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 La folie et la sagesse des hommes [PV Oschide d'Anoszia ] [TERMINÉ]

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Castielle
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MessageSujet: La folie et la sagesse des hommes [PV Oschide d'Anoszia ] [TERMINÉ]   Mer 19 Fév 2014 - 19:58

Le soleil printanier se situait très haut dans le ciel et ses chauds rayons caressaient gentiment le visage jeunot et rougit de Castielle. Elle s'arrêta un instant dans sa marche pour faire face au soleil en fermant les yeux. Bien que le printemps fut commencer, la température était encore très basse et le vent encore frais lui piquait encore les joues. Une fois sa courte pause terminée, elle se remit en marche avec un petit sourire étirant ses lèvres closes. Le peu de neige qu'il y avait eu quelques semaines plus tôt s'était complètement volatilisée pour laisser place à des rues et des pavés seulement froids et humides. Il tenait dans ses bras un panier d'osier recouvert d'un tissu épais pour éloigner l'humidité de son précieux contenu. Après quelques minutes de marche, elle se retrouva devant une coquette maison qu'elle connaissait bien après y être allé à de nombreuses reprises au cours de l'hiver.

Elle s'avança devant la porte et frappa deux petits coups sur le bois robuste. Elle entendit des pas fatigués derrière la porte avant que celle-ci ne s'ouvre par une femme d'âge mûr dont les cernes sous les yeux paraissent bien inquiétant sur son visage déjà très pâle.


-Ah, ma bonne Castielle, comment il est bon de te voir! clama la dame avant d'étouffer sa soudaine toux dans son mouchoir de soie.

Castielle s'avança prudemment vers la dame et l'aida à se redresser.

-Oh, madame Blanche, vous n'aviez pas à vous lever, où est donc votre servante? dit la demi-elfe inquiète.

La dame déclara avoir demandé à sa servante d'aller préparer une boisson chaude peu de temps avant l'arrivée de l'apprentie du maître de Vynelle et celle-ci n'était pas revenu de la cuisine. Ne souhaitant pas faire attendre Castielle dans le froid printanier, elle s'était tout simplement levé elle-même pour l'accueillir.

-Oh, madame, vous n'auriez pas dû, vous devez rester alité, vous le savez très bien! sermonna Castielle gentiment en aidant la dame à se rassoir dans son confortable fauteuil. Je ne peux toutefois pas rester très longtemps, mon maître à besoin de mon aide à la boutique.

La servante apparut dans le petit salon avec une tasse fumante. De douces effluves sucrées emplirent la pièce. La jeune servante fit une révérence polie puis déposa la tasse devant sa maîtresse.

-Donc, qu'as-tu donc pour moi, Castielle? demanda la dame en croisant les jambes tout en prenant la tasse chaude entre ses mains glacées.

Castielle retira le tissu qui recouvrait ses précieux biens et déposa ensuite des flacons violâtres sur la petite table devant la dame. La dame examine les différents flacons et hocha la tête de manière affirmative. Elle fit un signe à sa servante, puis celle-ci revint quelques minutes plus tard avec une petit bourse emplit de quelques pièces. En voyant la bourse, Castielle déposa ensuite une autre fiole, jaunâtre cette fois-ci, sur la petite table. La dame l'observa avec un regard circonspect.

-Ceci est un tonique confectionné personnellement par mon maître, il vous l'offre en remerciement pour votre loyauté envers sa boutique, déclara Castielle en s'inclinant doucement.

Un large sourire étira les lèvres de la dame qui fit un autre signe à sa servante. Celle-ci disparut à nouveau vers se qui semblait être la cuisine et revint un peu plus tard, les bras emplit de marchandises.

-Votre maître est un homme parfois un peu froid et distant, mais monsieur de Vynelle a toujours été bon et généreux avec ses clients, je vous en pris, prenez cela en retour.

La servante s'approcha et lui tendit les biens. Gênée par une telle générosité, Castielle hésita avant de prendre les présents enrobés dans des tissus de bonne qualité. Elle examina le contenu. Elle y découvrit deux baguettes de pains frais de ce matin même, un lourd morceau de venaison - le mari de la dame partait souvent à la chasse - et une petite boîte contenant du thé de bonne qualité.

C'est avec les joues rosies que Castielle s'inclina devant sa cliente.

-Madame, je ne peux accepter de tels présents, votre médicine à déjà été bien payé.

La dame sourit bien écarta ses paroles en agitant la main.

-Sottises! clama-t-elle en se calant plus confortable dans son fauteuil. Accepte mes cadeaux et retourner à ton maître!

La demi-elfe s'inclina à nouveau, puis accompagnée de la servante, elle se dirigea vers la porte. Elle lui fit poliment ses adieux, puis se retrouva à nouveau à l'extérieur. Elle cligna plusieurs fois des yeux dû au changement brusque de lumière et reprit sa route vers la résidence de son maître, les précieux présents de la dame confortablement installés dans son panier d'osier.

Elle n'était plus qu'à trois rues de chez elle lorsqu'elle aperçut du mouvement devant elle. L'herboriste remarqua deux silhouettes d'hommes baraqués aux vêtements un peu défraîchis et dont les rires étaient gras et imprégnés d'alcool. Ces deux hommes étaient réputés pour leur mauvaises conduites et souvent causer un chaos malsain durant les soirées où ils s'enivraient jusqu'au levé du soleil. Ne voyant pas d'autre issues que de passer près deux, Castielle garda sa tête très basse, puis augmenta le rythme de son pas, espérant naïvement qu'elle passerait près d'eux sans attirer l'attention. Toutefois, ce ne fut pas le cas.

Elle entendit un sifflement dégueulasse dans son dos et sentit quelque chose se poser lourdement sur le bas de sa cape. Ne s'y attendant pas, elle s'écroula par terre, le visage vers l'avant. Heureusement par elle, le haut de cape, très large, protégea son menton de la chute. Irritée, elle tenta de se redresser et remettre de l'ordre dans sa tenue, mais une grande force était maintenue sur sa cape.


-C'est pas la p'tite elfe, ça? déclara l'un des ivrognes. T'sais, celle qui s'occupe de la boutique aves les plantes dedans?

Le deuxième homme se pencha vers Castielle et l'observa attentivement. L'herboriste tourna la tête sur le côté, ne voulant pas lui donner le plaisir de l'observer dans les yeux. Elle sentit ses doigts gras et empestant la boisson sur son menton. Réprimant une nausée, Castielle mordilla sa lèvre inférieure.

-Ça doit bien être la p'tite elfe puisqu'elle est aussi laide que le reste de son peuple! répondit-il avec un sourire gras en resserrant sa poigne sur son menton.

Elle serra automatiquement son panier d'osier contre sa poitrine tel un bouclier. Les deux hommes lorgnèrent immédiatement son panier et lui prirent des mains. Castielle tenta de reprendre ce qui lui appartenait, mais le plus robuste des deux hommes la repoussa fortement contre le sol humide.

-Reste par terre comme la chienne que t'es! rigola le plus robuste en examinant le contenu de son panier. Et bien dit donc, de la venaison, du pain et puis c'est quoi cette p'tite boîte!

Le plus petit prit la boîte, l'ouvrit et en huma l'odeur. Il ne dit rien et vida le rare contenu aux pieds de Castielle. Celle-ci regarda le précieux mélange s'étaler à ses pieds, puis se volatiliser lentement avec le vent et se mélanger à la boue près des immeubles. «Nééra, aider moi, je vous pris», pria-t-elle désespérément.

-Pouah du thé, c'est d'la boisson de faible, ça! ricana-t-il en faisant bien sûr qu'elle n'y avait plus de thé dans la boîte avant de la jeter à ses pieds.

Attristée, Castielle regarda les deux hommes, un feu brillait dans ses yeux. Elle se plaça correctement sur ses genoux, ferma les yeux un moment alors que ses doigts glacés se crispèrent sur ses genoux.

-Par les choix et non la condition tu jugeras, et tes bienfaits à tous du prodigueras, murmura doucement Castielle comme si elle jetait un sort. Pardonnez leur, car ils sont aveugles et ne peuvent voir les conséquences de leurs choix.

Le plus robuste la lorgna méchamment et la saisit par les épaules.

- Elle dit quoi la traînée! dit-elle en appliquant plus de force dans son geste. Tu nous prends pour qui, catin!

Gardant les yeux fermés, Castielle espéra naïvement qu'ils se lasseraient de sa présence et retourneraient à une quelconque taverne afin d'alimenter leur vice à nouveau. Pourquoi il n'y avait personne dans ce quartier? S'il y avait une quelconque personne sachant ce qui se passait, elle se cachait certainement de peur d'attirer son malheur. Où étaient donc les gardes lorsqu'elle avait besoin d'eux?

Son cœur battait très rapidement, puis elle sentit un certain poids sur sa tête disparaître. Le bonnet de travail qu'elle portait habituellement sur sa tête fut retiré avec une telle violence que son chignon en fut tout décoiffé. Sa chevelure brune à moitié décoiffé tomba lourdement en désordre sur ses épaules. La demi-elfe poussa un petit cri et tenta de se débattre. Elle pria à nouveau la déesse Nééra, mais aucune réponse ne vint.


-T'su devrais apprendre à respecter tes supérieurs, espèce de traînée! cracha méchamment le plus robuste en lui tenant fermement les épaules. Regarde les oreilles de cette catin! Ne devrait-on pas nous faire justice et lui donner une leçon?

Les deux hommes se regardaient mutuellement, puis un sourire mauvais apparut sur leurs visages. Inquiète Castielle jeta un œil aux alentours. Personne, il n'y avait personne! Le soleil s'était levé depuis longtemps, pourquoi les rues étaient donc désertes?

-Moi je dis qu'on se débarrasse de ses horribles oreilles, qu'en penses-tu?

La demi-elfe sursauta en voyant le reflet d'une lame sous ses yeux. C'était un petit couteau un peu rouillé et mal aiguisé, le genre que l'on cachait dans une botte ou dans la manche de son gilet. Effrayé, Castielle se débattit à nouveau, tentant d'éloigner le vieux couteau de son visage. Le plus fort des deux homme la maintint solidement en place, elle était piégée. Elle se remit à prier, cela étant le seul réconfort et la force qui lui restait.

La lame du couteau effleura le haut de son oreille pointue.

Puis des pas se firent entendre au détour de la rue sur laquelle elle s'était fait prisonnière.


Dernière édition par Castielle de Sombrerue le Lun 17 Mar 2014 - 7:25, édité 1 fois
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Oschide d'Anoszia
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MessageSujet: Re: La folie et la sagesse des hommes [PV Oschide d'Anoszia ] [TERMINÉ]   Jeu 20 Fév 2014 - 0:14


Cela faisait déjà plusieurs semaines qu’il vivait de nouveau à Diantra. Son poste de capitaine dans l’armée royale l’avait obligé à prendre résidence dans le fort de la Vaillance, mais cela lui importait peu. Il était de nouveau dans la cité qui l’avait vu grandir et arpenter de nouveau les longues et étroites ruelles de son enfance l’enjouait au plus haut point. Peu de temps après son arrivée et sa prise de commandement des deux cent cinquante hommes de sa compagnie, Oschide avait été informé par ses supérieurs d’un événement sur le point d’arriver dans le nord. Lui, était là pour faire ses preuves et diriger, il profita alors de l’occasion pour se porter volontaire lors de cette expédition. D’après ses informations, la régente avait octroyé des hommes au baron d’Etherna pour qu’il rallie les cités nordistes à la couronne. Rien n’avait été encore très clair, mais au moins, il passait désormais ses journées à préparer l’organisation de l’expédition après avoir été choisi pour représenter la régente dans le nord.  

Alors que l’hiver avait laissé place au Printemps et à l’arrivée des beaux jours. Le jeune capitaine voulut profiter de la fraîcheur matinale pour marquer un arrêt dans l’écriture de ses missives. La préparation de l’expédition nécessitait qu’il fasse des demandes aux seigneurs locaux pour qu’il puisse passer avec ses hommes sans qu’ils s’en offusquent d’une quelconque manière. Evidemment, plusieurs centaines d’hommes en armes sur les routes ne plairaient surement pas à ceux qui devront subir les méfaits et les dégâts provoqués par leur passage. Les hommes de l’armée royale n’étaient aucunement réputés pour leur tendresse et leur respect vis-à-vis des locaux. Oschide connaissait leur réputation bien avant qu’il ne les commande. Tous étaient pour la plupart des soldats de carrières, engagés pour éviter la mort et la justice. Leur expérience les rendait particulièrement dangereux, et le capitaine le savait. Ainsi, ces missives adressées aux seigneurs locaux n’étaient pas de trop, mais il lui fallait à présent prendre l’air.

Seul dans la grande salle d’arme du fort en train de contempler les documents. Il fit appeler son intendant sensé l’aider à préparer le voyage. Celui-là s’appelait Tarus et était un jeune cadet d’une famille noble venu s’engager pour satisfaire les attentes de son père. Lui et Oschide n’était pas si différent finalement. Le jeune intendant encore un peu maladroit vint saluer le capitaine.

« Avez-vous besoin d’une chose, capitaine ? » fit Tarus d’un air hésitant.

« J’ai passé toute la nuit à écrire ces maudites demandes, il me faut m’aérer Tarus… », Oschide paraissait exténué, « Que nous reste-t-il à avoir avant notre départ ? ».

L’intendant lui adressa un regard perdu et répondit tout en bafouillant,
« Tout, tout est bon capitaine…Ha…peut être nous manque-t-il les potions et les remèdes. Avec ce que nous avons, nous serons bien trop vite à court, je le crains… ».

« Bien, Ordonne à cinq hommes de m’attendre dans la cour, je pars avec eux. Qui est l’herboriste le plus réputé ici ? ça fait bien trop longtemps que j’ai quitté cette ville, les noms me sont inconnus… »


« Le maître De Vynelle semble avoir la meilleure réputation en ce domaine. Vous le trouverez dans le quartier des artisans. Vous ne risquez pas de louper sa boutique »
, répondit de nouveau l’intendant en ayant l’air un peu plus sûr de lui cette fois-ci.

Sans prendre la peine de répondre, Oschide congédia Tarus et tandis que l’intendant sortait, il se mit à savourer l’idée de faire une petite excursion dans la cité. Avant de quitter la grande salle, le capitaine prit tout de même la peine d’enfiler son armure et de s’armer. Il avait un devoir de représentation de la couronne. En aucun cas, il ne lui fallait paraître mal affublé en public. Et même si la population de Diantra semblait calme ces temps-ci, les quartiers des commerçants n’étaient pas réputés pour leur sécurité. Un des événements de sa jeunesse était là pour lui rappeler et il ne prendrait en aucun cas le risque de sortir sans arme. Il retrouva donc ses cinq hommes dans la grande cour d’entraînement et débuta sa progression en dehors du fort. Depuis son arrivée, il n’avait pas pu trouver le temps de parcourir de nouveau la cité. Ainsi, redécouvrait-il les quartiers de son enfance. Contrairement à ce qu’il avait imaginé, les ruelles étaient étrangement vides en cette fin de matinée.

Tandis qu’il se déplaçait à pied, Oschide sentit un agréable courant d’air frais s’emparer de son visage. Le sud l’avait habitué aux fortes températures et le capitaine frissonna un instant. Mais les rayons lumineux le réchauffèrent aussitôt et il put savourer ce petit moment de bien-être. Cependant, des bruits d’altercations venant d’une des ruelles au loin le fit se mettre aux aguets. Ces cinq hommes d’armes firent de même et tout le monde se mit en quête de trouver la provenance des bruits. Sans hésiter, Oschide se précipita dans une ruelle parallèle et tenta de se rapprocher le plus possible de l’agression. Il aperçut alors au loin deux hommes s’en prenant à une jeune femme et l’un deux était sur le point de taillader la victime avec son couteau. Oschide dégaina et les cinq gardes formèrent une ligne sur toute la largeur de la ruelle.

« Lâchez cette demoiselle sur le champ ! Maintenant ! », cria-t-il.

Les deux hommes le dévisagèrent tout en restant pour le moins agressif. La femme quant à elle, semblait ne plus réagir à quoique ce soit.

« C’une sale elfe, faut la tuer ! Vous z’occupez pas d’ça soldat, c’la nôtre ! », Lança l’homme comme si de rien n’était.

La réponse de cet homme inconscient le mit hors de lui et sans annoncer de nouvelles sommation, le capitaine s’avança droit dans leur direction d’un pas déterminé en ayant remis son épée dans son fourreau. Les agresseurs, surprit, lui firent face comme pour se protéger d’une éventuelle attaque, mais le capitaine n’en fit rien. Alors qu’il leur faisait à présent face de quelques mètres et que ses gardes commençaient à encercler les deux hommes et la jeune femme vraisemblablement dans un état second. Oschide jeta un regard de dépit aux deux agresseurs.

« Au nom de la couronne, lâchez cette femme sans lui faire du mal sinon… »

« Sinon quoi ? », le coupa l’un des deux.

