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 Lorsque Passé et Présent se rencontrent. [Aemon]

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Arthur
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MessageSujet: Lorsque Passé et Présent se rencontrent. [Aemon]   Mer 6 Mar 2013 - 13:49

Berdes, dans la Baronnie d’Ancenis, le sixième jour de la troisième ennéade du Favrius de la septième année du onzième cycle.


« M’sire, la côte est en vue. »

Son regard se porta un instant sur le jeune garçon qui se présentait sur le pas de la porte, mousse à bord du Hareng Véloce et le remercia d’un signe de la tête. Il referma les pages d’un cahier et le rangea avec soin dans un sac avant de se diriger vers le pont.

Le Hareng Véloce – dont le nom rendait hommage à un personnage mythique, disaient certains marins, mais pas un récit ne s’accordait sur le sujet, aussi était-il préférable de l’ignorer – était une modeste galée à l’équipage hétéroclite, composé d’hommes venant autant des baronnies côtières de la Péninsule que des cités dites libres d’Estrévent qui commerçait sur l’Olienne depuis plusieurs décennies.
Il en allait de même pour les bancs de rameurs où se côtoyaient des hommes libre autant que des endettés dont la plus grande partie du salaire était reversée directement aux créanciers en relation avec le capitaine. Il n’y avait là aucun prisonnier, ni même d’esclave, aux dires du capitaine.
Les relations entre ce navire, son capitaine et Arthur trouvaient leurs racines au moment de son exil volontaire. C’était à bord de ce dernier qu’il devait monter pour faire la traversée, un an plus tôt, et durant ce premier voyage, les deux hommes nouèrent des liens qui se renouvelèrent quand le Hareng Véloce faisait escale à Thaar.

Sur le pont, il salua quelques marins avant de se reposer sur le bastingage et regarda vers les côtes où se dessinaient les reliefs d’Ancenis. Ce voyage avait été long, tout au moins pour lui, car le navire avait d’abord fait escale dans quelques ports du Langecin. Il n’était pas un homme fait pour la mer, sa place était sur terre…

Ou dans le ciel.

Un sourire se dessina sur ses lèvres et son regard se perdit un instant plus haut où voletait son compagnon le plus fidèle, et le plus proche, Monarth qui sachant l’attention acquise conclut sa remarque par une cabriole maîtrisée.
Ne trouvant toutefois rien de nouveau à lui répondre, de nombreux échanges ayant déjà eu lieu sur le sujet, il garda le silence et en revint à l’horizon, et un peu plus grave, il envisagea les risques sérieux qu’il prenait à être reconnu.

Mais je suis là ! Et vous autres, les humains, vous hurlez si fort ! Je te préviendrais, va.
Que deviendrais-je sans toi…
Un simple humain.


La rhétorique était superbement et volontairement ignorée et il sentit tant la moquerie, l’arrogance mais également la plaisanterie dans cette remarque. Il n’ignorait rien de ces traits de caractère que le dräke avait même autrefois opposés aux jeunes dragons, tout autant qu’il le savait malgré tout d’une vigilance et d’une prudence extrême envers ces mêmes créatures, envers les humains… Il se plaisait à se gonfler de fierté, mais il avait vécu bien davantage que lui, il savait vivre et survivre à tout.
Malgré tout, l’idée que le dräke soit là était rassurante… Peu d’homme était conscient des capacités de ces créatures, et de l’avantage qu’elles pouvaient offrir quand une relation aussi harmonieuse que la leur se faisait.

« Nous resterons à quai durant trois jours, le temps pour moi de s’occuper du fret, et aux hommes de dépenser leurs paies. »

Le capitaine venait de le rejoindre, tandis que la galère approchait plus sérieusement de la côte et du port. Cela dit, il le quitta pour préparer l’arrivée à Berdes.
Trois jours… Plus qu’il n’en avait besoin, mais il devait essayer d’en profiter, même si Berdes n’était jamais apparue à ses yeux comme la ville la plus accueillante. Il n’avait pas oublié que la trahison avait germé là, au sein de cette guilde des marchands, autrefois.
Le bateau fut amarré, et le gros de l’équipage fut autorisé à mettre pied à terre, quelques pièces durement acquise en poche, des putains sur le quai pour accueillir ces clients réguliers. C’était ainsi que les choses se faisaient ici bas.

