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 Jeux de pouvoir

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MessageSujet: Jeux de pouvoir   Jeu 25 Oct 2012 - 12:43

Oglicos 7 Karfias, septième année du 11ème cycle


    La villa somptueuse qui s’étendait à flanc de colline offrait une vue imprenable sur Thaar et la mer Olienne. Des colonnades gracieuses soutenaient l’édifice, mêlant des éléments d’architecture drow et humaines dans le plus pur style thaari. En contrebas, des jardins verdoyants formaient un labyrinthe de haies arrangées de manière artistique, dont l’ombre permettait généralement de se soustraire à l’accablante chaleur qui baignait la cité. Mais en ce début de soirée le climat était plus clément : une légère brise soufflait depuis la mer, rendant inoffensifs les quelques derniers rayons de soleil.

    L’ambassadeur Zedey’yr Evere s’avança au milieu des convives assemblés sur la grande terrasse, en train de profiter de quelques rafraichissements servis par les domestiques. L’elfe noir observa les lieux avec satisfaction. Toute la haute société de Thaar était assemblée ici ce soir. Nobles, dignitaires et riches commerçants, mais également érudits, philosophes et écrivains reconnus. Tous ceux qui aimaient à se considérer comme « l’élite sociale » de la ville.

    Au milieu de tout cela se tenait Aémile de l’Isle de Lalande, un jeune homme d’une vingtaine d’années en l’honneur de qui la fête était donnée. Zedey’yr fut amusé par la vision du nobliau perdu au milieu du gratin thaari. Elevé à Sol’Dorn dans un milieu surprotégé, Aémile n’était encore guère plus qu’un enfant qui n’avait jamais été confronté à la réalité de la politique. Il n’en serait que plus facile à manipuler, d’autant qu’il avait vécu avec des drows toute sa vie jusqu’à présent et serait beaucoup plus réceptif à leur point de vue qu’à celui de ces indépendantistes de Thaar.

    Zedey’yr remarqua le marquis de Blancrieu qui venait dans sa direction. Bien entendu, les membres du conseil avaient tous été conviés. Lorsqu’il fut à sa hauteur, l’humain aborda l’elfe sans attendre.
    « Ambassadeur Evere, je suis bien heureux de vous voir. Vos réceptions sont toujours une grande réussite ! »
    « Je vous remercie mon cher. » répondit le drow avec modestie. « Je ne pouvais pas faire moins sachant l’hôte de marque que j’allais recevoir ce soir. »
    Disant cela, il se tourna en direction d’Aémile, en train de discuter avec plusieurs autres nobles. A leurs regards amusés, on voyait clairement que le jeune homme enchaînait les erreurs d’étiquette les unes après les autres.
    « Bien évidemment, bien évidemment… » répondit de Blancrieu - qui avait déjà l’air moins réjoui.
    « Avez-vous déjà rencontré notre jeune prince ? » poursuivit Zedey’yr « Vous devriez aller le voir : c’est une personne formidable ! Il fera assurément un excellent régent. »
    Le magistrat eut un petit sourire crispé.
    « Hum… ne nous emballons pas, ambassadeur. La nomination de messire Aémile doit encore être débattue et validée par le conseil avant qu’il ne puisse prétendre au titre de prince de Thaar. »
    Le sombre sourit en réponse.
    « Allons, allons… Il ne fait aucun doute que ce jeune homme a tous les prérequis pour régner sur notre belle cité. Je suis certain que le conseil ne verra pas d’objection à sa nomination… n’est-ce pas ? »
    Le regard insistant de l’ambassadeur sembla mettre mal-à-l’aise de Blancrieu. Celui-ci allait répliquer quelque chose lorsqu’une présence dans son dos le fit se retourner.
    Derrière le magistrat se tenait une drow revêtue de cuir et portant une paire de longs sabres à la ceinture, qui le fixait avec un air que beaucoup auraient qualifié de menaçant. Le marquis bredouilla quelque chose comme quoi il devait aller s’entretenir avec quelqu’un, puis prit rapidement congé des deux elfes noirs.

    « Tu fais toujours aussi bel effet, T’rissae. » la félicita Zedey’yr en regardant s’éloigner le magistrat. La sombre ne répondit pas au compliment de son maître, ses traits affichant toujours une expression implacable. L’elfe taciturne était la femme de main et garde du corps attitrée de l’ambassadeur. Une redoutable combattante qui ne montrait ni pitié ni hésitation à accomplir les plus basses besognes pour son maître.

    « Vous ne craignez pas qu’il fasse des problèmes ? » La sombre regardait toujours dans la direction où le magistrat était parti.
    « Lui ? On voit que tu ne connais pas de Blancrieu » répondit l’ambassadeur d’un ton amusé. « C’est un couard fini qui n’osera pas émettre la moindre protestation, de peur de s’attirer des ennuis. »
    « Sans doute » repartit la garde du corps, toujours aussi froide. « Mais il n’est pas le seul à qui vos projets risquent de déplaire. A votre place, je resterais vigilant. »
    Sur ce elle s’éloigna à nouveau, prête à intervenir au moindre ordre de son maître.

    Zedey’yr resta un instant pensif, se demandant qui pourrait bien oser se mettre en travers de son chemin. Cosme d’Almias aurait sans doute tenté de contrer ses plans, n’ayant jamais supporté que Sol’Dorn se mêle des affaires de sa ville. Mais le prince était mort, et Zedey’yr n’avait bien évidemment pas laissé échapper une telle occasion.
    Voilà deux siècles déjà qu’il était installé à Thaar, et il avait eu largement le temps d’augmenter son influence, de se créer tout un réseau de contacts et de mettre une bonne partie des notables de la ville dans sa poche. En réalité, son pouvoir était déjà bien trop grand pour que quiconque puisse lui représenter une réelle menace. Et quand bien même…

    L’ambassadeur jeta un coup d’œil aux hommes en faction autour du bâtiment. Sa garde personnelle se montrait discrète, mais surveillait néanmoins chaque entrée et patrouillait les alentours de la villa. Ils étaient bien entraînés et ne lui avaient que rarement fait défaut.

    Non, il n’y avait nul besoin de s’inquiéter.

    Zedey’yr aperçut alors soudain un autre visage notable au milieu de l’assemblée. La duchesse de Clary, membre éminente du conseil, venait d’arriver. L’elfe noir se dirigea vers elle et la salua d’une élégante révérence.
    « Madame de Clary, je n’espérais plus vous voir arriver. Votre absence nous pesait à tous cruellement. »
    Comme un serviteur passait non loin avec un plateau de boissons, le sombre l'appela d'un signe et se saisit d'une coupe de vin qu'il tendit à la duchesse.
    « Tenez, le voyage a dû vous donner soif assurément. »
    Et tandis qu’elle buvait, il sourit et ajouta: « J'espère que la soirée vous sera agréable. »



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Andrástia de Clary
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MessageSujet: Re: Jeux de pouvoir   Jeu 1 Nov 2012 - 14:04

Glissant une jambe hors de la litière venant d’être déposée, puis une autre, Andrástia se redressa pour se retrouver face à la demeure d'un homme condamné à mort. Sa venue était bien tardive, comme se devait d’être celle d'une duchesse conviée au même titre que nombre de vulgaires marchands et troubadours. Son compagnon le baron Cléophas, qu'elle retrouva de l'autre coté du palanquin, était lui d'une tout autre facture et ne manquerait pas d'attirer les attentions des laquais dont se serait entouré Zedey'yr. Lançant un dernier regard à son escorte contrainte à patienter du mauvais coté de l'enceinte, elle se mit à gravir les marches marbrées donnant sur le hall, égalant le pas du Mervalois et en profitant pour lui glisser quelques mots.

« N'accordez que peu d'importance aux promesses qui vous seront faites cette soirée, Thaar a son lot de nobliaux et courtisans dénués aussi bien d'influence que de moyens, et j'escompte que nous seront bientôt noyés sous leurs belles paroles. Ne vous attendez pas non plus à une démonstration de bon goût, notre hôte reste un Drow malgré tous ses efforts. »
.

Ayant traversé le hall presque vide pour se rendre à la terrasse ou se tassaient les convives, Andrástia arpenta alors la place d'un pas impérieux, à la quête du magistrat Léandre de Valroc. Elle évita habilement Aémile de l'Isle de Lalande, qui depuis l'arrivée très remarquée du Langecin semblait être en mal de compagnie. Zedey'Yr verrait-il là une offense de sa part ? Sans doute, mais son avis importerait-il encore le lendemain ? S'ils avaient parvenu à atteindre celle de Cosme, la vie de l'ambassadeur ne devrait pas s'avérer hors de porté de ces Lames Dansantes. Quoi qu'il en soit, il l'avait repéré et se dirigeait maintenant vers elle d'un pas assuré. Presque courtois, il lui tendit une coupe d'un vin fruité qu'elle jugeait venir des Septmonts, et proféra une formule de politesse tout à fait convenable si ce n'était pour le vice qu'elle décelait encore et toujours dans son sourire. Mais se sentant d'humeur étrangement indulgente, elle lui accorda quelques instants.

« Je vous le souhaite tout autant votre éminence. Cette soirée vous est dédiée au même titre qu'à Aémile, car qu'est l'arrivée de ce jeune prodige sinon le parachèvement d'une politique qui depuis ma naissance s’efforce de renouer nos deux peuples, la votre. Je ne saurais que vous conseiller de laisser les autres magistrats se rendre compte de la justesse de cette entreprise par eux-même, il ne faudrait que les ressentiments à l'encontre du Puy et Sol'Dorn que certains arborent encore y fasse obstacle. »
.

S'éloignant alors avant qu'une rivalité à peine enfouie ne refasse surface, elle erra quelques instants. Le duc de Valroc se révélait être bien fuyant, et elle ne parvint finalement qu'à se faire prendre à partie par une relation d'Aémile, son père peut être ? Comprenant assez vite qu'elle avait affaire à un homme n'ayant toujours pas fait son deuil du fief que ses cousins avaient perdu six ans plus tôt – et qui avait par la suite été joyeusement dépecé par les autres clans – la duchesse fit preuve d'une incivilité grossière en tournant dos à son interlocuteur. S'appuyant sur la balustrade, elle profitait de la douce brise, scrutant le jardin noyé dans la pénombre qui s'étalait en deçà, puis relevant son regard pour finalement le poser sur la lueur dansante du phare de l'autre coté de la cité.

« Votre altesse, que donc vous pousse à vous isoler de la sorte ? Serais-ce la mine radieuse de notre hôte ? La chose est bien déconcertante j'en conviens, on aurait cru la principauté à ses pieds à le voir pavaner de la sorte. Saurait-il quelque chose que j'ignore ? ».


C'était donc Léandre qui avait fini par la trouver. Un homme d'une trentaine d'année à la barbe rousse finement taillée, le de Valroc s'était révélé être un allié tout naturel lors des séances du conseil, qui lui ne maquillait pas son antagonisme envers le sombre. S'assurant d'abord que personne ne les espiait, elle répondit à sa boutade d'une voix calme.

« Je n'ai pas cédé à ses avances si telle est votre insinuation, à vrai dire il n'y en eu aucune. Je ne pense pas que l'on puisse en dire autant de notre bon marquis de Blancrieu. » Dit-elle, pointant discrètement du doigt l'intéressé qui s'entretenait présentement avec Messer d'Angleroy.

« Ignace n'a eu de cesse de vendre les intérêts de son peuple et de sa descendance depuis la mort de son père, nous ne pouvions nous attendre à rien d'autre de sa part. Mais, doux rêveur que je suis, imaginer qu'Aémile accède au trône princier m'est impossible ».


« Zedey'Yr lui fait grand tort, ce jeune homme ne résistera pas plus aux périls de la fonction que Cosme d'Amias ou mon propre père...» soupira t-elle.

La notion semblait amuser le duc, qui après avoir drainer sa coupe déclara d'une voix plus forte : « Vous avez le don des mots ma chère, et c'est délesté de ces préoccupations que je m'en vais de ce pas accueillir comme il se doit votre baron péninsulaire. ».

À nouveau seule, Andrástia s'occupait à grignoter quelques dattes savoureuses qu'un domestique lui présentait. Le soleil n'était plus, et la réception ne devrait tarder à réellement se mettre en branle songea t-elle. En attendant, elle se gardait d'observer trop longuement les mouvements du plénipotentiaire, alors qu'en son esprit régnait un mélange de curiosité malsaine, anticipation et peur.
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Haven Do'orst
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MessageSujet: Re: Jeux de pouvoir   Lun 5 Nov 2012 - 11:43

Le seigneur de la citadelle vérifia une dernière fois son accoutrement et se concentra sur le rôle qu’il allait jouer ce soir-là. Se délectant d’avance de pouvoir joindre l’utile à l’agréable, de pouvoir remplir les caisses de sa Guilde tout en satisfaisant sa mégalomanie et son cynisme, Haven Do’orst se tourna vers sa compagne.

