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 Recherche d'une enfant d'Anaëh en Ithri'Vaan [PV Glinaina]

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Delnwë Iridwen
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MessageSujet: Recherche d'une enfant d'Anaëh en Ithri'Vaan [PV Glinaina]   Sam 25 Mai 2013 - 12:45

La route avait été plus longue que prévue. Pourtant, Naelis n'était pas si éloignée des portes de l'Anaëh. Mais ce trajet là n'était pas des plus plaisants. Delnwë n'avait que rarement quitté la douce quiétude des terres elfiques. Jusqu'alors, ce fut à chaque fois pour livrer bataille, en tant que soldat de la grande armée du peuple elfique. Mais depuis, il avait été promu. Son rang lui valait un ensemble de responsabilités... Ainsi que l'accès à certaines informations jusqu'alors ignorées. Naelis s'était toujours voulue neutre. Pourtant, la forte influence des elfes noirs ne pouvait être niée. Ils avaient bâti des cités, menés des raids, imposés des taxes, et rasés des villages. Mais le seigneur de Naelis se disait indépendant, ne voulant pas de cette domination et se contentant de faire survivre son peuple. De bien belles paroles, en vérité. Les actes restaient à prouver.

Il n'avait que peu de connaissances au sujet de cette cité. On lui avait enseigné quelques bribes sur son histoire lors de sa formation. Mais elle ne constituait pas un sujet important. Aussi avait-il dû se documenter un peu avant son départ. Manifestement, la force armée était mineure, mais suffisante pour opposer une résistance de principe, susceptible de causer des morts. Or il ne voulait pas d'un bain de sang, il n'était pas là pour cela. En réalité, il n'était là pour aucune raison concernant réellement l'armée. Il avait prit cette décision de lui même, suite à un rapport d'un éclaireur qui lui avait été remit, sans qu'il sache pourquoi. Sans doute était ce l'usage que les officiers reçoivent certains rapports. Sa promotion avait été récente et il ignorait encore quelques uns des usages. Toutefois, le rapport avait suffit à lui faire oublier toutes ses préoccupations.

Il y était fait mention d'une des siennes, au nom qu'il n'avait jusqu'alors jamais entendu. Celle ci avait décidé pour une raison non mentionnée de vivre parmi le peuple humain et d'entrer dans une compagnie de mercenaires, qui plus tard s'octroya la direction de la cité de Naelis. Pour Delnwë, il avait toujours semblait absurde de vouloir vivre au sein du peuple humain pour les siens. Certes, une partie d'entre eux méritaient de l'estime, et avait quelques talents. C'était d'ailleurs grâce à de tels humains que jadis il avait été possible de lutter à leur côté contre les sombres, d'échanger des bonnes paroles, de partager les visions si différentes des deux peuples. Autrefois, les humains s'étaient montrés raisonnables, et cette époque avait été le zénith de la paix. Mais depuis, les peuples s'étaient entre-déchirés. Les humains ne pensaient pour la plupart qu'à faire la guerre entre eux, ou contre les autres peuples. Voulant s'octroyer plus de terres, agrandir leurs royaumes indépendants sans soucis de massacrer les leurs, assemblant des armées qui disparaissaient en une seule journée. Luttant pour des raisons futiles, honneur, gloire et tant d'autres qui ne justifiait pas ces massacres. L'honneur et la gloire... C'était en défendant les siens contre de véritables menaces qu'on l'obtenait! Delnwë se remémora les cours d'Ameril, qui jadis lui fit comprendre que chacun pensait avoir une bonne raison de se battre. Pourtant, il concevait mal les raisons des humains. Au fil du temps, ceux qui vouait une quelconque amitié aux enfants de l'Anaëh s'étaient fait plus rares. Désormais les siens étaient craints, parfois détestés, mais rarement bien accueilli.

Delnwë voulait ainsi comprendre ce qui pouvait amener une des siennes à servir ces humains. Plus encore, il voulait savoir ce qu’elle avait pu devenir. Pour sa propre connaissance, mais aussi pour essayer de faire comprendre à cette égarée l’erreur qu’elle avait pu commettre. Et qui sait, peut être ce voyage présenterait d’autres intérêts. C'était une folle pensée, néanmoins il ne souhaitait pas y renoncer. Capable de réfléchir, de peser les risques et les avantages, l'elfe avait néanmoins un grand défaut: il changeait rarement d'avis, à moins qu'on lui démontra qu'il avait réellement tort. Aussi décida t-il d'entreprendre cette petite expédition.

La cité de Naelis n'était qu'à quelques jours de cheval. Pourtant, il fallait tout de même prévoir d'éventuels contretemps. Il ne pouvait bien évidemment pas partir seul. Le grade voulait qu'il devait se déplacer accompagné lorsqu'il quittait le territoire elfique. Il choisit trois de ses meilleurs compagnons d'armes, puis laissa les instructions à ses subordonnés, ainsi qu’un message qu’il demanda à l’un des soldats de porter à sa capitaine. Il savait que celle ci n’appréciait pas vraiment les légèretés dans la hiérarchie, et ceux sous ses ordres avaient appris à craindre ses colères. Mais Delnwë était prêt à l’assumer. La préparation pour la prochaine bataille avait été intensive ces derniers temps, aussi les quelques jours d'absence du lieutenant seraient l'occasion pour les soldats de se reposer et d'adoucir quelque peu leur entrainement, sans pour autant se relâcher. A son retour, il fallait pourtant que tous soient prêt au cas où un départ de l’armée serait décidé.

Il partit à l’aube, avec ses trois compagnons, vers la cité humaine. Ils avaient opté pour des vêtements de voyage, avec malgré tout armes et armures, par prudence. Le voyage aurait pourtant pu être des plus calme. Mais les caprices du climat voulu que les intempéries les ralentissent. La pluie se mit à tomber dès le deuxième jour, et un petit fleuve entré en crue les obligea à faire un détour de presque une demi journée. C’est donc après quatre journées de voyage qu’ils s’arrêtèrent dans un village sur la route, un petit village d’une dizaine de chaumières tout au plus. Leurs vêtements étaient trempés, et ils souhaitaient s’arrêter pour la nuit. Car si les elfes n’avaient guère besoin de sommeil, mais le repos et un repas au sec n’était jamais mal venu... D’autant que voyager de nuit pouvait attirer quelques ennuis. Ils s’arrêtèrent devant ce qui devait probablement être la seule auberge du village. Delnwë demanda à l’un de ses soldats d’attacher les montures, puis tous entrèrent dans la bâtisse.

Un large feu de cheminé était allumé au fond de la pièce, réchauffant autant que possible les lieux et l’atmosphère. Il y avait peu de monde, probablement a cause du temps, mais aussi de la taille du village. L’aubergiste était installé derrière un petit comptoir, manifestement occupé à nettoyer quelque vaisselle. Il n’y avait que quelques tables, et les rares individus présents étaient des humains manifestement habitants du village. Vêtus assez pauvrement, il devait s’agir de paysans ou d’artisans disposant de peu de richesse, ce qui était compréhensible étant donné la situation de la région. Un seul d’entre eux était certainement un voyageur de passage, à en juger sa tenue. Tous observèrent les nouveaux venus, et leurs regards furent unanimement mauvais. Sans pour autant être menaçants, ils voyaient apparemment d’un très mauvais œil la venu d’une troupe d’elfes en armes et armures. Ce sentiment fut attesté par les premières paroles de l’aubergiste.

« Hé, vous là bas. Pas d’armes dans mon auberge. Faudra les laisser à l’entrée ou venir me les confier. »


Argument ridicule si l’on en jugeaient par les petits poignards et dagues de mauvaise facture que portaient chacun des individus présents. Delnwë fit signe à ses compagnons de s’asseoir à une table libre. Puis se dirigea vers l’aubergiste et lui répondit.

« J’ignore si c’est notre peuple ou notre équipement qui vous inspire une telle crainte, mais sachez que nous ne sommes ici que de passage et ne vous voulons aucun mal. Nous nous rendons à Naelis, et souhaiterions faire halte ici. Nous paierons ce qu’il faudra pour notre étape, mais nous ne voulons pas d’ennuis. Traitez nous comme de simples clients de passage et nous saurons vous payer comme il se doit. »


Tout en parlant, il ouvrit une petite bourse. Celle ci était empli de pièces, et les yeux ronds de l’aubergiste lui assurèrent d’avoir bien fait passer le message. Manifestement d’autres captèrent également le message, car des yeux envieux et peu scrupuleux se posèrent sur l’elfe. Celui ci referma la bourse puis reprit.

« Ne pensez toutefois pas à nous spolier ou nous dérober, nous saurions vous faire comprendre que si nous sommes certes honnêtes, nous ne tolérons pas que vous vous moquiez de nous. Nous prendrons donc quatre repas, ainsi qu’une chambre pour nous tous. Ajoutez à cela le prix de l’écurie. Je pense que ceci suffira. »

Il posa sur le comptoir huit pièces. C’était en vérité plus que nécessaire pour dormir dans un tel lieu, mais l’aubergiste ne sembla pas rechigner sur cette monnaie. Il vérifia rapidement qu’elle était réelle, puis s’empressa de l’encaisser, avant de balbutier un vague « oui messeigneurs ». Ces humains changeaient décidément bien vite d’avis lorsqu’on leur mettait quelques monnaies devant les yeux. Futilité des biens matériels, voilà bien leur mode de pensée. Delnwë se contenta de poser la main sur la poignée de son épée d'un air songeur, mais n’y accorda pas plus d’importance, et alla s’asseoir avec les siens. Ils se mirent à discuter a voix très basse. Ayant meilleure ouïe que les quelques paysans autour d’eux, ils n’avaient aucun mal à dissimuler leurs paroles aux oreilles indiscrètes. Ils discutèrent de la suite de leur route... et de celle qu’ils venaient chercher à Naelis.
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Glinaina
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MessageSujet: Re: Recherche d'une enfant d'Anaëh en Ithri'Vaan [PV Glinaina]   Sam 25 Mai 2013 - 21:15

De la pluie, encore et toujours, de l'orage, de l'affolement. Ils avaient beau essayer de tenir les chevaux, certains n'étaient pas loin de leur donner des coups de sabot. Et pourtant, ils étaient à l'intérieur de l'écurie, là où l'eau ne venait pas créer d'innombrables flaques de boue ; et ce n'était pas la première fois que les chevaux entendaient l'orage gronder. La différence qu'il y avait avec l'habitude, c'était que là la tempête était en plein sur eux et donc que le tonnerre était bien plus fort qu'à l'accoutumée. En en cela, certains n'y étaient pas encore habitués !

"Attention !

Il fallait bien que cela arrive, l'un d'eux arriva à briser la barrière de bois qui le retenait et fila au-dehors, apeuré, bousculant quiconque se dressant sur son passage. Les trois personnes présentes se reculèrent juste à temps pour ne pas se faire piétiner par l'animal puis se regardèrent : pourquoi fallait-il que l'orage soit si près du village ?

-Fallait-il que ce soit celui-là ! Trop fougueux c'te bestiau...
-Je vais le chercher, j'ai terminé avec Toren.
-Fais gaffe gamin.

Glinaina regarda le jeune homme courir à la poursuite du cheval qui hennissait à tue tête, se cabrant dès que le tonnerre reprenait, lorsque celui dont elle s'occupait la rappela à ses petits soins. Il avait déjà été un minimum calmé, aussi se contenta-t-elle de lui caresser l'encolure tout en lui murmurant des mots elfiques destinés à l'apaiser. Elle savait pertinemment qu'un accident était vite arrivé, entre la peur, le doute et la boue. Heureusement qu'ils se trouvaient à plus de cinq-cent mètres du village, sinon il aurait pu y avoir une altercation entre un villageois et le cheval. L'Elfe s'avança vers un autre box et recommença le même manège qu'avec les deux autres auparavant, quoi que celui-là était plus calme. Ce fut donc très rapide, tout comme l'arrivée du fameux accident redouté qu'elle vit lorsqu'elle se retourna : l'adolescent se prit un coup de sabot - du moins c'est ce qu'elle pu voir à travers les gouttes d'eau - et tomba à terre.

-Romain !"


