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 Quand l'être cher nécessite la magie, le soldat cherche l'archimage [Nakor]

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Delnwë Iridwen
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MessageSujet: Quand l'être cher nécessite la magie, le soldat cherche l'archimage [Nakor]   Ven 28 Juin 2013 - 19:28

La solution ne lui avait guère plu. Toutefois, c'était la seule voie possible pour le moment. Les indices étaient trop minces, son savoir trop insignifiant. Elle n'avait pas su lui en dire davantage. Et il n'entendait pas abandonner ainsi. Il avait promis. Il s'était trop attaché à cette jeune elfe. Rien de surprenant à cela, il accordait tant d'importance à chacune et chacun des siens. Aussi, lorsqu'il avait découvert la détresse de cette jeune elfe, perdue dans un petit village, il n'avait pu se résoudre à la laisser ainsi. Bien sûr il lui avait proposé de venir en Anaëh. Là bas sans doute l'aide aurait pu lui être fournie. Mais elle craignait trop la réaction des siens, qu'elle n'estimait pas tant que cela. Elle préférait rester proche de Naelis, proche des humains qui avaient formés sa seule famille ces dernières années. Cela paraissait obscur pour lui, il ne comprenait pas en quoi on pouvait s'attacher à ces humains. Certes, certains pouvaient avoir une certaine valeur, mais enfin... peut être en ignorait-il encore beaucoup.
La seule information que Glinaina lui avait fourni était le nom d'un archimage qui avait tenté de lui venir en aide. Un humain, justement, nommé Nakor. Étrange nom, les humains avaient décidément des goûts surprenants. Mais il semblait que celui ci avait un savoir digne de certains elfes, et qu'il vivait depuis très longtemps. Delnwë avait dans un premier temps eut du mal à croire cela, simplement parce que les elfes étaient bien au dessus des autres peuples en matière de savoir. Mais il s'était laissé convaincre, notamment dans l'intérêt de la jeune elfe. S'il devait croire en cela pour la sauver... Alors pourquoi pas? Il était prêt à tant faire et à tant croire pour elle, qu'une si petite fantaisie semblait bien peu de choses. Elle lui avait accordé sa confiance, ils s'étaient confiés mutuellement au point qu'elle avait avoué son plus grand point faible, et son histoire ô combien tragique pour son si jeune âge. Il se devait de l'aider. Quelle qu'en fut la manière. Ses compagnons n'avaient point contesté sa décision. Le détour était minime, et après seulement une courte journée de voyage, ils étaient parvenu en vue de ce qui s'appelait l'Aurore.
Vaste citadelle bâtie sur un îlot proche de la côté de l'Ithri'Vaan, elle avait une sorte de majesté peu commune dans les ouvrages des humains. C'était un magnifique complexe, dont la situation la rendait encore plus belle. Son nom semblait traduire à lui seul cette beauté. La plus haute tour semblait défier les astres eux même, tandis que les autres bâtiments formaient un  ensemble harmonieux. Comme si les humains, dans un instant seulement, dans une œuvre unique, avait pu saisir la beauté d'une œuvre telle que celle ci. Le soleil naissant se reflétait sur les pâles édifices, et toute la citadelle semblait s'illuminer et prendre vie sous l'effet de l'astre. Le seul accès possible était un pont de pierre, enjambant la mer pour mener à un sentier bordé d'arbres.Et c'était le siège d'une organisation de puissants magiciens et arcanistes. Les quatre elfes contemplèrent un moment ce paysage qui avait de quoi les étonner. Il était rare que ceux ci soient impressionnés par autre chose que leurs propres créations, et seul l'Anaëh pouvait avoir une quelconque beauté à leurs yeux. Pourtant, sans rivaliser avec les citadelles elfiques, l'Aurore était à sa manière une belle œuvre.
Faisant signe d'attendre, Delnwë s’avança vers le pont de pierre. Ses compagnons refusèrent de le laisser aller seul, et il finit par céder, les emmenant avec lui, tout en leur demandant tout de même de le laisser seul lorsqu'il trouverait l'archimage. Ils avancèrent les uns derrière les autres le long du pont de pierre. Celui ci n'étant pas très large, ils ne pouvaient se tenir de front. Delnwë en tête, ils avancèrent prudemment et aux aguets. Même si Glinaina avait affirmé que l'archimage avait été plein de bienveillance à son égard, un tel rassemblement de magiciens de toutes races avaient de quoi suggérer la méfiance. Quatre soldats elfes, fussent-ils de l'armée royale, ne pourraient probablement pas opposer grande résistance, mais la prudence pouvait certes leur éviter de grands ennuis. Arrivant à l’extrémité du pont de pierre, ils commencèrent à gravir le petit chemin bordé d'arbres. Puis ils finirent pas se présenter devant la porte. Celle ci avait tout d'une massive porte de citadelle humaine. D'un ouvrage grossier aux yeux des elfes, ils devaient toutefois admettre qu'elle suffisait à opposer une certaine résistance. Mais ils n'étaient point là pour forcer l'entrée. Delnwë s’avança, hésita un court instant, avant de s'exprimer d'une voix puissante.

«Résidents de l'Aurore. Quatre elfes venant de la lointaine Anaëh souhaiteraient pouvoir bénéficier de votre hospitalité. Nous sommes à la recherche du puissant archimage qui foule ces terres depuis tant d'années. Nous souhaiterions pouvoir nous entretenir avec celui qui se fait appeler Nakor, si toutefois nous le pouvons.»

Et ils attendirent que la réponse vienne.

 
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Nakor
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MessageSujet: Re: Quand l'être cher nécessite la magie, le soldat cherche l'archimage [Nakor]   Mer 3 Juil 2013 - 16:35

Le magicien recevait des messages d'un peu partout sur Miradelphia, des mages désiraient venir en Ithri'Vaan, afin de visiter l'Aurore et peut-être intégrer le Firmament. Des nains étaient venus, des humains, des elfes, des drows. Petit à petit, le Firmament commençait à se faire connaitre. Les travaux de rénovations extérieurs étaient terminés, et à l'intérieur les membres se donnaient du mal. Nakor prenait en main les débutants, afin de leur enseigner l'art de la méditation et de la concentration, base absolue en manipulation des arcanes. Y'Shahinn et Celindel abattaient aussi leur part de travail et tout allait donc au mieux pour le moment. Car ça ne serait jamais à ces trois là qu'on apprendrait qu'il faut souvent laisser le temps au temps pour que les choses se fassent. Et c'est donc barbe au vent que le sorcier décida de prendre un peu de repos et de lever le nez de ses comptes rendus. Il vint s'accouder au rebord de sa fenêtre et admira les nuages hauts dans le ciel lumineux de cette journée paisible en se perdant dans ses souvenirs, ses pensées et ses méditations. Il entendait le doux bruit du vent remuer autour de son chapeau, de ses cheveux, de sa barbe, de sa robe, de sa vieille peau ridé quand il entendit hurler depuis en bas. Quelqu'un voulait voir Nakor. Le vieux fou se pencha par dessus le chambranle de la vitre et tenta de voir qui était-ce. Mais il était trop loin, il se pencha encore et finit par basculer par dessus bord en criant

"Mais qui est ... hooooooo par ma baaaaaarbe!"

Nakor était tombé de sa fenêtre, fieffé imbécile heureux qui ne prenait garde à rien quand il était perdu dans ses pensées. Les quatre elfes purent donc voir le vieux barbu tomber du haut de la tour, barbe au vent, chapeau bien sur la tête, en train de tournoyer à une vitesse dangereuse vers le sol. Comme fatigué de ses propres niaiseries, Nakor souffla longuement, ses bras croisés sur sa poitrine, comme le ferait un enfant mécontent que ses parents lui aient refusé une gourmandise alléchante. Il ferma les yeux et activa ses pouvoirs de vieil archimage. Le vent était son élément favoris il déploya donc sa force et créa un puissant courant d'air sous ses pieds, il se rétablit, de sorte à se retrouver bien droit et amplifia l'effort du vent sous ses pieds et ses mains. Nakor ralenti donc tranquillement sa chute, puis vint atterrir à même le sol avec légèreté, annulant les effets de sa magie. Il reprit son souffle et planta un regard antique dans celui de l'elfe qui l'avait appelé

"Non mais vous êtes complétement fou d'hurler comme ça aux fenêtres! J'aurai pu me rompre le coup enfin! Il suffisait de battre à la porte, quelqu'un serait venu vous ouvrir. Haaaaa ... ce n'est rien! Et bien me voici puisque vous semblez me chercher. Je suis l'archimage Nakor, Magistère de la guilde du Firmament, et ravi de vous accueillir ici, au sein du quartier général de cette guilde, l'Aurore!"

En disant cela, le magicien se décala un peu et montra la porte de sa main droite. Une petite impulsion et quelques quantités d'énergies magiques et la porte se mit à coulisser sans émettre le moindre bruit. Nakor se retourna en direction de ces quatre elfes et termina dans la langue des oreilles pointues, sans aucun accent humain, et avec toute la fluidité d'un elfe d'origine

"Je vous invite donc à entrer afin que nous puissions discuter de l'affaire qui vous amène ici tous les quatre, jeunes guerriers. A moins que cela soit tant préssé que vous préfériez en tenir office ici même?"

Nakor pencha légèrement la tête à gauche et ouvrit un peu plus les yeux, comme pour signifier qu'il attendait tranquillement une réponse avant de se mettre en marche, ou tout simplement d'écouter, sans qu'il n'ait de préférence pour aucune des deux solutions possibles. Ce dont il était certain, c'est qu'aucun de ces elfes n'étaient magicien.
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Delnwë Iridwen
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MessageSujet: Re: Quand l'être cher nécessite la magie, le soldat cherche l'archimage [Nakor]   Mer 3 Juil 2013 - 18:21

La réponse ne se fit guère attendre. Un cri vint d'une fenêtre d'une des tours surplombant l'entrée. Plus un cri d'étonnement qu'autre chose. Les quatre elfes levèrent la tête, et aperçurent une scène quelque peu inattendue. Un humain, sans aucun doute un magicien à en juger par sa toge violette qui ne pouvait passer inaperçue. Il chutait depuis l'une des fenêtres de la tour, à une vitesse toujours croissante. La longue barbe blanche laissait supposer que l'humain était plutôt âgé, probablement très vieux pour leur race. Chose curieuse, son chapeau conique aux larges bords et de la même couleur que sa toge tenait sur sa tête, malgré la chute. Plutôt que de s'affoler, l'humain croisa les bras et eu une moue mécontente. Soit il était complétement fou, soit il devait maitriser quelque art lui permettant de ne point s'inquiéter. Après quelques instants Delnwë put constater qu'il s'agissait de la deuxième solution. Un puissant souffle d'air se leva, qui n'avait rien de naturel et était empreint d'une forte magie. L'humain ralenti dans sa chute, jusqu'à s'immobiliser proche du sol. Puis la magie s'évanouit, le laissant se poser doucement. Il reprit quelque peu son souffle, avant d'observer l'officier droit dans les yeux, lui reprochant d'avoir ainsi crié. Delnwë se contenta d'un haussement de sourcil. Il fallait dire qu'un tel lieu avait déjà quelque chose d'insolite, alors de là à lui reprocher ses manières...

Et bien me voici puisque vous semblez me chercher. Je suis l'archimage Nakor, Magistère de la guilde du Firmament, et ravi de vous accueillir ici, au sein du quartier général de cette guilde, l'Aurore!"

Ainsi cet étrange individu habillé de violet et à la longue barbe blanche était Nakor. Celui qu'il cherchait, dont Glinaina lui avait parlé. Il se demandait s'il allait vraiment pouvoir espérer quelque chose. Les trois compagnons de l'officier eurent eut aussi une moue plutôt dubitative. Ils venaient chercher le plus puissant archimage de la race humaine, et ils se retrouvaient avec... ca? Mais son pouvoir était indéniable, il venait d'en faire la démonstration plutôt convaincante. Et puis on le disait à la tête d'une puissante organisation de magiciens. Le magicien se décala légèrement et montra la porte, qui s'ouvrit lentement et sans bruit, par un acte que les elfes pouvaient deviner comme étant magique. Puis il reprit son discours, cette fois ci dans la langue du peuple elfique. Il était toujours étonnant d'entendre un autre qu'un elfe utiliser ce langage. Ils considéraient même cela comme grossier et inapproprié dans certains cas. Mais si cet humain était bien le puissant archimage qu'on disait, cela n'avait rien d'étonnant. Pouvait-il même savoir qui ils étaient, et quelle était la raison qui les amenait ici? Parfois les magiciens pouvaient lire les esprits ou l'avenir, disait-on. Delnwë était assez étranger à la magie, et n'en connaissait que ce qu'on lui avait enseigné. Il se méfiait malgré tout de cet humain, comme tout magicien qui n'était pas elfe. Il les invitaient à entrer, à moins qu'ils ne décident de traiter de leur affaire ici. Delnwë se retourna vers ses trois compagnons, qui d'un commun accord acceptèrent d'entrer. Aussi l'officier se retourna vers l'humain et lui répondit dans sa belle langue natale, bien moins grossière que tous les autres langages.

«Je vous salue, et vous remercie, Nakor hîr en angol. J'avoue être étonné car la personne qui m'a parlé de vous ne m'avez guère décrit ce a quoi vous ressembliez. Toutefois j'accepte votre invitation, même si l'affaire dont je viens vous parler est assez importante à mes yeux. Mes compagnons m'accompagneront, toutefois je souhaiterais qu'ils puissent trouver un lieu où ils pourront nous attendre tranquillement avec nos montures. Et si possible je souhaiterais également que le sujet dont je vais vous parler reste entre nous. Vous comprendrez que je suis peu enclin à faire confiance aux personnes que je ne connais guère. Vous m'avez été recommandé et en cela je me fie en partie à vous, mais je ne puis en faire davantage concernant les membres de votre organisation.»

Le ton était calme, posé, nullement agressif. Les paroles n'étaient aucunement des reproches, il précisait simplement qu'il voulait un entretien uniquement avec l'archimage. Ce qui était déjà bien assez pour lui. Ses trois compagnons acquiescèrent à ses paroles. Il espérait ne pas avoir fait tout ce chemin pour rien. C'était sa seule solution pour le moment. Il ne connaissait pas d'autres voie possible, et le temps lui manquait cruellement. Toutefois, la puissance magique de cet humain était cette impressionnante, et peut être pourrait-il faire quelque chose, ou tout du moins les guider. Cette seule idée soulageait Delnwë. Il devait le faire, il l'avait promis.

«Guidez nous, maître Nakor, nous vous suivons en votre citadelle.»



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Nakor
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MessageSujet: Re: Quand l'être cher nécessite la magie, le soldat cherche l'archimage [Nakor]   Mer 3 Juil 2013 - 20:06

Un léger hochement de sourcil preuve déjà d'une grande émotion chez la gente elfique, puis quelques instants d'attentes. Encore plus quand le vieux fou fit usage du langage si honorifique des elfes et voilà que le sorcier obtint une réponse digne d'un elfe de souche. Pleine de mépris pour tout ce qui n'est pas naturellement éternel, doté de longues oreilles en pointe et d'une légèreté à faire pâlir une feuille d'arbre en plein automne. Tout ce manque de confiance en l'autre, du moment qu'il n'est pas de la même race, Nakor avait passé sa vie entière à lutter contre ça au sein du peuple immortel. Sans grand succès il fallait bien l'avouer. L'ancien sorcier du roi notait chaque mot prononcé par son nouveau compagnon du moment sans même bouger un seul cil. Quand l'elfe demanda à être guidé, le sorcier se mit à sourire. Il s'arrêta quelques instants et hurla, d'une voix amplifié par la magie

"Alfirin!"

Puis il resta silencieux. Très peu de temps ensuite, on pu apercevoir dans les méandres du couloir principale, un elfe accourir, d'un pas léger certes mais tout de même pressé. Il était vêtu d'une toge verte, resserré à la taille et couvrant un pantalon jusqu'à ses genoux. Il s'inclina et dit tout haut

"Oui Magistère?
- Guide ces trois là jusqu'aux écuries s'il te plait, ils ont besoin de se reposer, de prendre soin de leurs montures et de respirer à l'air libre.
- Cela sera fait au mieux Magistère."

La conversation se déroula en elfique, excepté pour le mot Magistère qui était un titre et ne subissait pas de traduction. L'elfe invita les trois autres à le suivre, pendant que Nakor, d'un grand geste, indiqua à celui qui désirait tant lui parler, de le suivre. Sur le chemin et au beau milieu des innombrables marches qu'il y avait à monter, Nakor ne perdit pas son temps. Il garda l'elfique comme langue de dialogue et démarra la joute

"Vous êtes donc étonné, jeune guerrier dont j'ignore le nom? Mais qu'est-ce qui vous étonne donc? Mon visage vous semble-t-il étrange? A moins que ce ne soit ma taille peut-être? Ou celle de ma longue barbe ... oui c'est sans doute ça! En tout cas je suis heureux d'apprendre que vous considérez que je sois finalement légèrement digne de recevoir une affaire importante en ces lieux."