Bien, ma chère Elenna, allons-y.

Offrant son bras à la belle hybride, il monta dans le carrosse qui prit la direction de la demeure de l’ambassadeur drow à Thaar. Une grande fête s’y tenait ce soir-là, fête à laquelle les Lames Dansantes comptaient bien participer à plus d’un titre. Disposant de nombre de relais en ville, Haven n’avait guère eu de mal à se faire inviter… ou plutôt à faire inviter un personnage fort distingué dont il tiendrait le rôle. Étonnamment, personne n’invitait jamais un assassin chez lui, preuve selon Haven du manque de manières et de courtoisie de la noblesse. Premier pourvoyeurs de contrats pour les Lames, ils se refusaient à admettre dans leurs salons les sous-traitants gérant leurs difficultés relationnelles et commerciales.

Lorsque le carrosse s’arrêta devant la villa, les deux hybrides en descendirent et l’assassin présenta aux gardes de l’entrée leurs invitations.


Merci mes bons gueux. Tenez, voici une pièce pour votre peine.

Les gardes les ayant laissés passé non sans avoir discrètement reluqué Elenna, les deux assassins entrèrent dans les salons de réception. Vêtus à la dernière mode et le regard hautain, nul n’était besoin d’être grand clerc pour deviner que ces deux là se considéraient comme faisant partie d’une élite sociale. En un sens d’ailleurs, ce constat se révélait parfaitement exact, les assassins estimant appartenir à l’aristocratie du crime. Mettant le cap sur l’ambassadeur, l’assassin lui mit le grappin dess… l’enquiquin… lui cassa les coui… s’imposa dans la discussion.

Salutations seigneur Zedey’yr, je suis absolument charmé de pouvoir enfin vous rencontrer. Mon nom est Haod’on Erst, philosophe, penseur, libertin et oisif de son état. Votre réception est tout simplement admirable, et à vos invités ne se mêlent heureusement que peu de parvenus encore couvert de leur glèbe. Dire que de nos jours certains se hissent aux plus hautes fonctions alors qu’ils ne connaissent leur arbre généalogique que sur trois ou quatre générations. Je me même suis laissé dire que certains des magistrats de cette ville auraient pour ascendants de simples boutiquiers, le croyez-vous ? Il y aurait de quoi se gausser si la situation n’était à ce point dramatique. En vérité je vous le dis, les manants s’inviteront un jour à nos tables pour nous en chasser… et je me réjouis de voir qu’au moins les seigneurs du Puy savent respecter leur histoire et révérer le sang des Primas. Et votre villa… splendide… elle me rappelle quelque peu celle de Cylas le Pamphlétaire. Vous connaissez Cylas ? Un elfe certes, mais un esprit d’une rare distinction et qui sait recevoir, les catins étaient charmantes et les vins délicieux lorsque je lui ais rendu visite. Oh, mais je m’oublie, je m’égare, mes manières volent au vent telles les feuilles d’automne. Puis-je vous présenter ma femme ? Elle est source de mon inspiration, de mon génie, de ma pensée. Grâce à elle, la muse m’habite.

Et non pas le contraire…

Ayant bien saoulé son hôte, Haven laissa Elenna prendre la suite. Si lui jouait le rôle du philosophe imbu de lui-même et à l’esprit conformiste, la belle disposait d’armes autrement plus charmantes à faire valoir en société.
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Dreynass Rilynt'tar
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MessageSujet: Re: Jeux de pouvoir   Lun 5 Nov 2012 - 22:12

    Le voyage du Puy jusqu’à Thaar avait été des plus tranquilles, fort heureusement. Non pas que Dreynass fût pressé, mais ces obstacles que représentaient les inondations, les ponts détruits ou les bandits de grand-chemin pouvaient être incommodants, et, l’on ne savait jamais, en ce qui concernait ces derniers, le risque de perdre la vie était susceptible d’arriver. Ce genre de chose ne se prévoyait jamais, hélas. Mais le drow n’eut pas à s’inquiéter outre-mesure et à faire preuve d’un macabre pragmatisme ; la petite compagnie de cavaliers qu’il avait dépêchée pour l’accompagner avait su, certainement, insuffler la peur dans le cœur des éventuels brigands ayant projeté d’attaquer le prochain convoie, et l’on était arrivé sain et sauf à destination.

    Dans la ville, l’entrée ne fut pas discrète, mais qu’importait ? Nul doute que quelques espions bien placés eussent déjà eu vent de sa présence en ces lieux, et étaient, si fait, déjà partis avertir les maîtres qu’ils servaient. Mais savait-on réellement les tenants et aboutissants de sa mission céans-même ? Il en doutait fortement. Louvoyant dans les venelles thaariennes, il parvint à trouver l’un de ces hostels à l’opulence certaine qu’ après n’être entré qu’au sein d’auberges plus ou moins miteuses tout au long de sa recherche. Le mobilier, là, s’avérait riche et fourni ; le lit propre, confortable, au matelas moelleux ; la commode d’ébène aux reliefs finement ciselés ; la cheminée, si l’on pouvait la considérer comme telle, aux marbrures délicates.

    Après une installation paresseuse et qu’il eût noté l’emplacement de ses hommes, Dreynass alla quérir un morceau de parchemin afin d’annoncer officiellement sa venue à l’ambassadeur drow de la citée, sollicitant une entrevue dans de brefs délais. Mais à peine venait-il de commencer sa lettre qu’il en reçut une autre, provenant directement de la personne à laquelle il souhaitait envoyer la sienne. Esquissant une légère grimace, il s’empara de la missive apporté par le coursier. Les nouvelles allaient bien vite, ici, un peu trop à son goût. Etait-il si puissant qu’il pouvait se permettre d’avoir sous ses ordres une quantité non-négligeable d’espion pour qu’il le repérât aussi vite, ou avait-il simplement de la chance ? Il ne tarderait pas à être fixé.

    Zedey’yr Evere, ambassadeur drow de son état, l’avait effectivement convié à une réception mondaine dans sa propre villa, pas plus tard que le soir même. Voilà qui était fort juste, et Dreynass se demandait déjà la raison d’une telle invitation. Voulait-il connaître la véritable raison de sa présence, souhaitait-il que le drow lui révélât le point de vue du Puy quant à sa position, avait-il besoin d’un appui de plus pour ce qu’il comptait faire ?

    Lorsque le Streea Jabuuk s’enquit de la position qu’occupait son futur hôte auprès de ce coursier qui, vivant à Thaar même, devait assurément être davantage au courant, ce dernier lui répondit que l’ambassadeur disposait d’une renommée notoire aussi bien au conseil de la ville que dans la région. Après un rapide remerciement, il fut congédié, rapportant avec lui une réponse affirmative à son invitation. Contactant alors les quelques hommes qu’il avait avec lui, Dreynass s’employa à rassembler les informations qu’il était possible d’obtenir à coup de légers pots-de-vin et de boissons payées à la taverne du coin. Peu en ressorti, à vrai dire, si ce n’était que l’ambassadeur demeurait être un fieffé manipulateur en sus d’être en passe de siéger au conseil de manière indirecte, à renfort de persuasion et de mystérieuses cabales. Aura-t-il toujours autant de voix lorsque l’on saura que le soutien du Puy ne lui est plus acquis ? songea le drow. Peu lui en chalait, en vérité, pour peu qu’il délivrât son message, et la mission se révélait plus facile que prévu.

    Le soir venu, le sombre, ayant adopté une opulente vêture de circonstance, offrit diligemment le contenu de la lettre de Zedey’yr Evere au regard des différents gardes qui surveillaient les entrées. Pénétrant dans une villa somptueuse de richesses et d’ornements, il en apprécia la disposition et l’architecture, se délectant çà et là de quelques chatteries mises à la disposition de chacun, et gobelottant le contenu de ces verres cristallins. Bon nombre de personnes avaient été invitées, ce soir-là, et Dreynass cheminait au-travers de ce gratin social aux gestes et manières ampoulés jusqu’à ce qu’il aperçût l’ambassadeur en personne.

    Devait-il lui annoncer, là, tout de suite, maintenant, les instructions de Malag’ à son encontre ? Non, certainement que non, c’eût été un véritable gâchis pour son palais que de ne pouvoir profiter de cette abondance de nourriture offerte ; assurément, s’il venait à lui annoncer dès à présent le refus du Puy quant au fait de lui porter soutien, on lui interdirait, de par une politesse glaciale dans le meilleur des cas, tout accès à cette future ripaille et au bâtiment en lui-même. De simples salutations conviendraient amplement en cet instant ; pour la suite, il aviserait.

    «Ambassadeur Zedey’yr Evere, le salua-t-il en s’inclinant légèrement après l’avoir rejoint. Je ne pouvais décemment pas ne pas vous remercier pour cette charmante invitation, et non pouvais, non plus, la refuser. Et j’en suis très content ; la nourriture y est très bonne, et la boisson excellente, tout autant, à vrai dire, que votre demeure et la vue qu’elle propose. En attendant d’entrer dans des sujets bien plus fades et lassants, je pense que je vais laisser tomber la politique quelque temps et aller me resservir un verre. A votre santé.»

    Après une nouvelle inclinaison et la levée de son verre vide, le sombre s’éloigna à la recherche d’entremets.
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Elenna Eliorsä
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MessageSujet: Re: Jeux de pouvoir   Ven 9 Nov 2012 - 22:12

Souriante, l'hybride-assassin franchit le perron de la propriété au bras d'Haldren. La soirée mondaine était une sortie qu'elle appréciait, rester tout le temps à la forteresse n'était pas une activité favorite d'Elenna et il fallait savoir quelque peu s'amuser différemment dans la vie. En fait ce genre de soirée était une habitude dans sa vie et ce depuis sa naissance presque, des palais Nisétiens aux soirées luxuriantes du Puy en passant par les entrevues officiels des dirigeants divers de l'Ithri'vaan, la présence de l'hybride était bien plus fréquente que supposée. Ses rôles étaient divers mais à chaque fois le sang coulait à la suite de la soirée, que ce soit de sa main ou d'une autre. C'est pourquoi elle était très à l'aise dans ce genre de milieu, étant parfaitement au courant des atmosphères et intentions dissimulées au dessous des visages et du spectacle. On pouvait également dire que les soirées de nobles étaient un environnement parfait pour quelqu'un vivant dans l'ombre et sous le couvert de diverses identités. Le jeux des masques, les manoeuvres subtiles mais visant délibérément un objectif, le jeu de parole avec ses sous-entendus et le choix des mots .. bref tout le travail d'un assassin et ce dernier pouvait se sentir comme un poisson dans l'eau sur un tel échiquier.

Ce soir, il était certain, elle ne serait que spectatrice et c'était de par sa main que le fil de la soirée allait basculer. Tout avait été mis en place et les invitations envoyées par l'ambassadeur Drow avaient donné lieu à une tragédie qui s'était orchestrée contre sa propre personne. La soirée allait être mémorable, non pas que le menu gratin de la ville soit réuni mais divers éléments rendaient la chose plutôt insolite. Tout d'abord la présence de nombreux assassins au mètre-carré, dont le Velgarn de la guilde. La présence de non pas un mais de deux hybrides, créatures assez rares pour en rencontrer alors deux au même endroit était une chose que peu de gens pouvaient voir dans tout le continent.
La présence de Haven ne regardait que lui, il voulait observer pour une fois l'oeuvre de la guilde, oeuvre qui allait décider d'un bouleversement dans la donne politique de la province. Les Lames étaient à l'origine de cette course à la succession de Cosme mais ce soir ils allaient, à la demande de la Magistrate, peser brutalement dans la balance et changer la donne de part leurs actes.
Elenna était là pour observer tout cela. C'était elle qui avait recueilli le contrat et veillé à son élaboration, de plus elle souhaitait voir comment son élève allait se débrouiller dans le déroulement de l'attaque. Les leçons données à Deloth devraient avoir portées leurs fruits et ce soir était la bonne occasion pour voir où l'elfe en était dans ses progrès, surtout dans le rôle de théâtralisation vu qu'il devra jouer .. son propre rôle.

