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 Le fer et l'alb delw (Rive)

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Goar Ier
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MessageSujet: Le fer et l'alb delw (Rive)   Mar 15 Jan 2013 - 18:05

Extrait des Chronique de Gormmedal
Flash back de quelques années, fortes bien mouvementés en un temps qui ne le fut pas moins.

Des grêlons qui chutaient par myriades, ce fut plus le grelotement d'une bande de rustre qu'on fuyait le plus. Ces hardis coquins, bien flanqués dans de larges manteaux, avaient dans pareil accoutrement, terrible allure. Ces ombres touffus, évoquaient à la populace de l'Eraçon, des contes de terribles invasions Wandrandes. Ainsi emmitouflés et armées, il fallait être rivois pour savoir saisir la nuance, entre une bande de mercenaire sgardiens et ses sauvageons des Haut-Bois. A leur tête, sous la virulente bannière d'un sanglier de sable, leur maître scrutait la route, à la fois inquiet et curieux.

Lui et sa troupe de rufians roulaient leurs bosses sur la route enneigées du pays rivois. Plus d'un de ses gaillards reniflaient de froid, l'appel d'une auberge et d'un feu se voulait onirique dans l'épais manteaux blanchâtre de l'hiver. Les hurlements des loups se liaient au sifflement du vent, pour laisser s'enfoncer la compagnie plus loin dans cet étrange pays. A chaque pierre levée ou bâtiments en ruines, une étrange présence semblait se manifester. Loin du monde péninsulaire et de leurs cultes, ici régnait d'autres dieux ayant établis sans partage leur pouvoir sur ces landes.

Goar trainait sa jument à travers ce paysage désolé. Robuste et fier, le sanglier perçait de son regard la neige pour percevoir les murs d'Arhelm. Un héritage d'un âge qui semblait perdu, une relique et joyaux d'une culture évocatrice de tant de légendes. A cette vision, Goar ne pus s'empêcher de repenser à Amblère, son bien perdu et qu'il saurait retrouver un jour, dut-il corrompre son âme en ces dieux et rejeter Damedieu. La vingtaine d'hommes pénétra dans la ville, le pas peu assuré.

Leur seigneur décelait derrière les visages secs de la populace ce qu'il considérait comme de la peur, face à une bande aussi peu accueillante que la leur, cela ne les changèrent guère. S'arrêtant près d'un palefrenier, il le héla pour qu'il vienne s'occuper de leurs montures, lui donnant quelques pièces, lui promettant plus si les bêtes étaient bien nourries et traités. La méfiance était de mise, on disait bien d'étrange chose de ces gens, certains leurs prêtaient des rites sanguinaires, où ils dévoraient les étrangers.

Relevant son manteau, Goar posa pied à terre. La neige profonde et épaisse, laissait la trace de ses bottes le long de la route. Si plusieurs tavernes donnaient du tape à l'œil, une en plein centre semblait vibrer de vie. On entendait quelques chants dans une langue inconnue, et autant de pintes se brisant l'une contre l'autre. Entrant sans savoir ce qui les attendait, Goar en tête, les sgardiens partaient goûter au picrate local autant que tâter de leurs femmes.
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Bérhar l'Aisin
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MessageSujet: Re: Le fer et l'alb delw (Rive)   Mer 16 Jan 2013 - 22:17

Voûté sur le bois lézardé, comme un vulgaire légume flétri sur un étal de débitant, l'Aisin cuvait placidement son rouquin. Il y avait peu de qualificatifs pour désigner le 'breuvage' infâme que servait Ce cul-de-basse-fosse, si âpre à la première rasade, qu'il en devenait insipide aux suivantes. Il n'avait qu'un seul mérite, celui d'être particulièrement fourbe et bilieux, surtout après le premier litron. Le rustaud avait déjà matière à comparaison et dans son esprit déjà abâtardi par l'avinage germait déjà bon nombre de diatribes. Certains crûrent l'entendre jurer, mais ce ne fut qu'un cortège de babillages malaisés, que le mastodonte parvint à cracher.

Dans un heurt mat, le poing de l'hôte garotta les ricanements, les chants, la table en trembla, tout autant que le taulier, qui s'empressa de décamper vers les offices, poussant une de ses mégères vers le billot. Et penaude, la vilaine assura d'honorer les exigences du soudard, elles requéraient suffisamment de venaison pour voir ces manants s'amender du grand mal que leur jus de pieds avait causé au baroudeur. Quittes à serrer un peu le ceinturon pour les rudes temps à venir. Sans que le mercenaire ne l'avoue, tous devinaient que ces services ne serait bien entendu pas récompensés par une éclisse d'écu. Bienheureux qu'ils pouvaient s'estimer, de ne pas finir suspendus par les pieds, attendris par les onctions de son Escepeuse de quenottes.

