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 Un spectre du fond des âges [PV Glenn]

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Porte-La-Peste
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MessageSujet: Un spectre du fond des âges [PV Glenn]   Mar 18 Fév 2014 - 16:41

C'était les premiers jours du printemps, la brise était fraîche et l'herbe humide de rosée pailletait légèrement, le soleil ne s'était qu'à peine levé au-dessus des arbres d'Aduram et d'Anaëh, qui s'étendaient sans interruption vers l'Est et recouvraient la terre d'une chape de feuillage impénétrable. Nul n'aurait sus dire les bêtes étranges qui se tenaient en ces lieux et les plus mystiques des histoires courraient sur ceux qui osaient résider en de tels territoires. Les elfes étaient connus en Ithri'Vaan, nombre d'entre eux ayant au fil du temps essaimés parmi les populations humaines. Mais ce n'était là que des représentants de leur peuple les plus civilisés. Il existait d'autre elfes, que d'aucun compareraient à de vraies bêtes sauvages, qui vivaient sous les frondaisons même, loin des villes et de leur confort, chassant les animaux pour se nourrir et les autres races pour protéger leurs terres. Sur ceux que les humains qualifiaient d'esprit des forêts courraient des récits inquiétants, l'on y parlait même de banquets de chair humaine. Et l'on évoquait qu'à demi-mot ces êtres capable de se transformer en animaux, plus sauvages encore, esprits défenseurs acharnés.
Mais l'Anaëh faisait finalement office de forêt enchanteresse par rapport à celle qui, comme une balafre, marquait son flanc ouest. L'Aduram étendait ses arbres aux troncs tordus et aux feuillages sombre quelque soit la saison sur de vastes terres. Elle avait été autrefois le théâtre d'une guerre que nombre avaient oubliés et dont pourtant les conséquences étaient encore vives. Elle était désormais un repaire de monstres et de bandits que la plupart évitaient comme la peste. Mais aucun de ces fléaux, justement, n'atteignait la cheville de la réputation de celui qui se faisait appeler le Seigneur d'Aduram, et que les autres mortels avaient autrefois baptisé plus simplement Porte-la-Peste.
On ne le connaissait plus guère qu'en ermite, reclus dans sa demeure au fin fond des bois, sombre sorcier décrépis occupés à quelques recherches obscures. Parfois il venait se procurer des ingrédients rares en ville, le plus souvent se faisait livrer, ou l'on entendait des histoires colportés par ceux qui avaient choisis de vivre sous sa protection. Plus rarement, on l'avait dérangé en espérant qu'il daigne soigner un cas où les guérisseurs plus traditionnels s'étaient montrés incompétents. Son prix était aussi élevé que sa science était grande et aucun de ceux qu'il n'avait accepté de voir n'avaient succombé à leur mal.
Mais désormais, il sortait de sa retraite et il était plutôt difficile à louper.

La troupe n'était pas bien grande, une quinzaine de fantassin entourant un cavalier. En d'autres temps, elle aurait pus faire une proie tentante pour les bandes de brigands qui pullulaient, mais les événements récents les avaient calmés et il étaient plus prudents, en particulier sur les terres de Naelis. La cité s'était montré à la hauteur de son passé révolus et ses troupes étaient bien trop zélées au goût des vagabonds de tous poils.
Mais de toutes les façons, aucun maraudeur n'aurait osé attaquer l'escorte après l'avoir observée de plus près. C'étaient, à n'en pas douter, des cadavres. Sous les heaumes d'un autre âge, on pouvait distinguer un visage à la peau à la fois fripée et tendue, aussi rêche que du vieux parchemin et jaunis par les sels alchimiques. Des orbites vides, dont les yeux avaient depuis longtemps été retirés, pouvaient pourtant donner l'impression d'une volonté inébranlable. Ils étaient de différentes espèces, aussi bien humains qu'elfes ou plus probablement métis. Quant à déterminer leur âge c'était impossible tant les traitements qu'ils avaient subis avaient figés leurs corps. A moins que l'on se servit des cuirasses et protections qu'il arboraient et sur lesquelles l’œil érudit pouvait reconnaître des emblèmes de territoires disparus depuis des lustres.
Sous ces armures et les quelques tissus qui couvraient leurs corps, ils avaient des membres noueux, frêles, semblable à du bois mort et qui pourtant se mouvaient avec la résistance et la souplesse d'un morceau de fer. Sous une apparente fragilité, renforcée par les blessures nombreuses que l'on pouvaient remarquer : poitrines enfoncées, membres brisés et mal ressoudés, crâne ouverts... ces cadavres se déplaçaient avec une vigueur et une puissance incompréhensibles, dans une synchronisation si parfaite qu'elle aurait fait rougir les meilleurs hommes d'armes. Mais cela n'avait rien d'étonnant puisque aucun d'entre eux ne possédât un esprit individuel et qu'ils étaient tous mus par une seule volonté, une volonté qui parvenait à insuffler à ces cadavres la magie pour les faire tenir debout. Il convient enfin de noter que chacun d'eux se déplaçaient armé d'une hallebarde, elle aussi très ancienne mais dont le fer extrêmement massif promettait des dégâts assurément mortels à qui le tâterait, ainsi que d'un glaive élimé mais dont la lame imposante pouvait faire voler en éclat un bouclier si, malgré les apparences, les non-vivants parvenaient à la soulever.
Et au milieu de cette garde d'honneur très spéciale, le cavalier avançait. Sa monture avait la même apparence squelettique et à moitié momifiée que le reste de la troupe, semblant tout aussi fragile mais dont les sabots frappaient le sol avec force. Elle était en plus de cela recouverte d'une vieille armure pour chevaux ainsi que d'anciens tissus d’apparat dont les couleurs étaient partis au fil des siècles, rendant la toile presque transparente et le destrier plus inquiétant encore. Moins, toutefois, que son cavalier.
Le Seigneur d'Aduram n'avait que rarement aussi bien mérité son titre autoproclamé : juché sur son destrier, il portait d'anciennes tenues de général, dont l'éclat avait considérablement ternis. En fait, seuls quelques pièces d'or continuait de démontrer l'ancienne richesse du costume, apparaissant d'autant plus au milieu de cet assortiment de couleurs désormais en demi-teintes. Mais malgré son état de délabrement, la coupe sévère, la capeline de fourrure, les épaulières dentelées et le heaume sculpté comme le crâne de quelque ancienne créature symbole d'effroi continuaient de donner un air grandiose à celui qui les portait. De celui-ci, seul le visage était visible, émacié à l'extrême, avec une peau cadavérique arborant à quelques endroits une étrange teinte verte et un œil qui semblait sis au milieu d'un tas de chair sanguinolente. Ses membres trop fins étaient camouflés par les épaisseurs de sa tenue qui lui donnait l'air plus majestueux qu'il n'était réellement. S'il avait été prompt à l'introspection, il aurait pus sans mal se souvenir de cette époque où il traversait ainsi vêtus la campagne à la tête de plusieurs centaines de gens en armes, promesse de mort mais aussi de victoire. Désormais, il n'était plus qu'un oiseau de mauvais augure qui faisait tranquillement route vers la cité de Naelis.

