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 A la croisée des chemins [PV: Arthur]

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Mathilde de Clairssac
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MessageSujet: A la croisée des chemins [PV: Arthur]   Mar 12 Mar 2013 - 14:25

    Le début du voyage s’était passé, chose surprenante, sans encombre. Ils n’avaient croisé que peu de gens sur la route qui descendait vers Ancenis. La fin de l’été avait été clémente, le temps continuait d’ailleurs d’être au beau fixe, mais Mathilde commençait à redouter l’arrivée de l’automne. Elle espérait être descendue le plus au Sud possible avant que les premiers frimas ne les surprennent. Aussi souvent que possible, elle prenait soin de s’arrêter dans une auberge pour assurer un toit et des draps propres à ses enfants, mais il arrivait parfois qu’ils soient obligés de dormir à la belle étoile. De fait, elle avait dû acheter deux couvertures supplémentaires. Pour occuper l’esprit de Lyse, Mathilde l’avait officiellement chargé de surveiller attentivement leur provision. La fillette, ravie de l’importance de sa mission, était capable d’effectuer cette tâche plusieurs fois par jour pour être vraiment sûre, « archi sûre » !
    Mathilde avait quitté Etherna avec toutes ses économies, et d’après ses calculs elle pouvait espérer arriver dans le Sud en ayant au moins un repas chaud dans une auberge par jour. Dans le cas où ses pièces ne suffiraient pas, elle avait emporté quelque uns de ses bijoux qu’elle était prête à vendre si nécessaire.

    A mesure qu’elle s’éloignait d’Etherna, de ses frères et de sa mère, Mathilde éprouvait une culpabilité de plus en plus grandissante. Combien de fois avait-elle voulu tourner la bride et rebrousser chemin ? Mais les mots écrits par sa mère lui revenaient en mémoire avec tant de violence qu’à chaque fois elle courbait la tête et serrait les dents pour se retenir de pleurer. Elle n’était plus la bienvenue là-bas. Elle avait souillé l’honneur de leur famille, elle risquait même d’empêcher l’ascension de son frère aîné alors, il valait mieux que tous la croie disparue ou morte. Le palefrenier l’ayant aidé à quitter Etherna de nuit avait dû être longuement interrogé par Guillaume. Et il n’aurait appris qu’une seule chose : que sa sœur et ses neveux se trouvaient sur la route entre Etherna et Hiviène. Un accident ou une attaque de bandit était si vite arrivée. Il ferait fouiller la région, chercherait la moindre trace et se rendrait à l’évidence, sa sœur n’avait pas survécu. Il en parlerait à leur mère qui se sentirait trop coupable pour avouer que sa lettre était probablement responsable de la décision soudaine de Mathilde. Peut-être penserait-elle que sa seule fille avait voulu la rejoindre au plus vite pour lui faire entendre raison, pour s’excuser… Et puis viendrait le moment où Guillaume serait forcé d’annoncer la nouvelle à Jérôme partit en guerre à Serramire….

    Le cœur de Mathilde se serra. Elle ne devait plus penser à ça. Mathilde de Clairssac était morte la nuit où elle avait quitté Etherna. D’ailleurs à cette pensée elle se rendit compte qu’elle ne pouvait plus utiliser ce prénom pour voyager.

    C’était le milieu de l’après-midi et elle marchait à côté du cheval pour le soulager un peu. Lyse était en selle et regardait droit devant elle. Un fin sourire étira ses lèvres lorsqu’elle se rendit compte que sans cette gamine elle n’aurait probablement jamais eu le courage de prendre la route.


    « - Tu sais ma chérie, nous ne pouvons pas voyager plus longtemps en utilisant nos véritables prénoms, quelqu’un pourrait savoir qui nous sommes. Il nous faut donc en trouver un autre avant d’arriver à Ancenis d’accord ? »

    La fillette y vit un jeu très amusant et elle énuméra tout un tas de prénom pour finir par décréter qu’elle souhaitait qu’on l’appelle Elinor même si elle adorait son vrai prénom. Pour Kiel, il fut décidé qu’il s’appellerait désormais Kilian et Mathilde murmura doucement le prénom de sa mère. Si elle n’était plus une De Clairssac, elle garderait quand même un souvenir de sa famille. Aurore lui conviendrait très bien.

    La jeune femme ne craignait pas vraiment qu’on la reconnaisse, après tout elle n’était apparue qu’à la cour d’Etherna et les dernières guerres n’avaient pas réellement favorisé un rapprochement entre les différentes Cour de la Péninsule. Et puis avec sa mise de servante, elle était persuadée de passer partout sans un regard. Mais c’était sans compter sur sa longue chevelure dorée qu’elle gardait sous un bandeau de tissu et ses yeux d’un bleu si clair qu’ils attiraient invariablement l’attention. D’autant que malgré son teint halé et ses vêtements elle conservait une grâce innée.

    Si le début du voyage s’était passé sans encombre ce fut totalement différent une fois parvenue à Ancenis. Les gens regardaient cette femme seule et ses deux enfants d’un mauvais œil, d’ailleurs le premier incident du voyage eut lieu dans l’auberge où elle décida de faire halte pour passer la nuit. Un homme visiblement bien éméché vit dans la fillette de onze ans une bonne façon de passer le temps. Alors que Lyse se frayait un chemin vers une table en passant près de lui, il la saisit fermement par le bras et l’attira à lui. Son haleine d’ivrogne la fit grimacer et elle se débattit pour échapper à sa poigne de fer.


    « - Allons ma p’tite fait pas ta difficile ! Tu vas voir qu’on va bien s’amuser tous les deux ! »
    « - Lâchez immédiatement ma fille. »
    « - T’es pas moche non plus toi, t’inquiète j’peux en satisfaire deux ! héhé »

    Ce qui suivit se passa très vite et Mathilde n’en conserva qu’un souvenir flou, quoi qu’il en soit elle tenta de faire lâcher prise à l’ivrogne qui lui décocha une gifle magistrale, elle percuta la table derrière elle et fut sonnée pendant plusieurs secondes. Lyse se mit à crier les larmes aux yeux et Kiel, toujours harnaché contre elle, se réveilla en pleurant. Et tout ça sous les rires grivois des inconnus, tous aussi imbibés, attablés à proximité de l’ivrogne.
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Arthur
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MessageSujet: Re: A la croisée des chemins [PV: Arthur]   Mer 13 Mar 2013 - 11:00

Derrière lui se fondait petit à petit dans les monts la cité des deux collines, celle qui prie et celle qui se bat, tandis qu’il partait vers l’Ouest, à l’opposé même du lieu où ses plus profondes aspirations l’emmenait. Les derniers évènements l’avaient conduit à considérer l’utilité de quelques relations en Péninsule, ne serait qu’au sein de son Médian natal. Aussi avait-il prit la route qui le conduirait à Nimmio de Velteroc, connaissance autant que loyaliste autrefois, avant d’envisager de repartir vers l’Est, au-delà de l’Olienne.

