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 L'art de la guerre et son contraire. [Jérôme de Clairessac]

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Alanya de Broissieux
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MessageSujet: L'art de la guerre et son contraire. [Jérôme de Clairessac]   Lun 21 Avr 2014 - 20:47


Alanya de Broissieux, dame de Broissieux, héritière d'Entiane et baronne d'Alonna,
En la présence de Desmond de Broissieux, seigneur régent de Broissieux et baron d'Alonna.

A l'intention de Jérôme de Clairessac, seigneur de Bastylle, d'Hiviène et baron d'Etherna.
Seigneur de Clairessac, nous vous envoyons cette missive afin de vous prévenir de la non soumission de l'Alonna.
En effet, après maintes réflexions, nous pensons qu'il n'est pas judicieux ni pour vous ni pour nous d'imposer quelconque vassalité entre l'Oësgard et l'Alonna.

Nous sommes reconnaissant et touchés pour votre soutien dans la guerre qui a fait rage sur nos terres. Sans votre appui et celui de vos alliés, nous ne pourrions vous envoyer cette lettre. Pour autant, vous avez offert à l'Alonna un second souffle, celui de la liberté que le roi et la reine de Sgarde, par un mariage, avait rompue. Si tel était votre souhait, alors pourquoi mettre une chaine au pieds du peuple du Nord qui a tant souffert?
Déjà du temps de la guerre d'Oësgard, dix années auparavent. L'Alonna a été meurtris par une allégence mal placé en un étranger des terres qui n'a su respecter ses engagements. Comprennez notre retenu.
Nous prêterons allégence à la couronne, car comme vous, elle est notre mère, et notre dévotion pour la Régente et le roi est aussi forte que la votre.Il fut un temps où nos terres ne rendait des comptes qu'à ces derniers. Nous comprenons vos doutes quant à notre accession à la baronnie, mais nous étions là depuis bien longtemps, et ces terres ont bercé des générations de notre famille. Nous nous sommes battus à vos côtés, plus encore, vous nous avez apporter votre soutien. Mais nous n'avons en aucun cas sollicité votre aide, aussi semble-t-il déplacé que l'Alonna est quelconque dettes envers vous.
Vous êtes un grand seigneur de guerre, et votre nom resplendit à travers toute la Peninsule. Il serait fâcheux de le souiller par un acte absurde. Vous comptez prendre la baronnie voisine et nous vous soutenons dans ce fait. Nous serons heureux de partager avec vous une frontière et une amitié sans faille que ce doivent deux compagnons de conquête. Que nos terres soient soudés, il en va de sois. Nous serons là pour vous soutenir lors de moments de besoin dans le Nord. Nous partagerons avec vous une partie de notre force militaire, qui défendra nos frontières bien trop souvent attaqué.
Cependant, vous devez, seigneur, être conscient que mettre en place une vassalité entre nous ne nous mènera qu'à assouvir vos désirs de conquêtes que nous ne remettons pas en cause, mais qui ne concerne en rien l'Alonna.
Notre baronnie a bien trop souffert tant par les alliances politiques que les coups d'épées. Nous voulons offrir à notre peuple une paix durable, sans faille, par laquelle aucune chaine ne relierait les soldats, les maris et les jeunes hommes à une quelconque personne autre que nous, représentant de ce peuple meurtris.

Ne prenez pas ce billet comme une injure à votre aide. Il s'agit de faire de nous des alliés et non des esclaves. Sachez qu'être suzerain ne peut se poser n'importe où. Ilfaut parfois avoir confiance en ses amis.
Aussi, par la présente, nous jurons qu'aucun tord ne sera fait à vous ou à votre terre sous conditions qu'il en sois de même pour la notre.
Aucun acte délibérer de notre part sera intenter envers votre peuple. Vous êtes et serez toujours le bienvenu en Alonna.
Si vous le souhaitez, un mariage entre nos deux familles peut être envisagé. Le frère de la baronne est encore sans contrat, aussi serait-il possible pour vous d'offrir la main de votre soeur Mathilde. Nos destins en serait ainsi scellés.

Que votre triomphe en Oësgard sois retentissant, autant que l'amitié et le respect de nos deux familles.

Desmond de Broissieux et son épouse, Dame Alanya de Broissieux.
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Jérôme de Clairssac
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MessageSujet: Re: L'art de la guerre et son contraire. [Jérôme de Clairessac]   Mar 22 Avr 2014 - 10:38

Jérôme était en train de subir une énième nuit blanche à tout préparer lorsqu'un émissaire se présenta. Il remit un courrier scellé du sceau du nouveau couple de la baronnie. Il l'ouvrit et en parcouru les lignes. Une fois cela fait, il entra dans une colère noire, il froissa le vélin dans sa main et il se leva, allant d'un pas rapide vers la porte. Il allait rassembler son ost et partir à marche forcée sur Alonna pour mettre au pas le nouveau baron. Il franchit la porte, les deux gardes de part et d'autre se mettant au garde à vous puis il stoppa net. Il était fixe et ne bougeait plus, son cerveau ayant eu un sursaut. Les deux soldats se regardaient en coin, se demandant ce qu'ils devaient faire lorsque, aussi soudainement qu'il avait surgit de sa tente, Jérôme tourna les talons et rentra de nouveau dans son antre. Il se souvint de son père qui lui disait qu'il ne devait jamais agir sous l'effet de la colère, que celle-ci était très mauvaise conseillère. Il commença à marcher en rond d'un pas décidé et il passa tout en revu, et quand l'on dit tout, c'est tout. Il commença par monter de multiples plans pour leur montrer ce qu'il en coûtait de le trahir. Surtout qu'il était un seigneur on ne peut plus amical et qu'il l'interférait jamais dans la gestion des terres de ses seigneurs tant que ceux-ci ne montraient aucun signe allant à l'encontre de leurs serments. Sa colère diminuant, il chercha comment revenir sur ce qu'il avait lu, ne croyant pas que c'était possible. Enfin, il se remémorât que lui même s'était parjuré envers Odélian et il faillit se laisser fléchir.

Il repensait à tout cela et il se prit la tête dans les mains tout en continuant de marcher en rond, à se demander s'il ne voulait pas creuser un sillon dans le sol. La nuit était très avancée, l'aube était même naissante, preuve que cette nuit serait encore blanche pour lui. Il finit par s’arrêter et au lieu de se coucher, il se remit derrière le bureau qui le suivait. Il lissa la lettre et la relu encore et encore, puis il prit une plume qu'il trempa dans l'encre. Il débuta en oubliant consciemment le titre qui était maintenant le leur.


Au sire Desmond de Broissieux et la dame Alanya de Broissieux,


J'ai bien reçu le courrier que vous m'avez envoyé et je dois avouer qu'outre ma déception, c'est l'incompréhension qui m'étreint. En effet, je ne comprends pas que le deuxième acte que vous entrepreniez en tant que baron et baronne soit de vous parjurer envers votre premier acte qui était le serment que vous avez prêté à mon encontre ? Vous indiquez que vous ne voulez pas qu'une vassalité vous soit imposée mais pourtant, vous avez bien fait le serment qui vous lie, il est un peu tard pour revenir en arrière. Que penseront les gens d'une personne qui se parjure aussi peu de temps après un serment ? quelle crédibilité aura la parole qui est la votre après cela ?