Il ne leur fallut pas longtemps après avoir quitté le couvert des arbres et s'être aventuré dans les terres cultivées qui appartenaient réellement à la cité pour être repéré par une troupe de guetteurs. Ils n'étaient que trois, trois cavaliers qui les surveillaient de loin. L'un d'eux se détacha du groupe, sans doute pour aller chercher des renforts, mais rien dans l'attitude de la délégation ne changea. Ils arrivaient déjà en vue du village fortifié de Ruven quand une forte troupe à cheval se présenta à quelques distances devant eux. Sans un mot d'ordre, chacun stoppa aussitôt sa marche et prit une pose militaire parfaite. Les hallebardes dressées n'indiquaient aucune intention belliqueuse et la position trop éclaté montraient qu'ils ne s'attendaient pas à devoir se défendre.
Les guetteurs s'approchaient jusqu'à une distance respectable. Plusieurs d'entre eux tenaient des arcs, flèches encochées mais non bandés. Les autres avaient la main sur la garde de leurs grandes épées. Ils eurent presque tous un mouvement de recul aussi rapidement que possible réprimé en comprenant qu'ils faisaient face à des cadavres. Et c'est une dizaine de regards emplis de mépris mais aussi d'une crainte ancestrale qui se posèrent sur Porte-la-Peste. Lequel ne sembla qu'à peine le remarquer et ne prit pas la peine de répondre. En revanche, de derrière sa monture, un autre non-vivant émergea. Il était très différent des autres : si sa démarche était toujours aussi raide et mécanique, il ne portait ni protection ni armes, simplement une tenue assez riche qui appartenait à un ancien émissaire et aide de camp de l'elfe. Il était également bien plus présentable que les autres, son corps n'ayant pas souffert des dégâts alchimiques causés par les traitements de conservation et n'ayant en tout pas plus d'une semaine. Et, chose essentielle pour ce que voulait en faire le nécromant, il avait réussit à préserver en l'état les fragiles tissus dans la gorge et qui, il l'avait observé, permettait de produire des sons.
C'est donc avec une voix caverneuses que le non-vivant s'exprima. L'élocution était grossière, les mots se mâchait et l'on sentait bien que la chose était encore mal maîtrisée :

« Le Seigneur d'Aduram souhaite être conduits auprès du Roi de Naelis. Tout refus sera vus comme une insulte et risquera d'avoir de graves conséquences. Veuillez vous exécutez immédiatement. »
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Glenn Hereon
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MessageSujet: Re: Un spectre du fond des âges [PV Glenn]   Ven 7 Mar 2014 - 9:30

Après un hiver difficile, le printemps revenait enfin. Cette saison marquait un renouveau pour les paysans de Naelis, qui pouvaient retourner à leur terre avant le prochain hiver. Esclaves par le passé, les paysans de Naelis étaient libres depuis l’arrivée des nordiques. Propriétaires de leur terre, ils devaient néanmoins s’acquitter de nombreux impôts, nécessaires au maintien d’une armée permanente pour la défense de la région. En effet, l’Ithri’Vaan est une terre troublée, torturée par de multiples conflits. Dans ce torrent de peines, le Royaume de Naelis reste une exception. Insoumis, les Naelisiens étaient des hommes libres. Mais cette liberté à un prix, le prix du sang. Ce sang, ils l’avaient versé à Ruven deux années auparavant.

Bucham était un de ces hommes libre. Agriculteur, il vivait avec sa famille à l’extrémité Ouest du Royaume. Ce quinquagénaire était propriétaire d’un champ de blé et d’un enclos à porcelets. Les journées étaient rudes pour lui, mais il savait que le pire était derrière lui. Sa petite ferme lui plaisait. Ce matin-là, après avoir nourri les cochons avec l’aide de sa fille, Lisbeth, il avait entreprit d’examiner l’état de sa clôture. Bucham se retrouvait donc à l’extrémité du champ, armé d’un marteau et quelques planches, afin de remonter une partie endommagé de la clôture. Cette dernière jouxtait la grande route qui faisait la jonction entre Naelis et l’Aduram, la sombre forêt qui s’étendait au loin. Bien qu’il y vivait à proximité, cette forêt l’inquiétait. En effet, de nombreuses histoires et contes Naelisiens parlaient d’Aduram, plus en mal qu’en bien. Jamais il n’aurait pu partir dans un camp de bucheron comme son frère. Par cette route, Bucham avait l’habitude de voir passer des étrangers, des visiteurs. Ce qui expliquait le fait que les guetteurs n’étaient jamais très loin de sa ferme… D’ailleurs, une petite troupe commençait à se faire voir au loin. Le paysan plissa les yeux pour voir et ne distingua que des formes, l’une d’elle étant à cheval. L’allure de ces hommes ne paraissait aucunement agressive, ils avançaient tranquillement sur la route, visible par tous. Ce n’était rien de grave en somme et Bucham continua ses réparations en frappant de plus belle avec son marteau. Quelques dizaines de minutes plus tard, La troupe passant maintenant devant son champ, il releva sa tête par-dessus sa clôture pour jauger à nouveau les étrangers. Il le regretta aussitôt. Ces hommes qui marchaient d’un pas lourd à quelques mètres de lui, sans même lui accorder un regard, n’étaient pas, du moins plus, des hommes… Il s’agissait tout bonnement de cadavres équipés d’armes d’un autre âge, entourant un être encore plus sombre et plus maléfique, qui trônait sur un cheval à la peau rongée et creuse. Cet être là fixa attentivement le pauvre paysan qui venait de lâcher son marteau et ses planches avant de courir vers sa ferme, l’esprit torturé par les histoires de son enfance que lui racontait sa mère à propos d’un sorcier qui vivait dans la forêt, le porteur de mort, le porteur de peste.  

