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 Sur les rives du Lac d'Afayel

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Kathleen de Missède
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MessageSujet: Sur les rives du Lac d'Afayel   Sam 27 Avr 2013 - 23:17

    - A L’ATTAAAAQUE !
    - Je vous ferai mordre la poussière, vils gredins !

    On aurait pu s’inquiéter de cette attaque violente qui animait les jardins du manoir d'Afayel. Une rixe avait visiblement éclaté mais personne ne semblait prêt à intervenir. Ni les gardes postaient un peu partout, ni les jardiniers… personne.

    - Aaah ! A l’aide à moi !

    N’était-ce pourtant pas la voix de la Baronne que l’on entendait ? Alors pourquoi ces sourires amusés sur les visages des gardes ? Ah, oui, remettons dans le contexte. Kathleen était venue rejoindre quelques minutes plus tôt les enfants de l''intendant du domaine qui jouaient dans les jardins. Une épée en bois chacun ils se battaient en duel sous les yeux bienveillants de leur nourrice et de tout le petit monde rassemblé à cet endroit. Kathleen s’était jointe à leur jeu en prenant elle aussi une petite épée en bois. C’était devenu l’un de ses passes temps favoris depuis sa mise au repos forcé un mois plus tôt. L'onde de choc des événements qui s'étaient déroulés les mois passés avaient largement eu de quoi faire tanguer sa santé déjà fragile.

    Il faut dire que bien des choses s’étaient passées depuis la visite de Jena Kastelord. Trop de chose peut-être. Elle avait cru sombrer une nouvelle fois dans la folie lorsqu’on lui avait annoncé la mort de son frère… Lors de sa dernière visite à Missède, Grégoire lui avait révélé sous le sceau du secret qu’Aymeric était son seul enfant légitime . Alaric n’étant que le bâtard du Régent Aetius d’Ivrey. Kathleen avait gardé ce secret pour éviter de remuer les souvenirs de Viktor, après tout son premier amour l’avait trahi avec le même homme…
    Son frère lui avait également expliqué qu’il se rendait en Ydril dans le but de venger son honneur, il y était mort des mains même du régent.

    Folle de colère contre sa belle soeur et de douleur pour la mort de son frère, Kathleen avait passé des jours entiers à pleurer. Les médecins avaient cru à une rechute et cela ne s'était pas arrangé lorsqu'il lui avait annoncé avec mille précaution qu'à cause de sa fausse couche elle ne pourrait probablement jamais avoir d'enfant.
    Tout allait de mal en pire, y compris avec Viktor qui avait de moins en moins de temps à lui consacré et qui s'habituait à voyager de longues périodes. Comme s'il cherchait à l'éviter.

    Il fut alors décidé que Kathleen irait se reposer à Afayel près d'un lac tout à fait agréable durant la saison estivale. Le Baron avait été averti, selon les dires et la baronne avait obéi sans broncher pour une fois. L'idée de quitter la Cour et de retrouver un semblant de liberté était trop tentante pour qu'elle s'y oppose !

    Bien que tout ceux l’ayant accompagné redouté que la Baronne rechute dans le chagrin qu’elle avait connu suite au décès de son fils quelques années plus tôt, Kathleen se montra plus forte. Elle pleura abondamment son frère, mais la colère et la haine qu’elle ressentait pour le Régent et sa catin étaient plus fortes. Quelques lettres furent échanger avec son époux, mais il semblait ne pas avoir le temps et elle, elle détestait avoir l'impression de le déranger. Cependant on retrouvait dans ses lettres toute l'affection d'une épouse.

    Si les rumeurs sur l'absence du Baron allaient bon train (la recherche d'une nouvelle épouse, ou les histoires d'une favorite à qui il rendait visite fréquemment), Kathleen avait pour règle de ne pas y prêter attention. Son séjour à Afayel l'avait littéralement changé et tout le monde s’accordait à dire que la Kathleen qui était arrivée d'Ydril quelques années plus tôt pour épouser le Baron de Missède, était enfin de retour. Adieu les robes de deuil, adieu les longues heures de silence et de réclusion. Elle passait ses journées dehors à profiter du soleil, soit à cheval, soit à jouer avec Claire et Tristan, soit à lire sous le feuillage d'un arbre. Les nobles de Missède l'ayant accompagné n’avaient d’ailleurs pas osé lui faire le moindre reproche à propos de ses absences lors des banquets ou des collations, ni même lors des quelques audiences publiques qu’elle préférait laisser aux soins des conseillers de Viktor. On préférait la croiser souriante et radieuse dans les couloirs ou au détour des jardins plutôt que contrainte et forcée lors de ses représentations qu’elle redoutait.
    Aussi les gens venaient-ils maintenant la voir lorsqu’elle se battait une épée à la main contre les deux garnements. A ce tableau idyllique ne manquait que la présence du Baron qui tardait pour une raison obscure à rentrer.
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Viktor de Missède
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MessageSujet: Re: Sur les rives du Lac d'Afayel   Mer 1 Mai 2013 - 22:07

Mais où est Viktor ?

C'était sans le moindre doute l'une des questions les plus préoccupantes qui animait la charmante petite tête blonde de la baronne. Pour se qui était de son tendre époux, celui-ci avait plutôt comme principal objectif d'éviter sa chère et tendre. Kathleen avait ressortie ses robes noires des placards, s'était remise à pleurer et à prier. Non pas qu'elle n'ai pas de raison de le faire, bien au contraire. Mais s'il existait une chose face à laquelle Viktor ne se sentait pas à l'aise, c'était bien le spectacle de son épouse en proie à un chagrin qu'il ne pouvait apaiser.

Il se sentait terriblement vide face à l'annonce de la mort de Gregoire et ne parvenait pas à pleurer ce beau frère qu'il n'avait en fait que très peu connu. Dans son cœur, il n'y avait pas de peine ou de tristesse, pas même l'envie de verser une petite larme. Simplement une colère froide contre cette putain qu'il avait un temps considéré comme sa sœur. Aelalia de Gwidyr s'était servit du régent pour tuer Gregoir comme elle s'était servie de lui un peu plus tôt pour tuer un frère ainé peu favorable et scandalisé par sa liaison. C'était à se demander si l'Ivery ne faisait pas tout pour énerver le baron de Missède. À peine abdiquée, Solenne avait fuis vers Scylla où elle avait mis au monde un garçon. Il ne fallait pas être un grand génie pour comprendre que c'était là un nouveau bâtard du régent. Et plus tôt, il avait défloré la première fiancée de Viktor.

Qu'avait-il bien put faire à cet homme pour qu'il le haïsse à ce point et semble vouloir s'accharner sur lui et ceux à qui il tenait ?

Il avait beau cherché, Viktor ne comprenait pas se qui avait bien put se passer avec celui qu'il avait un jour accueillit en grande pompe comme une amis.

Ne pouvant changer quoi que se soit à l'état de son épouse, Viktor avait décidé de partir. C'était là sans le moindre doute un acte lâche, mais il ne pouvait une nouvelle fois supporter le spectacle du chagrin de Kathleen. Et c'était partit pour une tournée d'inspection des forts et garnisons de Missède. Après tout, cela lui prendrait pas mal de temps et on ne savait jamais. Après s'en être prit à tout ceux que Viktor pouvait aimer et poussé par ses réussite dans le nord, peut-être les armée de l'Ivery viendrait-elle bientôt frapper à sa porte. Il n'y croyait pas vraiment, mais préférait ne pas être pris par surprise le cas échéant.

La tournée d'inspection se terminait dans la province d'Ybaen et, se fut à reculons, le visage renfrogné que Viktor fit entrer sa monture dans la cour du manoir sur les rives de l'Afayel. Il aurait largement préféré ne pas s'arrêter ici. Il y avait trop de souvenirs qui y étaient rattaché de part son ancienne fiancée. Sans compter que Kathleen était là également et qu'il n'avait pas à proprement parler envie de revoir des robes de deuil. Mais le choix ne leur appartenait pas. Deux chevaux s'étaient blessé et il fallait s'arrêter leur prodiguer des soins. Le manoir était la demeure la plus proche et poursuivre aurait été risquer de perdre les deux bêtes.

« Faitent savoir à la baronne que nous sommes arrivé, ordonna Viktor à un serviteur. »

Celui-ci partit rapidement pour s’acquitter de sa tâche. Alors que, replongeant dans ses pensées, Viktor se demandait vraiment vers où il allait. Avec Kathleen qui ne lui donnait pas d'enfant, Aelalia qui ouvrait trop ses cuisses et l'Ivery qui semblait décidé à le forcer à des choix qu'il ne voulait pas faire.
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Kathleen de Missède
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MessageSujet: Re: Sur les rives du Lac d'Afayel   Jeu 2 Mai 2013 - 12:42

    La lutte acharnée continua jusqu’à ce que le jeune Gabriel plante son épée en bois au creux du ventre de Kathleen. La jeune femme feignit d’avoir mal et tomba à genoux devant l’enfant de six ans. Il riait aux éclats tandis qu’elle l’attaquait en traître en le chatouillant.

    « - Vous gagnez pour cette fois jeune homme, mais je vous donnerai du fil à retordre demain ! »
    « - Où allez-vous Dame Kathleen ? »la voix fluette de la petite Cybèle s’était élevée dans le dos de Kathleen. Se relevant elle lui désigna sa tenue différente de celle qu’elle portait à l’accoutumé. Une robe droite et sans froufrous, comme celle qu’elle portait du temps où elle battait la campagne sur son étalon en Ydril.
    « - Je pars faire une balade à cheval comme vous pouvez le voir. D’ailleurs j’ai entendu dire par votre professeur que vous aviez fait de remarque progrès en équitation. »
    « - Oui Baronne, il dit même que je suis prête à quitter le parc. »
    « - En voilà une grande nouvelle ! Et bien dans ce cas, peut-être que vous accepterez de m’accompagner. Vous savez que pour une Dame de ma condition il n’est pas convenable de faire ce genre de promenade seule. »

    La fillette explosa littéralement de joie. Son frère en revanche se précipita vers sa nourrice pour bouder. Cybèle avait deux ans de plus que lui et pour l’instant il n’était toujours pas autorisé à monter à cheval, et vu la catastrophe que c’était à poney, il risquait d’attendre encore longtemps. Attrapant de sa menotte celle de Kathleen, la petite fille se lança dans le récit détaillé de son dernier cours d’équitation. Loin d’être ennuyée, Kathleen lui posa même quelques questions.

    Evidemment la bouille de cette fillette lui rappelait quotidienne l’enfant qu’elle ne pouvait pas avoir, mais elle refusait de finir aigri à cause d’un malheureux coup du sort. Ici elle était en agréable compagnie, ses journées s’écoulaient dans la bonne humeur et la tranquillité. Evidemment à Missède cela aurait été différent, elle aurait dû subir les commérages, regarder les bécasses se pavanaient dans leurs soieries en espérant plaire à Viktor. Car voilà ce qui l’attendait en fin de compte d’après les mauvaises langues, elle vivrait bientôt recluse dans un manoir, ne garderait que le titre de Baronne et ne ferait que de brève apparition pour s’empiffrer lors des banquets et des fêtes organisés par son époux. A moins que celui-ci décide tout simplement de la répudier. D’ailleurs l’un des conseillers de Viktor ne s’est pas gêné, un jour à peine après qu’elle ait appris la nouvelle, de lui faire remarquer que son incapacité à concevoir un héritier était une faute grave pouvant justifier sa répudiation.

