu! Nous réduirons vos villages en cendres, vos gens en esclavage, et salerons vos champs! Attendez vous à ce que dès demain, Laraus, Adhémar, et Kelbourg ne devienne des charniers, car nul d'entre vous, parjures, n'échappera au juste courroux de mon maître. Rompez le ban, regagnez vos pénates et vous pourrez en conserver le titre. Poursuivez votre entreprise, et vos bois seront brûlés, vos châteaux mis à bas, vos femmes vendues à Sharas. Puis, il avisa Grégoire et Jérôme, pour leur délivrer un message successif. Aux seigneurs venus de l'étranger, prenez acte de votre forfanterie. Messer Verdevin, après avoir ôté Etherna à son giron maternel, votre avidité vous mènera à votre perte, car c'est un trop grand morceau pour vous, cette fois-ci. Mon seigneur vous enjoins à faire amende honorable, quitter le pays sur le champ auquel cas il pourrait vous conserver quelque sympathie. Demeurez ici, et votre anéantissement proche ne sera qu'un prélude aux ravages qui s’étendront sur votre pays tout entier.

Ployez devant Anseric, ou que les Enfers vous emportent!"


L'homme, toujours plein d'à-propos, n'avaient ainsi pu résister à l'appel d'une déclaration pleine de panache. S'il n'entretenait aucun doute quant à la réaction de son auditoire, le héraut n'aurait pu décemment gâcher une si belle occasion d'exposer son verbe.


En marge de cela, un autre messagers progressait à toute allure vers le Nord. Son galop effréné ne s'arrêtant qu'à la porte de Saint-Aimé, dont on avait appris l'inaction, et il délivra son message en tout ruisselant de sueur. La missive, bien que sommaire, était lourde de sens.

Citation :
À Godfroy, seigneur de Saint-Aimé,

Messer, votre absence aux côtés de la dame Arsinoé vous honore et vous range aux côtés des justes. Mais quelle attitude plus naturelle à adopter, pour vous qui devriez être marquis à sa place ? Je n'irais ainsi pas par quatre chemin : rendez moi hommage, battez vous à mes côtés, et je jure de vous rendre ce bien qui par le sang devrait être vôtre. Déclinez cette offre, et considérez vous comme l'un de mes ennemis mortels.

Ce messager ne me précède que de quelques heures, choisissez vite.

Anseric de la Rochepont, comte d'Arétria et baron d'Olysséa.

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Grégoire d'Odélian
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MessageSujet: Re: La grande colère du non moins grand Anseric.   Jeu 15 Nov 2012 - 17:21

L’escarmouche avait été aussi rapide que brutal et le corps de cavalerie eracienne fut rapidement englouti dans une marée d’aciers qui le dévora rapidement. Encore sur le champ de bataille, le comte gueulait des ordres pour qu’on lui réserve quelques nobles bons à rançonner ; on n’allait pas gâcher non plus quelques pièces et si ça faisait plaisir à la famille… On vint à Chercher Grégoire alors que celui-ci se désaltérer avec son outre pour rejoindre la marquise et son état-major qui avait des nouvelles de la situation. Une fois qu’on ait entendu le blessé faire part de son récit qui confirmait que le félon était derrière cette mésaventure-ce dernier était décidément bien informé de la situation Berthiloise-, on décida qu’il était temps de reprendre la route et de mettre définitivement fin aux agissements de cette gouape dont le conflit stérile n’avait que trop duré. On s’étira sur la route presque dans l’attente de croiser les troupes de l’homme qui avait envoyé à la mort ces pauvres éraciens qui brisés par les drames de leur pays avaient été séduit par les promesses illusoires de richesses d’une aventure vouée à l’échec.

Mais l’invité d’honneur de cette grande fête demeura absent, c’est au bout d’une heure de progression que les éclaireurs puis l’armée distinguèrent un cavalier venant de l’Est et arborant les couleurs d’Arétria. Le grouillot après avoir réuni son auditoire parti dans une tirade des plus passionnée, mais le seigneur de Dens n’écoutait pas vraiment. C’était toujours la même chose " On est les méchants, on est les meilleurs, blablabla... " mais on sentait que le héraut avait eu une carrière de saltimbanque avant d’avoir échoué à cette place, ça se sentait. Dommage que le théâtre, n’était pas du gout de tous et après un signe de tête du comte on aida le messager à vider ses étriers avant d’être emmené quelques mètres plus loin afin qu’on le bastonne pour la forme. Le noble qui avait envie de participer, s’en vint casser quelques phalanges à notre poète du dimanche avant de lui demander où se situer le comte d’arrête-et-tires-toi. Après avoir été brave quelques minutes, l’oiseau chanta que son seigneur était en train de faire route vers le nord lorsqu’il l’avait quitté et qu’il devait être en ce moment même en train de dépasser leur position. En effet quelques minutes plus tard, l’information fut relayée par les éclaireurs qui quadrillaient le pays rapportant l’apparition de colonnes de fumées dans l’Est du pays et les dires qu’une force armée importante était en train de mettre à sac le pays.

