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 Hérésie, la fin des illusions

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Katalina Noblegriffon
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MessageSujet: Hérésie, la fin des illusions   Sam 6 Avr 2013 - 14:23

Hérésie
La fin des illusions

Huitième ennéade de Favrius, VIIe année du XIe cycle


        Le Terte était une forteresse chargée d'histoire ; depuis ses remparts, l'Ordre de la Damedieu avait contemplé l'Atral et avait participé à son destin. Ses vieilles pierres avaient vu bien des maîtres s'opposer à autant de marquis. Ses remparts avaient essuyé moins d'assauts que ses résidents n'en avaient mené. Mais les salles combles avaient peu à peu été désertées, à mesure que l'Ordre peinait à se renouveler. Des milliers d'âmes qu'avait un jour abrité le Tertre, il ne restait que deux centaines bonnes gens pour autant de paladins dont on ne savait plus trop s'ils étaient toujours vraiment moines. Ils clamaient cependant que les terres alentours leur appartenaient et c'était eux qui percevaient l'impôt au nom de la Damedieu, eux qui rendaient justice au nom de la Damedieu, car toujours ils agissaient en son nom, du moins était-ce que disait le vernis ; les cœurs, eux, demeuraient plus timorés, gangrenés qu'ils étaient par leur déclin.
        Tibérias de Wenden était né cadet de la noblesse arétane mais c'était dans le berthildois qu'il s'était épanoui. Fine lame non dénuée de charisme, il avait su s'imposer jusqu'à devenir, au plus fort de la Malenuit, maître de l'Ordre et jamais n'avait été remis en cause. Sincère dans sa vocation, il n'en avait pas demeuré conscient des réalités temporelles et n'avait eu de cesse d'œuvrer à une renaissance de son institution. Le malheureux avait cependant engrené plus d'échecs que de succès, jusqu'à finalement soutenir le mauvais marquis. Arsinoé sur son trône, à la droite du régent du roy, il avait vu le crépuscule embrasser le Tertre pour ne plus le lâcher.
        Katalina n'avait guère d'affinités pour la forteresse. Arrivée trois jours plus tôt, elle peinait toujours à s'orienter dans ses larges couloirs, certaine de n'en avoir encore fait le tour. Elle n'avait pas plus d'affection pour ses habitants. L'aveugle savait pertinemment qu'elle avait échangé une prison pour une autre. Elle avait beau être plus spacieuse et ses gardiens plus affables et diligents, il n'en demeurait pas moins qu'à l'aube de son deuxième jour, on avait eu de cesse de lui signifier qu'il n'y avait nulle endroit plus sûr pour elle que le Tertre. La Pèlerine n'en était pas si sûre, car pour la libérer, les paladins s'étaient une nouvelle fois opposé à Cantharel ; si la marquise avait jugé plus sage de l'éloigner de ses contrées, elle verrait forcément d'un mauvais œil que la diablesse que Katalina incarnait s'échinât à demeurer en ses terres, qu'on l'y retînt n'ayant aucune importance. Des projets du Wenden, elle n'avait idée mais pouvait deviner quelques brides : les nouvelles des dernières ennéades lui venant petit à petit, elle comprenait l'enjeu qu'elle représentait. En son nom et sans qu'elle n'eut rien demandé, gueux et badauds s'étaient faits bourreaux, réclamant sa libération pour elle ne savait quelle raison et tuant, pillant, brûlant et plus encore pour obtenir gain de cause. On lui avait conté l'histoire de ces faux prophètes qui avaient chacun repris une part de son enseignement, le déformant et l'arrangeant à leur manière ; la paix durement acquise du berthildois semblait avoir volé en éclats et elle en était la principale responsable, elle devait en convenir, tout en maudissant l'Homme d'être un Homme. Ses idées, qu'elle savait justes et vraies, ne devaient pas trouver grâce aux yeux des siens qui, toujours, se borneraient à comprendre ce qu'ils voulaient et rien d'autres. Elle avait fait preuve d'un bien mauvais discernement, ou peut-être l'avait-elle toujours su et n'en avait eu cure.
        Une vérité seulement restait : Katalina était lasse. Elle n'avait plus le goût de lutter et pourtant ! Ce n'était pas les combats qui manquaient. De son nom et sa personne, on avait fait tout et rien, d'aucuns l'élevaient en sainte quand d'autres lui promettaient les flammes du bûcher. On l'accusait d'hérésie, elle qui huit années durant avait accueilli la conscience d'une déesse. Dans les imaginaires, elle était devenue une créature perverse et amorale autant que l'incarnation d'un nouvel idéal et la vérité, dans toute cette mascarade, demeurait connue d'elle seule, si bien qu'elle se demandait si elle n'était pas celle qui se trompait. Aussi, non, elle ne lutterait pas. Que l'Ordre fît ce qu'il voulait d'elle ! Elle était bien traitée, avec plus d'égards que jamais, et cachée derrière les remparts, ne se salissait pas des injures qu'on prononçait à son égard, pas plus qu'elle ne s'auréolait pas de cette fausse pureté qu'on pouvait lui attribuer. Bientôt, on l'oublierait puis elle s'oublierait elle-même.
        Jusqu'alors, Tibérias de Wenden avait tu la présence de son invitée en ses murs mais les rumeurs n'étaient pas de ces oiseaux qu'on empêchait de voler. Aussi, entre autres commères, sa présence au Tertre voletait-elle dans les ragots de marchés.
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Ithe
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MessageSujet: Re: Hérésie, la fin des illusions   Sam 6 Avr 2013 - 21:50