    Bah, soit, elle était heureuse ici après tout. Elle était loin de regretter les couloirs de Missède et ses courtisans. Arrivant devant les portes de l’écurie, Kathleen laissa échapper un rire amusé lorsque la fillette compara ses longs cheveux blonds à ceux de la crinière de sa jument. Le compliment était plus que maladroit et la fillette se mit à rougir en voyant le regard sévère que lui lança le palefrenier qui venait à leur rencontre.


    « - En effet ils y ressemblent beaucoup, mais ceux de votre monture sont magnifiquement bien brossés ! »

    Riant toujours, Kathleen se tourna en entendant du bruit sur sa gauche. Une mèche de cheveux barra quelques secondes son visage et après l’avoir ramené derrière son oreille elle se figea littéralement.

    « - Viktor ? »

    Son époux se tenait là, en plein milieu de la petite cour menant aux écuries. Il était entouré de son escorte personnelle. Chacun d’eux s’affairait à récupérer leur paquetage et s’engouffrait dans le manoir à la recherche de quelques rafraichissements.
    Lui ne bougeait pas, il la fixait avec une expression bizarre sur le visage, mais Kathleen remarqua aussitôt son fichu air renfrogné. Pas un sourire, pas l’ombre d’une étincelle de joie ou de plaisir de la retrouver. Bien des choses avaient changé depuis sa fausse couche, il fallait croire que ça aussi...
    Cybèle tenta une révérence comme elle les avait apprise et adressa un sourire ravi à Viktor. A son tour Kathleen tenta un sourire tandis qu’elle devait retenir les mèches folles que balayait le vent. Sa queue de cheval résistait très mal visiblement !


    « - Je suis heureuse de te revoir Viktor. »
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Viktor de Missède
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MessageSujet: Re: Sur les rives du Lac d'Afayel   Sam 4 Mai 2013 - 16:18

Viktor était tellement plongé dans ses pensées qu'il ne la vit pas tout de suite. Il faut dire que c'était totalement à l'opposé de se à quoi il s'était attendu. Tellement à l'opposé qu'il avait faillit passer devant elle, juste sous son nez sans même la remarquer. Loin de son air de deuil et de ses coiffures serrées, Kathleen était juste là devant lui et elle semblait comme pétrifiée par la vision de son époux. Sans doute avait-elle un peu rêvé d'un autre Viktor, après tout, cela faisait longtemps qu'ils ne s'étaient pas vus et les souvenirs sont rapides à s'altérer. Viktor était toujours, si ce n'est plus, maigre, il n'était ni éclatant, ni flamboyant, d'une carrure plus proche de celle d'un gratte papier que d'un chevalier. Des yeux cernés, un teint pâle et ses cheveux noirs blanchis par la poussière comme l'était sa tenue. Face à lui, Kathleen était son exacte opposé. Le teint rose et les cheveux blonds sur lesquels le soleil jetait des reflets d'or. Elle semblait aussi vivante et forte qu'il avait l'air d'un cadavre fraîchement déterré.

Et maintenant ? Qu'est-ce qu'ils devait faire ?

Kathleen semblait figée sur place et lui ne valait guère mieux. Tout deux paralysé semblait attendre que l'autre fasse le premier pas. Qu'il se rapproche ou alors qu'il se tourne et s'éloigne. Mais qu'il fasse quelque chose. Et pourtant, il ne se passait rien. Ils se contentaient de rester là et d'attendre.

Finalement, se fut Viktor qui bougea le premier. Un pas vers Kathleen. Un petit pas, mais un pas quant même. Puis un autre, et un autre, et encore un autre.

Il n'avait pas la moindre idée de se qu'il devait faire maintenant. Est-ce qu'il devait rester comme ça ? Pour combien de temps ? La lâcher ? La soulever et l'emporter à l'intérieur ?

Incapable de se décider, Viktor resta planté comme cela un moment avant de finalement se décider à lâcher la jolie blondinette, se faisant la réflexion qu'il l'avait bien assez couverte de poussière comme cela. Elle avait changé. C'était à peine s'il reconnaissait la femme qui se trouvait en face de lui. Et il ne s'attendait pas du tout à la voir ainsi. Pris au dépourvut, il ignorait tout de la façon dont il devait se comporter avec celle qu'il avait, quelques années plus tôt, épousé et qui lui paraissait à présent une parfaite inconnue.

« Tu semble aller bien. »

Ses mots lui paraissaient si creux et vide qu'il se serait volontiers giflé de les avoir pronnoncé si une petite voix dans son cerveau ne lui faisait pas remarquer qu'il n'avait pas la moindre idée de se qu'il pourrait dire d'autre.

Hésitant sur se qu'il devait faire une fois tout proche d'elle, le baron begaya un ''tu m'as manqué'' peu assuré avant de la prendre dans ses bras et de la serrer contre lui d'un geste maladroit.
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Kathleen de Missède
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MessageSujet: Re: Sur les rives du Lac d'Afayel   Sam 4 Mai 2013 - 18:18

    Le regardant approcher, Kathleen ne fit pas un mouvement, pas même lorsqu’il la prit une première fois dans ses bras. Etait-ce le choc de le voir là ? N’auront pas pu la prévenir que Viktor arriverait aujourd’hui ? Elle aurait évité de porter sa tenue de cavalière pour l’accueillir et elle aurait au moins pu se préparer psychologiquement… Quoi ? Non cela ne lui avait jamais correspondu, elle avait toujours été d’une spontanéité désarmante, c’était peut-être ça qui avait fait craquer Viktor voilà de nombreuses années. Mais derrière cette spontanéité c’était toujours caché une immense fragilité et les deuils qui l’avaient frappé avait tout emporté comme un ras de marée.
    Depuis son arrivée au manoir, voilà plus d’un mois, elle avait commencé à se reconstruire, lentement. Revoir Viktor lui rappelait dans quel état elle était lorsqu’il l’avait quitté bien des mois plus tôt et elle en rougissait presque de honte.
    Fort heureusement elle avait sa tête enfouie dans le creux de son cou pour le dissimuler. Lorsqu’il se recula, il resta silencieux un long moment. La fixant comme s’il voyait un fantôme. Et sa phrase finie par lui décocher un petit rire avant qu’elle ne fronce légèrement les sourcils.

    Si elle se portait comme un charme, Viktor lui semblait n’avoir ni mangé, ni dormi depuis une éternité. Et la poussière du voyage n’arrangeait rien. Une nouvelle fois il la prit dans ses bras et lui murmura à l’oreille qu’elle lui avait manqué. Cette toute petite phrase gonfla son cœur et elle se sentit sourire jusqu’aux oreilles.


    « - Toi aussi tu m’as manqué. » murmura-t-elle à son tour.

    Se reculant légèrement, elle scruta son regard à la recherche d’un sourire mais il semblait encore… en état de choc ? Oui cela ressemblait à ça. Une nouvelle fois son visage s’illumina d’un sourire et elle tendit lentement sa main vers ses traits qu’elle aimait tant. Comme si elle avait peur qu’il disparaisse à son contact, ou qu’il fasse demi-tour (après tout elle ne savait rien de ce qu’il lui était arrivé ses derniers mois… mis à part ce que disaient les rumeurs). Des doigts se posèrent sur ses joues légèrement creusées, puis redescendirent le long de sa mâchoire avant de venir caresser lentement ses lèvres qu’elle embrassa une seconde après. Au milieu de la cour, bien consciente que de nombreux regards les épiés, elle ne s’attarda pas et se recula pour sourire à celui qui était encore son époux. Un pincement au cœur la fit légèrement tressaillir lorsqu’elle pensa qu’il était peut-être là justement pour régler ce détail.
    Non. Il ne fallait pas qu’elle pense à ça.


    « - Cybèle, pouvez-vous aller prévenir Elios de ne pas seller Fureur, nous allons devoir retarder votre premier promenade à cheval. Mais ne faites pas cette tête, je vous promets de ne pas sortir sans vous. Cela vous convient-il ? »

    Après jeté un regard soupçonneux dans la direction de Viktor, la fillette adressa un grand sourire à Kathleen, fit une petite révérence rapide et partit en courant de les écuries pour remplir sa mission.
    Retournant son regard vers Viktor, Kathleen lui prit doucement la main et sa serra légèrement.


    « - J’imagine en te voyant que le voyage a été fatiguant. Peut-être souhaites-tu te reposer un peu? Je pense qu’ils s’activent déjà en cuisine, nous pourrions manger ensemble si tu veux ? Tous les deux. »

    Tout en parlant, Kathleen entraînait Viktor dans le manoir. Elle le connaissait maintenant comme ça poche et dès qu’ils eurent franchi la porte elle sentit son époux se tendre légèrement. Peut-être qu’il n’était pas ravi de la voir ? Non, il ne serait pas venu ici dans ce cas là, après tout c’était lui qui avait ordonné qu’elle vienne à Afayel… A moins qu’il ne veuille pas manger avec en tête en tête. Quoi qu’il en soit il ne prononça pas un seul mot du trajet. Toujours aussi peu loquace Monsieur le Baron. Quand elle arriva en haut de l’escalier de bois et qu’elle ouvrit la chambre qu’elle occupait, cette fois il s’immobilisa totalement. Surprise elle se tourna vers lui en haussant légèrement les sourcils.

    « - Qu’est-ce qu’il y a ? Tu as l’air tendu… Tu… tu ne veux pas entrer dans ma chambre ? » Ses joues se mirent à rougir et elle parut légèrement choquée, comme si elle venait de prendre une gifle. Alors ils en étaient là après tout ces mois de séparation ? « - Je…. Je te laisse si tu veux… Tu as de l’eau sur la commode et des serviettes à côté… »

    Passant à côté de lui, Kathleen poussa un léger soupir. Si, il était venu pour ça…. Et franchement la perspective de parler de sa ….répudiation… lui faisait perdre tout son sourire.
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MessageSujet: Re: Sur les rives du Lac d'Afayel   Dim 5 Mai 2013 - 12:12

Dire que Viktor n'était pas à l'aise en passant la porte du manoir était un doux euphémisme. Même si cela faisait plusieurs années que les événements s'étaient passé, l'endroit gardait pour lui l'empreinte de toutes les trahisons qui avaient put y avoir lieu. Celle de son ancienne fiancée et celle du comte de la Rochepont. Le baron de Missède avait de la mémoire pour ceux qui l'avaient trahis et ces deux là y étaient en première place. Même si, étant donné les nouvelles du nord, il n'y avait plus lieu de se déranger pour le comte d'Arétria. Si l'on en croyait ces dites nouvelles, le comte n'était sans doute plus qu'un cadavre méconnaissable piétiné par des centaines de chevaux. Restait l'autre encore. Mais elle, c'était une autre affaire. Elle devait sûrement vivoter dans un bordel quelconque.

Enfin, toujours est-il que Viktor n'aimait pas cet endroit et Kathleen semblait l'avoir sentit. Sûrement compris de travers, mais elle semblait avoir sentit que son époux n'était pas vraiment à son aise dans cet endroit. Il essayait de se rappeler la raison pour laquelle il ne l'avait pas fait démolir au cour des années précédente, mais ne parvenait plus à mettre le doigt dessus. Enfin, si Kathleen s'y sentait bien et si elle avait retrouvé toutes ces couleurs, c'est sans doute qu'il avait bien fait de conserver ce petit manoir au bord du lac Afayel. Du moins, c'est se qu'il espérait.