Il avait été inutile de torturer le pauvre diable au final mais l’on avait besoin d’information clair sur la situation et quoi de mieux qu’un homme qui venait de quitter l’armée de l’ennemi. Grégoire se releva légèrement du corps de l’homme blessé lorsqu’il entendit la nouvelle rapportée par les coureurs. " Tu feras passer un message à ton maitre…non finalement je lui donnerais moi-même. " Dit le ser avant d’enfoncer son poignard dans le corps tressautant du héraut qui après quelques gargarismes mourra ; pour lui au moins la guerre était finie. Se relevant et essuyant sa lame le comte se dirigea vers monture avec un air sombre sur le visage. Ce qu’il venait de faire aurait pu en dégoutter certains mais avant la fin de la guerre, il commettrait encore bien d’autres atrocités de ce genre. Car la guerre n’était pas belle, elle n’était pas juste ou encore honorable et on avait besoin de personnes qui aient le cran de faire ce qui devait être fait. Cependant la nouvelle que le goupil était en train de leur passer dans le dos n’était pas réjouissante.

" Que compte-t-il faire, Nous prendre à revers ? Simplement rejoindre ses terres ou bien encore revenir à Cantharel une fois ses affaires en Erac terminé ? En tout cas l’animal de manque pas d’aplomb mais il nous faut plus de détails sur sa position, nous devrions envoyer une troupe de cavalerie légère qui pourrait pister et observer la progression de l’ennemi pendant que le reste de l’armée fera volte-face pour se replier sur Cantharel. La route est le moyen le plus rapide d’arriver à la capitale et d’ici la fin de la journée nous auront sans doute de plus amples informations sur la situation. "

Peut-être que les mots ont toujours plus d’aplomb lorsque l’on vient de tuer un homme mais on décida rapidement que cette solution était la bonne a adopté et la marquise qui avait approuvé les dires du comte d’Odélian dépêcha son fidèle Kerthan et ses cavaliers légers afin de jouer le rôle de l’avant-garde. On aurait pu se demander si le choix était judicieux au vu du passif du seigneur mais si la marquise lui faisait confiance. Ainsi, l’armée se remit en route et la colonne se reforma déçue de ne pouvoir en découdre et de passer son temps à marcher. L’idée n’était pas de trainer la patte mais l’on préférait ménager les hommes et les montures et l’on effectua quelques pauses au cours du voyage. L’atmosphère n’était pas détendu mais l’on ne pensait pas rencontrer un second ennemi aujourd’hui alors l’humeur était plutôt bonne surtout après la victoire (un peu trop facile il est vrai) des troupes coalisées sur leur ennemi. Cela n’empêchait pas les éclaireurs et les hommes de rester sur leurs gardes mais le voyage de retour se passa sans encombre. Alors que le manteau de la nuit commençait à recouvrir la campagne et que l’on se trouvait à quelques heures de la citée l’ost s’arrêta afin de pratiquer une halte. On hésitait à camper ici où pousser l’armée jusqu’à Cantharel afin d’y passer la nuit. Il fut décider finalement que les tentes seraient dressées mais que l’on repartirait très tôt, peu avant que le soleil ne se lève. Cependant quelques heures après que le campement fut établit, des éclaireurs accompagnant une estafette Berthiloise arrivèrent au campement avec à la bouche, le mot trahison.

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Arsinoé d'Olyssea
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MessageSujet: Re: La grande colère du non moins grand Anseric.   Sam 17 Nov 2012 - 11:15

An 6; Barkios; Printemps; huitième jour de la troisième ennéade.

La réplique du baron, d'une tiédeur déconcertante mais qu'elle pouvait aisément appréhender, exigeait une réponse qui ne laisserait planer aucun doute sur sa fermeté en cette affaire.

