Partagez | 
 

 La Croisade des Braves

Aller en bas 
AuteurMessage
Flourens de Nulhadon
Humain
avatar

Nombre de messages : 87
Âge : 29
Date d'inscription : 19/02/2012

Personnage
:.: MANUSCRIT :.:
Âge :  25 ans
Niveau Magique : Non-Initié.
MessageSujet: La Croisade des Braves   Dim 4 Aoû 2013 - 13:28

Adurie


Enfin le grand jour était arrivé. Dans la plaine ouvrant sur la vaste étendue d'arbres, à la lisière de l'Adurie, tentes et forges avaient été installées. L'odeur et le vacarme de la multitude d'hommes et de bêtes enpuantissait l'air. On avait distribué de grosses quantités de fourrages aux bêtes, répandues sur le sol entre les tentes de toile pour les plus fortunés et les abris de fortune en peaux de bête ou en natte de joncs pour la piétaille. La cause en était simple, on ne savait pas quand ni comment on pourrait les nourrir avant la prochaine étape. Déjà les premières neiges recouvraient par endroits, les sols et la terre, tombant en minces giboulées par moment et recouvrant l'herbe et les toits des chaumières, alentours. Les paysans des environs, assurément, devaient à présent maudire leur seigneur de cet approvisionnement pris chez eux. Baste ! Il fallait bien manger... Mais le pays se relevait tous juste d'une guerre cruelle et dévastatrice. Les séquelles de celle-ci se lisaient encore au hasard des routes et des chemins. Des braves et des preux qui avaient répondu à l'appel de Goar, six cents nobles et gens de guerre étaient venus s'abouter à Flourens et aux autres capitaines. En bonne place venaient les sires Guymart d'Augmart et Henri le neveu du roi, accompagnés de leurs vassaux et l'haleine encore imbibée de vin chaud. Le premier souriait, il ne faisait pas secret de sa haine pour les noirs-elfes et de son désir de se revancher, car il avait été leur esclave pendant deux années. Le second était maussade. Cette croisade se faisait au nom de la Damedieu, et l'hérétique avait renoncé depuis longtemps au culte de la déesse, lui préférant les croyances païennes des Hortles. La chose pouvait bien indigner le Bâtard, que l'étendard de la croisade soit brandi par des mains aussi impies, Henri n'en restait pas moins le neveu du roi. Et l'heure n'était pas aux querelles. Arn Agning était également présent avec ses routiers. À ceux là, le Bastre avait adjoint ses propres hommes, ceux de ses fidèles qui l'avait accompagnés jusqu'à présent et aussi quelques-uns, une trentaine, qu'il avait pris à son service. Les mercenaires étaient tous sous le commandement de Flourens. Sur la maille et la cotte hardie, les nobles avaient posés des fourrures bien chaudes, propres à les mettre à l'abris du froid et du vent parfois mordant. Leurs montures étaient houssées, et sur les couvertures se lisaient armoiries, blasons ou emblèmes richement brodés. Les soudoyers, les coutiliers et les valets eux, avaient moins de choix. La plupart de ces robustes gaillards portaient en dessous de leurs brigandines ou de leurs gambissons une tunique en laine et sur les bras et les jambes, à l'abris sous les protections de cuir clouté, des lamelles de peaux d'animal, enroulées autour des chevilles et des avants-bras. Sur chaque poitrine et parfois dans le dos ou sur un bouclier, était cousue une étoile à cinq branches, symbole de ralliement de la croisade.

Les rangs s'étaient formés, les chariots de mangeailles tirés par les boeufs, à l'arrière, avec le reste des bagages et les valets d'armes. Quelques forges qu'on avaient installées sur des roues. Puis la piétaille, écus sur le dos et lance à l'épaule, précédés des prud'hommes du royaume, montés sur leurs destriers.

Flourens mena sa monture jusqu'à l'orée de l'Adurie, il sentait les regards de dizaines d'hommes, groupés derrières lui. Et une fébrilité, palpable, comme s'ils s'apprétaient à pénétrer dans un territoire étrange, enchanté et peut-être interdit, et que déjà, mille yeux les observaient dans la pénombre des arbres. De prime abord, la forêt ne différait pas de toutes celles qu'il avait pu traverser, lors de ses errements. Les arbres étaient légions, de petite ou de grande taille, aux troncs épais ou minces, la faune se taisait subitement à l'approche de cette masse d'hommes en marche, la végétation était dense, mais pas infranchissable. Mais à y revoir, au bout de plusieurs heures de marche et alors que l'on s'engageait au plus profond du mystère de la forêt, l'air se faisait plus lourd, la lumière plus rare et la végétation plus oppressante. De temps à autres, quelques bruits étranges venaient percer le silence qui régnait : bruits de bêtes ou de branches. On ne put bientôt cheminer que par trois montures côte à côte, et finalement deux... Quelques soudoyers, les uns porteurs de haches et de cognées, les autres de vouges et de martels, ouvraient le chemin, s'eschinant parfois à débiter quelque tronc trop encombrant ou quelques racines obstruant un chemin. On percevait leurs ahans depuis le reste du conroi, qui s'immobilisait alors un moment, faisant reposer les montures et les bêtes. Les hommes, pour se rassurer, se donner du courage lançaient quelques plaisanteries dans l'air ambiant et les rires, forcés, accompagnaient les saillies les plus grivoises... En quel étrange monde pénétraient-ils à présent ?