Alors qu’il approchait de la frontière avec Hautval, la nuit s’emparait petit à peu des cieux, réclamant au jour sa part et il ne poussa plus loin son chemin que jusqu’à la première auberge venue où il pourrait se reposer et poursuivre le lendemain.
C’était une enseigne pour le moins miséreuse qui ne devait avoir, pour tous clients, que les habitués des hameaux voisins venant se désaltérer après une journée de labeurs, et n’offrir de chambre qu’à ceux trop saouls pour retrouver leurs chemins. L’odeur – probablement autant celle des pochtrons que de leurs bêtes – emplissait l’air, mais il lui faudrait s’en accommoder.
Il ne manqua pas d’attirer l’attention des quelques présents, car d’aucun n’avait vraiment l’habitude de voir un homme, l’épée à la taille accompagné d’un dräke qui voletait à ses côtés et ils se soulagèrent de le voir prendre place à l’écart.

La nuit tombant, c’est une autre présence étrangère qui s’infiltra en ces lieux. Une jeune femme portant un nourrisson, une enfant à ses côtés. Dès lors qu’il l’a vit entrer, et de ce qu’il avait pu observer des autres clients, il sut que les choses allaient dégénérer. Eux avaient bien trop d’alcool dans le sang, quoiqu’il douta que même sobre, ils aient eu un comportement convenable, et elle, et bien, elle se trouvait être bien trop jolie et jeune pour un pareil endroit, et il en allait de même pour la fillette à ses côtés.

J’aurais peut-être besoin de toi, l’ami.
Je sais.


Il avait perçu l’anticipation et la vigilance accrue de l’humain, il le sentait se tendre, portant son regard sur l’ensemble de la scène, attentif aux moindres gestes esquissés. Ce comportement, le dräke le connaissait bien, il partageait le même face à des animaux susceptibles de lui nuire.
Et les choses ne tardèrent pas… La fillette fut brusquement et sans douleur agrippée par un homme bourru et éméché qui déclarait déjà ses intentions, tant à la fille qu’à la…mère ? Sans doute une orpheline, car la mère ne lui semblait pas suffisamment âgée pour cela. Une gifle accueillit les protestations et elle s’effondra après avoir percuté une table, sous le choc… Et dans la pièce résonna tant les rires que les pleurs du nourrisson, les gémissements et les plaintes de la fille.

Quand il aura relâché la fillette, apaise la, elle et le nourrisson.

Et là-dessus, il se leva, n’attendant pas davantage pour tirer la lame au clair et il s’approcha rapidement tandis que s’élevait le dräke. Il ne fit rien pour être discret, si bien que le couple se tourna vers lui en même temps que les regards des rieurs qui s’étaient à présent tu.

« Lâches cette gamine et tires toi. »

S’il obtempéra pour la première instruction, relâchant en « jetant » presque la gamine sur le côté, ça n’était que pour lui faire face. L’épée pourrait le dissuader, mais sa carrure pouvait quant à elle l’encourager. Pendant que les deux hommes se jaugeaient, le dräke se rendit auprès de la jeune femme et de ses enfants, et il s’immisça dans leurs esprits, leur offrant autant une certaine chaleur que des images rassurantes.
L’homme finit par tenter de se jeter sur Arthur, qui balaya d’abord le pied d’un tabouret pour le mettre sur le chemin avant de s’écarter précipitamment. L’homme ne réagit pas assez vite, se prit les pieds dedans et s’étala non sans bruit. Sans lui permettre de se relever, il lui asséna un violent coup de pommeau sur le crâne pour achever de l’assommer pour finalement diriger son attention vers les autres poivrots.

« Balancez-moi ça dehors ! », en désignant avec sa lame son adversaire.

Il y avait autant d’autorité qu’une pointe de colère à l’adresse de ces hommes qui préféraient se gausser plutôt qu’intervenir. Et dans un désordre certainement dû à l’alcool, ils se mirent en mouvement pour obéir.
Assuré qu’ils trainaient l’homme dehors, il porta finalement son attention sur la jeune femme et ses enfants, et lui saisissant doucement les bras après avoir rengainé, l’aida à se relever et la dirigea jusqu’au siège le plus proche et s’accroupit face à elle.

« Vous allez bien ? »

Et là-dessus, il fit signe au tenancier d'apporter quelque chose à boire.


Dernière édition par Arthur de Melasinir le Jeu 14 Mar 2013 - 8:07, édité 1 fois
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Mathilde de Clairssac
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MessageSujet: Re: A la croisée des chemins [PV: Arthur]   Mer 13 Mar 2013 - 12:37

    Le choc passé, Mathilde fixa l’ivrogne d’un air désespéré. En quittant Etherna elle n’avait jamais pensé un seul instant qu’on pourrait s’en prendre à Lyse, à Kiel ou même à elle. C’était probablement les restes de son innocence que le cocon familial avait su protéger jusqu’à aujourd’hui. Mais maintenant elle était livrée à elle-même, et s’il fallait qu’elle prenne une claque tous les jours pour apprendre la dureté de la vie, alors il lui faudrait faire face. Mais visiblement il pouvait arriver que, dans ce monde dur et brutal, quelqu'un vous vienne en aide. Et c’est ce qui se produisit avec l’intervention d’un homme, visiblement aguerri au maniement des armes. Il était grand et il fallait reconnaître qu’il avait un aspect quelque peu effrayant. Pour commencer cette balafre en plein milieu du visage et puis cet air féroce qu’il pointait vers l’ivrogne.
    Cependant il fallait bien reconnaître qu’il était efficace, en quelques mots, il l’avait fait lâcher prise. Et même si l’homme s’était exécuté de façon brusque, Mathilde accueillit Lyse dans ses bras avec soulagement.

