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 Sur le chemin de l'entraide - Olyssea

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Jasuhin le Humble
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MessageSujet: Sur le chemin de l'entraide - Olyssea    Ven 24 Mai 2013 - 13:16

Cela faisait deux jours qu’il longeait le chemin de halage bordant le fleuve Ner. Le paysage était régulier sur les bords du fleuve. Des arbres ponctuaient régulièrement la marche du petit groupe, procurant une fraîcheur certaine en ces matins d'automne. En levant les yeux, par dessus le sommet des arbres, on apercevait les monts Corbeaux. Les sommets étaient légèrement blanchis par les premières neiges automnales. L'hiver vient dirait certain.

Jasuhin porta son attention sur le fleuve. Il était boueux, à cause des nombreuses pluies automnales de ces derniers jours. Les affluents avaient fait grossir le cours du fleuve. Il n'était plus franchissable qu'au pont érigé par la baronnie d'Olyssea. Tenté la traverser en dehors de ces routes flottantes seraient une pure folie. Le fleuve, malgré sa furie, était emprunté par de nombreuses embarcations. Il était fréquenté par des bateaux qui remontaient à l’aval ou qui redescendaient en direction d’Olyssea et, par delà, la mer. Un long trajet, qui était toutefois facilité par la puissance du courant. Pour remonter le fleuve, c'était toutefois une autre histoire. Ils avaient précédemment croisé un groupe important de muletier qui faisait remonter une caraque un peu plus haut. Elle allait chercher un chargement de blé, avant le début de l'hiver. Le travail des mulets avait impressionné Jasuhin, mais aussi Jena et ses enfants.

Au loin, il vit une cabane d’où une fine fumée blanche s'échappait du toit. Quelques hommes étaient debout devant, et adressait de grands signes au groupe qui approchait. Non pas celui de Jasuhin et de Jena, mais le groupe d’homme qui se tenait à califourchon sur des grumes qui descendaient le fleuve. Le prêtre prit le temps de regarder ce spectacle surprenant d'hommes manœuvrant leur étrange radeau. L'équilibre était précaire, mais les hommes arrivèrent à guider leur embarcation jusqu'à un renfoncement de la berge. Là attendaient d'autres grumes, qui devaient être sorties de l'eau puis être transportées à la cité d'Olyssea.

Jasuhin entendit les questions des enfants à propos de ces hommes qui chevauchaient des bouts de bois à leur mère. Ils s'interrogeaient et se demandaient pourquoi faire descendre autant de bois par la rivière.


« - C'est un gain de temps, d'argents et d'hommes les enfants. En faisant ainsi, les hommes se fatiguent moins, et l'on peut transporter une grande quantité de bois ; Olyssea prépare également ses réserves de chauffage pour l'hiver qui s'annonce. Mais venez, nous allons je pense rester avec eux pour la soirée. L'après midi tire à sa fin, et il sera beaucoup plus agréable de dormir auprès d'un grand feu de bois que seul dans les bois. »

Il attendit un regard d'approbation de Jena, puis, montant sur son destrier, il fit un signe à … de venir le rejoindre, afin d'aller à la rencontrer de ces personnes. Certes, ce n'était pas une nuit parmi la haute aristocratie de la Péninsule, mais Jasuhin aimait ce contact avec les gens simples. Souvent, leur contact et leur rencontre étaient des plus enrichissants pour l'interlocuteur.

[...]

Après quelques chansons et quelques histoires, les enfants finirent par s'endormir dans l'un des cabanons qui avaient été construit près du fleuve. Jasuhin était en train de discuter de la situation politique dans la baronnie d'Olyssea quand Jena survint. Elle avait revêtu une fourrure qui protégeait ses épaules des premiers frimas de la saison. Jasuhin l'invita à s'asseoir auprès de lui. Le bucheron finit par saluer les deux interlocuteurs, se leva et se dirigea vers un autre des cabanons.

« - Ils se sont endormis ? Il me semble que l'endroit où vous allez dormir est bien chauffé. Vous ne manquerez de rien pour ce soir je crois. Où alors dites moi, et je ferais mon possible pour trouver ce qui vous manque.

Il laissa passer un ange, avant de reprendre.

- Nous ne sommes plus très loin d'Olyssea. D'après nos amis, le fleuve a un long méandre sur la droite avant d'arriver sur la plaine où se dresse Olyssea. D'après lui, en ne partant pas trop tard demain matin, nous devrions y être avant midi.

Ca va ? Vous n'êtes pas trop fatigué Jena ? Je vous sens absente parfois. Il vous manque, n'est-ce-pas ?
»

Le regard du vieil homme se faisait compatissant envers la jeune femme. Elle n’avait parlé que quelques fois de son mari, mais à chaque fois, elle le faisait avec une telle intensité. Bien que Jasuhin ne le connaissait pas, il était facile de deviner le lien qui les unissait tous les deux.

Alors qu’il attendait une réponse, Aile fit son apparition. Le prêtre n’avait pas vu son compagnon de toute la journée. Il tenait en son bec un vermisseau, qu’il avala goulument. Il se tourna ensuite vers son maître, en piaffant. Jasuhin le gratifia d’une caresse, tout en écoutant la réponse de Jena.