L'hybride ce soir serait une inconnue présentée comme la femme de Haven. Elle avait revêtue l'une de ses robes de soirée qui laissait bien des images suggestives à ceux qui posaient le regard sur elle. Son rôle était de jouer le faire-valoir ambulant pour Haven et il n'y avait rien de mieux que son corps pour attirer l'attention .. et puis l'hybride aimait bien ce petit jeu, son passé regorgeait de soirées bien plus dangereuses pour elle et où elle portait moins qu'une robe voir pire donc ce soir elle était confiante.
Le couple fit rapidement connaissance avec l'ambassadeur Zedey’yr Evere, un Drow comme il en existait beaucoup d'autres et travaillant à son compte. Le Puy d'Elda avait en quelque sorte détourné le regard du sort de l'Itrhi'vaan mais ses agents ou représentants étaient toujours présents.
Au passage, l'hybride remarqua la présence de la Magistrate de Thaar, une présence attendue mais elle se gardait d'aller la voir sinon Andastria saurait exactement qui elle était, elle qui l'avait rencontrée dans la pénombre et voilée. Laissons un peu de mystère encore sur les identités. Elle remarqua également la présence d'un autre Drow, plus officiel que pouvait l'être l'ambassadeur. Elle ne le connaissait pas, ce Drow devait juste arriver dans la province. Intérieurement elle planifia de mener une enquête sur la présence de ce nouveau venu, elle ne manquerait pas non plus d'aller le voir pour en apprendre déjà un peu plus.
Mais pour l'heure elle se présenta à l'ambassadeur Drow qui organisait la réception, Haven l'ayant déjà quelque peu présentée. Elle avait entendue des bruits sur cette fameuse réunion menée par ce fameux Cylas, le Velgarn avait du bien s'y amuser.


Je suis ravie de vous rencontrer ambassadeur. Mon époux et moi-même vous remercions de cette soirée charmante. Je me nomme Ohrïana Erst, ne prêtez guère d'attention au mots de mon mari sur ma personne, il est une flamme ardente qui illumine sa passion avec beaucoup d'insistance.
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Haldren Baenfere
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MessageSujet: Re: Jeux de pouvoir   Lun 12 Nov 2012 - 9:35

Le drow regardait d’un œil distrait les invités qui arrivaient les uns après les autres à la demeure de l’ambassadeur drow. Le va-et-vient désordonné des carrosses, les engueulades entre cochers lorsqu’ils se retrouvaient bloqués et les tentatives des laquais pour remettre de l’ordre là-dedans lui semblaient manquer de grâce et de dignité. L’espace d’un instant, le spectateur se demanda s’il n’allait pas tout simplement se rendre lui aussi à la réception afin d’y rencontrer la personne qu’il recherchait, mais il chassa bien vite cette idée de sa tête. Sa présence à Thaar n’était pas officielle, au contraire de celle du Streaa Jabuuk Dreynass Rilynt’tar, et apparaître au grand jour ne ferait que complexifier le jeu politique déjà fort embrouillé.

La chance semblait lui sourire, se dit le drow. Jamais il n’aurait cru pouvoir trouver à Thaar même la meilleure personne avec qui traiter l’affaire qui l’amenait dans la région. Se tournant vers une jeune et jolie drow qui attendait patiemment à ses côtés, il lui tendit une missive scellée et lui répéta ses instructions quand à son destinataire.


Ce sera fait, maître.

D’une foulée légère, la belle prit la direction de la villa. Le drow caché dans l’ombre la vit discuter avec un valet, lui remettre une pièce d’argent puis entrer dans les quartiers des domestiques. Satisfait, il tourna les talons et se fondit dans les ombres.

Une demi-heure plus tard environ, un valet vint trouver le baron de Merval à la réception et lui remit la missive dont nous venons de parler. Si la curiosité piquait ce dernier de briser le sceau et de lire le contenu de la missive, il y verrait ceci :


Citation :
Au seigneur Cléophas d’Angleroy, baron de Merval,

Baron, je souhaiterais m’entretenir avec vous d’une affaire particulièrement lucrative mais qui nécessite un minimum de discrétion. Je sais que vous ne portez pas les drows dans votre cœur, et j’en ai de même vis-à-vis des humains, toutefois nous sommes tous deux conscients que la realpolitik impose de voir au-delà des préjugés de la plèbe.

Je loge à l’auberge de la sirène rougissante, dans le quartier marchand près de la porte nord. Demandez au tavernier de rencontrer Halystra, elle vous mènera à moi.

Haldren Baenfere, Obok Senger du cinquième ost.

Les pièces étaient en place sur l’échiquier, désormais la partie allait pouvoir commencer.

La suite dans ce rp : http://miradelphia.forumpro.fr/t17200-les-affaires-sont-les-affaires-cleophas
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L'Edhel
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MessageSujet: Re: Jeux de pouvoir   Mar 13 Nov 2012 - 18:41

« Souris. »


Ah. Oui. Sourire...c'était à cela que Deloth devait s'affairer. Du moins en public. Donc ce soir là. C'était à sourire, paraître enjoué et rieur, fêtard mais digne, tout cela, l'exact inverse de notre Elfe, que celui ci devait s'octroyer la tâche. Il devait se fondre dans un moule, celui de l'aristocratie, des hauts « nobles » de Thaar, quelque « élite sociale » d'une ville en réalité pourrie. Et comment comptait-il s'acquitter de sa mission ? Eh bien...en s'immisçant parmi eux. Il était hors de question de se faire passer pour une haute figure. N'importe quel imbécile savait que l'organisateur de la soirée, le condamné à mort ambassadeur Drow connaissait la plupart des pointures présentes. Pour l'approcher, il aurait fallu donc se prétendre détenteur d'un haut rang, mais un haut rang signifiait avoir été invité personnellement.

Alors Deloth avait proposé une idée simple. Jouer une carte peu utilisée, mais simplette, un tour qui constituait un péché mignon commun à la majorité des Drows, également à l'Elfe...les femmes. Non, notre assassin ne s'était pas déguisé en femme, rassurez vous...mais en homme à femmes. Oui, vous avez bien lu : L'un des deux agents des Lames, en mission, présents à cette soirée, se faisait passer pour le meneur d'une troupe de femmes à divers talents, dont la danse et la musique, sous couverture d'être envoyé par celui qui gérait l'un des établissements les plus luxueux de la ville, où justement les hauts nobles de la société Thaari se rendaient parfois le soir, afin de se distraire par des musiciens talentueux, des danseuses qui regorgeaient de talents, dont certains étaient destinés à des rapports plus…intimes. Il n'était pas nécessaire de s'imaginer que certaines pointures présentes reconnaîtraient quelque femme accompagnant Deloth. Il avait été aisé de convaincre le gérant de l'établissement de lui laisser quelques femmes, musiciennes et Êtres de joie pour la soirée : une bourse d'or suffisante avait suffit, et la garantie d'une plus grande réputation à la clé.

Et c'est ainsi, luxueusement paré, que Deloth pénétra dans la vaste demeure, entouré de quatre femmes, elles aussi - relativement - richement parées. Il y en avait une cinquième. Celle ci se tenait au bras de notre assassin. C'était une Sombre, à la peau sans maux, douce et séduisante, claire et dévoilée. Sa robe était quelque peu fine, aguicheuse sans trop l'être, convenable dans les circonstances où les deux assassins se trouvaient, assez courte pour disséminer la convoitise chez les Hommes présents. Se tournant vers celle qu'il enlaçait, il se pencha pour susurrer à ses oreilles :

« Tandis que ces femmes danseront et joueront de la musique pour les invités, tâche de t'attirer le regard de l'ambassadeur. Quand à moi, je vais repérer les lieux. »



Dernière édition par Deloth le Jeu 15 Nov 2012 - 17:01, édité 1 fois
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Cléophas d'Angleroy
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MessageSujet: Re: Jeux de pouvoir   Mer 14 Nov 2012 - 14:57

Torpeur.
Une goutte, deux gouttes, trois gouttes. Trois gouttes de vinaigre dans l’eau, c’est tout ce qu’il demandait. Ni plus, ou l’eau serait imbuvable, ni moins, ou l’eau serait impure. Le page s’exécuta à la précision, tremblant presque chaque fois qu’il faisait perler une goutte de la bouteille jusque dans la coupe. A vrai dire, le Baron lui-même ne se serait sans doute pas aperçu s’il y avait une goutte de plus ou de moins, c’était une de ces demandes qui n’ont de but que rendre fous ceux qui le servent. Lui était assis dans une cour aux murs si hauts qu’on ne voyait rien qu’eux : son hôte y avait laissé quelques coussins, quelques tablettes, quelques tissus, tentures, draperies qui, couverts de poussière, essayaient de cacher le lierre qui courait le long des parois. Ce n’était pas le confort qu’y venait chercher le Baron, mais l’ombre. L’ombre...qui le délivrerait peut-être de l’étouffante chaleur de Thaar. S’il est vrai qu’à Merval le Soleil pouvait roussir le teint, ici il était un fardeau d’une lourdeur telle qu’on n’en pouvait plus se lever et la mer, toute proche, chargeait l’air ambiant d’une humidité iodée mêlée des senteurs de la ville. C’était bien Thaar pourtant, et il y avait bien mis les pieds, à l’invitation d’une Andrastia occupée sans doute à travailler avec les Sombres ou quiconque d’autre. Le page vint lui remettre la coupe vinaigrée et avant même qu’il n’eut le temps de se retourner, le Baron soupira et las lui ordonna d’aller rajouter de la glace à cette eau. S’exécutant, le Thaari retourna dans la froide chambre et alla y chercher de la glace qu’il ramena à vive allure avant de les laisser fondre dans l’eau. Combien de cubes avait-il dit ? Deux, trois ou...quatre ! Quatre petits cubes qu’il fallait laisser entiers dans la coupe...un, deux, trois, quatre.

Marine torpeur.
Le Baron s’était réveillé, mais s’était-il seulement assoupi ? Levant la tête, il constata qu’il était dans un lit et qu’une sphinge le regardait depuis l’autre côté de la pièce. Se frottant le front d’une main, tâtant la couche d’une autre, il se redressa et tandis que le flou de sa vision commençait à s’évaporer, il aperçut dans l’encoignure d’une porte un inconnu à la livrée tout aussi renommée. Là où tout Homme sensé se serait saisi d’une dague et aurait appelé à l’aide, il soupira avec langueur et d’un geste de la main la fit s’approcher. Le jeune homme n’avait rien de menaçant : sa carrure était frêle, son œil naïf et sa taille petite ; et l’on sait pour acquis que péninsulaires pouvaient être autrement plus terrifiants que ne l’était cet esclave. Alors que le Baron tentait de savoir ce qu’elle avait décemment à faire dans « ses » appartements, il vit dans sa main un papier, dont la blancheur avait attiré son œil : c’était un messager donc, peu prolixe et peu aimable. Aussitôt qu’il eût donné le papier, il s’enfuit laissant le Baron plus perplexe encore que lorsqu’il ne sortait de ses brumes, brumes qui d’ailleurs tournoyaient toujours autour de lui. Maladroitement, il se saisit d’une coupe et se rinça la gorge du vin qu’elle contenait, avant que de le recracher tant il était chaud. Un cri, puis il se rallongea lourdement dans la couche soyeuse qui était la sienne : Thaar avait beau être une femme trop chaude, elle était du moins paisible.