Au même moment, derrière la ferme, coincée entre deux tas de foin, Lisbeth embrassait passionnément son amoureux qui s’apprêtait à lui ôter ses vêtements. Vous ne sera pas surpris d’apprendre que l’homme en question n’était autre qu’un guetteur, affectait à la surveillance de la grande route, qui alliait donc l’utile à l’agréable. Son père mettant toujours un temps fou à inspecter la clôture, sa mère et son frère étant  au marché de Ruven, Lisbeth avait jugé le moment opportun pour forniquer avec son amant à la cape rouge. Ce dernier avait laissé sa mission de côté au profit des seins plantureux et des lèvres tentatrices de la paysanne. Mais leur excitation ne dura point, car déjà, les cris du père appelant sa fille se faisaient entendre :


-Lisbeth ! Lisbeth ! Ou est tu Lisbeth? C’est le sorcier ! Le sorcier est sorti de la forêt ! »

L’appelée remit ses vêtements en toute hâte tandis qu’Ernis, son amant, remettait son arc à son dos et attrapa son épée pour se rendre à la rencontre du vieux paysan. Quoi que baratinait, le vieux, il avait vu quelque chose… qu’il n’avait pas vu alors qu’il était censé le voir avant... Les guetteurs ne portaient pas leur nom pour rien.

-Calmez-vous et dites-moi ce que vous avez vu !
-Des morts ! Des morts debout! C’est le sorcier qui est sorti de la forêt, je l’ai vu, j’ai croisé son regard ! »


Ernis n’était pas à née à Naelis. Il ne savait donc pas de quoi parlait Bucham. Il lui intima de reprendre ses activités tout en lui promettant qu’il allait voir de quoi il s’agissait. Le pauvre paysan, toujours effrayé, ne s’étonna pas de voir un soldat sortir de ses tas de foins, suivit de sa fille rouge de honte. Le guetteur enfourcha son cheval et remonta la route pour retrouver ses deux camarades toujours en train de manger un peu plus loin pour leur raconter ce qu’avait vu le fermier.  Ce dernier était connu pour être honnête et sincère, ce qui troubla à raison ces trois guetteurs chargés de surveiller la grande route. Ils galopèrent dans cette direction afin d’intercepter les intrus. Prenant appui sur une position élevé, ils pouvaient apercevoir la troupe qui avançait en contrebas. Une quinzaine de personnes armées dont un cavalier, avançaient en direction de Naelis. A cette distance, Ernis ne pouvait voir leur visage. Jouant la prudence, il intima à ses deux compagnons de surveiller l’avancée de la troupe tandis qu'il se chargerait de rendre compte à Erestor, le chef des guetteurs. Il mît près d’une demi-heure avant d’apercevoir les remparts du bourg de Ruven, qui surplombaient les champs avoisinants. En ce jour de marché, la place du village était bondée et la garde de Naelis restait sur le qui-vive. Il n’eut pas de mal à trouver Erestor, qui surveillait le bourg depuis le toit de l’hôtel de ville. Ce dernier n’était pas homme à croire aux sornettes du premier fermier venu, mais la présence d’une troupe armée dans les environs ne lui plaisait pas du tout… Il ordonna à tous les guetteurs présents de le suivre, laissant le soin de la sécurité du village aux gardes de la cité.

L’être maléfique et ses serviteurs avançaient toujours, sans se soucier de ceux qui les épiaient et des visages horrifiés qu’ils croisaient. Néanmoins, ils stoppèrent net leur avancée quand ils virent un groupe important de cavaliers fondre dans leur direction. Déterminées et prêts à en découdre, les guetteurs s’arrêtèrent à bonne distance des étrangers. Tous pouvaient maintenant contempler ceux qui s’invitaient au Royaume de Naelis : des morts. Le dégoût et l’horreur pouvait aisément se lire sur le visage des cavaliers. Certains brandissaient des arcs, d’autres des arbalètes, tous étaient prêts à en découdre avec l’enfer. Seul Erestor restait serein :


-Halte là ! Je suis Erestor de Renir, protecteur ces terres. Je ne vous le demanderais qu'une seule fois, que venez-vous faire au Royaume de Naelis ? »

Pour répondre, un des morts, le plus coquet est vraisemblablement le moins dangereux de tous, s’avança. Erestor pouvait voir que ce cadavre qui lui parlait avait été un elfe autrefois.

-Le Seigneur d'Aduram souhaite être conduits auprès du Roi de Naelis. Tout refus sera vu comme une insulte et risquera d'avoir de graves conséquences. Veuillez-vous exécutez immédiatement. »

Le chef des guetteurs réfléchit un petit moment. L’elfe défunt venait de le menacer. S’il avait eu affaire à d’autres chose que des cadavres, il aurait probablement ordonné à ses cavaliers de se préparer à tirer. Néanmoins, cela dépassait sa compétence. Qui sait de quoi un homme capable de relever les morts est-il capable ? Il fixa celui qui, du haut de sa monture, semblait dominer ses semblables.  Ses hommes, derrière lui, commentaient à voix basse les dires du fermier qui parlait du sorcier de la forêt… Encore une fois, ces nordiques ne pouvaient connaître cette veille légende.


-J’ignorais que la forêt avait un maître. Soit, je vais vous présenter devant mon Roi, néanmoins je ne peux me permettre de tous vous faire entrer dans la cité. Votre seigneur pourra être accompagné de deux… de ses sujets et les autres resteront en dehors de l’enceinte. »

Il était évident qu’Erestor n’allait pas prendre le risque de faire entrer cette petite troupe de cadavres armés dans la cité de Naelis, sous peine d’effrayer les Naelisiens et même de mettre en danger la vie de Glenn. Les guetteurs attendaient maintenant la réponse de ce seigneur proclamé d’Aduram.
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Porte-La-Peste
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MessageSujet: Re: Un spectre du fond des âges [PV Glenn]   Jeu 13 Mar 2014 - 17:37


Le cadavre émissaire eut un instant de ce qui ressemblait à de l'hésitation. Ou plutôt, comme si un bref instant les fils qui le maintenaient avaient fait relâche. Puis il reprit sa posture parfaitement rigide, et sa voix éraillée s'éleva de nouveau entre ses lèvres desséchés qui bougeaient comme mécaniquement :

« Le Seigneur d'Aduram accepte ces conditions. La garde d'honneur sera laissée à l'entrée de la ville. Seuls sa monture et son émissaire pénétreront les murs. »