Il quitta à son tour le bateau, dans une tenue des plus discrètes, laissant le gros de ses effets ainsi que sa monture à bord, mais garda tout de même l’épée à la taille et une cotte de maille dissimulé sous ses simples habits, Monarth voletant à ses côtés.
Il lui fallait trouver une auberge où loger et une volière d’où envoyer un message.

Alors qu’il parcourait les rues, au bout d’un moment, il eut l’impression d’être suivi, d’une pensée, il demanda au dräke de prendre de la hauteur pour observer, et il entra dans la première auberge à l’air engageant venue. Il y loua une chambre, commanda un repas sans oublier quelques petits fruits, et il se posa là.
Quelques instants s’écoulèrent avant qu’il ne se lève spontanément pour ouvrir la porte suffisamment pour que son compagnon puisse le rejoindre, sous le regard médusé du tenancier.

A table, le dräke se jeta sur les fruits au combien mérité.

Un humain bizarre te suivait, il s’est figé lorsque tu es entré avant de repartir en courant.
Bien… Nous ne tarderons pas à avoir de la visite dans ce cas.


Mais cela suggérait un appel à la patience. La peur l’avait quitté, la raison l’avait chassé. On peut décider d’être arbitraire, mais le fait est qu’il n’était nullement un traitre. Au pire un couard et un lâche, mais guère plus. Il n’avait pas levé d’armée pour marcher contre l’actuel régent, il n’avait trahi aucun serment, aucune allégeance, et la mort qu’il avait offert à l’un des Ancenis demeurait un secret absolu.
En définitive, la seule chose négative était que sa venue anonyme était compromise, c’est tout.

Aussi sur cette pensée, il entama son assiette, prenant soin d’avoir la porte dans son champ de vision. Et ils attendirent.
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Aemon IV d'Ancenis
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MessageSujet: Re: Lorsque Passé et Présent se rencontrent. [Aemon]   Ven 8 Mar 2013 - 3:02

Favrius d'Automne ; Sixième jour de la troisième ennéade ; An 7, Cycle XI.

Et l'automne approchait comme s'en vient le flux et le reflux de La Mer Olienne, le vent d'Est balayait les vastes oliveraies d'Ancenis d'un air frais et chargé de senteurs bien plus brûlantes. Berdes n'était pas loin, ses quais voyant passer des navires venus du lointain orient guère plus. Fret comportant clous de girofle, safran, cumin et tant et tant d'autres produits dont seul l'Estrévent perçait les mystères, embaumait le port couvrant les effluves de la ville. Un domaine d'odeur s'offrait à qui appréciait mais à terme vous tournait la tête et quelques bouffées plus virulentes vous imposaient de trouver un couvert ou le parfum âcre se mêlait à l'odeur de pisse et de sueur des marins. Là ils prenaient le temps de dépenser leur maigre paie en bière, vin acide, pain rassis et bien évidemment en putes. C'est à Berdes, dit-on, qu'on trouvait les plus belles de l'ancenois, sinon à Ancenis même, mais à qui était désireux d'en payer le prix et dans la ville mercière jamais n'eut-on vu catin au sens si développé du commerce !

Loin des émanations de la basse-ville, le baron tenait en sa main une coupe de Hautvalois tandis que tout autour de lui des juristes et autres notables accouraient en tous sens, certains étalant des tours de paperasse sur des consoles et en en renversant un quart sur le sol, d'autres se prenaient les pieds dans leur longues robes et manquait s'écraser le nez contre leur baradelle. Certains encore, semblaient à deux doigts de sauter par la prochaine fenêtre tant les dernières nouvelles les avaient accablés et d'autres enfin, trop vieux ou trop gras pour piétiner se contentaient de grogner et cracher leur mécontentement à qui prêtait l'oreille. C'est assis au huitième siège, la place d'honneur réservée au régent du fief, qu'Aemon observait la table heptagonale devant lui. Composite, elle était néanmoins somptueuse et en parfait accord avec les richesses de la corporation berdoise. D'acajou, d'ébène, d'amarante et encore d'olivier - c'était inévitable – cette table était richement ornementée et aux motifs en arabesques. Elle devait coûté son poids en or, mais la beauté de ce chef-d’œuvre d'ébénisterie était bien le cadet des soucis du Prince.

