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 [Cité]Du sel sur les cicatrices: le défilé du mépris {Fini}

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Timérion Adantar
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MessageSujet: [Cité]Du sel sur les cicatrices: le défilé du mépris {Fini}   Mar 5 Mar 2013 - 16:45


Il était arrivé alors que la lueur grise de l'aurore commençait à peine montrer sa parure. Il faisait gris et humide, mais au moins la pluie avait cessé. Il retrouvait enfin la quiétude de sa demeure. Les eaux calmes et argentées du lac Tindanen s'étendait devant lui et, dressée près de la rive ouest telle la dent en or d'un titan millénaire, Malereg n'attendait que le soleil pour chatoyer de ses couleurs automnales. Mais à voir l'activité si matinale, presque nocturne sur l'île, Timérion se rembrunit, il présentait des ennuis sur ce sanctuaire.

Il murmura à l'oreille de son Meheras et repris sa route au galop, suivi de ses deux gardes. Il passa par le gué du Menros, au sud de l'île, préférant mouillé le bas de ses robes plutôt que de perdre de précieuses minutes à contourner la baie pour passer par le pont. Une fois sur l'île il ralentit à peine le rythme et emprunta les chemins sinueux parfois pavés de blanc de Malereg pour enfin arriver au Tellaram. De là, il put enfin ralier Ondolaurë.

Il descendit de cheval à l'endroit où la forêt se fondait dans le hall. Un Elfe surgit instantanément pour prendre la bête et la menée dans un bosquet aménagé en écurie. Une activité fébrile régnait dans le palais, comme il l'avait deviné. Cela n'augurait rien de bon. Il se dirigea d'un pas décidé, bien que boitillant comme toujours, vers un garde qu'il apostropha sans autre forme de cérémonie.

"Que se passe-t-il, soldat?"

Celui-ci se raidit et le salut comme le voulait l'usage avant de répondre. Cette manie des révérences et tradition énerva un peu le Protecteur qui estimait que, dans certaines situations, il fallait s'en passer.

"Mes respects, Seigneur. L'Intendant Neglendir est introuvable et il semble qu'il n'ai pas dormi au palais cette nuit. Maître Noredior, le forgeron siégeant au conseil de Pierre, a donné ordre de fouiller le palais."

Timérion ne se focalisa pas sur cette prise de décision déplacée. Le forgeron avait bien fait de prendre cette initiative. Même si, il ne savait dire pourquoi, il n'aimait pas la manière dont il avait d'emblée pris les rennes de l'île.

"Des résultats?"

"Non, Seigneur, Neglendir reste introuvable."

"Je vois... Où se trouve Noredior?"

Des problèmes, en effet, et pas des moindre. Si l'Intendant avait bien disparu ce serait très mauvais pour sa notoriété. Mais Il ne devait pas encore présumer d'une telle catastrophe.

"Dans la salle du trône, Seigneur, le Conseil de Pierre s'y est réuni en urgence..."

"Bien, tu peux retourner à ton post, soldat."

Il se remit au garde-à-vous et laissa le seigneur Adantar pénétrer dans la salle du trône. Cette réunion aux petites heures ne lui disaient rien qui vaillent. Il savait qu'il s'était fait des ennemis parmi ces conseillers, et des ennemis à ne pas sous-estimer. Lorsqu'il pénétra dans la grande pièce plongée dans la pénombre, les elfes étant nyctalope par nature, il remarqua tout de suite un détail qui lui sauta aux yeux. Le Maître forgeron était assis sur le trône de l'Intendant. Cela ne l'enchanta pas du tout, que du contraire.

"Qu'est ce que tout ceci, Noredior? Et par les cinq, que faites vous à la place de Neglendir?"

Le conseil se leva et s'inclina avec révérence devant le Seigneur Protecteur. D'un reste tenant plus du réflexe que de la reconnaissance, Timérion les fit se relever. L'interpellé pris alors la parole d'un ton un peu trop détendu à son goût. Mais bon, il ne pouvait pas non plus lui reprocher son sang-froid. Il remarqua également le bandage sur sa main droite tandis qu'il la joignait avec la gauche sur ses robes pourpres. Mais il ne s'y attarda pas, il était normal que de temps à autre un forgeron se brûle, même pour un Elfe.

"L'Intendant étant introuvable depuis plusieurs heures, nous nous sommes réunis dans le but de nommer son remplaçant temporaire. Faisant partie du conseil depuis plusieurs décennies déjà et faisant déjà partie de vos conseillers, il a semblé logique ce soit à moi qu'incombe cette tâche..."

Cela ne lui plaisait pas du tout. Et cela se ressentit bien dans son ton plus glacial que jamais. Les deux Elfes se toisaient l'un l'autre tel deux loups près à se sauter à la gorge. Une image jaillit dans la tête du Protecteur de Malereg durant ce duel silencieux, celle de deux yeux cruels le regardant se contorsionner de douleur, la scène étant ponctuée par plusieurs ricanements sadiques dans les ténèbres alentour. Reliquat de ce si vieil épisode de sa vie qui continuait cependant à le hanter. La peur, la rage et le dégoût qu'il provoqua vinrent se mêler à sa colère et à son inquiétude pour réveiller un vieux sentiment qu'il n'avait plus pu pleinement éprouver depuis longtemps: la magie. Si il n'en fit pas usage, il la sentit bouillonner dans ses veines prête à surgir. La sensation de cette alliée de toujours le rasséréna. Contrairement à son interlocuteur qui sembla pâlir un peu.

"Il est un peu tôt pour songer à remplacer Neglendir si vite... Mais soit, nous y reviendrons plus tard. C'est une chance que je sois revenu au moment opportun, nous serons bientôt fixé sur le sort de notre Intendant."

Un des conseillers haussa le sourcil et se leva pour prendre la parole. Il reconnu le mage Termenil, un maître dans l'art de la guérison. S'inclinant à demi comme pour s'excuser d'interrompre ainsi le dialogue entre le Protecteur et son Intendant par intérim, il se racla la gorge et finit par parler.

"Et, si ce n'est pas indiscret, comment comptez vous réussir un tel miracle, Seigneur?"

La question surpris franchement le Seigneur Protecteur, bien qu'il n'en laissa rien paraître. Il avait tendance à oublier que ce qui lui était complètement naturel ne l'était plus nécessairement pour tous les Elfes, et en particulier, les Elfes des cités.

"Avec l'aide de la Symphonie bien entendu. Vous semblez oublier que je la comprends fort bien, peut-être pas parfaitement, mais mes connaissances seront entièrement suffisantes."

Sur ces mots, il tourna les talon et se dirigea vers le hall. Sa prochaine destination était le Jardin des Eala, là où il avait passé tant de temps suite à la mort de son épouse et à où il trouverait le plus facilement réponses à ses questions. Au souvenir de Nimuë, son coeur se serra...
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Dernière édition par Timérion Adantar le Sam 9 Mar 2013 - 15:33, édité 1 fois
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Dun Eyr
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MessageSujet: Re: [Cité]Du sel sur les cicatrices: le défilé du mépris {Fini}   Mar 5 Mar 2013 - 22:16

      Etrange scène que celle de ces Nains traversant la forêt d’Anaëh, hissés qu’ils étaient sur d’immenses chevaux d’Elfes. Les sabots de ceux-ci ne claquaient pas sur la terre dure des sentiers, car les Nains les avaient enveloppés dans du tissu de bure ; seul le frottement des branchages sur le flanc des bêtes, et parfois le craquement des broussailles raidies par l’Automne, marquaient le passage de ce convoi singulier. A les voir cavalcader entre les arbres, deux douzaines de chevaux montés par dix Nains, plus un Elfe ligoté en croupe, on aurait cru avoir abusé sur le bon breuvage durant les fêtes automnales.

      Dun Eyr ouvrait la marche, monté sur un immense palefroi ; les yeux plissés, le Nain tentait de deviner le chemin le moins malaisé pour y guider ses compagnons, et le troupeau dérobé aux enclos des Elfes. La tâche était ardue pour le Lirganique ; il n’avait jamais couru la forêt sur le dos d’un cheval, encore moins la nuit, et des branches basses venaient parfois lui cingler douloureusement le visage. Derrière lui, ses frères Nains ne faisaient guère mieux : le peuple des montagnes comptait de bons cavaliers, mais ils ne montaient que de bons bouquetins des montagnes, ou parfois quelques poneys échangés dans les plaines du Sud. Les chevaux elfiques paraissaient comme des tours de siège aux Almiens ; mais c’était pourtant ces bêtes des longues-oreilles, accoutumées aux forêts et aux bois, qui servaient au mieux la fuite des Nains en débusquant à l’instinct les sentiers les plus commodes. Quant à la lune, maligne cette nuit, elle demeurait voilée derrière un lourd masque de nuages noirs.
      Le Haut-Prêtre avait une connaissance rudimentaire des chevaux, pour avoir longuement vécu dans la Péninsule où les hommes les montaient aisément ; c’étaient des bêtes moins endurantes que les fiers bouquetins montagnards, et leurs longues jambes filiformes avaient besoin d’autant de repos que de fourrage pour tenir un rythme soutenu.
      D’une main, Dun Eyr devait parfois retenir la bride de sa monture ; sans longues-oreilles pour les guider — et pour cause ! — la journée entière serait peut-être nécessaire aux Nains pour retrouver le chemin du Brissalion. Aussi les Almiens ménageaient-ils leurs montures, et leur échappée n’était pas aussi éperdue qu’on aurait pu l’attendre des malfaiteurs en fuite qu’ils étaient.

      La nuit passait lentement au-dessus de ces dix barbes, et la lune cédait peu à peu du terrain face à l’assaut de l’aube. Dans la forêt prise par l’Automne, déjà, les premières feuilles roussies renvoyèrent un écho enflammé lorsque les premières lueurs du jour se déployèrent au-dessus de l’Epine Dorée. Vêtus de couleurs sombres, mais montés sur des bêtes claires, les Nains faisaient une proie facile entre ces arbres verts, jaunes ou rouges.

      « L’œil ouvert, et l’oreille tendue ! siffla Dun Eyr à ses frères Almiens. Et laissez parler vos barbes ! »

      La barbe d’un Nain était certainement un outil précieux, ce qui justifiait qu’ils y apportent autant de soin ; cette débauche d’hygiène capillaire ne manquait pas d’abasourdir les autres races, mais cela tenait à ce qu’ils ne connaissaient qu’à peine, et très mal, les possibilités que recelait cet organe touffu. Sur ces Nains plongés dans une forêt hostile, et potentiellement peuplée d’ennemis agiles et rusés, les barbes flottaient au vent en toute alerte : une animosité ancestrale avait appris aux Nains à flairer les Elfes par la barbe, avant même de voir la pointe d’une oreille se profiler derrière un arbre.

      « Les Korri, gardez-vos frondes à la main, ajouta Dun Eyr dans un souffle, inspectant d’un regard les arbres traîtres alentour. »


      La journée s’étira longuement, dans un état de veille permanente. Ils avaient maintenant pénétré bien avant dans la partie nord de la forêt, et celle-ci était certainement hérissée de guetteurs à l’affût ; Dun Eyr tentait de se ressouvenir des détours empruntés la veille, lorsqu’ils faisaient le chemin inverse, mais la mémoire lui échappait au milieu de cette marée d’arbres tous identiques. Deux fois, le convoi s’arrêta en humant l’odeur d’Elfes, et ils durent rebrousser chemin jusqu’à trouver une autre piste ; accoutumés aux oreilles-pointues et non à leurs nouveaux cavaliers, les chevaux trottaient d’instinct vers les gardes Elfes — à tel point que Dun Eyr finit par naviguer à rebrousse-poil de cet instinct, et lorsqu’un croisement se présentait, il talonnait toujours sa monture vers là où elle ne voulait pas s’engager.

      Au zénith du soleil, les Nains ne déploraient encore aucune mésaventure avec les guetteurs de la forêt ; ils avaient déjà fait une halte depuis le début du jour, et ils durent en accorder une nouvelle à leurs bêtes essoufflées. Attentif à son butin, Dun Eyr fit couler quelques gorgées d’eau dans la bouche de Neglendir ; celui-ci était toujours inconscient, et un caillot peinait à se former là où les Korri l’avaient atteint. Le Haut-Prêtre trouva là matière à une vague inquiétude, mais il la remit à plus tard ; pour les Nains en fuite, s’échapper sains et saufs de la forêt était une préoccupation bien plus pressante.

      « En route, mes frères ! La lisière est proche, voici déjà le parfum de nos collines. »

      Cela était vrai. A mesure que les Nains traversaient la forêt et remontaient vers le Nord, l’air fraîchissait et leur rappeler les brises passant sur les plaines devant Lante ; les montagnes n’étaient plus si lointaines, et les Almiens fourbus par cette aventure de bientôt deux jours reprenaient espoir. La proximité des terres Naines multipliait aussi les Elfes embusqués et veillant sur les premiers abords de leur forêt ; les fugitifs durent réduire encore davantage leur allure, et ne pousser leurs montures qu’avec d’extrêmes précautions au travers des fourrés et des buissons.
      Le sol se faisait irrégulier sous les sabots enrubannés des bêtes, et une douce pente annonçait déjà les cols de la frontière du Nord. Vers la fin de ce jour d’automne, lorsque le soleil commençait à nouveau à décliner derrière la pointe des arbres, les chevaux arpentaient un chemin de plus en plus incliné ; sur une piste aussi accidentée, les Nains finirent par mettre pied à terre, pour cheminer devant leurs chevaux.

      « Humez la bonne montagne sous vos pieds, lança avec enthousiasme Dun Eyr, alors que les collines boisées se faisaient plus escarpées. Nous serons sur le Brissalion avant la nuit ! »

      Une heure avant la tombée du soleil, les Nains entreprenaient l’ascension du col pentu de Yaiwecilya, le Défilé du Mérpis ; tandis qu’ils peinaient encore à guider leur troupeau sur la crête de l’Epine Dorée, les ombres des Almiens et de leurs bêtes s’étendaient déjà sur la Nanie.

      « Vite ! lança Dun Eyr, lorsque la brise des plaines vint agiter avec délice sa barbe. Nous devons disparaître dans le Brissalion avant que les Elfes ne nous donnent la traque.
      — Les bêtes sont fourbues, Dun Eyr,
répliqua un Kain à bout de souffle, et nous aussi. Accorde-nous trois heures de repos ; nous prendrons la plaine à la levée de la nuit. »

      Le Haut-Prêtre contempla la ligne de crête, et pesta contre les chevaux ; ce butin de prix était décidément fragile, et nécessitait de grands soins. Mais Kain avait eu raison de contredire Dun Eyr : jamais cette troupe de Nains abattus, rongés par la faim et la fatigue, et leurs chevaux aux jambes raidies, n’atteindraient les montagnes du Nord avant d’avoir pris quelque repos. Les légendes des anciens ignoraient trop souvent qu’on ne pouvait mener d’épopée le ventre vide.
      Résigné à la sagesse, le Haut-Prêtre prit ses dispositions pour parer à toute altercation avec leurs éventuels poursuivants :

      « Tenez la crête, par trois ; les Korri, prenez-le premier tour. Qu’on éloigne les chevaux vers la plaine, qu’ils ne veuillent pas retourner à leurs forêts ; et toi Kain, détache l’Elfe pour moi. »

      Arraché à ses forêts et jeté dans la brise froide du Brissalion, l’Intendant semblait à présent revenir à lui ; Kain l’avait retiré à l’encolure du cheval, et le déliait maintenant, ne lui laissant que ses entraves aux pieds et aux mains. Alors Dun Eyr marcha vers l’otage ; de sa main droite il dégaina la longue lame du Kastelord, et dans la gauche il tenait quelques salaisons emportées depuis Almia, trois jours plus tôt.

