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 [Quête] La dure loi des affaires

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Gidéon Troskri
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MessageSujet: [Quête] La dure loi des affaires   Dim 8 Sep 2013 - 13:34

Le morceau de porc produit une petite effusion de sang et un bruit d'écrasement quand Gidéon le mit à le broyer sous ses dents jaunies par la viande. Ses suivants lui trouvaient un air exaspéré et inquiet, il avait même perdu du poids! Les plats qui lui étaient amenés et auxquels il touchait auparavant avec appétit jonchaient désormais sa table sans qu'il ne touche à la moitié d'entre eux.

Mais le chef de la pègre, lui, ruminait en silence ses déboires. Voilà quelques jours qu'une compagnie de mercenaires, la glorieuse compagnie Arnout, avait refusée de payer l'impôts imposé par Gidéon à toutes les activités lucratives établies sur le territoire qu'il contrôlait. Normalement dans une telle situation des assassins auraient assassinés les principaux dirigeants du groupe ou un moyen de pression aurait été trouvé. Cependant les recherches n'avaient rien données, les envoyés de Gidéon ayant été tués ou chassés par les hommes-d'armes.

Voilà ce qui dérangeait tant le riche homme: on lui résistait et il n'avait aucun moyen de faire cesser cette folie, bientôt d'autres se lèveraient pour le défier et son autorité s'en retrouverait affaiblie, ce qui était intolérable. En désespoir de cause, le gros s'était résolu à envoyer un message dans tout les lieux de perditions qui lui appartenaient: on cherchait des hommes et femmes déterminés pour rendre un important service à Gidéon Troskri. Une grande récompense serait accordée à celui ou ceux qui réussiraient, selon leur demande.
Et le voilà maintenant, dans son cabinet de réception, à attendre patiemment, un poignard dans la main et des criminels armés derrière lui, que des âmes en quête de combats, d'or ou d'avantages, ne se décident à toquer à sa porte et à demander au jeune servant blond qui leur ouvrirait, d'entre pour répondre à la missive.


-"Du respect et de la loyauté, est-ce trop demander?"

Aucun des gardes présents n'osa lui répondre, ses sauts d'humeurs étaient... Massacrantes.
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Decado
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MessageSujet: Re: [Quête] La dure loi des affaires   Mar 10 Sep 2013 - 20:08


    Spoiler:
     

    Sous  la chaleur oppressante du soleil de midi, il se déplaçait comme si les ombres l’enveloppaient toujours…même en ces lieux qui en comportaient pourtant si peu…et comme si la poussière omniprésente ne pouvait l’atteindre. Le marché de Thaar était bondé…il était toujours bondé. Les commerçants et les clients marchandaient âprement jusqu’à la plus petite pièce de cuivre. Au meilleurs endroits, là où l’on se bousculait, les voleurs étaient postés à l’affût, prêts à subtiliser la bourse des plus insouciants.
    Au moindre pépin, ils se fondaient dans la foule bariolée avec leur butin bien mal acquis…
    Au premier coup d’œil, Decado Salyrann repéra les tir-laine. D’un regard, il distingua les camelots des coupeurs de bourses…et ne chercha pas à éviter cette dernière engeance. Au contraire, il passa tout près des ladres en repoussant sciemment un pan de son manteau noir sur sa bourse pansue…
    …et sur les armes étranges qui la protégeait si efficacement.
    Vress’Ive et Jiv’undus.
    Des lames Drow d’une grande valeur..
    Il savourait le respect craintif des jeunes voleurs. Mieux, il l’exigeait, car il avait passé des années à se tailler une réputation infernale, comptant jadis parmi les meilleurs tueurs à gages de Sol'dorn.
    Mais il avait également conscience des aléas du temps, et de sa propre mortalité.
    Car un jour où l'autre, il finirait bien par perdre ses réflexes si aiguisés...
    En tout cas, plus téméraire que dans sa prime jeunesse, il défia ouvertement les jeunes loups.
    Il traversa l’avenue animée en direction de la terrasse d’une taverne aux tables rondes, disposées sous un grand auvent. La place était prise d’assaut, mais au premier coup d’œil, il repéra son contact, Fahad al-Sayf, le métisse Zurthan. L’homme, en tenue nomade, était coiffé d’un ample turban rouge vif. L’assassin se profila jusqu’à lui. Fahad était attablé avec trois lascars qui ne comptaient manifestement pas parmi ses amis. En fait, c’était pour lui de parfaits étrangers. Le trio tenait une conversation à voix basse pendant que Fahad scrutait la foule, bien calé sur son siège.
    Il haussa les épaules, embarrassé, lorsque Decado arriva devant lui.