Le Conseil des Marchands, sommé en session extraordinaire avait répondu à l'appel et les voilà qui cherchaient à défendre l'intérêt de la bourgeoisie tout comme celui des armateurs. Sachant qu'ils étaient les plus gros propriétaires maritimes de la baronnie en plus d'en être les magistrats, leur prompt élan à se faire émissaire du commerce n'était pas innocent. « Vos assertions sont-elles aussi titubantes que les navires qu'il m'a été donné de voir ? Messires... Messires. Allons, apaisez vos esprits. N'ai-je pas donné ma parole et rassuré vos craintes ? » Aemon parlait sans équivoques et... sans attendre de réponses. « Les traités qui m'ont été imposés suite à la Guerre d'Erac ne sont que justifiés et je l'espère temporaires. N'ayez craintes, Berdes restera Berdes et vous, ma foi ! Vous resterez riches ! » Il bu un gorgée et regarda par la fenêtre le petit monde qui s'agitait au pied de l'hôtel. Se levant il s'y avança et continuait : « La passation sera immédiate sitôt qu'Aetius viendra, lâcha-t-il les dents serrées, la mine grise. J'espère que les notes que je vous ai envoyé en même temps que la notification vous expliquant les termes du traité seront suivies sinon comprises. » En guise de seule réponse le silence acquiesçait à leur place. Aemon se retournait quand il entendit des cliquetis annonçant l'arrivée d'un homme en arme. Celui-ci ouvrit les portes avec fracas, essoufflé et lui raconta ce qu'il avait vu de ses yeux vu.

« PLACE ! FAITES PLACES VILAINS ! » Entendait-on rugir dans les rues de Berdes et la piétaille ne manquait pas de s'écarter craintive d'un coup de hampe à l'échine. Des hommes d'armes, une demie douzaine dégageaient la route pour qu'Aemon et ses pairs de chevaliers, sa garde personnelle, puissent trotter vivement jusqu'à ladite auberge. Arrivés devant, ils mirent pied à terre et Sire Levalois interpella son seigneur : « Laissez-nous entrer d'abord, Mon Seigneur, vous n'êtes que maigrement armé et...
_ Messire, devrais-je craindre les fantômes du passé ? Nul n'a encore réussi à pénétrer la maille, pas même quelque pourpoint ! Nous entrons. »
Et ils entrèrent, Aemon et ses sept chevaliers qui lui servaient d'escorte. Il ne manqua pas de rapidement constater les allégations entendues, il s'avançait. A distance raisonnable il examina le faciès de l'homme et... et une sorte de lézard maigrichon aux ailes de cuir. La main gauche sur la poignée de son épée il lança d'un ton impérieux à l'asistance : « Tous, dehors, laissez-nous avec cet homme, dit-il en le désignant de la tête. » Patientant que la coterie s'en fut il reprit dès lors, interdit et plus menaçant que jamais : « Voilà une visage qu'il me déplaît de voir. Arthur de Mélasinir, c'est cela ? Vous n'auriez jamais dû revenir en ces terres... » Et il dégaina son épée.
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Arthur
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MessageSujet: Re: Lorsque Passé et Présent se rencontrent. [Aemon]   Ven 8 Mar 2013 - 10:45

Combien de temps s’écoula avant que ne lui parvienne les rugissements de quelques gardes au dehors, il n’en eut pas idée, mais ils vinrent, comme attendu. Mais il est des choses dans le hasard des calendriers qui amènent des situations des plus surprenantes, tandis qu’entrait le baron en personne et son escorte. Dès lors qu’il se savait reconnu, il savait cette rencontre inévitable… Mais tout de même, pas si tôt, encore moins ici.

Monarth commençait à s’agiter tandis que le baron ordonnait aux quelques clients de sortir sur le champ. Ce n’était pas de la peur, mais plutôt une certaine forme de colère. L’homme avait du penser une chose qui ne lui plaisait guère.

Calme, l’ami… Quoiqu’il ait pu penser, continue de lui donner matière à croire que tu n’es qu’une bestiole exotique.

