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 Conclave en haute sphère

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Nimmio de Velteroc
Humain
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MessageSujet: Conclave en haute sphère   Dim 17 Fév - 19:34

Kyrianos premier Favrius de la 7ème année du 11ème cycle


La salle du trône fourmillait d'activité depuis quelques heures déjà lorsque que le Comte de Velteroc fit irruption dans la pièce, accompagné de son écuyer, ce dernier vérifiant, tout en marchant, qu'il avait bien fixé les différentes plaques de l'armure d’apparat de son seigneur. Tout autour d'eux, les serviteurs s’affairaient à leur tâche pour la rencontre qui s'annonçait. Ici et là, on dépoussiérait, on astiquait, on ramonait, etc.

Il fallait bien avouer que cela faisait à présent de nombreuses années que le Comté n'avait reçu le moindre visiteur remarquable et que la salle n'avait eu besoin de revêtir ses plus beaux atours. La faute en était partagée entre, d'une part, le seigneur en personne - trop occupé par la stabilité intérieur de son territoire pour inviter quelque noble en ces lieux – et d'autre part la noblesse Diantraise toute entière, tellement empêtrée dans ses conflits territoriaux et ses guerres civiles que Velteroc ne représentait pas le moindre intérêt stratégique.

Ces temps étaient désormais révolus. Le Comté pacifié et la guerre déplacée vers le nord, certains protocoles et une certaine diplomaties recommençaient à se développer et à occuper la place qu'ils n'auraient jamais dû laisser vacante.  Aussi, Nimmio avait-il prestement convié les baronnies d'Ancenis et de Hautval à le rejoindre en ses terres, comme il était de coutume pour un Comte de le faire vis-à-vis de ses barons et baronnes. De nombreuses questions devaient à présent êtres posées ; il en allait de la stabilité du Duché et, sans doute plus généralement, de celle du royaume tout entier.

Les invités étaient certainement bien avancés dans leur trajet et l'attente ne serait plus longue avant qu'ils ne puissent goûter à l'hospitalité Veltérienne. Bien du temps s'était écoulé et bien des événements avaient eu lieu depuis la dernière rencontre de cet ordre et le jeune seigneur s'imaginait facilement la possibilité qu'aucun de ses deux invités n'ait jamais mis les pieds à Rochenoire.

Traversant la sale du trône d'un pas assuré, le regard plongé dans les derniers rapports reçus sur l'état du royaume et des guerres nordiques, le Comte de Velteroc monta rapidement les deux marches menant au siège qui donnait son nom à ces lieux. Imposant par sa hauteur et sa largeur, ce dernier était fait de bois finement travaillé, à la demande de feu son père, agrémenté de quelques ouvrages d'art dardés de fer, symbole reconnu du Comté.

Derrière et au dessus lui se déployaient les tentures de couleur sang, dont l’écartement laissait apparaître le blason personnel du seigneur de ces lieux : un phœnix noir sur fond rouge, symbole de la renaissance et de l'immortalité présumée de Nimmio. En dessous, siégeait un parchemin déplié, sur lequel était inscrit, dans toute la beauté d'une enluminure dorée, un seul et unique mot, devenu le plus puissant des symboles pour ceux qui croyaient en les volontés divines.  « Aeternum », celui qui ne peut mourir.

Tout autour de la pièce trônaient différentes décorations, allant des tapisseries représentant l'unification du comté sur le mur de droite, à celles représentant la victoire sur les Sombres à son opposé. Parmi ces imposantes œuvres d'art, l'on retrouvait également quelques portraits d’ancêtres illustres du Comte, figés à jamais dans leur expression à la fois bonhomme et sereine.

Enfin, pour réchauffer les lieux, à l'exacte opposée du trône, se trouvait la cheminée centrale, alimentée par les imposantes bûches de bois que son âtre très large permettait d'y enfourner. Il s'en dégageait une chaleur apaisante et l'on ne comptait plus les longues journées d'hiver que les seigneurs de Velteroc avaient passées en ces lieux, à se réchauffer tout en vaquant à leurs activités.

Les derniers laquais étaient à présent sortis et les sièges dévolus aux invités avaient étés disposés en face de celui de leur hôte. Derrière ceux-ci avait été installée une table, qui leur servirait de support au cas où ils en viendraient à décider de coucher par écrit une quelconque information ou un quelconque engagement.

Nimmio termina enfin sa lecture, rendant les parchemins à son écuyer après y avoir apposé quelques annotations, avant de congédier le jeune homme d'un mouvement de main. Ce dernier réceptionna les documents et se dirigea vers la porte de sortie, mitoyenne de la cheminée et devant laquelle stationnaient deux gardes Velteriens. Engoncés dans leurs armures de mailles et d'écailles, maintenant leur hallebarde de cérémonie aussi droite que de coutume, ils attendaient avec impatience les invités du Comte afin de pouvoir se retirer.

La scène était en place et il ne restait dès lors plus qu'à attendre les protagonistes de la pièce qui allait se jouer en ces lieux.


Dernière édition par Nimmio de Velteroc le Lun 25 Fév - 22:08, édité 2 fois
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Aemon IV d'Ancenis
Humain
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MessageSujet: Re: Conclave en haute sphère   Mar 19 Fév - 1:15

Favrius d'Automne ; Premier jour de la première ennéade ; An 7, Cycle XI.

Quel genre d'homme peut bien être ce Nimmio, se mit à penser Aemon alors qu'il prenait un peu le frais du crépuscule. L'été touchait à sa fin en eraçon, le temps allait se dégrader, les journées lentement se raccourcir. Profitant de ce qui serait sans doute les derniers jours de beau temps, il avait décidé d'abandonner le carrosse et de terminer la route monté sur un palefroi bais, la crinière et la queue tout en panache. Vêtu pour l'occasion, il regardait au loin et apercevait la cité qui fondait peu à peu dans l'ombre des montagnes étirées au possible par le soleil couchant. Ils n'atteindraient Rochenoire qu'entre chien et loup, l'heure parfaite après une ennéade de voyage.

Accompagné d'une douzaine de chevaliers en plus de sa garde personnelle, ce qui impliquait par-là écuyers et pages et tout ce qui s'en faut pour un voyage en bonne et due forme, le baron d'Ancenis se tenait en tête de colonne, il ne voulait pas louper son entrée en Velteroc et il ne voulait pas non plus que les Velteriens en manquent ne serait-ce qu'une bouchée. Consorts de ce spectacle, se tenait à ses côtés bannières et autres oriflammes marqués aux couleurs d'Ancenis. Lui-même ainsi que son escorte étaient tout en armure d’apparat, polies pour l’événement. À l'entrée de la ville, la permission leur fut rapidement donnée et ainsi chevauchaient-ils en direction du donjon. La piétaille s'amassait à leur passage, heureuse de voir quelques chevaliers en harnois et intriguée par les figures singulièrement hâlées des hommes de l'Est que l'heure bleue ne manquait pas de foncer un peu plus.

Aussi promptement qu'ils étaient arrivés devant la citadelle, ils ne mirent pas longtemps avant d'être introduit dans la Grand-Salle et de là purent admirer les lieux apprêtés à cette rencontre. Au fond se tenait Nimmio qui ne tarderait sans doute pas à venir à leur rencontre.
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Blanche d'Ancenis
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MessageSujet: Re: Conclave en haute sphère   Lun 25 Fév - 16:19



    Assise au sein de sa diligence, la Dame de Hautval, d’un air maussade, s’éventait machinalement en fixant le paysage à travers les vitres de son carrosse. L’invitation qu’elle avait reçue du nouveau Comte ne l’étonna pas. C’était naturellement légitime que de vouloir rencontrer ses vassaux. Une main posée sur son ventre, la Splendeur Obsidienne le caressa machinalement un instant en relevant son doux minois vers Leïla qui l’observait en silence d’un air songeuse.



      « A quoi penses-tu ? »



    Le demoiselle manqua de sursauter et cligna des yeux à plusieurs reprises en signant la négative.



      « A… A rien Maîtresse… Je… Je suis simplement tendue sachant qui sera présent… Je m’inquiète pour votre personne. »



    Blanche acquiesça d’un hochement de tête. Effectivement, la présence de son traître de cousin était un réel problème pour Blanche. Elle savait désormais qu’il ne fallait donner sa confiance à aucuns membres de la famille Ancenis, tout du moins à aucun mâle Ancenis. Pourtant, elle portait une profonde affection pour cet homme mais l’envie de lui faire payer était aussi fort présente. D’un mouvement plus vif, elle s’éventa davantage se mordillant la lèvre inférieure d’un rouge écarlate. C’était à présent elle qui était pensive. D’une certaine manière, elle s’était assagie. Désormais cette dernière ne bravait pas le protocole et demeurait sagement assise dans sa calèche. Cette prison pourtant douillette, elle en avait horreur et préférait de loin  chevaucher sa monture. Son accessoire se replia d’un coup sec et d’un mouvement, elle se redressa légèrement, toquant à la vitre. Odeline vint vite se présenter et un échange s’entama. Ils étaient bientôt arrivés. Fort bien. A quelques lieux du Château, l’on érigeait les étendards et autres artifices protocolaires. Hautval ne tarderait pas à arriver. Le cortège gagna dès lors les murs de Rochenoire à qui on ouvrit les portes. La suite baronniale fit route jusqu’au Palais. Là, elle fut certainement accueillie par l’Intendant en chef. Et ce dernier prit les dispositions nécessaires concernant autant pour son carrosse que pour sa Suite. Elle avait été prévenue qu’Aemon était arrivé plus tôt. De toute façon, elle avait pu reconnaître le blason de quelques-uns de ses hommes.

