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 Si loin de chez soi [Aënaelle, Nimmio]

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Wenceslas de Karlsburg
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MessageSujet: Si loin de chez soi [Aënaelle, Nimmio]   Mer 28 Aoû 2013 - 23:20

La petite compagnie avait avalé les premiers jours de voyage sans rencontrer d'incident notoire. Chevauchant en silence par cette matinée d'automne, l'on continuait de s'éloigner de la capitale à bon rythme. Les montures étaient encore fraîches et robustes, et Wenceslas escomptait pouvoir atteindre Arétria d'ici une semaine, si tout allait bien. L'aube s'était levée depuis peu, et on s'était déjà remis en chemin. On avait passé les plateaux missédois, longé les pics de Christabel, et on voyait défiler le paysage montagneux du pays de Velteroc. Malgré la fraîcheur matinale, c'était une belle journée.

Le groupe de cavaliers progressait sans se disperser. Au devant allaient les trois mercenaires que Wenceslas avait recrutés dans une taverne diantraise, tandis que deux reîtres arétans, dévoués au sire de Karlsburg, fermaient la marche. Au milieu allaient le comte, son valet et le vieux Reynald, ainsi que la jeune femme aux cheveux roux rencontrée à la capitale, que Reynald avait suggéré d'emmener aussi. Aënaelle, tel était son nom, se faisait passer pour l'épouse de Wenceslas pour parfaire sa couverture, lui qui avait quitté Diantra sous l'accoutrement d'un marchand en route pour Odélian. La jeune femme ignorait encore qu'Odélian n'était pas leur véritable destination, tout comme elle ignorait qui était vraiment l'homme qu'elle avait accepté d'escorter. Elle l'apprendrait sous peu, mais Wenceslas ne tenait pas à se révéler trop rapidement. Qui empêcherait la donzelle de leur fausser compagnie et d'aller susurrer à une oreille attentive que le comte d'Arétria remontait la route vers le nord, avec pour seule escorte cinq hommes armés, un valet grassouillet et un vieux précepteur ?
A bien y réfléchir, Wenceslas se demandait si il n'avait pas prit un énorme risque. Rentrer au pays avec une véritable escorte aurait été plus long, mais plus sûr. Il avait préféré la rapidité et compté sur la discrétion pour éviter les déconvenues. L'avenir lui dirait si ç'avait été à tort ou à raison.

S'il ne disait mot, n'étant pas bavard de nature, le nouveau comte d'Arétria dissimulait aussi un état d'épuisement plutôt inquiétant. Car s'il pouvait dormir autant que ses compagnons de route, Wenceslas ne parvenait que rarement à fermer l'oeil depuis Diantra. Il faut dire qu'il n'avait guère eu de répit jusque-là : arrivé à la capitale juste à temps pour les funérailles royales - il lui avait fallu chevaucher au grand galop depuis le nord - il avait eu aussitôt à négocier une entrevue avec la dame régente pour l'obtention du comté. Il avait dû alors affronter l'épuisante cérémonie de l'hommage, subi les banquets incessants et le rythme effréné de la vie diantraise, et s'en retournait à présent là d'où il venait, pour réorganiser un comté devenu sien. Il n'aurait pas de répit avant que tout le pays arétan ne le reconnaisse pour suzerain, et même une fois qu'il y serait parvenu, il aurait à faire face aux graves difficultés d'un royaume qui risquait l'éclatement. Tel était le revers de la médaille, pour un homme qui atteignait son but : le pouvoir est chose épuisante.
Telle est la vie que j'ai choisie, se disait-il. Mon père et moi nous nous sommes battus pour un titre qui me fera mourir d'épuisement. Pourquoi tant d'hommes cherchent le pouvoir, quand il est si lourd à porter ?
Il était rare que la volonté de fer du sire arétan soit altérée au point qu'il en arrive à douter à ce point de lui-même. Lui qui, plus jeune, ne semblait guère avoir les épaules solides, avait pourtant démontré depuis que sa constitution chétive, sa faiblesse physique qui n'arrangeait guère un faciès peu valorisant, ne l'empêchaient pas d'être un homme de poigne, faisant preuve d'une solide force d'âme. La robustesse dont il manquait, il l'avait toujours compensée par un esprit fort. En ce jour, pourtant, il était faible. Alors qu'il était à l'aube de sa gloire, voilà qu'il se mettait à douter. Et de tous les maux dont il avait eu à souffrir durant sa vie, le doute était le plus redoutable, car il n'en était pas familier.