Laissant le "Vieux" s'occuper des chevaux, elle courut vers l'accidenté ou plutôt se porta en avant de l'animal fougueux. De nouveau il se cabra et là elle leva les mains comme pour le stopper, s'approchant de lui pour le diriger de manière à ce qu'il n'écrase pas le pauvre gars qui ne se relevait pas. Plusieurs échanges se firent entre eux-deux, l'un essayant à plusieurs reprises de se dégager de son adversaire, l'autre esquivant avec plus ou moins de facilité lorsqu'elle n'essayait d'aller jusqu'à lui ; son passé dans l'armée ne lui servait pas à rien, même dans un simple village. Elle ne savait pas si elle agissait comme il fallait, n'étant du "métier" que depuis six ennéades, mais si elle savait bien quelque chose avec les chevaux, c'est qu'il fallait être sûr de soi, être maître de la situation. Quand enfin elle put poser sa main sur la tête de l'animal, elle l'entraîna jusqu'à l'écurie, le tenant fermement par la crinière sans lui faire de mal. Lorsque son collègue le prit en charge, elle retourna auprès du blessé et le porta. Il avait besoin d'un guérisseur et d'un endroit chaud.


~~~~~~~~~~


Quatre heures plus tard.

"Je ne pense pas pouvoir faire plus... Il faut que le guérisseur vienne, parce que ses côtes ne vont pas se réparer d'elles même ! Enfin du moins je pense...
-Merci Anaïg. Je suppose qu'il ne se réveillera pas de si tôt ?
-En effet. Avec un peu de chance, le guérisseur sera là avant son réveil, avec la pluie qui s'est presque arrêtée.
-Heureusement qu'il était au village d'à côté aujourd'hui.
-Tu devrais rentrer, Tom va s'occuper de lui.
-Je vais d'abord boire un coup avant, j'en ai bien besoin !
-Tu m'étonneras toujours...
-Vraiment ?
-Oh oui ! Une femme vivant seule loin de ses parents, s'habillant comme un homme, ayant même fait l'armée et...
-Et ayant des oreilles pointues ?
-Bah ça ! Certains pensent que tu es une dépravée et lorsqu'on ne te connait pas, il est vrai que tu en donnes l'impression.

Glinaina rit de bon coeur à cette remarque. C'était vrai qu'ils n'avaient pas les mêmes coutumes que les Elfes, loin de là. Et pourtant, elle avait cru qu'elle s'y était fait en huit ans auprès des Hommes, mais elle devait reconnaître qu'à l'armée, lorsque celle-ci acceptait les femmes, ce n'était pas la même chose que dans la vie civile - et encore plus dans les villages à son goût. A cheval sur les traditions, les filles restaient chez leurs parents jusqu'à leur mariage et ne faisaient pas grand chose de leur vie. La plupart des gens n'étaient jamais allés jusqu'à Thaar ou n'avaient jamais fait un pas dans la forêt d'aduram, tout simplement par peur. En fait, elle avait pu se rendre compte de la grande chance qu'elle avait de savoir lire et écrire ainsi que d'avoir voyagé. Ils devaient vraiment la prendre pour un garçon manqué, alors qu'il y avait bien pire qu'elle !

Elle se leva et quitta la chambre, accompagnée par la charmante Anaïg. Tout en se dirigeant vers la salle principale de l'unique auberge du village, elles discutèrent des différences culturelles qui séparaient leurs deux peuples respectifs. C'est en descendant l'escalier qu'elle entendit l'aubergiste Tom parler d'un ton nonchalant à quelqu'un qui lui répondit avec un accent qui était familier à la jeune femme. Un Elfe ? Arrivées dans la salle, les deux femmes se firent un signe de tête et Anaïg repartit vers sa maisonnée prendre soin de son premier enfant. Un regard vers le comptoir où se trouvaient bien un Elfe en armure et à une table non loin s'installaient ses congénères, au nombre de trois. Alors qu'ils ne faisaient pas encore attention à elle, elle se permis de regarder avec ses yeux perçants l'uniforme des soldats. Il lui disait quelque chose, mais elle n'était pas sûre... En fait, elle se demandait si ce n'était pas l'équipement lié à l'un des corps de l'armée royale elfique. Ne l'ayant pas vraiment côtoyée, la réponse restait pour l'instant aussi inconnue que le nom d'une personne vous ayant croisé une seule fois et que quelqu'un d'autre aurait appelé. Bref, vous aurez compris que pour l'occasion elle ne pouvait se fier à sa mémoire. Elle attendit que quelques minutes se passent, s'assayant à une table dans un coin tranquille, avant de s'avancer vers l'aubergiste qu'elle interpella sans aucune animosité.


-Je sais que tu n'aimes pas les soldats, d'autant plus s'ils sont étrangers, mais je ne pense pas que tu ais à craindre d'eux, Tom.

Elle ne parla pas fort, s'adossant sur le comptoir, mais c'était assez pour que ses frères-Elfes l'entendent. Enfin "frères-Elfes"... Si s'occuper des chevaux l'avait renouer quelque peu avec la nature, l'aidant à reprendre du plaisir à vivre avec la nature, elle avait toujours du mal à se considérer entièrement comme une Elfe. Toujours la même histoire, qu'elle n'avait aucunement l'envie de se rappeler... et encore moins de la raconter au premier venu. Trois personnes, c'était déjà amplement suffisant.

-Un verre de vin, s'il-te-plaît.

L'aubergiste la regarda d'un drôle d'air, mais ne dit rien. Il lui servit ce qu'elle demandait en échange d'une pièce et alla préparer de quoi manger pour les nouveaux venus. Glinaina, quant à elle, but une grande gorgée de vin avant de se retourner vers les quatre étrangers qui l'avaient cette fois remarquée. Que pouvaient-ils bien faire là ? Aller à Naelis, mais pourquoi ? Ce devait être important pour qu'ils traversent l'Aduram, à moins que ce ne soient des mercenaires déguisés. Mais cela l'étonnerait quand même.

-Le suilon, edhil."*

Si elle avait bien envie de leur demander ce qu'ils faisaient dans la région, elle préféra ne pas leur poser la question d'office ; elle préférait savoir comment ils allaient réagir. De toute façon, elle avait bien envie de leur dire que vue la pluie qui risquerait de reprendre pendant la nuit, que leurs chevaux seraient plus tranquilles à cinq-cents mètres de là...



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Delnwë Iridwen
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MessageSujet: Re: Recherche d'une enfant d'Anaëh en Ithri'Vaan [PV Glinaina]   Dim 26 Mai 2013 - 18:03

Un rire. Et des paroles. Non, cela n'était pas possible. Et pourtant, une telle voix... Une telle intonation... Delnwë fut un instant distrait, mais il préféra croire que c'était son imagination, et ne se laissa pas perturber. Et pourtant... Ce fut une fois les dernières paroles auprès de l'aubergiste prononcé, et sa place parmi les siens retrouvée, qu'il l’aperçu du coin de l’œil. Là où les humains ne faisaient pas attention à ce qu'ils voyaient, les représentants du peuple elfiques apprenaient à accorder de l'importance à chaque détail. Aussi les quatre compagnons remarquèrent rapidement celle qui était descendu par les escaliers et s'était installée seule à une table, avant se s'entretenir avec l'aubergiste. Sa démarche ne laissait aucun doute, même si elle semblait très accoutumée avec la langue humaine, au point que seule une très légère intonation elfique s'y faisait sentir, imperceptible pour les oreilles n'ayant jamais entendu la langue du peuple éternel. Il s'agissait bien là d'une enfant d'Anaëh. Étrange rencontre s'il en est. Quatre elfes de l'armée royale, venus ici à la recherche d'une des leurs, et trouvant justement une elfe vêtue simplement, quoi qu’avec un style n'étant pas sans rappeler les siens, et œuvrant manifestement dans ce village, à en juger par les paroles qu'elle tenait à l'aubergiste. Aubergiste qu'elle rassura au sujet de la présence de quatre combattants elfes présents sous son toit, ce qui ne fut bien sûr pas pour déplaire aux trois compagnons de Delnwë. Quant à lui, tout cela l’intriguait. Tant de représentants de son peuple semblaient avoir choisi de vivre parmi les humains. Quelle pouvait bien en être la raison? Pourquoi fuir l'Anaëh et venir en un si petit village? Décidément, il ne saisirait jamais ce qui poussait les siens à ainsi venir en ces terres... Qui plus est pour œuvrer dans un tel lieu.

Elle commanda un verre de vin, que l'aubergiste lui servit après un court moment d'hésitation. Puis pendant qu'il partait probablement préparer quelque plat pour le repas, celle qui était désormais le centre de son attention se tourna vers eux. Et les salua dans le langage du beau peuple.

-Le suilon, edhil.

Un salut moins conventionnel qu'il n'en était tradition entre les elfes, probablement dû à ses années parmi les humains. Mais un salut dans leur langue tout de même. Le premier réflexe du combattant fut d'observer du coin de l’œil les réactions des autres personnes présentes. Suite à l'accueil qui leur avait été donné, il s'attendait à un nouveau regard noir. Il n'en fut rien. Ils semblaient manifestement habitués à la présence de celle ci. En revanche, celle des quatre combattants ne leur était toujours pas familière, quoique les regards fussent plus volontiers tournés vers leur monnaie qu'autre chose. Mais il estimait qu'ils n'avaient rien à craindre. Quatre elfes étaient déjà suffisamment intimidant d'après lui pour de simples paysans. Quatre elfes en armes devaient l'être d'autant plus que sa déclaration y avait contribué. Il ne voulait pas les effrayer, mais c'était semblait-il la seule manière d'espérer rester en paix avec eux.

L'elfe accoudée au comptoir les avaient ainsi saluée dans leur langue. Delnwë fut le premier à répondre à son salut, deux doigts sur ses lèvres et une légère inclinaison de la tête. Ses paroles furent suffisamment basses pour que seule l'elfe et éventuellement les humains les plus proches les entendent. Mais aucun ne semblait assez versé dans l'étude des langages pour en saisir la moindre parole.

«Le suilon, gwend anfinnel mallen. Taur le beria.»

Ses compagnons en firent autant. Puis il passa un court instant, qui pourtant lui suffit, à observer celle dont la rencontre était tout sauf attendue. Jeune elfe à la chevelure d'or et aux yeux bleus, elle était d'une certaine beauté d'après les critères elfiques, qui n’étaient certes pas ceux des humains, ces derniers préférant les formes charnues des sombres à la grâce et l'élégance des enfants d'Anaëh. D'une taille relativement commune, elle avait un corps taillé pour la vivacité, tout en gardant une certaine forme d'élégance. Une mince cicatrice horizontale venait porter ombrage à cette perfection elfique, signe d'un combat passé qui laisserait désormais une trace durant toute sa vie. Elle était vêtue d'un pantalon de cuir noir et d'un haut de cuir aux manches longues, qui ne dissimulait en rien ce qu'elle était. La jeunesse pouvait encore se lire sur son visage. Elle n'avait probablement pas atteint sa majorité depuis longtemps. Et pourtant, il se dégageait d'elle quelque chose. Cette cicatrice, cette posture... Elle n'était pas une simple enfant. Elle avait déjà vécue des choses, aussi jeune soit-elle. Delnwë se demandait même si elle savait à qui elle s'adressait. Des combattants, difficile de se tromper avec leurs armes et leurs armures clairement visibles. Mais savait-elle qu'ils étaient de l'armée royale? Pouvait-elle se doutait de qui il était? Probablement pas. Et il était encore moins probable qu'elle sache pourquoi ils étaient venus ici. Leur présence devait déjà être une assez grande surprise en soit, car peu d'elfes devaient être venus en un si petit village. Mais cette rencontre était une bonne chose, car elle pouvait les aider. Et lui pouvait tenter de comprendre...

Ce court instant d'observation fut suffisant à l'officier de l'armée royale. Qui qu'elle fut, elle n'était point agressive et semblait accueillir ses frères en ce lieux. Il lui fit donc signe, l'invitant à s'asseoir à leur table, tirant une chaise pour lui faire place. Et offrit un regard à ses compagnons assis autour de lui. Peut être résidait-elle avec les humains, ce peuple parfois primitif et grossier. Mais elle était une des leurs. Et il attendait de leur part tout le respect dû à une femme du peuple elfique et fille d'Anaëh.


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MessageSujet: Re: Recherche d'une enfant d'Anaëh en Ithri'Vaan [PV Glinaina]   Dim 26 Mai 2013 - 23:06

"Le suilon, gwend anfinnel mallen. Taur le beria.

Tout comme ses trois comparses, l'Elfe qui venait de la saluer posa deux doigts sur ses lèvres et inclina respectueusement sa tête, ce en quoi Glinaina les imita. Elle avait beau avoir été habituée aux courtes salutations des Humains, elle n'en oubliait pas pour autant certaines convenances elfiques. Ce n'est pas en sept années que l'on peut enlever de la mémoire d'une personne une centaine d'années d'apprentissage, loin de là. Un instant, très court, se passa où l'Elfe qui était visiblement le chef de l'équipe se permis de la détailler du regard, ce qu'elle ne releva pas. Puis, curieusement, il l'invita à leur table en lui désignant une chaise qu'il venait de tirer. Là ce fut à la jeune femme d'observer de nouveau le militaire, penchant la tête sur le côté par étonnement. Les longs cheveux châtins de l'Elfes, lui descendant jusqu'aux épaules, encadraient son visage de façon à ce qu'ils ne gênent pas lors de combats. Aucune cicatrice visible, mais des yeux verts-marrons intenses qui devaient souvent exprimer les pensées de l'Elfe. Sinon il devait avoir une bonne dizaine de centimètres de plus qu'elle et ne semblait pas trop musclé. Ce n'était donc pas un bretteur pur et dur, enfin du moins en déduit-elle, mais cela n'avait pas de grande importance pour l'instant. Sans laisser percevoir de quelconques pensées, elle esquissa un sourire et rejoignit le petit groupe de Sylvains, oubliant presque son verre sur le comptoir.

-Hannon le, hîr.*

Les habitudes se perdaient, finalement, ou bien c'était qu'elle ne s'était pas rendue compte étant plus jeune du rapport qu'il pouvait y avoir entre Elfes. En même temps, elle vivait pleinement dans la Prime Forêt à l'époque, elle ne pouvait donc pas imaginer comment se passeraient les choses si elle rencontrait des siens en territoire étranger. Quoi qu'il en soit, elle était tout de même assez surprise d'être ainsi conviée. Au cela lui permettrait de faire leur connaissance et, qui sait, de savoir quels vents les menaient de l'autre côté d'Aduram. Aussi, elle continua à discuter en elfique, pour bien faire comprendre aux Humains qu'ils n'avaient pas à s'intéresser à la conversation.

-Veuillez les excuser, ils ne sont pas vraiment habitués aux étrangers autres que des commerçants, et encore moins à ceux d'un autre peuple - malgré je sois déjà depuis un certain temps parmi eux. Certains événements qui ont eu lieu ces dernières années n'ont pas été pour les aider dans ce sens, malheureusement.

A ce moment arriva Tom avec ses trois boissons qu'il posa devant ses nouveaux clients, sans rien dire. Le tavernier était facilement bougon, mais il se trouvait avoir un coeur en or sous sa carapace de graisse, surtout lorsqu'il s'agissait d'aider une personne blessée, à savoir ce qu'il avait vécu. C'était d'ailleurs pour cela qu'ils avaient porté Romain ici.

-Mais veuillez m'excuser, mon esprit s'inquiète pour une certaine personne aujourd'hui. Vous pouvez m'appeler Glinaina, fille de Beleg. A qui ais-je l'honneur ?"




Traduction:
 
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Delnwë Iridwen
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MessageSujet: Re: Recherche d'une enfant d'Anaëh en Ithri'Vaan [PV Glinaina]   Lun 27 Mai 2013 - 21:19

Il sembla que l'invitation surprenait la jeune elfe, car celle ci pencha légèrement la tête, et l'observa pendant un court moment. Court mais suffisant pour qu'elle puisse le détailler du regard, ce en quoi il n'était point dérangé, se contenant de la regarder, un mince sourire sur les lèvres. Puis elle le remercia et vint se joindre à eux, sans plus guère prêter gare à son verre laissé sur le comptoir. Elle vint s'asseoir à la droite de Delnwë, puisque c'était en cet endroit qu'il lui avait tendu la chaise. Puis elle poursuivi son discours en usant de la langue des elfes. Manifestement, elle semblait avoir la même volonté de dissimuler les paroles aux humains alentours. Ceux ci n'avaient point à savoir de quoi il s'agissait. Et même si le fait de discourir en un autre langage pouvait paraitre impoli, la région d'Ithri'Vaan et particulièrement Naelis s'était toujours dite neutre, ce qui sous entendait que chacun pouvait s'y rendre sans avoir à rendre de compte à quelque peuple que se soit. Aussi Delnwë se considérait dans son droit.

-Veuillez les excuser, ils ne sont pas vraiment habitués aux étrangers autres que des commerçants, et encore moins à ceux d'un autre peuple - malgré le fait que je sois déjà depuis un certain temps parmi eux. Certains événements qui ont eu lieu ces dernières années n'ont pas été pour les aider dans ce sens, malheureusement.


Il semblait certes évident qu'un si petit village ne soit guère habitué à d'autres visites que des marchands ou quelques voyageurs égarés. Des représentants du peuple d'Anaëh en armure devait constituer une visite des plus surprenantes, même s'ils s'agissait de terre de passage au carrefour même des royaumes des quatre peuples. Cela les quatre elfes pouvaient aisément le comprendre, de même que leur réaction à leur venue. Au fond, c'eut été l'inverse le plus étonnant. Les humains ayant une réaction d'amitié auprès des elfes devenaient de plus en plus rares, d'après ce qui avait été apporté des derniers rapports. Pourtant elle se disait vivre avec eux depuis... un certain temps? Mais combien de temps en réalité? Une elfe vivant depuis un si long moment parmi les humains... encore une? Décidément ce voyage pouvait s'avérer bien plus intéressant que les premiers jours de voyages ne l'avaient laissé supposer.
Elle évoque également des événements des dernières années... Des événements? Elle faisait peut être référence aux quelques tensions entres humains et elfes, mais il semblait douteux qu'un si petit village au cœur de l'Ithri'Vaan soit aussi impacté par les événements des royaumes humains aussi éloignés. Alors de quoi pouvait-il donc s'agir? Étrange... Delnwë devait hélas avouer son ignorance quant à ces éventuels événements, n'étant que peu au fait de l'histoire de cette région.