Et voilà, les deux premières phrases de l'elfe avaient été passées au crible, il avait d'abord clairement dit avoir été étonné par Nakor et son aspect physique, puis il avait dit au magicien qu'il acceptait son invitation malgré le fait qu'il considérait l'affaire comme importante. Cela signifiait qu'il avait, au premier abord, trouvé sans doute le vieil homme trop peu enclin à s'occuper d'une affaire qui était importante pour un elfe. Mais voilà qu'ils étaient déjà arrivés à son bureau. Ils prirent place, l'un dans un siège et l'autre dans le siège lui faisant face, par delà le bureau couvert de livres et de comptes rendus. L'œil attentif et un brin espiègle, c'est le Magistère qui commença

"Bien, nous sommes au sommet de ma tour, dans mon bureau, ici aucune oreille indiscrète ne pourra entendre ce que nous allons nous dire tous les deux. Et même si je ne vous en donne pas l'impression parce que je suis tombé de ma fenêtre ou parce que je suis tout simplement un humain qui empiète sur vos compétences privées en vivant depuis six cent vingt sept ans sur cette terre, je prend toutes les affaires que l'on me présente de manière très sérieuse. Souvenez vous simplement mon jeune ami, que l'aspect des choses peut tromper l'œil, mais jamais il ne doit tromper l'esprit. Ce dernier demande pour juger, bien plus que des apparences ... il ne faudrait pas que lors de notre première rencontre, vous me montriez déjà que je peux vous confondre aisément en usant de paraitre."

Nakor se demandait au fond de lui qui pouvait bien être la personne qui avait parlé de lui. Mais il n'allait pas tarder à le savoir.
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Delnwë Iridwen
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MessageSujet: Re: Quand l'être cher nécessite la magie, le soldat cherche l'archimage [Nakor]   Jeu 4 Juil 2013 - 12:09

L'humain accepta de les guider et fit quelques pas, avant de s'arrêter et hurla un nom, probablement celui d'un des autres magiciens résidant ici. Quelques minutes s'écoulèrent avant qu'un elfe vêtu d'une toge verte ne s'approche d'un pas pressé, avant de saluer avec un grand respect l'archimage. Celui ci lui demanda de guider les trois compagnons de l'officier vers les écuries, et l'elfe s'exécuta. L'humain fit alors un geste en direction de Delnwë, l'invitant à le suivre, ce à quoi il répondit d'un hochement de tête affirmatif avant de lui emboîter le pas. Le chemin fut long et les escaliers succédaient aux escaliers, comme s'il n'y avait aucun autre type de chemin que des marches. Le soldat n'en était guère incommodé. Après tout, les rigueurs d'une bataille étaient plus fatigante que cette simple ascension. Le magicien n'attendit toutefois pas d'être arrivé au sommet pour commencer la discussion, toujours dans la langue du peuple elfique.

"Vous êtes donc étonné, jeune guerrier dont j'ignore le nom? Mais qu'est-ce qui vous étonne donc? Mon visage vous semble-t-il étrange? A moins que ce ne soit ma taille peut-être? Ou celle de ma longue barbe ... oui c'est sans doute ça! En tout cas je suis heureux d'apprendre que vous considérez que je sois finalement légèrement digne de recevoir une affaire importante en ces lieux."

Cette réponse aurait eut de quoi être quelque peu déstabilisante. L'elfe avait en effet manqué à toutes les règles de politesse en ne se présentant pas à son hôte. Voilà qui était bien malvenu.

«Je crains que l'affaire qui ne m'amène ici, les récents événements et le voyage ne me fassent oublier mes manières, et je vous demande de bien vouloir m'en excuser. Je me nomme Delnwë Iridwen, et je suis venu jusqu'ici pour vous trouver. Si je vous ai dis être étonné, ce n'est pas tellement parce que votre apparence en effet peu commune parmi les vôtres, mais bien parce que j'ignorais complètement qui vous étiez, excepté votre nom. Ne pensez pas que j'ai pu vous juger indigne de quoi que se soit. Je ne puis vous juger sans vous connaitre, or comme je vous l'ai dis, j'ignorais jusqu'à votre existence il y a encore peu. La seule chose que je puisse savoir, c'est que j'ignore tous des gens d'ici, aussi comprendrez vous que je reste prudent.»

Leur discussion n’avança guère plus jusqu'à la dernière volée de marche, puis leur arrivée dans un large bureau. Ils prirent chacun un siège de chaque côté du meuble au centre, lequel était couvert de papiers et parchemins, puis l'archimage l'observa d'un œil attentif, avant de reprendre. Il affirmait que cette salle était à l'abri de toute écoute, et que malgré son attitude désinvolte et son âge des plus avancés, il prenait toute affaire au sérieux. L'âge qui fut évoqué eut de quoi grandement surprendre l'elfe qui ouvrit les yeux d'étonnement. Plus de six cent années? Il savait la magie puissante mais à ce point? Toutefois, il reprit son calme. Bien que sa race y fut propice et qu'il fut un peu particulier, l'humain qui lui faisait face n'avait rien d'un menteur. Mais si cela était vrai, aucun doute qu'il pouvait avoir quelques clés pouvant résoudre son problème. S'ensuivit une mise en garde contre les apparences, qui eut pour toute réponse un haussement de sourcil. Il ne le savait que trop bien. La preuve étant qu'il n'avait pas jugé le magicien sur sa seule apparence. Il en avait juste était surpris, rien de plus. C'était bien davantage ses actes qui commençaient à le surprendre, mais qu'importait. Tant que celui qui se faisait appeler Nakor était bien aussi puissant et sage qu'on le disait, Delnwë pouvait bien accepter ses particularités.

«Même si je vous l'avoue ma confiance en votre peuple est de plus en plus limitée au fil des années, vous me semblez digne de confiance, votre âge en témoignant, aussi vous croirais-je sur parole. Même si cela revient finalement à me fier aux apparences, ce à quoi vous venez de me demander de me prémunir, je crois. Mais enfin nous ne sommes pas ici pour débattre d'un tel sujet, bien que j'aurais eu grand plaisir à le faire avec quelqu'un comme vous. Trêve de convenances, je suis ici pour m'entretenir avec vous, et je suis prêt à être de toute honnêteté avec vous et de laisser mes préjugés quels qu'ils soient. Comme je vous l'ai déjà dit, je me nomme Delnwë Iridwen, et vous avez deviné que mes trois compagnons et moi même sommes des soldats. Je puis même vous révéler que nous appartenons à l'armée royale, toutefois nous ne sommes pas ici en cette qualité. Nos déplacements en dehors de nos frontières exigent que nous conservions nos équipements, mais c'est bien en tant qu'elfe et non en tant que soldat que je viens à vous. Je suppose que désormais vous souhaitez connaitre la raison de notre venue...»

Il marqua une courte pause, le temps de bien réfléchir à ce qu'il allait dire. Il ne devait point en dévoiler trop.

«Nous avons parcouru une grande distance jusqu'à proximité de Naelis, où nous étions censé rencontrer une jeune elfe, que je n'avais jusqu'alors jamais croisée, et dont j'avais entendu la vie parmi le peuple humain. Il se trouve que par un hasard nous la croisions dans un petit village un peu avant Naelis, il y a peu. J'ai pu alors découvrir qui elle était, comment elle vivait, et j'ai également pu apprendre d'elle qu'un grand mal l'affectait. Vous êtes je pense d'une grande sagesse, aussi comprendrait vous que je considère chaque représentant du peuple elfique comme étant une sœur ou un frère. Chaque mal qui les affecte m'affecte également, et lorsque j'appris ce dont souffrait cette jeune elfe, à peine sortie de l'enfance, je ne pouvais décider de l'ignorer ou de rester les bras croisés. Elle a plusieurs fois tenté de m'en dissuader, bien sûr, mais j'ai tenu à lui venir en aide, jusqu'à ce qu'elle accepte que je puisse agir à mon gré. Elle m'a alors expliqué quelque peu ses mésaventures, et m'a évoqué l'intervention d'un grand archimage dénommé Nakor. N'ayant aucune autre piste, j'ai donc décidé de venir vous rencontrer, afin d'en savoir davantage et peut être de pouvoir la secourir...»

Il marqua un autre silence, le temps que le magicien accumule toutes ces informations. Aucun doute qu'il devait déjà avoir deviné de qui il s'agissait, toutefois l'elfe tenait à le préciser.

«Vous l'avez sans doute deviné, l'elfe dont je vous ai parlé se nomme Glinaina. Et je m'adresse à vous pour que vous puissiez m'en dire davantage sur ce mal qui l'affecte. Je ne peux souffrir davantage de la savoir ainsi, et je suis prêt à vous offrir beaucoup si vous pouviez trouver moyen de la guérir...»

Il avait été franc et direct. Contrairement à son habitude, il n'avait pas utilisé de sous entendu ou de manière détournée. Il ne le souhaitez pas. Car il était bien trop préoccupé...
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Nakor
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MessageSujet: Re: Quand l'être cher nécessite la magie, le soldat cherche l'archimage [Nakor]   Dim 7 Juil 2013 - 19:47

Bien, maintenant l'elfe avait donné son nom, Delnwë Iridwen et en quelques sortes avait présenté quelques excuses de son comportement hâtif et peut-être donc un brin excessif. Le magicien se permit donc de sourire en inclinant légèrement la tête avant de terminer son ascension dans les escaliers de la guilde. Ils prirent place et le sorcier laissa libre court à la parole de ce guerrier elfe. Une fois de plus, Nakor ne put qu'hocher la tête, bien sur qu'il voulait savoir pourquoi il était venu jusque là, alors qu'il était bel et bien un soldat de l'armée elfique ... de l'armée elfique? Mais enfin! Dans sa longue barbe, on put déceler un très léger mouvement, le maitre de Firmament remuait les lèvres en faisant la moue, une moue dubitative évidemment et se mit à réfléchir tout en écoutant avec attention. Voilà une grande capacité des magiciens et des manipulateurs des arcanes, l'habitude de réfléchir intensément, tout en émettant dans leur esprit des hypothèses et des conclusion, et d'écouter une suite d'information qui venait étayer ses conclusions et les porter de plus en plus loin. Déjà dans son esprit résonnait les mots suivants : Taurë, Protectorat, guerre, Timérion, Dun Eyr, Drow. Mais quelques phrases plus tard, un nom perça l'obscurité des limbes de son cerveau : Glinaina. Il repense alors à sa mère Sydith, Isarian le jeune et fringuant petit frère elfe, la forêt d'Anaëh, la menace drow, les conflits orchestrés et amplifiés par la gardienne de Kÿria. Alors que Delnwë se taisait sans avoir fini, Nakor se mit à se passait la main le long d'une de ses moustaches, de la lisser délicatement puis de recommencer lentement. Son regard semblant vide et perdu. Il s'était un peu décalé sur la gauche et regardait le mur en face de lui ou plutôt le sol, tant la tête donnait l'impression de regarder vers le bas, les yeux étrécit. Delnwë indiqua enfin clairement le nom de sa compagne et se tut en offrant et demandant en même temps. Nakor respira profondément et tout en restant dans cette même position, caressant sa moustache, les yeux dans le vide, loin du regard de son ami elfe du moment, il prit la parole

"Oui ... évidemment ... Glinaina ... vous faite preuve d'un grand cœur Delnwë ainsi que d'une propension à vous soumettre à jamais à la souffrance, jusqu'à peut-être un jour atteindre la folie."

Il fit claquer ses lèvres et releva lentement les yeux vers le jeune guerrier, tout en semblant revenir sur terre même s'il ne l'avait jamais quitté

"Se soucier de ses semblables est une longue tache, ardue et semée d'embuche, elle ne vous laisse jamais de répits, votre esprit est toujours occupé, soucieux et ne trouve que rarement un peu de repos. Mais c'est une noble tache aussi, que trop peu entreprennent, elle est guidé par l'amour ... haaaa l'amour mon jeune ami! Quel beau sentiment! Il donne de la force aux magiciens, du courage aux guerriers et des envies de guerre aux rois! D'ailleurs, c'est étrange, je jurerai vous avoir entendu dire que vous faisiez parti de l'armée royale ... l'armée royale elfique sans doute? Des membres de cette armée, qui est censée ne pas exister puisque n'existent que des Protectorats en Anaëh, à l'extérieur de votre sainte forêt. Voilà qui est plus qu'à noter mon jeune ami et surtout qui me fait me demander ce qui passe par la tête de Dyarque de Lanthaloran et de Taurë la Gardienne de votre déesse la Mère."

Et à ce moment là, on aurait put croire que Nakor lisait l'esprit de Delnwë tant son regard était brulant et perçant. Même s'il n'en était strictement rien et que le sorcier ne pénétrait jamais les esprits des gens avec qui il conversait. Puis pour mieux tromper la vigilance de l'elfe, celui ci revint par un autre chemin

"J'ai en effet rencontré cette chère Glinaina voilà longtemps, alors que les premières escarmouches entre drows et elfes ont éclaté en Anaëh. Je me suis retrouvé par pur hasard dans le même Protectorat que celui qui fut attaqué et qui fut secourue par les troupes de Monseigneur Hereon, un ami plein de ressource et un homme de bien, à n'en pas douter. Parmi ces troupes se trouvait Altiom d'Ydril, un fringuant jeune homme qui est comme mon petit fils ... à moins que ce ne soit moi qui soit comme son grand père? Et aussi, Glinaina. Je me demande si je ne leur ai pas un peu sauvé la vie, ils avaient à affronter des magiciens drows, maniant les flammes et la glace ... vous ai-je dis qu'ils avaient osé percer mon chapeau d'une flèche!"

A ce moment précis, Nakor vint fracasser son bureau, d'un coup de poing vengeur. Bien sur le bureau ne flancha pas mais vibra, dénotant dans les bras du très vieil homme plus de force que celle à laquelle on pouvait s'attendre.

"C'est après cela que Glinaina est venue à moi. Elle m'a parlé d'elle, de son histoire récente et de ses mésaventures avec des drows."

Puis le sorcier souffla longuement et se leva pour aller ouvrir sa fenêtre et regarder le ciel bleu au dessus de Naelis. Il y avait assez de place pour que Delnwë vienne lui aussi s'accouder au rebord de la fenêtre, si l'envie lui prenait de sentir l'air frais sur son visage. Nakor continua

"Je vais donc être direct avec vous, jeune gourgandin ... Glinaina souffre d'un mal complexe, si elle vous a envoyé vers moi c'est qu'elle vous fait confiance : une confiance presque amoureuse n'est-ce-pas?"

Puis comme le pauvre vieux fou qu'il était, Nakor explosa de rire en frappant le rebord de la fenêtre ... mais pourquoi donc riait-il? Seul lui le savait, et aussi soudainement qu'il avait ri, il redevint sérieux

"La pauvre enfant a croisé sur son chemin un jour, des arcanistes drows. Ils ont décidé, comme presque toujours, de la torturer et de la laisser entre la vie et la mort. La torture a principalement été magique Delnwë et elle a éveillé en elle ... et bien ... de la colère! Une colère profonde et grandissante, qui laisse des traces à même son corps à chaque fois qu'elle succombe et perd le contrôle de ses émotions. Cette magie qu'ils ont utilisé la transforme pour ainsi dire, lentement en drow. C'est une sensation toute nouvelle pour elle, votre peuple n'est pas enclin à manipuler avec aisance ce sentiment de haine et de colère. Les humains le sont plus, les drows et les nains aussi. J'ai donc, une fois cela compris, tenté de lui enseigner comment mieux se contrôler. L'apprentissage demande de longs efforts. Des efforts essentiellement psychologiques, que j'ai aidé en l'amenant voir Timérion Adantar, un ami de longue date au sein du peuple immortel. Mais depuis, je ne l'ai pas croisé. Parlez-moi un peu de ce que vous avez pensé d'elle, si vous le voulez bien. Ensuite, je pourrai peut-être voir si quelque chose n'est pas possible pour encore améliorer son ... traitement si je puis dire ainsi. Sans aucune contre partie rassurez vous."