      « Tu ne devrais pas être ici avec nous, sur le chemin des Montagnes, l’Elfe, et certainement pas ainsi ligoté lança le Nain en le toisant ; et je laisse ton corps aux charognards si tu t’enfuis. Mes frondeurs t’ont déjà eu une fois, ne les tente pas. »

      Estimant que la menace était suffisante, Dun Eyr rangea son épée dans son baudrier et tendit les provisions à l’otage ; la viande rouge et salée n’était certainement pas une recette prisée des longues-oreilles, mais voilà bientôt vingt heures que cet estomac-là devait être vide.
      Dun Eyr crut bon d’ajouter à l’Intendant :

      « Tu as mes excuses pour cette estafilade sur ton front. L’autre Elfe a payé pour ses manigances, et la garde de mon épée est sûrement plus dure qu’un simple caillou. »

      Dans l’esprit des Nains, une entaille compensait l’autre sur la balance d’Ikthor, le Guerrier ; devant l’Elfe, le Haut-Prêtre tenait à afficher que la montagne n’avait plus partie liée avec cet encapuchonné malfaisant.
      Et Dun Eyr reprit encore, d’une voix égale :

      « Ton peuple a de nombreux amis, l’Elfe, plus que le mien ; et je te revendrai pour le salut d’Almia. Les Nains sont un peuple d’honneur ; tu ne mourras pas dans nos Montagnes. »

      Alors commença une longue soirée de veille durant laquelle, embusqués sur la crête des collines, les Nains épièrent le col de Yaiwecilya et tentèrent d’y débusquer l’ombre de leurs poursuivants.


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Nakor
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MessageSujet: Re: [Cité]Du sel sur les cicatrices: le défilé du mépris {Fini}   Sam 9 Mar 2013 - 18:15

Nakor avait entreprit un long voyage, long non pas tant par la distance mais surtout par l'accompagnante. Ou plus précisément l'accompagnant. En effet il était partit voilà quelques jours, de chez Sydith, la mère de Glinaina, avec cette dernière subissant malgré elle et de plein fouet, les méandres maléfiques d'une séance de torture magique drow immonde. Et voilà donc que, quand elle se laissait aller à trop de colère, elle devenait autre chose, quelque chose de plus drow, et de plus masculin aussi. Ainsi dans l'esprit du vieux cinglé de service, Glinaina avait deux côté, son côté naturelle d'elfe sylvain féminine et un côté masculin, colérique, et dangereux sans aucun doute, froid et sauvage. Et ce côté là, le plus désagréable qui soit chez la pauvre Glinaina, avait étrangement prit le dessus ses derniers temps. Ce n'était pas la première fois que Nakor se battait contre un drow, et étant archimage, il avait des moyens de contrir quelqu'un à le suivre, mais le chemin fut long du Sud-ouest de la forêt jusqu'à l'Epine Dorée au Nord-Ouest. Enfin arrivé aux abords de la belle cité qui prenait une magnifique couleur dorée au printemps et à l'automne, Glinaina sembla se calmer et revenir sur terre. Ils purent enfin souffler tous les deux. Nakor se trouva alors fort bavard

"Regarde, de ce côté il y a un magnifique et très ancien pont en pierre, il mène jusqu'au cœur de la cité et donc dans le palais du Seigneur Protecteur. Je l'ai rencontré ici même il y a quoi ... quatre cent cinquante ans à peu prés, alors que je venais discuter magie avec le maitre de l'académie de magie de l'époque, Beren Telperien. Timérion Adantar est un elfe intéressant, il a eut une très longue vie et peut donc raconter des choses sur le passé de la forêt d'Anaëh absolument incroyables et magnifiques. Il a eut une vie difficile et une rencontre terrible avec des drows Glinaina! C'est pour ça que je veux que tu le rencontre. Tu as beaucoup à apprendre à ses côtés. Il a subit bien des assauts, son visage est à moitié barré par une cicatrice qui le défigure. Je te le dis parce qu'étrangement chez les humains, quand on rencontre un homme défiguré, on ne parvient pas à s'empêcher de rester sur la cicatrice, les yeux grands ouverts. Ce qui n'est pas du meilleurs des gouts n'est-ce pas?"

Nakor ne savait pas s'il s'adressait constamment à Glinaina ou à ce gourgandin du côté noir qui naissait en elle. Le vieux fou craignait un changement de personnalité aux moments les plus inopportuns. Si d'un seul coup, en pleine discussion tranquille, elle se levait pour planter un couteau dans l'œil droit de Timérion! Il fallait absolument qu'il reste sur ses gardes. Voilà pourquoi il demandait constamment à Glinaina de marcher à côté de lui, pas trop prés, ni trop loin, un tout petit peu devant lui, afin de ne pas être prit par surprise et de pouvoir réagir en un quart de seconde. Mais la beauté des lieux, la force de la symphonie, la nature, tout cela devrait avoir un effet apaisant sur elle, en tout cas il l'espérait. Ils avancèrent jusque dans la cité de l'Epine d'Or. Il semblait y avoir une lente mais certaine ébullition autour du palais du seigneur protecteur. Le sorcier fronça des sourcils et oublia un peu de rester absolument sur son qui-vive avec Glinaina. Il dit tout haut

"Habituellement, la cité est plutôt calme, enfin bref, allons, avançons veux-tu?"

Puis il la poussa dans le dos pour la guider. Ils arrivèrent aux portes du palais et Nakor s'inclina bien bas devant les gardes, en entortillant sa barbe le long de son bâton pour qu'elle ne touche pas le sol. Une fois redressé il dit fièrement

"Je suis un ami du Seigneur Protecteur. Veuillez m'annoncer immédiatement, j'aimerai m'entretenir rapidement avec lui."

Les soldats observèrent le pauvre fou et ne bougèrent pas d'un cil. Nakor ouvrit de grands yeux et son sang ne fit qu'un tour

'Non mais vous m'avez entendu? Non mais répondez! Espèces d'imbéciles!"

Puis Nakor tenta de faire un pas supplémentaire vers le palais. Les deux gardes posèrent leurs mains sur les épaules du vieillard et le retinrent. Le sorcier était donc en train de piétiner sans avancer, en essayant de pousser les deux gardes elfes avec ses vieilles jambes. Son courroux fut sans appel

"Non mais quelle audace! C'est honteux! Je vous ferai écarteler! Mais enfin ... mais ... mais reposez moi! Que faites-vous donc?"

Voilà que les deux gardes, qui avaient sans doute prit le vieux fou en pitié, soulevèrent Nakor, dont les jambes moulinaient dans le vide. Ils avancèrent un peu de leur poste et reposèrent le fardeau sur le sol, avec un peu de violence. Il atterrit donc sur son postérieur et fulmina, les yeux brillant d'une magie activée.

"Là ... vous avez été trop loin ... je vaiiiiiiiis ..."

Nakor se mit en colère et l'air autour de lui se mit à vibrer. Sa magie prit place et les gardes se mirent aussi à trembler et à devoir lutter pour rester en place. Dans quelques instants, Nakor relâcherait la pression et enverrait les gardes valdinguer au loin. Espérons que quelqu'un intervienne.
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Glinaina
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MessageSujet: Re: [Cité]Du sel sur les cicatrices: le défilé du mépris {Fini}   Sam 9 Mar 2013 - 21:34

C'était une folie. Glinaina le pensait encore et les évènements de ces derniers jours n'avaient qu'aider à lui donner raison. Marcher jusqu'au Nord, comme ça, juste pour voir quelqu'un, un Elfe ? Et ce alors qu'elle était encore incapable de se maîtriser pleinement ? C'en était fou... Soit c'était un temps où elle n'était plus chez ses parents, ou au moins elle avait moins de risques de faire du mal à qui que ce soit, mais bon... Peut-être aurait-il mieux valu lui laisser prendre le temps de se contrôler avant de partir vers l'inconnu et vers des gens au humeurs pas forcément en concordence avec les siennes. De ce fait le voyage avait semblé long pour les deux personnages, peut-être plus pour Nakor qui devait constamment attention à ce qu'elle ne soit pas quelqu'un d'autre, qu'elle ne devienne pas un danger pour lui. Il y avait eu plusieurs affrontements à ce sujet, d'ailleurs.

Glinaina commençait à se connaître, ayant tout le temps de faire tourner les idées dans sa tête et de comprendre un minimum ses réactions. et quoi qu'elle ne disait jamais rien, se contentant d'être à distance du mage, il lui semblait qu'il se trompait sur un point : quelque chose en elle avait changé à son réveil chez Sydith, quelque chose qui différenciait de son entrevue avec la Gardienne. Elle ne savait ce qu'il s'était réellement passé, mais lorsqu'elle devenait plus agressive, attaquant Nakor même, elle en était pleinement consciente. Hors d'elle-même, mais consciente. Et cela elle se refusait encore maintenant à l'accepter. De plus, elle avait pu remarquer que que certaines affections ne la touchaient plus, seule la colère restait toujours omniprésente, l'empêchant complètement de persevoir quoi que ce soit de la Symphonie des Arbres, à moins que celle-ci soit également pure colère. Colère qui la rendait peut-être désagréable. Mais cela, elle ne s'en rendait aucunement compte. Toujours plongée dans ses pensées, elle ne se tournait que trop peu vers Nakor.

Enfin, l'état de Glinaina sembla se stabiliser quelque peu en arrivant dans le territoire de Malereg, quoi que c'était vite dit. Il y eut bien moins de confrontations, du moins, ce qui sembla égayer le vieux mage. Alors celui-ci se mit à parler, heureux de retrouver un vieil ami. L'Elfe l'écouta juste, retenant ce qui devait être le plus important : lui aussi était passé aux mains des Sombres. Peut-être se comprendraient-ils, peut-être que lui la considérerait comme une Elfe et non pas comme un drap taché bon à être jeté. Oui, les paroles de la Gardienne de Kÿria lui revenaient très régulièrement en tête, n'aidant pas à son humeur. Ses mots ne s'effaçaient pas contrairement à d'autres les contredisant. Certains auraient eu de quoi faire toute une étude psychologique là-dessus. Mais passons ! A la question de Nakor, Glinaina lui répondit juste que si les gens s'attardaient sur les blessures, c'était qu'ils avaient peur des différences... ce qui pouvait aller jusqu'à les dégoûter. Puis elle se tut, jusquà ce qu'ils soient arrivés à Malereg.

Là, ce fut un passage assez compliqué pour la jeune femme. Il y avait du monde, elle n'avait pas forcément envie d'en voir tant ; alors elle avait tendance à vouloir forcer l'allure ou encore mettre le capuchon de sa cape sur sa tête, mais en cela son compagnon de voyage ne le souhaitait pas. Alors elle faisait juste en sorte de ne pas croiser le regard des gens, attardant son regard sur les différents bâtiments de la ville. La ville en elle-même appelait à une sorte de sérénité et non à une dureté accompagnée du chao du bourg de certaines cités humaines, ce qu'elle apprécia. Pourtant, on pouvait sentir une certaine agitation.


"Je suis un ami du Seigneur Protecteur. Veuillez m'annoncer immédiatement, j'aimerai m'entretenir rapidement avec lui."


Contrairement à précédemment Glinaina se tenait derrière Nakor, regardant la scène avec un petit brin de curiosité dans le regard, quoi que le reste de son visage affichait une expression neutre. Sans grand étonnement, les soldats ne bougèrent pas d'un pouce. L'Humain entra alors dans une colère peu compréhensible, allant jusqu'à insulter ceux que ne faisaient que leur devoir et à essayer d'entrer de force dans le palais, ce qui se soldat forcément par un refus et même par un geste qui aurait fait gentiment rire Glinaina auparavant : soulever son ami et le laisser retomber sur le sol fesses les premières. Mais à la place de cela, ce fut un petit soupir qui lui échappa alors que le mage commençait à crier et à...
La main de la jeune Elfe agrippa immédiatement l'épaule du vieillard (se retenant de justesse de ne pas viser le cou pour le briser net) alors qu'elle se baissait pour être à sa hauteur tout disant le nom du mage d'un ton sec, trop sec certainement puisque la réaction de l'inconnue ne passa pas inaperçue aux gardes. Quant à ses yeux, uniquement visibles de Nakor, ils étaient plus froids que l'acier ; un regard meurtrier aurait-on pu dire. Elle détestait la magie, ne la supportait pas, même, alors que ce qu'on lui avait fait subir l'y avait sensibilisée. Elle n'avait aucunement l'intension de tuer Nakor. Elle avait juste réagi à la magie grandissante qu'il utilisait.

Il se passa quelques instants avant qu'elle ne relâche sa prise et ne se redresse, le temps que celle-ci ne cesse. Elle ne dit rien. Son regard se tourna juste vers les bruits de pas venant du couloir.
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Timérion Adantar
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MessageSujet: Re: [Cité]Du sel sur les cicatrices: le défilé du mépris {Fini}   Dim 10 Mar 2013 - 15:07


Il sortit enfin du Jardin des Ealas après une heure et demi de méditation. Avec soulagement, il constata que sa retraite n'avait pas été vaine. Là où jadis il aurait du perdre de précieuses heures à interroger les arbres millénaires, il avait aujourd'hui pu finr son oeuvre au moment où le soleil frappait de ses premiers rayon l'à-pic de l'Ondolaurë. Il poussa la porte du Jardin, inondant de lumière émeraude le couloir sur lequel elle débouchait. Il perçut le soulagement des gardes qui avait certainement craint qu'il n'en ressorte pas.

Il fallait bien avouer que les éléments qu'il avait réuni ne résolvait pas le moins du monde cette disparition. La symphonie n'était pas un veilleur inlassable qui restituait tout ce qu'on souhaitait savoir quand on le lui demandait. Mais il avait tout de même si en retirer quelques éléments intéressant. Une histoire d'ombre furtive pendant la nuit se dirigeant vers les hauteurs. En fait, ce qui lui avait pris le plus de temps, c'était de faire comprendre sa requête à un des six arbres et puis d'interprêter ce qui lui avait été "dit".

Il descendait vers le Tellaram pour ralier l'île de Malereg et pouvoir former une troupe de recherche. Cette histoire ne lui disait rien qui vaille. Si il était soulagé de savoir que, quoiqu'il advint, rien ne s'était produit sur l'île même, il n'en restait pas moins troublé. Cette disparition tombait très mal et la réunion pour le moins expéditive du conseil de Pierre n'était pas pour le rassurer. Intérieurement, il se félicita d'avoir pressé l'allure en revenant de la Quatrième Saison. Il redoutait déjà un enlèvement mais n'en dirait rien tant qu'il n'aurait pas vérifié.

Au détour d'un escalier, il s'arrêta un instant près d'une fenêtre à moitié occultée par les branches aux feuilles jaunissantes d'un bouleau. Il admira un instant les eaux froides et calme du lac Tindanen, sur lequel scintillait la lumière du jour naissant. Il soupira en pensant à sa tendre épouse reposant en son sein. Son coeur se serra un instant à la vision de cette quiétude à laquelle il aspirait tant...

