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 Au sanctuaire des érudits [Nakor]

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Decado
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MessageSujet: Au sanctuaire des érudits [Nakor]   Dim 12 Mai 2013 - 17:07

    Citation :
    « Les murmures du temps bercent mon âme d'une candeur indolente, jonglant sur les arrêtes tranchantes du précipices des "si jamais" et du "pourquoi". Longtemps les questions furent restées en suspend, interrogeant le sang, les ascendances, et la noblesse sur les caprices d'un destin versatile. M'égarant à travers les rouages dérisoires des ïambes d'un passé fallacieux dont la préquelle conservait depuis toujours un goût d'inachevé. Ainsi je n'ai-je pu me départir de mes conjectures et du cheminement prosaïques de cette logique imparable qui vous pousse un jour à vous pencher sur les énigmes de vos origines et des possibilités qu'aurait pu effleurer votre passé lorsque les mailles, qui avaient jusque-là façonné votre existence, se délitent, et qu'un lacis de vérités ignorées fini par suinter des plaies de votre ignorance. »

    « Chroniques », par Decado Salyrann.


    Un calme irréel se profilait à travers les couloirs déserts de la grande bibliothèque de Thaar. Laissant poindre une vague illusion de tranquilité fortuite au coeur d'un dédale de table et d'étagères entrecroisées. Au fil des heures, la salle refluait d'étrangers, scribes, sages et de toute cette foule cosmopolite conforme à Thaar, qui vaquaient à leurs occupations respectives sans se soucier du capharnaüm ambiant si propre aux arpèges de la cité. Au milieu du maelström silencieux un homme dépeignait avec la faune habituelle d'érudits vieillissants que l'on pouvait croiser au détour de chaque section. Mince et athlétique, il se déplaçait avec la grâce et l'assurance d'un guerrier, sa peau avait la pâleur de la nacre et contrastait uniformément avec les mèches neigeuses qui ondoyaient sur son faciès aux lignes délicates. Tout dans son apparence respirait le calme et le contrôle, mais seuls ses yeux médisaient la constance de son attitude. Rouges et rubescents, ils demeuraient froids et sans vie. Quiconque les croisaient gardait la désagréable sensation que ces yeux-là l'examinait sans complaisance, plus implacable que nul autre regard, qu'ils engloutissaient quelque chose qui émanait de celui qui les croisait sans qu'il ne pût le retenir ni le dissimuler...quiconque les croisait avait cette horrible impression que, comme les plantes carnivores, ces yeux-là étaient dangereux...et comme de ces plantes il en émanait une aspiration inquiétante et prédatrice.
    Il y avait comme une abîme dans ce regard, quelque chose de profond et d'insondable, que l'on avait finit par verrouiller sous une pantomime d'indifférence.


    "..."

    Silencieux Decado demeurait là, accoudé sur l'une de ces nombreuses tables de bois vermoulu qui jalonnaient la pièce. À côté de lui, une chandelle dégouttait tristement dans son bougeoir et éclairait d'une lumière tamisées les quelques manuscrits éparpillés en vrac sur l'une des étagères. La plupart traitaient sur les us et coutumes de la Péninsule, mais un ouvrage récent avait été feuilleté en hâte, et baillait sur son dernier chapitre où l'on y contait les évènements qui avaient marqué le royaume des Hommes durant les dernières décennies, de la passation de pouvoir par Ultuant jusqu'à la mort brutal du roi Trystan. À côté du manuscrit trônait une feuille de vélin sur laquelle avait été recopiée une carte représentative du Duché d'Erac et la généalogie de plusieurs familles régnantes.
    Les Velteroc y avaient été tracés à l'encre rouge.

    Plongé dans ses écrits l'homme au physique étrange ne semblait accorder qu'un intérêt partiel aux allées et venues des badauds dans la vaste bibliothèque.
    Ou presque...
    ...au fond de la grande salle, une silhouette capta son attention.


Dernière édition par Decado le Lun 20 Mai 2013 - 11:28, édité 1 fois
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Nakor
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MessageSujet: Re: Au sanctuaire des érudits [Nakor]   Dim 12 Mai 2013 - 18:59

Nakor était en charge de récupérer, si possible, des ouvrages notables sur l'histoire du Royaume. Il avait été envoyé parce qu'il était tout simplement l'humain de la guilde du Firmament et qu'il était donc le plus à même de reconnaitre un texte correct d'un faux texte, ou d'une déformation de l'histoire telle qu'elle s'était réellement déroulée. Il avait donc accepté et s'était rendu dans un premier temps, au sein de la bibliothèque la plus proche du Firmament, c'est à dire à la grande bibliothèque de Thaar, au sein de l'Ithri'Vaan. On y trouvait de nombreux ouvrages, certains d'une grande qualité stylistique, mais faisant preuve d'un maximum de fantaisie, d'autres d'une piètre méthode graphique et d'un descriptif insupportablement soporifique mais prodigieusement proche de la réalité historique. Cette partie du monde était habitué à ce que toutes les races se côtoient sans que les guerres n'éclatent à tout bout de champs. Un humain était donc aussi normal qu'un drow ou qu'un nain dans les grandes salles de la bibliothèque. Nakor s'était mit en quête des livres d'histoires du royaume. Il ne voulait pas demander d'aide à qui que se soit. Il avait donc commencé à regarder les reliures sur les lourdes étagères. Et bien sur, il s'était mit à avancer de côté, sans prendre garde aux gens qui seraient sur son chemin et à prononcer mi dans sa barbe, mi à voix haute, les titres qu'il lisait

"Nuages et volutes de fumées ... Eclairs sur un ciel de Lune ... Tergiversation nannique sur les chèvres ... Barbe et savon ... Fer, or, argent et mélange pour couronne ... Bois et métier de la forêt ... Revigoration de ..."