En vérité, les gens du cru avaient vu venir ce Gaillard à des lieues, depuis qu'il avait évincé les gueux qui barraient le sentier, jusqu'au moment où il s'était débarrassé de son ronçin aux écuries, accompagné de sa courée de véreux. Il avait fait montre d'une opiniâtreté que ces bravaches n'appréciaient guère sur leurs lopins, mais face à lui et sa quinte d'acolytes, pas franchement commodes, ils avaient bien vite abandonné l'idée de se lancer dans les rappels à l'ordre et les cours de maintiens. Jusqu'ici il faut le souligner, le Capiston gardait le contrôle de la situation et l'intimidation semblait suffire. Fait notable, il ne semblait guère enclin à chercher querelle, le rade du tenancier allait peut-être se soustraire au saccage. D'autant plus que la vilaine, bonne adjointe, revint avec de la cochonnaille et des cuissots de veau, accompagnés de miches bien cuites.

Alors que la situation promettait d'aboutir sur une bonne veillée, que les piaulements en tous genres avaient repris, l'entrée en piste d'une troupe de drilles, tout aussi malfamés que ses troupiers, vint remettre la quiétude de ce havre en question. Mastiquant avidement un bon bout d'pourceau, l'Aisin toisa la cohorte et surtout son turpide meneur, qu'il parcouru de pieds en cape.
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Farren de Lockrive
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MessageSujet: Re: Le fer et l'alb delw (Rive)   Ven 25 Jan 2013 - 14:25

La neige avait recouvert l’ardoise arhelmienne d’un lourd manteau blanchâtre. Derrière l’épais mur du château, les festivités du soir tombaient peu à peu dans un silence repus. Thénédor, seigneur vieillissant de ce fier bout de terre, s’en était allé rejoindre les draps de sa couche. Et ce n’était plus qu’un petit groupe de jeunes gens qui finissait leurs coupes autour d’une partie de cartes enjouée sur les tables du banquet. Farren regardait le jeu d’un œil curieux, peu habitué à la compagnie de ces barbus. Depuis quelques moments déjà, le jeune seigneur avait taché de consolider ses alliances avec ce qui avait été les clans d’autrefois. Et quoi de plus évident que de commencer par son plus proche voisin, une terre chérissant les traditions rivoises et le culte des anciens dieux avec une ferveur toute particulière ? Arhelm avait l’accueillit avec les bras ouvert, Thénédor ayant conservé au fil des années une amicale entente avec feu son père. Farren n’en était pas à son premier voyage dans le château si bien, qu’il commençait à connaitre ses hôtes. Et bizarrement, parmi ces guerriers dont on devinait les tatouages bleutés, Farren se sentait à son aise, comme familier de cet attroupement pittoresque que certains, dont un frère Hubert, brillant une nouvelle fois pour son ignorance crasse, nommaient « barbare ».

Pour sûr il n’en était pas de même pour le jeune Guéric, héritier du trône tout juste adolescent, et c’est avec un regard timide et craintif qu’il regardait les grands à quelques distances. Alors que Farren perdait une nouvelle partie dans le rire général, il perçut dans la périphérie de son regard le garçonnet s’agitant nerveusement sur son banc, comme luttant entre sa crainte et sa curiosité. Deux redoutables esprits frappeurs qui s’amusaient de sa pauvre âme d’enfant.
Farren regarda d’un œil amusé, un léger sourire peint sur sa face, l’enfant indécis avant que son attention ne se porte à nouveau sur le gaillard qui lui faisait face. Bien bâtit, l’homme portait une coiffure abondante d’où transparaissait quelques tresses étroites, semblable à celles de Farren, coutume des guerriers rivois. Sous cette masse hirsute aux teintes de charbon, le visage dur de Drogon se perçait d’un large sourire satisfait. Issu du frère cadet de Thénédor, le brave homme, approchant l’âge de Farren, avait tout l’allure d’une brute. De son regard s’illuminaient des reflets de férocité. Un léger mouvement de tête du seigneur de Lockrive en direction du garçonnet suffit à transmettre le message. Drogon se tourna vers son jeune cousin, un rire gras collé à ses lèvres. L’alcool entamait les cœurs de l’assemblé et l’humeur était à la rigolade. Se levant d’un bond, le brave Drogon s’approcha du gosse inquiété. Et, après l’avoir attraper par les épaules, le forçant à se lever, le guerrier vint à déclamer quelques mots dans la langue du pays. Guéric était désormais un homme selon ses dires, il lui fallait fêter l’évènement. Embrigadant ses camarades et par la même leur invité, les voilà qui bientôt s’étaient couvert de manteau lourd aux cols de fourrures épaisses par-dessus leurs plaids au couleur d’Arhelm, de grands carreaux verts cernés par un épais liseré argenté, l’épée, la lowa ou la hache à la taille. Et voilà la troupe dehors, dans le froid de l’hiver rivois.
On ne tarda pas à atteindre le l’objectif du brave Drogon et c’est devant l’enseigne de Alb Delw qu’on s’arrêta. Poussant la porte de l’auberge avec brusquerie, le personnage ne pu cacher son étonnement devant l’assemblée présente.

