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 Le Sombre et l'Elfe, l'Elfe et le Sombre. [Gli]

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Timérion Adantar
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MessageSujet: Le Sombre et l'Elfe, l'Elfe et le Sombre. [Gli]   Ven 26 Avr 2013 - 22:04



Il se tenait seul au milieu du Jardin Intérieur des Eälas. Cela faisait presque sept heures qu'il était assis ainsi devant la sculpture d'ambre verte entrelacée de lierre et de vigne. Le construct magique qui l'occupait ces derniers temps était presque à son paroxysme, occupant toute la pièce. D'une placidité digne des légendes, le Seigneur Adantat vérifiait mentalement chaque trait de sa structure, chaque fil, chaque forme. Il reprenait les faiblesses, modifiait les imperfections et parfois allégeait la structure d'une ligne superflue.

Son culte de la stabilité magique était sans égal à travers tout l'Anaëh. Et il tentait sans cesse de parfaire cette caractéristique. Pour lui, un sortilège, si puissant soit-il, ne valait rien si il ne pouvait pas être fiable. Lorsqu'il fut satisfait, il relâcha la tension et laissa s'enfouir le peu d'énergie investie. Comme toujours, celle-ci fut aspirée au dehors par le flux d'une des grandes rivières de pouvoir qui circulait dans le ciel de Malereg, hors d'atteinte des êtres vivants sur l'oeuvre de Kyrïa.

Ce genre de réalisation était fort impressionnante pour pas grand chose. L'énergie utilisée était très peu concentrée et peu conséquente. La structure demandait surtout un effort de concentration et de volonté. Et sa traversée n'était en rien dangereuse. Si ce n'est que cela perturbait son architecture et que, ce faisant, il y avait fort à parier sur le fait que l'importun s'attire le courroux du mage. Aussi, toute trace de magie déserta bien vite le Jardin qui redevint aussi neutre qu'à l'origine.

Il attendait une visiteuse. Et il était grand temps qu'ils aient une discussion. Il préférait la voir seul à seul. Il resta donc là un moment, la respiration lente, le pouls au ralenti, conscient de tout ce qui l'entourait et immergé dans la Symphonie si particulière du lieu. Et c'est à travers elle qu'il sut qu'elle approchait. Lorsqu'elle frappa à la porte, rien de plus qu'un léger grattement au vu de l'épaisseur de celle-ci, il répondit d'emblée.

"Entre, mon enfant. Tu es libre de pénétrer en ce lieu sacré..."
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Glinaina
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MessageSujet: Re: Le Sombre et l'Elfe, l'Elfe et le Sombre. [Gli]   Sam 27 Avr 2013 - 13:08

Cela faisait près d'une journée qu'ils étaient revenus de leur traque, rapportant avec eux non pas un Elfe ou encore des Nains, mais pour au moins deux personnes nombre d'interrogations, apportant avec elles leur lot d'espérances et de doutes. C'était l'été et déjà le soleil semblait vouloir se cacher derrière l'horizon, au loin dans la mer s'étendant jusqu'à un point que même les yeux perçants du peuple elfique ne pouvaient percevoir. Après avoir passée sa nuit à rentrer à Malereg puis à avoir broyé toute ses idées plus ou moins noires ainsi que ses souvenirs, Glinaina avait fini par se promener dans la cité tant qu'il n'y avait que peu de monde pour, enfin, se réfugier là où la nature lui semblait plus sauvage, bien souvent sous l'oeil attentif du vieux et paternel mage qu'était Nakor.

Toute la journée elle n'avait pipé mot, pour les rares rencontres qu'elle faisait elle se contentait de saluer de la tête, et encore... Elle savait pertinament que son air sombre n'était pas très engageant et l'épisode avec les Nains n'avait en rien amélioré son intégration dans la ville. Elle ne s'y sentait pas à sa place, pour tout dire. Tout comme elle avait du mal à considérer Kÿria comme "la Mère" ou du moins de l'appeler ainsi, elle ne se sentait pas toute à fait "Elfe". Pourquoi ? Elle n'avait pas d'idées précises, c'était juste une impression, un ressenti, tout comme on peut sentir qu'on est de trop dans un groupe parce qu'on n'a pas les mêmes idéologies ou qu'on n'en fait pas partie à cause de trop grosse différences avec ce groupe. Les différences... C'étaient bien des choses que l'esprit d'Aina commençait à accepter, mais plus comme une fatalité qu'autre chose. Elle ne pouvait rien changer à ce qu'elle était, ne pourrait de toute façon jamais redevenir celle d'avant. Tôt dans la matinée, elle l'avait enfin compris, ce qui avait été l'objet de sa rage. Elle avait eu besoin de se défouler sur quelque chose ou quelqu'un, ici sur de la pierre ou des arbres. Le regard vide du Nain qu'elle avait froidement tué ne revenait que trop souvent à sa mémoire depuis que l'intervention magique de la Gardienne avait porté un coup à ses forces, y compris à toute cette colère qui n'avait su réellement s'exprimer. Dans le fond, il aura fallu qu'elle prenne une vie pour qu'elle soit bouleversée au plus profond d'elle-même.

Debout sur une saillie rocheuse, l'Elfe se contentait de regarder la mer et son horizon, statue de chair et d'os au visage indéfiniment ferme. Cela faisait déjà de longues heures qu'elle était là, muette, à laisser le vent lui fouetter le visage, faire voleter ses fins cheveux blonds et créer de nombreux plis dans ses vêtements. Lui bruit des vagues se fracassant sur la roche lui rappelait la mer du Sud-Est et Naelis, l'endroit qu'elle considérait depuis plus de trois ans comme son foyer. Le vent, lui, l'aidait à s'aérer l'esprit. Là, sur cette saillie, elle se sentait bien. Elle y serait bien restée encore, mais il commençait à faire frais. On avait beau être en été, le Nord restait le Nord et par rapport à Naelis où il faisait souvent fort chaud, ici il faisait frais.

Un regard en arrière, un échange muet avec Nakor qui était non loin d'elle à ce moment précis. Il était temps qu'elle y aille ; le Seigneur Protecteur Timérion Adantar l'attendait. Le vieux mage avait insisté pour qu'elle le rencontre personnellement, et le mage elfe avait visiblement eu la même idée puisqu'il l'avait démandée. C'était juste pour parler, rien de plus. Enfin... Un dernier regard vers la mer et le soleil puis elle se détacha du paysage pour gagner le palais.


"Entre, mon enfant. Tu es libre de pénétrer en ce lieu sacré..."

Glinaina s'inclina brièvement même si celui qui l'interpella lui tournait le dos puis s'avança, mal à l'aise dans ce "lieu sacré". De plus, le fait qu'il l'appelle "mon enfant" n'était pas pour l'aider. Comme dit plus haut, elle ne se sentait pas des leurs... Ne sachant quoi dire, surtout vu ce qu'il s'était passé la veille, elle se contenta de s'avancer et de s'assoir aux côtés du Protecteur de Malereg avant de tourner son regard vers le sien. Le hasard ou plutôt la simplicité fit en sorte qu'elle se trouva à sa droite, si bien qu'elle eut tout loisir d'admirer la balafre qui entravait cette moitié de son visage. De même, lui pouvait distinguer sans peine les marques magiques tracées sur son corps, visibles seulement au niveau des bras puisqu'elle portait une chemise sans manches.
Pourtant devenue femme, la jeune Elfe ne se sentait qu'adolescente, à la fois de par son désarroi que parce que son futur interlocuteur était un millénaire. Raison de plus pour laquelle elle ne prit pas la parole, se contentant de regarder.
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Timérion Adantar
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MessageSujet: Re: Le Sombre et l'Elfe, l'Elfe et le Sombre. [Gli]   Jeu 2 Mai 2013 - 20:38



Le Silence égraina ses notes au rythme de la Symphonie si singulière en ces lieux. Ici, nul mal n'avait jamais été commis, ni trahison, ni vol, ni meurtre. Le Jardin restait vierge de toute souillure. Et il était agréable que de tels lieux existassent encore en Miradelphia. Il finit par imperceptiblement pivoté la tête vers l'Elfe qui venait de le rejoindre. Par inadvertance, elle s'était placée dans son angle mort, le champ jadis couvert par son œil droit. C'est alors qu'il remarqua sa marque et les implications qui découlait de cette découverte. Les deux Elfes avaient plus en commun qu'il n'était visible à première vue.

En tant normal, cette vision et ces pensées auraient créé un flot de pensées et de souvenir tous plus abhorés les uns que les autres. Mais pas dans ce lieu, pas sous ces arbres. Ici, la grâce des Eälas empêchait le mal. Et puis, comment aurait-il pu céder alors qu'il était ici entouré par ses meilleurs alliés? Les arbres du Jardin Intérieur étaient bien les seuls qui comprenaient pleinement sa douleur et sa tristesse. Il finit tout de même pas s'adresser à la jeune Elfe. Il aurait pu le faire de mille manières et toutes auraient pu être d'une indélicatesse rare.

"Ce Jardin est une des merveilles données à notre peuple par la Mère. Les arbres qui y demeurent représentent chacun un Esprit protecteur des Elfes, un Eäla. De tous ceux qui chantent, ceux-là sont peut-être les plus sages et les plus doux. Et la structure que tu vois devant nous est une oeuvre que l'on dit aussi vieille que le rocher lui-même. Aucun mal n'a jamais été porté ici et cette particularité rend cet endroit encore plus beau. Mon plus grand regret est que son accès soit réservé à une minorité.

Je suppose que tu n'ignores pas pourquoi je t'ai fait mandée aujourd'hui à mon chevet, ici même. Je m'interroge, Glinaina. Ton cas me préoccupait. Peu de chose échappe à mon dernier œil et les exceptions me sont rapportées par le Chant de la forêt. Pourtant, je ne peux lire dans les âmes, bien que je devine beaucoup. Aussi j'aimerais te poser quelque question, mon enfant."