Dernière édition par Jasuhin le Humble le Mer 5 Juin 2013 - 6:00, édité 1 fois
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Jena Kastelord
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MessageSujet: Re: Sur le chemin de l'entraide - Olyssea    Mer 29 Mai 2013 - 11:52

    Seule avec mes enfants dans le petit cabanon, j’avais dû répondre à tout un tas de question sur notre voyage, sur les gens qu’on avait rencontré dans la journée, mais j’avais également dû essuyer quelques larmes en les berçant tendrement. Alors que j’avais toujours cru que Dastan aurait été le plus affecté, c’était Liliana qui vivait le moins bien l’absence de son père. La journée il y avait trop de chose pour distraire son esprit de petite fille curieuse, mais le soir, lorsqu’elle se trouvait seulement avec nous, elle se rendait compte que son père n’était pas là et qu’il ne rentrerait pas avant longtemps. Elle devenait maussade et triste, puis finissait par sangloter dans mes bras. J’avais alors eu l’idée d’instaurer un petit rituel destiné à la rassurer et à dédramatiser cette situation. Chaque soir, nous récitions tous ensemble une prière pour Hanegard accompagné d’une chose qu’on pouvait lui souhaiter pour la journée du lendemain. Ce soir-là, Liliana lui avait souhaité un endroit confortable et chaud pour dormir, Dastan une épée magique et moi une bonne bière naine comme il les aimait ! Liliana avait fait mine d’être dégoûté alors que Dastan avait éclaté de rire, entraînant bientôt avec lui sa sœur.

    Un baiser sur chacun de leur joli minois et je les quittais alors qu’ils dormaient déjà. Dehors l’air s’était rafraîchit, annonçant un hiver froid. Après avoir resserré ma cape sur mes épaules, je me dirigeais vers le feu de camp. Le groupe d’homme qui nous accompagnait se trouvait près du cabanon et tous se levèrent lorsqu’ils me virent sortir. J’avais pourtant répété des dizaines de fois à Kaïn que ce n’était pas nécessaire, mais il faisait la sourde oreille… Il était décidément aussi têtu que mon époux. Soit, je continuais mon chemin vers l’endroit que j’avais quitté plus tôt pour aller coucher mes enfants. Jasuhin m’accueillit en souriant et m’invita à m’asseoir près de lui. Inutile de dire que je le fis avec plaisir. Le vieil homme était toujours d’agréable compagnie, il s’était montré si généreux et prévenant envers mes enfants et moi que je ne pouvais que l’en apprécier davantage. D’ailleurs il s’inquiétait encore pour mon confort et celui de mes têtes brunes. Je lui adressais un sourire en posant ma main sur son avant-bras.


    « - Vous vous en faites toujours beaucoup trop pour nous. Ils seront très bien cette nuit et moi aussi. Mais je m’inquiète pour vous. Où avez-vous posé votre couchage ? Je vous préviens il est hors de question que vous dormiez à la belle étoile ! »

    J’adoptais ce ton faussement sévère chaque fois que Jasuhin croyait avoir retrouvé ses vingt ans. Notamment lorsqu’il refusait de faire une pause après de longues heures de chevauchés ou qu’il souhaitait veiller tard. Bien sûr je n’envisageais à aucun moment de lui donner un ordre, mais je prenais soin de lui comme il prenait soin de ma famille et de moi. Même si pour cela je devais faire semblant d’être épuisée pour forcer le groupe à faire une pause seulement pour que le vieil homme fasse quelque pas. S’il était conscient de mon petit manège, il n’en disait rien !

    Il reprit la parole, me rapportant les renseignements collectés auprès des bûcherons. Si nous étions à Olyssea en fin de matinée alors nous pourrions nous reposer quelques jours dans l’une des auberges de la ville. Il faudrait ensuite annoncer notre visite à la Baronne en espérant qu’elle soit chez elle. Les dernières paroles de Jasuhin me tirèrent de mes réflexions et je restais quelques secondes silencieuse. Il était inutile de lui cacher ce genre de chose, je savais que j’étais capable de faire bonne figure devant mes enfants mais il arrivait par moment que mes pensées se tournent vers Hanegard et que je laisse libre court à mes inquiétudes.


    « - Oui ça va… La journée a été longue. Je suis navrée si parfois je ne suis pas de bonne compagnie, il est vrai que la situation de mon époux m’angoisse beaucoup. La région dans laquelle il se rend est dangereuse et je n’ai pas eu beaucoup de détail à propos de son voyage… Ne pas savoir s’il va bien me terrifie. Mais j’ose espérer que mes prières seront entendues et que Néera me le rendra sain et sauf. Il me manque énormément, mais il manque aussi beaucoup aux enfants et c’est ça qui est le plus difficile à gérer pour moi… »

    Fixant mon regard sur les flammes, je me mis à repenser à cet étrange rêve que j’avais fait la nuit précédent notre départ. Je ne savais pas encore s’il ne s’agissait que d’un rêve ou si tout cela c’était réellement passé… Mais même s’il ne s’agissait que d'un songe, alors j’aurais aimé pouvoir refaire le même chaque soir pour revoir son visage et entendre sa voix.
    Reportant mon regard sur le vieil homme et sur Aile, je lui adressais un fin sourire.


    « - Mais ne vous en faites pas pour moi Jasuhin. Tout ira bien. Allons dormir, nous devons nous lever tôt demain. »

    Après encore quelques paroles échangées, nous nous quittâmes pour la nuit.
    Au petit matin, notre petit groupe reprenait la route. Dastan montait en selle devant moi, le pauvre somnolait encore au creux de mes bras. De son côté Liliana suppliait Kaïn de lui raconter des histoires de chevaliers et de combat épique.
    Comme l’avait prédit le bûcheron, nous fûmes en vue de la cité en milieu de journée. Le ciel était gris et la pluie menaçait de tomber. Le groupe garda le même rythme jusqu’à notre arrivée dans la ville. Kaïn prit la tête de la troupe et nous conduisit vers une auberge qu’il avait déjà fréquentée par le passé et qu’il savait convenable. Assis autour de notre repas, je profitais du fait que tout le monde soit en grande conversation pour reporter mon attention sur le Grand Prêtre.