« Qrall ! Atwzi to swilaos beternae faep leminog layo ! »

Enhardis par la chaleur de l’alcool précédemment ingurgité et par la douce suffisance des natifs, il avait lâché ces mots bien forts, pour que nul ne puisse les manquer, poursuivant d’un grand rire méprisant. Les rivois présents le suivirent dans sa moquerie et bien que les étrangers n’aient pu comprendre la teneur du propos, il n’avait nul doute de sa nature quelque peu méprisante. Puis une fois son effet passé, tenant de ses bras puissants les frêles épaules du pauvre Guéric, il héla le bon aubergiste en diantrais.

« Tavernier ! Apporte à boire ! »

Le vieux tenancier, déjà en sueur de ses clients, ne tarda cependant pas à se faire prier, et c’est du fond de sa remise qu’il sortit ses meilleures bouteilles. Drogon était un habitué du lieu, et tout un chacun savait qu’en Rive, la tradition voulait que les meilleures auberges distillent elle –même un alcool fameux. Sur la table apparut donc quelques bouteilles. Le Gorm Delw, tiré son nom de son étrange couleur, quasi transparente, il dégageait un reflet bleuté, noyant une fleur avec sa tige, qui macérait dans la bouteille. Issue de la distillation des graines de ce que les diantrais appelaient blé noir, delw en rivois, cette eau-de-vie avait un goût fort et prononcé, parfumée par la fleur de pastel des teinturiers. Avec cette bouteille, d’autres l’accompagnaient, ambre cette fois, sorte d’hydromel combinant le miel de blé noir et le cidre de pomme, plus doux et boisé au palais.

Satisfait, Drogon tendit la bouteille de delw au petit, le forçant à en boire une grande gorgée. La chaleur se distilla dans son gosier, brulant comme une armée d’aiguilles tout le corps du garçon. On rit encore devant la grimace qui fermait le visage de Guéric alors qu’il s’ébrouait dans un spasme. Une tape virile dans le dos acheva le rituel. Et l’on entreprit donc de boire dans le vacarme habituel des hommes des falaises, oubliant presque la présence de ces étrangers.
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Goar Ier
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MessageSujet: Re: Le fer et l'alb delw (Rive)   Jeu 21 Fév 2013 - 14:28

Gilbert portant le sobriquet d'oeil-de-biche pour son unique orifice suintant de pue, faisait racler sa pinte sur la table. Laid, il l'était. Goar l'avait trouvé dans quelques cul de basse fosse, prit à rôder l'habit ruiné et la mine affamé. Le bougre, non pas moins noble en son sang, avait de sa famille eut qu'errance à l'héritage de son aîné. Bien trop mal armé pour les tournois, il avait trouvé dans le brigandage une occupation des plus enrichissante. Une compagnie tel que celle du Sanglier, n'avait pu se passer de sa présence. S'il savait jouer du coutelas - aucun ne s'y prenait mieux que lui pour trancher des gorges -, il n'était pas bougre à ne pas donner dans la chansonnette. Le maraud, par sa voix, racontait en quelques chants paillards merveilleuses et louables asventures. L'alcool ayant fait son œuvre, il commença à piailler quelques contes. Sonnant la timbale avec sa pinte, Sire Vil-Trogne, attrapa quelques jupons avec ses piécettes, et laissa son petit coeur savoureux s'exprimer :

« Mes bons comparses, on aura eut froid dans ce pays, mais non moins chaire pour nous réchauffer. Allons, donc prendre joie dans la couche de ces friponnes, avant qu'à l'aube, on range nos braquemarts pour user de nos épées et défaire ces marauds sur le champ. »

Reprenant quelques rythmes populaires, la compagnie chantonna de plus belle, le verre emplit et la bougresse à leurs côtés. L'ami Gilbert faisait rouler son oeil dans la salle. Tenant tête à leurs vacarmes, une tablée voisine attira son oeil non pas pour les mines peu affables de ces comparses, mais pour la drôlesse s'étant jouant à leur compagnie. Une jeune polisonne, la croupe épaisse et le sein sauvage. Il envoya sa masse gibbeuse rouler vers la donzelle. N'aimant pas les discours, il laisse sa petit bourse savoureuse parler en lui sortant quelques pièces. La babine malsaine et l'oeil suintant plus que de coutume, un bougre non loin dit de lui qu'il devait loucher ! Laissant le borgne jouer son charme, Goar, poussa sa putain d'une claque sur la croupe pour héler la compagnie, son verre bien en main.

« Hardis marauds, on m'estoit dit que tournoys auroit lieu, ma foué, n'escomptant point voir chevalier jà, qui sauroit où se tiendra combat contre les singes de ce pays ? », si le pas était chancelant, le verbe, lui, était absent.
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Farren de Lockrive
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MessageSujet: Re: Le fer et l'alb delw (Rive)   Lun 1 Avr 2013 - 19:02

Dans l’étouffante atmosphère qui régnait à l’auberge du delw blanc, l’heure n’était pas à la douce distraction candide, et derrière un vernis de chaleureuse beuverie, se cachaient les piques et les coups bas. Oui mesdames, un combat de coq s’engageait entre les deux compagnies, un combat où se déterminer la chose la plus importante, la plus primordiale en ce monde, qui donc avait la plus grosse… crête.