    La fillette se blottit si fort contre elle, enfouissant son visage sous la cascade de leurs cheveux mêlés, qu’elle ne vit pas s’approcher en voletant un dräke. Surprise, Mathilde laissa échapper un « oh » qui attira l’attention de Lyse. Elle aussi sursauta devant cette apparition. Cet animal faisait partit des légendes que l’on racontait au coin du feu sans jamais avoir eu l’occasion d’en croiser un. D’ailleurs, Mathilde se sentit presque aussitôt envahi par un calme et une sérénité qu’elle n’avait plus éprouvé depuis son départ d’Etherna. Elle revoyait ces fameuses soirées près de la grande cheminée, avec Jérôme…

    L’image disparue lorsqu’elle sentit une main lui saisir le bras. Levant les yeux vers son propriétaire, Mathilde croisa le regard émeraude de l’homme qui venait d’intervenir pour elle. Sans rechigner elle se laissa guider jusqu’à la chaise la plus proche et elle s’y installa en poussant un léger soupir. Lyse vint aussitôt se blottir contre elle, mais sa curiosité l’empêcha d’enfouir à nouveau son petit minois. Ses yeux noisette glissèrent sur le dräke puis sur son sauveur qu’elle ne lâcha dès lors plus un seul instant.
    Mathilde reporta son attention sur son fils qui avait cessé de pleurer, chose étonnante, et qui ouvrait de grands yeux papillonnants. Avec douceur la jeune femme caressa la touffe de cheveux blonds et lui adressa un léger sourire. La gifle qu’elle avait reçu lui piquait encore la joue mais s’était sans importance. Lyse allait bien, Kiel aussi et ça c’était grâce à l’homme accroupit devant elle.

    Tout en lui reflétait une certaine dureté, son visage était marqué par le soleil, la fatigue et probablement plus encore. Et pourtant il se tenait là devant elle, faisant montre de prévenance et de compassion. Enfin un fin sourire étira ses lèvres alors qu’elle lui répondait en murmurant presque.


    « Oui… Merci. Nous vous devons beaucoup. Sans votre intervention je … »

    Lyse se raidit contre elle l’empêchant de terminer sa phrase. Passant la main dans les cheveux de la fillette, Mathilde la berça doucement lorsqu’elle sentit qu’elle n’était qu’à deux doigts de fondre à nouveau en larmes.

    « C’est la première fois qu’une telle chose nous arrive…. Je ne sais pas comment vous remercier pour… »
    « Vous voulez bien manger avec nous ? »

    La petite voix chantante de Lyse avait une nouvelle fois pris Mathilde au dépourvu. Ses petits yeux humides fixés obstinément l’inconnu mais bientôt ils roulèrent vers le dräke voletant au-dessus de l’épaule de son maître.

    « Dites, il mord ? Il s’appelle comment ? Vous pensez que je peux le toucher ? Il est joli…vraiment joli… où est-ce que vous l’avez trouvé ? »
    « Chérie, cesse de l’assommer avec toutes tes questions. » murmura Mathilde en passant discrètement sa main sur sa joue pour toucher la zone encore sensible. Elle grimaça légèrement en sentant les picotements devenir plus douloureux lorsqu’elle avait les doigts sur sa pommette droite.
    Elle espérait sincèrement que ce genre d’évènement ne se reproduirait pas mais elle commençait à comprendre que la route d’une femme accompagnée de deux enfants ne manquerait pas d’être remarquée.
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Arthur
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MessageSujet: Re: A la croisée des chemins [PV: Arthur]   Jeu 14 Mar 2013 - 16:43

La situation s’était détendue, et le plus costaud d’entre eux dans quelques pays de songes, il doutait que les autres aient la moindre prétention sur la jeune femme et la fillette, tout du moins, aussi longtemps qu’il serait présent. Et à ce qu’il entendait autant que ce qu’il lisait sur les visages, Monarth avait fait un petit miracle pour éviter aux plus jeunes de trop souffrir de l’évènement.

Tu en as douté ?
Oh, surtout pas, je ne suis pas assez sot pour ça. Merci.


Toutefois, la jeune femme, elle-même apaisée par le dräke, devrait se souvenir et apprendre. C’était une bêtise de voyager ainsi seule, plus encore en ne possédant rien pour se défendre. A prendre pareilles risques, elle finirait violer comme sa fille, et probablement pas qu’une fois, au vue de son minois. Elle l’apprendrait, mais il devrait y mettre les formes, ne pas faire d’excès après ce qui était arrivé.
Et elle serait réceptive, le choc qu’il lisait sur son visage, dans son comportement était on ne peut plus évident. Il ne manqua toutefois pas de sourire en voyant la fillette s’évertuer à la détourner de ces mauvais songes.

Comme si tu étais mon maître !

Cette pensée venue l’interrompre fut accompagnée d’une pression du fier dräke. Apparemment, la gamine avait pensé une chose qui l’embêtait, aussi et pour le satisfaire, avant même de répondre à l’invitation, se fit-il la voix de Monarth. Mais avant même de pouvoir émettre le moindre son, les questions vinrent en rafale, et si la mère du croire qu’il serait gêné par cette avalanche, il l’accueillit avec un petit rire et un sourire qui contrastait avec l’air dur qu’il avait pu aborder.
A l’adresse de la mère tout d’abord, il offrit quelques mots.

« Ne vous en faites pas, j’ai l’habitude, ça ne me pose aucun souci. »

C’était le prix à payer pour avoir un compagnon aussi singulier. Là-dessus, il porta son attention à la petite, et dans un murmure presque secret lui répondit.

« Il se nomme Monarth, mais je ne suis aucunement son maître, il est mon compagnon et mon ami, et parfois ma conscience, pour le meilleur autant que le pire, je le crains. »

Et il se mura volontairement pour éviter les remarques attendues du lézard, et poursuivit.

« Mais tu peux le toucher, oui, à condition d’être une gentille personne, autrement, il risque de te mordre, ou pire… Mais tu n’as pas l’air méchante donc tu ne crains rien. Par contre, ne le flatte pas trop, il devient insupportable quand on le complimente excessivement. Mais chut, ne lui répète pas ça, hein ? »

Précision inutile étant donné que le dräke savait ce qu’il pensait, mais c’était avant tout pour la gamine.

« Tu devrais aller demander au gérant un bol de petits fruits, il en raffole, surtout des mûres. »

C’était dit de façon à l’encourager, et le dräke l’accompagna jusqu’au comptoir, tant pour suivre la venue de son festin que sur l’insistance de l’humain pour rassurer quelque peu la jeune femme, et dès lors que la gamine ne fut plus là, il s’adressa à elle, un peu plus sérieusement, mais avec douceur.

« Ne vous inquiétez pas pour vos enfants, Monarth a fait le nécessaire pour que leurs pensées ne s’égarent pas à créer des horreurs, et c’est une attraction qui transformera ce moment en bon souvenir, vous verrez. »

Il espérait que son propos suffirait à la rassurer, quoiqu’il suggérait probablement d’autres questions, dont la plus évidente était « comment ». Mais les choses viendront, en temps et en heures. Pour l'heure il devait tenter d'en savoir plus, mais plus important encore, il devait mettre en garde la jeune femme et l'introduire aux règles courantes afin qu'elle n'ait pas à l'apprendre dans une douleur autrement plus grande et grave qu'une petite gifle.