    Ainsi fut-elle conduite au sein de la Grande Salle accompagnée de sa garde personnelle. Le port altier, le regard froid tels ses iris d’un bleu limpide semblable à un glacier, Blanche d’Ancenis fit claquer ses talons sur le dallage. Une robe d’apparat ample d’un rouge carmin l’habillait. Un ras-de-cou surmonté d’un rubis étincelant couvrait la peau de porcelaine de son cou et une coiffe en accord avec les tons qu’elle arborait, dissimulait en partie sa chevelure d’ébène qui avait une fâcheuse tendance à cascader jusqu’aux creux de ses reins à la cambrure sulfureuse.

    Son premier regard fut pour son aimé autant que détesté cousin. L’œil féroce le détaillait longuement en silence avant qu’elle ne délaisse la vision de ce corps pour la personne du Comte. D’une révérence élégante et gracieuse, Blanche se courba avant de tendre simplement sa main gantée de dentelles en sa direction.



Dernière édition par Blanche de Hautval le Jeu 20 Juin - 14:09, édité 2 fois
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Nimmio de Velteroc
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MessageSujet: Re: Conclave en haute sphère   Lun 25 Fév - 22:02

A peine quelques minutes de tranquillité ne lui avaient-elles été accordées que déjà quelques bruits de couloir venaient sortir de comte de ses rêveries. Un de ses invités semblait approcher et, aux bruits de pas et entrechoquements d'armures qui lui parvenaient, il en déduisait qu'il s'agissait du plus éloigné de de ses deux convives. La soldatesque de son invité avait été aiguillée en direction des quartiers qui lui seraient réservés pour l'ensemble du séjour. Aussi leur seigneur était-il seul, à présent, accompagné d'un jeune homme, qui lui avait conseillé de le suivre jusqu'au maître des lieux. Passant entre les deux gardes velteriens, celui qui s'avérait être finalement, le héraut d'arme de Velteroc se mit au garde-à-vous avant d'annoncer l'homme bien bâti qui le suivait.

Aemon IV d'Ancenis, Baron d'Ancenis par la gloire des cinq et la volonté du Roi !

Cédant la place à celui qui lui succédait en ces lieux, il sortit de la pièce en direction de la cour où, sans nul doute, ne tarderait pas à arriver la seconde des invités du Comte. Ce dernier, toujours assis, laissait glisser son regard sur les traits fatigués de son invité. Son regard, quelque peut terni, ne laissait que peu de place au doute quant à la réalité de sa vie et de son passé. L'exil, la guerre, l'enfermement, laissent des traces que rien, pas même le temps, ne peut effacer. Il ressemblait à s'y méprendre à ce que Nimmio avait imaginé en lisant les nombreux rapports rédigés à son sujet depuis son retour de campagne. L'Ancenis avait été martyrisé, accablé, mais avait néanmoins gardé sa fierté et son allure. Son armure d’apparat, finement agencée et polie, en était le plus beau symbole et lui donnait une candeur digne de son titre.

Après ces quelques secondes d'observation, qui instaurèrent presque un malaise, le Veltérien se leva de son trône et entreprit de se diriger vers son invité. Le regard posé droit dans celui de ce dernier, il esquissa un léger sourire en coin, pouvant tout aussi bien s'avérer railleur que jovial selon les circonstances. Mais celles de ce jour laissent néanmoins entrevoir la seconde possibilité comme étant la plus probable. Tendant une main ferme à son invité, il posa la seconde sur son épaule, comme il était de coutume en Velteroc, pour saluer un vassal de valeur.

Aemon d'Ancenis, je suis heureux que vous ayez répondu favorablement à ma convocation. Vous recevoir en ma demeure est un plaisir parmi les plus exquis, d'autant que vos exploits et votre réputation vous précèdent. Je crois pouvoir dire avec certitude que mes ancêtres ne se sont pas trompés lorsqu'ils ont approuvé le don de ces terres aux vôtres. Vous semblez être de cette trempe d'hommes qui jamais ne se décourage et brave le danger au nom de la justice et de la paix. Vos déboires passés, votre exil et vos déboires plus récents montrent que jamais vous ne renoncez à ce qui vous semble être votre destinée. C'est une qualité importante que l'on recherche toujours chez un meneur d'hommes, mais qui tend généralement à attirer le courroux de ceux qui préfèrent une certaine obéissance.

Le ton et l'expressivité limités employés par le Comte ne permettaient pas assurément de savoir si tout ceci était à prendre pour un éloge ou un reproche, bien qu'une fois encore, l'éloge fut plus probable. Mais une chose était sure, pour Nimmio, Aemon représentait un vassal, au rang certes peu éloigné, mais un vassal néanmoins.

En ces temps de troubles, je ne sais que penser de vos actes et des décisions que vous avez prises pour l'avenir de notre duché et de notre bien aimé royaume. Mais je reste persuadé que si mes propres guerres ne m'eurent privés de la capacité d’intervenir, mon choix ne fut pas bien différent du votre. Nul ne pouvait accepter la félonie de Léandre et votre seul tort fut de vous trouver au mauvais endroit, au mauvais moment, sans que l'on ne put connaître précisément vos intentions. Mais voyez-vous, je reste persuadé de la noblesse de ces dernières. Vous agissiez selon le devoir qui est le votre, de vous porter garant de l'intégrité du Duché d'Erac, contre ceux qui lui portent atteinte.

Tournant légèrement sur la droite, il indiqua alors à son hôte, l'un des deux fauteuils matelassés qui avait été installés à son attention et dont le travail du bois et les dorures attiraient inlassablement le regard. Il s'agissait sans doute d'un travail d’orfèvre, importé d'une contrée d'avantage orientée vers le raffinement que ne l'était le rude peuple de Velteroc. Le geste du Comte était sans équivoque une invitation à s'asseoir pour continuer la conversation.

Excusez-moi, je parle, je parle et vous devez être exténué par le long voyage qui fut le votre, aussi, vous inviterais-je à vous asseoir, le temps que votre cousine, que l'on m'a annoncée il y a peu, ne nous rejoigne.

Laissant à son interlocuteur le loisir de s'installer s'il le souhaitait, le Comte gravit prestement les deux marches qui le séparaient du fauteuil dans lequel il était fort bien installé avant l'arrivée de son convive et s'y installa à nouveau confortablement.

Mais racontez-moi cher ami, comment donc traite-t-on ceux que l'on soupçonne de félonie chez notre bon régent ? Prend-t-on soin de préserver leur dignité ou alors les livrons nous à la fange que l'on réserve aux criminelles de basse extraction ?

Les questions avaient étés assénées avec une désinvolture presque opposée à la gravité potentielle de la situation qu'avait connu son interlocuteur. Chez certains, que l'on se permette une telle question pouvait friser l'insulte, mais rien n'était moins sûr concernant le Comte de Velteroc, dont les normes et les valeurs étaient réputés « particulières » par la plupart de ses interlocuteurs. Une fois de plus, du bruit se fit entendre dans les couloirs et une femme, d'une beauté et d'une fraîcheur rare fit son apparition dans l'encadrement de la porte, toujours précédée par le héraut d'arme qui fit son office.

Dame Blanche d'Ancenis, Baronne deHautval par la gloire des cinq et la volonté du Roi !

Il sortit à nouveau, retournant à l'étude des armoiries seigneuriales de la péninsule, sa principale mission. La voie était ainsi libre pour la jeune femme qui s'avança à son tour. Sa beauté était au diapason des ses origines sociales, et attira un instant le regard du Comte alors qu'elle approchait. Sa robe rouge avait sans nul doute été taillée spécialement pour elle et mettait en valeur ce singulier personnage en venant contraster sa blancheur d'obsidienne. La Baronne salua son ôte et son cousin, avant de s'avancer et de tendre la main comme il était de coutume.

Ma Dame, c'est un honneur pour un Velterien comme moi que de recevoir la Baronne de Hautval en personne. Beaucoup se dit à votre égard et à celui de votre beauté. Certains vous considèrent comme maudite, d'autres comme faible et d'autres encore comme une sournoise sorcière. Seule votre beauté fait néanmoins l'unanimité au sein des récits que j'ai pu lire et force est de constater que sur ce point, ils ne peuvent se tromper.

Baisant la main de la jeune femme après s'être doucement levé de son trône pour la saisir, le Comte de Velteroc indiqua le second siège présent et qui lui était à présent réservé. Cette jeune femme l'intéressait au plus haut point, autant par ce qu'elle était et l'aura glaciale qu'elle laissait ressentir que par ce qu'elle représentait politiquement dans le Duché d'Erac... Et potentiellement pour lui. Se rasseyant, il prit un air grave et une profonde inspiration.

Bien... Maintenant que tous les invités sont arrivés, permettez-moi de vous instruire sur les raisons de mon invitation. Nul besoin de vous rappeler, j'imagine, l'état lamentable dans lequel se trouve notre royaume. Les guerres intestines qui ont eu lieu et qui continuent d'avoir lieu fragilisent grandement nos terres et porte atteinte à notre sécurité à tous. Notre cher duché n'a pas été épargné par les affres du conflit et recommence seulement aujourd'hui, à retrouver sa stabilité d’antan.Par le passé, les sombres ont prélevés un lourd tribu parmi nos semblables, alors que nous étions unis. Nul ne sait qui sera notre prochain ennemi, mais si ces engeances démoniaques revenaient aujourd'hui, elles pourraient sans peine nous faucher comme le blé mûr que nous sommes devenus. C'est pour trouver des solutions à cette situation et pour consolider définitivement, sinon le royaume, du moins notre Duché que je nous ai réunis en ce jour. Aussi suggérerais-je un certain nombre d'évolutions à nos logiques jusqu’au-boutistes et isolationnistes.