Une voix s'éleva au loin dans le couloir et l'arracha à sa rêverie. Une voix qu'il connaissait bien mais qu'il ne pensait pas réentendre un jour. Il s'écarta de la fenêtre et s'arracha à la vue du lac nourri de l'eau des montagnes. Son pas claudiquant le mena vers le hall du palais. Sa jambe n'était pas au mieux aujourd'hui, mais il faudrait faire avec. Les feuilles mortes bruissèrent sous son pas encore léger pour les hommes ou les nains et pourtant si lourd pour les siens. Lorsqu'il arriva aux abord de la salle du trône, il ne put réprimer sa surprise.

Un vieux mage à la longue barbe blanche se retrouvait sur son séant devant deux gardes visiblement mal à l'aise. Un sourire flotta sur ces lèvres lorsqu'il entendit le vieillard bougonner contre les deux gardes. Sourire qui mourru aussitôt lorsque l'air vibra autour du mage. L'âge ne l'avait pas rendu très patient en tout cas. Timérion força l'allure, mais la jeune Elfe qui accompagnait Nakor arrêta le Nisétien avant qu'il n'aille plus loin. Le Seigneur Protecteur reprit son allure normal, se demandant qui pouvait être cette Elfe au regard si dure. Un mélèze lui sussura une étrange mélodie, histoire de colère ressentie, d'ombre cachée... et d'un bien étrange bipède dans lequel il reconnu immédiatement le mage

Il s'adressa aux visiteurs en Elfique, sachant pertinemment bien que l'humain le connaissait fort bien.

"Cela fait longtemps que Malereg n'a pas reçu un représentant de l'empire-dragon."

Devant l'air perplexe des deux soldats, Timérion leur fit comprendre que tout allait bien et qu'ils pouvaient les laisser. Il se demanda à quel degré de décadence l'Anaëh était arrivée pour que des gardes Elfes ne soient même plus en mesure de comprendre le langage des hommes. Ecartant les bras en signe de bienvenue, il focalisa à nouveau son attention sur les deux voyageurs, s'exprimant désormais dans le langage des hommes.

"Vous êtes la première vrai bonne surprise qui accueille mon réveil, Nakor. Après tout ce temps, je ne pensais pas avoir le plaisir de vous revoir encore en vie mon ami. Il faudra d'ailleurs que nous ayons une petite discussion à ce sujet... J'aurais aimé vous accueillir mieux que cela, mais vous arrivez à un moment fort peu opportun, je le crains."

Se tournant enfin vers la jeune Elfe qui accompagnait le vieux mage, il ne put que mieux comprendre ce que voulait dire le mélèze. Une rage, contenue et cachée sous un calme apparent, semblait sur le point de la déchirée et de prendre dans la tourmente tous ceux qui se trouveraient à proximité. Son ton amical s'effaça pour un timbre plus formel comme son seul oeil valide se posait sur la compagne de son vieil ami.

"Mais avant toute chose, présentez moi donc cette jeune Elfe qui vous accompagne..."

...Et qui porte en elle tant de haine... pensa-t-il puissamment sans pour autant exprimer sa pensée. Il souhaita également silencieusement que le Nisétien ne prendrait pas trop de temps à s'expliquer. L'Intendant restait manquant, et la joie des retrouvailles ne pouvait en aucun cas éclipser cette disparition. Mais il n'en dirait pas plus sans être certain de la nature de celle qui accompagnait le vieil homme.
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MessageSujet: Re: [Cité]Du sel sur les cicatrices: le défilé du mépris {Fini}   Dim 17 Mar 2013 - 16:24

Nakor était donc au sol, en train de s'énerver, ce qui n'était généralement pas une bonne nouvelle pour les gens qui devaient lui faire face quand une main s'abattit sèchement et violement sur son épaule. Le sorcier revint un peu sur terre et se souvint que Glinaina était derrière lui, réceptive à la magie de façon légèrement désagréable. Il reprit donc le contrôle de son système nerveux et planta un regard froid dans celui des gardes. Il se redressa péniblement en tapant sur sa robe afin d'en enlever la poussière du sol, de manière assez machinale ... comme s'il tombait souvent au sol, ce qui était tristement le cas. Mais cela n'était pas sa faute, combien de fois des gens avaient mit, ou plutôt avaient osé mettre sur son chemin, des racines d'arbres, des buissons, des crevasses et autres. Une honte qu'on fasse cela à un vieil homme. A moins que cela ne soit uniquement sa faute et son incapacité à regarder où il posait les pieds? En tout cas, il tourna brusquement la tête quand on s'adressa à lui en elfique, d'une voix grave et posé. Cela lui fit retrouver le sourire, et faisant totalement fi de la présence des gardes diaboliques qui l'avaient mit au sol, il ouvrit grands les bras et se permit de saisir avec chaleur les avant bras du seigneur protecteur des lieux. Il prononça de son bel accent elfique

"Timérion! Je suis heureux de vous revoir"

Puis l'elfe lui fit une remarque sur la longévité du vieillard, qui se mit à sourire avec malice. Un sourire qui disparu quand il précisa que la cité était en émoi. Nakor recula un peu et inquiet, s'amusait à parler en elfique étant lui même humain, pendant qu'un elfe lui parlait en humain. Un entrainement pour chacun des deux et un jeu qui était appliqué entre les deux personnages depuis qu'ils se connaissaient.

"Ne me dites pas qu'un drame s'est produit ici? Une attaque drow? Je croyais que la forêt en avait été vidée, j'y ai moi même participé. En tout cas je vous avoue que je suis venu vous voir pour vous présenter mon amie ici présente, Glinaina. J'espérai que vous auriez le temps de parler un peu ensemble ... je crois qu'elle a beaucoup à apprendre à vos côtés mon ami. Mais si nous pouvons d'abord vous être utile?"

Nakor ne disait pas tout et Timérion le sentirait bien vite, en effet il préférait que ce soit Glinaina qui parle d'elle même, quand bien même elle ne savait pas vraiment ce qui se passait. Nakor resterait proche afin d'intervenir si le côté sombre revenait au gallot, mais Timérion, avec son expérience passée, pourrait sans aucun doute immiscer en elle le grain de lumière qui allumerait de nouveau la flamme et permettrait une évolution nette de la situation. Décidemment, là où Nakor allait les ennuies n'étaient jamais loin. Etait-ce lui qui les attirait, ou eux qui l'attiraient? Ca, en plus de six cent ans, il n'avait jamais trouvé la réponse.
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MessageSujet: Re: [Cité]Du sel sur les cicatrices: le défilé du mépris {Fini}   Lun 18 Mar 2013 - 11:01

"Cela fait longtemps que Malereg n'a pas reçu un représentant de l'empire-dragon.

Le nouvel arrivant sortit du couloir, facilement reconnaissable aux yeux de la jeune femme : c'était un Elfe apparemment âgé, tenant debout à l'aide d'une canne et au visage... défiguré sur la moitié gauche. Cet état de fait attira l'attention de Glinaina plus que la façon dont l'inconnu avait appelé le vieux mage, lui rappelant les paroles du bougre qui se relevait pour enlever la poussière du sol de sa robe de magicien : "Il a subit bien des assauts, son visage est à moitié barré par une cicatrice qui le défigure. Je te le dis parce qu'étrangement chez les humains, quand on rencontre un homme défiguré, on ne parvient pas à s'empêcher de rester sur la cicatrice, les yeux grands ouverts. Ce qui n'est pas du meilleurs des gouts n'est-ce pas?". En effet, la cicatrice que le Seigneur Protecteur arborait n'avait rien de bien sympathique à voir. Mais elle ne s'attarda pas dessus, ne ressentant à l'instant aucunement le dégout que la balafre pouvait susciter chez des gens non habitués. Son regard froid se posa juste sur l'Elfe, sans aucune grande arrière-pensée, le détaillant juste. Cela sembla le déranger puisque le ton jusque là amical de Timérion devint immédiatement plus formel, tout comme les traits de son visage.

-Mais avant toute chose, présentez moi donc cette jeune Elfe qui vous accompagne..."

Comme demandé, elle laissa Nakor la présenter, d'autant plus qu'elle n'avait pas spécialement envie de prendre la parole. Elle se força tout de même à s'incliner à ce moment-là, n'ayant pas oublié qui était devant elle - même si cela n'avait que peu d'importance à son esprit, contrairement à autrefois. Là, elle était calme, malgré la colère qui bouillait toujours en elle. Peut-être que dans quelques minutes il en serait autrement. Elle n'en savait rien. En attendant, elle ne se rendait pas compte à quel point ses yeux pouvaient paraître sombres pour les Elfes présents ici-même, ou même pour Nakor. Elle ne dit rien lorsque le mage proposa leur aide, se contentant juste de reculer d'un pas pour laisser les vieux amis à leur discussion tout en écoutant ce qu'elle pouvait entendre, c'est-à-dire le langage des êtres humains. Elle pouvait juste espérer que le vieil Homme ne la mettrait pas dans une situation où elle serait encore moins à l'aise qu'à l'instant présent. Il manquerait plus que toute cette colère qui était en elle ne reprenne le dessus...
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MessageSujet: Re: [Cité]Du sel sur les cicatrices: le défilé du mépris {Fini}   Lun 18 Mar 2013 - 22:47



"Ne me dites pas qu'un drame s'est produit ici? Une attaque drow? Je croyais que la forêt en avait été vidée, j'y ai moi même participé. En tout cas je vous avoue que je suis venu vous voir pour vous présenter mon amie ici présente, Glinaina. J'espérai que vous auriez le temps de parler un peu ensemble ... je crois qu'elle a beaucoup à apprendre à vos côtés mon ami. Mais si nous pouvons d'abord vous être utile?"

Timérion regarda un instant la dénommée Glinaina sans rien dire. Il y avait quelque chose chez cette Elfe qu'il ne pouvait pas cerner. A mi-chemin entre un malaise et une impression de déjà vu. Il était évident que les arbres alentour, ou du moins ceux qui s'en préoccupaient, n'était plus rassurés que cela par sa présence. finalement, il inclina légèrement la tête en signe de bienvenue. En attendant d'en savoir plus, un peu de courtoisie ne lui coûterait pas grand chose.

"Bienvenue en Malereg, Glinaina, fille de la Mère. Les amis de Nakor sont libre de se reposer sous la canopée de l'île dorée."

Puis, il pesa les paroles de Nakor. Aucun Protecteur ne ferait appel à un humain et une Elfe venant d'un protectorat extérieur pour solutionner un problème interne. Mais cette règle ne s'appliquait pas vraiment au sorcier humain. Cependant, le conseil verrait la présence d'un fils d'Elenwë d'un très mauvais oeil. Cependant, il pouvait le présenter autrement. Après tout, avant d'être un humain, Nakor pouvait être vu comme un mage sage et puissant. On oubliait souvent ce détail en regardant le vieillard et son comportement qui, il fallait bien le dire, faisait penser à de la sénilité. Lentement, Timérion commença à opiner de la tête.

"J'accepte votre aide mon chez ami. Neglendir, l'Intendant de la cité a disparu. J'ai plus ou moins pu établir un début de piste. Une troupe de Roqueni devrait être assemblée désormais. Suivez moi pendant que je continuerai à vous expliquer."

Il dépasse ses deux interlocuteurs de son pas claudiquant et avança vers le Tellaram. Il soupçonnait que chaque minute perdue diminuait leur chance de remettre la main sur l'Intendant. Timérion s'inquiétait déjà des conséquences de cette affaire. Mais plus que tout, il se faisait un sang d'encre pour l'Elfe. Même si il le trouvait arrogant et peu supportable, il n'en restait pas moins un des enfants qui étaient mis sous sa protection. Et il ne permettait pas que l'on touche à un seul de ceux sur lesquels il veillait.

"La dernière personne à l'avoir vu était un serviteur hier soir au coucher du soleil. Ce matin, il n'était pas dans sa chambre et son lit n'était pas défait. Il faut préciser que Neglendir est de la mouvance des Pierre, il ne passerait jamais la nuit au dehors de son plein gré. Ce qui nous fait penser à un enlèvement. D'après ce que j'ai cru comprendre de la Symphonie, il se serait dirigé vers le Nord, y aurait rencontré quelqu'un et se serait tourné vers le mur de Termalion. Je n'ai pas tenté de voir plus loin, nous allons d'abord nous rendre là bas. Les rodeurs et les arbres nous permettront de suivre sa piste sur place."

Il poursuivit d'un pas vif qui aurait pu surprendre au vu de son handicape. Mais pas aujourd'hui. Aujourd'hui, sa jambe se portait bien et la situation exigeait qu'il mobilise toutes ses capacités. Il n'aimait cependant pas devoir montrer cette vigueur momentanée. Pour lui, cela donnait l'impression aux gens que son handicape n'était qu'une comédie là où il n'y avait qu'une rémission temporaire, même si cela se produisait bien plus souvent qu'avant sa retraite. D'ici quelques décennies, il pourrait peut-être enfin ne plus vivre au dépend de sa canne.

Ils passèrent sous les voûtes dorée par l'automne du Thara-pata, descendirent un chemin en pente douce, puis l'escalier qui longeait le temple Tyra au Nord. Finalement, il déboucha sur le pont de pierre qui reliait l'île de Malereg à la partie de la cité qui s'étendait sur la rive. Là, sur la place herbeuse qui s'étendait au sortir du pont, une troupe de cavaliers elfiques accompagnées de deux rôdeurs montant à cru finissait de s'assembler. Timérion émit un long sifflement modulé. Répondant à cet appel, une Meharas blanche surgit au coin d'une demeure adossée à un arbre millénaire. Il fit signe à un palefrenier qui amena sa selle et sella lui même l'équidé.

Il flatta l'encolure de sa compagne et lui murmura quelques paroles en elfique. Puis il rappela le palefrenier pour lui demander deux chevaux sellés supplémentaire. Celui-ci s'inclina et partit au pas de course pour revenir quelques instant plus tard avec un étalon brun et une jument noire avec une tâche blanche sur la croupe. Il se retourna vers ses visiteurs.

"J'espère que vous savez toujours monter à cheval, Nakor... Et que votre amie se débrouille également. Normalement il ne devrait pas y avoir de problème, ils suivront Annãmmë, ma compagne de voyage, et connaissent les pièges de la forêt. Vous chevaucherez à mes coté."

Il se hissa sur son Meharas du coté gauche, comme à son habitude. Il passa la main sur sa jambe droite qui se vit coincée solidement par un entrelacs de lierre sous l'influence de sa magie. Puis il se tourna vers les autres cavaliers pendant que Glinaina et Nakor enfourchait leur monture. Ou du moins, il le supposait.