Vous me remerciez de mon soutien et n'oubliez pas de noter que sans moi, vous ne seriez pas la ou vous l'être mais vous me crachez dessus sans honte. De plus, je ne vous ai pas aidé mais choisis, vous le savez. Se pourrait il donc que j'ai un si mauvais discernement pour avoir mis sur le trône de la baronnie quelqu'un avec aussi peu de gratitude ? Les points de notre accord étaient très clair dès le début et vous étiez les avez tous accepté, comment pouvez vous revenir dessus si peu de temps après que j'ai tenu les parts du marché de mon côté ? Si nous mettons une chaîne au pied, c'est justement parce que le nord à déjà manqué à ses engagements et qu'il n'est plus question que cela se reproduise. La couronne m'a missionné pour ramener Oësgard et Alonna dans son giron et pour me remercier, elle m'a fait comte de Sgardie et offert la suzeraineté sur Alonna. La régente en personne m'a monté au rang de maréchal du nord afin d'assurer ses intérêts dans le nord et j'ai tout son soutien dans entreprise, commencez par faire vos preuves avant de venir me jeter au visage que vous ne voulez pas honorer vos serments. Quand à me parler de la souffrance du peuple, c'est vous qui ramenez l'ombre de la guerre au dessus de leur tête.

Vous dites que vous prêterez serment à la couronne mais quelle crédibilité apporter à votre parole alors que vous venez de la jeter juste avant ? et l'acte absurde, c'est vous qui êtes en train de la commettre.

En grand seigneur, plein de magnanimité, je vous laisse deux jours pour revenir sur votre lettre et honorer votre serment, sinon, il n'y aura pas d'autre alternative que de recommencer ce qui l'a été voila une ennéade.

Je prie les cinq

Jérôme de Clairssac, comte d'Oësgard, baron d'Etherna, seigneur de Bastylle et d'Hiviène




Jérôme scella la lettre de la licorne et il renvoyé le messager l'apporter au couple qui tournait le dos à peine monté sur le trône. Il espérait qu'ils entendraient raison et qu'ils feraient marche arrière. Cette nuit, il ne dormit pas et reconvoqua un nouveau conseil restreint cette fois-ci.
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Alanya de Broissieux
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MessageSujet: Re: L'art de la guerre et son contraire. [Jérôme de Clairessac]   Mar 22 Avr 2014 - 21:21


La tension était palpable. Une journée que la missive avait été envoyé. Même si elle ne contenait rien d'offensant, nous venions de faire un pari risqué. Peut-être bien trop mais telle était le jeu. Le temps n'était pas au demi-mesure. Pour quoi passerions nous, cela m'était égale. Nous n'avions pas encore le luxe d'observer les on-dit de par le monde. Et puis après tout, nous n'étions pas une très grande puissance, pas une très grande menace. Du moins, pour le moment. Je tournais en rond dans la grande salle du chateau, sous les yeux fatigués et inquiet de Desmond. Et lui, que pensait-il? Nous avions eu une éducation parallèle et nous bouchions parfaitement nos lacunes mutuelles. Mon oncle avait en sorte de donner à notre famille un couple dirigeant stable et bien avertit. Toutefois, à l'instar d'autres nobles, l'on nous avait inculquer l'amour de nos terres et de notre peuple. Nous avions avant tout un devoir envers ces gens. Un émissaire entra dans le silence le plus complet. Seul le cri de mon faucon rententit dans cette vaste pièce. Il se posa avec la discrétion propre à sa race près de moi. Je tournais les yeux vers lui tandis que l'homme commença la lecture, après avoir brisé la licorne de cire. Cet animal représentait non seulement notre famille, mais aussi ce que nous devions incarner. Mais comment pouvait-on ressembler à si noble créature?

Les mots s'encrèrent dans mon esprit et je repris ma frénétique marche. Je réfléchissais à ce qu'il venait de dire. Il semblait clair que notre missive ne l'avait point ravi, mais cela, nous nous en doutions. Est-ce qu'il avait raison quant à la menace que nous faisions planer sur l'Alonna? Oui. Sans aucun doute, oui. Il était puissant, une armée à porter de main. Certes, nou sn'étions pas démunis d'hommes d'armes mais cela ne suffirait pas. Si nous devions en arriver à la bataille, nous tiendrions deux jours, peut être trois au plus. Nous n'avions pas d'allié, pas encore de lien, mis à part les petits noblieaux de nos contrées. Rien de bien décisif. Nous ne pouvions compter que sur l'apaisement du Stra. Que sur la chance infime qu'il entende raison. ".. Militairement, nous ne faisons le poids". La voix de Desmond trancha mes pensées nettes. "Certes, pourtantnous ne pouvons reculer, vous le savez. Pensez comme votre père vous l'a appris mon seigneur. Nous n'avons pas fait cela en vain". Ses yeux gris transpercèrent les miens. Je savais que j'avais visé jsute. L'ambiance était électrique, et pour cause. On venait de nous menacer. Ce n'était pas pour nous que nous tremblions, mais pour tout ce qui nous entourait. Les gens comme leur biens. Ces terres étaient nos terres et nul n'avez le droit de meurtrir plus encore la baronnie du Nord. Je fronçais les sourcils. "Je me rendrais au campement". Les quelques personnes ayant suivis la scène s'arretèrent. Certes, c'était de la folie. Mais une folie calculée. Que pourrait-il me faire qui ne le mette en fâcheuse posture? Cette percepective ne m'enchantait pas, pourtant je m'en sentais obligé. "Tu as perdu l'esprit". "Ce n'est pas à vous de décidez de cela, seigneur. Vous êtes trop important, vous ne pouvez prendre le moindre risque. Quant à moi, je manie mieux la langue que vous". Des rires s'étouffèrent. "En allant le rejoindre, je vais aussi parler à ses alliés, ceux avec qui vous vous êtes battus mon seigneur. Je leur dirais le même discours qu'à leur meneur, qu'à celui qui souhaite être notre suzerain". Je restais d'un calme impassible. Je savais que mon mari pouvait d'un simple clignement d'oeil me consigner à mes appartements sans que je ne puisse rien redire. Pourtant le ferait-il? "Mon seigneur, vous m'avez fait confiance par le passer, à Broissieux. Ces hommes sont aussi humain que vous et moi. Ils ont encore une bataille à mener. La guerre épuise les esprits. Les guerres de conquêtes usent bien plus que tout autre chose. Je doute qu'ils veulent en découdre avec l'Alonna si une proposition politique décente leur ai offert. Laissez moi parler en votre nom. Laissez moi porter la douceur de nos paroles et montrer que le Faucon n'est pas du genre à laisser pour compte ce qui lui tient à coeur". J'avais pris une voix douce. Les servantes nous regardaient. Plus rien en cet instant avait l'air réel, si ce n'est les yeux de l'homme que j'avais épouser sur moi. Son verdict serait le déclencheur suprême. S'il acceptait, le délai serait annhiler et alors, il lui faudrait avoir foi.