Nakor se tourna et regarda avec profondeur les yeux de son homologue elfe. La discussion devenait vraiment intéressante.
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MessageSujet: Re: Quand l'être cher nécessite la magie, le soldat cherche l'archimage [Nakor]   Lun 8 Juil 2013 - 15:38

Au cours de son récit, l'elfe pu observer l'archimage qui écoutait ses dires, le regard pensif. Lorsqu'il marqua une première pause, l'humain se mit à lisser l'une de ses moustaches, le regard toujours aussi absent. Il observait un point indéfini situé sur le sol, sans doute la méthode qu'il utilisait pour mieux se concentrait sur ce qu'il entendait. Lorsque le récit fut achevé, le magicien poussa un grand soupir, sans pour autant relever la tête. Il salua l'initiative de l'officier. Pourtant, elle n'avait rien d'extraordinaire. Tendre la main vers ceux qui étaient dans le besoin parmi son peuple, quoi de plus normal? Sans doute était ce parce que ce geste n'était en aucun cas naturel aux yeux des humains. Delnwë se retint donc de toute réponse, préférant attendre la suite. L'archimage finit par lever à nouveau le regard, comme s'il était de retour dans le bureau. Celui ci salua à nouveau le geste de l'elfe, ce geste chargé... d'amour? Le haussement de sourcil plutôt prononcé de Delnwë en disait long sur ce qu'il pensait. Cet homme avait décidément tout de la folie, ou tout du moins le don de tirer des conclusions parfois bien hâtives. Sans s'attarder davantage sur le sujet, il évoqua ensuite l'armée royale, et remit un instant en doute son existence. L'officier ne lui en fit guère le reproche, car en vérité cette armée pouvait sembler étrange, les protectorats disposant de leurs propres forces, et la proportion des soldats directement au service du trône blanc ne représentant qu'une infime partie de l'armée elfique. Mais ils représentaient l'élite, la dernière ligne de défense, les représentants du trône blanc en Anaëh. Ils étaient nécessaires, aussi nécessaires que n'importe quelle autre force de leur peuple. Plus que des soldats, ils étaient également un symbole!

Le regard de Nakor se fit alors plus intense, plus prononcé en direction de l'elfe. Celui ci ne s'en déstabilisa pas, se contentant de croiser les bras sur sa poitrine, attendant la suite du discours  quelque peu décousu auquel il assistait. Toutefois, il avait évoqué le nom de Glinaina, signe qu'il la connaissait, et sa puissance pouvait être d'une grande aide. Le reste de ses dérives importait peu. Il évoqua la jeune elfe, des attaques de drows dans un protectorat, comme elle l'avait dit elle aussi lorsqu'ils s'étaient entretenu à ce sujet. Il cita des noms, inconnu pour Delnwë. Des noms humains probablement à en juger par la consonance. Que venaient-ils faire ici, il l'ignorait. Et il évoqua la magie drow. Damné soient les sombres et leur magie destructrice. Lorsque le magicien parla d'une flèche ayant percé son chapeau, l'elfe répondit par la négative d'un bref hochement de tête. La main de Nakor vint s'abattre avec une force surprenante sur le bureau, qui en vibra tout entier. Le seul geste d'étonnement de l'officier fut qu'il décroisa ses bras et posa l'un des deux non loin de son épée. Un simple réflexe, ses mains revenant rapidement sur ses deux genoux.

Le mage évoqua alors de nouveau Glinaina, qu'il avait entendu son récit. Il souffla pour se calmer, et se dirigea vers la fenêtre, faisant dos à l'elfe et observant le paysage. Et puis il évoqua de nouveau l'amour. Mais qu'est ce qui pouvait donc lui faire dire cela? En quoi ce vieil archimage légèrement fou pouvait-il comprendre quoi que se soit au lien d'amour profond qui pouvait unir deux elfes à jamais? L'elfe fronça franchement des sourcils, et eut pour toute réponse un grand rire du magicien, comme si celui ci se moquait de lui, avant de redevenir subitement sérieux. Si l'humain ne lui expliquait pas vite quel était ce grand mal qu'il évoquait, Delnwë risquait fort de voir sa grande patience mise à rude épreuve. Était ce dont un sujet si drôle pour qu'un tel rire puisse être entendu? La vie d'une elfe était en jeu. Puis vint enfin l'explication, qu'il écouta avec très grande attention.

"La pauvre enfant a croisé sur son chemin un jour, des arcanistes drows. Ils ont décidé, comme presque toujours, de la torturer et de la laisser entre la vie et la mort. La torture a principalement été magique Delnwë et elle a éveillé en elle ... et bien ... de la colère! Une colère profonde et grandissante, qui laisse des traces à même son corps à chaque fois qu'elle succombe et perd le contrôle de ses émotions. Cette magie qu'ils ont utilisé la transforme pour ainsi dire, lentement en drow. C'est une sensation toute nouvelle pour elle, votre peuple n'est pas enclin à manipuler avec aisance ce sentiment de haine et de colère. Les humains le sont plus, les drows et les nains aussi. J'ai donc, une fois cela compris, tenté de lui enseigner comment mieux se contrôler. L'apprentissage demande de longs efforts. Des efforts essentiellement psychologiques, que j'ai aidé en l'amenant voir Timérion Adantar, un ami de longue date au sein du peuple immortel. Mais depuis, je ne l'ai pas croisé. Parlez-moi un peu de ce que vous avez pensé d'elle, si vous le voulez bien. Ensuite, je pourrai peut-être voir si quelque chose n'est pas possible pour encore améliorer son ... traitement si je puis dire ainsi. Sans aucune contre partie rassurez vous."

Les sombres, encore et toujours. Des mages sombres, qui lui ont infligé une grande torture. Peut être même la pire qui soit, la faire devenir un peu plus sombre elle même à chacune de ses colères. A ces paroles, Delnwë ne put se retenir et se leva d'un grand coup, renversant la chaise derrière lui, les sourcils toujours froncés. il resta debout quelques instants, la colère montant en lui. Puis il se rendit compte de son acte, et relevant la chaise, se rassit calmement, les bras croisés sur sa poitrine, le regard noir. Comment pouvait-elle supporter cela? Savait-elle seulement ce qui lui arrivait?

«Archimage Nakor, votre âge vous rend sans doute très sage et les connaissances que vous avez sont probablement innombrables. Toutefois, je tiens à vous détromper sur un point. La colère et la haine peut exister même dans les cœurs des enfants d'Anaëh. La mienne fut proche d'éclater à vos paroles. Je ne puis tolérer qu'une si jeune elfe soit en proie à un tel mal, si profond et si dur. Elle n'a en aucun cas mérité cela! Mais je suppose qu'il est plus aisé de le dire que de le briser, les sombres prenant plaisir à rendre leurs enchantements maléfiques efficaces et difficiles à briser. Je tiens toutefois à vous remercier de l'aide que vous lui avez apportée, et saurais s'il le faut vous offrir une contrepartie même si vous dites que cela n'est pas utile.»

Il laissa son regard vagabonder un instant, marquant une longue pause, avant de revenir sur l'archimage, qui l'observait droit dans les yeux. Toutefois, le regard de l'elfe était tout aussi intense, lui qui parvenait à faire passer bien des émotions ainsi, bien davantage que par les paroles. En cet instant, le magicien pouvait y lire un mélange de haine, de désespoir et de tristesse.

«Je tiens également à vous détromper sur un autre point. Vous parlez d'amour comme si vous étiez sûr de cela. Je n'ai rencontre Glinaina elleth qu'il y a quelques jours. Ce que vous les humains considérez comme un sentiment qui peut se bâtir en un instant, nous autres ne le voyons pas ainsi. L'amour est un lien durable. Oui j'ai de l'amour pour Glinaina, comme j'en ai pour chacun de mes frères et soeurs. Mais n'allez pas croire ce que je n'ai pas dis. Elle est pour moi comme une jeune soeur que je dois protéger et sur laquelle je dois veiller. Je ne tolérerai pas qu'un tel mal l'affecte au point qu'elle devienne ce que j'ai toujours combattu, car je ne pourrais en aucun cas lever une arme contre elle!»

Il soupira un instant. Son calme lui échappait. Il se sentait désemparé. La magie n'avait jamais été son domaine, et pourtant en cet instant, elle aurait put aider celle qu'il voulait protéger. Les épreuves étaient parfois bien peu faciles.

«Vous souhaitez que je vous dise ce que je pense de Glinaina. Je serais bref. Elle est une sœur, une jeune sœur, que je dois protéger, que je dois guider s'il le faut. Empreinte de bonté, n'ayant guère hésité à m’accueillir avec mes compagnons alors qu'elle vit depuis déjà quelques années parmi les hommes. Je l'apprécie et lui ai offert ma confiance, comme elle l'a fait en retour, acceptant mon aide. Elle a trop peu vécu pour être affectée d'un tel mal, et ne le mérite en aucun cas. Je ferais ce que je peux pour l'aider. Et il semble que pour l'instant, vous soyez le seul en mesure de pouvoir me soutenir en cette tâche. A moins que vous même ne connaissiez d'autres capables d'apporter leur aide...»
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MessageSujet: Re: Quand l'être cher nécessite la magie, le soldat cherche l'archimage [Nakor]   Mar 9 Juil 2013 - 21:10

Le mot était lâché et la colère était maintenant plus présente que simplement invoquée. Delnwë s'était d'un seul bond, levé avec fureur. Ainsi il venait de faire la démonstration de ce que le sorcier était en train de dire. Nakor se retourna alors et se mit à sourire, prenant un regard on ne peut plus espiègle. Il marcha lentement jusqu'à son siège, suffisamment lentement pour que l'elfe termine sa tirade, alors que le Magistère prenait place comme le vieillard qu'il était. Il étrécit son regard et prit la parole après une inspiration sonore

"Comme bien des gens en ce monde, Glinaina ne mérite certes pas son sort, mais que pouvons nous y faire. Nombreux sont les vivants qui mériteraient la mort ... et les morts, qui mériteraient la vie. Pouvez-vous la leur rendre Delnwë? Non! Alors ne soyez pas trop prompt à dispenser mort et jugement. Même les grands sages ne peuvent connaitre toutes les fins. Il y a d'autres forces en jeu dans ce monde, des forces qui nous dépassent tous, qui agissent pour le mal mais aussi pour le bien. Il arrive à chacun d'entre nous, des choses qu'aucun ne mérite, mais là question n'est pas là, elle ne mène à rien si ce n'est à des débats stériles sur le sens de la vie. La vrai question c'est que faire du temps qui nous est imparti, ici sur cette terre!"

Le mage tentait de ramener l'elfe à la raison, il évoquait l'attitude irréprochable de Glinaina et l'attitude infâme des drows. Mais combien d'êtres vivants avaient vécu bien pire que cela, sans que personne ne tente de leur rendre justice. Il fallait laisser cela de côté et simplement faire ce qu'il était venu faire ici : chercher à modifier l'état dans lequel elle se retrouvait. Le sylvain en face de lui, avait un regard au moins aussi intense et brulant que le sien. Il était décidé, et voulait vraiment trouver une solution. Il parla d'amour, d'impossibilité à lever l'arme contre elle. Voilà une chose intéressante.

"Vraiment? Et que feriez vous alors, si, pendant que vous dormez, pris d'une crise de rage soudaine, faisant et laissant émerger la personnalité drow qui est en elle, elle vienne vous trouver et vous attaque, cherchant à vous transpercer le cœur de sa longue et fine épée? Seriez-vous apte, par ce fameux amour, à vous battre au péril de votre vie, voir à perdre la vie alors qu'elle hôte la votre? Elle a déjà attaqué des amis soldats dans sa légion humaine, et je l'ai vu, de mes propres yeux, tenter de tuer sa mère en lui écrasant la trachée d'un violent coup de poing. Elle aurait ensuite occis son propre petit frère, un bébé à vos yeux d'immortel. J'étais là Delnwë ... et il faut faire preuve d'un très grand amour croyez moi, pour venir en aide à une telle personne."

Oui, promettre un amour fraternel et sans borne était aisé à prononcer, mais le comportement et les actes qui pouvaient découler d'une telle modification d'attitude rendaient cette promesse d'amour ardue à tenir. La magie avait permit à Nakor d'empêcher Glinaina de faire du mal à ses proches, mais cela ne serait pas toujours possible. Il fallait lui aussi qu'il trouve un moyen et ce jeune elfe ne venait que ramener le problème sur le tapis déjà bien fourni de Nakor. Le jeune guerrier décida de répondre à la question du vieux sorcier et donna son avis et son sentiment sur Glinaina. Il demanda alors une chose qui laissa le vieillard songeur. Plus que de raison. A ce moment, le Magistère se mit à se passer la main sur la barbe, signe de sa plus haute concentration.

"Nonnnn ... enfin non ... pas pour le moment. Je tente le dernier de mes remèdes actuellement. Ce remède fait appel à toute sa propre force mentale, sa capacité de contrôle et son humanité ... n'en prenez pas ombrage, je ne suis pas en train de dire qu'elle est de la race humaine, mais simplement que je fais appel à tout son bon cœur et son "amour" de l'autre pour trouver solution. Mais cela demande aussi du temps, du temps que je veux prendre afin d'être sur qu'il est temps de passer à la dernière solution qui s'offre à moi ... dont vous ne faite absolument pas partie pour le moment même si avec ce genre de choses ... il faut se méfier! Oui, elle pourrait me faire faire n'importe quoi bon sang!"

La dernière phrase avait été marmonné, elle n'était prononcé que pour Nakor et à destination de ses propres réflexions. Bien sur que Delnwë ne comprenait pas de quoi il parlait, mais ça, la vieille barbe blanche n'y avait pas pensé. Il releva le visage, et après une moue dubitative et hésitante, il enfonça le clou

"Non! Pour le moment je suis le seul à pouvoir l'aider. Si avec le temps, mes méthodes ne fonctionnent pas, alors il me restera une dernière carte. Mais je préfère y faire appel le plus tard possible, si vous voyez ce que je veux dire?"

Une fois de plus, Nakor faisait comme si Delnwë pensait aussi à ce à quoi Nakor pensait. Or c'était d'une absolument impossible et de deux, complètement inattendu. Et sans attendre il ajouta avant de se taire

"Mais vous n'avez pas répondu à ma question mon garçon. Qu'avez-vous pensez d'elle?"

Oui, Delnwë avait dit qu'il l'aimait, que c'était une sœur, qu'ils s'étaient mutuellement accueillis, sur un temps bref, alors que les elfes ont besoin de temps. De beaucoup de temps. Ce que Nakor voulait savoir c'est s'il l'avait trouvé froide, terne, animé, avenante, hargneuse, pas simplement qu'elle avait ouvert sa porte à un de ses congénères. Quel gourgandin celui là!
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MessageSujet: Re: Quand l'être cher nécessite la magie, le soldat cherche l'archimage [Nakor]   Mar 9 Juil 2013 - 22:33

La seule réaction à la violence de l'elfe fut un regard espiègle du magicien, lequel revint s'asseoir calmement sur son siège. Il poussa un profond soupir avant de reprendre la parole.

"Comme bien des gens en ce monde, Glinaina ne mérite certes pas son sort, mais que pouvons nous y faire. Nombreux sont les vivants qui mériteraient la mort ... et les morts, qui mériteraient la vie. Pouvez-vous la leur rendre Delnwë? Non! Alors ne soyez pas trop prompt à dispenser mort et jugement. Même les grands sages ne peuvent connaitre toutes les fins. Il y a d'autres forces en jeu dans ce monde, des forces qui nous dépassent tous, qui agissent pour le mal mais aussi pour le bien. Il arrive à chacun d'entre nous, des choses qu'aucun ne mérite, mais là question n'est pas là, elle ne mène à rien si ce n'est à des débats stériles sur le sens de la vie. La vrai question c'est que faire du temps qui nous est imparti, ici sur cette terre!"

Delnwë ne put qu’acquiescer de telles paroles. Toutefois, il n'entendait pas pour autant renoncer.

«Je ne puis en effet rendre la vie aux nombreux êtres qui sont morts injustement. Et lorsque je dispense la mort, je ne le fais que contraint. A l'exception du peuple sombre, supprimer une existence ne m'enchante point, et j'aspire à pouvoir résoudre un conflit autrement que par les armes. Toutefois la fin ne peut être connue si nous ne la façonnons pas nous même. La colère des êtres est partie de nous, chacun en disposant, la contrôlant plus ou moins. Les dieux veillent sur nous en chaque instant, veillant à l'équilibre de ce monde, comme les forces que vous citez, mais c'est à nous de façonner chaque parcelle de ce monde comme nous pensons qu'il se doit. J'ai pour ma part décidé de venir en aide à une jeune elfe dans le besoin. Cette action, si petite soit-elle, aura ses conséquences. Mon cœur me dit que j'aurais un rôle à jouer, en bien ou en mal, avant que son histoire ne se termine. Et le temps qui m'est imparti dépend de l'urgence de cette tâche. Le temps qui m'est imparti, et que je ne consacre pas à la protection des terres elfiques, j'ai décidé de l'offrir à aider Glinaina. C'est mon choix, et je suis libre de choisir ce que je fais de mon existence.»

