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 La Main Bleue.

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Aemon IV d'Ancenis
Humain
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Nombre de messages : 70
Âge : 24
Date d'inscription : 02/05/2011

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge : 30 ans
Niveau Magique : Non-Initié.
MessageSujet: La Main Bleue.   Dim 29 Sep 2013 - 0:44


Evènements survenant dans l'ordre chronologique du jeu et pour la scène final quelques instants avant L'Oeil Bleu (date à définir).

A la surface d'une farandole fantasmagorique son esprit voletait. Alourdi, appesanti par le grief d'une vie d'errance et d'échec. Il avait abandonné son savoir et ses désirs au profit d'une existence ténébreuse parmi ses pairs et consorts. Du mal insaisissable qui l'étreignait ne demeurait qu'une estampe bien pâle, un gribouillis chiffonné sur quelque vélin et la voie de la guérison était à portée, mais que faire ? S'extraire du monde fabuleux dans lequel il séjournait depuis longtemps n'avait pour consolation qu'une réalité plus tiède et, somme toute, la douleur n'y était qu'illusoire tandis qu'à l'opposé la perte soutenait les voûtes d'un Royaume de terre et de sable et de cendres. Survenant peu après la Nanie les maux s'accentuèrent promptement de façon brutale et, alité, comateux, fébrile et moribond, voilà ce qu'il restât du noble Aemon.

Quelques temps s'en furent afin que l'alcide retrouve des forces, suffisamment du mois, pour quémander l'amputation de sa maigre vie, souhait qui lui fut refusé à maintes reprises par clercs et autres soigneurs ésotériques. L’affliction qui le condamnait cassa les dents à bien des thérapeutes et autres gourous chamanistes triés sur le volet. Du reste, c'est le bourreau qui brisa os et mâchoires à ces baraquins plein de charlatanerie recommandant décoctions de poulets marinés aux olives et herbes aromatiques de la veille. Peu s'en fallu pour que les réserves de l'Ancenois trépassent de ces riverains itinérants malicieux au possible quant aux soins prodigués. L'on vît des cataplasme en tout genre ayant pour base frai de brochets et fiente de porc si bien qu'Aemon tenait plus du coq en pâte que du patient tant il était luisant de baume ! La rumeur valait qu'à chaque cure une masure crevait la dalle. Prières et génuflexions eurent leur content de faillite si bien que le clergé s'endeuillait des Dieux. Or, ce fut un nain trapu et exubérant par l'accoutrement qui consistait en plumage d'oiseau rare et pierreries plus grosse qu'un œuf de canne qu'Aemon avait rapporté de son voyage qui trouva une solution sinon miracle, suffisante pour maintenir en vie le souffreteux. Un soir de beuverie, quand son coude ne touchait la tablée qu'au petit bonheur la chance, il tempêtait à qui mieux mieux : « Qu'vous êtes de bons fantaisistes vous les longue-jambes ! Vot' Seigneur qu'il est mort ? Non fait ! Alors pourquoi chouiner ? Mettez-y dans le gosier un peu d'houblon croisé de lait crémeux et d'miel et voilà qu'il'fra tenir son temps ! Ma pauv' mère c'est comme ça qu'a nous a grandi ! Tentez donc ! » Et ils tentèrent. Le nourrissant chaque jour de ce fameux mélange le seigneur remplit de nouveaux ses joues d'alors par trois fois creusées et il s'y maintinrent. Les soins durèrent et perdurèrent un temps.

Bathilde, la fille d'Aemon ne décrochait plus du chevet de son père et elle priait, pauvrette, esseulée dans le rouge vacillant d'une bougie de cire. Le seul réconfort qu'elle obtenait de son aïeul était un frisson lorsqu'elle joignait ses mains aux siennes pour s'endormir les yeux rougis d'avoir pleuré un jour de plus. A la peur qui la tenaillait elle faisait la sourde oreille et s'agripper de toutes ses forces au souvenir heureux de ce corps brisé. Bathilde, l’Orpheline d'Ancenis qu'on la surnommait, Bathilde l'espérance. Une nuit plus sombre que les autres vit la thaumaturge providence s'accomplir cependant. Endormie à son chevet telle une coutume, la petite fille entendit son père ronfler bruyamment et un éclair bleuté l'aveugla tout comme un hurlement rauque la força à cacher ses oreilles de ses mains tremblantes. Aemon s'était redressé brusquement, des rais de lumières sourdaient de ses yeux et sa bouche et le tumulte de sa voix depuis trop longtemps éteint rugissait dans une langue cabalistique. Alerté par le fracas émanant de la chambre Seigneuriale notables et gardes en services se hâtèrent. La garde d'Aemon, loyale jusque dans la mort, entra la première et ne pu que s'agenouiller devant la vision terrifiante et inespérée, des larmes de joies commençant à couler de leurs yeux meurtris par la lumière bleue émanant de leur maître. La pièce se remplissait de curieux et soucieux, tous à genoux, certains pleurant, d'autres priant d'autres encore ébahis par le spectacle. Lévitant à quelques centimètres de sa couche Aemon était entouré d'un halo invraisemblable, comme au creux d'une main bleue faite de lumière et d'espoir et tout l'Ancenois allait espérer de nouveau en son Seigneur. La vie pénétrait ce corps oublié, négligé et transcendait la réalité mondaine. Les bras ballants et le corps s'élevant toujours plus, une musique éthérée au carillon mystique se dégageait tout autour de lui et c'est alors qu'il se redressa et vint toucher des pieds le sol si froid. Il s'avançait vers la porte, habillé d'un bliaud nacré au reflet céruléen, ses pas semblant glisser allègrement sur le sol. Il s'avançait et s'avançait, enveloppant d'une lumière vive toute la pièce et les pièces à venir. D'aucuns tentèrent de le toucher mains firent bien vite réprimandés en se brûlant le bout des doigts et la procession vers le sommet s'entama. Ils suivirent Aemon jusqu'au sommet du Donjon et de là, celui-ci pointa d'un index négligeant vers le Sud-Ouest en direction de Diantra. Une lueur bleue anima le ciel dans le lointain, par-delà plateaux et montagnes, une lueur qui disparu immédiatement après avoir brillé dans les yeux de chacun et la lumière qui entourait Aemon disparu elle aussi. Lorsqu'il rouvrit les yeux il chercha prestement à croiser ceux de sa fille et se jeta sur elle, la prenant en ses bras et la serrant aussi fort que le lui permettaient ses forces, lui murmurant à l'oreille quelques mots rassurant, lui essuyant les yeux de ses pouces et l'embrassant sur le front pour l'étreindre à nouveau. Il se redressa et devant la foule au sommet de la tour ainsi qu'au pied du Château s'avança jusqu'au créneaux et fit entendre sa voix pour la première fois depuis des jours et des ennéades !

« ANCENIS ! TON SEIGNEUR SE RELÈVE ! RÉJOUIS-TOI ET ESPÈRE EN LUI ! ESPÈRE! »

Et tous, dans une clameur hystérique et exaltante, hurlaient leur salut au Seigneur de l'Ancenois !
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La Main Bleue.
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