L’arrogance de ces ordures commençait à l’irriter au plus haut point et sans que l’homme qui parlait n’ait eu le temps de le voir venir, Oschide lui asséna un coup en plein visage. Grâce à son gantelet, il ne sentit aucune douleur au poignet, mais l’homme en face s’étala par terre avec des dents en moins et du sang plein la face. Le deuxième homme lâcha la jeune femme d’un seul coup et se mit à tirer son compagnon pour fuir dans la ruelle tout en lui jetant des regards de craintes.

« Néera ait pitié de vous… », lança-t-il dans la direction des fuyards avant de s’agenouiller pour voir l’état de celle qui avait été agressé par ces soudards.

La jeune femme semblait récupérer ses esprits tout doucement et Oschide fut étonné de voir qu’elle arborait des oreilles typiquement elfique. Aussitôt, les yeux bleus de l’elfe le transpercèrent de toute part sans qu’il ne puisse rien faire. Le capitaine détourna son regard, gêné, pour vérifier si la jeune femme avait des plaies, mais il ne vit rien.

« Pouvez-vous vous lever, gente demoiselle ? Est-ce que vous allez bien ? », demanda-t-il en lui donnant la main pour l’aider à se relever, « Ces hommes ne vous importuneront plus, sur ma vie je le jure ! Vous en voulaient-t-ils vraiment parce que vous êtes une elfe ? », il sentit alors que la question était sensible, mais fit mine de ne rien laisser paraître et préféra attendre que la jeune femme lui réponde.
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Castielle
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MessageSujet: Re: La folie et la sagesse des hommes [PV Oschide d'Anoszia ] [TERMINÉ]   Jeu 20 Fév 2014 - 2:12

Son corps tremblait, plus de peur que de froid, cependant, elle ne voulait pas leur donner le plaisir d'implorer pour sa vie ou de crier pour de l'aide. De toute façon, qui viendrait au secours d'une bâtarde sans famille. Elle sentit la lame froide sur sa peau rougit par le vent, puis ses doigts se crispèrent violemment, ses ongles s'enfonçant dans l'étoffe de sa robe. Puis, des bruits de pas se firent entendre non loin de la ruelle dans laquelle elle était prisonnière.

«Lâchez cette demoiselle sur le champ! Maintenant! » s'exclama une voix inconnue.

Castielle rouvrit les yeux au son de cette voix d'homme. Une voix forte, imposante et dont les ordres sonnaient typiquement militaires. Il s'agissait de la voix d'un homme qui imposait le respect et les lois. Un garde? « Non, pas tout à fait », pensa-t-elle en voyant un homme de bonne stature s'approcher d'eux, accompagnés de cinq autres messieurs bien armés. Ils avaient tous dégainés leurs épées. Son regard observa l'arrivée de cette petite milice arrivé juste à temps. Ses mains devinrent moites et elle hocha brièvement la tête vers celui-ci qui semblait diriger cet attroupement d'hommes aux épées de bonne facture.

Ces assaillants et son sauveur échangèrent quelques paroles, puis son cœur manqua un battement face à l'arrogance des deux ivrognes. Comment pouvait-on montrer aussi peu de respect envers une personne qui semblait définitivement au-dessus d'eux? De plus, ils n'étaient pas en position de jouer les braves face à autant d'hommes bien armés et visiblement bien entraînés. Leur petit couteau ne pouvait probablement même pas trancher un bloc de beurre.


«Sinon quoi?» répondit l'un de ses assaillants d'une voix hautaine.

Elle poussa un petit cri en voyant le geste vif de son sauveur lorsque celui-ci frappa durement l'un des deux criminels en plein visage accompagné d'un «crac» dégueulasse.  Son corps s'étala par terre, un peu sonné par le coup, le nez en sang et elle crut même voir quelques dents en moins. Si les dents étaient absentes avant ou depuis le coup était un mystère pour elle. Son corps frêle frissonna à nouveau. La violence, sous toute ses formes, qu'elle soit pour la justice ou non, l'avait toujours effrayée. Le deuxième homme s'agita, puis agrippa les épaules de son compagnon afin de le tirer hors de la ruelle tout en jetant des regards craintifs par-dessus son épaule.

«Néera ait pitié de vous...» murmura l'étranger en observant les deux hommes fuirent dans le froid printanier.

Malgré le mélange de peur et de soulagement qu'elle ressentait, Castielle ne versa aucune larme. Elle resta stoïque un moment, reprenant son souffle, ses doigts toujours crispés sur ses genoux. Par réflexe, elle recula un peu lorsqu'il s'agenouilla près d'elle afin de s'enquérir de son état. L'idée d'être la prochaine à avoir un nez en sang la laissait craintive. Cependant, la mention précédente de sa déesse bien-aimée fut ce qui lui redonna du courage. La demi-elfe osa finalement lever les yeux vers lui. Au cours des quelques secondes qui suivirent, elle l'analysa sans s'arrêter. Même agenouiller, il était d'une très forte stature et sous ses vêtements, elle pouvait deviner une forte musculature digne d'un soldat de haut rang. Ses cheveux châtains étaient bien coiffés et plaqués vers l'arrière. Quant à sa barbe, celle-ci était bien taillée. Ses yeux bleus enchantaient la demi-elfe un moment avant que celle-ci ne reprenne ces bonnes manières. Il détourna son regard un moment, peut-être l'avait-elle gêné en l'examinant trop longuement.

Ses joues rosirent doucement lorsqu'il lui tendit la main. Elle hésita un moment. Toutefois, cette main qui avait frappé sans hésitation un homme quelques minutes tôt, semblait maintenant emplit de gentillesse et de tendresse. Hésitante, l'herboriste déposa sa main tremblante dans la sienne, puis il l'aida à se relever.

-J-Je vais bien, ces hommes m'ont donné plus de peur que de mal, mon seigneur, mais j'ignore ce qui aurait bien pu arriver si... si vous n'étiez pas venu à mon secours, déclara doucement Castielle qui retira rapidement sa main de la sienne et recula à nouveau d'un pas. Il est inutile de jurer sur votre vie, seigneur, pour cette basse servante, ajouta-t-elle ensuite en trouvant la force nécessaire pour faire une courte, mais polie révérence.

Castielle osa à nouveau lever les yeux vers lui lorsqu'il posa sa question. Elle était un peu surprise par sa curiosité. Elle se détourna un moment de lui en observant la direction par laquelle les deux hommes avaient fui un peu plus tôt. Son cœur trouva finalement un répit et elle chercha les mots convenables pour sa réponse.

-Pour ce genre d'hommes, n'importe qu'elle raison est légitime pour s'en prendre à autrui et créer le chaos, répondit doucement la demi-elfe qui tentait de remettre discrètement un peu d'ordre dans ses vêtements. Si Néera se sent indulgente, peut-être leur montrera-t-elle la voie à suivre.

Elle repensa à sa coiffure débraillée, puis à son panier d'osier intact près de ses pieds. Intimidée par autant d'hommes près d'elle dans un espace aussi restreint, elle tendit la main vers son panier dont elle vérifia le contenu. Tout était en ordre, sauf pour le thé maintenant dispersé par le vent.

-J'ai été sotte, j'ai bien aperçu ces hommes au loin, cependant j'ai cru passer sans faire d'histoire et pourtant, nous voilà tous dans cette situation, ajouta-t-elle en faisant une nouvelle révérence. Je vous demande pardon pour avoir troublé votre journée, mon seigneur.

Elle baissa à nouveau les yeux, ne sachant pas comment demander son congé ou comment remercier convenablement un sauveur d'une telle importance.

-J'habite sur les rue des artisans, à quelques rues d'ici, si mon seigneur veut bien me laisser partir? demanda la demi-elfe avec un sourire timide, les yeux rivés au sol.

Elle jeta ensuite un oeil derrière son sauveur pour voir les cinq autres hommes armés. Cet attroupement était arrivé juste à temps afin de lui éviter un malheur. Castielle se persuada que Néera avait guider leurs pas jusqu'à elle, mais elle garderait ces pensées intimes pour elle-même.
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Oschide d'Anoszia
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MessageSujet: Re: La folie et la sagesse des hommes [PV Oschide d'Anoszia ] [TERMINÉ]   Jeu 20 Fév 2014 - 12:24

Le jeune femme lui avait répondu, s’était excusée pour l’avoir fait se déplacer. Mais elle n’avait pas vraiment voulu répondre à sa dernière question en préférant prétexter que n’importe quelle raison était bonne pour ce genre d’hommes. Malheureusement pour elle, Oschide avait bien entendu parlé d’elfe. Ce racisme était fréquent dans la cité, ainsi que dans toute la péninsule et il ne le savait que trop bien. Les tensions entre les peuples ayant gagné en proportion, la simple présence d’un étranger, voire même d’un demi-elfe présent depuis longtemps dans la péninsule pouvait irriter. Cette demoiselle venait d’en faire les frais et sa réaction le fit comprendre que ce n’était pas la première fois.

De toute évidence, elle n’appartenait pas à la noblesse. Ses affaires sobres ne montraient pas une très grande richesse, mais pas non plus une pauvreté extrême. Une fille de commerçant vraisemblablement. Mais Oschide avait buté sur une toute autre chose. Alors qu’il avait tenté d’éviter le regard de la demoiselle. Il avait pu remarquer une incroyable beauté qu’il n’avait pas encore eu le privilège de voir chez les femmes de la péninsule. Son cœur s’était précipité et il avait dû se forcer pour ne pas la regarder en face. Mais en l’aidant à se relever, il comprit son impolitesse en ayant abordé cette question.

« Pardonnez-moi si j’ai été impoli…j’ai entendu ces hommes, ma curiosité à prit le dessus…veuillez m’en excuser ».

Ces excuses sonnèrent creuse, mais au moins les avait-il faites. Il n’avait pas appris à s’excuser devant des sujets du royaume. Si ses sœurs l’avait vu, alors sa fierté aurait disparue sans aucun doute. Il ne savait par contre pas si la jeune femme l’avait entendu étant donné qu’elle réunissait ses biens dans son panier. Puis elle se mit à s’excuser de les avoir dérangés et demanda si elle pouvait prendre congé. Bien sûr, Oschide ne s’était pas encore aperçu que six hommes armés pouvait impressionner voire causer la peur. De plus, tous les regards étaient braqués sur elle, et le capitaine se mit à compatir.

« Restez à quelques pas derrière moi ! », ordonna-t-il à ses gardes avant de se retourner vers la jeune femme, « Permettez-moi de vous raccompagner jusqu’à chez vous. Je ne voudrais vous savoir une fois de plus entre de mauvaises mains. Et n’ayez pas peur de mes gardes, ils ne vous feront aucun mal. D’ailleurs, quel impudent, je ne me suis pas présenté. Oschide, capitaine de l’armée royale ».

Oschide marqua une petite pause et se demanda s’il était nécessaire de dévoiler ses liens de noblesse, et en conclut que non. Il préférait paraître aux yeux de la jeune femme, comme un simple soldat. Gradé certes, mais appartenant au petit peuple. Il n’aurait pu dire encore si ce mensonge sur son identité lui coûterait cher, mais il préféra ne pas perturber la demi-elfe.

« Et vous, gente demoiselle ? », ses yeux croisèrent une fois de plus ceux de la jeune femme et à ce moment-là, il n’eut plus l’envie de les en défaire, « Dans quelle direction allons-nous ? ».
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Castielle
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MessageSujet: Re: La folie et la sagesse des hommes [PV Oschide d'Anoszia ] [TERMINÉ]   Jeu 20 Fév 2014 - 18:20

Bien qu'elle n'eut pas répondu directement à sa question, Castielle n'avait pas répondu avec un mensonge. En effet, comme elle l'avait mentionné plus tôt, pour ce genre d'homme, n'importe qu'elle raison était suffisante afin de déranger autrui. Heureusement pour la demi-elfe, ses services et son statut d'apprenti sous la tutelle du très apprécié maître Adrian de Vynelle lui avait bâtit un bonne réputation sur la rue des artisans et dans les quartiers avoisinants, cependant, ils y en avaient toujours qui n'acceptaient pas sa présence aux alentours, malgré qu'elle eut passé presque tout sa vie parmi les humains.

L'apprentie serra un peu plus son panier contre sa poitrine en sentant le regard du grande homme se balader sur elle. Ses joues rosirent alors qu'elle gardait ses propres yeux rivés sur le sol tout en jetant un coup d'œil une fois de temps en temps vers lui. Elle l'avait analysé sans scrupule seulement quelques minutes auparavant, elle pouvait bien le laisser faire à son tour. Son cœur se mit à battre très vite lorsqu'elle l'entendit s'excuser pour sa curiosité. Quel gentilhomme! Ses mains devinrent moites à nouveau, alors qu'elle le laissait s'excuser un peu maladroitement. Une fois qu'il eut terminé, elle inclina doucement sa tête dans sa direction, un sourire aimable ourlant les coins de sa bouche.


-Cette basse servante n'oserait pas penser que vous soyez impoli, mon seigneur, répondit-elle doucement. De plus, la curiosité est une preuve d'intelligence, n'est-ce pas?

Bien que ses excuses furent un peu maladroites et sonnèrent plutôt creuses, elles n'en étaient pas moins honnêtes. Le cœur de Castielle se calma à cette constatation. Un homme armé n'était pas toujours fou, il pouvait être sage aussi et puis dans un moment où la violence et la tromperie faisaient rage, il était tout à fait légitime d'apprendre à se défendre. «Tuer avant d'être tuer, n'est-ce pas?» pensa-t-elle simplement en lorgnant discrètement le fourreau dans lequel il avait rengainé son épée quelques minutes plus tôt. Son attention s'arrêta sur les petites taches de sang ayant souillé le pavé avant que les deux malotrus aillent prit la fuite. «Au moins, cet individu à une bonne droite», songea la demi-elfe avant de rougir violemment et maudire ses pensées indélicates.

Elle sursauta légèrement en entendant son sauveur donner des ordres aux gardes derrière lui. Lorsqu'il se retourna à nouveau vers elle, Castielle lui fit un petit sourire en guise de remerciements. L'herboriste se sentait si démunie face à un homme si fort et si bien habillé. Elle aurait tellement voulu le remercier de manière plus convenable. Il insista pour la raccompagner chez elle, de peur qu'elle se retrouve à nouveau entre les mains d'individus mal attentionnés. La demi-elfe voulut refuser poliment, cependant elle remarqua une certaine lueur dans ces yeux et reconnut en lui une certaine détermination.

Il lui promit que ses hommes ne lui feraient jamais de mal et se présenta. Impressionné par son rang, mais à la fois rassuré qu'il ne fut pas de noble origine, elle fit à nouveau une révérence.


-Enchanté, mon seigneur Oschide, lui répondit-elle, impressionné par son rang et intimidé par la façon dont il la fixait. Je suis Castielle, apprentie herboriste.

Le fait qu'il eut dit «gente demoiselle» la fit rougir davantage et elle se détourna de lui doucement. Son geste pouvait paraître irrespectueux, mais elle préférait cela à l'idée qu'il put remarquer son trouble. Comme si elle n'était pas déjà assez ridicule avec ses cheveux défaits et sa robe à l'ourlet boueux. Une fois dos à lui, elle tapota doucement sa joue brûlante et tenta de reprendre ses esprits.

-Ma résidence n'est pas très loin d'ici, il ne suffit que d'aller tout droit, déclara la demi-elfe en pointant la direction devant elle, puis en débutant sa marche dans la dite direction.

Ils longèrent la ruelle en silence avant de déboucher sur une grande rue un peu en pente. Elle n'avait pas à se tourner afin de voir si le chef de l'armée royale la suivait toujours, le son de son pas militaire était suffisant comme réponse. Au bout de moment, après avoir descendu la moitié de la rue, elle ralentit son pas et marcha au même rythme que le capitaine.

-Pardonnez moi mon impudence, mais puis-je demander pourquoi un individu aussi important que le capitaine de l'armée royale vient faire par ici? demanda-t-elle en regardant tout droit devant elle afin d'éviter son regard océan.

En effet, le capitaine de l'armée royale avait certainement des choses plus importantes à faire que de venir en aide à une simple demi-elfe en détresse. Son maître ne lui pardonnerait jamais d'avoir embêter un personnage aussi important. Tout en défilant parmi les passants qui commençaient à s'accumuler dans la rue, Castielle commença à reconnaître quelques visages familiers. La plupart faisaient parti de ses clients habituels. Lorsqu'ils passaient près d'elle, ils hochaient doucement la tête pour la saluer avant de poursuivent leur chemin en silence en voyant la présence du capitaine à ses côtés. D'ailleurs, il n'y avait pas que ces clients qui l'observaient en silence, mais bien le reste des résidents du quartier qui observèrent curieusement la demi-elfe et son étrange compagnon. La demi-elfe était très grande et pouvait paraître immense une fois comparée aux autres femmes humaines. Accompagné de ce grand capitaine, ils avaient tout deux l'air de géants.