Il avait retrouvé son attitude habituelle, que son ancien maître lui avait enseigné. Ne point céder à l'énervement, ne point s'emporter. Le ton était calme et posé, mais résolu. Le visage était serein, mais on pouvait lire dans son regard de la détermination. Il ne la laisserait pas, ne l'abandonnerait pas. Les batailles contre les sombres à venir risquait certes de l'empêcher de l'aider continuellement, aussi espérait-il que l'archimage soit en mesure d'avancer ses recherches et de veiller sur elle pendant ce temps là. Et puis le mage évoqua la possibilité que la jeune elfe aux cheveux d'or puisse s'emporter pendant son sommeil. Il évoqua les actes passés horribles qu'elle avait été contrainte de faire sous ce vil enchantement. Attaquer ses amis. Tenter de tuer sa propre mère, son propre frère. Ce récit avait de quoi épouvanter. Mais Delnwë ne se laissa pas impressionner. Il avait connu maintes batailles, il avait vu le sang des siens être versé. Il avait perdu des êtres chers en affrontant les ennemis du peuple elfique. Il n'était certes pas insensible, et avait pleuré ces pertes. Avant d'être soldat, il était elfe et n'aimait pas la violence ou la mort, ne la dispensant que pour protéger les siens. Il avait toutefois acquis une certaine force de caractère, une capacité au calme dans les pires situations. Sa résolution ne flancherait pas, même devant de tels récits.

«Je n'ai pas, pour l'instant, assisté à l'une de ses crises. Il semble que cela s'est joué à bien peu, car elle s'est laissée emportée par la colère devant moi. Toutefois, le résultat ne fut pas celui que vous me décrivez. Au lieu de tenter de m'occire, elle a fondu en larmes devant moi. J'avoue avoir été ému par cela, et c'est peut être l'une des raisons qui font que je souhaite l'aider. Mais vous m'avez demandé ce que je ferais dans le cas où elle tenterait de me tuer? Je ne puis répondre que par des mots car je n'ai pas vécu la situation, et vous devrez hélas me croire, à défaut de pouvoir vous le prouver. Si elle venait à tenter de me tuer... je pense que je tenterais dans un premier temps de la désarmer et de la maitriser. Notre instruction militaire nous apprend à faire face à bien des situations, et j'ai connu plusieurs batailles. Je pense pouvoir être en mesure de le faire, quoique j'ignore si ce maléfice lui procure une force supplémentaire. Et si toutefois je ne parvenais à la maitriser, sachez que je n'attenterais pas à sa vie. Je préfère encore perdre la mienne, dans l'espoir qu'un jour elle puisse redevenir libre. J'ai dévolu ma vie à protéger les miens, et je la perdrai sans doute ainsi. N'est ce pas le cas si je venais à la perdre en tentant de l'aider?»

Les mots étaient empreint de sincérité. Bien sûr, comme il l'avait dit, seule la situation prouverait s'il disait vrai. Mais les elfes, qui plus est les soldats de l'armée royale, apprenaient à conserver leur calme bien plus que ne le faisait les autres peuples, afin de pouvoir agir au mieux et avec logiques dans les moments difficiles. Toutefois le magicien ne semblait qu'à demi convaincu. Rien de surprenant... Les paroles étaient une chose, mais les actes seuls parlaient d'eux mêmes.

L'archimage évoqua alors le remède qu'il expérimentait, et qui semblait faire appel à la résolution de la jeune elfe. Delnwë n'appréciait guère l'idée, parce qu'elle éprouvait Glinaina, et devait probablement la pousser dans ses retranchements. Mais si c'était là le prix à payer pour la guérir, alors... Il parla de sa capacité à faire appel à son humanité, expliquant qu'il n'y avait aucun rapport avec les humains, ce a quoi l'elfe répondit avec un signe de tête entendu. Il avait bien saisi la nuance, le magicien ayant utilisé le terme adéquat. Il parla de faire surgir l'amour qui sommeillait dans le coeur de la jeune elfe. Cet amour n'avait guère était apparent lors de la visite de l'officier, mais sans doute cherchait-elle à le masquer pour ne point s'emporter. D'après l'humain cette solution prendrait du temps, et Delnwë acquiesça. Quoi de plus normal? Puis il évoqua une solution extrême. Un haussement de sourcil vint accueillir cette nouvelle révélation, d'autant quelle n'avait été que marmonnée, mais parfaitement perçue malgré tout. Le magicien insista ensuite sur le fait qu'il était seul à pouvoir faire quelque chose. Nouveau haussement de sourcil. Delnwë ne l'entendait pas vraiment de cette oreille, mais pour le moment il devrait faire avec. Après tout, cet humain, mage et vivant depuis plus de six cent ans, devait certainement savoir ce qu'il faisait. Quoique, étant donné certains démonstrations un peu folles...

"Mais vous n'avez pas répondu à ma question mon garçon. Qu'avez-vous pensez d'elle?"

L'elfe remua légèrement sur sa chaise. Non qu'il fut déstabilisé, mais il entendait se mettre à l'aise pour répondre.

«Je pensais que ma réponse vous avez suffit. Mais puisque vous voulez plus... Qu'ai je pensé d'elle? Dans un premier temps je fus étonné de la voir en ce lieu. Elle me semblait à l'aise parmi les humains de ces terres. Et empreinte de bonté comme je l'ai dis, puisqu'elle évoqua l'aide qu'elle avait apporté à un jeune humain malade. Et puis elle est venue discuter avec nous, devenant tour à tour fermée et sombre, puis plus encline à parler. Malgré tout elle me semblait globalement incapable d'éprouver un sentiment de joie ou de colère. Comme si notre mère lui avait ôtée toute possibilité d'émotion. C'est pourtant au cours de la soirée, lorsque je discutais avec elle, que j'ai découvert cette faiblesse, ce maléfice qui la fit s'effondrer dans mes bras. J'ai alors comprit que cette indifférence n'était pas elle, qu'elle se forçait à l'être pour ne point s'emporter, alors qu'en réalité elle était capable d'être aussi joyeuse que l'un des nôtres peut l'être. Le lendemain me donna raison lorsqu'elle poursuivit la conversation avec plus d'entrain, n'hésitant pas à parler de choses et d'autres. Ce que je pense d'elle? Je pense que c'est une jeune elfe pleine de joies, de gaieté et d'amour, avec la seule envie de vivre, dépourvue de méchanceté ou de cruauté, mais que tout cela a été scellé en elle par cet horrible maléfice des sombres. Si je puis aider à le desceller, alors j'entends bien le faire dans la mesure du possible. J'ignore si ma présence peut aider, toutefois si je puis la calmer, lui venir en aide pour se contrôler, ou quoi que se soit d'autre, je le ferais.»

Le regard de l'elfe se planta dans celui de l'archimage, comme pour mieux lui faire comprendre qu'il était toujours aussi résolu.

«Avez vous désormais votre réponse, archimage? Si tel est le cas, je souhaiterais en ce cas que vous répondiez à votre tour à l'une de mes questions. Vous avez évoqué une solution extrême, une solution de dernier recours. Je suis peut être quelque peu téméraire, mais je souhaiterais que vous me fassiez part de cette solution...»

 


Dernière édition par Delnwë Iridwen le Mer 10 Juil 2013 - 21:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Quand l'être cher nécessite la magie, le soldat cherche l'archimage [Nakor]   Mer 10 Juil 2013 - 21:17

Une fois assis, Nakor comme à son habitude, emmagasiné une foule d'informations. Delnwë parlait, il n'était pas un elfe taciturne et il était poli, il écoutait jusqu'au bout, et bien. Il répondait en partie parfois ou totalement selon que les mots du sorcier l'avaient plus ou moins touchés. Il voulait vraiment aider Glinaina, un chevalier au grand cœur, un preux et vigoureux défenseur de la veuve et de l'orphelin. A moins que ce ne soit qu'un gourgandin, éperdument amoureux de la petite gourgandine qu'était Glinaina. Nakor haussa ostensiblement les épaules en réponse à sa question intérieure, dans le vide et le silence de Delnwë, ce qui parut sans doute encore plus étrange. Puis il prit de nouveau la parole et termina par une question. Le vieux Magistère répondit à sa suite

"Oui sans doute Delnwë. Mais alors vous ne pourriez plus accomplir votre mission pour le plus grand nombre. Alors mettez vous sur le même niveau, le sacrifice de votre vie pour une seule personne et le sacrifice de votre vie pour tout un peuple, durant une guerre par exemple?"

Et de nouveau, Nakor vint fracasser son bureau d'un immense coup de poing en se levant d'un bond et en envoyant valdinguer son siège

"La vie est d'une importance capitale, c'est un don que l'on ne peut ni ne doit jamais gâcher, jamais mettre en péril, pour aucune raison! Au dernier moment, au moment le plus critique, quand vous sentirez la fin arriver, vous devrez oublier tous les autres et vous déchainer pour votre propre vie, car elle est au moins aussi importante que celle des autres! Ne la mésestimez pas par amour de votre prochain. J'ai vu trop de gens se laisser mourir pour soit disant sauver quelqu'un d'autre! La vie Delnwë, la vie!"

Puis Nakor se calma, alors qu'il avait presque hurlé ses derniers mots et scruta l'elfe : il n'avait pas bougé, cette fois sa main n'était pas partie en direction de son arme. Et alors au milieu de cette soit disant colère, le vieux fou se mit à sourire. Il fit un moulinet avec son poigné et se laissa tomber. Miraculeusement il se retrouva sur son siège, qui s'était relevé seul. Ils parlèrent alors de remède et le jeune guerrier sylvain répondit enfin de manière plus précise, en révélant d'autres informations notables. Le vieux sorcier hocha longuement de la tête et à plusieurs reprises. Il étrécit son regard et entendit la dernière question. Il haussa son sourcil droit, sans que le gauche ne bouge, puis se mit à sourire.

"Vous êtes intéressant mon jeune ami. Oui pour sur! Vous pensez à une solution et vous attendez sans doute que je vous en donne mon aval, puis vous apprenez autre chose de ma bouche, alors je vous rends dubitatif et je vous intéresse à mon tour. Voilà ce que j'appelle une excellente discussion, le genre qui se construit au fil du temps et amène la nouveauté des idées avec elle."

Et, ayant peur que l'elfe pense qu'il perdait son temps avec ce genre de futilité, Nakor enchaina

"A force de vous écouter, vous m'avez fait penser à quelque chose, qui me permettra sans doute de retarder encore un peu l'utilisation de cette solution extrême Delnwë. Mais ne vous en faite pas, je vous répondrai. Voilà que j'ai devant moi un elfe qui sait vraiment garder le contrôle de soit, je vous demanderai bien de m'excuser de mon comportement mais je ne le demande jamais. Je peux par contre expliquer certaines de mes simagrées : j'aime déstabiliser mon auditoire, afin de le pousser dans ses derniers retranchements, ce n'est que là que l'on obtient de son interlocuteur ce qu'il pense vraiment, réellement, au fond de lui ... soit par ses propos soit par son attitude et ses réflexes. Des reflexes que vous semblez aptes à maitriser plus que de raison. C'est donc là que vous pouvez entrer en scène : Glinaina est une elfe, et même si elle s'est prise d'amour pour les humains et la compagnie sans doute très appréciable de Monseigneur Hereon, elle est et reste une elfe. Par conséquent, même avec mes meilleurs conseils, je peux lui montrer un chemin, une voie, l'aider, je ne serai sans doute jamais aussi compétent que le serait un elfe qui doit conseiller un elfe quand il s'agit d'émotion. Je suis très bien placé pour parler de colère, puisqu'en tant qu'humain j'y suis sujet comme tout un chacun, c'est un sentiment que je connais, que je sais maitriser et j'ai donné des exercices à faire à Glinaina, qu'elle a suivit et qui lui ont permit de progresser, d'arrêter la propagation des marques sur son corps, ce qui est plus qu'un bon début. Mais j'ai aussi vu des choses qui vous glaceraient les sangs Delnwë, quand je l'ai amené jusqu'à chez mon vieil ami Timérion Adantar que vous connaissez peut-être, puisqu'il est le Seigneur Protecteur de l'Epine Dorée. En elle a lentement émergée une personnalité clairement ... drow, qui prend le dessus et quand enfin ses émotions retombent et que Glinaina revient vraiment, elle ne sait plus où elle est ni ce qu'elle a fait."

Nakor fit une pause en soufflant longuement et continua

"Mais cela va mieux, je l'ai mise dans des conditions complexes et elle a gardé son sang froid, elle n'a pas perdu le contrôle et s'entraine depuis. Il n'empêche que son entrainement n'est sans doute pas parfait, puisqu'il me manque la connaissance de la réelle perception des émotions chez le peuple de la forêt. Mais vous! Vous! Vous avez suivis un entrainement spécifique pour cela n'est-ce pas? Vous l'avez vous même dit, votre instruction militaire vous entraine à faire face à de nombreuses situations. Alors voilà ce que vous pouvez faire pour l'aider, si en plus vous vous entendez bien, fichus gourgandins que vous êtes tous les deux ... retrouvez là quand vous repartirez pour l'Anaëh, et restez un peu de temps avec elle pour lui transmettre votre savoir militaire sur les émotions. Qui sait, à force, la malédiction ne pourrait être qu'un mauvais souvenir grâce à vous Delnwë."

Puis Nakor se mit à sourire et à hocher de la tête, comme pour confirmer ce qu'il était en train de dire. Il reprit son souffle, le bloqua et se leva. Il relâcha son souffle et approcha de la fenêtre, les mains dans le dos, un peu courbé. Et lorsque que Delnwë allait reprendre la parole, pour peut-être lui signifier qu'il n'avait pas répondu à sa question, Nakor enchaina

"Car sans cela, je devrai sans doute faire appel à l'ultime solution Delnwë ... une solution qui est dans la continuité absolue de ce que je viens de vous dire!"

Puis se retourna brusquement dans un mouvement de robe, pour faire face de loin à l'elfe, il termina

"Ce que la magie drow a fait, la magie drow peut sans doute le défaire! Je serai donc obligé de faire appel à un maitre en magie drow, qui pourra sans doute trouver une solution que je n'aurai jamais eu l'idée d'appliquer ... sous la seule et unique condition bien sur que cela se passe en ma présence et sous mon contrôle! Et j’ai sous la main ce qu’il nous faut car aux côtés de Celindel de Delebrimir, un elfe sylvain qui est mon bras droit, nous avons celle qui était autrefois la Prime Sorcière drow et qui a quitté ses fonctions pour devenir mon bras gauche dans cette guilde : Y'Shahinn Nehleän. "

Et Nakor attendit une réaction de l'elfe qui n'avait pas tardé à arriver, puisqu'il avait déjà à deux reprises parlé de son dégout pour les drows.
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Delnwë Iridwen
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MessageSujet: Re: Quand l'être cher nécessite la magie, le soldat cherche l'archimage [Nakor]   Jeu 11 Juil 2013 - 12:04

Alors qu’il poursuivait son discours, l’elfe pu apercevoir le magicien hausser des épaules. Quelle était la signification de ce geste, il l’ignorait. Probablement suite à l’une de ses pensées. Les humains étaient réputés pour facilement penser à tout et rien pendant qu’on leur parlait, et les magiciens avaient, disait-on, cette faculté de pouvoir analyser les choses qu’on leur disait en même temps. Celui ci étant les deux, sans doute son esprit était-il empli de diverses pensées. Lorsque l’archimage évoqua l’importance du sacrifice pour son peuple bien supérieur à celui d’un seul, Delnwë eut un léger froncement de sourcil.

«En un sens, vous avez raison. Mais seulement partiellement. Il est des êtres qui parfois revêtent plus d’importance à nos yeux que tout autre. La famille est bien souvent de ceux là. Les personnes avec qui nous souhaitons partager notre vie aussi. Glinaina appartient à une troisième catégorie. Celle pour lesquelles nous nous lions d’une amitié si forte qu’elle peut être assimilée à un amour profond de la personne. Non de cet amour que vous les humains assimilez à la liaison du couple. Ne prenez pas mal ce que je dise, c’est la pensée des vôtres et je suppose que vous avez la même, je ne vous en blâme nullement. Mais la relation qui me lit à Glinaina est celle d’une amitié que je ne m’explique pas. Généralement, il me faut bien des années pour que je puisse considérer quelqu’un comme digne de confiance et de recevoir mon amitié. Peut être est ce la détresse de cette jeune elfe qui me fit si brutalement ressentir cette empathie ? Je ne saurais le dire, et maintenant que c’est ainsi, je l’accepte. Cela peut certes sembler moins important que le sacrifice au nom de mon peuple. Mais si personne ne daigne offrir un peu de sa vie pour cette jeune elfe, comment fera-t-elle ?»

Le magicien écouta attentivement. Puis sans prévenir, il se leva, renversant son siège qui alla s’écraser sur le sol. D’un nouveau et violent coup de poing, il fit vibrer son bureau, celui ci émettant quelques craquements, sans pour autant semblait se fragiliser le moins du monde. L’archimage était décidément sujet à des sauts d’humeur plutôt incroyables, au point que l’elfe sembla penser qu’il était presque lunatique. La seule réaction de Delnwë à cet acte d’emportement fut un haussement de sourcil, les bras toujours croisés sur son torse, bien appuyé sur son dossier. Il semblait peut probable que l’humain s’emporte vraiment, aussi il ne voyait aucune raison de réagir autrement devant ces excentricités. Il tint un discours sur l’importance de la vie face à celle des autres, sur le fait que bien des idiots étaient morts pour d’autres. L’elfe aurait put rétorquer que des idiots humains mourraient au nom d’idéaux grotesques comme l’honneur ou la gloire. Alors que lui, s’il devait en arriver à se sacrifier, à périr, le ferait pour protéger une voir des vies. Pas d’honneur ou de gloire, il n’en avait que faire. Si toutefois une existence au moins pouvait être sauvée. Si une de ses sœurs ou un de ses frères pouvait avoir une vie plus sereine grâce à lui.