Il y avait eu le vent, il y avait eu la pluie, mais les pèlerins avait tenu le cap. Toujours à même distance du convois de la Pèlerine, ils allaient, silhouette courbée par les intempéries. Il y avait le froid aussi et le début des maladie, faible rhum automnal qui pouvait à tout moment se faire grippe ou pneumonie. Mais ils ne renonceraient pas, leur foi aurait pu transformer les montagne en plage de sable fin, les brasier en glacier et la pluie en poussière. Menés par Pierre en tête de file, secondé par Ithe la None et Marcus le Paladin, ils avançaient malgré la faim et le temps.

La Soeur n'aimait toujours pas Pierre, même si elle finissait par ressentir de l'attachement pour lui comme pour la plupart des voyageurs. Après tout, il arrivait qu'on n'apprécie pas toutes les facettes d'un frère mais on n'en restait pas moins liés par le sang. Ici, c'était un peu pareil, liés par la foi et non par le sang, et ce lien n'en était peut-être que plus fort.

Il arriva qu'un jour, ils rattrapèrent le convoi... Ou plutôt ce qu'il en restait. Des soldats gisaient, blessés dans une boue faite à moitié d'eau à moitié de leur sang, les chevaux, quand ils n'étaient pas mort ou agonisant paissaient dans un pré un peu plus loin. D'abord, ce fut la stupeur... et puis l'horreur. Il était peut-être arrivé quelque chose à Katalina!

Tendit que Pierre se précipitait vers la carriole qui gisait sur le flanc pour voler au secours de la Pèlerine. Ithe entra directement dans le rôle pour lequel elle avait été préparée. Elle fit signe aux autres membres du clergé de Néera de venir avec elle. Il fallait aider les malheureux qui n'avaient pas trouver la mort... Et achevés ceux qui ne pouvaient être remis sur la voie de la vie... Lorsque Pierre leur cria mi-catastrophé, mi-soulagé que la Pèlerine n'était pas dans les décombres de la carriole, ils profitèrent de leur tâche pour vérifier si elle n'était pas parmi les blessés... voire parmi les... Non, elle, comme tous les autres, se refusait à envisager cette possibilité.

Ils ne purent sauver que trois hommes sur toute la garde. Un bien maigre résultat mais cependant mieux que si tous avaient trépassés. En attendant que ces hommes reprennent des forces et puissent raconter ce qu'ils avaient vu et ce qui leur était arrivé, la compagnie monta le camp à à un ou deux kilomètre au Sud du lieu sur un terrain relativement sec. Mais les soldats ne purent rien leur apprendre, si ce n'est que Katalina avait été enlevée par les brigand qui les avaient attaqué en nombre.

Pendant un temps, le groupe erra en quête d'indices. Aucun d'entre eux n'étaient un chasseur ou pisteur, mais il n'était pas difficile de suivre les traces dans la boue... Enfin jusqu'à ce que celles-ci disparaissent parmi la nuée d'empreintes jalonnant les routes. Le groupe erra de village en village, de marché en marché jusqu'à ce que le désespoir les gagne. Plus d'une fois, ils faillirent se dissoudre, et plus d'une fois il en fut un pour maintenir l'unité. Pierre, Marcus, ou même la frêle Ithe, ainsi que quelques membres parmi les plus fervent semblaient se relayer pour maintenir tant bien que mal la flamme de la foi dans le coeur des fidèles.