"Qu'il en soit ainsi. Vous parlerez en mon nom de ce que nous avions décidé. Je ne suis pas seule à regner, ma Dame. Vous avez été depuis longtemps un soutien intelligent et infaillible. Je compte sur vous pour ne pas trahir la confiance que je vous porte". Il inclina la tête. Je respirais à nouveau et tout le monde retournait à ses activités. Nous n'étions pas en position de force, bien au contraire. Mais nous avions plu à gagner qu'à perdre. Le peuple d'Alonna pourrait retrouver sa splendeur d'antan, celle que le nord à perdu voilà bien longtemps. D'un pas lent, après un salut formel, je m'en allais à mes appartements. Il me fallait être aussi impeccable que possible. Aussi resplendissante qu'un matin froid d'hiver en Alonna. Je ne mis pas longtemps à me décider. Il me fallait représenter l'autorité du baron, son intelligence militaire et sa diplomatie. J'enfilais un pantalon de monte écru. Je scindais ma taille d'une ceinture sobre, finement tissé. Sur ma poitrine, je déposer une tunique bleu nuit où était brodé sur la manche, un faucon d'or. Je terminais de me vêtir quand une broche attira mon attention. Une colombe d'or, d'une orfèvrerie rare. Je souriais en pensant à la lettre reçue un peu plus tôt de Dame Méliane, accrochant avec précaution le bijoux offert. Peut être me porterait-elle chance. Enfilant un manteau, je sortais du castel sans d'autres formalités.
Il était la fin de l'après-midi lorsque je mis pied dans le campement. Des hommes en armures, des armes et des tentes voilà le paysage qui s'offrait à mes yeux. De la testostérone en barre. Des hommes avides de guerre, d'autres simplement d'une quelconque gloire. J'interpellais un soldat passant devant moi. "Toi! Va dire à ton seigneur que la baronne d'Alonna vient le rencontrer". Il écarquilla les yeux. Combien de temps n'avait-il pas vu de femme? Ou bien était-ce à cause de l'endroit dans lequel il devrait me recevoir. Je n'en savais trop rien mais mon ton avait été ferme. "Maintenant soldat". Il déguerpit au pas de charge, et j'attendais patiemment que l'on vienne me trouver. Je détestais la guerre, et me voilà plongée dans son coeur.

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Oschide d'Anoszia
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MessageSujet: Re: L'art de la guerre et son contraire. [Jérôme de Clairessac]   Mar 22 Avr 2014 - 22:47


Les nouvelles n'étaient pas ce qu'on pouvait appeler de "bonnes". Un conseil restreint avait été ordonné à la hâte la veille par le maréchal du Nord. S'y était retrouvé le comte d'Arétria, Guillaume de Clairssac, son oncle et lui même. Le maréchal lui avait alors parut assez tendu et énervé et il comprit aussitôt la tension qui régnait lorsqu'il leur fit un résumé de la lettre que la nouvelle baronne d'Alonna lui avait écrit. Tout d'abord, abasourdi par cette nouvelle, Oschide ne comprit pas comment la baronne avait pu faire ça. Et cela, surtout en présence du baron avec qui ils avaient tous combattus sur le champ de bataille pour le mettre à l'endroit ou il était à présent. Le capitaine de l'armée royale s'imagina sans mal que De Clairssac aurait surement préféré de la reconnaissance plutôt qu'une rupture de vassalité si soudaine.

Dès le lendemain, une tension régnait sur le campement. Dans tous les camps, les hommes avaient reçus l'ordre de faire leur paquetage et ramballer leurs tentes. Seulement, dans quelle direction ? cela, ils n'en savaient encore rien. Il passa alors toute la matinée à beugler ses ordres et à s'entretenir avec ses officiers en second tel que Ditmar et Luderik en qui il avait confiance. La situation ne l'enchanta aucunement, il aurait préféré se préparer pour aller vers Oesgard, pas de se faire retarder un peu plus. Quoiqu'il en soit, il essaierait de régler le conflit par les mots plutôt que par les armes. Si le maréchal du nord venait à vouloir marcher sur Alonna une fois de plus, les hommes d'Ydril ne combattraient surement pas, sauf sur accord de son père. Quant à lui, il ne ferait qu'attendre les ordres de la couronne. Ce litige devrait donc se régler sans plus tarder avec de la diplomatie et même si elle devait être forcée, au moins n'aboutirait-elle pas dans le sang et les larmes.

Un de ses hommes vint le trouver dans sa tente de commandement alors qu'il annonçait la situation à ses officiers.

- Capitaine !  La baronne d'Alonna est au campement, elle demande à vous voir ?

Oschide parut médusé. Pourquoi venait-elle le voir lui et pas directement De Clairssac ? Au moins, peut être qu'en la voyant, il parviendrait à échanger quelques mots et au meilleur des cas, lui faire changer d'avis.

- Menez moi à elle !, il se tourna alors vers ses officiers, faites prévenir mon oncle, le comte d'Arétria et le maréchal que la baronne est au camp. La réunion se déroulera ici !

Sans trop s'attarder, Oschide suivit l'homme sans gardes personnels. Il ne voulait pas paraître trop brusque avec elle. Il l'a vit alors accompagné de deux hommes d'armes d'Alonna et fit une brève révérance avant faire ses salutations comme un homme de son statut l'aurait fait.

- Votre honneur, dit-il par courtoisie, nous n'attendions pas votre venue ici à une heure si tardive. Le campement est en émoi et s'apprête à partir, je regrette que ce terrain ne soit pas à la convenance d'une dame de votre convenance, néanmoins, laissez moi vous inviter à rejoindre ma tente de commandement si vous le souhaitez, nous y seront bien mieux pour parler, finit-il avec un petit sourire.

Il avait fait en sorte de ne pas dire qu'il avait pris connaissance de la lettre, même s'il se doutait bien qu'elle le savait. Bien évidemment, ils étaient les principaux officiers du maréchal. Cela ne faisait aucun doute sur la chose. Il l'invita à le suivre pour reprendre la direction de sa tente qui ne se trouvait qu'à quelques pas de là. Sur le chemin, pour éviter qu'un blanc ne régne trop, Oschide se souvint des mots de son père sur la lettre qu'il lui avait envoyé. il n'avait jusque là pas eu encore le temps de les dire et en profita donc.

- J'aurais aimé vous le dire un peu plus tôt, mais mon père, le régent d'Ydril, vous adresse ses hommages pour votre accession et vous propose de venir goûter à la chaleur et aux fastes en Ydril lorsque les temps seront plus calmes. Mais les temps calmes, il ne les voyait malheureusement pas encore.