L'emploi de la troisième personne pour parler de lui-même avait de quoi surprendre, mais il ne faisait de toute façons pas grand doute que les paroles n'étaient pas vraiment celles du mort. Il y eut un autre instant d'immobilisme, tandis que chaque groupe fixait l'autre, avec dégoût et méfiance de la part des vivants, et une totale indifférence de la part des morts. Puis les guetteurs tournèrent doucement les talons, l'escouade non-vivante reprit sa marche comme un seul homme et les cavaliers se répartirent autour d'elle pour la garder à l’œil.
Ils se mirent en route au pas en direction de la cité. Petit à petit, la silhouette de Porte-la-Peste fit montre d'un semblant de vie. Son regard se baladait lentement à travers les paysages, embrassant tous les aménagements qu'avait pus faire Naelis. Le village fraîchement fortifié de Ruven, les champs et fermes plus vastes et moins cloisonnés que par le passé, car la menace des brigands se faisait moins pressante... Nul n'aurait pus dire à quoi pensait cet étrange spectre tandis que ses yeux sans grande vie se posaient sur chaque détail avec une précision un peu malsaine. Puis, la cité elle-même apparut. Ses remparts plusieurs fois centenaires se découpaient dans le paysage, sombre ligne de défense. Les masures et les fermes se firent plus denses, les paysans plus nombreux. Ils étaient intrigués par ce cortège et une partie d'entre eux venaient voir ce qui se passait de plus près. Lorsqu'ils le comprenaient, on les voyait adresser quelques prières aux dieux, faire quelques gestes incompréhensibles, intimer d'un geste aux enfants et aux jeunes filles de rester éloignés... Porte-la-Peste ne leur prêtait aucune attention, si son regard s'égarait parfois sur eux il semblait littéralement leur regarder au travers, sans sembler même les remarquer.
Ils arrivèrent finalement à l'une des portes de la ville et les gardes s'expliquèrent pendant longtemps avec celui qui était le maître des guetteurs. Finalement, ils consentirent à laisser le passage, mais avant qu'ils ne reprennent leur avancée, Erestor fixa le seigneur sorcier, qui n'eut pas besoin de plus d'une seconde pour comprendre ce que l'on attendait de lui. On le vit alors sortir d'une grosse bourse de cuir un petit jeu d'osselet, qu'une main osseuse jeta en l'air avant de les rattraper un à un et de les enfermer au creux de sa paume. A chaque fois qu'un osselet disparaissait ainsi, l'un des morts de figeait soudainement. Ils n'étaient déjà pas très vivant quand ils étaient animés, mais on avait vraiment l'impression qu'ils devenaient des statues, pas un muscle ne bougeait, pas un tendons ne frémissait. Lorsque chacun d'eux se fut statufié, Porte-la-Peste rangea ses osselets tandis que son émissaire donnait quelques informations aux gardes : « Vous pouvez les déplacer sur le côté de la route si vous voulez, ils ne feront pas de problème, tant que vous les reposez bien à la verticale et que vous ne les secouez pas trop. » En vérité ils auraient pus leur cogner dessus à coup de marteau ou les transpercer de part en part qu'ils n'auraient pas bougé. Ils étaient revenus à leur état de cadavre, aussi morts qu'ils pouvaient l'être. Mais il préférait sous-entendre qu'ils restaient dangereux, cela évitait parfois des désagréments.
Après quoi ils remirent en route et passèrent le protique de pierre pour pénétrer la ville elle-même. Ils étaient dans un quartier tout à fait quelconque. Ils passèrent à travers des rues assez larges sans être véritablement entretenues et traversèrent une place qui devait servir au marché local, avant d'entamer une légère ascension vers ce qui devait être la ville des riches. Un nouveau rempart se dressait devant eux, mais on ne les retint même pas cette fois. Seul ou presque au milieu d'une bande de cavaliers, Porte-la-Peste n'avait rien de vraiment menaçant. Pour autant il n'était pas inquiet, entre autre parce qu'il faisait jouer entre ses doigts l'un de ses osselets et marmonnait tout bas, le mouvement de ses lèvres à peine visible, des paroles qui ne ressemblaient à rien de connus. Il ne s'agissait pas à proprement parler d'un sort offensif, juste une élémentaire précaution si on le jugeait tout à coup de trop.
La population ici était plus sophistiquée, feignait le désintéressement tout en guettant de l’œil ce qui se passait. Les réactions étaient également plus diverses. Parmi les basses couches de la société, on se contentait de le craindre. Parmi les plus hautes, on le craignait, évidemment, car celui qui ne crains pas quelqu'un surnommé Porte-la-Peste est un fieffé imbécile, mais on murmurait aussi, parfois, comment il pouvait sauver quelqu'un d'une mort certaine. C'étaient des actes rares et dont tout le monde doutait de l'existence, mais, après tout, on doutait déjà de son existence à lui avant qu'il n'apparaisse à leurs yeux. Et il était là, entouré de guetteurs, avec ce qui ressemblait vaguement, pour peu que l'on ne soit pas trop exigeant, à un émissaire. Il n'était pas si menaçant qu'il l'avait été sur les routes, et des centaines de fois moins qu'il l'était dans les histoires. Déjà il n'avait pas les dents d'un charognard ni le regard fou et sanglant. Cela dit, s'il était moins menaçant, il n'était pas vraiment moins imposant. Personne ne restait sur leur chemin, et ce n'était pas uniquement parce que plus d'une dizaine de chevaux peuvent aisément piétiner un homme s'ils le veulent. On s'éloignait prudemment, mais sans fuir complètement, parce qu'on avait quand même envie de voir ce qu'il se passait et qu'on avait un espèce d'honneur à défendre, on était pas un de ces gueux sans éducation qui croit avec une ferveur quasi religieuse à la moindre rumeur. Ce qui n'empêchait pas d'avoir quelques sueurs froides et poils qui se hérissent, l'instinct de conservation était une qualité après tout, et il ne fallait pas confondre courage et témérité.
Lorsqu'ils passèrent non loin d'une vieille tour abandonné, Porte-la-Peste braque son regard dessus. Plusieurs passants s'attendirent alors à n'importe quoi, sachant que le maître sorcier contemplait la demeure des mages de Naelis. Explosion, pluie de feu ou quelques autre effet pyrotechniques. Au lieu de ça, la troupe continua son chemin et Porte-la-Peste détourna le regard avant de se dévisser complètement le cou, ce qui ne l'aurait sans doute guère gêné.

