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 Sous un Soleil de porphyre. [PV Viktor & Aveline]

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Cléophas d'Angleroy
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Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge : 42 ans
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MessageSujet: Sous un Soleil de porphyre. [PV Viktor & Aveline]   Mer 27 Fév 2013 - 20:00

De silence et d’embrun.
Le calme. Profond, olympien, agréable calme. Voilà bien du temps que le Baron n’en avait pas apprécié ; depuis son départ de Merval à dire vrai. Les vents frais et les pluies battantes de l’Erac et du pays de Sainte Berthilde avaient entachés son moral, le vacarme des légions, des balistes et des trébuchets avaient fait gonfler les veines sur ses tempes. Son œil était las des mornes plaines et des champs retournés des sabots des cavaliers ; las du sang, las des simulacres et des combats. De tout ce temps, son esprit était rivé vers sa belle contrée, vers Merval et ses côtes de sel, ses chaos de grès et ses marais où croupissent les saules et les crapauds ; et vers son château où seuls, régnaient le silence et le calme. Il était appuyé contre la rambarde d’un balcon, surplombant les jardins du Palais –qui allaient s’écraser contre les murailles en contrebas. Juché, comme l’aigle, sur son pic ; solitaire ; le Baron contemplait Merval et son activité. Ses quais, ses ruelles blanchies et ses tours colorées lui avaient manqué. Il était loin de la torpeur du Nord et de l’immobilité des camps d’armées, bien loin des palissades et des tentes décolorées par la pluie. Là, les seules tentes étaient celles du bazar qui débordait des halles et s’épanchait dans les venelles alentour. Cléophas, était content. Et il profitait de ces heures de calme inédit, car il allait bientôt plonger de nouveau sa tête dans un embarras de civilités…bien que pour une fois, c’est lui qui l’eût souhaité.

De métal et de cire.
Les lettres avaient été envoyées il y a déjà plusieurs semaines, lourdement cachetées et bien accrochées aux poches des émissaires. A peine rentré de Sainte Berthilde, le Baron décida de reprendre les pourparlers et les diplomaties et dans la journée même il avait fait quérir deux de ses plus doctes ambassadeurs, Codine et Urosch, pour les envoyer respectivement à Missède et à Sybrondil. Le Baron s’était rendu compte qu’il connaissait mieux les traîtres et les renégats qui se terrent dans les landes du Nord que ses propres voisins, anciens amis d’Eulalie la Folle –qu’on appelait désormais dans les rues, Eulalolle- mais dont les terres avaient une histoire commune avec celle de Merval. On lui avait rapporté la nouvelle que la Sybrondie avait porté à sa tête une femme avenante quoique mystérieuse et il tardait au Baron de la rencontrer ; quant à son voisin de Missède, il ne pouvait l’ignorer pour ce que leurs frontières étaient communes et que de nombreux marchands traversaient le Val pour rejoindre la baronnie voisine. Son retour était donc l’occasion rêvée pour s’atteler à ce qu’il aurait dû faire il y a bien des mois. Ce fut Codine, qui le premier revint à Merval portant la réponse du Baron voisin suivi quelques jours plus tard par Urosch qui ne manqua pas à l’occasion de vanter la beauté de la dite Aveline. Tout paraissait donc en ordre et les émissaires faisaient mention de l’arrivée des deux seigneurs pour le début de l’automne, lorsque la chaleur écrasante se serait envolée. De fait, les préparatifs pour le banquet avaient été entamés avant que les émissaires ne revinssent. Tous les offices du Palais furent mis au travail et cette colline silencieuse voyait ses fourmis s’agiter çà et là à pas feutrés ; et le Baron en profita pour réunir le Consistoire. La venue simultanée de deux barons à Merval ne s’était pas produite depuis longtemps et l’on fit accroître les mesures visant à ce qu’ils arrivent sains et sauf dans la Cité et de sorte, dans la salle du trône s’entassaient le curopalate et les domestiques de table ; l’Eparque et le Maître des Requêtes ; les huissiers et les porte-bassins ; vestes, vestarques, protovestes ; les échansons et les domestiques du mobilier ; les silentiaires et les hebdomadiers ; les Baronniaux et le Recteur ; les mandateurs et les garçons d’écurie : tout le Palais était réuni dans cette salle pour préparer l’arrivée, le banquet, le séjour et le départ de ces invités de marque. Les scribes annotèrent tous les actes qui furent scellés par le Baron et contrescellés par le Chartulaire de l’Encrier. Ce jour-là fut un des plus longs pour le Baron, qui ne quitta le dais qu’au lever du jour suivant. Et pour une fois depuis ce qui lui avait semblé des années, il s’endormit sans savoir s’il avait eu le temps de fermer ses paupières.