Dernière édition par Flourens de Kahark le Mer 2 Oct 2013 - 15:12, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Hyrïel Ean'Sianïh
Elfe
avatar

Nombre de messages : 127
Âge : 32
Date d'inscription : 16/02/2010

Personnage
:.: MANUSCRIT :.:
Âge : 786 ans 
Niveau Magique : Religieux.
MessageSujet: Re: La Croisade des Braves   Mer 7 Aoû 2013 - 15:00

Aduram avait toujours été une zone de transit très disputée. Située à la fois entre les terres Humains, le Royaume Elfique et l'Ithrii'vann tenu par les Drows, la région était une zone de non-droit mais une place particulièrement surveillée .. surtout en temps de guerre.
L'arrivée de la croisade n'était pas un secret, une telle masse d'hommes en armes ne pouvait espérer rester longtemps discrète et de nombreuses paire d'yeux s'ajoutaient désormais à l'impression d'être épié, la lourdeur de l'atmosphère sous les frondaisons tenant lieu à un sursaut de paranoïa collective. Les Humains étaient venus affronter d'autres humains, voir des Drows .. mais c'était des yeux d'Elfes qui observaient furtivement l'avancée du contingent, rapportant les moindres faits et gestes depuis qu'ils avaient gagnés le coeur de la forêt.

La forêt d'Aduram était autrefois territoire Elfique, devenu simple territoire non revendiqué par la suite du retrait de la Prime Forêt voici des millénaires et ce souvenir était présent dans chaque conscience du premier peuple.
Aujourd'hui de fortes tensions étendaient leur influence sur cette région car la guerre entre Drows et Elfes venait de reprendre. Ellyrion était tombé voici des années et une sorte de guerre froide s'était installée le long de la frontière, beaucoup de combats avaient eu lieu et de nombreuses vies avaient été perdues. Mais les engeances du Puy d'Elda reprenait leur assaut, cette fois sous les frondaisons elles-même. Les mobilisations de l'armée royale et des forces des protectorats avaient été ordonnées et les combattants Elfiques s'amassaient sur la frontière, prêts à défendre de leur vie leur domaine sacré.

Sans le savoir, la croisade était prise dans cette lutte fratricide car les Elfes surveillaient également les terres situées en dehors de leur territoire. Aduram était un lieu stratégique d'importance car des forces Drows pouvaient remonter par cette forêt tout en restant discrets et frapper en Anaëh derrière les lignes Elfiques. C'est pourquoi des forces d'archers issues de la province de Wyslena avaient été envoyées sur place pour surveiller la zone, placés sous le commandement de la Grande Prêtresse de Kyrïa des terres d'Ardamir, celles en première ligne contre les Sombres.
Les Humains étaient donc placés sous surveillance constante. Leur avancée toujours plus profonde dans la forêt commençait à susciter des inquiétudes car ils se rapprochaient des zones tampons sensibles installées par les Elfes pour éviter toute intrusion vers les terres d'Anaëh.
Etaient ils amis ou ennemis ? Il était avéré que les Drows pouvaient mobiliser des troupes humaines pour les épauler dans leurs sanglantes campagnes et ces hommes en armes ne portaient pas de symboles connus des Elfes, juste une croix stylisée encore jamais vue de la part du peuple Elfique.

Autant le dire, les Humains n'étaient pas très aimés et leur présence destructrice avait ses effets sur la nature environnante. Leur destination était inconnue mais tôt ou tard ils approcheraient de la frontière Elfique, détruisant toujours plus de végétation pour se frayer un chemin, alimenter leurs feux et construire leur bivouac.
Après plusieurs jours d'observation, il fut décidé au cours d'une réunion entre les officiers rôdeurs et la Grande Prêtresse que la colonne humaine représentait un danger et qu'elle attendrait dans les jours qui viennent une zone-tampon de la défense frontalière. Leur présence dans cette zone risquait de mettre à mal les défenses Elfiques, c'est pourquoi il fut décidé de stopper prochainement par les armes l'avancée de la troupe.