Il s'humecta les lèvres et goutta un instant à la pureté de l'air du Jardin Intérieur. Il lui était arrivé de se promener ici avec son épouse pendant sa convalescence. D'ailleurs, il lui semblait que l'air avait encore un petit quelque chose du parfum de la peau de sa douce et tendre. Hélas, ce temps là était lointain et révolu. Pourtant, nul tristesse ne pouvait l'atteindre ici et nul douleur ne faisait son chemin sous ces branches et ses ramures. Aussi ne s'arrêta-t-il pas à ce souvenir et poursuivit-il ses interrogation, calmement, d'une voix douce et profonde que peu lui aurait reconnu si ils en avaient été témoins.

"Pourquoi restes-tu si sombre? Pourquoi tant de froideur et de haine contenue? Pourquoi cette retenue? Et pourquoi donc le fait que je t'accueille comme faisant partie des miens te crispe-t-il tant?"

Il voyait beaucoup et les arbres murmuraient sans cesse. Il l'avait dit à l'Elfe à son coté. Et il avait bien pris note de son comportement. Chaque fois qu'il utilisait le terme "mon enfant", elle se raidissait sensiblement, ses yeux fuyait le ciel pour le sol imperceptiblement. Mais les signes restaient là et l'interrogation méritait d'être posée.



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MessageSujet: Re: Le Sombre et l'Elfe, l'Elfe et le Sombre. [Gli]   Lun 6 Mai 2013 - 21:25

Comme si les choses ne pouvaient en être autrement, le Seigneur Protecteur finit par prendre la parole de sa voix calme et profonde, expliquant en premier lieu à la jeune Elfe dans quel endroit elle se trouvait ; le jardin des Eälas, protecteurs des gardiens de la Création. Ses mots donnaient un impacte tout particulier à l'entretient qui ne faisait que commencer et, par là même, Glinaina était prévenue que Timérion ne serait pas le seul à entendre ce qu'elle répondrait... si elle répondait quoi que ce soit. Son "cas" le préoccupait, ce qui était normal d'ailleurs vu ce qu'elle était. Qui se sentirait sécurisé d'admettre chez lui une inconnue ne correspondant pas aux critères de sa propre race ?

"... Pourtant, je ne peux lire dans les âmes, bien que je devine beaucoup. Aussi j'aimerais te poser quelque question, mon enfant. Pourquoi restes-tu si sombre? Pourquoi tant de froideur et de haine contenue? Pourquoi cette retenue? Et pourquoi donc le fait que je t'accueille comme faisant partie des miens te crispe-t-il tant?

Les mots "mon enfant" firent de nouveau leur effet sur la jeune Elfe qui se crispa un peu tout en détournant le regard. S'il y avait quelque chose qu'elle avait du mal à apprécier, c'était bien cette appellation. Pourquoi continuait-il à l'appeler ainsi ? Elle ne se sentait pas des leurs, ne l'était tout simplement pas. Elle mit un temps avant de mettre les choses en place dans sa tête et de relever les yeux vers ce qui était une pierre bien vieille. Elle ne regarda tout d'abord pas Timérion dans les yeux puis, au final, se confronta à celui qui l'interrogeait.

-Je me demande ce que vous pouvez bien deviner sur mon âme, Seigneur Protecteur. Même moi je ne sais ce que je suis devenue. Tant de haine ? Non, de la colère, juste de la colère. Envers tout, envers rien, juste de la colère... Mais cela, peut-être que les arbres ainsi que votre Gardienne sauront mieux que moi comment décrire ce qui m'anime pour avoir pu le voir.

Elle avait prononcé cette dernière phrase d'un ton assez sarcastique, le peu qu'elle se souvenait de cette rencontre n'engrangeant à chaque fois que mauvaise humeur, incertitude et colère. Contre la Déesse ? Pas forcément. Mais elle n'aimait pas y repenser, pour sûr.

-Pourquoi tant de retenue ? Que voudriez-vous donc que je fasse ? Que je me laisse me noyer dans une colère qui n'est pas mienne ? Que je sois assez hypocrite au point d'être tout sourire là où je n'ai plus ma place, où je ne me sens pas chez moi ? La forêt vous rapporte par le biais de son chant les exceptions qu'elle rencontre. Vous l'avez dit vous-même, ou du moins signifié, j'en suis une, que je le veuille ou non, que Kÿria l'ait décidé ou non, que les autres Dieux - faudrait-il qu'ils se soient amusés à cela - l'aient désiré ou non ! Quelle place est-elle réservée aux exceptions, à ceux qui ne correspondent plus à l'archétype elfique ? Pouvez-vous me le dire ? Et en quoi seulement pouvez-vous m'appeler "mon enfant", pourquoi ?"

Le regard de Lina s'était durci au fil de ses questions, son ton se crispant au même instant, sa voix se teintant de colère. Le souvenir de sa première rencontre avec la Gardienne lui laissait un goût horriblement amer dans la bouche et les yeux sans vie du cadavre du Nain tué par ses soins la veille au soir ne faisaient que lui donner encore plus l'impression qu'elle n'était pas (ou plus) de ce monde. Incompréhension, besoin d'évacuer tous ces sentiments qui se confondaient et ne se correspondaient pas. Elle ne voulait aucunement manquer de respect à son interlocuteur, même si dans le fond cela lui passait au-dessus de la tête. Pourrait-il seulement la comprendre ?
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Timérion Adantar
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MessageSujet: Re: Le Sombre et l'Elfe, l'Elfe et le Sombre. [Gli]   Jeu 16 Mai 2013 - 18:57



A ces mots le protecteur ne trouva rien de mieux à faire que sourire. Toutes ces interrogations n'étaient que le lointain reflet de celles qu'il s'était lui-même posé à une époque. La rage contre le tortionnaire, la colère contre les autres, contre les nains qui avait abattu sa mère à ce moment si déplorable, contre les Elfes qui n'avaient su la protéger, qui n'avaient su le protéger. Et contre les Drows, oui par dessus tout contre eux. Et même si le temps, la méditation et l'expérience avaient fini par lui faire accepter que les autres ne méritaient pas de haine mais plutôt une main secourable. Il n'était toujours pas entièrement parvenu à pardonner aux Sombres. Quant aux humains, ils n'avaient nullement le mérite de recevoir sa considération. Parmi leur race, seul une poignée avait eu le mérite et l'immense privilège de trouver grâce à ses yeux.

"Je t'appelle ainsi parce que c'est ce que tu es, une enfant. Perdue dans un monde froid et obscur. Avec mon épouse, nous avions pris coutume de considérer nos semblables, ceux-là mêmes que nous protégions, pour nos enfants. Comprends tu, nous n'avons jamais eu la chance de voir naître un chant à partir des nôtres réunis. Le peuple de Malereg devint donc notre famille. Mais j'en suis venu à considérer la notion comme profitable si appliquée à une échelle plus vaste.

De plus, nous avons bien plus en commun que tu ne le penses. Tu parles d'exception, il est vrai que tu n'es pas une Elfe lambda. Mais sais-tu quel est mon Chant? Peu se souviennent de comment mon corps fut ainsi marqué et de ceux là, la majeure partie le sait parce qu'on le lui aura raconté. Je pense pouvoir déceler quand je les vois les traces d'un tourmenteur Drow. Et je comprends mieux que quiconque quelles ont pu être tes souffrances.

Ils nous font passer par d'âpres et cruelles douleurs, trouvant plaisir à briser notre corps avant même d'essayer de s'attaquer à notre esprit. Et ils ne ménagent pas leurs moyens. Lame. Machine. Magie. Tout est bon pour nous faire hurler et gémir. Mais il arrive que cela ne se passe pas comme ils l'ont prévu, qu'autre chose s'éveille. Et qu'au lieu de se briser, la branche se transforme en acier et les écrase. Et cette chose qui s'éveille demeure jusqu'à ce que notre temps sur cette terre touche à sa fin. Autant dire qu'elle dure théoriquement pour toujours.

Et pourtant, après l'avoir enduré, je suis encore là. Et il semblerait que ce qui s'est éveillé a su être maîtriser. Cela fait mille cinq cents ans. Et même si j'en rêve encore et que les plaies n'ont pas entièrement cicatrisé, je n'en demeure pas moins présent et bien vivant aujourd'hui. Je ne dis pas que tu dois déchaîner ta colère. Mais je pense que tu dois apprendre à la contrôler... Et à t'en servir, comme d'une force. Pour défendre ou pour attaquer, ce ne sera pas de mon ressort, cela dit, les faits sont là.

Et en cela, si tu le souhaites, je peux t'aider. Mais il me faudra plus que les quelques bribes de partitions que j'ai su deviner et tirer des stridulations de nos frères-arbres. Ce que la Gardienne a pu tirer de toi ou ce que l'Anaëh a pu comprendre ne sont pas à ma portée. Et de plus, je pense que ta parole et la manière dont tu pourrais exprimer ces événements et cette chose me seront beaucoup plus profitable pour t'aider. Tu sais au fond de toi ce qu'il se passe et nul autre mieux que toi ne pourra en parler. A toi de choisir si tu acceptes ou non mon aide. Suivras-tu la lumière que je tends devant tes yeux, enfant de la Mère?"
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MessageSujet: Re: Le Sombre et l'Elfe, l'Elfe et le Sombre. [Gli]   Ven 17 Mai 2013 - 11:16

« Ne parlez pas de Chant !