D’inquiétude et de joie.
Mais ces jours étaient lointains. Aujourd’hui ne comptaient que le silence et la paix…ou du moins dans l’esprit seul de Cléophas car le doux souffle du vent se vit doublé de l’haletante respiration d’un vieil ami du Baron, Mélanthène. Ce dernier portait les derniers rapports, les dernières lettres, les derniers ordres qu’il avait signés au nom du Baron et il avait, profondément imprimée sur son visage, la marque de l’inquiétude. Son discours aurait pu troubler le Baron mais ce ne fut pas le cas, et Cléophas sentit qu’il n’avait pas le choix que d’accueillir sans délai ses futurs invités là où d’autres auraient jugé mieux de les faire rebrousser chemin. Le Baron donna comme ordre de renforcer le nombre de gardes autour de la Porte-aux-Aigles et le long du chemin jusques aux quais après quoi il pria son bon ami de prendre un peu de repos et décida de lui-même arpenter les couloirs de son palais. Sa surprise ne fut pas grande…le palais était effervescent, les couloirs encombrés de malles et la salle du trône, étalait ses quatre-vingt mètres de tables, de chaises et de domestiques affolés. Devant cette scène, le Baron s’assit sur le trône et observait le Porphyrion bouillonnant d’activité, les entremets, les tonneaux et autres victuailles d’accueil étant présentées sur autant de plateaux que l’on comptait de préparations différentes. Les cent-soixante gardes, leur pique à la main, avaient été vêtus de leurs tenues d’apparat, leurs masques avaient été polis, leurs cuissardes lustrées et ils brillaient, immobiles, dans l’ombre des colonnes. Un détail vint soudain détourner l’attention de Cléophas...et non des moindres. Malgré les dizaines d’échansons qui se pressaient de salle en salle il n’y avait pas de tonneaux. Il les avait aperçus certes, mais bien loin du Porphyrion et de son agitation. Son sourcil sourcilla, sa lèvre inférieure se pinça, et se levant d’un bond il héla un des domestiques qui passait lui donnant ordre de trouver et d’amener devant lui le Grand Chambellan. Hespérion ayant remis ses offices, il ne fallut pas un quart d’heure avant que ne débarqua devant le Baron, un bonhomme, rougeaud, qui semblait déjà savoir ce qui le menait ici. Le Baron lui parla calmement, mais d’un calme si froid qu’il n’eut aucune réponse.

« Savez-vous quel jour sommes-nous ? Maintenant, savez-vous pourquoi tout ce monde est là ? Bien, et savez-vous dans combien de temps nos invités arriveront ? Parfait. Alors j’aimerais que vous me disiez pourquoi j’ai sur une table trente carafes reluisantes et rien à mettre dedans. Je me suis toujours demandé pourquoi les domestiques buvaient toujours plus d’alcool lorsqu’ils servent un châtelain qu’une châtelaine. Mais qu’importe…vous allez me trouver des tonneaux d’hydromel, de vin, de cidre et de bière sur-le-champ. Je veux que mes invités puissent se remplir de bulles jusqu’à ce que s’ils décroisent les jambes, ils se propulseront par la fenêtre ! Est-ce clair ? »

D’acquiescer, de s’incliner ou de faire amende, le Chambellan n’eut pas le temps et il partit courir chercher ce qu’il devait apporter. Cléophas entendait les cloches du port sonner et, sortant du Palais pour l’aller scruter, il vit au loin de hauts mâts et de larges voiles qui étaient celles de Sybrondil. Les rameurs du Phare sortirent une barge de l’arsenal et allèrent à la rencontre du navire soltari tandis que dans le Palais on donnait les derniers préparatifs. Au moment même où la barge atteint le navire, les cloches de la Porte-aux-Aigles retentirent et le Baron sut que son voisin approchait de la Cité. A ces deux invités il envoya une escorte de parade accompagnée des émissaires qu’ils connaissaient.

Cléophas souriait.
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