De leur coté, les Humains ignoraient totalement la menace qui se profilait à l'horizon et des décisions prises les concernant. Une forte pluie s'abattant brutalement au dessus de leur tête alors que le temps semblait radieux quelques heures auparavant semblant être le seul changement à la routine.
Revenir en haut Aller en bas
Arne Agning
Humain
avatar

Nombre de messages : 52
Âge : 41
Date d'inscription : 25/06/2012

Personnage
:.: MANUSCRIT :.:
Âge :  30 ans
Niveau Magique : Non-Initié.
MessageSujet: Re: La Croisade des Braves   Lun 12 Aoû 2013 - 12:02

Les temps avaient été dur et Arne n'était pas mécontent de bouger. Il avait recruté et l'effectif de sa compagnie était revenu au niveau initial. Il pouvait donc compter sur deux cent cinquante hommes qui le suivaient dans ses péripéties. Il n'avait pas été très compliqué de combler les rangs, les soldats non comblés ou appartenant aux troupes des vaincus voyant une belle opportunité dans la troupe de mercenaires afin de se relancer. Le comble de l'ironie était que dorénavant, il n'avait plus un gueux, devenu soldat, officier puis brigand avant de monter cette compagnie. Arne était maintenant un chevalier, adoubé par celui qui s'était proclamé roy de Oësgard. Les rires et toutes les mauvaises blagues qui étaient venues en tête avaient fusé au campement lorsque leur chef était revenu. Goar Ier avait tenu sa parole et comme convenu pour le tournoi qui avait eut lieu, les plus méritants avaient été récompensé. L'étonnement de l'intéressé, lorsqu'il avait été convié et qu'on l'avait fait mettre genou à terre, était palpable. Il ne s'était pas attendu à cette distinction et il n'était pas de ceux qui croyait aux promesses des nobles.

Aujourd'hui il devait donc servir son seigneur et il avait donc décidé d'accompagner la croisade qui s'annonçait. Non qu'il était épris de justice ou que sa foi déborder pour la damedieu, au contraire, il était un fervent de Mogar. Le conflit qui s'annonçait, même au nom d'une autre, était un bon moyen de satisfaire le Dieu qu'il vénérait. Il se trouvait donc au milieu de l'ost qui venait de partir. Arne avait participé aux réquisitions faites dans les villages afin d'avoir suffisemment de nourriture pour les hommes et les montures. Il appréciait cela et ses hommes aussi, cela s'apparentait à du pillage et même si son nouveau rôle de chevalier devait le modérer un peu vu qu'il s'agissait des terres de Oësgard, il n'y était pas allé avec le dos de la cuillère lorsque certains se mettaient en travers de son chemin.

Arne n'était pas noble de naissance, aussi il avait acquit du prestige par ses faits d'armes ainsi qu'au tournoi mais il avait encore tout à prouver. Dès lors qu'il devait se mêler aux autres nobles, il se faisait aussi petit que possible et il observait. C'était du moins la tactique qu'il employait au début car il n'était pas de ceux qui appréciaient de rester courbé. Non il était droit et fier, le regard luisant et pas le premier à baisser les yeux mais il devait apprendre, aussi il devait mettre en berne ses pulsions premières pour découvrir les convenances.

Arne était monté sur son cheval et il était à la tête de sa troupe. Celle-ci ne comptait que cinq cavalier en plus de leur chef, le reste était constitué de piétons. La guerre qui avait eu court à Oësgard avait été une aubaine pour la compagnie qui avait augmentée son équipement de façon étonnante en pillant les champs de batailles. L'argent qui avait été offert pour leur contribution n'y était pas non plus pour rien. Aujourd'hui, ils n'étaient pas riche mais ce n'était plus des loqueteux qui n'avaient que leurs vêtements et leurs armes comme c'était le cas auparavant. Aujourd'hui, Mogar semblait sourire aux valeureux qui s'étaient battus en son nom.