    « Vous ne leur avez pas dit que cette table était prise ? », demanda-t-il, d’un calme, d’où émanait contrôle et confiance.
    Les trois compères interrompirent leur conversation pour toiser de haut le nouveau venu.
    En sueur, Fahad al-Sayf s’essuya le front.


    « J’ai bien tenté de leur expliquer… »

    D’une main levée, l’albinos le fit taire tout en jaugeant les indésirables de ses prunelles d’un rouge abyssale.

    « Nous devons parler affaire. »

    « Et nous avons à boire et à manger », riposta l’un des types.
    Decado s’abstint de répondre et planta son regard dans le sien. Longuement.
    Il ignora les remarques des autres. Loin de se laisser distraire, se concentrant pour faire plier l’impudent à sa volonté, lui signifier l’implacable pureté de sa détermination.
    Un des deux autres se leva et affronta l’épéiste.


    « Qu’est-ce que tout cela signifie ? »

    Al-Sayf commença à baragouiner une prière.

    « Je vous ai posé une question ! », insista le type en faisant mine de bousculer le tueur.
    Decado réagit à une vitesse fulgurante, lui attrapant le pouce d’une main pour le tordre en arrière.
    Sans quitter des yeux le premier gaillard, toujours assis devant lui…
    Grognant de douleur, l’homme entravé voulut tirer de sa main libre une dague incurvée, glissée sous son ceinturon.
    Al-Sayf se lança dans une autre prière.
    Le type qui affrontait l’assassin du regard indiqua à son camarade de se calmer…et de garder sa main éloignée de son ceinturon.
    D’un signe de tête, Decado intima à l‘homme encore assis l’ordre de déguerpir avec ses amis. Il lâcha l’autre qui se massa le pouce en lui lançant des regards mauvais, mais ni lui ni ses camarades ne tentèrent quoi que ce soit, se contentant de ramasser leurs écuelles, leurs chopes et de décamper. S’ils n’avaient pas reconnu le tueur, celui-ci avait parfaitement su leur signifier ses ascendances…
    …sans même dégainer.


    « C’était ce que je voulais faire. », ricana Fahad lorsque les trois lascars furent à bonne distance, et que Decado se fut installé sur le siège qui se trouvait en face de lui.
    L’adonis se contenta de le regarder fixement, remarquant une fois de plus à quel point il était mal fichu. Avec sa grosse tête et son visage rond, le maigre Zhurtan paraissait émacié. Tranchant sur sa peau et ses yeux noirs, son sourire de hyène dévoilait une dentition à l’éclatante blancheur.
    Il se racla la gorge.


    « Je suis surpris que vous soyez venu. Votre ascension au sein de la guilde Khalazza…et votre fuite de Sol’dorn, vous ont attiré beaucoup d’ennemis. Ne craigniez-vous pas la perfidie, ô redoutable ? », ajouta-t-il en gloussant.