Se laissant guider par Kathleen, il arriva devant une porte. Non, il ne passerait pas cette porte. Pas plus qu'il ne s'installerait dans cette baignoire ou qu'il ne dormirait dans ce lit. Si toute la demeure lui paraissait hantée par un fantôme muet aux yeux verts qui en avait été un temps la captive, cette chambre était pire encore. Là où elle aurait put mile fois lui avouer sa trahison et où elle ne l'avait pas fait. C'était également là qu'elle lui avait refusé se qu'elle avait déjà traîtreusement accordé au comte de Scylla.

« - Qu’est-ce qu’il y a ? Tu as l’air tendu… Tu… tu ne veux pas entrer dans ma chambre ? »

Bien sur, c'était sa chambre. En même temps, c'était la plus grande de tout le manoir, il aurait été difficilement compréhensible qu'elle ne l'occupe pas. Kathleen en tout cas ne semblait pas au courant de se qui s'était passé dans ce manoir et semblait prendre pour elle les réactions un rien hostiles de son époux quant à se qui se passait ici. D'un autre côté, il était normal que sans savoir elle ne comprenne pas se qui se passait dans la tête de Viktor.

« - Je…. Je te laisse si tu veux… Tu as de l’eau sur la commode et des serviettes à côté… »

Rattrapant Kathleen avant qu'elle ne s'en aille, Viktor referma la porte de la chambre.

« Pas cette chambre, se contenta-t-il de dire. »

Il n'avait pas non plus la moindre envie d'expliquer à son épouse méconnaissable pourquoi il refusait de ce servir de cette pièce en particulier. Après tout, cela ne changeait rien du tout pour elle. Tout se qui importait, c'était que le baron n'avait pas l'intention de se servir de cette chambre-ci et que ce n'était pas parce qu'elle allait être répudiée qu'il ne voulait pas être avec elle.

Ou en tout cas, pas pour cette raison qu'il ne voulait pas passer la porte.

« Il doit bien y avoir au moins une autre chambre de prête. »
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Kathleen de Missède
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MessageSujet: Re: Sur les rives du Lac d'Afayel   Dim 5 Mai 2013 - 22:42

    Alors qu’elle s’éloignait, elle sentit la main de Viktor lui rattraper doucement le bras. Surprise Kathleen leva son regard vers lui, cherchant à comprendre ce que ses silences voulaient dire. Lorsqu’il déclara qu’il ne voulait tout simplement pas aller dans cette chambre, elle haussa les sourcils. Qu’est-ce qui clochait avec cette chambre ? Et pourquoi était-il si étrange depuis qu’il était entré dans le manoir ? C’était encore une de ses choses qu’il ne lui disait pas… Et bien soit, elle ne le questionnerait pas. Doucement elle reprit sa main dans la sienne et l’entraîna de l’autre côté de couloir. Lorsqu’elle poussa la porte elle entra dans une petite chambre toute simple qu’occupé sa suivante. Le lit était fait et il y avait de quoi se rafraichir dans un coin de la pièce.

    « - C’est la chambre d’Anna. Je ne pense pas qu’elle sera gênée que tu l’as lui emprunte. Excuse-moi une minute. »

    Evidemment qu’elle ne serait pas gênée, après tout il s’agissait du Baron. Tournant les talons, elle le laissa dans la chambre le temps qu’il se débarbouille. De son côté elle retourna dans cette fameuse chambre qui le faisait fuir pour enlever sa cape et changer de robe. Elle ne se sentait plus à l’aise dans sa tenue de cavalière maintenant qu’il était là. Elle eut beau appeler Anna, et même la chambrière personne ne se présenta. Tant pis elle ferait sans. Sa nouvelle robe était d’un bleu très clair, en soie fine. Ce n’était pas la plus sophistiquée qu’elle avait dans ses malles mais elle ferait parfaitement l’affaire. S’il venait lui parler de chose sérieuse, s’il voulait invoquer la raison d’état, alors elle voulait au moins se montrer digne de son titre une dernière fois.

    Traversant une nouvelle fois le couloir, elle hésita un instant devant la porte qu’il avait laissé ouverte. Il se tenait dans la pièce, près de la bassine d’eau froide. Il avait l’air toujours tendu mais sans la crasse du voyage il avait retrouvé le visage qu’elle aimait tant. Se raclant légèrement la gorge pour lui faire savoir qu’elle était là, elle fit quelques pas vers lui et lui tourna brusquement le dos en passant ses longs cheveux bouclés sur son épaule droite.


    « - Je ne sais pas où est passé tout le monde, peux-tu m’aider à la fermer ? »

    Elle se sentait étrangement gênée d’être en sa présence, la robe ouverte jusqu’au bas de son dos. Cela faisait dès mois qu’elle ne l’avait pas vu et plus encore qu’il ne l’avait pas touché. Baissant les yeux vers le sol, elle attendit silencieusement qu’il fasse un geste, qu’il dise quelque chose. Mais les secondes lui semblaient interminables et elle se sentait de plus en plus mal à l’aise dans le silence qui les enveloppait, aussi finit-elle par le rompre en lâchant d’abord un léger soupir.

    « - Je ne pensais pas te voir ici. Je m’attends à ce que tu me rappelles à Missède…. Tes conseillers ont insistés pour que je vienne ici et que j’y reste le temps que durerait ton voyage. Je suppose que c’était en partie pour me protéger des rumeurs circulant à la Cour. Cela à lamentable échouée je dois dire, elles sont arrivés jusqu’ici, même les plus horribles à entendre…. »

    L’écoutait-il ? Pourquoi restait-il silencieux ? Tortillant ses cheveux dans ses mains, Kathleen jeta un regard par-dessus son épaule. Ses yeux rencontrèrent ceux de Viktor et une nouvelle fois elle se sentit étrangement de trop.

    « - J’ai l’impression que…. Tu veux que je m’en aille ? Je peux te laisser seul si tu veux. »

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Viktor de Missède
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MessageSujet: Re: Sur les rives du Lac d'Afayel   Jeu 9 Mai 2013 - 21:33

Kathleen ne posa pas la moindre question et c'était très bien comme cela. Viktor n'avait pas la moindre envie de se perdre en explication et le fantôme muet qui hantait les lieux était déjà bien assez présent pour ne pas en rajouter. Surtout qu'il doutait que rappeler à Kathleen qu'elle n'était pas le premier choix qu'il avait fait et la comparer à son ancienne fiancée dans l'isolement de ce manoir où elle était venue reprendre des forces soit une bonne idée et une bonne façon de tenter de reprendre une relation à peu prêt normale. S'il était peu juste de considérer Viktor comme un expert de la gente féminine, il n'y en avait nul besoin pour savoir que ça, c'était une mauvaise idée.

Kathleen l’emmena dans une petit chambre qui se trouvait juste de l'autre côté du couloir. La chambre était beaucoup plus petite et Viktor ne tarda pas à comprendre pourquoi lorsque Kathleen cita sa servante. Bien sur que la chambre de la bonniche était plus petite que celle de la baronne. D'ailleurs le refus de Viktor d'occuper cette fameuse chambre allait sans nul doute poser quelques légers soucis d'intendance. Mais s'il se souvenait bien, il y avait assez d'endroit où dormir. L'intendant s'en sortirait très bien. Et puis après tout, c'était aussi à cela qu'il servait.

S'approchant de la vasque d'eau, Viktor s'en aspergea le visage. Il se sentait fatigué et avait besoin de dormir. L'inspection des places fortes n'était pas vraiment se que l'on pourrait appeler une partie de plaisir et les lit qu'il avait occupé, pas vraiment se qu'on pourrait qualifier de confortable. Il rêvait d'un bain, d'un bon lit et d'une bonne nuit de repos et, pour être honnête, ne savait s'il voulait la passer accompagné ou pas.

Lorsque Kathleen revint, elle avait changé de robe. Le bleu lui allait bien. Elle n'en portait pas souvent, arborant plus souvent des couleurs chaudes et vive, mais cette robe lui allait bien, il ne fallait pas se le cacher.

« - Je ne sais pas où est passé tout le monde, peux-tu m’aider à la fermer ? »

Le destin joue parfois à un jeu un peu étrange. Cette demande fit rejaillir un souvenir dans l'esprit de Viktor. Celui de la première fois où elle lui avait demandé de l'aider à fermer sa robe. Ils avaient tout les deux dut changer de vêtement ce jour là après avoir passé un moment à s'éclabousser copieusement dans une fontaine. Et il n'était pas certain de savoir qui avait vraiment été le plus mouillé dans cet affaire.

Doucement, Viktor commença à refermer la robe.

« - Je ne pensais pas te voir ici. Je m’attends à ce que tu me rappelles à Missède…. Tes conseillers ont insistés pour que je vienne ici et que j’y reste le temps que durerait ton voyage. Je suppose que c’était en partie pour me protéger des rumeurs circulant à la Cour. Cela à lamentable échouée je dois dire, elles sont arrivés jusqu’ici, même les plus horribles à entendre…. »

Les rumeurs. Oui, il y en avait toujours. Des qu'on entendait dire qu'une servante ou une petite demoiselle qui n'était pas mariée était tombée enceinte, c'était vers Viktor que les regards se tournaient en premier. Sans doute parce que ces gens espéraient le voir reconnaître l'enfant comme étant de lui. Un bâtard certes, mais qui auraient éventuellement la possibilité de devenir barons. Si Viktor ne se décidait pas à chasser Kathleen pour cause d'infertilité, il n'y avait pas moyen de se débarrasser de cette baronne inféconde pour en trouver une qui pondrait enfin un héritier. Toutes les rumeurs de grossesses étaient donc surveillées de prêt à Missède.

Et à chaque fois, les théories les plus farfelues pouvaient courir sur lesdites rumeurs.

Heureusement pour Kathleen, ceux qui voulaient la voir éjectée de l'arbre généalogique se contentaient pour le moment d'observer et n'avaient pas fait la moindre tentative pour s'en prendre à elle ou à sa réputation. À la cour de Missède, Kathleen était intouchable tant elle avait le cœur du baron. Mais il existait toujours un moyen de la faire passer d'un seul coup du statut de déesse à celui de paria.

La robe de Kathleen était refermée. Viktor tendit les doigts pour les passer dans ses cheveux mais se ravisa.

« - J’ai l’impression que…. Tu veux que je m’en aille ? Je peux te laisser seul si tu veux. »

Viktor secoua la tête et passa à côté d'elle.

« C'est juste que... tu n'es pas du tout comme je m'y attendait. »

Question de timing sans le moindre doute. Mais aussi détestable que soit cet endroit aux yeux de Viktor, il fallait avouer que le changement d'air faisait toujours du bien et avait de toute évidence plus que largement réussi à la jeune femme. Au moins, elle avait réussi à tirer quelque chose de ce déplaisant manoir. Une bonne raison de ne pas l'avoir démolis en fin de compte.