La troupe avançait, Arne et ses hommes ayant prit soin de se retrouver au centre du dispositif. En effet, la forêt d'Aduram était réputée maudite et beaucoup d'hommes composant l'ost étaient nerveux. Dès lors qu'ils pénétrèrent dans la lisière, Arne cracha par terre du haut de son cheval, lançant un mot bien châtié avant de frapper les flancs de son cheval pour qu'il entre dans la forêt. Il fit une prière silencieuse à Mogar afin qu'il garde son œil sur lui et ses hommes. La pression fatiguait à coup sur les hommes qui était à l'affut du moindre mouvement alentour. Le silence qui s'installa devint oppressant et il s'accentua au fur et à mesure qu'ils s'enfonçaient toujours plus profondément. L'impression d'être observé constamment était pesant, leurs pas assourdis par l'effet que provoquait le cloisonnement en raison du faible espace entre les arbres. La pluie venait d'arriver mais ils étaient presque à l'abri en raison de l'importance de branches et feuilles.
Revenir en haut Aller en bas
Flourens de Nulhadon
Humain
avatar

Nombre de messages : 87
Âge : 29
Date d'inscription : 19/02/2012

Personnage
:.: MANUSCRIT :.:
Âge :  25 ans
Niveau Magique : Non-Initié.
MessageSujet: Re: La Croisade des Braves   Mer 14 Aoû 2013 - 19:58

« La peste soit de cette malepluie » grogna Croquart. Du haut de son destrier, le moine borgne cracha un gros glaviot sur le côté du chemin pour en ajouter à son propos. Les hommes eux aussi, s'étonnaient de cette soudaine averse... bien peu naturelle. D'où donc tombait cette pluie ? Il en fut bien quelques uns pour oser dire tout haut que c'était là une épreuve imposée par Damesdieu. Mais les moins dévots songeaient plutôt à quelque étrange sortilège, comme ils s'en pouvaient trouver dans ce lieu étrange.

Préférant ignorer les bigots, Flourens donna un coup de talon à sa monture et remonta la colonne d'hommes en armes, parmi les chants des piétons et les claquements de fouet des charretiers, accompagnés de jurons. Contemplant les pointes des armes d'hast de la piétaille, qui se comptaient par centaines, il lui sembla que c'était une forêt dans la forêt. Une forêt luisante des gouttes de pluie sur les armures et les chapels de fer, sur les mailles et les lames. Hommes et bêtes exhalaient d'épaisses fumées. Avec leurs cuirs cloutés et leurs peaux de bête, les soudoyers d'Oësgard paraissaient rustiques. Il n'empêche qu'à les regarder du haut de sa monture, qu'il avait arrêtée sur le bas côté, Flourens ne pouvait s'empêcher d'éprouver de la fierté. Toute cette puissance en marche, sur laquelle il exerçait son influence flattait son orgueil.

« - Il fait de plus en plus froid, messire, ronchonna un vougier, l'arme et le bouclier sur l'épaule.

- Chantez, mes gars ! Chantez, cela vous réchauffera ! » s'exclama Flourens.

Et comme pour donner l'exemple, le Bâtard entonna un chant martial dont l'écho, rangs après rangs, se transmit au reste de la colonne. Satisfait de cette petite victoire, le chevalier avisa Arn, à la tête de ses hommes. Faisant avancer sa monture jusqu'à lui, le damoiseau décida d'en savoir un peu plus sur le mercenaire. Après tout, n'était-il pas son lieutenant ? Il convenait de connaitre ses hommes. C'était le premier des mandements que le seigneur son père avait appris à ses fils, jadis avant qu'il ne se mette en route pour Diantra... En se montrant loyal : on s'attachait fidèlement les cœurs de ceux à qui l'on commandait.

« Messire Agning ! Cette forêt vous est-elle familière ? »

Plaçant sa monture côte à côte avec celle du capitaine, il ajouta d'un air sombre.

« Il me semble à moi, qu'elle a des yeux et qu'elle nous espie... j'en jurerai. »
Revenir en haut Aller en bas
Arne Agning
Humain
avatar

Nombre de messages : 52
Âge : 41
Date d'inscription : 25/06/2012

Personnage
:.: MANUSCRIT :.:
Âge :  30 ans
Niveau Magique : Non-Initié.
MessageSujet: Re: La Croisade des Braves   Lun 23 Sep 2013 - 16:34

La troupe continuait d'avancer, s'enfonçant toujours plus profondément dans la forêt honnie. Les insultes commencèrent à pleuvoir, faisant redondance à celle qui mouillait les hommes. Accabler de tous les mots les choses qui nous échappait est une bonne façon pour les humaines d'évacuer la peur qui s'installe en lui. Arne était à l'affut de tout ce qui l'entourait mais le sentiment de malaise qui s'insinuait était des plus désagréable. Et bien évidemment, vu l'épaisseur de la forêt, il était utopique de penser contrecarrer une quelconque embuscade bien ficelée par des oreilles pointus. Bien évidemment, les humains ne savent rien de la symphonie, ni de sa corruption dans cette partie de la forêt et ils s'en moquent complètement. Pour eux, dès qu'il y a de la verdure, il y a forcément des elfes dans le coin.