Elle poursuivit son chemin dans une autre ruelle, puis ils arrivèrent tous dans un quartier bruyant et très animé. De nombreux kiosques étaient ouverts dans cette immense rue, des enfants courraient et effrayaient les passants, des malheureux aux vêtements défraîchis mendiaient sans causer d'histoire et des femmes élégamment vêtues gloussaient au loin.


-Ce n'est plus très loin d'ici, prononça Castielle avec un sourire.

C'est lorsqu'elle entendit des jappements familiers qu'elle sut qu'elle était arrivée à destination. Elle s'approcha de la boutique qu'elle connaissait bien et un chien en laisse l'accueillit joyeusement en essayant de grimper sur ses jupes. Castielle déposa son panier sur le sol, posa ses mains sur ses hanches et observa le chien avec un regard reprobateur.

-Je croyais qu'on avait mit fin à ce comportement, Robert! clama la demi-elfe d'une voix faussement sévère.

Le chien aboya, mais descendit de ses jupes, la tête baissée en signe de soumission. Quelques mois plus tôt, Robert n'avait été qu'un simple chiot causant des ennuis dans la boutique et mettant le désordre partout, mais maintenant, il avait grandit et avait presque atteint sa taille d'adulte.

-Bon chien, déclara Castielle avec un sourire tout en caressant le fidèle animal sur la tête.

Une fois la caresse terminée, elle se redressa lentement. Cependant, Robert remarqua la présence du grand homme derrière elle et le fixa intensément avant de se mettre à grogner de manière malsaine. Gênée par le comportement de l'animal, Castielle se retourna vivement vers le capitaine.

-J-Je suis désolé, il a tendance à se méfier des hommes qu'il ne connaît pas, surtout ceux...possédant une barbe, dit-elle en sentant ses joues rosirent à nouveau. Mais c'est un bon chien, il ne vous fera aucun mal! ajouta-t-elle ensuite vivement.

Près de la porte se trouvait un nouvel écriteau sur lequel était élégamment inscrit « Les herbes de Vynelle » avec un motif d'orchidée placé sous les lettres.
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Oschide d'Anoszia
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MessageSujet: Re: La folie et la sagesse des hommes [PV Oschide d'Anoszia ] [TERMINÉ]   Jeu 20 Fév 2014 - 23:48

La jeune femme l’avait en réalité bien entendu contrairement à ce qu’il avait pu penser. Tout en lui adressant un petit sourire, il apprit qu’elle était servante, ce qui était plus que probable vu la sobriété de ses habits. Il avait tout d’abord cru à une mendiante, mais elle n’était pas sale et ses vêtements n’étaient pas déchirés malgré ces cheveux défaits par l’agression et le bas de sa robe boueux. Il lui sourit à son tour lorsqu’elle compara la curiosité à une preuve d’intelligence. De toute évidence, cette petite ne manquait pas de réparti malgré le choc qu’elle venait de subir et Oschide ne put qu’adhérer à ces propos sans mot dire.

Juste avant de commencer la marche, la jeune femme lui apprit son nom. Elle se nommait donc Castielle et était apprentie herboriste. Bien avant qu’Oschide n’ait pu faire le rapprochement entre la profession de son interlocutrice et sa mission, la jeune femme se détourna de lui et se mit à marcher seul dans la ruelle. Le capitaine préféra alors la laisser seul pour ne pas l’affoler plus qu’elle avait pu l’être quelques minutes avant. Son allure se voulait lente et assurée pour rester à bonne distance de la demoiselle. Alors qu’il la regardait marcher en faisant abstraction de tout ce qui l’entourait, elle freina la cadence et se remit à son niveau pour lui demander ce qu’il venait faire ici avec ses hommes.

« Je viens récupérer quelques… », Une ménagère se mit à crier d’une des fenêtres pour insulter son mari vraisemblablement encore sous l’effet de l’alcool, « …avant mon départ dans le nord ».

Sans s’attarder plus longtemps, la jeune femme reprit sa route sans avoir pu entendre toute sa réponse et le capitaine ne put que la suivre de nouveau. Dans cette partie-là du quartier, tout était beaucoup plus bruyant. La cité se réveillait enfin et il se faisait de plus en plus difficile de pouvoir se frayer un chemin. Oschide tenta de ne pas la perdre de vue même s’il faillit manquer à sa tâche à plusieurs reprises. Les gens saluaient la jeune femme et baissaient leurs regards lorsqu’il comprenait que le capitaine et ses hommes la suivaient. Cela faisait une éternité qu’il n’était pas passé par ici se mit-il à penser, voire jamais vu que ces ruelles ne lui disait rien. Pourtant, il aimait se trouver ici et sentir les odeurs de pains encore chauds ou de poissons tout juste pêché. Cela lui rappela le port de Velmonè, la cité seigneuriale de sa famille. Mais les bonnes odeurs firent remplacées dans la foulée par celle des eaux usées lorsque Castielle lui indiqua qu’ils n’étaient plus très loin. Ses cinq gardes marchaient sur ses talons et ne semblaient pas apprécier plus particulièrement que ça le voyage.

La demoiselle s’arrêta alors brusquement devant un chien qu’elle appela « Robert » et qui ne manqua pas de montrer ses crocs à la vue de la petite troupe d’hommes en armes. Oschide ne put qu’avoir un petit rictus lorsqu’elle lui demanda de l’excuser pour le comportement de son chien. Celui n’aimant pas les hommes barbus.

« Ma foi, peut-être devrais-je la raser si Robert ne la trouve pas à son goût », dit-il en s’adressant au gros chien.

Alors qu’il s’apprêtait à faire ses adieux à la demoiselle, Oschide leva les yeux et aperçut l’inscription au-dessus de la porte, « Les herbes de Vynelle ». il comprit alors aussitôt que cet apprentie herboriste ne pouvait être personne d’autre que l’apprentie de ce maître qu’il était venu voir. La coïncidence le fit alors rire.

« Je crois que ma route s’arrête également ici, gente demoiselle. C’est votre maître que je suis venu voir. Comme je vous ai dit toute à l’heure lorsque nous marchions, je viens récupérer quelques remèdes et potions pour mon long voyage », fit-il en scrutant la pancarte, « Le hasard fait bien les choses dirons-nous. Je vais pouvoir dire à votre maître qu’il évite de vous envoyer seul lorsque les rues sont vides ».

Sa dernière remarque se voulait drôle, mais peut-être pas au goût de la jeune femme eut il l’impression. Mais il n’attendit pas une seconde de plus et pénétra dans la boutique et vit l’homme qui devait vraisemblablement être le maître de Vynelle.

« Mes salutations, maître. C’est donc ici qu’on peut trouver les meilleurs remèdes de tout Diantra »
, lança-t-il au vieil homme avant de jeter un regard à l’apprentie, « Surement grâce à la qualité de vos ouvriers, mais veillez à en prendre soin ! », dit-il en souriant, « J’ai besoin de tout ce que vous avez pour renforcer les hommes contre le froid, et les protéger, cela va de soi ».
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MessageSujet: Re: La folie et la sagesse des hommes [PV Oschide d'Anoszia ] [TERMINÉ]   Ven 21 Fév 2014 - 5:36

Castielle tapota gentiment le museau de l'animal du bout de son doigt afin de l'inciter à se tenir tranquille. Le chien s'assit , mais ne cessa pas de fixer le capitaine, la méfiance se voyant parfaitement dans son expression canine. Le demi-elfe reprit son panier et jeta un œil sur les cinq autres gardes qui se tenaient tranquilles à quelques pas derrière eux. Ils semblaient particulièrement ennuyés par leur voyage. Il est vrai que raccompagné une simple demi-elfe n'avait rien d'exceptionnel pour une troupe de combattants. Elle remarqua ensuite le rictus amical se former sur le visage du capitaine. Son charmant sourire la fit rougir, puis elle détourna les yeux un moment. Finalement, des mots sortirent de cette belle bouche d'homme et elle ne put réprimer un sourire moqueur.

-Ce serait dommage, mon seigneur, car elle est bien au goût de sa maîtresse, rétorqua-t-elle automatiquement sans même réfléchir.

Lorsqu'elle prit conscience des mots qu'elle venait de prononcer, son visage prit la couleur d'une pivoine au rouge le plus vif. «Petite sotte, quelle bêtise vas-tu donc raconter!» s'exclama-t-elle intérieurement, les joues en feu.

Les joues rouges, elle baissa inévitablement la tête, son attention rivée ses chaussures qui soudainement la fascinaient au plus au point. À la suite d'un court silence, l'herboriste voulut faire ses adieux aux gentilshommes qui l'avaient si aimablement raccompagnés jusqu'à chez elle et mettre un terme à ce soudain échange fort embarrassant. Alors qu'elle s'apprêtait à reprendre la parole, le capitaine, elle l'entendit rire. Se moquait-il de sa bévue? Ayant perdu ses mots, elle l'écouta attentivement, serrant son panier contre sa poitrine à nouveau.

Apparemment, le capitaine de l'armée royale avait en fait pour but la même destination qu'elle. Comme il l'avait spécifier, le hasard faisait bien les choses, parfois de manière étrange, mais bien. Elle expira doucement, l'incident précédent semblait de pas avoir alerté le capitaine. Avant qu'elle ne put lui rétorquer quoi que ce soit, il passa près d'elle, assez qu'il la frôla, puis pénétra dans la boutique. Son coeur fit un saut.


-N-Non, n'embêtez pas mon m..., déversa-t-elle avant de fermer sa bouche en voyant son maître derrière son comptoir, tenant un large bol dans ses mains.

«N'embêter pas mon maître avec mes problèmes!» est ce qu'elle voulut lui dire, mais il était déjà trop tard. Le capitaine savait aller droit au but et faire sentir sa présence. Heureusement que le plafond de la boutique était plutôt haut, car dans d'autre demeures avoisinantes, il aurait certainement eut besoin de se pencher pour éviter une poutre sur son front.


Le maître Adrian de Vynelle venait toujours de s'emparer d'un large bol de bois lorsqu'il aperçut une large silhouette pénétrer dans sa boutique. Un homme plutôt grand, même plus grand que lui. Sa barbe était bien taillée et sa coiffure était élégante sans pour autant être prétentieuse. L'ombre d'un sourire ourla ses lèvres. Pour le maître Adrian, c'était la chose qui ressemblait le plus à un sourire amical de sa part, mais il n'était pas méchant, bien au contraire. Il allait dire quelque chose lorsqu'il vit son apprentie Castielle dans l'ombre du capitaine, celle-ci avait l'air de se cacher.

-Prendre soin de mes ouvriers, dites-vous? répéta-t-il en fronçant les sourcils en direction de la demi-elfe. Castielle, dit-il sévèrement.

L'apprentie passa près du capitaine, un peu terrifiée, comme l'enfant s'apprêtant à recevoir un sermon pour avoir causé un dégât. En voyant l'état de la jeune femme, le bol d'Adrian lui échappa simplement des mains. Cependant, alors que le bol tombait vers le sol, la petite chatte Martha passa entre les jambes du maître. Le bol atterrit lourdement sur l'innocente créature et un chaos s'ensuivit. L'animal poussa un long et strident miaulement avant de se mettre à courir vers le sortie, celle-ci se percuta bruyamment sur la porte.

Un silence embarrassant s'ensuivit et Adrian le brisa en toussotant, les yeux fermés. Lorsqu'il les rouvrit, il fixa froidement Castielle, comme un père s'apprêtant à sermonner son enfant. La demi-elfe se dépêcha à prendre la pauvre chatte sous un bras et gardant son panier dans sa main libre. Rapidement, elle échangea un regard avec son maître et elle comprit immédiatement le message silencieux qu'il lui lança.


-Si vous voulez bien m'excuser, dit-elle doucement avant de s'empresser de passer par l'arrière boutique qui menait au reste de la résidence, accompagnée de son panier de vivres et de Martha qui s'accrochait sauvagement à sa robe.

Adrian soupira doucement en voyant Castielle passer la porte d'en arrière. Que ferait-il donc de cette enfant? Il lui avait pourtant interdit de sortir dans les rues vides et si elle tenait vraiment à le faire, il lui avait ordonné d'apporter le chien avec elle. Visiblement, elle n'avait respecté aucun de ses ordres. Il reporta immédiatement son attention à son visiteur.

-Si je comprend bien, vous avez entendu parler de moi, dit-il pour reprendre la conversation. Je n'ai pourtant rien d'extraordinaire, je connais mon métier et le pratique diligemment. Les gens viennent à moi pour soulager leurs maux et je m'arrange pour répondre à leurs requêtes au mieux de mes capacités.

Il s'inclina poliment envers le capitaine.

-Je suis Adrian de Vynelle, maître herboriste et apothicaire pour vous servir.

Il déplaça les objets qui encombraient la majorité de l'espace sur le comptoir

-Vous arrivez au bon moment, il y a beaucoup de problèmes de pneumonie et autres malaises reliés au froid cet hiver, mon apprentie et moi avons beaucoup travailler sur ces cas, dit-il en sortant un large bouquin un peu poussiéreux de sous le comptoir. Cependant, je doute que nous aillons assez de quoi fournir...tout un régiment de soldats, hésita-t-il à dire. On parle de combien d'hommes, hm? ajouta ensuite le maître en sachant très bien que le décompte serait plutôt nombreux.

Pendant ce temps, Castielle avait réussit à calmer le félin, puis s'était dirigée dans sa modeste chambre. Une fois à l'intérieur, elle se changea rapidement. Elle enfila sa seconde robe de travail et son tablier. Quand elle s'installa devant son miroir de taille moyenne, elle sentit chacun de ses muscles se contracter. Les évènements précédents lui revinrent en mémoire, aussi vif qu'un coup de couteau. La peur qu'elle avait ressentit la transperçait à nouveau de partout. L'haleine dégoûtante de ses deux malotrus la perforèrent et lui donnèrent la nausée. Son cœur se mit à battre plus vite et elle tenta désespérément de reprendre son calme. De lourdes larmes brûlantes se mirent à rouler le long de ses joues. Si ce capitaine ne s'était pas présenté, que serait-il arrivé? L'horrible image d'un corps de femme mutilé et abandonné en pitance à des chiens de rue l'assaillit et ses épaules se mirent à tressaillirent violemment. Catin, bâtarde, petite elfe, dégoûtante, sale, dégueulasse, gueuse, prostituée, voleuse répugnante. Toute les insultes qu'elle avait entendu au cours de sa vie vinrent torturer ses oreilles à nouveau.

Des minutes s'écoulèrent avant qu'elle ne se fut totalement calmée. Elle sécha ses yeux humides avec un vieux mouchoir qui traînait près d'elle et natta ses longs cheveux bruns. Cette action toute simple lui procura suffisamment de courage pour retourner à son devoir d'apprentie. Elle se regarda dans le miroir un moment, ses yeux étaient secs, mais encore légèrement rougit. Le soleil s'était déplacé et ne pénétrait plus directement dans les fenêtres de la boutique, personne ne remarquerait.


Elle passa un peu d'eau froide sur son visage avant de redescendre à la boutique. Là l'attendait son maître et un certain respectable capitaine.

-Puis-je être d'une quelconque utilité? dit-elle pour s'annoncer alors qu'elle prenait sa place habituelle aux côtés d'Adrian.
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Oschide d'Anoszia
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MessageSujet: Re: La folie et la sagesse des hommes [PV Oschide d'Anoszia ] [TERMINÉ]   Ven 21 Fév 2014 - 15:29


Visiblement, la remarque sur les ouvriers n’avait pas été perçue de la manière partout. Son humour était-il si peu drôle ? Il ne le savait, mais en tout cas le maître sut directement de qui Oschide parlait et le capitaine se sentit alors fautif pour le traitement qui réserverait le maître à son apprentie. Le vieil homme en perdit son bol qui finit sa course sur un pauvre chat, et le tout dans un vacarme sans nom. De toute évidence, il venait d’interrompre une journée banale dans la vie de ce maître et il vit en lui un regard de colère lorsque la jeune femme le frôla pour ramasser le chat et s’en aller dans l’arrière-boutique.  

Tout était allé si vite qu’Oschide crut ne plus jamais revoir la discrète demoiselle si celle-ci venait à se réfugier derrière pour fuir la honte qu’elle venait de bénéficier. Mais le capitaine se ressaisit et jeta de nouveau toute son attention vers le vieil homme. A y voir de plus près, la boutique était relativement petite, mais pas assez pour que sa tête touche les poutres du haut. Tous les murs étaient parsemés de bocaux, pots et autres ustensiles sensés guérir, du moins, soigner les patients et le capitaine crut en instant sentir une odeur qui lui rappela sa mère. Le tout avec de la poussière et un peu de désordre, il n’y avait pas de doute, il se trouvait bien dans une boutique d’apothicaire. La jeune femme s’en était allé et le vieil homme vint répondre à ses questions et lui indiqua avec modestie qu’il ne faisait qu’exercer son métier de son mieux. Heureusement, se dit Oschide. Personne ne voudrait d’un empoisonneur.

« Votre humilité vous honore, maître. N’ayez pas peur que votre réputation vous précède. La couronne a déjà fait appel à vos services par le passé d’après ce que l’on m’a dit et jamais elle n’en fut déçu ».