Un jour, Ithe eut les entrailles nouées par l'angoisse. Il n'y avait plus rien à dire, plus rien à faire. Les pèlerins ne resteraient pas, Katalina était perdue... Elle pria la Dame-Dieu de tout son coeur et sa prière fut exhaussée. Le prochain village qu'ils traversèrent leur confia une étrange rumeur. On murmurait que la Pèlerine qui avait déchaîné et enflammé le Berthildois quelques Ennéade plus tôt serait en ce moment retenue en la forteresse de Tertre.

N'écoutant que leur coeur, les disciples de la Noblegriffon suivirent ces ragots. Tantôt, on leur disait qu'elle était détenue dans la forteresse, tantôt qu'elle y était invitée, parfois qu'elle était la nouvelle dirigeante du lieu, mais tous s'accordaient à dire qu'elle était bien dans la dite forteresse. Et bientôt, ils rallièrent ce lieu, ne sachant ni si ils seraient face à un ennemi, ou face à un allié. Mais peu importait, être proche de Katalina était la seule chose qui comptaient pour eux. Sans doute parce qu'ils avaient abandonné tout le reste pour la suivre.

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Katalina Noblegriffon
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MessageSujet: Re: Hérésie, la fin des illusions   Sam 6 Avr 2013 - 23:04

      Le Tertre n'avait jamais été réputée terre d'accueil, et moins encore l'était désormais qu'il abritait la Pèlerine. Personne n'oubliait que la pauvresse demeurait de fait chassée par la marquise elle-même et la forteresse ne désirait que faire profil bas pour les ennéades à venir. Il serait temps, par la suite, d'agir. Aussi, point d'hommages ne furent rendus aux valeureux pèlerins qui, faisant fi des griffes de l'automne, se mirent en quête de leur Prophétesse. À la place, on envoya une trentaine de chevaux sur lesquels étaient montés une trentaine de paladins et les braves firent face aux hères. Ils avaient sous les yeux une centaine d'âmes à peine, que des petites gens ou presque, aux guenilles fripées et aux regards hagards. L'épée au clair et l'étendard de son ordre haut levée, Etienne de Pons s'avança et ce fut d'une voix forte qu'il les héla : « Oncques le Tertre ne vit pareille procession approcher ses remparts ce cycle. Que voulez-vous de l'Ordre de la Damedieu ? »
      Fendant la foule du bâton de la Pèlerine, Pierre qui déjà était reconnu comme premier parmi les disciples s'en vint faire face à l'homme de foi et, respectueusement, s'inclina. À Cantharel, l'ancien maçon avait gagné en stature et en charisme ; devenant prophète lui-même aux yeux des fidèles de la Pèlerine, il avait reçu plusieurs donations, tant que sa bourse n'avait jamais été si lourde de souverains. S'il avait utilisé une grande partie de l'or avec sagesse, il n'avait pu résister à la tentation de s'en octroyer un fragment. Presque rien, de fait, juste assez pour apparaître ce jour là vêtu d'une robe brune brodée d'or. Grand bien lui avait pris : on méprisait plus facilement un gueux qu'un prélat. « Nous venons porteur de paix et de grandes espérances, car on dit que la Pèlerine trouva refuge en vos murs. Je suis Pierre et tous, nous sommes ses disciples.
      — Et qui me dis que tu n'es pas un nouveau Jacques, Pierre ? »
demanda Etienne qui, s'il n'était pas mauvais, n'en était pas plus naïf. Des hommes qui se réclamaient de l'enseignement de Katalina, il y en avait foison dans le berthildois. Sans se démonter, Pierre avait alors affirmé qu'il venait d'Eyroles et qu'il avait été là le premier jour. Prenant le bâton à demain et le tendant face à lui, il avait tendu la relique et avait accompagné son geste d'un « Vois, il fut son compagnon de marche plusieurs années durant. Grande serait sa joie de le retrouver. De nous retrouver. »
      Dans la procession, il y en avait eu pour s'interroger : qu'avait de si spécial de simple bâton de bois ? Le hasard devait se teinter d'ironie car Etienne avait parlé, le matin même, à l'ancienne Gardienne et ils l'avaient évoqué alors que l'aveugle peinait à s'orienter dans les dédales du Tertre. La coïncidence était trop belle et la jeune homme y vit la main de Néera, aussi sa lame retourna-t-elle au fourreau. Ainsi furent escortés les pèlerins qui purent pénétrer la forteresse de l'Ordre sans le moindre mal. L'importante bâtisse était bien assez grande et vide pour les accueillir convenablement, si tant était qu'ils ne craignissent pas la poussière et les rats, mais de la Pèlerine ils ne virent traces et quand ils demandèrent à la voir, de vives voix, on leur enjoignit d'attendre. Seul Pierre fut pris à parti par le Pons et amené auprès de sa mentor. Sous le coup de l'émotion, il fut dit qu'il tomba à genoux et, ployant la nuque comme jamais, rendit son précieux guide à Katalina. Ainsi la Noblegriffon retrouva-t-elle son bâton, qu'elle caressa longuement sans un bruit avant de sourire simplement et, après avoir tâtonné les bras tendus, prit la tête du maçon pour embrasser son front. Etienne, plus tard, jurerait qu'elle n'avait murmuré qu'un simple « Merci. » avant de les abandonner là tous deux. Bien entendu, de cette décevante entrevue, le premier parmi les disciples ne fit guère de cas, préférant affirmer que Katalina allait bien mais demeurait encore affaiblie par son emprisonnement et les verrait le lendemain.
      Ce ne fut pas le cas. La nuit fut certes douce, plus que les précédentes en tout cas, mais la matinée décevante et plus encore l'après-midi. Certains commençaient à s'agiter, la peur montant lentement au créneau : ils craignaient quelques pièges et pressaient les autres de partir avec eux, comme si cette nouvelle épreuve — attendre — dépassait tout ce qu'ils avaient connu. Certains l'auraient sans doute fait, si au même moment, Etienne n'était pas revenu vers eux et demandé Ithe. Si bien qu'il n'y eut que la sœur pour voir la Pèlerine, qui n'avait pas quitté sa chambre de la journée. Quand la porte s'ouvrit pour laisser passer la jeune berthildoise, Katalina bougea à peine, assise qu'elle était sur son lit. Tendant seulement le bras, elle invita sa cadette à la rejoindre à ses côtés. « Approche, enfant. Approche et assieds toi. » Et Ithe de se rassurer : si la Pèlerine demeurait recluse, sa voix n'avait rien perdu de sa douceur.
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Ithe
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MessageSujet: Re: Hérésie, la fin des illusions   Dim 7 Avr 2013 - 13:52