Et alors que le jeune Guéric ne se remettait à peine de son passage à l’état d’homme, assis sur le banc de bois, le dos appuyé contre un poteau vermoulu par le temps, et la tête flottant dans une sorte de nuage de vapeur presque brulante, il voyait tout ce vacarme d’un œil nouveau. Comme si le monde était une peinture en mouvement, tous les gestes se décomposaient mollement, comme plus fluides, plus légers, plus aériens. Les lumières semblaient plus vives, les sons presque filtrés par des bouchons de lièges. Il souriait béatement avant qu’un rot vint s’arracher à ses lèvres, provocant une incontrôlable hilarité. Son ventre gargouillait de sensations nouvelles, projetant encore ces douces vagues de chaleur… Il était bien, tout simplement bien.
Pour Drogon, il en était tout à fait différemment. Bien plus habitué, sinon familier, de cet état d’enivrement, le brave homme, bien prompt à l’emportement, n’appréciait guère la compagnie de ces étranges étrangers. Tant est si bien, que derrière sa chopine, il contemplait d’un œil noir les gens d’armes aux profils rongés par le voyage. Peu à peu, la frustration montait et sa poigne blanchissait, se crispant contre l’anse du godet. Les chants tambourinaient contre ses tympans irrités et l’on aurait pu croire que de la véritable vapeur s’échappait de ses narines fulminantes.

Singe ?

Il n’en fallut pas plus pour la hardi bagarreur qui, laissant s’échapper un atwzi, se répétant à l’infinie, entre ses dents, se leva d’un sursaut, renversant le breuvage de la coupe de Amri, le colosse à la crinière de feu, qu’il tenait maladroitement dans l’air. Enfin d’un pas lourd mais décidé, il s’approcha du premier inconnu, borgne de son état, qui semblait tout afféré à quelques affaires aux jambes plus longues que le pont du Naer. Un poing vint alors s’écraser contre le nez du pauvre hère, stoppant là toute idée de conclusion heureuse, et par la même toutes activités dans la petite auberge. L’hirsute hanglyosi au poil noir cracha alors vers celui qui semblait être le phare de la troupe de voyageurs.

« Singe ? Vint donc sale chien, que je te rabatte ton goulot ! Qrall ! »

Et ce fût un homme légèrement éméché qui présenta ses poings fermés en direction du bon Goar.
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Goar Ier
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MessageSujet: Re: Le fer et l'alb delw (Rive)   Lun 1 Avr 2013 - 19:33

Par le cul blanc de Nééra, Goar n'en crut par ses esgourdes. Il s'échauffa en peu de temps. Voilà que ce cul terreux le provoquait. Goar attrapa sa pinte et la lui jeta en pleine tête, déversant l'alcool sur la trogne de l'autre bonhommes. Oh, par les saints de sgardie, il en aurait bien fait appel à son épée pour le trancher en deux, mais il l'avait laissé dans un coin, et le bougre n'avait pas l'esprit à penser la sortir, ni plus à savoir la manier.

"CHIEN ?! Par le marteau d'Othar ! Fils de putasse. Maraud, Vil Faquin, Manant, Vilain, Suceur de noeuds ! Je m'en vais te faire tâter de mon cuir !"

Sans plus autre forme de discours, le sgardien avait lancé un cri bien gras, et chargea la tête la première vers l'autre gueux. Sonné par le coup de pinte, il ne vit pas arriver le crâne de Goar qui se plongea dans son ventre. Et perdant l'un et l'autre équilibre, tombèrent à terre, roulant et boulant dans la saleté du lieu. Goar envoya ses coups de poings, frappant tel ivre qu'il était, soit très mal. Et il en reçu des coups en retour, ça il les sentirait le lendemain.

De l'autre côté, Gilbert se relevant de la droite qu'il avait reçu, n'en état pas près d'en rester là ! Attrapant une chaise sur la table à côté, il en frappa d'un grand coup sur le crâne du jeune Guéric. Le voilà fait homme ! Et d'un grand mouvement, la troupe des joyeux compagnons de Goar chargèrent l'autre tablée. renversant, fauchant sur leurs passages les autres bougres. On allait en frapper de ces singes. Et voilà que les corps trapus de ces guerriers chargeaient le lard de l'un et de l'autre. On envoyait coup sur coup, autant qu'on le pouvait.
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Farren de Lockrive
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MessageSujet: Re: Le fer et l'alb delw (Rive)   Lun 8 Avr 2013 - 9:23

Lorsque le crapaud cyclopéen écrasa le bois dur contre le crane tendre du presque enfant, la troupe rivoise entra en fureur. Amri, ce géant aux bras puissants, arracha dans un cri enragé la table de la poussière du sol, ajoutant au chaos qui se mettait tranquillement en place. Si le malheureux molesteur d’enfant était borgne, on le retrouva bien vite étendu inconscient, le nez brisé et la lèvre ouverte sous les poings rageur du grognon à la barbe rousse.