Ils arrivèrent à la tente ou se trouvait déjà son oncle Ansaldo qui salura la baronne aussitôt en faisant une révérance et en lui adressant ses hommages à son tour. Puis Oschide offrit une chaise à son invité pour qu'elle se sente le mieux possible. Un petit brasier à l'intérieur permettait d'être suffisament à son aise et les quelques meubles posés ici et là rendait l'intérieur de la tente, presque douillé. Tout en s'asseyant et en regardant la baronne dans les yeux, Oschide ne put s'empêcher d'aborder le sujet.

- Sachez que je n'ai nullement l'intention de vous causer un guet-apens, mais j'ai fait convoquer le maréchal pour que nous puissions avoir une conversation. Le comte d'Arétria devrait arriver également, mais comprenez aussi que je représente la couronne royale et que je ne servirais que d'entremetteur. Ne voyez donc pas en moi un ennemi, ce serait une erreur ma dame. conclut-il avec le respect qui sied à une dame.
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Wenceslas de Karlsburg
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MessageSujet: Re: L'art de la guerre et son contraire. [Jérôme de Clairessac]   Ven 25 Avr 2014 - 14:35


C'était l'effervescence au camp militaire du maréchal du nord et de ses alliés. Les troupes étaient sur le départ; leur objectif à Alonna était atteint, et on s'attendait maintenant à de longues ennéades de reconquête en Oësgard, laissant la région aux mains de son nouveau baron et de sa nouvelle baronne.
C'était, du moins, ce que tout le monde croyait.

Le parjure du baron d'Alonna et de son épouse avait surprit tout le monde. C'était d'autant plus inattendu qu'ils avaient révélé leurs intentions avant même que l'ost du maréchal ne quitte Alonna et leur laisse les coudées franches pour agir à leur guise. En ce sens, on pouvait croire que les Broissieux avaient voulu montrer qu'ils étaient de bonne foi, et ne cherchaient pas à piéger leur ancien-nouveau suzerain. Mais un parjure reste un parjure. Ils ont prêté serment.
Lorsqu'il avait apprit la nouvelle, Wenceslas avait dû réprimer un sourire narquois. Toujours méfiant à l'égard du maréchal du nord et de ses intentions une fois que la guerre serait achevée, il ne pouvait que se réjouir de voir celui-ci subir un imprévu. Après tout, Wenceslas n'avait aucun intérêt à ce que Clairssac ait un ascendant sur l'Alonna : tout ce qui lui importait, c'était que la région fut ralliée à la couronne de Diantra. Ce retrait de serment venait stopper la montée de l'influence de Clairssac dans le nord, une influence que Wenceslas commençait petit à petit à redouter, craignant de se retrouver lui-même en position de faiblesse par la suite.

Seulement, voilà, les Broissieux avaient prêté serment, avant de se rétracter. Ils avaient juré fidélité, et revenaient dessus au bout de quelques jours à peine. Ils manquaient à leur parole, et commettaient un parjure; Wenceslas ne pouvait plus prendre leur parti. Il n'avait certes aucune obligation envers Jérôme de Clairssac, mais le droit l'empêchait de soutenir le couple alonnais. Si aucun serment n'avait été prêté préalablement, peut-être aurais-je pu les convaincre de prêter seulement un serment à la couronne...
C'est en raison de ce coup du sort qu'il était resté bien silencieux durant le conseil restreint qui avait suivi l'annonce du parjure. Il avait, dans un premier temps, choisi de ne pas s'en mêler. Mais si les choses venaient à s'envenimer, il lui faudrait bien intervenir. Car cet imprévu ralentissait leur entreprise, et le temps passait vite. Suivant le déroulement des choses, toute leur campagne en Oësgard risquait d'être compromise, car ils ne pourraient quitter Alonna avant d'avoir résolu le problème.
Et l'ennemi, lui, savait bien ce qui se tramait. Les seigneurs sgardiens ne pouvaient ignorer la présence de l'ost aux bannières royales en Alonna, un ost qui ne tarderait pas à les menacer eux-mêmes. Plus on attendait, et plus l'ennemi avait le temps de préparer sa défense.

- Votre Grandeur, le capitaine Oschide d'Anoszia vous demande dans sa tente, dit un jeune homme en livrée royale, tirant Wenceslas de ses pensées. La baronne Alanya de Broissieux vient d'arriver au campement.

On était en fin d'après-midi. Dans la grande tente qu'il occupait au milieu du campement arétan, Wenceslas terminait une discussion avec son oncle Alwin, le fils de ce dernier Bertrand, Roderik de Wenden et quelques chevaliers fieffés qui avaient voix au chapitre. Apprenant la venue de la baronne, Wenceslas haussa les sourcils, un peu surpris. La dame a de l'audace, songea-t-il. Il prit congé des siens et se dirigea vers la partie du camp où se trouvait l'ost royal, cherchant la tente du capitaine.

Lorsqu'il entra, il trouva Oschide et son oncle Ansaldo, en compagnie de la baronne d'Alonna, assis auprès d'un brasier.

Wenceslas n'avait pas encore eu l'occasion de discuter avec Alanya de Broissieux. Ils n'avaient jusqu'alors échangé que des mondanités, au moment où elle avait prit sa charge, avec son époux. Il s'étonna, d'ailleurs, du silence gardé par Desmond de Broissieux depuis le début du scandale. On ne l'avait pas vu, et quoiqu'il ait lui aussi signé la lettre par-laquelle le couple revenait sur son serment, Wenceslas se demandait maintenant si ce n'était pas cette dame, le véritable cerveau de ce coup de théâtre. Une intrigante, s'il en est, songea-t-il en la jaugeant du regard. Derrière des yeux bleus nuit et un doux visage, Wenceslas la trouvait aussi froide et impassible qu'une statue de pierre. Il en ressentit un léger malaise, mais n'en montra rien.

- Madame, dit-il sobrement en s'avançant vers elle. Capitaine, ajouta-t-il à l'adresse d'Oschide. Messire, à l'égard d'Ansaldo.

Le maréchal du nord n'était pas encore arrivé. On pouvait s'attendre à ce que les choses s'enveniment à son arrivée; Wenceslas avait toujours connu Jérome de Clairssac très calme, digne et maître de lui-même en public. Mais lors du conseil restreint qui avait précédé, il l'avait trouvé plutôt remonté, en même temps que fatigué par le manque de sommeil. Aussi tenta-t-il, sans se faire trop d'illusions, de tenter de raisonner  la dame tant qu'ils étaient encore entre eux.

- Madame, je vous tenais, vous et votre mari, en grande estime. Je voyais en vous les nouveaux maîtres de l'Alonna, baron et baronne unis main dans la main pour redresser ce pays et rétablir la paix. Mais... vous avez commis une grave erreur, Madame, et vous devez la réparer tant qu'il en est encore temps; c'est folie, ce que vous avez fait.

Son regard passa un instant sur Oschide et Ansaldo, alors qu'un court silence accueillait ces paroles.