Assassine torpeur.
C’est un grand vacarme qui vint le tirer cette fois de son monde onirique hors que cette fois-ci, il fut plus réactif et empoignant un sabre qu’il avait laissé au côté de sa couche, il bondit et se précipita vers la porte, alors qu’il criait le nom de son page. Celui-ci, aussi tranquillement qu’il était possible de l’être, arriva les chausses au pied et le visage bouffi, l’œil petit et l’haleine fétide, devant le Baron, croyant s’être enfoncé dans un cloaque de folie. Portant le doigt à ses lèvres, le Baron chuchotant, lui demanda la raison de pareille intrusion dans sa résidence et s’apprêtait déjà à écrire un courrier lorsque son page lui dit que les bandits n’étaient autres que les valets et que la nuit était en fait le jour. Mais pis, qu’il avait manqué la réception de la Duchesse des Septmonts, à laquelle il avait été convié. Laissant tomber le sabre, le Baron entrouvrit prudemment la porte qui donnait sur la petite cour et vit la lumière du Soleil peinturer les murs. Cléophas avait passé l’entière journée alité ou assis et ne savait s’il valait mieux pour lui qu’il continuât, ou qu’il fît semblant d’être actif. Son pied nu frottait la pierre du sol, il parcourait la pièce de long en large en faisant d’amples mouvements de bras, il levait la tête, la rebaissait, pensait, toussait, s’arrêtait, parlait : il ne savait que faire et en devenait fol. Son esprit l’incita même à foncer sur le Merlion et à rejoindre la Péninsule, laissant la Duchesse à ses affaires et ne lui parlant que par l’épistolaire ; mais il vit justement une lettre encore scellée reposer sous une coupe renversée et une carafe à moitié vidée. Son œil brilla alors, et il se précipita vers elle, congédiant d’un geste de main le fantôme qui lui servait de valet et en inspecta le cachet. Il n’était pas connu. Il n’avait jamais eu cours dans l’entière péninsule et ce de toute son histoire. Il n’était pas même semblable à ceux, étranges, qu’utilisaient les sylvains lorsqu’ils délivraient de formelles missives ; et s’il n’était ni d’Elfe, ni d’Humain...
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Tahly
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MessageSujet: Re: Jeux de pouvoir   Ven 16 Nov 2012 - 12:25

Il commençait à se faire tard dans l'après-midi, mais pas assez pour le soleil qui illuminait encore de tous ses feux Thaar. On était en été, après tout. Et ça il fallait encore que Tahly s'y habitue. Elle avait beau avoir vécu une bonne année à l'extérieur du Puy, la dense et sombre forêt des Wandres ne laissait pas autant passer la lumière que cette ville. Dans quelques heures ce sera bon, le tour serait joué. Dans quelques heures il ferait noire et l'heure du Drow sonnera ses douze coups (à vous d'interpréter cette phrase comme bon vous semble). Tahly roula ses longs cheveux blancs, en fit un chignon dont une bonne partie de la chevelure dépassait, se servit de deux "baguettes" pour le tenir et se regarda un instant dans le miroir. Il ne manquait plus que le maquillage qui donnerait une touche finale au personnage qu'elle jouerait ce soir-là. Ni trop, ni pas assez. La Sombre sourit à sa vue. Ce serait une bonne soirée.

Vous vous demandez peut-être ce que fait notre Drow dans une pièce à se déguiser... Souvenez-vous, notre sorcière est entrée il y a de cela quelques semaines dans la guilde des Lames Dansantes. N'étant pas dès le départ assassin elle n'avait toujours pas prononcé le serment d'entrée définitive de la guilde, mais en attendant on lui avait assigné un certain assassinat... avec un autre "petit nouveau". Un certain Elfe appelé Deloth. On ne pouvait pas dire que le courant passait à merveille entre les deux personnages, mais au moins elle n'avait pas encore l'envie folle de lui briser le cou avec sa grande délicatesse habituelle. Et à défaut d'être énervant à certains moments, au moins avait-il de bonnes idées, comme là. Il n'avait pas hésité à lui proposer l'idée du maquereau et de la catin, ce qui avait tout d'abord suscité la méfiance de sa partenaire, mais elle avait accepté assez rapidement cette proposition. Le fait de se vendre pendant une soirée à une personne de toute façon destinée à mourir ne la dérangeait aucunement, tant que la mission soit réussie.



Quelques temps plus tard, nos anti-héros entraient en scène avec quatre jeunes femmes, musiciennes comme filles de Joie. Nombre des invités étaient déjà arrivés visiblement, dont... le maître de guilde, avec une femme qu'il lui semblait avoir déjà croisée dans les couloirs. Très bien. Les Maîtres étaient donc là. Tahly ne leur adressa pas un seul coup d'oeil, faisant comme si elle n'avait jamais vu ces gens auparavant. Habillée assez légèrement, d'un tissu fin laissant deviner les douces formes de son corps mais ne dévoilant ce que les hommes cherchent le plus et maquillée comme une charmante Drow au goût des Drows (autant rester soi), elle se tenait aux côtés de son maquereau Elfe qui n'hésitait pas à faire le nécessaire pour montrer qui appartenait à qui. L'ambassadeur ne fut pas difficile à repérer, tout le monde allant saluer un même Sombre fort à son aise.

L'Elfe se pencha vers sa "protégée" et lui susurra quelques mots à l'oreille. La Sombre le gratifia alors d'un doux sourire ainsi que d'un regard confiant (maintenant qu'elle était dans son rôle, ce n'était pas si compliqué) puis le laissa aller à ses affaires. Elle avait très bien compris ce qu'elle devait faire et comptait bien s'y mettre. Mais aller directement droit au but risquerait fort de mener à trop de curiosités. Alors elle se laissa aller à se balader parmi le monde, prenant de son regard et sa façon d'être ceux qui auraient déjà pu être intéressés par une prostituée. Ainsi elle se faisait doucement remarquer, sans aller bien fort ni de trop.
Enfin, après quelques temps, elle s'aventura plus vers l'endroit où se trouvait l'ambassadeur ainsi que quelques gens riches ou politiques. Leur regards se croisèrent, elle l'attira plus que tant d'autres, elle osa s'approcher de lui pour engager la discussion. Bien sûr elle le félicita pour la réception, se présenta... sous le nom de Sen'Liria, ou Senlia, comme convenu avec le maquereau.
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MessageSujet: Re: Jeux de pouvoir   Jeu 6 Déc 2012 - 21:58

    La duchesse se montra fort aimable, allant même jusqu'à faire l'éloge de Zedey’yr et de son entreprise. Compliments sincères ou hypocrisie ? L'ambassadeur n'aurait su le dire, mais madame de Clary passait pour posséder un certain caractère et il s'étonnait qu'elle accepte aussi facilement un tel changement politique.

    « Je suis certain qu'il ne seront pas difficile à convaincre. » répondit-il. « Plusieurs d'entre eux m'ont déjà, tout comme vous, fait part de leur enthousiasme quand à ce choix. »

    « Et j'espère bien entendu moi aussi que les obstacles liés à nos différences d'origines n'en seront bientôt plus. »

    Sur ce, un nouvel invité ce joignit à la conversation et interrompit leurs échanges. Qui était il déjà ? Ah oui ! L'officier du second ost de passage en ville qu'il avait invité - par pur formalisme bien évidemment. Celui-ci le remercia d'ailleurs pour ladite invitation tout en complimentant sa réception. Puis il annonça son envie d'aller se resservir un verre.

    « Je vous en prie, mon ami. Faites vous plaisir, cette soirée est là pour cela. »

    Se faire plaisir. Avec toutes ces intrigues et manœuvres politiques, Zedey’yr en avait oublié que certains n'étaient ici que pour cela. En même temps, les militaires gradés en mission ne devait guère avoir d'occasions de faire la fête. Il n'était donc pas étonnant qu'ils profitent des privilèges offert par leur rang quand ils le pouvaient.

    Le drow se rendit compte alors que la duchesse avait profité de son échange avec le Streea Jabuuk pour s'éclipser discrètement. Il voulut la rattraper, mais fut abordé par un couple d'hybrides de la haute société qui engagèrent immédiatement la discussion. Son statut ne lui permettait pas de se débarrasser d'eux aussi facilement, aussi dût-il supporter les mondanités et autres divagations superficielles de cour pendant plusieurs minutes, l'homme en particulier se montrant extrêmement volubile.

    Le temps qu'il parvienne finalement à se défaire des deux pénibles, et la duchesse avait déjà disparue dans la foule. Agacé de s'être fait tenir la jambe en un moment pareil, Zedey’yr maudit intérieurement le gratin thaari pour sa vanité et ses futilités exacerbantes. Mais c'était ledit gratin qui possédait la richesse, et le pouvoir sans la richesse n'est pas le pouvoir. C'est pourquoi il se devait d'entretenir de telles relations, même si cela devait parfois s'avérer extrêmement pénible.

    Il faut que je me calme et que je me change les idées. Tout n'est pas encore joué pour ce soir.
    L'ambassadeur fit un signe à son intendant, signe qui fut tout de suite interprété et appliqué. On réclama le silence et invita les convives à s'approcher d'une petite estrade installée pour l'occasion. Zedey’yr s'installa confortablement au premier rang, T’rissae postée derrière lui, en attendant que l'animation ne débute. L'organisateur lui avait promis un divertissement exceptionnel, et il était curieux de voir ce qui avait été prévu.

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MessageSujet: Re: Jeux de pouvoir   Ven 7 Déc 2012 - 7:42

    Alors que Tahly s'approchait de l'ambassadeur, concentrée sur ce qu'elle allait dire et faire pour attirer son attention aux mieux, la sombre fut soudain attrapée au bras par un serviteur et poussée en direction de l'estrade, avec les autres filles de son groupe.

    « Allez, dépêchez-vous ! Vous n'avez pas entendu le maître !? Le spectacle va commencer ! Si vous avez un instrument ou un accessoire c'est le moment de le prendre. Ah oui, et tâchez d'être plus que convaincantes, sinon vous pourrez dire adieu à votre paye ! »

    L'instant d'après l'elfe se retrouvait au milieu de la scène, dans un grand silence, une centaine de paires d'yeux fixés sur elle avec attention.


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MessageSujet: Re: Jeux de pouvoir   Mar 11 Déc 2012 - 18:37

Il n'y eut pas de grande discussion entre l'ambassadeur et Sen'Liria, et ce pour deux raisons : l'un avait demandé à ce que les danseuses (dont faisait partie Tahly) montrent leur charmant spectacle tandis que l'autre ne cherchait pas à imiter les différents haut-placés en parlant de tout et de rien pour se faire bien voir. Pour un certain principe d'appartenance, la Drow serait repartie après quelques mots voire phrases échangés ; les hommes aiment ce qu'ils ne peuvent avoir, c'est bien connu, et certains plus que d'autres. De toute façon, un idiot d'Humain vint la prendre par le bras pour l'amener sur l'estrade où se plaçaient les vraies catins. La Sombre se retint d'envoyer balader ce dérangeant personnage et se plaça sur la scène comme si de rien n'était. Alors que l'ambassadeur prenait place au premier rang, des dizaines de paires d'yeux se tournaient vers les jeunes femmes légèrement habillées. Sans se soucier de quiconque, la Sombre fit un signe à une certaine personne qui lui envoya un long bâton finement sculpté au bout duquel pendaient de délicates étoffes dont on pouvait presque voir à travers. Sachant parfaitement ce qu'elle avait à faire, elle se mis en position pour le début de la danse, attendant sans grand stress que la musique commence.

La Sombre semblait concentrée mais sure d’elle, de l’extérieur. De l’intérieur, c’était plus compliqué : elle était Sen’Liria, « jeune » Sombre d’un peu plus de deux-cent ans vivant depuis déjà nombre d’années dans des bordels différents. Au départ un petit au fin fond de l’Ithri’Vaan, où elle y avait été vendue comme esclave, puis d’autres de plus en plus réputés au fur et à mesure que sa propre réputation augmentait. Maintenant elle se trouvait être sous la protection d’un maquereau elfe en qui elle pouvait avoir confiance malgré sa race et qui ne manquait pas d’ambitions. Bien sûr il allait de soi qu’elle était meilleure que les Humaines dans son domaine (vous devinez lequel) de par son apprentissage au Puy, et la danse en général la connaissait. Elle savait danser avec volupté pour attirer ses futurs clients tout comme rester hors de portée de ceux-ci… jusqu’à ce qu’elle accepte d’appartenir à uniquement l’un d’entre eux le temps d’une nuit, offrant mille merveilles à l’individu désireux.
Concrètement, comment pouvait-elle jouer ce rôle qui, pour beaucoup de femmes, serait trop complexe à rendre réaliste ? Déjà, en ce qui concernait la partie « nuit de folie », Tahaliann n’avait bien sûr pas manqué d’apprendre toutes les facettes de cet Art lors de son adolescence, puisqu’elle avait eu la chance de naître dans une famille bien placée au Puy. Et en ce qui concernait la danse… cela avait toujours été une passion cachée chez la Drow (tout comme la musique d’ailleurs), si bien qu’elle avait déjà un minimum de bases. Ensuite ce n’était qu’apprentissages, notamment trois jours complets à apprendre une chorée qui serait maintenant exposée. Et puis connaître la « danse des lames » aidait un peu, non ?

Un premier son retentit, puis un deuxième. S’ensuivirent d’autres, en rythme. Les danseuses commencèrent à se mouvoir, jouant des différents instruments qu’elles avaient déjà sur elles comme des bracelets pour ajouter de nouvelles notes à cette mélodie qui s’élevait dans les airs. Ainsi commençait une danse basée sur les mouvements de corps, du moins au début. Les jeunes femmes s’animèrent tour à tour, Senlia en dernière. Enfin les instruments chantèrent. Un, deux, trois, quatre… huit ! La Drow se mis en mouvement et ramassa au bout de quelques temps musicaux son précieux bâton.