Un chant martial commença à s'élever, facilitant le repérage de la troupe mais encourageant pour le moral. De toute façon, vu l'ampleur de l'ost, il était utopique de vouloir passer inaperçu. Rapidement, il fut reprit par la troupe complète, du moins la piétaille et l'avancée continua ainsi, rythmée par la chanson. Flourens se trouvait sur le bas côté, regardant passer les hommes dont il avait la charge. Arne se souvenait bien de lui, il avait fait montre de ses talents lors du tournoi également. il avait été fort habile et avait mérité sa place parmi les élus. Son statut de noble ainsi que sa réaction spontanée lors du "miracle" l'avait propulsé plus haut que simple chevalier. Il avait eut la charge d'une partie de l'ost et il était proche de la famille royale dorénavant. Arne bougonna tout bas, conscient qu'il n'allait pas couper à une discussion avec un noble, à moins qu'il ne se trompe. Espérant donc que l'homme allait laisser la troupe passer et l'observer dans son entièreté, il regarda au sol du haut de sa monture alors qu'il passait à côté de lui. Son instinct avait vu juste et au moment où ils se croisèrent, Flourens lui adressa la parole

"Sire, j'ai déjà parcouru cette forêt dans le passé mais je ne me suis jamais enfoncé aussi profondément que nous allons le faire. Mes hommes et moi restions toujours à une certaine distance de l'orée et à l'époque, rien ne nous aurait incité à y pénétrer plus avant. Je pense que votre intuition vous dictes la prudence et que vous feriez bien de la suivre. Nos sens ne sont sans doute pas aussi aiguisés que d'autres" il pensait bien évidemment aux elfes ou drows "mais nous avons l'instinct de survie chevillé au corps, ça c'est certain. Qu'en pensent donc la famille royale ? vous leur en avez parlé ?"

Il cracha de nouveau par terre afin de marquer son dégout pour la forêt qui l'entourait.

"Pour moi, si vous voulez un jour être tranquille, il faudrait mettre le feu à tout ça ou alors déboiser et s'en servir pour la reconstruction, Oësgard en à grand besoin et c'est pas le bois qui manque, hein"

Son cheval avançait à la même allure que celle de Flourens, les deux hommes chevauchaient cote à cote et Arne tentait de percer le feuillage afin de voir le plus loin possible mais c'était peine perdue. Il semblait qu'ils avaient été engloutit complètement par la forêt et qu'elle ne les lâcherait pas de si tôt

"Pour moi, de deux choses l'une, ou on va traverser sans encombre et sans jamais rien voir. Ou alors on va tomber sur je sais pas quoi et y aura du grabuge. J'espère que vous vous êtes préparé à toutes les éventualités."

Il ne fallait pas être érudit pour en arriver à cette conclusion mais il était toujours appréciable de pouvoir parler ainsi et évacuer par la parole un certain stress qui s'opère sur votre personne. il se tourna alors vers ses hommes

"Chantez, pardi et mettez y du cœur, vous chantez si mal que peut être que vous réussirez à effrayer quoi qu'il se trouve par la bas"

Des rires fusèrent à la blague et la troupe de Arne monta d'une octave
Revenir en haut Aller en bas
Flourens de Nulhadon
Humain
avatar

Nombre de messages : 87
Âge : 29
Date d'inscription : 19/02/2012

Personnage
:.: MANUSCRIT :.:
Âge :  25 ans
Niveau Magique : Non-Initié.
MessageSujet: Re: La Croisade des Braves   Ven 27 Sep 2013 - 20:45

L'homme ne le portait pas dans son cœur songea Flourens, blessé. Sa monture encensa. A en croire ses insinuations, Agning le prenait pour un de ces courtisans mielleux et poudrés, attifés comme des faisans et dont l'élévation n'était due qu'à la valeur de leur verbiage. C'était du moins l'impression qu'il lui faisait. Eh bien non, il n'était pas dans les confidences de la famille royale ! Était-ce un reproche ? Voir ! Agning avait été fait chevalier, et de ce qu'avait pu en apercevoir le Bâtard, la chose était amplement méritée. D'autres auraient méprisé le mercenaire pour son élévation soudaine ; un manant fait chevalier ? La chose n'était pourtant pas si anodine... On pouvait être noble sans être chevalier. Et l'inverse était aussi vrai. Mais les nobles étaient bien souvent trop engoncés dans leur orgueil et méprisants envers la roture. Lui-même n'avait jamais méjugé ses pairs pour leurs origines ; c'était la hardiesse et le respect des vertus et des commandements de la chevalerie qui faisait d'un homme un membre de l'ordre.