La jeune Elfe se leva d'un bond, sur les nerfs, et s'éloigna du Seigneur Protecteur tout en continuant à l'écouter. Dans l'espoir de contrôler cette colère irritée par ce qui pouvait toucher à la Symphonie des Arbres, elle s'agrippa ses bras avec ses propres mains, pouvant faire croire qu'elle croisait les bras en signe de protection. Cet énervement débordait déjà en elle et avait besoin d'être extériorisé, mais comment ? Briser, pleurer, crier ?
Imperturbable, le Seigneur Protecteur termina sa tirade et nombre des ses mots arrivèrent aux oreilles de « l'enfant ». Cette dernière baissa la tête tout en se mordant les lèvres ; Timérion avait raison au sujet des manières qu'avaient les Sombres pour mener à bout leurs victimes, cela elle ne pouvait que l'affirmer pour l'avoir déjà vécu par trois fois. En cela, ils semblaient avoir tous les deux plus de points communs qu'on ne pouvait le penser. Glinaina se retourna enfin vers son interlocuteur et essaya de lui répondre calmement, mais la tension dans sa voix était plus que palpable.

-Je ne suis pas réceptive aux arbres, contrairement à vous, et encore moins depuis que cette colère est en moi. Elle se passa la main dans les cheveux, comme pour essayer de tempérer ses ressentis. Je me demande encore si Kÿria me considère encore comme l'une de ses filles !

« Tu n'es qu'un échec naïf, mon enfant. »
C'était ce qu'avait dit mot pour mot la Gardienne : la même appellation qu'utilisait le Seigneur Adantar, une que Glinaina ne savait plus exactement comprendre. Elle n'arrivait pas à faire la part des choses, avait plutôt l'impression que cette phrase la rejetait ironiquement – puisqu'elle l'appelait « mon enfant » - des enfants de la Mère. Et cela, ce n'était qu'une partie de la conversation. Elle ne voulait pas y repenser, ne souhaitait pas en parler plus que cela. Perdue, elle l'était, cela ne faisait aucun doute. Et celui qui savait écouter la Symphonie lui proposait une aide dans ce sens-là, mais elle n'était pas vraiment en mesure de se diriger vers cette nouvelle lumière, du moins pas maintenant.

Ne sachant trop comment réagir, la jeune Elfe fit quelques pas dans une direction ou l'autre, puis se décida finalement à retourner s'asseoir, mais en face du Seigneur Protecteur cette fois-ci. Autant se confronter à son regard borgne plutôt que d'avoir l'impression de ne pas pouvoir sortir d'une cage de verdure. Elle une main avec l'autre, inspira un coup et repris la parole.

-Il arrive que les choses ne se passent pas comme ils le prévoient, ou au contraire qu'ils souhaitent que cet acier dont vous parlez se forme pour pouvoir l'utiliser à leur fin. Du moins c'est l'impression que j'ai. Sinon, pourquoi laisseriez-vous en vie quelqu'un qui ne trouverait pas la force de combattre ? Autant mettre fin à sa vie en faisant en sorte que son corps ne supporte plus les tortures, non ? Il arrive que de l'acier se forme en une personne, Hîr, comme si une branche s'en recouvrait pour reprendre votre expression, mais qu'il se forme mal, que le bois à l'intérieur en souffre. Cette colère, je l'ai pendant plus de cinq années maîtrisée et tout ce que j'en ai retenu est que désormais elle se montre bien plus forte au point de prendre possession de mon corps. Je ne pense pas qu'il vous ait déjà arrivé de vous réveiller maîtrisé par l'ami que vous venez d'essayer de tuer sans même en avoir conscience.

Glinaina baissa la tête et ferma les yeux, se souvenant parfaitement la tête de Trimack lorsqu'elle s'était réveillée dans ses appartements, dans la salle où il était habitué à recevoir ses Lieutenants pour être exacte. Elle n'avait aucune envie que cela recommence, ce qui avait pourtant été le cas avec sa propre mère.

-Dites-moi... En quoi est-ce si mal de se lier d'amitié avec des Humains, au point de vouloir travailler avec eux ? »

Si l'Elfe ne prenait pour l'instant pas ouvertement la main que lui tendait le Seigneur Protecteur, celui-ci pouvait déjà avoir des informations sur ce qu'il souhaitait. Elle avait besoin d'aide, encore, cela il pouvait le ressentir. Raconter son passer n'est pas forcément ce qu'il y a de plus simple, surtout lorsqu'il est douloureux. Mais cela ne devrait plus trop tarder que ce soit d'une manière ou d'une autre.



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Timérion Adantar
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MessageSujet: Re: Le Sombre et l'Elfe, l'Elfe et le Sombre. [Gli]   Mer 3 Juil 2013 - 23:30



Timérion fut surpris par cette question. Apparemment, elle reflétait un certain malaise chez la jeune Elfe, installé depuis longtemps. Et à voir l'accueil qu'elle avait réservé à la Gardienne quelques temps plus tôt, il pouvait aisément deviner qui lui avait planté cette graine dans l'esprit.

"En rien, Glinaina. Ce choix t'appartenait et t'appartiens. La Mère, malgré toutes les entraves que nous nous sommes imposées, nous a créé libre. Si je peux dire que je suis à ma place contraint par le devoir, je ne m'en plains jamais, parce que ce fut mon choix de m'y enchaîner. De même que supporter le deuil est un choix. Ou me réveiller pour revenir à l'aide des miens au lieu de me rendormir. Certains choisissent la pierre, certains les bois. Il y en a qui veulent aller en groupe, d'autres se retirer en solitaire. De la magie, des livres, des armes, de l'artisanat. Il en est qui demeure dans la Prime Forêt et il en est qui parcours les chemins. Tu as choisi les hommes, je ne peux t'en empêcher.

Je peux juger ton acte en fonction de mes croyances, je pourrais te dire que tu perds ton temps, que tu en souffriras et que les humains ne mérite pas tant d'attention. Mais premièrement, tu ne m'écouterais pas et deuxièmement, ce n'est pas à moi de juger si cela est bon ou mauvais. Si tu avais fait tractation avec les Drows, ça aurait été différent. Mais je ne comprends pas le sens et les raisons de ta question. Où veux tu en venir?

Pour ce qui est de tes mésaventures, chacun son fardeau. Tu n'as pas plus idée de ce que ça fait de se retrouver plaqué au sol tremblant, un mord de cuir en bouche pour ne pas avaler sa propre langue et ce pour le simple fait d'avoir voulu se lever en posant le mauvais pied au sol. Les Tourmenteurs ont chacun leur propre signature..."
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MessageSujet: Re: Le Sombre et l'Elfe, l'Elfe et le Sombre. [Gli]   Sam 13 Juil 2013 - 17:30

"Je ne sais plus quoi penser de la... de Kÿria.

Cette phrase tomba comme un cheveu sur la soupe, répondant à la fois à la question du Seigneur Protecteur, laissant à la fois échapper ce qui lui tienait tant le coeur lorsqu'il parle de cette "Mère", ce qui signifiait pratiquement à chaque phrase. Les yeux de nouveau baissés, Glinaina arrêta de compresser sa main droite avec la gauche sans pour autant perdre de son mal-aise. La sensation de colère l'envahissant toujours, la jeune Elfe porta une main tremblante à son front et tacha de reprendre une respiration régulière qui avait trop souvent tendance à faire des siennes. A plusieurs reprises le Seigneur Protecteur put s'apercevoir que son interlocutrice mordait ses lèvres, comme hésitante, toujours empreinte d'inquiétude et de colère. Il fallut plusieurs minutes avant que Glinaina ne se décide à reprendre la parole, laissant les choses aller d'elles-même, acceptant enfin cet échange...

-Ce n'était pas la première fois que je rencontrais des Sombres, ni la première fois qu'ils me laissaient un souvenir. J'avais tout juste une cinquantaine d'années à l'époque. J'étais dans un village qui s'est fait attaquer et également la seule personne que l'on retrouva en vie. Déjà une première cicatrice, sous je ne sais quelle forme. Pendant des mois cela m'aura marqué psychologiquement, aussi. Puis il y a eu la seonde fois, il y a sept ans. Là c'est mon bras droit qui a souffert, entre la déformation magique et les symbôles aposés dessus. Ceux qui me parcourent tout le haut du corps en ce jour, si vous préférez.

Elle avait débité sa tirade rapidement, étant bien plus concentrée à ne pas laisser les émotions l'envahir pour la démolir encore plus qu'à regarder celui qui l'écoutait. Elle avait envie de s'arrêter là, de se refermer comme une huître, mais maintenant que le sac se déversait, il fallait qu'elle le vide complètement. C'était cela accepter une aide.

-Après être sortie de la maison de soins, je me suis vite rendue compte que je ne supportais plus le contact physique avec les autres personnes. Puis au bout de quelques semaines la colère m'a subittement envahie, les marques se sont agrandies pour la première fois... Ca s'est renouvelé peut-être deux ou trois fois, à chaque reprise je ne me souvenais plus de rien. Pour passer la colère et la soif de sang qui me venaient, je m'entaillais la main pour voir mon propre sang... cela me faisait du bien. Puis j'ai commencé à être réceptive à la magie, à la ressentir alors que cela n'avait jamais été le cas. Il en a été de même avec la Symphonie, sans la comprendre je pouvais désormais la ressentir. Enfin j'ai pu contrôler ces marques pendant plusieurs années, jusqu'à ce qu'elles ne se réveillent il y a peu, m'enveloppant finalement. Je ne sais pas vraiment, je ne sais plus... Je sais juste que je n'entends plus rien, que la colère cache tout en moi..."