L’archimage se calma tout aussi vite qu’il s’était emporté, un sourire se dessinant sur ses lèvres. D’un simple mouvement de la main, il effectua ce que l’elfe devina comme étant une passe magique, et se rassit. Là où il aurait du rencontrer le vide, son fauteuil s’était relevé, sans aucun doute grâce à son sort. Delnwë ne s’en étonna pas le moins du monde. La discussion suivit son cours, l’humain désormais parfaitement calme, écoutant l’elfe avec des hochements de tête et une attention redoublée. Il semblait intéressé par la tournure de la conversation, tout comme Delnwë. Deux esprits œuvrant ensembles, cherchant des idées dans le but de venir en aide à une jeune elfe perdue dans les tourments d’un maléfice. Les idées s’enchainant, se suivant, s’opposant même, pour peut être arriver à celle qui pourrait résoudre enfin le problème... C’était là l’espoir du lieutenant. L’archimage et le soldat. L’union des deux domaines qui si souvent étaient opposés, dans un but commun. Voilà qui avait de quoi intriguer.

C’est a ce moment que Nakor évoqua une autre solution qui lui venait à l’esprit. N’étant pas habitué à laissé paraitre ses émotions, encore moins lorsque son interlocuteur n’était pas un elfe, le soldat se retint de montrer toute joie à cette déclaration. Surtout que celle ci aurait pu être plutôt précipitée, mieux valait d’abord écouter ladite solution. L’archimage expliqua alors que ses excentricités et ses sauts d’humeurs étaient voulu. Qu’ils avaient pour but d’identifier au mieux les réactions de ses interlocuteurs. Et manifestement, le calme du lieutenant de l’armée elfique avait fait bonne impression, puisqu’il souhaitait y faire appel pour aider la jeune elfe. L’humaine expliqua que lui même avait apprit à dominer sa propre colère, y étant plutôt sujet comme tous ceux de son peuple. Il avait essayé de transmettre son savoir et ses méthodes à Glinaina, celle ci ayant côtoyé les humains de prêt, s’étant même éprise pour l’un d’eux. Il avait essayé mais cela ne suffisait manifestement pas pour qu’elle contrôle convenablement sa colère. L’elfe l’avait lui même constaté lors de sa propre visite. Elle s’était emportée sur un sujet assez quelconque, et ses émotions avaient été plutôt violentes et profondes. Alors le mage évoqua son idée : faire appel aux méthodes des elfes. Glinaina était, avant tout, une enfant du peuple elfique. Cette proposition était logique et censée, et le soldat acquiesça d’un signe de tête, un sourire sur les lèvres. C’était même une excellente idée, qui à défaut de la guérir, pourrait permettre de la faire tenir le temps de trouver le vrai remède. Comment n’avait-il pu y penser lui même ? Peu importait, l’essentiel fut qu’elle fut évoquée, peu importe par qui. Restait à la mettre en application. Nakor évoqua son entrainement et ses méthodes, qu’il disait imparfaites car non adaptées aux elfes. Et il proposa que Delnwë fasse appel à son entrainement militaire pour aider la jeune elfe à se maitriser. D’autant qu’il reconnu que l’entente entre les deux elfes étaient une bonne chose... Même s’il usa d’un terme pas vraiment adéquat. Mais enfin, cet humain avait quelque folie en lui que le soldat n’aurait su lui reprocher. Il évoqua même la possibilité que cela suffise comme remède entier, mais Delnwë en doutait

«Votre proposition est en effet intéressante et très judicieuse. Toutefois je préfère vous détromper sur un point. Si notre entrainement lors de notre formation pour l’armée elfique nous apprend la concentration et la maitrise de soi, elle ne poussa pas cet entrainement aussi loin. Cette capacité à me maitriser comme vous dites, je ne la dois pas à un instructeur de l’armée. Enfin, si, mais pas dans le cadre de mon entrainement. Ce fut au cours de mon enseignement, bien avant ma cent vingtième année, et plusieurs années après, que j’eu pour professeur un soldat du protectorat où je suis né. Il m’a enseigné bien des choses, de la maitrise des armes aux raisons de combattre. Et il m’a enseigné la maitrise de soi en quelque situation. L’emportement est une chose naturelle contre laquelle il est compliqué de combattre. Mais cette réaction de colère brouille ses sens et altère nos choix. Les précipites mêmes, les rendant souvent erronés. Alors qu’une maitrise de cette colère permet de pouvoir faire des choix justes et réfléchis quand cela s’impose, en un temps très court, et ainsi éviter des périls qui peuvent parfois se révéler fatals. Je respectais énormément ce professeur, et je regrette de ne plus désormais pouvoir converser avec lui. Toutefois, sa mémoire survit à travers ce qu’il m’a enseigné, et si je puis aider une autre avec son savoir, ce sera une manière de prolonger son existence. Je suis donc tout à fait d’accord avec vous. Néanmoins, il y a un problème dans votre proposition. Je doute que Glinaina soit encore dans son village, et je ne puis me permettre de la chercher indéfiniment. Vous l’avez dit vous même, je suis prêt à consacrer énormément de temps pour elle, mais non du temps inutile. Aussi, je pense qu’il serait plus raisonnable de la trouver avant tout. Je puis me faire encore une fois téméraire, mais étant donné votre talent pour les arcanes magiques, peut être avait vous moyen de la localiser ? De lui envoyer un message peut être même ? Auquel cas, je pourrais vous dire ce que j’envisage... »

Le mage semblait d’accord à cette proposition, quoi que son hochement de tête fut probablement autant pour lui même que pour ce que disait Delnwë. L’humain se leva, reprenant son souffle lentement, s’approchant de la fenêtre, les mains dans le dos. L’elfe n’avait toujours pas bougé de son siège. Il l’observait calmement. Réfléchissant déjà à comment enseigner ses méthodes à Glinaina. Et puis l’archimage évoqua la solution ultime. Se retournant brusquement, il l’évoqua. Le maléfice avait été fait par un sombre, et pouvait être défait par un sombre. Cette simple idée fit froncer les sourcils de l’elfe. C’était peut être vrai, mais jamais un sombre, magicien qui plus est, n’accepterait de coopérer. Et puis, depuis quand les sombres savaient-ils sauver, aider, construire ? Ils n’avaient que le don de détruire, de torturer. Cruauté et malfaisance. Rien de plus. Il évoqua sa présence pour contrôler le déroulement d’une telle opération. Mais malgré la puissance manifeste de l’archimage, l’elfe n’acceptait pas l’idée qu’un arcaniste sombre puisse ne serait ce qu’approcher Glinaina. C’était trop dangereux. Un être aussi retord qu’un sombre était capable de tout. Surtout du pire...

Et puis Nakor expliqua qu’il avait une telle personne ici même. Une sombre, et pas n’importe qui : l’ancienne prime sorcière du peuple sombre, Y'Shahinn Nehleän.. A cette évocation, l’elfe se leva de nouveau d’un bon, sa chaise projetée sur le sol, ses mains le long du corps, son regard commençant à s’emplir de colère. Comment un tel être pouvait-il être dans un endroit aussi respectable d’apparence ? Et évoquer l’idée qu’elle puisse aider la jeune elfe aux cheveux dorés...

«Vous venez de me dire que l’ancienne prime sorcière sombre est ici ? Que cette sorcière, cette engeance se promène librement dans votre citadelle, et que vous avez confiance en elle au point de lui confier celle que je veux protéger ?»

Il serrait les poings, au bord de l’explosion. Mais il cherchait à se contrôler. Il ne devait pas faillir. Pour montrer à cet humain qu’il en était capable. Qu’il pouvait passer au delà de sa haine.

«C’est hors de question ! Même si elle n’est plus à la tête des mages sombres, elle garde son esprit cruel et mauvais. Elle pourrait lui faire davantage de mal simplement par amusement. Et même si vous étiez présent, malgré votre puissance vous ne pourriez rien. Parce que vous ne vous en rendriez compte que trop tard ! J’ai assez côtoyé les sombres pour connaitre leurs méthodes. Il n’est pas question qu’une d’entre eux ne pose que le regard sur Glinaina. Pas tant que je vivrais !»

Si le bureau avait été le sien, son poing se serait abattu dessus. Mais fort heureusement, il avait encore assez de  contrôle pour ne pas vouloir abîmer celui de Nakor. Encore que les coups de ce dernier n’ai probablement étaient déjà assez puissants pour éprouver le meuble.

«Même si cette solution semble être la  dernière, je n’y consentirais jamais ! Ou alors, je devrais au préalable être présent, avec cinquante de mes soldats et une vingtaine de mages de mon peuple en plus de vous. Alors peut être serais-je suffisamment confiant pour me dire que la sombre se saurait en danger. Ces êtres, malgré leur malveillance, sont des peureux qui préfèrent éviter les risques parfois. Le seul moyen de les convaincre de faire ce qu’on leur dit, c’est de suffisamment les menacer. Et pour une telle sorcière, il en faut beaucoup ! Je ne mettrais pas en péril la vie de celle que je veux sauver, de celle en qui l’existence m’est si importante !»

Il commençait à manquer de souffle, aussi se calma-t-il doucement, respirant régulièrement. Il resta cependant debout, croisant ses bras, le regard dur.

«En tout cas, j’espère que cette sombre est sous bonne garde. Car l’idée même de la savoir libre me fait craindre le pire.»
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MessageSujet: Re: Quand l'être cher nécessite la magie, le soldat cherche l'archimage [Nakor]   Ven 12 Juil 2013 - 22:38

Le vieux sorcier écouta avec un léger sourire sur les lèvres, ni moqueur, ni niais, simplement de bon ton et masquant ou délivrant une partie de ses pensées. Il ne l'aimait pas hein? Pas comme Nakor le pensait? Le Magistère se passa la main sur sa barbe et se retint de rire avec une étonnante capacité! C'était surtout par politesse et afin de ne pas couper le jeune guerrier. Nakor hocha donc de la tête, à de nombreuses reprises, avec une moue sur le visage, qui pouvait laisser se demander à son interlocuteur, si le mage avait cru un traitre mot de tout cela ou non. Mais ils passèrent au reste, continuèrent de se lever, de frapper le bureau, de s'emporter et de se calmer. Une solution vint à l'esprit du vieux fou et il semblait que Delnwë trouvait aussi la solution plaisante. Il souhaita amener quelques précisions pendant que le vieillard se préparait à parler de la solution drow. Et avant qu'il ne puisse amorcer la levée de son siège, une question fut posée qui l'interpella. La barbe blanche ferma l'œil droit et haussa le sourcil gauche.

"La magie s'occupe de la magie pendant que l'acier s'occupe de l'acier n'est-ce pas?"

Puis redevenant aussi sérieux que possible après cette petite sortie, il continua

"Vous n'avez sans doute pas eu le temps de voir Glinaina dans tous ses états et face à toutes les situations mon jeune ami. Et la magie est un domaine compliqué que les néophytes ne peuvent espérer maitriser avant de nombreuses années ... c'est sans doute une réaction à la trop grande dose de magie qu'elle a reçu au cours de sa très jeune vie mais ... désormais, lorsque la magie est simplement utilisée proche d'elle, son corps tout entier y réagit. Et lorsque la magie cible carrément Glinaina ... alors là, le résultat peut être dévastateur pour elle. Ne sachant pas si elle se trouve en ce moment même sur un champ de bataille, en mission ou en présence d'ami, je refuse de lancer vers elle ma magie sur une si grande distance, ce qui me demanderait une grande quantité d'énergie et rendrait mon sortilège suffisamment puissant pour la faire s'effondrer ou au contraire réveiller son côté ... enfin le côté que nous n'avons nullement envie de voir émerger de nouveau! Je peux au mieux, faire porter un message au seigneur Hereon. Glenn sait obligatoirement où elle se trouve ... je vous donnerai une missive, signé de ma main si vous le désirez, ainsi le maitre de Naelis pourra vous indiquer la voie à suivre, ou vous assurer de lui transmettre un message de votre choix. Je ne peux pas faire plus sur ce point."

Puis, une fois certain que Delnwë avait bien compris à quel point Nakor ne pouvait pas se permettre d'utiliser à direction de Glinaina une trop grande magie sans savoir ce qu'elle fait et prendre ainsi le risque de la gêner ou de la mettre dans une position fort délicate, il se leva et alla vers la fenêtre. Il parla de sa solution et la réaction ne se fit pas attendre, ne serait-ce qu'une demie seconde. Il explosa tout simplement. La première réaction de Nakor fut d'être un brin amusé, après tout, suite à un long discours sur le contrôle et la mesure, voilà que tout était envoyé en l'air. Et véritablement le simple mot drow mettait hors de lui le pauvre elfe, mais alors là, la Prime Sorcière, il était évident que Nakor y était allé fort. Puis il mit en doute la loyauté de la reine des sombres arcanes, et la capacité d'analyse de Nakor, puis sa capacité de réaction, puis ordonna que si cela se faisait, cela devrait se faire en sa présence, ainsi que celle de nombreux elfes, afin que la Prime Sorcière puisse se sentir en danger et obéisse alors vraiment aux ordres de sa grande majesté elfique Delnwë. Et enfin, les bras croisés donna son avis sur comment Nakor devait gérer la guilde du Firmament en lui demandant s'il avait au moins enfermé la pauvre folle drow. Et là, plus d'amusement, au fur et à mesure de la colère du l'elfe, c'est le vieux fou qui monta en pression et ... éclata! Sauf que, lorsqu'un mage presque millénaire, humain, bougon et archimage explosait, cela faisait toujours un peu plus de vent. L'ire du vieil homme ne fut point retenue. Un vent venu de nul part se leva sans attendre, semblant jaillir tout simplement du vieux bonhomme, des bourrasques si forte que personne ne pouvait y résister. Le bureau lui même s'envola et alla se fracasser sur le mur sur la droite de Delnwë et pendant que le pauvre guerrier subirait sans doute un placage en bonne et dû forme contre le mur derrière lui, le vieux fou hurla dans sa fureur

"Ne me prenez pas pour un magicien de pacotille!"

Mais voyant qu'il était sans doute allé un peu trop loin, la barbe blanche se calma en soufflant longuement mais en faisant les gros yeux. Ils restèrent donc là, en silence, haletant chacun pour reprendre leur droit sur leur corps et leurs émotions. Nakor hocha de la tête de droite à gauche et alla prendre une bouteille et deux verres dans l'armoire de gauche. Il vint s'assoir sur son siège et invita Delnwë d'un signe de tête à faire de même, en faisant couler le vin et en disant

"Et bien ... nous voilà deux imbéciles cherchant à apprendre à quelqu'un à maitriser sa colère alors que nous en sommes en finalité simplement incapable. Je vous demande de bien vouloir m'excuser, j'espère ne pas vous avoir fait mal, mais vous êtes jeune et musclé, votre dos n'a donc pas dû beaucoup souffrir. Tenez, buvez ceci, cela nous fera à tous les deux le plus grand bien."

Puis machinalement Nakor voulu reposer la bouteille sur son bureau, mais il était brisé.

"Rhooo!"

Puis d'un grand coup de tête, le bureau et ses morceaux vinrent se remettre en place, le bois épais du meuble se reformant sous la supplique magique du vieillard manipulateur des éléments naturels de la vie. Il posa donc la bouteille et continua

"Comme je vous l'ai dis plus tôt mais cela vous a peut-être échappé sur le coup ... j'ai bien dis que, si je devais faire appel à cette solution, cela serait avec une grande prudence, par explication de cette dernière sur la source du mal et les potentiels solutions. Et à la seule condition que je sois sur d'avoir absolument tout compris moi même, je ne proposerai à Glinaina cette solution qu'en dernier recourt. Croyez moi, je ne prends pas ça à la légère, j'ai personnellement combattu et tué l'ancienne Prime Sorcière drow, Aetherya, très puissante et peut-être plus dangereuse encore que ne l'est pour le moment celle qui est devenue mon bras gauche dans cette guilde. Nous avons fondé cette académie, cette école, autour d'une idée centrale et pilier : l'ouverture. La magie n'a pas de race Delnwë et chaque peuple peut faire progresser l'autre. Les quelques drows qui ont intégré notre guilde ont passé de nombreux tests et que cela vous plaise ou non, Y'Shahinn Nehleän a réellement intégrés les idéaux de notre guilde : nous voulons faire progresser la magie sur Miradelphia, sans aucun désir de domination, de tuerie, de meurtre ou de sang. Cela n'efface en rien son effroyable passé, je l'ai moi même combattu à une époque alors qu'elle était dans les troupes magiques au service de l'ancienne Prime Sorcière si je ne m'abuse et je sais ce qu'elle représente pour vous. Mais ici, ce n'est pas la sorcière infernale que vous avez connu. Nous avons chez nous des elfes, des humains et des drows qui cohabitent réellement, sans qu'il n'y ait de tuerie, de complot, d'assassinat et autre. Et vous n'êtes pas le seul à vouloir aider Glinaina mon ami, je le veux aussi et depuis plus longtemps que vous ... alors pensez-vous que je me risquerai à la soumettre à quelque chose qui pourrait lui être fatal? Allons Delnwë ... si vous ne faite pas confiance en Y'Shahinn, ce que je peux comprendre, vous me faite confiance quand même? Moiiii! L'ancien conseiller du roi Trystan, noble et juste envers son peuple, ami des elfes, des nains et des nobles de toutes les coins de notre beau monde, qui se bat depuis six cent vingt sept ans pour que la paix et l'entente entre les peuples voit enfin réellement le jour ... moiiiiii!"