    « - Nous pouvons demander audience à la Baronne aujourd’hui en espérant qu’elle y consente dans les prochains jours. Mais comment souhaitez-vous procéder ? Voulez-vous faire la demande au nom du Grand Prêtre de Néera, ou préférez-vous que je la fasse en mon nom ? »

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Jasuhin le Humble
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MessageSujet: Re: Sur le chemin de l'entraide - Olyssea    Mer 5 Juin 2013 - 7:49

La fraiche soirée autour du feu ne s’éternisa pas. Jasuhin se laissa materner, non sans malice. Une complicité certaine s’était installée entre eux deux, elle veillant sur le vieil homme et lui veillant sur la jeune femme. L’attention d’une enfant envers son grand-père et la bienveillance d’un ancien envers les plus jeunes. Jasuhin remercia Jena de sa sollicitude et plaisanta avec elle. Son visage ridé s’étira en un sourire malicieux, lui disant qu’une nuit sous le ciel étoilé lui rappellerait sa jeunesse. Puis, il lui révéla où il allait dormir. Il passerait la nuit dans un autre cabanon, guère plus loin, en compagnie de leur escorte et des bucherons locaux.

Le sourire laissa ensuite place à l’écoute. Les rides se figèrent et seul les yeux du prêtre bougèrent, écoutant le malaise et la tristesse de Jena. Aucun doute n’était permis sur l’amour qu’elle entretenait avec son époux. Le ton, le regard, l’attitude ... tout trahissait la détresse de l’éloignement de l’être cher. Elle se tut quelques instants, laissant seules les flammes crépitant accompagner leur respiration. Jasuhin resta pensif, se remémorant un moyen de savoir comment aller son mari et de savoir où il était. Il n’eut toutefois pas le temps de l’évoquer, Jena proposant d’aller se coucher. Le prêtre hocha la tête, se leva, eut un frisson en quittant le feu et raccompagna l’ancienne baronne au cabanon de ses enfants, laissant à regret la douce chaleur du feu derrière lui.

Une fois la porte du cabanon refermée, Jasuhin se dirigea vers le feu qui mourrait tout doucement. Aile s’était réfugiée dans le creux de son cou, sous le manteau. Les petites serres du moineau griffèrent la peau du moine, mais bientôt, la douce tiédeur des plumes vint réchauffer le prêtre. Les dernières buches s’effondrèrent dans un tas de braise, laissant quelques marques rougeâtres dans le sol noir de la forêt. Il entendit un éclat de rire un peu plus loin. Il se rapprocha alors d’un autre cabanon, beaucoup plus grand que celui où dormait Jena.

Jasuhin poussa la porte et une odeur de feu de bois, de sueur, de mâles et de vin chaud lui fouetta le visage. Ce mélange de senteur, tout homme la connait. Il respira une fois encore l’air frais du bois avant de s’engouffrer à l’intérieur. Les hommes s’étaient réunis autour d’une table, sirotant un vin chaud. Il pariait sur le gagnant d’un bras de fer, organisé entre militaires d’Alonna et bucherons d’Olyssea. Jasuhin en profita pour s’approcher de Kaïn, avec lequel il avait commencé à sympathiser. Il lui signala que Jena avait rejoint ses enfants. Sur un signe de tête, Kaïn envoya un de ses hommes monter la garde près du lieu où dormait leur maitresse. On proposa ensuite à Jasuhin un verre de vin chaud. Il commença à siroter le liquide, et ne put s’empêcher de crier lorsque le bras de fer commença ...


[...]

Le réveil le plus difficile ne fut pas celui des enfants mais bien celui du Grand Prêtre. Il avait beau vouloir faire comme s’il avait trente ans de moins, il ne les avait malheureusement plus. L’expérience ne fait pas tout. L’âge est important aussi. Et si le vin chaud n’était pas si alcoolisé, la liqueur de sapin que les bucherons avaient servis se révélait être redoutable.
Kaïn avait du le secouer pour l’inciter à se lever et à se préparer. C’est donc un Grand Prêtre fatigué et mal réveillé que Jena et les enfants virent arriver. Les petits s’en amusèrent, tandis que Jena ne put dissimuler un sourire malicieux. Jasuhin monta à cheval, et au bout de quelques, invoqua une rapide prière magique. Une prière contre les lendemains difficiles... Une excellente prière, qu’il avait apprise il y a de nombreuses années de cela, dans une auberge. Après ces péripéties, le petit groupe arriva enfin en vue d’Olyssea, sous un ciel menaçant.

Le groupe se resserra à mesure qu’il avançait dans les entrailles de la ville. Le groupe ne prit pas la direction de la Vieille Ville mais celle des quartiers nouveaux, liés à l’essor économique de la région. Les enfants ne cessèrent de poser des questions à Jasuhin sur telle marchandise, telle personne, tel animal. Jasuhin accueillit avec soulagement l’arrivée à l’auberge. En effet, les enfants étaient insatiables de questions, et le Grand Prêtre était fatigué après ses exploits de la veille. Il aida les enfants à descendre de selle, et les accompagna, avec leur mère, à l’intérieur de l’auberge.

En se présentant, l’aubergiste leur proposa un ensemble de chambre assez confortable et leur prépara un repas chaud. Tandis que Jasuhin sirotait son minestrone, Jena l’interpella sur la rencontre avec les responsables d’Olyssea. Jasuhin finit d’avaler son bouillon, de machonner les légumes croquants qu’il avait en bouche et répondit à Jena.


« - Nous pouvons faire une demande d’audience en nos deux noms. Cela ne manquera pas d’interpeller la Baronne ou son représentant. Je pense que c’est la meilleure chance, n’est-ce-pas ? Je crains que sinon on nous propose de rencontrer les représentants du culte de Néera local ...

De toute façon, il faudra que je les rencontre, ne serait-ce que pour connaître la position de la baronne sur les Cinq, et voir si elle a fait preuve de générosité récemment. Nous n’avons qu’à envoyer un des membres de notre escorte, demander audience. Nous verrons bien le résultat.

Quand à cet après midi, je pensais laisser les enfants se reposer à l’auberge avec vous. Moi, je vais aller rencontrer justement le Grand Prêtre local. Si cela vous convient, bien entendu. Nous n’aurons pas de réponse avant ce soir je pense. Autant en profiter pour se reposer.
»

Jahusin vit arriver de larges tranches de pain remplis d’un ragoût de lapin à la moutarde à l’ancienne. Il mangea et devisa avec les enfants, Jena, et les membres de l’escorte. Il avait l’impression d’avoir trouvé une nouvelle famille, des gens sur qui il devait garder un œil et les protéger. Le repas se termina dans la bonne humeur et les rires, tandis que Jena expliquait à Kaïn le déroulement de la journée et les ordres à donner.

[...]

« - Tout va bien Jena ? Vous m’avez l’air bien pâle ce matin ? Tenez, prenez appuis sur mon bras. Nous sommes presque arrivés. »

Les marches d’accès à la citadelle fortifiée d’Olyssea étaient épuisantes. Cependant, le palais baronnial offrait une vue superbe sur la plaine environnante. On pouvait voir à des dizaines de lieues à la ronde. L’endroit était stratégique pour tout le commerce et l’accès à la mer. Après avoir regardé le paysage quelques instants, Jasuhin reprit l’ascension, Jena appuyé sur son bras. Il pensa également aux éléments de la veille.

Le Grand Prêtre de Néera d’Olysséa l’avait accueilli à bras ouvert. Il s’agissait d’un homme jeune et dynamique, qui faisait de grandes choses avec les moyens dont il disposait. Car si la Baronnie offrait quelques subsides à la religion, il avait prévenu Jasuhin que cette dernière n’apporterait son soutien que si elle bénéficiait d’une contrepartie assez importante. Et là, Jasuhin le savait, il n’avait pas grand chose à proposer en échange.
Et puis, l’audience avait été accordée par le Baillis, Adelin de Bazolles et non pas par la baronne. Cette dernière était en déplacement et ne pouvait donc accueillir les visiteurs ; Jasuhin gardait tout de même son optimisme. Après tout, jusque là, Néera les avait accompagné jusque là ...

Ils passèrent sans problème devant une série de garde, Jasuhin montrant son motif ailé imprimé sur sa main. Ils finirent par arriver dans une vaste salle. Là, un valet les accompagna jusqu’au bureau privé du Grand Chancelier. Alors qu’il passait devant les dorures, Jasuhin serra doucement le bras de Jena et lui lança un clin d’œil. Il voulait lui donner de la force et la remercier de sa présence à ses côtés. Le valet ouvrit une porte rehaussé de dorures. Il était temps de commencer cette quête pour la Religion.

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Jena Kastelord
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MessageSujet: Re: Sur le chemin de l'entraide - Olyssea    Mer 5 Juin 2013 - 12:07

    Une après-midi de repos après nos longues journées de chevauchée ? Inutile de dire que je sautais sur l’occasion, d’autant plus que les enfants aussi étaient fatigués de passer leur journée à cheval. Jasuhin m’expliqua comment il comptait occuper son temps et le chargeait de transmettre mes amitiés au Grand Prêtre de Néera. J’aurais bien aimé l’accompagner mais l’idée de sortir m’épuisait d’avance. J’avais incontestablement besoin de repos.
    Je passais quelques minutes à expliquer les détails de la journée à Kaïn, qui se fit un devoir d’accompagner le vieil homme au temple. Le reste de l’escorte profiterait de l’après-midi pour se reposer où allait faire un tour dans les rues marchandes.

    […]

    Le réveil au petit matin fut particulièrement chaotique. Je me sentais vaseuse, comme après une soirée trop arrosée. La nuit dans un vrai lit m’avait pourtant fait un bien fou mais j’avais l’impression d’avoir passé ma nuit à cheval tant tous les muscles de mon corps étaient douloureux. C’était sûrement le contre coups du voyage…
    Je m’y également plus longtemps à me préparer tant je me sentais lourde et gauche. J’étais sur le point de jeter l’éponge et de retourner dans le lit, quand la tête brune de Liliana apparut dans les replis des couvertures. Son grand sourire me fit l’effet de la meilleure aspirine du monde et aussitôt je me sentis mieux. Malheureusement, je ne pus échapper à son œil critique et à sa remarque amusée : « Maman, tu fais presque peur… ».
    Oui, évidemment, vu par les yeux d’une enfant de six ans, mes cernes sombres et mes cheveux totalement en vrac me donnait presque l’apparence d’un revenant.