Si la chose déplut au dräke, Arthur lui offrit bien des idées pour le convaincre qu’il en allait de leurs survies. Il leur fallait tout autant préserver quelques atouts que ne pas encore offrir de prétexte aux hommes en armes de les considérer menaçant et inviter la moindre réplique. Il détailla les chevaliers présents tandis que la coterie quittait les lieux. Il n’aurait su dire le nom d’aucun d’entre eux, il était tant de chevaliers en Ancenis, et il n’avait réellement connu que ceux qui l’entouraient, à l’époque.
Quand le baron s’adressa finalement à lui, c’était sous le ton de la menace, l’appuyant par la mise au clair de son épée… Mais Arthur ne souhaitait pas pratiquer ce genre de danse, moins encore avec les hommes qui tenaient lieu d’escorte à celui qui l’invitait.
Les mots du baron le ramenèrent curieusement en Odelian, des années auparavant, et ces mots de la Gardienne de Tyra d’alors, Katalina Noblegriffon… « Vous devriez être mort » qu’elle avait dit. Ces hommes avaient-il la même pensée ? L’auraient-ils souhaité ? Et pourtant, il était encore bel et bien vivant.

Il lui fallait répondre, et il décida de ne pas suivre le baron sur la voie qu’il empruntait… Il céda même à la tentation d’oser le prendre à contre-pied. Qu’il menace, lui plaisanterait.

« Vous m’excuserez si je ne réponds pas à votre geste de courtoisie, Sire Aemon, mais je crains que vos hommes, qui tiennent probablement davantage de la chouette que du chevalier, ne se méprennent sur le sens à y donner et n’y voit qu’une menace à votre encontre. »

Le sens à donner à ces mots était ouvert à l’interprétation de chacun, il s’épargnerait la peine de devoir s’expliquer, la chose réduirait ses chances, minces, de sortir de cette auberge, et même de quitter vivant la Péninsule.
Il ajouta finalement, sur un ton léger certes, mais sans excès.

« Pour ces mêmes raisons, je me vois contraint à refuser votre invitation à danser… Vos hommes pourraient ne pas apprécier qu’elle tourne en ma faveur, et je crains qu’une danse avec huit partenaires soit au dessus de mes capacités. »

Et pour appuyer son propos, il ne daigna pas même se lever, moins encore de poser une main sur son épée. La chose aurait été aussi sotte qu’inutile, aurait attisé la tension, et bien qu’il soit à capable de se débrouiller à l’épée, huit chevaliers était un défi hors de sa portée.

« Mais si cela peut vous rassurer, je ne suis que de passage, et repartirais bien vite. »

Et là-dessus, si Aemon offrit comme geste d’invitation une épée dégainée, Arthur lui fit signe de s’asseoir à sa table. Dans le même temps, le dräke alla se reposer sur son épaule, posant ses yeux aux facettes colorées sur le baron.
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Aemon IV d'Ancenis
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MessageSujet: Re: Lorsque Passé et Présent se rencontrent. [Aemon]   Mar 19 Mar 2013 - 1:38

Favrius d'Automne ; Sixième jour de la troisième ennéade ; An 7, Cycle XI.

L'ambiance était feutrée et la lumière qui perçait au travers des fenêtres jaunies par on ne sait quoi, dégageait quelque chose d'inquiétant, de malsain. Le sol en terre battue n'évoquait pas moins les déboires de cette misérable auberge qui, à coup sûr, avait son content de rameurs ivres aux gueules noircies par la suif et pécores crasseux. De-ci de-là se voyait encore les traces de quelques bagarres d'ivrognes se disputant un morceau de fromage moisi ou un quignon de pain sec. L'un accusant l'autre de lui avoir volé, mâchouillé, léché, lorgné son repas et à vrai dire, chaque motif faisait force de grief et ainsi donc, de dispute. Ah. Le petit peuple, au contraire des puissants, lui, sait s'amuser comme il se doit. L'odeur qui embaumait la salle à manger était tout sauf agréable. Une espèce de senteur moite jointe à des relents amers et gras. Le graillon imprégnait l'auberge et les plats à demi ingurgités par les clients n'en évoquaient pas moins qu'une grossière soupe de gruau, un morceau de pain et une viande proprement noirâtre et d'aspect peu ragoutant. Ou bien était-ce du poisson ? Difficile à dire. Au milieu de cette pestilence crasse se trouvait l'équipe à la chouette et le vagabond pris en otage. Sur son épaule, ce fantoche de dragon ne semblait guère menaçant, aussi le Baron n'y accorda qu'une maigre importance, préférant se concentrer sur sa raison véritable : Arthur.