- Je ne suis pas ici pour représenter les intérêts de Jérôme de Clairssac, ajouta-t-il. Mais je m'inquiète de l'avenir du nord, et vous avez aujourd'hui une décision importante à prendre, dont dépendent bien des choses. Je veux, Madame de Broissieux, vous offrir mon amitié, à vous et votre époux. Revenez sur cette folie, Madame, et vous serez assurée de mon soutien.

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Alanya de Broissieux
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MessageSujet: Re: L'art de la guerre et son contraire. [Jérôme de Clairessac]   Sam 26 Avr 2014 - 13:28


C'était l'effervescence. Tout les hommes d'armes étaient ou semblaient occupés par le démontage du camps. Ils partaient en guerre. Mais contre quelle contrée? Qu'est-ce que Jérôme, grand conquérant, voulait le plus? Ces hommes étaient exténués. La fatigue se lisait dans leurs yeux. Ils semblaient à bout de nerfs. Comment peut-on envoyer ces gens se battre contre d'autres n'ayant pas subit des assaults depuis bien longtemps? Les bras soulevaient, les corps se baissaient et tous marchaient de manière à obtenir un chaos ordonné. Je voyais des bannières flotter de ça et là. Des bannières que je n'avais jamais vu, d'autres qui m'étaient connus grâce à mon instruction en géopolitique. Une petite brise soufflait, de sorte que le froid du Nord face régnait sa torpeur. Les toiles claquaient doucement, entre le vacarme des bavardages et du démontage. Je me surprenais à observer lascivement ce bout de terre ravagé par la guerre. Mes yeux se levèrent vers le ciel de printemps. Qu'il était bon d'être chez soi et pourtant, en ce lieu, je me sentais étrangère. J'avais peur, mais au dessus de la peur, il y avait ma conviction. Je croyais en l'Alonna, en la splendeur perdu du Nord. Offrir son allégence avait été une erreur immense. Pourquoi se contenter du bronze quand on peut obtenir l'or? Être présent pour son voisin, être à l'écoute de l'autre semblait pour moi une chose évidente. Alors pourquoi fallait-il que l'Alonna se plie en quatre pour un seigneur étranger, qui polissait son armure grâce aux bonnes grâces de la Régente et de sa renommé militaire. Cet homme là n'avait jamais vécu ici, et il ne connaissait rien de la vie ici bas. S'il voualit l'Oësgard, et bien qu'il la prenne, sans toutefois entrainer dans sa gourmandise le pays de mon enfance.

Un homme arriva d'un pas pressé, sans pour autant être précipité. Il marchait droit, et était accompagné du soldat que j'avais précédemment interpellé. Il arriva à ma hauteur et je pus admirer sa beauté sans pour autant montrer une quelconque expression sur mon visage. A partir de maintenant, les vraies actions se jouaient. Et je n'avais vraiment pas le droit à l'erreur. Il n'était pas vieux et son allure m'assura que j'avais devant mes yeux -à mon plus grand ravissement par ailleurs- le Capitaine Anoszia. Il formula de brève politesse, et m'indiqua un endroit plus approprié pour une quelconque conversation. J'étais d'ailleurs plutôt heureuse que ce ne sois pas Jérôme lui-même qui sois venu à ma rencontre. La colère est bien le pire des péchés. Et dans celle-ci il avait certainement mis au courant tout ses conseillers de guerre. C'est pour cela que le capitaine semblait assez surpris et pour autant inquiet de me voir e ces lieux. "N'ayez crainte Capitaine, je ne suis pas ici pour festoyer, comme vous vous doutez. Il est certes mieux pour une quelconque discussion un endroit plus privatif". Ma voix était calme, sans intonation particulière. Ne rien laisser transparaitre était le mot d'ordre. Nous prenions la route pour la tente de commandement. A cet instant précis, tout autour de moi n'était que silence et je pouvais profiter de chaque soubressaut de mon palpitant. Le capitaine d'Anoszia tenta de meubler ce silence, si pesant. Je souris brèvement en le remerciant.Il semblait tellement bon vivre dans le sud et son père avait une réputation qui parvenait bien au delà de Diantra. Cet homme était aussi intriguant qu'il avait l'air dangereux, aussi, il serait approprié que j'aille lui rendre une quelconque visite si je gardais ma tête. Lorsque nous arrivions à la tente, il m'installa près d'un petit feu qui crépitait joyeusement. C'était une tente plutôt douillette, qui nous ferait presque oublier la guerre tout autour. Il m'avertit avec sagesse et prudence de la situation.
"Oschide d'Anoszia, Capitaine de Diantra et fils du non moins célèbre Arichis d'Anoszia. Est-ce les douceurs du sud qui vous rende si aimable avec une femme venue pour espérer ne pas mourir jeune, ou bien est-ce parce que votre père vous as enseigner d'agir ainsi?" Je ne lui laissais pas le loisir de répliquer à ma taquinerie que j'avais dit avec amusement. ""Vous avez bien fait cela dit. Je voudrais m'adresser à ceux qui dirigent actuellement ces troupes, tout autour de moi. Et il n'est pas du ressort d'un seul homme ou d'une seule femme de choisir le devenir d'une terre toute entière. Pas plus qu'il est du votre de vous placer dans une des parties. Votre loyauté s'en va à la couronne et vous n'êtes, en cela, l'ennemi de personne". Je lui esquissais un sourire franc cette fois-ci, ne m'asseyant pas sur la chaise qu'il m'avait tendu. Je me sentais assez en position d'inferiorité pour me forcer à en prendre la posture. Un petit temps passa quand entra son oncle, qui nous salua poliement. Il avait l'air tout aussi étonné que le capitaine quelques minutes auparavent. Mon arrivée était donc pris pour une audace ou une mission suicide?