Finalement la petite troupe se stoppa à l'entrée du donjon. Les cavaliers mirent pied à terre et le mort-vivant protocolaire vint diligemment aider son maître, qui n'avait soudain plus l'air aussi menaçant à essayer de garder sa dignité en descendant de cheval, piètre cavalier qu'il était. Certain parmi les spectateurs avaient bien l'impression d’assister à l'un de ces moments dont l'on pouvait dire, des années plus tard devant un parterre de petits-enfants ébahis, ''J'y étais.''. Puis on l'escorta à l'intérieur et les portes se refermèrent sur le spectacle, tandis que quelques uns parmi les plus curieux et informés tâchèrent de trouveur un moyen d'entrer dans le donjon.
On le conduisit à travers les salles. L'endroit n'avait sans doute tout au mieux que quelques pierres en commun avec celui qu'il avait pus connaître par le passé. Les guerres, les rénovations, les tyrans et les despotes étaient passés au cours des décennies, et chacun avait laissé sa petite marque. Ainsi en allait dans une certaine mesure de l'Histoire. Elle ne tenait pas compte des agissements individuels, c'était plus comme un tableau auquel chacun mettait une petite touche. Et lorsqu'on était décidé à modifier l'ensemble du tableau, on avait tendance à ne pas vivre longtemps. Ça Porte-la-Peste l'avait bien compris et puisque lui comptait bien vivre aussi longtemps que possible, il s'était borné durant longtemps à un rôle d'observateur passif. Mais il lui était devenus difficile d'éviter toujours ses contemporains. L'Esprit devenait pressant. Finalement il arriva devant le maître des lieux, qu'il voyait pour la première d'assez près pour pouvoir distinguer son visage. Le héraut l'annonça et il attendit, laissant à l'hôte la première parole.
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Glenn Hereon
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MessageSujet: Re: Un spectre du fond des âges [PV Glenn]   Lun 12 Mai 2014 - 16:06

Le seigneur d’Aduram accepta les conditions, au grand soulagement des guetteurs. Bien qu’endurcis au combat, ils n’avaient jamais combattus de cadavres. D’ailleurs, les arcs qu’ils brandissaient étaient sans doute inefficaces. Seul Erestor restait de marbre. Il était de ce genre de guerriers qui s’excitaient à l’idée même d’affronter un nouvel ennemi. Le chef des guetteurs avait combattu de nombreuses monstruosités mais certainement pas de morts vivants. Quoi qu’il en soit, il rengaina son arme et intima à ses hommes de faire de même. Erestor ordonna également à un cavalier de galoper en avant afin d'avertir la cité d’un visiteur pour le moins inattendu… Ils formèrent un cercle autour de la petite troupe avant de repartir en direction de Naelis. Des champs et hameaux isolés dessinaient le paysage autour de la route de terre qui menait à la cité. Le Royaume était pauvre. Ses principales ressources venaient de l’agriculture, de la pêche et du bois d’Aduram. Il y avait bien quelques mines et carrières autour de Ruven mais rien de très florissant. Néanmoins, la situation s’était nettement améliorée depuis 6 ans de règne. Les quelques villageois qui croisèrent la route des cavaliers ne masquèrent pas leur étonnement et leur effroi. Nul doute que les rumeurs iraient bon train. Erestor chevauchait en arrière garde pour tenir un œil sur l’intriguant sorcier. Il fit signe au guetteur qui était près de lui de s’approcher.

-Otmar, toi qui a vécu ici, dit moi ce que tu sais sur cette histoire de sorcier.
-Chef, c’est une vieille légende que tout le monde connait ici. Toutes les mères la raconte, surtout aux enfants qui font des conneries…  De ce que je me souviens, ça parle d’un elfe il y a 1000 ans de cela. Maudit, il voua une passion pour la magie noire, si bien que son peuple le rejeta. Il rejoint alors l’Ithri’Vaan, où son art était recherché. Il détruisait des armées en leur insufflant maladies et autres fléaux… Son pouvoir n’avait aucune limite. Après la guerre, il s’enferma dans une tour en plein cœur de la forêt d’Aduram en quête d'expériences maudites. Il ne sort de sa tour que pour arracher les cœurs des méchants enfants pour son sortilège… Bon jusqu’à présent j’ai toujours cru que c’était une grosse connerie mais là j’ai un doute. 1000 ans qu'il est dans sa tour le gars, vous imaginez chef?  
-Chaque légende détient une parcelle de vérité…
-Faut voir avec les anciens chefs, eux ils connaissent la véritable histoire, pas la version racontée aux gamins.
»


Le sorcier avait la réputation d’apporter mort et désolation avec lui… Une chose qui n’était pas pour plaire au chef des guetteurs. Ce dernier posa machinalement la main sur la garde son épée. Au moindre mouvement suspect, il était prêt à décoller la tête du corps du sorcier, avant même que ce dernier n’eût terminé ses incantations. Les portes de Naelis étaient en vue. Erestor avança en tête du convoi pour s’adresser directement aux gardes. Ces derniers étaient au courant de sa venue. Une dizaine de lanciers étaient d’ailleurs disposés de part et d’autre des grandes portes. Sur les remparts, des archers guettaient les moindres mouvements des étrangers. Un mage de la tour ombreuse, reconnaissable par sa sombre tunique à capuchon, accompagnait même le sergent. Naelis avait pris la menace au sérieux. Erestor fit comprendre au sorcier qu’il devait maintenant se séparer de son escorte. Ce dernier entreprit un manège fort intéressant pour le mage présent, manège qui consistait à jeter en l’air un osselet, de le rattraper, puis le cadavre tombait au sol, inerte.

-Vous pouvez les déplacer sur le côté de la route si vous voulez, ils ne feront pas de problème, tant que vous les reposez bien à la verticale et que vous ne les secouez pas trop.
-Très bien. Sergent vous laissez ces corps à l’extérieur et vous faites surveiller ce tas. On s’occupe d’escorter le… seigneur d’Aduram au château. »

Pendant qu’ils déambulaient dans les rues de la cité, les citadins, qui avaient remarqués la tenue d’un événement inhabituel, se pressaient autour de la troupe. Encerclait par une vingtaine de guetteurs aux muscles saillants, le frêle sorcier paraissait bien moins menaçant. Néanmoins cette sombre aura ne cessait de l’accompagner.

Au  château  de Naelis, des chevaliers les attendaient. Là s’arrêtait le voyage pour les guetteurs. Erestor entreprit un salut militaire avant de quitter le sorcier. Ce dernier se trouvait entre les mains des chevaliers de Naelis, la garde personnel du Roi. Le château n’avait jamais accueilli une personne aussi dangereuse. Du moins, personne capable de lever des morts. Le Roi de Naelis avait été informé de la venue du sorcier. Il avait appris par les anciens tout ce qu’il y avait à savoir sur cet étrange visiteur. Glenn attendait patiemment la venue du sorcier, assis sur son trône. Certes, il avait une peur bleue de la magie en général mais la présence de ses propres magiciens le confortait. Méluin, l’arcaniste de la ville, restait à sa droite tandis que huit mages étaient disposés de part et d’autre de la pièce. A sa gauche était placé Raymond, commandant des chevaliers, pour autant de chevaliers que de mages et disposés de la même manière. Quand le sorcier pénétra dans la salle du trône accompagné de son sbire, il put témoigner de l’extrême prudence du Roi de Naelis. Ce dernier, accoudé à son trône, prit la parole.

-J’ignorais qu’Aduram avait un maître. Quoi qu’il en soit, je vous souhaite la bienvenue au Royaume de Naelis.  Alors dites-moi, quelle est la raison de votre venue ? »

Le Roi de Naelis n’avait pas pour habitude de tourner autour du pot. Dans la salle, personne ne bronchait, tous attendaient la réponse du sorcier.
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Porte-La-Peste
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MessageSujet: Re: Un spectre du fond des âges [PV Glenn]   Dim 18 Mai 2014 - 17:56

En entrant dans la salle du trône, le sorcier la parcourut du regard et les restes d'un orgueil primal se gonflèrent dans les chairs tuméfiées de sa poitrine en voyant les mesures que l'on prenait pour l'accueillir. Huit chevaliers, facilement reconnaissables à leurs armures et leurs armes, et derrière eux huit pratiquant de l'Art, semblait-il. Il fallait une sensibilité certaine pour réussir à identifier un praticien alors même que celui-ci n'utilisait pas la magie, mais Porte-la-Peste était probablement l'un des meilleurs dans ce domaine. La précision était innée chez lui et sa sensibilité, déjà importante, avait été travaillée intensément au cours des siècles pour répondre à ses exigences.
Puis il posa son regard sur le trône, son occupant et les deux conseillers qui se tenaient à ses côtés, dont l'un semblait également présenter des aptitudes à l'Art, mais il avait l'air de mieux les maîtriser, de mieux les camoufler. Ce qui au vu de sa place semblait plausible. Finalement le roi retient toute l'attention de l'ancien général : c'était visiblement un guerrier, de forte stature. Il n'aurait eu aucun mal à écraser de sa carrure et de sa prestance l'elfe, si quelque trivial concours de ce genre avait eu lieu. Mais il n'y avait là que deux souverains, voisins bien que de mondes totalement différents, qui se rencontraient. Il n'y eu guère le temps de goûter la solennité de la rencontre puisque le roi humain questionna promptement son visiteur imprévu.
Et bien ce nouveau roi faisait fi des pratiques diplomatiques qui avaient cours aux temps dont Porte-la-Peste se souvenait. Quelque part le nécromant le regrettait, il aurait aimé retrouver un peu plus encore le faste d'antan. Ces siècles qui s'étaient écoulés entre ses doigts comme le sable. Il prenait un plaisir devenus bien rare à se glisser dans la peau de ce qu'il avait été et ne serait jamais plus. Ce qu'il avait été bien avant l'incident. Peut-être était-ce là sa volonté dans ce genre de démonstration, une bien idiote et insensée tentative de remonter le temps, de défaire ce qui ne peut être défait. Faisant fi de ces réflexions inutiles, Porte-la-Peste s'éclaircit la voix dans ce qui semblait un raclement de pierre tombale. Puis il prit la parole, de sa voix grave, ancienne, écorchée qui imposait le respect et que l'on associait à toutes sortes de pensées peu agréables.

« Salutations, Roi de Naelis. Sachez tout d'abord que je ne viens pas en ces lieux avec hostilité. Ni vos bûcherons ni vos paysans n'ont fait quoi que ce soit pour provoquer mon ire et celle de l'Esprit. Et tant que vos exploitations resteront mesurées, cela ne changera pas. » C'était là l'occasion de rappeler aux humais que l'Aduram était bien plus qu'une simple étendue recouverte d'arbres : « Je viens à vous pour vous avertir. Des mortels d'autres contrées ont réveillés la haine qui sommeille et on attiré sur eux la violence et le malheur. Ils ont provoqué les hôtes de ces terres. D'ici peu de temps, la forêt grouillera d'agitation, des armées la traverseront vers le Nord. » Il parlait tel ces prophètes fous que l'on voyait arpenter les rues de Thaar. Mais nulle folie n'animait sa voix ou son regard, seulement la connaissance. Et puis, l'avertissement tomba comme un couperet : « Ne vous en mêlez pas. N'attaquez pas ceux qui bientôt passeront sous les frondaisons, même s'ils furent vos ennemis. Ceci ne vous concerne pas, n'allez pas jeter votre pays dans une bataille qui n'est pas la sienne. Tant que Naelis n'interviendra pas, vous avez ma parole que rien ne lui arrivera. »

Et le ton laissait entendre que la dite parole faisait acte de loi en certains contrées. L'Aduram n'avait pas de maître, en réalité, son titre n'était là que pour impressionner un peu plus les mortels. La forêt était son propre maître et c'était en son nom, pour autant que ceci ait un sens, qu'il parlait alors. Quant à ceux qui viendraient à la contrarier, l'Aduram n'avait pas acquis sa réputation de forêt maudite et souillée sans raisons.
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Glenn Hereon
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MessageSujet: Re: Un spectre du fond des âges [PV Glenn]   Sam 31 Mai 2014 - 18:36