La vieille forteresse était froide, même humide en certains endroit, le genre d'atmosphère qui vous prend les poumons comme rien. Mais au moins, ils avaient un toit sur leur tête et mieux valait cette mauvaise fraîcheur que les intempéries. Mais malgré tout, ils leur manquaient quelque chose: leur Pèlerine. Pierre avait eu l'occasion de l'entrevoir, mais derrière les affirmations qu'elle se portait bien et ses sourires, Ithe avait deviné que le vieil homme était profondément déçu de la brièveté de l'entretien.

La Soeur quant à elle avait du mal à tenir en place. Elle n'avait jamais rencontré Katalina qu'un seule et brève fois. Enfin, certes, elle avait assisté à quelques unes de ses apparitions mais elle ne lui avait jamais adressé qu'une fois la parole. Ce moment divin dans la prison de Cantharel semblait tellement lointain désormais. Eloigné par le sang, le feu, la peur et le froid. Le désespoir un peu aussi puis l'espérance retrouvée. Et l'attente, toujours l'attente.

La None n'était pas connue pour sa patience et il lui sembla que c'était là une bien dure épreuve que lui infligeait la Dame-Dieu. Une leçon pour tenter de la lui inculquer se disait-elle. Après tout, la déesse ne l'avait jamais trahie et tous ses faits avaient toujours eu une signification que ce soit dans l'instant ou bien plus tard, quand elle y regardait avec du recule. C'est donc en priant cinq fois par jour et en recherchant l'illumination de la déesse, comme on le lui avait appris et de la même manière dont elle était arrivé à acquérir le pouvoir de guérir par la grâce de Néera. Il lui restait encore beaucoup à apprendre et à trouver, notamment l'Iridescence qui, chez elle, laissait à désirer. C'est donc au rythme des petites sphères de lumière que s'écoula le temps.

Jusqu'au jour où un garde vint voir les pèlerins. Il arrivait qu'ils aient contact avec les habitants, simples civiles, du lieu mais chaque fois qu'un homme de l'ordre s'était présenté à eux, il s'agissait de quelque chose en rapport avec Katalina. Ne sachant trop que faire, Ithe était restée assise laissant à Pierre le soin de réceptionner le message. Après tout, il était le premier des disciples. Aussi fut-elle fort surprise quand elle entendit que c'était elle que la Pèlerine conviait.