"Le Haut Mage ici présent et sa compagne Elfe nous accompagneront pendant la chevauchée. Nous partons vers le mur de Termalion, dans la vallée Nord-Ouest. Notre mission est de retrouver Neglendir coûte que coûte. Des questions?"
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MessageSujet: Re: [Cité]Du sel sur les cicatrices: le défilé du mépris {Fini}   Mer 20 Mar 2013 - 23:18

Nakor n'avait pas pensé à la politique. Il n'y pensa qu'après avoir fait sa proposition à son ami le Seigneur Protecteur. Mais ce qui l'inquiétait plus était Glinaina, il avait fait un long chemin avec elle, et avec lui, avec cette chose en elle, qu'elle ne maitrisait pas mais que le sorcier humain voyait et comprenait de mieux en mieux. Il avait évidemment confisqué son épée, sa mère Sydith lui avait donné, sous de bons prétexte, mais il l'avait réquisitionné sur le chemin, la rangeant quelque part dans sa barbe, afin d'éviter qu'elle n'éventre le moindre elfe qu'ils croiseraient sur leur route, et encore moins Timérion. En tout cas, pour le moment, elle se tenait tranquille, ne bougeait pas, elle gardait juste un regard froid, presque glacial. Elle s'inclina tout de même devant le Seigneur Adantar et suivit le mouvement. Nakor continuait à parler en elfe et Timérion en humain, comme depuis des centaines d'années. Il sembla donc trouver une raison d'expliquer la présence d'un être humain aux côté d'une compagnie elfique de recherche. Après tout, il était un puissant sorcier, le seul archimage humain de Miradelphia, cela lui permettait de dépasser un peu sa condition d'humain aux yeux des elfes conseillers des Protectorats. Ils se mirent donc en route et passèrent par les magnifiques chemins de l'Epine Dorée. Nakor fut heureux de voir que ses jambes se souvenaient de ces chemins plusieurs fois empruntés. En effet le vieux sorcier était un voyageur, il avait arpenté le monde à maintes reprises et il suivait sans difficulté. Timérion boitait bien peu à ce moment là, emporté par l'envie de faire vite sans aucun doute. Pendant qu'ils retraversaient le chemin suivit précédemment sur le pont de pierre, le magicien se tourna vers sa jeune amie Glinaina, sa protégée du moment. Il senti un léger malaise et cligna des yeux longuement en inclinant la tête, comme pour l'encourager et lui dire que cela allait bien se passer, qu'il était là et que cela ne poserait pas de problème, que tout irait bien et qu'elle resterait calme. En tout cas il l'espérait. Timérion termina son discours et Nakor prit la suite

"Un enlèvement? Mais qui peut en vouloir à votre Protectorat à ce point? Des manipulations en internes Timérion? La politique n'a pas prit à ce point le pas chez les elfes rassurez moi. Un ennemi extérieur autre que les drows? Parce que, si c'étaient eux, vous l'auriez senti n'est-ce pas? Cette musique de la nature que vous écoutez ... la symphonie ... vous permet-elle de faire la différence entre les possibles races de notre monde?"

Nakor n'était pas un expert de cette magie que certains elfes utilisaient et qui les connectaient aux arbres et à la nature, selon une étrange musique. Il y a quelques siècles, Nakor pensait que c'était une base de la magie druidique, sa récente rencontre avec Ril-Vywen faisait qu'il n'en était plus tout à fait sur finalement. En tout cas il se posait la question : pourquoi enlever un intendant? Les drows auraient sans doute tué le pauvre Neglendir, que restait-il? Des humains? Des nains? Des manœuvres politiciennes pour obtenir un poste, pour déclencher une guerre? Le vieux fou se passait la main sur la barbe machinalement quand Timérion parla de cheval. Nakor ouvrit grand les yeux, dans le dos de son ami Protecteur. Le magicien détestait monter à cheval, pas parce qu'il ne savait pas les manier, mais parce que, par principe, il trouvait inconvenant de faire supporter sa masse à un pauvre animal qui n'avait rien demandé. Mais voilà qu'il devait le faire, voilà qu'il devait monter. Un cheval lui fut amené et ils le laissèrent faire seul, pensant qu'un vénérable vieillard humain montait forcément le cheval comme un roi de parade. Nakor lança un regard contrit à Glinaina et se lança. Oui il se lança, a proprement parlé, sur le cheval, en bondissant du sol, pour passer par dessus l'animal. Il se retrouva donc rapidement, affalé sur le ventre, le long de la croupe du cheval. Il battait lamentablement des pieds dans le vide, en essayant de ne pas basculer vers l'avant, ni de retomber sur ses pieds, sur le sol. Il s'accrochait donc comme un vieux bougre et poussait tout en émettant, de façon ridiculissime, des bruits tels que

"Houuu ... boudi ... boudiou ... houdi ..."

Il trouva assez de force en lui pour passer une jambe par dessus bord et se redressa en soufflant longuement, enfin assis sur ce satané animal gigantesque qu'était un cheval. Mais il y avait un problème, Nakor s'exclama

"Hein? Mais qu'est-ce que c'est que ça!"

Le cheval n'avait pas de tête! Mais comment était-ce possible? Le sorcier posa d'ailleurs la question

"Mais ... par tous les dieux, depuis quand les chevaux n'ont plus de tête enfin?"

Puis il sembla comprendre, quand il se rendit compte que tout le monde le regardait, qu'il y avait un problème, mais que ce n'était pas le cheval qui en était l'origine mais sans doute lui. Il se tourna autant que possible dans cette position et demanda tout penaud

"Mais voyons, qui a changé la position comme ça? Non mais c'est pas vrai hein!"

Puis il se mit à gesticuler, à passer une jambe par dessus bord, puis de difficilement et en équilibre, se tourner sans tomber, et repassa l'autre jambe du bon côté. Il caressa maladroitement l'animal en lui disant

"Haaa et bien voilà qui est mieux n'est-ce pas!"

Puis il explosa de rire. Non mais vraiment, aucune honte ne pouvait l'atteindre celui là. Il se racla la gorge et parla en elfe à tout le monde

"Nous allons pouvoir y aller mes amis!"

Puis il repassa en humain et dit tout haut, afin que Glinaina puisse l'entendre

"Nous allons donc vous suivre, tous les deux côtes à côte, vos gardes sont déjà nombreux et il n'y aura que peu de soucis j'en suis certain. Et puis vous avez avec vous le plus puissant magicien humain de ce monde ... moi!"

Il continua de rire un peu et enfin ils purent partir, Nakor maniant à peu prés son cheval, il arrivait à rester dessus, c'est l'animal qui faisait le reste il fallait bien l'avouer. Ils partirent donc à la recherche de Neglendir, Nakor essayant de rester sur son animal tout en gardant un œil sur Glinaina comme depuis le début de cette aventure.
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MessageSujet: Re: [Cité]Du sel sur les cicatrices: le défilé du mépris {Fini}   Jeu 21 Mar 2013 - 12:34

"Bienvenue en Malereg, Glinaina, fille de la Mère. Les amis de Nakor sont libre de se reposer sous la canopée de l'île dorée.

Si cette phrase avait été essentiellement de la courtoisie de la part du Seigneur Protecteur, elle eut tout le loisir de se planter tel un couteau dans l'esprit de la jeune Elfe, ce qui se traduisit physiquement par un arrêt sur image, ou un moment d'hésitation qu'Adantar aurait pu apercevoir. Fille de la Mère ? Elle n'en était plus sûre... Ce n'était pas ce que la Gardienne avait voulu lui faire comprendre. Lorsqu'elle se releva, suite à son inclinaison, son regard ne se porta pas directement sur le Seigneur Protecteur mais resta un instant baissé vers le sol, le temps qu'elle accuse vraiment cette phrase si anodine pour un Elfe normal. Et quitte à passer pour une grande impolie aux yeux de ceux qui étaient au moins avant les siens, elle ne lui répondit pas.

Enfin, Timérion reporta son regard sur Nakor, lui donnant heureusement plus d'importance qu'à l'Elfe et répondant à ses questions. Alors qu'ils commençaient à marcher vers un autre lieu que Glinaina ne pouvait connaître, puisqu'elle n'était jamais de sa vie venue à Malereg, les deux vieux amis continuèrent leur discussion sur ce qu'il se tramait actuellement dans cette ville et, si l'archère restait en arrière, ses oreilles les écoutaient attentivement alors que ses yeux se baladaient toujours avec froideur d'un point à un autre. Plus les choses allaient, moins la fille de Beleg se sentait à son aise : le temps passant les gens commençaient à traverser la ville pour vaquer à leurs occupations respectives et, de ce fait, il y avait de plus en plus de monde au fil des minutes (sans pour autant qu'il y ait grande foule). De plus les gens avaient tendance à regarder l'étrange trio que formaient à l'instant Timérion, Nakor et elle, et parfois... Glinaina se pria intérieurement de se calmer et baissa les yeux tout en serrant avec force la ceinture qui lui servait habituellement à y accrocher ses fourreaux. Elle eut du mal à être vraiment calme pendant toute la traversée, mais visiblement elle s'était tenue assez bien pour que Nakor ne s'en rende pas compte - à moins qu'il n'était trop absorbé par la conversation. Quoi qu'il en soit, ils arrivèrent sans souci particulier jusqu'aux Roqueni et c'est enfin que Glinaina relâcha la ceinture de sa main devenue blanche.

A la demande du Seigneur Protecteur on apporta deux chevaux scellés supplémentaires pour les nouveaux arrivants, puis il donna les dernières consignes pendant que les deux montaient plus ou moins habilement à cheval. Si Lina n'eut aucun mal à mettre le pied dans l'étrier puis à s'élever pour se placer sur la selle, il n'en fut pas de même pour le vieux mage... Le spectacle qu'il donnait était... comment dire... fort peu commun, de plus que le vieux fou s’esclaffa ouvertement que la tête de son cheval était invisible. Il n'y eut pratiquement personne pour sourire à la bêtise de l'Humain, ou du moins pas ouvertement. Glinaina, elle, resta de marbre en apparence même si en réalité de mauvais souvenirs remontaient à sa mémoire, animant une peur en elle : ils partaient à la recherche d'un Intendant, c'est-à-dire traquer ceux qui l'avaient capturé. Et la dernière fois qu'elle avait traqué quelqu'un, cela s'était très mal terminé. C'était ce qui avait déclenché ce changement important en elle, et l'idée d'en refaire une ne lui plaisait aucunement ! Mais elle ne dit rien, ne posa aucunement question. Elle suivrait simplement, essaierait de faire en sorte de ne pas trop entrer dans le jeu. C'est tout.

L'Elfe porta un regard où l'intrigue pouvait se lire, remplaçant pour une fois l'éternelle colère la prenant, à son protecteur du moment. Nakor y répondit en disant à Adantar qu'ils les suivraient juste. Ils partirent donc et ce n'est qu'après un certain temps que Glinaina se tourna vers le mage, ouvrant pour la première fois la bouche depuis que les pas de Timérion s'étaient fait entendre dans le couloir.


-Il vaudrait mieux que vous me passiez l'épée de mon père, Nakor. Si jamais nous avons à nous battre..."

Sa voix était douce, quoi que que ferme. Celle d'une Elfe toute à fait normale, malgré ce que laissait comprendre son attitude.
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Timérion Adantar
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MessageSujet: Re: [Cité]Du sel sur les cicatrices: le défilé du mépris {Fini}   Ven 22 Mar 2013 - 22:21


Timérion resta de marbre face aux pitreries de son ami. Il ne s'était pas amélioré avec le temps, que du contraire. Même avec sa longévité peu naturelle, Nakor restait sujet à une des malédiction humaine qu'ils nommaient la "Sénilité". Mais, le Seigneur Protecteur se demandait parfois si cette démence apparente n'était pas en réalité une couverture, le même subterfuge qu'il utilisait en boitant même les jours où sa jambe ne le faisait souffrir. En tout cas, il devait faire comme si cette comédie était tout à fait normale, sinon, il pouvait faire une croix sur les justifications qu'il avait trouvé à la présence de l'Archimage.

Glinaina quant à elle restait glaciale. Il était évident qu'elle n'avait pas été à l'aise pendant la traversée de la cité et au fond de lui, Adantar préférait la savoir à ses cotés là où il pouvait surveiller cette Elfe étrange plutôt que de la laisser derrière au palais. Sa demande auprès du vieux mage de lui rendre son épée ne fit qu'accroître le doute que portait le Protecteur à son encontre. Nakor ne posait pas ce genre d'actes sans raisons, et il redoutait de découvrir celles-ci plus tôt qu'il ne le souhaitait.

Mais ces préoccupations pouvaient attendre, pour l'heure, il fallait partir et aller vite. D'un geste, Timérion donna le signal du départ et demanda à son Meharas de le porter au devant de la file et de maintenir une bonne allure. Si Nakor ne semblait pas du tout à l'aise sur un cheval, Glinaina semblait bien s'en tirer, au moins c'était déjà cela. Il ne leur accorda cependant guère plus d'un regard pour vérifier si ils étaient toujours à ses cotés. La course contre la montre venait de débuter.

Ils arrivèrent bien vite dans une clairière, non loin du mur de Termalion où s'élevait trois pierre en un grossier triangle, vestige possible d'une bataille d'Elfes et de Nains où les Golems seraient intervenus. Là, les rôdeurs déployèrent toute leur efficacité et tout leur talent. Il était rare de se payer le luxe d'avoir de pareils Elfes à disposition dans la cité aussi rapidement, il fallait croire que la chance ne les avait pas entièrement déserté.

Cependant, ils mirent quand même un certain temps à retracer les évènements. La pluie et le vent de la nuit avait chassé les odeurs, modifié les trace et masqué certains indices. Mais là où n'importe qui d'autre aurait abandonné avec de bonnes raisons, les rôdeurs eux ne renoncèrent pas et finirent par découvrir une partie de ce qui s'était passé. Mis en correlation avec ce que Timérion saisissait de la Symphonie, qui se faisait légèrement plus âcre ici, ils purent tirer des conclusions plausibles, bien que toujours hypothétiques.

"Récapitulons. Nous avons affaire à un groupe de Nains, onze pour être précis. Mais seul sept se trouvait dans la clairière. Ils avaient ensuite été rejoint par deux Elfes venant de la cité. Le premier est venu leur parler pendant que l'autre patientait. Puis il est revenu le chercher et ils ont, semble-t-il, commencé à parler avec les Nains. Au vu du peu de trace, ça ne pouvait être un affrontement. A un moment, quelque chose a dérapé, puisque le second Elfe a tenté d'attaquer le premier avant de s'effondrer, sans doute assommé par une pierre, comme en témoigne la pierre où restait collé un cheveux dans un petit caillot, le reste du sang ayant été lavé par les intempéries.

On voit les traces d'un corps qui a été traîné vers le mur, pas loin de l'endroit où ont été dérobés des chevaux et tuer deux gardes qui ont du arriver au mauvais moment. Quant au premier Elfe... La forêt susurre d'étrange malédiction à son sujet, mais pas qu'il ait été enlevé. On peut également voir qu'il est resté longuement alongé dans une position peu naturelle, avant de repartir d'un pas incertain vers la cité. Son sort ne nous intéresse pas pour l'instant."


Mais une fois l'Intendant retrouvé, il était certain que Timérion ferait la lumière sur cet individu qui faisait tant frémir les arbres alentour. Il était affreux de voir ses soupçons confirmés de la sorte. Il y avait bien un traître en Anaeh. Au moins un, peut-être plusieurs. Mais pour l'heure, il avait un autre problème en tête.

"Les Nains se sont dirigés d'abord vers l'Ouest, mais on ne peut pas tirer de conclusion de ce déplacement. Il semblerait qu'ils étaient au courant des différents postes d'observation, ils ont donc simplement contourner celui qui se trouve au Nord tout en évitant le hameau au Nord Est. On peut penser qu'ils repartiront par le Nord, c'est là qu'il est le plus facile de s'enfouir, les Sources et les Gués de l'Olyia étant tenu par nos troupe de manière plus que convenable. Nous allons tenter de gagner du temps en tentant d'établir l'itinéraire suivi par ces Nains en fonction des différents postes. et nous couperons directement vers la direction la plus plausible. Les rôdeurs et moi-même n'auront aucun mal à retrouver leur trace à partir de là."

C'était troublant que les Nains s'infiltrent ainsi en Malereg, surtout en si petit nombre. Et cela tombait très mal. Sa proposition au roi de Lante devenait caduque et le Conseil ne l'estimerait plus valide. Pourtant Timérion était persuadé que Valek n'aurait pas envoyé un raid de Nains kidnapper l'Intendant. De toute façon, il semblait clair pour lui que cet enlèvement était purement fortuit. Mais cela restait troublant... Si ils les rattrapaient, peut-être en apprendrait-il d'avantage...