Il ordonna qu'on presse un peu l'allure. Estimant qu'on avait trop traîné la veille, il dit qu'il voulait qu'on ait quitté le Médian avant trois jours. Messire Reynald s'inquiéta de ce qu'un tel effort pourrait épuiser les chevaux. Ils ne seront jamais plus épuisés que je ne le suis déjà, songea le comte en fronçant les sourcils, sans rien répondre à voix haute. Et l'on pressa l'allure, comme il l'avait exigé.
On parcourut ainsi un bon bout de chemin jusqu'à midi, où l'on fit une courte pause. On déjeuna frugalement, et l'on se remit en route. Si le comte ne semblait guère retrouver le moral, le reste du groupe semblait de bonne humeur. Les reîtres discutaient femmes, rêvant déjà à dépenser les gains qu'ils toucheraient pour cette escorte dans quelque bordel du nord. L'un d'eux déclara à ses compères, avec un manque évident de discrétion, que la demoiselle à la chevelure de feu qui accompagnait leur commanditaire était parfaitement son genre. Le valet bedonnant fredonnait un air de musique, que l'un des reîtres ne tarda pas à adapter en chanson paillarde - se découvrant par la même occasion un talent certain pour les rimes obscènes. Wenceslas les ignorait royalement. S'il chevauchait avec eux, il ne semblait se trouver que physiquement à leurs côtés, son esprit étant ailleurs. Il ne faisait pas partie du même monde.

Plus affable que le comte, le vieux précepteur, qui chevauchait près de la jeune femme aux cheveux roux, engagea la discussion.

- J'espère que le trajet ne vous épuise pas, mon enfant. N'éprouvez-vous pas de mélancolie à quitter Diantra ? Le nord est une région rude, loin des raffinements de la capitale.

Le vieux Reynald parlait comme si elle était noble, semblant ignorer que la demoiselle avait dû connaître une Diantra bien différente de l'aperçu qu'il en avait eu lui-même, et dont les raffinements étaient tout autres.


Dernière édition par Wenceslas de Karlsburg le Ven 6 Sep 2013 - 13:13, édité 2 fois
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Aënaelle Denoelig
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MessageSujet: Re: Si loin de chez soi [Aënaelle, Nimmio]   Ven 30 Aoû 2013 - 21:27

Cela faisait plusieurs jours que le voyage avait commencé et il fallait bien avouer que le plan du gentilhomme se déroulait comme prévu. Outre les allusions salaces des autres membres de la petite escorte, tout se passait bien. Tout du moins pour l'instant. Aënaelle supportait encore mal de devoir se faire passer pour la bonne femme d'un marchand faiblard, sûrement à cause de l'éducation martiale qu'elle avait reçue et les années passées à voir son père renier le fait qu'elle fasse partie du sexe faible. Mais qu'importe son ressentit, si elle voulait que le noble la garde comme mercenaire, il fallait qu'elle soit la plus disciplinée et compétente possible. Pour ça elle devrait mettre un peu de côté son impulsivité et son habitude à toujours vouloir contrôler la situation.

La rouquine regardait le paysage et ne disait rien. Puisqu'elle n'avait rien à dire, elle préférait se taire, contrairement aux vicelards qui les accompagnaient. Elle écoutait les conversations et une ou deux remarques la fit légèrement sourire, même si après avoir passer quatre années au milieu de chansons grivoises, elle aurait préféré le calme à cet instant. Mais un voix plus rapprochée vient s'ajouter au bruit ambiant de la discussion. « J'espère que le trajet ne vous épuise pas, mon enfant. N'éprouvez-vous pas de mélancolie à quitter Diantra ? Le nord est une région rude, loin des raffinements de la capitale. » Elle se retourna vers le vieil homme à cheval près d'elle. Visiblement il n'appréciait pas le silence et venait le troubler plus qu'il ne l'était déjà. Elle eu un très léger rire et répéta en murmurant « raffinements... » Sa naïveté l'amusa. Elle continua de chevaucher en regardant devant elle et prononça ses mots « Ne vous en faites pas, j'ai l'habitude de voyager. »
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Wenceslas de Karlsburg
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MessageSujet: Re: Si loin de chez soi [Aënaelle, Nimmio]   Sam 31 Aoû 2013 - 1:51

Le regard bienveillant du vieux précepteur, qui paraissait s'adresser à la jeune rouquine comme un père à sa fille, tranchait quelque peu avec la vulgarité des reîtres et la sévérité de leur maître. S'il n'ignorait rien de la dureté de la vie et des épreuves qu'elle inflige, Reynald était devenu avec l'âge un homme plein de gentillesse. L'érudit ne manquait pourtant pas de potentiel. Passant plus de la moitié de sa vie à servir les seigneurs de Karlsburg, il avait instruit Wenceslas dès le plus jeune âge, lui avait apprit à lire et à écrire, lui avait enseigné des notions d'histoire et de droit, et tenait aujourd'hui lieu de conseiller. On se demandait parfois comment la gentillesse naïve et la bienveillance d'âme de ce vieillard avaient pu forger l'esprit infiniment complexe du comte, si différent de lui dans sa façon d'être.
A la réponse de la jeune femme, Reynald esquissa un sourire. Il ne sembla pas deviner que le léger rire de la demoiselle le visait directement, mettant cela sur le compte de la bonne humeur.

- Vous avez l'habitude de voyager, dites-vous ? Vous n'étiez que de passage à Diantra, j'imagine. Et d'où venez-vous donc ?

Il parlait d'un ton tranquille, celui de la simple conversation, semblant s'intéresser au passé de cette roturière sans pour autant donner dans l'interrogatoire. Mais au fond, il était assez intrigué par cette femme qui voyageait seule, prétendait avoir des aptitudes au combat et qu'ils avaient rencontrés par un bien curieux hasard. Et si ce hasard n'en était pas tout à fait un ? Sans verser dans la paranoïa, Reynald se posait des questions.