« Toutefois, je m’inquiète de voir une si jeune mère fréquenter pareil bouge. Vous n’avez pas l’habitude de ce genre d’endroit et de ce genre de vie, je me trompe ? »

Qu’importe où elle avait vécu avant cela, une chose était certaine, c’était un cocon possédant des murailles assez hautes et épaisses pour lui épargner les réalités du monde. Il n’était pas bon quitter ce cocon sans préparation, moins encore en étant une femme, jeune et jolie, de surcroit.

« Je ne vais pas vous demander qui vous êtes, il m’apparait évident que vous fuyez votre nom, mais vous devez être prudente. Le monde que vous arpentez sait se montrer impitoyable pour qui n’est pas armé pour l’affronter. »

Il leva les yeux vers la gamine.

« Et vous devez l’en préserver… »Il y avait dans ses mots une légère teinte de reproche.« Je vous propose de vous y aider, aussi longtemps que nos chemins seront communs. »

C'était une main tendue, mais il espérait qu'elle se méfie, un instant tout du moins avant qu'il ne prenne une initiative pour la convaincre de lui accorder sa confiance.

« Je suis Arthur de Melasinir. »
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Mathilde de Clairssac
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MessageSujet: Re: A la croisée des chemins [PV: Arthur]   Ven 15 Mar 2013 - 13:11

    Mathilde regarda s’éloigner la fillette, toute ébahie d’être accompagné au comptoir par un compagnon si particulier. Pendant plusieurs secondes elle ne quitta pas des yeux Lyse, terrifiait à l’idée qu’il pourrait y arriver une nouvelle mésaventure, mais les paroles de l’homme toujours accroupie devant elle lui fit glisser le regard jusqu’à rencontrer ses yeux émeraudes. Il tentait de la rassurer sur le choc qu’une telle expérience pourrait avoir sur Lyse. Elle ne s’inquiétait guère pour Kiel qui était bien trop petit pour comprendre ce qui arrivait autour de lui.
    La jeune femme baissa les yeux vers son fils, honteuse de ne pas avoir su protéger correctement les deux enfants dont elle avait la charge. La phrase suivante fit monter le rouge à ses joues et battre son cœur plus rapidement. Cela se voyait tant que ça qu’elle n’était pas du même monde que les gens attablés dans cette auberge ? Avait-elle réellement cru qu’elle passerait inaperçue en compagnie de deux jeunes enfants ?


    « - Qu’est-ce qui vous fait croire que… que je… », commença-t-elle légèrement gênée.

    Maintenant que le choc était passé et que le cocon dans lequel elle avait toujours vécu s’était fissuré, elle voyait à quel point elle avait été idiote. Elle n’aurait jamais dû partir seule, sans la protection d’une tierce personne. Elle avait mis sa vie et celle de ses enfants en danger. Une fois de plus les mots de l’inconnu l’angoissèrent. Comment pouvait-il se douter qu’elle fuyait un nom ? Est-ce que ça aussi c’était inscrit en lettre d’or sur son front ?
    Plongeant son regard dans le sien, elle resta muette mais chercha à lire en lui. Pouvait-elle lui faire confiance ? La proposition qu’il venait de lui faire était tentante, mais c’était un parfait inconnu et donc la prudence s’imposait. Que lui demanderait-il en échange de sa protection ? Avait-il réellement de noble intention ? Elle se posait trop de question.

    Il se présenta enfin et le nom qu’il lui donna lui rappela de vieux souvenirs. Elle connaissait ce nom pour l’avoir déjà entendu prononcer dans la bouche de son père et de son frère. De par son rang elle avait eu la chance de recevoir une éducation complète et son père avait toujours fait en sorte que ses enfants soient au courant des évènements politiques majeurs. Et là, elle en était certaine, ce nom lui rappelait les discussions qu’elle avait entendu suite à la Guerre Civile qui avait frappé la Péninsule. Elle était jeune à cette époque, bien plus jeune que maintenant à tous les niveaux, mais elle se souvenait parfaitement. Fixant le Seigneur de Melasinir, Mathilde resta silencieuse un moment.


    « - Je vous suis vraiment reconnaissante pour l’aide que vous venez de m’apporter mais qui me dit que vous n’êtes pas comme cet homme ? Pourquoi devrais-je vous faire confiance plus qu’à un autre ? Vous le dites vous-même, je dois me montrer prudente… »

    Faisant une pause, Mathilde chercha du regard Lyse qui tentait d’apprivoiser le dräke en l’appâtant avec des fruits rouges. Reportant son attention sur l’homme qui se tenait devant elle, Mathilde fixa son regard dans le sien à la recherche de la moindre trace de mensonge ou de noirceur.

    « - Ce nom que vous venez de prononcer… je l’ai entendu de nombreuses fois et toujours accompagné d’éloges et de respect aussi je vous laisse le bénéfice du doute et j’ose espérer que votre proposition est tout ce qu’il y a de plus honnête… Je m’appelle… disons que vous pouvez m’appeler Aurore. »

    Peut-être avait-elle tort, elle aurait dû refuser son aide et reprendre la route mais inutile de se leurrer elle ne serait pas allée bien loin. Pour le bien de Lyse et de Kiel, elle devait ouvrir les yeux et accepter l’aide qu’on lui proposait.

    « - Parce que vous ne cherchez pas à savoir qui je suis, je ne vous demanderai pas non plus ce qui vous a amené ici Sieur de Melasinir. »
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Arthur
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MessageSujet: Re: A la croisée des chemins [PV: Arthur]   Mer 20 Mar 2013 - 10:00

Elle intégrait les choses assez vite, mais il devait admettre s’être montrer des plus brusques dans sa leçon… Mais une douche froide était nécessaire, même si en y réfléchissant, il aurait put s’y prendre autrement, mais le passé appartient au passé, il ne saurait le défaire.
Il cessa d’y penser en concluant qu’il s’efforcerait d’être plus doux, si d’aventure il devait lui enseigner autre chose.

« Donnez-moi plutôt du Grégoire, si nous faisons route commune, et je vous donnerais de l’Aurore, d’accord ? » dit-il en réponse au Sieur de Melasinir. Il avait beau être reconnu et prit par le Baron d’Ancenis, il ne désirait pour autant pas laisser une trace trop nette sur son passage.

