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 Le chevalier du pont. [Flourens]

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MessageSujet: Le chevalier du pont. [Flourens]   Jeu 8 Nov 2012 - 6:50

L’armée d’Etherna était en marche pour Serramire. Quelques lieues en avant de l’ost, une quinzaine de cavaliers éclairaient la route de la colonne éthernéenne. Ce matin-là, alors qu’une brume épaisse flottait sur la plaine serramiroise, Guillaume menait ses éclaireurs. Le général qu’il était devenu voulait toujours avoir des informations de première main, auxquelles il pouvait se fier totalement. Quoi de mieux alors que de mener soi-même la reconnaissance ?

Les cavaliers légèrement armés trottaient rapidement sur la route, guettant toute menace possible. Derrière eux, une colonne de poussière basse annonçait l’arrivée de l’infanterie. Guillaume chevauchait sur robuste roncin, tandis que son écuyer, Hector le Vif, tenait en bride son destrier. Les cavaliers dépassèrent bientôt une légère crête, en contrebas de laquelle coulait une large rivière. Un solide pont de bois en permettait la traversée. Les cavaliers dévalèrent la pente en lâchant bride, labourant la terre de leurs lourds sabots. Alors que sa monture reprenait pied, Guillaume plaça sa main en visière pour scruter l’autre côté de la rivière. Il y distingua quelques tentes autour desquels s’affairaient une dizaine d’hommes. Des bandits ? Déserteurs ? Ou guetteurs à la solde d’un seigneur de Serramire.

Le chevalier reprit un trot léger vers le pont, suivi des autres cavaliers qui se déployèrent en croissant autour de lui, raffermissant la prise de leurs lances. Un curieux spectacle fit stopper sa progression à la troupe. Un chevalier s’avança seul depuis l’autre rive, armé de pied en cap. Guillaume se pencha vers son écuyer :

« - Le Vif, toi qui a les yeux d’un lynx, peux-tu distinguer les armes de ce cavalier ? »


-Point messire, son tabard est vierge de tout blason ! »


Voilà qui était bien curieux. Le mystérieux chevalier cessa d’avancer en arrivant à l’extrémité du pont, comme s’il le gardait. Les cavaliers éthernéens restèrent immobiles, jaugeant l’inconnu. Guillaume tendit ses deux mains :

« - Mon heaume, mon destrier. J’irai seul. »


Un lieutenant protesta alors :

« - Messire, pourquoi ne pas clouer incessamment le drôle d’une flèche ? »

Le chevalier le foudroya du regard :

« -Parce que ce sont des manières dignes des Wandres, voilà pourquoi. »

Le Vif réagit promptement quant à lui, et présenta à son maître son lourd heaume et sa monture de bataille. Guillaume fut bientôt équipé à armes égales avec le chevalier du pont. Son tabard bleu et blanc attestait de sa dévotion envers la Déesse, même si son écu portait les armes de gueules et d’or des Clairssac. Son épée resta au fourreau, mais son écu était solidement attaché à son bras droit, deux haches de jet fixées aux courroies intérieures. C’est ainsi qu’il se présenta à une distance respectable du mystérieux cavalier. S’il ne portait pas de blason, ses armes et sa tenue générale attestait de son statut de chevalier. Guillaume resta poli mais conserva son heaume : la route leur était barrée.

« - Doux sire, mon ost et moi devons passer ce pont. En libérerez-vous le passage ? »
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Flourens de Nulhadon
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MessageSujet: Re: Le chevalier du pont. [Flourens]   Sam 29 Déc 2012 - 20:11

Morne était Serramire et morne, le bourg de Rémarde, avec ses toits en ardoise, sa grande rue, la seule du hameau et sa Grand'Place. Sous le ciel bas et triste, les toits des habitations brillaient de par la pluie, un crachin qui vous glaçait les reins et la terre, détrempée, s'enfonçait sous vos pieds aussi profondément qu'un clou dans une motte de beurre. Il n'y avait nulles chansons à boire et à forniquer, nuls rires ni faces enjouées sur le visage des habitants, pas même un éclat de voix ni seulement l'écho lointain d'une discussion, habituellement si communs dans les villes et les bourgs. Uniquement le sinistre claquement des huis et des volets, battus en rythme par le vent, le murmure des feuilles dans les arbres et le martèlement régulier provenant de la forge voisine. Au-dessus du bourg, le donjon seigneurial dressait une silhouette plus sombre encore, presque sépulcrale dans la grisaille matinale et la brume légère qui accolait l'épaisse bâtisse fortifiée.