« La justice dicterait que l'homme soit pendu haut et court Messire de Clairssac. Ne reconnaissant pas plus l’autorité du roy que la mienne, c'est à trois reprises en autant d'ennéades que le félon fit injustement couler sang innocent. Seul son titre lui permet encore d’espérer ma clémence, un titre qu'il aurait de surcroît usurpé à en croire les bruits désagréables qui abondent à son sujet. Qu'il sut se montrer aimable lors de votre brève entrevue ne me choque aucunement, mais ne vous laissez par abuser par ce qui ne fut qu'une tournure habile de l'ambition qui le dévore. »

Marquant une courte pause, la marquise reprit alors d'une voix plus douce.
« Hélas, comme vous le discernez avec justesse, nos vœux ne sont rien face aux tristes réalités qui nous assaillent. Anseric est comte, et son pays lui est solidement acquis après six longues années de viciation. Il pourrait donc sans nul doute conserver la plus grande partie de son pouvoir s'il le désirait, si son orgueil blessé ne l'aveuglait pas. Mais au fil des massacres et trahisons, cette issue lui sera perdue ; et alors les murailles derrières lesquelles il se terrerait ne nous retiendront pas plus que la frontière Arétane. »


Le dialogue fut cependant coupé court par l'arrivée impromptue d'un Hérault. Ce n'était pas le Haudoin qui l'avait tant irrité à l'occasion de la tentative de conciliation du Langecin, mais un être qui s'avéra rapidement tout aussi détestable. Un avis qu'elle semblait partager avec Messer Berdevin, sans aucunement souscrire aux sévices d'une violence rare qui s'ensuivirent. S'éloignant de la scène dans l'espoir vain d'échapper aux cris du misérable, elle lançait son regard vers l'ouest : était-ce des cavaliers qu'elle discernait au loin? Une affreuse suspicion qui fut sous peu confirmé par les coups de cors et la confession de feu Foulques de Malestroit. D'aucuns désiraient prendre en course les pillards, mais il fut finalement décidé que le risque était trop grand, et c'est uni que l'Ost rebroussa chemin à un rythme peut-être plus soutenu. Uni, sauf pour les hommes de Laraus qui furent chargés de retrouver la trace de ces couards, une nouvelle chance pour Kerthan Vosker de prouver sa témérité.

Elle ne manqua pas de remarquer que le félon s’élançait droit vers les terres de son noble cousin le sire de Saint-Aimé, qui lui-même n'avait guère fait preuve de grande probité depuis son retour. À manque de pouvoir sonder en personne le mal qui contraignait ce dernier au silence, lui faire parvenir une cinquième missive semblait être une décision de bon aloi. La rédaction équestre n'étant pas chose aisée, elle dicta les quelques mots à un scribe qui s'empressa ensuite de faire parvenir le vélin à l'arrière train de la procession, d'où s'envola bientôt un volatile heureux de retrouver les cieux. S'il s'était rangé derrière Emma à son retour de Diantra, il pourrait bien faire de même pour sa cousine songea t-elle sans grande conviction.

Citation :
À l'intention du seigneur de la Touranne et de la Malelande, Godfroy de Saint-Aimé,

Mon bon cousin, ces mots seront nécessairement bref au vu de la conjoncture. Messer de la Rochepont, après avoir été mis en déroute par mes loyaux féaux aux abords de l'Eraçon, a abandonné ce qu'il lui restait d'honneur en prenant fuite vers le nord avec ses quelques fidèles. Tentant vainement de noyer son affliction, il trace un sillon sanglant à travers le Berthildois qui je le crains le mènera inévitablement à votre fief. Je ne m’abaisserai pas à sonder les intentions de ce fol, sachez simplement que vous ne serez abandonné en votre heure de détresse, et c'est accompagnée de cinq-milles braves que je m'en viens chasser le goupil de nos terres, avec votre assistance je l'espère.

Au plaisir de vous retrouver sous peu,

Arsinoé d'Olyssea, Marquise de Sainte Berthilde.


Cela dit, il ne lui restait rien d'autre à faire que d'égaler le rythme traînant de l'ost. Elle ne désirait nullement discuter, souhait qui devait transparaître sur son visage puisque personne ne vint l’importuner au fil des heures. Voyant les centaines d'hommes montés qui l'entouraient, elle se demandait pourquoi l'on permettait au comte de creuser toujours plus l'écart, pourquoi ces sires professant hardiesse ne mettaient pas fin en une charge à cette guerre bien peu glorieuse. Évidemment l’interrogation n'en était pas une, elle savait bien quelle était la volonté de Grégoire Berdevin, volonté qui comme trop souvent s'avérait être une contrainte.
Lorsque la nuit tomba sur la plaine, campement fut monté aux abords de la route, non loin de Cantharel, et la marquise se retira à sa calèche qui se révélait finalement bien utile.

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