Ce nom n’évoquerait rien, et d’aucun en dehors d’Ancenis ne ferait le rapprochement avec l’éphémère Grégoire de Mélau du Tournoi Royal de l’an 999 du Dixième Cycle.

« Pour ce qui est de vos doutes, tout à fait légitime et fort bien accueillit, je ne peux vous offrir de réponses qui vous satisferait. Je n’ai que ma parole et ce nom pour garantir ma bonne foi, il vous appartient dès lors de juger de leurs valeurs, à l’un et à l’autre. »

Mais sur un ton plus léger, et avec un sourire.

« Puis… Ce bouge est indigne du moindre serment sur l’honneur et l’épée, ainsi que le ferait un chevalier… En un autre lieu, je vous jurerais de vous protéger, du moins tant que nos routes seront communes, si cela peut vous satisfaire, mais pas ici. »

Mais il s’interdirait alors de jurer sur la Damedieu, maudite à ses yeux depuis qu’elle l’avait récompensé de sa loyauté et de ses sacrifices en lui reprenant le moindre de ses présents avec violence, le brisant pour beaucoup.
Et dans un registre plus léger encore, pour tenter de briser la coquille de peur qu’il avait, par nécessité, provoqué, il fit un pas supplémentaire sur la voie du ridicule.

« Mais ne me comparez jamais plus à ce rustre, je vous en prie… L’exil m’a probablement changé, mais pas à ce point. Jurez-le ! »

D’accroupit, il était passé à genoux, feignant de supplier la demoiselle de promettre.

Et toujours au comptoir, un dräke se remplissait si bien la panse que son compagnon douta qu'il puisse voler de nouveau avant quelques heures.

Cesse donc de profiter de la générosité de cette gamine, espèce de goinfre !

A ce dernier de lui répondre par un regard qu'il savait plein de malice avant de rouler sur lui même pour s'attirer plus d'attention de la jeune fille. A supposer la chose possible.

Et son esprit glissa un instant vers l'extérieur... S'interrogeant sur les actes et les plans des quelques autres pilliers du bouge. Il ne devait pas les oublier, surtout pas. Ils représentaient une moindre menace, mais ce sont celles qu'on sous-estime qui peuvent faire le plus de dégâts.

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Mathilde de Clairssac
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MessageSujet: Re: A la croisée des chemins [PV: Arthur]   Mer 20 Mar 2013 - 12:29

    Etonnamment les réponses du Sieur de Melasinir la rassurèrent immédiatement. Fronçant légèrement les sourcils elle finit par accepter en hochant la tête. Il se prétendait chevalier et en cela seulement il venait de gagner sa confiance. Mathilde n’avait jamais douté un seul instant de la noblesse d’âme de Guillaume, son frère, et pas seulement à cause des liens du sang qui les unissaient, mais parce qu’elle avait un profond respect pour ces hommes d’honneur. Peut-être avait-elle trop longtemps vécu entourée d’hommes d’honneur, à l’image de ses deux frères, peut-être ignorait-elle tout de la noirceur d’une âme et de la fourberie, mais dans les yeux du noble Arthur de Melasinir, elle ne voyait pas la moindre once de sournoiserie.

    Comme elle ne répondait pas assez vite, il continua cette fois en lui adressant un sourire et une phrase faussement offusquée en s’agenouillant devant elle.
    Cette fois ce fut à elle de lui adresser un premier vrai sourire, et le changement sur son visage fut saisissant. Elle s’illumina littéralement tandis qu’elle laissait échapper un petit éclat de rire.


    « - Fort bien je vous le jure, vous avez ma parole à condition seulement que vous vous installiez sur cette chaise car je doute que cette position soit confortable ! »

    Cela faisait des jours qu’elle n’avait pas eu une conversation sur un ton aussi léger. D’habitude après les salutations de base, il n’était question que du prix de la chambre et des vivres avant qu’elle disparaisse au petit matin. La perspective de faire un bout de route avec quelqu’un la rassurait et l’enthousiasmait presque. Non pas que la conversation d’une fillette de onze ans soit déplaisante mais il fallait reconnaitre qu’un peu de compagnie égayerait ses journées.

    « - Pour être tout à fait franche avec vous, il se trouve que ma route est des plus…incertaine. Nous voulions nous rendre dans le Sud de la Péninsule, nous installer quelque part là-bas très loin de…des conflits qui règnent dans le Nord. Mais je n'ai aucune idée précise de notre destination... »

    Baissant les yeux quelques secondes, Mathilde se demanda si elle faisait bien de lui dire ça. Elle aurait pu prétexter se rendre à Ydril pour rendre visite à sa tante ou autre chose de ce genre. Mais l’homme qu’elle avait en face d’elle lui inspirait trop confiance pour qu’elle puisse lui mentir d’un bout à l’autre. S’il pouvait comprendre qu’elle devait taire certaine chose, elle n’était pas obligée de tout passer sous silence.

    Un rire enfantin attira son attention et elle posa les yeux sur une Lyse totalement excitée par sa rencontre avec le dräke. Elle riait aux éclats devant ses pirouettes et elle se crispait légèrement lorsqu’elle lui donnait un fruit. Sûrement l’appréhension d’être mordue. Inquiétude qui, elle en était certaine, disparaitrait très vite.

    Revenant en courant en slalomant entre les tables, la fillette parvint par miracle à garder tous les fruits dans le récipient. Elle le posa cérémonieusement sur la table et vint se lover contre Mathilde.


    « - Il est vraiment trop gentil et je crois qu'il m'aime bien ! Mais il m’a donné faim ! On mange quoi ? »finit-elle en se tournant vers sa mère toute sourire.
    « - Tu sais bien que c’est toi la responsable de notre ravitaillement. File au comptoir et commande nous à manger, allez ! »

    Toute excitée la fillette retourna devant le tavernier accompagnée du dräke à qui elle parlait déjà comme s’il s’agissait d’un grand confident. Elle lui demanda donc son avis sur la nourriture à commander et bien qu’elle n’ait pas de réponse verbale elle fit comme si c’était le cas ! L’imagination d’un enfant est débordante !

    Mathilde reporta son attention et son sourire vers Arthur.