Puis Nakor fit la moue, demandant un peu par l'humour et le sourire, que Delnwë lui concède au moins ça et perde un peu ce regard dévastateur qu'il avait depuis que le mot Y'Shahinn avait été prononcé. Comment diable la situation allait-elle évoluer avec cet elfe que Nakor trouvait finalement drôlement sympathique.
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MessageSujet: Re: Quand l'être cher nécessite la magie, le soldat cherche l'archimage [Nakor]   Ven 19 Juil 2013 - 12:39

Tout au long de ses explications et de son avis, l'archimage écouta, tantôt avec sérieux, hochant la tête à plusieurs reprises, tantôt avec une moue qui laissait à se demander s'il croyait, et même s'il écoutait l'elfe. Mais celui ci ne doutait guère qu'il fut au moins attentif. Il savait que les pratiquants de magie étaient capables d'une grande concentration, et sans forcément le montrer. Un archimage, vieux de plusieurs siècle, devait être très compétent en la matière, aussi le soldat poursuivit son récit sans s'arrêter. La solution fut tout du moins en apparence acceptée. Et puis la solution pour localiser la jeune elfe fut évoquée. L'archimage ne sembla pas vraiment être enclin à celle ci.

"La magie s'occupe de la magie pendant que l'acier s'occupe de l'acier n'est-ce pas?"

La phrase était lourde de sens mais avait pourtant été prononcée sur le ton de la légèreté. Toutefois, ce fut un hochement de tête de l'elfe qui l’accueilli. La magie était certes compliquée. Pas forcément davantage que d'autres choses, mais elle méritait que l'on s'y consacre entièrement. Tout comme le chemin des armes. L'humain expliqua alors que ce qui touchait Glinaina était encore plus sournois qu'il ne l'avait cru. Outre cette réaction à la colère, la magie y avait aussi quelques effets. La simple présence d'un peu de magie la mettait mal à l'aise. Inutile de préciser ce qu'un puissant sort pouvait faire, réveillant son maléfice et provoquant en elle un trop grand mal pour que cela en vaille la peine. Aussi Delnwë comprit que la solution pour localiser la jeune elfe par la magie était à exclure. Le magicien proposa bien d'envoyer une lettre de lui même, ou de l'elfe, au seigneur de Naelis pour prévenir Glinaina. Si celui ci savait ou elle pouvait se trouver, après tout, pourquoi pas? Mais cette méthode risquait hélas d'être plus longue. Pourtant, c'était manifestement le seul moyen, alors...

«Bien alors nous ferons ainsi. Je vous laisse rédiger cette missive, vous serez plus à même de contacter le seigneur de Naelis que vous semblez connaitre.»

Et puis l'archimage évoqua la sombre. La prime sorcière. Une engeance, un affront en ces murs. Et plus encore, une menace véritable. Voilà pourquoi il réagit avec tant de soudaineté et de colère, lui qui quelques instants plus tôt se disait capable de se contrôler. Lui qui pensait avoir compris comment éviter de s'emporter dans les pires moments. C'était hélas trop pour lui. Il détestait les sombres, comme les siens, plus que les siens. Mais l'idée de la présence d'une sombre manipulatrice des arcanes, ancienne prime sorcière, aussi puissante que cela, dans les murs de ce bastion l’écœurait. Et il refusait catégoriquement qu'elle puise ne serait-ce que poser le regard sur celle qu'il désirait protéger. Il ne pouvait tolérer qu'elle puisse agir ainsi sans sa présence et celle de plusieurs des siens qui seraient à même de la contenir. Non qu'il mit en doute la puissance de l'archimage... Mais c'est ce qu'il voulut bien comprendre. Le sourire et le visage amusé fit place à une colère jusqu'alors contenue. Un vent puissant se leva, semblant émaner du magicien humain lui même. Il n'avait manifestement pas toléré qu'on le remette en question, ni sa puissance ni ses décisions. Le bureau qui jusqu'alors avait résisté aux coups s'envola pour aller se fracasser contre le mur. L'elfe tenta bien de se tenir sur ses pieds mais la soudaineté et la puissance de cette réaction l'envoya lui même contre un mur, plaqué sans pouvoir se déplacer. Mais il n'était pas vraiment inquiet, seulement impressionné. Le magicien, aussi puissant fut-il, n'avait guère d'intérêt à le voir périr. Il avait même beaucoup à perdre.

"Ne me prenez pas pour un magicien de pacotille!"

Cette phrase, prononcée d'une voix puissante au milieu des bourrasques, fit résonner les entrailles du soldat elfe. Le visage de celui ci était partagé entre crainte et contrariété. Le vieux mage avait-il donc perdu toute raison et lucidité pour agir ainsi? Il était puissant certes mais faisait en cet instant preuve d'une perte de contrôle peu rassurante. Mais n'était ce pas ce qui lui était arrivé à lui aussi, quelques instants plus tôt? L'archimage finit par retrouver son calme, le vent retombant, les restes du bureau se fracassant sur le sol, et l'elfe manquant de chuter sur le sol, se réceptionnant tant bien que mal sur ses jambes. Les deux êtres se firent face un moment, cherchant leur souffle suite à leur réactions d'emportement. Delnwë eut même un léger sourire, chose plutôt rare. La situation était en fait plutôt ironique. Deux êtres qui se disaient supérieurs en matière de contrôle, capable de contenir bien des choses, davantage que leurs congénères... Et qui venaient de se donner en un spectacle pour le moins ridicule. Ironique et affligeant. Ayant presque reprit son souffle, le soldat elfe reprit sa pause droite, et son visage se refit plutôt neutre. Le mage hocha de la tête en signe de compréhension, puis cherchant de droite et de gauche, saisit une bouteille et deux verres d'une armoire, avant de s'asseoir, d'inviter l'elfe à en faire de même, et de servir deux verres de vin. Puis il évoqua lui aussi le ridicule de ce qui venait de se passer, s'excusant même, chose surprenante, lui qui avait dit ne presque jamais le faire. Mais il semblait avoir foi en la résistance physique du soldat... qui avait été tout de même bien éprouvée.
Le mage voulu alors reposer la bouteille sur l'endroit ou était son bureau avant son emportement. malheureusement, il n'en restait plus grand chose, les débris étant étalés conte un mur. L'archimage eut un petit rechigne ment avant de recomposer le meuble de sa magie pour finalement y reposer la bouteille. Delnwë se saisit de son verre et humecta ses lèvres du breuvage. Il était bon, légèrement fruité, et permettrait de remettre la conversation dans la bonne voie.

«Vous n'êtes pas le seul à devoir vous excuser. Ma... rancoeur à l'encontre des sombres a souvent tendance à brouiller mon jugement. Je suppose que si vous avez en vos murs une telle personne, vous savez ce que vous faites, du moins je l'espère. Loin de moi l'idée de vous remettre en cause. C'est juste que je me méfie des sombres, ils sont capables des pires malices et de cacher un certain nombre de leurs pensées. Mais n'en parlons plus.»

L'humain évoqua alors les différents événements qui l'avait amené à se confronter à la magie sombre. Il avait déjà tué une prime sorcière, et pensait avoir affronté celle qu'il hébergeait, se considérant comme apte à la maitriser. De plus, il semblait confiant sur le fait qu'elle soit en accord avec l'objectif de son organisation: rendre à la magie son aspect bienfaiteur sur cette terre. Un hochement de tête accueilli cette explication. C'était là aussi la vision de Delnwë. La magie était une entité puissante qui ne devait être utilisée que dans le seul but de rendre le monde meilleur qu'il ne l'était déjà. Pas de servir les dessins de dominations et de destructions des seuls individus aptes à la maitriser. Mais bien trop l'oubliait. Bien nombreux étaient ceux ne pensant qu'à leur propre personne. Et il en découlait bien des tragédies. L'archimage expliqua qu'il comprenait alors que l'elfe ne put faire confiance à la sombre. C'était après tout dans l'ordre des choses. Mais il expliqua qu'il souhaitait depuis de nombreuses années déjà sauver lui aussi Glinaina, et qu'ainsi il souhaitait que le soldat elfe s'en remette à son jugement, et lui fasse confiance, à lui. Puis il attendit, une moue intrigante. Delnwë observa un long moment de silence, observant Nakor sans un trait d'émotion sur son visage. Il cherchait à comprendre, à savoir quelle pouvait être la meilleure décision. Jadis, son maître lui avait appris que de la précipitation ne découlait que de bien mauvaises décisions. Il fallait prendre le temps de comprendre avant de choisir. Et c'était ce qu'il faisait. Le choix était complexe et pourtant était-ce bien un choix? Pas vraiment, il savait ce qu'il devait faire. Même si cela ne lui plaisait qu'à moitié. Poussant un soupir, il reprit la parole.

«Je suppose que votre expérience et le fait que nous poursuivions un but commun sont tous les deux des gages de votre honnêteté, dont je n'ai jamais douté. Je ne ferais jamais entièrement confiance à aucun sombre sur cette terre, et j'émets encore quelques doutes sur cette méthode, mais vous me semblez assez sage pour savoir ce qu'il en est, d'autant que cette méthode, vous l'avancez comme étant un ultime recours, non une étape prochaine et inévitable. Je m'en remets donc à vous sur ce point. Mais si vous le permettez, j'aurais tout de même quelques exigences.»

Marquant une nouvelle pause, l'elfe n'en attendit pas pour autant que l'archimage puisse s'exprimer avant de poursuivre.

«La première est évidente, et je l'ai déjà évoqué. J'aimerais être tenu au courant de l'évolution de la situation de celle que nous cherchons à sauver. Il n'est rien qui me tienne plus à cœur que la réussite de tout cela. Mais sans doute cette exigence ci vous semble-t-elle évidente. La seconde serait que je puisse me rendre quand je le désire auprès de Glinaina pour la solution que nous avons évoqué. Ce qui suppose que je puisse éventuellement venir me représenter en ces lieux pour cela, si c'est nécessaire. Je n'entends pas vous forcer la main ni faire de vous un hôte obligé. Vous pouvez refuser, c'est votre droit. Mais je ne fais cela que dans l'intérêt de Glinaina, non pour amener quelque trouble que se soit en vos murs.»


Ces deux premières exigences étaient certes les plus faciles à comprendre et à accepter. La suivante risquait d'être bien différente.

 «Enfin, je souhaiterais rencontrer les deux personnes que vous présentez comme vos aides et vos conseillers. Oui, vous m'avez bien entendu. Si je dois collaborer avec vous et les vôtres, je tiens à pouvoir rencontrer cet elfe que vous avez évoqué... ainsi que cette sombre en qui vous semblez avoir confiance. Je ne demande pas à ce que cela se fasse en cet instant ni aujourd'hui, cela dépend de vos impératifs et des leurs. Mais je pense que c'est nécessaire. Je ferais mon possible pour ne point m'emporter... et il semble de toute manière que vous soyez à même de pouvoir me contenir si besoin est.»

La dernière phrase fut accompagnée d'un haussement de sourcil. Bien sûr que le mage le pouvait. Il avait probablement déjà dû contenir bien pire que l'elfe qui lui faisait face. Delnwë attendit donc la réponse de l'humain. Quelle qu'elle fut.
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MessageSujet: Re: Quand l'être cher nécessite la magie, le soldat cherche l'archimage [Nakor]   Jeu 25 Juil 2013 - 12:05

L'elfe avait hoché délicatement et lentement la tête, il semblait donc d'accord avec cette grave assertion, prononcé sur le ton de la légèreté. En effet, pour bien comprendre toutes les implications des arcanes, il fallait être mage. Ce que les non mages voyaient quand un sortilège était mit en route n'était que la concrétisation de choses beaucoup plus compliquées en réalité. Tout comme un combat à l'épée, qui nécessitait une concentration à toute épreuve, une attention puissante et des réflexes ne pouvant être acquis que par une longue pratique. Le sorcier proposa ensuite de rédiger lui même un courrier à l'intention de Glenn Hereon, celui lui permettrait de saluer le maitre de Naelis et en même temps de lui demander un peu d'aide pour retrouver Glinaina plus aisément. Comme pour confirmer tout cela, Nakor se saisit d'une plume qu'il trempa dans de l'encre d'un bleu profond et chercha de l'autre main, un parchemin vide de toute écriture. Il trouva machinalement ce qu'il cherchait et fit gratter la plume. Tout en rédigeant la lettre, il écouta avec attention ce que Delnwë avait à dire et lui répondait

"A l'attention de Monseigneur Hereon, mon cher ami,

    Je me permets de vous joindre cette missive, afin de solliciter votre aide. J'ai à mes côtés un elfe du nom de Delnwë Iridwen, un ami de Glinaina que nous connaissons tous les deux. Il me semble qu'il serait apte à apporter une aide non feinte à celle qui est dans vos rangs! J'espère donc que vous serez capable de lui indiquer où trouver cette chère enfant de la forêt. Avec toute ma confiance et mes pensées.

Magiquement votre,
Nakor
Magistère du Firmament"



Nakor plia la lettre et répondit aux questions de Delnwë en parlant de drows. Il se passa ce qu'il se passa, beaucoup de colère, plus aucun contrôle de soit, d'aucun des deux côtés. Ni chez l'elfe par habitude si calme, ni chez le vieux magicien, qui vantait plus tôt les mérites de la forte concentration des sorciers et de leur implacable contrôle de soit. Le calme revint et chacun se jaugea avant que des excuses soient présentées. C'est Nakor qui commença et offrit à boire à Delnwë. Ce dernier accepta et présenta aussi quelques excuses. Le sorcier se mit à sourire et ajouta à sa suite

"Ne vous en faite pas mon jeune ami, je comprends très bien, vous avez passé votre vie à combattre les drows, dans vos propres murs et à l'extérieur. On ne peut ainsi éteindre une rancœur d'une si grande puissance, avec un si lourd passif. Mais en effet, si je me suis lancé dans une telle voie, avec une telle compagnie c'est que j'ai quelques idées sur ce que je fais!"

Puis Nakor se mit à glousser, comme si rien ne s'était passé, comme si quelques dizaines de secondes plus tôt, il n'avait pas déchainé l'élément vent dans son bureau et avait manqué de broyer la colonne vertébral du fringuant guerrier elfique. Quelques instants passèrent sans qu'aucun des deux protagonistes ne prenne la parole. Delnwë semblait se plonger dans une réflexion profonde, pendant que Nakor observait l'elfe et attendait de voir ce qui allait en découler. Puis vinrent des précisions et des conditions. Pendant qu'il les énumérait, Nakor se passait la main droite sur la barbe en écoutant avec une grande attention. Il ne fallait pas qu'il parte de nouveau en vrille et que la colère remonte. Mais finalement le vieil homme n'eut nullement besoin de chercher à garder une maitrise parfaite de ses émotions, l'elfe avait prit un chemin très procédurier, respectueux et logique. Nakor se mit à osciller de la tête, de haut en bas, non pas pour dire oui, mais pour signifier à son auditoire qu'il écoutait. Ainsi il voulait être tenu au courant de la suite des événements, ce qui incluait une possible porte ouverte de l'Aurore quand bon lui semblerait. Puis il y eut une hésitation, qui fit froncer les sourcils du Magistère avec cette petite pause. Et ayant peur du pire, il écouta, un œil fermé tant son sourcil droit était froncé. Puis il se mit à souffler longuement et prit la parole.

"Bien ... euu Delnwë c'est ça? Oui ... oui c'est ça ... reprenons les choses dans l'ordre. Vous tenir au courant de l'évolution de la situation et de l'état de Glinaina. Avec plaisir, sauf que chercher à vous joindre mentalement alors que vous êtes de l'autre côté du monde, par image mental, ne sera pas des plus efficaces, surtout sur cette distance où, votre esprit n'étant pas habitué à la magie, vous n'auriez pas grand chose qui arriverait dans votre tête. Entre Naelis et l'Anaëh, il y a de la distance et beaucoup d'elfes! Mais votre deuxième condition rend les choses possibles : le Firmament ouvre grand ses portes aux gens qui ne lui veulent pas de mal, qui ne pratiquent pas les arts noirs et qui ne veulent nullement guerroyer contre nous. Alors oui, rendez moi visite aussi souvent que l'envie vous en prend. Vous ne me verrez jamais ici comme un hôte obligé, mais comme un ami qui en reçoit un autre avec plaisir."