Cette fois, l’être parla de lui-même, sans employer son serviteur. Glenn, assis sur son trône, écouta de manière attentive les dires du seigneur d’Aduram. Ce dernier dans un premier temps se voulut rassurer son hôte en précisant qu’il n’était nullement venu pour se plaindre des bucherons installés dans « sa » forêt. En effet, depuis que Glenn était au pouvoir, il avait entreprît la création de trois camps de bûcherons en lisière d’Aduram qui approvisionnaient le Royaume en bois. Cette ressource, il en avait eu besoin pour constituer sa flotte navale ainsi que divers engins de sièges. Maintenant, il en avait besoin pour fortifier Erlem. La suite du récit de l’être maléfique prît une toute autre tournure. Voilà qu’il le mettait en garde. En garde contre une armée qui traverserait ses terres et que surtout il ne devrait pas attaquer, afin que rien n’arrive à Naelis. Ces avertissements, qui retenaient un arrière-goût de menace, ne satisfirent aucunement le maître des lieux.  Glenn laissa transparaître son irritation sur son visage. La diplomatie n’était certainement pas une de ses qualités. Il avait pour habitude de classer les gens qu’il rencontrait en deux catégories : allié ou ennemi.  Vraisemblablement, le seigneur d’Aduram venait d’être placé dans cette dernière catégorie…

-Vous venez m’avertir ? Vos paroles font plus offices de menaces que d’avertissements ! Vous croyez décider du destin de mon Royaume, de ma cité ! Qui vous envoie, maître de la forêt ? »

Le ton de sa voix s’était élevé de manière progressive jusqu’à raisonner dans toute la pièce pour cette dernière question. Glenn était en colère et il ne le cachait aucunement. Autour de lui, ses chevaliers et ses mages fixaient l’être maléfique et conservaient une concentration extrême afin de réagir à tous mouvements. La salle du trône baignait dans une atmosphère des plus tendues.  
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MessageSujet: Re: Un spectre du fond des âges [PV Glenn]   Dim 1 Juin 2014 - 7:49

Visiblement le nouveau roi de Naelis n'appréciait pas sa visite à sa juste valeur. Peu importait. Certains se seraient sentis mal à l'aise, entouré de soldats et face à un seigneur en colère, mais Porte-la-Peste n'en montra aucun signe. Il bougea à peine les lèvres, ne laissant échapper guère plus qu'un fredonnement, et il sentit le sang s'épaissir dans ses veines, ses muscles se contracter et ses os se durcir. Quiconque s'amuserait à essayer de le blesser aurait une drôle de surprise. Employé ainsi la magie au milieu d'un cercle d'autres utilisateurs était potentiellement visible mais il estimait toutefois que l'énergie magique n'avait pas dépassée son corps et que, si un des praticiens autour de lui l'avait ressentis, il ne prendrait cela que pour l'aura du seigneur sorcier. Après tout il transpirait la magie par presque tous les pores de sa peau.

« Si je vous avais menacé, seigneur impudent, vous le sauriez sans aucun doute. » se contenta-t-il de répondre d'une voix égale : « Je suis l'envoyé de l'Aduram. L'Esprit n'oublie rien, pas même les haches et le feu de vos ancêtres qui ont ravagé son sein il y a plusieurs cycles. Et il ne pardonne jamais. Et voilà que certains de vos confrères viennent à nouveau souiller son flanc, meurtrir ses bois et ses créatures, chasser ses habitants. Mais cette fois ils ne purent aller bien loin. L'Esprit a renouer avec ses anciens hôtes et s'apprête à exercer sa vengeance sur ceux qui l'ont défiés. Leur misérable expédition pourrit au fin fond de l'Aduram, pâture bénie pour les charognards. Mais ce n'est pas suffisant. Nous ferons ressentir notre irritation jusque dans les terres des mortels. Nous marcherons sur leurs villes si fragiles et massacrerons ceux qui s'opposeront à nous. Votre ville n'est pas concernée et ses habitants n'ont rien fait pour récolter l'ire. N'allez pas changer ce fait pour un ego bafoué ou une haine passée. »

Tout au long de son discours il avait ouvert au mieux ses sens magiques, guettant la moindre réaction des sorciers. Il était prêt à réagir si le plus petit signe d'hostilité se faisait ressentir. Il passait déjà en revue les possibilités à sa disposition si combat il devait y avoir.
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Glenn Hereon
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MessageSujet: Re: Un spectre du fond des âges [PV Glenn]   Dim 1 Juin 2014 - 20:12

-Impudent ? C’est vous l’impudent, de vous comporter de la sorte en ma demeure ! De plus je ne suis pas seigneur mais Roi, tenez-le pour dit. »

Une autre personne se serait probablement vu forcer à ployer le genou sous peine de faire un tour en geôle pour une telle attitude insolente. Il en tenait du respect dû au Roi, du respect dû au Royaume de Naelis. Néanmoins, Glenn ne pouvait se permettre une telle correction. L’être qui se tenait face à lui était un sorcier dont les prouesses et destructions servaient d’inspiration aux conteurs depuis de nombreuses générations… En d’autres termes, il se tenait face à une légende vivante. Une légende, Glenn en connaissait une autre, Nakor l’archimage. Nul doute qu’un duel entre ces deux mages permettrait aux bardes et troubadours d’écrire des chansons les plus poignantes,  car quoi de mieux qu’un combat de légende ? Malgré toutes ces prouesses martiales, Glenn Hereon faisait pâle figure face à un praticien des arcanes, quel qu’il soit. Bien que la présence de ses mages autour de lui le rassurait, il était conscient qu’un affrontement lui serait défavorable. Il mît sa fierté de côté le temps de questionner à nouveau l’être maléfique.


-Je ne vous suis pas sur plusieurs points maître de… Quel est votre nom au juste ? Je ne vois pas le rapport entre Aduram et les elfes noirs pour qui le monde serait mieux si la cendre remplaçait l’arbre. Pourquoi m’avertir ? Je doute vraiment que vous vous souciez du sort des habitants de cette ville.»

Son ton s’était radouci, mais il n’en restait pas moins ferme. La colère étant retombé, il cherché maintenant à mieux comprendre les raisons qui avaient poussés l’être à quitter son antre.  
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MessageSujet: Re: Un spectre du fond des âges [PV Glenn]   Jeu 5 Juin 2014 - 8:30

Porte-la-Peste ne réagit pas lorsque le roi s'emporta suite à ses remarques. Il n'était pas plus impressionné que cela. Il aurait été fou -mais ne l'était-il pas- de ne pas craindre un tant soit peu le combat qui pouvait éclater à tout moment, mais il se faisait assez confiance pour au moins garantir sa fuite hors de ces murs. Les chevaliers étaient presque les plus dangereux, il savait pouvoir neutraliser les mages facilement, sans doute avant même qu'ils n'aient esquissés la moindre attaque à son encontre, mais il avait beaucoup moins de prises, et de temps, lorsqu'il s'agissait d'un bretteur.