    « - J’accepte votre aide et votre protection avec grand plaisir Sieur…Grégoire. Mais je me dois de vous prévenir, elle est comme ça du réveil au coucher ! Cela demande une grande patience…j’espère que votre compagnon en a à revendre ! »

    Concluant sa phrase par un rire amusé, Mathilde berça doucement son fils qui venait de rouvrir l’œil. Presque aussitôt il leva ses petits mains qui s’agitèrent quelques secondes avant de se refermer sur une mèche de cheveux de sa mère qu’il tortilla un long moment.
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Arthur
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MessageSujet: Re: A la croisée des chemins [PV: Arthur]   Lun 25 Mar 2013 - 11:21

La glace semblait se rompre tandis qu'elle répondait favorablement à son sourire par le sien, et à son invitation par le rire. Et il s’exécuta immédiatement après qu'elle eut juré autant que demander à le voir s'asseoir.
Et là-dessus, elle lui fit part de ses projets et de la destination qu'elle projetait d'atteindre. Un instant, il considéra qu'il s'était probablement trop avancé, car le Sud n'était clairement pas sur son chemin. Mais il y avait cette note d'incertitude, et une possibilité qui lui vint de tenir sa promesse, malgré tout.

« Le Sud... J'ai bien peur de ne pouvoir vous accompagner jusque là. Mes pas me portent brièvement vers l'Erac pour y trouver un seigneur et le rappeler à quelques bons souvenirs communs, ensuite, je repars vers l'Est, au delà de l'Olienne par la mer. »

Il n'y avait pas motif à le cacher, Aemon d'Ancenis, une menace potentielle autrement plus sérieuse que cette Aurore savait qu'il s'était refait une santé en Olienne et y retournerait une fois fait ce qu'il voulait faire ici. Cela permettrait à celle-ci de décider en tout état de connaissance.
Puis il formula l'idée qui lui était venue, si l'envie de faire route commune demeurait à l'esprit de la jeune femme.

« Vous pouvez vous laisser le temps de la réflexion en ma compagnie jusqu'à Erac, de là, et peut-être auprès du dit-seigneur, nous pourrions vous obtenir une escorte discrète jusqu'à la destination de votre choix, qu'en dites-vous ? »

Il ne doutait pas trop que le Comte de Velteroc lui accorde un ou deux chevaliers honorables pour la conduire plus au sud, là où il ne se rendrait pas tant le détour lui paraîtrait grand alors qu'il n'aurait du être que de passage. De cette façon, il tiendra sa promesse, d'une manière ou d'une autre, et même au delà puisqu'elle y serait conduite jusqu'au bout.
Qu'importe finalement ce qu'elle cachait, ses secrets lui appartenaient et ils n'éprouvaient ni l'envie, ni le besoin de les connaître au delà de la part qu'elle voulait bien lui concéder.

La jeune fille les interrompit, accompagnée d'un dräke qu'il savait lourdement chargé tant il avait perdu en grâce dans sa façon de voleter. Encore un peu et il sera condamner à ramper.

Jamais !
Bientôt, je t’appellerais Incanus.
Jamais ! Je ne serais jamais réduis à cela et aussi pathétique que ce dragon incapable de voler !
Nous verrons.


Et le reptile gavé lui envoya de nombreuses pensées menaçantes, mais il les balaya comme il avait apprit à le faire de ce même dräke. Et sur son visage se dessina un mince sourire qui s'affirma d'avantage pour devenir rassurant avec les mots de la jeune femme.

« Pas de souci, cela me changera de la seule compagnie de Monarth, même si elle m'est agréable. Quant à lui, le seul risque est qu'il soit réduit à marcher, ou plutôt à demeurer sur mon épaule, tant il se gave. Il apprécie la compagnie des gens, par certains aspects plus encore les enfants et tout ce qui peut leur trotter dans la tête. »

Il ne savait plus ce que les légendes en disaient, mais autant prévenir la jeune femme que le dräke était on ne peut plus capable d'entendre les pensées, et sous certaines conditions, elle l'avait vécu sans le savoir, en transmettre tout autant.
Là-dessus, un coup d’œil au comptoir, il s'interrogea sur le menu du soir.
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Mathilde de Clairssac
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MessageSujet: Re: A la croisée des chemins [PV: Arthur]   Jeu 28 Mar 2013 - 12:12

    La description du voyage du Seigneur Arthur faisait presque rêvée. L’Erac était, disait-on, une très belle contrée. Mathilde n’avait jamais eu l’occasion de voyager. Coincée toute son enfance et son adolescence à Hiviène, elle n’avait pour ainsi dire jamais quitté le domaine de Clairssac sauf pour rendre visite à Jérôme après qu’il fut nommé Baron d’Etherna. Lorsqu’elle avait décidé de prendre la route et de partir à l’aventure elle avait évidemment ressentit une immense excitation à l’idée de découvrir des contrées et des lieux qu’elle ne connaissait jusqu’alors qu’à travers les livres. Ses rêves de voyages étaient loin d’être comblés et la petite étincelle d’excitation se ranima dans son regard lorsqu’il parla d’entreprendre un voyage sur la mer Olienne. La mer… Encore une chose qu’elle ne connaissait pas. Où désirait-il aller en traversant la mer ? Vers Nelen ? Naelis ? Thaar ?
    Tous ces noms faisaient bouillir son imagination. Elle imaginait les lieux comme sur les gravures qu’elle avait pu voir dans les livres de son père. Ce pouvait-il qu’on rencontre là-bas des elfes ? Oui et bien quoi, Mathilde avait peut-être grandit vite avec l’arrivée de Kiel mais elle avait toujours été passionnée par les récits sur les elfes. C’était un peuple qu’elle avait toujours admiré sans jamais avoir rencontré un seul de leur représentant.

    Absorbée par ses images elle ne répondit rien et Arthur enchaîna sur la possibilité de lui trouver une escorte en Erac pour l’accompagner à sa destination finale dans le Sud. Mais pour l’heure elle n’avait aucune idée de l’endroit où elle allait.


    « - C’est très aimable de votre part. Depuis que je peux décider d’aller où bon me semble je suis un peu perdue je le reconnais. J’adore voyager, être sur les routes à l’air libre, rencontrer des gens, et ce malgré la mésaventure de tout à l’heure ! Je sais bien qu’avec deux enfants avec moi il faudrait que je me décide rapidement sur un endroit fixe mais cette liberté soudaine… si vous saviez à quel point c’est… excitant pour quelqu’un comme moi ! J’ai quitté des murs dans lesquels j’étais choyée et aimée, mais depuis que je suis loin des obligations, des travaux de broderie et des conversations frivoles je me sens libérée d’un poids. »

    Cette soudaine confession l’étonnait, mais l’homme assis en face d’elle lui inspirait confiance. Et puis cela faisait des jours qu’elle faisait la conversation à une enfant de onze ans !
    Un petit pincement au cœur lui rappela qu’elle avait laissé derrière elle ses deux frères, à qui elle n’avait laissé aucune lettre. Sa résolution de se faire passer pour morte auprès d’eux était de plus en plus difficile à tenir… peut-être qu’une missive, courte, dans laquelle elle dirait juste qu’elle allait bien…. Oui, il fallait qu’elle y réfléchisse.