Puis il frappa violement dans quelqu'un, mais qui avait osé, qui avait été assez fou pour se mettre en travers de son chemin et le bousculer ainsi? Quelle audace, quelle mépris, quelle folie! Le vieux fou tourna la tête en vociférant

"Hoooo mais enfin, c'est pas possible, mais vous êtes demeuré ou quoi? Espèce d'imbécile!"

Puis, sans faire de manière, Nakor poussa avec force l'érudit de petite taille, autant outré que désolé et reprit son chemin. Oui, le sorcier était un vieux bougon insupportable, autant soupe au lait que possible. Il continua un peu et finit par trouver un début intéressant

"La magie sous Ultuant ... Rapport familiaux en Anaëh ... Politique extérieur du Royaume Péninsulaire ... Les régions au fil des siècles ... Ultuant et Trystan de Diantra ... "

Le magicien s'arrêta là, saisi quelques livres, un, puis deux, puis trois, un quatrième, un cinquième et allait en prendre un sixième quand toute sa pile de livre se renversa sur une table, derrière lui. Et au contraire de tout à l'heure, le vieux fou se senti l'âme d'une excuse, il releva le visage, remonta le corps fin mais solide qui lui faisait face et arriva enfin au visage. Un ton pale, des cheveux de neige, des lignes délicates, des lèvres plutôt épaisses au milieu de cette finesse et puis ces yeux. Des yeux flamboyant, qui détonaient au beau milieu de tout ce calme, qui inspiraient de nombreuses sensations. Le sorcier multi centenaire observa ce regard avec profondeur. Lui l'observait avec ses très vieux yeux d'humains, des yeux qui avaient vécu sept fois plus qu'ils ne l'auraient dû, des yeux d'où émanaient une autorité naturelle, une puissance non feinte et un grand calme. Un sourire aussi, car il y avait une immense malice dans le regard perçant et d'un bleu d'azur du vieillard. Des yeux milles fois trop vifs pour se retrouver sur le visage buriné d'un si vieil homme. Après de longues secondes de silence, alors que tout le monde avait reprit ses occupations dans la bibliothèque, Nakor prit la parole

"Veuillez pardonner la maladresse du vieillard que je suis. Je ne voulais pas déranger vos lectures ... sur le Royaume?"

Et oui, Nakor avait baissé son regard sur les livres et tout ce qui était présent sur la table. Cela rendait l'humain excessivement curieux, il n'allait pas lâcher cet étrange humain qu'il avait en face de lui. Et faisant subitement preuve d'encore plus de malice dans le regard qu'il n'était possible d'en avoir, il termina là dessus

"J'ai parcouru le monde des hommes durant de longues années, six cent vingt sept pour être exact ... je sais à peu prés tout ce qu'il y a à savoir historiquement mon garçon! D'ailleurs êtes vous sur que ce livre est un bon livre? La fiction, voilà un genre qui passionne autant les auteurs que les historiens en manque de découverte, le saviez-vous?"

Puis restant là, il tira une chaise en face du jeune garçon et rassembla tous les livres qu'il avait lamentablement fait choir.
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Decado
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MessageSujet: Re: Au sanctuaire des érudits [Nakor]   Dim 19 Mai 2013 - 16:31

    Tandis que, dans un simulacre de suffisance, ses yeux rogues détaillaient la haute silhouette de l'érudit, un rictus imperceptible dépeignit sur les lèvres froides de l'épéiste. Semblable aux hypotyposes fantasques narrées à son image, le vieil Archimage contrastait totalement avec la faune hétéroclite des soubassements de Thaar. Ce n'était pas la simplicité de ses tenues, ni l'extravagante impression de sérénité qui transparaissait de sa personne, ni même la fragilité macroscopique de son maintien qui accrochait le regard, mais l'impression étrange et impalpable que l'homme n'était pas ce qu'il semblait être...comme si l'on avait tenté de compresser un océan à l'intérieur d'un dés à coudre, ou essayé de moucher la flamme d'une chandelle avec de la pois. Il y avait quelque chose qui couvait sous la surface, quelque chose d'étrange, d'innommable...de terrifiant.
    Une vétille prompte à endormir les crédule et les simples d'esprit...
    ...le genre de subtilité si preste à la caste des Thaumaturges, des êtres que Decado avait toujours considérés comme capables des pires atrocités. Peut-être leur entendement supérieur leur épargnait-t’il les tourments suscités par leurs actes. Peut-être l'arrogance, fréquente parmi les intelligences hors du commun, leur permettait-t'elle de se dissocier des personnes ordinaires...comme un homme ordinaire écraserait un cafard sans remords. Ou peut-être était-ce parce que les sorciers attaquaient généralement à distance. À la différence des guerriers dont les coups fatals plongeaient souvent dans le sang chaud de leurs ennemis, les magiciens pouvaient jeter un sort de loin et observer ses effets destructeurs sans en être directement affectés.
    Ils formaient un groupe complexe et dangereux, ces lanceurs d'enchantements, hautains et en définitive, cruels. Durant son ascension à travers les lignes sordides et sinueuses de la guilde de Solaufein, et depuis sa prime jeunesse, Decado avait souvent vu son mentor élever des magiciens et des sorcier dans ses hautes sphères pour ces mêmes raisons...
    L'assassin refoula une vague de dégoût avant de se rendre compte du caractère purement subjectif d'une telle vision. Au fils des décennies passée à surnager au-dessus de la fange sanglante et douloureuse des intrigues de Sol'Dorn, il avait finit par développer un caractère méfiant et fuligineux.

    Decado ferma les yeux sur les volutes de son passé.

    Nakor, d’après les tirades et les épitaphes qui louvoyaient à son sujet, n’avait rien à voir avec les Thaumaturges à la peau sombre de Sol’Dorn, les nombreuses lignes qui en faisait mentions le décrivaient comme un homme juste, et dont les objectifs avaient œuvré sur une ligne parallèle aux aspirations du roi Trystan qu’il avait jadis considéré comme un élève et un ami.
    Jusqu’à la mort du souverain.

    Suite à cela, de nombreux changements avaient opéré à travers toute la Péninsule, et l’Archimage s’était évaporé dans la nature.
    Les quolibets allèrent bon train…certains tentèrent à dire que, mortifié par la perte de son protégé, le vieil homme avait sombré dans une profonde apathie qui l’avait conduit à quitter le Royaume pour ne plus jamais y revenir. D’autres affirmèrent que le magicien avait joué un certain rôle dans la chute du monarque, et que c’était la crainte qui l’avait poussée à prendre la clef des champs…
    Ce genre de spéculation n’avait rien d’anodin au sein d’une cour de petits nobles vociférants et fabulateurs.
    En outre il existait une autre rumeur.

    L’Archimage avait été exilé par le régent.

    S'enfonçant davantage dans son siège, l'assassin croisa les bras et ne pipa mots lorsqu'une pile de manuscrit s'effondra de sa table de travail.
    Au contraire, il accrocha le regard du vieil homme, une tranquillité polaire miroitant dans le brasier de ses prunelles sanguines.


    « Veuillez pardonner la maladresse du vieillard que je suis. Je ne voulais pas déranger vos lectures ... sur le Royaume ? »

    Un sourire glacé dépeignit sur les traits pâles de Decado.

    « La maladresse est en effet excusable…l’excès de curiosité un peu moins. »

    Lentement, il ramassa le plumier renversé et écarta les manuscrits pour tirer ce qu’il restait de la généalogie des Velteroc ; un vélin désormais gorgé d’encre et inutilisable.

    « J'ai parcouru le monde des hommes durant de longues années, six cent vingt-sept pour être exact ... je sais à peu prés tout ce qu'il y a à savoir historiquement mon garçon! D'ailleurs êtes-vous sûr que ce livre est un bon livre ? La fiction, voilà un genre qui passionne autant les auteurs que les historiens en manque de découverte, le saviez-vous ? »

    Decado plissa les yeux devant l’excès de gouaille et le manque total de prudence dont faisait montre son interlocuteur. Il savait que cet homme avait une raison parfaitement tangible de témoigner d'un tel zèle...d'une telle confiance, mais il déplorait le peu de subtilité qui en résultait.

    « C'est fort probable. Même si l'on saura également que la fiction recèle toujours d'une part de vérité, peu importe avec quelle dextérité l'auteur aura pu en maquiller les ïambes. », murmura l’épéiste en rassemblant, un par un, les ouvrages qu'il tendit au Thaumaturge. « Mais dites-moi...quels sont les motifs d'une pareille marque d'attention à mon égard ? »

    Il avait parlé calmement et de manière à n'être entendu que par son étrange interlocuteur. Le timbre de sa voix néanmoins recelait une infime et subtile touche de sarcasme. Ses iris andrinople quant à elles, l'observaient avec une intensité déroutante, étrangement fixe derrière ses mèches pâles et argentées.
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Nakor
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MessageSujet: Re: Au sanctuaire des érudits [Nakor]   Jeu 23 Mai 2013 - 9:42

Le curieux personnage que voilà répondit à Nakor, sans doute la pire des choses que l'on pouvait faire quand on avait affaire à un si grand enquiquineur que lui. La conversation était engagé et le magicien allait sans doute mener son enquête jusqu'au bout et tenter de savoir pourquoi un si jeune homme qui n'avait rien d'un érudit arpentait les couloirs de la grande bibliothèque et enquêtait sur le monde de la Péninsule, avec cette froideur profonde et dangereuse dans les yeux. Une vengeance? Un meurtre? Une simple envie d'en connaître plus sur ses origines? Un futur politicien? Nakor ne se démonta pas, comme toujours depuis plus de six cent ans. A sa remarque sur l'excès, il ajouta rapidement, comme pour s'excuser sans vraiment le faire.

"Ho vous savez ... l'excès n'a d'existence que par définition de limite ... ce qui est uniquement subjectif!"

Puis il observa les mouvements précis et tranquille de son interlocuteur, qui semblait contrit d'avoir perdu une feuille pleine d'encre alors qu'un instant avant elle était recouverte de fines écritures. Puis il lui posa une question. Le vieux sorcier avait bien entendu l'interrogation du jeune homme, mais son regard resta sur le parchemin perdu et rempli d'encre. Il leva un doigt tranquille et prit la parole

"Vous semblez avoir de la poigne mon garçon, suffisamment pour que, lorsque vous preniez la plume, celle-ci laisse dans son sillon, un écrasement du vélin, afin que l'encre s'y dépose et y reste fixée. Une encre qui est fabriquée en étant longuement et astucieusement mêlée à des quantités non négligeables d'eau. L'eau, élément de la vie!"

Alors que Nakor prononçait cette phrase très lentement, l'encre se mit en mouvement, animé par les pouvoirs de la longue barbe blanche, qui usait de sa maîtrise de l'élément aquatique pour attirer à lui l'excédent d'encre, en laissant un surplus là où il sentait, par compression de l'air, le vélin appuyé et écrasé. Le parchemin se vida lentement de son contenu, devant sec et propre comme à son origine sauf là où l'interlocuteur de Nakor avait écrit. Il y restait alors un excédent d'encre, mais en le laissant sécher, le jeune homme n'aurait pas à tout réécrire. Au devant du doigt du vieillard il y avait une boule d'encre en lévitation, qu'il fit retomber dans l'encrier. Puis devenant soudain très sérieux, il releva le visage, braqua sur son ami du moment, un regard direct et prit la parole

"Je me nomme Nakor, j'ai longtemps eut une position notable dans le monde des hommes, avant que des événements ne fasse radicalement changer les choses et que je sois obligé de laisser un peu de côté Diantra. Mais depuis toutes ces années, je garde un œil sur la Péninsule et je sais qu'il est fort rare de trouver un jeune garçon ici, dans cette partie du monde, qui ne soit pas un noble ni un érudit, et qui s'intéresse au Royaume de si prés. Et quoi que je fasse, je reste l'insupportable curieux que j'ai toujours été ... alors quand je vois un jeune homme qui dénote autant que ça dans une bibliothèque, j'aime aller le saluer ... ?"

Et l'expression finale sur son visage indiquait qu'il était grand temps que le jeune guerrier se présente à son tour. La politesse aurait même voulu que ce soit lui, le plus jeune, qui se présente en premier, mais les temps n'étaient plus ce qu'ils étaient autrefois.
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Decado
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MessageSujet: Re: Au sanctuaire des érudits [Nakor]   Ven 16 Aoû 2013 - 20:38


    "Ho vous savez ... l'excès n'a d'existence que par définition de limite ... ce qui est uniquement subjectif!"

    *Mais certainement...* songea l'assassin en manipulant les pages souillées avec une délicatesse raffinée.
    Après tout, le subjectif était la quintessence des choses, le voile illusoire destiné à masquer la passion qui se fondait si bien derrière l'aspect objectif de chaque intrigue, la crème onctueuse qui enrobait avec douceur le grand mensonge de l'impartialité.
    Enfin...Decado le savait bien...
    Nakor, dans sa grande pureté, n'adhérait pas aux ïambes d'une telle philosophie. C'était un homme rigoureux et platonique qui reconnaissait l'existence du gris à travers les arpèges des civilisations, mais qui avait toujours jugé la valeur du monde avec optimisme...peut-être avec ironie parfois...mais jamais avec cynisme, malgré les décennies, les siècles, les époques, qui avaient rythmées sa longue vie tumultueuse. N'importe quel homme se serait égaré et aurait perdu son but après avoir supporter un nombre d'année aussi incoercible, car l'humain, à l'inverse des elfes et des nains, était fait pour vivre de manière éphémère.
    Mais pas l'archimage...
    Le thaumaturge était, à lui seul, une grande contradiction.


    "Vous semblez avoir de la poigne mon garçon, suffisamment pour que, lorsque vous preniez la plume, celle-ci laisse dans son sillon, un écrasement du vélin, afin que l'encre s'y dépose et y reste fixée. Une encre qui est fabriquée en étant longuement et astucieusement mêlée à des quantités non négligeables d'eau. L'eau, élément de la vie!"

    La surprise fut infime sur le fin minois de l'assassin qui se contenta d'arquer un sourcil, les lèvres parfaitement neutres, lorsque l'encre se fragmenta sur la blancheur du parchemin pour revenir s'engoncer dans ses reliefs originels. Un tour subtil et amusant, il fallait le reconnaître, qui soulignait la réputation courtoise de l'archimage.

    "Je me nomme Nakor, j'ai longtemps eut une position notable dans le monde des hommes, avant que des événements ne fassent radicalement changer les choses et que je sois obligé de laisser un peu de côté Diantra. Mais depuis toutes ces années, je garde un œil sur la Péninsule et je sais qu'il est fort rare de trouver un jeune garçon ici, dans cette partie du monde, qui ne soit pas un noble ni un érudit, et qui s'intéresse au Royaume de si prêt. Et quoi que je fasse, je reste l'insupportable curieux que j'ai toujours été ... alors quand je vois un jeune homme qui dénote autant que ça dans une bibliothèque, j'aime aller le saluer ... ?"

    "J'ai entendu parler de vous...", répondit l'albinos de sa voix de basse, calme et policée. "...certains vous vous vois comme une étoile dans la grande nuit, tandis que d'autres vous désignent par des termes un peu moins élogieux. Mais comme nous le savons, vous et moi..."