« Vous voudriez me voir rompre le pain avec vous ? Après vos forfaits la seule envie qui anime mon cœur et celle de voir vos yeux par les corbeaux dévorés. Vous faîtes bien de refuser de l'invitation, voilà un acte plus sage que celui de votre venue. » D'un coup d’œil à son escorte et en désignant la pièce d'avec la pointe de sa lame, ils se déployèrent autour d'Arthur, l'encerclant. Bien évidemment, leur épée au clair, la lueur jaune pisse devenait miroitante et l'atmosphère n'en était que des plus désagréables. « Mettons de côté la danse, il serait fâcheux que je vous marche sur le pied et pire que vous me marchiez sur l'un des miens. Si c'est entier que vous souhaitez partir, soyez franc, messire, peut-être que ce changement vous comblera, lança-t-il d'un ton sarcastique. Que faites-vous en mes terres ? » Il l'interrogeait et ne manquait pas d'insister sur « mes terres » pour appuyer son rang acutel. Le timbre sec et impérieux de sa voix ne changeaient pas et si Aemon ressentait quelque autre sentiment que la rancœur et la haine, il n'en laissait rien paraître.

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Arthur
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MessageSujet: Re: Lorsque Passé et Présent se rencontrent. [Aemon]   Jeu 21 Mar 2013 - 7:57

L’atmosphère s’emplissait d’une tension qui n’était guère surprenante, et les chouettes se déployèrent autour de lui. Un instant, il se demanda s’il pouvait mourir ici-même et trouva la chose des plus tristes… Mourir dans un bouge pareil. S’il avait su que c’était un baron et non un capitaine qui viendrait le cueillir, il aurait choisi un endroit plus convenable pour s’éteindre.
Mais la présence de son dräke le rassura malgré la situation, et il n’y pensa plus, se concentrant sur les propos du baron… Ce qu’il disait ne trouvait que peu d’écho, sauf si l’on suppose une histoire dans un tout autre point de vue… Les forfaits dont parlait le baron, était-ce ces années de règne après la félonie de son père ? Avait-on déjà retouché l’Histoire pour faire des traitres de l’Hiver 998 des héros morts pour le Royaume ?
Il garda ces pensées de côté, mais préserva le ton léger qu’il avait déjà prit, il n’avait nullement l’intention d’offrir la satisfaction à la Chouette d’avoir réussi à l’effrayer.

« Je vous l’accorde, l’on ne peut rompre le pain dans pareil bouge, ça serait inconvenant pour une personne de votre rang. Si j’avais su, j’aurais porté mes pas dans quelques nobles et riches établissements, et nous aurions eu un festin pour célébrer notre rencontre. »

« Mais je ne crois pas que cela vous aurait convenu… Vous préférez m’accuser de quelques forfaits fantaisistes que j’aurais commis à votre encontre, et je crains que cela ne passe pas, même avec le meilleur des vins. Mais tout de même, vous avez titillé ma curiosité… Son Honneur »,
et il insista sur le titre pour le satisfaire, « aurait-elle l’infinie bonté de me dire ce dont il s’agit ? »

C’était dit avec un soupçon de provocation, il lui fallait éviter à tout prix de se relâcher là-dessus de crainte de céder la place à une raison qui crierait sans doute « Nous sommes foutus ». Que le baron se vexe et s’offusque, qu’il condamne ou bien alors qu’il apprécie de voir l’homme ne pas trembler.
Mais il devint on ne peut plus sérieux, tout de même… Il fallait rassurer le seigneur, si il désirait vraiment l’être.

« Mais soyons sérieux un instant… Je me fiche de vos terres, », et à son tour, pour le rassurer, il insista sur le « vos terres », « gardez les, je vous les laisse de bon cœur. Ma vie se poursuit par delà l’Olienne, je ne suis venu que pour retrouver quelques connaissances, récupérer quelques affaires pour les emporter là-bas. »

Et il anticipa d’avance de possibles pensées, des remarques.