Lorsque l'itinéraire supposé des Nains fut établi, l'équipée se remit en route. Le soleil avait passé son zénith, même si de lui on ne voyait qu'une vague trace dans le ciel qui se plombait de nuages cotonneux, annonciateur d'orage. Leur chevauchée durerait encore longtemps mais grâce à ce raccourci et avec l'aisance des Elfes à cheval, que ne possédaient assurément pas les Nains, ils devraient les rattraper au coucher du soleil. Peut-être même avant si les cinq leur en faisaient la grâce...
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Nakor
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MessageSujet: Re: [Cité]Du sel sur les cicatrices: le défilé du mépris {Fini}   Mer 27 Mar 2013 - 8:43

La troupe se mit en route, Nakor gardait son sang froid, enfin, il essayait de le conserver et il faisait de son mieux pour parcourir les terres forestières de l'Anaëh sans trop d'embûches. Fort heureusement son cheval suivait les ordres de ses maîtres et le vieux fou n'avait qu'à rester concentré et suivre les mouvements sur sa selle. Il avait d'abord eut envie d'entourer le cou du cheval de ses bras afin de se stabiliser et de laisser le hasard faire la suite. Mais tout de même, il était temps de faire preuve d'un peu de bonne volonté. Ils cheminèrent assez rapidement, Nakor poussant parfois des petits cris sous les chocs subits entre son fessier millénaire, ses vieux os, et la rude selle de course. Cris qu'il étouffait dans sa barbe du mieux qu'il pouvait et qui ne ressemblaient plus qu'à des

"Houuuu ..."

Qui disparaissaient dans le néant rapidement. Avec les heures qui défilèrent, Nakor avait fini par ne plus émettre un bruit et s'avérait en réalité être un bon cavalier. Tout cela était-ce donc du bluff? Allez savoir. Glinaina posa une question qui interpella le vieil homme. Il glissa un œil vers sa protégée et ajouta

"Je ne suis pas très à l'aise en cheval, je préfère que l'on fasse ça quand nous nous serons définitivement arrêté, je ne voudrai pas me rompre le cou stupidement. Et puis si les choses tournent mal, tu l'auras rapidement dans tes mains, promis Glinaina, compte sur moi."

Voilà qui évitait habilement le problème. Ils finirent par trouver des traces et ainsi remonter le fil le plus probable de l'histoire. Le magicien restait toujours aussi impressionné de la capacité des pisteurs à voir ce qui n'était qu'ancré dans le passé des marques au sol. Il ouvrit grand les yeux et planta un regard presque inquiet dans celui de son ami Seigneur Protecteur

"Par tous les dieux Timérion! Vous avez un traître suffisamment haut placé pour que votre Intendant lui accorde sa confiance. Il faut absolument le retrouver pour pouvoir démasquer cet elfe!"

Puis de façon tout à fait inattendue, Nakor descendit de son cheval comme un grand professionnel de la race chevaline. Il alla lui même inspecter les traces pendant que tous les autres commençaient à étirer des cartes. Il s'éloigna volontairement de Glinaina et ferma les yeux, en tendant la main droite. Il essayait de voir s'il y avait la moindre trace de magie. Les nains faisaient appel aux pouvoirs des runes, en connexion avec leur dieu. Ce qui était récemment devenu une pratique dangereuse, mais les rares nains à être encore initiés aux arcanes laissés derrière eux une trace notable. Le vieux fou avait longtemps séjourné chez les nains, et tout comme lui même pouvait laisser sa trace s'il était prit à parti dans une situation un peu stressante, il en était de même pour les quelques nains importants, runistes de leur état. C'était très faible, puisque depuis longtemps dissipé, mais il y avait eut ici quelqu'un qui savait de quoi parlait la magie naine. Il se redressa et eut soudain quelques soupçons. Si c'était encore cet imbécile de fou furieux qui avait manqué de le tuer sous Kirgan, il allait l'entendre! Nakor retourna sur les cartes sans rien dire de ses soupçons et observa les différents trajets possibles.

"S'ils sont venu, c'est qu'ils ont évité les troupes sur le chemin aller, ils vont donc reproduire au mieux leur trajet sur le retour, sauf que deux arbres ne font pas grand cas de différence pour les nains. Ils vont mettre bien plus de temps que vous pour se repérer et avancer vers le nord. Il est certain, tel que je les connais, qu'ils veulent le plus rapidement possible rejoindre les plaines du Brissalion afin de sortir de cette forêt, qu'ils détestent sans doute. Je pense qu'il faut foncer en ligne droite dans cette direction, avec l'espoir que, de leur côté, et affaibli par ces détours, ils se soient arrêtés pour quelques heures!"

Tout en parlant, Nakor avait pointé du doigt des chemins sinueux qui passaient entre les troupes elfiques. Puis tout à la fin, il avait pointé une direction et attendit un signal de la part des autres pisteurs, prêt à retourner sur ce maudit cheval et qui sait, attraper un nain qui méritait d'entendre parler du pays!
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Glinaina
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MessageSujet: Re: [Cité]Du sel sur les cicatrices: le défilé du mépris {Fini}   Mer 27 Mar 2013 - 11:17

"Je ne suis pas très à l'aise en cheval, je préfère que l'on fasse ça quand nous nous serons définitivement arrêté, je ne voudrai pas me rompre le cou stupidement. Et puis si les choses tournent mal, tu l'auras rapidement dans tes mains, promis Glinaina, compte sur moi.

Glinaina n'aimait pas trop cette idée de ne pouvoir se défendre si jamais ils se faisaient très tôt attaqués, mais ainsi en était-il. Nakor ne se sentait pas fort à l'aise à cheval (ce qui se voyait largement), si bien qu'elle attendrait qu'ils aient mis pied à terre avant de réitérer sa demande. Ils continuèrent donc ainsi leur route, traversant habilement la forêt sans faire plus que nécessaire frissonner les buissons.
Enfin, lorsqu'ils s'arrêtèrent devant un triangle formé par trois grosses pierres, ils purent retourner sur la terre ferme. Alors que les pisteurs découvraient un maximum de traces laissés par les agresseurs de l'Intendant Neglendir, Glinaina ne pipait mot. Elle essayait de ne pas trop prendre cette quête trop "à coeur", si tant est qu'elle ait de l'intérêt pour cela. C'était triste à dire, mais l'Intendant ne comptait pour rien dans son esprit, mais la traque en elle-même, elle... Elle avait tendance à l'attirer. Donc au final, l'esprit de l'Elfe se laissait prendre à réfléchir à tout ce qui se disait, tout ce qui était fait et la mention de chevaux, nombreux soient-ils, lui titilla les oreilles.

-Y a-t-il des éleveurs de chevaux dans les parages ?"

Oui, il y en avait... et ils devaient y en avoir deux, normalement. Glinaina alla donc voir en compagnie d'un "roquen" (Roqueni au pluriel) ce qu'il en était de ce côté-là. Comme elle s'en était doutée celui-ci ne lui porta pas la meilleure des confiances, sans aucun doute parce qu'elle était une étrangère et en plus... bizarre, sombre et dont l'épée était sous la bonne garde d'un magicien. En soit, il ne devait certainement pas comprendre ce qu'elle faisait dans cette histoire. La seule chose qui allait vraiment était que lorsqu'elle se concentrait vraiment sur toute cette histoire, elle ressemblait plus à une personne ayant l'habitude de prendre des décisions (et donc de réfléchir) que d'une sauvageonne. Au moins cette traque lui permettait-elle de penser à autre chose qu'à la noirceur de sa colère.

Lorsqu'ils arrivèrent, le spectacle qui s'offrit à eux fut des plus lugubres : un espace vide et quelques cadavres d'Elfes, morts déjà depuis plusieurs heures. De toutes les hypothèses qui pouvaient naître dans l'esprit des deux personnes encore vivantes à cet endroit précis, les Humains pouvaient de façon sûre et certaine être rejetés. Des Drows ? Idem. En regardant les plaies, elles ne correspondaient pas à celles portées par des gens de grande taille, les têtes n'avaient pas été réellement touchées par exemple. Et puis si ça avaient été des Sombres, les corps n'auraient pas été retrouvés en aussi bon état (façon de parler). De cela, Glinaina en était sûre pour l'avoir connu à plusieurs reprises. Mais elle n'en dit rien au pisteur sur cela. L'image des morts lui revenait régulièrement en tête et au final de nouveau la colère sourde commençait à reparaître...
En ce qui concernait le deuxième endroit, les chevaux avaient disparu mais au moins les Elfes n'avaient pas eu de dégâts.

Lorsqu'ils revinrent, tout ce qui avait pu être trouvé fut mis à plat et le Seigneur Protecteur ne fit que confirmer les faits avec l'aide de la Symphonie. Alors qu'ils regardaient les cartes, Glinaina alla voir une nouvelle fois Nakor et tendit simplement une main vers lui. Il pouvait ressentir que ce qu'elle avait vu ne l'avait pas vraiment aidée, mais traître ou non ils se battraient, du moins à ce qu'elle pensait. Et au pire, le vieux mage savait très bien comment la neutraliser ; il suffisait juste d'appliquer de la magie sur elle.
Une fois qu'elle put enfin être armée, elle remonta à cheval après avoir accordé un regard que Nakor put comprendre comme un merci, quoi qu'il ne fut pas des plus explicites. Il était temps de repartir.
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Timérion Adantar
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MessageSujet: Re: [Cité]Du sel sur les cicatrices: le défilé du mépris {Fini}   Sam 30 Mar 2013 - 16:20



La chevauchée repis son cours. Nakor avait sans-doute raison quand il disait que les nains avanceraient lentement et qu'ils seraient contraints à de fréquentes haltes. Quant aux plaines du Brissalion, Timérion commençait à entrevoire le seul passage qui pourrait leur être salvateur. Ils tenteraient assurément de ralier Lante. Almia était trop lointaine et en ruine certainement. Et cela ne manquait pas de déconcerter Timérion. Les belles paroles et les promesses d'avenir de Valek étaient-elles des mensonges ayant pour but d'endormir sa vigilance? Les Nains étaient-ils orgueilleux au point de se croire assez reconstruit que pour braver l'Anaeh? Ou peut-être songeaient-ils qu'avec les Drows au Sud, les Elfes ne réagiraient pas?

En cela, il n'avait pas tout à fait tort. Le peuple sylvain ne pourrait pas porter la guerre au Nord tout de suite. Mais si c'était le cas, ils oubliaient que le temps ne manquait pas pour le beau peuple. Et si Neglendir ne lui était pas rendu, Timérion s'assurerait que les Nains payent cet affront. Il connaissait le climat des montagne et savait à quel point une avalanche ou une innondation et autres coulées de boue pouvaient être fatales pour les cités de la montagne, surtout au vu des dommages qui avaient du être fait dans les systèmes d'écoulement des eaux suite à la Malenuit. Mais penser à la guerre avant d'avoir fait la lumière sur cette affaire n'était aucunement une bonne solution.

Si suivre un groupe de Nains voleurs de chevaux avec pour seul guide la Symphonie était une chose relativement facile pour le Seigneur Protecteur, tenter de devancer ces Nains en coupant par un raccourcis dans l'espoir de leur tomber sur le rable avant qu'il ne quitte le protectorat s'avéra être une épreuve de taille. Mais le défit était loin d'être irréalisable. Le chant des arbres pouvaient porter loin, et le genre de curiosité qu'était une bande de nain sur des chevaux zigzagant à travers les bois était assez étrange que pour se répandre entre les arbres.

Tant bien que mal ils se frayèrent un chemin jusqu'au seul endroit que Timérion voyait plausible pour s'échapper de Malereg sans attirer l'attention. Un petit défilé, entre la vallée de l'Olyia et Alakyat, le Col de l'Impétueux, étirait un chemin peu fréquenté qui partait d'une crête pour se poursuivre le long d'un ravin et finir dans une gorge complètement inaccessible une année sur deux. Méprisant la vie de quiconque s'y aventurait, ce chemin avait reçu pour non Yawecilya, le Défilé du Mépris.

Ils finirent par retrouver la piste des Nains. Une piste fraîche et bien marquée dans le sol humide. Yawecilya et sa crête n'étaient plus très loin. Et il y avait fort à parier que les nains y avaient fait halte. Cet endroit était en hauteur, hors de la forêt et relativement défendable, un lieu parfait pour faire une pause lorsqu'on était traqué.

Timérion allait se retourner pour avertir ses compagnons que le voyage touchait à sa fin quand la Symphonie changea brutalement de ton. Mélange de colère, de révérence et de majesté, une touche de puissance et de sérénité. A la fois doux et terrible, le Chant trahissait la présence d'un être sans pareil, un morceau du divin ayant fait corps dans le monde des mortels: un Gardien. Et pas n'importe lequel, Taurë Hëlmeliòn, Gardienne de Kyrïa. Il la reconnut instantannéement parce que cette modulation dans la Symphonie était la même que celle qu'il avait entendue à Aléandir plus d'un mois auparavant. Par sa faiblesse, il ne l'avait alors que peu comprise mais désormais il ne pouvait se tromper.

Sa surprise fut si forte que Annãmmë la ressentit et faillit piler net. Au dernier moment, il se pencha sur son encolure et lui murmura de poursuivre. Mais que pouvait bien faire la Gardienne si loin au Nord? Timérion fronça les sourcils, il savait que Taurë était prête à tout pour la survie et la protection de l'Oeuvre et sa présence ici et maintenant n'était peut-être pas une bonne nouvelle. Il finit par hausser les épaules et poursuivre sa route. Mais les questions demeurèrent dans son esprit. Encore un jour où il trouverait plus de questions que de réponses...

De son oeil valide, il jeta un regard furtif sur Glinaina qui avait récupéré son épée. En soi, c'était légitime mais son air antipathique et les précaution que prenait Nakor à son égard ne rassuraient nullement Timérion. Il se dit intérieurement que si elle faisait un pas de travers, il la clouerait au sol, Elfe ou pas Elfe.

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Dun Eyr
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MessageSujet: Re: [Cité]Du sel sur les cicatrices: le défilé du mépris {Fini}   Sam 30 Mar 2013 - 19:51

Précision:
 

      C’est un Dun Eyr hagard, couvert de boue, et la barbe en bataille, qui reparut soudain hors de la forêt comme le Soleil commençait à décliner sur Yawecilya. Les Nains demeurés sur la crête marquèrent leur surprise, et dix figures interloquées suivirent la marche du Haut-Prêtre, comme celui-ci reprenait l’ascension du Défilé. Accoutumé aux ravins escarpés de la Nanie, Dun Eyr remontait le goulet sans vraiment s’inquiéter du précipice béant sur son côté ; pourtant, ses bottes manquaient parfois de déraper, car le Nain était fatigué et inquiet. Sa rencontre avec la Gardienne dans la Forêt avait été éprouvante.

      Les almiens durent attendre que le Lirganique ait rejoint la crête, et se soit laissé tomber sur l’herbe ferme du Brissalion, avant d’en apprendre plus sur les raisons de son apparence chaotique. Une heure auparavant, des racines démentes avaient jailli du sol pour happer le Nain ; et voilà qu’il reparaissait, sale et crotté, après avoir cheminé sous terre jusqu’au cœur de la Forêt, puis en être ressorti indemne. Que l’Anaëh n’ait pas exploité l’occasion du Nain repassé derrière sa lisière, pour le broyer et prendre sa vengeance, c’était là un grand mystère pour les fugitifs.