« Et je suis fatigué par le trajet, voilà tout. »

Comment résister à l'appel de la bouclette rebelle ? Viktor en tout cas n'en fut pas capable. Pinçant entre deux doigts l'une des bouclette rebelle de Kathleen, le baron la tira légèrement puis la relâcha, la regardant reprendre sa forme torsadée habituelle.
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Kathleen de Missède
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MessageSujet: Re: Sur les rives du Lac d'Afayel   Jeu 9 Mai 2013 - 23:34

    Les doigts de Viktor s'affairèrent dans son dos pour lui refermer sa robe. Rapide et efficace. Une fois terminée il se recula comme s'il venait d'achever une tâche quotidienne obligatoire. Malgré la boule qui commençait à se former dans le ventre de Kathleen, la jeune femme garda le menton haut et refoula toute larme ayant l'envie de monter à ses yeux. Cette période là était terminée, plus de larme elle se l'était promis. Viktor était son époux et elle devait se montrer digne de lui.
    Il passa près d'elle et la fixa en murmurant une phrase qui lui glaça le sang. Pas comme il s'y attendait ? Qu'entendait-il par là ? Il aurait préféré la voir larmoyante, affligée et passive ? Ce spectre là n'existait plus depuis des mois, depuis la venue de la Baronne d'Alonna. Bien sur ces vieux démons étaient revenus la hanter lorsque Grégoire avait été assassiné mais elle allait mieux, beaucoup mieux. Aujourd'hui elle parvenait enfin à gérer sa douleur et sa souffrance, elle parvenait à sourire et à profiter de ce que la vie lui offrait malgré les épreuves qu'elle avait enduré et qu'elle devrait encore subir... Kathleen poussa un profond soupir, elle savait se montrer patiente mais la présence de Viktor était tellement inattendu et elle redoutait tant les nouvelles qu'il venait lui annoncer... La faisait-il languir pour la torturer ? Non il n'était pas ce genre d'homme.
    Finalement il lui déclara qu'il était épuisé par le voyage et presque machinalement il tendit une main vers elle pour attraper l'une de ses boucles d'or roux. Il glissa ses doigts dans une mèche, la tira légèrement puis la relâcha. C'était une manie qu'il avait prise dès leur rencontre. Ce souvenir fut suffisant pour redonner le sourire à la Baronne.


    « - Altesses, j'ai fais monter de l'eau chaude pour votre bain, Monseigneur. Souhaitez vous que l'on dresse la table dans la grande salle pour le souper de ce soir ? »

    « - Non, faites plutôt monter un plateau dans cette chambre. Merci Anna »

    La dame de compagnie de Kathleen semblait surprise de retrouver le couple dans sa chambre mais elle ne fit aucun commentaire et une fois retournée dans les cuisines, interrogea l'intendant pour trouver une autre chambre. Pendant ce temps, dans la petite chambre de bonne Kathleen venait de se tourner vers son époux. Effectivement il semblait épuiser et elle ne voulait surtout pas lui imposer sa présence.

    « - La salle d'eau est juste à côté si tu veux prendre un bain pour te détendre un peu... »

    Le silence était un peu gênant, comme s'ils se retrouvaient seuls pour la première fois. Kathleen ne savait pas bien si il voulait la voir sortir ou si sa présence ne le dérangeait pas. La seule chose de flagrante c'est qu'il ne lui montrait en aucune façon qu'il voulait qu'elle reste. Planter devant lui elle hésita une seconde avant de se dresser sur la pointe des pieds pour déposer un baiser sur ses lèvres. Par tous les dieux, comme il lui avait manqué. Voir combien il pouvait être distant avec elle était un crève cœur mais elle profita de ce baiser comme si c'était le dernier qu'il lui accordait. Après tout elle n'était même pas sure d'être encore sa femme au petit matin...

    « - Tu m'as vraiment beaucoup manqué Viktor... Je déteste quand tu es loin de moi... »

    Un nouveau baiser vint sceller sa déclaration puis un sourire étincelant, parce qu'elle débordait d'amour pour cet homme et que malgré toutes les rumeurs, les doutes et les angoisses qu'elle pouvait éprouver à son sujet, elle n'en demeurait pas moins amoureuse.
    Reposant ses talons par terre, elle s'écarta légèrement et lui fit une petite révérence amusée.


    « - Je te laisse prendre ton bain, si tu... souhaites me voir, je serais dans le petit salon en face des jardins. »

    Voilà, elle allait réussir à se sortir de cette chambre sans une larme, la tête haute et le sourire aux lèvres. Même si elle devait reconnaître que son estomac était totalement nouée, que ses joues devaient être un peu trop roses et que ses jambes menaçaient de la lâcher !
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Viktor de Missède
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MessageSujet: Re: Sur les rives du Lac d'Afayel   Dim 19 Mai 2013 - 9:16

La demoiselle de compagnie de Kathleen avait pour le moins l'air surprise de se qui était en train de se passer. Non seulement le baron et la baronne étaient tout les deux dans sa chambre, mais en plus de cela, ils n'avaient pas l'air d'avoir envie de retourner dans le leur qui était pourtant au moins trois fois plus grande. Allez savoir se qu'ils étaient en train de trafiquer les deux là. Enfin, ce n'était pas si important, et puis, si ça se trouvait elle allait être forcée de prendre la chambre de la baronne. Il y avait pire quant même comme possibilité.

« - La salle d'eau est juste à côté si tu veux prendre un bain pour te détendre un peu... »

Pour être honnête, un bon bain était une perspective particulièrement tentante. Il se sentait sale et fatigué, se serait une parfaite occasion pour se détendre un petit peu. Et peut-être aussi d'éviter ce silence qui s'installait entre eux à chaque fois qu'ils se retrouvaient ensemble. Un silence trop lourd de non dits et d'hypothèses plus ou moins fumeuse pour qu'on puisse se sentir tout à fait à l'aise d'ailleurs. Il avait l'impression qu'ils étaient tout les deux de retour à la Roseraie. Lui qui s’apprêtait à acheter une jolie fille à son père pour avoir un joli visage à ses côtés sur le trône de Missède et elle quelque peu intimidée par cet homme qui allait bientôt partager le restant de sa vie et qu'elle connaissait à peine. La situation était certes différente. Aujourd'hui, ils se connaissaient bien tout les deux. Mais tout ce temps qu'ils avaient passé sans se voir semblait leur avoir désappris à se connaitre.

Viktor fut assez surpris quant Kathleen s'avança un petit peu et se hissa sur le pointe des pieds pour venir l'embrasser. Non pas que cette initiative lui déplaisait. Elle était simplement inattendue. Et cela lui avait manqué. Terriblement et cruellement manqué... comme ces cheveux blonds que le baron caressa doucement.

« - Tu m'as vraiment beaucoup manqué Viktor... Je déteste quand tu es loin de moi... »

Un nouveau petit bisous et les talons de Kathleen retrouvèrent la terre ferme. Elle lui adressait un joli sourire, mais son regard était triste. Très triste même. Et Viktor savait que c'était à cause de lui. Il n'y avait pas d'autre raison pour qu'une Kathleen toute colorée se mette à être triste après tout.

« - Je te laisse prendre ton bain, si tu... souhaites me voir, je serais dans le petit salon en face des jardins. »

Mais Kathleen n’eut jamais l'occasion de sortir de cette chambre. Les bras du baron ceinturèrent la jeune femme avant qu'elle n'ait put partir, la serrant contre lui. S'il ne savait pas se qu'il devait faire ou aurait dut faire, il savait en revanche s qu'il voulait. Et se qu'il voulait, c'était qu'elle reste avec lui. Pas question de la laisser partir. Elle aurait d'ailleurs été bien peinée de tenter de se dégager. Viktor la tenait assez fermement et peut-être un petit peu trop fort même.

« Reste, murmura-t-il à son oreille. »

Il n'avait pas de raison à lui donner, ni de choses particulière à lui dire. Il voulait simplement qu'elle reste avec lui. Ils étaient resté loin de l'autre bien assez longtemps.
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Kathleen de Missède
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MessageSujet: Re: Sur les rives du Lac d'Afayel   Lun 20 Mai 2013 - 23:25

    Les bras de Viktor encerclèrent la taille de la Baronne et l'attirèrent contre son torse. Surprise elle resta quelque seconde le souffle court et les yeux légèrement écarquillaient. Mais ce fut pire lorsque son cœur fit un embarder en entendant le seul mot que prononça Viktor. Le seul mot qu'elle avait souhaité entendre. Fermant un instant les yeux comme pour savourer les battements fous de son cœur, Kathleen finit par pivoter lentement dans les bras de son époux. Le Baron ne lui concédait que peut de place pour effectuer cette manœuvre mais elle s'en sortit avec brio. Lorsqu'elle fut face à lui, elle releva le menton pour croiser son regard onyx. Ces yeux sombres reflétaient une expression qu'elle ne leur connaissait pas. De la surprise mêlée à de la crainte ou bien était-ce de l'étonnement et de l'amour... C'était un peu confus. D'autant plus que le couple avait été séparé de longs mois, qu'ils avaient vécu des épreuves compliqués depuis leur mariage et qu'ils n'avaient jamais eu le temps de se retrouver. Kathleen poussa un soupir – de soulagement ? De bonheur ? De tristesse ? - elle aussi était confuse, mais elle ne perdit pas une seconde et vint se blottir contre le torse de Viktor. Il sentait la poussière, la sueur et le cheval mais cela ne la rebutait pas, elle voulait juste sentir sa chaleur contre elle. Profiter de ses bras qui lui avaient cruellement manqué ces derniers mois. Avait-il enduré la même chose qu'elle ? Avait-il souffert autant qu'elle lorsqu'on lui avait annoncé le verdict au sujet de la santé de la Baronne ? Avait-il réellement succombé aux charmes de toutes ses maîtresses que lui prêtaient les rumeurs les plus folles ?

    Ne pas savoir était pire que tout pour Kathleen, mais aurait-elle réellement aimé connaître les réponses à ses questions. Elle avait suffisamment souffert, et maintenant que sa santé, tant physique qu'émotionnelle, se remettait doucement elle ne voulait pas risquer de retomber dans les affres de la dépression et de la solitude. Elle aimait sa vie à Afayel, le calme du manoir, la douceur de l'automne et ses balades à cheval. Elle aimait la tranquillité de sa vie retirée, mais si Vitkor n'était pas venue la répudier alors elle savait qu'elle devrait quitter tout ça pour retourner dans le nid de crabe qu'était la Cour de Missède. Elle devrait croiser à nouveau toutes ces grandes Dames férues de savoir matrimonial et maternel, de broderie et de ragots... Comment pourrait-elle supporter tout ça si Viktor n'était pas avec elle ? Mais elle n'était pas encore sur le retour.

    S'écartant légèrement, Kathleen releva la tête pour adresser un sourire à Viktor. Elle sentait sa main jouait dans ses cheveux. Le soleil de l'été avait semé des reflets cuivrés sur sa crinière mais ses éternelles boucles étaient toujours là, prêtes à ensorceler Viktor.
    Viktor, dont les yeux gardaient cette expression impénétrable, indéchiffrable. Bizarrement la jeune femme se sentit mal à l'aise. Pourquoi cette distance existait-elle encore entre eux ? Ils avaient fait tant de progrès après sa fausse couche et la tentative d'assassinat de Viktor, ils s'étaient retrouvés plus amoureux que jamais et même si ça longue maladie les avait séparé plusieurs jours, ils avaient eu de beaux moments ensemble à Missède.... Jusqu'à ce que le Régent décide d'ôter la vie à Grégoire, jusqu'à ce que la souffrance et la douleur la couvre de vêtement noir... C'était une fois de plus la mort qui avait creusé ce fossé entre eux, mais était-ce insurmontable cette fois ? Les rumeurs étaient-elles vraies ?