    […]

    Une heure plus tard j’avais retrouvé Jasuhin dans la salle commune de l’auberge. Le vieil homme était devant son petit déjeuner et lorsqu’il proposa de me commander la même chose j’eus du mal à réprimer ma grimace. Je n’avais absolument pas faim… Décidément cette nuit avait été plus compliqué que je ne le croyais !
    Mais je n’étais pas au bout de mes surprises… Car, alors que nous montions ensemble les marches de la citadelle, je fus soudain prise d’une sorte de point de côté. J’étais essoufflée, prête à tourner de l’œil, quand Jasuhin vint me prendre le bras pour m’appuyer à lui. Je me sentis rougir de honte, alors que je m’agrippais à son bras pour finir l’ascension de l’escalier. Le vieil homme devait déjà avoir suffisamment de mal, voilà qu’il se retrouvait encombré de ma personne…. Bon sang j’avais tout de même vingt-huit ans et j’étais loin d’être impotente…
    Une fois arrivée dans le long couloir, je profitais de notre rythme lent pour reprendre mon souffle. La dernière fois que je m’étais sentie aussi fébrile s’était lors de ma convalescence après mon passage dans les mines inondées de Lodiaker.


    « - Ca va aller. Je ne suis pas trop dans mon assiette depuis ce matin, mais ça va passer.

    Je ponctuais ma phrase d’un sourire pour tenter de rassurer le vieil homme, mais j’avais peur qu’il soit aussi pâle que moi. Lorsque nous fûmes introduits dans petit cabinet du Baillis j’avais déjà repris des couleurs.

    […]

    Ce fût quelques heures après notre départ que nous fûmes de retour à l’auberge. Le Baillis nous avait reçus de la plus courtoise des manières. Il s’était montré agréable et attentif, mais le discours n’en restait pas moins négatif.
    Durant le trajet de retour j’avais laissé Jasuhin à ses réflexions, il devait analyser les longues minutes que nous avions passées en compagnie du baillis. Mais une fois de retour à l’auberge je lui demandais quelques instants en tête à tête. A côté de la salle commune se trouvait une pièce plus petite avec une table et des chaises. C’était un genre de salon privé agréable et confortable puisque les chaises avaient chacune leur petit coussin !

    Je me laissais littéralement tomber sur l’une d’elle, complètement vidée. Ce soir j’étais certaine de ne pas m’attarder au coin de feu pour écouter ménestrels et poètes de passage.


    « - Ce n’était que notre première étape, il ne faut pas nous décourager, je suis certaine que nous aurons plus de succès la prochaine fois. Et puis il ne semblait pas totalement fermé… Peut-être qu’en voyant les bienfaits et les retombés économiques du monastère, la Baronne changera d’avis… En tout cas je ne pensais pas que c’était si épuisant ! Comment faites-vous pour tenir encore sur vos jambes ?! Vous m'impressionnez chaque jour un peu plus Jasuhin. »


Dernière édition par Jena Kastelord le Mer 5 Juin 2013 - 13:43, édité 2 fois
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Jasuhin le Humble
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MessageSujet: Re: Sur le chemin de l'entraide - Olyssea    Mer 5 Juin 2013 - 13:13

« - Non, je me doutais bien qu’il était impossible que nous obtenions de l’aide à chaque fois. Ce Baillis avait l’air attentif, mais très proche de son argent. Le projet ne présente guère d’intérêt pour lui, car il est loin de ses terres et je ne peux lui garantir une contrepartie pécuniaire à son intérêt.

L’essentiel, c’est que notre projet sera connu des instances dirigeantes d’Olyssea. Qui sait, à l’avenir, peut-être pourrons nous reprendre contact et échanger avec elle. Je dois retourner voir le Grand Prêtre, je lui avais promis un rapide compte rendu de cette entrevue. Il se montrait intéressé, peut-être déléguera-t-il quelques frères au service de ce nouveau temple. Nous verrons bien.
»

Jahusin resta silencieux quelques instants, en regardant la jeune femme. En effet, cette dernière semblait épuisée par l’entrevue de cette journée. Aile ne s’était pas montrée de la journée, et c’est à cet instant qu’elle apparut. Elle alla se percher sur l’épaule de Jena, piailla de contentement, et vint se blottir dans le cou de la jeune femme. Jena parut surpris, mais elle s’accommoda rapidement de la présence du moineau. Jahusin resta pensif, non sur la rencontre avec le Baillis, mais sur l’état de Jena.

Elle se sent mal probablement à cause de la chevauchée jusqu’ici. Elle n’a probablement pas l’habitude de se déplacer de la sorte. Son corps a besoin de repos. Et puis, la fatigue a probablement permis à une maladie de s’installer. C’est souvent lorsque le corps est épuisé qu’elles se répandent. Ou bien même l’esprit. Un corps sain ne peut fonctionner correctement si l’esprit qui l’accompagne défaille. Peut-être que l’éloignement avec son mari la fragilise-t-elle trop ? Il n’y a qu’un moyen de savoir de toute façon …

Il se remémora rapidement ses cours de soins, et il proposa à Jena d’essayer de voir ce qui se passait, qu’elle pouvait être l’origine de cette faiblesse si soudaine.

«- Eh bien, je mets un pied devant l’autre, tout comme vous, Jena. Mais j’ai l’impression que vous devez être fatigué ou bien malade. Vous permettez que je vous prenne la main.
Je vais lancer une prière de soin pour comprendre ce qui ne va pas dans votre corps. Cela est sans douleur, vous ressentirez juste une légère chaleur, au niveau de votre poignet notamment ; elle irriguera ensuite le reste de votre corps et vous soulagera des maux qui vous tourmentent.
»

Jahusin pris la main de Jena avec sa main droite calcinée. Il ne ressentit pas le contact avec le frêle dos de la main, sa paume étant totalement carbonisée. Il commença ensuite à réciter, les yeux fermés, une douce prière. Elle était presque inaudible, et Jahusin murmurait juste un peu plus fort le mort de Néera, qui revint plusieurs fois en sa bouche.