« Et ne vous inquiétez pas, je ne provoquerais pas, ni ne suggèrerait de révolte en mon nom. J’ai refusé de me battre contre votre bâtard de frère alors qu’il emportait mon Roi pour éviter de voir les hommes et les femmes d’Ancenis se déchirer et s’entretuer, ce n’est pas pour le faire maintenant pour une cause plus idiote et vaine. »

Et là-dessus, comme dans l’espoir d’avoir assaini la situation, il refit le geste d’invitation à l’adresse du baron.
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Aemon IV d'Ancenis
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MessageSujet: Re: Lorsque Passé et Présent se rencontrent. [Aemon]   Mar 26 Mar 2013 - 2:37

Favrius d'Automne ; Sixième jour de la troisième ennéade ; An 7, Cycle XI.

Et il écoutait le Baron imposteur discourir de ses raisons, de ses motivations à fouler à nouveau les terres fertiles de l'ancenois. Dans son accès de colère, Aemon commençait percevoir en Arthur la détermination d'un homme confronté à son destin et pour ça, il éprouvait sans réellement s'en rendre compte, une forme de respect inattendu. Ignorant la question il préféra répondre aux affirmations suivantes : « Ancenis vous aurait-elle donné un si mauvais goût, messire, que vous daignassiez me la laisser conserver ? A n'en point douter, la Chouannerie n'eut pas que bonifications, la chouette est forte, ses partisans, comme vous en avez pu faire témoignage, lui sont attachés et leur cœur est aisément acquis. » Aemon accepta finalement l'invitation de son hôte improvisé, lui-même hôte du pauvre aubergiste contraint à prêter son maigre gagne-pain. S'asseyant en face d'Arthur il ne pu s'empêcher de porter le regard sur la bête qui nicher à son épaule. Un dragon pensa-t-il subitement, mais sa taille, l'en dissuadait, ce n'était rien de plus qu'un lézard, une créature venue de l'Est comme il avait pu en voir tant et plus durant son exil. Il n'y prêta, dès lors, plus qu'une maigre considération.

« Votre noblesse à vouloir préserver l'ancenois est tout aussi louable que ma volonté de la préserver de ses ennemis du passé. Oh, je sais la manière dont s'est déroulé votre règne, j'ai été informé, je me suis renseigné mais ne vous ne m'en voudrez pas de vous porter encore quelque rancœur. » Aemon avait déjà replacé son épée dans son fourreau et le reste de sa garde s'était contenté de l'abaisser, l'ambiance, bien qu'encore énervée, commençait à se désengorger de tous ces mauvais sentiments. Posant ses deux mains sur la table, la franchise voulant démontrer qu'Aemon était ouvert au dialogue, il continuait dans sa lancée : « Si votre vie se poursuit au-delà de l'Olienne, pourquoi Ancenis ? Pourquoi revenir en sachant que le Régent a restitué titres et terres aux Ancenis ? Pour des connaissances et des affaires me dites-vous ? De quelle importance, je réponds. Qui, quoi ? » Aemon flattait sa barbe tout en questionnant l'otage, il n'attendait pas réellement de réponses, il savait qu'un banal interrogatoire ne suffirait pas, pas pour un homme de cette trempe. Il se releva et invita Arthur à en faire de même, à son signe de la main pour qu'il se tienne debout, il ajoutait : « Nous continuerons, messire, mais pas ici. Je dois retourner à Ancenis et vous allez venir avec moi. De grâce, ne m'infligez pas le devoir de vous mettre aux fers, j'espère qu'un cheval tenu par la bride suffira à assurer votre sagesse. Je ne veux pas votre mort, ce serait déjà fait et sans autre procès que celui de l'acier. Allons, nous partons. Levallois, Montfame, escortez-le. » Et ainsi le Baron s'en sortait de l'auberge, suivi par sa garde et sans aucune doute son bel otage.