Le bruissement particulier de l'entrée de la tente se fit entendre encore une fois. Je retenais ma respiration. Une chance sur deux qu'il s'agisse de Clairessac. La tension redescendait tandis qu'apparaissait le comte d'Aritria. C'était un homme plutôt petit, mince et très sobre. Mais ce n'est pas la chose qui marquait le plus dans l'homme à l'Aigle: c'était la fabuleuse aura, aussi sombre que ses cheveux. Il ne semblait pas mauvais, il ne semblait pas dangereux et pourtant son entrée imposer un respectueux silence. Je restais stoïque tandis qu'il pris la peine de tous nous saluer. Il ne restait plus qu'un protagoniste et l'avenir de l'Alonna se jouerait une nouvelle fois. Je respirais calmement. Toute crainte m'avait fuit, j'étais des plus déterminé à obtenir gain de cause. Tous me regardaient en parjure. Etait-ce vrai, était-ce une erreur d'appréciation, je ne pouvais le dire. Seulement, il me fallait faire en sorte qu'ils me voient comme une dame à conviction et non comme une femme préjudiciable. Ils semblaient loyaux au baron d'Etherna, mais pourtant, je pouvais deceler dans chacun de ces hommes une part de doute. La fatigue aidant surement. Qui serait le premier à essayer de me dissuader? Ce fut le Comte d'Aritria qui, contre tout mes pronostics s'engagea dans une conversation bien menée. Il fit une pause dans son discours, passant ses yeux gris sur le capitaine et son oncle, à tour de rôle, dans un mutisme religieux. "Mon seigneur, je ne suis pas ici pour revenir sur la décision de mon mari et de moi même. Ce geste vous parait folie, mais en est-il ainsi?". Je posais ma question avec un calme désarmant, lui laissant un peu de temps pour réfléchir. "On ne siège pas dans un château pour le plaisir et le faste: on y siège pour le bien de nos terres. L'Alonna a beaucoup souffert, et c'est une terre qui mérite mieux qu'une vassalité avec un seigneur de guerre. Qu'adviendra-t-il lorsqu'un conflit se déclarera dans le sud, si seigneur de Clairessac veut en être? On ne peut décider de l'avenir d'une patrie aussi indépendante que les terres du Nord". Je posais une nouvelle fois mon discours avant de plonger mes yeux dans les siens. Aucune expression n'apparaissait sur mon visage et je maintenais ce contact. "Votre amitié, Seigneur d'Aritria me serait cher. Mais n'est-il pas d'usage que ce genre de respect ne sois obtenu par une mise en garde, un espèce de chantage? Si vous souhaitez être notre ami alors ni nos décisions ni nos parties pris ne devrait entrer en compte". Je lui offrais un sourire carnassier, rompant le contact visuel. Il n'était pas méchant, et je ne l'étais pas non plus. Ce que je venais de dire n'était en rien une menace ou un quelconque défiance, simplement la vérité. Je tournais la tête vers tout les membres de la tente: "Je sais ce que vous pensez, tous. Je ne suis pour vous qu'une parjure, rompant mon serment quelques jours après l'avoir fait. Mais qui était au courant des dégats causé par la guerre? Qui savait exactement le nombre de maisons, de champs, d'atelier, de château détruit ou endommagé? Qui savait que les semence de la prochaine année avait été à moitié perdu? Personne. La guerre a causé une plaie béante en Alonna, plaie que mon mari et moi tentons de refermer. Et parfois, un choix s'impose à nous sans forcément le souhaiter. Il est, messieurs, de votre ressort de juger". Je regardais le capitaine Anoszia, sans lacher mon sourire. "Il est du mien de veiller sur tout les habitants de ces lieux. Et même sur vous qui êtes établis sur un terrain Alonnais". Je me stoppais, attendant quelques réaction. Je n'étais pas leur ennemi, je n'étais même pas l'ombre d'une menace. Il fallait simplement que je leur parle avec justesse, sans détour. Le Karam et le Stra restaient dans un bien maigre équilibre autour de moi....
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Oschide d'Anoszia
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MessageSujet: Re: L'art de la guerre et son contraire. [Jérôme de Clairessac]   Sam 26 Avr 2014 - 16:14


Il ne manquait plus que le maréchal du nord. Cela voulait donc dire qu’ils leur resteraient encore un peu de temps pour tenter de faire revenir la baronne sur ses paroles, ainsi que sur celles de son époux. Lorsque la baronne l’avait complimenté sur sa politesse, Oschide ne sut pas vraiment comment prendre la remarque. Au moins put il se rassurer au moment où la jeune femme approuva qu’il appartenait à la couronne et qu’il ne pourrait prendre parti pour aucun des deux même si tout donnait raison au maréchal.

Le comte de Karlsburg arriva aussitôt dans la tente et lui fit un bref salut auquel il répondit par un simple hochement de tête. A chaque fois qu’il le voyait, il avait le sentiment qu’un vent glacial l’accompagnait. Le comte n’était pas un homme drôle et le serait encore moins en cet instant précis. Ces appréhensions se trouvèrent être juste puisque Karlsburg rentra directement dans le vif du sujet et ne mâcha pas ses mots à l’encontre de la baronne. Au final, c’était peut-être là le meilleur moyen pour faire prendre conscience à la jeune femme. Mais celle-ci ne sembla pas être impressionné par les mots du comte et répondit par un plaidoyer qui aurait pu être convaincant malgré une certaine naïveté qui semblait planer. Effectivement, certains points étaient plutôt vrais et Oschide en approuvait bons nombres. Seulement, cela ne changeait rien au fait qu’elle et son époux étaient devenus des parjures au moment même où ils avaient envoyés leur lettre. Et s’ils ne revenaient pas sur leur décision, un grand malheur s’abattrait de nouveau sur Alonna et Oschide ne le voulait pas.  

-Ma dame, votre bienveillance à l’égard de vos terres et de vos sujets sont tout à votre honneur, nous ne pouvons vous en blâmer vous et votre époux. Seulement, comprenez bien la situation dans laquelle vous êtes actuellement. Car pour vous, il ne s’agit plus de voir dans l’avenir, mais surtout de voir dans le présent. Votre parjure peut encore être effacé si vous revenez sur cette décision et vous éviterez ainsi un conflit qui ne ferait que détruire un peu plus ces terres qui vous sont si chères.

Il la regarda bien dans les yeux pour qu’elle comprenne qu’elle comprenne qu’il souhaitait véritablement trouver un arrangement et désamorcer la crise.

-Le maréchal a œuvré pour ramener la paix dans le nord. Cela est son souhait le plus cher, ce pourquoi il a commencé par Alonna en espérant faire monter des vassaux qui auraient la même vision que lui. Il espéra que la baronne aurait compris là où il voulait en venir. Ma dame, le maréchal est un homme puissant qui a le soutien de la couronne et d’un grand nombre de seigneurs dont le comte d’Arétria ici présent. Je suis navré de vous le dire, mais vous ne disposez pas de la force nécessaire pour vous passer de lui et diriger seul et j’espère que vous comprendrez à quel point il serait dommageable pour tous les partis de voir le nord s’embraser une fois de plus alors que le feu est sur le point de s’éteindre

Il savait que le maréchal ne tarderait pas à faire son apparition, ainsi souhaitait-il faire prendre conscience à la baronne que son combat était peine perdue si elle ne renoncait pas à la rupture de vassalité. Oschide pria les dieux pour qu'elle ne commette pas une nouvelle fois cette erreur.
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MessageSujet: Re: L'art de la guerre et son contraire. [Jérôme de Clairessac]   Sam 26 Avr 2014 - 18:26

Le tact diplomatique du comte d'Arétria n'avait pas fait mouche. Et il était à craindre que l'amabilité et la compréhension teintées de rappel à l'ordre du capitaine Oschide n'y changerait rien non plus. La dame de Broissieux persistait à croire sa démarche bien fondée. Continuera-t-elle de se croire dans son bon droit, lorsqu'elle aura été dépossédée de toutes ses terres, et même de sa tête ? songea amèrement le comte.

Il s'avança d'un pas, plantant son regard dans celui de la baronne, d'une démarche qui ne se voulait pas menaçante, mais ferme et sans appel.