Le Comte d'Arétria, silencieux comme à l'accoutumée, se posait probablement les mêmes, puisque chevauchant auprès d'eux, il écoutait la conversation en feignant de ne pas s'y intéresser.
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Aënaelle Denoelig
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MessageSujet: Re: Si loin de chez soi [Aënaelle, Nimmio]   Sam 31 Aoû 2013 - 12:35

«Vous avez l'habitude de voyager, dites-vous ? Vous n'étiez que de passage à Diantra, j'imagine. Et d'où venez-vous donc ?» La femme à la crinière rousse n’aimait pas discuter de ses origines et répondait par pure politesse. Et puis ne pas prendre part à la discussion aurait sembler suspect. Elle n’avait pas besoin que le noble est plus de doutes sur elle qu’il n’en avait déjà. Elle prit donc sur elle afin de continuer la conversation.

«Nan, je...» Elle arrêta sa phrase et se frotta les yeux avec sa main droite. «Je suis née là-bas et j’y ai passé mon enfance. Mais c'est une profession où l'on bouge beaucoup, vous le savez.» Visiblement il n'avait toujours pas assimiler. Une femme mercenaire... C'est sûr que c'est peu habituel, mais pourquoi était-ce si difficile à croire ? Mais elle n’avait pas pour autant à raconter son enfance dans une petite famille d’artisans bourgeois à la Capitale. Elle n’avait pas non plus à rapporter qu’elle avait été élevée comme un garçon, même si cela leur éventuellement aider à comprendre et à moi douter de ses compétences. Ils devraient se satisfaire de peu pour le moment malgré les incertitudes qu'ils éprouvaient à son égard. Un tel passé aurait pu exposer des malaises et des faiblesses et cela n’aurait que rajouter des poids contre elle dans la balance.

«C’était le quatrième automne que je passait à Diantra sans l’avoir quitter une seule fois. Et... on se lasse à la longue.»
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Wenceslas de Karlsburg
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MessageSujet: Re: Si loin de chez soi [Aënaelle, Nimmio]   Dim 1 Sep 2013 - 17:36


Le vieux précepteur hocha la tête d'un air compatissant, tandis que le seigneur arétan reniflait bruyamment. Un geste qui trahissait un certain mépris à l'égard de la rouquine. Ça reste quatre ans à faire les piliers de comptoir, et ça se prétend mercenaire. A-t-on déjà vu guerrier arborer pareille poitrine ? Ne démordant guère de ses convictions machistes, le comte continuer de penser que la petite rouquine qu'ils avaient emmenée avec eux exerçait en réalité un tout autre métier. Par désœuvrement plus que pour autre chose, Wenceslas guida sa monture jusqu'à leur hauteur, se joignant à la discussion.

- On peut aisément s'imaginer la monotonie de ces quatre années, en effet. Quelle femelle ne rêve pas de partir découvrir le vaste monde, plutôt que de demeurer dans la fange et la poussière, à écarter les cuisses pour des grouillots jour après jour, nuit après nuit ?

Il toisa la jeune femme, de cet air indifférent qu'ont les nobles lorsqu'ils s'adressent à un interlocuteur de rang inférieur. Le vieux Reynald, lui, s'était tu mais il écoutait, mal à l'aise. Il trouvait exagérée la brutalité des propos de son maître, lequel traitait ouvertement la rouquine de catin. Le vieil homme savait à quel point le jugement que portait le comte sur les femmes était limité, et regrettait qu'Aënaelle en fasse les frais.

- Vous meniez une mauvaise vie, point n'est besoin de chercher loin pour s'en convaincre. Il faudrait être naïf pour ne pas deviner de quoi vous viviez, dans ce taudis où nous vous avons trouvée. Il ne m'appartient pas de vous juger, car les dieux jugeront eux-mêmes votre immoralité. Pour ma part, je suis un homme pieux. On me dit inflexible, mais la compréhension et le pardon ne me sont pas choses étrangères.

Nombre de serviteurs qu'il avait eus à Karlsburg auraient probablement sourcillé s'ils l'avaient entendu à cet instant. Son épouse aurait probablement éclaté de rire, mais il était peu probable qu'elle puisse le faire depuis la tombe.

- Sachez que vous serez payée pour nous avoir accompagnés, mais en vérité, c'est moi qui vous rend service. Le nord est la promesse d'une autre vie pour vous.
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MessageSujet: Re: Si loin de chez soi [Aënaelle, Nimmio]   Dim 1 Sep 2013 - 19:33

Aënaelle se tourna vers le noble qui venait de parler. Elle l’écoutait jusqu’au bout en essayait de paraître la plus indifférente possible mais faisait tout pour refréner sa colère. Pour qui se prenait-il, ce petit homme chétif ? Il fallait être sacrément amer pour porter un tel discours au milieu d’une discussion. Et beaucoup trop sur de soit pour émettre un jugement aussi net sur une femme, aussi noble soit-on.

«Je vais vous dire ce que je pense. Je pense que vous vous surestimez. Et que si vous portez aussi peu de respect au catin, c’est sûrement que vous n’avez pas assez glisser votre dard entre les cuisses des filles de joie. Il paraît que les hommes supportent mal la chasteté.»

Alors qu’elle lâchait ces mots, elle tapa l’épaule du gentilhomme du bout de l’index. Son caractère ne lui permettait pas de se laisser faire sans rien dire. Le nobliau avait de la chance qu’elle eut besoin d’argent et aussi un peu pitié d’une escorte si maigre. Elle se demanda tout de même si elle ne devait pas faire demi-tour. Mais elle n’alla pas jusque là et ravala sa fierté, avant de la vomir au visage de l’homme à cheval sous forme d’insultes plus ou moins obscènes.

«J’ai connu pire que vos quelques remarques désobligeantes et je n'ai pas besoin de vous pour rejoindre le nord.» Elle dégagea une mèche de cheveux de son visage derrière son oreille, découvrant ainsi sa joue droite et la cicatrice soignée, discrète, qui s’étirait de sous son oeil à son oreille. Parfaitement propre, la cicatrice n’était plus qu’un trait fin légèrement plus clair que la couleur de peau de la mercenaire. «Si vous comptez m’atteindre il va falloir viser plus juste mon bon seigneur.» Elle exécuta une révérence exagérée comme raillerie auprès du cavalier.

«Il ne vous appartient pas de me juger ? Et bien, abstenez vous donc à partir de maintenant.»

Le regard de la rousse revint vers le vieux et elle continua la conversation comme si le privilégié faiblard n’avait jamais existé. «Votre séjour a-t-il été agréable à la Capitale ?»
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Wenceslas de Karlsburg
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MessageSujet: Re: Si loin de chez soi [Aënaelle, Nimmio]   Dim 1 Sep 2013 - 21:58


Le comte demeura interdit. Lui qui avait grandi fils de seigneur, entouré de serviteurs attentifs à chacun de ses ordres, à qui l'on s'adressait toujours avec respect et retenue, n'avait pas l'habitude du franc parler du petit peuple. La rouquine ignorait évidemment à qui elle s'adressait; pourtant, il fallait un certain courage pour répondre de la sorte, même à un bourgeois. Personne ne m'a jamais parlé comme ça. Même ma défunte épouse, si impertinente qu'elle était, ne se le permettait pas.

Wenceslas pourtant ne paraissait pas fâché. Comme à l'accoutumée, il dissimulait ses émotions derrière un masque neutre. Seul le regard qu'il jetait à l'aventurière était éloquent. Devait-il l'abandonner ici au milieu du pays montagneux, en la privant de monture ? Ou ordonner à ses hommes de la châtier ? Ceux-ci s'étaient arrêtés et les fixaient, l'air d'attendre que le comte leur en donne l'occasion. Nul doute qu'ils y auraient prit grand plaisir, à poser leurs pattes sur la belle roturière aux cheveux de feu. Wenceslas n'en fit rien; il ne la donnerait pas à ses hommes, et ne la punirait pas. Mais il n'oublierait pas.
Le silence s'était installé, uniquement troublé par le cliquetis des mors que mâchouillaient les chevaux.

- Un jour, vous me remercierez, femelle, dit-il simplement avant d'empoigner les rênes de son cheval et d'avancer, laissant la jeune femme derrière.

Messire Reynald demeura à proximité de la rouquine, laquelle reprit le plus simplement du monde sa conversation avec lui. Le vieux précepteur semblait encore mal à son aise, mais s'efforça de lui sourire. N'eut été cet incident, il trouvait la jeune fille de fort agréable compagnie.

- Ce fut court, mais agréable. Diantra jouit d'un confort que nous n'avons pas forcément en Arétria.

Le vieil imbécile venait de révéler distraitement leur destination finale. Il s'en rendit compte une fraction de seconde trop tard. Gêné tout d'abord, il haussa les épaules. Après tout, à quoi bon garder le secret maintenant ? Ils étaient déjà loin de Diantra.

- Vous devrez, à l'avenir, vous montrer prudente, ajouta-t-il assez bas pour éviter d'être entendu par le reste du groupe. Monsieur le Comte est un homme sévère, abrupt... mais c'est aussi un homme juste, en dépit de ce qu'il laisse croire.

L'homme juste en question chevauchait seul à l'avant, à présent, laissant le reste du groupe suivre. Les reîtres s'amusèrent de le voir bouder, remis à sa place par une femme. Décidément, le voyage ne le mettait pas de bonne humeur. Il n'avait qu'une hâte, atteindre Arétria et poser son noble postérieur sur le trône de pierre, là où chacun aurait à cœur de le servir et de l'honorer à hauteur de son rang. Or, il était bloqué avec une bande d'imbéciles, qui s'imaginaient presque pouvoir le traiter comme un égal. Pour ne rien arranger, la région montagneuse du Médian semblait plus inhospitalière que jamais. Comme les vastes étendues et les plaines arétanes lui manquaient ! Ici, l'on perdait un temps fou à contourner les chaînes de montagne, on manquait de se perdre, et l'on n'en voyait pas la fin. Le pays de Velteroc s'étendait devant eux, et ils n'étaient pas au bout de leurs peines.
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Aënaelle Denoelig
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MessageSujet: Re: Si loin de chez soi [Aënaelle, Nimmio]   Lun 2 Sep 2013 - 17:00

«Ce fut court, mais agréable. Diantra jouit d'un confort que nous n'avons pas forcément en Arétria.» Aënaelle fronça légèrement les sourcils. Odélian n’était pas sensé être leur destination ? Pourquoi parlait-il d’Arétria ? Sans importance, il devait sûrement être originaire de là-bas.

«Vous devrez, à l'avenir, vous montrer prudente. Monsieur le Comte est un homme sévère, abrupt... mais c'est aussi un homme juste, en dépit de ce qu'il laisse croire.» Elle tourna les yeux vers le Comte qui les avait dépassé. Elle venait d’insulter un comte. Une légère panique se fit sentir dans ses yeux, tout d’abord à cause des propos qu’elle avait tenu quelques minutes plus tôt. Et puis un comte avec pour seule garde cinq connards, une rouquine, un malmesert et un vieillard ? Il fallait être complètement inconscient ou bien avare au possible pour avoir embaucher une si maigre escorte.

Elle s’adressa à nouveau au vieil homme à côté d’elle, continuant les messes basses. «Vous vous foutez de moi ? Le Comte ?» Elle commença à implorer silencieusement les dieux pour que tout se passe bien. Ainsi que pour ne pas se faire châtier une fois arriver au comté d’Arétria pour son affront. Si c’est vraiment un homme juste, il ne me punirait pas pour cela. C’était en fait plus une prière qu’une pensée.
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Wenceslas de Karlsburg
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MessageSujet: Re: Si loin de chez soi [Aënaelle, Nimmio]   Lun 2 Sep 2013 - 19:23


La jeune femme pouvait légitimement être surprise. Une lueur d'anxiété parut dans ses yeux, qui n'échappa guère au vieil homme. La crainte d'un châtiment avait semble-t-il prit le pas sur sa fierté.

- Nous devions garder le secret tant que nous étions proches de Diantra, expliqua-t-il. Vous ne pouviez pas deviner.

Messire Reynald eut un sourire compatissant pour la jeune roturière, embarquée sans le savoir pour une aventure qui dépassait ce qu'elle avait imaginé à la base. Certes, personne ne l'avait forcée à venir, et elle s'y était jetée elle-même. Mais voilà que tout à coup, la mission qu'elle croyait accomplir prenait une toute autre nature. Croyant escorter un marchand pour une affaire de gros sous, elle allait se retrouver plongée malgré elle dans les méandres des intrigues politiques de la péninsule. Reynald la plaignait presque; pourtant, elle semblait avoir les épaules solides, son franc parler en était assez révélateur. S'ils parvenaient en vie à Arétria, la jeune mercenaire verrait s'offrir à elle bien des opportunités. A condition que le comte veuille la garder à son service, bien sûr.

- N'ayez crainte, poursuivit-il toujours à voix basse. Il paraît peu commode, mais ne fait pas dans la cruauté. Montrez-vous obéissante à l'avenir, et il ne vous en tiendra pas rigueur.

A l'avant du peloton, Wenceslas, agacé de voir le vieux s'entretenir à voix basse avec Aënaelle comme deux comploteurs, rappela Reynald. Celui-ci s'excusa auprès de la mercenaire, et chevaucha au devant du groupe, rejoignant le sire de Karlsburg. Les deux hommes discutèrent ensemble de l'itinéraire à suivre, Wenceslas hésitant entre deux routes possibles une fois qu'ils auraient passé le pont de Velteroc. Fameux pont qu'il aurait volontiers évité d'ailleurs, si le choix lui avait été possible. Il n'aimait guère les chemins étroits, trop propices aux guet-apens, où l'on n'avait pas le temps de voir venir.

- Les dieux maudissent le Médian, jura-t-il à haute voix, témoignant de sa continuelle mauvaise humeur.

Le plateau de l'ouest serait probablement plus hospitalier. Une fois quitté Velteroc, il leur resterait à traverser le pays eracien, avant d'atteindre le marquisat de Sainte-Berthilde. Ils feraient une halte à Cantharel, où Wenceslas se présenterait comme nouveau comte d'Arétria, nommé à Diantra par la marquise en personne. Ravitaillés et pourvus d'une plus grande escorte, ils marcheraient alors en direction d'Arétria-la-ville, et seraient probablement rejoints sur le chemin par l'ost à la bannière de Karlsburg, que son oncle avait pour tâche de rassembler. La reprise en main du comté pourrait alors démarrer.
Mais tout ça semblait encore tellement loin...

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Nimmio de Velteroc
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MessageSujet: Re: Si loin de chez soi [Aënaelle, Nimmio]   Ven 6 Sep 2013 - 8:16

Irréparable. C'est le terme qui désignait le plus fidèlement les actes que la couronne avait commise à Diantra lors de l'enterrement du Roi. La tentative de capture du Comte et de nombreux autres dignitaires opposé à la mainmise de la régente avait provoqué un émois sans précédent dans tous le royaume. Comment pouvait-on commettre un tel acte, lors d'une cérémonie sacrée et consacrée par le droit. Comment pouvait-on tenter de capturer des Seigneurs, de la sorte, bafouant toutes les conventions héritées d'un temps où « noblesse » n'était pas qu'un vain mot ?

Ayant regagné le médian précipitamment, Nimmio avait depuis eu quelques journées pour réfléchir à tout cela. Les actes d'Arsionoé et de son Conseils avaient été aussi inconsidérés que perfides. Il n'était désormais plus questions de respecter les conventions et de jouer une partie respectant les règles de l'art et de la diplomatie humaine. Le médian allait répondre et il répondrait fort. La couronne avait déclenchée les hostilités et elle allait découvrir ce qu'il en coûte.

Il avait alors fait placer ses fauconniers sur tous les trajets de vols entre les terres royales et le nord, tandis que ses gardes de guet intercepteraient tous les messagers royaux où nordistes afin de s'assurer que nul information ne passe. Quelle fut alors la surprise, d'apprendre qu'une colonne venue de Diantra tentait de rejoindre le nord, discrètement et sans qu'il ne soit possible de savoir qui la menait. Il n'en fallut pas plus au Comte pour déduire qu'un dignitaire royaliste tentait de rejoindre ses terres, espérant que les préparatifs du militaires du Comte ne soient pas prêts ou ne les détecte pas. Il s'agissait là d'une erreur de calcul, qui allait avoir ses conséquences.

Le « Pont de Velteroc », Seul point de passage entre le nord et le sud, excepté celui fort engorgé de Belthrod, était gardé par deux fortins, situés de part et d'autre du fleuve mélian et fortifiaient le pont de leur présence. Il fallait ainsi rentrer dans l'un, puis traverser le pont et sortir par le second. Un double système de pont levis était également présent afin de pouvoir, en cas de besoin, couper définitivement le passage à d'éventuelles troupes ennemies.

La troupe du Comte d'Aretria fut accueilli sans le moindre signe avant-coureur de ce qui allait se passer. L'objectif de l'opération était une capture pure et simple, sans effusion de sang si possible. Et pour cela, il existant un moyen simple de procéder, sans avoir à dégainer les épées.

Feintant la non reconnaissance de leurs visiteurs les gardes ne firent pas plus attention à eux que cela, les laissant s'engager sur le pont après avoir fouillé les éventuels chariots de transports courants pour les processions officielles. Mais une fois bien engagés, sur un pont d'une quarantaine de mètres, les Aretriens eurent la mauvaise surprise de voire les herses s'abaisser et les les créneaux se garnir d'arbalétriers, tandis que les meurtrières leur faisant face cachaient certainement quelques tireurs embusqués.

C'est à cet instant fatidique, alors que la sidération laissait la place à la peur chez certains soldats Aretriens, que le capitaine de la garnison apparut à son tour derrière la herse qui avait vue passer les visiteurs avant de s'abaisser.

Il est de coutume de s'annoncer lorsque l'on visite les terres du Comte. Les amis y sont toujours les bienvenus et sont généralement invités à lui rendre visite. Une telle discrétion de votre part ne pouvant signifier que votre appartenance aux ennemis de médian, je suis contraint de vous demander votre reddition. Le Comte étant une homme d'honneur, à la différence de la régente et de son engeance maudite, il vous garantit d'être bien traités si vous vous rendez. Il est évident que si vous résistez, mes hommes ne se priveront pas d'exercer leurs talents de tireurs sur les votre. Que l'homme qui vous mène se présente, je l'attends.
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Wenceslas de Karlsburg
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MessageSujet: Re: Si loin de chez soi [Aënaelle, Nimmio]   Ven 6 Sep 2013 - 13:01


Le piège s'était refermé sur le groupe de voyageurs sans que ceux-ci n'aient pu faire quoi que ce soit. Bloqué au milieu du pont, Wenceslas assistait impuissant à la mise en place des arbalétriers velteriens, comprenant qu'il était joué.

Comment avait-il pu se laisser convaincre par ce vieil imbécile de Reynald, que la stratégie de discrétion serait la plus sûre pour rentrer au pays ? Leur stratagème n'avait visiblement pas berné l'ennemi. D'un autre côté, il fallait se rendre à l'évidence  : une escorte plus fournie n'aurait pas non plus passé le pont de Velteroc. Il aurait fallu passer en force, faire un véritable siège, pour retourner dans le nord. A quelle fin ? Beaucoup de pertes et du temps perdu. Non, il avait fait le choix le plus judicieux, mais celui-ci ne l'avait guère mieux servi. Parti précipitamment de Diantra, Wenceslas ignorait ce qui s'était produit dans la capitale, dans les jours qui avaient suivi son départ. S'il avait su que la régente et ses sbires avaient tenté d'enlever les dignitaires qui avaient refusé de prêter serment, il aurait su que le passage par Velteroc était compromis. Aussi ne s'était-il pas imaginé devoir faire l'objet d'un rapt ici-même.
Pourtant, d'instinct, il avait ressenti une certaine appréhension en passant le premier pont-levis. Mais il était trop tard, à présent, pour faire demi-tour. Ils étaient cernés.

Il n'écouta que distraitement la voix du capitaine, cherchant déjà à échafauder une stratégie pour se tirer de ce mauvais pas. Le capitaine semblait parler au nom du Comte de Velteroc lui-même, ce qui était courant lorsqu'on procédait à une arrestation au nom de son seigneur, mais cela pouvait-il signifier que le suzerain de ces terres avait lui-même échafaudé ce plan ? Aux dernières nouvelles, Wenceslas pensait que le manchot se trouvait encore à Diantra, en compagnie de la Dame du Val, cette garce à la langue trop bien pendue qui s'était si bien faite remarquer au cours des funérailles royales. Décidant qu'il en savait de toute façon trop peu pour tenter d'en tirer parti, le comte d'Arétria se résigna. Pour l'heure, il n'avait d'autre choix que de s'en remettre aux mains de l'ennemi. Il s'avança donc en direction de la herse, devançant ses hommes, et lança au capitaine :

- Votre maître se fait une idée bien particulière de l'honneur, dit-il avec une pointe de mépris dans la voix. Je proteste contre ce guet-apens qui ne rend pas grâce au comte de Velteroc, car ce sont manières de bandits que d'arrêter de nobles gens par la force des armes et sans motif légitime. Sachez que vous vous adressez à Wenceslas de Karlsburg, Comte d'Arétria, et que toute atteinte qui sera faite à ma personne entraînera des conséquences que vous et moi ne souhaitons pas. Je me rends, car je ne sacrifierais pas d'hommes à une lutte désespérée et perdue d'avance; mais je vous demande d'épargner mes gens.

Ainsi fut capturé Wenceslas de Karlsburg sur le pont de Velteroc, moins d'une semaine après s'être vu attribuer le comté d'Arétria par la régente en personne, sans livrer un combat en sans avoir eu le temps d'exercer ses fonctions.
Derrière lui, les reîtres s'inquiétaient pour l'avenir. N'étant pas nobles, ils ne présentaient guère d'intérêt. Seraient-ils mis à mort, ou libérés sur le champ ? Dans tous les cas, ils ne seraient pas payés pour leur service, et avaient chevauché tous ces derniers jours pour rien. Certains maudissaient déjà le comte, lui souhaitant de subir les pires sévices en captivité. Le vieux Reynald, inquiet, se tourna vers Aënaelle. Sensible au sort qui attendait la jeune femme rousse, il se faisait plus de soucis pour elle qu'elle ne s'en faisait elle-même.

- Restez près de nous, mon enfant, murmura-t-il à voix basse. Si l'on vous relâche avec ces reîtres, ils se vengeraient sur vous de bien cruelle manière. Si l'on vous demande qui vous êtes, dites que vous servez le Comte d'Arétria et que vous demeurerez à ses côtés. Ils ne vous feront aucun mal, et Velteroc ne nous retiendra pas indéfiniment...

Du moins l'espérait-il.
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Aënaelle Denoelig
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MessageSujet: Re: Si loin de chez soi [Aënaelle, Nimmio]   Jeu 26 Sep 2013 - 14:23

Aënaelle était tendue. Après avoir appris que c’était en vérité le comte d’Arétria qui les avait engagés pour l’escorter, la mercenaire imaginait tous les pires scénarios. Et en plus il faut passer le pont de Velteroc... Il cherche véritablement les emmerdes, ce comte... La petite escorte et le noble s’engagèrent sur le pont, quand les grilles se mirent à descendre. Ils étaient pris au piège. La rouquine leva les yeux vers les arbalétriers qui les visaient. Elle lâcha un faible «eh merde...»
Elle faisait son possible pour garder son visage impassible, mais son regard inquiet la trahissait. Aënaelle s’inquiétait pour son avenir. Le compte se rendait, évidemment, il n’y avait aucune autre option. Il serait fait prisonnier sans qu’il lui arrive trop de mal. Mais qu’adviendrait-il d’elle ? Elle n’avait aucun intérêt pour le comte de Velteroc.
À cet instant, elle eut l’irrésistible envie de planter une dague dans la gorge du comte, et elle se rendit compte en jetant un oeil au reste de l’escorte qu’elle n’était visiblement pas la seule. Elle regrettait d’avoir suivi un homme qui ne lui avait pas révélé sa véritable destination et son nom. L’appât du gain...

Le vieillard qui accompagnait le comte se pencha vers elle et lui souffla à voix basse : «Restez près de nous, mon enfant. Si l'on vous relâche avec ces reîtres, ils se vengeraient sur vous de bien cruelle manière. Si l'on vous demande qui vous êtes, dites que vous servez le Comte d'Arétria et que vous demeurerez à ses côtés. Ils ne vous feront aucun mal, et Velteroc ne nous retiendra pas indéfiniment...» L’anxiété retomba un peu. Si le comte ne décidait pas qu’elle lui serait inutile, ce serait déjà quelques chances de plus de son côté...
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Nimmio de Velteroc
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MessageSujet: Re: Si loin de chez soi [Aënaelle, Nimmio]   Jeu 10 Oct 2013 - 8:50

Mon maitre n'a que faire des remarques de ceux qui soutiennent la félonie incarnée.