Tout se déroula à la perfection, aucun faux pas, aucune réelle magie, juste volupté, sensualité et délicatesse. Tahaliann tint à rester « sauvage » lors de toute cette danse, ce qui sembla avoir été réussi. Une bonne chose déjà. La musique cessa, les personnes présentes applaudirent de concert. Un fin sourire en coin naquit sur les douces lèvres d’une Sombre dont la poitrine se levait puis s’abaissait lentement et à rythmes réguliers. Son rôle pour l’instant suspendu, elle alla tranquillement rejoindre son cher maquereau. Puis, d’un simple regard, elle lui indiqua qu’il n’y avait pas de quoi s’inquiéter. Elle espérait juste que leur cher ambassadeur ait aimé le spectacle… et qu’il l’ai remarquée, aussi.
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L'Edhel
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MessageSujet: Re: Jeux de pouvoir   Jeu 13 Déc 2012 - 21:20

Tandis que le spectacle de danse offrait pour qui voulait un régal pour les yeux, Deloth n'avait pas chômé. La danse enflammée que Tahly avait entamée avait le mérite de capter les regards, et personne ne s'attardait à savoir ce que celui qui l'avait emmenée faisait. Discrètement, par pas lents, feutrés et dénués de toute attentions qu'on pourrait leur porter, Deloth s'éclipsa de la grande salle, enlevant son chapeau, il se mêla à un groupe de servants qui débarrassaient les plateaux vides dénués de mets. Parvenu dans les cuisines, il n'attira pas l'attention car tous semblaient très affairés à leur ouvrage : en effet, ils avaient du subir maints menaces si tout n'était pas parfait. C'était à peine si on remarqua sa présence. Ses yeux se posèrent sur un couteau, qu'il déroba en le glissant dans sa manche, épaisse et rembourrée, ce qui cacherait la lame aux yeux de tous. Il s'en éclipsa, remarquant à travers une porte entrouverte un escalier ascendant, il s'y dirigea, montant lentement les marches.Son ascension finie, il marcha discrètement dans les couloirs, au fur et à mesure que la musique s'atténuait. Si toutefois il demeurait insonore, l'Elfe n'en était pas moins lent. A un instant, il entendit comme des pas cloutés, et il se plaqua contre le mur, derrière ce qui semblait être une armoire. Le garde cessa d'avancer, semblant jeter un coup d’œil, une simple vérification anodine. Finalement, ses pas reprirent puis s'éloignèrent, et l'assassin sortit de derrière le meuble. Plus loin, dans le couloir, une imposante double-porte de bois, gardée par deux soldats, semblait être l'ouverture d'une pièce importante. Deloth paria intérieurement sur la chambre de leur cible.

Sans être visible, l'assassin rentra dans une autre salle, voisine de deux pièces par rapport à l'éventuelle chambre du Drow condamné à mort. La salle où il rentra était un petit bureau, muni d'une bibliothèque sommaire. Il ne s'y attarda pas : Deloth ouvrit la fenêtre, et après avoir vérifié qu'aucun garde n'était aux alentours, passa par l'ouverture. Les villa Thaari avaient le mérite d'être ornées de dizaines de petites sculptures qui fournissaient des points d'attaches et de supports excellents. Refermant d'une main la fenêtre d'où il venait, il longea ainsi discrètement, à environ une dizaine de mètres du sol, le mur, jusqu'à parvenir au spacieux balcon, qui, comme Deloth l'avait parié, était bel et bien celui d'une chambre spacieuse et richement décorée. Comme il s'y attendait, la double porte, richement sculptée et dotée de carreaux, était fermée à clé, et il n'était pas question de briser un carreau. Alors, dégainant son petit couteau, il passa le tranchant de la lame dans la fente des deux portes, et après plusieurs coups répétés, il parvint à briser la serrure. Cependant, il n'entra pas, n’exerçant nulle autre pression sur le bois de la porte. Comme il s'y attendait de nouveau, la porte ne bougea pas, ne révélant pas sa serrure brisée, ni l'obstacle inutile qu'elle venait de devenir. Deloth reprit alors le chemin du retour, longeant le mur qu'il venait d'emprunter, et parvint juste à temps aux cuisines pour se refondre dans un groupe de servants qui partait pour la grande salle. Se mêlant de nouveau au reste des invités, il remit son chapeau, en même temps que les applaudissements retentissaient, signant la fin de la prestation. Alors sa collègue Drow vint à ses côtés, s'appropriant l'un de ses bras, attirant sur eux de nombreux regards, dont celui de l'ambassadeur Sombre. L'Elfe inclina la tête à son attention, et lui adressa un sourire porteur de nombreux messages, mais le seul qui pouvait être vu était un sourire quelque peu pervers, détenteur d'une proposition. Il suffisait au Sombre de faire le lien entre la danseuse et le sourire vicieux que l'Elfe arborait.

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MessageSujet: Re: Jeux de pouvoir   Ven 8 Mar 2013 - 8:34

    Le spectacle prit de l'ampleur, le rythme de la musique augmenta avec la danse qui devenait de plus en plus frénétique. Celle-ci culmina avec un final éblouissant à l'issu duquel toutes les danseuses se figèrent en même temps, un genou à terre, les bras écartés et la tête vers le bas. Il y eut un instant de flottement pendant lequel le silence plana sur l'assemblée. Puis les applaudissements se firent entendre, mêlés aux commentaires et exclamations des invités ravis. Les danseuses saluèrent, et Tahly put voir que l'ambassadeur lui aussi semblait très satisfait. Seule une personne parmi les spectateurs n’affichait pas de mine réjouie. Debout derrière sa cible, une drow vêtue de cuir et portant des cimeterres jumeaux à la ceinture fixait les artistes d’un air sombre. Tahly s’aperçut que sa congénère l’observait plus particulièrement, et lorsque leurs regards se croisèrent les yeux de la garde du corps se plissèrent de manière inquisitrice. Un frisson glacé parcourut l’échine de la jeune Lame. Se reprenant, elle quitta l’estrade en compagnie des autres danseuses pour aller rejoindre Deloth. Derrière elle, l’elfe noire la suivit du regard jusqu’au moment où elle passa hors de sa vue…






    _____


    Zedey’yr applaudit encore les danseuses qui quittaient la scène. Le spectacle avait été fort plaisant, et sa mauvaise humeur s’était envolée. Il songea qu’il lui faudrait féliciter son intendant pour avoir trouvé de telles artistes, dont la grâce des mouvements ne le cédait qu’à celle de leurs formes… L’une d’elle en particulier lui avait fait particulièrement effet. Une telle assurance et une telle sensualité dans le moindre de ses gestes… Si ses projets actuels ne requéraient pas toute son attention, il aurait volontiers profité un peu plus de sa compagnie. Hélas, il n’avait pas le temps pour de tels loisirs. Pas ce soir.

    L’ambassadeur échangea encore quelques mondanités avec ses convives, puis il prit congé et se mit à arpenter les lieux de la réception, la chaleur dégagée par tous ces individus additionnée à la chaleur naturelle se faisant étourdissante. Un de ses serviteurs, qui visiblement attendait qu’il soit seul, s’approcha de lui et lui chuchota à l’oreille :
    « J’ai entendu quelque chose qui ne vous plaira guère, votre éminence. »
    « Dis. »
    « Le magistrat… Léandre de Valroc… il cherche à contrecarrer vos plans. Je l’ai entendu. »

    Zedey’yr grommela.
    « À qui parlait-il ? »
    « Je l’ignore, votre éminence. Un homme au cheveux blonds. »
    « Qu’a-t-il dit ? »
    « Je ne me souviens plus de ses propos exacts, mais je sais qu’il prépare un plan pour éviter la nomination d’Aémile d’une manière ou d’une autre. C’est tout ce que j’ai entendu. »
    « Tu ne sais rien d’autre ? »
    « Non, je m’en excuse, votre éminence. »
    « Merci de m’en avoir tout de même informé. »


    Aussitôt son valet disparu, l’elfe noir se pressa de revenir sur ses pas. Il balaya les convives du regard et identifia rapidement Léandre, qui discutait avec un autre homme à la chevelure flavescente. Il marcha en sa direction. Le rouquin, en l’apercevant, adressa rapidement à l’intention de son interlocuteur une formule de politesse le priant de s’excuser et lui fit brusquement dos, s’éloignant à grands pas. Zedey’yr le rattrapa rapidement et l’attrapa vigoureusement par l’épaule afin de le forcer à se retourner.
    « Pourquoi une telle hâte, mon cher ? » demanda l’ambassadeur d’une voix faussement étonnée.
    Le magistrat bafouilla :
    « C’est… que… une envie pressante, voilà tout. »
    L’ambassadeur lui décocha un sourire sardonique.
    « Je ne suis pas dupe, vous savez. Je sais ce que vous préparez
    », mentit-il, car il n’en savait en fait pas grand-chose — pour le moment du moins. « Et je suis prêt à prendre les dispositions nécessaires afin d’éviter que cela se produise. On se comprend ? »
    Léandre hocha la tête en le fusillant du regard.
    « Bien. Vous n’aviez pas une envie pressante ? »
    « Oui… bien sûr… »

    Le magistrat s’éloigna à pas lents. Zedey’yr fit de même et, en faisant volte-face après quelques mètres, il put constater que le rouquin se dirigeait plutôt vers une des grandes terrasses. On ne le bernait pas aussi facilement. Il le fila discrètement. Or, lorsqu’il arriva à la terrasse, Léandre n’y était plus. D’ailleurs, le lieu était désert… ou presque : un jeune homme blond sirotait tranquillement un verre, adossé contre le mur. Quelle ne fut pas la surprise de l’ambassadeur lorsqu’il constata que c’était l’individu avec qui s’entretenait le rouquin quelques instants auparavant ! En voyant venir l’ambassadeur, il faillit s’étouffer, mais il se reprit en le saluant poliment.
    « Tiens, vous ne vous êtes pas encore présenté, » fit l’elfe noir. « À qui ai-je l’honneur ? »
    « Éoric, seigneur Evere. Éoric de Bellande. Enchanté de faire votre connaissance. »
    Bon, pas de temps à perdre, il fallait être direct.
    « Que mijotez-vous avec votre cher ami Léandre ? Vous semblez bien vous entendre avec lui. »
    « Léandre ? Rien du tout ! Qu’est-ce qui vous fait dire que nous mijotons quelque chose ? »
    « Je ne sais pas… l’instinct, peut-être. »

    Dépassant Éoric de plus d’une tête, Zedey’yr se pencha sur lui de manière menaçante et lui jeta un regard noir.
    « Allez, crachez le morceau. Sinon je vous le ferai cracher d’une manière ou d’une autre. »
    « Je… »

    L’ambassadeur distingua soudain un très subtil mouvement dans la pénombre, parmi les haies. Il fit signe à son interlocuteur de se taire et s’immobilisa, aux aguets. L’épiait-on ? Quoi qu’il en fût, T'rissae ne se trouvait jamais loin de lui…
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MessageSujet: Re: Jeux de pouvoir   Mar 23 Avr 2013 - 20:40

Les yeux dans les yeux, c'est ce qu'avait été un court instant la relation entre deux femmes Sombres. L'une venait de danser, l'autre semblait méfiante, prête à couper court à la somptueuse symphonie de la vie - enfin cela dépend pour qui... Toujours un minimum dans son personnage, l'intense regard froid de T'rissae fit naître un frisson dans le dos de Sen’Liria. La Sombre danseuse fronça les sourcils comme si elle ne comprenait pas, puis laissa l'eau couler sous les ponts et s'occupa plutôt de son cher et tendre maquerau. Une rivale sur le plan des lames, une dont il faudra peut-être qu'elle se débarasse. Certainement même, et vite !


S'étant éloignés de la foule qui de nouveau vaquait à des mondanités fort inutiles, Tahly posa rapidement le problème de celle dont elle avait croisé le regard l'instant d'avant à Deloth et en profita pour lui demander si ce qui devait être fait n'avait pas posé problème. Les choses allant dans le bon ordre pour l'instant, il allait falloir qu'elle recroise "par hasard" la route du Drow. Et pour cela...
Sen'Liria se dégagea de son protecteur sous prétexte de devoir parler à une certaine personne, une danseuse surnommée Malei. Après elle reviendrait. L'autorisation accordée, elle s'en alla de sa belle démarche voir celle avec qui elle devait discuter. Une vraie catin elle, et jalouse qui plus est. Elle allait pouvoir prendre le temps de la remettre à sa place pendant que l'ambassadeur vaquerait à ses devoirs mondains. Aidant non naturellement à ranger quelques affaires qui traînaient encore là, elle entamma la discussion en parlant tout simplement de la danse qu'elles venaient de prodiguer. Tout s'est bien passé, mais la concurrence entre les deux femmes était de mise. Tahly faisant une bonne tête de plus qu'elle, il lui fut facile de s'imposer à la garce par la taille et de la plaquer un coup contre un mur une fois qu'elles se trouvaient dans un couloir où aucun passage ne se faisait. Et ô coïncidence, alors qu'elle terminait sa remontrance elles entendirent qu'il se passait la même chose à l'autre bout du couloir, vers l'une des terrasses.