Nakor se mit à sourire et hocha vigoureusement la tête pour assurer Delnwë de sa sincérité.

"Quand à la troisième condition et bien ... "

Nakor se leva très soudainement, saisit un morceau de parchemin, griffonna quelques mots dessus et le plia, d'abord en deux par le milieu, puis ramena les bords d'un seul côté, vers le pliage, ce qui créa une sorte de flèche. Ensuite il se saisit de chaque moitié et la plia en deux une fois de plus. C'était un drôle d'engin qu'il tenait là dans les mains, avec une surface horizontale, séparé par un nivellement dont un des deux bouts était en pointe. Nakor s'approcha de sa fenêtre et jeta l'édifice dehors en tendant la main. Il activa ses pouvoirs et le drôle de parchemin glissa dans l'air, fit une volte face, se dirigea avec vigueur vers le bas, puis redressa subitement et entra par une autre fenêtre, plus bas dans l'Aurore. Cela disparut donc à la vue de tous et Nakor dit tout haut, sur un ton très jovial

"Dans le mille!"

Puis il se retourna et continua

"Je peux déjà vous dire que celle que vous aimeriez sans doute rencontrer le plus sur mes deux comparses n'est pas présente. Elle avait à faire en Ithri'Vaan et ne sera de retour que d'ici quelques jours."

Puis Nakor reprit place dans son siège avant de continuer

"Mais pour Celindel de Delebrimir, un de vos frères, il n'en est pas de même! Il est présent dans nos murs. Il devrait être là sous peu!"

En effet Nakor avait envoyé son avion en papier dans la tête de Celindel, afin que celui-ci voit son message le plus rapidement possible. Un message fort simple et bref

"Celindel, j'ai besoin de te voir maintenant! Dans mon bureau!"

Mais d'un seul coup, Nakor commença à se dire qu'avec ces deux là réunis, la situation allait pouvoir continuer de digresser encore longtemps. Si Celindel voulait s'informer et s'intéresser au problème d'une jeune elfe déjà suffisamment entourée comme ça, Nakor n'était pas sorti de la taverne! Et afin de combler le temps que Celindel allait prendre pour monter jusqu'au sommet de la tour, Nakor termina ainsi

"Mais je vous ferai rencontrer Y'Shahinn avec plaisir, en temps voulu et ... oui, je m'assurerai qu'un certain niveau de contrôle soit conservé entre nous tous ici!"

Nakor était souriant mais un brin énigmatique. Ce qui n'avait sans doute rien pour rassurer Delnwë.
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MessageSujet: Re: Quand l'être cher nécessite la magie, le soldat cherche l'archimage [Nakor]   Dim 28 Juil 2013 - 16:01

L'archimage sembla être en accord avec l'idée d'avertir le dirigeant de Naelis. Au fond, n'était-il pas le chef et supérieur de la jeune elfe? Il était probablement le plus à même de savoir où elle se trouverait sans usage de la magie. Cette idée ne lui plaisait guère, car même s'il avait quelque estime pour certains humains, il avait davantage confiance dans les siens. Or savoir le sort de cette elfe entre les mains d'un humain ancien mercenaire... Il était disposé à offrir une confiance, quoique loin d'être totale, à l'archimage. Mais il était bien plus réticent en ce qui concernait cet ancien mercenaire qui avait mené bataille et était désormais le seigneur et dirigeant de la cité de Naelis. Pourtant, Glinaina comme Nakor l'avaient décrit comme un homme de bien, un homme de confiance. Et comme il n'avait guère le choix, il s'en remit à leur jugement. Le magicien saisit une plume qu'il trempa dans une encre aux reflets bleus, et de l'autre un parchemin, puis rédigea un écrit que le soldat ne chercha même pas à lire. Quoique la curiosité fut un de ses traits, comme la majorité de ceux de son peuple, il savait à quel moment celle ci était malvenue, et c'était là le cas. Aussi laissa-t-il le magicien humain achever sa missive, et la plier. Sans doute l'enverrait-il prochainement. Naelis était proche et le pli ne serait pas long à arriver à son destinataire.

Lorsque après leur emportement vinrent les excuses, l'archimage sembla les accepter, et les comprendre. Comprendre du moins partiellement cette rancœur des sombres, ces êtres abominables et dénués de toute compassion. L'elfe s'était d'ailleurs excusé de son comportement emporté et d'avoir pu douté de Nakor, mais en aucun cas il ne s'était excusé pour les propos envers les sombres. Ceux ci étaient pensés, prononcés en toute franchise. Pourquoi s'excuser de ce que l'on pense? De toute manière, cet humain pouvait certes en saisir l'essence, mais pas l'intensité ni la rancœur. On ne pouvait comprendre un tel sentiment que lorsqu'on avait vu les horreurs que ceux ci pouvaient proférer. Et lorsque ces horreurs s'étaient abattues sur des proches.

L'elfe passa sur ce sujet, et énuméra les conditions qui seraient requises pour qu'il puisse s'en remettre à l'archimage. Ce dernier écouta, avec des hochements de têtes. Était ce pour approuver ou simplement signe d'écoute? Peut être les deux. Toutefois, il allait sans doute exprimer son opinion sur ces diverses conditions. Certaines n'étaient certes pas contraignantes, mais d'autres en revanche... Le magicien accepta les deux premières conditions, tout en émettant toutefois quelques remarques. La distance, le fait d'être non habitué à la magie, et la difficulté simple du contact lui aussi inhabituel entre les deux êtres rendaient, à ses dires, la communication magique impossible. Delnwë n'était certes pas pratiquant de magie mais il se doutait de ce fait qui relevait davantage du bon sens. A vrai dire, il n'avait guère pensé a cela, mais il laissa finir le magicien avant de répondre. Celui ci acceptait volontiers de lui ouvrir ses portes. Il avançait que celles-ci restaient ouvertes à toute personne non hostile, sans désire de venir répandre la guerre ou pratiquant les arts de la magie noire. L'elfe failli rétorquer que c'était le cas des sombres, et qu'il en hébergeait plusieurs en ce lieu, mais il tint sa langue, quoi qu’avec difficulté. Le sourire sincère et franc de l'archimage l'aida et le rassura sur le fait que s'il ne cherchait pas les ennuis et qu'il ne s'énervait pas à nouveau, il aurait ici toute l'aide qu'il recherchait. Aussi valait-il mieux éviter l'emportement inutile.

L'elfe n'eut guère le temps de répondre que l'archimage évoqua la troisième solution. Enfin, évoqua... Il se contenta d'en parler avant de saisir un parchemin, d'y noter quelques mots, avant de se livrer à un curieux exercice de pliage. L'elfe observa, sans rien perdre, observant chaque mouvement comme pour être capable de s'en rappeler au mieux. Le résultat fut plutôt inattendu, étrange et surprenant. Son créateur se leva, puis se dirigea vers la fenêtre et lança son assemblage dans les airs. Puis il observa un moment, avant de pousser une exclamation joyeuse. La seule réaction de Delnwë fut un haussement de sourcil. S'il n'était pas fou, cet humain avait tout de même des comportements très inhabituels. Ce dernier lui expliqua que la sombre était actuellement absente, et qu'elle était quelque part en Ithri'Vaan pour une quelconque mission. Il fallait espérer que ladite mission ne concerne pas Glinaina, car cela pourrait être sujet à de nouveaux emportement de la part du soldat. Le magicien poursuivi en expliquant que son autre compagnon, l'elfe au nom de Celindel de Delebrimir, était en revanche présent en ces murs, et qu'il pourrait bientôt le rencontrer. Avant d'ajouter qu'il se ferait un plaisir un jour de présenter la sombre à Delnwë. Ironie et humour malvenu, ou sincérité? En tous les cas, la seule réaction de l'elfe fut de rester de marbre. Il se pressa d'ailleurs de changer de sujet.

«Lorsque j'évoque le fait que vous me teniez au courant de l'évolution des choses, je n'entendais pas forcément par votre art magique. Il existe des voies plus conventionnelles, comme celle que vous avez utilisée pour contacter le seigneur de Naelis. La distance entre Anaëh et ce lieu est certes grande, mais en quelques jours seulement un messager peut venir me trouver. Bien évidemment, il serait bon que ledit messager ne soit pas humain s'il ne veut point craindre pour son existence. Je ne suis pas de ceux portant préjudice aux vôtres, mais je ne puis répondre de l'ensemble de mon peuple. Toutefois, un oiseau pourrait très bien servir de coursier, vous devez bien en disposer, non?»

La question était feinte, évidemment. Même si l'archimage de disposait pas d'oiseaux voyageurs, il lui serait facile de s'en procurer.

«Quoi qu'il en soit, je vous remercie de m'autoriser à franchir vos portes quand je l'estimerais nécessaire. Je ferais de mon mieux pour ne pas vous importuner, mais vous comprenez que l'état de Glinaina est ma seule motivation. Une fois celle ci de nouveau elle même, je ne vous dérangerai plus guère, ne venant que pour vous porter le salut, ou si le besoin se faisait ressentir, que se soit moi qui ai besoin de vous, ou vous de moi, cela va de soi.»

Ce n'était pas un "si", mais bien un "quand". Il ne doutait guère de la guérison de la jeune elfe. Enfin... il n'en était pas sûr, mais voulait croire que cela serait. Il était prêt à beaucoup, et n'était pas le seul. Devant l'étendue du savoir de ceux qui voulait sa guérison, cela ne pouvait qu'être réalisé. Il ne pouvait en être autrement.

«Mais dites moi, vous m'avez évoqué la venue de votre assistant elfe. Serais-ce osé de ma part de savoir comment vous avez pu le rencontrer? Vous m'avez évoquée la sombre, mais non ce représentant de mon peuple, que je sais d'ailleurs gré d'être içi. J'avoue avoir grand hâte de le rencontrer...»
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MessageSujet: Re: Quand l'être cher nécessite la magie, le soldat cherche l'archimage [Nakor]   Mar 6 Aoû 2013 - 20:39

Ce jeune guerrier elfe allait décidément au plus important, sans perdre de temps. C'était une qualité que les mages appréciaient chez les autres mais surtout pas chez eux même. Les sorciers aimaient tourner autour du pot, faire deviner, faire réfléchir, mais ils n'aimaient généralement pas perdre leur temps. Il préférait donc discuter avec quelqu'un qui allait droit au but, cela permettait aussi de vérifier que les interlocuteurs des sorciers réfléchissaient correctement. Tout faisait ici que le maitre de la guilde était de plus en plus content de connaitre et de sympathiser avec Delnwë. Il évoqua quelques points sombres et termina par une question qui était une évidence au ton de sa voix. Sans trop savoir pourquoi, Nakor passa en elfique pour répondre, dans une énonciation parfaite

"Nous sommes en des jours si sombres qu'un humain ne peut plus pénétrer dans les territoires voisins sans risquer pour sa propre vie, alors qu'il n'est doté d'aucune velléité malveillante. Tant de destruction et de haine ont mené à ce triste résultat que plus aucune confiance n'est accordé à aucun des peuples vers un autre."

Nakor avait dit cela tout haut alors que ça n'était qu'à sa propre destination finalement. Faisant claquer ses lèvres, il reprit la conversation, en langage du roi.

"Nous sommes en train de terminer le dressage de nos messagers ailés en effet Delnwë. Mais pour que ce genre de choses puisse réellement se faire, il faut un point de départ reconnaissable et surtout un point d'arrivé. Si la première chose est d'une évidence frappante, la deuxième l'est beaucoup moins. Je n'ai finalement plus qu'un seul ami digne de confiance dans le peuple elfique, qui tient sa résidence au sein de la forêt, c'est Timérion Adantar, nous nous connaissons depuis fort longtemps. Autrefois j'avais un accès auprès de l'académie de magie elfique, avec mon ami Beren Telperien, mais ce temps là est révolu, paix éternel à son âme. Je pourrai donc faire parvenir un message auprès du Seigneur Protecteur de l'Epine Dorée. A vous de vous mettre en relation avec lui, de le visiter ou de trouver un moyen de vous tenir rapidement informé si jamais je vous fais parvenir un tel message."

Nakor offrait toutes les possibilités, mais avec des limites, Delnwë l'avait très bien dit, les humains n'étaient pas les bienvenus, de même que leurs messages sans doute, et aucun oiseau quel qu'il soit ne pourrait retrouver un seul homme, il fallait un palais, une tour, une habitation. Et Nakor en disposait de bien peu dans le monde elfique. Timérion n'était pas non plus dérangeable à souhait. Mais c'était sans doute là la seule solution réelle à ce petit problème de communication sur longue distance. Il entendit la proposition suivante et hocha tranquillement la tête, son bon sourire sur le visage.

"Je prends bonne note de votre proposition d'échange mutuel et d'entre aide, nos jours sont tels qu'il est bon de pouvoir émettre ce genre de proposition entre deux gens de peuples distincts Delnwë."

Et machinalement Nakor tendit la main, espérant que l'elfe accepterait de la serrer. Le vieux fou, pour son âge très avancé, avait toujours eu la poignée franche et mettait une force notable dans le serrage de main. Puis il fut temps de parler de Celindel. Il tiqua un peu et se mit à sourire

"Attendez de le voir d'abord!"

Puis il se mit à glousser comme le vieux cinglé qu'il était.

"Celindel de Delebrimir n'est pas mon assistant, vous le froisseriez en usant de ce terme, il est un collaborateur très important du Firmament, nous prenons toutes nos décisions ensemble, les trois races unis. Mais là n'est pas l'important. Nous nous sommes rencontrés voilà une dizaine d'année pour peu, alors que, philosophe et écrivain reconnu de son état, il organisait une soirée des esprits. Une invitation émise à l'attention de toutes celles et ceux qui désirait ajouter leur esprit à une réflexion sur le monde. Toutes les races étaient présentes, nous avons discuté ... certes un peu de manière stérile au bout d'un moment. Mais tout à la fin il ne resta plus que moi et mon cher Altiom dans la maison de Celindel. Nous avons partagés nos points de vue et nous nous sommes rendu compte que, s'ils étaient légèrement divergents, ils n'étaient pas incompatibles du tout. La folle idée de créer cette guilde est née ce soir là. Nous avons vécu d'autres aventures et après une fouille auprès des ruines de Nisetis, nous avons rejoint le seigneur Hereon et obtenu de lui ce château contre écus sonnants et trébuchants. Nous nous sommes alors lancés dans ce projet d'ouverture, d'union, de paix et de savoir. Mais de votre côté vous avez vous même peut-être entendu parler du Millénarium dans votre forêt, puisque voila longtemps qu'il arpente cette terre et il a de son côté, écrit de nombreux ouvrages. Mais il ne devrait pas tarder, son bureau n'est pas loin du mien."

Il serait de bon ton que Celindel entre maintenant dans la pièce, car de toutes les façons, ils avaient réglés le plus de points possible et l'entretien touchait donc à sa fin.
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Delnwë Iridwen
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MessageSujet: Re: Quand l'être cher nécessite la magie, le soldat cherche l'archimage [Nakor]   Lun 26 Aoû 2013 - 17:34

Même si le magicien était des plus énigmatiques, l'elfe pu constater qu'il prenait plaisir à discuter avec lui. Du moins était ce l'impression qu'il avait. Certes, les impressions étaient parfois trompeuses. D'autant plus lorsqu'il s'agissait d'un pratiquant de magie âgé de plus de six cent ans. Mais tout de même. S'exprimant dans le langage du beau peuple, même si avec un accent très léger, l'archimage s'exprima sur les tensions entre les divers peuples. Il était vrai qu'en ces temps de troubles, les races s'opposaient les unes aux autres. Toutefois, le peuple elfique n'avait guère provoqué ces rancœurs de son point de vue. Les sombres étaient venus envahir leurs terres, détruire leurs édifices et tuer les leurs. C'était donc la cruauté et la malveillance de ces engeances qui avaient déclenché cette nouvelle guerre. La rivalité des peuples durait depuis toujours. Mais les sombres ne pouvaient la reprocher à personne d'autre qu'à eux même. Quant au peuple humain, leurs travailleurs ne cessaient de venir abattre les arbres de la prime forêt, dans leur envie d'expansion, de pouvoir et de grandeur décadente. Ces fous ignorants ne juraient que par la guerre et la violence. Ils se prétendaient en droit de revendiquer telle ou telle terre sous un prétexte futile. La terre appartenait à ceux qui y résidaient. Kÿria avait offert l'Anaëh à ces enfants. Aucun homme quel qu'il fut ne pouvait s'opposer à cela. Et un jour, leur folie leur coûtera bien cher.
Alors que les pensées de Delnwë cheminaient ainsi, il écouta l'explication de son hôte. Il disposait, ou disposerait très prochainement, de messagers ailés, mais devait pour s'en servir pouvoir avoir un point de départ et d'arrivée. Celui de départ était d'une réelle évidence. Mais pour celui d'arrivée... Il évoqua le seigneur Protecteur Timerion Adantar, qu'il disait connaitre depuis longtemps. Delnwë ne le connaissait quant à lui que de réputation. Il n'avait pas eu jusqu'alors l'occasion de le rencontrer. Mais si le magicien cherchait réellement un point d'arrivée...