Ainsi l’on se foutait joyeusement sur le museau, qui avec une pinte, d’autre un tabouret ou seulement ses propres poings, dans ce grand foutoir de sueur et de sang, de cri et de larmes d’un patron désœuvré. Aux injures fleuries des rivois répondait le patois sgardien tant et si bien que l’on s’aurait été presque cru dans un de ces marchés thaaris bondés par la foule et le bruit.

Pour Farren, les choses ne s’étaient pas annoncées sous les meilleurs hospices. A peine avait-il entamé les pourparlers musclés avec l’un des bougres du nord, qu’un autre avait saisi sa chance, le prenant de côté, d’un violent coup dans le ventre. Plié en équerre de maitre d’œuvre, il fut cueillit par le genou du premier adversaire. Le nez ensanglanté il se retrouvait étrangler par la poigne ferme de son rival et sentait son sort s’écrire d’une funeste plume. C’eut été sans compter sans ce petit coup du destin qui caractérise la malchance, l’étrangleur, tout affairé à sa laborieuse besogne, n’avait pu espérer sur un moment de tranquillité suffisant pour accomplir la tache, et c’est la moitié d’un banc qui vint percuter son arcade. Retombé au sol, le souffle court, le pauvre seigneur de Lockrive peinait à reprendre ses esprits, encore sous le choc de sa privation involontaire d’air frais. Se remettant peu à peu, il leva les yeux vers le spectacle des bastonneurs. Le goût du sang emplissait son palais d’âpres sensations. Mais c’était peut être plus encore la brulure fantôme mordant son cou à l’endroit des mains assassines qui enflamma le plus son âme de quelques pensées belliqueuses. Bientôt, il se releva, s’élançant à nouveau dans la terrible bagarre.

Au milieu de tout ce foutoir, on peinait à reconnaitre l’ami de l’ennemi, mais pourtant, l’on parvenait sans mal à visualiser l’œil de la tempête, représenté par les deux figures de proue des troupes antagonistes. Drogon et Goar, les deux monstres tutélaires, comme illustrant la Grande Guerre des Dieux. Mais pour y voir un tel spectacle, encore fallait-il avoir l’œil embué par l’alcool et un témoin aux mœurs plus ascétiques aurait tôt fait de balayer l’épique pour ne laisser que la triste réalité. Pourtant, modeste auteur à la merci d’un lectorat des plus distrait, il m’est d’obligation de cristalliser le moment pour mieux en faire ressentir la tension, la puissance.
Faroll et Selei, les deux entités de flammes, s’affrontaient dans ce qui allait sceller le destin du monde. Tourbillon de flamme, cyclone de coups. Les frères ennemis qui dans un cataclysme des plus fantasques, bruyants, sublimes, s’entredéchiraient. Une pluie de gouttes salées se figeait en l’air sous l’impact d’un poing, d’un coude, d’un crane, alors que les cheveux imprimaient la trace du mouvement. L’odeur de l’alcool collait à la trame des tissus, au poil des barbes. La douleur se gravait dans les chairs tendues. Mais rien, non rien n’aurait fait faillir ces deux volontés, deux boules de rage, de haine, de détermination, pures. Rien.
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Goar Ier
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MessageSujet: Re: Le fer et l'alb delw (Rive)   Mer 17 Avr 2013 - 23:45

Le sang et la bière. Voilà ce qui achevait démoniaquement la rixe. La mine turgescence Goar finit par s'écarte de son adversaire, tiré par quelques uns de ses compagnons. Le sang coulait sur sa face, l’œil allait, follement d'un coin à l'autre, cherchant où frapper, où tuer. Sur son torse le sanglier d'Amblère semblait scintillait sous l'âpre mélange de sang et de bière. Dans ce brouhaha, cette scène de violence, de fracas de chair, le petit clerc qui accompagnait la joyeuse bande, caché dans un coin, ne pu s'empêcher d'y voir revivre quelques mythes. Là, dans ce lieu où mythe se croisait avec réalité, il cru voir en Goar, l'avatar de Frayrhem.

On cru voir le dieu, armé de ses poings, lors de la fin du monde. A ses côtés son sanglier géant, reniflant quelques charognes pour se nourrir. Dieu barbare, dieu ancestral, dieu oublié, il n'en était pas pour autant disparu. Dans la déchirure du monde, lorsque les dix milles lances d'Halwin jailliraient pour détruire tout ce qui est, il jaillirait avec son rival éternel, Hiskar, Dieu Géant, maître du Loup, il brandirait sa masse pour briser les montagnes, déclenchait des tornades et briserait les rivages. Ce serait lors d'une bataille millénaire, que Frayrehm mettrait à bas son adversaire. Le monde ne serait alors plus que ruine, la dernière bataille des Dieux. Sur le sommet du toit du monde, Frayrehm ayant perdu un bras dans la bataille, tomberait dans les flammes ravageant le monde, la mort le prenant enfin.