- Je maintiens, madame, que votre geste est une folie. Vous avez dit ne pas vouloir siéger dans un château pour le plaisir et le faste, mais pour le bien de vos terres et de vos gens. Et en cela, vous avez raison. Mais vous n'arrangez en rien les maux de cette terre en vous rendant coupable de parjure, vous et votre époux. Qu'importent vos motifs, désormais; fussent-ils animés de bons sentiments, vous ne pouviez pas revenir sur votre serment.

Il détourna son regard d'elle puis se mit à faire les cent pas dans la tente, tout en poursuivant son plaidoyer, comme s'il récitait une leçon apprise par cœur sans se soucier vraiment de son auditoire. En fait, c'était à moitié vrai : il avait déjà commencé, depuis le précédent conseil, à réfléchir à quelle position il devrait adopter, quel ton employer face à Desmond et Alanya de Broissieux. Il ne faisait que ressortir un discours qui s'était formé petit à petit dans sa tête.

- Avant de devenir comte d'Arétria, j'étais moi-même un simple petit seigneur de la malelande, dans un pays ravagé par l'anarchie. Le précédent comte avait commis la folie de se retourner contre sa suzeraine. Il a payé. Et nous aussi. Car le comté est resté longtemps sans maître, et est devenu le terrain de jeu des seigneurs ambitieux, luttant entre eux pour leurs intérêts propres, indifférents au nombre de villes brûlées, de promesses rompues et de tous les crimes qui pouvaient découler de leurs actes.

Il s'arrêta brusquement.

- Je suis devenu comte parce que j'ai ramené l'ordre, madame. Et je m'efforce d'être un bon suzerain. Mais pour mon pays, il aurait été préférable que rien de tout cela n'arrive. Bien des vies, et bien du temps, aurait été épargné à tous.

Il omit de dire que sans la trahison d'Anseric de la Rochepont, ancien comte d'Arétria, lui-même serait toujours un petit seigneur obscur et méconnu de la malelande.

- J'ai agi pour le bien de mes terres, et j'ai moi-même prêté serment. Certains de mes vassaux rechignaient pourtant à voir l'Arétan soumis à Arsinoé d'Olyssea. Car elle n'est pas seulement la marquise, elle est la régente du royaume, et tous ne portent pas la couronne de Diantra dans leur cœur. Mais je crois, moi, que l'intérêt de mon pays fait l'intérêt du royaume, et que l'inverse est vrai. Nous devons tous nous agenouiller devant quelqu'un, madame.

Il faisait à nouveau face à Alanya de Broissieux, à présent. Il y eut un bref silence, pendant-lequel il demeura muet, le visage impassible. Au-delà de la situation qui les occupait aujourd'hui, sa plaidoirie le ramenait maintenant à ses propres souvenirs. Il les chassa finalement de ses pensées; l'instant était important.

- Je n'entends pas devenir votre ami en vous faisant du chantage. Mais je me dois d'être honnête avec vous; je ne puis me lier à quiconque se rend coupable de parjure. Le respect de la parole donnée compte beaucoup trop à mes yeux. Il ne tient qu'à vous de me tendre la main, mais sachez que je n'offre mon amitié qu'une seule fois. Lorsque Jérôme de Clairssac entrera dans cette tente, vous lui direz que vous avez décidé de respecter vos vœux; alors, je quitterais Alonna en sachant que nous sommes amis.
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MessageSujet: Re: L'art de la guerre et son contraire. [Jérôme de Clairessac]   Lun 28 Avr 2014 - 15:04


Ils avaient raison, et je le savais. Mais je savais aussi des choses qu'ils ignoraient, qui pourraient bien faire pencher la balance. Nous n'avions pas rompu le serment pour ces terres meurtris, du moins pas uniquement. Notre vassalité ne nous offrait que peu de garantit, et des accords devaient être passés afin que nous puissions vivre sans l'épée de Damoclès sur la tête. Ce n'était certes pas la chose la plus lumineuse à faire mais nous étions bloqué dans une situation innextricable: notre suzerain, peut être trop obnubilé par la guerre qui se préparait, n'avez pas voulu entendre ce que nous avions à dire. Or n'est-il pas de son devoir de prêter une oreille et une attention particulière pour ceux qui dirigeaient une terre sous sa bienveillance? Il était en ce moment même négligeant, et nous ne voulions pas que cela persiste. Aussi, d'un accord commun, volontaire et audacieux, nous avions envoyé cette lettre. Nous l'avions fait par peur d'être obligé de gérer l'incompétance de notre supérieur, de celui censé nous épauler dans la reconstruction du Nord. Nous serions certainement vus comme des parjures -chose avérée- et nous en avions cure. Nous n'aurions pas mis l'opprobe sur un homme de guerre, sur celui qui mène une bataille. Il n'aurait certainement pas pu gérer ça en plus. Nous ne voulions pas l'acculer à une solution et même s'il se pensait seul maitre à bord, nous avions prévu ça en détail. Manipulation politique ou simplement devoir envers son territoire, chacun pouvait bien aller de son petit commentaire. Peut être que nous -je- ne m'attendais pas à une telle colère. La colère est bien le pire des sentiments. Elle s'infiltre dans chaque parcelle de notre corps, nous enflamme d'une étrange sensation. Notre corps ne nous appartient plus et notre esprit est enbrumé par le feu qui nous consumme. Et j'avais peur de ne rencontrer que la colère. Ce n'était pas le Capitaine ou le Comte que j'étais venu voir, mais Jérôme de Clairessac, homme de guerre se sentant trahit par un allié. Au fond, j'étais heureuse que ces deux hommes soient présent à mes côtés. Outre les travers de la noblesse et de la politique, ils semblaient assez équilibré et conscient de la situation pour comprendre mon geste. Je ne montrais toujours rien. Le but étant de ne pas révéler le stratagème de suite, mais d'attendre le bon moment. De sentir qu'il faut agir pour qu'ils ouvrent les yeux sur une vérité différente de la leur.
Car il n'y a de vérité absolument, mais une accumulation de différentes vérités, dépendant du point de vu, du vécu et de la situation. J'espérais pouvoir leur offrir une version qu'ils seraient à même de saisir dans son entiereté. J'étais pour le moment la Baronne Parjure, mais j'aspirais à devenir le Baronne d'Alonna. Ils pouvaient penser tant qu'ils le désiraient. Ce que j'avais fait, ce nommait ainsi. Et venir dans ce camps s'appelait stupidité. En un instant, tout pouvait basculer. Je pouvais finir sur le billot ou bien, je pouvais repartir au chateau, la tête haute, avec l'approbation de ces guerriers. De toute manière, s'il advenait quoi que ce sois à mon corps, ils devraient faire face à deux guerres: non seulement celle d'Oësgard mais aussi la vengeance de l'Alonna. Et ils pourraient tenter n'importe quoi, leurs noms s'éteindront en même temps que leur vie. Quoi que cela en coûte.