« - Vous me placez en bien plus haute faveur que je ne le suis, messer. Et la famille royale, qui se limite ici à deux seigneurs, me semble bien trop imbue d'elle-même et de ses prérogatives... "royales" pour témoigner de ses craintes à un modeste chevalier comme moi. Fut-il capitaine. Un conseil sera formé à la tombée de la nuit, lorsque nous aurons dresser le camps ; nous pourrons y faire état de nos impressions et vous m'y accompagnerez. En attendant, montrons-nous bien afusellés. »

Et voilà que le routier crachait son dégout, le cuistre ! Le chevalier sentait sa bile monter en lui.

« - Il y a de la beauté en cette forêt, ser. Ne vous en déplaise ! Elle me rappelle celle de mon pays. Et puis, c'est le domaine des fées. Des elfes de Grand-bois. J'ai aperçu quelques-uns d’entre eux, à Naelis, lors de mes errances : des êtres gracieux et d'une grande sapience ! Mais je ne suis point d'ici, ser. Peut-être la forêt est-elle plus hostile qu'il n'y parait à l'encontre des culs-verts qui vivent à ses abords ? Car à vous entendre parler ainsi, il semble que vous soyez natif d'ici... Vous et vos hommes avez donc participé aux troubles ? »

A y repenser, il s'agissait peut-être d'une jalousie : Agning guignait sa place et sa faveur ! Ils étaient nombreux à Oësgard, les envieux et les mécontents qu'avaient suscité Goar premier du nom, en faisant don de son estime à un hobereau, un modeste chevalier d'aventure et de route tel que Flourens. De ses pairs et des prud'hommes présents, il avait senti un regain de détestation aigu à l'encontre de sa personne ; tandis que leurs dames et leurs damoiselles l'observaient avec une envie qui ne lui avait pas déplu et qu'elle lui lançait hardiment des œillades à faire rougir un écuyer ! Le Bâtard puisa dans la sacoche accroché à sa selle et en sortit un morceau de pain, qu'il rompit en deux pour en tendre la moitié à son compère : c'était en quelque sorte, le pain de l'amitié !

« - Se sont des paroles sages. Mais nous aurons l’œil ! J'ai fais placer quelques veilleurs à l'avant et à l'arrière de notre colonne et d'autres, sur les côtés. Ainsi, pas de surprises ! »

Le Bâtard porta de nouveau son regard sur la troupe de trouvères et de barytons. Sous les casques et les salades, les faces des hommes portaient encore les stigmates des combats et des échauffourées auxquels ils avaient participé lors des derniers combats. Dans la pénombre de la forêt, leurs yeux étincelaient.

Revenir en haut Aller en bas
Arne Agning
Humain
avatar

Nombre de messages : 52
Âge : 41
Date d'inscription : 25/06/2012

Personnage
:.: MANUSCRIT :.:
Âge :  30 ans
Niveau Magique : Non-Initié.
MessageSujet: Re: La Croisade des Braves   Lun 30 Sep 2013 - 12:27

Le respect, cela se mérite ! voila des mots pleins de bon sens. Et la moindre des choses que l'on put dire, c'est que Flourens semblait homme à tenter de le gagner. Lorsqu'il fut nommé chevalier, les hommes de Arne rires mais c'était plus la de la taquinerie que méchant. Par contre, les nobles, c'était autre chose. Il y avait eu de nombreux regard lourds de reproches qui tombèrent sur lui et heureusement qu'il avait de larges épaules pour encaisser tout cela sans frémir car au fond de lui, il aurait bien cassé quelques têtes et brisé quelques dents afin d'expliquer qu'il n'aimait pas qu'on le regarde de cette façon. Il avait ravalé sa fierté afin de ne pas faire d'esclandre vu sa promotion toute nouvelle. Aujourd'hui, il chevauchait et il parlait avec un noble, mais celui la semblait ne pas correspondre aux critères que les autres avaient démontré. Tout d'abord, il parla amicalement, ce qui changeait de ce que Arne avait connu jusque la a chaque fois qu'il n'avait pu éviter une discussion ou un noble était présent. Pas d'orgueil ou de vilenie dans son dos ou même devant.

L'homme n'avait apparemment pas l'oreille de la famille royale alors qu'il était l'un des capitaines désignés directement par le nouveau Roy de Oësgard, voila une nouvelle qui pouvait surprendre mais qui au fond n'était pas dénuée de logique. Pire, il se permit une pic à leur encontre, c'était risqué mais cela tira un sourire en coin au capitaine des mercenaires, nouvellement chevalier. La forêt semblait être apprécié par Flourens qui avait même rencontré des elfes. De plus il semblait les apprécier, nul doute qu'il les avait rencontré dans de bonnes conditions et non sur un champ de bataille...