Se levant alors, il fit le tour de son trône, tout en imageant ses dires de ses gestes, faisant doucement virevolter sa cape en soie de Christabel. Son regard se portait sur chacun de ses interlocuteur avec la régularité d'un métronome, guettant le moindre signe d'approbation ou de désapprobation. Ce qu'il proposait d'un ton solennel ne l'avait peut être jamais été, ou du-moins, personne n'en avait plus de trace.

La première de mes propositions concerne l'intégrité territoriale d'Erac. Vous autres Ancenis venez d'en hériter la régence (ce qui est en soi une bonne chose), mais nul ne sait si votre père, désormais quelque peu âgé, dit-il en regardant Blanche avec attention, va pouvoir assurer cette fonction pour très longtemps encore. Dans le cas où le pire viendrait à se produire ou s'il décidait de se retirer, il faut que nous soyons capable de proposer une alternative unificatrice et solide, en accord avec le Régent, cela va de soi. Mais il serait bien plus profitable pour nos terres que nous soyons en mesure de discuter du choix de cette régence plutôt que de la subir sans mot dire. De plus, les événements récents ont montré une incapacité de réaction concertée de nos territoires respectifs. La faute en revient en partie à notre manque de diplomatie et à nos incompréhensions mutuelles quant aux objectifs des uns et des autres. Ainsi, proposerais-je que nous créions une confrérie, alliant nos familles et nos terres dans le but de préserver le duché et, si les dieux le veulent, le Royaume. Cette confrérie pourrait se réunir, comme aujourd'hui, afin de discuter des événements majeurs qui secouent la péninsule et des suites que nous devons leur donner. Il y a d'autres points que je souhaiterais voir abordés ici, mais je pense qu'il convient de traiter ces deux premiers en amont. Qu'en pensez-vous ?

Finissant son tour de trône d'un pas lent, il se rassit tranquillement, posant ses mains sur les accoudoirs de ce dernier et installa son dos contre son dossier confortable. Ainsi positionné, il serait dans les meilleurs conditions pour écouter ce que ses invités avaient à dire. Nul doute que leur surprise était totale et que la déstabilisation et l'incompréhension initiales qu'il avait cru lire dans leurs yeux était sincère. Restait à présent à savoir quelle serait leur réaction.


Dernière édition par Nimmio de Velteroc le Mar 5 Mar - 19:07, édité 1 fois
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Aemon IV d'Ancenis
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MessageSujet: Re: Conclave en haute sphère   Mar 26 Fév - 0:16

Favrius d'Automne ; Premier jour de la première ennéade ; An 7, Cycle XI.

Introduit devant le comte voilà qu'Aemon s'avançait en acontre de celui-ci, jaugeant de ses yeux azurs le personnage auquel il serait bientôt confronté. Logiquement, il était l'un de ses vassaux tout comme il était l'uns du petit Roy et bien qu'aucun serment n'eut été formellement prononcé il prêtait à cet hôte le respect qui lui incombait. Rendant les courtoisies il fut surpris de la quantité d'informations que celui-ci détenait et préférant demeurer des plus laconique il ne s'éparpillait pas en de vains discours ou pompeuses explications. Les Ancenis avaient cette fâcheuse habitude de n'être bavard qu'envers leur pair, se méfiant de l'étranger comme d'une guigne et préférant observer avant de frapper. Invité à s'asseoir il saisi l'occasion de reposer ses jambes lourdes tout en continuant de boire la palabre du comte vraisemblablement rempli des dernières nouvelles, il ne pouvait qu'espérait ne pas déborder de cette prolixité.

Les événements récents revenaient au baron comme les restes d'odeur d'une vilaine charogne qu'on aurait oubliée. Véritable pot-pourrit qu'avait été la guerre d'Erac il n'en gardait, au surplus, qu'un vague parfum cela-dit, après-tout, il n'avait pas longtemps été au devant de la scène. Son frère s'était chargé de le mettre au pas tout comme il l'avait fait d'avec Léandre et plus tard, d'Anseric, beau-sire d'Arétria pour qui Aemon éprouvait une certaine affection. Leur cause ayant été bien différente et les us mis en œuvre également, il demeurait que l'annonce de sa mort avait attristé le sire d'Ancenis qui voyait par-là le déclin duquel ils avaient tous deux émit quelques craintes. Trouvant par-là l'échappatoire attendue il répondit au comte sur un ton moitié camus, moitié ronchon : « Erac a été une bien vilaine histoire, messire, croyez-m'en. De ce que vous avez pu entendre, je gagerai que le quart seulement est avéré tant les rumeurs se répandent et changent du tout au tout. C'est l'amour d'un frère qui m'a amené par-devers le félon Léandre et l'amour d'un frère qui m'a empêché de sombrer dans la folie, dirai-je. Vous ne souffrirez pas d'entendre ce récit, il est aussi ennuyeux qu'a été courte cette guerre dite du Lyron. » Aemon se gratta le nez, les yeux vide et à la fois plein de souvenirs, les oreilles basses. Il laissa son esprit vagabonder à quelques remembrances amères et d'autres plus joyeuses avant d'être tiré de ces rêveries par les interrogations du comte. « Le Régent est noble de cœur, lâcha-t-il tristement, j'ai bien peur d'avoir assombri nos retrouvailles messire et pourtant les cinq savent que je ne lui portais nul grief. Il m'a traité courtoisement, avec les égards requis à mon rang mais plus, dirais-je, à notre lien et... » Aemon devenait prudent, presque méfiant quand aux demandes du sire de Velteroc, mais par chance il fut secouru par l'entrée en scène de sa tendre cousine, quoiqu'à la mine un peu pincée de ce qu'il voyait.

Vite éclipsé par l'arrivée de Blanche, il ne pu que souffler et se leva pour accueillir la dernière hôte. Il n'y manquait rien, ses yeux de glaces, ses lèvres de feu, ses courbes lascives, presque libidineuses. Blanche dans toute sa splendeur bien que son regard aigri suffit à taire Aemon. Il n'aspirait pas à une querelle avec icelle, encore moins devant le comte. Heureux de la revoir il était tout de même chagriné qu'elle garde en elle quelque rancœur, la baron d'Ancenis se sentait désœuvré face à sa parente qui, reconnaissons-le, n'était pas au beau-fixe ces derniers temps. Et la conversation vira brusquement, le comte étalait dès lors ses véritables motivations, Aemon aux abois écoutait avec attention. N'osant pas l'interrompre il le laissa pérorer tandis que lui-même cherchait un regard complice avec Blanche qui de toute évidence n'y était que vaguement disposé.

Une fois terminé, il s'en tourna vers ses hôtes en prenant soin d'entendre leur appréciation et Aemon de continuer : « Raymond, mon oncle et Sénéchal d'Erac, puisse-t-il avoir longue vie est un homme fort, ma cousine en conviendra. Il serait présomptueux de soupçonner ses faiblesses et plus encore de l'envoyer à la bière, il la préfère au houblon, déclara-t-il avec un rictus. Vos projets, messire, sont bien grandioses, mais peut-être trop pressés. J'ai ouï dire que vous sortiez tout juste de quelques conflits intrinsèques à Velteroc, quant à moi, je cherche à regagner le soutien de la noblesse et de la bourgeoisie d'Ancenis. Mon absence et a fortiori l'absence d'un baron de sang ancenois n'a que trop marqué l'esprit de mes gens. Ils me regardent avec doute, me parlent avec méfiance et ma campagne en Erac n'a que conforté ce sentiment à mon égard. J'ai fort à faire en mes terres, vous le comprendrez, je n'en doute pas. » Marquant une pause, réfléchissant à ce qu'avait dit le compte, Aemon abaissa le regard comme pour chercher sur cette table une inscription qui l'aiderait à poursuivre. Il se leva et fit le tour de sa chaise pour venir s'appuyer contre elle, les mains jointes et, lançant un regard à Blanche puis à Nimmio poursuivi : « Vous parlez de confrérie, beau-sire, et voilà qui me fait chaud au cœur. Il y a bien longtemps qu'Erac n'a pas connu d'unité. Peut-être me suis-je emporté et je vois maintenant que cette union serait serviable, pareil vœu ne se peut qu'être bénéfique. Unir nos familles dites-vous ? |A la bonne heure ! J'ai des sœurs et des cousines dont une présente devant vous. Peut-être devrions-nous écouter ce qu'elle a à nous dire ? »

Fatigué de sa chevauchée, Aemon se sentait attiré par l'intrigue proposée et se sentait frais de nouveau. Il observait Blanche dans l'attente d'une réponse tout comme il jugeait de l'impact de ses propos envers le comte.
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Blanche d'Ancenis
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MessageSujet: Re: Conclave en haute sphère   Dim 3 Mar - 16:20



    Lors de l’arrivée de la Baronne de Hautval, cette dernière semblait avoir coupé court à une conversation déjà entamée qui ne semblait pas ravir Aemon à en juger par cette vilaine mine.  Elle écouta le premier discours du Comte qu’elle accueilli avec un sourire de circonstance. C’était simplement la politesse. Il ne dégageait aucune chaleur ni même douceur.



      « Beaucoup se dit, en effet. Et finalement personne ne sait. Quel dommage, n’est-ce pas que d’être dépendant de rumeurs. »



    Un sourire sournois étira ses lèvres d’un rouge éclatant. Lorsqu’il eut fini de lui baiser la main et l’invita à s’assoir, elle se devait de, avant cela, saluer son bien aimé cousin comme il se devait.



      « La honte serait sur moi si je ne saluais pas ma famille avec tout l’honneur et la sympathie que j’ai pour elle. Pardonnez-moi.»