    Decado le lorgna sans aménité…
    Et pourtant, il était intérieurement surpris. Surpris que l’information ait remonté aussi vite, de Sol’dorn à Thaar…surpris qu’aucun de ses anciens instigateurs n’ai encore tenté quoique-ce soit dans le complot qui avait précédé l’assassinat d’Istovir*… (éléments relatifs au Background de Decado)
    …surpris que personne n’ai encore attenté à sa vie dans les venelles exotiques et sinueuses de Thaar, la capital d’Ithri’Vaan.
    L’assassin contint un rictus. Quoi de plus normal dans un univers aussi inquiétant et mirifique…
    De toute façon il aurait bientôt quitté Thaar.
    C’était pour contracter des fonds, relatifs à son périple avenir, qu’il avait contacté al-Sayf, car l’intriguant avait toujours été doué pour dégotter les plans juteux.


    « Tirer les ficelles…ordonner, prendre, créer ou détruire. La tête d’une guilde…ça peut être une prison pour les puissants… », continua Fahad. « …une prison pour un être puissant, vous voyez ? Tant de caïds, de pères-meneurs, et de petits chefs de guilde n’oseraient plus sortir de chez eux sans une centaine de gardes… »

    « Je ne suis pas un caïd. »

    « Non, en effets, mais durant un court instant, vous auriez pu décider si l’Enclave des Ombres* (Cf background) vous appartiendrait ou pas. », al-Sayf lâcha l’un de ses gloussement irritants. « C’est de notoriété publique. Je savais que vous étiez bon mon ami, mais à ce point… ! »

    Decado sourit, amusé par un fantasme ; plonger sa dague dans ce cou squelettique…sans raison véritable, si ce n’est qu’il détestait les parasites. Hélas, il avait besoin de lui. Voilà comment cet informateur de premier ordre avait réussi à survivre depuis si longtemps…d’abord à Sol’dorn, et puis à Thaar, lorsqu’il avait fuit la cité Drow au moment où les troubles avaient éclaté, après l’implosion du quatrième OST. Fahad al-Sayd avait fait du renseignement son gagne-pain. Mieux, un art…pourvu que le prix soit convenable, il apportait à ses clients tout son talent et leur fournissaient toutes les informations qu’ils souhaitaient obtenir. Il savait si bien prendre le pouls d’Estrévent, il connaissait tellement les familles régnantes et les minables frappes des bas-fonds qu’il en était devenu trop précieux pour être assassiné.

    « Alors…ce pouvoir dissimulé derrière cette guilde… », continua Fahad avec un sourire. « …vous ne m’avez certainement pas tout dis. »

    Decado le lorgna longuement, les yeux étincelant, puis, croisant les bras, s’adossa plus confortablement sur son siège. Le fait qu’il avait effleuré ses armes l’espace une mili-seconde n’avait pas échappé à al-Sayd qui déglutit.
    La menace était claire.
    Plus de questions.


    « N’étions-nous pas convenu de parler du Chef Troskri. »

    Fahad soupira.

    « Oui…il a eut quelque déboire avec la compagnie Arnout. Vous savez…ces truc de ruffian ; dîme non-payées, provocations, menaces… »

    « À combien s’élève le prix ? »

    Un sourire penaud naquit sur les lèvres du métisse.

    « À l’issue de votre efficacité. Vous n’êtes pas le seul sur l’affaire, vous savez...l’intrigue semble également intéresser deux autres mercenaires. Deux forbans, mais qui ne sont certes pas de petites pointures puisqu’ils sont chacun à la tête d’un bâtiment. Ils mouillent dans le port en ce moment même… »

    « Leurs noms ? »

    « Chazmyr et Morkam. Le premier est un demi-Drow, le second un jeune loup qui a déjà eut l’occasion de faire ses preuves. Ne vous fiez pas à son jeune âge…ce gamin est une véritable teigne. »

    « J’ai déjà entendu parler de Morkam. », déclara Decado tandis que ses yeux rogues plongeaient dans le regard d’al-Sayd.

    « Oui il est doué, mais c’est une brute…le demi-drow est un peu plus civilisé. Lui c’est un malin…un roublard, on lui prête de nombreux exploits, beaucoup ont été rapporté à Meca, mais la plupart sont pour le moins…extravagants. Si vous arrivez à brider le premier et à démêler les anicroches du second, vous ne souffrirez d’aucun problèmes je crois. »

    Un sourire se mua sur ses traits glabres, mais Decado ne le lui rendit pas.

    « Ou presque, ha ha ha ! ».

    --------------------

    L’assassin n’eut aucun mal à trouver la demeure flamboyante de Gidéon…c’était une grande battisse faite de marbre blanc et de bas-reliefs, à travers l’ample lie de la société estréventine. Un vaste jardin exotique parachevait le tableau tandis que les allées étaient lambrissées de grès nisétien, laissant ça-et-là entrevoir le galbe stylisé d’une sculpture ou d’un ornement. Silencieux tandis qu’on le menait jusqu’aux portes nord de la demeure, Decado observait ces marques de richesse sans réellement les voir, ses prunelles alizarines étrangement fixes tandis qu’un sourire glacial ornaient la pâleur de ses traits raffinés…
    …cette maisons avait été bâtis sur le sang et la souffrance, à n’en pas douter.
    Ignorant le mépris habituel qu’il ressentait à l’égard des chefs de guilde, l’assassin traversa l’arche qui délimitait le hall aux jardins et pénétra dans une vaste pièce, richement décorée.
    Là, au centre d’un océan de marbre se  trouvait la silhouette disgracieuse du gros négociant…


    « Du respect et de la loyauté, est-ce trop demander ? »

    Manifestement contrarié, l’homme hurlait et gesticulait sur son siège, tandis que ses sbires les plus proches dansaient d’un pied à l’autre, mal-à-l’aise.
    Ne prêtant pas la moindre attention à la racaille qui l’entourait, le bel éphèbe détailla Gidéon avec un détachement polaire, calme et impérial, malgré la tension naissante.
    Et tandis qu’il avisait ce gros et gras roquet vociférant, l’assassin arqua un sourcille avec scepticisme, se demanda si l’homme en valait le coup.


    « … »

    Derrière lui la porte s’ouvrit à nouveau, laissant entrer de nouveaux hommes de main, et…ce qui semblait être ses futur acolytes.


Dernière édition par Decado le Lun 16 Sep 2013 - 19:20, édité 4 fois
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Morkam
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MessageSujet: Re: [Quête] La dure loi des affaires   Mer 11 Sep 2013 - 1:06

Thaar, cette ville était le répère de ceux qui aimait a forcer le destin. Des chefs de guilde, des aventuriers en tout genre, des mercenaires et voleurs. mais c'est aussi ici que l'on pouvait se faire de l'argent facilement. Le capitaine Morkam était assez jeune une vingtaine d'année tout au plus et pourtant il s'était forgé un nom au sein même de la piraterie. Fils de Sharkan le Borgne, il naviguait a bord de la "Tulipe noire" un bâtiment gagné sur dans un duel a Meca, rapide et léger ce navire offrait de grande possibilité mais son but était tout autre ; retrouver le Barracuda. Il devait bientôt quitter Thaar pour Meca et pour le voyage le capitaine Morkam avait besoin d'argent pour acheter des provisions, le contrat que lui présenta alors Balthazar arrivait a point nommé, ce n'était certes pas dans les habitudes d'un pirate de s'occuper de ce genre d'affaire, mais il devait faire une exception cette fois-ci .


Balthazar: " Morkam..tu devrais accepter....cela m'a l'air d'une affaire rapide et simple a régler..."

" De toute façon nous devons partir dans la semaine au plus vite, les hommes s'impatiente et je suis rester trop longtemps dans ce trou vicieux"


"Il y a plus de gnôle en plus....tss ce rafiot n'a plus de gnôle quel poisse "

Morkam était surnommé Main noire ou Main de fer" pour cette seule main ganté jusqu'au coude et protéger par du métal sur chaque articulation. Un bandana rouge sang maintenait ses cheveux noirs et une balafre qui lui ornait le visage témoignant de sa vie d'aventure. Sa chemise blanche entre ouverte laissant pendre un pendentif en or orné d'une crâne se vit couvrir soudainement par un long veston de cuir noir a grand col. Si on devait détaillé ce que portait le pirate il était a noté qu'il confectionnait particulièrement les couleur rouge et noire, son pantalon de cuir noir était monté d'une paire de botte de même nature et de même teinte, celui-ci soutenu par un chandail de couleur pourpre  et tombant sur le côté sur lequel se trouvait sa ceinture qui maintenait le tout en place. Il enfila son baudrier sur lequel pendait son sabre et s'en alla en direction de la fameuse demeure de Gideon. Il connaissait le nom de celui-ci bien évidement son père ayant déjà eu affaire a lui pour affaire. Le jeune allait avoir l'occasion de pouvoir rencontrer le bonhomme lui aussi.

*Bigre il s'ennuie pas celui-là...*

Le pirate arriva enfin devant la demeure que plusieurs gardes l’observait déjà , on sut tout de suite qui il était et pourquoi il était venu et sans que notre cher Morkam eut a ouvrir la bouche on lui ordonna de suivre la direction indiqué. Il avait entendu dire qu'un vieil ami était aussi a Thaar et qui était lui aussi peut être intéressé par le même travail, à croire que l'argent ne coule pas pas beaucoup ces derniers temps ; Chaz ce demi-drow aussi surnommé le Nomade était un pirate qu'il connaissait aussi bien de réputation que de personne, on pouvait dire qu'il l’appréciait assez. Il ouvrit la porte pour attendre alors le voix de celui qui semblait être le maitre des lieux.

« Du respect et de la loyauté, est-ce trop demander ? »


"....."


Il remarqua tout de suite l'albinos devant lui, lui aussi semblait ici pour le même travail. Le jaugeant du regard il comprit assez rapidement qu'il était sans doute mercenaire ou assassin au vu de sa dégaine.
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Eden
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MessageSujet: Re: [Quête] La dure loi des affaires   Mer 11 Sep 2013 - 18:28


Et le Nomade, comme on l’appelait dans l'impitoyable monde des pirates, ne s'était pas fait prier pour répondre à l'appel de l'or.

Il était à Thaar depuis une semaine environ. Comme pour la plupart des hommes de son milieu, il était venu ici pour commercer, marchander, négocier, vendre des pierres précieuses et autres diamants bruts à bon prix. Il côtoyait quelques esclavagistes intéressés par d'éventuelles prises de ses voyages en mers, festoyant à leur côté dans cette cité qui offrait sa chance à celui qui osait la prendre... Il était lui aussi désormais capitaine d'un navire, composé majoritairement d'anciens prisonniers, voleurs et assassins, qui avaient voulut prendre un nouveau départ, comme lui par le passé. Il leur avait laissé quelques jours pour se détendre avant de repartir en mer, bien qu'il ne savait jamais vraiment combien de temps il resterait à quai...  Les opportunités pleuvaient en Ithri'Vaan et il était souvent difficile de résister à une quête bien juteuse.

Le mulâtre au regard sombre marchait en direction du repère de Gidéon,  un gourmand chef de pègre bien décidé à en découdre avec une compagnie qui lui avait causé du tort... Vêtu d'un pantalon en lin oriental et d'un haut en toile marron se mariant avec son teint basané, son visage encore jeune et impudent était encadré par une longue chevelure foncée... Autour de son cou rôdait son habituelle chaîne en or orné d'un pendentif de l'île de Meca. Après quelques dizaines de minutes de marche, il arriva enfin au quartier général de son nouvel employeur et quelle ne fut pas sa surprise d'y croiser Morkam, un vieux compagnon de route, intéressé par la même mission semblait-il.

- Tiens, ca fait longtemps...

Dans le bureau, un jeune homme aux cheveux blancs attendait en face de celui qui semblait être le fameux Gidéon. Ce dernier  avait d'ailleurs l'air passablement énervé, un poignard dans la main, gigotant à tout va, prêt à trancher la gorge de ceux qui seraient assez fous pour l'approcher à cet instant. Chaz ne parierait pas sur une longue durée de vie de ses gardes du corps...

« Du respect et de la loyauté, est-ce trop demander ? »

- Plait-il ?
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Gidéon Troskri
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MessageSujet: Re: [Quête] La dure loi des affaires   Dim 15 Sep 2013 - 18:09

La petite crise de colère dû au stress ne dura pas plus de quelques secondes après l'entrée dans la salle de Chaz, le gros de l'énervement était sorti dès la première phrase donnée et Gidéon se rendait à présent compte de la présence devant lui de trois gaillards dont il avait déjà reçu des descriptions et des informations. D'après ce qu'il s'en souvenait le pirate s'appelait Morkam, il paraissait qu'il était le fils de Sharkan le Borgne, ce qui plaisait au riche homme autant que cela l'inquiétait.
Le second avait une certaine notoriété d'après les mendiants du ports, sans égaler celles de grands capitaines pirates qui mouillaient parfois dans la région, on le disait habile aux armes, ce qui ne manquerait pas de servir.
Pour le dernier, l'albinos... Les pions de Gidéon avaient eu un mal fou à acquérir la moindre information sur lui, pour des raisons inconnues... Un nom était revenu, une fois, un certain "Decado". Peut-être était-ce une erreur mais jusqu'à preuve du contraire, pour Troskri, cet homme se nommerait ainsi!

Mais voilà venu le temps des négociations et des discussions mielleuses pour amadouer leur méfiance, un art dans lequel le chef de la pègre se vantait d'exceller, comme tout maître qui se respecte. Rapidement, le presque gras ordonna à ses serviteurs dispersés dans la pièce de vider la table des rares plats qui la jonchaient encore et d'enlever des miettes, ce qui fût fait rapidement, le bureau dégagé, la pièce protégée par des gardes armés d'arbalètes et d'épées... On pouvait tranquillement parlementer!

Pour se donner bonne contenance, Gidéon se replaça sur son siège avant de poser les mains jointes et les avants-bras sur la table, au dessus de ce qui semblait être une carte de la ville.


-"Mes amis, je me flatte de savoir que trois grandes personnalités comme vous ont répondus à mon modeste appel. Decado, Morkam -tu ressembles à ton père toi-, Nomade... Bienvenues à Thaar.

Le temps valant cher en cette cité, permettez d'être clair: vous n'avez pas été abattu en arrivant parce que votre réputation vous précède et que je vous crois capables de réussir le contrat que je vous propose sans me trahir ni échouer. Attaquons maintenant le plat de résistance, je...


La porte derrière eux s'ouvrit en grand, laissant transparaître une jeune femme émincée habillées de vêtements de citoyens moyen, pas très riches mais pas vraiment pauvres, l'ensemble brun sale donnait une impression de ruralité à cette blonde décolorée qui parlait avec une voix révélant une certaine impatience...

-"Griseld tu ne vois pas que je suis en réunion avec ces importants messieurs?"

-"J'sais bien chef! Mais vous m'avez dit de venir dès qu'on aurait fini... On a pendu le magistrat par le paquet! Les testicules n'ont pas tenues alors on l'a balancé dans la rivière, comme vous avez dit... Je suis pardonnée maintenant, hein?"

-"Je savais que ce type manquait de couilles. Bien évidemment, je l'avais promis."

Sans attendre, avec un sourire toujours aussi affable aux lèvres, il sortit de sa bourse une pièce d'or qu'il tendit à la demoiselle, laquelle s'approcha pour la prendre avec un air très méfiant: elle avait peur de la toucher. Fermant les yeux et tendant le bras dans un dernier geste de courage, elle saisit le bout de métal et resta coincée quelques instants, comme paralysée par la peur. Puis elle rouvrit les yeux, constata que les gardes autour ne réagissaient pas, puis sortit en courant par la porte d'où elle était venue.
Gidéon leva la main en l'air, montrant trois doigts, puis deux, puis un... Un trait d'arbalète, un cri, une chute.


-"Quoi? Je n'aime pas tuer les gens dans cette pièce, le sang salit mon bureau... Et puis j'ai tenu promesse: ses marmots vivront."

Son air devint grave, ce qui était étonnant vu que la réaction habituelle dans le milieu criminel était un rire gras après une exécution. Il n'aimait pas tuer, c'était visible: la mort était un instrument, un outil, pas un plaisir.
Un serviteur entra ensuite, les souliers maculés d'un peu de sang, pour servir du vin rouge à Gidéon et à ses invités.


-"Un bon cru importé de la Péninsule... Mais revenons à nos affaires. La compagnie Arnout me défie ouvertement. C'est un groupe de mercenaires qui se veulent de "haute qualité"; ils n'acceptent en leur sein que des vétérans humains et drows, parfois des sang-mêlés ou des hybrides également, la compagnie leur fournit ensuite un bon acier venant de certains grands forgerons de Thaar. Ils se sont installés ici, dans le quartier pauvre, à une heure de marche lente de ma demeure.

Leur général, Llednar Arnout veut que ses hommes et femmes soient farouchement indépendants de toute autre entité politique, marchande ou criminelle, à ce titre leurs deux cent trente combattants sont bien décidés à résister à toutes les pressions, déjouer tout les assassinats et réduire à néants ceux qui voudraient les mettre au pas. J'ai envoyé quelques hommes tenter leur chance pour réclamer ma dîme -20% de leurs revenus totaux- mais ceux qui n'ont pas été tués ont été mis en geôles ou humiliés puis renvoyés à la rue. Je ne peux pas permettre ça.

Mes garçons, voici ce que je vous propose: à vous deux, mes amis marin, j'ai entendu dire que vous vouliez quitter cette ville, alors je prendrai en charge la partie pécuniaire de votre voyage, quelque soit sa destination. De plus vous recevrez une bourse bien garnie pour vous installer confortablement à votre nouveau domicile."


Son regard froid se tourna ensuite vers Decado, qu'il scruta de haut en bas.

-"Quand à vous je ne sais pas... De l'or, une demeure, des femmes à profusion?... Quel serait votre demande? Et plus généralement, à vous tous, avez-vous des questions ou des réclamations avant de commencer?

Oh et avant que j'oublie, dans ce milieu nous n'aimons guère l'échec, gageons que si vous vous ratez de trop vous recevrez la visite de certains hommes... Armés.
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Decado
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MessageSujet: Re: [Quête] La dure loi des affaires   Mar 17 Sep 2013 - 18:13


    Pendant plus d’une décennie, Decado s’était toujours demandé ce qui faisait la différence entre les vulgaires raclures, peuplant habituellement les venelles vaseuses de ces cités estréventines, aux figures notoires de l’acabit de Gidéon…
    Son minois d’opaline figés dans une expression contemplatrice, le tueur ne pipa mot lorsque les sbires du chef de guilde firent entrer la jeune femme. Il se contentait d’observer, ses iris, sombres et sanguines, analysant chaque détails de la pantomime.
    Il savait déjà comment la scène se terminerait. Un bref coup d’œil lui ayant permis d’approfondir ses convictions quant aux méthodes employées par le parrain pour asseoir son influence autour de lui. À Sol’Dorn la plupart des pères-meneurs fondaient leur hégémonie sur la peur qu’ils inspiraient, et leur capacité à instaurer un sentiment d’omniscience dans le cœur de leur ennemis, ou, à une échelle plus simpliste, à travers ceux qu’ils désiraient garder sous leur emprise.
    En général, ce genre de cas de figure s’appliquait le plus souvent à la vermine des basses castes, ou aux marchands autochtones qui tentaient de prospérer, tant bien que mal, dans les bas-fonds.
    Aussi ne fut-t-il pas surpris quant au sort de la nouvelle venue.
    Pour ainsi dire, ce niveau de méchanceté ne stupéfia ni n’émut Decado Salyrann, qui, enfant, avait été vendu en esclavage dans l’une des métropoles Drow les plus dangereuses du continent.
    L’assassin avait passé des décennies à vivre, à respirer dans la cruauté et la violence infinie de cette race malveillante…
    …et les méfaits des Hommes, en comparaison, pouvaient aisément passer pour les vulgaires frasques d’adolescents querelleurs.
    Pourtant, s’il avait toujours déprécié les chefs de guilde d’avantage que les pauvres hères que ces derniers l’envoyaient assassiner, l’adonis n’en n’attendait pas moins de Gidéon.
    Ce dernier était l’ombre noire d’une organisation de plus en Ithri’Vaan. Exerçant un rôle modéré et politique sur la surface soyeuse du masque. Laissant libre-court à une férocité impitoyable dans les coulisses.


    « Quoi ? Je n'aime pas tuer les gens dans cette pièce, le sang salit mon bureau... Et puis j'ai tenu promesse : ses marmots vivront. »

    Déclara l’homme dans un simulacre de compassion, ce qui fit naître un sourire boréal sur les lèvres pâles de Decado.
    Ignorant le mépris blasé qu’il ressentait en cet instant, l’assassin laissa Gidéon éclaircir les zones d’ombres sur un contrats qui relevaient, en fin de compte, d’avantage de la mission suicide que du prosélytisme habituellement incombé aux mercenaires de classes plus…comment dire ?
    Polyvalente.

    Une tâche de cette envergure valait son pesant d’or…
    Un rictus glissa sur le beau visage de Decado lorsqu’il prit conscience d’une certaine réalité.
    Avait-t-il jamais été intéressé par l’argent du gros Troskri ?
    Il y a dix ans peut être, mais aujourd’hui...
    …aujourd’hui les motivations qui animaient tant le guerrier que l’assassin étaient d’ordre plus personnel. Plus implacable.
    Et plus complexe…

    Ce n’était pas seulement le besoin futile de repousser des limites déjà atteintes depuis longtemps qui animait l’homme sibyllin qu’était Decado Salyrann, ni le mépris…la froide colère qu’il ressentait perpétuellement. C’était quelque chose de bien plus intime.
    Quelque chose qui avait germé et cristallisé pendant des années…quelque chose qui, en définitive, le rendait plus humain qu’il ne le croyait dans l’implacable jugement qu’il avait porté sur sa personne. Et qui conditionnait ses actes encore aujourd’hui.


    « Quand à vous je ne sais pas... De l'or, une demeure, des femmes à profusion ?... Quelle serait votre demande ? »

    Demanda le chef de guilde lorsque ses yeux froids se posèrent sur lui, le détaillant en profondeur.
    Il n’avait qu’à décider et il serait assez riche pour vivre dans l’opulence jusqu’à la fin de ses jours…


    « Une monture… », déclara l’assassin, tandis que Gidéon appuyait son discours par une menace qui ne laissait nul place à l’introspection. « …des fontes, une bourse garnie, et assez de provisions pour traverser un désert. »

    Le chef de guilde, qui était loin d’être stupide, comprendrait bien vite quels objectifs se muaient derrière les paroles du spadassin.
    Un seul désert bordait la périphérie de l’Ithri’Vaan ; celui des Terres Stériles.


    « Est-ce…concevable ? », conclut la voix de basse de Decado, tandis qu’une ombre de sourire retraçait discrètement ses lèvres albâtres.
    Son regard, en revanche, était tranchant comme l’acier.
    Le regard de l’homme inflexible qui ne reviendrait pas sur ses décisions une fois le pacte scellé.

    En d’autres termes, Gidéon Troskri pourrait compter sur la probité de l’épéiste si les termes du contrat étaient respectés.
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