« On m'appelle Porte-la-Peste, ce qui suffira largement à satisfaire votre curiosité. »

Il était Porte-la-Peste, pas Ceädon. Ceädon avait été un druide insouciant, un esclave rabaissé et un amoureux transi. Il n'était plus aucun de ceux-là aujourd'hui. Porte-la-Peste avait été un soigneur émérite -brièvement-, un général craint, un errant fou et était désormais un sorcier habité par l'esprit d’une forêt brisée. Un jour, il se le promettait, il pourrait redevenir Ceädon. Mais pour cela, il avait besoin de tout le savoir occulte, aussi tabou fusse-t-il, de Porte-la-Peste.

« Les drows, dont le lien à l'Aduram s'est perdus dans les âges et qu'il ne m'appartient pas de révéler pleinement, sont assoiffés de richesse et de pillage. Ils sont près à beaucoup dès que l'un ou l'autre est à la clé. En cela ils forment une aide parfaite à l'envie de vengeance de l'Esprit.
Quant à cet avertissement, je vous l'ai déjà dit : Naelis n'est pas concernée. Notre vengeance ne vous concerne pas, et nous n'éprouvons aucune intention manifeste de devoir vous combattre. Mais je sais que la plupart des rois n'apprécient pas de voir des troupes en armes, en particulier s'il s'agit de leurs anciens ennemis, longer leurs frontières. Et qu'ils pourraient alors estimer comme la meilleure des idées celle de les attaquer, pour ne laisser aucun doute et mettre fin à une éventuelle menace.
Je suis venus vous dire que cette idée ne serait certainement pas la meilleure, et peut-être même la pire, que vous pourriez avoir.
Le sang est un liquide trop précieux pour qu'il soit gaspillé, n'êtes vous pas d'accord avec moi ? »


Une telle phrase, dans sa bouche, avait de quoi faire frémir, car qui, hormis les dieux, auraient pus prétendre savoir à quels rituels le sorcier se prêtait au cœur de son antre. C'était ce mystère qui faisait frémir les mortels de toute la région, en tout cas tout ceux qui connaissaient la légende. Et pourtant, ne put s'empêcher de penser Porte-la-Peste, s'ils savaient vraiment à quel but ces rituels étaient destinés. Nul doute qu'il aurait alors sa place rêver dans les histoires que racontent les bardes au milieu d'un parterre de jeunes femmes, voir d'hommes, rêvant d'amour. Il faudrait simplement édulcorer quelques passages.
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MessageSujet: Re: Un spectre du fond des âges [PV Glenn]   Mer 11 Juin 2014 - 17:23

Au moins, Glenn pouvant maintenant mettre un nom sur la tête de cette abomination. « Porte-la-Peste », voilà qui était équivoque. Si les maux de ce monde pouvaient s’incarner en un individu, la maladie à bien choisit le sien. Il fit l’effort de répondre aux interrogations du Roi, notamment sur la question d’une alliance entre les sombres et lui. Porte la Peste entendait donc se servir de la soif de vengeance des drows pour son intérêt propre. En se rendant auprès du Roi de Naelis, il cherchait à éviter que Naelis prenne part au conflit. Devant la défaite cuisante qu’avaient reçue les drows deux ans auparavant à Ruven, nul doute que Naelis apparaissait maintenant comme un redoutable adversaire .

-Pour vous répondre, sachez que le sang appelle le sang. Naelis sera sur ses gardes et réagira en cas d’agression. A vous de respecter vos engagements ! Si vous en avez terminé, je dois vous demander de partir, d’autres affaires requièrent mon attention. Mes hommes vous raccompagneront jusqu’en Aduram. »

Glenn pensait qu’il n’avait plus rien à tirer de l’étranger. Pragmatique, il ne voyait pas pourquoi il ferait mine de poursuivre une conversation avec cet individu. Par politesse peut-être, ou simplement par diplomatie ? Inutile de se montrer courtois avec quelqu’un qui, ne représentant de surcroît que sa propre personne, était venu dans l’intention de donner de lui donner des ordres. Car oui, en lui intimant de pas s’impliquer dans le conflit à venir, c’était bien ce qu’il faisait… Si Porte la Peste n’aurait eu cette réputation de dangereux nécromant, nul doute que Glenn l’aurait enfermé pour le faire décapiter le lendemain sur la place publique. Or, il ne pouvait prendre ce risque.
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MessageSujet: Re: Un spectre du fond des âges [PV Glenn]   Lun 16 Juin 2014 - 8:33

« Je n'ai qu'une parole. Et personne n'osera la défier. »

Les drows le craignaient autant que les humains. Contrairement à ceux-ci, certains avaient encore de bons souvenirs de ce qu'avait pus faire le général qu'il avait été. Le défier n'était pas un événement qui les enchantait franchement. Cela dit, il en était de temps en temps pour vouloir soumettre le puissant sorcier, ou pour tenter de tisser une éphémère alliance. Ainsi étaient les sombres : audacieux, téméraires et prêts à tout. Les jeunes considéraient avec mépris les histoires, œuvres d'une génération faible selon eux, et les vieux étaient friands de revanche ou de gloire.
Jusqu'à maintenant peu de ceux qui étaient venus le trouver avaient été satisfait. La plupart dormaient désormais dans ses caves, cadavres sans vie altérés par les sels alchimiques, que le sorcier pouvait rappeler à son service rapidement si le besoin s'en faisait sentir. Les autres avaient déjà été détruits ou avaient servis de base à des expériences peu ragoutantes.

Quoiqu'il en était, l'audience était finie et Porte-la-Peste salua le souverain avant de se laisser guider vers la sortie du château. Il retrouva son cheval, qu'aucun n'avait osé approcher vus son état, dehors et l'enfourcha un peu moins maladroitement qu'il n'en était descendus. Puis il regagna la porte de la cité sous le regard curieux mais surtout soulagé des habitants. Passé les portes de la ville, il ordonna quelques incantations entendant une main décharnée vers ses gardes, qu'on avait soigneusement alignés sur le bord de la route, et l'un après l'autre il se mirent en mouvement aussi naturellement que s'ils ne s'étaient jamais arrêtés. La petite troupe reconstitué repris le chemin de l'Aduram à pas lent, ne manquant pas d'effrayer les paysans par son passage et de déclencher les plus folles rumeurs.
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