    Quittant les bras de Viktor, Kathleen fit quelques pas vers la porte contre laquelle elle s'adossa. Fixant son époux, elle finit par rompre le silence.


    « - Viktor.... je ne comprends pas ce que tu veux. Il faut que tu me parles... Parce que j'ai entendu tellement de chose ces dernières semaines, ces derniers mois.... Un jour on te dit dans les bras d'une maîtresse, le lendemain il s'agit de ta future épouse et de la mère de ton héritier à naître... Ces rumeurs... Je sais que je ne devrais pas les écouter, mais cela ne les rends pas moins blessantes. Tout à l'heure dans le couloir j'avais l'impression que tu voulais être partout ailleurs plutôt qu'avec moi dans ma chambre et maintenant.... maintenant tu me demandes de rester. Je... je ne te comprends plus.... »

    Les derniers mots furent prononcer dans un murmure tandis qu'elle baissait les yeux vers le tapis de la petite chambre. Tout avait paru si simple à Sinlieh et aujourd'hui cette distance entre eux lui semblait pourtant infranchissable. Ces dernières années elle avait tenté de se rapprocher de lui, de lui montrer son amour, de le rendre heureux. Elle avait souvent fait le premier pas vers lui mais aujourd'hui elle ne s'en sentait plus la force, elle avait besoin que ça vienne de lui, une fois. Une seule fois.
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MessageSujet: Re: Sur les rives du Lac d'Afayel   Lun 27 Mai 2013 - 7:20

Au départ, Viktor se demanda s'il n'allait pas empêcher Kathleen de se retourner ou de bouger. Il n'avait pas envie que quoi que se soit change dans leur positions. Mais finalement, il desserra un petit peu son étreinte. Elle ne voulait que se retourner pour lui faire face après tout. Pas s'en aller ni même s'éloigner. Alors il pouvait bien lui concéder un petit peu de place pour cette manœuvre. La jolie baronne leva un court moment le menton avant de venir se serrer contre son époux se blottissant dans ses bras. Il avait bien fait de la laisser se retourner en fin de compte. Malgré ou à cause de tout se qu'ils avaient vécus il se sentait bien mieux avec Kathleen serrée contre lui. Il avait moins l'impression d'être creux à l'intérieur.

Il ressentait toujours ce vide étrange, mais de façon moins oppressante.

Il était sans doute égoïste de lui imposer sa présence et de vouloir la ramener avec lui à Missède. De toute évidence, la vie dans ce manoir lui avait plus que réussi. Elle était tout simplement rayonnante. Cette vie lui convenait bien plus que de devoir retourner à Misède. Mais il ne pouvait pas se passer d'elle. Elle devait revenir avec lui. Il avait besoin qu'elle reste avec lui.

Doucement, elle s'écarta et ils passèrent à nouveau un moment à s'observer, à chercher dans le regard de l'autre celui ou celle qu'ils avaient été par le passé. Une prise, quelque chose à quoi s'accrocher pour pouvoir reprendre leur vie ensemble. Combler ce fossé qui les avaient séparé au moment ou elle avait repris ses tenues noires à la mort de son frère. Il avaient changé pendant qu'ils avaient vécu séparé. Il leur fallait un peu de temps pour réapprendre à se connaître.

Kathleen quitta les bras de Viktor et alla s'adosser à la porte. Il ne savait pas trop si elle avait envie de rester ou de s'enfuir et peut-être qu'elle non plus n'en savait rien. La porte, c'était quelque part entre les deux. Elle était plus loin de lui et pour autant, on ne pouvait pas dire qu'elle était partie.

« - Viktor.... je ne comprends pas ce que tu veux. Il faut que tu me parles... Parce que j'ai entendu tellement de chose ces dernières semaines, ces derniers mois.... Un jour on te dit dans les bras d'une maîtresse, le lendemain il s'agit de ta future épouse et de la mère de ton héritier à naître... Ces rumeurs... Je sais que je ne devrais pas les écouter, mais cela ne les rends pas moins blessantes. Tout à l'heure dans le couloir j'avais l'impression que tu voulais être partout ailleurs plutôt qu'avec moi dans ma chambre et maintenant.... maintenant tu me demandes de rester. Je... je ne te comprends plus.... »

Si seulement lui même savait clairement se qu'il voulait, les choses auraient été largement plus simples. Il voulait tuer le régent. Il voulait retrouver Kathleen. Il voulait qu'Armand ne soit jamais mort. Il voulait tant de choses qui n'étaient pas réalisables. Mais au moins, il pouvait répondre aux inquiétudes de son épouse sur plusieurs de ses interrogations. Cela ne serait peut-être pas suffisant, mais se serait au moins un début. Après tout, comment pouvait-elle connaître la triste histoire de ce manoir ? Ils n'étaient que deux à en avoir vécu tout le dramatique.

« Il n'y a pas d'héritier, dit-il calmement. Le seul enfant que je veux, c'est celui que tu porteras. »

Le seul enfant qu'il voulait serait issus de Kathleen. Il n'en voulait de personne d'autre et ne souhaitait même pas en entendre parler. C'était elle et se serait toujours elle qui serait baronne et qui lui donnerait son héritier. S'il ne démentait pas au sujet des maîtresses, ce n'était pas parce qu'il ne le pouvait pas, mais surtout parce qu'il ne savait pas quoi dire. Est-ce qu'elle le croierait s'il disait qu'il n'y en avait eu aucune ? Et s'il disait qu'il y en avait eu, cela aurait peut-être quelque chose de bénéfique pour elle. Se dire que même s'il avait eu des maîtresses, c'était toujours vers elle qu'il revenait au final. Mais cela lui ferait sans doute aussi terriblement mal.

Alors Viktor ne s'attarda pas sur la question.

« Tu n'es pas responsable de mon comportement un peu étrange. C'est... ce manoir. »

Comment tout expliquer ? Kathleen, il le savait, avait toujours un peu souffert de ce fantôme muet qui avait plané sur eux des le premier jour. Elle avait toujours un peu grincé des dents à l'idée de n'avoir été que le second choix de cet homme qu'elle aimait. Alors comment aborder le sujet pour la faire souffrir aussi peu que possible.

« C'est ici qu'elle s'est refusée à moi après s'être faite baisée par l'Ivery. Ici aussi que son cousin a massacré mes hommes pour la délivrer avant au final de la laisser là. Ici aussi que je l'ai enfermée quant j'ai appris se qu'elle avait fait. »

Est-ce que cela allait vraiment les rapprocher ? Difficile à croire. Évoquer le souvenir de la première fiancée de Viktor n'était pas le meilleur moyen de se rapprocher de son épouse. Mais Kathleen avait voulut la vérité. Il devait la lui donner. Au moins, elle comprendrait qu'elle n'était pour rien dans son attitude et son envie de se trouver autre part.
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MessageSujet: Re: Sur les rives du Lac d'Afayel   Mar 28 Mai 2013 - 14:15

Spoiler:
 

    Le silence devint pesant, presque gênant entre eux, et au moment où elle pensa qu’il ne lui répondrait pas, Viktor prononça une première phrase. Le soulagement qu’elle éprouva à cet instant était indescriptible. Elle ne s’était pas rendue compte jusqu’à cet instant à quel point cette rumeur l’angoissée et la peinée. Et puis cela voulait peut-être dire aussi que Viktor n’avait pas eu de maîtresse, quoi qu’il ne démentait pas cette information. La phrase suivante lui fit l’effet d’un coup de poignard dans le ventre. Son visage devint livide, entrouvrant la bouche, elle chercha pendant plusieurs secondes quoi répondre. Il savait pourtant. Les médecins le lui avaient dit… Pourquoi remuer ainsi le couteau dans la plaie…cette blessure était encore trop fraîche et aussitôt elle sentit le flot de larmes monter à ses yeux. Mais elle ne voulait pas pleurer, elle s’était jurée de ne plus pleurer… Malgré sa volonté, ses yeux devinrent légèrement rouges et ses lèvres tremblèrent quelques secondes, le temps qu’elle ravale tout ça.

    « - Tu sais bien que je ne… »

    Viktor ne lui laissa pas le temps de terminer, son esprit avait enchaîné sur autre chose et elle fronça légèrement les sourcils en l’entendant. Un problème avec le manoir ? Quel genre de problème pouvait le rendre aussi tendu et distant ? Kathleen ne fit aucun commentaire à cette première phrase, laissant le temps à son époux d’ordonner ses idées pour lui dire ce qui le tracassait réellement. Et étonnamment elle n’eut pas longtemps à attendre, et le choc fut brutal.
    Complètement abasourdie, tant par les propos injurieux de Viktor que par leur teneur, Kathleen resta muette, sidérée par ce qu’elle venait d’apprendre. Evidemment qu’il était tendu, maintenant qu’elle en connaissait la raison, elle était presque surprise qu’il ait accepté d’entrer dans le manoir… Une cruelle pensait s’insinua dans son esprit lorsqu’elle constata qu’après toutes les années écoulées, le fantôme de cette première fiancée flottait toujours au-dessus de lui, mais elle ne fit aucune remarque. Après tout elle s’était habituée à son rôle de remplaçante. Poussant un soupir la jeune femme se décida enfin à parler.


    « - Je ne savais pas tout ça…. C’est ton Conseil à Missède qui m’a demandé de venir ici pour prendre du repos… Ils m’ont dit que c’était sûrement ici que tu préfèrerais me savoir à ton retour… Si j’avais su une chose pareille je ne serais jamais… Je suis vraiment désolée Viktor… »

    Rompant la distance qu’elle avait elle-même créée, Kathleen retourna se blottir dans les bras de Viktor. Venir ici devait sûrement être difficile pour lui et s’il fallait quitter cet endroit pour qu’il soit moins refermé sur lui alors elle était prête à faire ses malles sur l’heure, même si cela signifiait retourner à Missède. Cependant cela l’obligeait à remettre à plusieurs semaines son voyage à La Roseraie. Voyage dont elle devait tout de même parler à Viktor… Comprendrait-il sa demande ? Accepterait-il qu’elle s’absente de longues semaines ? Après tout il venait de faire la même chose…

    La jeune femme leva le menton pour croiser le regard toujours aussi sombre et envoûtant de Viktor. C’était difficile pour elle de le voir ainsi, tendu, abattu presque, mais aussi distant. Mais bientôt ses lèvres s’étirèrent lorsqu’elle sentit ses doigts jouer avec les boucles de ses cheveux au creux de son dos. Décidemment il y avait vraiment un truc particulier avec ses cheveux.