      « Dun Eyr ! parla le premier Kain, où étais-tu ? Nous avons voulu poursuivre les racines, mais la trouée dans la terre s’est effondrée derrière elles. Nous avons creusé et creusé, pour ne rencontrer partout que le sol rocailleux du Défilé. Quelle bête était-ce qui a fondu sur toi depuis les entrailles de la terre ?

      — Ce n’était pas une bête,
répondit le Haut-Prêtre à voix basse, mais une émissaire de Briessa. »

      A la réflexion, quelle était la nature de ce qu’il avait rencontré dans les bois ? Dun Eyr aurait juré s’être trouvé en présence de la Grande Engenderesse elle-même, mais peut-être l’étau des bois avait-il abusé son esprit paniqué.

      « Briessa ? grognèrent quelques Nains en parlant entre eux. »

      Ils connaissaient tous la déesse ours, et certains avaient combattu avec ou contre les clans farouches du Nord, avant la Malenuit ; ces sauvages étaient animés d’une terrible férocité, et ils dédiaient leurs morts à l’esprit de la Chasseresse. Pourtant, depuis le Voile et la folie des Nains, ce culte des forêts avait été banni loin des montagnes ; les sauvages avaient achevé de brûler leurs idoles.

      « La Forêt ne réclame pas l’Elfe, reprit Dun Eyr ; au contraire, Briessa exige sa tête. »

      Les Nains se retournèrent vers l’otage: lorsque Dun Eyr avait été emporté par les racines, ils avaient pris la précaution de l’enchaîner à nouveau, et voilà qu’il se trouvait ficelé contre le tronc d’un arbre. Le Lirganique se releva, et alla trouver Neglendir : dans les yeux à demi-effrayés de l’Elfe, Dun Eyr se rappela la promesse qu’il lui avait faite d’éviter de faire inutilement couler le sang.

      « Ta Déesse a des volontés complexes, longues-oreilles, déclara doucement Dun Eyr. Et même si je ne les comprends pas, je les exécuterai loyalement : considère ton sort lié aux volontés de Briessa. »

      Ce n’était là que la stricte vérité : Dun Eyr n’avait escamoté que le détail de la volonté divine, qui impliquait de livrer un Elfe démuni à la hargne des Sombres. Le Lirganique soupira, et se retourna vers ses compagnons : leur escapade à la rencontre des elfes de Pierre, à présent, semblait s’être gonflée jusqu’à atteindre des états incontrôlables.

      « Que faisons-nous, Dun Eyr ? demanda Kain. Les chevaux sont encore fatigués, les racines les ont effrayés.

      — Qu’ils se reposent jusqu’à la tombée de la nuit,
ordonna le Haut-Prêtre. Nous partirons alors pour Lante, dans l’espoir que le nouveau Roi Valek nous ouvre ses portes : je pourrai ensuite rejoindre le Sud et exécuter les ordres de la Briessa. D’ici là, postez-vous tous sur la crête ; les arbres sont terribles ce soir, et ce Défilé suinte de danger et de malice. »

      Dun Eyr attrapa une salaison dans une besace, et l’engloutit goulument ; sous des sourcils froncés comme jamais, il balayait d’un regard noir la lisière de l’Anaëh. Les Nains avaient eu leur lot de catastrophes pour la journée ; il ne restait plus qu’à espérer qu’aucune nouvelle calamité ne les surprendrait, d’ici au crépuscule...
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Nakor
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MessageSujet: Re: [Cité]Du sel sur les cicatrices: le défilé du mépris {Fini}   Lun 1 Avr 2013 - 19:09

Nakor en était resté pantois! Il venait de se faire avoir : Glinaina était revenu et elle tentait la main. Si le magicien trouvait encore une excuse pour conserver l'épée au sein de sa sainte barbe, tous les autres elfes verraient d'un très mauvais œil la jeune sylvaine. Il ouvrit donc de grands yeux, eut un mouvement de recul, signe qu'il demandait pourquoi diantre elle tendait la main et il sembla comprendre en clignant férocement des yeux

"Hein? ... Ha oui ... l'épée ... oui ... la voilà Glinaina!"

Nakor fouilla dans les méandres et les entrelacs de ses poils de menton et en sorti une bien belle épée. Il la tendit en direction de sa jeune amie et se mit à sourire tranquillement. Elle saisit l'épée et le sorcier la lâcha, puis il fit semblant de chercher encore quelque chose par terre. Puis il retourna à son cheval après les maintes discussions avec Timérion et les autres pisteurs. Ils partirent enfin en chasse des nains et de Neglendir. Le magicien gardait très légèrement un œil sur sa protégée, maintenant qu'elle avait récupérée son arme, il devait se tenir prêt à réagir au quart de tour en à l'entourer d'une gangue de magie qui ferait refluer le mauvais coté de Glinaina au très fond d'elle même. Timérion jetait de temps en temps un œil, le seul encore valide, sur les deux compères. Il se méfiait, et c'était preuve d'une grande intelligence évidemment. Il y avait finalement des traces. Cela sentait le nain à plein nez, le nain qui allait passer un sale quart d'heure. Les chevaux accélérèrent autant que possible dans une telle forêt et tout le monde se tenait sur le qui-vive. Ils allaient enfin tous pouvoir savoir ce qui avait déclenché cette histoire, qui mettait en péril la trêve nanno-elfique, qui avait fomenté tout cela. Ils allaient aussi pouvoir mettre un nom sur un éventuel traitre à l'intérieur de l'Epine d'Or. Quel retour fracassant en Malereg pensa Nakor quand il aperçu le Seigneur Protecteur, légèrement soucieux et concentré, presque étonné et ralenti. Il fronça les sourcils mais n'en dit rien et se concentra encore plus. Le gallot reprit et des signes entre elfes furent donnés. Timérion allait de l'avant, Nakor allait donc le suivre, tout comme Glinaina et de nombreux autres pisteurs. Le vieux fou fit en sorte que son cheval s'écarte un peu de celui de la jeune gourgandine de son cœur et malaxa sa magie. Il était sans aucun doute assez proche de son ami Timérion pour que celui ci sente que le vieillard allait faire œuvre de sorcellerie. Ils jaillirent de la lisière de la forêt et le magicien se mit à l'œuvre. Il hurla en elfique, alors que le gallot avait du être repéré par les nains

"Fermez les yeux!"

Puis il claqua des mains et projeta sa magie : une colonne de flamme sembla jaillir du sol, non loin des nains, une colonne de plus de trois mètres de haut, qui créa assez de lumière pour aveugler les petits nains, dont le regard déjà perçant s'était encore plus habitué à la nuit. Un petit effet de surprise qui donnerait un léger avantage aux elfes. Nakor eut alors l'occasion de voir ce à quoi il avait espéré ne pas avoir à faire : ce satané imbécile insupportable de Dun Eyr. Fronça très fort des sourcils il ajouta dans la nuit maintenant réchauffé par les flammes

"Vouuuuuuuuuuus!"

Il s'était promis d'étriper ce crétin qui avait manqué de le tuer à deux ou trois reprises dans les cavernes de Kirgan voilà quelques longues semaines en arrières. Et pour en ajouter encore, il avait en plus enlevé un elfe, chez son ami Timérion Adantar, il prenait donc le risque de déclencher une nouvelle guerre dans le nord, entre deux nations déjà fort coutumières de la chose depuis des millénaires. La peste emporte ce nain, le Lirganique allait devoir s'expliquer. L'air autour du vieux fou sembla vibrer tant la magie émanait de lui. Il était au bord de l'explosion et faisait ce qu'il pouvait pour garder son self contrôle, car la colère d'un archimage pouvait devenir vite dangereuse. Comment la situation allait évoluer?
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Timérion Adantar
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MessageSujet: Re: [Cité]Du sel sur les cicatrices: le défilé du mépris {Fini}   Mar 2 Avr 2013 - 12:05



Il les sentait à travers la Symphonie, si bien qu'il pouvait presque les voir. Si le doute était toujours présent quant à la présence de la Gardienne, il n'était plus question de cela maintenant. Seule importait la libération de Neglendir... Et éventuellement, le sort de ses ravisseurs. D'un geste vif, il détacha la moitié des Roqueni de part et d'autre de la crête. Le but n'était pas un contournement mais une préparation à la poursuite. Pendant qu'ils négocieraient, ces cavaliers auraient pour mission de se placer de manière à pouvoir reprendre la course en cas d'échec des négociations. Ceux là auraient leurs arcs prêts à l'emploie, les autres que le suivraient laisseraient leurs armes au fourreau.

Il surgir enfin de des taillis et s'élancèrent sur la crête où les nains étaient entrain de lever le camp précipitamment. Lorsque Nakor leur cria de fermer les yeux, Timérion jura intérieurement. Leur but n'était pas d'anéantir les Nains mais de récupérer l'Intendant! Le raisonner ne servant à rien, il obéit à son ordre et se protégea de l'orgie de lumière déclenchée par l'archimage. Cette entrée en matière pour le moins explosive le forçait à changer ses plans.

"Ile Mapa Cú! Il Ta Lin!*"

Il demanda à Annãmmë de s'arrêter en travers du chemin de Nakor. Un autre usage de la Magie aussi immodéré pourrait coûter sa tête à Neglendir. Alors que le Meharas s’exécutait, il puisa dans une ses poches une poignée de haricots encore verts. Si la situation venait à dégénérer, il comptait bien ne pas être sans défense face à ces Nains. Il foudroya son ami du regard, pour lui faire comprendre que l'offensive n'était pas encore une solution envisagée. Cependant la réaction du vieux mage l'interpelait. Ainsi, il connaissait l'un des ravisseurs et, à entendre le ton de sa voix et à voir son air maussade, ce n'était certainement pas en toute amitié. Il reporta son attention sur les Nains, ce genre de questions trouveraient bien vite une réponse.

"Qui êtes-vous? D'où venez vous? Et comment avez-vous osé commettre un tel larcin sur les terres sous ma protection?"

Son attention était dirigée sur les nains et il commençait déjà à préparer mentalement sa magie. Un seul faux pas et ces voleurs comprendraient qu'être transpercé par un plant de haricot n'était pas du tout agréable. Ou du moins, il en aurait vaguement l'occasion avant de rejoindre Tyra. D'un oeil, comme si il avait eu le choix, il s'assura que les Roqueni étaient sur leur garde, arcs bandés et prêt à tirer. Il n'avait pas à se faire de soucis de ce coté là, ces soldats ne le décevraient pas.
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MessageSujet: Re: [Cité]Du sel sur les cicatrices: le défilé du mépris {Fini}   Mar 2 Avr 2013 - 19:28

Pendant le trajet, rien de spécifique ne se passa. Ils allèrent le plus vite possible, se rapprochant des fameux Nains voleur d'Elfe, et pendant le trajet Glinaina pouvait voir des regards se tourner vers elle, y compris celui du Seigneur Protecteur. Ce n'était pas étonnant qu'elle ne suscite pas la confiance à ses pairs et franchement cela ne la dérangeait aucunement. Son esprit était tourné vers la traque et non sur le regard énervant des autres comme le matin même, ce qui faisait qu'elle ne pensait même plus à être invisible. Une sorte de "professionnalisme" se voyait en elle, peut-être moins au goût de ses comparses qu'espéré. Mais pour l'heure, elle semblait à peu près normale et participait lorsqu'il le fallait (ce qui n'arriva que fort peu dans la journée), même si dans le fond un instinct de chat sauvage remplaçait celui de l'Elfe. Tant que le combat ne serait pas engagé ou du moins que personne n'userait de magie, tout se passerait bien.

Enfin, alors que la nuit était tombée sur la grande forêt d'Anaëh, les Elfes furent assez rapprochés des petits êtres barbus pour adopter une autre formation, les uns allant encercler les bougres, les autres allant directement au front avec Adantar. Nakor et Glinaina faisaient partie de ces derniers, bien évidemment, et l'Elfe aurait dans le fond préféré qu'il en soit autrement en voyant la suite ! S'il y avait bien une chose qu'elle détestait, c'était la magie. S'il y avait bien une chose qui pouvait ne pas l'aider, c'était bien la traque alliée à la magie...

"Fermez les yeux!"

Glinaina n'eut pas le temps de se demander ce que préparait le vieux magicien avant de devoir mettre son avant-bras devant ses yeux à cause de la forte luminosité créée par Nakor. Cela faisait mal aux yeux, c'en était déjà énervant. Et elle n'aimait pas la magie, chose que ne faisait que lui rappeler pourquoi elle était ainsi, comment... En ressentant tant de magie en cet Humain, prête à être libérée, le premier geste de l'archère fut de passer sa main dans le dos comme pour prendre une flèche ou un arc. Mais aucun des deux n'était là. De ce fait, alors que la colère grandissait en elle autant que la magie se faisait sentir, elle fit décaler le cheval loin du fou, soit par protection soit par envie d'être tranquille. Le cheval manqua de lui donner un coup de tête tant elle lui agrippait la crinière sans s'en rendre compte. Elle relâcha sa prise et descendit de selle au même moment que Timérion se plaçait devant Nakor et entamait une discussion tout en prenant quelque chose dans sa main. Alors que la jeune Elfe rabattait le capuchon de sa cape sur la tête et se plaçait sans bruit non loin de la lisière, à demi-assise sur le sol à une distance suffisante des Nains comme des Elfes, le centre d'intérêt n'étant pas sa propre personne, l'idée que la discussion aboutisse à un combat lui traversa l'esprit. Si l'Elfe borgne réussissait à convaincre les ravisseurs de leur abandonner leur proie, alors la mission serait tout simplement terminée. Sinon, sinon...

Un sourire se dessina sur le visage de Glinaina. Un sourire qui ne laissait présager rien de particulièrement bon.
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Dun Eyr
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MessageSujet: Re: [Cité]Du sel sur les cicatrices: le défilé du mépris {Fini}   Mer 3 Avr 2013 - 1:52

      Depuis leur crête, en surplomb du Défilé escarpé, les Nains avaient veillé tandis que déclinait la lumière du jour. Leurs yeux avaient suivi l’apparition de la poussière au-dessus des collines boisées, puis le claquement des sabots elfiques sur les sentiers bourbeux de l’Automne. Maintenant que le ciel rougissait d’un dernier éclat avant la nuit, et que les ombres déjà s’étiraient, les Nains observaient les colonnes qui semblaient monter à l’assaut de leur nid d’aigle.

      « Dun Eyr ! s’exclama Darn, ils nous contournent par l'Ouest ! »

      Le regard du Haut-Prêtre balaya les alentours : deux troupes s’étaient détachées de la cohorte principale des poursuivants, et voilà que les Elfes imposaient un étau autour de la position des Nains. Si Dun Eyr devait ordonner la fuite à bride rabattue, il faudrait disperser ces cavaliers avant de prendre le large dans le Brissalion.

      « Nains ! s’écria le Lirganique à ses frères, les longues-oreilles ne nous auront pas cette nuit ! Tolk, Borun, rassemblez les chevaux et tenez-les prêts. Rind, tu surveilleras ceux qui nous débordent par la droite ; et toi, Argor, sur la gauche. »

      Les Nains étaient tous des Almiens, endurcis au combat contre les bêtes des profondeurs, et ils s’exécutèrent rapidement. Déjà, les voilà qui couraient, qui aux chevaux, qui pour s’embusquer sur la crête. Dun Eyr s'avança quant à lui jusqu'aux limites du contrefort, et de là il jaugea les forces qui semblaient à présent vouloir s’engager dans la passe principale de Yawecilya ; c’était une troupe nombreuse et puissante, bien plus que ne l’étaient ces Nains affamés et fourbus, égarés loin de leur montagnes nourricières.