Au début, elle resta assommée par la nouvelle, assise sur le seau retourné qui lui servait de siège. Elle ne réagit pas tout de suite, il fallut le temps que les paroles du garde face leur chemin dans son esprit jusqu'à ce qu'elle trouve leur sens. Une fois le déclic fait, elle se leva d'un bond, rendue maladroite par l'étonnement et le trac que sa convocation représentait. Pour elle, Katalina était presque une demi-divinité, comment pouvait-elle garder son calme alors qu'elle avait été appelée par une telle entité du bien?

Elle fut introduite dans une chambre, assez petite certes, mais confortable et chauffée par une petite âtre dans laquelle mourrait lentement un feu. Il était évident que Katalina ne penserait pas à y remettre une bûche, aussi, elle se promit de le faire avant de la quitter. Mais son attention se dirigea très vite sur la Pèlerine seule. Maintenant que la crasse avait quitté sa peau et que ses cheveux étaient enfin propre, elle était encore plus belle que la première fois qu'elle l'avait vue, auréolée par la lumière de la Dame-Dieu.

Elle resta en retrait, devant la porte, ne sachant trop que dire, que faire, tant elle était intimidée par l'ancienne Gardienne de Tari. Jusqu'à ce que sa douce voix emplisse la pièce et fasse disparaître son angoisse. Comment pouvait-elle garder une telle chaleur malgré toutes les épreuves?

« Approche, enfant. Approche et assieds toi. »

Elle inspira et avança calmement jusqu'au lit et s'assit au coté de la Pèlerine, comme celle-ci le lui avait indiqué d'un geste discret.* Elle attendit un peu, tiraillée qu'elle était entre la peur de parler sans y avoir été invitée et la peur que sa langue de la trahisse et ne se dérobe sous ses mots. Elle finit cependant par parler, timidement, un peu trop bas à son goût, mais comment aurait-il pu en être autrement face à tant de sainteté?

"Vous avez demandé à me voir, Dame Katalina?"
HRP:
 
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Katalina Noblegriffon
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MessageSujet: Re: Hérésie, la fin des illusions   Dim 7 Avr 2013 - 17:31

      Le pas timide de la jeune sœur chanta aux oreilles de l'aveugle comme une douce accalmie ; elle n'avait, les jours derniers, entendus que la démarche lourde et ferrée des paladins de l'Ordre. Pour autant, son visage ne s'agrémenta d'aucun sourire et ce fut d'une voix douce mais lointaine qu'elle invita l'enfant à la rejoindre. Fermant les yeux, elle posa ses mains sur ses genoux, palpant malgré elle le tissu satiné de sa robe. L'étoffe était des plus raffinées et le vêtement le plus beau qu'elle eut porté ces huit dernières années. La robe d'une dame, pensa-t-elle tristement, comme si rien n'était jamais arrivé. Mais mes yeux sont morts. Aussi voilé que sa vue, son avenir refusait de lui apparaître et Katalina ne savait plus où se tourner.
      « On m'a rapporté bien des choses, enfant, des choses que j'aurai préféré ignorer, » commença-t-elle quand Ithe se fut assise à ses côtés. Dans la bien nommée Tour de la Recluse, Katalina avait été coupée du monde et il avait fallu qu'elle demandât au Ser de Wenden pour finalement obtenir qu'on lui racontât les événements des dernières ennéades. Ce qu'elle avait entendu, alors, l'avait horrifié et c'était pour cette raison qu'elle avait fait mander la jeune Ithe à ses côtés. Elle ne la connaissait pas, lui avait parlé une fois seulement. Elle n'était qu'une voix perdue dans les ténèbres de Cantharel, mais à cette voix là elle avait confié une tâche. « À Eyroles, des hommes et des femmes sont venus à moi, la bouche pleine de questions et le cœur avide de savoir. À ceux là, je dis ce que je savais et certains me suivirent quand je quittais la cité. » Elle se souvenait de ce voyage comme d'un rêve où tout semblait possible, elle avait cru alors s'être trouvé une nouvelle voie, un nouveau dessein et c'était là la seule chose qu'elle avait jamais désiré. « Aujourd'hui, des hommes et des femmes agitent villes et campagnes, pillant et saccageant en mon nom, dispensant ce qu'ils clament être mon enseignement. »
      Doucement, elle tourna la tête, pointant son regard mort sur Ithe, et doucement elle parla : « Qui sont ces gens qui viennent me retrouver aujourd'hui, enfant ? Ces hommes et ces femmes là, sont-ils d'Eyroles où de Cantharel ? M'ont-ils suivie ou m'ont-ils trahie ? Et Pierre, est-il le Pierre que j'ai connu ou un tout autre ? » Et la Pèlerine de se taire, ses prunelles laiteuses défiant la jeune femme de lui mentir. Il n'y avait, en cet instant, aucun amour dans les traits de Katalina, et de compassion pas plus. Elle ne connaissait pas Ithe, pour ne l'avoir croisée qu'une fois unique, mais elle lui avait donné une tâche et elle voulait savoir, désormais, si elle avait réussi ou échoué. Il en était désormais terminé des illusions de la Pèlerine. Son enseignement était mort à Cantharel, sous la vindicte des mauvaises gens. De l'éveil des consciences aux réalités des Dieux, il ne restait que préceptes bafoués et enseignements incompris. Au Tertre s'ouvrait un nouveau chapitre, et il dépendait d'Ithe que Pierre et les autres en fissent parti.
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MessageSujet: Re: Hérésie, la fin des illusions   Dim 7 Avr 2013 - 19:53



«On m'a rapporté bien des choses, enfant, des choses que j'aurai préféré ignorer.»

A ces mots et sous le regard de Katalina, Ithe sentit les larmes monter à ses yeux. L'aurait-elle déçue? Aurait-elle failli? Mais non, c'était impossible, elle avait fait ce qui lui avait été demandé, elle avait même fait plus. Restant toujours fidèle aux enseignement et de la Dame Dieu et de la Pèlerine. Mais alors, qu'avait-on raconté comme mensonge à Katalina? L'aventure s'arrêtait-elle ainsi? La None devait-elle se retrouver seule, sans toit ni foyer?

Mais la suite de sa phrase emplit le coeur de la Soeur de soulagement. Et aussi d'une grande tristesse, elle avait pleuré les morts et la folie, certes. Mais à aucun moment elle n'avait songé au mal que cela ferait à la Pèlerine d'apprendre ce qui avait été fait en son nom. Dame-Dieu que le destin est cruel! Pensa-t-elle amèrement, et elle ne pouvait alors savoir à quelle point cette phrase serait juste et la poursuivrait toute sa vie. Lorsque Katalina eut fini de parler, Ithe ressentit tout le doute, la tristesse et le désespoir qui devait habité le coeur de celle qui était devenu sa guide. Elle réalisa que c'était elle qui avait besoin d'aide désormais, elle avait besoin d'un soutien le temps de repartir, d'aller de l'avant. Aussi, c'est avec soin que Ithe choisit ses mots, autant qu'avec son coeur.

"Dame Katalina... Je suis navrée... Navrée de ce qui advint. Nous... Nous n'avons pas plus compris que vous ce qui déclencha cette folie. Pierre a tenu la plupart de ceux d'Eyrole et des certains des disciples de Cantharel qui, comme moi, n'ont pas interprété à tort votre message. Nous avons tout fait pour calmer les esprits, mais certains ne voulait rien entendre. Il y en eut qui se soulevèrent pour réclamer votre libération, d'autres ont même tués parait-il pour arriver à ces fins et d'autres encore, ont juste profité du trouble.

Nous n'étions plus à Cantharel lorsque la haine et l'hérésie ont souillé ses ruelles. Nous avons eu vent à temps de ce qui se tramait et nous avons renoncé à essayer de calmer ces fous qui semblaient hors d'atteinte de la raison. Et puis, nous avons suivi le convoi quand nous avons appris sa partance et sa direction. Toujours de loin pour ne pas être tenté de venir vous libérer et pour ne pas que notre présence soit mal interprêtée. C'était une idée de Pierre, Dame Katalina.

Il ne vous a pas trahi, aucun de nous ne l'a fait. Il a beau être têtu et irascible, il demeure un homme de bien. Par sa bouche, vos mots ont continué à circuler, restant inchangés dans le fond. Nous avons cru vous perdre mille fois, Dame Katalina, et pourtant je vous parle aujourd'hui. Pour beaucoup, c'est le signe que notre foi n'a pas été veine. Que nos efforts pour ne pas céder à la tentation ont fini par être récompensés.

Je vous en conjure, Dame Pèlerine, ne soyez pas trop dure avec eux. Ils vous aiment tellement, tous autant qu'ils sont!"


Ithe en avait fini à genou devant la Pèlerine sans même s'en rendre compte. Emportée qu'elle avait été par son émois et par la pensée de ces pauvres erres, de sa nouvelle famille, qui risquait de temps souffrir si Katalina les laissait maintenant. Elle avait certes toute les raison de le faire, c'était certainement légitime. Mais eux n'avaient jamais voulu cela et ils n'étaient coupable en rien. Surtout pas le vieux Pierre qui avait réellement tout fait pour essayer de calmer les esprits à Cantharel.
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Katalina Noblegriffon
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MessageSujet: Re: Hérésie, la fin des illusions   Mar 30 Avr 2013 - 14:14

        Loin de se laisser atteindre par la rhétorique pleine d'émoi de la jeune nonne, Katalina demeura impassible, écoutant sans rien laisser paraître. Quand Ithe, poussée par elle ne savait quelle dévotion, s'était mise à genoux elle n'avait pas plus réagi. À quoi bon ? L'enfant paniquait, mais elle se trompait de mère. L'ancienne Gardienne avait, de fait, prouver qu'elle faisait une bien piètre figure maternelle, se laissant ravir son premier et unique enfant sans jamais tenter le récupérer et maltraitant l'orpheline qu'elle avait prise sous son aile.
        Finalement, celle que l'on appelait la Pèlerine se leva et, tendant la main, se saisit de son bâton retrouvée. Le contact du bois sous ses doigts l'apaisa, comme chaque fois, sans qu'elle ne sût jamais pourquoi. « Suis-moi, Ithe, » commanda-t-elle sans se départir de sa voix douce, mais il était clair qu'elle ne s'attendait pas à un refus. Sans rien ajouter, elle contourna le corps agenouillé et s'engouffra dans les couloirs du Tertre. L'aveugle guida ainsi la voyante, sans hésiter jamais, jusque dans une pièce où s'alignait les pupitres. Quand son bâton vint frapper le pied de l'un d'entre eux, Katalina tendit le bras vers la berthildois, jusqu'à lui toucher le bras ; sa main, alors, le remonta jusqu'à serrer doucement l'épaule. « Tu sais lire et écrire, n'est-ce pas ? » interrogea-t-elle et, comme on lui répondait par l'affirmative — comment aurait-il pu en aller autrement, de la part d'une sœur de Néera, instruite dès son plus jeune âge — elle appuya sur l'épaule de l'enfant pour que le faire s'asseoir.
        Ainsi Ithe découvrit-elle son nouveau rôle, alors que la voix douce et apaisante de Katalina emplissait l'air et qu'elle se trouvait devoir y calquer le rythme de sa plume. La Pèlerine ne fit pas mine de ralentir durant plusieurs heures, laissant sa scribe noircir des pages et des pages de vélin, jusqu'à ce que finalement Ithe n'en trouvât plus. Alors et alors seulement, Katalina se tût et, alors qu'elle n'avait eu de cesse de marcher ça et là dans la grande pièce, tâtonna pour venir s'asseoir près d'elle. « Qui crois-tu que je sois, dis-moi ? » Et cette question, plus que toutes les autres, devait être importante.
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Ithe
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MessageSujet: Re: Hérésie, la fin des illusions   Ven 17 Mai 2013 - 13:43



Ithe l'avait suivie sans vraiment comprendre. Apparemment, son plaidoyer en faveur de Pierre n'avait pas fait d'effet. Katalina semblait même ne pas en avoir tenu compte. Mais elle supposa que ce devait être un masque, une habitude qu'avait prise l'ancienne Gardienne de ne rien montrer. Il était une chose étrange que de se faire guider par une aveugle. Mais la Nonne avait toute confiance en la Pèlerine. Elle avait déjà décidé de la suivre en pensée, aujourd'hui, elle la suivait dans la marche.

Mais dans ce moment qui aurait du n'être que pure joie, Ithe était troublée. Elle voyait bien que Katalina était perdue dans de sombres pensées. Le soulèvement insensé du Berthildois semblait l'avoir affectée plus profondément que de raison. Et en même temps, comment aurait-il pu en être autrement? Comment ne pouvait-elle douter à l'heure où elle avait vu sa parole bafouée et son nom utilisé à de vils fins et nombre de méfaits? Mais elle garda le silence, ce n'était pas le moment de revenir sur de pareils événement. Le discours pour Pierre était en lui-même suffisant pour aujourd'hui. Tenter d'enfoncer le clou une fois de plus ferait plus de mal que de bien, elle en était certaine.