La voix de Glinaina se brisa, rare moment où des émotions non destructrices prenaient le pas sur la froideur de la jeune femme. Elle avait tendu la main pour attraper celle de Timérion... Advienne que pourra.
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Timérion Adantar
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MessageSujet: Re: Le Sombre et l'Elfe, l'Elfe et le Sombre. [Gli]   Sam 13 Juil 2013 - 22:35



Il resta assis un moment en silence. Il réfléchissait aux propos de la jeune Elfe, il fallait bien avouer que chaque tourmenteur était différent et que le fait qu'elle en ait croisé deux n'arrangeait pas les choses. Il était rare que Timérion n'ait pas son mot à dire sur un sujet, tant il avait eu le temps de vivre et de voir. Mais pour le moment, une moue contrariée se peignit un instant sur son visage. Elle laissa bientôt place à l'air serein qu'il affectait toujours dans ce lieu.

"Je comprends tes doutes sur la Mère et je pressens que ce n'est pas seulement ta colère ou ton malheur qui t'a mis cette idée en tête. Je suppose que la Gardienne doit y être pour quelque chose également à voir l'accueil que tu lui as réservé. Mais je ne pense pas que cette crise doive être réglée par moi. Toi seule peut savoir si tu estime que Kyrïa est une mère ou non pour toi. Et ce même si tu ne peux pas vraiment renier ta parenté. Je te dirais juste de ne pas laisser ses doutes envahir et empoisonner ton esprit.

Pour ce qui est de ta détresse, je ne peux effacer ce qui fut fait mais je peux peut-être empêcher que cela ne se reproduise. Je doute que tu saches pourquoi j'ai choisi ce lieu pour notre rencontre. Il y a plusieurs raison à cela. Tout d'abord, nous y sommes en paix puisque je suis la seule personne ici à pouvoir en autoriser l'accès, seul le Roi, la Gardienne et éventuellement un Haut-Prêtre peuvent outrepasser mon autorité. Deuxièmement, c'est un lieu agréable et paisible, beau au regard et où aucun mal ne fut jamais perpétré. Mais surtout, c'est un lieu qui devrait te plaire puisqu'il est naturellement dénué de toute magie. Ce qui en fait un endroit idéal et précieux pour la méditation.

Tu aurais peine à dire que moins d'une heure avant ta venue, je faisais vibrer ici un construct magique extrêmement complexe qui emplissait tout l'espace. Sa situation exceptionnelle lui permet d'évacuer toute magie qui n'est pas maintenue par une volonté et une attention soutenue. Avant, j'étais également comme ce jardin, sans magie. Et puis j'ai croisé les Drows. Par la suite j'ai développé un don.

Comme toi en quelque sorte. Je l'ai haïs, ce "don", plus que tout au monde. Et puis, un jour, mon épouse m'a montré ce qu'elle pouvait faire du sien. Et là j'ai compris que je pouvais moi aussi faire du bien et du beau avec ce cadeau empoisonné. Si tu le souhaites, je pourrai te montrer, et si cela te gêne, il me suffira d'arrêter, la magie s'évacuera d'elle-même dans l'instant.

Si je te raconte tout cela, c'est pour bien que tu mesures que ce qui n'est qu'une malédiction dans l'instant peut devenir un bien avec du temps, de la patience et du travail. La première fois que mon don s'est manifesté, j'ai tué des Drows. La seconde, j'ai fait perdre connaissance à un Elfe avant que ma défunte épouse ne s'interpose. C'était pendant une de mes crises. Comme toi, je n'ai découvert la catastrophe qu'après.

Je te dirais que notre plus gros problème avec ce que tu ressens n'est pas tant que ce soit de la haine ou des pertes de connaissances. C'est surtout qu'on ne sait pas d'où vient le mal. Moi, c'était la magie et ma jambe. D'autres, c'était leurs yeux, il en est dont c'était un mot, ou bien une zone particulière de leur anatomie. Il faudra avant tout qu'on détermine la raison pour laquelle tu perds le contrôle."

Tout au long de sa tirade, il s'était approché de Glinaina jusqu'à lui faire face. Sa canne était restée sur le sol. Ce jour là, ça ne le dérangeait pas. Finalement, il lui prit la main et plongea son regard dans le sien. Il voulait bien qu'elle comprenne qu'il ne comptait pas l'abandonner. Inconsciemment, il sentit les six arbres unir en partie leur chant à ses intentions. Ce jardin réservait décidément encore bien des surprise...

"Mais pour cela, il va te falloir être forte et te calmer. Cet endroit est parfait pour cela. Je te propose d'y méditer et ce autant de temps que tu le souhaiteras. Tu peux ici entreprendre tes recherches intérieures. Je veillerai sur tes investigations, au cas où, si cela peut te rassurer. Mais je doute que cela soit nécessaire, ici, il est une force qui empêche le mal de faire son oeuvre, je pense que tu dois t'en rendre compte également.

Et si méditer ne te dis rien, nous essaierons autre chose. Je suis certains qu'il est encore des pistes qui n'ont pas été explorées. Tu as accepté la main que je te tendais, Glinaina. Rares sont ceux qui en ont eu le courage. Et je ne compte pas te décevoir."
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MessageSujet: Re: Le Sombre et l'Elfe, l'Elfe et le Sombre. [Gli]   Lun 15 Juil 2013 - 20:34

La main de la jeune Elfe laissa celle du Seigneur Protecteur la prendre puis, comme un naufragé pouvait essayer de s'accrocher à une quelconque ancre, la main de Glinaina serra celle de l'être millénaire. Tout en écoutant les paroles de cet Elfe, elle releva les yeux pour plonger son regard dans le sien. Elle se sentait aussi stable que les feuilles d'un tremble secouées par le vent (c'est-à-dire fort peu) et lui semblait être l'arbre indéracinable. Elle accepterait donc ce qu'il lui dirait, ne serait-ce que pour son propre bien, ne serait-ce parce qu'elle ne reviendrait pas sur sa décision d'accepter sa main tendue. Elle attendit qu'il ait terminé de parler, lui conseillant de prendre le temps de réfléchir sur elle-même, d'aller en son fort intérieur en ce lieu dépourvu de toute magie et de rester là au cas où elle aurait besoin. Elle voulait bien, mais la peur de ressentir ce côté si sanguinaire d'elle-même la prenait au ventre quand elle pensait à la rencontre qui pourrait être lors de cette méditation, tout comme le ressenti que pourrait provoquer la manipulation de magie.

"Vous pouvez utiliser votre magie, Seigneur Protecteur, même si je dois avouer qu'elle... elle me... répugne.

Elle laissa un instant d'hésitation passer, instant où l'image des yeux vides du Nain ainsi que la magie de l'Elfe repassèrent dans sa mémoire. Cette magie lui faisait peur, lui ayant remémoré ce qu'elle pouvait être : une arme tuant sans le moindre remord.

-Je n'ai aucun pouvoir magique, je la ressens juste et réagis à cause de cela. Si vous m'attaquez par ce biais, je serai toute à fait capable de me déplacer de façon à ce que le sort ne me touche pas. Il me semble que vous avez déjà pu le voir, non ? Mais allez-y, cela devrait "bien" se passer, normalement...

Glinaina ne semblait pas plus sûre d'elle qu'un enfant sage s'apprêtant à faire sa première bêtise. La peur pouvait se lire sur ses yeux malgré le tout le courage dont elle essayait de faire preuve.

-La magie est née en vous... Comment l'avez-vous su ? Comment avez-vous pu trouver que votre malheur venait de votre jambe ? Et... Je ne pense pas l'avoir dit, mais il me semble... J'ai l'impression que le mage Sombre que j'ai rencontré... était le même, la première comme la deuxième fois. Depuis la bataille de Ruven, soit Naelis contre les Drows, des souvenirs me sont revenus et le visage du second Drow se fond dans mon souvenir de quand j'étais enfant. Je ne sais pas si cela signifie quelque chose, ni même si c'est vrai.

En effet, la bataille de Ruven avait eu le don de lui mettre en mémoire ce qu'il s'était passé la nuit où le village de Namarië s'était fait attaqué ; comment elles étaient parties, comment elles avaient essayé de se cacher... comment elles avaient été trouvées. Mais elle ne connaissait toujours pas la raison qui avait poussé ce mage à la laisser en vie elle et non pas son amie, tout comme ce que celle-ci était devenue. Sacrifiée, certainement, à moins d'avoir été conduite en esclavage. Elle ne pouvait qu'espérer pour elle qu'elle n'avait pas eu à subir plus dur que ce qu'elle avait finalement enduré.

-A votre avis, comment pourrais-je enfin... pourrions-nous savoir d'où vient le mal qui est en moi, exactement ? Et... cela fera-t-il forcément de moi une mage ?"

Une lueur dans ses yeux passa un instant, faisant comprendre au Seigneur Protecteur que l'esprit de l'Enfant se préparait pour ce qui allait suivre. Son air, par contre, avait de quoi mettre dans l'idée de n'importe qui que la possibilité qu'elle puisse avoir des pouvoirs magiques ne l'enchantait guère, pour l'instant.
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MessageSujet: Re: Le Sombre et l'Elfe, l'Elfe et le Sombre. [Gli]   Mar 16 Juil 2013 - 22:16



Timérion l'écouta sans marqué ni surprise, ni étonnement et encore moins d'indifférence. Il l'écoutait simplement. Il savait qu'en ce moment, c'était d'un soutien stable dont elle avait besoin et pas d'un juge ou d'un professeur. Mentalement, il nota ses questions, ses doutes aussi. Ses peurs, surtout. Il savait qu'elle détestait la magie, Nakor avait fini par le lui confier. De même, il pouvait se rappeler avec quelle aversion il avait découvert l'horrible réalité de son propre "don", moitié bénédiction, moitié malédiction.

Lorsqu'elle posa sa dernière question, le Seigneur Protecteur laissa s'écouler un instant. C'était un moment qui visait à la fois à renforcer la prise qu'avait la sérénité du lieu sur la jeune Elfe, à être certain qu'il ne lui restait plus aucune interrogation sur le moment, et encore à structurer sa propre réponse. Au creux de sa vieille main qui n'avait pourtant rien perdu de sa douceur avec les siècle, celle de l'autre reposait calmement. A travers elle, il pouvait sentir la tension dans le rythme cardiaque, dans les tremblements de la peau et dans la contraction des muscles.

"Je vais répondre à tes questions dans l'ordre qui me sied, si tu le veux bien. Le souvenir dont tu me fais part est un élément capital qui simplifie et à la fois complexifie notre tâche. Cela la rang plus simple, parce que nous n'avons désormais qu'une seule signature à identifier. Mais une autre tâche s'ajoute à notre liste dans le même temps. Il nous faudra en effet déterminer si cela est le fruit du hasard ou si ça obéit à un schéma construit. Cependant, ces questions là viendront pour la suite, mieux vaut en faire abstraction pour l'heure.

Mon "Don", comme appelle cela les érudits, est venu suite à une exposition trop violente à la magie. La source n'en est pas ma jambe. Ce n'est pas parce que je ne mentionne qu'elle et qu'on ne vois que mon visage que ce sont là les seules marques de ma rencontre avec les Drows. Tout le coté droit de mon corps, aussi bien le devant que l'arrière, est marqué par les sévices de mon Tourmenteur. Je ne m'étendrai pas plus sur le comment de la chose, mais sache que j'ai été soumis à une dose de magie bien supérieure à ce qu'il ne parait. Au point que les dégât ne guérissent que maintenant, doucement, mille cinq cents ans plus tard.

La manière dont j'en ai pris conscience est simple. J'ai fini par être excédé et elle s'est réveillée. Dans une demi conscience j'ai enseveli les Drows avec la première chose qui m'est tombé sous la main: du lierre. C'est ainsi et a posteriori suite à divers cauchemars un peu trop réels que j'ai fini par devoir accepter que j'avais acquis de la magie. Un peu comme toi avec la colère, je suppose."

Il marqua une pause dans sa voix douce et calme. Il s'étonnait parfois lui-même de la manière dont l'aigreur et la tristesse quittaient ses épaules lorsqu'il pénétrait en ce lieu. En définitive, il n'était pas si étonnant qu'il y soit resté si longtemps assoupi. Mais son esprit ne divagua point sur ces souvenirs, il avait une mission à accomplir.

"Pour ce qui est d'en découvrir les causes et le fonctionnement, j'ai bien peur qu'il ne te faille te confronter à ce reliquats de ta séances avec le Tourmenteur. C'est pour cette raison que je t'ai précisé que tu pouvais demeurer autant de temps qu'il le faudrait ici. Je vois que ta colère te fait peur, sans doute plus que ma magie m'a fait peur au départ. Et je pense que le fait d'avoir croisé la même aberration de Drow deux fois n'est pas étranger à cela. Sache seulement ceci: si tu as peur de perdre le contrôle ou de te blesser, nous sommes sept à veiller sur toi, et ma magie n'est peut-être pas le plus fort de nos moyens pour entraver cette colère."

Se faisant, il avait jeté un coup d'oeil évident aux arbres qui les entouraient. Chêne, Tilleul, Hêtre, Charme, Saule, Merisier. Chacun représentait un Eala et leur âge dépassait les sept cycles. Ils avaient en leur incommensurablement grande matrice une connaissance et de ce fait un pouvoir que personne, pas même lui qui avait passé tant de temps à leur coté, ne pouvait commencer à rêver. Il ne doutait pas que si le mal se manifestait, ils le maîtriseraient avec autant d'aisance qu'ils laissaient leurs branches se balancer au rythme de la brise.

"Mais avant de commencer, je vais te faire une petite démonstration. Je pense que ta peur de la magie n'est pas rationnelle, je pense qu'elle a été conditionnée par les traitements qu'on t'a infligé. Ce conditionnement a été optimisé par ta nouvelle sensibilité et a trouvé un écho dans les usages que tu as le plus connu de la Magie.

C'est vrai, la Magie tue. C'est un usage de plus en plus courant et j'admets que cela m'a sorti de bien des mauvais pas. Et pourtant, la Magie n'est pas la mort. C'est mon épouse qui me l'a montré quand elle a réalisé comment se manifestait mon don. Elle m'a montré le carnage que j'avais fait dans la chambre, et au lieu de me sermonner, elle m'a dit: "C'est merveilleux! Imagine le jardin que tu pourrais faire à nos enfants!" Et c'est dans cette optique j'ai toujours utilisé ma Magie, pour faire un jardin pour mes Enfants."

Et sur ses mots, Timérion sortit un petit fruit d'une de ses poche et lentement, il fit s'écouler une doux flux de magie dans la plante qui se mis à croître, puis à entortiller autour de son bras. Sa tige s'épaissit, se ramifia et s'étendit, une partie vers le sol, l'autre le long de son bras et une autre vers le haut. Les branchioles se couvrirent d'épine et rien ne sembla freiner leur belle poussée. Elles dessinèrent une forme de femme, gracieuse et élégante. Puis, les feuilles se mirent à étoffer la structure d'un doux vert foncé. Il y avait toujours plus de bouton qui apparaissaient le long des tige. Et finalement, tous s'ouvrir couvrant la nymphe d'une somptueuse robe de rose blanche.

Elle avait exactement la taille, les formes, les proportions et même le visage de Nimuë. Parce que c'était à elle qu'il avait songé. C'était toujours à elle qu'il songeait quand il devait faire quelque chose de beau. Et alors qu'une fleur s'épanouissait à son front, il lui sembla entendre à nouveau son rire se répandre dans la salle. Finalement, le dernier élément se déploya. Le bras gauche de cette nymphe se mit à pousser et à s'étendre vers Glinaina. Il s'arrêta devant son visage et de sa main chlorophyllienne, un bouton de rose jaillit et fleurit. Un cadeau à la fois simple, beau et surnaturel.

Lorsque Timérion cligna des yeux, faisant disparaître la pupille fantomatique verte qui lui remontait lorsque la magie circulait en lui, une seule larme roula sur sa joue. Il n'aurait pas su rester de marbre fasse à une manifestation, même végétale, de sa tendre épouse. Et le lieu ne pouvait rien y changer... Il eut du mal à masquer l'émotion dans sa voix lorsqu'il reprit la parole.

"Vois tu, mon enfant. Cette femme avait une réelle sagesse dans ses paroles. Et la Magie est avant tout la beauté. Elle est là et c'est l'intention de celui qui l'utilise qui fait son rôle et non sa nature en elle-même. Lorsque tu reverras de la Magie, pense qu'elle ne sert aucun dessein, bon au mauvais. Mais que si on lui laisse sa chance, elle peut réaliser mille merveilles qui compensent d'autant plus les horreurs qu'on a pu lui faire réaliser. La Magie est l'eau qui noie aussi bien qu'elle abreuve."
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MessageSujet: Re: Le Sombre et l'Elfe, l'Elfe et le Sombre. [Gli]   Mer 17 Juil 2013 - 13:39

Sa main toujours lovée dans celle de Timérion, laissant transparaître bien plus de calme que la sienne, la jeune Elfe laissa le silence s'installer entre eux, pesant pour elle. Toutes ses questions avaient reflété un manque de stabilité chez elle suite aux récents événements ainsi qu'une peur qu'elle s'autorisait enfin à dévoiler. Puis le Seigneur Protecteur prit la parole, commençant ainsi son enseignement à la jeune Elfe. Glinaina l'écouta, sans rien dire, essayant d'assimiler au mieux tout ce qu'il disait, notamment en ce qui concernait la magie. Dans ses dires, l'Enfant pouvait sans problèmes reconnaître ce qu'elle avait vécu - et vie encore - avec sa haine, ce qui lui refit passer en mémoire bien des souvenirs : le fait de ne plus supporter le moindre contact physique avec une personne, la soif de sang se répendant en elle, Aendel qui avait eu la bonté de la prendre sous son aile alors que ces changements se manifestaient, l'instant où elle avait ressenti pour la première fois de la magie, la prise de pouvoir de la colère sur elle et la peur qui allait avec... Tant de changements qu'elle aurait préféré ne pas avoir.

Un mot retint tout particulièrement l'attention de Glinaina, mot auquel elle n'avait jamais pensé pour parler de celui qui avait eu la détestable idée de lui implanter cette magie en elle : le Tourmenteur. Un mot qui sonnait fort à ses oreilles, mais qui était tout à fait véridique. Celui qu'elle avait rencontré avait tourmenté son corps sur l'instant présent pour, au final, laisser de quoi lui tourmenter et le corps et l'esprit pour les années à venir, si ce n'est les siècles. Elle évacua rapidement ces pensées et hocha tout simplement de la tête lorsque Timérion compara la magie née en lui et la colère de son interlocutrice.

De nouveau un silence s'installa entre eux, cette fois-ci plus léger aux yeux de l'Enfant. Et comme précédemment, ce fut le Seigneur Protecteur de l'Epine Dorée qui brisa ce silence. Mais cette fois-ci, ce fut la peur qui accompagna les paroles de l'Elfe. La peur de devoir se confronter une nouvelle fois à cette partie d'elle-même qu'elle ne maîtrisait pas, que cette même partie prenne possession de son corps, qu'elle perde de nouveau ce combat. Qu'elle en vienne à tuer celui qui essayait de l'aider, même. Et qu'ils fussent sept - dont six arbres ? - à l'encadrer ne changeait rien...

"Ce n'est pas ma personne que j'ai peur de blesser, Seigneur Protecteur, mais plutôt vous. Mise à part l'agrandissement des marques, je ne me réveille jamais blessée, sauf par une personne extérieure... Cela me donne l'impression que ce côté Sombre a besoin de mon propre corps pour pouvoir vivre, raison pour laquelle il se manifeste lorsque je me sens en danger, peut-être. Je ne souhaite pas me réveiller en vous voyant mort par ma faute, surtout que je n'aurais pas eu conscience de mes actes...

Timérion écouta ses propos et reprit, touchant directement le sujet de la magie, ce qui n'était pas vraiment pour plaire à Glinaina. Cependant elle ne laissa aucunement son ressenti échapper d'elle-même, ne serait-ce parce qu'elle avait accepté sa proposition de lui faire voir un peu de sa magie, en démonstration. Il allait falloir qu'elle rejette au fond d'elle-même sa peur, qu'elle le laisse faire... il ne lui ferait pas de mal, elle n'avait aucun mal à s'en douter. Elle essaya donc de se préparer mentalement à ce qui allait se passer.

Lorsqu'il fit passer une once de magie dans le petit fruit sorti de sa poche, Timérion put sentir que la main de l'Elfe qu'il tenait toujours se crisper, ou plutôt serrer très fort la sienne. Mais cela ne changea rien, tout comme la respiration lourde de l'Enfant. Elle devait se calmer, ce n'était rien... du moins pas offensif. La nouvelle plante s'agrandit vers le ciel comme vers la terre, prenant appui sur le bras du Seigneur Protecteur. Des épines naquirent ainsi que des feuilles, puis des bourgeons... le tout forma comme une personne, une femme pour être plus précis ; les feuilles étaient sa robe et les fleurs une partie d'elle. L'Enfant regardait la magie prendre une forme à laquelle elle ne s'y attendait pas, sa respiration redevint plus calme... ce qui n'empêcha pas un mouvement de recul de sa part lorsque le bras gauche de le femme-plante se forma en sa direction. Dans la tête de Glinaina se forma un instant l'image de la graine ayant servie d'arme contre les Nains, image qui s'évapora lorsque le regard d'Aina se posa sur le visage concentré de Timérion. Une étrange lueur verte s'était formée dans son oeil, mais elle ne tint pas rigueur de ce détail. Elle laissa plutôt son regard se diriger vers le bras de la femmeau manteau vert et découvrit avec surprise un bourgeon naître sur sa main. Puis le bourgeon éclot, donnant une magnifique rose blanche.

-Vois tu, mon enfant. Cette femme avait une réelle sagesse dans ses paroles. Et la Magie est avant tout la beauté. Elle est là et c'est l'intention de celui qui l'utilise qui fait son rôle et non sa nature en elle-même. Lorsque tu reverras de la Magie, pense qu'elle ne sert aucun dessein, bon au mauvais. Mais que si on lui laisse sa chance, elle peut réaliser mille merveilles qui compensent d'autant plus les horreurs qu'on a pu lui faire réaliser. La Magie est l'eau qui noie aussi bien qu'elle abreuve.

Le regard de Glinaina se tourna une nouvelle fois vers celui qui savait écouter la Symphonie. Elle avait ressenti l'émotion dans sa voix et pouvait maintenant constater qu'une larme coulait le long de sa joue. De nouveau elle regarda la femme-plante, supposant qu'il s'agissait là de la défunte épouse du Seigneur Protecteur. Cela la toucha. Non pas la beauté de l'oeuvre, ni même le fait que ce soit cette personne qu'il ait représentée, mais une beauté qu'elle n'arrivait pas à décrire. La jeune Elfe hésita un instant puis, après avoir laissé son bras droit en suspend, déposa sa main sur celle de cette femme végétale et glissa ses doigts de façon à tenir la rose. La fleur, sans épines, se détacha d'elle-même du reste. Lina, quoi qu'ayant toujours un peu peur, eut un mince sourire aux lèvres, sincère mais ne réflétant ni la joie ni la tristesse. Une sourire reflétant juste le fait qu'elle ressentait quelque chose autre que de la colère ou qu'un froid glacial en elle.

La main gauche d'Aina, qui s'était décrispée, se resserra doucement sur celle de Timérion. Ce n'était pas un geste de véritable compassion et encore moins de pitié. Juste une présence face à une tristesse qui n'était pas la sienne. Son regard se posa une nouvelle fois sur le visage cicatrisé de l'être millénaire et son sourire ne se fanat pas.

-Je crois vous comprendre, Seigneur Protecteur. Et j'aimerais pouvoir faire comme vous, utiliser d'une bonne façon ce qui se sera créé en moi à cause de la magie. Magie ou non... mais ne pas faire de mal à ceux qui me sont chers. Mais pour cela, il ne faut pas s'arrêter là. Je suis prête à continuer."

Pour la première fois depuis qu'il la connaissait, son interlocuteur pouvait enfin voir une Elfe en elle et non pas un être dépourvu d'émotions. Etait-ce le lieu dépourvu de magie qui avait cet effet sur elle, la démonstration ou bien les deux ? Elle, elle ne le savait pas et ne se rendait pas vraiment compte de ce changement en elle...
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MessageSujet: Re: Le Sombre et l'Elfe, l'Elfe et le Sombre. [Gli]   Mar 6 Aoû 2013 - 22:43



Il ne pensait pas que sa démonstration ferait un aussi bon résultat. Une fois de plus sa bien aimée démontrait sa force même à travers la mort et les eaux glacées du Tindanen. Lentement, il retira sa main du buisson et reporta son attention sur Glinaina. Il était temps de démarrer la phase la plus ardue de leur rencontre: la recherche. Généralement, il ne l'avait pas dit pour ne pas effrayer la jeune Elfe, mais chaque fois qu'il avait entendu dire que certains avaient tenté cette recherche, ils y avaient laissé la raison. Lui avait survécu grâce à l'aide de Nimuë.

Et il comptait aujourd'hui être l'arbre qui soutiendrait l'Elfe face à lui dans cet horrible moment. Mais il évitait de penser au pire, il était tout aussi possible que l'expérience se passe au mieux. Lentement, il lui lâcha la mainIl invita donc sa compagne d'infortune à s'asseoir à nouveau et se positionna en face d'elle à un mètre de distance. Puis il poursuivit les explications.

"Ne t'en fais pas pour moi, concentre toi sur toi-même désormais. C'est ici peut-être le seul endroit où tu pourras le faire sans risquer de blesser personne. Tu n'as pas d'arme et quant à moi, j'ai les moyen de t'arrêter sans toute fois devoir te faire du mal. La pratique est simple, tu vas réfléchir et méditer. Si la chose a l'air d'être des plus simples, tu te rendras vite compte que nos peurs comme nos cotés sombres se cachent et qu'ils s'entourent de milles artifices pour n'être ni délogé, ni contré, ni dévoilé.

Le travail d'un Tourmenteur n'est pas toujours magique, mais les traces qu'il laisse sont comparable à un piège tendu par magie. Cela ne doit pas te faire peur mais tu dois juste le savoir avant de t'aventurer plus avant. Nous commencerons pas une première session. Lorsqu'elle sera achevée, je te le ferai savoir, tu pourras alors te reposer et te restaurer. Si mince que soient nos besoins, nous nous devons de les satisfaire. Ensuite, si le cœur t'en dit, nous reprendrons.

Une dernière chose... Si tu te sens en extrême danger ou si l'étaux de la peur, ou de quelque autre sentiment, se resserre trop à ton goût, reviens à la réalité. Ce n'est pas un conseil, c'est un ordre."

Il avait gardé un ton égal, comme depuis le début de cet entretiens. Malgré cela, il savait à quel point ses derniers mots semblaient funestes. Mieux valait pourtant en arriver là que de se voir affubler d'une Elfe corrompue jusqu'à la moelle par l'art Drow muselée par du lierre. Il observa l'Elfe et son œil ne cillerait plus jusqu'à la fin de la session.
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MessageSujet: Re: Le Sombre et l'Elfe, l'Elfe et le Sombre. [Gli]   Ven 9 Aoû 2013 - 22:40

Les dires du Seigneur Protecteur avaient été très clairs : il allait falloir qu'elle fasse des recherces sur elle-même et ce côté Sombre en elle, sans oublier de "revenir à la réalité" si elle sentait que les choses commençaient à ne plus aller. Mais la question était des plus pratiques ; comment faire face à soi-même ? Fallait-il juste réfléchir au même titre de choisir une direction ou bien fallait au contraire aller bien plus en profondeur, aller au fin fond de son esprit ? Et dans ce cas, que rechercher exactement ? Elle n'en savait rien et n'était pas sûre que Timérion puisse lui répondre. Chacun avait ses propres méthodes pour se concentrer, retenir une leçon ou encore oublier. Ici, il devait en être de même.

Glinaina fit juste un signe de tête à son hôte pour lui signifier qu'elle avait compris en quoi l'exercice correspondait. Son esprit, entraîné par plusieurs années de service en tant que Lieutenant, avait déjà une idée ou, comme diraient certains, un plan de bataille. L'expression était forte en cette occasion, mais dans le fond elle était vraie... elle risquait fort à devoir se battre contre une partie d'elle-même une fois qu'elle l'aura retrouvée. En somme, il valait qu'elle reste à un stade de réflexion pour seulement après partir sur ce que le Seigneur Protecteur appelait la "recherche". Et se connaissant tout de même un peu, du moins s'étant connue, elle devinait que la partie la plus dure serait cette seconde étape. Que ce soit à cause de la peur ou de la sorcellerie qui était en elle.

Ainsi donc, la jeune femme essaya de se laisser aller à la méditation, se rappelant au maximum tout ce qui pouvait être en lien avec son côté Sombre. Rien de bon, beaucoup trop de vide ; le même vide déstabilisant qu'il lui avait semblé ressentir il y a quelques jours, quelques ennéades peut-être ? Il fallait dire qu'elle était incapable de dire quand elle avait quitté les Humains, combien de temps elle avait erré avant de croiser la route de cette Gardienne... Tout cela lui faisait peur. La peur de se perdre dans un puits sans fond, comme toujours. Une peur fort désagréable mais avec laquelle elle allait devoir faire voire même vivre. Cette idée lui fit d'ailleurs penser à un enseignement du vieux Nakor, la première leçon qu'il lui avait donnée pour apprendre à se concentrer afin de vider son être de toute colère : se représenter une spirale infinie et aller jusqu'au bout. Cela aurait pu fonctionner si elle avait eu le temps de poursuivre son apprentissage, avant... avant quoi ? Avant que cela arrive, mais comment ? Fichtre ! Fallait-il qu'elle ne se souvienne plus de rien...

Ainsi donc, dès la première fois, elle essaya d'aller au fond d'elle-même. Essais qui n'aboutirent au départ à rien, tant la peur lui enserrait le ventre. Combien d'heures resta-t-elle là assise, les jambes croisées, à essayer ? Elle n'en savait rien, mais cela finit par lui sembler long. Aussi Timérion concéda-t-il à lui autoriser une pause pendant laquelle ils discutèrent. L'apprentissage risquait d'être long, mais il fallait continuer, aller jusqu'au bout dans la mesure du possible. Aussi de nombreuses sessions allèrent les unes après les autres, de plus en plus longues... jusqu'à ce qu'il se passe quelque chose.


Elle se revoyait jeune, encore petite. La cinquantaine d'années, tout au plus. Quelque chose n'allait pas. Elle se voyait allongée, faible, l'épaule ensanglantée, une forme "humaine" debout près d'elle, aussi noire qu'une ombre, aussi noire qu'un souvenir. Elle ne se sent pas bien, a comme la nausée. Il la regarde elle, l'impression de magie se fait alors sentir, l'encercle, la prend, la noie...

Après quelques inspirations ratées et des tremblements, les yeux de la jeune Elfe s'ouvrirent. Sa main vint se refermer avec force sur celle de celui qui se trouvait auprès d'elle. Lui parlait-elle, lui faisait-il signe ? Elle n'entendait pas, ne voyait pas. Tout était flou à ses yeux, seule sa respiration arrivait jusqu'à ses fines oreilles. Elle avait froid, chaud et transpirait de partout. Il lui fallut un temps pour qu'elle se calme et qu'elle reprenne ses esprits alors que la fièvre ne semblait vouloir tomber, elle qui avait été si fulgurante à monter. Glinaina ressentit alors que ses vêtements lui collaient à la peau et qu'elle était allongée sur le sol. Elle ne savait plus si elle s'était elle-même allongée là, mais une chose était certaine : cette fièvre... elle l'avait déjà connue.
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Timérion Adantar
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MessageSujet: Re: Le Sombre et l'Elfe, l'Elfe et le Sombre. [Gli]   Sam 10 Aoû 2013 - 17:38



La première goutte perla. Timérion ne s'en rendit pas compte. Il était installé à un mètre de Glinaina, les yeux fermés, entrain de méditer un sort sur lequel il travaillait depuis de nombreuses années déjà. Elle s'écoula depuis la tempe, le long de sa mâchoire et s'arrêta sur le bord de son menton. Elle s'y arrêta un moment et puis chuta. Le bruit qu'elle fit en heurtant la tunique de la jeune fille aurait pu passer totalement inaperçu.

Pourtant, dans le Jardin, aucun son ne se faisait entendre et cette unique goutte suffit à sortir Timérion sa concentration. Il ouvrit un oeil et observa l'Elfe. Elle était luisante, ses muscles étaient légèrement contractés par l'effort. Il fronça les sourcils. Ce n'était pas possible... Les Elfes ne suaient pas.

D'un bon, il se leva et se précipita vers la jeune fille. Elle commença à trembler. Lorsqu'elle rouvrit les yeux, il était clair qu'elle n'était plus consciente de ce qui l'entourait. Elle lui saisit la main, il l'allongea sur le sol. D'un geste précis, il débarrassa une coupelle des baies qu'elle contenait et l'envoya dans la source. Sa magie fit croître une algue pour la redresser puis du lierre pour la mener à lui. D'un geste vif il déchira une partie de sa robe et la trempa dans l'eau froide pour éponger le front de l'Elfe. Il était brûlant.

Ce n'était pas le seul détail, sa marque à l'épaule l'était tout autant. De la Magie... Une sorte de système de protection sans doute. Quelle quantité de magie ce Drow avait-il donc enfermé dans sa victime. Il n'avait pas encore pu faire le test d'une nouvelle méthode, c'était peut-être le moment. La température ne cessait d'augmenter et il n'aurait pas le temps d'appeler un guérisseur. Tant qu'à tenter le tout pour le tout...

Sans se départir de son calme parfait, il entortilla le corps de la jeune elfe de lierre, en concentrant tout particulièrement les entrelacs au niveau du symbole. Il utilisa ses récentes recherche avec tacte et délicatesse pour créer un chemin plus stable dans le lierre que dans le corps de la jeune fille. Combien de temps cela dura? Il ne pouvait en juger, mais la concentration fini par lui vriller les nerfs. A un moment, la température cessa de s'accroître pour lancement redescendre.

Lorsque, finalement, le sort eut fini son action, le lierre était desséché et tombait lentement en poussière. Glinaina, elle, resta étendue sur le dos inconsciente. Sa main avait fini par glisser de la sienne. Il se releva, sa jambe le faisait souffrir affreusement. Saisissant sa canne, il clopina jusqu'à la source et changea l'eau. Il continua à éponger son front attendant qu'elle reprenne ses esprits. Si ce n'était pas le cas dans la prochaine demi heure, il ferait quérir un guérisseur.
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MessageSujet: Re: Le Sombre et l'Elfe, l'Elfe et le Sombre. [Gli]   Lun 19 Aoû 2013 - 21:40

La chaleur, rien que la chaleur. Et pourtant, de temps à autres venait se loger une touche de froid à la tête, apaisant un instant le corps de la jeune Elfe. Son esprit essayait de suivre malgré tout. Elle finit par ressentir quelque chose la prendre, l'entourer comme pour la lier à la terre, la maintenir... puis son corps réagit au nouvel afflu de magie qui venait l'étreindre et, alors que son esprit regagnait de quelconques profondeurs, les yeux de la jeune femme se révulsèrent.


Un bien fou se répendait dans son corps, allégeant sa respiration qui, depuis que la fièvre l'avait prise, était toute aussi lourde que petite. Un par un, les sens de Glinaina revinrent : la chaleur comme la sueur étaient toujours présentes, mais il y avait quelque chose en plus...Elle ouvrit les yeux pour découvrir quelqu'un penché au-dessus d'elle, les mains passant le long de son corps sans pour autant le toucher. Il ne lui fallut qu'une seconde pour comprendre de quoi il s'agissait : magie. Elle n'eut pas le temps de réfléchir sur le pourquoi du comment ou de quelle magie il pouvait bien s'agir, sa main droite vint aussitôt, comme par pur réflexe, dégager celles du Maître Guérisseur. Celui-ci râla un coup avant de plaquer au sol la jeune fièvreuse, de manière à ce qu'elle ne l'interrompe pas une deuxième fois, puis réitéra son sort. Si facilement vaincue, Lina se laissa docilement faire, désapprouvant la magie autant qu'elle appréciait ce contact particulier.

Les yeux de l'archère se laissèrent se perdre dans les hauteurs de la salle, regardant ce qu'il y avait juste au-dessus d'elle. Des feuilles, tout simplement. Quoi de plus naturel dans une forêt ? Rien. Mais selon ce que son esprit arrivait à retrouver dans sa mémoire, elle ne se trouvait pas sous n'importe quel arbre, mais l'un de ceux représentant un Eäla. Ces Eälas qui, selon le Seigneur Protecteur, devaient veiller sur elle, être capables de l'empêcher de tuer si elle perdait le contrôle d'elle-même. Etait-ce ce qu'ils faisaient ? Elle n'en savait rien, n'entendait rien. De toute façon, dans le fond, qu'est-ce qu'elle pouvait bien avoir à en faire ? Rien. Pouvait-elle seulement leur faire confiance, ainsi qu'à Kÿria ?

La magie s'opérant alors s'arrêta alors, brisant le fil de ses pensées et la laissant seule avec sa fièvre déjà moins importante qu'au départ. Elle transpirait toujours, mais au moins arrivait-elle à voir quelque chose de net. Elle posa les yeux sur le guérisseur qui se relevait, visiblement fatigué. Brun aux yeux verts, il semblait avoir autant de prestance que de fierté (c'est-à-dire pas mal), de même qu'il paraissait avoir quelques centaines d'années derrière lui. Il fixa quelque chose ou quelqu'un du regard et ouvrit la parole.

"J'ai fait ce que j'ai pu pour l'instant. Son mal ne guérira pas en un jour, Seigneur Protecteur... Il vaudrait mieux qu'elle ne touche plus à la magie pendant ce temps.

Puis il prit congé, laissant de nouveau l'étrange jeune femme seule avec Timérion. Glinaina tourna le regard vers le mage, presque étonné qu'il se soit trouvé là. En tout cas, lui aussi semblait fatigué. Epuisé même. Pourquoi ? Là encore elle n'en savait rien, elle ne se souvenait pas l'avoir vu comme ça. Il se passa un instant avant qu'elle ne prenne la parole d'une petite voix.