«Cette solution semble en effet être bonne dans un premier temps, même si je n'ai jusqu'alors pas eu l'occasion de rencontrer le seigneur Adantar. Mais sachez que rien ne vous empêche de faire parvenir vos messages jusqu'à moi si besoin est. Cela devra se faire sur le temps, évidemment, et il serait bon que ce soit moi qui vous fasse parvenir le premier message, afin que le messager connaisse déjà la route. Mais cette voie serait plus directe. Enfin, je suppose que dans les premiers temps, il me faudra pouvoir contacter le seigneur de l’Épine dorée. Ce n'est certes pas tout à coté de ma demeure ou de là ou je réside lors de mes fonctions, mais ce n'est guère un problème. Cheminer en Anaëh est une chose que j'apprécie. »

L'archimage acquiesça ensuite à la proposition d'entraide mutuelle. C'était normal, aux yeux de l'elfe. Tout service méritait un retour. Si toutefois la personne qui accomplissait la première tâche s'en montrait digne. L'humain était depuis longtemps affairé à aider la jeune elfe, aussi cela suffisait amplement au soldat.

«Nos peuples sont certes distincts, et certains des vôtres agissent avec beaucoup moins de courtoisie et de sagesse, pour ne pas en dire davantage. Toutefois, je ne suis pas ici pour faire le procès de votre peuple, et vous m'avez prouvé, du moins partiellement, que vous n'êtes pas de ceux là. Je pourrais dans un avenir plus ou moins proche, intercéder en partie en votre faveur pour que vous puissiez vous rendre en certaines partie d'Anaëh. Cela ne sera certes pas immédiat. Je ne fais qu'évoquer l'idée, mais elle ne sera pas applicable pour l'instant. Vous comprendrez que je ne vous accorde confiance que dans l'affaire qui nous concerne pour le moment. Autoriser un humain, aussi sage soit-il, à entrer en notre territoire demande des preuves un peu plus avancées. Je ne vous remets pas en doute, je joue simplement de prudence pour éviter de froisser l'un ou l'autre parti, ou de commettre une bévue. Mais puisque vous semblez déjà connaitre un puissant seigneur parmi les miens, et que vous commencez à m'être amical, c'est quelque chose qui pourra un jour être envisagé.»


Après tout, pourquoi pas? Si l'archimage parvenait réellement à aider dans la guérison de Glinaina, ses pouvoirs et ses connaissances pouvaient s'avérer très utiles dans la préservation et la protection du peuple elfique.  Il disait que son organisation était des plus neutres, or la volonté de guérir et de se protéger ne perturbaient en rien cette neutralité. Ce serait donc un gain pour chacun, un partenariat où chacun y trouverait un avantage. Aussi Delnwë n'hésita pas à prendre la main tendue du vieil homme. Si la poigne du mage était solide et franche, celle de l'elfe était emplie d'une force de vie, comme un lien venant sceller le début de quelque chose qui pourrait, un jour, s'avérait fort et profitable à chacun.
Lorsque l'archimage entendit parler de son partenaire elfe, il sembla tiquer un instant. Puis il lui expliqua l'histoire de cet elfe depuis leur première rencontre, et la naissance de l'idée de cette organisation de magie. Il semblait qu'elle soit dirigée par les trois individus, sans que l'un ne domine les deux autres, une sorte de partenariat à trois. Si le fait que l'elfe soit au même niveau que l'humain était une bonne chose, l'idée qu'une sombre puisse elle aussi librement influencer cette organisation déplaisait intérieurement à Delnwë. Même si l'archimage prétendait que celle ci était désormais "neutre", elle n'en restait pas moins sombre. Leur future rencontre lui en dirait davantage...

"Mais de votre côté vous avez vous même peut-être entendu parler du Millénarium dans votre forêt, puisque voila longtemps qu'il arpente cette terre et il a de son côté, écrit de nombreux ouvrages. Mais il ne devrait pas tarder, son bureau n'est pas loin du mien."


L'elfe prit une mine songeuse.

«Le Millénarium dites vous? Non, je crains que cela ne me dise rien. Toutefois, je ne prétends pas tout savoir, même sur mon propre peuple, aussi se pourrait-il que j'en apprenne davantage sur cela en ce jour. Peut être, en attendant qu'il arrive, pourriez vous m'en dire davantage? A moins que ma demande de le rencontrer ne soit malvenue, peut être est-il trop affairé pour cela. J'ai plusieurs fois entendu dire que les pratiquants de magie avaient tant à étudier que leur temps était plus précieux que l'or lui même. Je suis toujours méfiant sur ce genre de propos, mais ils ont souvent un fond de vérité

La déclaration de l'elfe se teinta d'une légère intonation d'humour. Oui, les elfes aussi étaient capables de plaisanterie... Ce que les humains ignoraient bien souvent.
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Nakor
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MessageSujet: Re: Quand l'être cher nécessite la magie, le soldat cherche l'archimage [Nakor]   Lun 9 Sep 2013 - 20:36

La conversation avait mené bon train et d'un elfe plutôt réticent à l'idée même de s'adresser à un humain, on était passé après une longue conversation, à un elfe éveillé à l'idée que tous les humains n'étaient pas à mettre dans le même panier. Si déjà une telle idée avait pu faire son chemin, alors le vieil homme n'avait pas tout perdu et cela signifiait aussi que le monde non plus n'était pas perdu. Se lissant les moustaches, Nakor acquiesça après la première réponse et termina ainsi cette partie de la discussion

"Nous avons donc nos premiers points d'ancrages mon jeune ami. Par la suite, vos capacités d'elfes sont sans aucun doute bien plus brillante que les miennes en se qui concerne l'apprentissage aux animaux de notre monde, les enfants de la nature. Vous améliorerez alors à votre convenance notre mode de communication, je m'y adapterai sans peine."

Puis, le temps s'écoulant, la philosophie venant, la discussion se tourna en direction des luttes actuelles et de l'impossibilité pour les races de pouvoir s'approcher et se visiter l'une l'autre. Avec une espièglerie sans fin dans le regard, et un sourire allant au minimum d'une oreille à l'autre, le vieux fou se mit à glousser. Pendant qu'il sautillait sur place en pouffant de rire il administra jovialement

"Je vous remercie de votre obligeance Delnwë mon ami, mais il s'avère étrangement que l'on éprouve bien du mal à m'empêcher d'aller là où j'ai réellement envie d'être, et ce, depuis fort longtemps déjà!"

Puis il se permit de rire, non pas par moquerie des remarques et des avertissements du noble guerrier elfe qui se souciait de la santé du vieillard, non, mais parce que tant de fois dans sa vie, il s'était retrouvé précisément là où il ne fallait pas qu'il soit au moment où il n'aurait pas dû être là. C'est donc amusé de son étrange vie qu'il se permit de placer quelques réponses à propos de Celindel. Une remarque forte à propos fit faire les gros yeux à Nakor, il se leva et arpenta un peu la pièce

"Oui, Delnwë, vous faite bien de vous méfier, mais cette fois ci, vous avez entendu bien! La magie est un art complexe. S'il faut quelques années à un être humain pour apprendre à manier une arme de métal et se forger le corps afin d'en faire une arme et devenir un maitre après une décennie de pratique, ce n'est pas la même chose pour les mages. Il faut de très longues années d'études afin de déjà maitriser les bases, une volonté de fer ne suffit pas. Les arcanes développent l'esprit, ou plutôt, ont besoin d'un développement de l'esprit pour pouvoir ensuite se développer. L'étincelle de magie en chaque sorcier est différente à la base ... comme des guerriers en devenir ayant un corps à la base mince et frêle ou large et épais. Mais se muscler l'esprit est beaucoup plus complexe, il faut développer une parfaite maitrise de ses énergies internes, il faut se connaitre comme personne, il faut une volonté de fer si puissante qu'elle est ensuite apte à plier la nature à sa volonté propre. Il faut ensuite apprendre à donner une forme à cette énergie, et finir par apprendre les effets des milliers de formes que l'on peut lui donner. Il faut apprendre à les contenir, à ce qu'elles ne nous blessent pas. Au final, un mage ne peut se prétendre un maitre dans un des domaines de la vaste magie qu'après plusieurs décennies. Disons que, ce qui prend un an à un guerrier en prend dix à un mage. Voilà pourquoi les plus puissants d'entre nous ont déjà longuement foulé le sol de notre monde et que, même après six cents ans de vie, je continue d'apprendre. J'apprends à économiser mon énergie, j'apprends à utiliser les forces de la nature sans la brusquer, sans l'abimer, sans la soumettre, je continue de découvrir chaque jour. Alors oui, le temps est un précieux expédient pour les sorciers, un peu plus que pour le reste du monde."

Puis faisant face à l'elfe, il termina ainsi

"Il est donc possible que, s'il n'a pas répondu à mon appel, le Princeps Delebrimir ne soit pas disponible en ce moment, sans doute occupé à mettre en ordre certaines affaires importantes. Et vous n'avez pas non plus de temps à perdre, soldat de l'armée elfique. L'ombre approche une fois de plus sur notre monde et aucun des gens de bien se battant du côté de la lumière n'a de temps à perdre. Je ne voudrai donc pas vous faire perdre le votre pour un rendez-vous qui ne sera peut-être pas honoré Delnwë. Et cela vous donnera une autre raison de revenir me voir ici au Firmament."

Passant à l'elfique, il invita d'un geste le jeune guerrier à se lever et à le suivre jusqu'à sa porte et dit tout haut dans la langue immortelle

"Que la route soit aisée jusqu'à la Prime Forêt mon ami! Puisse la magie vous garder."

Le magicien était vraiment heureux d'avoir rencontré une telle personne aujourd'hui, un ami futur, un elfe ouvert et fort, serviable et courageux, une bonne personne. Comme si quelque chose lui revint il ajouta en humain

"Et bien sur, nous restons en contact pour l'affaire qui nous concerne!"
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Delnwë Iridwen
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MessageSujet: Re: Quand l'être cher nécessite la magie, le soldat cherche l'archimage [Nakor]   Dim 22 Sep 2013 - 17:33

Leur échange avait certes été fructueux. Venu avec ses doutes et son scepticisme quant à ce lieu et un certain archimage, l'elfe allait repartir avec des réponses et des idées pour celle qu'il souhaitait secourir. Non qu'un remède fut trouvé. Mais les idées faisaient leur cheminement, et il fallait le temps qu’elles mûrissent. Même si de temps, la jeune Glinaina ne disposait pas en abondance. Il faudrait donc se hâter quelque peu. L'archimage humain, qu'il avait d'abord considéré avec grande interrogation, s'était révélé fiable dans leur affaire. Bien plus sage que la majorité de ceux de son peuple, le magicien voyait au-delà du peuple ou de la fonction, se fiant davantage au cœur et aux intentions. Voilà qui méritait bien quelque estime...

«Nous verrons cela en temps et en heure. Pour le moment, je ne suis pas en mesure de m'avancer sur quoi que se soit, mais je ferais en sorte que nous gardions contact.»

Ce contact avait en effet réelle importance. C'était désormais ensembles que l'humain et l'elfe allaient œuvrer, et pour ce faire, la communication était nécessaire. C'était normal. Lorsqu'ils en vinrent à aborder l'accès en Anaëh, l'archimage confiant gloussa, un regard amusé sur les lèvres, déclarant que personne ne pouvait l'empêcher de se rendre où il désirait. Delnwë eut un froncement de sourcil quelque peu contrarié.

«Je crains que vous ne saisissiez pas le danger qu'il y a d'entrer en Anaëh sans y être invité. Je vous déclare cela non pour vous faire peur, mais bien pour vous prévenir. Nos flèches et nos sentinelles sont de loin les moindres dangers gardant nos frontières. Certains des anciens gardiens sont éveillés, leur puissance incommensurable veillent sur la forêt, et capable de mettre à mal n'importe lequel de leurs ennemis. Ils ne sont certes pas agressifs, mais veillez à ne point vous emporter face à eux. Je sais toutefois que votre sagesse vous y retiendra. Et veillez bien sûr à ne point contrarier notre mère elle-même. Beaucoup des humains pensent qu'il s'agit là d'un être que jamais personne n’apercevra. Mais sa venue il y a quelques années démontre bien le contraire. S'il le faut, elle viendra elle-même s'opposer aux ennemis de sa création. Prenez donc garde à ne point la contrarier.»

L'avertissement était clair, et donné sur un ton grave. Ce n'était point des menaces, mais bien des conseils. Il n'est pas recommandé de badiner avec cela.
L'archimage vint ensuite confirmer la rumeur que l'elfe avait entendu, expliquant dans un long discours la complexité de la magie, la longueur de l'étude de celle-ci, et le fait que nul n'apprenne jamais totalement son ensemble. Le fait que lui-même apprenait encore, après six cent années. Les diverses comparaisons aux guerriers et combattants firent sourire Delnwë. S’il lui ignorait tout de la magie, il sembla que l'humain ignorait bien des choses sur un tout autre sujet.

«Je vois bien que la magie demande du temps et de l'investissement de soi. Toutefois, je vois également que vous semblez considérer certains éléments nécessaires aux pratiquants des arcanes comme presque inutiles aux combattants. Je ne puis guère vous le reprocher, tant les combattants du peuples humains luttent davantage pour des seigneurs, des étendards et des richesses matérielles. Mais au sein de notre peuple, combattre n'est pas aussi simple, et pourquoi pas un jour pourriez-vous assister à l'une de ces séances que nous prévoyions avec la jeune Glinaina. Je vous ferais alors comprendre en quoi combattre ne s'apprend pas en si peu de temps. Combattre, cela ne relève pas simplement du maniement d'une lame ou d'un arc. Nous combattons avec notre corps, mais aussi et surtout avec notre cœur et notre esprit. Je conçois que la magie soit bien plus complexe, et je l'accepte, ayant déjà rencontré certains des miens en usant. Mais je crois que nous avons tous deux bien des choses à apprendre sur le domaine de l'autre...»

Que dire de plus? Reconnaitre que si l'on connaissait son propre domaine, on ne pouvait tout savoir sur ceux des autres. La magie était à ce point étrangère à l'elfe qu'il n'en voyait que les effets, ne saisissant en rien le lancement d'un sort, pourquoi les magiciens étudiaient des heures durant de vieux grimoires, ou nécessitaient telle ou telle gestuelle. Il en était probablement de même pour l'archimage vis à vis du combattant elfique. Nul honte à avouer cela.
L'archimage Nakor, voyant que son confrère elfe ne se décidait pas à venir, sembla se résoudre au fait que celui-ci fut occupé, ce qui mettait donc fin à leur entrevue. Delnwë l'accepta ainsi. Il aurait d'autres occasions. Celles-ci ne manqueraient probablement pas dans l'avenir. Quoique comme le fit remarquer l'humain, l'ombre de la guerre planait sur le peuple de la prime forêt. Et c'était de son devoir que d'être présent dans les affrontements. Puisse cette guerre être aussi courte que victorieuse. L'humain se leva, et raccompagna l'elfe jusqu'à la porte.

"Que la route soit aisée jusqu'à la Prime Forêt mon ami! Puisse la magie vous garder."

«Et puisse Kÿria et Elenwë veiller sur vous et votre œuvre. Puissiez vous rétablir en la magie une neutralité certaine, loin de la destruction et du chaos de ces terres.»

Il salua l'humain avec respect, comme il l'aurait fait avec l'un des siens. Cet archimage restait certes étranger au peuple elfique. Il restait ce qu'il était. Mais il avait trouvé en lui cette sagesse, cette sagacité et ce discernement dont tant d'humains semblaient manquer. Il avait trouvé un être en qui il pouvait avoir confiance. Un humain comme ceux de jadis, ceux avec qui leur peuple avait lutté avec fierté, défendant la beauté de ces terres... Un temps désormais si lointain.

«Nous nous reverrons en effet pour notre affaire. Bientôt je l'espère.»

Sur ce, il sortit du bureau, et descendit de la tour. Il s'en alla retrouver les trois compagnons venus jusqu'ici avec lui. Ils avaient été bien accueillis, et ils purent constater que leurs montures avaient été elles aussi bien traitées.
Quelques minutes plus tard, les quatre elfes chevauchaient en direction de la Prime forêt. Jetant un regard en arrière, sur la vaste citadelle, Delnwë savait que désormais, il savait que faire... et qu'il n'était pas seul.
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Quand l'être cher nécessite la magie, le soldat cherche l'archimage [Nakor]
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