L'aubergiste arriva alors avec quatre boissons, sans même prononcer un mot. Même si cela pouvait être prit pour de la contrariété, à en juger par son air quelque peu maussade, Delnwë consentait à le lui pardonner. En temps normal, il en aurait voulu à cet humain qu'il venait de grassement payer pour ses services et son toit. Mais si l'une de ses sœurs lui affirmait qu'il avait ses raisons, il était prêt à ne point lui en tenir rigueur. Ce en quoi cet humain était chanceux. Car si le lieutenant n'aurait jamais porté la main sur lui, si ce n'est pour se défendre, il n'aurait guère hésité à lui faire quelque remarque quant à son attitude.

-Mais veuillez m'excuser, mon esprit s'inquiète pour une certaine personne aujourd'hui. Vous pouvez m'appeler Glinaina, fille de Beleg. A qui ais-je l'honneur ?"


Les paroles de l’elfe vinrent non seulement interrompre les pensées du lieutenant d'archerie, mais elles sonnèrent même comme une immense cloche au sein d'une vaste salle silencieuse. Ses trois camarades stoppèrent un infime instants leurs gestes, avant de reprendre leurs boissons et de continuer à agir comme si de rien n'était. Si ce court instant avait été imperceptible aux yeux des autres clients, trop éloignés, l'elfe aux cheveux d'or devait elle l'avoir perçu. Et quand bien même, elle pouvait aisément remarquer que Delnwë avait quant à lui cessé de laisser son regard vagabonder, et que son expression était un curieux mélange de surprise et de... difficile de définir en fait quelle pouvait être réellement cette expression. Ils avaient effectués quatre jours de voyage sous un temps pluvieux, ayant entrainés détours et ralentissement, les menant par hasard dans ce village pour la nuit. Et c'est ce même hasard qui voulait qu'ils croisent celle qu'ils cherchaient, plutôt que de finir par arriver à Naelis, qu'elle avait déjà quittée. Il semblait que Kÿria ait voulu la réussite de leur expédition, et veille sur ses enfants. Car c'était au fond pour espérer retrouver l'une de ses filles que les quatre elfes avaient prit ainsi la route.

Ainsi ils avaient trouvé celle qui se nommait Glinaina. Fille de Beleg, nom qu'il ne connaissait guère. Peu importait, il n'était point ici pour ses parents, mais bien pour elle. Ainsi, après un long moment d'étonnement, un sourire se dessina sur le visage de l'elfe aux cheveux bruns. Il lui adressa un salut plein de respect, digne d'une dame elfe, avant se redresser et de finir par prendre la parole dans la langue des enfants de Kÿria.

«Glinaina hiril, le plaisir de vous rencontrer en ce lieu est certes une véritable bénédiction. Il semble qu'il plû à Kÿria que nous vous croisions plutôt que nous ne nous retrouvions à Naelis, apprenant ainsi votre départ de la cité, et ainsi nous aurions eu beaucoup de difficulté à vous trouver. Car aussi surprenant que cela puisse paraitre, nous sommes venu en Ithri'Vaan pour vous rencontrer...»

Il laissa quelques instants à la jeune elfe pour assimiler l'information, avant de reprendre.

«Mais avant d'aller plus avant dans la discussion, vous parliez d'inquiétude pour une personne. Peut être ceci est-il plus urgent que nos propos? Je doute d'être d'un grand secours, mais peut être pourrions nous vous apporter quelque aide? Je serais pour ma part ravi d'apporter assistance à une de mes sœurs, l'une des filles d'Anaëh...»

Ces paroles furent suivies d'un sourire rassurant, pour signifier qu'elles étaient des plus sincères. Car si le signe de salut signifiait bien que l'honnêteté serait le guide des paroles de celui qui les prononce, il fut possible que celle qui lui faisait face en eut oublié la signification. Or il ne voulait en aucun cas d'une incompréhension, alors qu'il venait de trouver celle qu'il cherchait...


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MessageSujet: Re: Recherche d'une enfant d'Anaëh en Ithri'Vaan [PV Glinaina]   Mar 28 Mai 2013 - 11:46

Un instant en suspend, l'un de ceux qui ne durent que quelques secondes mais qui signifient beaucoup. Le regard qui s'arrête, les gestes qui en font autant, les différentes informations qui viennent s'entre-croiser dans l'esprit... Lorsqu'elle eut dit son prénom, Glinaina eut l'impression que c'était exactement ce qui se déclencha chez les quatre Elfes. Deux petites secondes de pause avant que les choses ne reprennent leur cour. Son nom leur était donc connu et, vu que les quatre avaient eu la même réaction, elle risquait d'avoir quelque chose à voir avec leur présence ici sans même savoir pourquoi. Cela sentait les problèmes à plein nez... Lina refourga au mieux sa crainte au plus profond d'elle-même pour ne pas leur montrer que cet infime instant avait suffi à la mettre sur la défensive, un réflexe de militaire certainement.

Il fallut un temps pour que l'étonnement lisible sur le visage du gradé - parce que c'est ce qu'il était au vue de son équipement, ce en quoi la jeune femme ne fit que peu attention au départ mais qui s'avéra devenir assez important à son esprit - s'efface pour laisser place à un sourire sincère. Il prit alors la parole, passant de "gwend" (jeune fille) à "hiril" (dame), pour lui expliquer qu'ils avaient de la chance de la croiser en ce lieu, puisque c'était elle qu'ils étaient venus rencontrer. A ces mots Glinaina s'adossa contre le dossier de sa chaise et regarda uniquement l'Elfe aux cheveux bruns, lui montrant ainsi qu'il avait toute son attention, même si dans le fond elle n'avait envie que de lui demander ce qu'il s'était passé, s'il y avait eu un problème. Peut-être au niveau de sa famille ? Non, une missive aurait suffi. Ou peut-être était-ce en lien au fait qu'elle soit allée voir le Seigneur Protecteur d'Anaëh au nom du Seigneur Hereon il y a de cela plusieurs mois. Quoi qu'il en soit, elle ne posa aucune question et se contenta de le laisser mener la conversation. Elle aurait bien plus de chances de comprendre de cette manière pourquoi des soldats certainement de l'armée royale avaient voyagé jusqu'à elle, osant passer par l'horrible forêt d'Aduram (aux oreilles de la majorité des Elfes)...

"Mais avant d'aller plus avant dans la discussion, vous parliez d'inquiétude pour une personne. Peut être ceci est-il plus urgent que nos propos? Je doute d'être d'un grand secours, mais peut être pourrions nous vous apporter quelque aide? Je serais pour ma part ravi d'apporter assistance à une de mes sœurs, l'une des filles d'Anaëh...


Encore cette appellation... Les Elfes ne changeraient pas et elle ne serait pas prête avant un bout de temps à se considérer comme "fille d'Anaëh". Elle avait encore besoin de prendre du recul par rapport à cela, même après six ennéades, même si elle arrivait à se maîtriser. Mais bon, il allait fallloir qu'elle fasse avec. Cela lui rappellerait son entretien avec le Seigneur Protecteur Timérion Adantar qui l'appelait "mon enfant". D'ailleurs, elle se demandait si l'inconnu avait raison de dire que Kÿria les avait aidés à la retrouver. Elle se demandait bien en quoi la Déesse s'intéresserait à cette histoire et, si tel était le cas, à quoi elle jouait. Mais là n'était pas la question de l'Elfe, aussi garda-t-elle ses pensées pour elle-même.

-Ne vous inquiétez pas, cela n'urge pas au point de ne pas pouvoir converser. Pour tout vous dire l'orage était juste au-dessus de nous cet après-midi et les chevaux ont pris peur. L'un a blessé un jeuune Humain avant d'avoir pu être calmé et désormais nous n'avons plus qu'à attendre l'arrivée du guérisseur, répondit-elle en elfique.

L'accident bête mais qui peut très facilement arriver lorsqu'on s'occupe de chevaux. Ils avaient encore de la chance que cela ne se soit pas soldé par la mort d'une personne, ce qui était déjà arrivé dans de nombreuses histoires de villages.

-A ce propos, vos chevaux seront bien mieux dans la même écurie que les autres qu'attachés juste à côté de l'auberge, vu le temps. Souhaitez-vous qu'on les y amène ?

Ayant assez rapidement l'accord des Elfes, elle se leva et invita ne serait-ce que leur chef à la suivre. Ce n'était pas loin, ils n'en auraient que pour peu de temps. L'Elfe aux cheveux châtains ainsi qu'un autre se levèrent et, après avoir rapidement récupéré sa cape à l'entrée de la salle, elle les suivit jusqu'à leurs montures. Elle ne fut pas surprise d'y trouver de belles bêtes capables de galopper à bonne alure. Des chevaux de combat, pour ce qu'elle en savait. Elle en détacha un tout en lui murmurant quelques mots en elfique pour le rassurer sur le fait que ce n'était pas la même personne que celui qui le montait habituellement qui était venue le chercher puis commença à mener le cheval dans une certaine direction, attendant bien sûr les deux étrangers.

-Le bâtiment n'est qu'à cinq-cents mètres, nous devrions être rentrés avant qu'il ne pleuve des cordes.
Elle laissa un petit temps de silence avant de reprendre la précédente discussion.
-Puis-je savoir pour quelle raison me cherchiez-vous, messieurs ... ?"
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MessageSujet: Re: Recherche d'une enfant d'Anaëh en Ithri'Vaan [PV Glinaina]   Mar 28 Mai 2013 - 17:49

Il sembla que la jeune elfe ne fut pas habituée à discuter avec les siens, ni à être ainsi estimée. Mais elle s'appuya dans son dossier et posa son regard sur Delnwë, lui accordant pleine attention. Sans doute se demandait-elle pourquoi quatre soldats étaient ici à sa recherche. peut être craignait-elle qu'on ne vienne l'arrêter, ce qui aurait certes pu être le cas. Toutefois, elle accepta de répondre à la question de Delnwë sans aucune méfiance, preuve que la confiance qu'il lui accordait lui était rendue. Lorsqu'il apprit l'accident survenu du fait de l'orage, il fronça légèrement les sourcils. Ce n'était certes pas un enfant de son peuple, mais si Glinaina estimait devoir lui portait assistance, cela devait signifier qu'elle avait quelque affection pour lui. Mais elle assurait que l'arrivée du guérisseur serait suffisante. A vrai dire, le lieutenant et ses compagnons n'avaient guère de compétences dans le domaine des soins, et n'auraient pas pu aider davantage. Aussi ne se soucia-t-il plus de cela.

-A ce propos, vos chevaux seront bien mieux dans la même écurie que les autres qu'attachés juste à côté de l'auberge, vu le temps. Souhaitez-vous qu'on les y amène ?

Delnwë consulta ses trois compagnons du regard. Tous semblaient approuver cette remarque. Il se tourna de nouveau vers Glinaina et acquiesça de la tête, la remerciant de cette attention. Car les elfes accordait grande importance à la vie des êtres créés par Kÿria, et ils prenaient soin de leur monture autant que possible. Il fit signe à l'un des membres de son escorte de le suivre, et demanda aux deux autres de l'attendre ici, lui assurant que tout irait pour le mieux. Ce n'était guère difficile à croire. Ce village ne servait d'abri qu'à quelques humains, qui ne présentait qu'une très faible menace pour des soldats de l'armée royale. S'enroulant dans leurs capes, ils sortirent, suivi par l'elfe aux cheveux d'or. La pluie s'était fortement calmée, mais le ciel demeurait bien sombre et menaçant, et une autre averse ne saurait tarder. Ils commencèrent à détacher les quatre montures des piquets de fortunes destinés à attacher les rennes. La jeune elleth vint les aider, murmurant quelques mots à l'oreille de l'une des montures pour la rassurer. Elle semblait s'y connaitre, même au delà de l'affinité naturelle du peuple d'Anaëh pour chaque animal et création de Kÿria. Elle sut apaiser le cheval quelque peu apeuré par le récent orage, et se saisit de la bride. Puis elle leur proposa de se rendre à l'écurie située à seulement cinq cent mètres. Les deux soldats acquiescèrent et prirent chacun une monture par la bride. C'est alors que vint cette question...

-Puis-je savoir pour quelle raison me cherchiez-vous, messieurs ... ?"

Les deux elfes se rendirent compte qu'ils avaient manqué à leur devoir. Ils saluèrent tous deux bien bas l'elfe à la chevelure dorée, en signe d'excuse. Puis Delnwë prit la parole.

« Je suis désolé, nous avons manqué à toutes les politesses. Nous ne nous sommes pas présentés à vous, après que vous l'ayez fait vous même. Je me nomme Delnwë Iridwen, et j'officie dans l'armée royale elfique d'Alëandir en tant qu'officier de l'archerie. Mes trois compagnons se nomment Cerlindil Lindel, Tulnir Teldirion et Culurnen Daerril. Ils me servent d'escorte car je ne puis me déplacer seul hors des territoires de notre peuple. Pour ma propre protection. Je suis honoré de vous rencontrer encore une fois Glinaina, fille de Beleg, et je vous remercie de l'aide que vous nous apportez. Nos montures, bien que familières de certains troubles, ne sont pas vraiment habituées à rester sous un orage.»


Ils se relevèrent tous deux, et Delnwë marqua un instant de pause, adressant au passage un franc sourire à la jeune elfe, avant de reprendre

« Concernant votre question, sachez tout d'abord que je suis en quelque sorte celui qui à initié votre recherche. Ne vous inquiétez cependant pas, je ne suis pas ici en tant qu'officier de l'armée royale, mais bien en tant que membre du peuple elfique. J'ai eu vent de l'existence d'une jeune elfe ayant vécu en Ithri'Vaan, et ayant servit aux côtés des humains. J'avoue avoir toujours été intrigué par le fait que les nôtres puissent cohabiter avec le peuple humain, aussi j'ai décidé de partir à votre recherche afin que vous puissiez m'en apprendre davantage sur ce peuple que vous avez décidé de servir et de côtoyer... Mais peut être pourrons nous discuter une fois nos montures à l'abri des intempéries...»


Il invita donc Glinaina à les précéder et à les guider vers l'écurie. Profitant de l'accalmie, ils cheminèrent rapidement jusqu'à la bâtisse de bois et de chaume...
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MessageSujet: Re: Recherche d'une enfant d'Anaëh en Ithri'Vaan [PV Glinaina]   Mer 29 Mai 2013 - 22:53

La jeune femme se retourna vers les deux Elfes qui la suivaient en s'attendant à une réponse, mais se retrouva avec des hommes s'inclinant bien bas en signe d'excuse. Glinaina aurait pu sourire, mais elle n'en fit rien. Elle attendit juste que le dénommé Delnwë termine de se présenter ainsi que ses camarades pour s'incliner elle aussi pour signifier qu'elle acceptait leurs excuses. Puis ils continuèrent leur route pendant que l'officier lui expliquait pourquoi ils l'avaient recherchée. Glinaina connaissait bien les conditions liées à un officier pour avoir déjà dû voyager avec. C'était ce qui avait coûté la vie de plusieurs de ses hommes, d'ailleurs...

"... J'ai eu vent de l'existence d'une jeune elfe ayant vécu en Ithri'Vaan, et ayant servit aux côtés des humains. J'avoue avoir toujours été intrigué par le fait que les nôtres puissent cohabiter avec le peuple humain, aussi j'ai décidé de partir à votre recherche afin que vous puissiez m'en apprendre davantage sur ce peuple que vous avez décidé de servir et de côtoyer... Mais peut être pourrons nous discuter une fois nos montures à l'abri des intempéries...
-Très bien.

Elle accéléra le pas pour ne pas traîner plus que nécessaire. Maintenant qu'elle connaissait les motivations de ses congénères, elle saurait plus sur quel pied danser, c'est-à-dire dire et dissimuler ce qu'il faut, comme tout le monde le ferait. Même si elle serait honnête dans ses propos, il allait de soi qu'elle ne divulguerait rien de secret.
Alors que la pluie commençait à retomber à grosse gouttes, ils arrivèrent à l'écurie où déjà des chevaux attendaient, certains donnant l'impression de dormir. L'orage était loin maintenant, le calme était revenu sur ces braves êtres. Glinaina indiqua des boxs de libres et s'occupa en premier de celui qu'elle tenait avant d'aller prendre soin des trois autres, habituée comme à l'aise. Lorsqu'elle fut près des Elfes, elle ne put s'empêcher de leur dire qu'ils avaient de la chance, leurs montures étaient superbes. Et si elle ne le dit pas, elle pensa que cette chance devait être réciproque, les Elfes s'occupant généralement bien mieux des chevaux que certains Humains. Puis ils ressortirent vite avant que les gouttes ne deviennent averse, ce qui ne tarda aucunement. Lorsqu'il rentrèrent dans l'auberge, ils purent entendre le bruit fort des gouttes tombant en horde sur le toit, gouttes qu'ils venaient de recevoir sur la tête. La jeune femme accrocha sa cape à l'entrée tout en reprenant la conversation puis se dirigea vers la table où attendaient les deux autres Elfes.

-Je suppose que vous aimeriez tout d'abord savoir pourquoi je sers des Humains et ce qui m'a amenée ici, avant de vous parler d'eux, non ?

Obtenant une réponse positive, elle commença donc son récit.

-Pour faire simple, je ne suis pas partie de moi-même de la Prime Forêt. J'ai tout simplement été enlevée par des Humains et je suis restée en Péninsule à la fois parce que je m'étais liée d'amitié avec certains Fils de Néera, à la fois parce que je n'étais pas prête à retourner dans la forêt. Puis j'ai rencontré une troupe de mercenaires ayant de bons principes - étant d'anciens soldats dont le corps d'armée avait été scindé suite à la chute du noble les dirigeant à l'époque - et je suis entrée dans leur compagnie. Aujourd'hui, après avoir repris Naelis, les gens de cette compagnie sont devenus les soldats de cette cité.

Elle marqua une pause avant d'expliquer en clair pourquoi elle était restée.

-J'aurais pu revenir, mais les liens qui se sont créés entre eux et moi sont plus forts qu'une simple relation de travail. L'amitié et la loyauté y sont pour beaucoup, et désormais j'apprends beaucoup des Humains, quels qu'ils soient. "
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MessageSujet: Re: Recherche d'une enfant d'Anaëh en Ithri'Vaan [PV Glinaina]   Jeu 30 Mai 2013 - 10:21