Après s’être présenté rapidement comme étant le maître Adrian de Vynelle, le vieil homme vint lui indiquer tout en déplaçant les objets empilés en désordre sur le comptoir, que le capitaine arrivait au bon moment pour venir quérir les remèdes contre le froid. L’hiver venait à peine de se terminer, il avait été de toute façon évident pour lui qu’il resterait de quoi soigner des pneumonies et autres infections provoquées par le froid. Mais la question de la quantité fit posée par le maître qui parut alors un peu sceptique en attendant que la capitaine lui réponde.

« Nous serions trois centaines », Oschide prit soin de ne pas divulguer le chiffre exact par crainte que la chose soit dite et qu’elle fasse le tour de Diantre, « Nous devrions partir dans quelques jours, ainsi, je me doute que vous ne puissiez répondre à une aussi grande demande. Mon intendance viendra récupérer toutes vos préparations avant le départ. Vous avez donc quelques jours devant vous et vous serez très honorablement récompensé ».

Bien évidemment, le capitaine sut selon le visage que faisait le maître, qu’il ne pourrait jamais réussir à compléter entièrement le stock de provisions. Malheureusement, il aurait besoin de ces remèdes et potions quoiqu’il en soit. Il ne prenait pas cette expédition à la légère et ne comptait pas sur l’hospitalité des seigneurs du nord pour l’aider à soigner ses hommes. Il lui fallait compter que sur lui-même, ainsi, une idée vint à lui.

« Je crois que vous ne réussirez effectivement pas à fournir le nécessaire pour tous mes hommes. Les stocks diminueront et je me retrouverais à court en plein milieu de notre excursion… », il marqua un arrêt que l’homme ne manqua pas de remarquer, « Si quelqu’un s’y connaissant particulièrement bien en plantes et autres spécificité de l’herboristerie pouvait m'accompagner, alors il pourrait compléter au fur et à mesure les provisions et soigner les hommes durant le voyage. Connaissez-vous une personne qui pourrait répondre à ces attentes ? », demanda Oschide.

Au même instant, la jeune Castielle revint dans la petite pièce, accoutré d’un tablier et se mit aux côtés de son maître. Toute son attention se porta sur elle et Oschide s’imagina qu’elle pourrait parfaitement remplir ses attentes lorsqu’elle demanda si elle pouvait être d’une quelconque utilité. Fallait-il encore que son maître l’accepte et la partie risquait d’être compliquée.
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MessageSujet: Re: La folie et la sagesse des hommes [PV Oschide d'Anoszia ] [TERMINÉ]   Ven 21 Fév 2014 - 19:47

Le maître Adrian n'avait pas l'habitude de dévoiler ses pensées, toutefois il haussa un sourcil en entendant le nombre d'hommes qui accompagneraient ce grand individu. Bien qu'il se doutât que cela ne fit pas le véritable nombre, elle savait pourtant qu'ils seraient très nombreux à partir pour le nord. Des nouvelles plutôt excitantes pour un simple herboriste tel que lui. Il se mit à réfléchir rapidement. Il avait certainement de quoi répondre aux besoins d'une cinquantaine de soldats en réserve et il pourrait certainement concocter une grande quantité supplémentaire si lui et sa loyale apprentie si mettaient sérieusement à deux. Il pourrait aussi fermer temporairement sa boutique avant l'expédition de ce seigneur et ne répondre aux requêtes qu'à ses clients alités. La récompense reçut par ce client inattendu balançait les pertes venant de d'autre clients.

Il passa sa main sous son menton, il sentit sa pilosité rugueuse de quelques jours sous ses doigts. Adrian n'avait jamais répondu à une telle demande auparavant et il savait qu'il ne pourrait jamais y répondre complètement. Toutefois, il n'avait jamais refuser de servir quelqu'un, qu'il fut noble, commerçant et même des mendiants.


-Je peux bien prendre votre requête, répondit-il une fois sa brève réflexion terminée. Cependant, comme vous l'avez mentionné plus tôt, il me sera impossible, même si je restais éveillé jour et nuit, à compléter une telle commande. Si vous seriez venu quelques semaines plutôt, j'aurais pu demander l'appui à certains de mes collègues de la ville en qui j'ai pleinement confiance.

Adrian avait très peu d'amis proches, encore moins d'amis proche au sein de sa propre profession, toutefois, ceux qu'il laissait entrer dans sa vie étaient toujours loyaux, serviables et diligent dans leurs travail. Un sourire nostalgique ourla les coins de ses lèvres en pensant au nord. Il avait toujours voulu visiter le nord. De un, car il avait toujours apprécié voyagé hors de la ville et de deux, car il savait qu'il y avait plusieurs plantes ne poussant que par temps frais ou dont la qualité dépendait justement de la température plus froide. Il n'avait jamais accompli ce fameux voyage et il ne comptait pas non plus le faire aujourd'hui, il n'était pas aussi sot pour se jeter dans un projet demandant un corps et un esprit plus jeune.

Une demi-elfe plutôt discrète arriva et se plaça à ses côtés. Il jeta un œil sur elle. Elle avait changé sa robe et s'était vêtue de son tablier de travail. Ah, cette enfant était toujours prête à servir son maître! Une apprentie tout à fait idéale.


-Notre client à une large commande à nous faire, mais il sera impossible de la compléter avant la date de son départ pour le nord, dit-il en s'adressant à Castielle d'un ton tout à fait neutre. Il rechercherait aussi une personne douée en notre profession pour l'accompagner et ainsi s'occuper de ses hommes sur la route.

Castielle redressa la tête et regarda le capitaine, ses yeux s'étaient agrandi. Bien qu'elle n'eut pas connut tout les détails, elle savait déjà qu'il s'agirait de plusieurs hommes, peut-être des centaines!  Elle inclina doucement la tête vers le capitaine.

-Si vous me permettez, mon seigneur, même si vous trouviez une personne répondant à vos attentes, il ne s'agirait que d'un homme parmi tant d'autres, dit-elle. Ne faudrait-il pas être accompagné d'un groupement d'herboristes?

Son maître fit mine de réfléchir.

-C'est en effet un bon raisonnement, mais je doute qu'un herboriste serait le seul dans ce régiment à s'occuper de la santé de ces hommes, ajouta le maître. Il y a aussi des guérisseurs et des servantes prêtes à servir. Le métier d'herboriste est de pouvoir venir en aide par l'intermédiaire de ce que la nature nous offre.

Castielle hocha silencieusement la tête. Elle avait parlé trop vite et n'avait pas réfléchit aux autres possibilités. Elle remarqua que le capitaine avait posé son regard sur elle et intimidée, elle détourna légèrement les yeux. De son côté, Adrian avait remarqué l'attention particulière que le capitaine offrait à son apprentie. Il fronça des sourcils. Le maître n'apprécia pas la façon dont il la regardait, cherchait-il à lui retirer sa loyale apprentie? Cependant, puisqu'il avait toujours voulu lui-même visiter le nord, ne serait-il pas légitime de laisser son apprentie y aller à sa place? De plus, une telle aventure serait une excellente opportunité d'expérience pour la demi-elfe.  Toutefois, il aimait Castielle. Il l'amait comme un père qui aimait sa fille unique. Il lui avait apprit un tas de chose, l'avait réconforter (bien que ces compétences en la matière étaient plutôt médiocres) lorsque des rumeurs malsaines à son sujet se promenaient dans le quartier et avait fait son possible pour lui offrir toute son expérience et son savoir.

-J'ai toujours voulu visiter le nord, débuta-t-il avec un ton nostalgique. Cependant, ce genre de voyage est pour ceux ayant toujours une certaine jeunesse, dans mon cas à moi, c'est une toute autre histoire.

Il soupira et leva les yeux vers son client.

-J'allais proposer de vous faire une liste d'individus compétents pouvant répondre à vos attentes, toutefois, j'ai l'impression que vous aillez...déjà fait un choix en la matière, dit-il en tournant la tête vers Castielle.

La demi-elfe sursauta en s'apercevant que son maître l'observait soudainement. Ses yeux allaient de son maître au capitaine, puis du capitaine à son maître. Elle comprit finalement où il voulaient en venir. Impossible! Elle n'était qu'une humble servante, loyale à son maître, il lui restait encore beaucoup trop à apprendre! L'herboriste s'agita, elle n'était pas prête à de telles responsabilités, elle était encore trop jeune...trop inexpérimentée, trop de choses manquaient! Ses mains se firent moites et elle baissa les yeux docilement.

-J-Je ne sais que dire, rétorqua la demi-elfe de manière hésitante. Je ne puis laisser mon maître seul et partir...si loin, ajouta-t-elle ensuite dans un quasi murmure.

Son maître soupira.

-Castielle, ne comprends-tu pas à quel point une telle expédition serait idéale pour toi? demanda Adrian, un peu embêté par son attitude aussi docile. Il y a de nombreuses plantes dont nous n'avons pas accès ici et je sais que tu pourrais en apprendre beaucoup sur le chemin.

Et cela ne lui ferait pas non plus de mal de découvrir un peu plus de le monde et de mûrir davantage afin de devenir plus confiante et indépendante. Adrian avait pleinement confiance en les compétences de Castielle, son esprit encore jeune était plus innovant. Au cours de l'hiver, elle avait trouvé plusieurs façon de sauver des ingrédients tout en gardant la performance de ses élixirs les plus puissants. Elle avait une mémoire incontestable et portait toujours une fine attention à son travail. Évidemment, il souhaitait garder son apprentie pour lui-même, mais le faire le rendrait très égoïste.

-Mon apprentie est une jeune femme plutôt timide et loyale à son maître comme vous pouvez le constater par vous-même, déclara-t-il avec l'ombre d'un sourire. Je peux toujours vous offrir la liste d'individus compétents que j'ai mentionné plus tôt.
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MessageSujet: Re: La folie et la sagesse des hommes [PV Oschide d'Anoszia ] [TERMINÉ]   Dim 2 Mar 2014 - 22:19


Le capitaine s’était senti prit entre deux feux en se trouvant au milieu de la conversation entre le maître et l’apprentie qui lui faisaient face. Le maître de Vynelle lui avait semblé fort intéressé par la proposition vu que celui avait commencé à imaginer les multiples solutions. Ses yeux à lui, fixaient toujours la jeune femme timide qui tentait par tous les moyens d’échapper à son regard. Il remarqua alors aussitôt que le maître l’avait remarqué et que celui-ci avait déjà du comprendre où il voulait en venir. Bien sûr, le vieil homme lui avait proposé les services de plusieurs herboristes de la cité, mais il en avait décidé autrement. Cette jeune femme qui lui faisait face semblait cacher une force enfouie en elle. Il n’aurait su dire pourquoi, ni comment, mais il sentit qu’il pourrait faire confiance à cette personne. Ainsi, lorsque le maître commença à vanter les mérites d’une telle expédition à son apprentie, Oschide se sentit confiant et presque enjoué.

Le vieux maître le regarda de nouveau et lui indiqua que son apprentie était timide, comme il l’avait déjà remarqué. Mais également, qu’elle était loyale, et cela ne fit que le convaincre un peu plus de la nécessité d’avoir à ses côtés une personne en qui il pourrait se fier une fois tombé dans ce nord inhospitalier qu’il ne connaissait que trop peu.


« Je ne puis qu’appuyer vos propos, maître. Une telle expédition regorgera sans aucun doute d’une flore typique du nord »…ses yeux se posèrent de nouveau sur la jeune femme, mais son regard se voulait cette fois bien veillant et non plus curieux.

« C’est une guerre que je compte rejoindre. La mort nous accompagnera dans tous nos faits et gestes. Trop peu de mes hommes sont aguerris aux rigueurs du nord et beaucoup mourrons sans avoir connu le contact de l’acier si personne ne les soigne », son ton se voulait plus solennel, « Je veillerais sur vous du mieux que je pourrais, je vous en fais le serment. Maintenant, la décision n’appartient qu’à vous. Je ne puis vous forcer à venir rejoindre le combat de la couronne ».

Oschide attendait à présent une réponse de la part de la jeune femme. Un hochement de tête lui aurait suffi et pourtant, il espérait qu’elle lui réponde droit dans les yeux pour qu’il puisse voir si elle possédait bien cette force qu’il avait cru entrevoir. Voyant qu’un silence s’était installé, il eut peur d’avoir tort et d’avoir peut être était un peu trop brut dans la description du périple. Pourtant, si la jeune apprentie décidait de le rejoindre, il fallait bien qu’elle sache ce qui l’attendait dans ces territoires désolés.

« Pardonnez-moi si mes propos vous ont perturbés. Bien sûr, votre aide sera récompensé d’une forte rémunération comme je vous l’ai déjà précisé. Ainsi que de la reconnaissance royale bien évidemment »
, lança-t-il en regardant cette fois-ci le vieux maître qui ne semblait pourtant plus très difficile à convaincre.


Dernière édition par Oschide d'Anoszia le Mer 12 Mar 2014 - 12:59, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La folie et la sagesse des hommes [PV Oschide d'Anoszia ] [TERMINÉ]   Lun 3 Mar 2014 - 0:50

Castielle sursauta vivement à la mention d'une guerre. Elle qui rebutait toute forme de violence, voilà qu'elle avait enfin la chance de se mêler indirectement à celle-ci. De son côté, Adrian se contenant d'hocher doucement la tête. Il était plus au courant qu'elle sur la politique et sur les grandes nouvelles du monde. La main de la demi-elfe se porta à son cœur. La guerre, grand fléau de la civilisation! Il imagine des corps en sang, des femmes en pleurs et des orphelins, puis elle effaça rapidement cette image sanglante de sa tête. Le seigneur avait parler si légèrement d'une telle chose et cela l'effraya un peu. «Les hommes et la guerre», pensa-t-elle tristement. Il fit sûr de lui rappeler qu'il s'agissait d'un combat pour la couronne, se qui titilla une corde sensible chez elle. L'herboriste était fidèle à la couronne, ou plutôt, elle était loyale à tout ceux qui étaient supérieurs à elle à bien des égards. Ses joues rosirent à nouveau lorsqu'il lui promit qu'il veillerait sur elle du mieux de ses capacités. Si un tel homme promettait de la garder sous son aile, elle ne pouvait que se sentir en sécurité, n'est-ce pas?

-Dans ce cas-ci, il faudrait aider vos hommes à se protéger du froid, dit-elle d'une voix affable, toujours les yeux rivés vers le sol.

Il s'excusa ensuite pour ses propos. Quel gentilhomme! Castielle ne put s'empêcher de lui envoyer un petit sourire en coin. La vérité était que l'opportunité d'un tel voyage la réjouissait, mais il y avait tant de chose pour la retenir à Diantra. Son maître, son travail, Robert et Martha ainsi que la peur de l'inconnue. Cependant, la présence de ce gentilhomme était si rassurante qu'elle ne pouvait que se sentir en sécurité à ses côtés. D'un autre côté, l'envie d'explorer de nouvelles terres, rencontrer de nouveaux visages, voir des montagnes et apprendre de nouvelles choses était plutôt forte. Si elle pouvait sauver des vies en accompagnant cet homme, pourquoi devrait-elle s'en empêcher? De plus, son maître avait clairement donné sa bénédiction pour un tel voyage. Toutefois, pouvait-il se débrouiller sans elle? L'hiver était techniquement terminé, donc il y aurait moins de cas lourds dont il fallait s'occuper...

-Ne vous en faites pas pour vos propos, mon seigneur, je préfère votre franchise qu'à des paroles emplit de mystère, répondit-elle au noble seigneur en se tournant finalement vers lui avec une certaine lueur dans le regard.

Cette lueur, cette détermination, elle l'avait déjà ressentit bien des années auparavant lorsqu'elle avait dénoncé un empoisonneur dans la rue des mendiants à Diantra. Elle avait saisi son courage à deux mains et l'avait dénoncé, cet homme qui se prenait pour un bon herboriste charitable alors qu'en fait, il tuait sans pitié les plus pauvres de la ville. C'était aussi en cette journée fatidique qu'elle avait rencontré Adrian et qu'il avait fait d'elle son apprentie.

-Je ne recherche pas la fortune ou les bonnes grâces de la famille royale, mon seigneur, dit-elle ensuite humblement. Je ne souhaite qu'apporter un peu de confort aux malades et aux plus démunis.

En effet, Castielle n'avait jamais été attiré par la richesse, les belles parures et les contacts titrés. La demi-elfe adorait sa vie actuelle. Le simple fait de gagner son pain en travaillait fort et diligemment était pour elle sa plus grande réussite.

-Toutefois, si je peux me rendre utile dans votre mission, alors, elle hésita, qu'il en soit ainsi.

L'apprentie avait levé les yeux vers lui, la lueur déterminée n'avait toujours pas disparut. Elle était bien là et elle y resterait longuement.