Arne n'était nullement jaloux, les gueuses et autres professionnelles du métier lui convenaient amplement lorsqu'il ne prenait pas par violence sur un champ de bataille. Ni la gloire à laquelle il n'attachait aucune importance. Seul le champ de bataille et le sang qui en résultait l’intéressait pour le moment, d'où sa fidélité à Mogar. Flourens semblait aussi compétent puisqu'il avait sagement envoyé des éclaireurs et une arrière garde ainsi que sur les flancs.

"Les elfes gracieux ? oui c'est certain que ce sont de farouches guerriers qu'il vaut mieux éviter de rencontrer lorsque vous êtes en désaccord avec eux. Non j'ai eu la chance de ne pas être de ceux qui ont subit le courroux du peuple de la forêt, nous avons toujours fait attention de ne pas attirer leur attention."

Il ne savait pas qu'ici il n'y avait pas d'elfes car la symphonie déréglée les rendrait fou

"Sinon je suis natif d'une bourgade proche de Krahof, donc rien à voir avec cette forêt, elle a surtout servit de foyer lorsque tout allait mal"

Il n'avait pas envie de s'étendre sur le fait qu'il s'était adonné au brigandage et avait donc du échapper aux autorités. C'était une vie qu'il voulait effacer même s'il appréciait la violence. Aujourd'hui il essayait, à défaut de changer de vie, de modifier son statut.

"Vous dites que vous avez visité Naélis, j'ai entendu parler de cette ville et j'ai un ami qui y séjourne, comment est elle ?"
Revenir en haut Aller en bas
Flourens de Nulhadon
Humain
avatar

Nombre de messages : 87
Âge : 29
Date d'inscription : 19/02/2012

Personnage
:.: MANUSCRIT :.:
Âge :  25 ans
Niveau Magique : Non-Initié.
MessageSujet: Re: La Croisade des Braves   Dim 6 Oct 2013 - 11:55

Flourens chevauchait quiètement, prêtant attentivement l'oreille à son compère tout en surveillant les frondaisons. Dire que cette forêt renfermait des créatures inommables ! Qui sait ? Peut-être, à cet instant, les observaient-elles, lui et le reste des hommes engagés dans cette aventure ! Quelles étaient leurs intentions ?

« - Naelis est semblable à ces vieux châteaux abandonnés, qui ne sont plus habités que par quelques serviteurs fidèles... La ville a eu ses heures de gloire et la chose est aisément visible sur les façades de ses palais, les frontons de ses temples et que sais-je encore... comme ces aqueducs qui dressent leurs ombres magistrales le long de la vieille route menant à la cité ! Mais sa grandeur est passée, sous le coup des guerres de l'Estrevent et les invasions des Sombres. Il n'y subsiste plus que quelques milliers d'habitants quand il y en avait autrefois des dizaines de milliers et nombre de quartiers sont à présent délaissés, les maisons et les palais ont été transformés en cloaques, en jardins et en cimetières. »

Le Bâtard saisit l'outre accrochée à l'arçon de sa selle et, après en avoir ôter le bouchon, s'en avala une goulée, avant de l'offrir à son compagnon.

« - La cité est à présent gouvernée par un roi postiche. Un routier de petit acabit qui s'est emparé de la ville alors que celle-ci n'était plus défendue que par une poignée d'hommes. Il se terre dans son château, et n'en sort presque pas... Mais la ville est noble, messire, aussi noble que son histoire. Et ses habitants sont fiers. Ils ne ressemblent point trop au reste des estreventins et sont d'avantage à notre semblance, dans leur aspect et leurs façons de se battre. Qui chercherait un royaume et aurait assez d'hommes pour conquérir la ville, s'y taillerait un beau fief et de façon aisée ! »

Paroles en l'air ou ambitions prochaines ? Le chevalier laissa planer le doute, à dessein ou involontairement. La journée continua et au bout de quelques heures, les bêtes et les hommes étant recrus de fatigue, on donna l'ordre de monter le camps. Des équipes furent désignées pour aller couper du bois, sous la protection de quelques hommes bien armés, tandis que le reste des écuyers, des pages et des sergents s'occupaient de dresser les tentes, préparer la tambouille et installer les guetteurs.