Elle accepta sans d'autre question. Ce qu'il venait de lui révéler devait certes ne pas la laisser indifférente, mais elle était prête à patienter. Si les elfes faisait preuve de beaucoup de curiosité, ils étaient capable d'être d'une très grande patience. Accélérant le pas, Glinaina les devança, et ils la suivirent avec les chevaux. Ce fut juste à temps qu'ils entrèrent tous dans la bâtisse, la pluie se remettant à tomber. La jeune elfe commença alors à s'occuper des montures. Elle prit grand soin de chacun, retirant l'équipement et prenant soin de les apaiser, vérifiant qu'ils ne manqueraient de rien. Les écuries humains étaient certes plus rustiques que celles du peuple elfique: simple bâtisse de bois, avec quelques pierres à sa base, et un toit de chaume. Les box étaient plutôt exigus, l'humidité régnait et le foin était de piètre qualité. Mais avec une telle personne pour s'occuper d'eux, les chevaux ne furent pas inquiets, certains en vinrent même à commencer à somnoler, épuisés qu'ils étaient par la longue route. L'elfe aux cheveux dorés leur fit comprendre qu'ils avaient de la chance de posséder de telles montures, ce a quoi Cerlindil répondit qu'ils étaient entre de très bonnes mains. Delnwë ne put retenir un petit sourire amusé à cette réponse. Puis les trois elfes s'emmitouflèrent à nouveau dans leurs capes, et ressortirent en direction de l'auberge. La pluie s'était intensifié, le ciel d'une noirceur d'encre menaçait de déverser sa colère sur le village. L'orage menaçait. Aussi se hâtèrent-ils, ce qui ne les empêcha pas d'être totalement trempés à leur entrée dans l'auberge. La pluie frappait à grosse gouttes sur le toit, et ils étaient bien contents de pouvoir s'abriter.

Les deux autres elfes avaient attendus patiemment, buvant quelques gorgées de leurs boissons. les repas encore chauds fumaient sur la table. Delnwë fit place à Glinaina pour qu'elle s'asseye, puis en fit autant, imité par Cerlindil. La jeune elfe demanda si elle pouvait alors commencer son récit par elle même avant toute choses, ce a quoi quatre visages acquiescèrent immédiatement. Cependant au fil de son récit, les réactions furent plutôt différentes. Delnwë se contenta de suivre, comme s'il tentait d'assimiler les informations. Cerlindil lui écoutait comme on écoutait un barde, comme une histoire issue d'un livre. Tulnir avait un regard un peu plus sérieux, fronçant légèrement les sourcils. Quant à Culurnen, ce fut un froncement plus prononcé et un rictus de mécontentement qui s'affichèrent sur son visage. A la fin du court récit, il en vint même à se lever brusquement. Il répondit d'une voix dure, mais sans parler fort.

«Amitié et loyauté vous dites? Comment pouvez vous croire ne serait-ce qu'un seul instant que ces... que ce peuple est capable d'éprouver de tels sentiments? Eux qui ont attaqués Anaëh sans hésiter. Eux qui ont rompu toute alliance, et seraient prêts à venir nous poignarder dans le dos pendant que nous nous défendons contre les sombres. Vous dites qu'ils ont beaucoup à vous apprendre? Ce sont des incultes ne pensant qu'à la guerre et à se reproduire comme les sombres. Ils ne valent rien. Ils... »

Il s'arrêta net. La main de Delnwë s'était levée à la verticale, sans quitter la table. Et son regard s'était fait très dur à l'égard de son compagnon. Celui ci comprit vite ce regard, qu'il n'avait que rarement vu, mais qui à chaque fois était lourd de reproches et pouvaient mener à des sanctions. Il se rassit sans un mot, mais ne décolérait pas. Le lieutenant garda le regard fixé encore quelques secondes sur le soldat, reposa lentement sa main sur la table, puis vérifia que personne dans la seule n'avait réagi à ces paroles, avant de se tourner vers Glinaina.

«J'espère que vous pourrez pardonner à mon compagnon. Il a peu d'estime pour le peuple humain, d'autant qu'il vit non loin de la lisière où les troubles ont eu lieu. J'espère qu'il saura contenir ses pensées la prochaine fois...»

Un nouveau regard dur vers le soldat accompagna cette phrase.

«... Toutefois je dois admettre qu'à moindre mesure je partage une petite partie de ses pensées. Que vous appréciez les humains est une chose, d'autant que vous avez été élevée parmi eux. Toutefois, vous ne pouvez vous y tromper, vous êtes une fille d'Anaëh, et un certain nombre de choses en témoignent. Aussi, combattre aux côtés d'une bande de mercenaires, et faire partie de la garde armée de la principale cité du peuple humain de la région... J'avoue ne pas comprendre. Pourquoi ne pas souhaiter vouloir connaitre mieux les vôtres? Il ne s'agit pas d'abandonner les humains que vous affectionnez tant, mais peut être serait-il bon que vous appreniez à connaitre ceux de vôtre peuple de naissance...»

Il marqua une longue pause, le temps que Glinaina assimile ce qu'il venait de lui dire. Et il en profita pour observer ses trois compagnons. Cerlindil approuvait les dernières paroles. Tulnir ne disait rien, tentant de faire paraitre un visage des plus neutres. Quant à Culurnen, sa colère était clairement contenue. Mais il respectait profondément son lieutenant, aussi s'abstint-il de prononcer un mot.
Delwnë se tourna alors de nouveau vers l'elfe aux cheveux dorés.

«Mais peut être souhaitez vous poursuivre votre récit, ou en préciser une partie, avant de me répondre? Soyez libre de choisir vos paroles, nous vous écouterons. Car j'ai l'impression que nous avons beaucoup à apprendre de vous...»
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MessageSujet: Re: Recherche d'une enfant d'Anaëh en Ithri'Vaan [PV Glinaina]   Ven 31 Mai 2013 - 12:51

Aux dires de la jeune femme, tous les Elfes eurent une réaction différente, quelque soit leurs pensées. L'un d'eux eut un rictus comme Glinaina avait déjà pu en voir chez le "beau peuple", aussi lorsqu'il se leva et déversa sa rancoeur envers les Humains - en elfique fort heureusement -, ce qui pouvait également être une incompréhension par rapport au choix qu'elle avait fait, elle n'en fut pas étonnée. Sur le coup elle ne laissa aucune émotion transparaître dans sa façon d'être, sachant que répondre de quelque façon que ce soit pourrait envenimer les choses, chose qu'elle avait dû réellement apprendre par elle-même en arrivant en territoire humain. De toute façon, le supérieur hiérarchique du dénommé Culurnen stoppa net le soldat d'une main levée et d'un oeil noir ne signifiant rien de bon, avant de lui-même prendre la parole d'un ton beaucoup plus calme que son compatriote.

S'il n'y avait aucune animosité dans sa voix ni rien de ce genre, l'Elfe fit une remarque fort intéressante quant au fait qu'elle se soit non seulement engagée dans le mercenariat chez des Humains, mais en plus qu'elle soit désormais dans l'armée de la principale cité d'une région - même si elle n'y était plus, mais pour l'instant elle préférait ne rien dévoiler là-dessus - était pour eux incompréhensible. Delnwë posa sa question et la jeune femme se contenta de sourire. Un sourire pour un sourire qui aurait pu révéler la sorte de tristesse que Glinaina ressentit lorsqu'il parla de mieux connaître son propre peuple et, en premier lieu, qu'elle était une fille d'Anaëh, ce que "nombre de choses" en témoignaient. Toujours cette même histoire, comme si le fait qu'elle était née Elfe devait forcément faire en sorte qu'elle reste toute sa vie dans la Prime Forêt...

"Si vous me le permettez, je vais d'abord répondre à votre camarade. Elle se tourna vers Culurnen et, avec sérieux, repris. Je ne vais pas vous dire que les Humains n'ont jamais touché à la Prime Forêt, qu'ils n'ont pas tendance à trop aimer le pouvoir ou l'argent, ou encore qu'ils sont incapables de poignarder leur soit-disant allier par derrière, ce serait vous mentir. Mais tout comme le fait que les Elfes sont hautains, méprisants et végétariens, ce sont des tendances qui sont loin de s'appliquer à tout le monde. Certes il y a pratiquement toujours des guerres en Péninsule, tout simplement parce que deux nobles se querellent par rapport à quelque chose et qu'ils font trimer leurs populations à cause de cela. Pour autant, faut-il que tous soient ainsi ? Imaginons que vous ayez un cousin qui ait volé ou tué un autre Sylvain, cela fait-il en sorte que toute votre famille - et donc vous-même - soit constituée de voleurs ou de tueurs ? Je sers des Humains qui ont des idéaux s'approchant bien plus de contrer les Sombres que de se battre continuellement contre ses voisins humains et qui ont voulu changer l'histoire d'une région dans le bon sens du terme. Alors oui, l'amitié que j'éprouvais et éprouve toujours pour bon nombre d'entre eux s'est transformée en loyauté. Il en est ainsi, c'est tout.

Toujours calme, elle donna de nouveau son attention à l'officier Iridwen. Là commençait un sujet dont elle aimait beaucoup moins parler, avec lequel elle n'était pas si à l'aise que cela. Elle répondit donc simplement pour ne pas avoir à parler de choses qui dans le fond ne les regardaient pas. Cependant, il put voir que les lèvres qui avaient il y a quelques minutes arqué un sourire eurent un mouvement sur le coin, dénonçant très peu la tristesse que pouvait ressentir la jeune femme.

-Je suis certes une fille d'Anaëh, Delnwë, mais en quoi cela m'empêcherait-il de sortir de la forêt de mon enfance ? Les choses ont fait en sorte que je me retrouve là, contrairement à tout ce que j'aurais pu imaginer il y a de cela sept ans, et je ne m'en plains pas, au contraire. Et en ce qui concerne connaître mon propre peuple, je préfère déjà rester avec ceux que je ne pourrais revoir dans plus de cinquante ans le temps qu'il est impartit avant de rentrer en Anaëh, où là j'aurais tout le temps de revenir à mes origines.

Elle avait plein de choses à dire sur cette question, mais elle préféra en rester là. Elle savait qu'elle était devenue trop différente pour pouvoir rentrer comme ça, que ce soit niveau mentalité ou autre. Peut-être viendra-t-elle à en parler un jour, mais pas à des inconnus en tout cas.

-Je ne pense pas avoir quoi que ce soit de plus à ajouter par rapport à mon récit... Que voudriez-vous savoir, exactement, par rapport aux Humains ? A moins que vous n'ayez des questions sur moi-même ?"
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MessageSujet: Re: Recherche d'une enfant d'Anaëh en Ithri'Vaan [PV Glinaina]   Sam 1 Juin 2013 - 9:44

La réaction empreinte de calme et de sagesse montra a quel point celle qui leur faisait face avait vécu, malgré sa jeunesse. Elle répondit posément à celui qui un instant plutôt l'avait bravé. Sans s'énerver ni même hausser le ton. Il semblait que la sagesse des âges avait en un instant changé de côté. Son raisonnement fut des plus logiques et ne pouvait guère être réfuté. Toutefois, une seule remarque provoqua un léger signe de mécontentement, de la part des quatre compagnons d'armes. L'idée même qu'un elfe pu porter atteinte à l'une ou l'un des leurs était presque inconcevable. Il eut fallu que cela relève de l'accident, et encore, cela était difficilement pardonné. Toutefois, ils s’abstinrent de l'interrompre, surtout Culurnen qui se savait scruté par le regard de son supérieur. Lorsqu'elle acheva sa première tirade, Tous les quatre hochèrent la tête, même si Delnwë entendait bien revenir sur un certain point.

Lorsqu'elle commença à répondre à sa question, il remarqua que le sourire qui avait jusqu'alors illuminé son visage se fit plus fade. Une émotion vint le perturber, sans que l'elfe aux cheveux châtains fut certains de ce dont il s'agit. Était-ce de la tristesse? De la mélancolie? Des regrets? Une chose était sûre, quelque chose pesait sur les pensées de la jeune elfe... Sa réponse fut brève, et quoi qu’encore une fois pleine de lucidité, ne satisfaisait pas celui qui l'avait posé. Mais il la laissa de nouveau achever, sans l'interrompre, par politesse autant que par respect. Car il commençait à approuver un certain respect, au delà du fait qu'elle soit de son peuple. Elle restait jeune et devait ignorer beaucoup encore. Toutefois, ses paroles reflétaient déjà son vécu. Elle serait d'une grande sagesse aussi longtemps qu'elle vivrait, à moins qu'un événement bouleversant ne vienne la sortir de ce chemin. Elle faisait preuve de plusieurs qualité, et arrivait sans trop de mal à laissait sa fierté et son orgueil de côté, du moins était ce le cas dans cette situation. Ceux du beau peuple réagissant ainsi se faisaient tellement rares...

-Je ne pense pas avoir quoi que ce soit de plus à ajouter par rapport à mon récit... Que voudriez-vous savoir, exactement, par rapport aux Humains ? A moins que vous n'ayez des questions sur moi-même ?"


Delnwë l'observa un instant. Sagesse de demander des précisions plutôt que de n'en dire trop, au risque de ne pas répondre à ce qu'attendait son interlocuteur. Elle avait été combattante, élevée par les humains. Mais elle faisait preuve de plus de talent qu'eux pour ce qui était de mener une conversation, à n'en point douter.

« Si vous le permettez, je souhaiterais avant tout répondre à vos dires. Je pensais ne pas avoir à vous interrompre, mais certains faits que vous avez cités ne peuvent rester ainsi erronés à votre esprit.»

Il but une légère gorgée de sa boisson. C'était de la bière, de qualité quelconque. Pas un des breuvages qu'il préférait, mais il savait que les humains l'affectionnaient particulièrement, aussi ne se plaint-il pas. Il fallait se plier pour le moment aux coutumes et aux habitudes de ce lieu.

« Votre réponse à mon ami fut juste, et je la rejoins au moins en partie. Je sais que la plupart des humains sont guerroyeurs et n'ont guère d'estime à mes propres yeux. Mais on m'a jadis enseigné qu'il y a comme vous le dites certains humains dont le cœur est de plus grande noblesse, et qui mérite même notre estime, parfois notre amitié. Tous ne sont pas identique, quoique certains vices se retrouvent chez presque chacun d'eux. Mais après tout, pouvons nous les blâmer pour ce qu'ils sont? J'estime que chacun peut être blâmé pour ses actes... mais pas pour ce qu'il est et n'a pu décidé. Toutefois, je me dois d'intervenir sur vos propos nous concernant. Sachez que les crimes comme le meurtre ou le vol n'existent peu ou pas chez nous. Ils sont fortement réprimandés, contrairement au peuple humain où ils sont moins durement punis, et surtout plus répandus. Aussi n'allez pas évoquer de pareils choses. Ces propos me blessent et m'attristent, car j'ai peine à imaginer qu'ils se fassent réalité...»


Il marqua une autre pause, se demandant si toutes les années écoulées avait fait oublié à Glinaina les idéaux de son peuple. Il en doutait, sans doute avait-elle usé de ces paroles pour frapper autant que possible l'esprit des quatre compagnons. Si c'était son but, elle y avait parfaitement réussi.


« Ensuite, j'ai l'impression que vous avez mal interprété mes paroles. je n'ai en aucun cas prétendu que vous étiez contrainte de rester en Anaëh, même si vous en êtes une digne fille. Vous voulez rester auprès des humains que vous affectionnez, et vous avez raison. Leur courte existence les rend si éphémère que nous pouvons manquer bien des rencontres avec ce peuple. Parfois pour notre bien, parfois non. Toutefois, je ne parlais guère de venir vous établir en Anaëh, mais bien davantage d'y accomplir un simple voyage. Vous pourrez à votre guise venir et repartir, vous le savez bien. Et je ne vous ai en aucun cas imposé d'effectuer ce voyage en ce jour. Libre à vous d'en décider la date. Toutefois, il semblerait que celui ci vous sera bénéfique pour dissiper quelques pensées...»


Voilà qui était fait. Mais avait-il besoin de le faire? Inviter la jeune elfe en Anaëh était à ses yeux presque aussi absurde qu'imaginer la clémence d'un sombre. Chaque représentant du peuple elfique avait sa place sur les terres des protectorats. Nul besoin d'autorisation pour venir se promener autour des arbres majestueux. Mais moins était-ce fait.


« Maintenant, pour ce qui est de votre récit... Il me semble que vous n'avez guère évoqué votre venue ici. Fruit du hasard, dites vous. Cela m'intrigue. Mais peut être ne désirez vous pas en parler, je le comprendrais. Ou peut être pas en ce lieu. Sachez que je suis prêt à patienter, si toutefois vous acceptiez un jour de combler ma curiosité. Et si vous ne souhaitez gère en parler maintenant, j'aimerais en ce cas que vous en disiez plus sur ces humains avec lesquels vous êtes liés d'amitié, et sur cette région dont nous savons si peu...»
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Glinaina
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MessageSujet: Re: Recherche d'une enfant d'Anaëh en Ithri'Vaan [PV Glinaina]   Dim 2 Juin 2013 - 17:34

Les oreilles grandes ouvertes, Glinaina laissa Delnwë répondre à sa question,même s'il fit bien plus en reprenant les paroles qu'elle avait utilisées envers Culurnir. De cela, elle ne le prit aucunement comme une outrance, au contraire. Elle fut même quelque peu surprise des propos qu'il tint ; il semblait qu'il avait une plus grande ouverture d'esprit que le début de la conversation le lui avait laissé pensé. C'était tant mieux. Elle l'écouta donc, sans l'interrompre, jusqu'à ce qu'il évoque l'idée de venir faire un touren Anaëh, ne serait-ce que pour s'enlever une certaine idée de l'esprit. Il n'avait visiblement pas apprécié le fait qu'elle parle de meurtre fratricide, tout comme ses compagnons vu l'ombre qui était passée sur leurs visages.

"Vous êtes d'une grande ouverture d'esprit, Delnwë Iridwen. Puisse cela servir à votre bien un jour. Sachez que bien des Elfes pensent autrement des Humains et de ceux qui les côtoient. Parce que certains de leurs ancêtres eurent la folie d'agir de manière à créer l'Aduram, les générations actuelles sont et naissent avec une rancoeur elfique tatouée sur leur peau, et le fait qu'ils soient mortels n'aide en rien. Et en ce qui concerne le meurtre d'un Sylvain par un autre... vous me rassurez en me disant que ce n'est pas devenu monnaie courrante, malgré les problèmes entre les Elfes de pierre et les Elfe de bois. Mais il y a toujours eu et il y aura toujours des exceptions à la règle, même chez un peuple qui a le temps d'ancrer ses principes à ses enfants.

Elle laissa une petite pause ponctuer ses dires avant de reprendre, un petit sourire ironique se dessinant sur ses lèvres. Elle aussi avait un point à reprendre chez son comparse.