Lorsque la porte s'ouvrit sur une série de pupitres de chêne. La Soeur comprit aisément ce que la Noblegriffon attendait d'elle. Et lorsqu'elle répondit un simple à sa question, qui était certainement plus rhétorique qu'interrogative, elle n'avait plus un doute à avoir. Obéissant à l'ordre tacite, imposé par la légère pression de la main de sa guide, Ithe s'assit à un des pupitres et trempa une plume d'oie dans l'encrier. Devant elle, un grand livre vierge ne demandait qu'à recevoir les lettres qu'elle tracerait.

La Pèlerine commença à conter et Ithe écrivit. Tombée dans une sorte de transe silencieuse, elle traça les signes, vite et bien, laissant couler l'encre au rythme des oscillations de la voix de la Pèlerine. Ne s'arrêtant que pour reprendre de la matière dans l'encrier. L'écriture légèrement penchée vers la droite, les lettres régulières et bien horizontales, Ithe rédigea comme jamais. Pour la première fois, elle fut heureuse d'avoir tant peiné pour apprendre l'art de l'écriture et de la calligraphie. S'imprégnant des mots dictés, elle oublia le temps et ne protesta jamais.

Il devait être tard lorsque le dernier point fut estampé sur le parchemin. Et sa main douloureuse ne pouvait qu'en attester. Elle attendit un instant, murissant ce qu'elle avait entendu et écrit. Attendant aussi que l'encre ait séché pour refermer le volume. Il était loin d'être rempli, mais les pages inscrites en occupait déjà un bon tiers. Et de tout ce qu'elle avait fixé, Ithe pouvait se faire une meilleure idée des periples et des tourments par lesquels était passée Katalina. Et finalement, cette dernière posa une ultime question. Ithe eut un grand mal à se retenir de l'écrire, mais elle ne l'oublierait jamais et le soir même, cet épisode si important dans sa vie, inaugurerait le petit livre relié de cuir qui n'avait encore jamais servi.

« Qui crois-tu que je sois, dis-moi ? »


"Ce matin encore, j'aurai répondu sans hésiter que vous étiez une envoyée de la Dame-Dieu pour montrer aux Hommes la vraie voie... Mais à présent que j'ai écrit tout cela, que j'ai appris tant de nouvelles choses, je ne sais pas si je vous qualifierais de nouveau ainsi... Je pense toujours que notre rencontre n'était pas le fait du hasard. Je pense toujours également que votre parole est digne d'être qualifiée de Sainte. Mais je me rends compte que les gens, et moi-même au premier abord, vous considère comme étant ce qu'on leur dit que vous êtes et ce que vos mots laissent paraître de vous.

Désormais, je dirais que vous êtes une des grandes gens de ce monde, ceux-là même qui change les destins par centaine. Vous n'êtes peut-être pas une sainte, c'est vrai. Vous êtes faillibles, vous l'avez maintes fois répété, de diverses manières. A mon sens, vous êtes forte, plus que vous ne voulez le croire et plus qu'on ne peut le deviner. Pour moi, vous êtes sage aussi, pas une sagesse de livre, mais d'une sagesse de vie. Vous demeurez humaine, simple femme, mais j'ai pourtant bien vu que vous n’étiez pas si humble que cela. Vous pensez peut-être que vous ratez tout ce que vous entreprenez, et pourtant, aujourd'hui, il est encore des gens qui croient en vous et en la vérité de vos dires. Je ne sais pas très bien comment je pourrais qualifier ce que vous êtes. Comment je pourrais rassembler tout cela en un seul mot. Je pense que je n'ai même pas été capable de faire passer mon sentiment dans ces propos.

Cependant, vous êtes toujours une Guide pour moi, de même que pour tous ceux qui attendent, désespérés, des nouvelles et même rien qu'un mot de vous, là en bas. Cela ne vous plait peut-être pas de l'entendre, mais vous demeurez pour moi la Pèlerine. Et je vous suivrai, non par croyance ou aveuglement, mais par choix."

Ithe se sentit rougir à ce long discours. Le calme apaisant de l'écriture s'en était allé et ses doutes et ses faiblesses revenaient maintenant au galop. Qu'il était difficile d'être encore jeune et fraîche, de ne rien connaître du monde et d'être si aisément assaillie par ses sentiments. Ne jamais savoir si ce que l'on disait était pertinent ou n'était que bêtise, ou si on le considérerait comme tel, était une forme de douce torture à ses yeux et il lui tardait que l'âge emporte ses tares. Pourtant, quoiqu'il advienne, elle avait ici parlé avec son cœur et, quoique puisse en dire Katalina, elle ne regretterait aucun mot.
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