Il sentit une douce chaleur prendre naissance au creux de son ventre, avant de remonter tout doucement vers sa main. Il sentit cette douce chaleur passer à travers sa main dans le corps de Jena, et gagner peu à peu le reste de son corps. La jeune femme devait se sentir apaiser et les douleurs qu’elles ressentaient il y a encore quelques instants s’étaient envolées. Il se focalisa sur l’origine de la douleur, essayant de comprendre d’où elle provenait et qu’elle était son origine. S’il découvrit bien que l’estomac refusait toute alimentation, que le dois la faisait souffrir et que la fatigue avait pris possession de son corps, il fut surpris par le bruit qu’il entendit.

Intérieurement, Jahusin sourit. Il l’avait clairement entendu. Derrière le battement lent et régulier de la jeune femme, il distinguait plus nettement un tout petit bruit. A peine perceptible au début, il devenait plus fort au fur et à mesure que la régénération soignait le corps de Jena. Il changea alors de prières. Si Jena tendait l’oreille, elle remarquerait que le rythme avait changé et qu’il était plus rapide. Jahusin était en train de réciter une prière de bénédiction et de force pour l’enfant, afin de lui garantir vitalité et santé dans les mois à venir … Et surtout, pour l’éviter d’épuiser trop la maman.
Après de longues minutes, Jahusin cessa de psalmodier des paroles. Il leva doucement sa main droite, coupant le flux magique qui régénérait Jena. Pendant plusieurs jours, elle se sentirait en pleine forme, tandis que le vieil homme devrait faire un bon repas et passer une bonne nuit de sommeil. Il rouvrit ses yeux malicieux et fixa Jena.


«- Je vous rassure, vous n’avez rien de grave, Jena. Il faudra juste garder le lit quelques jours pour bien vous reposer, mais surtout, il faudra vous ménager. Car il sera nécessaire de penser pour vous deux, et non plus pour vous seul, ma chère. »

Jahusin scruta les émotions de la jeune femme avec un regard bienveillant. Il se doutait qu’elle transporterait de joie Jena, et qu’elle trouverait un réconfort d’avoir une part de plus de l’amour d’Hanegard dans son sein.

[…]

« - Merci de votre accueil et de votre aide, Frère. Notre voyage en Olyssea n'aura pas été vain, malgré le refus du Baillis.

- La Baronnie est très proche de son argent ces dernières années. Et puis, ce n’est pas grand-chose, vous savez. J’ai proposé à quelques frères s’ils étaient intéressés de partir aider à fonder et à entretenir un nouveau temple en Velteroc. Seuls quelques-uns ont répondu favorablement à votre demande. Ils vous rejoindront directement sur le site de votre fondation, d’ici deux à trois ennéades, le temps pour eux de tout mettre en ordre.

- Quoi qu’il en soit, merci de votre générosité. Peu importe la quantité ou la valeur, c'est le geste le plus important. La Déesse saura s’en souvenir, j’en suis sûr.

- A ce propos, Frère Jahusin, avez-vous eu des nouvelles de notre Haut Prêtre ? Voilà plusieurs ennéades qu’il n’a donné aucun signe de vie. Certes, la retraite fait partie de la fonction, mais cela nous inquiète … D’autant plus qu’il a été sollicité, notamment en Saint-Berthilde, à propos de l’ancienne Gardienne, et il n’a donné aucune réponse …

- Je ne sais, j’ai eu quelques contacts avec lui, il était jeune et dynamique, mais certains remettaient en cause son accession. Trop sur les routes et pas assez administratif. L’éternel dilemme de notre Ordre.

- En effet, bien que je pense qu’il est nécessaire de réunir de nouveau un Concile de notre Ordre, mais aussi des Cinq. Mais bref, je vous retiens. Quand partez-vous avec votre amie ?

- En fin de matinée, pour gagner le Sud. Le temps de les rejoindre à l’auberge, cela va faire trois ou quatre jours de repos, il est temps de reprendre la route. »

[…]

« - Comment vous sentez vous, Jena ? Mieux j’ai l’impression. En tout cas, vous êtes radieuse ce matin ! Etes-vous prête à repartir ? Vous aussi les enfants ? »

Aile s’amusait avec ces derniers, à une sorte « d’un, deux, trois … Soleil ! ». Le moineau s’approchait et s’arrêtait quand les enfants se retournaient. Le moineau retournait à son point de départ si l’un des enfants repérait un geste du volatile. Jahusin regarda son ami jouer avec les enfants avec un certain bonheur, en attendant une réponse de Jena.
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Jena Kastelord
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MessageSujet: Re: Sur le chemin de l'entraide - Olyssea    Jeu 6 Juin 2013 - 12:01

    Le moral de Jasuhin ne semblait pas affecté par le premier refus que nous venions d’essuyer, du moins il gardait son optimisme et cela me rassura aussitôt. Il me parla alors du Grand Prêtre qu’il avait rencontré la veille, il devait lui rendre une nouvelle visite et j’éprouvais un profond respect pour le vieil homme qui trouvait encore la force de quitter l’auberge pour se rendre au temple. Cet homme était une leçon de vie ambulante.
    Une minute s’écoula avant qu’il manifeste son inquiétude à mon sujet. Je levais la main, tentant vainement de le rassurer en lui certifiant qu’il ne s’agissait que d’une fatigue passagère, mais je finis tout de même pour lui tendre mon bras. Je connaissais le sort de soin qu’il s’apprêtait à utiliser, je l’avais moi-même pratiqué sur la Baronne de Missède quelques mois plus tôt, et de façon courante dans le temple d’Alonna lors des hivers précédents. Je connaissais sa force de guérison, surtout lorsqu’il s’agissait des prières d’un Grand Prêtre. Nombre de mes frères se seraient sentis honorés par le geste de Jasuhin et je n’y dérogeais pas car je savais la fatigue qu’engendrait ce genre de sort.

    Il commença à psalmodier les mots de la prière que je connaissais par cœur moi aussi et je fermais les yeux en sentant la douce chaleur se répandre dans mon corps. C’était tellement apaisant, tellement revigorant… Je l’écoutais et je m’amusais presque à sentir son esprit tâtonner à la recherche de l’origine de ma fatigue.
    C’était très surprenant, aucun des patients que j’avais soigné ne m’avait dit ressentir une telle chose, je supposais alors que je vivais la chose différemment parce que je connaissais ce sort et que j’étais habituée à le pratiquer…

    Je fus soulager de sentir – avec lui – que mes poumons n’avaient rien et j’étais sur le point de conclure définitivement à une fatigue passagère quand mon cœur rata un battement. Je l’avais entendu moi aussi. Ce petit bruit… Et puis j’entendis sa prière changer, et je reconnus les mots prononcés pour les femmes enceintes. Jasuhin avait compris avant moi, sûrement parce que j’étais encore sous le choc d’une telle découverte. Avant que Jasuhin ne me lâche la main je me concentrais une dernière fois pour réentendre ce battement à travers lui. Mon cœur se serra une nouvelle fois alors qu’un immense sourire étirait mes lèvres. Mais un flot d’émotion contradictoire m’assaillit lorsque le Grand Prêtre me lâcha doucement.
    Hanegard était si loin… Quand reviendrait-il ? Quand pourrais-je lui faire partager mon bonheur ? J’angoissais déjà à la seule idée qu’il puisse laisser deux enfants orphelins, mais maintenant trois…
    Et comment ne l’avais-je pas vu avant ? Je n’avais jamais été très doué pour détecter mes grossesses, à chaque fois c’était Clarys qui avait mis le doigt dessus mais là tout de même… Et puis ça fit tilt dans mon esprit. Cela venait forcément de la potion que je prenais pour dormir. J’avais demandé au Grand Prêtre d'Alonna de m’en faire préparer comme à l’époque où j’avais croisé la route d’Ilinsar. Depuis que je m’étais littéralement épuisée en soignant la Baronne de Missède, mais vieux cauchemars étaient revenus hanter mes nuits. Nazaref m’avait alors énoncé toute une liste d’effet secondaire possible et l’un d’eux était le dérèglement de mes menstruations. Je n’avais donc plus fait attention du tout à ce détail de ma vie intime !

    Jasuhin m’annonça qu’il me faudrait garder le lit quelques jours et je l’approuvais ! Fait extrêmement rare pour être mentionné, demandez à mon époux, en temps normal je suis une vraie tête de mule avec les prescriptions médicales !

    […]

    Les quelques jours passaient à me ménager me firent un bien fou et je retrouvais toute mon énergie. Je continuais à culpabiliser vis-à-vis de Jasuhin et je m’efforçais d’être au petit soin avec lui chaque fois que je le pouvais ! D’ailleurs il n’était pas contre un peu de repos lui aussi.
    Le matin de notre départ, j’avais passé de longues minutes à regarder mon ventre dans la psyché de la petite chambre. Ce que j’avais pris pour une petite prise de poids s’expliquait maintenant, et je me mis subitement à chérir cet arrondi que je trouvais jusqu’alors seulement disgracieux. Au moment de m’habiller j’avais préféré passer ma robe de prêtresse blanche. Je ne l’avais pas encore portée durant le voyage mais elle me semblait à présent parfaite, car dénué de corset et seulement serrée à la taille par une ceinture en cuir ciselé. J’étais donc parfaitement à l’aise à l’intérieur.

    Je rejoignis bientôt Jasuhin et les enfants dans la salle commune. La veille je leur avais annoncé avec moult pincette la nouvelle et je fus surprise par leur réaction. Liliana s’était écriée qu’elle allait enfin avoir une petite sœur et Dastan s’était mis à bouder. Il aimait être le petit dernier et il ne voulait pas que ça change. Je leur avais demandé de garder la nouvelle pour eux, mais à mon arrivée dans la salle commune, Kaïn vint à ma rencontre pour me féliciter et me promettre que tout serait fait pendant le voyage pour que je me fatigue le moins possible. Les joues rouges, je m’installais près de Jasuhin qui finissait son déjeuner.


    « - Je vais beaucoup mieux en effet et c’est grâce à vous Jasuhin. Je ne vous remercierai jamais assez, je ne comprends toujours pas comment cela a pu se produire, mais entendre son petit cœur… je pense que c’est le plus beau cadeau que vous pouviez me faire. »

    « - Tu vois elle le préfère déjà …»

    La mine boudeuse de mon fils me fit sourire tandis que je croisais le regard amusé de ma fille. C'est fou comme elle m'impressionnait pendant ce voyage. J'attrapais mon fils alors qu’il essayait de s’échapper pour bouder plus loin et le calait sur mes genoux pour le couvrir de baiser. Il ne résista pas longtemps et finir par éclater de rire avant de passer ses bras autour de mon cou pour se caler contre moi.

    « - Je crois que nous sommes tous prêt pour le départ ! N’est-ce pas trésor ? Tu vas arrêter de bouder d’accord, sinon Jasuhin te transformera en petit crapaud. »

    Mi-amusé, mi-inquiet, Dastan observa le vieil homme comme s’il essayer de voir si c’était possible. Finalement son imagination trancha pour lui et il hocha frénétiquement la tête en souriant. Nous fûmes bientôt tous en selle, prêt pour le départ. Liliana avec moi et Dastan avec Kaïn. Je n’avais pas encore conscience que je prenais avec moi une vraie petite garde malade, qui s’inquiétait tous les cent mètres de mon état de fatigue !
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MessageSujet: Re: Sur le chemin de l'entraide - Olyssea    Jeu 13 Juin 2013 - 13:40


« - Ce n'était pas grand chose, Jena, mais je l'ai fait avec plaisir. »
 
 Le vieil homme inclina la tête en un geste de remerciement, tandis que Jena s'occupait de ses enfants. Jahusin fut rassuré par les propos de Jena sur son état de santé. Le prêtre remarqua également le changement vestimentaire. Elle portait désormais une robe ample mais élégante, mettant en valeur son appartenance au culte de Néera. Une robe d'aspirante, mais sa richesse et le motif des détails soulignaient l'ancienne richesse de sa propriétaire.
Mais il n'y avait pas que cela. Elle n’était plus une simple femme avec deux enfants, elle portait de nouveau la vie en son sein. Et cette pensée, quoi que récente encore, avait transformé la jeune femme. Son attitude trahissait sa volonté de vivre pour une nouvelle personne et de mordre la vie à pleine dent afin d'en faire profiter le nouvel être qui était en elle.
 
Jahusin pris un visage sérieux et ne dit rien lorsque Jena menaça Dastan d'être transformé en crapaud s'il n'arrêtait pas de bouder. Avec un une voix grave et profonde, Jahusin prononça un Peut-être qui fit peur à l'enfant ; après tout, il valait mieux se méfier des vieux hommes bizarres avec une main brûlée et qui murmurait des choses étranges … Après un fou rire de plusieurs minutes, Jena et Jasuhin rejoignirent l'escorte. Elle avait sellé et préparé les montures pour cette nouvelle étape.
 
La foule commençait à envahir la rue et l'artère principale de la ville était surchargée de marchands, de chariots et d'autres éléments qui ne facilitaient pas le passage. Les insultes fusaient, ainsi que les jurons, le tout dans une ambiance d'échanges, de négoces et d'argents sonnant et trébuchant. Alors qu'ils avançaient au pas et que Kaïn tentait de libérer un passage dans cette marée humaine, Jahusin sortit une vieille carte de sa manche intérieure et devisa avec Jena.
 



 « - Tenez, voici où nous sommes pour l’instant, à Olysséa. Il faut que nous continuions notre chemin vers le Sud, vers la passe qui sépare le massif de Grimsel. La route est bien balisée et devrait être rapide, car elle est très fréquentée par les marchands qui viennent vendre leurs marchandises à Olysséa. Raisonnablement, je pense qu’un deux ou trois jours nous devrions y parvenir. Enfin, si la météo ne se durcit pas.  »
 
Jahusin s’arrêta un instant en voyant un marchand vendre d’énormes grappes de raisins. Il s’arrêta, proposa un prix au marchand, qui refusa de prime abord, avant de finalement accepter en voyant les tatouages sur les mains du prêtre. Il revint vers Jena et les enfants chargés d’un bol de raisins rouges et blancs. Il tendit un grain à Aile, qui venait quémander autour des oreilles de son maître. Il donna plusieurs grappes aux enfants, qui avalèrent goulument les globes colorés et sucrés. Jena se laissa également tenter par un morceau de raisin. Jasuhin poursuivit ensuite son monologue.
 
« - Je suis passé par cette région, mais il y a plusieurs décennies de cela. Elle est plutôt accueillante, et malgré son relatif enclavement, elle produit de nombreux fruits et légumes. Je me souviens de ces champs à perte de vue, avec ces paysans qui travaillent et remuent la terre. Bref, si nous ne rencontrons aucune encombre, nous devrions y accéder rapidement.  »
 
 Il attendit un signe de tête de la jeune femme avant de continuer leur chemin vers la sortie de la ville. Aile vint quémander un pépin d’un des grains mangés par Jahusin. Le petit oiseau se montra ravi du cadeau de son maître, et se manifesta par un pépiement aigu ; d’autres moineaux interloqués regardèrent l’oiseau domestiqué sur la main de Jahusin. La poterne de la ville fut enfin franchie, permettant de voir la vaste plaine qui entourait Olyssea. La brume quittait timidement les tréfonds du paysage pour gagner les bords du fleuve, chassé par les rayons d’un soleil de plus en plus blafard.
 
L’hiver vient ... La saison la moins facile de toutes, mais au combien nécessaire dans l’équilibre de la nature et des Hommes. L’été a été plutôt bon, sans oublier l’automne qui est encore clément. Je crains l’hiver car sous son paisible manteau blanc se cache les pièges les plus dangereux et perfides, professait mon ancien mentor ... Les tensions en Sainte Berthilde, mais aussi dans le Nord ne sont pas là pour nous rassurer, gens de Foi. En entendant, il y a toujours la Vie, toujours aussi puissante et belle pour nous accompagner.
 
 Il jeta un dernier regard vers Jena, avant de donner des talons de son cheval. La petite troupe s’élança alors vers le Sud, en direction du duché d’Erac.
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