      « Les trois Korri, à vos frondes ! continua de commander Dun Eyr. Et toi, Darn, apprête ta hache et veille sur eux. Kain ! Tu tiendras l’Elfe, et ne le laisseras s’échapper que si nous tombons tous. Quant à toi, Karnor, je sais ton regard aiguisé, tu garderas l’œil sur ce magi... »

      Une bourrasque de feu dévasta soudain le contrefort, et dévora les paroles de Dun Eyr tandis que les Nains étaient soufflés à terre. Ebloui, la tête sonnante, le Lirganique jura dans tous les dialectes de la Perle du Nord avant de se relever d'un bond, tandis qu’alentour les Nains peinaient à retrouver leurs esprits. C’était un étrange magicien, à la barbe interminable et au chapeau pointu, qui avait déchaîné cette fournaise digne du Père sur les Nains ; un étrange magicien que Dun Eyr aurait préféré ne pas retrouver ici, alors qu’il tenait la vie d’un Elfe entre ses mains...

      « Nakor, vieux fou, maugréa Dun Eyr. Tes deux yeux sur le magicien, Karnor ! »

      Le Lirganique regarda sa formation de bataille improvisée. Avec des Nains occupés à harnacher les chevaux, et d’autres envoyés plus avant sur la crête pour guetter les manœuvres des Elfes, les combattants entourant Dun Eyr étaient tombés à un nombre fort maigre. De cet affrontement, ils ne s’en tireraient pas par le recours des armes : quand bien même vingt soldats de l’ancienne Kirgan auraient défendu la butte avec le Lirganique, les arcs et les lances des Elfes les auraient transpercés sans effort et à distance sûre.

      Alors une voix puissante parcourut le Défilé et s’adressa aux Nains embusqués :

      « Qui êtes-vous ? D’où venez-vous ? Et Comment avez-vous osé commettre un tel larcin sur les terres sous ma protection ? »

      Dun Eyr tourna son regard vers celui qui venait ainsi de s’exclamer : c’était un grand Elfe, conforté par les âges, dont la stature dominait les soldats qui tous le suivaient. Sur son visage s’étalait une lourde balafre de guerre, et le Haut-Prêtre en conçut un fort respect pour qui avait plongé dans la bataille jusqu’à y céder un œil sous les coups de l’ennemi ; sa jambe aussi semblait raide et couturée par le combat.

      « Kain ! souffla Dun Eyr sans se retourner, présente l’Elfe à ceux-là. »

      L’aspirant de Lirgan obéit aux ordres du Haut-Prêtre, et il mit Neglendir sur ses genoux, tout à côté de Dun Eyr. Les mains de Kain tenaient sans frémir les nombreux liens de fer et de corde dont l’Elfe avait été entravé, tandis que sur son cou pâle et blanc le Lirganique posa sa lourde épée humaine. Alors seulement il répondit aux trois questions du seigneur elfique :

      « Je suis Dun Eyr d’Almia, et je reviens des profondeurs de la forêt où des traîtres à ton autorité m’avaient convié ; mais ces lâches ont à leur tour voulu se jouer de moi, et les lois de l’honneur veulent que celui-ci me revienne de droit, pour prix de la bassesse des tiens. »

      Ces règles auraient pu prévaloir si le Lirganique avait affronté à cette heure les clans ancestraux des Hautes-Terres de Nanie ; et parmi la masse de ces oreilles-pointues, peut-être le seigneur Elfe au passé glorieux reconnaîtrait-il les usages de la guerre, mais il serait certainement seul en cela. Les autres assaillants n’auraient pas la prévenance de respecter les coutumes du combat : aux côtés du seigneur Elfe venait une guerrière intrigante, aux yeux lourds et comme rongés par la soif de bataille. Dun Eyr eut un frisson à croiser ce regard terriblement résolu : celle-là décimerait les Nains jusqu’au dernier, plutôt que de leur concéder la paix des braves.

      Alors le Liganique renforça son affirmation d’une mise en garde, et il s’assura que sa voix roulerait loin et porterait à l’oreille de tous leurs poursuivants :

      « Elfes ! La bénédiction de votre Kyriä est sur nous tous ; et cet Intendant, dont je détiens la vie au fil de ma lame, doit servir les caprices supérieurs de la déesse. Celui qui aujourd’hui décochera un trait sur un seul des Nains ici réunis, attirera aussitôt la fureur de la Forêt sur lui et tous ceux de sa lignée. Laissez-nous rejoindre le Nord, et la Grande Engenderesse sera clémente, car j’ai passé le serment d’accomplir ses vœux. »

      Dun Eyr cessa alors d’embrasser du regard la meute des Elfes, et ses yeux tombèrent sur l’unique Humain dans cette assemblée d’oreilles-pointues. C’était un puissant mage, un maître versé profondément dans les arcanes ; Le Lirganique avait combattu à ses côtés, lorsqu’ils avaient échoué à forcer les portes de Kirgan en ruines, et de lourds souvenirs revinrent à l’esprit du Nain.

      « Archimage Nakor ! lança le Haut-Prêtre à son ancien compagnon, je connais ta valeur au combat, et toi la mienne. Hier, nous livrions bataille ensemble, et aujourd’hui Yawecilya nous sépare : ne tente pourtant pas de saisir ta revanche. Je sais ta magie puissante, bien supérieure à la mienne propre ; mais tu ne peux rien contre la colère de la Déesse Ours. Si la sagesse qu’on te prête est méritée, renonce et abandonne. »

Précision pour tout le monde:
 
Précision pour Timérion:
 
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Nakor
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MessageSujet: Re: [Cité]Du sel sur les cicatrices: le défilé du mépris {Fini}   Jeu 4 Avr 2013 - 19:22

Timérion semblait ne pas être content que Nakor se soit mêlé de cette affaire, mais il fallait empêcher les nains de se mettre à courir dans l'autre sens pour quitter les plaines et tenter d'échapper aux elfes. Avec ce petit tour de rien du tout, il forçait les petits êtres à ne pas bouger de leur place forte. Le Seigneur Protecteur posa sa question après l'exclamation du sorcier et ils finirent par obtenir une réponse. Le vieux fou cracha au sol. Il allait hurler une réponse cataclysmique, évoquant avec foudre vigoureuse et tempête destructrice ce qu'il pensait des effets de voix de la gardienne de la déesse mère des elfes, quand le nain, qui était frappé du symbole de Lirgan s'adressa à lui afin d'en apaiser le courroux. Ce qui donna envie à la longue barbe blanche d'exploser sur place. Il répondit à sa suite, en hurlant bien plus fort qu'un vieillard normal n'aurait pu le faire

"Abandonner? Renoncer? Et en vertu de quoi Dun Eyr? Des propos vengeurs et téméraire mais absolument personnels et plein de libre arbitre du vaisseau de la déesse Ours? Qu'aurait à gagner tout l'Anaëh de la perte d'un elfe, enlevé aux yeux de tous par un nain? Où allez-vous l'emmener toi et ta troupe? Dans le Nord? Pour y créer quoi? La guerre! Ni ton peuple dévasté ni celui des elfes ne pourra supporter une nouvelle guerre raciale en ces temps troublés. Les dieux ... LES DIEUX! Ils ont assez fait de désolation et de folie ces dernières années sur nos terres pour en être rassasiés! La déesse Ours ne peut exiger que les événements prennent une telle tournure."

Puis prenant un air de conspirateur, le magicien se calma et ajouta

"Et si tout cela était dans le but de tester les forces des enfants de la Mère? Et si donc, ils devaient se battre pour t'empêcher de parvenir à tes fins Dun Eyr? Les nains ont déjà été trahit par leur propre divinité originelle que je sache. Cela ne serait donc pas une première. Et jamais tu m'entends, jamais ne prétends que nous nous sommes battus ensemble. A chaque fois que mon chemin a croisé le tien, j'ai manqué de mourir, la première fois sur le navire qui allait vers Nisetis, j'y ai ensuite rencontré le gardien de Mogar et j'ai manqué d'y laisser ma peau et la deuxième fois quand nous avons mis le pieds dans les primaux-tunnels de Kirgan afin d'entrer dans la cité morte ... avant même d'avoir parcouru un mile tu nous as précipité dans un puys sans fond en nous faisant tomber la moitié de la montagne sur la tête! Si je n'étais pas un sorcier je serai déjà dans la tombe et à deux reprises par ta faute! Nous ... ensemble? Quelle fadaise!"

Alors qu'il s'était calmé au départ, voilà que Nakor n'avait pu se retenir d'hurler de nouveau sur la fin, plus précisément dés qu'il avait énuméré les deux fois au cours desquelles, Dun Eyr avait participé à une chaine d'événement qui auraient pu causer la mort du vieil Archimage. Une chose était évidente, le magicien avait semé le doute et dans l'esprit des nains et dans l'esprit des elfes. Taurë avait dû intervenir, mais à force des les côtoyer, le magicien avait noté la remarquable capacité de libre arbitre des Gardiens. Tout ce qui sortait de leur bouche n'était pas forcément parole de dieu.
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MessageSujet: Re: [Cité]Du sel sur les cicatrices: le défilé du mépris {Fini}   Ven 5 Avr 2013 - 14:21



Si Timérion avait entendu les paroles du vieux mage sur la Gardienne, il n'en montra rien. Elles se perdirent tout simplement dans le flot de penser qui assaillaient son esprit, telle la marée qui tente d'engloutir un port par temps de tempête. Les Elfes ne pouvaient contourner les nains, le chemin était impraticable plus loin au nord quand on ne passait pas directement par la crête, ils pouvaient juste se tenir prêts à reprendre la poursuite si les nains s'enfuyaient par là. Il pouvait éventuellement donner l'ordre aux archers montés de les abattre sans autre forme de procès. Leur chef était un prêtre mais il ne doutait pas que sa magie pourrait équilibrer la sienne le temps que tous aient été tués... Du moins pendant un temps.

Les Nains aimaient beaucoup le feu, et cette manie n'avait certainement pas disparu lorsqu'ils avaient été si durement brûler pendant la Malenuit. Son pouvoir s'en retrouverait donc bien vite inutile. Mais l'effet de surprise qu'il occasionnait généralement jouerait en sa faveur. La question restait du temps. Et puis, il y avait Neglendir, son geôlier le tenait fermement et il n'était pas une cible aisée.

La situation semblait inextricable. Si l'Intendant périssait des conséquences de son ordre, il pouvait dire adieu à son rang et Ardamir à son soutien. Il aurait pu demander à Nakor de les réduire en cendre, mais ces cavaliers auraient pris ça comme une insulte et de la faiblesse de sa part, affaiblissant considérablement sa position. Il était pénible de devoir toujours penser en terme politique. Parfois, il enviait ces rois humains qui pouvait se permettre écarts et caprices sans trop craindre pour leur poste.

Il se résolu à employer le chemin de la diplomatie, laissant le léger regret qu'il ressentit à cette idée pour plus tard; ce sentiment lui ferait peur, le dégoûterait mais plus tard, lorsqu'il y repenserait, lorsque les fantômes du passé reviendraient le hanter, que les murs vivants de ses appartements se resserreraient sur lui comme les parois d'un estomac de quelques monstres hideux et reptiliens des marais obscurs, moites et puants de Faelia, un de ces moments qui lui faisaient considéré le suicide comme un acte noble, pure, naturel, un acte salvateur et... préférable à tout ce qui allait suivre et s'était déjà produit, et pourtant, qui lui était à jamais inaccessible.* Pour l'heure, il n'avait pas le temps de s'y attarder.

"Je dois dire que ce que tu m'apprends ne m'étonne qu'à moitié, Dun Eyr d'Almia, je connais l'existence de ces traîtres dont tu me parles. Mais à mon avis, tu devrais considérer les paroles de notre vieux sage ici présent. Il est vrai que l'Anaëh n'a pas la force de combattre les tiens... pour l'instant.

Tu te pense sous la protection de la Mère? Il est vrai que toi et les tiens avez eu une chance certaine dans votre entreprise, une chance qui ne se reproduira sans doute jamais. Mais je te le dis haut et fort, si à la fin de cette histoire, je ne récupère pas cet elfe sain et sauf, la forêt, après les Gobelins, fondra sur Almia pour la remettre à l'état de ruine. Oh, tu ne connaîtra peut-être pas cette époque, mais je peux t'assurer que tes petits enfants maudiront à la fois mon nom et le tiens.

Alors dis-moi, que compte tu faire de mon Intendant? A quel destin vas tu vouer nos deux peuples?"


Il était fort possible que les menaces ne lui fassent rien... Même si elles auraient du. Le Seigneur Adantar ne proférait jamais un serment qu'il ne saurait tenir, et il était plus que sérieux lorsqu'il énonçait ces mots qui seraient peut-être prophétiques pour la pauvre cité Nanesque. Mais il avait appris qu'avec le peuple du dieu des Batailles, il valait mieux ne pas montrer de faiblesse. Sans quoi, ils s'enorgueillissaient de leur position de force et en demandait toujours plus. Pour l'heure, il voulait faire peser sur leur tête tout le poids et les implications de leurs actes. Après, il consentirait à négocier, peut-être.

Derrière lui, Timérion pouvait sentir la tension croître. Pas seulement auprès des cavaliers mais aussi parmi les arbres. Contempler les deux races se faisant à nouveau face ne les laissait pas indifférents. On sentait lentement s'éveiller un chant qui n'avait plus été chanté depuis bien longtemps. Un chant guerrier et haineux, le chant de la bataille et du sang. C'est dans ses moments là où Timérion se demandait si la Symphonie n'était pas plus le fait d'Arcamenel que de Kyrïa.

Ce qui le derangeait le plus restait ses relations entre bons voisins qu'il avait entretenu avec le Roi Valek de Lante. Pour le Conseil, cette affaire serait la faute des Nains, sans distinction, alors que lui savait pertinemment que la lubie de ce fou n'incriminait en rien la cité des plaines. D'ailleurs, il veillerait à ce que les relations avec Lante reste les meilleures possible... Ce qui signifiait qu'il n'y aurait pas de guerre, quant aux échanges...
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MessageSujet: Re: [Cité]Du sel sur les cicatrices: le défilé du mépris {Fini}   Ven 5 Avr 2013 - 20:54

      L’impiété de l’archimage révulsait Dun Eyr. Tandis que le Lirganique tenait sa puissance des divinités, Nakor devait aller puiser ses capacités dans les profondeurs des arcanes. A cette heure, autour de Yawecilya, le Nain apercevait à quelles errances l’orgueil profane pouvait amener les faiseurs d’étincelles, comment ceux-là s'enflaient démesurément. Une colère sourde commençait à agiter l’esprit du Haut-Prêtre : lui était investi d’une charge conférée par la Voix de Briessa, tandis que ce n’était que pour de lâches motifs que ces poursuivants traquaient les Nains.