    « - Je n’avais jamais quitté ma contrée natale, j’ai toujours vu les mêmes paysages, les mêmes décors…Vous me parlez de la mer et je vous avoue que je vous envie. Je ne peux que l’imaginer parce que je ne sais pas du tout à quoi cela peut ressembler en dehors des gravures dans les livres, ni même ce que l’on doit ressentir sur un bateau ! »
    « - Un bateau ? On va voir un VRAI bateau ? »

    Lyse venait de surgir au détour d’une table toujours accompagné par le dräke et suivis par le tavernier les bras chargés d’un immense plateau en bois.

    « - Poulet et un ragoût de légumes c’est l’menu d’ce soir. »

    Mathilde sortit quelques pièces qu’elle donna au tavernier en souriant. La jeune femme fut ravie de voir que Lyse avait même pensé à demander du lait tiède pour Kiel. Dénouant le tissu qu’elle portait en bandoulière autour de son cou, elle sortit le petit garçon du petit cocon en laine. Il était maintenant parfaitement bien réveillé et il tournait ses grands yeux bleus dans tous les sens, fixant tout ce qu’il pouvait voir. La jeune femme l’assit sur la table devant elle en le tenant sous les aisselles pour ne pas qu’il tombe à la renverse. Visiblement ces chatouilles l’amusait et il se mit à rire. Lyse apparut aussitôt pour s’occuper de lui et profiter du fait qu'il était enfin réveillé. Selon elle il avait tendance à beaucoup trop dormir !

    « - C’est mon tour ! » avait-elle déclaré avant de présenter son frère au dräke.

    Lyse s’installa sur le banc à côté de Mathilde et elle se mit à jouer avec le bébé qui visiblement n’attendait que ça. Tournant la tête vers Arthur, la jeune femme se surprit à lui faire un grand sourire, amusé par l’innocence des deux enfants et par les rires sonores de son fils.


    « - Et bien, mangeons qu’en dites-vous ?
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Arthur
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MessageSujet: Re: A la croisée des chemins [PV: Arthur]   Mer 3 Avr 2013 - 8:11

Elle semblait passionné, rêvant de voyage, s'imaginant probablement les destinations et le parcours dont il parlait avec un soupçon d'embellissement. Il faut dire qu'on quittait rarement les terres dans lesquelles on naissait, il fallait une guerre ou une crise, d'ampleur ou personnelle dans la plupart des cas. Il n'avait pas cette vision... Oh, bien sûr ce qu'il avait vu l'avait émerveillé et étonné, intrigué et il avait désiré apprendre, mais il n'avait pas entreprit pareille aventure par envie, comme elle le faisait, mais car la nécessité lui imposait, et il venait de perdre tant et tant qu'il avait été délicat d'apprécier toutes les choses qui s'étaient découvertes à son regard.

« Faites attention à ne pas vous noyer, une telle liberté peut-être plaisante, c'est vrai, mais trop soudaine, elle peut vous submerger. Donnez-vous un objectif, définissez une étape et parvenez-y. Une fois atteint, recommencez. Cela n'empêche pas d'improviser, vous profitez de cette liberté, mais vous avez moins de chance de se perdre lorsqu'on a un cap. »

Il releva ce qui lui apparaissait déjà plus ou moins évidence... Elle appartenait à la noblesse ou à une bourgeoisie aisée. Mais ça n'était pas important, et ça ne changeait finalement rien. Il n'avait répondu à la confession que par un conseil, qu'elle lui offre des miettes de son existence n'apparaissait pas pour lui comme un motif de tenter de creuser trop profondément.

Il était touchant de contempler une vision finalement si innocente. Si il ne manquait pas de s’émerveiller de choses, il contemplait aussi la réalité et ses parts malsaines. Un navire pouvait offrir une expérience fabuleuse, sûrement, mais il ne voyageait pas sur des bâtiments offrant cet attrait, bien que les histoires que pouvaient raconter les marins étaient, selon le narrateur, plaisantes, mais une femme... C'était autant une malédiction qu'une source potentielle de tension, même pour un voyage finalement si court.
Toutefois, il écarta la possibilité de lui évoquer cette réalité là, se serait aussi odieux que criminel de sa part.

« Si vous descendez plus au Sud, nul doute que vous aurez l'occasion de voir tant la mer que des bateaux, peut-être même de naviguer sur l'un d'eux. »

En l'accompagnant aussi, mais il n'avait pas l'idée de la mener avec lui à l'autre bout du continent, dans un monde différent et par certains aspects plus dangereux que la Péninsule, ses guerres et ses bandits. Et quand la gamine surgit,

« Bien sûr ! C'est un manque que tu pourras bientôt combler, c'est promis. »

Et une chose finalement délicate... Mais qui était-il pour vraiment juger ? Il n'entreprenait de tels voyages que sur la contrainte, autrement, jamais ses voyages ne l'avaient conduit au delà des frontières, moins encore sur la mer.
Puis le tenancier apportait les plats tandis que finalement revenaient les autres clients, retournant à leur table, un regard aussi méfiant, un brin méprisant et craintif, à son encontre.

Ils ne tenteront rien, ils ne t'aiment assurément pas, et leurs idées ne sont pas très claires, mais ils te craignent.
Je vois, merci.


C'était au moins ça de positif, même si il aurait apprécié de ne pas générer ce genre de sentiment, si cela pouvait être dissuasif, c'était un bon point marqué.
La jeune fille paya, et il se jura de lui rendre son argent, quand le regard de la petite serait sur autre chose... Qu'elle préserve le sentiment de l'avoir invité, lui et le dräke, mais il n'exploiterait pas cette gentillesse pour autant, elle aurait besoin davantage que lui de cet or.

« Bon appétit ! » accueillit la suggestion de la demoiselle, et là-dessus, il entama son assiette, le dräke venant se reposer à côté de lui, son regard sur la petite famille.

Lorsqu'ils eurent terminés, la nuit était bien commencée.

« Je vais louer deux chambres, une pour vous, une pour moi et si ça peut vous rassurer, et ça plaira d'autant plus à la petite, Monarth ira avec vous, il pourra surveiller et me prévenir en cas de problème, d'accord ? »

Et il paierait, cela lui évitera peut-être le geste de rembourser le repas en le compensant autrement. Demain, ils repartiraient.