    En effet, la Baronne vint baiser la joue droite du Baron en l’étreignant sommairement. Tout cela transpirait un semblant d’hypocrisie mais elle savait que les Ancenis étaient craints par leur ampleur et leur capacité à s’être insinué un peu partout tels des serpents ondoyant sans jamais qu’on puisse les attraper. Le geste était osé mais était avant tout le témoin de ces liens féroces. Enfin elle put s’assoir et commencer à écouter attentivement la longue tirade du Seigneur. L’état de fait du Royaume était connu et elle levait les yeux vers son cousin. Les prenait-il pour des poulains qu’on devait prendre sous son aile et tout leurs expliquer ? Le premier discours du Comte n’éveilla chez Blanche aucune sympathie si ce n’est de l’ennui. Elle savait. Elle sait. Elle saurait. La Baronne n’appréciait pas forcément ce genre de laïus. Elle aimait qu’on en vienne au fait et au plus vite car tourner en rond finissait par l’écœurer au bout d’un moment. Lorsque Nimmio se leva, elle s’extirpa de cette semi-torpeur dans laquelle il l’avait plongé et se concentra à nouveau sur le contenu. Le Seigneur faisait ses premières propositions, chose qui l’intéressait. Le premier commentaire la fit tiquer. Son père Raymond d’Ancenis ne mourrait pas de sitôt. Au fond de lui, il était une mauvaise herbe, tous savent combien ces dernières sont tenaces. De plus, le patriarche ne souffrait encore d’aucun mal de vieillesse si l’on considère qu’il était déjà un ancêtre dans sa cinquantaine d’années. Déjà le Comte pouvait voir l’agacement chez Blanche qui se contenta d’un froncement de sourcil. Elle entrouvrit les lèvres cependant elle fut interrompue par l’intervention d’Aemon qui rectifia les paroles du Seigneur. Fort bien. Elle se tut et préféra ouïr la suite. Elle n’était pas contre le fait de l’idée d’une alliance et se contentait d’acquiescer machinalement. Les propos du Baron d’Ancenis manquèrent de la faire bondir de son siège et de lui envoyer son éventail qu’elle avait soutiré d’un petit sac en velours plus tôt. Ses doigts délicats et finement manucurés se pressèrent davantage sur l’accessoire de même que les battements du panka s’accentuèrent. Aemon savait que lors de son premier mariage, elle avait perdu son époux. Il était mieux placé que quiconque pour connaitre l’impact qu’avait eu ses secondes épousailles sur elle. L’échec et le divorce l’avaient profondément marqué. Elle ne s’était pas encore remise de cette humiliation que déjà il voulait la vendre à un autre homme. Le regard courroucé braqué sur le Baron, elle ne disait mot pour l’instant. Après quelques battements de cil, Blanche reprit son calme.



      « En ce qui concerne ce qu’on pourrait appeler une confrérie du Médian, il serait intéressant, effectivement de s’allier. Nous formerions une certaine forme de rempart… Après ma Baronnie, elle, est amplement stabilisée et je ne souffre d’aucun manque de confiance de mes vassaux ni de mes gens. Pour la seconde proposition, un mariage pourrait être envisagé, j’ai moi-même encore deux sœurs à marier… Sans parler de ma personne. »



    Elle conclut sa phrase par un sourire forcé en fixant longuement Aemon avant de détourner sa frimousse en direction du Comte devant lequel elle battit des cils et offrit la plus belle expression de ravissement sur son délicat minois.



Dernière édition par Blanche de Hautval le Jeu 20 Juin - 14:05, édité 1 fois
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Nimmio de Velteroc
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MessageSujet: Re: Conclave en haute sphère   Mar 5 Mar - 19:06

Décidément, ces Ancenis étaient de drôles de personnages. Ils venaient littéralement d'anticiper la suite de la conversation, comme si cette dernière eut toujours été limpide à l'image des eaux du Mélian. Ainsi, le Comte de Velteroc s'était-il vu confirmer, avant d'avoir avancé le moindre argument, la création de cette nécessaire « Confrérie du Médian », l'amitié de ses vassaux et la proposition d'un mariage qui assurerait pleinement une stabilisation définitive du Duché. Blanche de Hautval, cette femme intrigante à la beauté glacée n'était peut-être que Baronne et ce mariage n'apporterait, diplomatiquement parlant au Velterien que peu de renommée, mais elle ne dirigeait pas n'importe quelle baronnie. Hautval était sans nul doute la plus importante du royaume et sa position stratégique permettrait à son possesseur de donner un sacré coup de frein à l'économie Diantraise. Velteroc, Hautval et Ancenis, ainsi liés par le sang représenteraient, comme la baronne venait de le suggérer, un « rempart » impressionnant, à même de couper la péninsule en deux si jamais l'impérieuse nécessité s'en faisait sentir.

Ils semblaient cependant plus réticents à parler de la régence Eratienne, comme si une certaine crainte s’insinuait en eux à l'idée que le « règne » de Raymond ne prenne fin. Nimmio n'avait cependant pas cherché à insinuer quoi que ce fut. Il s'était simplement contenté de signaler un état de fait. Le vieil Ancenis avait atteint un âge où bien des hommes se retrouvaient dans une condition physique et psychologique déclinante. Peut-être avait-il encore de longues années de régence devant lui, mais il convenait à tout seigneur réaliste de préparer le pire tout en espérant le meilleur, plutôt que de préparer le meilleur en craignant le pire. Le Comte avait néanmoins compris que le sujet était relativement miné et qu'il convenait ainsi de l'éviter pour la suite de cette réunion. Le temps ferrait son œuvre et, tôt ou tard, ils en rediscuteraient, en ce lieu ou en un autre.

Se concentrant à nouveau sur ses invités et joignant ses mains sous son nez tout en gardant ses coudes sur les accoudoirs, Nimmio s'aménagea un instant de silence avant de formuler les réponses qui convenaient aux déclarations des Ancenis. Lui qui s'était préparé à devoir les convaincre à force d'arguments et au cours de longues heures de négociations était paradoxalement, presque déstabilisé par leur acceptation aussi rapide. Cette idée le fit sourire un instant puis, regardant alternativement Aemon et Blanche, il prit le tour de parole qui lui revenait à présent.

Et bien, s'il eut été dit que l'on me proposa aussi promptement de me marier, j’eus été persuadé d'une amusante plaisanterie. Cependant, la présente proposition étant faite, il me faut y répondre. Une alliance des familles de Velteroc et d'Ancenis serait en effet le plus flamboyant symbole d'unité que nous puissions donner à notre duché qui en a grand besoin en ces temps difficiles. Je ne vous cache pas que si vous n'eussiez amené la proposition, celle-ci eut été de mon fait. Blanche, vous incarnez, par votre grâce et l'acuité de votre raison, toute la grandeur des Ancenis de Hautval. Vous épouser apporterait à nos deux territoires beaucoup de joie, j'en suis certain. Aussi me permettrais-je de penser que si un mariage eut un sens pour unir nos famille, il s'agirait bien du notre.

Prenant à présent un peu de recul, dans son siège, le comte reprit une légère inspiration. Il venait de livrer son point de vue sur le mariage proposé et s'attendait à ce que les réactions de ses convives puissent être de tout ordre. Mais il restait néanmoins persuadé que ces dernières seraient globalement positives. Après tout, ne venait-il pas d’accéder à leur requête ? Il convenait à présent de répondre au second point qui les préoccupait et à toutes les questions qu'il ne manquerait pas de soulever.

En ce qui concerne la Confrérie, je vois que l’idée fait son chemin et que vous en étiez finalement arrivés aux mêmes conclusions que moi. Aussi, pouvons-nous sans doute passer à présent aux commodités que nécessite la mise en place d'une telle institution, aussi informelle soit-elle. Mais commençons par sa précise définition de prime abord. Ce que je visualisais, en vous présentant cette confrérie, c'est une organisation informelle mais aux impacts certains sur la politique du Duché. Premièrement, il nous faut un lieu où nous pourrons nous réunir secrètement. Votre venue, sous un prétexte festif, a fait beaucoup de bruit et nul n’ignore aujourd'hui que vous vous trouvez en ces lieux. Si nous nous rencontrons ostensiblement trop souvent, les murs commenceront à avoir des oreilles et des yeux... Et alors nos entreprises perdront toute leur substance et tout leur impact. Le lieu réservé à nos entrevues ne devra en aucun cas se trouver au sein de l'une de nos villes majeures, sans pour autant nous éloigner au delà du raisonnable de nos prérogatives individuelles. Car, de la même manière que les réunions trop fréquentes, les absences trop régulières n'oublient pas d'attirer l'attention.

Une nouvelle pause. Il fallait laisser le temps aux invités de digérer l'information et de préparer, à leur tour, quelques propositions de lieux, qui ne manqueraient pas d'avoir une quelconque pertinence. Il avait lui même quelques idées, mais il était encore trop tôt pour les énoncer. Voyant que ses interlocuteurs semblaient prêts à continuer, le Comte de Velteroc reprit de plus belle.

La seconde question est celle de la répartition des rôles que nécessite une telle Confrérie. Isolés, vacants à nos petites occupations seigneuriales, nous manquons d'implication là ou se joue indirectement notre destin. Je parle ici de la cour du Roi, que nous autres Eraciens avons délaissée depuis trop longtemps et où les intrigues se mêlent et se démêlent sans que nous ne puissions y interférer, lorsqu'il serait nécessaire de le faire. Je parle aussi de ces territoires où se déroulent aujourd'hui de sanglants conflits qui, non contents de sceller le destin de nombreuses contrés, risquent par ricochet de nous atteindre, créant des failles dans la protection de la péninsule, vis-à-vis d'ennemis bien plus redoutable que quelques nobles avides de pouvoir et de richesse.