-Combien de temps ai-je pour me préparer convenablement? demanda-t-elle ensuite, une expression plutôt sérieuse au visage.
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MessageSujet: Re: La folie et la sagesse des hommes [PV Oschide d'Anoszia ] [TERMINÉ]   Mar 11 Mar 2014 - 20:12


Sans qu’il n’ait eu besoin d’insister plus longuement pour la convaincre de venir l’aider, la jeune femme ne tarda pas à acquiescer à sa demande, malgré un certain scepticisme qu’il avait pu noter chez elle lorsqu’elle se résigna à prendre cette demande comme une mission qu’il lui fallait exécuter. Le capitaine n’eut pas l’intention de la persuader un peu plus de l’accompagner. Elle venait de lui donner son accord, son maître aussi, voilà qui était chose faite donc. Oschide adressa un petit hochement de tête à la jeune femme comme pour conclure l’échange, mais elle ne manqua pas de lui demander combien de temps lui restait-elle avant le grand départ. Comme il avait pu le préciser un peu plus tôt au maître, il ne restait plus que quelques jours avant qu’ils ne prennent la route. Assez de temps pour que l’apprentie herboriste face connaissance avec les attachés de l’intendance.

« Il ne reste que quelques jours avant que je ne parte en avant de mes troupes. Nous rejoindrons le nord par bateaux pour plus de sécurité et je compte sur vous pour que vous soyez à mes côtés durant tout le trajet », il marqua une courte pause, « Vous serez néanmoins à l’arrière des troupes lorsque nous arriverons dans le nord, pour votre sécurité ».

Il sentit bien qu’il n’avait pas répondu exactement à la question de l’apprentie, mais il ne s’occupait généralement pas de l’organisation de l’arrière garde. Ces questions-là étaient normalement réservées à son second. La jeune femme paraissait cependant des plus sérieuses et il décida de briser le petit silence qui s’était installé.

« Je veux que vous soyez prêtes au plus vite. Aidez votre maître pour les préparations et rejoignez-moi au fort de la vaillance dès que vous le pourrez. Je serais dans mes quartiers de toute façon. Demandez à me voir et les gardes vous laisseront passer… »
, dit-il en s’apercevant qu’il y aurait quelques difficultés.

Oschide jeta un regard du côté de ses hommes qui semblaient vraisemblablement s’impatienter depuis le temps qu’il était dans la boutique. Le capitaine eu alors une idée afin d’éviter les multiples allers retours que ses hommes auraient à faire afin de récupérer les commandes à l’herboriste.

« Pour faciliter votre travail, je vous propose de venir travailler au fort ou je vous installerez dans des quartiers libres. Mes hommes se chargeront de vous apporter tout ce dont vous aurez besoin jusqu’au départ. Ces cinq-là », dit-il en pointant du doigt les gardes restés dehors, « je vous les laisse. Dites-leur ce qu’ils doivent faire et porter et ils vous aideront à déplacer votre atelier. Mais cela, à la seule condition que vous l’acceptiez bien sûr ».

Son regard s’était porté vers le maître pendant quelques instants puis il se reposa sur la jeune femme qui suscitait en lui toujours autant de curiosité.

« Castielle, ne vous embarrassez de cette besogne… accompagnez-moi si vous le voulez bien, nous prendrons de l’avance et cela me permettra de vous montrer vos nouveaux quartiers ».
 
Il n’avait pas attendu d’avoir l’accord du maître et s’était peut-être un peu trop empressé de conclure l’affaire. Mais après tout, le vieil homme avait accepté le travail, ainsi que la jeune femme. Une fois au fort, les choses seraient inévitablement beaucoup plus simples. Fallait-il néanmoins que Castielle le suive dans la rue. Le capitaine entreprit alors de saluer le maître et quitta la petite boutique pour ordonner à ses hommes d’aider l’herboriste. Une fois à l’extérieur, Oschide ressentit les odeurs nauséabondes de la ruelle ou se trouvait la boutique et attendit au pied de la porte la jeune femme.
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MessageSujet: Re: La folie et la sagesse des hommes [PV Oschide d'Anoszia ] [TERMINÉ]   Mer 12 Mar 2014 - 0:36

Bien qu'elle eut hésité un moment, la demi-elfe avait rapidement prise sa décision. Il s'agissait d'une décision drôlement importante pour une simple herboriste. Elle verrait du pays, elle apprendrait de nouvelles choses et ferait des découvertes. La nostalgie de son maître serait sa motivation première! Puis, découvrir de nouveaux horizons et de nouveaux visages lui permettra peut-être de mûrir davantage et d'oublier des souvenirs moins heureux qui s'étaient déroulés à Diantra tels les malotrus qui s'en prenaient à ses origines elfiques ou alors à un certain elfe mystérieux qui ne lui avait jamais plus donné de nouvelles.
Un pli soucieux apparut entre ses sourcils. Elle avait le sentiment qu'elle n'entendrait plus jamais parlé de cet homme. Peut-être était-il mort sur le bord d'un chemin ou dans les bras d'une autre, Castielle n'en avait aucune idée et n'éprouvait pas beaucoup de chose sur le sujet. Elle était simplement satisfaite de ne pas lui avoir offert son unique valeur comme il avait tellement tenter d'avoir.


-Par bateau, dites-vous? répéta-t-elle avec un certain hoquet de surprise.

Non seulement était-elle stupéfaite par le temps qu'il lui restait à Diantra, mais l'idée de voyager par navire la rendit incroyablement perplexe. Bien qu'elle fut à l'aise autour de l'eau, jamais elle n'était monté sur un grand bateau comme le seigneur le mentionnait. Cependant, elle devait admettre que se rendre vers le nord par la mer était la meilleure façon de s'y rendre. Le trajet serait plus rapide, beaucoup plus sécuritaire et les troupes ne se fatigueraient  pas autant. De plus, elle pourrait avoir l'occasion d'étudier les cas de nausées causés par le mal de mer!

La demi-elfe se sentit soulagée lorsqu'il précisa qu'il la garderait à ses côtés durant tout le trajet, même si l'idée lui semblait embarrassante. Elle ne pouvait qu'espérer d'avoir d'autre compagnons féminins à bord du navire. Lorsqu'il affirma qu'elle resterait en sécurité derrière les troupes, un petit sourire étira ses lèvres. «En effet, il serait peu efficace que l'herboriste meurt dès la première escarmouche», pensa-t-elle, surprise de son propre humour noir.

Un silence s'installa entre le capitaine et les deux herboristes, mais il fut rapidement comblé par le capitaine qui reprit habilement la parole. Il demanda à la demi-elfe de se présenter au fort de la vaillance et que les gardes lui permettraient de le rejoindre, cependant, d'après sa propre expérience, Castielle douta qu'on la laisse passer facilement ou passer tout court. Elle pensa au cas d'empoisonnement chez les gardes de Diantra ou il avait fallut qu'elle s'énerve pour que le chef lui-même vienne la chercher. Il avait été déçu de voir un apprenti plutôt que le maître de Vynelle et qui était une femme de surcroît! Cependant, elle avait fait ses preuves. Aurait-elle des obstacles semblables avec l'armée? Elle espérait que non.

Il jeta un coup d'œil à ses hommes impatients, Castielle fit de même. Y avait-il pire que de s'occuper d'un homme impatient? Ce qu'il proposa ensuite la surprit davantage. Elle était troublée à l'idée d'aller travailler ailleurs avec son maître.  La petite boutique qui lui servait aussi de refuge était si familier. Elle savait où chaque chose se trouvait et s'y déplacer même avec les yeux fermés!


-Qu'il en soit ainsi, alors! déclara Adrian en fermant son livre d'inventaire d'un coup sec. Il semblait déjà prêt à faire ses valises. Je m'y met de ce pas.

En effet, son maître détestait perdre son temps et tourner autour du pot. Visiblement, il avait accepté la demande du capitaine.  Castielle s'apprêta a aider son maître lorsqu'elle entendit le capitaine s'adresser à elle personnellement. Elle rougit en l'entendant prononcer son nom de sa belle voix d'homme. Elle jeta un œil vers son maître, demandant silencieusement son approbation. Il hocha la tête en faisant un mouvement vague de la main comme pour l'encourager à débarrasser le plancher aussi vite que possible. Voyant que le capitaine était sorti, elle allait rapidement chercher sa cape avant de le rejoindre.

-Je n'ai jamais visité le fort de la vaillance, est-ce aussi grand que ce que les gens le décrive? demanda-t-elle rapidement une fois à ses côtés. Et...Et vous allé vraiment me mené sur la mer?

Elle accorda habilement son pas au sien. Laissant son maître et les cinq hommes de main vers lui.
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MessageSujet: Re: La folie et la sagesse des hommes [PV Oschide d'Anoszia ] [TERMINÉ]   Mer 12 Mar 2014 - 17:32


La jeune femme venait de la rejoindre à l’extérieur lorsqu’il s’était apprêté à partir. Mais elle était là et le suivrait jusqu’au fort.  Le capitaine se sentit tout d’abord rassuré qu’elle n’ait pas à partir seule dans les ruelles pour rejoindre le fort et un petit sourire se fit apparaître sur son visage. Bien qu’elle due connaître mieux que lui ce quartier, c’est d’un pas assuré qu’il entreprit la marche avec l’apprentie herboriste à ses côtés. Le soleil était encore haut dans le ciel, et ses rayons commençaient à réchauffer les pierres et Oschide put de nouveau sentir une légère brise d’air sur son visage. Quoi de mieux que de marcher seul en compagnie d’une demoiselle s’était-il dit, loin de ses responsabilités et de ses hommes sans cesse sur ses talons. Une chose était sûre, il profiterait de ce moment de calme avant la tempête qu’il s’apprêtait à vivre dans les jours qui suivraient et les questions de la jeune femme vinrent suspendre le silence qui s’était instauré.

« C’est exact gente demoiselle, le fort est aussi grand que les gens le décrivent. C’est en quelque sorte le dernier rideau à franchir avant d’atteindre le château et sachez que les hommes qui s’y trouvent, sont les ultimes protecteurs de la grande citadelle.. », ces mots sonnèrent creux lorsqu’il se remémora les diverses chutes des rois, « Du moins, il y a fort longtemps. Maintenant, nous reconstruisons petit à petit les fondations ».

Oschide adressa un petit regard en coin pour s’assurer que la jeune femme suivait bien et diminua la cadence pour se mettre au même niveau.

« Vous y serez bien, Castielle, et vous pourrez en profiter pour faire connaissance avec les gens de l’intendance », dit-il comme pour rassurer une fois de plus la jeune femme

Oschide arriva alors dans un cul de sac et s’arrêta brusquement. Un peu perdu, il préféra ne pas l’avouer et entreprit d’aller dans une nouvelle ruelle. Si la jeune femme connaissait le quartier, alors peut être qu’elle lui indiquerait furtivement le bon chemin. Afin de ne pas montrer plus longuement qu’il s’était égaré dans ces ruelles tentaculaires, il décida de répondre à l’autre question de la jeune femme.

« Oui, nous voyagerons par la mer pour notre sécurité à tous. La couronne n’est plus ce qu’elle est, et beaucoup sont ceux qui refuseraient que nous passions par leurs routes », toussota furtivement, « Avez-vous déjà prit la mer ? Nous passerons par l’Eris, elle n’est pas la mer la plus tranquille, mais pas non plus la plus agitée. Et de toute façon, nous longerons les côtes si cela peut vous rassurer ».

Le capitaine vit au loin une des artères principales qui menait tout droit au fort. Sa fierté était donc sauve et il reprit sa route. La ruelle était bondée, comme si toute la cité s’ était donnée rendez-vous. Des nobles, des passants, des artisans, des mendiants et des hommes armés. Oschide se sentit de nouveau comme lorsqu’il était encore enfant et qu’il arpentait tel un trublion toutes ces rues. Plusieurs souvenirs ressurgirent alors et une vague de nostalgie s’aplatit sur lui. Il avait laissé tant d’amis ici, avant d’être envoyé chez son oncle. C’était son père qui l’y avait envoyé, comme pour l’écarter un tant soit peu des mauvaises fréquentations. Sauf qu’il n’y avait jamais eu de mauvaises fréquentations. Ses amis thaari n’avaient jamais été des perturbateurs. L’incident, c’était lui qui l’avait provoqué… Aussitôt, Oschide déboula dans la grande rue et s’assura que la jeune femme était toujours là.

« J’ai passé une petite partie de ma vie dans ces ruelles, mais comme vous avez pu le remarquer, j’en ai oublié comment les raccourcis. Etes-vous née ici, Castielle ? Il ne m’a pas emblé voir de ressemblance entre vous et votre maître. J’en déduis que vous n’êtes pas sa fille donc, n’est ce pas ? »

Ses questions ne se voulaient pas déplacée et trop curieuses, du moins, ce n’était pas son intention de provoquer de la gêne chez la jeune femme. Sa seule préoccupation en cet instant précis était juste de faire connaissance avec l’apprentie pour briser la glace. Au loin devant eux, se dressait le majestueux fort de la Vaillance qui commençait à prendre forme.
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MessageSujet: Re: La folie et la sagesse des hommes [PV Oschide d'Anoszia ] [TERMINÉ]   Mer 12 Mar 2014 - 22:22

Le capitaine lui confirma que le fort était bien aussi grand qu'on le lui avait décrit auparavant et ces yeux s'agrandirent d'excitation. Jamais elle n'avait cru s'approcher d'un tel endroit auparavant! Elle ignorait pour les dieux s'amusaient à la surprendre aujourd'hui, mais elle s'en réjouissait ouvertement. Sa joie se traduisait sur son visage par un large sourire innocent emplit de candeur. La demi-elfe croisa les mains derrière son dos tout en levant ses yeux bleus vers le ciel. Elle admira les nuages un moment, sereine. Tant de possibilité s'offriraient à elle dans un proche futur et elle tenterait du mieux qu'elle le pouvait d'en profiter.

-Il vaut mieux construire lentement, mais sûrement, à moins de risquer de faire des erreurs en chemin, répondit-elle simplement. Je suis certaine que la vue sera tout de même mémorable.

Mémorable pour qui. Un capitaine tel que lui devait avoir l'habitude de voir de si impressionnants bâtiments et de grandes armées. Il n'y avait bien qu'une roturière comme elle pour trouvé un fort aussi impressionnant.

-Oh, mais, je ne voudrais pas causer de soucis pour les gens de l'intendance, je préfère me faire discrète, mon seigneur.

Si elle avait le don de se rendre invisible, Castielle en aurait fait usage à de nombreuses reprises. Malheureusement, un tel pouvoir était fort loin de sa portée. Elle baissa enfin les deux pour s'enquérir visuellement de la direction qu'ils prenaient et jeta un œil discret vers le capitaine. Par ses connaissances des lieus, elle savait qu'ils finiraient pas déboucher sur un cul-de-sac, mais elle n'ouvrit pas la bouche pour le mentionner. Si il y avait une chose qu'elle avait apprise, c'est qu'il ne fallait pas toucher à la fierté d'un homme, celle-ci étant aussi fragile qu'une tasse de porcelaine.

En effet, au bout de quelques minutes, ils arrivèrent dans un cul-de-sac. La façon dont il s'arrêta brusquement devant son erreur lui confirma qu'il ne savait que très peu où il allait. Un large sourire ourla les lèvres de l'herboriste qu'elle cacha habilement au capitaine en détournant la tête dans la direction opposée. Elle surmonta l'envie de rire doucement, puis se contenta de suivre le capitaine en silence. De plus, s'il désirait de l'aide, il lui demanderait, non? Ils marchèrent tranquillement alors qu'il entreprenait de répondre à sa seconde question initiale.

Il confirma qu'ils voyageraient pas la mer. Cette idée la rendait totalement fébrile! Elle se sentait comme une jeune enfant faisant de nouvelles découvertes. Elle fronça les sourcils lorsqu'il mentionna le fait que certains individus ne laisseraient pas son armée passer sur leurs routes. C'était compréhensible, en fait. Une armée pouvait causée un bien grande commotion et créer des dommages sur sa route. Puis, encore une fois, elle décida de se convaincre à nouveau qu'un voyage par la mer serait plus rapide.


-Je n'ai jamais voyagé en mer auparavant, mais un tel voyage ne m'effraie pas non plus, si c'est que vous craignez, mon seigneur, rétorqua-t-elle avec un sourire.

Effectivement, ce voyage ne l'effrayait pas, pour le moment. Cependant, peut-être que la peur viendrait une fois sur le navire et loin de la terre. Castielle espérait seulement que sa présence ne causerait aucun embrassement aux membres du navire. S'il y avait bien une chose qu'il ne fallait pas causer sur un bateau, c'était bien de la tension et des conflits.

En poursuivant leur route, l'herboriste remarqua que le capitaine semblait avoir retrouver son chemin. Soulagée de ne pas avoir à commenter sur son sens de l'orientation, elle sourit puis leva les yeux vers le capitaine dont elle admira le profil. Elle y vit quelques émotions qui la laissaient perplexe. Elle y aperçut une certaine joie mêlée à de la nostalgie, il avait l'expression de celui qui se ressassait le passé. Perdue dans sa contemplation, cela prit deux secondes à Castielle pour comprendre que le capitaine l'avait regardé. Pendant un instant, elle l'avait regardé dans les yeux et elle se détourna violemment en rougissant. La demi-elfe fit mine de regarder ailleurs comme si de rien n'était.

Elle fut drôlement soulagée lorsqu'il brisa à nouveau le silence qui s'était faufilé entre eux.

Il mentionna avoir déjà vécu à Diantra au cours de sa vie, mais d'en avoir oublié les nombreux raccourcis.
«Je crains que ce ne soit pas que les raccourcis, seigneur Oschide», pensa l'herboriste avec humour tout en dissimulant le sourire niais qui s'était affiché sur son visage. Toutefois, les questions du capitaine la surprirent de plein fouet. En excluant on maître, jamais personne d'autre n'avaient oser lui poser de telles questions. Elle leva les yeux vers l'homme, puis voyant qu'elle ne répondait toujours pas...

-J-Je suis désolée, vos questions m'ont surprise, mon seigneur, jamais personne autre que mon maître n'ai jamais eu une telle curiosité à mon égard! balbutia-t-elle, prise au dépourvue.

Elle croisa ses mains à l'avant, ses yeux à nouveau rivés vers le sol. Son coeur battait plus vite, mais elle sereine. Bien qu'elle fut souvent embarrassée, jamais elle n'avait eu réellement honte de ses origines plutôt uniques.

-Vous possédez un excellent sens de l'observation, mon seigneur, car en effet, je ne suis pas née de la chair du maître de Vynelle, déclara-t-elle doucement. Cependant, il est bien le seul individu qui se rapproche le plus d'une famille. Bien qu'il ne soit pas toujours ouvertement chaleureux, ajouta-t-elle avec humour.

Elle fit un énorme bâtiment au loin. Était-ce le fort de la vaillance?

-Je suis orpheline, je n'ai pas de famille, dit-elle ensuite, lors de mon enfance, j'ai été élevé par mon unique oncle, dans un petit village, ma mère ayant perdu la vie peu de temps après avoir offert la mienne, je ne l'ai donc pas connu et donc je ne peux m'en chagriner. Mon oncle disait souvent que je possédais sa chevelure, mais que tout le reste provenait de mon père biologique.

Certains pouvaient dire qu'elle était froide, mais comment Castielle pouvait avoir de l'affection pour une personne qu'elle n'avait jamais connu où même vu le visage.

-Mon oncle était berger et je passais mon temps à l'aider dans les prairies ou chez ma voisine de l'époque, c'était une vieille dame un peu étrange, mais très chaleureuse, ajouta Castielle avec une mine nostalgique. Elle m'a appris à lire et à écrire, de telles connaissances sont un véritable luxe, vous savez? Plus tard, elle m'a enseigné certaines bases de l'herboristerie. Elle me disait souvent que j'étais douée, car j'avais du sang provenant de la forêt!

Cette pensée la réconforta. Cette vieille femme, après son oncle, était la seule qui ne l'avait jamais jugé pour ses origines au cours de l'enfance. Elle considérait même son état de demi-elfe comme une bénédiction! Voyant qu'elle parlait un peu trop de sa vie, ses joues rosirent violemment.

-Pardonnez-moi, vous ne vouliez certainement pas encore parler de tout ça, dit-elle vivement tout en triturant ses doigts devenus un peu moites.

Elle baissa les yeux.

-Bref, j'ai trouvé un moyen de me rendre à Diantra à la suite du décès de mon oncle. Il n'y avait plus rien qui me retenait là-bas et j'étais convaincue que je trouverais du travail à la capitale avec l'aide de ma voisine, dit-elle pour accélérer son histoire. Cependant, lorsque je suis arrivée ici, il fut très difficile de trouver un employeur... les gens ont tendance à ne pas apprécier la présence de bâtards dans leurs boutique.

La demi-elfe soupira, puis leva les yeux vers le ciel.

-Je n'avais pas d'argent, pas de famille ou d'opportunité, j'ai donc commencé à mendier pour mon pain. Heureusement, je n'ai jamais eu à beaucoup manger pour subsister, dit-elle avec un brin d'humour afin d'alléger l'atmosphère un peu noir que prenait son histoire. J'aurais pu me prostituer, vous savez...

Son visage devint complètement écarlate et elle n'osa pas regardé le capitaine. Comme elle était stupide, il n'avait pas besoin de connaître ce détail-ci!

-Cependant, j'étais...trop fière ou tout simplement trop innocente pour m'adonner à...de telles activités, répliqua-t-elle pudiquement. J'aurais pu voler aussi, mais j'étais trop honnête et je crois bien que je le suis toujours.

Une image plus claire du fort de la vaillance se dessinait devant elle.

-J'ai rencontré le maître Adrian par hasard alors je venais en aide a des mendiants, cet évènement fit grand scandale à l'époque! déclara Castielle en prenant une expression plus sérieuse. Depuis quelques temps, il y avait eu plusieurs décès suspicieux parmi les mendiants, tous disaient qu'il s'agissait de la maladie, mais moi je... je savais que ce n'était pas le cas. Les symptômes de ses pauvres gens...ce n'était pas la maladie.

Elle se souvint soudainement des nombreux cadavres, des enfants déjà bien assez misérables qui pleuraient la mort de leurs parents.

-Oui, tout à commencé avec la maladie, mais ce n'était pas une épidémie, rien de bien grave, cependant, c'est un mois après que les conditions de décès se firent plus sombres, c'est alors que j'ai entendu parler de la présence d'un herboriste qui vendait «une plante pour guérir tout les maux». Cette plante... était de la belladone. Cet homme, assassinait les mendiants du quartier.

Son regard se fit sévère. Elle était heureuse que la justice avait prit soin de cet individu malveillant rapidement, mais seulement lorsque l'homme qui était son maître aujourd'hui s'était mêlé au conflit.

-J'ai confronté cet escroc, mais je me suis attirée beaucoup d'ennuis, personne ne me croyait et j'allais me faire ramasser par les gardes, c'est alors que le maître Adrian de Vynelle s'est présenté et... a pris ma défense ainsi que celle des autres mendiants. Il avait déjà de la réputation à l'époque, dit-elle, alors ce ne fut pas difficile pour lui de déclarer la vérité où elle se trouvait.

Elle leva timidement les yeux vers le capitaine Oschide et lui sourit doucement.

-Cet homme m'a sauvé la vie de plusieurs personnes cette journée-là, y comprit la mienne et a fait de moi son apprentie depuis.
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Oschide d'Anoszia
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MessageSujet: Re: La folie et la sagesse des hommes [PV Oschide d'Anoszia ] [TERMINÉ]   Jeu 13 Mar 2014 - 1:37

La jeune herboriste s’était confiée à lui de manière qu’il n’aurait pu prédire. Alors qu’ils s’étaient rapprochés de plus en plus du fort, il avait écouté avec une attention toute particulière de cette demoiselle. Jamais une personne ne s’était adressée à lui avec une telle honnêteté et le capitaine ne sut tout d’abord pas quoi répondre. Après tout, cela nécessitait-il vraiment d’une réponse. La vie de cette jeune femme était remplie de tristesse et pourtant, elle semblait profiter pleinement de cette vie. Sans s’en rendre compte, Oschide venait de se prendre une leçon d’humilité en pleine face et cela ne manqua pas de le déstabiliser. Dans son cercle, personne ne pouvait parler avec une telle franchise. Son monde à lui n’était fait que de faux semblant et de paraître, un monde de superficialité en outre. Mais un monde où il avait appris à vivre et à faire sa place, un monde où cette jeune femme se ferait probablement piéger.

Le fort leur fit enfin face, la porte principale se présentait à eux de façon impressionnante. La herse et le pont-levis était levé, la nuit n’étant pas encore tombée, il n’y avait aucune raison qu’elle soit fermée de toute façon. Du haut de la porte, plusieurs gardes reconnurent leur capitaine et les gardes du bas vinrent le saluer sans poser aucune question sur la présence de la jeune femme.

Une fois passé la porte, ils arrivèrent en bas de la première enceinte et il leur faudrait en passer deux autres pour atteindre le fort. Celui-ci était prodigieusement bien protégé, mais cela n’avait pas évité les drames qu’il avait évoqués un peu plus tôt. Les paroles de la jeune femme ressurgirent dans ses pensées et il revit le cheminement qui avait mené l’avait mené à devenir l’apprentie du maître de Vynelle. Il lui adressa de nouveau un léger regard lorsqu’il n’y eut plus aucun garde trop proche d’eux. Elle ne lui avait pas demandé de conter son histoire et de toute façon, s’il le faisait, elle paraîtrait dérisoire à côté de celle de la demoiselle.


« Votre histoire est mélancolique, Castielle, mais je vois que vous lui faite face en prenant les devants et en faisant vos propres choix. Cela ne mérite que de l’admiration ! »

Voilà qu’il venait de complimenter une roturière, une jeune femme qui n’était pas de son rang, qui ne possédait aucune autre richesse que le savoir que lui avait transmis son maître. Mais pourtant, il pensait ce qu’il venait de dire même si ces propos paraissait maladroit. Pourtant complimenter les gentes demoiselles, ça, il savait le faire et le faisait d’ailleurs dès que l’occasion se présentait. Mais depuis qu’il était devenu capitaine, ses aspirations à conquérir les cœurs avait disparu. A présent, il lui fallait se concentrer et tenter de trouver un moyen pour devenir un autre homme. Dans l’allée principale, une dizaine de gardes en formation se raidirent pour le saluer à son passage et Oschide ne leur rendit qu’un simple hochement de tête afin de pouvoir mieux se recentrer sur les mots qu’il s’apprêtait à sortir à la jeune femme.

« Comme vous pouvez le voir, les hommes se préparent petit à petit. Ceux qui ont des femmes leur font leurs adieux et leur promette de revenir au plus vite. Mais ils savent ce qu’ils risquent en partant et je suis celui qui doit les mener et utiliser leur vie pour la gloire de la couronne… », sa voix était devenue presque douce, « C’est une sale besogne que je m’apprête à mener Castielle, et vous en serez aux premières loges lorsque chaos et mort s’abattront sur nous. Votre vie est faite de coups durs, mais peut être que vous serez la plus solide lors de ce voyage grâce à ça. Beaucoup de ces hommes ont connu soit trop d’hiver, soit pas assez, mais s’ils se savent protégés grâce à vos soins alors vous gagnerez à être apprécié et votre route n’en sera que plus appréciable et le voyage moins douloureux ».

Oschide venait d’atteindre la porte des quartiers de l’intendance et fit signe à la jeune femme d’y pénétrer. A l’intérieur, les préparatifs allaient bon train et il u revit Tarus, son jeune chef de l’intendance qui ne manqua pas de remarquer l’arrivée des deux individus.

« Cette jeune femme sera notre herboriste pendant le voyage. Tâchez à ce qu’elle ait des quartiers convenables et proches de son atelier. Veillez également à ce qu’elle soit présente au mess du soir. Etant donné qu’elle n’a pas eu le temps de récupérer ses affaires par ma faute, trouvez lui des habits qu’elle choisira elle-même ». lança-t-il au chef de l’intendance.

Puis, il se retourna une fois de plus vers la jeune femme.

« Retrouvez moi dans mes quartiers gente demoiselle, vous dînerez avec moi en tant qu’invité. Je vous ai fait venir dans la précipitation sans même vraiment vous laisser le choix. Ce sera pour moi, une façon de me faire pardonner », dit-il amicalement avant de la saluer comme tous nobles l’aurait fait et de lui adresser un petit sourire.
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MessageSujet: Re: La folie et la sagesse des hommes [PV Oschide d'Anoszia ] [TERMINÉ]   Jeu 13 Mar 2014 - 5:58

Son vécu n'était peut-être pas le plus réjouissant, mais Castielle n'en était pas triste. Oui, certains moment avaient été difficiles et avaient en effet laissés des cicatrices, mais celles-ci avaient bien guérie et elle pouvait être fière d'en être sortit plus forte et beaucoup plus mature. Ses joues étaient restés rouges par la conversation, mais elle n'avait pas honte et ne sentait pas le besoin de se cacher derrière des mensonges. De plus, si cet homme allait être son patron, alors elle se devait d'être honnête et en mesure de mériter sa totale confiance. C'est dans un étrange silence qu'ils parcoururent les derniers mètres les séparant. Même si certains endroits semblaient encore en reconstruction, il s'agissait encore d'une vue tout à fait extraordinaire! La demi-elfe en eut le souffle coupé. En observant le capitaine, l'herboriste put clairement voir qu'il réfléchissait, à quoi, elle l'ignorait, peut-être l'avait-elle traumatisé avec ses histoires.

Elle aperçut de nombreux personnages qui déambulaient autours d'eux. Certains était visiblement des travailleurs et d'autres semblaient plus du type intellectuel.  Soulagée de ne pas devoir subir un nouvel interrogatoire. Ils pénétrèrent tout les deux dans la première enceinte, Castielle ne put s'empêcher d'examiner tout ce qui l'entourait. Elle était impressionnée par les lieux, cela se voyant dans son visage ébahi. C'est alors que le capitaine reprit la parole.


-O-Oh, mais arrêtez, je ne suis point une source d'admiration, je vis un jour à la fois, mon seigneur! rétorqua-t-elle de manière hésitante, ses joues rougissant à vive allure sous le compliment.

La demi-elfe porta doucement ses mains à ses joues, celles-ci étaient brûlantes et elle les tapota doucement afin de reprendre son calme. Sur leur route, ils croisèrent divers gardes et soldats qui se raidissaient rapidement à la vue du capitaine. Celui-ci hochait poliment la tête à leur endroit, quant à Castielle, elle baissait docilement les yeux vers le sol.

-Je ferai de mon mieux! répondit humblement l'herboriste avec un sourire timide. Vous ne serez pas déçu! Vos hommes ne seront pas déçus!

Elle le vit finalement entrer dans une pièce tout en lui faisant signe de le suivre, ce qu'elle fit sans hésiter. Dans cette même pièce ce tenait un autre homme qui ne posa brièvement son regard sur elle. Elle avait voulu refuser la demande du capitaine envers celui qui semblait bien être le chef de l'intendance. Cependant, elle avait le sentiment qu'elle ne retournerait jamais à la boutique pour faire ses propres valises, et puis son maître arriverait bientôt et il serait de son devoir de l'aider à s'installer convenablement. Elle espéra silencieusement qu'il n'avait pas eut trop d'encombre sur son chemin.

Le capitaine se tourna finalement vers elle et lui adressa quelques mots. Il l'invita à dîner dans ses quartiers, c'était sa façon à lui de se faire pardonner sa précipitation, mais elle ne s'en frustrait pas. Elle était bien habituée à recevoir des ordres et des directions subites de la part de son maître. La demi-elfe voulut répliquer qu'elle ne voulait pas davantage l'embêter de sa présence, cependant, lorsqu'il la salua de manière aussi polie, elle ne put prononcer mot et se contenta de lui offrir une révérence en retour. La seule chose qu'elle craignait était de devoir donner des directives au chef de l'intendance.


-J'accepterais donc volontiers votre invitation, mon seigneur, passez une bonne journée alors, dit-elle au cours de sa révérence. Je vous reverrai ce soir.

Son sourire la fit rougir, puis elle sourit timidement en retour avant de le voir quitter la pièce. Ce ne fut que lorsque ses pas ne se firent plus entendre dans le couleur qu'elle se tourna vers l'intendant.

-Je suis Castielle, et vous êtes, monsieur? demanda-telle.

Ils étaient tout les deux à peu près de la même grandeur, peut-être était-il un ou deux centimètre de plus et il semblait sensiblement jeune. Habituellement, la demi-elfe se serait attendu à voir un homme d'âge plutôt mûr dans le rôle de chef d'intendance, mais elle n'était pas prétentieuse et se souciait peu de l'âge des gens.  

-Vous pouvez m'appeler Tarus, répondit-il simplement. Bon, si vous le voulez bien, je vais vous présentez votre logement.

Castielle l'arrêta dans son élan.

-Je préférerais commencer par l'atelier, si cela est possible, mon maître ne devrait pas tarder à me rejoindre et je souhaiterais que tout soit près à son arrivée, nous devons commencer à travailler le plus tôt possible, vous comprenez?

Il hocha la tête, approuvant de sa décision et puis tout deux se rendirent à la pièce qui lui servirait d'atelier pour les prochains jours. Une fois arrivée, Castielle entreprit immédiatement de déplacer quelques meubles et ouvrir l'unique fenêtre pour aérer la grande pièce. Son maître arriva une heure plus tard et sembla être satisfait de l'état des lieux, ce qui la laisse enjouée pour le reste de la journée.


***

Le soir vint assez rapidement. Elle avait longuement discuté avec Tarus et son maître s'était étrangement lié à la conversation, il avait mit un point d'honneur à parler de sa sécurité et qu'il trouverait un moyen que ruiner la vie du pauvre jeune homme si il arrivait un quelconque malheur à son apprentie. Castielle s'était sentie flatter par autant d'attention qui reflétait une certaine affection paternelle, mais elle lui avait quand même préparer une tisane pour le calmer un peu. Ensuite, la demi-elfe avait une liste de biens personnels qu'elle se devait d'avoir pour le voyage. Évidemment, sa nature modeste avait fait bien en sorte de ne demander que le nécessaire, ce qui semblait avoir impressionné Tarus.

-Vous êtes bien la femme la plus modeste que j'ai rencontré dans ma vie, avait-il dit en parcourant le contenu de sa liste.

Castielle s'était contentée de sourire, prenant son commentaire comme un compliment. Le plus important était tout l'équipement nécessaire pour un herboriste et un apothicaire diligent, puisqu'elle ne pouvait visiblement pas partir avec le matériel de son maître. Elle avait noté avoir besoin d'une autre robe de travail au matériel plus chaud, une robe d'hiver, des couleurs sombres de préférence et sobres ainsi que d'autre vêtements plus intimes. À ce sujet, Tarus lui avait précisé qu'une femme s'occuperait de ses habits afin d'éviter toute gêne, ce qui l'avait rassuré pleinement. Elle sentait qu'elle pouvait faire confiance à ce jeune homme.

Lorsqu'elle eut brossée sa robe et peigner soigneusement sa chevelure, elle jeta un dernier coup d'œil au logement qui lui avait été attribué. La décoration était sobre, bien évidemment, mais dégageait un calme qu'elle appréciait beaucoup. De plus, la porte avait deux verrous, un fait qui la ferait bien dormir cette nuit. Elle natta ensuite de manière méticuleuse ses longs cheveux bruns, laissant sa frange et quelques mèches lui encadrer le visage.


Lorsqu'elle ouvrit la porte, Tarus attendait.

-Je me suis dit que vous ignoriez où sont les quartiers de mon seigneur Oschide, je suis ici pour vous y conduire, mademoiselle.

Un large sourire ourla ses lèvres, en effet, elle n'avait pas pensé à cette information! Il lui offrit son bras poliment et elle l'accepta. Elle se sentit un peu sotte, mais au moins il y avait Tarus pour penser à tout.

-Dites-moi, Tarus, quelle est...la situation de mon seigneur Oschide? demanda-t-elle à voix basse, perplexe à ce sujet depuis la façon dont il l'avait saluer plus tôt.

Et pas que ça, elle avait remarqué sa démarche, militaire, mais particulièrement soignée et la façon dont il s'était adressé à elle à plusieurs reprises.

-Oh, il ne vous a rien dit, il s'agit de mon seigneur Oschide d'Anoszia, une famille noble très prestigieuse!  lui répondit-il simplement comme si cette information avait été évidente depuis le début.

Castielle avala difficilement sa salive. Elle aurait dû s'en douter! Un gentilhomme avec autant de belles manières ne pouvait être qu'un noble, et il ne venait pas que de la basse noblesse! Elle se sentit étourdit jusqu'à ce qu'ils s'arrêtent devant une large porte qu'elle devina mener aux quartiers du capitaine. L'intendant frappa trois forts coups, puis ils attendirent tout les deux une réponse venant de l'intérieur.
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Oschide d'Anoszia
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MessageSujet: Re: La folie et la sagesse des hommes [PV Oschide d'Anoszia ] [TERMINÉ]   Ven 14 Mar 2014 - 0:21


Oschide venait de laisser Castielle aux bons soins de son intendant, Tarus. Sa petite sortie lui avait pris plus de temps qu’escompté et du retard s’était accumulé. Les lettres ne se rempliraient pas toute seule et il lui fallait rejoindre ses appartements dans les plus brefs délais. Néanmoins, alors qu’il gravissait les marches qui l’y menait, une petite pensée de la jeune femme lui vint. Il repensait encore et encore à ces mots, à son histoire. Depuis trop longtemps, il n’avait pu parler à d’autres personnes qu’à des soldats et cette entrevue lui avait véritablement fait le plus grand bien s’était-il dit. Et cela ne s’arrêterait pas puisqu’il devait dîner avec elle le soir même.

Il refit face à la paperasse qui l’attendait et se mit à la besogne. Alors que les rayons du soleil faiblissaient petit à petit, le tas de parchemins restait extraordinairement à la même hauteur. Lui n’était pas fait pour ses formalités, non, ce qu’il aimait, ce n’était rien d’autre que le terrain. Il s’évanouit alors dans ses pensées et se revit sur le champ de bataille lorsqu’il avait vingt-deux ans. Il ressentit la même odeur qui l’avait imprégné à ce moment-là. Le vent sur sa nuque, le picotement, la rage de se battre. Et ses yeux se rouvrirent brusquement sur les lettres. La nuit était presque tombée et l’heure du dîner approchait. Aussitôt, il repensa à la jeune Castielle qui devait le rejoindre incessamment sous peu. Mais avant qu’elle ne soit là, Oschide décida de quitter son armure pour enfiler une tunique plus appropriée. Loin des ruelles sinueuses et des quartiers mal famés, il ne servait plus à rien de se parer d’une telle chose inconfortable. Il opta alors pour une de ses tuniques, aux couleurs de sa maison. Après tout, la jeune femme ne remarquerait surement pas la chose, alors cela ne l’inquiéta pas.


On frappa alors trois fois à la porte et le capitaine comprit que la jeune femme l’attendait. Il partit ouvrir et découvrit une jeune femme bien coiffée et vêtue proprement. Oschide eut un regard ravis en la découvrant ainsi et s’inclina faiblement pour la saluer une nouvelle fois comme il était de coutume lorsqu’un homme s’apprêtait à accompagner une demoiselle.

« Je suis ravis de vous voir, vous me délivrez d’un mal que je ne savais comment interrompre »

Il l’a pris par le bras et entama une marche vers la salle des mess. D’un pas plutôt lent pour ne pas la brusquer, Oschide se dit qu’elle n’était peut-être pas habitué à de tels convenances, alors il relâcha faiblement le bras de la jeune femme tout en commençant à lui parler.

« J’espère que vos appartements sont à vos goûts. Si vous avez besoin de que quoique ce soit, Tarus vous le trouvera j’en suis sûr », dit-il avant de regarder le long couloir froid et sombre qu’ils empruntaient, « Le fort est majestueux d’extérieur, mais absolument inconfortable pour une demoiselle, je le conçois. Cependant, ce ne sera que l’histoire de quelques jours »

Ils arrivèrent alors dans un plus grand couloir ou deux gardes tenaient la position devant une large porte. Cette porte menait à la grande salle des mess et tous les officiers y seraient présents et le capitaine espéra qu’on ne lui reprocherait en rien la présence de cette femme. Après tout, il s’était fait respecté depuis son arrivée car tous le savaient de sang de la haute noblesse sudiste.

« N’ayez crainte, personne ne vous causera d’ennuis ».

La porte s’ouvrit et il pénétra dans la grande salle aux côtés de la jeune femme. La salle était éclairée par des centaines de chandeliers étalés sur les murs et sur les hautes poutres qui trônaient fièrement au plafond. La lumière faisait ressortir les couleurs des vitraux finement travaillé. Il n’y avait rien à dire, cette salle reflétait toute la richesse de la cité royale, contrairement aux quartiers dans lequel il s’était trouvé quelques heures plus tôt. Plusieurs officiers saluèrent le capitaine et celui-ci s’arrêta net devant une petite table posée dans un coin. Il sortit la chaise de la jeune femme et partit retrouver sa place. Une fois assit, il reprit de nouveau la conversation.

« Tous ces hommes que vous voyez ici ne sont pas que des nobles. Il y a des anciens soldats qui ont montés en grade et qui proviennent des bas fond de la péninsule pour certains. L’armée royale laisse une chance à tous ceux qui la servent honorablement »
, dit-il avant de servir du vin sans savoir si la jeune femme en voulait, « Imaginez-vous rester dans cette boutique d’herboristerie toute votre vie, Castielle, ne souhaitez-vous pas voir plus loin ? Ce voyage pourrez vous être d’une grande utilité ».
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MessageSujet: Re: La folie et la sagesse des hommes [PV Oschide d'Anoszia ] [TERMINÉ]   Ven 14 Mar 2014 - 6:56

Castielle entendit vaguement le son de pas derrière la porte. Elle secoua doucement la tête afin de prendre un esprit plus clair. La demi-elfe se sentait plutôt sotte de ne pas s'être renseignée au sujet de la situation du gentilhomme qui lui avait si merveilleusement venu en aide plus tôt dans la journée. Elle aurait comprendre bien plus tôt qu'il n'était pas un gentilhomme aussi ordinaire que les autres. La porte s'ouvrit non pas sur un soldat en armure comme elle se souvenait, mais sur un homme confortablement vêtu d'une tunique dont le tissu semblait d'excellente qualité sans pour autant avoir l'air exagérément luxueux. Ils étaient tout même dans un fort emplit de soldats n'ayant pas le même historique que lui. Une chose la dérangea, toutefois, pourquoi ne lui avait-il pas présenté ses titres dès leur première rencontre? Peut-être avait-il jugé cette information non nécessaire à ce moment-là.

Il s'inclina poliment à nouveau vers elle, ce qui la fit rougir doucement. Connaissant maintenant les origines du capitaine, elle ignorait comment se comporter devant une telle courtoisie qui habituellement aurait été réservée pour une véritable dame. Elle se contenta de lui répondre d'une petite révérence afin de ne pas manquer de bienséance. La timide herboriste ne comprit pas tout à fait ce qu'il voulut dire lorsqu'il s'adressa à elle en premier, mais elle laissa docilement lui prendre le bras.


-Mes appartements ne sont pas vraiment un problème, mon seigneur, j'apprécie beaucoup la sobriété des lieux, je trouve cela fort relaxant, lui répondit-elle avec un sourire gêné tout en cherchant soudainement l'endroit où elle devait placé sa main. Je dois affirmé que Tarus, bien que sa jeunesse m'eut surprise, est fort compétent dans son métier quoique un peu maladroit par moment, mais cela ne me cause aucun soucis.

Il continuait à dire qu'elle était une demoiselle et cela la rendit fort mal à l'aise. Elle n'était peut-être pas une gueuse des rues, mais elle n'était pas une gente demoiselle également. La demi-elfe se permit de le lui rappeler doucement, le joues rosies.

-Oh, mais je n'ai rien d'une demoiselle, mon seigneur.

Pour une raison qu'elle ignorait, elle se sentit à la fois soulagée et déçue lorsqu'il relâcha doucement son bras. Elle semblait encore pouvoir sentir la douceur de sa tunique sous sa main.

Ils arrivèrent finalement devant une grande porte. Deux hommes gardant l'entrée se redressèrent à la vue du capitaine, le saluèrent poliment, puis laissèrent les deux individus passés sans plus de formalités.


-Pour une femme comme moi, mon seigneur, je ne peux qu'être effrayée par la présence d'autant d'hommes autour de moi, murmura-t-elle plus pour elle-même que pour lui, mais peut-être l'avait-il entendu?

Ils pénétrèrent par la suite dans une large pièce dont les poutres du plafond étaient ornées de nombreux chandeliers. La lumière qui se dégageait des chandeliers se reflétait joliment sur des vitraux dont les couleurs étaient éblouissantes. Elle était si prise dans sa contemplation que cela lui prit un moment avoir de s'asseoir après que le capitaine eut tiré sa chaise.

-C'est si joli, dit-elle doucement en prenant sa place tout en étalant sa jupe autour d'elle de manière presque symétrique.

Il prit place non loin de la demi-elfe et elle en profita pour observer discrètement son profil et écouta attentivement ce qu'il avait à dire alors qu'il se mettait à lui servir du vin dans une coupe. Castielle n'avait pas l'habitude de la boisson, parfois elle en prenait au cours de ces dîners en tête à tête avec son maître, celui-ci était un grand amateur de bon vin.

-Il est bien que tous puissent avoir une chance et l'opportunité de s'accomplir et de gravir les échelons de manière équitable, rétorqua-t-elle au noble capitaine tout en prenant avec une certaine grâce sa coupe en main. Elle en huma rapidement l'odeur.

Les mots qu'il déclara par la suite la laissa longuement perplexe. En effet, elle avait toujours eut envie de voyager et de voir un peu du pays, de gagner de l'expérience de vie! L'opportunité s'était présentée et elle l'avait accepté, cependant si elle se voyait passer sa vie dans une boutique d'herboristerie? Oui, elle se voyait ainsi. Servir son maître était bien la seule chose qu'elle faisait bien et puis, celui-ci était veuf et sans enfant. Par loyauté et compassion, elle vieillirait aux côtés de cet homme au caractère froid, mais pourtant au cœur si généreux. La demi-elfe décida d'être franche.

-Je ne sais si je comprend vraiment ce que vous insinuez pas «voir plus loin», débuta-t-elle en lui adressant un petit sourire. Je dois cependant admettre avoir toujours souhaiter voyagé, mais cela n'a toujours été qu'un rêve lointain, mais aujourd'hui, j'ai l'opportunité de le faire réalité, cela grâce à votre générosité et ce que j'imagine...être de la confiance alors que je ne suis qu'une simple femme n'ayant encore que le titre d'apprentie.

Elle trempa brièvement ses lèvres dans le vin, le goûtant par la même occasion. Il n'était point mauvais et elle apprécia surtout ne pas goûter l'arrière-goût habituel de l'alcool.

-Si vous me demandez si je m'imagine dans cette boutique d'herboristerie pour le reste de ma vie alors je répondrai que oui, je l'imagine très bien et m'en réjouis même, car j'y suis heureuse! ajouta-t-elle avec un sourire nostalgique tout en déposant doucement sa coupe sur la table. Je compte être aux côtés de mon maître lorsque celui-ci ne sera plus en mesure de pratiquer. Je deviendrai maître de mon métier et je prendrai certainement un apprentie à mon tour.

Brièvement, elle se souvint d'un autre rêve. Celui où elle mariait un homme bon et intelligent avec qui elle aurait pu avoir une ribambelle d'enfants et ensuite vieillir à ses côtés. Évidemment, elle ne raconta pas cet ancien désir au capitaine. Premièrement, car elle avait abandonné cet idée depuis longtemps et ensuite car il s'agissait d'un sujet fort indécent.

-Vous devez me trouver bien ennuyeuse avec si peu d'ambition et de projets de vie, finit-elle par dire en baissant la tête tout en triturant sa jupe. Je ne désire que la santé et une vie confortable pour mon maître et moi.

Castielle eut une pensée pour Adrian. Cet homme, son maître à qui elle devait absolument tout n'était qu'humain. Son corps, sa voix, son énergie se modifiaient tous avec le temps alors qu'elle son visage avait bien cessé de vieillir depuis longtemps. Adrian allait sans nul doute mourir bien avant elle et elle ignorait si elle pourrait à nouveau se remettre d'une telle perte alors que de son côté, elle poursuivrait sa vie pendant encore une centaine d'année, voir peut-être plus! On ne savait jamais avec le sang qui coulait dans ses veines.

Elle prit à nouveau sa coupe dans sa main, se délecta d'une petite gorgée avant de levée les yeux au-dessus de la coupe avec un petit sourire malicieux.


-Je ne consomme pas du vin régulièrement et je dois admettre que celui-ci est délicieux, dit-elle en osant regarder le capitaine dans les yeux. Un vin de bonne facture, oserais-je dire? Je ne suis pas une grande connaisseuse sur le sujet, malheureusement.

C'est avec un petit sourire en coin qu'elle redéposa sa coupe sur la table. Elle se redressa sur sa chaise et après avoir replacé une mèche de ses cheveux derrière son oreille, la demi-elfe s'adressa à nouveau au noble capitaine.

-J'ai cru comprendre que vous aviez beaucoup de travail, mentionna-t-elle avec les joues rosies. J'espère que vous ne vous épuisez pas trop à la tâche, si c'était le cas, faites-moi signe, je vous concocterais un petit tonique et j'essaierai même de faire disparaître le goût amer si vous le souhaitez! ajouta-t-elle à la fin avec humour.

Voilà qu'elle conversait si naturellement avec un homme si au-dessus d'elle. Était-elle impertinente ou pas? La dernière chose qu'elle aurait osé faire était d'offusquer ce grand homme. Cependant, si elle lui déplaisait d'une quelconque façon, il le lui dirait, non? Un gentilhomme tel que lui était bien mesure de faire cela. Castielle ne savait pas pourquoi il n'avait rien dit de son rang dans la société, mais elle ne lui poserait pas la question. S'il n'avait rien dit, c'est parce ce qu'il avait ces propres raisons et elle se fâcherait pas pour cela.

-Cependant, je suis la première à savoir que la médecine la plus amère est bien la plus efficace et vous êtes loin d'être un petit garçon capricieux, dit-elle avec le sourire avant de prendre une nouvelle petite gorgée de sa coupe de vin.
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Oschide d'Anoszia
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MessageSujet: Re: La folie et la sagesse des hommes [PV Oschide d'Anoszia ] [TERMINÉ]   Ven 14 Mar 2014 - 17:10


Le capitaine se mit à rire sans se préoccuper du regard des officiers qui le regardèrent interrogatifs. Effectivement, il n’avait plus rien d’un jeune garçon et le franc-parler de cette jeune femme l’amusait.  Si seulement, tous, avaient pu être fait de la même sorte. Si seulement tout son entourage pouvait lui dire les choses avec la même honnêteté. Il se laissait de plus en plus séduit par cette demoiselle qui ne voulait pas se faire appeler comme tel, alors il l’appellerait par son prénom, mettant ainsi de côté les protocoles et codes dus à son rang.