Et la chute fut lourde, l'alccol, la fatigue du voyage et non moins les terribles coup qu'il avait reçu acheva de le mettre à terre. A vrai dire, Goar n'était assurément pas le seul, quelques braves tenaient encore, mais la plupart rampait dans le mélange qui parsemait le sol. On devait en rester là. La lassitude, les blessures et la fatigue avait pris le pas sur la haine, on en oublia presque le motif de la bastonnade. Goar et ses compagnons se traînèrent hors de la taverne et finir par échouer dans quelques auberges. La compagnie trouva quelques repos en attendant que le tournoi d'Arhelm commence.


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Farren de Lockrive
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MessageSujet: Re: Le fer et l'alb delw (Rive)   Mar 27 Aoû 2013 - 19:19

Farren ouvrit l’œil. Un réveil pénible rappela à l’esprit encore embrumé du jeune seigneur les affres de la nuit. L’ivresse de la boisson, remède efficace pour calmer les nerfs encore à vif de l’épopée de la veille, se manifestait encore dans quelques gargouillis désagréables et une langue pâteuse. Perçant le verre incolore d’une étroite fenêtre, l’aube s’annonçait dans sa froide clarté. Machinalement, il porta la main à son cou, où le fantôme d’une étrange sensation ne cessait de le tourmenter, tenant déjà plus du souvenir que de la réelle douleur. Vestiges de cette chaude virée nocturne, seules restées la cicatrice d’une lèvre ouverte et sa peau bleuie en taches éparses sur son abdomen, sorte de médailles incongrues témoignant d’une quelconque bravoure. Le félin balourd s’étira longtemps, offrant à ses muscles ankylosés quelques doux réconforts. Il se leva.

Les premières lueurs de l’aube s’étaient à présent déjà consumées. Selei trônait parmi l’immensité glaciale de l’hiver, flaque d’océan éthérique d’un bleu délavé. Survolant majestueusement le manteau blanc du monde terrestre, il poursuivait, inlassablement, sa course perpétuelle, demeurant le spectateur impassible de la fureur du monde, et de cette poignée d’hommes braves tentant, vainement peut être, d’attirer ses faveurs divines. Mordant de ses mains usées l’accoudoir de bois d’un siège des plus rustiques, Thénédor observait d’un œil encore vif les quelques secondes précédant le début des événements. A ses côtés, sur le même plan d’égalité, Farren attendait tranquillement, jetant parfois un coup d’œil amusé vers la boule de fébrilité siégeant à la droite du vieil homme. Guéric peinait à réfréner son enthousiasme, et, bien que sa malheureuse aventure arrosée lui avait laissé une bosse et un douloureux mal de crâne comme seuls souvenirs, le garçon n’en pouvaient plus d’attendre dans ce silence trop bruyant de la cacophonie de la foule. Attendre. Horrible sensation que l’attente, là où les secondes deviennent des mois, les mois des années. Terrible ennemi qu’est le Temps, s’amusant de notre impatiente envie d’avancer, comme un chat d’une pelote de laine. Des mois pour l’écrire, quelques secondes pour le lire. Farren restait presque fasciné par le spectacle de ce jeune garçon, changeant d’humeur comme les suderons de surcots, rêvant toujours à l’idée d’aventure, d’exploit, de gloire. Peut être l’enviait-il un peu, lui qui n’avait au plus profond de sa mémoire embrumée, que les vagues souvenirs de sa propre enfance, maigres motifs confus, le goût de la poussière, la soif.
Heureux hasard, voilà donc que se présentait trois générations distinctes, l’enfant, l’adulte, le vieil homme, tout trois, statures imposantes, dominant depuis leur estrade le reste de la foule. Et leur faisant face, un cercle de craie blanche, tracé à même le sol boueux. L’arène d’où naitra un spectacle des plus exotiques. Bien vite, les derniers préparatifs s’achevèrent.
Sous les vivats de la foule désincarnée, deux hommes s’avancèrent, face à face, dans le cercle. Un pagne pour seul vêtement, leur corps nus présentaient aux spectateurs nombre de peintures en aplats de rouge vermeil laissant, malgré tout, transparaitre leurs nombreux tatouages bleutés. Deux prêtres-guerriers de Raqnem, deux tarerij. Ici allait débuter un combat des plus sacrés. Leur bras gauche emmailloté d’une bande de cuir d’hanglyose bouilli, ils tenaient fermement dans leur main droite une bien étrange arme. Sorte de fouet semi-rigide formé de l’entrelacement de deux bandes de cuir, elles se voyaient s’échapper libres à la pointe en une sorte de langue fourchue. Deoden Naer, la langue du Serpent. Un casque de fer parachevait l’attirail, peint au motif d’un crane humain. Après un salut solennel vers la tribune des Talmeor, ils se mirent en place. Un silence des plus lourds s’abattit subitement, ne laissant aux oreilles surprises qu’un léger bourdonnement fugace. Thénédor abaissa alors son bras. Et les deux hommes s’élancèrent.
Ainsi débuta la représentation rituelle de l’antique combat entre le Colosse et Wagyl. Chacun des combattants symbolisant à la fois l’Homme et le Serpent, le Mortel et le Divin. C’est dans des cris de rage  perçant le mutisme respectueux, que les deux tarerij s’affrontaient, rendant dans une violence et une fureur inouïe coups pour coups. Sautant, esquivant, tournoyant, frappant, les deux guerriers ne trahissaient pas leurs vœux de serviteurs du Dieu Sanglier. Le sang perlait en gouttes voluptueuses sur leurs muscles tendus, suintant comme un poison d’une plaie. Alors qu’un des deoden arrachait à son ennemi un râle de souffrance, Farren se remémora  sa propre expérience, il y a quelques années déjà, où il avait goûté, dans le froid de la cour du château de Loqnaer, son château, pour la première fois, la morsure du cuir. Triste souffrance. Cette lutte sauvage se perpétua longtemps, tant et si bien que la fatigue s’était imprimée dans leurs gestes, les pas se faisaient plus lourds, les assauts moins frénétiques, la respiration plus forte et saccadée. Et, alors que de l’immense jarre d’eau s’écoulaient les dernières gouttes depuis une petite ouverture à sa base, annonçant la fin du combat, aucun n’avait posé le genou au sol.
Le duel s’acheva ainsi, sans réel vainqueur, sans réel perdant. Thénédor, après avoir salué la valeur et la ténacité des deux guerriers, se retira alors avec les grands prêtres des dieux de Rive, avec le devoir, à la fin de cet entretien, de désigner le plus brave. Ce n’est que plusieurs longues minutes plus tard que ce cocasse conclave sorti d’une des tentes installées là. Il eut alors un vainqueur, il eut alors un perdant.