Trancha le capitaine Velterien tandis que la herse commençait à se lever et que ses hommes approchaient pour récupérer les armes de l'escorte Aretrienne.

La couronne a rompu la légalité en attentant à la vie du Comte de Velteroc tandis qu'il était présent à Diantra en tant qu'ambassade diplomatique. Mais ne vous inquiétez pas, si sa Grandeur se voit contraint d'arrêter les ennemis circulant sur son territoire, le mot d'ordre est de les traiter comme des invités et de ne faire aucun mal à leurs hommes. Il souhaitera d'ailleurs sans doute s'entretenir avec vous dans les plus brefs délais.

Les hommes du Comte récupéraient les armes de leurs homologues, dans un certain calme, ponctué par le sang chaud de certains Aretriens qui voyaient d'un très mauvais œil le fait de se faire dépouiller de leurs biens les plus précieux. Une fois tout ceci effectué, le capitaine fit signe au Comte d'Aretrie de le suivre jusqu'au appartements, relativement luxueux , où il attendrait qu'une escorte se prépare pour l'accompagner là où Nimmio l'attendrait.

Ses hommes, quand à eux, furent mis aux arrêts dans les salles jusqu'ici réservées aux soldats de la garnison et non pas parqués comme du bétail dans un enclos, à la merci des éléments. Il était évident qu'un tel traitement n'était pas celui que l'on réservait à son ennemis.

A l'aube du lendemain, l'escorte était prête et le Comte put sélectionner un groupe de dix personnes qui l'accompagneraient pendant ce périple que l'emmènerait en un lieu qu'il ignorait pour le moment. Ses autres hommes, quand à eux serraient gardés captifs, mais bien traités, pendant toute la durée des discussions.

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MessageSujet: Re: Si loin de chez soi [Aënaelle, Nimmio]   Dim 13 Oct 2013 - 14:07


Le Comte d'Arétria demeura sourd aux explications du capitaine velterien. De quelle engeance se prévaut-il, ce misérable gueux, pour parler de félonie ? C'est qu'il est si facile de se vanter d'être loyal, lorsqu'on n'a rien d'autre à faire que d'obéir à son maître sans jamais prendre de décision. Ravalant sa colère et sa fierté, Wenceslas suivit ses nouveaux geôliers avec toute la dignité dont il était capable : ne disant mot, il avançait, la tête haute et en silence, mais l'esprit rongé de pensées venimeuses. Wenceslas ne donnerait pas à Velteroc la satisfaction de le voir perdre son sang-froid.

Il dormit peu, cette nuit-là. En dépit du confort qui lui était réservé, il ne s'extasia guère de l'hospitalité forcée qu'on lui avait témoigné. Au moins Velteroc le traitait comme un noble, mais c'était probablement une façon pour le Manchot de se racheter une conscience. Il a eu tort de s'en prendre à moi. Il apprendra à ses dépends que je n'oublie jamais mes ennemis. A quoi fallait-il s'attendre pour la petite entrevue qui l'attendait avec son ravisseur ? Nul doute qu'il tentera de me retourner contre Arsinoé d'Olyssea. Il perd son temps. Wenceslas n'était pas homme à rompre ses serments, chacun le saurait bien assez tôt. Plutôt me condamner à une mort certaine que de me retourner contre la femme qui m'a élevé plus haut que nul autre.

L'aube prit le Comte par surprise. Ayant peu dormi, c'est avec des yeux bouffis de fatigue que Wenceslas se présenta à l'escorte censée l'amener vers une destination que l'on taisait encore, mais où il s'attendait à rencontrer son ravisseur. On lui donna le choix de sélectionner qui de ses hommes l'accompagneraient; contre toute attente, Wenceslas n'exigea que la présence de Reynald, de son valet et d'Aënaelle. Les reîtres qui l'avaient suivi depuis Diantra n'étaient pas une bonne compagnie, et les laisser ici le dispenserait d'avoir à les payer et les dédommager. Son vieux précepteur lui serait utile pour trouver une issue à ce guêpier, et son valet bedonnant lui éviterait les affres d'un périple trop inconfortable. Quant à Aënaelle... la compagnie d'une femme, fut-elle une ribaude, m'évitera de sombrer dans la folie si ma captivité vient à se prolonger. Tant d'hommes se détournent du droit chemin lorsqu'ils sont enfermés trop longtemps aux côtés de congénères du même sexe; ceci ne doit pas m'arriver. Et il n'avait pas tellement envie que leurs chemins se séparent aussi vite; il gardait à l'égard de la rouquine, pour l'impertinence dont elle avait fait preuve à son égard, l'idée d'une créance qui attendait encore d'être réglée.

- Ne faisons pas attendre votre maître plus longtemps, lança-t-il au capitaine velterien au moment de se mettre en route. Je veux qu'il sache que la ponctualité est essentielle chez nous autres, les arétans.

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