"Va. Le Maître n'aimera pas te voir là."

Puis elle relâcha sa comparse du moment qui la fusilla du regard avant de détaler. Faisant au départ semblant d'aller vers un autre couloir, elle s'arrêta et fit attention à ce qu'il n'y ait personne avant d'aller voir d'un peu plus près ce qu'il se passait. Entendant quelques bribes de paroles, comprenant de quoi il pouvait s'agir, Tahaliann ferma un instant les yeux et redevint la jeune Sen'Liria. Toute inconsciente de ce qu'il se produisait qu'elle pouvait l'être elle s'approcha de la terrasse et s'arrêta net en voyant les deux figurants faire attention aux buissons se trouvant de l'autre côté d'elle par rapport à eux.

"Sjaad'ur-uns'aa, Usstan kat ssinssrin ulu brat'ra dos.*

La surprise mêlée à une certaine distance vis-à-vis de la scène se lit dans l'attitude de Liria. Bien sûr l'Humain et le Drow ne continuèrent pas devant la danseuse et celle-ci n'avait dans le fond aucunement l'envie de partir.

-Usstan lor bauth whol ussta zra'ha. Xunus dos kyorl ukta ?"**

Elle s'approcha un peu, sans trop s'approcher tout de même, faisant comprendre à son interlocuteur qu'elle n'attendait pas là un simple hochement de tête où un renvoie. Enfin, c'était une interprétation comme tant d'autres... Certains à l'esprit alembiqué auraient pu y voir bien plus de par leur fantasme... ou par pure réalité.


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MessageSujet: Re: Jeux de pouvoir   Mar 20 Aoû 2013 - 20:48


    Les mots en langue sombre firent tressaillir les deux hommes, qui se retournèrent aussitôt pour découvrir l'elfe noire qui venait d'apparaître sous l'une des arches du pavillon. Zedey’yr la reconnut immédiatement. C'était l'une des danseuses qui avaient donné le spectacle quelques instants plus tôt. La plus belle et la plus gracieuse d'entre elles qui plus est, l'ambassadeur n'était pas prêt de l'oublier. Affichant un charmant sourire, il s'adressa à la nouvelle venue d'un ton plus qu'aimable.

    « Usstan xuat zhaun vel'klar dosst jabbuk zhah, ussta d'anthe. Jhal usstan gumash xxizz dos ragar ukta ka dos saph... »
    « J'ignore où est votre maître, ma chère. Mais je pourrais vous aider à le trouver si vous le souhaitez... »

    Le regard qu'il lança ensuite à l'humain fut bien moins chaleureux.

    « Nous reprendrons cette conversation plus tard, monsieur de Bellande. En attendant, je vous souhaite de passer une agréable soirée. »
    « Et vous également, ambassadeur » répondit Eoric sur le même ton poli et glacial, avant de se détourner et quitter les lieux. Zedey’yr le regarda s'éloigner. Léandre de Valroc cherchait à gagner des alliés parmi les seigneurs des provinces avoisinantes, cela ne faisait aucun doute. Et quoi qu'il ait pu discuter avec cet homme, ce n'était certainement pas du gré de ses propres affaires. Il allait devoir régler ce problème, et vite.
    Mais pour le moment, quelque chose d'autre réclamait son attention. Tendant le bras vers la jeune danseuse, il lui saisit délicatement la main avant d'y déposer un léger baiser. Un geste d'une galanterie étonnante pour cette simple artiste.

    « Izin uns'aa ulu kaas usstan. Usstan tlun Zedey’yr Evere, jabbuk d'nindol k'lar. Jhal usstan usieva dos zhaunau nindel jal'yur... »
    « Permettez moi de me présenter. Je me nomme Zedey’yr Evere, maîre de céans. Mais je suppose que vous le saviez déjà... »

    Ses yeux pétillaient d'un éclat tout à fait charmant et sa voix résonnait d'un mélange à la fois suave et dangereux, tel que seuls ceux du peuple sombre sont capable de produire. De son côté, il la dévorait des yeux. Sous la clarté de la lune, ses cheveux de nacre avaient des reflets irisés, et ses yeux d'un bleu envoûtant brillaient faiblement dans la pénombre. Les courbes et les formes de l'elfe noire, mises en valeur par un costume de danseuse assez suggestif, étaient plus que plaisantes à regarder.

    « Usstan orn'la saph ulu bel'la dos whol dosst ishwi jous maristo. Natha alure nindol ssin'urn zhah natha ellek usstan inbal naut desu tlus belbaunin l'ditronw ulu kyorl. »
    « Je souhaite vous remercier pour votre splendide spectacle de ce soir. Une dance d'une telle beauté est un ravissement dont je n'ai que rarement eu le privilège de contempler. »

    Le compliment lui venait aisément, comme toujours. Dans le milieu où il évoluait, il fallait savoir flatter aussi bien que menacer, sinon mieux. Mais ici, cela lui était d'autant plus facile qu'il le pensait réellement. Avec délicatesse, il prit le bras de la danseuse sous le sien.

    « Ori'gato's kyorl ka udos shlu'ta ragar l'iwaotc dos lac, zhal udos ? »
    « Allons voir si nous pouvons retrouver la personne que vous cherchez, voulez-vous ? »

    Sa peau était douce, et son contact si agréable que Zedey’yr en frémit intérieurement. Il sentit son membre se durcir, et se demanda si la jeune sombre était aussi douée sous les draps que sur la piste de danse... Sûrement que la réponse était oui, mais il lui tardait néanmoins de le vérifier par lui-même.

    « A l'i'dol... xun dos inbal natha kaas, sokoya lotha 'anon ? » poursuivit-il en entraînant sa nouvelle conquête vers l'intérieur de la résidence.
    « Mais au fait... est-ce que vous avez un nom, jolie petite fleur ? »

    Evidemment qu'elle en avait un. Sen’Liria... Un bien joli nom par ailleurs. Mais à vrai dire, l'ambassadeur se moquait assez éperdument de la façon dont elle pouvait bien s'appeler, étant donné que c'était une toute autre partie de sa personne qui l'intéressait présentement...

    Cependant, s'il n'avait pas été aussi autant accaparé par les charmes de sa jolie compagne, peut-être aurait-il remarqué l'homme qui venait de s'extraire sans un bruit des buissons derrière lui. Ses traits se distinguaient à peine dans la pénombre, mais il avait la face mangée par une courte barbe brune. Ses habits, chemise de laine et chausses en cuir, étaient simples mais élégants. Dans sa main cependant, brillait la lame d'un poignard. Et il fonçait à présent sur les deux drows.

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MessageSujet: Re: Jeux de pouvoir   Ven 23 Aoû 2013 - 14:21

"Usstan xuat zhaun vel'klar dosst jabbuk zhah, ussta d'anthe. Jhal usstan gumash xxizz dos ragar ukta ka dos saph...
-Ol orn tlu ves valyrin d'dos, Ush'akal.
(Cela serait très aimable à vous, Sire.)

Sen'Liria hocha grâcieusement de la tête alors que le Sombre se penchait de nouveau sur l'Humain visiblement en assez mauvaise position. Le ton avec lequel ils clorent leur discussion ne laissa aucun doute à l'assassine quant à ce qu'il se passerait si les deux êtres venaient à de nouveau se rencontrer, surtout si quelques heures auront pu permettre à l'un de préparer la mort de l'autre. Le Drow laissa sa proie se redresser et, alors que celle-ci partait vers un autre couloir, Zedey'yr se tourna vers la danseuse pour lui prendre délicatement la main et y déposer un baiser. Si elle se laissa faire sans opposer lamoindre résistance face à ce traîtement généralement réservé aux Dames, elle fit en sorte de garder certaine distance entre elle et lui. S'il y avait bien une chose qu'elle n'oubliait pas, c'était que les hommes désiraient toujours ce qu'ils ne pouvaient avoir... jusqu'à ce qu'ils l'ait obtenu. Et ici, vu la réaction du Sombre, c'était bien parti pour que l'objet désiré soit le corps d'une certaine danseuse.

-Izin uns'aa ulu kaas usstan. Usstan tlun Zedey’yr Evere, jabbuk d'nindol k'lar. Jhal usstan usieva dos zhaunau nindel jal'yur...

Les yeux du Sombre pétillaient alors qu'il prononçait ces mots d'une voix appelant autant à une certaine enivrance qu'à la dangerosité. Une tonalité qui n'était pas pour déplaire à la danseuse qui s'était juste contentée d'un signe de tête emprunt d'un sourire énigmatique. Là elle arrivait dans un stade où elle devrait jouer un jeu tout à fait sympathique : répondre courtoisement à sa cible comme toute danseuse se devrait de respecter son "supérieur" et se laisser doucement prendre dans ses bras... A ce propos, le premier compliment envers son égard fut rapidement prononcé. Il avait particulièrement aimé la danse et souhaitait la remercier pour cela. N'était-ce pas au maquerau qu'il fallait donner son avis sur le travail accompli ? Si... C'était donc qu'il essayait vraiment d'approcher la danseuse qui lui faisait face. Très bien. Elle s'inclina donc grâcieusement avant de répondre d'un ton quelque peu sensuel.

-Nindol alure zhahus whol dos...
(Cette danse était pour vous...)

Alors il lui prit avec délicatesse le bras et alors qu'elle se laissait une nouvelle fois faire, elle laissa son regard se perdre un peu dans celui de Zedey'yr alors que son corps prenait une pause loin d'être prude. Elle n'était pas encore toute à fait dans les griffes de ce Drow, mais au moins pouvait-il sentir qu'il arrivait à prendre sa proie dans ses filets. Mais de là à aller trop vite ? Il le verrait bien.

-A l'i'dol... xun dos inbal natha kaas, sokoya lotha 'anon ?
-Ussta kaas zhah Sen'Liria, xor Liria ka dos hull'phi, Ush'akal Evere.
(Je m'appele Sen'Liria, ou Liria si vous préférez, Messire Evere.)

C'est alors que le regard aiguisé de l'assassine fut attiré par un scintillement sur le côté. Un assassin ! Sans réfléchir - enfin... - elle se jeta sur l'ambassadeur de sorte à ce que la lame de l'homme n'atteigne pas sa cible. L'arme ne fit que frôler la peau de la femme aux cheveux argentés et l'ambassadeur ne tarda pas à comprendre ce qu'il se passait et à se défendre. En ce qui concernait Tahly, elle dut se réfréner à l'envie de réduire en bouillie ce pur idiot de malfrat, de l'étrangler ou encore d'utiliser ses pouvoirs ! Elle savait danser, s'était débrouillée pour survivre dans les rues du Puy, avait donc su donner un coup de poing ou vaincre un ennemi par la ruse. Mais pour autant, elle n'était pas censée savoir se battre ! Oh que ce côté là de son personnage pouvait être compliqué...
Elle attendit que son fameux idiot un peu barbu lui tourne le dos pour lui sauter avec agilité dessus et essayer de lui donner un coup de pied à l'arrière du genou pour le faire plier. Elle réussit, mais se retrouva à terre en même temps que lui. Elle se roula sur le côté et laissa Zedey'yr en finir avec celui qui avait essayé de le tuer. Peut-être voudrait-il l'interroger ?

L'homme une fois maîtrisé, Sen'Liria se releva, un regard quelque peu intrigué rivé sur celui qui était cloué à terre. Que venait-il de se passer réellement ? Liria se le demandait ; Tahly comprenait. Aussi ne s'approcha-t-elle trop, connaissant le danger que pouvait susciter une personne même non armée.

-Ph'dos si, Ush'akal ?"
(Allez-vous bien, Sire ?)
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MessageSujet: Re: Jeux de pouvoir   Mer 28 Aoû 2013 - 10:29


    Zedey’yr s’attendait bien à finir dans les bras de la jeune danseuse, mais certainement pas aussi vite. Aussi fut-il plutôt surpris lorsque celle-ci se jeta soudainement sur pour le plaquer au sol. Accusant le choc comme il le put, l’ambassadeur tenta de se redresser tout en balayant les mèches de cheveux blancs qui lui tombaient dans les yeux.

    « Par toutes les lames de Kiel ! Qu’est-ce que… »

    L’imprécation resta inachevée, car à ce moment l’elfe noir aperçut l’homme au poignard qui se tenait au-dessus de lui, arme en main et prêt à frapper. Zedey’yr ne dut son salut qu’à une nouvelle intervention de Sen’Liria, qui sauta vaille que vaille dans le dos de son agresseur en essayant de le faire chuter. Tous deux finirent par rouler à terre, et le poignard rebondit sur les dalles de pierre avec un tintement métallique. Soufflant et haletant, les lutteurs tentèrent tant bien que mal de se relever, mais l’humain fut plus rapide. Il se débarrassa de la danseuse d’un violent revers de manche qui la renvoya au sol, avant de plonger récupérer son arme.

    Pris de panique, Zedey’yr voulut se relever pour fuir, mais son long manteau le gênait et il ne parvint qu’à s’empêtrer d’avantage. L’homme était sur lui à présent, une indicible expression de haine sur le visage. Pour la première fois depuis plusieurs siècles, l’elfe sombre sentit la peur s’emparer de lui. Il ferma les yeux en attendant le coup fatal, mais celui-ci ne vint jamais. Une forme surgie de nulle part percuta soudainement l’assassin de plein fouet, lui faisant perdre l’équilibre. Celui-ci tenta bien de se défendre contre son nouvel adversaire, mais un coup de coude brutal au visage acheva de l’envoyer à terre. Lorsqu’il tenta de se redresser, la silhouette menaçante de T’rissae se tenait au-dessus de lui. L’instant d’après, la pointe d’un cimeterre lui perforait l’épaule, clouant le malheureux au sol et lui arrachant un hurlement de douleur.

    « Ne bouge que d’un seul pouce, et se sont tes parties intimes que j’empale » siffla la garde du corps avec colère.

    Zedey’yr vit Sen’Liria s’avancer vers lui pour l’aider à se relever.

    « Allez-vous bien, sire ? » s’enquit la jeune danseuse.

    « Je n’ai rien, fort heureusement. Et ce grâce à vous ma chère. » lui répondit l’ambassadeur en se remettant sur pied. Il récupérait tout juste de ses émotions. Cela s’était passé tellement vite… Mais au final, il s’en sortait indemne.

    Son regard se tourna vers l’individu qui avait tenté de le tuer. Alertés par le bruit, plusieurs gardes étaient accourus et maîtrisaient à présent l’intrus en le tenant solidement par les bras. Il devait avoir entre vingt-cinq et trente ans, pas plus. Sa lèvre inférieure saignait et l’un de ses yeux était poché, ce qui n’empêchait pas de remarquer qu’il était plutôt beau garçon. Malgré sa blessure à l’épaule, il se débattait encore faiblement contre les drows qui le maintenaient.

    Zedey’yr s’approcha lentement de l’humain.

    « Qui est-tu, et pourquoi as-tu essayé de m’assassiner ? » articula-t-il à son attention. En réponse, l’homme leva vers lui un regard enflammé de haine. « Je m’appelle Ryhan Lamar. Et j’ai voulu ta misérable peau parce que tu n’es qu’une pourriture abjecte qui mérite de brûler aux enfers. »
    L’un des gardes le frappa violemment dans l’estomac, ce qui l’obligea à se plier en deux sous le choc.
    « Adresses-toi avec respect au seigneur Evere, chien d’humain, ou tu le regretteras ! » hurla-t-il au captif.

    Ignorant les menaces et malgré la souffrance, l’homme se redressa faiblement.
    « Le seigneur… Tu n’es le seigneur que des charognes, Evere. Un monstre abject et un assassin !  » Un nouveau coup, cette fois au visage. Ryhan grimaça sous la douleur, mais ne s’arrêta pas là pour autant.
    « Tu les as tué, Evere ! Mon frère, et toute sa famille ! Dans leur sommeil, comme un lâche. Sois maudit Evere, sois maudit toi et tous ceux de ta race corrompue ! »

    Le reste de ses mots se perdit dans un râle de souffrance et les cris des gardes qui s’étaient tous mis à bastonner l’impudent sans retenue. Zedey’yr détourna les yeux avec un air affligé, puis fit signe de cesser la correction. « Emmenez le hors de ma vue » ordonna-t-il. « Je m’occuperai de lui plus tard. En attendant, qu’il goûte à l’hospitalité des geôles du sous-sol. Je suis sûr qu’elles seront à son aise. » Tout en observant l’humain se faire traîner à demi-inconscient vers son destin peu enviable, Zedey’yr se pencha vers Haaz’in, son intendant, arrivé entre temps sur les lieux.

    « Qui sont les gens qu’il a mentionné ? »

    « Les Lamar, je présume. Une petite famille de marchands de soie installés à Thaar. Ils sont morts il y a trois ennéades, assassinés par des malandrins qui s’étaient introduits dans leur demeure afin de la piller. Vous avez racheté leur commerce peu après si je me souviens bien. »

    « Je vois… » fit le sombre pour tout commentaire.

    Une affaire fructueuse et rondement menée. Othon Lamar gênait ses activités commerciales en le privant de son monopole, et comme il refusait de lui revendre son négoce il avait dû forcer la chose. Othon, quel imbécile… S'il ne s’était pas obstiné à lui tenir tête, ni lui ni sa famille n’aurait eu à subir ce sort. Il ne pouvait s’en prendre qu’à lui-même pour ce qui était arrivé.
    Enfin, que Othon eut des proches avides de le venger, Zedey’yr s’en serait bien douté. Il n’aurait en revanche jamais imaginé que certains parviennent à remonter jusqu’à lui et en arrivent à presque réussir. Celui-là avait forcément reçu une aide extérieure…

    « Capitaine » dit-il en se tournant vers l’un des gardes. « Menez votre enquête auprès des invités. Quelqu’un a aidé cet homme à s’introduire ici, je veux savoir qui. »

    « A vos ordres, monseigneur. »

    L’elfe noir salua, et emmena le reste de ses hommes en quittant les lieux. Zedey’yr lâcha un soupir, puis revint vers Sen’Liria.
    « Je vous dois beaucoup, très chère. Sans votre intervention, je serai probablement dans les bras de Teiweon à l’heure qu’il est. Votre courage mérite qu’on le récompense, et je sais être généreux quand il le faut. Suivez-moi si vous le voulez bien.»

    « Vous devriez vous méfier d’elle, monseigneur. »
    La voix froide et tranchante semblait sortir de l’ombre.
    « Elle n’est pas ce qu’elle paraît être. »

    L’ambassadeur, pris au dépourvu, marqua une pause d’étonnement. « Je te demande pardon, T’rissae ? »
    La sombre ne s’était pas manifestée jusque-là, étant restée en retrait sans mot dire tout au long de la scène. A présent elle s’avançait sur la terrasse, son regard féroce braqué sur la jeune danseuse.

    « Je l’ai observé pendant la danse. Ce n’était pas anodin. Ses mouvements sont ceux d’une guerrière aguerrie, pas d’une simple saltimbanque. Le combat transparaît dans chacun de ses gestes, pour peu que l’on sache regarder. »

    « Tu plaisantes, j’espère ? Cette jeune fille a failli se faire tuer en essayant de me protéger. La redoutable combattant que tu décris s’en serait certainement mieux tiré que ça… »

    « Elle cache son jeu ! » insista l’elfe noire avec colère. « Je ne sais pas pourquoi ni ce qu’elle veut, mais vous feriez mieux de me laisser l’interroger. »

    Zedey’yr leva les yeux au ciel. Il ne comprenait pas l’acharnement soudain de T’rissae envers la petite Liria. Un doute lui traversa soudain l’esprit, qui lui fit froncer un sourcil.
    « Serais-tu jalouse, T’rissae ? » demanda-t-il avec une pointe d’amusement dans la voix.

    Une expression choquée apparut sur le visage de la garde du corps.
    « M… Monseigneur !?  Comment… comment pouvez-vous penser une chose pareille ? Je pense simplement que vous devriez éviter de … faire confiance ainsi à une inconnue ! »

    « Je vais te dire ce que moi je pense » répondit Zedey’yr d’un ton soudain très calme. Trop calme. « Je pense que Sen’Liria ici présente s’est simplement trouvée au bon endroit au bon moment, et a su faire preuve du courage nécessaire pour faire échouer cet assassinat en lieu et place de ma garde du corps.  »

    « Mais je … » commença l’elfe sombre.
    « Je n’ai pas terminé !  » interrompit l’ambassadeur. Cette fois c’était à lui d’être en colère. « Où étais-tu exactement ?  C’est bien toi qui est chargé d’assurer ma sécurité, n’est-ce pas ?  Alors pourquoi suis-je forcé de me reposer sur des gens du personnel de divertissement pour avoir la vie sauve, peux-tu me l’expliquer ? »

    Face à la rage de son maître, la drow s’était rétractée et fixait à présent le sol d’un air stoïque en attendant que l’orage passe. Zedey’yr approcha son visage du sien et la força à le regarder dans les yeux. « Il y a ici des tas de gens qui veulent ma mort » fit-il en chuchotant presque. « Des gens bien plus dangereux que le bouffon que nous venons de voir. Alors j’ai besoin de savoir, T’rissae. Est-ce que je peux encore compter sur toi ? »

    Un instant de silence passa, pendant lequel les deux elfes noirs se regardèrent sans mot dire. Puis la garde du corps baissa les yeux et acquiesça d’un léger signe de tête.
    « Bien. » Zedey’yr se détourna. « Tu peux donc retourner à ton poste. Et tâche d’ouvrir l’œil, cette fois-ci… »

    T’rissae s’inclina, puis s’éclipsa non sans avoir jeté un dernier coup d’œil incendiaire à la danseuse.
    C’est vers celle-ci que l’ambassadeur revenait à présent.

    « Maintenant que ceci est réglé, je suis tout à fait à vous. Veuillez me suivre dans mes appartements je vous prie. »

    Et ils s’en furent vers l’intérieur de la villa. Aucune des personnes présentes n’avait remarqué l’elfe qui, caché non loin de là dans l’ombre d’une alcôve, avait observé toute la scène…

    _____________

    Zedey’yr conduisit Sen’Liria dans son bureau personnel, une pièce luxueusement aménagée avec nombre de meubles en bois précieux, rideaux de velours et décorations en bronze ou en argent. Il se servit aussitôt une coupe de vin, et en proposa bien entendu une à son invitée. Puis, se laissant aller dans le confortable fauteuil derrière son bureau, il croisa les mains devant lui et fixa la jeune elfe noire.

    « Je vous dois beaucoup Liria, et pas que pour la danse. En sus de ma gratitude la plus totale, vous avez bien mérité une récompense. Je suis la personne la plus influente de Thaar, ou peu s’en faut. Dites-moi ce que vous désirez, et je verrais s’il est en mon pouvoir de vous l’accorder. »

    Non, Zedey’yr n’avait pas oublié qu’il songeait encore il y a peu à mettre la belle danseuse dans son lit. Mais cela pourrait toujours venir plus tard. Pour l’instant, il tenait à honorer sa dette. Après tout, la patience était un des meilleurs atouts des être centenaires comme lui. Il l'avait appliqué à cette ville, et voici ! N'était-il pas sur le point de devenir le maître incontesté de Thaar ?  

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MessageSujet: Re: Jeux de pouvoir   Dim 8 Sep 2013 - 13:00

Fichtre, heureusement que cette garde du corps était là ! Parce que non seulement Tahly avait été obligée de jouer sans ses dons magiques, mais en plus il lui avait fallu cacher ceux qu'elle avait pour le combat - sans compter que le Drow qu'elle devait séduire avait plutôt l'air d'essayer de se sauver devant l'assassin que de lui faire face. Au moins serait-il une cible plus facile que prévue, quoi qu'avec cette garce armée... Elle mit ses pensées de côté et s'avança vers l'ambassadeur afin de vérifier que tout allait pour le mieux. Il semblait seulement se remettre de ses émotions, mais il ne tarda pas à reprendre du poil de la bête, sutout lorsqu'il se tourna vers son agresseur. Ce n'était qu'un simple Humain tout juste adulte mais avec déjà une profonde haine en lui à cause de malheureuse histoire de famille et de marchandages... Tout cela pour ça ? Une histoire plutôt ridicule selon "l'humble" avis de la Sombre. Mais bon, un détail l'intéressait plus que les autres : il avait tué cette petite famille comme un lâche, en pleine nuit. Enfin faudrait-il qu'il l'ait fait lui-même, ce qui l'étonnerait vraiment vu ce qu'il venait de se passer. Zedey'yr n'avait vraiment pas l'air d'être ce genre d'homme ! Mais bon... En simple fille de joie et artiste, Sen'Liria resta en retrait afin de ne pas se mettre en avant dans cette scène de conflit. L'Humain fut bastonné puis emmené par les gardes et le Capitaine sombre eut à mener sa propre enquête quant à qui avait laissé entrer l'individu mortel. Au moins les gardes allaient être occupés à autre chose qu'à la compagne de leur maître, c'était une bonne chose.