    « - Si tu veux que nous quittions cet endroit on peut partir dès que tu le souhaites. Je ne veux pas rester ici si c’est pour réveiller en toi ce genre de souvenir. Mais tu devrais d’abord aller profiter de ton bain tant que l’eau est chaude ! »

    Amusée, Kathleen lui prit la main et l’entraîna jusqu’à la petite pièce qui faisait office de salle d’eau. La baignoire n’était qu’un baquet en bois rempli d’une eau savonneuse, dans la petite cheminée un feu fraîchement allumé crépité. L’endroit était mine de rien plus agréable que la chambre d’Anna. Se tournant vers Viktor elle l’aida à quitter ses couches de vêtement et elle pesta comme toujours contre cette mode Missédienne. Une fois qu’il fut dans l’eau, Kathleen tira le petit tabouret en bois près de la « baignoire » et s’installa en prenant garde de ne pas mouiller sa robe. Le silence n’était troublé que par le clapotis de l’eau et les crépitements du feu, et puis finalement, après un soupir à fendre l’âme, Kathleen releva les yeux vers Viktor et décida de crever une fois pour toute l’abcès entre eux.

    « - Je pense que nous avons beaucoup de chose à nous dire. Des mois se sont écoulés depuis la dernière fois que je t’ai vu et nous avons vécu des choses… Je crois sincèrement que tout peut s’arranger entre nous, je t’aime et je sais que c’est réciproque, du moins je l’espère toujours. Quand tu es partie, je venais de perdre mon frère et j’avoue qu’au début je t’en ai voulu. J’ai cru que tu me fuyais parce que tu avais peur de me voir en deuil. Et puis, tu n’étais toujours pas là quand les médecins m’ont dit que…. Que je ne pourrais… J’étais toute seule pour endurer ça sans parler de toutes ses rumeurs, de toutes ses femmes qui se vantaient d’être dans ton lit… J’ai longtemps cru que tu ne m’aimais peut-être plus et pour être honnête quand je t’ai vu tout à l’heure dans la cour… j’ai pensé que tu venais simplement me dire que tu me répudiais… Et tu aurais toutes les raisons du monde de le faire… Je n’ai pas été une épouse parfaite, je ne t’ai pas donné d’héritier et je pense que la majorité de la Cour de Missède n’attend que ça... »

    Faisant une pause pour reprendre son souffle, la jeune femme croisa à nouveau le regard de Viktor. Il l’observait. Cela faisait tellement longtemps qu’elle ne lui avait pas parlé aussi franchement. Cela devait le surprendre autant qu’elle.

    « - Je me plierais à tout ce que tu décideras, parce que je t’aime, je veux que tu sois heureux et je ne veux surtout pas être un fardeau pour toi, ni pour ta baronnie. Si tu as besoin de temps pour réfléchir, je comptais me rendre à La Roseraie cet automne. Ce ne sera l’affaire que de quelques semaines… Mais cela te laissera le temps… Maintenant je pense que ce dont nous avons le plus besoin tous les deux, c'est de se parler franchement. Je suis prête à répondre à toutes tes questions, à te dire tout ce que tu veux savoir pour qu'on sorte de cette impasse... »
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Viktor de Missède
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MessageSujet: Re: Sur les rives du Lac d'Afayel   Lun 3 Juin 2013 - 0:41

Viktor ne savait pas vraiment se qu'il attendait comme réaction de l part de Kathleen. Elle n'avait jamais aimé (et c'était tout à fait naturel) qu'on lui rappel qu'elle n'était pas la première à avoir occupé la place dans le cœur de Viktor. Bien sur, au final, il y avait assez peu de situation qui la lui avait rappeler. Mais cela n'en rendait pas la chose plus agréable pour autant. La jolie Ydrilaine avait depuis longtemps remplacé la muette dans le cœur et l'esprit de Viktor. Mais plus que le souvenir de la demoiselle, c'était celui de sa trahison qui restait une plaie à vif pour le baron. En tout cas, Viktor ne s'attendait pas du tout à se que Kathleen vienne se blottir contre lui. Mais pourtant, c'est se qu'elle fit tout en lui promettant de quitter ce manoir qu'il détestait pour retourner à Missède, quitte à se retrouver entourée de gens qu'elle n'appréciait pas particulièrement dans un palais qui ne lui plaisait pas et qu'elle avait toujours trouvé trop étouffant.

« - Si tu veux que nous quittions cet endroit on peut partir dès que tu le souhaites. Je ne veux pas rester ici si c’est pour réveiller en toi ce genre de souvenir. Mais tu devrais d’abord aller profiter de ton bain tant que l’eau est chaude ! »

Elle n'avait pas tord et même s'il avait prit le temps de se débarbouiller un petit peu, Viktor était loin de refuser un bon bain bien chaud. La salle d'eau dans laquelle Kathleen l’entraîna était plus que modeste et la baignoire était en réalité un baquer de bois, mais cela ne l'empêcherait pas du tout de remplir son office à la perfection. Une fois déshabillé et débarrassé de ses couches de vêtements (non sans que Kathleen émette de nouveau grognement sur le fait que les tenues masculines missédiennes étaient définitivement trop compliquées à retirer), Viktor se glissa dans le baquet. L'eau chaude lui faisait un bien fou et le baron ne tarda pas à se détendre avec un léger soupire d'aise alors que l'eau se troublait de la poussière et de la crasse qu'il avait accumulé en chemin et que sa toilette plus que sommaire un petit peu plus tôt n'avait pas suffit à éliminer.

Kathleen était installée juste à côté de lui et semblait être en train de rassembler ses idées. Viktor se contenta donc d'attendre qu'elle finisse par formuler se qu'elle avait à dire. Il avait déjà une petite idée de se qu'elle avait à lui dire, mais il préférait qu'elle crève elle même l'abset. Qu'elle lâche tout se qu'elle avait sur le cœur une bonne fois pour toutes. Ils pourraient en parler de façon plus sereine une fois que se serait fait sans avoir à se perdre dans diverses ramifications de reproches ou de remarques.

« - Je pense que nous avons beaucoup de chose à nous dire. Des mois se sont écoulés depuis la dernière fois que je t’ai vu et nous avons vécu des choses… Je crois sincèrement que tout peut s’arranger entre nous, je t’aime et je sais que c’est réciproque, du moins je l’espère toujours. Quand tu es partie, je venais de perdre mon frère et j’avoue qu’au début je t’en ai voulu. J’ai cru que tu me fuyais parce que tu avais peur de me voir en deuil. Et puis, tu n’étais toujours pas là quand les médecins m’ont dit que…. Que je ne pourrais… J’étais toute seule pour endurer ça sans parler de toutes ses rumeurs, de toutes ses femmes qui se vantaient d’être dans ton lit… J’ai longtemps cru que tu ne m’aimais peut-être plus et pour être honnête quand je t’ai vu tout à l’heure dans la cour… j’ai pensé que tu venais simplement me dire que tu me répudiais… Et tu aurais toutes les raisons du monde de le faire… Je n’ai pas été une épouse parfaite, je ne t’ai pas donné d’héritier et je pense que la majorité de la Cour de Missède n’attend que ça... »

Oui. Si Viktor n'était pas responsable de tout les malheurs de Kathleen, on ne pouvait pas dire que son comportement avait été exemplaires. Loin de là. Oui, il n'avait pas voulut la voir endosser une nouvelle fois le deuil et c'était une des raisons pour lesquels il s'était éloigné. Il aurait dut rester avec elle, mais pour être tout à fait honnête, il ne s'en était pas sentit capable. Il avait lâchement abandonné son épouse alors qu'elle avait besoin de lui et on ne pouvait pas dire qu'il était fière de l'avoir fait. Kathleen n'avait toujours pas réussi à donner un héritier à Missède, mais cela ne justifiait ni n'excusait les actes de Viktor.

Il avait déjà eu l'idée de rompre son engagement avec elle. Lui trouver une confortable retraite et prendre une nouvelle épouse. Mais jamais il n'était allé très loin dans cette idée. C'était le genre de choses auxquels il pensait seulement lorsqu'il était trop ivre et seul. Et encore, même dans ce genre de situation, il ne lui fallait pas plus d'une minute pour rejeter définitivement cette idée. Il aimait Kathleen. Et il avait besoin d'elle.

« - Je me plierais à tout ce que tu décideras, parce que je t’aime, je veux que tu sois heureux et je ne veux surtout pas être un fardeau pour toi, ni pour ta baronnie. Si tu as besoin de temps pour réfléchir, je comptais me rendre à La Roseraie cet automne. Ce ne sera l’affaire que de quelques semaines… Mais cela te laissera le temps… Maintenant je pense que ce dont nous avons le plus besoin tous les deux, c'est de se parler franchement. Je suis prête à répondre à toutes tes questions, à te dire tout ce que tu veux savoir pour qu'on sorte de cette impasse... »

Viktor avait prit la main de Kathleen pendant qu'elle parlait. Du coup, elle avait la main toute mouillée, mais c'était surement la dernière chose dont elle était en train de se soucier.

« Pas de divorce. Pas de répudiation. Je ne veux même pas en entendre parler. »

Pour lui, il était tout à fait impossible de parler de cela. Comme il était impossible de mettre en pratique cette éventualité. Il ne voulait pas se séparer de Kathleen. Sous aucun prétexte. Elle était sa femme, il était son époux, fin de l'histoire. Les conseillers de Viktor avait par ailleurs renoncé à leurs tentatives de le convaincre de changer d'avis. Que la baronne soit stérile ne semblait pas l'impacter et il ne portait aucune attention aux portraits qu'on lui présentait comme aux demoiselles de nobles lignages qui lui était parfois présentées.

En un sens à Missède, Kathleen était invulnérable.

Viktor ne s'expliquait pas vraiment cela. Ou tout du moins, il ne s'expliquait pas le fait de refuser d'en envisager l'éventualité. En y réfléchissant, la solution était peut-être assez simple en réalité. Se séparer de Kathleen... oui mais pour quoi ? Pour retrouver une petite pucelette jouant encore à la poupée qu'il mettrait dans son lit, qui lui ferait des sourires insipides et tenterait de l’assommer à coup d'histoires de broderies? Non. Il ne pouvait pas imaginer les choses ainsi. Et Kathleen... Kathleen serait plus proche de lui qu'aucune femme ne le pouvait. Elle était plus âgée, elle n'arrivait pas à lui donner un enfant. Mais elle était Kathleen. Et si cela ne suffisait pas à justifier tout, Viktor se faisait la remarque que de toute façon, il ne trouverait jamais quelqu'un qui pourrait mieux comprendre se qu'il ressentait qu'elle. Parce que toute fraîche, jeune et fertile que serait une nouvelle épouse, elle attendrait de lui qu'il fasse quelque chose qu'il serait incapable de faire : oublier. Et cela, Kathleen ne le voudrait jamais. Se qu'elle voulait était surmonter. Mais surtout pas oublier.

« En revanche pour se qui est de la Roseraie... »

L'expérience ne le tentait pas du tout. Pourquoi aller voir cette catin d'Aelalia ? Surtout que le fief était à présent défendu par des hommes du régent. Et Viktor ne pouvait pas faire confiance à cet homme.