Enfin, la troisième question concerne les moyens à employer pour parvenir à nos fins. A ce sujet, les trois principaux leviers dont nous disposons actuellement sont les leviers diplomatiques, économiques et militaires. Pouvant se recouper ou non avec les rôles précédemment énoncés, ils possèdent chacun une importance équivalente à mon sens. Diplomatiquement, cela signifie mettre en lien nos relations avec l'extérieur et développer une politique commune vis-à-vis des autres territoires diantrais et de la couronne. Économiquement, cela signifie sécuriser nos routes commerciales et y établir un contrôle solide afin de pouvoir y influer à notre guise et selon les besoins. Enfin, militairement, cela signifie développer les interactions possibles entres nos forces de frappes et apprendre à composer avec les us, coutumes et stratégies propres à chacun de nos peuples.


Il venait désormais de poser tout le projet dans la balance. Nul doute qu'il s'était assuré, qu'après la curiosité, il venait à présent d'obtenir toute l'attention des Ancenis. Une telle proposition ne se faisait pas tous les jours et si, d'aventure, elle était acceptée, la face du médian en serait modifiée pour longtemps. Quelque peu essoufflé par cette longue tirade, digne d'un Cléophas, Nimmio s'affaissa légèrement sur son fauteuil, guettant les réactions de ses convives.
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Blanche d'Ancenis
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MessageSujet: Re: Conclave en haute sphère   Ven 15 Mar - 14:08

    Les saphirs vacillèrent jusqu’à sonder le regard du Comte. Cette mise en valeur que lui témoignait Nimmio l’étonna. Beaucoup d’hommes ne tarissaient pas d’éloge sur sa beauté. C’était un fait. Et malgré son âge avancé pour une dame de son rang non mariée, Blanche d’Ancenis ne semblait souffrir d’aucunes ridules et encore moins d’une ride. Le temps semblait avoir peu d’emprise sur elle et elle conservait toute la fraicheur de sa jeunesse. Pourtant, après un premier mariage où elle se retrouva veuve puis un seconde tout aussi peu miséricordieux qui poussa son ex-époux à la divorcer, les étrangers de sa Baronnie la disait femme maudite. Le Comte semblait peu croyant et ne désirait pas prendre en compte ce parcours chaotique. C’était un avantage pour elle. La Dame de Hautval accueillit ses louanges avec un sourire de circonstance, demeurant polie.

      « De fait, nous pourrions nous entretenir sur les conséquences de cet heureux évènement… Et puisque j’ai tout confiance en mon bien aimé cousin, Aemon d’Ancenis, ce ne sera pas nécessaire d’en discuter en privé. Je serais une bonne épouse et je vous donnerai un héritier. »


    Les perles cérulées roulèrent un instant en direction du Baron et revinrent ensuite sur son prétendant afin d’écouter la suite de ses dires. Si ce mariage se concluait, il fallait en parler au plus vite à son père et sa mère. Ses parents seraient sans doute heureux qu’elle trouve enfin un nouveau mari car elle ne resterait pas toujours fraiche et disposée, cependant le choix serait sans doute discutable. Il était Comte mais ce dernier n’avait pas participé aux récents évènements qui secouèrent la Péninsule. Il n’y eut aucune intervention vis-à-vis d’Érac prétextant l’instabilité du Comté. Ceci n’était pas un point en sa faveur. Son premier discours la poussa à répondre sans attendre.

      « Si nous nous marions en hâte, cela ne sera pas un problème pour nos deux personnes. Après, il faudra certes trouver un subterfuge pour mon cousin, Aemon. Cependant, si Néera nous apporte sa bénédiction et qu’un enfant nait de notre union, cela pourrait être un prétexte pour vous, Aemon, de venir me voir surtout si je vous fais parrain avec l’accord du Comte Nimmio, si vous n’y voyez pas d’objection, MonSeigneur. Ce n’est qu’une proposition. »


    C’était une alternative. Le Mariage faciliterait obligatoirement la rencontre du Comte et de la Baronne mais il resterait le Baron d’Ancenis à caser sur l’échiquier. Sa proposition pouvait être plausible encore faut-il que la chance soit avec eux. Blanche parlait de grossesse et de mariage avec légèreté. Ce n’était plus qu’une formalité pour elle après quatre grossesses dont deux d’entre elles tournèrent mal. Son âme était pratiquement consumée et elle se contentait de suivre son instinct afin de survivre dans ce monde qui lui était impitoyable. Elle n’avait pratiquement plus aucun scrupule tant que ça lui permettait d’avoir une vie confortable et de se maintenir à la tête de sa Baronnie qu’elle chérissait comme si cette terre était son propre enfant.

    A la seconde « question », elle ne répondit rien, n’ayant aucun avis à ce sujet. Pour l’instant, la situation du Baron d’Etherna la peinait quelque peu et elle aurait aimé l’aider. Cependant avant de pouvoir venir en aide à quiconque, il faudrait se mouiller ce qui se résumerait à dire : prendre des risques. Elle se considérait encore trop fragile pour intervenir dans un quelconque conflit et redoutait qu’une nouvelle guerre éclate et fasse souffrir son peuple. De plus, elle ne voulait pas se mêler de trop près à la cour du Roi pour des raisons personnelles. Ainsi, elle se contenta d’hocher sommairement le menton. Par contre, elle ne se considérait pas Eraçienne. Elle était une Ancenoise et une Hautvaloise mais n’avait pas de sentiment d’appartenance au dit Duché dont était en charge son Père, Raymond d’Ancenis.

    Au troisième point, Blanche répondit.

      « Les routes de Hautval sont sûrs. Hautval est le carrefour économique entre le Nord et le Sud et donc Diantra. Des garnisons sécurisent la route qu’emploient les marchands et ce depuis ma venue sur le trône baronnial. Je ne suis, par contre, pas responsable des terres voisines. A ce niveau, je pense être parfaitement en ordre. Pour ce qui est de la partie militaire… Je ne suis pas contre d’essayer d’associer les spécialisations de nos armées, cependant … J’émets quelques doutes quant à l’apprentissage de nos tactiques… Vous n’êtes pas sans savoir qu’un vieux dicton dit que tout Hautvalois sait manier un arc comme un bretteur sait manier une épée. »


    D'ailleurs, la Baronne ne faisait pas exception. Blanche savait manier l'arc et l'épée, en plus de ses talents d'Aéromancienne. Un sourire étira la commissure de ses lèvres carmines. Régulièrement ses éclats bleutés circulaient d’un homme à un autre, cherchant chez son cousin un certain soutient et essayant de deviner ses pensées.
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Aemon IV d'Ancenis
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MessageSujet: Re: Conclave en haute sphère   Mer 20 Mar - 2:55

Favrius d'Automne ; Premier jour de la première ennéade ; An 7, Cycle XI.

Longtemps l'austère Baron demeura silencieux et tout ouïe écoutait les péroraisons de l'un encore étranger à sa cause et de l'autre, tendre à son cœur. Les termes que prenait la rencontre devenaient intéressants pour les parties en présence, mais plus encore, celui qui retint son attention était, à l'évidence, la joie qui découlait de cette annonce de mariage à demie voilée. Une heureuse nouvelle en des temps si tristes. La guerre au Nord trouvait son écho dans les terres plus au sud et la rumeur de la guerre civile apeurait plus qu'elle n'offrait de certitude quand aux marches du Royaume. La situation était grave, à n'en pas douter et le Régent demeurait sourd aux suppliques des rechapés d'Oësgard. Cela dit, il fallait aux Seigneurs du Médian s'assurer de leur position et les en conforter, chose qui en toute vraisemblance animait le cœur du Comte Nimmio. Trois points furent abordés, trois points sur lesquels se devait de répondre le bon Aemon. En bon galant qu'il était, il laissa la parole à sa chère cousine et de coutume, son regard suffisait pour apaiser les cœurs et aplanir les tensions. Sa beauté semblait redonner vie au lieu d'une grisaille terne et ses lèvres de feu suffirent à enhardir la ferveur d'Ancenis tout comme elles suffirent à fourbir l'aspect morne de Velteroc.

« Ma Dame de Hautval sait que mon cœur ne pourrait la trahir. Ma cousine m'est chère et confiance est de mise quant à ses promesses. Elle les respectera, aussi, nous reparlerons du mariage et de ses convenances, messire, sitôt que nos esprits enjoués se seront reposés et nos estomacs remplis! » Continuant sur sa lancée, après tout, la parole lui revenait, le Baron ne souffrant nulle interruption dans sa pénultième tirade, il annonçait tout en se rapprochant de Blanche et la saisissant par les épaules dans un geste affectueux : « Me voilà heureux ! A n'en pas douter que votre fils sera fort et j'aurais mérite d'en être Père devant les dieux. C'est grand reconnaissance et honneur que vous me feriez, s'exclamait-il, tout ému par la nouvelle. Plus qu'un motif pour que nous nous assemblions, cet enfant est la promesse d'une bonne entente. Ne vous tourmentez pas, messire, nos rencontres se feront à la vue et au su de tous, il n'en sera que plus aisé d'en couvrir le contenu. Cela nous permettra d'offrir à la roture et aux vilains quelque spectacle et divertissement. Peut-être à l'occasion des foires ? » Il s'en retournait s'asseoir et bu une gorgée de vin, se léchant la lèvre des quelques gouttes qui demeuraient, il lançait successivement des regards à Blanche et Nimmio et poursuivait, enfin : « Ne dit-on pas : Qui conçoit en secret, accouche en public ? Et à vrai dire, il n'est que Blanche que je veuille voir enfanter. » Il bu une nouvelle gorgée, réfléchissant aux paroles de ses interlocuteurs, méditant la question, mais une fois encore, tout lui semblait clair sans avoir recours à la discrétion. Aemon, bien qu'instruit n'en demeurait pas moins chevalier et des intrigues, il avait son content. La Cour ne l'intéressait guère, pas plus que les complots qui s'y fomentaient. Laissez aux rats le soin des miettes et aux chiens celui des rogatons, le Baron mangerait sa miche de pain et sa viande en toute quiétude.