-Ce n'est pas parce que beaucoup d'Humains volent ou tuent qu'il faut penser que ce genre de choses n'est pas sévèrement puni par la loi. En ce qui concerne le vol, le plus chanceux passera juste un sale séjour aux cachots, en étant peut-être oublié de temps à autres par ses geôliers et pourquoi pas mis à la "question", torture mise en place de vous faire avouer quelque chose, vos crimes généralement. Et si le voleur est une femme, je suppose que vous pouvez imaginer ce à quoi certains détraqués chargés des prisons aiment à s'amuser. Sinon, un moins chanceux aura la main tranchée et au pire il aura droit à la corde au cou. En ce qui concerne le meurtre, il est rare que cela ne se termine pas en pendaison après avoir passé un certain temps en prison. Être l'un de ceux qui passent par là vous serait-il une partie de plaisir ? Je ne pense pas. Mais parlons donc d'autre chose ! Je vous remercie pour l'invitation en Anaêh et je pense bien la prendre un jour. J'ai déjà eu l'occasion d'y retourner et cela m'aura à chaque fois valu un lot d'aventures.

Puis elle su tut, préférant l'Elfe reprendre la parole. Elle lui avait demandé ce qu'il voulait savoir sur les Humains et il était normal qu'il souhaite y répondre, surtout si sa curiosité l'avait poussé à traverser la forêt d'Aduram, lieu où les Elfes détestaient aller à cause des "cris" qu'ils y entendaient. Et en effet, ils passèrent à ce sujet-là. Enfin, il lui demanda d'abord ce qui l'avait poussée à venir jusqu'ici, tout en lui faisant comprendre qu'elle n'était pas obligée d'y répondre immédiatement, ce qui arrangeait Glinaina, il fallait le dire.

-Si cela ne vous gêne guère, je préfère ne pas parler de ce qui m'a conduite jusqu'ici, du moins pas maintenant. Une autre jour, peut-être.

Elle le gratifia d'un sourire pour lui faire comprendre que ce n'était aucunement contre lui et qu'en effet, il se pourrait bien qu'un jour cette curiosité soit satisfaite. Puis ce même sourire s'effaça lorsqu'elle se concentra sur ce qu'elle pourrait bien raconter aux Elfes. Si elle voulait reprendre à partir du temps où Glenn était dans l'armée de Serramire, il y en aurait pour des heures ! Surtout qu'ils voudraient certainement savoir comment les gens vivaient ici. Elle commença donc à faire un résumé de la troupe du Centaure, qui était composée de membres de l'armée de Serramire à l'époque de Merwin de Serrafin. Rare armée humaine comprenant des femmes, un an après la chute du noble Glenn Hereon, leur chef militaire nouvellement sorti de prison, les rassembla et ainsi fut formée la compagnie du Centaure puisqu'ils étaient pour la majorité des cavaliers. Lina arriva très rapidement au moment où cette même compagnie prit le contrôle de Naelis, en faisant toujours attention à parler en elfique. Les gens ne faisaient plus attention à eux, d'ailleurs. Puis elle parla des changements opérés dans la ville depuis lors.

- [...] Maintenant, en ce qui concerne le reste de l'Ithri'Vaan... Nous sommes séparés de Sol'Dorn et de Thaar, surtout des Sombres en fait. Nos espoirs et envies ne sont pas vraiment les mêmes... Ais-je bien répondu à votre question ? Je n'ai peut-être pas parlé assez de l'Ithri'Vaan et de la façon dont vivent les Humains. Ce dernier point vous aiderait peut-être à mieux les compredre ?"
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Delnwë Iridwen
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MessageSujet: Re: Recherche d'une enfant d'Anaëh en Ithri'Vaan [PV Glinaina]   Dim 2 Juin 2013 - 21:17

Lorsqu'elle parla de la scission du peuple elfique, Delnwë se contenta de hausser un sourcil. Ainsi, elle savait cela aussi? Pour une elfe ayant passé tant de temps coupée de l'Anaëh, elle semblait très au fait... Même si elle s'imaginait que les elfes avaient pu lever les armes contre les leurs. Cela n'était pas, et, il l'espérait, ne le serait jamais. Cependant, le moment était davantage a une trêve pour s'unir, tout du moins temporairement.

Et puis elle évoqua les coutumes humaines vis à vis du vol et du meurtre. Il les connaissaient déjà. Ses compagnons également. Mais si les sanctions étaient justes, leur application était réalisée avec trop de légèreté, et les mœurs mêmes des humains aidait à ces deux crimes de s'insinuer dans leurs cœurs. Cette faiblesse tellement omniprésente, qui faisait tomber du pauvre paysan jusqu'aux têtes couronnées. Une dague dans le noir, un poison utilisé dans un verre... Tant de tourments qui détruisait les existences. Et au nom de quoi? De quelque basse futilité revêtant de l'importance aux yeux de ces humains. Ils en avaient perdus les véritables buts d'une existence. Fort heureusement, tous n'étaient pas ainsi. Il en restaient certains, rares mais précieux, qui continuaient à comprendre l'importance de la vie, à lutter pour des causes justes. Si rares, mais ils existaient, et sans doute était-ce ceux là qui constituaient les amis de l'elfe aux cheveux d'or.

Après une petite pause, Glinaina fit clairement comprendre qu'elle ne souhaitait pas aborder sa propre histoire. Les quatre elfes ne purent cacher une légère déception, qu'ils s'efforcèrent de ne pas faire durer. Elle en vint donc à expliquer l'évolution de la troupe de mercenaire dans laquelle elle avait servi. Commençant par l'armée de Serramine, un royaume humain ou quelque chose s'y assimilant. Puis l'éclatement de ladite armée, l'incarcération de celui qui devint leur meneur. L'histoire les mena dans diverses situations, avant de les faire arriver à Naelis, où au terme de péripéties, ils parvinrent à prendre la cité, dont ils devinrent les gardiens, en quelque sorte. La cité, quoi qu’ayant toujours été relativement pauvre, avait profité de cela. Le niveau de vie semblait légèrement remonté. Mais c'était très relatif...

-Maintenant, en ce qui concerne le reste de l'Ithri'Vaan... Nous sommes séparés de Sol'Dorn et de Thaar, surtout des Sombres en fait. Nos espoirs et envies ne sont pas vraiment les mêmes... Ais-je bien répondu à votre question ? Je n'ai peut-être pas parlé assez de l'Ithri'Vaan et de la façon dont vivent les Humains. Ce dernier point vous aiderait peut-être à mieux les comprendre ?"

Le simple fait d'entendre parler des sombres eu des conséquences inattendues. Culurnen ouvrit de grands yeux et son poing se serra sur la table. Tulnir, qui était en train de boire, manqua de s’étouffer. Cerlindil, le plus calme des droits, grinça pourtant des dents. Quant à Delnwë, son visage s'assombrit et il fronça franchement des sourcils. Il remarqua que les humains alentours avaient tourné la tête dans leur direction, et d'un regard, les fit retourner à leurs affaires. Les quatre soldats s’observèrent un instant. Puis le lieutenant hocha de la tête, et les trois autres, ayant plus ou moins achevé leur repas, se levèrent, saluèrent avec respect leur supérieur et Glinaina, puis montèrent dans la chambre que l'aubergiste leur avait fourni. Delnwë attendit que son regard ne puisse plus les suivre, puis poussa un long soupir.

« Mes compagnons et moi même aurions volontiers voulu discuter plus avant des coutumes en ce territoire. Toutefois, vous avez évoqué un sujet sensible, aussi ai-je préféré éviter tout débordement en les envoyant dans notre chambre, avec leur accord. Vous avez certes passé maintes années, vous ne pouvez ignorer cette... engeance que sont les sombres, ni la haine que nous leur portons. Je n'aime guère ce mot, mais aucun autre n'est assez fort pour évoquer ce que nous pensons de cette... race. L'accession à mon grade prouve que je sais, en une certaine mesure, garder ma contenance, mais je craignais que ce ne fut pas leur cas, surtout Culuren, que je n'aurais pu réprimander cette fois ci, tant sa colère aurait était légitime... »


Même si la conversation se poursuivait dans la langue elfique, Delnwë abaissa le volume de sa voix, comme s'il craignait que quelqu'un ne l'entende, et surtout ne le comprenne. C'était assez peu probable, mais il ne voulait prendre aucun risque.

«Glinaina elleth... Vous avez dû remarquer nos réactions quelques peu... surprises. En temps normal, l'évocation des sombres ne provoque pas tant d'émoi. Mais les récentes défaites et pertes qu'ils nous ont fait subir a ravivé cette haine. Et nous entendons le leur faire payer très cher. Leur montrer que notre peuple ne laissera pas leur perversion et leur cruauté détruire ce qui mit tant de temps à grandir. Aussi j'ai préféré ne point m'étendre sur le sujet avec mes trois compagnons. Je suppose d'ailleurs que vos compagnons, d'après ce que vous me dites, partage quelque peu cette aversion. Je suis heureux de l'apprendre, car je n'aurais guère pardonné que vous vous soyez liée d'amitié avec des partisans des sombres. J'aurais été en droit de vous ramener de force en Anaëh pour y être jugée. Nous pouvons passer outre bien des choses, mais pas cela. Pactiser avec les sombres est un fait grave... Aussi grave que de blesser une sœur ou un frère.»

Le ton s'était fait dur, les sourcils froncés, le regard sérieux. Ce sujet là semblait fortement lui tenir à cœur. Il fit ainsi comprendre que ce qu'il venait de dire n'étaient pas vaines paroles. Il l'aurait fait si cela avait dû l'être. Légèrement à contrecœur, car malmener l'une ou l'un des siens ne lui plaisait pas. Mais il n'aurait pas hésité pour autant. Il respira un moment, son visage se décrispa légèrement, sans perdre totalement de son sérieux. Fermant les yeux un instant, il sembla essayer de trouver un peu de paix intérieure. Puis il rouvrit les yeux.

«Mais sans doute ne voulez vous pas discuter plus avant de cela. Ce n'est pas un sujet facile et moi même, vous l'avez remarqué, je le prend très a cœur. Si vous le souhaitez toujours, vous pouvez en effet m'en dire davantage sur les habitudes des humains d'ici, notamment de Naelis, cette cité que je connais si mal...»

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MessageSujet: Re: Recherche d'une enfant d'Anaëh en Ithri'Vaan [PV Glinaina]   Mar 4 Juin 2013 - 22:42

Si la jeune femme savait pertinemment que les Sylvains et les Sombres n'étaient pas faits pour s'aimer, au contraire même, elle fut fort étonnée de la réaction qu'eurent les quatre Elfes ; des sourcils qui se froncent, un poing qui se ferme... La tension monta en un éclair, comme si Glinaina avait sans le vouloir réveillé un orage qui n'attendait qu'une simple occasion pour gronder. La haine, voilà tout ce que c'était. Une haine qui était fort vive dans le coeur de ces quatre soldats, du moins plus qu'elle ne l'aurait imaginé. Enfin... fort vive ou non habituée à être dans leurs coeurs. Sans dire un mot, Glinaina regarda tour à tour les soldats avec sérieux. Il y eut un instant où un silence pesant suivit sa question, puis les quatre Elfes se firent un signe de tête et tous sauf l'officier se levèrent de table, repas fini ou non, les saluèrent respectueusement - signe qui fut rendu suivant la même valeur - et montèrent vers la chambre qui leur était attribuée. Delnwë les suivit des yeux jusqu'à ce qu'ils aient monté l'escalier puis soupira avant de reprendre la parole, Aina ne faisant rien pour réchauffer quelque peu l'atmosphère. Une fois qu'il eut fini, elle s'autorisa à lui répondre.

"Je sais très bien que les Elfes ne portent pas les Sombres dans leur coeur, et croyez-moi cette haine est toute à fait réciproque. Ne me demandez pas comment je le sais, cela ne vous regarde pas. Sachez juste que je n'ai pas eu besoin de pactiser avec eux pour le savoir, loin de là.

Son ton était froid, bien plus qu'au début de la conversation. Tout comme les autres Elfes ayant participé à cette discussion, Glinaina était loin d'aimer les Sombres, mais contrairement à eux une lueur toute singulière passa dans son regard. A son esprit remontèrent en un éclair tous les souvenirs liés à cette haine engendrée par la création d'une quatrième race sur Miradelphia : honte, souffrance, torture, douleur, colère, vide, peur, souffrance... Au fil que sa mémoire faisait surgir les différents souvenirs, les émotions allant avec, l'Elfe sentit une colère sourde commencer à envahir son être, rapide, et eut une fraction de seconde l'impression que son âme était aspirée par quelque chose... Glinaina eut pour réflexe d'agripper la première chose qui fut à la portée de sa main gauche, ce qui se trouva être l'avant-bras de Delnwë à défaut de ne pas avoir repris son verre sur le comptoir. Sans s'en rendre compte elle serra fortement le membre alors qu'elle baissait la tête tout en fermant les yeux pour garder le contrôle d'elle-même. Que cela surprit son interlocuteur ou non, elle n'y fit aucunement attention. Au bout de longues secondes elle reposa de nouveau ses yeux sur l'Elfe et, d'un ton qu'elle essaya doux - ce qui ne fut pas une réussite - elle reprit la parole.

-Comprenez qu'il y a certaines choses dont je ne souhaite pas parler, Delnwë edhel. Vous avez raison, il est préférable de passer à un autre sujet.

Cela lui avait fait un choc : depuis qu'elle était rentrée à Naelis pour y être jugée, elle avait eu droità assez de calme pour que ce genre d'expériences ne se reproduise pas. Et si elle savait très bien qu'il serait risqué pour elle de se retrouver un jour en combat contre des Drows, même hors combat d'ailleurs, elle aurait préféré que de simples souvenirs ne lui fassent jamais cet effet-là. Elle s'aida donc de la question de l'archer pour focaliser son esprit sur autre chose : la vie à Naelis. Elle partit donc dans un récit descriptif qu'elle essaya de faire aussi compréhensible que possible tout en ne partant pas trop en détails, insistant en premier lieu sur la différence de mentalité que provoquait la mortalité (et surtout la forte mortalité infantile) chez les Humains. Tant que l'enfant n'atteignait pas l'âge adulte il était considéré comme un "ventre sur pattes" du fait qu'il pouvait trop facilement mourir, du moins était-ce le cas chez les gens de condition mauvaise ou moyenne. Ainsi donc, quoi que précieuse, la vie ne reflétait pas forcément la même chose pour les Humains que pour les Elfes. De là elle résuma brièvement les différentes classes sociales chez le peuple motel avant de réellement partir sur Naelis en elle-même : la cité, la Garde, la tour de magie, le port... Le pauvre Delnwë devait certainement avoir bien plus à retenir que ce qu'il pensait !
Quand elle eut fait à peu près le tour, Glinaina s'adossa contre son siège et soupira légèrement.

-J'ai l'impression de ne faire que de parler alors que ce n'est pas dans mes habitudes... Dites-moi, que se passe-t-il en Anaëh pour que la haine envers les Sombres soit si forte en vous quatre ? Désolée de revenir sur ce sujet, mais vos réactions ont de quoi m'intriguer."
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Delnwë Iridwen
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MessageSujet: Re: Recherche d'une enfant d'Anaëh en Ithri'Vaan [PV Glinaina]   Mer 5 Juin 2013 - 11:44

A l'explication pleine de sérieux et de rancœur, il n'y eu pour répondre qu'un ton presque glacial et empreint d'une terrible amertume. Elle ne voulait pas expliquer d'où venait cette haine profonde. Il était aisé de deviner que dès l'origine, elle ne les appréciaient pas, comme tout elfe. Mais cette rancœur là dépassait de loin celle qu'éprouvait la plupart d'entre eux. Delnwë ne chercha pas donc pas à en savoir davantage, comme elle l'avait demandé. La jeune elfe devint alors crispée, tendue, comme à l'affut d'un danger. Cette tension continua à monter, jusqu'à ce que d'un mouvement brusque, elle agrippe l'avant bras du combattant, et se mit à serrer. Malgré les pièces de cuir d'armure, il sentit cette pression, comme si elle mettait toute sa force. Ce n'était pas pour faire mal. Cette force là était mue par le désespoir et la peur. Elle ferma les yeux et baissa la tête, les dents serrés, le visage crispé, comme pour essayer de se contrôler. Quoi qu’ayant déjà assister à bien des événements, celui ci fut un peu surprenant pour Delnwë, qui toutefois posa une main qui se voulait apaisante sur celle de Glinaina. Cela dura de longues secondes, presque interminables, pendant lesquelles la douleur ne sembla pas s'apaiser, en témoignait la pression toujours exercée sur l'avant bras. Puis l'elfe aux cheveux dorés ouvrit enfin les yeux. Loin d'être apaisée. Mais légèrement moins tendue.

-Comprenez qu'il y a certaines choses dont je ne souhaite pas parler, Delnwë edhel. Vous avez raison, il est préférable de passer à un autre sujet.

Il n'entendait pas insister. Cela était bien suffisant. Même s'il était très curieux, il comprit rapidement que cette curiosité mettait à mal celle qui lui faisait face. Et cela, il ne le souhaitait pas. Sa réponse fut un regard, mêlant compassion et compréhension. Si le ton de Glinaina, qui se voulait apaisé, avait gardé de sa dureté, il en fut quelque peu de même de ce regard. Il comprenait, il acceptait, et n'insistait pas. Mais au fond ce ses yeux, une lueur de reproche et de rancœur. Même sans être présents, ces sombres faisaient du mal. Preuve qu'ils n'étaient rien d'autre que malfaisance, et que le mal engendrait bien le mal. Il attendit qu'elle défasse son étreinte, puis posa sa main d'un geste de compassion sur la sienne. Glinaina respira un instant, avant de se décider à répondre en ce qui concernait les humains.

Les informations étaient nombreuses. Système politique, type de vie, mœurs et coutumes. Les humains, du fait de leur mortalité, vivaient bien différemment des elfes. Qui plus est, leur système de classe, privilégiant les nobles au détriment du peuple, favorisait considérablement la mortalité des plus petits. Ainsi, cela expliquait en partir la forte natalité, qui devait compenser tous ces pauvres enfants, morts avant même d'avoir pu profiter de la vie. Une chandelle tout juste allumée qui déjà se consumait. Les enfants de Kÿria considérait les nourrissons et les enfants comme trop importants et sacrés pour supporter cela. C'était une des différences qui créait cette incompréhension entre les deux peuples. Et puis elle continua en détaillant un peu plus Naelis, son histoire, avec ses différentes phases où les dirigeants changèrent plusieurs fois. Elle tu jadis à subir la pression des sombres, il le savait, mais la jeune elfe n'évoqua pas ce passage, ce qui ne fut pas surprenant. Elle détailla également l’organisation de la ville, et ses institutions comme la fameuse Garde de Naelis dont elle faisait partit... du moins était ce l'information qu'avait eu Delnwë avant son départ. Or une garde de Naelis n'avait probablement rien à faire en un si petit village. Encore un mystère dont elle avait demandé de ne pas reparler. Cela faisait beaucoup de voiles sombres qui s'étendaient sur elle... Néanmoins il assimila tout de même toutes les informations qu'il pouvait. Car il aimait apprendre, et connaître autant que possible ce qui l'entourait. Marquant une pause, Glinaina soupira, et s'adossa sur son siège.

-J'ai l'impression de ne faire que de parler alors que ce n'est pas dans mes habitudes... Dites-moi, que se passe-t-il en Anaëh pour que la haine envers les Sombres soit si forte en vous quatre ? Désolée de revenir sur ce sujet, mais vos réactions ont de quoi m'intriguer."

Cette remarque prit un peu de court Delwnë. Lui qui s'était confortablement installé, et avait jusqu'alors écouté attentivement, sans interrompre, afin de retenir toutes ces précieuses informations... Il aurait presque sursauté s'il n'avait pas apprit à se contrôler. Elle lui avait demandé de ne plus en parler, et c'était elle même qui revenait sur cela. Il décida de ne répondre que partiellement à la question... Cela valait mieux.

«L'Anaëh se porte aussi bien qu'il est possible en ce moment. Nos rivalités, quoique toujours existantes, semblent être en demi sommeil. Les nôtres ne s'affrontent plus que rarement, et uniquement en discours posés. Il n'y a plus eu d'attaque quelconque des humains sur nos contrées depuis quelques temps déjà. Je pense que l'on peut dire que les choses se portent bien...»

La phrase fut laissée en suspend. Et ce fut pour la première fois depuis longtemps qu'il se sentir perdre un peu son contrôle. La chope entre ces mains, petit morceau de bois taillé grossièrement, commença à être pressée entre ses doigts.

«...Cela aura du moins pu être le cas. Mais tout n'est pas si simple. Dans le sud, les vestiges et les ruines d'Ellyrion restent présentes, comme une plaie, cicatrisée pour le moment, mais menaçant à chaque instant de se rouvrir. Les tentatives de paix avec le peuple humain ne sont qu'échec et vaines négociations, tant ils sont déchirés entre eux. Impossible de traiter avec chacun de leurs chefs. Cela sera trop long, et nous ne sommes pas ici pour faire cesser ces vains affrontements entre les nobles...»


L’étreinte sur la chope se fit plus forte. Le bois commença à gémir et à craquer, le poing se serrant toujours plus fort. On pouvait voir les muscles du bras se contracter davantage. Le visage se voulait calme, mais un voile sombre s'étendait dessus, le regard porteur d'une colère en sommeil.

«...Et tant qu'ils seront là, proches de nous. Tant qu'ils menaceront... La paix n’existera pas. Ôter la vie est quelque chose que je déteste au fond de moi. Je n'ai jamais aimé la guerre, et cela ne changera probablement pas. Mais j'ai jadis compris que pour protéger ce qui m'était cher, je n'avais pas le choix...»

Le ton monta encore davantage, couvrant les bruits de la chope qui se fissurait lentement.

«...Les sombres sont des meurtriers sans scrupules, qui pillent et massacres tout ce que Kÿira à créé. Autant ici qu'en Anaëh, cette engeance doit être éliminée, jusqu'au dernier. Pour le bien de toute cette terre. Nous devons... et nous allons... Tous, les éliminer.»

La voix jusqu'alors calme s'était faite grave et menaçante, et sur ce dernier mot, la chope vola en éclats, ne supportant plus cette pression incessante. Les humains de la salles bondir sur leurs sièges, mais lorsqu'ils tentèrent d'observer les deux elfes, Delnwë leur adressa un regard si noir qu'aucun n'insista. L'un d 'entre eux préféra même quitter la salle.

Tentant de s’apaiser, le soldat respira quelques instants. Il observa la chope brisée dans sa main, puis tourna un regard redevenu calme vers l'aubergiste. Celui ci tenta de masquer sa crainte, mais l'elfe ne s'y trompa pas. Il sortit un petite pièce de sa bourse, et la posa sur la table. Puis releva son regard vers Glinaina.

«Je suis... désolé de mon emportement. J'avoue avoir quelque pression en ce moment dont je ne puis parler ici. Les espions sont nombreux et l'information bien trop capitale. Néanmoins je m'excuse pour ce qui vient de se passer... Je... ne m'y attendais pas vraiment.»


Il respira de nouveau avant de reprendre.

«Vous donnerez cette pièce à l'aubergiste, pour rembourser la chope. J'espère que vous comprendrez que je ne souhaite plus évoquer le sujet des sombres pour le moment. Si toutefois vous aviez quelque autre question sur l'Anaëh, je suis prêt à y répondre...»

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MessageSujet: Re: Recherche d'une enfant d'Anaëh en Ithri'Vaan [PV Glinaina]   Mer 5 Juin 2013 - 20:37

"Je vois... J'avais entendu une rumeur au sujet d'un quelconque front entre Sombres et Sylvains en Anaëh, mais je ne pouvais aucunement m'y fier.

Un fin sourire se dessina sur son visage, malheureusement assez triste. Elle ne pouvait se mettre en joie de savoir que son peuple natal se battait de nouveau sur son propre territoire et, au vu de la réaction très... forte de l'officier, elle comprenait qu'elle se devait d'essayer d'apaiser les choses, même si elle savait qu'elle aurait beaucoup de mal. Si elle-même était à peine capable de se contrôler au sujet de la haine, alors n'était-il pas ironique que ce soit elle qui calme les autres ?

-Ne soyez pas désolé pour votre comportement, je le comprends tout à fait. Mais... comment dire... par expérience, dirons-nous, sachez qu'il n'est pas bon de garder tant de haine en soi. Elle vous prend, vous entraîne... et vous force parfois à commettre des actes auxquels vous n'auriez pensé et que vous pourriez regretter toute votre vie durant. Là vous avez juste brisé une choppe par la force de votre main, mais qu'en serait-il si l'un de ces Sombres se trouvait être assez proche de vous pour que vous lui brisiez le cou ? Faillirez-vous à votre devoir en laissant s'exprimer en-dehors de vous cette haine ? Battez-vous contre vous-même avant de vous battre contre eux, c'est un conseil que je ne pourrais vous redire une seconde fois.

A ce moment entra dans l'auberge un Humain habillé dans une sorte de bure beige que la jeune femme reconnu tout de suite comme étant le prêtre tant attendu. Elle s'excusa auprès de l'Elfe et alla accueillir l'homme trempé jusqu'aux os. Elle le salua rapidement et ils échangèrent quelques mots en langue humaine avant qu'elle ne l'amène jusqu'au chevet du blessé. Iridwen n'eut pas à attendre bien longtemps, parce qu'à peine deux minutes après la jeune femme redescendit les escaliers pour regagner sa place.

-C'est bon, je suis toute à vous, l'Humain est en sûreté maintenant. Concernant l'Anaëh... Je ne pense pas avoir d'autre question, votre réaction me laisse assez à penser de la situation.

Elle s'arrêta là, regardant d'un air tout aussi pensif que ferme le soldat. Elle se rendait bien compte que vu ce qu'elle venait de dire, son interlocuteur risquerait de poser des questions sur ce qu'elle était. Elle se demanda alors s'il était de ceux qui avaient pu entendre parler d'elle par un biais comme par un autre à cause de sa dernière venue en elfie. Elle avait assez fait "sensation" auprès de certains soldats de l'Epine Dorée et connaissant un minimum les Sylvains, quelques racontards avaient dû aller bon train. Du moins elle espérait que ce ne soit pas trop le cas, mais ça l'étonnerait. Et si c'était le cas, se doutait-il un instant que celle qu'il cherchait était la même personne qu'à l'Epine Dorée ? Certainement pas, et c'était tant mieux. Quoi qu'il en soit, s'il devait y avoir des explications, ce ne serait pas dans un endroit où elle ne serait pas très à son aise.

-Hum... Je dois vous paraître bien étrange, n'est-ce pas ? Je suppose qu'à un moment donné vous me demanderez des explications et que vous aurez du mal à comprendre quelles sont les raisons de tout ce que j'ai pu vous raconter si je ne vous ai pas parlé de certaines choses avant me concernant. Mais dans ce cas ce sera ailleurs.
Après un soupir elle se leva et regarda l'Elfe dans les yeux, son visage prenant un air assez énigmatique.
-Souhaitez-vous satisfaire une partie de votre curiosité malgré que vos compagnons ne soient pas avec vous ou préférez-vous en rester là ?"
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MessageSujet: Re: Recherche d'une enfant d'Anaëh en Ithri'Vaan [PV Glinaina]   Jeu 6 Juin 2013 - 18:10

Elle semblait compatir... La tristesse peignait son visage. Il sembla que l'idée même que les sombres viennent envahir à nouveau l'Anaëh l'affectait aussi, quoique de manière moins brusque. C'était normal. Quel membre du peuple elfique ne serait pas attristé d'entendre pareille nouvelle? Il eut fallu qu'il soit sans cœur, ou complétement détaché des siens. Chose impensable. Elle lui demandait de ne pas s'excuser pour ce qu'il venait de faire. Ne pas s'excuser? Elle ne le connaissait pas, cela se voyait bien. Lui qui détestait la violence inutile, qui faisait tout pour éviter l'emportement inutile. Qui n'aimait point la colère et faisait tout pour l'éviter. Il lui était rarement arrivé de s'emporter depuis qu'il avait connu sa première bataille. Même dans les combats, il s’efforçait à agir avec calme et résolution, sans panique. Et pourtant, il avait perdu ce calme, avait manquait d'exploser. Car il était encore bien loin de sa limite. Mais celle ci, il ne l'avait atteint qu'une seule fois. Un sombre l'avait d'ailleurs chèrement payé. Mais au fond, ce n'était qu'un sombre. Elle évoqua le fait que ce n'était qu'une choppe cette fois ci... Que cela aurait pu être le cou d'un sombre. Étrange hasard? Cela était déjà arrivé, mais c'était loin de lui poser un quelconque problème. Les sombres, quelle importance avaient-ils? Non, c'était davantage qu'il put prononcer des paroles blessantes. Il ne porterait jamais la main sur une sœur ou un frère, mais il pouvait cependant s'emporter dans ses paroles. Et les blessures du corps sont les plus simples à guérir...

Battez-vous contre vous-même avant de vous battre contre eux, c'est un conseil que je ne pourrais vous redire une seconde fois.


Il y avait en cette phrase un écho, lointain du passé. de cette époque où il était encore jeune et plein de fougue. Où il pensait comprendre le monde et tout ce qui se déroulait. Où un vieux soldat avait décidé de lui enseignait, opposant le calme à la fougue, le discours résonné à celui enflammé. Se battre contre lui même? Il n'en voyait guère l'intérêt. Il était en paix avec lui même et les siens, et il le restait toujours. Peu lui importait que ses rares sauts d'humeur pouvait nuire aux sombres. Ceux là le méritait bien. Pour les vies qu'ils ôtaient sans vergogne.

Il voulut répondre, lorsqu'un humain vêtu d'un vêtement de couleur beige entra. Celui ci, d'après ce que Delnwë connaissait de la culture humaine, portait l'accoutrement des religieux. Glinaina se leva alors, et s'excusa, ce à quoi le soldat répondit par un hochement de tête compréhensif. L'elfe aux cheveux d'or échangea quelques mots rapides dans la langue humaine. Langue que Delnwë comprenait, mais il ne chercha pas à les entendre, préférant se focaliser sur le bruit de la pluie heurtant le toit. L'averse s'était à nouveau renforcée. Nul doute que la route serait dans un très mauvais état au réveil. Il faudrait probablement attendre que le soleil ait séché le sol avant de repartir. La jeune elfe prit la direction des escaliers avec l'homme de foi, jusqu'à ce qu'ils ne soient plus visible. L'absence fut brève, et l'elfe revint s'asseoir auprès de Delnwë, expliquant qu'il s'agissait là du guérisseur, qui l'avait rassuré quant à l'état de santé du jeune garçon s'étant blessé. Puis elle lui expliqua qu'elle n'avait pas davantage de questions concernant l'Anaëh. Sa réponse les laissa tous deux pensifs, mais probablement pas pour les mêmes raisons. Lui se demandait si elle avait réellement saisi ce dont il venait de parler. Ce qui se préparait. Ce qui allait être. Nul ne pouvait en connaitre l'issu, mais tous savait qu'elle ne pouvait être complétement heureuse.

C'est alors qu'elle lui demanda s'il souhaitait en savoir davantage. S'il voulait en rester là ou connaitre ce qui la rendait si... étrange. Et il semblait qu'elle voulait se rendre ailleurs pour cela. Au regard de la jeune elfe, il rendit un regard qui signifiait bien plus que des mots. Oui, il souhaitait en savoir plus...

« J'avoue que ma curiosité à votre égard n'a cessé de croitre au fil de notre conversation. Je puis comprendre que vous ne souhaitiez pas vous confier, mais sachez que si vous me le proposer, je ne pourrais qu'aller en ce sens. Toutefois, vous venez de dire "pas ici". Glinaina elleth... je puis vous dire que vous avez gagnez suffisamment ma confiance pour que je sois prêt à vous évoquer moi même certaines choses. Mais comme vous, je ne souhaite pas qu'elles soient entendues par des oreilles n'ayant pas à les entendre. Mes compagnons sont au fait d'une partie d'entre elles, mais pas toutes. Et je ne veux en aucun cas qu'ils puissent savoir ce que vous avez à me dire. Cela peut paraitre égoïste, mais... C'est à vous qu'il appartient de décider ce que vous voulez dire, et a qui. En ce qui me concerne, ce dont je souhaite vous parler, vous devrez être la seule à l'entendre.»

Il marqua une petite pause. Il avait achevé son repas au cours de la conversation, et maintenant, il observait la salle. Celle ci n'était pas le lieu idéal pour parler en toute quiétude. Et Delnwë ne connaissait rien à ce tout petit village. Aussi se fiait-il a Glinaina pour cela.

« Connaissez vous un lieu où nous pourrions parler sans craindre d'être écouté?»

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MessageSujet: Re: Recherche d'une enfant d'Anaëh en Ithri'Vaan [PV Glinaina]   Sam 8 Juin 2013 - 13:19

Cela avait été facile à deviner, l'Elfe accepta sans hésitation d'en savoir plus sur son interlocutrice. Cela se vit dans ses yeux et ses paroles ne faisaient qu'aller dans ce sens. Il lui faisait désormais assez confiance pour la suivre dans un endroit où ils seraient seuls et même pour lui évoquer certaines choses. Une confiance vite donnée, à son goût, mais qu'elle ferait en sorte de ne pas trahir ; la confiance pouvait être un point d'honneur en certaines occasions et un luxe dont on ne pouvait pas se priver.

"Très bien. Il y a bien un lieu où nous pourrons discuter tranquillement, une petite maison du village habitée par une Elfe blonde avec une cicatrice sur la joue droite. Suivez-moi.

A défaut d'avoir été dit simplement, Delnwë pouvait sans problème comprendre qu'il s'agissait du foyer de son interlocutrice. Faisant juste attention de ne pas aller trop vite, elle alla récupérer sa cape à l'entrée de l'établissement et attendit que le Sylvain ait déposé sa fameuse pièce sur le comptoir pour la chope brisée avant de sortir sous la pluie battante. C'était exaspérant de voir un temps pareil, de plus qu'ils arriveraient certainement trempés jusqu'aux os malgré qu'il n'y avait que quelques mètres à faire. Et en effet, lorsqu'elle ouvrit la porte de la bâtisse, tous deux dégoulinaient d'eau de pluie comme s'ils venaient de sortir d'une mare, tout du moins en apparences. Si leurs capes ne sècheraient pas de si vite, les vêtements qui étaient en-dessous avaient pour la plupart la chance de ne pas avoir eu droit au même traîtement, même si bottes et pantalons avaient quant à eux pris la boue pour du savon. Bref, la première chose que fit Glinaina en entrant fut d'enlever ses bottes ainsi que sa cape avant de se diriger vers une pièce adjacente.

-Mettez-vous à l'aise, je reviens. Voulez-vous une boisson chaude ?

Delnwë ayant acquiescé, elle alluma un feu dans ce qui lui servait de cuisine et mit de l'eau à chauffer par-dessus avant d'aller rechercher une paire de chaussures sèches. Pendant ce temps, l'officier pouvait à sa guise regarder la pièce où il se trouvait. Décorée de quelques meubles seulement, la pièce était plus faite pour un usage pratique qu'autre chose, même s'il y avait quelques fantaisies dont la plus voyante était une épée elfique forgée il y a plus de cinq siècles accrochée à un mur, assez simple mais de bonne qualité. Pour le reste c'étaient une table, des chaises, quelques meubles de rangement... Rien de grandiose en fait, certainement moins que ce à on aurait pu s'attendre d'un lieutenant. Généralement, quand on a de l'argent ou du pouvoir on a tendance à le montrer dans sa façon de vivre, or là cela ne semblait pas du tout être le cas !

Quelques minutes plus tard, la jeune femme revint avec deux tasses d'où fumait de l'eau ayant une bonne odeur : une tisane, tout simplement. L'archère servit une tasse à l'Elfe puis s'installa à table, croisant ses jambes l'une sur l'autre, sans pour autant avoir l'air décontracté. Elle se demandait ce qu'elle aurait à dire et à entendre, mais elle devinait très bien que ce ne serait pas forcément une partie de plaisir.

-Vous devez déjà avoir quelques questions en tête me concernant, quelles sont-elles ? Soyez direct, cela vaudra mieux qu'autre chose."
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Delnwë Iridwen
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MessageSujet: Re: Recherche d'une enfant d'Anaëh en Ithri'Vaan [PV Glinaina]   Sam 8 Juin 2013 - 15:08

La jeune elfe sembla accepter la proposition. Elle invita même le soldat à se rendre dans son foyer. Car c'était bien ce qu'elle avait énoncé, même si elle avait éviter de le dire directement. Il n'y avait guère d'autre elfe avec les cheveux blonds et portant une telle cicatrice dans un si petit village. Il fit un hochement affirmatif de la tête, avant de se lever, laissa Glinaina se diriger vers l'entrée pour récupérer sa cape. Il en profita pour se rendre au comptoir, où l'aubergiste le regardait toujours avec crainte. Il fallait dire que l'elfe ne l'avait guère ménagé ce soir là, entre son entrée et la choppe brisée. Il posa la pièce, et adressa à l'humain le regard le plus amical possible en lui expliquant que ceci le dédommagerait pour la chope. L'aubergiste acquiesça en bredouillant quelque chose, se saisit de la pièce et partit un peu précipitamment vers l'arrière salle. Delnwë ne lui en voulait pas, ce n'était pas là de l'impolitesse, mais bien de la crainte. Il revint vers la porte où l'elfe aux cheveux d'or l'attendait. Puis ils cheminèrent vers la petite bâtisse. La pluie tombait toujours, battante. Même s'il n'aimait guère la pluie lorsqu'il était vêtu de son équipement, il se fit une raison en se disant que c'était là la nature qui s'abreuvait. La pluie était aussi nécessaire que le soleil ou la nuit.