    Un sourire s'étira comme une chancre sur ses lèvres pâles.

    "...il ne s'agit-là que d'un autre aspect subjectif des choses."

    Enroulant soigneusement les parchemins dans un cylindre en cuire, il se leva lentement. L'archimage pu dénoter que chacun de ses mouvements étaient effectués avec grâce et maîtrise malgré l'aspect anodin qui s'en dégageait, dissimulant ainsi l'acier dans sa gangue de velours.
    Il irradiait la force et le contrôle, et il y avait quelque chose d'élémentaire en lui...d'inflexible.


    "Je me nomme Decado,", dit-t'il tandis que ses iris vermillions semblaient sonder son âme, ", et je suis heureux de vous rencontrer."
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Nakor
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MessageSujet: Re: Au sanctuaire des érudits [Nakor]   Lun 19 Aoû 2013 - 19:07

Le jeune homme était délicat, ses mouvements montraient une économie de geste, un contrôle parfait et une maitrise de la force nécessaire. Il avait un corps qui semblait puissant et donc apte à la plus grande des brutalités, mais un esprit qui semblait apprécier les bonnes manières. Son regard en disait long sur l'intensité avec laquelle il accordait du crédit au propos du vieillard. La subjectivité était une issue de secours louable et fort habile pour le vieillard. La discussion continua un peu, Nakor fit son tour de magie et l'inconnu décida de prendre enfin la parole, sa voix de stentor posée résonnant entre les deux interlocuteurs. L'albinos connaissait donc la rumeur qui courrait au devant et derrière Nakor depuis si longtemps, une réputation de vieux fou dans le meilleur des cas, d'utopiste sénile, voir bien pire depuis qu'il avait été nommé directeur de l'orphelinat royal de Diantra. Ainsi il se nommait Decado, il parlait bien, il avait de l'esprit et tournait ses phrases avec un humour piquant. Voilà un garçon intéressant et qui amusait le vieux Magistère. Il décida de ne pas le lâcher et fit quelques pas avec lui, son bâton à la main et sa barbe au menton

"Et bien je suis aussi heureux de faire votre connaissance Decado. Je suis flatté de savoir que, quelque soit les raisons, vous me connaissiez. Mais vous attisez ma curiosité mon jeune ami, quelles sont ces rumeurs qui vous ont amené à me connaitre en premier lieux? Quelle subjectivité a atteint vos oreilles d'abord? Celle qui dit que je suis sénile et donc dangereux car j'use de ma magie à tout bout de champ sans aucun discernement? Celle qui raconte que je ne suis qu'un vieux rêveur qui se berce de douceur de vivre et se voile le visage, refusant de voir la vérité en face? Celle qui raconte que, je dois ma longévité inépuisable au fait que je fais des ravages dans les rangs des jeunes orphelins qui étaient sous ma protection et dont je me délecte de la pulpe? Ou encore celle qui raconte avec quelques difficultés, quel a était mon vrai et long combat depuis six cent vingt sept années maintenant?"

Nakor se mit à glousser dans sa barbe, tout cela le faisait finalement rire. Rire jaune quand les rumeurs prenaient le pas sur la vérité à tel point que sa propre parole était mise en doute, mais rire quand même. L'essentiel n'était-il pas déjà de ne pas se faire oublier des gens et de marquer leurs esprits, pour pouvoir ensuite avoir plus d'impact dessus. Puis revenant un peu sur terre, Nakor lança un regard interrogatif au jeune albinos et termina ainsi

"Mais dites moi Decado, si je suis un vieil homme qui parle beaucoup, j'entends aussi très bien, et il s'avère que je ne vous ai pas encore entendu me dire ce qu'un jeune garçon qui n'est pas un érudit fait au beau milieu de ce ramassis de poussière bon pour les vieillards endormis?"

Puis son regard devint pétillant de malice, oui il n'allait pas le lâcher et les mensonges ne feraient pas longs feux avec le roublard de première qu'il était.
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Decado
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MessageSujet: Re: Au sanctuaire des érudits [Nakor]   Jeu 22 Aoû 2013 - 20:07


    Le temps ne semblait pas avoir d'emprise à travers les couloirs crénelés de marbre de la vaste bibliothèque qui se vidait lentement à l'approche du crépuscule. Des braseros avaient été allumés le long des allées richement décorées, et la rémanence des flammes projetaient une kyrielle d'ombres dansantes sur les tapisseries environnantes.
    Le regard de Decado embrassa la scène sans vraiment la voir, écoutant les paroles du vieillard dans un silence imperturbable tandis que sa démarche pondérée se calquait sur celle de son étrange compagnon. Il pinça les lèvres, et un éclair âcre traversa son regard acéré lorsqu'il réalisa à quel point l'étrangeté de leur duo contrastait avec la norme prosaïque de leurs archétypes respectifs. L'archimage et l'assassin.
    ...quelle curieuse farce.
    L'adonis réprima un gloussement. Oui...sa langue pouvait être subtile, ses manière délicates, son attitude raffiné. Mais en dépit de toutes ces pamoisons, et des sous-façades destinées à masquer le vrai visage de la vérité, Decado savait qu'il n'avait pas la trempe de l'archimage. Au fil des décennies passées à travers les intrigues et la fanges de Sol'Dorn, il avait fini par internaliser ses objectifs, toujours mû par son désir égocentriques d'assoire ses priorités sur la perfection individuelle au détriment de son entourage. Intègre peut-être, mais pas candide...pourquoi faire d'ailleurs, là où il avait grandi, la béotie du monde Drow lui avait fait toucher du doigts la réalité d'un univers où la perversion avait atteint son paroxisme, toutes espèces confondues. Bien sûre il y avait toujours eut de l'amour, de la pureté, de la chaleur, tapis quelque part sous les esquisses cendrées de cette grande nuit, et sans doute avait t’elle tendu à se développer en crescendo aléatoire, selon les lieux et les ethnies dans tous Miradelphia, mais après ce qu’il avait vu et fait, il était difficile pour Decado d'aspirer à la plénitude d'un avenir aussi idyllique que celle "d'un vieux rêveur qui se berçait de douceur de vivre et se voilait le visage" comme l'avait si bien souligner l'archimage.
    Des hommes cruelles pouvaient détruire en un instant ce que d'autres hommes avait passé une vie entière à ériger dans l'amour et la simplicité. Il avait vu des pères de familles réveiller en pleine nuit et traîné hors de leurs lis pour y voir leur foyer massacré à cause d'une simple histoire de dettes, il avait assisté au massacre d'enfants lorsqu'une guilde écrasait la lignée d'une maison rivale pour éviter le prix du sang d'une vengeance futur. Il avait vu les rebus et les mendiants raflés par la milice de la cité pour y être jeté aux griffes des fauves. Tout cela pour y amuser une foule hurlante et vociférante, lorsque Solaufein l'avait envoyé combattre dans le Baed, à l'époque où il n'était encore qu'un jeune crétin avide de gloire et de perfection. Il avait vu toutes ces déficiences autant qu'il en avait été acteur, souillant son âme, et tachant ses mains d'un sang indélébile.
    Même parmi les Hommes, au royaume de la Péninsule, la vie fourmillait de cette corruption omniprésente. L'exemple du roi Trystan en était la preuve la plus tangible.

    Non...
    ...il y avait longtemps que Decado avait cessé de croire au grand mensonge de la paix et du sacrifice de soit.
    Ainsi allait le monde.


    *Ou presque...*

    Car…en dépit de cela…il ne pouvait nier la sympathie qu'il éprouvait à l'égard du thaumaturge.
    Des hommes tels que Nakor étaient précieux en ce bas-monde, car ils se préoccupaient des autres, et oeuvraient pour le bien de chacun.
    Des hommes sans qui il n'y aurait même plus de civilisation...
    À travers eux miroitait l'espoir sécurisant qui poussait le petit peuple à lever les yeux vers un soleil inaccessible.


    "Les rumeurs qui m'ont amené à vous trouver...", murmura l'épéiste. "...elle fourmillent. Depuis l'avènement du Firmament, on ne parle plus que de vous et de ce Celindel, l'un de vos confrères, semble-t-il. Je souhaitais m'assurer de la véracité de ces ouï-dire concernant votre présence en Ithri'Vaan."

    "Mais dites-moi Decado, si je suis un vieil homme qui parle beaucoup, j'entends aussi très bien, et il s'avère que je ne vous ai pas encore entendu me dire ce qu'un jeune garçon qui n'est pas un érudit fait au beau milieu de ce ramassis de poussière bon pour les vieillards endormis?"

    *Nous y voilà.*, songea Decado qui masqua son amusement lorsque la référence au "jeune garçon" sorti de la bouche du vieillard, se disant simplement qu'à son âge on pouvait se payer le luxe d'un tel caprice.

    "Pour un vieillard endormi je vous trouve particulièrement alerte.", déclara l'assassin en décochant à l'archimage un regard éloquent. "Je quitte l'Ithri'Vaan pour la Péninsule, j'ai certaines affaires à y régler et il y a là-bas un Comté qui m'intéresse grandement."

    Les deux hommes arrivèrent à un embranchement, mais l'assassin ralenti lentement la cadence.

    "Hors...je me demandais si le nom de Velteroc vous disait quelque chose, tant dans la forme qu'à travers les traces laissées par cette lignée dans le Royaume ?"
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Nakor
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MessageSujet: Re: Au sanctuaire des érudits [Nakor]   Mer 28 Aoû 2013 - 19:29

Le jeune et fier jeune homme accepta l'invitation silencieuse du vieux fou, il se suivit au pas et rythme du plus âgé et semblait empli de délicatesse et d'attention. Voilà un jeune homme au regard ombragé et plein de froideur mais aux pratiques fort délicates envers le vieillard. Une fois de plus Nakor avait sans doute su gagner la sympathie d'un être vivant, ce qui lui réchauffait le cœur à chaque fois, peu importe que la personne soit humaine, elfe, drow ou naine ça n'importait absolument pas. Et puis quand c'était la jeunesse qui répondait à son comportement, il se disait qu'au fond, il n'était toujours pas tout à fait coupé du monde et hors du temps. Ainsi donc, en plus d'être bien élevé ou de savoir se montrer comme l'étant, il avait les oreilles qui trainaient. Un immense sourire espiègle s'afficha sur la face burinée du Magistère et ses yeux pétillaient. Il continua donc et répondit à cette demande implicite, avec un gloussement

"Oui en effet, je réside en Ithri'Vaan pour le moment. Car comme toute chose, le Firmament aura peut-être une fin, mais avec un elfe, une drow et moi même à la tête de cette organisation, je dois bien avouer qu'elle semble pouvoir potentiellement posséder une longévité plus qu'étonnante. Celindel de Delebrimir ainsi qu'Y'Shahinn Nehleän la Prime Sorcière drow que j'ai su rallier à ma cause, forment avec moi même, un trium virat gouvernant ce que j'espère être la plus grande école de magie de notre monde."

Puis s'arrêtant de marcher un bref instant, il ajouta, toujours plein de malice

"Vous voyez ... je vous avez dis que je n'étais qu'un vieux rêveur!"

Puis il explosa de rire alors qu'ils étaient tous deux sur le pas de la porte de la grande bibliothèque donnant sur les œuvres historiques. Une petite pointe d'humour fort notable fut amené par le jeune adonis sur l'idée qu'il n'était pas si endormi que ça. Par reflexe humain et par habitude de papy gâteau presque millénaire, tout en marchant à sa droite, Nakor posa sa main gauche sur l'épaule la plus proche de Decado quelques instants, en souriant toutes dents dehors. Son bâton continuant à frapper le sol, ils arrivèrent à un embranchement et l'albinos posa une question sur les Velteroc. Se passant la main sur la barbe, le vieux Magistère prit quelques secondes pour réfléchir puis se mit à hocher la tête.

"Oui bien sur que les Velteroc me disent quelque chose Decado, en tant qu'ancien conseiller personnel de feu le roi Trystan, j'ai eu affaire avec quasiment l'ensemble de la noblesse de la Péninsule d'autrefois. A l'heure actuelle, et avec les changements possibles suite aux événements qui ont secoué notre monde voilà quelques années, je dirai que c'est sans doute le fils Velteroc qui a prit la relève ... huuum ... Nimmio, oui Nimmio de Velteroc si je ne me trompe pas. Personnellement j'ai été proche d'un Velteroc ... voilà environs trois cent cinquante ans! Il s'appelait Danéran de Velteroc, tout le monde le nommait le sage. Le pouvoir de sa lignée lui échoua fort jeune mais avec grande intelligence il mena des réformes et des actions innovantes et efficaces. Oui c'était un jeune homme fringuant avec des cheveux d'une blancheur notable!"

Puis se mettant à glousser il plaça avec humour

"Il me fait penser à vous mon jeune ami et ... "

Puis Nakor s'arrêta là et ouvrit grand son œil droit en fronçant le gauche. Se pourrait-il qu'il y ait un quelconque lien entre les de Velteroc et Decado? S'arrêtant tout net dans un couloir complètement vide à cette heure de l'après midi, il jeta un coup d'oeil en direction de la poche interne de la veste de son interlocuteur, celle dans laquelle il avait enroulé et déposé son parchemin, puis demanda

"Je vais vous paraitre fort curieux Decado mais ... pourquoi donc vous intéressez vous aux comtes de Velteroc et les traces qu'ils ont laissé dans l'ensemble du royaume au cours de l'histoire?"

Voilà donc une question qui se mettait soudainement à intéresser fortement le vieux barbu.
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Decado
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MessageSujet: Re: Au sanctuaire des érudits [Nakor]   Dim 8 Sep 2013 - 19:40


    "Oui en effet, je réside en Ithri'Vaan pour le moment. Car comme toute chose, le Firmament aura peut-être une fin, mais avec un elfe, une drow et moi-même à la tête de cette organisation, je dois bien avouer qu'elle semble pouvoir potentiellement posséder une longévité plus qu'étonnante. Celindel de Delebrimir ainsi qu'Y'Shahinn Nehleän la Prime Sorcière drow que j'ai su rallier à ma cause, forment avec moi même, un trium virat gouvernant ce que j'espère être la plus grande école de magie de notre monde."

    "..."

    Silencieux, l'albinos continua sa marche, attentif  aux extravagantes digressions prononcées par son excentrique acolyte. Ses prunelles érubescentes dérivèrent lentement sur le chapeau conique, le visage malicieux et l’épaisse barbe neigeuse qui en enrobait les lignes dans un nuage de boucles étincelantes. L’espace d’un instant, les ténèbres, omniprésentes dans le regard implacable de l’assassin, s’évaporèrent, tandis que ses traits d’ordinaire si rogues, se radoucirent. La vision utopique du vieillard paraissait presque plausible à travers l’embellissement, la force de conviction, et l’onctuosité transparue derrière ses douces paroles.
    Manifestement Nakor avait foi en la pureté de ses convictions…
    …c’était magnifique…
    …et tellement ganache.
    Une partie de Decado aspirait à croire à la véracité d’une part, aussi infinitésimale soit-t-elle, de ces calembredaines. Si seulement la vaste lie de la population avait pu raisonner comme le thaumaturge…
    Un rictus ourla ses traits harmonieux tandis qu’un voile d’ombre, froid et métallique, retrouvait sa place dans les iris sanguines de l’épéiste.
    Une Drow…un Elfe…et un Humain…
    Decado se demanda combien de temps l’entente durerait avant que l’archimage ne soit relégué au rang de médiateur, lorsque ses deux comparses succomberaient aux instincts naturels imposés par leur héritage respectif envers l'un l'autre.

    Songerait-t-il toujours au bien-fondé de son entreprise à ce moment-là… ?

    Decado sourit lorsque le vieil homme s’esclaffa, mais pas pour les mêmes raisons…
    …et tressaillit au moment où il lui effleura l’épaule. Il du faire appel à sa maîtrise, et une grande part d’autorité morale, pour ne pas porter la main à ses armes.
    Non qu’il ne comprît pas la simplicité bienveillante émanant d’un tel geste…
    …mais l’épéiste n’avait clairement pas l’habitude des marques de tendresse…
    …une vétille qui était presque venu à lui faire détester la frugalité même des contactes physiques, ses seuls rapports de la sorte se limitant à une franche poignée de main avec ses employeurs d’entant, une fois le travail terminé, ou à soulager un besoin naturel dans les bordels de Sol’dorn.
    Il reporta son attention sur le vieillard, ses iris exempts de toute l’amertume qu’il ressentait en cet instant, lorsque Nakor lui parla de Danéran et des quelque frasques qui l’avaient lié jadis aux Velteroc.

    Un dossier juteux, mais qui ne le rapprochait pas de ce qu’il aurait espéré entendre…
    …ou presque.


    "Il me fait penser à vous mon jeune ami et ... "

    L’assassin se raidit.
    Puis vint la question tant redoutée.


    "Je vais vous paraître fort curieux Decado mais ... pourquoi donc vous intéressez vous aux comtes de Velteroc et les traces qu'ils ont laissé dans l'ensemble du royaume au cours de l'histoire?"

    Une question à laquelle Decado s’était préparé.
    Un nouveau sourire, plus pâle que les précédents cette fois-ci, dépeignit sur ses traits lorsqu’il décida, par une pulsion…une envie…un élan d’imprudence certes mûrement travaillé, mais qui ne lui ressemblait pas, d’emboîter un indice dans sa ligne d’intrigues.


    " Un vieux compte familiale à régler… "

    Lacha-t-il en reprenant sa marche, invitant silencieusement le vieil homme à le suivre.

    " …et vous ? Comptez-vous un jour retourner sur ces terres qui vous ont jadis apporté tant d’espoirs… ", il coula un regard indéchiffrable sur le faciès de l’archimage. " …et tant de déceptions ? "
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Nakor
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MessageSujet: Re: Au sanctuaire des érudits [Nakor]   Dim 29 Sep 2013 - 20:47

Nakor avait simplement fait un peu d'humour en disant que le jeune garçon lui faisait penser à un ancien de la famille des Velteroc. Mais il nota un raidissement du corps mince mais musculeux de son nouveau compagnon de route du moment. Les yeux et les sourcils légèrement froncés, le vieux magicien, au comble de sa malice se mit très légèrement à sourire. Pas un sourire moqueur, mais plutôt un sourire entendu, comme si un petit masque était tombé comme si quelque part, le hasard de l'humour et de la vie avait tapé dans le mille. Une petite réponse, un petit début d'honnêteté qui confirmait quelque chose. Nakor emboita le pas de l'albinos et entendu une question à laquelle il ne s'attendait pas. Et c'est sous le couvert d'un regard indéchiffrable que le vieux magicien parla avec le cœur

"Mon jeune ami, vous semblez avoir eu un début de vie difficile, mais si mes yeux ne m'abusent guère vous n'avez pas encore eu le temps de vieillir réellement. La vie est une drôle d'aventure, elle réserve son lot de combats, de déceptions, d'espoirs, de joie, d'amour, de bonheur, de haine et de folie. Est-ce pour autant qu'il faut cesser de vivre et abandonner le combat. Et bien je crois que c'est tout le contraire. Les forces du mal me poursuivent, mettent sur ma route des obstacles, font s'écrouler ce que j'ai construis, s'en prennent à mes proches? Et bien cela me donne encore plus de force pour me battre et en contrecarrer les plans Decado. J'ai enterré de mes propres mains mes enfants et leurs enfants, les gens que j'ai aimés, j'ai vu des royaumes voir le jour, prometteur d'une paix durable qui ont sombrés dans la folie et la tyrannie insupportable. Et bien après tout cela je me dis justement que mon combat est le bon. J'essaie d'apporter un peu de lumière à ce monde assombri, c'est une lourde tache, qui nécessite de croire avec vivacité en l'autre, en la capacité des gens à faire le bien. Cela tient peut-être de la naïveté et de la folie, mais quelque chose me dit que non! Et quand je croise un obstacle et bien je m'amuse presque de déjouer ce mauvais tour. On m'empêche d'entrer en Diantra pour tenter de nouveau de remettre en place des choses que je considère comme étant les bonnes ... et bien oui, cela me donne encore plus envie d'essayer de nouveau. Tant pis mon malheur, ma tristesse, mon mal être ... je ne compte pas face à ce que pourrait amener un bon résultat."

Puis au détour d'un petit chemin, Nakor cessa de parler en gardant le visage droit devant lui, il tourna ses yeux vers ceux de l'adonis et plaça avec humour

"Je dois vous paraitre bien inconscient et inconsistant Decado?"

Puis s'arrêtant d'avancer, il décida d'aller droit au but

"Et vous mon jeune ami, de quelle consistance êtes-vous fait?"

Voilà une question fort large qu'il admonestait au jeune homme étrange mais intéressant.
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