« Je conçois vos intentions messire de Velteroc, mais finalement, n'est-ce pas là ce qu'un mariage vous apporterez et ce, sans discours sinon celui du fin'amor et de la galanterie ? M'est avis que les pensées de ma cousine ont trouvé place pour vous, aussi, nul besoin de recourir à la discrétion, au secret et à l'intrigue pour assurer une amitié intelligente entre nos maisons. Mon affection est toute acquise. Le seul point sur lequel nous pourrions avoir débat est le commerce, mais les marchands sont de beaux et bons hommes et grands, qui plus est. Ils savent où trouver l'épée pour les défendre et comment l'obtenir, ils connaissent les routes et les sentiers et les forêts mieux que nos veneurs. Favorisons-les, cela-dit. Améliorons nos échanges, supprimons des taxes, construisons des routes, qu'importe, je laisserai le soin à nos clercs et notables de m'informer des meilleurs issues. » Ainsi concluait-il, ainsi répondait-il. Aemon fit signe à ce qu'on remplisse sa coupe une nouvelle fois, assurément parler donnait soif et comprenait-il mieux ces suderons saoulés en de vaines verbigérations. Ils aiment beaucoup beaucoup le vin ces sacripants !
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Nimmio de Velteroc
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MessageSujet: Re: Conclave en haute sphère   Jeu 21 Mar - 21:36

Ses deux convives venaient à peine de terminer un nouveau tour de parole que le Comte délia les mains qu'il avait jusqu'ici nouées sous son menton afin de leur répondre. Si tous trois s'étaient légèrement jaugés en arrivant, une sincère camaraderie s'installait à présent entre eux. Blanche de Hautval et Aemon d'Ancenis semblaient particulièrement approuver l'idée de mariage en tant que symbole d'unification du Médian et de stabilisation de cette contrée importante du royaume. Il devenait évident que l'idée de ce mariage les habitait déjà avant qu'ils n'aient posé le premier pied en terre Velterienne. Cette alliance de deux illustres familles, l'une issue de la noblesse immémoriale et l'autre d'une noblesse au moins historique serait sans coup férir un grand événement à ne pas manquer.

Et bien dans ce cas, je propose que nous actions ce mariage et que nous préparions, comme le propose Dame Blanche de Hautval, future Comtesse de Velteroc, l'événement dans les plus brefs délais. Je comprendrais ser Aemon que vous vous posiez des questions quant à cette précipitation, mais votre curiosité bienvenue sera très rapidement étanchée lorsque je vous aurai présenté la suite de mes projets. Mais en attendant, que pensez-vous du sixième jour de la quatrième ennéade de ce mois-ci ? Cela nous laisserait suffisamment de temps pour le préparer et concevoir notre héritier, tout en m'accordant la possibilité de poursuivre mes préparatifs pour la suite.

Il venait de prononcer ces paroles sur un ton relativement enjoué. A vrai dire, l'idée d'être père et de perpétuer sa lignée l'amusait beaucoup. Il n'y avait jamais réellement songé par le passé et l'annonce de Blanche avait créé en lui une émotion étrange, qu'il ne parvenait pas à définir pour le moment mais qui lui était néanmoins plaisante. Se ressaisissant et raffermissant son allure légèrement affaissée, il entreprit cependant de poursuivre sur sa lancée.

Hum... Pour en revenir à cette histoire de routes par où cheminent les marchands qui irriguent la péninsule de leurs bienfaits... Je parlais de les sécuriser davantage par souci d'en assurer le contrôle plein et entier ainsi que notre jouissance des taxes afférentes, que pour faciliter le commerce à vrai dire. Mais votre intention est néanmoins louable bien qu'étrange à mes yeux. Supprimer le droit de passage revient à nous priver d'une manne financière importante ; plus vous que moi par ailleurs, puisque Velteroc ne se situe qu'en marge des principaux lieux passages de marchandises. Mais je serais fort intéressé d'échanger avec vous sur cette opinion que j’entends exprimée pour la première fois.

Le ton de sa voix était cordial et sincère. La réaction de Blanche s'était inscrite dans la lignée de ce qu'il avait toujours connu, tandis que celle d'Aemon était une première pour ses oreilles. La curiosité du jeune seigneur avait été atteinte en plein cœur. Il s'arrangerait sans nul doute pour découvrir (si possible) les origines d'un tel raisonnement, qui lui paraissait bien étrange.

Pour ce qui est des armées et de la géopolitique en générale... Je ne vous cache pas que mon expérience pour la stratégie et la tactique dépassent de très loin mes compétences diplomatiques et que j'avais l'espoir initial de trouver chez l'un de vous deux l'ambassadeur idéal de notre cause. Si je comprends parfaitement les difficultés éprouvées par ma future femme suite au passé difficile que nous lui connaissons tous, je pensais que vous, ser Aemon, seriez tout indiqué pour la tâche. Mais votre non réponse sur ce point semble indiquer un malaise, que j'imagine lié aux événements que vous avez récemment traversés. Aussi sommes-nous dès lors contraints de réfléchir à une quatrième possibilité. Peut-être mon futur beau-père, que je n'ai pas encore eu la chance de rencontrer, accepterait-il d'endosser ce rôle si nous le lui proposions... Il est homme de sagesse et de retenue m'a-t-on dit.

Il fit une longue pause, jaugeant les réactions de ses convives qu'il pensait légèrement embarrassés par cette réflexion nécessaire, mais néanmoins rendue difficile par leurs historiques respectifs. Il espérait ne point les froisser par ses propos, dont la sincérité était pleine et entière.

Bien, si vous l'acceptez, passons à l'étude de la suite des événements. Vous n'êtes pas sans savoir que le Nord est aujourd'hui dans une situation des plus compliquée. Morcelé et en guerre civile depuis de longs mois déjà, sa déchéance devient de plus en plus problématique. La non-réaction du régent est soit le signe d'un dangereux désintérêt, soit un aveu de faiblesse, plus dangereux encore. Une contagion est à craindre et j'ai peur que le royaume qu'à défendu notre bon Roi Trystan ne finisse par s'effondrer et se morceler. Nous devons à tout prix l'éviter si nous ne voulons pas finir entre les mains d'ennemis bien plus retors qui, j'en suis certain, guettent le moindre signe de faiblesse de notre part. Aussi ferrais-je en ce jour une proposition.

Je prévois de monter une expédition Médianaise en direction des Wandres. L'objectif affiché sera la sécurisation d'une route commerciale vers la Nanie, route qui a disparu depuis longtemps mais dont les vestiges ne demandent qu'à reprendre vie. Mais au-delà de l’intérêt intrinsèque à l'entrée en contact et en commerce avec les nains, il y a aussi la position stratégique dudit territoire. Directement situé au nord d'Arétria et à l'ouest de Seramire, il permet de stationner à une distance raisonnable des conflits susnommés. Y posséder une tête de pont nous permettrait ainsi d'avoir un œil directement posé sur ce qui se trame dans la région. Quant au financement, j'espère être en mesure l'assurer, à terme, grâce aux taxes prélevées sur la route nouvellement sécurisée et au commerce et les liens diplomatiques noués avec les tribus Wandriennes.

De plus, je ne vous cache pas que ce qui se passe en Seramire est ce qui attire le plus mon attention. En effet, mes derniers rapports indiquent que Jérôme de Clairsac, Baron d'Etherna est à la tête des forces qui se sont lancées à la conquête du Marquisat. Je ne connais, pour l'heure, ses motivations exactes. Mais connaissant le personnage de réputation, ainsi que la situation de guerre civile larvée qui précédait son arrivée, je ne peux qu'avoir un regard bienveillant sur son entreprise de stabilisation. Néanmoins, si la manière et la méthode dénotent plus de la témérité que de la sagesse, il est probable qu'un échec de sa part n’améliorerait rien. Pire, il fragiliserait davantage le peu de stabilité qu'il subsiste dans le nord.

Enfin, il est évident qu'une telle entreprise aurait bien plus de force diplomatique et militaire si elle était mise en œuvre conjointement par nos trois territoires. Je pensais ainsi proposer une première force expéditionnaire composée de sept-cent Velteriens et vous demander d'y adjoindre quatre-cent Hautvalois et quatre-cent Anceniens, pour un total de mille-cinq-cent hommes. Que pensez-vous de cette idée ?


Il rendit alors la parole à ses invités, essayant de jauger leurs réactions. Jusqu'ici, les belles paroles étaient de mise quant à la création de leur confrérie et la fraternité entre leurs territoires, tout ceci en vue de stabiliser le médian et de lui faire prendre toute sa place dans la politique péninsulaire. Néanmoins, cette proposition représentait un passage à l'acte concret et une validation définitive de tout ce qui avait été annoncé. Tous restreints qu'étaient ces effectifs à l'échelle de leurs territoires, ils engageaient les trois seigneurs sur le plan diplomatique, ne serait-ce que symboliquement pour les deux Barons.
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Blanche d'Ancenis
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MessageSujet: Re: Conclave en haute sphère   Ven 29 Mar - 15:01

    Blanche eut mauvaise mine face à aux premières paroles d’Aemon. Elle dissimula une grimace et se retenait de lui envoyer son fiel au visage. Il n’avait pas tenu l’une de ses promesses. Il en avait été incapable mais l’adversaire de son cousin était quelqu’un d’intelligent, talentueux, il avait toutes les qualités pour lui tenir tête ce qu’il fit d’ailleurs. La raison lui disait ne pas lui en vouloir, pourtant, elle avait placé tous ses espoirs en son sein. L’espoir d’avoir à nouveau son honneur sauve. Face à cet échec, elle avait dû changer de stratégie et s’occuper elle-même du problème à sa façon. Blanche n’avait aucun scrupule à bafouer les vestiges des principes. Elle n’avait plus rien à perdre si ce n’est sa Baronnie et ne rechignerait pas à se trainer dans la boue pour atteindre son but. Aucun mot ne sortit de ses lèvres. Elle écoutait. Elle n’eut rien à redire sur la suite du discours d’Aemon se contentant de tremper distraitement ses lèvres dans l’ambroisie. Ses ongles s’amusaient avec la surface de sa coupe. Les paroles de Nimmio n’évoquèrent pour elle aucune réponse. Elle se contentait d’acquiescer. Les routes de Hautval étaient sécurisées. Des garnisons circulaient, les chemins étaient même pavés pour faciliter leur avancée. Elle ne pensait pas à renforcer, cela serait une perte d’argent. Elle leva les yeux lors de sa troisième intervention.