Lorsqu'ils parvinrent enfin sur le seuil de la petite maison, pas bien différente des autres demeures visibles, tous deux étaient trempés. Les gouttes tombaient abondamment de leurs vêtements. Elle entra la première, retirant sa cape et ses bottes, avant de se rendre dans une autre pièce, demandant au passage s'il désirait une boisson chaude. Il répondit par l'affirmative, tout en retirant lui aussi sa cape et racla ses deux lourdes bottes pour les nettoyer, avant de les retirer également. Puis il défit son ceinturon, posant son épée tout en la laissant à portée de main, de même que son carquois et l'étui de son arc. Non qu'il craignait quelque chose de la jeune elfe, mais davantage de l'irruption d'un humain. Malheureusement, son armure, bien que plus légère que celle d'un combattant au corps à corps, ne pouvait être aussi facilement retirée, et les vêtements en dessous étaient encore trempés. Aussi resta-t-il debout dans l'endroit le moins propice à souffrir de cette humidité. Et il observa la petite pièce dans laquelle il se trouvait. Ne disposant que du nécessaire, elle montrait bien à quel point cette elfe voulait que sa vie fut simple. Une table, quelques chaises, quelques meubles de rangement, un porte cape... Pourtant, quelque chose fini par retenir le regard de Delnwë. Une épée était accrochée au mur, maintenu par une mince corde ordinaire. Cette épée, quoique n'ayant rien d'exceptionnelle en elle même, avait une particularité certaine. Elle était à n'en point douter de facture elfique. Sans doute était-ce là un souvenir. De qui, et pourquoi? Des questions encore, et probablement très indiscrètes. Aussi il ne s'attarda point dessus, préférant observa le reste de la salle, tout en s’efforçant de sécher au mieux ses autres vêtements.

Il ne fallut pas bien longtemps à Glinaina pour revenir avec deux tasses d'où émanait une mince fumée, signe de chaleur, ainsi qu'une douce odeur de tisane. Celle ci était plus que bienvenue, et il ne pu s'empêcher le la remercier par un salut, appréciant le geste d'apparence anodin, mais qu'il n'en appréciait pas moins. La jeune elfe s'assit à la table, croisant ses jambes et tentant de se décontracter. Ce ne fut qu'une demi réussite, à en juger par sa légère crispation.

-Vous devez déjà avoir quelques questions en tête me concernant, quelles sont-elles ? Soyez direct, cela vaudra mieux qu'autre chose."

Soufflant légèrement sur sa tisane, Delnwë ne put retenir un sourire. Au fil de la soirée, les questions n'avaient cessé de s'accumuler, et plusieurs lui brûlait désormais les lèvres. Néanmoins, la demande de franchise de l'elfe qui lui faisait face ne pouvait être entièrement satisfaite. Car il ne souhaitait pas lui faire de mal. Et après ce qui s'était déroulé à la taverne, il entendait bien peser ses mots. Un peu plus sec que lorsqu'il était entré, il interrogea son hôte du regard avant de prendre place sur une chaine en face. Puis il fit mine de réfléchir quelques instants.

« Je ne vais pas vous mentir en vous disant que les questions sont nombreuses. Toutefois, je me contenterait de certaines. Toutes ne sont pas nécessaires pour satisfaire ma curiosité. Et si je venais à réellement vous déranger de quelque manière que se soit, faites le moi comprendre. Car plus que ma curiosité, je tiens à ne point vous faire de mal, et ce qui s'est passé il y a peu ne m'a guère rassuré. Je ne voudrais pas que cela se reproduise de par ma faute. En premier lieu, j'aimerais savoir d'où vous venez, où êtes vous née... En Anaëh, certainement, mais cela est plutôt vaste, vous comprendrez. Cette question peut sembler intrigante, mais il peut être bon de savoir quelles sont vos origines. De plus, j'aimerais comprendre comment vous avez pu vous retrouver parmi les humains. Est ce un choix? J'ai bien compris que vous vous soyez attachés à eux, mais comment est ce arrivé au départ? Il est si rare que nous quittions notre terre avant bien des décennies. Or il semblerait que vous l'ayez quittée depuis longtemps déjà, si je ne me trompe pas dans ce que vous m'avez dit. Enfin, la dernière de mes questions pour le moment sera de savoir ce que vous faites en un tel lieu, alors que mes informations m'indiquaient que vous seriez à Naelis. Peut être êtes vous en mission, auquel cas cela ne me regarde guère. Mais, sans vouloir vous insulter, il ne m'apparait pas que se soit le cas, à en juger par votre activité et votre logement. Vous semblez davantage une habitante de ce hameau.»


Il soupira, puis bu une courte gorgée de sa tisane. Les premières questions étaient énoncées, et il espérait ne pas être allé trop loin. Toutefois, il ne put s'empêcher de reprendre avant la moindre réponse.

«Toutefois, et avant toute chose, je n'entends pas que vous commenciez ainsi, moi qui vous en demande tant, qui arrive ainsi dans votre village sans que vous ne demandiez rien, et qui vient perturber votre quiétude. Aussi vous livrerais-je la première, et peut être la moins importante des informations que j'ai pour vous, quoique cela dépende du point de vue. Sachez que j'évoquai notre lutte contre les sombres. Je ne pourrais hélas rester en ce lieu bien longtemps. Nous envisageons de marcher très prochainement contre les sombres, vers le sud. Qui sait, peut être reprendre Yutar. Nous ne saurions encore dire. Une chose est sûre, c'est que cette information, vous ne devriez pas la connaitre. Pourtant, je pense qu'il est bon que chaque fille et fils de la prime forêt le sache. J'ai confiance en vous, et je sais que même si vous ne pouvez plus nous aider à la défense de notre terre, vous saurez l'en protéger d'une rumeur qui pourrait nous nuire, si elle venait à être entendue de par les royaumes humains. Eux qui sont si prompt a nous tourner le dos...Et qui probablement chercheront à nous attaquer très bientôt. Ne vous offusquez pas de cela. Je sais que mes dires sont exactes. Je peux comprendre que cette information soit bien maigre si l'on compare à celle que je vous demande. Toutefois, je ne saurais que vous livrer d'autre pour le moment, car je tiens à ce que vous me questionniez de même, et je compléterai alors avec ce que je désire ajouter ou préciser, si vous n'y voyez pas d'inconvénient. Car sans doute avez vous aussi des questions, à moins bien sûr que je ne me trompe, auquel cas je parlerai de moi même.»

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Glinaina
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MessageSujet: Re: Recherche d'une enfant d'Anaëh en Ithri'Vaan [PV Glinaina]   Sam 8 Juin 2013 - 19:29

Glinaina écouta silencieusement l'Elfe qui lui faisait face, faisant attention à n'oublier aucune de ses questions et retenant les diverses informations, dires et gestes provenant de son interlocuteur. Comme à l'armée lorsqu'elle observait pour une quelconque raison l'un de ses soldats. Le simple fait de s'être engagée à parler plus avant d'elle-même et donc de ses divers problèmes et rencontres l'avait ironiquement quelque peu refermée sur elle-même, comme si une partie d'elle-même ne souhaitait pas dévoiler cette "intimité". Comme si... En fait non, c'était le cas, mais là l'ancienne lieutenant savait très bien que de la manière dont la conversation était partie, cacher trop de choses reviendrait à éveiller des soupçons injustifiés sur les motivations qui l'avaient poussée à vivre à Naelis ou encore sur sa propre personne. De plus, l'Elfe avait précédemment parlé d'espions qui pourraient exister en ces temps troubles, donc autant faire en sorte qu'il ne craigne pas qu'elle puisse en être une, d'autant plus qu'elle ne se tournerait en aucun cas envisageable contre les Sylvains. Ils restaient le peuple parmi lequel elle avait grandi et, quoi qu'elle avait toujours du mal avec eux, elle leur devait bien de vivre.

C'était à son tour de parler, lui ayant terminé. D'où venait-elle exactement, pour quelles raisons avat-elle quitté la forêt et pourquoi se trouvait-elle dans un village humain au lieu d'être dans la ville même. Voici les trois questions auxquelles elle devait répondre. Buvant une gorgée de tisane, elle se demanda si la troisième question n'allait pas la pousser à parler de son problème de magie. Bien sûr elle pouvait faire en sorte de l'éviter, mais comment justifier son départ de l'armée alors ? En restant vague... Bon, elle verrait quoi.

"Je suis dans le village de Tyl'ven, situé juste à la frontière des protectorats de Mera et de Wyslena, où j'ai vécu jusqu'à ce que le destin ne me pousse à quitter la Prime Forêt. Soit disant, sans être très proches d'Ellyrion ou de Yutar, nous n'étions pas très loin de l'orée de la forêt... ce qui n'empêchait pas les raids. Mais bon ! Au final ce sera au Sud de l'Eraïson où la rencontre avec une compagnie de mercenaires se sera faite. Enfin disons plutôt qu'ils m'ont capturée, pour je ne sais quelle raison, et ainsi je me suis retrouvée en territoire humain. J'avais cent-vingt ans, à l'époque. Puis après diverses aventures j'ai rencontré la compagnie du Centaure avec laquelle je suis restée jusqu'à aujoud'hui. Je n'étais pas prête à retourner en Anaëh et, dans le fond, j'avais besoin de voir autre chose, d'apprendre parmi un autre peuple. Besoin de grandir, aussi.

Allez hop, les deux premières questions étaient passées - tout comme une longue gorgée de tisane d'ailleurs. Maintenant le point sensible...

-Vous avez raison, il aurait été logique de me trouver à Naelis même. Et pourtant, c'est dans un petit village que vous me trouvez, village dans lequel j'habite bien. Pourquoi ? Tout simplement parce que je ne fais plus partie de l'armée. Elle laissa un blanc avant de reprendre. Des... des événements ont fait que j'ai dû quitter l'armée. Il vallait mieux que ce soit le cas. Quoi qu'il en soit, j'ai en effet deux questions à vous poser. La première est que vous avez dit avoir eu des informations à mon sujet... Comment se fait-il ? Quelques Elfes auraient-ils eu l'idée de s'intéresser à mon cas ? Elle laissa un sourire s'épanouir sur ses lèvres pour lui faire comprendre qu'elle ne le prenait pas mal. Sinon, pour votre "descente vers le Sud", cela ne va-t-il pas créer une sorte de front entre Sylvains et Sombres dans l'Anaëh même ? Cela va-t-il être une guerre courte ou longue, selon votre avis ?"
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Delnwë Iridwen
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MessageSujet: Re: Recherche d'une enfant d'Anaëh en Ithri'Vaan [PV Glinaina]   Sam 8 Juin 2013 - 21:09

La jeune elfe écouta silencieusement les questions. Puis elle avala une gorgée de tisane, réfléchissant probablement aux réponses qu'elle allait formuler. Elle ne se livrait pas aisément, aussi Delnwë pouvait comprendre qu'elle allait peser chaque phrase, chaque mot, pour ne point en dire trop. Même si la confiance semblait s'être installée entre les deux elfes, il n'était jamais facile de parler d'événements personnels. Moins encore lorsque ceux ci avaient un fort impact sur ce que l'on était, ce qui paraissait être son cas.
Elle était originaire du village de Tyl'ven, à la frontière entre Mera et Wyslena. Une région qu'il connaissait, mais sans en être extrêmement familier. Sa formation militaire l'y avait amener plusieurs fois certes. Cependant le village lui était inconnu. Elle connut les raids des sombres, et sans donner davantage d'explications, elle dit avoir été recueillie plus au Sud par une compagnie d'humain qui l'emmena. De là, elle voyagea avant de finalement trouver la compagnie qui devint celle qui reprit Naelis. Elle disait ne pas avoir voulu revenir en Anaëh, par besoin de voir du nouveau. Mais elle laissait bien des zones d'ombres. Volontairement, c'était évident. La question était pourquoi. Y avait-il eu quelque chose de bouleversant? Un événement dont elle ne voulait pas se rappeler? Une honte peut être? Impossible à dire. La seule certitude est qu'elle ne voulait pas l'évoquer.

Une autre gorgée de tisane fut prise, sans doute pour marquer une pause, et préparer sa dernière réponse. Elle en avait déjà beaucoup dit, et cela était un agréable étonnement pour Delnwë. Il n'en avait pas attendu tant de celle qui, il y a tout juste quelques heures, ne lui était connue que de nom. Puis elle reprit. Et révéla qu'elle ne faisait plus partie de l'armée. Un instant de surprise, presque invisible. Les informations étaient donc étonnées. Mais pourquoi? En avait-elle assez des combats? Il valait mieux que se soit le cas, disait-elle. Pourquoi donc... qu'avait-elle bien pu faire ou voir pour en arriver là?

Aux réponses succéda les questions. Elle lui demanda, un sourire aux lèvres, comment il avait pu avoir des informations la concernant. La réponse ne serait guère difficile. Il n'aurait rien à cacher sur ce point là. Et puis elle évoqua le front, se demandant si la guerre serait longue ou courte. Réponse plus délicate. Delnwë ne pouvait d'ailleurs être totalement affirmatif, tout au plus pouvait-il supposer.

« Avant toute chose, je vous remercie de vos réponses. J'avoue ne pas avoir été sûr que vous me répondiez. Je vous en suis reconnaissant et saurez garder tout cela pour moi, soyez en sûre. J'en fais le serment, aussi longtemps que durera l'Anaëh et à moins que vous ne m'en déliiez. »


Il la salua respectueusement, avant de boire une rapide gorgée de la tisane. Le liquide le réchauffa, car il sentait encore l'humidité de l'extérieure. La pluie n'avait eu de cesse de répandre sa fraicheur sur son corps, et le feu ne suffisait pas à le réchauffer, aussi accueillait-il ce breuvage avec grand plaisir.


« Vous n'êtes pas sans savoir que nous observons de plus ou moins prêts les humains de manière permanente, afin de savoir s'ils peuvent ou non représenter une menace pour nous. L'information de votre existence m'est parvenue par voie officielle. D'où et surtout de qui émane t-elle je l'ignore. Peut être quelqu'un a-t-il connaissance de votre existence et à jugé bon de me faire parvenir cette information. En tout cas, une chose est sûre, quand j'ai su qui vous étiez, où vous résidiez et quel était votre métier, j'ai souhaité vous rencontrer. Toutefois, ce n'était pas seulement pour mieux vous connaitre et en savoir davantage sur les humains. Je pense pouvoir être honnête avec vous, je pensais que les humains vous avez forcé à rester parmi eux, d'une manière ou d'une autre, et j'entendais bien vous ramener en Anaëh, vivre en liberté parmi les nôtres. Je me rends désormais compte de ma grande erreur. Vous savez ce que vous faites, et vous l'avez souhaité, même si je me désole de ne pas vous savoir parmi nous. J'espère toutefois pouvoir vous revoir dans le futur, qui sait au cœur de l'Anaëh. Même si vous désirez résider ici, j'aurais tout de même à cœur de pouvoir vous revoir. Vous êtes l'une de mes sœurs, et vous avez donc autant d'importance que n'importe quelle autre elfe.»


Il marqua une pause. Peut être s'était-il trop emporté. Mais il ne regrettait pas de l'avoir dit. Oui, il avait souhaité la ramener. Car son rêve était que tous les elfes puissent être réuni en une seule nation, sans opposition d'aucune sorte. En paix parmi les arbres de la prime forêt. Mais cela ne demeurerait qu'un rêve.


« Le front va en effet se créer. Mais je me plais à croire que celui ci ne sera qu'éphémère. Je souhaiterais que nous puissions battre les sombres rapidement, les repousser dans leur basse fosse à tout jamais et pouvoir rendre à nos terres leur beauté d’antan. Trop du sang des nôtres à déjà coulé contre ces êtres immondes. Chaque soldat qui tombe, c'est une vie qui s'achève bien trop tôt. Moins il y en aura, mieux cela vaudra. Malheureusement, qui sait si ce sera le cas? Nous essayerons de les surprendre au mieux. Mais ces êtres vils sont capables des pires atrocités, et cela les rend d'autant plus imprévisibles. Je ne saurais dire si cela sera court ou long. Je ne puis qu'espérer...»


Une autre pause. Elle ne l'avait guère interrogé sur lui, se contentant d'en savoir plus sur ce qu'il avait déjà évoqué. Parler d'elle ne lui semblait que davantage d'impolitesse. Pourtant, il voulait savoir. Il allait probablement devoir offrir plus.


« Pour être honnête, je suis peut être un soldat, et même un gradé de notre armée, je n'aspire à rien d'autre que la paix. Le jour où je n'aurais plus de métier, alors cela signifiera que ma tâche sera terminée. Et je n'en serais que plus heureux. Ces luttes n'ont d'autre effet que de faire couler inutilement le sang. Cela, les sombres et les humains ne paraissent pas le comprendre. Enfin, la majorité des humains bien sûr. Il y a certaines exceptions, comme vous l'avez dit. Mais la majorité ne jurent que par la guerre. Si seulement elle n'avait jamais pu exister... Vous vous demandez probablement pourquoi un soldat tient un tel discours? C'est simple... Pour obtenir la paix, il nous faut faire la guerre. C'est un triste constat, mais c'est le prix à payer. Tant que les ombres existeront, nos territoires ne pourront être en paix que si des soldats en défendent les frontières. Nous ne pouvons nous contenter d'observer et d'attendre, la menace est bien trop grande. Aussi, je demeurerais à mon poste.»


Il observa Glinaina, se demandant si elle partageait son avis. Peut être était ce le cas


« Mais vous m'avez d'ailleurs évoqué le fait que vous faisiez autrefois partie de l'armée, et que vous l'avez quittée de votre plein gré. Était ce vous aussi par lassitude des combats? Ou y-a-t-il une autre raison? Il est si rare de trouver quelqu'un partageant mon opinion que j'aimerais vraiment savoir ce qui a pu ainsi vous pousser à ce choix...»