-Cela a fini par mal se passer, n'est-ce pas ?"
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Timérion Adantar
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MessageSujet: Re: Le Sombre et l'Elfe, l'Elfe et le Sombre. [Gli]   Dim 25 Aoû 2013 - 1:24



Timérion regarda œuvrer le guérisseur sans dire un mot. Lorsqu'il eut fini, il prit congé et s'en fut, s'excusant de ne pouvoir faire plus. Ou en tout cas, c'est ce qu'on pouvait considérer comme des excuses de la part de cet Elfe. Le Seigneur Protecteur savait que Glinaina n'était plus en danger, il y avait veillé. La magie avait été drainée par un procédé astucieux mais encore mal maîtriser qui l'avait sur le moment vidé de presque toutes ses forces. Il était cependant certains que cela fonctionnait grâce à cette mésaventure.

"Cela a fini par mal se passer, n'est-ce pas ?"

Il pris le temps d'écarter un des cheveux mouillés du front de la jeune elfe. Le tourmenteur qui l'avait corrompue et brisée n'y avait pas été de main morte. Il avait pris ses précautions et le procédé était effroyable. Il en était venu à bout, mais à quel prix? Et encore, il n'en était même pas sûr. De plus, si ce qu'il pensait était correcte, il devait peut-être y avoir une seconde barrière dans ce genre. Il était peiné de devoir le reconnaître, mais le cas de Glinaina dépassait ses compétences. Il ne pourrait pas la soigner, tout simplement parce qu'il n'y avait pas de commune mesure entre ce dont elle souffrait et ce qu'on lui avait infligé.

Lui aurait du mourir, il n'était pas prévu qu'il vive et il ne le devait qu'à un malheureux hasard qui, aujourd'hui encore, contrecarrait les plans des drows. Glinaina, elle, n'avait apparemment pas eu le même destin. Son tourmenteur avait peut-être bien choisi de la laisser en vie après tout. Et la question était de savoir pourquoi. Il laissa là ces réflexions oiseuses, rechercher un sens dans les actes des fanatiques fous de Kiel Elghin, déesse de la cruauté drow, était aussi vain que de chercher un Elfe pyromane. Il reporta donc son attention sur la jeune elfe, elle avait besoin de réconfort et cela, il pouvait encore le lui donner.

"Pas vraiment comme on aurait pu s'y attendre. Nous avons fait face à un imprévu que tu ne pouvais connaître et auquel j'aurai peut-être du songer. Il a laissé quelque chose en toi, autre chose que des séquelles mentales ou physique. Je pense avoir réussi à maîtriser la chose en question et à l'avoir drainée, mais je ne sais pas si il n'y en a pas d'autre. Tu as revécu sa torture n'est-ce pas?"

Une question plus rhétorique qu'autre chose. Il n'avait pas besoin d'un hochement de tête pour le savoir. Seul un violent traumatisme ou un stress vraiment élevé pouvait faire suer un Elfe, et le seul qu'il connaissait jusqu'à présent était la torture. A voir la zone réduite de la cicatrice qui avait réagi, ce devait être la première séance qu'elle avait revue. Mais il ne pouvait en être sûr. Il y avait tant d'interrogations, d'imprévus et d'inconnues dans cette histoire. Nakor avait échoué, la Gardienne avait échoué, lui-même avait échoué... A croire que rien ne pourrait jamais la guérir... Et cela lui fendait le cœur.

"Je ne sais pas à quel fanatique tu as eu affaire mais il pratique un art qui me dépasse. Je suis désolé Glinaina. Nous avons fait des progrès, c'est possible, mais je ne saurais pas te guérir dans l'état actuel des choses. Nous pourrions réitérer l'expérience encore et encore jusqu'à être certains qu'il ne reste plus une seule parcelle de cette magie en toi, mais je pense honnêtement que ton esprit n'y survivrait pas. Seul un drow pourrait savoir comment arranger la chose, et encore il lui faudrait une éducation plus qu'avancée. Et tu sais comme moi que l'altruisme n'est pas leur fort, surtout pas pour nos semblables...

Tu peux te reposer encore un peu dans ma demeure, autant de temps qu'il te faudra et que tu le souhaiteras. Tu pourras venir dans ce Jardin à toute heure et y rester autant de temps que tu le désires. Cela devrait te faire du bien, il n'y a pas de magie ici, comme je te l'ai expliqué, elle s'en va instantanément ou presque. Je suis vraiment désolé de t'avoir fait revivre cela et de n'avoir pu t'aider mon enfant..."
HRP:
 
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MessageSujet: Re: Le Sombre et l'Elfe, l'Elfe et le Sombre. [Gli]   Dim 25 Aoû 2013 - 14:26

Toujours allongée sur le sol, elle regarda et écouta le mage qui se tenait devant elle. Sa voix était calme, ses gestes doux. Mais quelque chose avait changé en lui, peut-être la fatigue, à moins que ce ne soit son raisonnement...

"Pas vraiment comme on aurait pu s'y attendre. Nous avons fait face à un imprévu que tu ne pouvais connaître et auquel j'aurai peut-être du songer. Il a laissé quelque chose en toi, autre chose que des séquelles mentales ou physique. Je pense avoir réussi à maîtriser la chose en question et à l'avoir drainée, mais je ne sais pas si il n'y en a pas d'autre. Tu as revécu sa torture n'est-ce pas?

Pas vraiment comme il aurait pu s'y attendre ? Cela signifiait-il donc qu'elle n'était entrée dans l'une de ses crises où elle ne pouvait plus rien maîtriser ? C'était étrange. Elle ne se souvenait pas que cela soit déjà arrivé. Sinon, avait-elle revécu sa torture ? Elle dut faire un effort de mémoire pour revoir la dernière scène avant qu'elle ne soit revenue à la réalité : elle avait vu le corps d'une jeune fille allongé à terre, en pleine nuit. Elle savait que c'était elle à tout juste une petite dizaine d'années elfiques et vu comment elle le ressentait, elle savait à quelle nuit exactement cela remontait. Et le Sombre qui était debout au niveau de sa tête ne faisait que lui confirmer cela. L'image était claire, nette et précise. Aussi avant de répondre à Timérion se permit-elle de prendre quelques secondes pour faire vraiment attention à son premier "Tourmenteur". C'était la première fois qu'elle se souvenait réellement de lui, de son visage... et elle ne voulait pas l'oublier, l'imprimer dans son esprit avant que cette image ne se floutte ou même ne s'efface. C'était quelqu'un de grand et ayant quelque chose de non commun dans son physique, pour un Drow. Une sorte d'étrange beauté qu'elle n'arrivait pas à définir. Puis son regard s'était tourné vers elle juste avant qu'elle ne se réveille, juste cela. Et c'était un visage qu'elle connaissait déjà, un visage qu'elle revit près de soixante ans plus tard...

Elle fit un signe négatif de la tête. Non, elle n'avait pas revu ce qu'il s'était passé exactement, si elle avait été torturée lors de cette nuit ou pas. Elle pouvait juste se souvenir qu'il lui avait fait une marque douloureuse à l'épaule gauche, souvenir qui s'était substitué à sa mémoire jusqu'à ce qu'elle ne se réveille suite à la bataille de Ruven.

-Non, je n'étais pas dans mon corps d'enfant. Lui était debout. Il s'est juste retourné pour me regarder moi, c'est tout. Rien de plus.

Elle s'arrêta de parler, ne voyant pas quoi dire de plus. Aussi reprit-il la parole, reconnaissant alors que la magie qui était incrustée en elle dépassait le mage qu'il était. Il était sincèrement désolé de ne pouvoir l'aider et de lui avoir fait vivre cette réaction qu'il n'aurait pu prévoir... Sans l'interrompre, Glinaina essaya de rassembler les forces qui lui restaient pour essayer de se mettre en position assise ; ce ne fut pas simple, sa tête lui tournant dès qu'elle y allait un peu trop fort et l'envie de rendre le peu qu'il devait rester de son dernier repas la faisant plus grimacer que la douleur elle-même, mais avec l'aide de Timérion elle finit par se retrouver dans cette situation plus confortable pour discuter qu'être simplement allongée. Son visage était quelque peu fermé, mais la froideur qu'avait pu constater le Seigneur Protecteur quelques jours auparavant avait disparue de la jeune Elfe. La douleur, encore une fois, avait quelque chose de "bon" pour elle, ce qui était malheureux à dire. Elle posa son regard sur celui de Timérion et répliqua, d'un ton qui n'attendait pas vraiment de réponse.

-Ne soyez pas désolé. C'est mon lot et et je le porte depuis sept ans, ou même plus en fait. Parce que celui que j'ai revu était bien le même que celui qui m'a apposé toutes ces marques. C'est déjà une bonne piste. Je ne demande pas à être guérie, Seigneur Protecteur. Peut-être n'arriverais-je même pas à retourner à une vie "normale". Vous avez pu voir ces derniers jours ce que j'étais devenue... quelqu'un qui ne donne pas vraiment envie qu'on l'aide. Et maintenant, au moins pouvez-vous vous dire que vous aurez réussi à me voir à peu près comme une Elfe. Et cela, seule la douleur arrive à me remettre dans cet état. Alors ne soyez pas désolé.

Elle croisa ses bras sur ses genoux pour se maintenir le dos qui commençait déjà à avoir tendance à trembler à cause de sa faiblesse et ferma un instant les yeux. Puis elle les rouvrit, parcourant le jardin dénué de magie du regard avant de le reposer de nouveau sur Timérion. Un petit sourire s'échappa de ses lèvres quelques secondes avant de diisparaître, ombre fugace de sa joie d'avant.

-Merci, Seigneur Protecteur. Et pour votre offre... je pense que je ne pourrai pas partir d'ici peu et qu'il faudrait peut-être rappeler votre guérisseur, même si cela ne m'enchante guère..."
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