Mais pas aussi tôt que tu en as l'habitude...
En effet, nous ne progresserons pas aussi vite, mais c'est une adaptation dont je m’accommoderais.
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Mathilde de Clairssac
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MessageSujet: Re: A la croisée des chemins [PV: Arthur]   Mar 9 Avr 2013 - 11:12

    Le repas se déroula de façon tout à fait agréable et s’acheva relativement tard. Lyse ne cessait de bailler et Kiel dormait déjà depuis longtemps. Ce fut Arthur qui décréta qu’il était tant de regagner les chambres, les soulards commençaient à émerger de leurs verres pour brailler ou se foutre une raclée dehors. La première nuit se déroula sans incident, la deuxième non plus d’ailleurs. C’était donc le soir du deuxième jour de voyage que nous les retrouvions. S’ils avaient atteint un village les nuits précédentes, ce n’était pas le cas cette fin de journée là. Le soleil commençait à descendre et ils étaient encore à bonne distance d’une auberge. Qu’à cela ne tienne, ils dormiraient à la belle étoile, même si les nuits commençaient à se rafraichir ils n’allaient pas non plus faire les difficiles.

    Les deux jours de voyage s’étaient passés dans une ambiance tout à fait joyeuse. Chose étonnante d’ailleurs ! Le petit groupe ne se déplaçait pas dans le silence total, lorsqu’ils avançaient en rase campagne Lyse jouait à grand renfort d’éclats de rire avec Monarth. La fillette semblait s’être beaucoup attachée au dräke. Si ce n’était pas des jeux, c’était des chansons et parfois même des histoires fascinantes pour calmer la jeune fille quelques minutes. Le grand air lui faisait visiblement beaucoup de bien, tout comme à Mathilde qui depuis l’accord passé avec Arthur, vivait ce voyage plus détendue. Bien sûr elle était toujours à veiller à tout et sur tout, mais il était fréquent de l’entendre rire aussi et il fallait reconnaitre qu’après ce qu’avait été sa vie à Etherna, cela lui faisait un bien fou. Tout comme passé sa journée à cheval. Par Néera sa mère s’en serait sûrement arrachée les cheveux ! Elle qui ne supportait pas la voir pratiquer l’équitation parce que « Cela ne sied pas à une jeune fille convenable ! Ce n’est certainement pas à cheval que tu trouveras un époux, retourne à ta broderie ». La broderie ne lui avait pas non plus permis de rencontrer un mari ! Tant mieux ! Cela faisait longtemps qu’elle avait oublié ses rêves de beau mariage. Elle était libre de toute contrainte et cela passée également par le choix de l’homme qui partagerait sa vie. Sa mère n’aurait jamais hésité à la mariée sans qu’elle ne soit d’accord. Jérôme aurait probablement été plus réticent, il ne supportait pas voir sa sœur malheureuse, mais il l’aurait probablement forcé à céder avec ses grandes phrases sur l’honneur et la renommée de leur famille. Mais tout cela était loin maintenant. Ces compagnons de voyage étaient déjà tout à fait surprenants mais elle les appréciait un peu plus chaque jour. Même le mystérieux Arthur de Melasinir semblait se dérider de temps en temps.

    Posant pieds à terre, Mathilde aida Lyse à descendre et lui confia avec le plus grand soin Kiel qui s’agitait à babillant. Il fallait reconnaître que le petit garçon était d’une sagesse incroyable. Il ne pleurait que lorsqu’il avait faim ou en fin de journée lorsque les ballotements du cheval commençaient à l’agacer. Il n’était donc pas réellement un frein pour leur voyage. Le problème venait plus de Lyse qui supportait mal de rester assise en selle de longues heures d’affilées.


    « - On devrait s’enfoncer un peu dans les sous-bois, le ruisseau qu’on a longé ne doit pas être très loin. »

    Prenant le cheval par la bride, Mathilde écarta les branches basses des premiers arbres et avança quelques mètres avant de tomber sur le fameux ruisseau. Il n’était pas profond mais l’eau était claire. Son cheval lui donna un petit coup de tête pour qu’elle le lâche et sitôt fait il s’approcha du ruisseau pour se désaltérer. L’endroit était à l’abri du vent et suffisamment loin de la route pour qu’ils ne soient pas remarqués par les voyageurs nocturnes.
    Pendant une petite heure tout le monde s’affaira à droite et à gauche. Arthur s’occupa de son cheval puis de faire un feu. Mathilde prépara le coin où elle dormirait avec Lyse et Kiel, puis elle s’attela à laver dans le ruisseau les vêtements de son fils. Lorsqu’elle revint près du feu crépitant il faisait déjà nuit. Là où quelques jours plus tôt elle aurait eu peur de fermer l’œil, elle trouvait l’endroit agréable, presque accueillant même. Dans un coin Lyse jouait avec Monarth , de l’autre Arthur gardait un œil sur Kiel.


    « - Il me semble que nous sommes allés plus vite qu’hier. Il est évident que nous vous ralentissons mais j’espère que cela ne vous retardera pas de trop. J’ai juste une requête pour demain, si vous n’y voyez pas d’inconvénient j’aimerai m’arrêter dans le prochain village pour acheter une nouvelle couverture. Les nuits vont en se rafraichissant et si nous sommes amenés à dormir une nouvelle fois à la belle étoile, j’aimerai m’assurer qu’ils n’aient pas trop froid. »

    La jeune femme contourna le feu pour s’approcher des couchages d’Arthur et récupérer son petit garçon. Ce dernier agitait les mains en essayant d’attraper les petites étincelles qui s’échappaient du feu. Un sourire étendit les lèvres de sa mère qui passa plusieurs secondes à couvrir ses joues de baisers pour le faire rire. Une fois son bien récupéré, elle s’installa un instant à côté d’Arthur.

    « - Puis-je vous poser une question ? Lorsque vous repartirez vers l’Est quel sera votre nouveau … but ? »

    La question était quelque peu maladroite mais on pouvait clairement comprendre l’interrogation cachée dessous. Pour l’instant son but à elle s’était de trouver un endroit pour s’installer avec ses enfants. Mais après… que ferait-elle ? Quel serait son nouveau but ? Elle n'avait aucune compétence, ne connaissait aucun métier, que pourrait-elle faire de ses dix doigts pour gagner sa vie ?
    Arthur avait perdu plus de chose encore. Ils avaient convenu de ne pas s'interroger sur leur passé respectif mais Arthur ne lui avait pas caché son identité. Elle savait donc certaine chose notamment qu'il avait été marié...ou était donc sa femme aujourd'hui ? A l'Est ? Peut-être que c'était ça son but à lui... retourner auprès de sa femme.
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