Revenir en haut Aller en bas
Arne Agning
Humain
avatar

Nombre de messages : 52
Âge : 41
Date d'inscription : 25/06/2012

Personnage
:.: MANUSCRIT :.:
Âge :  30 ans
Niveau Magique : Non-Initié.
MessageSujet: Re: La Croisade des Braves   Lun 7 Oct 2013 - 9:36

Flourens se lança dans une description de la ville de Naelis. Celle-ci semblait être une vieille ville surmontée d'un château, le tout lugubre et propice à tout nécromant voulant s'installer. Toutefois, afin de dénaturer cette idée, il semblait que les habitants étaient fidèles et fiers. La ville était donc une relique de la gloire passée de sa région, victime des guerres à outrance qui se déroulèrent. Les drows n'avaient pas épargné la ville et celles alentours, se taillant de nouveaux territoires au fur et à mesure de leur avancée. Flourens semblait aduler la ville et à l'écouter, elle était à son gout. Il parla d'un roi de pacotille; Arne se souvint alors qu'il avait entendu une rumeur selon laquelle il s'agirait de Glenn, une très vieille connaissance qu'il appréciait, qui s'était emparé de la ville à son profit. Enfin qu'en était il aujourd'hui de son pouvoir réel ? peut être qu'il apprécierait l'arrivée d'une aide supplémentaire ou alors serait ravit de retrouver sa vie d'antan. Son interlocuteur semblait certain qu'il serait aisé de s'emparer de la ville. Voila une question qui méritait réflexion car un château est toujours plus facile à défendre qu'un terrain à découvert

"Sortons déjà de cette forêt enchantée et nous aviserons alors messire. De toute façon, si j'me trompe pas, Naelis se trouvera sur notre chemin non ? il sera alors temps de voir ce qu'on fera. Si ça se trouve il sera content de nous voir arriver avec tout ce qui se trouve par la bas"

Arne ne savait pas trop si Flourens était sérieux pour sa tentative de conquête ou s'il voulait se positionner en ami ou sauveur. Nul doute que les drows devaient harceler la ville car ils pullulaient dans la région. C'était l'une des raison de leur départ d'Oësgard, une croisade contre les sombres afin de les repousser et non une campagne de conquête, du moins s'il avait bien compris car le pauvre n'était pas de ceux qui connaissaient les désirs des nobles. Concernant le fait que le habitants étaient plus de leur semblance, Arne se demanda si lui même et son interlocuteur étaient de la même trempe ou pas. L'homme ressemblait plus au preux chevalier alors que le capitaine mercenaire était plus un homme sans foi, ni loi bien qu'il soit un fervent de Mogar. Le sang et la bataille était son lot et ce qu'il appréciait le plus mais peut être qu'il devait penser à un futur plus éloigné et songer à ce qu'il deviendrait lorsqu'il n'aurait plus la force de guerroyer. Il sourit en son fort intérieur lorsqu'il pensa cela. Vu sa façon de vivre, il avait plus de chance de finir bouffé par les corbeaux, gisant à terre après une bataille.

"Vous pensez qu'on devrait attaquer une ville qui est entre les mains des humains ? notre croisade concerne les drows, ne vaudrait il pas mieux les contacter pour avoir une position de repli fortifiée ?"

Il serait temps d'aviser si aucune aide n'est apportée pour la conquête de cette ville. De toute façon, une place forte sur leurs arrières serait une bonne chose, il fallait toujours être prêt à tout, en particulier alors qu'ils allaient se battre en terrain inconnu et dans le flou le plus complet sur leurs ennemis, leurs effectifs et tout ce qu'il est important de savoir avant de se lancer. Enfin il s'agissait d'une croisade en l'honneur de Néera et les fidèles, surtout les plus zélés, semblaient plus pressés d'en découdre en son nom, qu'à réfléchir à une tactique viable.

La journée continua son cheminement tout comme la troupe jusqu'à ce que l'ordre de s'arrêter et de monter le campement soit donné. L'effervescence fut de mise alors que tout le monde s'organiser, montant les tentes et lançant la préparation des repas du soir et bien entendu d'aller chercher tout le bois nécessaire. En homme sage, Flourens avait demandé à ce que les hommes chargés d'aller chercher du bois soient bien escorté. C'était la une très bonne idée surtout s'il craignait que des elfes soient dans les parages. Arne était également inquiet car il savait la détermination qu'avaient le peuple des bois lorsqu'il s'agissait de protéger leur bois.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: La Croisade des Braves   

Revenir en haut Aller en bas
 
La Croisade des Braves
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» "La Croisade de l'Ombre en Mouvement" (Prélude) (2)
» Pas de mini-campagne 2ème croisade les 7 et 8 mai.
» reçit d une croisade sous le soleil a la vbm
» "La Croisade de l'Ombre en Mouvement" (Prélude)
» Braves soldats

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: ITHRI'VAAN :: Les Terres Sauvages :: La Forêt d'Aduram-
Sauter vers: