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 L'heure est à la guerre.

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MessageSujet: L'heure est à la guerre.   Jeu 6 Déc 2012 - 19:48

    L’aube qui se levait sur l’Annon en Anaëh s’annonçait comme une trêve plus que bienvenue pour le peuple sylvain. Toute la nuit ils avaient combattu sans relâche le feu qui faisait rage à la frontière sud de la forêt. Embrasées par le bombardement régulier des mangonneaux depuis l’ancien fort d’Ellyrion, les flammes destructrices avaient taillées leur chemin à travers la végétation durant toute la journée précédente. Vaillamment, les elfes avaient tenté de maîtriser l’incendie -qui les tint néanmoins en échec jusqu’au petit matin, moment où les mages présent furent suffisamment nombreux pour faire taire les flammes par leurs pouvoirs élémentaires.

    Cependant, la trêve allait être de courte durée car, si le danger du feu avait été repoussé, il restait encore un ennemi aux portes de la Prime Forêt. L’ost drow en effet n’avait pas bougé d’un iota et campait toujours près d’Ellyrion, semblant défier par sa présence même tous les habitants de la sylve.


    A quelques lieues de là...


    Sous une grande tente de campagne, le commandant Ænor Celimwë de l'armée de Wyslena tenait conseil en compagnie de ses principaux officiers. Étaient également présent le lieutenant Polyëska Alimëh des éclaireurs et le capitaine Delyndil Fervellon de la cavalerie royale. Une grande carte de la région était étalée au centre sur une table.

    Ænor regarda tour à tour les elfes présents. La situation était grave, et tous le savaient. Après quelques années de calme relatif, les drows revenaient de nouveau assiéger la porte d'Anaëh. Et le moins qu'on pouvait dire, c'est qu'ils s'en étaient donné les moyens ! Près de six mille sombres campaient devant la lisière de la forêt selon les derniers rapports des éclaireurs. L'heure n'était plus aux escarmouches et aux petites batailles. Si le peuple immortel faiblissait maintenant, c'était tout le sud d'Anaëh qui qui était en danger.

    Ænor s'adressa une dernière fois aux elfes assemblés :

    " Chacun ici connait son rôle désormais. Allez ! Et que Kyria vous protège... "

    Les officiers s'inclinèrent et sortirent tour à tour de la tente. Au dehors, le campement elfe s'étendait partout sous la canopée, vaste concentration de tentes et de fanions colorés en tons de vert, de brun et d'or. Quatre-mille cinq cent guerriers venus de tout Wyslena et Eraison s'étaient rassemblés pour défendre leurs terres face à la menace sombre.

    Des ordres furent donnés, et l'on commença à lever le camp. En quelques heures à peine, l'armée s'était mise en marche et atteignit bientôt la lisière. Lorsque l'avant-garde sortit du couvert des arbres, un spectacle de désolation l'attendait. Sur quelques hectares, la forêt avait été réduite à néant par les flammes. Là où auparavant grandissait une végétation luxuriante, il n'y avait à présent qu'une bande de terre brûlée, couverte de cendres et de troncs calcinés. Ici, la symphonie s'était tue, et ce silence associée à la vision de leurs frères-arbres morts causa bien plus de douleur à l'âme des elfes que le plus terrible cri de souffrance.

    Mais l'heure n'était pas aux pleurs et aux remords. L'heure était à la guerre.
    Face aux lignes elfiques scintillantes qui égermaient peu à peu de la forêt se dressaient celles, noires et menaçantes, de leurs sombres cousins. Rassemblés au sommet d'une petite butte, les restes du fort d'Ellyrion sur leur gauche, l'ost drow semblait dégager une aura de noirceur et de haine qui annonçait son envie d'en découdre. Son envie de sang. Déjà les premiers chants de guerre s'élevaient de leurs rangs, rythmés par le battement des tambours et le son des trompes.

    Arrivés à la limite de la zone brûlée, les troupes elfiques s'arrêtèrent dans la plus parfaite discipline, à 200 mètres des lignes ennemies. Si la crainte pouvait se lire sur le visage de certains, leur détermination ne faisait aucun doute. Ils étaient le bras vengeur de l'Anaëh, un rempart de lumière face à la marée des ténèbres. Et ils mourraient tous plutôt que de laisser les drows profaner leur foyer.

    Le silence se fit dans les deux camps. Un silence empli de tension.
    Bientôt, la bataille allait commencer...


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Ril-Vywen
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MessageSujet: Re: L'heure est à la guerre.   Lun 10 Déc 2012 - 23:23

    Quand, finalement, les fils et filles de la Mère durent faire face aux ravages sombres, il n'y en eut pas un pour ne pas ressentir la blessure terrible de la Première Fille. Tous ne réagirent pas de la même façon, cependant. Ils étaient sept et un. Sept et un clans d'Anaëh, sept et un clans que d'aucuns nommaient les elfes des bois et qui avaient su rallier — à moins que ce ne fussent eux qui ralliassent — le Sang de la Bête. Si les armées de l'Eraïson et de Wyslena restèrent particulièrement calmes et disciplinées, il n'en alla pas de même pour ces sept et un là. Qui hurla le premier ? Nulle n'aurait su le dire. Tous, diraient les légendes, tous poussèrent un hurlement de haine à l'unisson. Ceux qui savaient entendre pleuraient et c'était un bien sombre spectre qui planait sur ces guerriers, un spectre chargé d'histoire et qui se nommait Aduram.

    Il était le roi du ciel. Ses puissantes ailes l'avaient porté si haut, sans qu'il eut à fournir le moindre effort, qu'il n'était qu'un point invisible sur la toile céruléenne qui dominait Miradelphia, alors même que parmi les créatures des cieux, il comptait parmi les plus imposantes. Il avait volé des heures durant, loin de l'Anaëh, loin de sa chère forêt, mais il n'avait pas faibli. Et quand il avait trouvé ce qu'il était venu chercher, il n'avait fait montre d'aucune hésitation. Il était peut-être sourd, loin du chant de ses frères et sœurs les arbres, mais il n'était pas aveugle et sa victime n'eut même pas le temps de comprendre que sa fin était venue.
    Il était sur le chemin du retour, désormais, et ses serres agrippaient fermement son fardeau. Pas un instant, il n'avait faibli, malgré la charge que cela représentait. Passant d'un courant à l'autre avec l'aisance des souverains des vents, il n'avait qu'à se laisser aller. Il rentrait chez lui. Au loin, il discerna les ruines de l'Ellyrion, cet enfant de pierre tombé au combat, et il comprit qu'il devait faire vite s'il voulait pouvoir délivrer son message.
    Descendant à pic pour prendre de la vitesse, il passa pourtant loin aux dessus des rangées sombres alignées si bien qu'aucun ne le vit. Finalement, quand il jugea le moment opportun, il lâcha prise et le poids qui avait plombé son vol chuta de lui-même, irrésistiblement attiré par le sol. Il cria, comme seul un aigle géant savait le faire, pour attirer l'attention de tous et les belligérants eurent tout le loisir de voir le corps sans vie d'un drow s'écraser lourdement au sol, face aux premières lignes ennemies. Voilà le sort qui vous attend. Tel était son message.
    Galvanisé par cette provocation pleine de défi, les sept et un hurlèrent à nouveau, en diapason du nouveau cri de l'aigle. Le soleil embrasa la plaine quand, d'un même mouvement, tous les soldats dégainèrent. Les elfes sont là, clamaient-ils tous à leur façon, et vous ne passerez pas.
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L'Edhel
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MessageSujet: Re: L'heure est à la guerre.   Jeu 13 Déc 2012 - 17:22

Spoiler:
 




Rien ne semblait briser le silence qui s'était installé. Les troupes étaient disposées selon le plan qui fut adopté la veille. Aucun soldat ne rompait les rangs ou fuyait. Devant les corps respectifs des armées, seul leurs chefs respectifs se tenaient en avant de quelques pas, se démarquant du reste des rangs. Polyëska se tenait quand à elle devant les troupes des éclaireurs. Le capitaine Aldaron n'avait toujours pas donné de signe de vie, alors que son collègue le capitaine Fervellon avait rejoint les rangs des Elfes. L'absence de son chef rendait la lieutenante nerveuse, et cela déteignait sur les soldats : le retard ne figurait pas parmi les attraits de leur officier supérieur, contrairement à la ponctualité. Les troupes des éclaireurs se tenait derrière les fantassins, à l’extrémité de leurs lignes, parmi les rangs des archers. En cas de débordement, ils pouvaient autant servir d'épéistes, à certes moindre compétences que des fantassins de métiers, mais ils pouvaient tenir des assauts, ils l'avaient déjà prouvé à Ruven.

Les lignes Drows, quand à elle, n'avançaient pas. Elles gardaient leur formation intacte, immobile, et ne furent que peu affectés, sinon de la surprise générale à ce qui survint. Des cieux survinrent une troupe d'Aigles géants, perçant les tympans par leurs cris impressionnants. Une masse s'écrasa violemment sur le sol, et tous comprirent, sinon devinèrent, qu'il s'agissait d'un cadavre. L'action provoqua dans les rangs des Elfes l'effet d'une dose de confiance en plus, et des hurlements de joie et des cris de guerres par centaines s'élevèrent des rangs dorés, en réponse à l'acte de l'Aigle, et en hommage à ses semblables. Sous l'ordre général qui fut donné, les archers armèrent leurs arcs, et leurs traits furent dirigés vers les cieux, prêt à déverser sous l'avancée des Sombres, une pluie meurtrière. Seul un signal était attendu : que les mains des chefs s'abaissent. Celle de Polyëska demeurait en l'air, attendant l'ultime signal, celui qui signerait peut-être sa dernière bataille.

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Glinaina
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MessageSujet: Re: L'heure est à la guerre.   Ven 14 Déc 2012 - 14:13

Fondil regarda encore une dernière fois la carte étalée sur la table avant de s'incliner devant son supérieur et de sortir de la tente. Que Kyrïa les protèges... Ils auraient en effet besoin de cette protection, vu le nombre d'ennemis qu'ils avaient à affronter. Il s'arrêta un instant devant la grande tente, admira un court instant la forêt dans laquelle il avait grandi et pour laquelle il s'était battu pendant plusieurs siècles, puis posa le regard sur les bannières présentes dans le campement. Non, finalement, ils auraient des chances de gagner cette bataille. Peut-être en essuyant de lourdes pertes, mais ils étaient sur leur terrain et avec des soldats et une stratégie adaptés. Et les Déesses savaient prendre soin de leurs créations, aussi. Ils avaient de fortes chances de gagner. Même mieux, ils gagneraient cette bataille, il en était certain. Avec un fin sourire il se remit en marche, sachant très bien ce qu'il avait à faire.



L'heure était à la guerre. Ce n'était franchement pas compliqué de le voir, surtout lorsqu'on se trouvait parmi tant d'autres rangés en ordre de bataille face à une armée Sombre. La tension était palpable, plus encore du côté des Elfes qui ne pouvaient qu'être attristés de la blessure infligée à la Prime Forêt : de nombreux arbres brûlés au point que leur Symphonie en était éteinte en ce lieu ; du moins aux oreilles de Beleg.

Suivant les commandements, les épéistes (dont faisait partie Beleg) s'étaient positionnés derrière les piquiers, attendant que la bataille ne commence réellement avant d'y prendre part. Cependant cela n'empêchait en rien de ressentir et de voir le plus important. Après un temps, le premier acte arriva du ciel, Aigle géant lâchant sa proie noire entre les armées ennemies. L'Elfe devina sans problème qu'il s'agissait là du corps d'un Drow, ce qui le fit sourire. Bien peu de temps après des cris retentirent, des cris de guerre elfiques portés contre les chants de guerre de leurs cousins. Beleg ne cria pas son espérance, contrairement à beaucoup. Il regarda plutôt un certain jeunot situé non loin de lui. Un certain ami lui avait demandé de prendre soin, pour une raison qu'il n'avait put entendre. Et il tâcherait de le faire, malgré que ce jeune adulte ait bien besoin de prendre du plomb dans l'aile...
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Ril-Vywen
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MessageSujet: Re: L'heure est à la guerre.   Dim 6 Jan 2013 - 13:10

    Les sept observaient les armées sombres, la haine au ventre. La veille, ils s'étaient entretenus avec ceux de pierre et ces derniers leur avaient expliqué leur plan. Les sept avaient seulement opiné du chef, promettant de ne rien faire qui pourrait compromettre la manœuvre. Ils n'avaient cependant pas demandé comment ils pouvaient s'y intégrer et on ne leur avait pas proposé.
    La situation prit un étrange tournant quand, mourant d'eux-même, les hurlements laissèrent place à un silence pesant. Les deux armées, parfaitement immobiles, se faisaient face et c'était comme si rien ne pourrait jamais les faire bouger. Le Guerrier avait-il soufflé les braises de la bataille sans leur laisser le temps de s'embraser ? Ou bien se moquait-il des mortels qui pensaient pouvoir le servir ? Les elfes sauvages n'en avaient aucune idée, mais ils commençaient à douter que ceux de pierre pourraient jamais mettre leur plan à exécution.
    L'aigle géant observait la scène, son regard perçant passant d'un bataillon à l'autre. Il avait espéré que son action enflammerait les cœurs, force était de constater que chacun préférant tenir ses positions. Il s’ébroua sur sa branche et la bête devint homme ; le druide s'agrippa à l'écorce de son frère l'arbre et attendit. Il ne se sacrifierait pas aujourd'hui pour précipiter la porte dans le Chaos.
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MessageSujet: Re: L'heure est à la guerre.   Lun 14 Jan 2013 - 16:28

    Xarek Tal’anar plissa des yeux pour observer les rangées de guerriers scintillants qui s’alignaient à l’orée de la forêt, quelque 200 mètres en contrebas. Une dizaine de minutes s’étaient écoulées après leur apparition et, hormis le passage d’un aigle géant venu jeter à leurs pieds un cadavre en guise de provocation, rien n’avait bougé depuis lors. Sous lui, le morgal bardé d’acier qui lui servait de monture piaffa d’impatience tout en raclant le sol de ses pattes griffues. Il sentait l’heure du carnage approcher, de même que Xarek et les guerriers qui l’entouraient. Tous savaient que d’ici peu, leur lame allait pouvoir s’abreuver de sang sylvain à souhait, et tous se réjouissaient à l’idée du combat à venir. Si seulement celui-ci pouvait enfin commencer…

    Derrière eux, les chants lancinants qui résonnaient à leurs oreilles depuis un moment déjà cessèrent tout à coup. Se retournant, le drow s’aperçut que les prêtres d’Uriz venaient d’achever les rituels de bataille, l’autel du dieu de la guerre ruisselant du sang encore chaud des victimes sacrifiées afin de s’attirer ses faveurs.
    Pas trop tôt ! pensa Xarek. Les incantations et les prières sont bien belles, mais elles ont une fâcheuse tendance à retarder le début des batailles.
    Pourtant, la majorité des guerriers sombres portaient grande attention à ce genre de choses, et nombre d’entre eux auraient jugé mauvaise augure d’engager le combat sans s’être auparavant assuré la bénédiction du père.

    Puisque plus rien ne s’opposait à celui-ci désormais, le Streea Jabbuk reporta son attention sur le champ de bataille. Le commandant Ja’afae s’étant retiré en arrière pour avoir une meilleure vision de l’affrontement, s’était à lui que revenait la direction des troupes depuis le front.
    Se dressant sur ses étriers, Xarek Tal’anar clama d’une voix forte à l’attention des soldats l’entourant :

    « Guerriers d’Elda ! Vous avez attendu longtemps ce jour. Le jour où nous écraserons sous nos bottes l’engeance répugnante des forêts. Huit ans plus tôt, nous étions ici, et nous avons réduit en cendres leur soi-disant imprenable forteresse. Par le fer et le feu, nous avons enfoncé la porte d’Anaeh !

    Aujourd’hui, c’est par cette porte grande ouverte que nous allons frapper la Sylve maudite, ainsi que tous ses habitants. Nous les briserons, les fracasseront jusqu’à ce que le dernier de leur cadavres soit jeté aux charognards. Nous brûlerons jusqu’à la racine le moindre de leurs arbres !

    Guerriers du peuple sombre ! Enfants d’Uriz ! Vous êtes la mort incarnée, le fléau de toutes les nations. Soyez vifs comme la flèche, implacables comme l’acier. Car aujourd’hui, les elfes faibles verront notre courroux, et ce sera la dernière image qu’ils emporteront dans leur tombe !

    Elghinn ulu lil to'ryll darthien ! Mort aux sylvains ! »


    Sur la colline s’éleva alors une grande clameur, six mille gorges qui reprenaient en chœur ses derniers mots : « Elghinn ! Elghinn ! » Et ce faisant, ils frappaient leurs boucliers de leurs armes ou martelaient le sol avec la hampe de leurs lances.

    Xarek contempla avec satisfaction son armée. Les verts-elfes n’allaient pas se relever de sitôt après ceci…
    Se tournant vers son lieutenant, il déclara d’une voix sombre : « Envoyez leur la mort. »

    Quelques ordres fusèrent et, l’instant d’après, les bras des mangonneaux se détendaient pour projeter leurs terribles munitions. Quinze boules enflammées s’élevèrent dans les airs, striant le ciel de leurs trainées noirâtres pour ensuite finir leur course en s’écrasant dans les lignes elfiques. Là où elles tombaient, des gerbes de flammes jaillissaient et brûlaient les soldats autours. Les malheureux, transformés en torches vivantes, couraient désespérément pour tenter d’échapper à l’étreinte brûlante, enflammant parfois au passage certains de leurs camarades. Des mouvements de cohue procurèrent les rangs désorganisés des sylvains, alors que les plus proches se reculaient pour se préserver du feu et que les officiers tentaient de faire revenir l’ordre.

    Les elfes noirs ne leur laissèrent pas le temps de se remettre de l’attaque, car déjà se profilait la suivante. Des ruines du fort Ellyrion s’élevèrent soudain des centaines et des centaines de traits, obscurcissant le ciel sous leur masse. Un cri de leur capitaine, et les elfes eurent tout juste le temps de se protéger derrière leurs boucliers que déjà la pluie mortelle était sur eux. A cette distance, les flèches avaient de la peine à percer les armures. Néanmoins cette salve emporta quelques vies elfiques, et occasionna nombre de blessures.

    Au loin, les lignes drows n’avaient toujours pas bougé. Xarek sourit en observant les premières morts de la bataille.
    En vérité, ce combat serait son heure de gloire.


Xarek Tal'anar:
 

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Taloc Kat' Mornar
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MessageSujet: Re: L'heure est à la guerre.   Mer 23 Jan 2013 - 16:38

Taloc parcourait les remparts en scrutant l'armée ennemie. Déployé en ligne, celle ci se tenait immobile en contrebas des forces drows. Le Veldruk laissa son regard se porter sur le reste des sombres, immobile également depuis leur positions défensives. Le commandant, Xarek, semblait avoir décidé de ne pas se ruer sur son adversaire, et Taloc ne comptait pas le contredire.

Ses trente quatre cavaliers, maintenant descendu de leur monture, étaient resserrés et perdu dans la masse du bataillon d'archer de la Veldruk Selenia. Retirés dans le fort, ils étaient les plus à l'abri, et les plus à même de faire pleuvoir la mort sur le champ de bataille. Mais également, et Taloc n'en soufflait mot à personne pour l'instant, les plus à même de battre en retraite sans trop de dégâts.

L'officier Selenia leva à nouveau la main et tous les archers encochèrent une flèche. Taloc fit de même au milieu de ses hommes, qui l'imitèrent. Cela faisait plusieurs volées qu'ils envoyaient, sans grand dommages à cette distance. Mais l'impact psychologique d'un déluge de flèche et de boulets n'était pas négligeable, et depuis qu'ils avaient rejoint le gros de l'armée, les munitions ne manquaient pas.

Asav regarda son Veldruk après avoir lâché son trait. Taloc sentit l'interrogation dans le regard de son subordonné.

"Quelque chose à dire, Asav?"
Le second hésita un moment puis se décida.

"Veldruk, quel sera notre rôle dans cette bataille?"

Une manière déguisée de demander "Veldruk, qu'est ce qu'on fout ici à trois dizaines?", mais Asav ne pouvait se permettre de passer pour un défaitiste ou un lâche.

"Pour l'instant nous sommes ici, et nous soutenons les archers. Ne t'inquiète pas du reste, c'est de mon ressort et non du tien" répondit Taloc. Une manière de dire "j'ai bien compris ce que tu voulais dire, et non, je ne compte pas mourir bêtement et héroïquement ici". "Continuez de suivre les ordres des archers, je vais voir la Veldruk."

Taloc quitta son poste pour se diriger vers son homologue officier. Il passa à travers tout ces archers postés sur les remparts avec discipline, et quelques uns hochèrent la tête sur son passage, ayant été témoins de sa charge désespérée. Il arriva finalement au niveau de Selenia et la salua formellement.

"Veldruk Selenia, des nouvelles du commandant?"
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Liliana
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MessageSujet: Re: L'heure est à la guerre.   Mer 30 Jan 2013 - 14:09

    La dernière volée de traits partit dans les airs en sifflant, puis les soldats abaissèrent leurs arcs. Selenia reposait le sien sur le parapet de la muraille, en observant l'effet de leurs flèches dans les rangs elfiques. Peu dévastateur, certes, mais il s'agissait là d'un coup au moral des troupes plus qu'à leur effectifs.

    Elle fut rejoint peu après par Taloc Kat' Mornar, qui la salua avant de demander:

    « Veldruk Selenia, des nouvelles du commandant ? »

    « Pas pour l'instant. » répondit-elle. «Nous avons seulement pour instruction de tenir la position jusqu'à nouvel ordre. »

    L’elfe noire pencha un peu la tête de côté, et observa le drow d’un air amusé.

    « Seriez-vous impatient de voir l'action de plus près, veldruk Mornar ? »

    Le sombre hésita un instant, et allait donner une réponse lorsque le chant des cors de guerre venant de la plaine l’interrompit. Tous se tournèrent à nouveau vers le nord, d’où montaient les sons de plus en plus puissants.

    « Uriz doit vous avoir entendu, Taloc. Et il semblerait que vous soyez bientôt exaucé. » reprit-elle sur un ton plus sérieux.
    « Vous devriez vous préparer à retourner à votre poste. Toute la puissance de nos arcs va bientôt être requise. »


    Et disant cela elle ne le regardait déjà plus, toute son attention fixée sur ce qui se passait de l’autre côté des murailles.
    En contrebas, l’armée elfique venait de se mettre en marche.
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MessageSujet: Re: L'heure est à la guerre.   Jeu 28 Fév 2013 - 17:09


    Le son clair des trompes retentit, annonçant la mise en marche des lignes elfiques. Une à une, les rangées étincelantes de guerriers sylvains se mirent à avancer d’un pas ferme en direction de l’envahisseur. Leurs capitaines avaient rapidement compris la situation défavorable dans laquelle ils se trouvaient, et l’intérêt des noirelfes à les y maintenir. En effet, la position dominante profitait clairement à leurs nombreux archers et leurs engins de guerre, sans compter que le nœud arcanique autour d’Ellyrion empêchait les mages elfes de participer au combat. Dès lors, plutôt que de prolonger un échange de tirs qui ne tournerait certainement pas à leur avantage, les fils d’Anaëh allaient porter leurs glaives à la rencontre de l’ennemi.

    Les elfes mirent à accélérer le rythme. Une sonnerie de cor funèbre retentit, et l’armée sombre commença elle aussi à se mettre en marche. Peu à peu l’espace entre les deux armées se réduisait. Des nuées de flèches s’élevèrent des deux côtés et s’abattirent sur les rangs de guerriers qui se rapprochaient rapidement, mais ce ne fut pas assez pour arrêter leur charge. Les ennemis ancestraux allaient enfin se mesurer face-à-face. Durant les quelques secondes précédant leur rencontre, le temps sembla s’arrêter. Puis ce fut le choc : les deux osts se frappèrent de toute force, sylvains et sombres se jetant avec fureur dans la mêlée. L’on trancha, tailla et perça de toutes parts, et le sang elfe coula en abondance dans les deux camps.
    Les fiers cavaliers de Wyslena attaquèrent avec bravoure les flancs de l’armée ennemie, mais furent reçu par des rangs serrés de piques et de lances. Au centre, le capitaine Felarìn menait la garde dorée d’Eraison contre les phalanges de vougiers du veldruk Rhaegan. Le fracas des armes et les cris de guerre s’étaient emparé de l’Annon en Anaëh, où résonnait à présent sur plusieurs lieues les clameurs de la bataille. On dit qu’en ce jour le ciel lui-même se couvrit pour ne point voir la violence du combat, et des nuages noirs vinrent assombrir la porte.


    La garde dorée d'Eraison

    Par trois fois les elfes tentèrent d’enfoncer les rangs drows, et par trois fois ils furent repoussés. Les sombres bénéficiaient de l’avantage du nombre, du terrain, et leur soif de sang était telle qu’elle surpassait toute la bravoure dont pouvait faire preuve les eldar. Mais ceux-ci comptaient encore parmi eux de grands guerriers, des elfes qui avaient vu le jour bien avant l’arrivée des humains sur ces terres, et dont la force ainsi que le courage étaient légende. Finalement, Felarìn Vivelame réussit une percée au cœur de l’ost drow, et entraîna avec lui tous les guerriers qui l’entouraient. Chaque coup de son épée prenait la vie d’un elfe noir, si bien qu’ils reculaient devant lui et devant la flamme brillante de ses yeux. Alors, le streea jabbuk Tal’anar, celui qui fut nommé par la suite Le sept fois maudit, se porta à sa rencontre et le défia en duel. Felarìn le releva, et les deux adversaires engagèrent le combat. Leur affrontement fut long, incertain, et il n’est nul doute que celui-ci restera dans les chansons. Mais à la fin, le sombre prit l’avantage et renversa son ennemi face contre terre. Ceux qui virent cela furent remplis d’effroi et le courage les abandonna. Alors les sombres se mirent à les presser de toutes parts, et même la légendaire garde dorée ne put les contenir. Bientôt l’armée elfe entière reculait et se repliait en direction des frondaisons, laissant derrière elle nombre de sylvains abattus.

    C’est alors que s’éleva de nouveau l’aigle qui était apparu au début de la bataille. Il vint survoler les deux armées, et lança un cri strident qui retentit sur la plaine. Et ce cri fut reprit par des hurlements de loups venant de la forêt, accompagnés de cors et de trompes de guerre. Alors, tous les combattants purent voir apparaître entre les arbres des formes massives, faisant trembler le sol de leur pas et avançant lentement en direction du champ de bataille. Les anciens golems protecteurs venaient se joindre au combat. Au côté des gardiens de pierre d’Anaëh venaient des meutes de loups géants et de nombreuses tribus d’elfes des bois, armés pour la guerre. Et enfin, émergeant derrière eux, des centaines d’eldars en armure brillante et en ordre de bataille, portant haut et fier les couleurs d’Ardamir. Ils avaient voyagé sans s’arrêter depuis le matin précédent, et leur nombre n’avait cessé s’augmenter depuis, car ils avaient été rejoint en chemin par toujours plus d’elfes des bois et d’autres créatures de la forêt. Au total, ils étaient près de deux mille et cinq cent à se joindre à la bataille.

    Voyant cela, la plupart des elfes en fuite reprirent leurs rangs et retournèrent au combat. Confronté à ces renforts imprévus, les drows hésitèrent un instant - mais un instant seulement. Se reformant sous les ordres hurlés par leurs chefs, les elfes sombres reprirent leur avancée au moment même où les troupes fraîchement arrivées se jetaient dans la mêlée.


    Golem protecteur

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Ombre fugace
Maître de ton destin

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Taloc Kat' Mornar
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MessageSujet: Re: L'heure est à la guerre.   Jeu 28 Fév 2013 - 20:37

Durant toute l'avancé de l'armée elfe, Taloc n'avait cessé d'encocher puis tirer des flèches. S'en était devenu machinal... et ennuyeux. Lorsque vint le choc, il ordonna à ses soldats de descendre en contrebas, afin de pouvoir conserver une ligne de vue sur le flanc elfe. Le régiment d'archers manoeuvra également pour se rapprocher. Lorsque tous eurent trouvé une position où leurs tirs ne risquaient pas d'atteindre l'armée drow, le déluge recommença.

Soudain, les rangs elfes commencèrent à se désagréger. Taloc ne sut pourquoi, mais une clameur de désespoir s'éleva des rangs adverses, suivit de hurlements de victoire drows. La débandade se généralisa et toute l'armée elfe fut bientôt en fuite. Taloc sentit la pression retomber dans son corps alors que la bataille semblait s'achever. Mais le cris d'un aigle géant le ramena à la réalité, et il remarqua les formes qui s'agitaient à la lisière de la forêt. Les armures dorées des soldats d'Ardamir, épaulés par des golems et des loups. Taloc pesta intérieurement; cette bataille n'était pas finie...

Il se tourna vers son second et lui agrippa l'épaule pour lui parler.

"Retourne avec les gars sur les ruines, et fait pleuvoir la mort. Mais si tu vois que nos lignes flanchent, ne réfléchis pas, et repliez vous loin d'ici!"

"Compris!"
répondit Asav. Ce dernier se retourna pour beugler ses ordres alors que Taloc partait en arrière à la recherche de Selenia.

"Veldruk Zarffyn, Zarffyn!"
hurla-t-il. Il la trouva en train de commander ses archers avec discipline. Elle tourna la tête en le voyant approcher.

"Que se passe-t-il veldruk Mornar?"

"Leur renforts... Mes hommes se replient sur les ruines, vous feriez peut être mieux d'en faire autant, même si je n'ai pas d'ordres à vous donner. Je vais sur le centre m'assurer que les mangonneau feront leur office!" Il écouta sa réponse mais ne chercha pas le dialogue: il tourna les talons et se mit à courir aussi vite qu'il le put. Sa course effrénée vers les ruinee et sa monture lui explosa les poumons, et lorsqu'il arriva près de son cheval, il grimpa dessus et lui frappa violemment les flancs. "Galope, galope comme jamais tu ne l'a fait où tu finira à la broche au dessus d'un feu!" hurla-t-il, plus pour s'extérioriser que pour sa monture.

Il arriva rapidement sur le centre où était placée l'artillerie, commandé par un veldruk qui allait et venait entre les machines. Taloc sauta littéralement de sa monture et se réceptionna douloureusement. Mais il ne s'arrêta pas. Le chef artilleur fut pris d'une panique l'espace d'une seconde en voyant arriver le cavalier, en sueur et comme une furie. Il n'eût même pas le temps de s'exprimer que Taloc s'adressa à lui.

"Je veux que vous transformiez la lisière en brasier, tirez à la poix et déchainez la colère d'Uriz sur ces fils de chiens!"
Taloc appuya ses dires en secouant l'artilleur, qui s'empressa d'aller donner ses ordres. Taloc quand à lui retourna sur son cheval qui avait mis une bonne trentaine de mètres à s'arrêter. Il se remit en selle et regarda le champ de bataille. Par chance, les fuyards elfes avaient décidé de reprendre le combat, et se reformaient donc devant les renforts, empêchant ces derniers de fondre sur les lignes drows. Ce fut l'intervalle de temps dont eurent besoin les quinze mangonneaux pour faire pleuvoir le feu.

Alors que Taloc chevauchait de nouveau pour le flanc gauche et ses hommes, il vit les munitions incendiaires exploser au dessus des nouvelles forces, incendier les arbres et répandre une fumée opaque et agressive sur toute la lisière. Une bien belle réaction pensa Taloc. Le temps d'arriver auprès de ses hommes, une deuxième salve fut tirée. Taloc fut surpris de la rapidité d'exécution des artilleurs, et imagina que le pauvre qu'il avait secoué comme un melon avait du exprimer la même rage sur ses subalternes...

Il retrouva Asav et les siens dans les ruines. Son second avait prit soin de disposer les chevaux non loin, dans l'éventualité d'une retraite précipitée. Taloc chercha Selenia et ses archers du regard.


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Ril-Vywen
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MessageSujet: Re: L'heure est à la guerre.   Jeu 7 Mar 2013 - 21:38

    Il avait fallu courir, courir comme jamais un Almugkarka ne l'avait fait. Il avait fallu faire fi de la fatigue, faire fi de la faim, faire fi de tout. Elle n'avait pas eu le choix. Ralentir, c'était manquer aux vœux de la Mère. Ralentir, c'était perdre de vue les géants de pierre.
    Ils avaient jailli de nulle part, ces colosses terribles, et sous leur marche forcée, la terre avait tremblé. Dans leur hâte, ils déracinaient leurs frères les arbres, écrasaient leurs sœurs les bêtes mais rien, rien ne les faisaient ralentir. La Prime Forêt souffraient sous leur pas de titans, sa Symphonie se tordaient sous la roche de leurs bras ; frappés de plein fouet par sa détresse, ils couraient plus vite encore et leur frénésie se faisait plus destructrice. Face à cet incroyable spectacle, la Anaarooma n'avait su comment réagir. Tout aussi surpris, qu'ils fussent de pierre ou des bois, ses frères l'avaient regardée ; elle devait avoir les réponses, avaient-ils tous pensé. Elle ne les avait pas. Jamais elle n'avait assisté à pareil déchaînement et elle était presque certaine qu'il n'aurait pas été capable d'en dire plus qu'elle. Et puis, elle avait compris : elle l'avait sentie, cette rage terrible, qui gangrenait le cœur de ses frères de pierre. Elle avait levé son arme au dessus de sa tête, elle avait hurlé et son hurlement avait porté par delà les armées.
    Depuis, ils couraient. Et qu'importait qu'ils dussent piétiner l'Œuvre pour protéger l'Œuvre ; ils le faisaient. Et, plusieurs siècles plus tard, on se souviendrait de cette folle cavale et l'on repenserait à ce qui c'était produit, quand Aduram n'était pas encore Aduram. Et l'on serait songeur.
    Chaque pas qui les rapprochaient de l'orée de la Première Fille ne faisait qu'ajouter à leur fureur. Ils n'étaient plus qu'un, un terrible, un vengeur, ils voulaient le sang des traîtres. La Symphone n'était que cacophonie. Elle n'était plus douce, elle était douleur ; les terribles géants rajoutaient au chaos et certains fils de la Mère ne rejoignirent jamais le front. Ils tombèrent et furent piétinés, ils s'approchèrent trop des colosses et furent broyés. On ne pleura pas leur mort, Ril-Vywen ne remarquerait que plusieurs heures plus tard qu'un Mathar avait succombé. L'ours qui résidait au plus profond d'elle-même grognait, se débattait, si fort qu'elle finit par se persuader que tous l'entendaient. On s'écarta d'elle, petit à petit, peut-être parce que la rage sur son visage transcendait son faciès. C'était un miracle qu'elle n'eut pas cédé plus tôt : d'autres l'avaient fait et aux fils se mêlaient les bêtes. Les loups, bien entendu, mais ils n'étaient plus les seuls désormais et c'était une troupe hétéroclite qui se ruait sans organisation vers les confins de leur monde. Certains n'étaient jamais descendu autant au sud.
    Puis ce fut l'explosion. Leurs frères les arbres laissèrent leur place à l'odeur âcre de la bataille. Les géants de pierre, d'abord, jaillirent hors de l'Anaëh comme jamais ils ne l'avaient fait. Ils s'arrêtèrent très vite, cependant, car ils étaient l'Œuvre et ne pouvaient la quitter. Ils ne restèrent pas sans rien faire, cependant, ceux qui le pouvaient massacrèrent leurs premiers sombres. Les autres firent voler la pierre ; parfois celle qui constituait leur propre corps, parfois celle qui gisait à leurs pieds. Les fils les suivaient de près et les dépassèrent sans un regard en arrière. Qu'ils fussent sur leur dos de leur monture ou à pied, qu'ils fussent habitant des cités ou amis de la forêt, qu'ils fussent d'un cycle ou d'un autre. L'un terrible s'abattit sur les armées dans une clameur vide de toute beauté. Un temps, rien ne sembla pouvoir les arrêter. Les armes sombres se dressèrent et se brisèrent sur la charge. Le sang coulait enfin, il était pourpre et poisseux, il accrochait les vêtement et la peau ; il ne les libéraient pas, ces terribles vengeurs, il remplaça la Symphonie mourante et finit de leur faire perdre pied.
    Les boucliers d'Elda finirent par épouser la révolte, cependant, et allaient pour la repousser. C'était sans compter sur les autres fils qui vinrent combattre à leur côté. L'esprit plus clair, quoique pas moins horrifié, ils pallièrent à l'acharnement de leurs frères, les ramenant peu à peu à la raison. Et c'était un gigantesque marteau qui s'abattait désormais sur le peuple d'Uriz, puissant et terrible, tandis qu'au dessus des têtes volaient la pluie de l'Anaëh. Et l'agresseur, lentement, devait se résigner à reculer.
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Elandril
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MessageSujet: Re: L'heure est à la guerre.   Sam 9 Mar 2013 - 13:33


Des herbes fouettaient la gueule du Roux. Les ronces entaillaient sa peau, tachaient sa fourrure flamboyante d’un léger rouge sanglant. Mais le Loup n’en avait cure, ces blessures étaient plus que superficielles. Son museau s’enfonçait dans les buissons. Sa tête traversait des fourrés épais. Ses immenses pattes poilues labouraient le sol et chaque pas l’amenait toujours plus loin. Autour de lui, la Forêt défilait si vite que ça en aurait fait vomir un Elfe à l’estomac fragile, mais lui en était habitué. Du haut de ses deux mètres, il traversait l’Anaëh sans effort. Ses muscles étaient fins et contractés. À chaque pas, ils se détendaient pour élancer le loup à plusieurs pieds. Rien ne lui résistait. Il atterrissait sur les racines dans un éclat d’écorces, il enfonçait ses griffes dans la terre pour prendre un meilleur appui. Son Sang courait auprès de lui. Leurs pattes, plus petites, peinaient à suivre l’allure du grand loup. Mais, déterminés, ils traversaient l’Anaëh, droit devant. S’ils devaient périr ce matin, le Sang serait versé pour venger les Frères-Arbres.

Le Roux ne tarda pas à se retrouver face à la brulure de Wyslena. L’incendie avait libéré une immense parcelle de terre calcinée. Des fiers et hauts Frères-Arbres de l’Anaëh, il ne restait que cendres virevoltant au gré des vents, braises rougeoyantes sous le souffle du ciel et l’agonie du Chant de la Mère qu’on entendait résonner dans cette plaine morbide. Le Loup Mage s’arrêta, le coeur effréné et déchiré devant ce spectacle. Sa truffe huma l’air, ses poumons s’emplirent d’une odeur atroce de feu et de mort. La cendre ne tarda pas à le faire éternuer. Sa colère n’en fut que plus terrible. Ses moustaches frémirent, ses babines se retroussèrent pour exhiber des dents jaunes et saillantes. Il ne put réprimer un long grognement. Ses Frères-Sang s’arrêtèrent à sa hauteur, haletants, pour observer les vestiges du brasier d’un air effrayé. Le Roux se retourna pour poser sur eux son regard dur. Pour leur donner force et courage. Ce fut le loup mage colossal qui se fraya en premier un passage parmi les corps meurtris des troncs embrasés. Il n’osait les toucher, ni même les effleurer, de peur que le mal s’en prenne à lui. Ici, il entendait l’écho assourdissant de leurs cris de souffrance. Il avança d’abord à une allure solennelle. Pas à pas. Mètre par mètre. Son Sang le suivait telle une procession. Un silence religieux s’était installé. Puis, forçant peu à peu l’allure, le Roux se nourrissait de la souffrance de ses Frères-Arbres, comme Elandril le faisait de la fureur de la Forêt.

Les deux armées s'élançaient l'une contre l'autre, dans un fracas d'armures métalliques. Le temps semblait suspendu l’espace d’un instant, comme mis au ralenti. Puis la meute de loups traversa le champ de bataille. Si les troupes des sylvains étaient organisées en rangées bien régulières, leurs pas foulant le sol au rythme si régulier des tambours, d’un même éclat d’acier et unis sous de belles bannières encore immaculées, il n’en était rien pour le Sang de l’Anaëh. La troupe était parsemée parmi les Elfes, complètement étalés sur le champ de bataille. Ils avançaient à une vitesse inouïe, dépassant tous les soldats. Le Roux bondit en l’air pour survoler quelques soldats et atterrit plus loin, amortissant le choc avec ses griffes. Ses Loups s’étaient disséminés le long des lignes alliées et s’ils semblaient enragés, prêts à tout, ils ne touchèrent au Peuple de l’Anaëh. Le Roux observa ses frères progresser le long des rangées d’Elfes, telles des fourmis dans des galeries souterraines. Ses yeux mordorés se posèrent sur les Faux-Frères, les Sombres-Elfes, comme on les appelaient. Quelque part, il y eut des cris rageurs. Le Roux, lui, leva lentement la tête et poussa un long hurlement. Le son rauque se propagea et résonna, jusque dans le cœur des Vert-Elfes. Jusque dans les tripes des Noir-Elfes. C'était un cri qui appelait à la vengeance. Au sang. À cet instant, les troupes se mirent à courir plus vite. À cet instant, les tambours furent frappés de plus belle. Mais les Loups avaient déjà dépassé les Sylvains, propulsés en première ligne.

Boum. Boum. Boum. Boum.

Le Sang d’Anaëh heurta violemment les rangées ennemies. Mais c’est le Sang Noir, qui coula le premier.
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Urlryn Jar'x
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MessageSujet: Re: L'heure est à la guerre.   Jeu 21 Mar 2013 - 19:14

Spoiler:
 

Cela avait été une idée merdique dès le départ. Ce départ était trop précipité. Leurs réserves n'étaient pas prêtes,les montures non plus, on manquait de fourrages, de fournitures... L'Obok Senger s'était contenté d'un briefing court, avait donné ses ordres de sa petite voix irritante et puis c'est tout. Démerdez vous, en sommes. Avec toute l’efficacité nécessaire, l'Ost avait été près dans les temps et les retardataires dûment punis. Derrière le Senger, Urlryn enrageait silencieusement, sentant l'acide se répandre dans ses veines comme un poison. La petite parvenue l'ignorait royalement et paradait au côté de ses troupes, sinon pour lui donner un ordre bref sur un ton cassant qui ne souffrait aucunes contestations. Rongeant son frein, le Streaa Jabuuk accompagnait la cavalerie lourde, son cerveau échafaudant plans sur plans dans l'intention de se débarrasser au plus vite de cette pimbêche, frein à son ambition.

Évidemment, il avait fais remarquer d'un ton acerbe que diviser l'armée en deux ne ferait que l’affaiblir et que le groupe chargé du raid avait bien peu de chance en cas de contre attaque elfique, qui allait combattre en milieu connue, tandis que la cavalerie ne pourrait pas effectuer ce qu'elle fait de mieux : ravager les arrières de l’ennemie par un mouvement de tenaille, la base. Elle avait balayé ses « inquiétudes » d'un mouvement de main, prétextant que l'effet de surprise seul leurs assureraient la victoire. Sans parler de cette histoire de butin interdit. En clair, l'armée allait foncer tête baisser dans la forêt, tuer tout ce qui se trouvait sur son passage et s'emmerder à ramener les têtes des vaincus, qui ne manqueraient pas de commencer à faisander violemment le temps qu'on rentre à Yutar. Urlryn n'avait jamais esquiver un combat et cette fois ne ferait pas exception, même s'il avait un très mauvais pressentiment.
Le gros des forces porta l'attaque sur la lisière de la forêt non loin d'Elyrion tandis que que le raid en lui même attaquait plus loin pour l'effet de surprise et massacrait tout ce qui se trouvait sur son chemin.
Urlryn avait fait dire à ses officiers loyaux à lui de se préparer à toute éventualités, mêmes les meilleurs, comme la mort du Senger, ou, qui sait, le succès du raid, mais surtout, ils devaient se préparer à une avalanches de problèmes. Pour avoir croisé le fer avec ses cousins durant des siècles, il savait quelles ruses ils étaient près à déployer pour protéger leur royaume sylvestre et quels excellents combattants ils pouvaient faire une fois acculés. Ils allaient perdre des plumes, à n'en pas douter.


La bataille s'engagea non loin du fort D'Elyrion.
La poussée des drows semblait irrésistible, disciplinés et avides de faire couler sang, organisés en phalanges, ils avançaient, foulant un tapis de cadavres ennemis, le sol rendu boueux par le sang verser. De compagnies en compagnies, Urlryn galopait depuis le début de la bataille, beuglant des ordres précis et concis, encourageant, grondant, mais surtout, rassurant par sa présence, tandis que l'Obok Senger Ja'afae ramassait des têtes ennemis dans la forêt. Les drows avaient adoptés une structure classique mais efficace, le gros des forces étaient disposés en phalanges de milles guerrier, les phalanges formaient une ligne derrières laquelle s’abritaient les archers occupés à faire pleuvoir la mort sur les rangs ennemis par des salves concertées ravageuses.
Ce qui restait de la cavalerie se tenait prêt à boucher les trous en cas de rupture de la ligne et/ou à empêcher l'ennemie de déborder les flancs.

La clameur de la bataille avait pris le pas sur le reste, les voix était mêlées dans un chant de mort guttural. Sur sa monture, un étalon à la robe noir, Urlryn observait le déroulement de la bataille, son visage affichant une mine concentré. Les elfes étaient repoussés petit à petit et périssaient en grand nombres, livrant un combat retardateur. Tandis que les puissantes machine de guerres, certes effrayantes mais un peu inutiles, continuaient d'embraser la forêt. Immobile, il scrutait la lisière toute proche, ou déjà, des compagnies entières d'elfes se débandaient, trouvant refuges sous les frondaisons enfumées. Mais ce n'étais pas cela qui le tracassait. Ce dispositif était trop lourd pour un raid. Bien sur, c'était une bonne bataille, digne d'être chanté, mais plus le temps passait, plus ceux d'en faces devaient rassembler leurs forces en vue d'une contre attaque, qui ne manquerait pas d'arriver de toute façon. Déboulant de la forêt, loin sur sa gauche, quelques dizaines de cavaliers sortirent aux galops de la forêt. Un Veldruk passablement fatigué traversa les lignes pour se planter devant les balistaires, et peu de temps après, la cadence de tir redoubla.
Urlryn avisa le nouveau venu.

«  - Qu'est ce qui se passe là bas ? Ou est L'Obok Senger ?
- Les renforts elfes sont là ! Des Golems de pierres, des meutes de loups, des aigles géant et Uriz sait quelle autres saloperies ! Je n'ai pas vu la général, je n'appartient pas à cet Ost et son sort m'importe peu ! »

Comme un claquement, le cris de soulagement et d’encouragement des défenseurs submergea le reste lorsqu'au moment même ou il poussait le Veldruk sans ménagement loin de lui, les renforts en question firent leur apparition sur le champ de bataille. Il enfourcha sa monture et se dirigea vers la ligne aussi vite que possible. La ligne drow resta un instant incapable de réagir à ce retournement de situation et fut violemment percuté par un tourbillons de poils et de crocs. Elle flancha avant que les automatismes ne se mettent en place. Déjà, des dizaines de guerriers gisaient morts, écorchés vifs, piétinés. Les drows resserrèrent les rangs et présentèrent à ce nouvel ennemis une forêt de lances, d'hallebardes et de piques sur lesquelles l'assaut de la forêt s'émoussa un peu avant de redoubler de violence.

Urlryn saisit un courrier et lui donna ses ordres, haletant.


« - Dites aux servant de démonter leurs machines et de se replier vers Yutar dès maintenant ! Les machine qui ne pourront pas l'être seront détruite ! »

Il donna des ordres à d'autres courriers en directions des veldruks de compagnies, et peu de temps après, la ligne drow se tendis pour adopter une forme de croissant de lune, permettant de fixer l'adversaire. Seul les golems parvenaient vraiment à briser le dispositif mais les trous étaient vite comblés par le gros de l'effectif. L'Obok Senger combattait en première ligne, et force fut d'admettre qu'elle y mettais du coeur, mais on ne triomphe pas de l'ennemi avec seulement une haine tenace, sinon, les drows domineraient déjà le monde connu.

La donne avait changé, d'attaquants, ils se retrouvaient en position de défenseurs, tout cela pour satisfaire les ambitions d'une pétasse née dans un draps de soie qui n'avait aucune idées de la chose militaire, aucunes notions de stratégie et sûrement jamais tenue une vraie arme jusqu'à présent. En un instant, il décida de prendre les choses en main, pour le meilleur et pour le pire. Déjà au loin, les ingénieurs démontaient leurs précieuses machines et entassaient les pièces dans de grands chariots.

«  - La ligne recule vers les hauteurs ! Les cavaliers sur le flanc ! Les archers forment un périmètre défensif et couvre le reste des troupes, on va attendre encore un peu le temps que tout le monde soit bien sortit des bois, faites tout emballer et faites partir tout ceux qui sont incapable de tenir une épées et qui ne sont pas indispensable !


A cet ordre, la moucheronne se retourna et lui lança un regard glacial, sachant très bien que s'était la seule chose sensée à faire dans ce cas, une bataille rangé avec ce degré d'intensité et le peu de préparation dont ils disposaient ne leurs permettraient pas d'exploiter une hypothétique victoire. Et toute la forêt leur tombait dessus... Ployant sous la poussée, la ligne de bataille drow commença à reculer avec discipline, pas à pas, boucliers contre boucliers, épaules contre épaules, sans perdre sa cohésion.

Quoi qu'il en soit, il était temps d’aller goûter au frisson de la guerre à nouveau. Il rassembla autour de lui ce qu'il lui restait de cavalier lourd, environs trois cents, et il partit au trot vers le flanc droit, ou une nouvelle meute de loup de taille impressionnante se rassemblais pour l'assaut. Il décida de les frapper pour soulager la pression sur ses guerriers. Maintenant, une véritable excitation s'emparait de lui tandis qu'il saisit son sable. Il se retourna vivement vers sa troupe.


«  - En avant, suivez moi et renvoyer ces chiens dans leurs terriers ! « 

Un cris monta de trois cent gorges, les cavaliers frappèrent leurs armures dans un déluge d’exultation virile, un bruit annonciateur de la marche à la mort.

«  - Formez la ligne ! Et bordel, en avant, toujours en avant ! »

Leurs cris se perdirent dans celui des chevaux labourant le sol sous leurs sabots. Ils avalèrent rapidement la distance les séparant de leurs cibles. Les bêtes réagirent à cet ennemie imprévu et vinrent à leurs rencontres, plus rien ne pouvait empêcher les deux forces de se percuter, et malheur au cavalier seul ou désarçonner !
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Taloc Kat' Mornar
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MessageSujet: Re: L'heure est à la guerre.   Dim 31 Mar 2013 - 22:03

Taloc était à court de flèches, comme la moitié de ses hommes, et il ne doutait pas que les archers de Selenia en arriveraient bientôt au même point. C'était triste, mais lui et ses trente rescapé n'étaient plus utiles à rien ici. Avisant rapidement la situation, il se tourna vers ses soldats.

"Tout le monde à cheval! On rejoint les trébuchets pour les escorter et éclairer la route de la retraite!"

Alors que ses cavaliers se hâtaient de rejoindre leur montures, il observa la bataille. La ligne drow reculait en bon ordre, ne devant son salut qu'au mur de piques qu'une formation en rangs serrés permettait. L'armée avait perdu en longueur de ligne de bataille, mais n'en était que plus dur à percer. Les archers interdisaient l'accès au flanc gauche avec efficacité, les elfes ne pouvaient les contourner par ici.

Dans sa cavalcade vers les trébuchets, il aperçut cet officier qui l'avait agrippé sans ménagement. Taloc ne savait pas qui il était et avait peu apprécié sa façon de s'adresser à lui, mais il semblait talentueux: il venait de rassembler pas moins de 300 cavaliers pour voler au secours du flanc droit, qui lui ne tenait pas aussi bien. La charge des cavaliers lourds s'enfonça dans la masse de loups géants chargeant en contre sens.

Ils arrivèrent enfin près des trébuchets dont certains, déjà démontés et chargés dans leur chariots, commençaient à refluer. Autour d'eux courrait des soldats, les lignes arrières qui s'efforçaient d'évacuer en bon ordre.

Sur le flanc droit, Taloc vit les cavaliers lourds se reformer après un rapide repli pour charger à nouveau. Le veldruk se lêcha les lèvres.

"On a peut être trouver quelque chose à faire soldats!
hurla-t-il à sa compagnie. On s'engouffre derrière eux, et on égorge ce qu'on trouve! Sabre au clair!"

Les cavaliers lui répondirent en hurlant eux aussi, et la petite troupe s'engagea derrière leurs lourds homologues. La charge rencontra à nouveau les bêtes géantes, moins organisées et cherchant sans réfléchir à pousser toujours plus au delà. Dans ces conditions, elles ne pouvaient espérer balayer les cavaliers et leur discipline.

Taloc et ses drows se faufilèrent entre les rangs afin de faire couler le sang. Lorsque les cavaliers repéraient un loup accessible et plus ou moins isolé, ils s'en approchaient, le tuait, puis revenaient immédiatement en arrière. Ses ur'thalrss slalomaient à la fois entre les ennemis et les pesant alliés. Mais le veldruk savait que la retraite devait aller plus vite, que le combat ne devait pas durer plus que de raison.

Derrière la bataille, les trébuchets s'éloignaient tandis que l'infanterie qui s'était retiré se reformait en deux groupes. Ceux qui étaient au combat devaient maintenant se replier entre ces deux régiments, qui se tenaient prêt à intervenir en cas de problèmes. Les archers, qui avaient plus reculés et semblant disposer de plus de projectiles que la cavalerie, continuaient de noircir le ciel de traits.

"Nous devont harceler ces chiens encore un peu, leur endurance s'épuise!"
hurla Taloc pour galvaniser ses sombres.

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Liliana
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MessageSujet: Re: L'heure est à la guerre.   Lun 1 Avr 2013 - 14:24

    La danse de mort se poursuivait. Depuis combien de temps déjà le chaos de la bataille s’était-il emparé de la plaine d’Ellyrion ? Selenia n’aurait su le dire. Pour elle et pour tous les guerriers qui l’accompagnaient, des notions comme le temps, la fatigue ou la douleur commençaient à s’effacer au profit de la seule sensation qui importait dans ce nouveau monde de fureur et de sang : tuer et ne pas être tué. Du sang, son cimeterre en ruisselait en abondance, et son armure en était maculée également. Elle avait tiré sa dernière flèche depuis longtemps déjà et se battait désormais au corps à corps, à l’instar de la majorité de son régiment.

    « Ils reviennent ! » cria une voix du haut d’une tour en ruine. Selenia jura et se releva de l’éclat de maçonnerie sur lequel elle s’était assise pour souffler. En compagnie de ses hommes, elle se hâta de rejoindre la brèche, se demandant combien de vagues d’assaillants il leur faudrait encore repousser. L’ost reculait, elle le savait. Si elle ne l’avait pas vu depuis son point d’observation, les assauts toujours plus rapproché et violents des sylvains auraient suffi à le lui faire comprendre. En défendant le fort son unité avait subie des pertes considérables, et la situation ne s’améliorait pas. Taloc et ses cavaliers avaient disparu peu après la deuxième attaque. Peut-être pour aller renforcer un autre point du front, peut-être pour mettre la plus de distance possible entre eux et cette maudite bataille, qu’en savait-elle ? La seule certitude était que s’ils perdaient Ellyrion, le flanc gauche entier s’écroulait.

    Elle rejoignit la brèche en même temps que Baragh. Parmi les nombreuses trouées et sections effondrées dans l’enceinte du fort, c’était de loin celle-ci la plus dure à défendre. Les cadavres s’accumulaient à présent sur les restes éclatés des barricades installées par les drows, et le sang poisseux formait des flaques écarlates sur le sol de pierre craquelé.

    « Ils risquent bien de nous submerger cette fois-ci… » annonça le kyorl.
    « Nous ne pouvons le permettre » répliqua Selenia d’un ton tranchant. « La bataille n’est pas encore finie. Si nous tenons cette position, alors nous… »
    « Je sais très bien quels sont les enjeux ! » la coupa sèchement Baragh. Une telle attitude n’était pas habituelle chez lui, et la drow en resta muette d'étonnement.
    « Ouvrez les yeux bon sang ! » reprit le sombre. « Ils nous dépassent clairement en nombre à présent, et cette ruine est un vrai gruyère. Bien sûr que nous devons rester et combattre, et je suis prêt à rejoindre Teiweon les armes à la main, comme tous les autres aussi. Mais ne vous faites pas d’illusion, veldruk. Ils vont finir par passer, cela ne fait aucun doute. Et à ce moment-là, il vaudra mieux tenter de sauver ce qui reste du régiment plutôt que de mourir pour un tas de pierre et une bataille déjà perdue. »

    Sur ces mots il se détourna pour gagner son poste et Selenia n’eut pas le temps de répliquer, car à cet instant les premiers elfes déferlaient sur les défenses des sombres. Elle retourna dans la mêlée, tout en essayant de chasser les paroles de son subalterne qui revenaient malgré tout résonner dans sa tête. Son cimeterre vola, chantant contre le fer des sylvains ou tranchant dans leurs chairs. Autour d’elle ses hommes tombaient un à un, debout sur la brèche, maintenant l’ennemi à distance malgré son surnombre. Le temps semblait s’être définitivement arrêté à présent. Tout n’était plus qu’une succession de combats et de violence qui se répétait à l’infini.

    Le cycle fut brisé lorsqu’un rocher sorti de nulle part fracassa soudain le haut de la muraille, aspergeant les combattants d’une pluie de pierres et de moellons. Au loin des formes immenses et rocailleuses arrachaient pesamment de gros rochers au sol avant de les projeter avec force en direction d’Ellyrion. Le projectile suivant atterrit au-delà de l’enceinte, sur une tour à moitié en ruine qui acheva de s’écrouler sur les elfes noirs en contrebas. Selenia voulut lancer un ordre, mais déjà un autre roc s’écrasait en plein milieu de la brèche. La violence du choc la projeta en arrière, et elle roula au sol dans une avalanche de débris où elle resta un instant sonnée, incapable du moindre mouvement. Les bruits du combat lui semblèrent lointains tout d’un coup. Sa vue était trouble, et devant ses yeux passaient des formes mouvantes et imprécises qu’elle associait difficilement à des guerriers.

    Lorsque sa vision redevint plus nette, elle vit les sylvains qui déferlaient par dizaines à travers la trouée pour envahir le fort. Des elfes vêtus de cuir et de peaux, maniant des lances et des lames grossières. Leur fureur balayait les sombres qui mourraient l’un après l’autre sous les yeux de leur veldruk impuissante. Au centre, Baragh tenait en respect plusieurs adversaires, se battant avec ardeur et refusant de céder du terrain. Le kyorl enfonça son sabre dans le ventre d’un elfe vert, puis se retourna vers Selenia pour lui crier quelque chose que celle-ci ne parvint pas à comprendre. En revanche, elle aperçut l’ours gigantesque qui venait d’apparaitre derrière lui et, d’un coup de patte puissant, avait arraché la moitié du visage d’un guerrier drow. Elle voulut crier un avertissement à Baragh, mais ne sut si les sons avaient franchi sa gorge. Ce dernier sembla avoir remarqué quelque chose, car il se retourna pour se retrouver face à la bête qui, se dressant sur ses pattes arrière, lança un rugissement terrible qui résonna contre les murs de la forteresse. Puis elle chargea.

    Baragh évita l’attaque, frappa de taille et ouvrit un sillon sanglant sur l’épaule droite de l’ours, qui ne sembla même pas s’en rendre compte. La bête lança ses griffes en avant, et le drow fut contraint de reculer tout en évitant les coups de pattes prodigieux de l’animal. Saisissant sa chance, il tenta de passer sous l’une des attaques et d’enfoncer son sabre dans le poitrail de son adversaire. Il devait avoir sous-estimé les réflexes de celui-ci, car les griffes redoutables virent labourer son bras avant qu’il ait pu terminer son geste, déchirant l’armure de cuir et lui arrachant un cri de douleur. L’instant d’après l’ours se jetait sur lui de tout son poids pour le plaquer au sol, et enfonça ses crocs dans la gorge de l’elfe sombre. Le museau plein de sang, il releva la tête et lança un nouveau rugissement de défi.

    A ce moment, Selenia retrouva la capacité de bouger. Se relevant péniblement, elle chercha des yeux autour d’elle et aperçut le cor d’un guerrier abattu. Les paroles de Baragh lui revenant de manière douloureuse à l’esprit, elle s’en saisit et le porta à ses lèvres pour sonner la retraite.
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Ril-Vywen
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MessageSujet: Re: L'heure est à la guerre.   Sam 6 Avr 2013 - 17:14

        Le sang appelait le sang ; les griffes de l'ours n'iraient pas dire le contraire. Si Ril-Vywen avait un temps lutté de l'épée et s'était protégée du bouclier, elle avait vite abandonné l'un et l'autre et avait cédé sa place à l'ours qui résidait au plus profond d'elle-même. Depuis, faisant fi des crocs d'associer qui cinglaient sa fourrure sombre et y traçaient leur sillons, la bête laissait libre court à sa fureur. Elle s'était lancée à l'assaut du fort perdu, tuant tout autant qu'elle manqua d'être tuée, mais jamais n'arrêta. Ses crocs goûtaient à la chair des sang-noirs, ses griffes faisaient jaillir le sang en gerbes improbables et son corps tout entier brisaient les os de ses ennemis.
        Pour autant, à mesure que les minutes s'égrenaient en un décompte morbide et cruel, l'elfe qui résidait au plus profond d'elle-même tendait à refaire surface. Elle était là, dans ce bourbier désolé qu'était devenu la porte, au milieu des cadavres innombrables, la gueule pleine de sang à s'en faire vomir, les pattes bientôt tremblantes sous l'effort, ses griffes presque douloureuses d'avoir arraché fers et chairs. La victoire semblait à portée de bras, désormais, car malgré leurs efforts, les sang-noirs reculaient, telle le reflux d'une marée. Alors elle grognait plus qu'elle n'attaquait ; elle sentait les forces abandonner la bête et la pousser à la retenue, là où l'esprit animal n'en avait et n'en voulait aucune. C'était cependant leur survie à toutes les deux qui se jouaient et, enfouie sous la conscience de l'ours, elle avait pu s'arracher à la Rage et avait désormais l'esprit clair.
        Malheureusement, l'ours était devenue une cible de choix, tant elle avait clairsemé les rangs des sang-noirs et elle entendit la charge, dans son dos, lui promettre sang et douleur, sinon mort. Avec un grognement terrible qui, les chroniqueurs le jureraient plus tard, fit trembler jusqu'à la terre alentour, la bête se retourna. Autour d'elle, des fils et filles de la Mère se rassemblèrent naturellement et ils accueillirent ensemble les fracas des sabots. L'ours se ramassa sur elle-même et, plutôt que de fuir, vint à la rencontre de l'un des chevaux. La pauvre bête s'écrasa contre elle comme contre un roc, un roc qui rugit sa douleur sous la violence du choc et qui manqua s'écrouler, vaincu, mais surtout un roc qui se redressa violemment pour envoyer l'animal voler sur quelques pas.
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Urlryn Jar'x
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MessageSujet: Re: L'heure est à la guerre.   Dim 7 Avr 2013 - 14:58

La cohésion de l'Ost lui assurait une retraite ordonné, malgré les assauts répétés et violents qui déferlaient sur elle, la ligne de bataille tenait bon et continuait à reculer. La train de la logistique était déjà loin et hors d'atteinte. Le recul des drows laissait une marque sanglante sur la prairie , amoncellement de cadavres tordus dans les affres d'une douloureuse agonie, flot de sang que la terre n’arrivait pas à boire. Une boue rouge et collante qui aspirait le pied , qui fatiguait hommes et montures déjà bien éprouvés.
La cavalerie était engagé dans une succession de durs combats en périphérie des armées. Couvert de sang, Urlryn ne comptait plus combien de bêtes, d'elfes et autres il avait occis. Son sabre était émoussé, son bars engourdis à force de frapper. Bêtes et drows s'affrontaient dans un bordel innommable, une succession de courses poursuites, de charges, ou les rugissements de la forêt concurrençaient les râles des mourants.
Le Streea Jabuuk éperonna sa monture exténuée dont les babines laissait couler un mélange d'écume et de sang. Sa gorge sèche lança un cris pour rallier les cavaliers autour de lui. De la sueur lui dégoulinait dans les yeux, il se frotta avec sa manche pour éponger son front, y laissant une trace sanglante. La frénésie du combat qui coulait en lui faisait pulser son cœur au delà du tolérable, ses pupilles dilatées lui donnait un air fou.
Les cavaliers se rangèrent à son coté, tout juste une vingtaine, tous des vétérans, les meilleurs. Il les lança dans une charge furieuse qui dispersa l’ennemie devant lui comme des poissons face à un prédateur, foulant les elfes avec leurs sabots dans un cortège de hurlements et de borborygmes informes.
Une fois de plus au cœur de la mêlé, Urlryn trouva un second souffle et ses lèvres gercées entonnèrent un chant martial, son sabre fendit un crâne, puis un autre, dans geste automatique, y puisant un plaisir malsain.

La charge l'emmena près d'un ours gigantesque, qui moissonnait ses hommes avec ses pattes énormes. Le plantigrade était couvert de sang, dégoulinant aussi bien de ses propres plaies que du sang des sombres qu'il avait démembrer par ses attaques furieuses. Tout à la bataille, il laissa sa monture le guider vers ce nouvel adversaire digne de lui. Il percuta l'ours au galop dans un bruit de tonnerre. Une seconde, il crut qu'il le tenait, mais dans une ultime ruade, la bête planta ses griffes dans le flanc du cheval et la souleva, l'éventrant au passage, il la souleva avec son cavalier et l'envoya plusieurs mètres en arrière.
Urlryn tomba lourdement sur le sol, face contre terre, et son nez se brisa dans un bruit de bois sec. Sa monture morte s'affala sur lui et il fut recouvert de sang et de tripes. Il lutta pour se dégager, jurant et pestant, la haine lui donna la force nécessaire pour dégager ses jambes. Il se releva en titubant, il souffla le sang qui coulait de son nez cassé qui inondait sa bouche et son menton. Du regards, il chercha son sabre, qu'il avait perdu dans la chute. Les jambes flageolantes, il ramassa un bouclier drows et une lance. L'ours le regardait fixement, la bouche ouverte dans un rugissement puissant. L'officier se mit en garde, et, frappant son bouclier avec sa lance, lui rendit son hurlement. Pour les deux adversaires, nul bataille autour, seul comptait cet affrontement. La bête s'approcha à pas lourds de lui avec la ferme intention de lui faire subir le même sort que sa monture. Saisissant son arme comme un javelot, il la propulsa de toute ses forces. Se dégageant au dernier moment, son adversaire évita que le projectile se plante dans sa tête, au lieu de quoi, il se ficha dans sa hanche, juste au dessus de sa patte. De douleur, de rage, l'ours se redressa de toute sa hauteur, dominant le drow de plus d'un mètre, d'un geste, il brisa la hampe, laissant juste la lame dans ses chairs. Profitant de ce court répit, Le drow ramassa une épée à terre et se porta à la hauteur de la créature. Plus prompt que lui, l'ours se laissa retombé au sol, faisant trembler la terre sous son poids, et asséna un puissant coup de pattes sur le bouclier d'Urlryn, l'envoyant rouler au sol. En une seconde, il fut sur lui. L'elfe noire esquiva d'une roulade un coup qui aurait du lui arracher la jambe et fouette l'air de son épée, satisfait de sentir la lame griffer la fourrure sans toutefois faire plus de dégâts qu'une grosse coupure. Il se redressa et se mit en garde, le bouclier fermement tenu dans sa main gauche contre son corps, l'épée dans l'autre.


«  - Allez vient, vient ! »

Hurla t il à l'adresse de sa Némésis poilu. Ils se tournèrent autour, se jaugeant, autour deux, le combat perdit en intensité, les soldats des deux camps, d'un accord tacite, cessèrent de se tuer pour observer un instant ce duel épique qui avait pour décors un sol jonché de cadavres. Le temps sembla suspendu, la forêt pour horizon, les nuée de charognards survolant le champ de bataille, le souffle fétide de la bête, la propre respiration saccadée du drow, la légère brise charriant des effluves de sangs, de sueurs et de merdes.

Et puis ce fut le choc. L'ours chargea, avalant la distance en quelques foulées. Bien campé sur ses deux jambes, Urlryn se précipita à sa rencontre. Ils se heurtèrent au milieu des encouragements des deux camps. L'ours griffa l'écu du drow, manquant de peu de l'arracher tandis que ce dernier frappait violemment la gueule de celui ci avec la garde de son épée, éclatant la lèvre d’où le sang ne tarda pas à jaillir. Utilisant son poids pour le faire tomber, l'ours, insensible à la morsure de l'épée, poussa le drow qui trébucha. La mâchoire claqua à quelques centimètres de son visage, l'inondant de bave et de sang, l'ours mordit dans son bouclier et l'arracha d'un mouvement de gueule rageur. De frustration, Urlryn frappa le visage de la bête de ses poings gantés de mailles, il s'accrocha à la fourrure de la bête et se redressa, saisissant son épée, il entailla l'arrière de son crane sans y faire plus de dégâts. En retour, l'ours le frappa au torse de toute son animal force. Il décolla du sol pour atterrir lourdement sur une pile de corps, le souffle coupé, une douleur aigu le lança sous son armure cabossé, une côte, peut être deux, au minimum fêlée, sûrement cassé, comme le confirma le sang qui jaillit de sa bouche quand il toussa.
Il se redressa d'un bond douloureux, ramassant une autre lance, décider à la planter dans la gueule de son adversaire.
Les deux camps retinrent leurs souffle, dans ce premier rounds, l'avantage allait à l'ours et ses centaines de kilos de muscle, sa fourrure épaisse faisant office d'armure naturelle. Une flèche passa près de lui et vint se planter dans la gorge d'un elfe, signifiant la fin de la trêve. Elfe et Drows se remirent à l'ouvrage avec une fureur décuplée.
La fatigue de la bataille lui tomba dessus sans prévenir, la tête lui tourna et il se sentit défaillir. Urlryn tituba et utilisa sa lance pour se rétablir. En face de lui, l'ours semblait dans le même état que lui, sa respiration faisant plus office de râle qu'autre chose.


«  - Tu as l'air aussi fatigué que moi, créature, tu es un redoutable adversaire, ce sera un honneur de te tuer. »

Il leva sa lance dans sa main droite pour saluer son adversaire et invoqué l'œil d'Uriz sur ce combat. Il cracha par terre avant de s'approcher de nouveau, bien décider à en finir vite.
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MessageSujet: Re: L'heure est à la guerre.   Jeu 18 Juil 2013 - 20:46


    Ils reculaient. Face à la fureur vengeresse des sylvains et leurs alliés de la forêt, la ligne de bataille drow ployait lentement, mais sûrement. Nul doute que Kyria veillait sur ses enfants en ce jour, car l’arrivée inattendue des armées d’Ardamir avait renversé l’équilibre des forces et probablement changé le cours de la bataille. Si peu de temps auparavant les elfes étaient en déroute, désormais c’étaient les guerriers sombres qui se repliaient en nombre toujours croissant.

    Au centre pourtant, là où les fils d’Anaëh avaient alors opposé leur résistance la plus forte, les guerriers d’Elda refusaient à présent farouchement de battre en retraite. Le senger Ja’afae, ayant rejoint le cœur du combat, menait ses troupes avec acharnement face aux assauts implacables des verts-elfes. Ne dépassant guère au milieu des rangs de guerriers qui l’entouraient, sa voix en revanche portait loin sur le champ de bataille et exhortait chaque elfe noir à ne pas céder de terrain. Sa bannière personnelle, chat crucifié et masque grimaçant sur champ de sable, était visible de tous et donnait aux soldats le courage de poursuivre le combat.

    Mais pour autant de vaillance et de talent dont elle put faire preuve, ce jour était celui où Teiweon avait décidé de rappeler à elle l’obok senger. Et comme le dernier assaut finissait par percer les défenses drows, Ænor Celimwë, commandant de l'armée de Wyslena, monta au combat pour affronter celle qui avait voulu faire brûler l’Anaëh. Ancienne membre de la très redoutée Dothka, la chef de guerre noirelfe était rapide tout autant que mortelle. Mais la lame d’Ænor était guidée par la juste vengeance, et elle trouva sa cible sans faillir. Frappant à la tête, l’acier elfique déchira le grand heaume de guerre qui avait auparavant appartenu à Alder’Ack Dolerian, fendant net l’une des deux cornes de basilic dont il était orné.

    Au moment où la bannière de l’ost touchait le sol, le dernier cercle de résistance drow se brisa et fut submergé. Sans chef pour les soutenir, les guerriers prirent la fuite sans plus aucune discipline, poursuivis par des elfes ivres de massacre qui les fauchaient dans leur retraite. On dit que l’aide de camp du senger tombé, bravant le danger, parvint à saisir du corps de ce dernier et à le hisser sur sa monture avant de l’emporter en sécurité. Mais de tous ceux qui avaient suivi Ja’afae dans son dernier carré, peu nombreux furent ceux qui échappèrent à la mort.

    Plus loin, le gros des forces drow était parvenu à se désengager avec moins de pertes et opérait à présent sa retraite vers Yutar. Des bandes de loups et de patrouilleurs elfes se lancèrent sur les talons de l’ost, avec la ferme intention de harceler son arrière garde durant tout le trajet qui le ramènerait à la forteresse noire. Une marche difficile s’annonçait pour les sombres épuisés, et la mort n’avait pas fini de prélever son dû avant la tombée de la nuit…  

    La porte d’Anaëh, elle, était en cendres. La retraite des armées assiégeantes laissait derrière elle un champ de carnage et de ruines, et les corps d’elfes toutes races confondues s’étalaient depuis les pierres d’Ellyrion jusqu’à la lisière calcinée de la forêt. Plus que les eldar ou les drows, c’était la Sylve elle-même qui avait subi le plus de pertes en ce jour funeste. Une grande partie de sa bordure était partie en fumée, et des sous-bois verdoyants ne subsistait à présent qu’un sol dur et stérile, où rien ne pousserait plus avant de nombreuses années. Bien plus tard, après même que les cicatrices de la guerre se furent effacées, les chroniques des elfes parleraient encore de cet événement sous le nom de Naurndor : la bataille des terres brûlées.

_________________
Ombre fugace
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