Toujours assit à la petite table posée dans un coin, un serviteur vint amener les aliments pour le repas. Oschide finit sa coupe de vin et s’en resservit une. Il fit alors signe à l’homme qui les servait de disposer et prit soin de répondre à la jeune femme.

« Si votre potion pouvait ressembler à ce vin, alors je n’aurais aucun mal à le boire. Même s’il est amer, je le boirais sans rechigner, je vous le jure »
, dit-il pour plaisanter, « Mais si la potion fait le même effet que ce vin, alors je crains de devoir d’ores et déjà oublier mes lettres et autres formalités », finit-il.

Oschide parut alors beaucoup plus décontracté. Après tout, la jeune femme semblait elle-même détendue, alors autant en profiter et oublier quelque peu ses prérogatives.

« Vos ambitions sont ce quelles sont, Castielle. Personne ne peut les trouver ennuyeuses. Grâce à elle, vous savez ce que vous voulez et savez ce que vous ne voulez pas. Pas comme tous ces nobles qui se retrouvent à être influencés toute leur vie…"

Son ton s’était voulu plus amer et ses yeux se perdirent dans le vide.

« En réalité, j’envie votre liberté et vos désirs de venir vous rétablir dans la cité en tenant votre propre boutique. Alors ne sous estimez pas vos ambitions ».

Oschide se saisit d’un morceau de viande qu’il mangea à l’aide de sa dague. Les autres officiers ne paraissaient plus se préoccuper d’eux et Oschide eu l’impression de s’adresser à cette jeune femme comme s’il avait été avec une de ses sœurs. Bien qu’il ne l’ait rencontré que quelques heures plus tôt. Un lien semblait passer entre eux deux, à tel point qu’Oschide fut presque la bêtise de dévoiler sa condition en voulant parler de sa famille. Mais peu importe, s’il faisait en sorte de parler d’eux comme s’ils étaient des gens de conditions moyennes, Castielle n’en verrait rien.

« Vous me faites penser à une de mes jeunes sœur. Je ne saurais dire pourquoi, mais quelque chose en vous me la rappelle », dit-il en s’essuyant la bouche, « Je ne l’ai pas vu depuis un certain temps, et votre présence me ramène un peu d’elle ».

En réalité, ses sœurs lui manquaient. Et peut-être que toutes les jeunes femmes un peu timide aurait pu lui rappeler Lucrécia. Tellement douce et fragile se dit-il. Mais elles étaient loin de lui et son entrevu violent avec son père le jour de son départ l’avait dissuadé d’établir une correspondance avec elle. Sa fierté en avait pris un coup, et le seul moyen de reprendre contact était bien de revenir en ayant accomplis les objectifs qui lui avait ordonné son père. Sachant que Castielle ne voyait pas de qui il parlait, il décida de tenter une brève description de sa jeune sœur.

« Lucrécia est ma dernière sœur. Elle est fragile et douce, mais reste obstiné lorsqu’il s’agit de son avenir, au plus grand désarroi de notre père »
, dit-il en affichant un large sourire.

Le capitaine déposa sa dague sur la table pour indiquer qu’il avait terminé de manger et adressa un regard un peu plus sérieux à la jeune femme.

« Que diriez-vous si Robert vous accompagnez pour notre voyage ? Cela vous ferez-t-il plaisir ? J’aime à imaginer que ce chien pourrait être à vos côtés pour empêcher quiconque souhaiterait vous causer du tort comme ces bandits ce matin. A condition bien sûr qu’il n’ait pas le mal de mer », conclut-il en souriant de nouveau.
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MessageSujet: Re: La folie et la sagesse des hommes [PV Oschide d'Anoszia ] [TERMINÉ]   Ven 14 Mar 2014 - 21:00

Un large sourire ourla les lèvres de la demi-elfe lorsqu'elle entendit le capitaine rire de bon cœur. Quelque chose dans son rire lui réchauffait le cœur et elle avait la forte impression qu'il n'avait pas ri ainsi depuis un moment déjà. De son côté, Castielle se contenta de sourire discrètement, cachant ses lèvres entrouvertes avec le bout de ses doigts. Elle savait que certaines personnes devaient les regarder de manière un peu étrange, mais étonnamment, cela était le cadet de ses soucis pour l'instant. Elle était tombé sous le charme du sourire du capitaine.

Une seconde après, elle se retrouva avec un plat sous ses yeux. C'est un geste gracieux qu'elle attrapa la petite fourchette et sépara habilement la viande et les légumes. Elle observa ensuite le capitaine finir sa coupe de vin pour s'en resservir une seconde tout de suite après. Elle était impressionnée par la facilité avec laquelle les hommes pouvaient consommer de la boisson et la quantité qu'ils pouvaient ingérer sans ciller.


-Ne vous en faites, jamais je ne vous ferais consommer quelque chose pouvant vous apportez un mal de plus, rétorqua-t-elle avec le sourire. Qu'est-ce vos soldats penseraient si je faisais en sorte que leur capitaine ne puisse répondre convenablement à son devoir? ajouta-t-elle ensuite avec humour.

Il mentionna ensuite quelque chose à propos des nobles qui n'étaient pas libre de faire ce qu'ils voulaient. Elle entendit le ton de sa voix devenir plus amer, plus froid et un vide apparaître dans son regard. La demi-elfe elfe se demanda quelles étaient les nombreuses responsabilités qui pesaient sur ses larges épaules. Peut-être un jour, si le destin en décidait ainsi, il se confierait à elle. Le capitaine avoua envier sa liberté, ce qui la fit rougir légèrement.

-Je suis peut-être naïve, mais je crois sincèrement que nous sommes tous libres à notre façon, déclara la demi-elfe d'un voix chaleureuse. Notre vie n'est qu'un long cheminement par lequel de nous devons prendre d'innombrables décisions et de ses décisions en viennent d'autre. La véritable liberté vient de l'âme, de nos pensées et personne ne peut contrôler cela. Par nature, j'oserais dire que nous sommes tous libres.

Elle prit une courte pause avant de poursuivre.

-Beaucoup de personne ne sont pas de mon avis, mais j'ose dire que nous avons toujours le choix. Il faut seulement être près à accepter les conséquences et vivre avec celles-ci sans éprouver de regrets.

Son attachement pour la déesse Néera pouvait clairement se voir dans la philosophie de la demi-elfe, mais elle n'osa pas prononcer son nom, de peur d'ennuyer le capitaine avec sa piété. Celui-ci entama ensuite son morceau de viande avec l'aide d'une dague. Elle piqua ensuite un bout de carotte avec sa fourchette et mena le morceau à ses lèvres. L'herboriste savoura l'aliment pendant que le noble reprenait la parole.

-Votre sœur? répéta-t-elle ne levant les yeux vers lui. J'entend beaucoup d'affection dans le ton de votre voix, vous devez bien l'apprécier, ce qui est tout à votre honneur.

Castielle entama à nouveau son repas. Les légumes étaient particulièrement savoureux et elle était soulagée de voir qu'ils ne traînaient pas dans le jus de la viande juste à côté. La jeune sœur du capitaine semblait du genre à avoir un vif esprit. Quel père n'en n'éprouverait pas du désarroi! Lorsqu'elle eut le ventre plein, elle releva les yeux vers son interlocuteur et rougit sur le regard un peu plus sérieux du noble capitaine. Elle se demanda s'il lui avouerait ses nobles origines par lui-même un jour.

Sa question lui fit chaud au cœur.


-Croyez-vous que cela pourrait être envisageable, mon seigneur? demanda-t-elle avec un grand sourire. Mon maître n'aura nullement besoin d'un chien après mon départ et Robert pourrait me tenir bonne compagnie durant les nuits sombres et trop froides! Et ne vous faites pas de soucis pour la force de son estomac, car s'il peut dévorer les chaussettes de mon maître, ainsi que les miennes sans difficulté, alors un voyage en mer n'est rien pour lui! ajouta-t-elle en laissant aller un petit rire.

Alors qu'elle prenait une nouvelle gorgée de vin, elle remarqua que celle du capitaine était déjà à moitié vide. Elle saisit donc la bouteille délicatement et remplit le reste. Elle était habituée à servir son maître, cela n'était donc pas difficile pour elle de servir un gentilhomme aussi charmant.

-Je dois vous avouez que j'ai bien hâte d'aller en mer, peut-être aurais-je la chance d'apercevoir des mammifères marins de mes propres yeux! s'extasia-t-elle avant de redéposer la bouteille sur la table. Avez-vous eu la chance de croiser de ces créatures au cours de vos voyages que je suppose être nombreux?
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Oschide d'Anoszia
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MessageSujet: Re: La folie et la sagesse des hommes [PV Oschide d'Anoszia ] [TERMINÉ]   Sam 15 Mar 2014 - 13:33

Une certaine confiance s’était instaurée entre lui et elle, s’était-il dit. Il l’avait écouté parler sans sourciller, tentant ainsi de rien laissait s’échapper. Tandis qu’il avait presque vidé sa coupe de vin, la jeune Castielle lui en resservit un d’office. Décidemment, l’alcool lui montait à la tête plus vite qu’il ne l’aurait pensé. La fatigue s’était accumulée depuis quelques semaines, et le vin venait l’en rappeler. Son assiette était vide et seul les yeux de la ravissante Castielle captivait son regard. Elle lui avait demandé s’il avait déjà vu des animaux marins. Bien sûr ! s’était-il dit. La cité de son père, Velmonè, était en bord de mer et lui et ses frères étaient allés régulièrement sur la Mer Olienne.

« Notre père nous emmenaient souvent en mer avec lui, mes frères et moi. J’ai parcouru la mer Olienne et j’ai vu des monstres que vous n’oseriez jamais imaginer, et cela même dans vos rêves », son ton se voulait plaisant.

Il finit alors sa coupe en une gorgée et alors qu’il s’apprêtait à poursuivre la conversation, un garde vint à leur table et coupa brusquement la petite ambiance qui s’était instaurée entre eux deux. Le visage du garde semblait plutôt tendu et le capitaine comprit que se présence était requise autre part.

« Capitaine », le garde salua, « On vous demande dans la salle des gardes, il y a des nouvelles qui viennent d’arriver du nord », dit le garde d’un ton sec.

Le capitaine ne fit qu’hocher la tête en guise de réponse au garde. Son regard se porta de nouveau vers la jeune, il se voulait plus crispé, plus inquiet. Il savait à peu près ce qu’on lui annoncerait. Les réponses à ses demandes étant surement arrivées. Il n’avait aucun mal à savoir que le voyage serait surement avancé. Le capitaine se leva soudainement et se mit au côté de la jeune femme pour lui donner sa main afin qu’elle se relève.

« Je crains de devoir écourter notre dîner, Castielle », dit-il comme pour s’excuser, « Nous venons probablement de recevoir des nouvelles du nord et le voyage risque d’être précipité si les choses s’activent trop là-bas. Je vous raccompagne dans vos appartement si vous me le permettez ».

Voilà qu’il était rattrapé par la guerre et par ses obligations. Son entracte n’avait duré que quelques heures grâce à Castielle, mais étrangement, il s’était senti quelque peu revivre. Le vin devait y jouer également quelque chose, mais il fit mine de ne rien laisser paraître à la jeune femme. Il raccompagna donc la jeune femme et passèrent de nouveaux dans les innombrables couloirs. Un silence pesait, son esprit était à présent dans l’organisation de l’expédition et pourtant son regard vers la jeune femme trahissait ses pensées.

« Ce fut un plaisir de dîner avec vous ce soir. J’espère que vous avez passé un bon moment et que vous ne m’avez pas trouvé trop brusque », dit-il sans réellement avoir besoin d’un retour de la jeune femme.

Ils arrivèrent tous deux à la porte des nouveaux appartements de Castielle et Oschide entreprit de baiser la main de Castielle, comme s’il avait été en présence d’une femme de son rang. Sans savoir si cela irriterait la demoiselle en face de lui, il le fit quand même. La politesse le voulait, le respect aussi.

« Bon courage pour vos travaux. Adressez mes amitiés à votre maître, je vous prie », il sourit, « Un garde viendra vous prévenir si le voyage est avancé. Jusque-là, vous devriez avoir le temps qu’il faut pour remplir vos objectifs…Bonne nuit, Castielle ».
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Castielle
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MessageSujet: Re: La folie et la sagesse des hommes [PV Oschide d'Anoszia ] [TERMINÉ]   Lun 17 Mar 2014 - 7:24

Castielle ne comprenait pas vraiment la façon dont le capitaine la regardait parfois. Elle y voyait un brin de confiance mélangé avec un peu fatigue et peut-être un tantinet d'ivresse était en train de s'emparer de lui. Il était normal pour un homme fatigué ne moins tolérer les effets de la boisson et se laisser emporter par l'enivrement. Elle remarqua quand même une petite lueur espiègle lorsqu'elle lui parla de créatures marines.

-De tels monstres, comme vous le dites si bien, doivent être merveilleux à regarder! dit-elle joyeusement en s'imaginant un tas d'images qu'elle n'avait aperçut que sur de dessins.

Elle eut la vague impression qu'elle allait lui en dire plus, toutefois un garde aux airs plutôt sérieux vint briser la bonne ambiance qui s'était sereinement glisser entre le noble et la simple herboriste. Le ton sec du garde lorsque celui-ci s'adressa au capitaine la fit frémir. C'était le ton de celui déjà prêt à aller faire la guerre. Oschide répondit à son subordonné d'un simple hochement de tête et puis jeta à nouveau son regard Castielle. Celle-ci lui fit un sourire rassurant afin de répondre à l'inquiétude qu'elle détectait dans ses yeux. Elle se leva en même temps que lui et accepta docilement de se faire raccompagner par le capitaine en gardant les yeux rivés vers le sol.

Un silence pesa longtemps alors qu'ils longèrent les nombreux couloirs, mais cela ne dérangea pas la demi-elfe qui trouvait ce calme plutôt apaisant.


« Ce fut un plaisir de dîner avec vous ce soir. J’espère que vous avez passé un bon moment et que vous ne m’avez pas trouvé trop brusque »

Elle secoua doucement la tête et leva ses grands yeux bleus vers le capitaine.

-Comment un gentilhomme tel que vous pourrait se montrer brusque? se contenta-t-elle de répondre avec un sourire un peu gêné. J'ai passé un agréable moment.

Avait-elle le droit de dire ce genre de chose aussi simplement à un homme tel que lui? La noblesse pouvait être terrifiante lorsqu'on s'approchait trop d'elle. Ils arrivèrent finalement devant la porte de ses appartements. Cependant, elle ignorait comment elle devait saluer le capitaine. Pendant qu'elle hésitait en silence, celui-ci se saisit gentiment de sa main et y déposa ses lèvres chaudes. Ne s'attendant pas à une telle galanterie de la part du capitaine, ces jours s'empourprèrent violemment, elle tenta de cacher celle-ci en détournant le regard, mais ses efforts étaient bien futiles surtout alors que le couloirs était si bien éclairés de nombreuses torches.

-J-Je travaillerais diligemment, rétorqua-t-elle vivement alors que son cœur battait plus rapidement qu'à l'habitude.

Elle fit une révérence un peu maladroite dû à sa gêne.

-B-Bonne nuit, Capitaine, dit-elle pour le saluer.

Castielle attendit qu'il soit loin dans le couloir avant d'ouvrir la porte et la refermer immédiatement après avoir pénétré dans son logis. Elle verrouilla rapidement la large porte, puis s'adossa à celle-ci en soupirant bruyamment. La demi-elfe porta le dos de la main que le capitaine avait baisé si poliment près de son visage et la considéra un moment. Elle caressa l'endroit où il avait déposa ses lèvres, puis ses joues s'empourprèrent à nouveau.

Fébrile et rêveuse, elle fit sa toilette de nuit, puis alla se coucher après avoir vérifier que la porte était bel et bien verrouillée correctement. Finalement, elle souffla la dernière bougie, le sommeil ne vint pas avant plusieurs heures.



***


Le lendemain, ayant besoin que de très peu sommeil, Castielle concocta un petit tonique pour le capitaine. Elle demanda à Tarus de livrer la potion avant le réveil du capitaine avec une petite note, sur celle-ci étant écrit élégamment:


«Mélanger trois cuillerées dans une tasse d'eau chaude, à boire comme une boisson chaude au levé une fois par jour. À ne pas consommer en plus grande quantité au risque d'avoir un élan de fatigue.

J'ai essayé de la rendre la moins amère possible, mais vous êtes un grand garçon maintenant, cela ne devrait pas causer de soucis pour un preux capitaine tel que vous.»

-Castielle.


Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: La folie et la sagesse des hommes [PV Oschide d'Anoszia ] [TERMINÉ]   

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