Les guetteurs du château furent les premiers à constater l'arrivée du chevalier, car c'était du moins la condition que l'on soupçonnait à cet homme, dont le port et l'assiette laissait deviner sous la cape et le manteau de voyage fatigué, un harnois de plates et d'acier. Pour ceux qui auraient pu douter de ce fait, la puissante monture que menait par la bride l'un des compagnons du voyageur finissait par venir à bout des plus septiques : c'était un destrier noir, d'un noir plus sombre que la plus épaisse nuit, un cheval de guerre, dont les énormes sabots soulevait des mottes de terre à chaque pas (Ils étaient nombreux, les hommes qui par ces temps de guerre, se prétendaient rejetons de telle ou telle race, sombres ou illustres lignées de prud'hommes et eux-mêmes chevaliers. Mais bien peu en vérité pouvaient se payer une telle monture, qui seule départageait l'obscure franc-coureur du véritable chevalier). Sur les chevaux de bât, on pouvait apercevoir des lances d'arçon et un écu soigneusement recouvert d'une housse usée. La troupe qui accompagnait le voyageur était à sa semblance : sale et crottée. Mais sous chaque manteau se devinait la poignée d'une épée. Les bourgeois et le commun émergèrent de leurs échoppes et de leurs demeures au fur et à mesure que le voyageur et sa troupe s'avançait. Des têtes apparaissaient de-ci de-là aux fenêtres et bientôt, ce fut une véritable foule qui accompagna la petite flotte jusqu'aux portes du donjon. Une foule en armes, où s'apercevaient de nombreuses têtes rasées, aux méchants habits de broignes et de mailles, gourdins, lances ou bâtons, couteaux de boucher ou fauchards. Les temps étaient durs en Serramire, où guerres privées et maraudeurs étaient devenus le lot quotidien des honnêtes gens. Aussi ne fallait-il pas s'étonner que tout nouvel étranger soit accueillit comme un ennemi potentiel. Ce qui n'empêcha pas certains de déclarer que cette contrée était aussi chaleureuse que son climat.

De fait, les voyageurs n'étaient pas des ennemis et parmi ceux qui chevauchaient au côté de Flourens, seul deux pouvaient prétendre à la chevalerie, l'un d'eux était un moine défiguré du nom de Josbert et le second, un nobliau du nom d'Otmar. Un obscure damoiseau natif des environs d'Erbay, accompagné de deux de ses meschins et d'un homme d'arme. Autrefois châtelain, il était devenu errant lorsque des hommes d'armes avaient pillés son village et brûlé son château. La troupe avaient ensuite escorté un convoi depuis Hasseroi jusqu'à Kregan, en Alonna, avant de faire un crochet par le nord, jusqu'en Serramire. Ils avaient perdus deux compagnons dans une attaque de brigands, mais en avaient gagnés cinq à leur arrivée en Serramire, dont deux archers. Un renfort qui c'était avéré bienvenue lorsque la dame de Rémarde avait requis le service de cette troupe pour l'aider à protéger ses terres et y faire appliquer les coutumes. Accorte et veuve depuis peu, Mérencielle de Rémarde n'avait pas laissée insensible le bâtard de Kahark. Exposant son extrême dénuement depuis la perte de son mari et l'état de faiblesse dans lequel celui-ci l'avait laissé, elle en avait fait appel au sens de l'honneur du chevalier pour que lui et ses hommes la protègent le temps que Serramire retrouve un suzerain et une paix durable ou, plus certainement - car il y avait maintenant des années que le Nord n'avait plus de suzerain à sa tête et toutes les tentatives pour y parvenir avaient sombrer dans le chaos. Autrement dit fixer une échéance à la montée sur le trône de Serramire d'un suzerain durable équivalait à fixer une échéance à quand les poules auraient des dents ! - le temps que Rémarde se mette à l’abri de la convoitise de ses voisins. Au demeurant, elle n'excluait pas de se remarier prochainement et ne cachait pas que le Bâtard était à son gré.

Au matin du troisième jour après leur arrivée, la troupe avait prit le chemin du pont de Luze, qui enjambe la Bièvre et marque le début des terres de Rémarde. Elle y avait installé son campement, préparé des feux, attaché les bêtes et monter quelques tentes. Tout individu voulant passer le pont avait du acquitter la taxe à la dame de Rémarde et les importuns c'étaient vu signifier leur interdiction par quelques adroites sagettes.
Cela faisait maintenant six jours que la troupe du chevalier tenait la place et un vent aigre soufflait en cette matinée. Un vent d'Ouest, d'où déboucha une troupe d'hommes en armes, déboulant par dessus la crête qui faisait face au pont. Lorsque ceux-ci atteignirent l'orée du pont, le Bâtard s’avança seul depuis l’autre rive, armé de pied en cap et émergeant de la brume sur un destrier caparaçonné tout fumant d'humidité. Il fut bientôt accompagné d’un autre cavalier armé d’une bannière de sables et de trois lances d'arçon, suspendues à sa monture. Les deux hommes s'arrêtèrent à l'entrée du pont et attendirent.
En face, la troupe stoppa à la vue des deux cavaliers et se déploya en croissant à l'autre extrémité du pont, se figeant à portée de voix de leurs vis à vis tandis qu'un écuyer apportait son heaume et son destrier à son maître. Une fois monté, celui-ci se protégea la face d'un lourd heaume aux couleurs de gueules et d'or. Des couleurs inconnues au Bâtard Flourens, qui se plut à observer que par ailleurs l'homme avait revêtu un tabard bleu et blanc. Courtois, le chevalier au lourd heaume s'écria :

« - Doux sire, mon ost et moi devons passer ce pont. En libérerez-vous le passage ? »

Le Bâtard laissa planer un instant de silence avant de répondre d'une voix sèche sous son heaume orfévré.

« - Ces terres et ce pont sont le bien de la Dame de Rémarde. Quiconque désire passer icelui, doit en payer la taxe à la dame justicière en ce pays. »

Hasard ou prémonition ? Oreilles couchées et naseaux dilatés, la monture du Bâtard commença à encenser, excitée par l'idée d'un proche combat.

« - Sachez toutefois que la Dame a interdit le passage d'hommes en armes sur ses terres. Excepté ceux de ses vassaux, ajouta la voix métallique de Flourens. Faites demi-tour, ou mordez la poussière. »
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