« Je pensais plutôt chercher un poignard bien affûté et un homme téméraire pour le manier afin d'aller trancher quelques gorges là bas. Pourquoi vouloir aller voir cette garce ? »

La haine que Viktor éprouvait pour Aelalia était terrible et ne s'atténuerait sans doute pas en une journée. Comment aurait-elle put d'ailleurs ? Sans doute cette haine aurait-elle été moins forte si l'amant qu'avait choisit la jeune femme avait été un autre que le régent. Mais cela n'était pas le cas et rien que pour cette seule raison, elle en était pendable à ses yeux. Encore ce spectre muet qui planait sur l'entourage du baron. Et sans doute que, n'ayant put faire payer à la muette en question, sa belle sœur se trouvait à endosser toute la rage et toute la bile qu'il n'avait put déverser sur elle.
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Kathleen de Missède
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MessageSujet: Re: Sur les rives du Lac d'Afayel   Mar 4 Juin 2013 - 22:36

    Alors que Kathleen achevait sa phrase, elle sentit la main de Viktor se poser sur la sienne. Ce contact tout simple retint son attention de longues secondes. Leurs doigts s’entrelacèrent, se caressèrent doucement, se retrouvèrent. Un petit sourire se dessina sur ses lèvres alors que ses yeux ne quittaient pas leurs mains enlacés. Ca pouvait être tellement simple entre eux parfois, et si compliqué l’instant d’après….
    Bientôt la voix de Viktor la fit revenir à la réalité et elle fut soulagée de l’entendre repousser catégoriquement l’idée d’une séparation. Soulagée et presque surprise. Il tenait donc toujours autant à elle, au point de garder auprès de lui une épouse stérile et pas vraiment appréciée par tout le monde. Ses longues années de deuil et son absence prolongée dans les Salons l’avaient peu à peu exclue des conversations de la Cour. Elle était passée de Baronne rayonnante à épouse gênante. Les filles de bonne famille s’étaient aussitôt parées de tous leurs atours et étaient venues remplir les couloirs et les salles de bals de Missède dans l’espoir de trouver grâce aux yeux du Baron. Si les premiers temps, Kathleen n’avait absolument rien vu, il n’en était pas de même depuis sa fausse couche.
    Le silence était retombé entre eux. Comme à son habitude, Viktor n’était pas très loquace, c’était presque un défi de le faire parler. Mais la jeune femme patienta, certaine qu’il allait lui dire ce qu’il pensait de ce qu’elle venait de lui confier mais au lieu de ça il s’arrêta sur la petite remarque qu’elle avait faite au sujet de La Roseraie. Surprise par ces propos, elle resta un moment sans rien dire et finit par hausser légèrement les épaules.


    « - J’ai dit que je souhaitais aller à La Roseraie, pas que je voulais rendre une visite amicale à Aelalia de Gwydir. »

    Sa mine s’était légèrement assombrie, comme à chaque fois qu’elle pensait à cette femme qui avait causé la perte de Grégoire. Elle lui en voulait terriblement, mais la haine qu’elle éprouvait pour elle avait peu à peu disparu. Elle ne supportait plus cette noirceur qui l’enveloppait depuis tant d’année. Elle voulait seulement retourner là bas, chez elle, se recueillir devant la tombe de ses parents et de son frère, revoir les lieux de son enfance et puis voir ses neveux également. Les deux garçons n’étaient absolument pour rien dans toute cette sombre histoire et ils n’en restaient pas moins les fils de Grégoire… Enfin au moins l’un des deux.

    Croisant le regard de son époux, Kathleen hésita un instant. Que lisait-elle dans ses yeux noirs? De la colère ? De la désapprobation ? Elle aurait été bien incapable de le déchiffrer tant il s’évertuait à lui cacher à elle, et à tout le monde, la moindre de ses pensées. Elle savait pourtant que son intention n’était pas de la blesser, mais il s’était tellement refermé ces dernières années…
    Ses pensées retournèrent sur le sujet initial et elle finit par déclarer doucement :


    « - Tu sais, je ne porte pas du toute cette femme dans mon cœur, et savoir qu’elle se fait appeler Dame de La Roseraie me fait bouillir de colère sachant ce qu’elle a fait à Grégoire. Mais ce domaine… c’est chez moi… Il y a tant de souvenirs là bas et puis il y a Aymeric et Alaric… Je n’ai pas envie de ne pas les voir grandir. Ils sont la seule chose qu’il me reste de mon frère. Et puis depuis le décès de mon père et celui de Grégoire, je ne suis jamais retournée là bas. J’en ai besoin, mais je te promets de n’y faire qu’un court séjour. »

    Il avait sûrement besoin d’être rassurer, d’autant plus que la Dame de Gwydir était sous la protection du régent. L’homme qui avait courtisé la première fiancée de Viktor, mais également celui qui avait ôté la vie de Grégoire… Elle était bien consciente du risque qu’elle prenait mais elle ne partait pas là bas en ayant de mauvaises intentions et puis Aelalia avait déjà répondu à sa requête.

    Finalement Kathleen se demanda si une conversation était réellement possible ? Elle avait cru un instant qu’en crevant l’abcès, elle pourrait renouer un dialogue entre eux, mais malgré le flot de parole qu’elle avait débité, Viktor n’avait retenu que deux choses et ne semblait pas enclin à discuter davantage, du moins c’était l’impression qu’il lui donnait. Son air distant et fermé ne le quittait plus désormais.
    Son petit sourire avait disparu depuis longtemps car même s’il l’avait rassuré en éloignant l’ombre d’une rupture, cela ne signifiait pas qu’il voulait à nouveau l’avoir près d’elle, il ne lui avait rien dit dans ce sens en tout cas.
    Quittant son tabouret, Kathleen se dirigea vers la cheminée devant laquelle était entassée une pile de serviette propre. Elle en prit deux et les déposa sur le tabouret pour les rapprocher de Viktor.


    « - Je vais te laisser te détendre un peu, je pensais qu’on avait besoin de cette discussion, mais finalement…. J’en avais peut-être plus besoin que toi. Je vais aller te chercher des vêtements propres j’en ai pour quelques minutes. »

    Sans un mot de plus, Kathleen tourna les talons et quitta la petite pièce sans laisser à Viktor le temps de réagir. Une fois à l’extérieur, la jeune femme souffla. Faisait-il exprès de rendre les choses si compliqué ? Elle avait l’impression qu’il ne souhaitait pas que la distance entre eux s’efface. Peut-être qu’il ne s’en rendait pas compte, mais son manque de communication était réellement difficile à vivre pour elle. Ne le voyait-il pas ?

    La tête dans ses pensées, elle avait descendu le grand escalier et avait atterri devant la porte des cuisines. Anna vit sa maîtresse entrer et se fit un devoir de trouver des vêtements convenables pour le Baron. Pendant ce temps la Baronne patienta en observa le paysage par l’une des fenêtres ouvertes. Il fallut une dizaine de minute à la servante pour retrouver les affaires personnelles de Viktor et notamment le sac de voyage transportant ses vêtements de rechange.

    Kathleen hésita un long moment, puis reprit le chemin de la petite salle d’eau à l’étage avec le tas d'habits propres dans les mains. Avant d’entrer elle se surprit à pousser un profond soupir, comme si elle redoutait son prochain tête à tête avec son époux.
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Viktor de Missède
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MessageSujet: Re: Sur les rives du Lac d'Afayel   Mer 12 Juin 2013 - 19:17

S'il était peu loquace, Viktor était également peu convaincu par les arguments qu'avançait son épouse. Il doutait fortement que, se rendant à la Roseraie elle ne rencontrerait pas Aelalia. En revanche, il ne doutait pas un seul instant que cette visite serait tout sauf sympathique. Lui aussi se serait volontiers rendu sur la tombe de Grégoire. Il ne le connaissait pas vraiment, mais il restait tout de même son beau frère. Malgré cela, il y avait peu de chance qu'une telle chose soit tout à fait judicieuse. Comme on dit, chassez le naturel il reviens au galop. Il se serait sans doute jeté à la gorge d'Aelalia à peine descendu de cheval. Mieux valait qu'elle le fasse le trajet toute seule. Enfin, toute seule façon de parler. Pas question que la baronne de Missède aille crapahuter toute seule jusqu'à la Roseraie. Et les Cinq seuls savaient se qui pourrait advenir si Kathleen se présentait toute seule à la porte de la Roseraie. Non, à défaut de pouvoir aller avec elle en emportant une armée avec lui, il allait donner à Kathleen une bonne escorte afin qu'elle ne risque rien.

Les arguments de Kathleen étaient bons et au fond, il n'avait pas le moindre argument à lui opposer. Il était difficile de croire que le régent allait risquer une guerre avec Missède et de cracher au visage de Soltariel et d'Ydril pour la simple raison qu'il n'aimait pas le baron de Missède. Aetius était un merdeux, mais Viktor espérait qu'il n'était pas abrutis à ce point.

Restait le retour à Missède. Pas que cela lui pose un problème particulier, de retrouver Kathleen. Mais cet environnement n'était pas forcément se qu'il y avait de plus sein pour la jeune femme. Loin de là. Les missédienne voulaient sa place ou voulaient que leur fille aient sa place, les missédiens voulaient que leur sœur ou leur filles aient sa place. Surtout depuis que les médecins avaient annoncé qu'elle ne pourrait pas avoir d'enfants. Toute la cour était à l'affus d'un mot ou d'une attitude de Viktor pour appuyer sur le bouton du siège éjectable qu'ils avaient mis sous les fesses de Kathleen.

Alors il fallait une autre cour.

Lorsque Kathleen revint, Viktor était en train de se sécher. Il lui adressa une amorce de sourire. Ce n'était pas un sourire complet, mais c'était déjà mieux que rien du tout.

« D'accord pour le voyage à la Roseraie. Mais seulement avec une bonne escorte. »

Bon, il doutait qu'elle ait prévu de partir seule, mais dans le cas contraire, elle était fixée. Hors de question de voyager léger.

« J'avais pensé aussi que tu pourrais ne pas faire qu'un aller retour. »

Il n'avait pas la moindre idée de la façon dont elle pourrait comprendre cela aussi, il enchaîna rapidement.

« Tu as peut-être encore des amis ou des gens à qui tu tiens à la Roseraie ou autre part en Ydril. Des amies, ce genre de personnes. »

Bien sur, un certain garçon d'écurie avec qui il s'était préalablement battu était à exclure de cette liste, mais elle s'en doutait certainement.

« S'ils acceptent, peut-être pourrais-tu les ramener dans tes bagages. Tu aurais une petite cour Ydrillaine à Missède et plus à supporter les missédiennes. »


Les filles de la noblesse missédienne risquaient fort de ne pas apprécier. Mais de toute façon, les filles de la noblesse missédienne n'aimait pas Kathleen. Alors un petit peu plus un petit peu moins, cela ne ferait pas la moindre différence.
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Kathleen de Missède
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MessageSujet: Re: Sur les rives du Lac d'Afayel   Mar 18 Juin 2013 - 13:15


    A peine avait-elle mis les pieds dans la petite pièce que Viktor lui donna son accord pour son voyage. Elle ne voyait pas comment il aurait pu le lui refuser mais elle ne broncha pas. Sans un mot elle s’approcha de lui et déposa le tas de vêtement propre sur le tabouret près de lui. Elle se recula ensuite pour venir s’appuyer contre la porte. Il continua alors à parler et à aucun moment elle n’amorça la moindre interruption, elle avait besoin de l’entendre.  Son idée était surprenante mais elle voyait là une tentative de sa part pour qu’elle se sente mieux à Missède. Un sourire étira ses lèvres alors qu’elle disait doucement non de la tête. Il était en train d’enfiler un à un ses vêtements et elle le regardait faire sans la moindre gêne. Elle avait connu ce corps par cœur, même si cela faisait des mois qu’elle ne l’avait plus touché. A la vue des cicatrices barrant le torse de son époux, Kathleen n’éprouvait plus la même gêne qu’avant. Croisant le regard sombre de Viktor, elle comprit qu’il attendait une réponse de sa part. Etonnamment elle n’avait plus envie de parler, son effort quelques minutes plus tôt avait été douché par le silence de Viktor mais elle se força néanmoins.
     