      « Me prenez-vous pour une faible femme, Comte ? Les évènements passés servent à renforcer l’âme. Sachez que chaque erreur forge l’expérience et l’avenir. Cependant… Il est vrai qu’Aemon ferait un fin stratège. Quant à mon père, je ne puis assurer son consentement. »


    Elle en fut presque vexée mais mit cette maladresse sur le compte de la jeunesse du Comte. Une nouvelle gorgée de vin la désaltéra. Le quatrième point fut soulevé. Encore une fois, elle attendit que Nimmio ait fini pour répondre.

      « Vous n’êtes sans doute pas sans savoir que l’ancienne Duchesse Inès de Soltariel a mené une expédition via les vois maritimes jusqu’en Nanie et son entreprise fut un succès… Maintenant que Margot de Soltariel est au pouvoir, cela m’étonnerait beaucoup qu’une Duchesse nous laisse empiéter sur son butin. Un chemin via les Wandres est risqué… Surtout qu’il est beaucoup plus aisé de s’y rendre en bateau, l’on gagne du temps si la Déesse des Flots se montre clémente…. Après, je préfèrerais avoir des garanties de succès. De plus, vous n’êtes pas sans savoir du funeste évènement qui a eu lieu pour les Nains…. Lors du Voile, il vous faudra quelqu’un de diplomate. »


    Elle marque une pause, finissant son calice.

      « Le Baron d’Etherna, Jérôme de Clairssac, est mon ami et je suis peinée face aux affres de son destin. Que les Cinq soient cléments envers lui… Nous pourrions, en effet, l’aider… Cependant, le Marquis d’Odélian est mon beau-frère, je ne voudrais pas attirer ses foudres si je venais à aider son Vassal si jamais il désapprouvait son entreprise et je n’aimerais pas non plus me confronter à l’autorité royale si cette dernière décidait d’intervenir. Par contre… Je pense que privilégier les voies maritimes pour se rendre en Serramire est préférable, devoir traverser les terres de la Marquise de Sainte-Berthilde, épouse du Régent, nous mettrait des batons dans les roues car je pense que notre bien aimé Régent s’opposerait à une telle entreprise. »


    Elle demanda à ce qu’on la serve à nouveau et attendait désormais les réactions des uns et des autres.
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Aemon IV d'Ancenis
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MessageSujet: Re: Conclave en haute sphère   Jeu 4 Avr - 23:29

Favrius d'Automne ; Premier jour de la première ennéade ; An 7, Cycle XI.

Aemon écoutait sans réellement prêter l'oreille. Un fourmillement désagréable au bout des doigts accaparait toute son attention, cette gêne allait en s'amplifiant et se joignait à une migraine naissante, il la sentait. Sa tête commençait à lui peser. Tandis que sa cousine et le Comte discutaient entre eux, ces picotements devinrent plus virulents à un point tel que des démangeaisons le saisirent soudain, juste là, sous les ongles, une sorte de galéjade des Dieux. Il saisit sa coupe et bu une longue gorgée avant de comprendre que les yeux étaient tournés vers lui et que son tour était venu de répondre. Il commençait à fatigué et sa mine s'était roidi, son sourire figé, il répondit néanmoins, et à tous les points évoqués qui, selon lui, méritait un nouvel avis, comprenant comme clos les sujets précédents :

« Si le Nord, messire, est incapable d'assurer sa propre cohésion, pourquoi nous, le médian, devrions intervenir ? Laissons ces barbares munis de hache s’entre découper et grand bien leur fasse. Je ne crois pas qu'une contagion soit à craindre, il s'agit bien, d'après les rapports, d'un conflit d'intérêt entre nobles et nobliaux. De plus, Oësgard est à feu et à sang. Odélian, Etherna, soit la moitié des terres du Nord sont en très bonne forme et leurs Seigneurs tout aussi bien portant. Serramire, me direz-vous. Serramire n'est que le résultat de ses défaillances. J'avais proposé un mariage à la Dame d'Outremont, c'est en me renvoyant mes présents qu'elle a mis un terme à mes avances. Je lui offrais la paix, il semble qu'elle n'en a nul besoin, alors je vous le dis : Laissons le Nord panser les plaies qu'il s'inflige lui-même. »

Aemon se flatta la barbe quelques instants et repris, toujours aussi incisif :

« Je me demande, Sire de Velteroc, comment vous réagiriez si vous construisiez une ferme, en labouriez le champ, que vous y plantiez du blé et qu'une fois votre labeur terminée et votre blé fauché l'on vienne vous déloger et l'on vous fasse payer ce blé. C'est ce qui vous attend et nous attend si nous prenons part à votre projet Wandrais. Pourquoi aller faire le travail d'autres ? Pourquoi amènerais-je mes chevaliers en ces terres inhospitalières si ce n'est pour les conduire dans des marécages nauséeux et qu'ils gouttent à la cuisse de sauvages vêtues avec des peaux de bêtes encore vivantes ? » Il marqua une pause comme pour insister sur ces vérités et continua, la mine de plus en plus sévère. « Supposons que nous menions à bien cette expédition, que la route soit dégagée, que les marchandises circulent. Croyez-vous que ces insoumis nous laisserons en paix ? Les caravanes seront pillées, les marchands chassés au mieux et tués au pire. Il y aura des révoltes soutenues par ces barbares à qui vous aurez précédemment accorder votre confiance grâce à un morceau de papier qu'ils ne sauront sans doute même pas déchiffrer. Vous prélèveriez des taxes sur cette route, fort bien, mais croyez-vous que l'on vous y laissera assez longtemps pour amortir vos dépenses ? Si l'aubaine est bonne et belle pour vous, ne l'est-elle pas pour d'autres ? Pourquoi les Wandres ne l'ouvrent-elles pas ? Tout simplement parce que ce peuple vérolé n'est en rien comparable à nous. Ils couchent avec les bêtes et nomment leurs enfants d'après des Dieux païens. Les femmes forniquent avec des serpents et donnent naissance à des nourrissons rampants et les hommes s'accouplent avec leurs propres filles. Un peuple de damnés oubliés de la Damedieu, voilà ce qui se trouve en Wandres. »

Le dégoût marbrait son visage et l'agitation gagnait sa main droite posée sur la table, de faibles tremblements. Aemon continuait cependant, faisant abstraction de son état dégradé : « Je dis même qu'une fois cette routé dégagée et à supposer que tout se passe pour le mieux, pourrions-nous conserver cette route sous notre égide ? Je ne crois pas. Que ce soit les Nains, Serramire, Arétria ou qui sais-je encore, nous n'aurions ni le temps ni les fonds nécessaires pour mener à bien une force armée punitive et conquérante. Taxons les routes, qu'à cela ne tienne, et voilà que le Nord se découvrira le pied marin. C'est déjà le cas, aujourd'hui et ce commerce semble plutôt bien huilé. Pourquoi en changer ? Sinon pour des désagréments et de l'or salement dépensé. Or qui depuis quelques temps semble fuir mes coffres, messire. Je vous le dis, tristement et en dépit de l'affection que je peux vous porter, je ne participerai pas à un tel projet. » Le ton était clair, concis et à l’accoutumé rude.

Aemon ne voulait pas revenir sur les actions de De Clairssac à Serramire, ce qui se passait en ces terres ne l'intéressait plus vraiment et il perdait goût, à force, pour les intrigues de la Péninsule. Il s'en voulait partir et voyager, l'aventure lui manquait lui qui, enfant, rêvait de monstre et de dragons. Aemon pris de maux de têtes plus graves se leva alors et s'inclina modestement devant le Comte et devant sa cousine les priant de bien vouloir l'excuser, sa santé lui imposait de se retirer de la conversation et à fortiori, de Velteroc. Il n'en attendait pas moins de l'hospitalité du Comte qu'un page l'escorte jusqu'à sa chambre et lui fasse parvenir nourriture et boisson. Il supposait en avoir terminé de cette rencontre qui aura été riche. Un mariage à la clé, une alliance en perspective. Ils auront de nouveau le loisir de se rencontrer en d'autres circonstances et pour de nouveaux projets, cette fois-ci, peut-être à la portée d'Aemon le fauché.
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Nimmio de Velteroc
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MessageSujet: Re: Conclave en haute sphère   Mer 10 Avr - 17:58

La Dame de Hautval avait du répondant. La moindre allusion à une possible faiblesse de sa condition de femme amenait une réponse digne des seigneurs guerriers du nord. Sa stature était celle d'une régente éprouvée par la vie mais qui n'avait jamais ployé sous la tempête et tenait toujours debout, tel un roc dans l'adversité.

Je vous rassure ma Dame, je ne commettrais jamais l'erreur de vous renvoyer à votre condition qui na de faible que l’appellation. Bien des femmes sont en réalité plus forte que la plupart des hommes et ma mère, une d'entre elles, me l'a fort bien prouvé. Pour ce qui est de votre père, je vous laisse le soins de lui soumettre l'idée. En cas de refus de sa part, sans doute serais-je contraint de revoir mes manières afin de nous représenter à la cour du Roi.

L'argumentation de la baronne quant à la situation géopolitique du nord et des routes vers la manie était pertinente. Elle devait également avoir de bons informateurs et s'être longtemps penchée sur la question. Elle s’avérerait sans doute d'une grande aide pour la suite, amenant ses réflexions froides lorsque le Comte aurait l'esprit tout entier absorbé par les événements sur le terrain.

Il est évident que Soltariel risque de voir en cette expédition, un danger potentiel pour sa mainmise commerciale vers la nanie. Du moins ce serait le cas si nous ne lui proposions pas un accord marchand. En effet, à l'heure actuelle, la route est difficile et le cabotage, une fois arrivé en bordure des Wandres, périlleux. Ainsi, notre expédition pourrait-elle créer en ces lieu, un comptoir commercial ou les vaisseaux soltariens pourraient mouiller sans risquer pour leur sécurité. De plus, la plupart des vaisseaux commerçants dans le secteur étant soltariens ils seraient les premiers bénéficiaires de l'ouverture d'un nouveau lieu d'achat et de vente de marchandise. La route terrestre, quant à elle aurait l'avantage de fonctionner même dans les périodes de l'année ou la mer est impraticable.

Pour ce qui est des liens avec les nains, la diplomatie avec eux ne devrait pas poser de problèmes majeurs. Après le cataclysme qu'ils se sont vu infliger, toute aide, y compris commerciale, est la bienvenue pour eux. Ils verront ce comptoir et cette route comme un signe annonciateur d'une embellie prometteuse pour leur avenir. Elle leur permettra de se doter de ce dont ils manquent.


Faisant une courte pause afin de se raffermir, il but une lampée de vin Hautvalois, qui lui rafraîchit salutairement la gorge. Il parlait beaucoup, comme toujours, si bien que son organe commençait à se fatiguer. Il devait ainsi régulièrement se forcer à lui laisser un répit sous peine de se voir aphone pour quelques jours.

Quant-au cas de Jérôme de Clairsac, il semblerait en effet que le sort joue contre lui, mais rassurez-vous, il semblerait que le Régent, comme le Seigneur d'Odelian ne considèrent pas sont entreprise comme une félonie. Si c'était le cas, ils seraient intervenus depuis longtemps déjà, où, du moins l'auraient-ils sommés de rebrousser chemin. Dans ces cas là, qui ne dit mot consent. Et puis, si d'aventure ils devaient intervenir contre l'initiative du baron d'Etherna, nous n'aurions alors qu'à acter cet intervention, la saluer avec le respect que nous lui devons et nous retirer. Notre argument légitime sera alors la méconnaissance de leur opposition à ce projet et le fait que nous pensions, en leur nom, réinstaurer la paix royale.

Les dernières phrases prononcées par Aemon étaient intéressantes pour le jeune Comte. En effet, il y avait les idées, prononcées afin d'expliquer son point de vue et de défendre son souhait de ne point participer à l'expédition qui se préparerait bientôt. Ses arguments s'entendaient évidement. Le Baron d'Ancenis étant fort bien pourvu en verve. Cependant, il était clair que quelque chose d'autre se jouait derrière et qu'il avait besoin de conserver ses forces pour raffermir son autorité, ébranlée quelques mois plus tôt.

Messir d'Ancenis, je comprends votre point de vue. Cependant, le nord n'est pas si lointain que cela pour nous autres Médianais. Si la contagion interne n'est pas un risque, le délitement progressif du nord nous prive du glacis protecteur qu'il représente vis-à-vis des Drows. Quand le nord était uni et fort, ils ont pratiquement réussi à briser les forces péninsulaires rassemblées pour les stopper. Le nord an lambeau et empêtré dans les guerres fratricides, c'est le médian qui risque de faire office de dernière barrière solide à leur opposer et cela, à grands frais et à grands risques pour nous. Je préfère donc compter dans le nord, de fiables et solides territoires que quelques seigneurs guerroyant pas plus loin que le bout de leur nez. Après, je vous avoue préférer ne pas avoir à intervenir, mais je pense que notre devoir est de garantir l'intégrité et la sécurité du royaume.

Le ton d'Aemon changea, devenant plus grave, presque mystique lorsqu'il entreprit de définir l'expédition et les contrées inhospitalières dans lesquelles elle allait se rendre. Ses arguments étaient une fois de plus justifiés et ses craintes fondées sur quelques données bien réelles . Néanmoins, cette question se posait invariablement à tout seigneur qui tentait de dépasser ses prénotions et essayer d'imaginer au delà du communément possible.

Je comprends vos doutes et vos appréhensions. Je ne vous cache pas que cette expédition coûtera beaucoup avant de peut-être rapporter quelques richesses. Cependant, l'aspect financier n'est pas le seul à entrer en compte. D'ailleurs je ne vous demande pas de financer l'expédition. Juste de lui fournir des hommes. Il s'agit d'une participation à portée symbolique et je compte en supporter la charge financière seul. Si les Wandres rapportent ce qu'elles peuvent rapporter, les retombées seront importantes pour le Médian en terme de renommée et de géopolitique.

Il s’interrompit alors que son interlocuteur semblait défaillir. Aemon semblait pris de maux de tête et s’était levé promptement. Appelant immédiatement un page pour escorter son convive jusqu'à ses quartiers, le Comte de Velteroc, se leva pour accompagner son hôte jusqu'à la sortie de la pièce. Puis, calmement, il se rassit, portant son attention à la dernière de ses convives.

Je ne savais pas le Baron votre cousin sujet à de tels maux. J'espère qu'il se remettra rapidement. Pouvons-nous continuer sans lui ou souhaitez-vous également vous retirer gente Dame ?

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Blanche d'Ancenis
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MessageSujet: Re: Conclave en haute sphère   Jeu 20 Juin - 13:50



    Blanche fixait le paysage l'entourant. Ses oreilles étaient bercées autant par le flot de paroles du Comte que de son cousin. Pour sur, la Mère de Nimmio, Morgane de Velteroc était une femme forte mais la maladie l'avait emporté. Les doigts à nouveau filèrent contre son ventre qu'elle caressa un temps en silence. Tour à tour, le vin la désaltérait et son éventail l'éventait. Chaque question posée recevait sa juste réponse. La Baronne n'avait donc rien à redire sur Soltariel et la Nanie. Pour Jérôme, elle ne prit pas la peine d'en redire quoique ce soit si Nimmio disait s'en occuper alors soit.

    La mine se redressa un instant en direction d'Aemon qui avait fondamentalement changé d'avis, semble t-il. Elle s'en étonna et en réponse à cette nouvelle tension, l'éventail de Blanche s'articula davantage, soulevant quelques mèches d'ébène. La garantie et la sécurité du Royaume. Elle était bien belle celle là. L'entreprise du Régent était... comment dire ? Louable mais il faudrait tant d'effort pour remettre les choses en ordre. Il fallait réorganiser un chaos sans nom avec des fiefs désireux d'être leur propre Maitre. Enfin Hautval et Erac était allié à la couronne et se devait de répondre à son Roi et son Régent si ceux-ci lui demandaient. Et elle le ferait car elle était tenue de le faire et quand même bien ses rapports orageux, houleux même, ondulant entre amour et haine vis à vis de l'Ivrey la rendait aussi folle qu'une girouette sous l'assaut d'une tempête. Suite à la tirade de son bien aimé cousin, Blanche conclut que la Chouette n'interviendra pas dans l'expédition des Wandres. Soit, il venait de vendre littéralement sa cousine à un inconnu pour ensuite se retirer outrageusement de l'alliance convenue. Ah les Ancenis... aimait avoir le beurre, l'argent du beurre et la crémière. A cette pensée, la Baronne ne put s’empêcher d'un sourire en coin. Elle reconnaissait bien là sa famille. De toute façon, son destin allait être scellée avec celui de la famille Velteroc si le mariage avait bien lieu donc il faudrait qu'elle participe si ce n'est que pour se faire apprécier de ses habitants, de ses vassaux. Il faudra juste éviter une perte trop importante de la part du Comte lors de son entreprise si il voulait éviter le courroux de la Reine des Glaces.

    Finalement, Aemon conclut l'entrevue car quelques maux l'avaient pris et tiraillaient désormais sa pauvre tête. Lorsqu'il voulut s'en aller, Blanche se redressa dans un soupir dissimulé derrière ses lèvres closes, elle s'approcha de son sang et embrassa son front pour ensuite se rasseoir. Ils étaient seuls et Blanche contemplait le Comte en silence qui le rompit au bout de quelques secondes. Elle acquiesça négligemment à ses paroles. Aemon s'en remettra certainement. Et elle irait s'entretenir plus tard avec ce dernier afin que leur rapport redevienne ceux qu'ils étaient avant. De toute façon, elle avait aussi vendu son âme d'une certaine façon.



      « Qu'as-t-on à dire de plus, mon Seigneur ? Les bases sont posées et je préconise la prudence et la sagesse. Et il me semble qu'il serait plus raisonnable que chacun puisse y réfléchir à tête reposée. Nous pourrons en reparler lors du dîner et même le lendemain. Je suis toute disposée à vous écouter et à m'entretenir avec vous sur votre demande. »




    Car Blanche se devait aussi de réfléchir mais surtout sortir et se dégourdir les jambes. Elle avait en tête de visiter Velteroc et sa cité. Sur ses mots, la Baronne se redressa, repliant son éventail qu'elle rangea au sein de son sac. Elle fit la révérence et s'en retourna à ses appartements dans un premier temps pour quelques ablutions et dans un deuxième temps pour se reposer. Les prochaines rencontres seront la conclusion d'un futur déjà inscrit.[/color]

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