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MessageSujet: Re: Recherche d'une enfant d'Anaëh en Ithri'Vaan [PV Glinaina]   Mar 11 Juin 2013 - 15:15

La discussion prenait une tournure très intéressante : ce n'était plus une discussion entre Elfes concernant le peuple humain, mais cela ressemblait plus à un dialogue entre deux soldats fort différents. L'une avait décidé de vivre auprès des Hommes, l'autre était un Elfe plus "classique", n'ayant peut-être jamais jusqu'alors quitté la forêt, considérant tout individu de sa race comme son frère ou sa soeur et souhaitant que la grande famille sylvaine soit rassemblée sous les mêmes frondaisons. Une remarque qui faillit faire réagir Glinaina, mais elle se retint au dernier moment de prendre la parole pendant la courte pause qu'il offrait. Elle aurait bien à redire lorsque ce sera à son tour de prendre la parole.
Une fois qu'il eut expliqué ce qu'il espérait de l'avenir de la guerre en devenir, il donna quelques informations sur sa propre personne et expliqua pourquoi il se trouvait être entré dans l'armée malgré le fait qu'il n'aime pas le principe de la guerre. Surprenant ? Non, pas vraiment. Elle était comme cela avant la magie ne soit trop forte en elle ; mais c'était avant.
Elle le laissa poser sa question tout en buvant une autre gorgée du liquide réchauffant avant de lui répondre, son visage toujours un peu fermé, lui rappelant encore le temps où elle était Lieutenant.

"Je ne suis pas vraiment partie de l'armée par choix, même si je suis en accord avec la décision qui a été prise en mon encontre. Disons que les choses m'ont rendue fort différente ces dernières années, que ce soit sur le champ de bataille comme dans la vie quotidienne. Parfois... je me demande pourquoi vous vous obstinez à nommer tous ceux nés sylvains "soeur", "frère", ou encore "mon enfant" pour certains. Il existe des Elfes qui ne le sont plus vraiment, voire plus du tout, vous savez. Et parfois nombre de faits leur donnent la désagréable impression que tout cela n'est qu'hypocrisie. J'espère qu'ils se trompent ?

Voilà qui était dit. Sachant que plus d'un Elfe lui jetterait des pierres pour avoir osé prononcé ces mots, Glinaina se tut et laissa amplement le temps à Delnwë de réagir, se levant doucement pour aller à une fenêtre, tasse à la main, regardant la pluie tomber et écoutant tout ce qu'il se passait alentour, toute réaction de la part de l'Elfe. Il fallait dire que là elle y allait fort, mais c'était fait exprès. Elle laissa donc le temps passer jusqu'à ce qu'il soit propice à ce qu'elle puisse continuer, faisant à peine attention à son propre reflet dans la vitre.

-C'était ce que je pensais à un moment, alors que l'ombre en moi se faisait trop grande pour être vraiment acceptée par la forêt... Maintenant, c'est différent, une lueur a eu la bonté d'éclairer mes pas. Mais est-ce suffisant ?

Elle se tourna vers Delnwë, qui n'avait pas bougé. Il devait plutôt se demander où voulait-elle en venir et s'il ne se trouvait pas au final en insécurité avec elle. Se connaissant elle-même, il avait de quoi se poser la question. S'ils avaient eu cette conversation la dernière fois qu'elle était entrée dans la Prime Forêt, cela se serait peut-être mal terminé. Mais là non, ce n'était pas comme si la haine la prenait au point de déformer ses traits. Au contraire, elle se sentait vide d'émotions, un peu comme une pierre... Mais ce dont elle ne se rendait aucunement compte, c'était que la sombre lueur habituelle était revenue hanter ses yeux couleur océan.

-Vous êtes venu pour avoir des réponses à vos questions et vous semblez avoir l'impression que vous ne repartirez qu'avec des énigmes. Pas tout à fait, en fait.

Elle déposa sa tisane sur un meuble sans y mettre de grande précaution et vint s'asseoir à la gauche de Delnwë, cette fois-ci juste à côté de lui tout en remontant la manche droite jusqu'au coude. Puis, sans rien dire, elle tendit son bras à l'Elfe, bras sur lequel pouvaient se voir des cicatrices ainsi que d'étranges marques d'une couleur assez noire, faisant au premier abord penser à un tatouage mais, à voir de près, il était clair que c'était autre chose. Quoi ? Elle attendait sa réaction avant de le lui expliquer. Cela ne l'empêcha pas pour autant de lui donner un petit indice.

-Les cicatrices datent de la dernière fois que j'ai rencontré des Sombres, le reste date de la fois d'avant, il y a plusieurs années."
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MessageSujet: Re: Recherche d'une enfant d'Anaëh en Ithri'Vaan [PV Glinaina]   Mar 11 Juin 2013 - 18:57

Après son discours, Delnwë se demandait ce que la jeune elfe allait lui répondre. L'idée même qu'elle ait pu quitter l'armée soulevait bien des questions, et il avait posé la première et la plus évidente d'entre elles, pourquoi l'avoir quitté. La réponse débuta étrangement, car elle avoua tout d'abord ne pas être partie de l'armée de son plein gré. C'était chose difficilement compréhensible pour le lieutenant, mais il se remémora que chez les humains, il était plus aisé de se faire expulser pour des raisons d'une grande futilité. L'armée elfe ne renvoyait les siens qu'après qu'ils n'aient commit une grande faute, qu'ils soient inaptes au service ou qu'il ait un désir de retrait motivé par un événement majeur de leur existence. Était ce donc son cas? Impossible à dire. Elle poursuivit sur le fait qu'il désigne chaque elfe comme une frère ou une sœur. C'était chose logique, tous étaient enfants de l'Anaëh, tous y étaient nés, et y étaient attachés. Les traitres étaient extrêmement rares. Et l'elfe aux cheveux dorés n'en faisait certainement pas partie, s'il se fiait à son jugement. Elle n'avait pas proféré de paroles à l'encontre du peuple elfique, n'avait en aucun cas émit une quelconque amitié envers les sombres, bien au contraire. Elle restait dans son cœur une elfe, et le resterait à jamais. Toutefois, elle évoqua ces appellations comme erronées, évoquant ceux qui n'étaient plus vraiment, voir plus du tout des enfants d'Anaëh, et parla même d'une possible hypocrisie de la part de ceux qui utilisaient ces termes. La provocation était claire, et volontaire. Delnwë n'était pas de ceux qui s'emportaient, toutefois il ne put retenir un froncement de sourcil très prononcé. Il ne put s'empêcher de répondre à cela, même si Glinaina n'avait probablement pas terminé.

« Vous sous entendez donc que vous êtes de celles et ceux qui ne font plus partie de leur peuple. Et vous insinuez que je ne vous appelle ainsi que par pure hypocrisie, que je vous considère comme une sœur uniquement par tradition? J'ai du respect pour vous, Glinaina elleth. Mais ne présumez pas trop de vos impressions. Je vous ai signifié dans l'auberge que je vous parlerais en toute franchise. Je pense le fait que vous soyez l'une de mes sœurs, quoique vous disiez. Vous êtes une elfe, vous êtes de mon peuple. Et vous ne pouvez le nier!»


La jeune elfe se leva et se dirigea vers la fenêtre, observant à l'extérieur. Nul doute qu'elle avait entendu les paroles qui venaient d'être prononcées. Sans doute essayait-elle de comprendre qu'il n'était pas très à propos d'insinuer ou de douter de ce genre de paroles. Un long moment s'écoula. Delnwë s'était apaisé, mais il espérait qu'il avait bien dissipé les doutes. Glinaina reprit alors, évoquant le retour d'une lumière du fin fond des ténèbres. Une lumière, des ténèbres? Qu'avait-elle donc pu vivre pour parler ainsi, avec tant de gravité? Le lieutenant pensa avoir réagit un peu précipitamment à la déclaration. Il repensa une nouvelle fois à Ameril. Si celui ci avait pu le voir... Que de reproches lui aurait-il dit! Réagir ainsi n'était pas une bonne chose, il fallait prendre le temps d'écouter et de peser les mots. Et c'est ce qu'il allait faire. Elle se tourna alors vers lui, et lui promit que ce ne serait pas uniquement des énigmes qui lui seraient offertes. Puis sans une parole, elle déposa sa tasse, et s’avança pour venir s'asseoir à sa gauche. Puis elle remonta lentement sa manche, le long de son bras droit, jusqu'au coude. Puis elle le tendit bien droit devant le visage de Delnwë, qui posa sa tasse. L'avant bras était parcouru de diverses cicatrices, plus ou moins profonde, mais dont on pouvait aisément deviné que leur obtention avait été des plus douloureuse. Elle expliqua que ces cicatrices datait de sa dernière rencontre avec les sombres. Sa dernière rencontre? Combien de fois les avait-elle rencontré? Souvent apparemment, et elle avait du en souffrir à chaque fois. Mais ce n'était pas le plus important. Au delà de ces cicatrices, un symbole, un tatouage... quelque chose, sombre, presque noir, marqué à même la peau. Qu'était-ce donc? Qui avait pu faire cela? Elle y avait répondu partiellement en expliquant qu'il s'agissait là aussi des sombres, et que cela datait de plusieurs années. Que n'avait-elle subit comme souffrances. Il imagina combien cela avait du être dur pour elle. Les sombres n'étaient pas connu pour être d'une grande clémence, encore moins lorsqu'il s'agissait d'une elfe. Et lorsqu'ils ne les tuaient pas après d'innombrables torture, le résultat et les souffrances qui en résultaient étaient presque à chaque fois bien pire. Aussi Delnwë adressa t-il un regard empli de compassion mais aussi de colère sur Glinaina.

« Je suis... désolé de ce qui a pu vous arriver. J'ignorais que vous ayez pu subir de tels cruautés, j'ignorais même que vous ayez été entre les mains de ces... »
Il ne trouva aucun mot qui put définir son aversion « ... sombres. Tant de cicatrices... je puis comprendre maintenant que vous ne vouliez pas en parler, les souvenirs doivent en être plutôt douloureux. J'ignore ce que sont ces marques, mais je ne tiens pas à vous blesser davantage dans le cœur, lorsque votre corps est déjà tellement marqué. Je vous remercie de m'en avoir déjà dis tant. Si vous souhaitez continuer à en parler dites le moi. Mais si vous ne le désirez pas, je comprendrais.»

Il était gêné. Gêné d'avoir mené l'une des siennes à lui révéler une telle blessure. Non pas celle qui était sur son bras, et qui zébrait sa peau. Mais d'avoir par la même occasion évoquait celle de son esprit, celle de ces douloureux souvenirs.

« Je suis... désolé»


Le visage de l'elfe, et surtout son regard, traduisait au mieux ses paroles. Oui, il était réellement désolé.
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MessageSujet: Re: Recherche d'une enfant d'Anaëh en Ithri'Vaan [PV Glinaina]   Mer 12 Juin 2013 - 13:29

"Corps et esprit sont deux choses différentes, Delnwë, et ne soyez pas désolé pour cela : vous n'y pouvez rien, ce qui est fait est fait et il n'y a plus qu'à vivre avec ! Tant qu'à être désolé, soyez-le donc pour ceux qui mourront au combat ou, encore mieux, ceux qui auront l'incroyable chance de ressortir en vie de plusieurs journées de tortures et qui en seront marqués pour le restant de leur existence - physiquement parlant. Ou soyez désolé pour des choses que vous comprenez, ce sera encore plus simple.

Reprenant de droit son bras, Lina se leva de nouveau pour aller reprendre sa tasse et prit une énième gorgée. L'eau commençait à être désagréablement tiède, ce qui valut un soupir à la jeune femme avant qu'elle ne termine sa tasse d'un coup sec. Désolé... Comment pouvait-il être désolé ? En quoi ce la avait à le toucher, qu'est-ce qu'il y connaissait ? Des questions qu'elle avait bien envie de poser et qui, en attendant, avait fait tourner son sang comme du lait laissé trop longtemps au soleil, la mettant plus en colère qu'autre chose.

-Savez-vous seulement quelque chose de tout cela ? L'avez-vous déjà vécu, vous-même ou l'un de vos proches, Delnwë ? Ou bien est-ce seulement le fait de penser que le sang d'une personne vous ressemblant peut couler qui... ?"

Elle s'arrêta là et serra la machoire. Alors que moins d'une minute auparavant, l'Elfe ne ressentait aucune émotion, là elle bouillonnait d'une colère qu'elle ne connaissait que trop bien, à son grand malheur. Cette colère qui lui donnait envie de crier, de briser quelque chose... ou quelqu'un. Elle ferma les yeux pour essayer de se concentrer et ainsi dompter cette colère qui la prenait toute entière. Elle se savait capable de tuer pour si peu, le tout étant dans la haine qui sommeillait en elle. Et elle n'en avait pas envie.

Serrant son verre dans sa main, elle se dirigea soudainement vers la même pièce adjacente qu'à leur arrivée dans la petite bâtisse et jeta au passage le récipient en bois sur le sol, fait que le lieutenant elfe ne put que remarquer. La cuisine n'étant appareillée que de quelques meubles dont une petite table en bois, la jeune femme posa ses coudes sur l'un d'eux et cala son front sur ses mains tremblantes. Ce qu'il se passa pendant les quelques secondes qui suivirent, elle ne s'en rendit pas vraiment compte, cela passait trop vite, l'impression qu'elle allait exploser tant la colère lui devenait incontrôlable, que...

Schkling !

La main droite de l'Elfe se relâcha lentement, laissant apparaître une paume ensanglantée et de nombreux bouts de verre plantés dans celle-ci. Comment s'était-elle fait ça ? Un verre qu'elle avait dû prendre et serrer... cela lui donnait une impression de déjà vu... Elle sentit sa tête se vider de son sang et le temps comme s'arrêter de tourner, ce qui lui fit étrange. Une vague d'épuisement passa en elle, comme à chaque fois, aussi se laissa-t-elle tomber sur le banc au niveau de la table. Puis elle sentit qu'on la prenait, l'entourait de bras. Elle ne réagit pas, mais le contact avec le corps chaud d'une personne eut un effet bienfaiteur : noyer sa colère dans de l'eau salée. Elle ne put se retenir de pleurer, si vous préférez.

"Cela" avait recommencé...
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MessageSujet: Re: Recherche d'une enfant d'Anaëh en Ithri'Vaan [PV Glinaina]   Mer 12 Juin 2013 - 18:14

Il sembla que la réaction de Delnwë n'avait guère convenue à la jeune elfe. celle ci s'emporta en paroles, lui reprochant de se plaindre pour elle au lieu de ceux qui le méritaient. De ne pas plaindre les victimes de la guerre, de ne pas plaindre les torturés, de ne pas plaindre ce qu'il ne pouvait que comprendre. Elle se trompait lourdement, mais il n'eut pas le cœur à lui reprocher. La colère habitait ses paroles, et les reproches n'auraient fait qu'enflammer davantage cette colère. Elle se releva, remonta sa manche, et avala sa tisane d'un seul trait. Et puis lui reprocha de ne pas savoir, de ne pas comprendre ce que c'était. Il est vrai qu'il n'avait pas connu les affres de la torture. Mais il savait à quoi ressemblait un champ de bataille. Il avait vu des morts par centaines, avait subit plusieurs blessures. Il avait vu certains amis dont l'existence s'était éteinte sans qu'il puisse y faire quoi que se soit. Il savait qu'il avait choisi cette vie. Mais cela ne l'empêchait pas de regretter ces morts. Il ne comprenait pas la torture. Mais il savait ce qu'étaient la souffrance et la mort.
Glinaina stoppa net ses paroles. La colère montait en elle, il était difficile de ne pas le voir. Mais derrière cette colère se cachait un flot de souffrance. Delnwë le sentait. Quel était l'origine de cette souffrance, peut être les souvenirs des tortures, peut être d'autres événements, il l'ignorait. Mais elle était là, impossible à ignorer. Serrant son verre, elle partit d'un pas décidé dans ce qui faisait office de cuisine, renversant un récipient de bois sur le sol. Puis elle s'accouda sur la table de la petite place, prenant sa tête dans une main, la seconde serrant toujours le verre. Elle était perdue, bouleversée. La colère continuait à grimper. Mais il ne pouvait rester ainsi à rien faire. Peu lui importait de recevoir un coup de cette jeune elfe, pourvu qu'il parvienne à l'apaiser. Delnwë se leva et approcha doucement, comme on approche un animal blessé et farouche, capable de s'enfuir comme de s'énerver. Il ignorait quelle allait être sa réaction, mais il se tenait prêt à toute éventualité. L'elfe aux cheveux dorés avait laissé place à une sorte d'être, mélange de colère, de peur, de souffrance.
D'un seul coup, le verre se brisa dans la main de Glinaina, l'entaillant et versant son sang sur la table. Elle resta hébétée un court instant, puis commença doucement à tituber, comme sous le coup d'une immense fatigue. Delnwë n'hésita pas un instant et se lança vers elle, juste à temps pour la réceptionner. Elle était épuisée, sans doute le contrecoup de cette immense colère qu'elle n'avait su contenir. Il la fit s’asseoir sur le banc, la tenant contre lui pour lui éviter de tomber. Toute force semblait l'avoir abandonnée. Et ce fut alors qu'elle se mit à pleurer, doucement. De maigres sanglots étouffés. Comme une enfant dont on venait de briser un rêve, qui réalisait que quelque chose la bouleversait. Il avait toujours était sensible aux souffrances des siens. Ces quelques larmes furent bien pénibles pour lui, aussi l'entoura t-il de ses bras pour la serrer contre lui, pour tenter de l'apaiser. Il n'était plus question de s'excuser, même s'il se savait responsable de ces larmes. Il ne voulait que voir cesser cette souffrance.
« Allons, tout va bien. Ne vous inquiétez pas. Je vous promets que je ne laisserais rien vous arriver tant que je serais ici.»

Il la berça doucement, cherchant à la rassurer. Il n'avait jamais était très à l'aise dans ce genre de situation, mais avait toujours tenté d'agir au mieux. Il tentait de prendre exemple sur sa mère lorsqu'il était plus jeune, la manière qu'elle avait de le protéger lorsqu'il se sentait démuni face au monde entier. Serrant un peu plus la jeune elfe, il sentit la tristesse de celle ci l'envahir.
« Pleurez s'il le faut. Mais ne laissez pas cette colère et cette tristesse vous ronger. Ne laissez pas votre cœur faillir. Vous n'êtes pas seule... Et s'il me faut vous aider, je le ferais.»

Il posa une main sur sa tête et la caressa comme une enfant, la serrant davantage contre lui. Quoique cette jeune elfe ait pu vivre, elle n'avait déjà que trop vécu de souffrances...
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