      « Nakor ! Ta vue a donc baissé, pour que les desseins d’ampleur des dieux t’échappent. Qu’est-ce qu’un Elfe parmi tout le peuple de la Forêt ? Sa mort sera oubliée demain, les vers auront déjà dérobé les restes de son corps et il sera retourné à la terre. Briessa est la déesse Ours : elle corrigera ses rejetons à coups de griffes, sans cela jamais ils n’apprendront. »

      Au bout de son bras tendu, Dun Eyr sentit le fil de sa lame tressauter : Neglendir déglutissait avec peine. L’Elfe devait à présent avoir compris à quel destin funeste la Mère le destinait. Le Lirganique jugea les traits de leur captif : aujourd’hui il découvrirait si les longues-oreilles savaient accepter la mort dans l’honneur. Mais l’heure n’était pas encore à abréger la vie de l'otage : la Grande Engenderesse n’avait pas voulu que Neglendir trépasse au Défilé du Mépris, et Dun Eyr veillerait à ce qu’aucun massacre ne vienne ternir la charge divine qui était désormais la sienne.

      « Elfes, rejetons des bois ! tonna le Nain, et toi, seigneur dont le nom ne m’est pas connu. L’immortalité est votre fardeau : vous croyez que le temps n’a pas de prise sur vous, pourtant il amollit vos frères, et flétrit vos sœurs. Il y a cinq mille ans, mes ancêtres ont livré contre la Forêt une bataille si dure et si terrible, que jamais ses héros ne disparaîtront de nos légendes ; ce jour-là, la Montagne s’est honorée de combattre d’arrache-pied contre les plus redoutables des Elfes. Cinq cycles se sont écoulés depuis cet âge : aujourd’hui, moi et mes frères avons chevauché jusqu’au cœur de la Forêt, et ravi un de ses fils, sans même souffrir d’une écorchure. Les longues-oreilles sont devenus une peuplade faible ; mais l’Ours a cessé de le tolérer. »

      Dun Eyr contemplait les dix Nains épars qui couvraient les environs, tous sur le qui-vive. Bien sûr ils étaient affamés, et affaiblis, comme les cahots de la chevauchée pesaient encore sur leurs reins, et les joues étaient émaciées sous leurs barbes désordonnées, mais pourtant ils avaient la dureté du Père dans leur regard combattant, pourtant leurs yeux ne cillaient pas face à la meute des Elfes qui maintenant venait réclamer leur peau, et aucun des Nains ne songerait à céder un pouce du terrain à un prix moindre que sa propre vie, après avoir abattu leur colère tout entière : ils étaient les élus de Mogar, ceux qui avaient enduré l’épreuve de la Malenuit, et quelques longues-oreilles enchâssés dans de brillantes armures n’étaient rien pour ces guerriers du Nord (*).

      « Que pense la pierre lorsque le burin du sculpteur laboure ses flancs ? énonça Dun Eyr. Elle se croirait malmenée, alors qu’on la rend parfaite. Au regard de l’œuvre achevée, que seront les quelques copeaux qu’il aura fallu faire tomber pour la révéler ? Rien qu’une pelure inutile. Seuls les fous peuvent croire que la Père des Batailles nous a trahis en déchaînant la Fournaise, Nakor : il nous a purifiés. Aujourd’hui, l’Ours va purger la Forêt comme le Guerrier a éclairci ses propres terres : voilà pourquoi Neglendir m’est confié par la Mère, et voilà pourquoi vous devez renoncer à réclamer son salut. »

      Le Haut-Prêtre connaissait les regards alanguis des Nains des plaines, lorsque les Almiens énonçaient que leur guerre de reconquête était une bénédiction de Mogar : on les croyait fous. Dans les yeux des archers aux longues-oreilles qui menaçaient de déborder Dun Eyr et les siens, le Lirganique retrouvait les mêmes lueurs. Une seule figure n’abordait pas cette prude incompréhension, et toute l’attention du Haut-Prêtre se concentra sur l’étrange guerrière Elfe qui se tenait en retrait des siens. Une ombre mangeait l’éclat de ses yeux.

      « Nous ne vous livrerons pas bataille aujourd’hui, longues-oreilles, grogna le Lirganique, car il n’y a pas d’honneur à mener des guerres remportées avant le premier choc. Vos rangs sont infestés, Elfes, à peine aurez-vous tiré vos lames que vous serez poignardés dans le dos. Je vois là une guerrière qui abattra autant de Nains que d’Elfes, en commençant par les plus proches, sans regard pour l’honneur des Forêts. Sentez comme le poison a pénétré loin dans le coeur vicié d'Anaëh »

      Honoré de la charge de l’Ours, Dun Eyr n’hésita pas un instant : il éleva la main et laissa les runes de Mogar l’imbiber de leur colère. Nakor allait comprendre toute la noblesse de la magie qu'inspiraient les dieux : entre les doigts du Haut-Prêtre jaillit un début d’étincelle bleutée.

      « Voyez, Elfes, comment je dispense la bénédiction de la Mère. A l'image de Neglendir qui bientôt mourra, déjà je purifie vos rangs amollis. »

      Un mot encore et une orbe de feu bleu jaillit de la paume du Nain, traversa Yawecilya en dessinant un arc, et fondit sur la guerrière Elfe avide de batailles.

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Glinaina
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MessageSujet: Re: [Cité]Du sel sur les cicatrices: le défilé du mépris {Fini}   Dim 7 Avr 2013 - 22:01

"Je suis Dun Eyr d’Almia, et je reviens des profondeurs de la forêt où des traîtres à ton autorité m’avaient convié ; mais ces lâches ont à leur tour voulu se jouer de moi, et les lois de l’honneur veulent que celui-ci me revienne de droit, pour prix de la bassesse des tiens.

Glinaina regardait des plus simplement la scène se jouant sous ses yeux entre le Seigneur Protecteur, le vieux Mage et l'un des Nains, attentive aux moindres gestes, retenant les moindres paroles. Aux pieds de ce nain se trouvait un Elfe enchaîné, fermement tenu par celui parlait et dont la lame lui caressait doucement la gorge. Ainsi donc c'était lui l'Elfe à sauver ? Très bien... Il faudrait donc aller le récupérer si les négociations ne menaient à rien... si elles ne menaient à rien.

Elle écoutait. Nakor répondit au Nain en parlant d'aventures passées où le Nain avait attenté à la vie du mage, visiblement énervé par ces souvenirs, Timérion quant à lui relata une époque encore plus lointaine, future elle. Mais ce qui l'intéressa le plus furent les arguments du Nain : il était protégé par la Déesse Kÿria elle-même, celle qu'il appelait Briessa, la Déesse Ours. Et il tentait de faire comprendre aux Elfes que le destin de son prisionnier était scellé par une volonté bien plus puissante que la sienne et ce pour une bonne raison, quelle qu'elle soit. Folie ou véracité ? Personne n'aurait pu le dire, mais le fait qu'un Nain parle de Kÿria avec respect étonnait un minimum Lina et le simple fait qu'on parle d'elle réveillait en son sein une colère attachée à l'image de la Gardienne. Sourde, puissante, mais pas assez pour changer les traits de son visage. Derrière ce visage de pierre, deux oreilles écoutaient, un coeur ne pouvait s'empêcher de prendre en compte les paroles du petit être et de prendre pour soi les images utilisées, s'identifiant ainsi à la pierre taillée - ou aux copaux inutiles. Ce n'était pas contre sa Déesse qu'elle avait quelque chose, mais contre sa Gardienne. Incompréhension, compréhension, incompréhension...


-Nous ne vous livrerons pas bataille aujourd’hui, longues-oreilles, car il n’y a pas d’honneur à mener des guerres remportées avant le premier choc. Vos rangs sont infestés, Elfes, à peine aurez-vous tiré vos lames que vous serez poignardés dans le dos. Je vois là une guerrière qui abattra autant de Nains que d’Elfes, en commençant par les plus proches, sans regard pour l’honneur des Forêts. Sentez comme le poison a pénétré loin dans le coeur vicié d'Anaëh. Voyez, Elfes, comment je dispense la bénédiction de la Mère. A l'image de Neglendir qui bientôt mourra, déjà je purifie vos rangs amollis."

Le petit être leva la main et une lumière bleue commença à s'y former. Purifier. L'Elfe ressentit quelque chose en elle, le même genre de choses que lorsque de la magie puissante ou fort proche était à l'oeuvre. Glinaina fronça un instant les sourcils avant de rapidement comprendre que la magie allait se diriger droit sur elle. Attention. L'Elfe se releva d'une poussée de sa jambe repliée alors qu'une boule se formait au niveau de la main du Nain et elle n'eut d'autre recours que de sauter sur le côté pour terminer en une roulade sur le côté pour éviter le projectile qui ne passa qu'à quelques centimètres d'elle. Il y eut un petit moment de silence, d'une froideur ne laissant présager que ce qu'il se passa par la suite : l'attaque de l'Elfe. Sans éclater comme chez les Humains, la colère de Glinaina était à un point qui pouvait la mettre hors contrôle. Non elle ne tuerait pas les siens, sauf si elle devait avoir à le faire. Elle reprendrait ce Neglendir. Elle tuerait ce Nain, en commençant par d'autres pour ne pas mettre à mort celui qui doit rester en vie.
Ce n'était pas vraiment une Elfe qu'ils voyaient là, mais plutôt un chat sauvage n'arborant comme expression que la détermination et dont les pas étaient agiles et rapides. Glinaina se dirigea en premier lieu non pas vers Dun Eyr, mais vers l'un de siens pas trop loin de lui et non groupé. Par chance elle arriva jusqu'à lui et lui porta un premier coup d'épée.

Le combat était entammé.


Dernière édition par Glinaina le Mar 9 Avr 2013 - 8:26, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Cité]Du sel sur les cicatrices: le défilé du mépris {Fini}   Lun 8 Avr 2013 - 23:26

      Comme une bourrasque, la lame de la guerrière Elfe pénétra le torse d’Argor sur la gauche de Dun Eyr, et le Nain s’effondra mollement. Le Lirganique serra les dents à voir couler le sang d’un enfant de Mogar sur les contreforts d’Anaëh. Voilà un affront que le Petit Peuple n’oublierait pas, ne pardonnerait pas.
      Sans ordre du Haut-Prêtre, les Nains ne bougèrent pas d’un pouce : Yawecilya ne devait à aucun prix devenir le théâtre d’une guerre. Dun Eyr se contenta d’élever une main, vide de toute arme, et saluer leur frère tombé un instant plus tôt :

      « Argor, toi qui as trouvé la mort, puisses-tu retourner au Père. »

      Alors le Haut-Prêtre se tourna vers le Seigneur Elfique, en contrebas, et à son encontre il tonna :

      « Vous avez choisi la voie du sacrilège, rejetons des bois ! La Mère vous maudira pour cette injure écrite dans le sang. La Forêt est au bord de la ruine, Elfes, bientôt même les grands Cerfs quitteront ces bois souillés. »

      Derrière les quelques Nains apprêtés au combat, les chevaux piaffaient : Tolk et Borun avaient su les rassembler, et les montures se tenaient prêtes. Dun Eyr sentit que les derniers espoirs de fuir sans perdre encore un Nain, se jouaient maintenant.

      « Seigneur Elfe ! reprit le Lirganique. Voici ton ultime chance de préserver tes terres de la fureur de l’Ours. Maintenant, le sang d’un des miens irrigue tes forêts ; tu diras à tes frères que vous vous êtes bien battus, tu leur montreras la dépouille d'Argor. Alors une vie vaut bien l’autre : retiens-tes guerriers, et laisse-nous avec l'otage gagner les plaines du Nord. Les Nains se souviendront que les Elfes ont encore un honneur. »

      Sur le cou de Neglendir, la lame de Dun Eyr ne tremblait pas. Avec la mort d’Argor, exécuter l’Intendant n’aurait été qu’une juste rétribution ; pourtant le Nain attendit un instant encore, que le meneur des Elfes lui réponde.

      « Ce n’est pas moi qui condamne celui-ci, ajouta le Lirganique en désignant son captif, mais Briessa, la Mère. Rends-toi digne de clémence de l’Ours, Seigneur Elfe, et peut-être il te sera rendu. A ce jeu, les impies ne gagneront rien. »
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Timérion Adantar
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MessageSujet: Re: [Cité]Du sel sur les cicatrices: le défilé du mépris {Fini}   Mar 9 Avr 2013 - 20:49



Nakor, quel est donc le secret que tu as gardé pour toi... Qu'est ce qui se cache donc dans le corps de cette jeune Elfe que tu m'as amenée? Pensa Timérion pendant qu'il regardait impuissant le nain s'effondré au pied de la jeune Glinaina. Il était subjugué par la scène et par le sang souillant l'herbe. Aussi impuissant que lui, tous regardaient la scène. Les frondeurs nains avaient la bouche ouverte sur un cri de surprise muet. Certains de ses propres archers montés avaient été jusqu'à baisser sensiblement leurs arc. Et lui restait là, ses haricots toujours dans sa main droite, sans avoir rien pu faire. Le temps sembla se figer sur ce qui était pour lui la fin des négociations.

Mais le nain d'Almia était plus sage qu'il n'y paraissait et il reprit la parole. Même si celles-ci ne sonnèrent à aucun moment comme sages aux oreilles de l'Elfe, elles demeurèrent gravées dans son esprit en écho à ses propres peurs. Cependant, l'heure n'était pas à la peur, ni à la faiblesse. Adantar détacha son regard de Glinaina, supposant que son action n'était due qu'à l'ivresse de l'attaque traître du Nain. La situation lui échappait... Non en fait, elle ne lui avait jamais appartenu.

Il parla, faisant comme si rien ne s'était produit, comme si aucun nain ne gisait sur le sol, comme si aucune Elfe n'avait son épée ruisselante de sang. Il le fallait, sinon, c'en était fini de Neglendir. Les chevaux ne rattraperaient pas les nains dans le Défilé et l'effet du nombre serait annihilé dans la gorge. Il fallait raisonner ce nain, si c'était encore possible. Et Timérion fit de son mieux pour composer entre son poste, sa situation, les dire du nain et la colère qui couvait sur ce qu'il espérait ne pas être un futur champs de bataille.

"Dun Eyr d'Almia, tu es fou de croire que la Mère te protège. Je ne sais de quel songe tu tiens tes fantasmes, mais j'ai la certitude que le sang de deux Elfes souillent déjà tes mains. Tu parles de dette de sang, Nain? Et bien, voudrais-tu que je la perçoive? Voudrais-tu que je mette dans la balance toutes les vies que ton entreprise met en péril? Répondras-tu de la mort de ceux qui combattront à la porte parce que les renforts que m'aura concédé le conseil seront amoindris? Répondras-tu des troncs brûlés et des hameaux pillés? Répondras-tu des larmes des clans, des barques sur le Tindanen et des tombes fraîches pour mon peuple?

J'en doute. Lorsque ton affaire avec nos maudits cousins sera achevée, tu retourneras dans tes galeries et tu ne te tourneras plus vers mes terres. Je te le redis une dernière fois: cède ou tu verras la loi des clans appliqués à cette sombre affaire. Et tu n'aimeras pas la manière dont j'en calculerai le prix!"


Glinaina n'avait toujours pas bougé, mais la tension dans ses muscles montraient qu'elle ne tarderait plus. Quel combat faisait rage dans l'esprit de cette Elfe?* Quelle malédiction était à l'oeuvre? Il ne savait pas combien de temps durerait l'accalmie. Mais il savait que ce n'était que le calme avant la tempête. Il prépara ses haricots. Si cela pouvait sembler dérisoire, voire fou, ces petites graines n'était pas à sous estimer entre ses mains. La magie commença doucement à investir le végétal, fibre par fibre, cellule après cellule. Il pouvait presque les sentir, connaître leur structure et leur potentiel. Il était prêt.

HRP:
 

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[Cité]Du sel sur les cicatrices: le défilé du mépris {Fini}
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