L'ambassadeur vint voir une nouvelle fois celle qu'il pensait être une danseuse, la remerciant une nouvelle fois de s'être interposée entre l'assassin et lui. Il lui demanda même de le suivre afin d'obtenir une récompense pour son courage - mais c'est qu'elle n'allait pas laisser un autre individu lui piquer sa cible quand même ! - ce qui était un bon poi...


"Vous devriez vous méfier d’elle, monseigneur. Elle n’est pas ce qu’elle paraît être.

Oh non pas elle ! Sen se retourna en direction de la voix et put retrouver la très chère et tendre (hum !) garde du corps de Zedey'yr, une expression d'incrédulité sur le visage. Cette incrédulité se transforma rapidement en incompréhension, la danseuse ne comprenant pas pourquoi cette Sombre la traîtait d'être quelqu'un qu'elle n'était pas. Bon certes, elle avait appris un minimum à se servir d'un couteau pour se défendre ou dérober quelques bourses pendant sa jeunesse, mais c'en était resté dans le cadre de la survie dans les premiers étages du Puy. Donc dire qu'elle dansait comme une combattante, c'était se tromper un brin !
Enfin cette réflexion était pour le personnage de Sen'Liria, parce que l'assassine, elle... Elle avait plus envie de tuer cette rivale qu'autre chose à cause de la menace qu'elle représentait. Déjà que là elle était prête à se faire repérer par cette femme, sans compter qu'elle avait l'intension de l'interroger d'une façon plus ou moins drow. Bon, il allait falloir qu'elle arrive à jouer son rôle alors qu'elle lui poserait plein de questions emplies de suspicion. Mais ce n'était visiblement pas ce à quoi avait envie sa cible qui eut une discussion d'autorité avec sa gardienne. Au final T'rissae fut remise à sa place et Zedey'yr vint de nouveau s'occuper de la danseuse qui inclina sa tête lorsqu'il lui adressa la parole, eut un regard assez mauvais pour la garde du corps et se laissa entraîner vers les appartements de l'ambassadeur.



Elle fut conduite dans un breau luxueux dont les meubles étaient de très bonne qualité, tout comme le reste d'ailleurs. Les couleurs principales restaient le bronze et l'argent, ce qui rendait fort bien ensemble, elle devait bien l'avouer. Il versa du vin dans deux coupes et en tendit une à Sen'Liria qui le remercia par un sourire avant de s'asseoir sur le fauteuil qui faisait face à celui de Zedey'yr d'une manière toute aussi naturelle que sensuelle, ce qui ne faisait pas dans le "trop". Il croisa ses main devant lui et lui posa une question à laquelle la Sombre dut réfléchir avant de répondre.


-Je vous dois beaucoup Liria, et pas que pour la danse. En sus de ma gratitude la plus totale, vous avez bien mérité une récompense. Je suis la personne la plus influente de Thaar, ou peu s’en faut. Dites-moi ce que vous désirez, et je verrais s’il est en mon pouvoir de vous l’accorder.
-Monseigneur, la seule chose que je désirerai serait de ne plus être suivie par votre... garde du corps. Je ne sais pourquoi, enfin pourquoi nourrit-elle tant d'aversion à mon égard, mais elle... me fait peur, je dois bien vous l'avouer.

Le sourire de Sen'Liria disparut de ses belles lèvres et ses yeux se posèrent sur le verre qu'elle tenait encore en main, montrant ainsi que cette fichue T'rissae provoquait une gêne chez la danseuse. Mais elle se ressaisit et réafficha son sourire invitant alors qu'elle levait son verre à la santé de l'ambassadeur avant de tremper ses lèvres dans le doux liquide afin d'y goûter.

-Vous devez vous demander pourquoi je ne demande pas plus... Pour tout vous dire, je suis comme qui dirait la "préférée" de mon maître et grâce à cela, je ne manque de rien.

Elle but une seconde gorgée du délicieux liquide puis posa ses yeux bleus sur Zedey'yr, se concentrant surtout sur son regard de Sombre sans pour autant vouloir l'importuner.

-Mais laissez-moi vous remercier pour toute à l'heure. Je suis heureuse que la dance vous ait plu et je ne sais ce qu'aurait fait celle que vous avez appelée T'rissae si vous ne vous étiez pas interposé. Peut-être pourrais-je, à mon tour, vous offrir quelque chose ?"

Quelque chose... ou elle-même, peut-être. Le ton avec lequel ces deux derniers mots avaient été soufflés laissaient sous-entendre la chose aux oreilles de l'ambassadeur, habitué à ce genre de discussions. Enfin, suite à ce qu'il s'était passé dans la cour, la danseuse commençait à laisser tomber son masque d'indépendante pour se laisser aller dans les griffes d'un certain prédateur dénommé Zedey'yr.
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MessageSujet: Re: Jeux de pouvoir   Mar 1 Oct 2013 - 16:53


    « T’rissae peut se montrer quelque fois un peu… brusque, j’en suis conscient » concéda l’ambassadeur. « Mais ce n’est là qu’une expression de son dévouement à me protéger. Et je dois vous avouer qu’elle accomplit sa tâche avec une efficacité remarquable - Le poignard effilé brandi par l’homme apparut brièvement devant les yeux de Zed’eyr -  … du moins, la plupart du temps. »

    L’elfe noir chassa la pensée désagréable et avala une gorgée de vin. Il était doux et fruité, et laissait une note de soleil sur la langue. Zed’eyr le faisait venir en bateau depuis le comté d’Ydril, une terre située à l’extrême sud de la Péninsule humaine. Tout en savourant le goût du breuvage, il en revint à la requête de sa sauveuse du jour et la lui accorda d’un ton qui suggérait que ce n’était même pas la peine d’en parler.
    « Elle ne vous importunera plus, n’ayez crainte. T’rissae m’obéit aveuglément, et a de toute manière bien plus important à faire que de vous chercher querelle. »

    La jeune danseuse parut quelque peu rassurée et porta même timidement sa coupe aux lèvres. De son côté l’ambassadeur la fixait patiemment, attendant qu’elle exprime un autre souhait. Mais l’elfe sombre n’en fit rien et expliqua humblement qu’elle ne manquait d’aucune chose. En entendant cela, Zed’eyr fut pris d’un rire fort amusé.
    « Allons, allons » fit-il en souriant. « Je veux bien que votre existence en tant qu’artiste soit des plus correctes… Mais si vous pensez que c’est là tout ce que la vie a à vous offrir, je crains que vous ne vous trompiez lourdement. »
    S’il y avait une chose que le drow avait appris au cours de sa longue existence, c’est que personne ne se satisfaisait jamais de ce qu’il possédait. Surtout pas ceux de son espèce. La jolie danseuse désirait forcément quelque chose, et son refus poli n’était qu’une manière détournée d’y accéder. Mais à ce jeu, Zed’eyr jouait déjà depuis bien plus longtemps qu’elle… Et c'est pourquoi il allait se faire un plaisir de découvrir le véritable désir de son invitée.

    « Votre maître, puisque vous en parlez » reprit-il. « Serait-ce celui au bras duquel je vous ai aperçue en ce début de soirée ? » L’expression de l’elfe noir prit un air désolé, presque apitoyé. « Ma chère, est-ce bien de ce genre d’être que vous dépendez… Un sylvain ? Est-ce lui qui exerce tout pouvoir sur vous, exigeant de vous vos danses pour sa propre gloire… et peut-être même plus encore ? »
    Il se pencha vers la sombre, sa voix se muant presque en un chuchotement.
    « Allons, Liria. Ne me dites pas que vous n’avez jamais rêvé de mieux que cela ? »

    L’elfe aux yeux bleu sombre sourit, prit une autre gorgée de vin et déclina une nouvelle fois. Mais durant un court instant, Zed’eyr crut voir – ou peut-être l’avait-il imaginé ? – une lueur malicieuse briller dans son regard. Sen’Liria de son côté ne laissa rien paraître, et poursuivit :
    « Laissez-moi vous remercier pour tout à l'heure. Je suis heureuse que la dance vous ait plu, et je ne sais ce qu'aurait fait celle que vous avez appelée T'rissae si vous ne vous étiez pas interposé. Peut-être pourrais-je, à mon tour, vous offrir quelque chose ? »

    L’ambassadeur sourit intérieurement. La suggestion dans cette dernière phrase ne lui avait pas échappée. Elle se prépare le terrain songea-t-il. La petite espère qu’elle obtiendra plus si elle continue à gagner mes faveurs. Que les plaisirs de la chair soient le seul intérêt de la charmante danseuse, Zed’eyr en doutait bien qu’il se savait plutôt attirant. Mais rien ne l’empêchait présentement de combiner l’utile à l’agréable... Il faut croire que ma jeune invitée est décidément bien plus intelligente que ce qu’il n’y parait pensa le drow en remplissant une nouvelle fois leurs coupes.

    « Peut-être bien, en effet… » répondit-il simplement, avec un petit sourire au coin des lèvres. « Mais puisque vous ne désirez pas de récompense, laissez-moi au moins vous montrer les galeries d’art de ma demeure. Je possède une collection fort bien pourvue d’objets et d’œuvres issus des quatre coins du monde connu. En tant qu’artiste, j’espère que vous saurez les apprécier tout autant que moi. »
    Puis il ajouta, presque sur le ton de la confidence :
    « Les plus belles pièces sont entreposées dans mes appartements privés, et je ne les montre qu’en de rares occasions à certaines personnes bien particulières. Vous n’en serez pas déçue, je vous le garantit… »

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MessageSujet: Re: Jeux de pouvoir   Lun 23 Déc 2013 - 15:18

A ses dernières paroles, la Sombre sourit doucement, comme charmée par l'invitation de l'ambassadeur. Voir des oeuvres venant de tous les coins du monde ? L'artiste qu'était son personnage et la femme qu'elle était réellement ne pouvaient qu'apprécier cela ! Alors, sans vraiment s'ouvrir au Drow qui remplissait à nouveau sa coupe d'un délicieux vin, elle prit quelque peu ses aises et se laissa à accepter cette invitation bienvenue.

"C'est avec plaisir que j'accepte votre invitation, noble ambassadeur. J'espère les apprécier à leur juste valeur.

Puis elle ajouta, sur le même ton confident que les dernières paroles de Zed'eyr

-Je serais honorée de pouvoir voir ces si belles pièces, si vous n'avez pas peur de me faire entrer dans vos propres appartements ?

Une question assez timide à première vue mais qui relevait bien un sous-entendu sur lequel les deux personnages jouaient depuis quelques phrases. Oh Sen'Liria avait très bien compris ce qu'il pouvait se cacher sous les très belles pièces du Sombre et que la journée risquerait fort de ne pas se terminer qu'en une simple visite des oeuvres d'art servant de décoration à des appartements, mais à bien plus... une visite plus intime, peut-être ? Cela, elle ne pouvait pas le prédire, loin de là. Tahly avait un plan pour se débarasser de l'ambassadeur d'une façon toute à fait propre et nette et cela sans rien laisser paraître à sa cible. Mais tout ne pouvait pas forcément aller comme elle l'imaginait et elle était donc prête à improviser si nécessaire. Mais pour l'instant, sans vouloir mettre la charrue avant les boeufs, elle pouvait se délecter de la tournure que prenaient les choses : la garde du corps hors d'état de nuire (quoique... Elle allait devoir rester vigilante), lui semblait être prêt à connaître un peu plus le personnage qu'elle jouait, voire même à la mettre dans son lit... C'était un bon début qui ne pouvait que la faire continuer dans sa lancée.

Liria suivit donc Zed'eyr là où il souhaitait l'emmener et ne put qu'être émerveillée par certaines oeuvres, aussi n'hésita-t-elle pas après un moment à féliciter l'ambassadeur pour ses goûts fort appréciables. Sincère, elle l'était pour le coup, dans les appartements de son interlocuteur, auprès de lui, devant une peinture toute à fait magnifique représentant une danseuse sombre sur fond rouge : toute la grâce connue aux femmes de sa race y était représentée, le personnage semblait vivant, les couleurs étaient intenses...

-Cette danseuse est magnifique... Vous avez bien de la chance d'avoir telle oeuvre dans vos appartements."



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