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Arthur
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MessageSujet: Re: Lorsque Passé et Présent se rencontrent. [Aemon]   Mer 3 Avr 2013 - 11:30

« Préférez comprendre dans mes mots que je n'ai guère apprécié cette terre... Complaisez-vous dans ce mensonge aussi longtemps qu'il vous plaira, si cela peut vous rassurer, je n'en ai cure, je sais comment vibre mon cœur, les seigneurs d'alors le savent aussi. Vous pourrez également tant qu'il vous plaira cracher sur mon nom et le salir, prétendre que j'ai été un ennemi et l'inscrire dans l'Histoire... Votre hululement ne trouve aucun écho là où je vais.»

Un instant, il fut tenté d'évoquer la seule chose que la Chouette avait apporté depuis son retour... Une défaite. Tout autant qu'il n'évoqua aucune des choses qu'il avait fait, si son sentiment que le peuple n'oublierait pas de si tôt la Malenuit et les actes d'abnégations du Baron d'alors. Mais il se retint, ce n'était pas le chemin à arpenter pour lui si il voulait survivre.

« Vous savez que vous n'aurez pas les réponses, Aemon. Vous êtes quelqu'un d'intelligent, suffisamment pour savoir qu'il ne vous sera offerte aucune liste, aucun nom car vous seriez susceptible de leur faire grand tord. Et épargnez moi la moindre promesse... J'ignore tout de votre propre cas, mais toutes les Chouettes que j'ai connu sont parjures, félonnes et régicides, aussi comprenez que si je doute tant de votre sens de l'honneur que du poids de votre parole, ce n'est pas contre vous, mais contre le sang que vous portez. »

Il ne se permettrait pas de juger sans connaître, mais il pouvait tant douter qu'être sceptique dans pareil cas. Surtout que des vies étaient en jeu. Le Baron décida de mettre un terme à la discussion, apparemment, mais il s'y attendait, peu surpris de l'absence de réponses à ses attentes. Invitant au départ, et souhaitant apparemment qu'il le suive sans résistance, et sans avoir besoin d'être enchainé, Arthur lui offrit satisfaction, après s'être levé, il décrocha le fourreau et l'épée et la tendit à l'un des chevaliers présents.

« Qu'elle me soit restituée si je devais ressortir libre. »

Mais il n'attendit pas de réponse à cela.

« Je vous suis, Baron. »

Et il suivit le baron, escorté, Monarth ayant reprit son envol dès lors qu'ils furent dehors, se mettant hors de portée des chouettes.

Des chouettes incapables de voler... Aussi pathétique qu'Incanus ! 
Réjouis-t-en, cela te place à l'abri de ces créatures.


Ils mirent une journée à rejoindre Ancenis, s'arrêtant pour la nuit. Là, son hôte et geôlier lui offrit une courtoisie inattendue mais apprécié. Les quelques échanges qui se firent n'eurent comme seul intérêt que de permettre aux deux hommes de se jauger davantage... Et aux deux d'offrir à l'autre un bénéfice du doute identique. Il était peut-être une chouette pouvant rattraper les tares de toutes les autres, quoique la chose fut délicate. Il ne miserait rien sur lui, n'offrirait aucune confiance, c'était un pari trop osé, mais il croyait davantage en ses chances de sortir de là indemne, et pourquoi pas une tolérance à défaut d'une entente, un jour prochain.

Ils pénétrèrent la ville, et là, Arthur se recouvrit le visage d'une capuche, demandant à Monarth de voler suffisamment haut pour n'apparaître à aucun. Malgré tout, il n'avait pas l'intention d'offrir à Aemon la « victoire » de le ramener prisonnier autant qu'ami sous les yeux des badins.
Quand ils furent à Vielmot, il la retira... La nouvelle serait propagée quoiqu'il arrive, de toute façon.

La question qui lui vint était le temps qu'il lui faudrait passer et demeurer « l'invité ». Il voulait partir et disparaître avant qu'un écho ne parvienne à Diantra. Aussi y alla t-il franchement avec Aemon.

« Qu'est-ce que vous attendez de moi, Aemon ? Vous savez ce qu'il en sera des réponses que vous voulez, et je n'ai pas l'intention de demeurer jusqu'à ce que le bâtard n'ait vent de ma présence et ne vienne s'amuser, je partirais, libéré par vous, ou par moi-même.
Alors allons et abrégeons. »


C'était peut-être trop direct, mais c'était nécessaire.


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Lorsque Passé et Présent se rencontrent. [Aemon]
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