Solennellement, l’on se dirigea vers une petite colline non loin. Sur l’amas de terre gelée, une imposante pierre, masse brute de minéral, formait comme un plateau, assez large pour qu’un porc s’y repose. Des deux guerriers, seul  le vainqueur désigné était présent. La foule s’amassa en arc de cercle, à quelques distances, devant l’autel de pierre alors que la procession des prêtres s’organisait. Récitant quelques obscures prières le pauvre guerrier s’approcha de la fameuse pierre, le visage fermé et l’œil sombre. Derrière lui, le primat de Wagyl, grand prêtre de la ville d’Arhelm, lui suivait de près, d’un pas lent. Lorsqu’ils furent tout deux devant la roche froide, ils se stoppèrent calmement. Aucunes émotions ne transparaissaient du tarerij tandis qu’il s’agenouillait. Alors, après avoir clamé à la foule des hommes, sous le regard des dieux, dans le dialecte de ces barbares des falaises, une mystique incantation, le primat sorti d’une boite ouvragé de bois ciselée , sertie de petites plaques de bronze, une dague longue et effilée. Sans un bruit et d’un mouvement sec, il attrapa les cheveux du brave avant de lui trancher la gorge. Le sang s’échappa brutalement du corps du pauvre sacrifié, se rependant sur l’autel naturel. Du silence de l’instant, seul perçait le bruissement sourds des arbres non loin, le chant du vent d’hiver, et le balbutiement d’une vie s’échappant vers l’infinie.

Farren observa le spectacle sans un mot, quelque peu décontenancé par la violence de l’instant, alors qu’il s’empêchait, comme le voulait l’antique coutume, de détourner son regard du sujet de son malaise. Il ne pu voir la réaction tout autre du jeune Guéric. Un éclat d’avidité habitait  l’œil du jeune garçon, émerveillé par la vue du sang.

Le sang… Offrande au panthéon des dieux pour calmer leur fureur, symbole du sacrifice de tout un peuple envers leur croyance.

Bientôt, le corps du béni sacrifié fut déposé sur un ballot de bois sec. Le visage apaisé, le défunt semblait plongé dans le sommeil éternel des justes. Sur son ventre, on plaça un lapin encore en vie, entravé aux pattes par un lien de corde alors que deux poissons se virent disposés de part et d’autre du cadavre, sorte de gardiens protecteurs l’encadrant. Puis, on enflamma le cercueil ainsi formé, dans la pure tradition de Rive. Ainsi l’âme du bienheureux pouvait s’arracher à son enveloppe de chair. C’est alors que le lièvre jouerait son rôle, tribut attirant l’attention du dieu Chasseur, Oolon, qui chasserait l’âme du mort vers l’océan infini, évitant ainsi au défunt d’errer à jamais sur la terre des vivants. Enfin les poissons le guideraient vers sa dernière demeure, jusqu’aux profondeurs du grand pilier de l’Ouest, là où s’élevait, dans les abysses de l’océan salé, la porte vers l’outre-monde, résidence des morts.
L’on se recueilli un instant, le temps d’une prière muette lancée à la fumée noire qui moutonnait en colonne vers le ciel blanc. Ici, pas de dragons cracheurs de rêves aux profils fuselés, de petites fées insouciantes aux ailes dorées, de saltimbanques colorés dansant au milieu de chimériques brasiers. Non, ici, uniquement la fadeur du spectacle de simples hommes, simples mais fiers, seuls face à leur spiritualité…