    « - J’irais à la Roseraie avec autant de soldat que tu le jugeras nécessaire, du moment que tu n’oublies pas que je ne pars pas en guère mais en visite. »
     
    Ah ben oui, si elle acceptait d’être escortée cela ne voulait pas dire qu’elle devait accepter d’être entourée d’une trentaine de soldat. Une dizaine suffirait à assurer sa sécurité pendant son voyage et pendant son cours séjour.
     
    « - Pour le reste je n’ai personne à ramener dans mes valises. J’aurais aimé retrouver Aurore, peut-être aurais-je de ses nouvelles une fois là-bas…  Quoi qu’il en soit je te remercie de t’inquiéter pour moi Viktor. Mais je suis la Baronne de Missède, pas d’Ydril, si je faisais ce que tu proposes … Ce serait comme cracher aux visages des notables de Missède. J’ai toujours été une étrangère à leur yeux, et un second choix aussi, mais en t’épousant j’ai accepté tout ça. Et il est hors de question que je te fasse honte. »
     
    Pour quelqu’un qui n’avait pas envie de parler, elle venait d’exploser un record. Prenant une grande respiration, Kathleen traversa la pièce vers la petite fenêtre qui donnait dans la Cour. Elle jeta un regard vers le lac qu’on voyait scintillait un peu plus loin. Elle avait passé de bons moments ici, elle s’était sentie mieux, elle avait retrouvé le sourire, mais il était maintenant évident qu’elle ne pouvait pas y rester éternellement… D’autant plus maintenant qu’elle savait l’histoire qui y était rattachée.
     
    « - Après mon voyage à La Roseraie, je rentrerai à Missède. »
     
    Dans sa bouche cette phrase sonnait comme une sentence. Sans le vouloir elle y avait insufflé toute la tristesse qu’elle ressentait à l’idée de quitter Afayel, elle s’en rendit d’ailleurs compte lorsqu’elle se tourna vers Viktor. L’avait-elle blessé à disant ça ? Missède c’était chez lui, il y avait grandit, il lui avait offert son titre, sa vie et elle avait l’impression de se montrer ingrate.
     
    Stop ! Rembobinons. Avant son arrivée elle était toute guillerette, elle avait projeté une balade à cheval, une journée à profiter du soleil, peut-être un peu de lecture aussi. En bref elle ne s’était pas imaginée un instant qu’elle se sentirait si triste. Le nuage blanc qui masquait le soleil fut poussé par le vent et presque aussitôt après un rayon de soleil vient caresser sa crinière dorée. Elle attrapa l’une de ses mèches et l’entortilla autour de son doigt comme elle avait souvent l’habitude de le faire.

     
     « - J’aimerais aller me promener au bord du lac, tu veux m’accompagner ? »
     

    Ponctuant sa phrase d’un beau sourire, Kathleen sentit que le nuage qui pesait sur sa tête se dissipait enfin. Elle savait ce qu’elle voulait savoir, elle ne serait pas répudiée… le reste pouvait attendre !
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MessageSujet: Re: Sur les rives du Lac d'Afayel   Mer 26 Juin 2013 - 16:03

C'était assez rageant quant même. Il cherchait à trouver des idées pour que Kathleen se sente mieux à Missède, mais lorsqu'il lui en proposait, elle les refusait. Et cela ne l'empêchait pas de parler de son retour à Missède comme si on l'invitait à mettre sa tête sur un billot. Raaaaah, les femmes. C'est toujours aussi enquiquinant avec elles et pourtant, on ne peu pas se passer de leur présence. Difficile de trouver un juste milieu dans ces conditions. Et pour être honnête, si cela s'était révélé possible, Viktor aurait bien laissé Kathleen dans ce manoir. Elle y était bien de toute évidence. Elle avait retrouvé le sourire et ses journées semblaient calmes et sereines. Mais pour cela, il aurait fallut qu'il se sépare d'elle. Un peu égoïstement sans doute, Viktor refusait cette option. Il ne savait pas se qu'en pensait Kathleen et n'avait pas envie de le lui demander.

Mais la simple perspective avait parut la faire paniquer quelques temps plus tôt.

Alors comment faire pour qu'elle se sente mieux ? Un vrai casse tête cette histoire.

« - J’aimerais aller me promener au bord du lac, tu veux m’accompagner ? »

Viktor hocha la tête. Une balade leur ferait sans le moindre doute du bien. Et puis, quant on chevauche, il n'y a pas besoin de parler. On se contente d'être stable sur sa monture et de profiter du paysage. Cela leur ferait sans doute plus de bien que de devoir rester dans cette pièce à se regarder dans le blanc des yeux sans savoir se qu'ils devaient se raconter. Et puis, une bonne chevauchée les avaient tout les deux rapproché lorsqu'ils faisaient le trajet pour emmener Kathleen d'Ydril à Missède.

« Est-ce que tu veux que cette petite... euh... Cybèle il me semble, nous accompagne ? »

Viktor ne savait pas vraiment pourquoi il avait proposé cela. Mais Kathleen semblait s'être fait une amie de la petite. Alors peut-être que cela la mettrait plus à l'aise si la petite demoiselle les accompagnait. Et puis, si elle était aussi bavarde que Viktor le supposait, ils n'auraient pas à subir de silence gênant. Si ni l'un ni l'autre ne savait quoi dire, ils pourraient parfaitement parler avec la petite de ses leçons, de ces précepteurs et d'autres choses de ce genre.
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Kathleen de Missède
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MessageSujet: Re: Sur les rives du Lac d'Afayel   Jeu 4 Juil 2013 - 13:17

    Viktor ne se dérida pas un instant. L’ombre d’un sourire sembla planer un instant sur ses lèvres mais il redevint sérieux lorsqu’il lui demanda si la jeune Cybèle faisait partit de la promenade. Kathleen n’avait d’abord pas pensé à une balade à cheval. Elle avait envie de marcher et maintenant qu’elle avait passé une jolie robe s’était un peu bête de se changer à nouveau… Bah… Haussant les épaules mentalement, la jeune femme se rappela que ce genre de détail ne l’aurait jamais arrêté avant et qu’il était hors de question que ça l’arrête maintenant.
    Ils iraient donc à cheval et finiraient la balade à pied une fois sur les rives du lac !


    « - Oui, elle m’en voudrait si je ne lui accordais pas cette balade à cheval ! »

    Il y eut un instant de gêne, un petit flottement pendant lequel aucun des deux ne fit un mouvement et puis, prenant un pas de sa robe, Kathleen la souleva légèrement pour avancer vers la porte sans se prendre les pieds dans le tissu. Sans un regard en arrière elle descendit l’escalier, regagna la grande salle et demanda à une servante qui passait là de faire chercher Cybèle. La fillette déboula dans la pièce une minute après, la bouche encore pleine de la tartine de confiture qu’elle venait d’engloutir. Elle avala difficilement sa bouchée et fit une rapide révérence comme elle avait appris à les faire.

    « - Finalement nous allons la faire tout de suite cette sortie à cheval. J’espère que ça ne vous ennuie pas si la Baron se joint à nous. Il veut lui aussi voir vos progrès jeune fille. »

    Le regard de la fillette glissa derrière Kathleen, sûrement pour se poser sur Viktor, elle devint toute rouge et reporta aussitôt ses yeux noisettes sur la Baronne.

    « - J’espère qu’il ne sera pas trop sévère avec moi si je m’y prends mal… »murmura-t-elle timidement.

    Kathleen sentit ses lèvres s’étirer dans un grand sourire et elle s’approcha de Cybèle pour lui attraper la main. Une seconde après la petite fille était à nouveau toute souriante.


    « - On ne dirait pas comme ça, mais c’est l’homme le plus gentil que je connaisse. Si si, je vous assure ! Allez, courrez prévenir Elios que j’ai une nouvelle fois changé d’avis et qu’il tienne près nos chevaux. »

    La fillette s’exécuta ravie et s’éclipsa en sautillant. Se tournant vers Viktor, la jeune Baronne eut un léger pincement au cœur en voyant qu’il affichait toujours cette mine fermée, presque sévère. Elle faillit en perdre son beau sourire. Mais après s’être donné du courage en aspirant une profonde bouffée d’air, elle s’approcha de lui, lui prit la main et l’attira vers elle. Tout contre lui elle se sentait déjà mieux même s’il y avait encore cette distance désagréable entre eux.
    Pour éviter d’y penser, Kathleen se dressa sur la pointe des pieds et sans prévenir planta un baiser sur les lèvres de son époux.


    « - J’espère que tu me crois quand je te dis que tu m’as cruellement manqué. Je suis vraiment heureuse de te revoir. Maintenant laissons le Baron et la Baronne dans ce hall veux-tu ! »

    Tirant sur la main de Viktor, Kathleen l’entraîna vers les écuries devant lesquelles Elios était en train de finir de seller Fureur. L’étalon de Kathleen piaffait d’impatience, tout comme sa maîtresse qui grimpa en selle d’un bond malgré sa robe encombrante.
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MessageSujet: Re: Sur les rives du Lac d'Afayel   Lun 15 Juil 2013 - 20:20

Rapidement montés sur leurs montures, Kathleen et Viktor débutèrent leur petite balade en compagnie de Cybèle. La petite demoiselle se tenait aussi droit que possible sur le dos de son petit cheval tout poilu. Elle avait l'air un petit peu anxieuse, mais en même temps, assez fière d'elle à se promener comme ça avec le baron et la baronne de Missède. Allez savoir se qui la motivait cette posture. Il y avait des chances que se soit un peu des deux en réalité. Le couple adapta son allure à celle du petit cheval et de sa cavalière. Il était inutile de se presser de toute façon. C'était une balade, pas une course, ils avaient tout le temps qu'ils pouvaient vouloir.

Le petit trio prit donc tranquillement la direction du lac.

Encore une fois Viktor ne savait pas quoi dire, et puis, la situation dans laquelle le couple se trouvait ne se prêtait pas non plus vraiment à de longues discutions. Et c'était peut-être mieux comme ça. Après tout ce temps passé loin les uns des autres, ils ne pouvaient plus qu'attendre un petit peu et ré-apprendre à se connaître.

Après un moment, Viktor tenta de briser le silence, un petit peu maladroitement, mais se serait quant même un pas en avant.

« Tu monte très bien Cybèle. Dit moi, tu monte souvent avec la baronne ? »

Kathleen avait toujours aimé les balades à cheval, il aurait été assez étonnant que se ne soit pas le cas.

Bien sur, on aurait put penser que Viktor n'avait pas le moindre intérêt pour cette gamine qu'il ne connaissait pas deux heures plus tôt. Pourtant, c'était le contraire. Cette petite demoiselle sur son cheval cour sur patte et tout poilu avait fait partit du quotidien de sa femme ces dernières semaines. D'une certaine façon, elle la connaissait mieux que lui. Alors il s'intéressait beaucoup à cette petite demoiselles. C'était grâce à elle en partie, Kathleen était redevenue joyeuse et colorée.
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