Peu après, les festivités reprirent dans une ambiance des plus déconcertante, tant l’humeur éclatait de jovialité, de légèreté. Partout s’élevaient cris, rires, encouragements, exclamations. Dans diverses arènes, voilà que des enfants, vêtus d’une lourde tunique de laine blanche, et de sortes de braies noirâtres, s’affrontaient à mains nues, tentant de montrer à la vue de tous dans cette lutte, leur valeur de guerrier et d’homme. Chacun tentait de faire basculer son adversaire épaules contre sol, attrapant le tissu des vêtements, qui tirant, qui poussant, les pieds nus ancrés dans le sol froid et légèrement boueux. Spectacle insouciant de jeunes hommes s’entrainant au combat, fierté des parents, orgueil des petits combattants.
Guéric pu alors briller devant la populace amassée là, luttant avec une facilité prodigieuse contre ses camarades qui n’opposaient, étrangement, que peu de résistance. Peut être quelques consignes parentales avaient été données, mieux valait ne pas s’attirer la frustration du futur seigneur contre la famille. Nul ne le savait vraiment et personne ne cherchait à le savoir. C’est donc avec une surprise convenue que le petit seigneur se vit proclamer le meilleur parmi les espoirs d’Arhelm. Revanche d’égo contre la vie moins généreuse qui ne lui avait laissé pour seule récompense de ses premiers déboires, que la fameuse bosse encore bien visible sur un coin de son crâne.
Appuyé contre un pilier de bois servant à fortifier l’estrade du seigneur local, Drogon observait d’un œil indifférent les prouesses de son jeune cousin. Pensif, le regard perdu dans le vague, il ne distinguait plus vraiment les gestes, les bruits. A cette heure, en ce lieu, il se prenait à des réflexions peu communes. Une étrange sensation le tiraillait, non pas la peur brouillonne des combats qui l’attendaient, ceux là il les espérait depuis bien longtemps avec un appétit vorace. Non. Ce sentiment étrange, devant le spectacle de ce garçon, qu’il ne ferait jamais totalement parti de ce monde. Le monde des élus, ces êtres singuliers qui semblaient attirer toute l’attention de ces étranges et imparfaits dieux d’en haut, comme s’il ne pouvait que demeurer le décor d’un tableau sans en être le sujet, le héros. Depuis longtemps déjà il avait accepté son sort, jamais il ne gouvernerait la citée d’Arhelm et ses terres, jamais il ne brillerait sous la bénédiction du grand Corbeau, jamais son nom ne serait gravé dans la roche aux côtés de ses illustres ancêtres. Il ne serait que l’éternel second. Cette frustration, ce tiraillement qu’il rejetait au plus profond de son esprit, le percutait de pleine face à présent, alors que la complaisance s’hurlait dans la foule.

Après les fils, les pères. Et ce fut là le signal qui mit fin à sa torpeur. Voilà donc que commençait le tournoi si attendus de tous, ces luttes d’où ne sortirait qu’un vainqueur, acclamé, admiré, célébré pour l’année. Son moment de gloire. Les combats s’organisaient dans les différentes arènes tracées à même le sol. Alors que quelques unes demeuraient vides de spectateurs, peu attirés par des duels de bouchers ou autres fils d’ébénistes, d’autres se voyaient quasiment ployer sous le poids de ses pieds trépignant sur place en quête d’un espace entre deux têtes, sous une épaule, pour entrapercevoir les guerriers. Les enfants s’insinuaient tels des rats entre les jambes, et quelques adultes se risquaient à jouer des coudes pour gagner une place éphémère dans cette marée humaine.
Et le divertissement valait bien un coude hasardeux dans le côté, tant il transpirait de férocité. Ici l’on s’affrontait, par groupe de deux ou quatre, dans une arène circulaire, chaque homme défendant  sa propre couenne contre les assauts de ses adversaires.  Armés d’épées et boucliers  les forcenés offraient des combats véloces et acharnés. Plus brutal encore que les autres, Drogon s’illustrait dans ce jeu de sauvages avec un brio certain. Plus agile, plus rapide, plus violent, le guerrier n’usurpait pas son surnom de « Furie ». Dévoré par une jouissance gloutonne, le furieux barbare enchainait les victoires éclatantes. Si l’on avait quelques pièces à parier sur le grand vainqueur du tournoi, nul doute que la mise revenait au têtu hanglyose.
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