Le doux capitaine brisa le silence qui s'était installé brièvement à la fin de mon discours. J'écoutais avec attention chacune de ses palabres, m'en impregnant le plus possible. C'était un homme de raison, qui tentait de régler un problème avant même qu'il ne débute. Un homme brave qui plus est, qui tenait de son nom une certaine élégance pompeuse des gens du sud. Une manière charismatique, poli et sans fausse note, dans un accent mélodieux, de dire des atrocités. J'avais perdu mon sourire, retrouvant le visage de marbre caricatural qui m'avait jusqu'à présent servit pour cacher mon jeu. Il n'était pas question qu'on me tire les vers du nez. "Capitaine, sauf votre respect, j'ai encore conscience de la force que j'ai ou que je n'ai pas. Jérôme veut une paix qui l'arrange, malheureusement. Je ne suis pas là pour conforter un seigneur de guerre dans ses choix militaire, il a repris l'Alonna de la Sgardie. Il a été un appui important, mais la terre ne lui revient pas de droit. La Régente lui a attribué car il a été mendaté et qu'il a accomplit son travail. Que connait-il de l'Alonna, si ce n'est son histoire grâce aux livres et ses champs ravagés par la bataille?". Tout était dit avec une voix calme, douce, sans accusation aucune. Je tournais la tête vers chacun des hommes ici présent. "Qui de vous peux prétendre savoir mieux que des Alonnais cette terre sur laquelle vous marchez? Je ne reviendrais pas sur mes mots, pas en l'état actuel de la situation". Un temps sans bruit s'imposa de nouveau. Quelques secondes, peut être plus, je n'aurais su le dire avec exactitude. Le Comte fit un pas en avant avant de planter ses yeux dans les miens. Sa stature, bien que petite, imposer une forme de respect. Il était d'une sobriété déconcertante, et d'une intelligence qui l'était encore plus. Qu'est-ce qui pouvait bien motiver un homme tel que lui à venir mener une guerre? J'étais curieuse de savoir ce qu'il y gagnait. A vrai dire, je me doutais que le jeu en valait vraiment la chandelle. Et il commença un plaidoyer. Ses mots étaient astucieusement choisit. Son ton était ferme, ne laissant aucun appelle à ce qu'il était en train de me dire. Il se mit à faire les cents pas. Il semblait presque nerveux. La situation l'expliquait aisément, et je n'étais en fait dans un état guère mieux que le sien. "Nous devons tous nous agenouiller devant quelqu'un, madame. ". Mon coeur eut un raté. M'agenouiller devant un homme sans considération pour une terre qu'il s'était faites octroyé? Pourquoi devrais-je donner à Clairessac le respect qui ne nous avait donné? Il s'arrêta de marcher, me faisant face à nouveau. Il n'était pas tendre dans ses paroles et je ne doutais pas du bien fondé de son acte. Il voulait éviter le pire.

Lorsqu'il eut fini, je restais un petit temps silencieuse, le temps d'assimiler tout ce qui venait dêtre dit. Je soupirais en regardant tour à tour les mines gravent du Comte, du Capitaine et enfin de son oncle. Combien de temps me restait-il avant que Jérôme n'arrive dans la tente? Assez pour leur montrer la véritable teneur de ma venue. "Tout d'abord, Messieurs, je tiens à rappeler à votre mémoire que nous avons encore deux jours pour revenir sur nos paroles. A ce titre là, j'entendais en venant ici être écouté par Jérôme de Clairessac sur quelques points qu'il avait refusé de prendre en considération. Je ne suis là que pour obtenir un accord entre l'Alonna et Etherna. Rompre le serment que nous avions fait permettez d'obtenir l'attention nécessaire ainsi que la considération de tous". Je gardais mon masque d'impassibilité. J'avais aussi bien attisé leur curiosité que tiré certainement une certaine surprise. Pour autant, je restais ferme, montrant que ma position n'avait pour autant pas changé. Du moins, pas pour le moment. "Mon seigneur, veuillez bien m'accompagner jusqu'à mes gardes. L'un deux est en posséssion d'un vélin qui pourrait bien vous intéresser". Je m'étais adressé à Ansaldo, qui, bien qu'un peu surpris de la demande acquiesça.
Mes gardes n'étaient pas très loin. Lorsque je m'approchais, ils nous saluèrent avec politesse. "J'aimerais récupérer la missive que je vous avais confié". On me l'a tendit après quelques secondes de recherche. "Que l'un de vous aille prévenir le baron que nous allons commencer à parler. Il comprendra". "Bien ma Dame". Nous étions à peine quelques mètres plus loin que l'on entendait le cliquetis des sabots du cheval. Ils étaient plutôt efficaces.
La tente était toujours animé par le doux brasiers. Oschide et Wenceslas semblait avoir un peu discuter de la situation, vu qu'ils se trouvaient à présent côte à côte. "Messeigneurs, Capitaine, je vous invite à venir près de la table". Je posais dessus le rouleau cacheté du Faucon, signe que rien n'avait été modifié depuis mon départ du chateau. Ainsi, la lettre avait été obligatoirement approuvé par le baron mon mari. "Comte Karlsburg, je vous invite à briser le sceau". Je prenais un air grave, tandis que j'invitais ces hommes à lire la lettre.

Par la présente, Desmond de Broissieux et sa femme Alanya de Broissieux demande un accord préalable avec leur suzerain.
Un nouveau serment est proposé par la baronnie d'Alonna.

Les terres d'Alonna et d'Oësgard seront unis par un pacte de non agression mutuelle. Si ce pacte venait à être brisé, l'attaquant s'il n'est victorieux sera destitué de toute les fonctions qu'il occupait jusqu'alors. Ses terres seront attribués à une autre personne du territoire concerné à la convenance de l'attaqué.
S'il advenait qu'une guerre se déclare ne touchant pas l'Alonna ou Oësgard d'une quelconque manière, et que l'un des seigneurs voudraient s'y engager à titre de soutien, l'autre serait en droit de refuser tout alignement avec la décision de ce dernier, et ce même en cas de vassalité.
La vassalité ne devra être établit qu'avec des personnes concernées. Si l'une d'elle venait à mourir, le serment serait rompu dans les règles. Toutefois, il n'est pas impossible que la vassalité ne sois remise en place.
Les deux baronnies devront se traiter avec égard et respect. Aucun de leur dirigeant ne devra prendre un ascendant non justifié sur l'autre. Leurs soldats pourront être demandé en cas de besoin afin de défendre les frontières.
Aucune décision avec une conséquence sur son voisin ne devra être pris sans accord préalable.
Une aide économique devra perdurer entre les deux baronnies afin de pouvoir faire face aux moindres crises politiques. Des fonds pourront être délivré par son voisin afin de faire fructifier sa terre.
Aucune alliance ne pourra modifier ou annuler ce serment. De plus, la couronne en sera le gardien et pourra veiller au bon respect de ces edits. Il traversera le temps jusqu'à son annulation par le roi et son conseil.
Tout manquement à ces règles sera considéré comme une trahison et une insulte. Le fautif se verra attribuer la sanction qui semblera la plus juste.

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Jérôme de Clairssac
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MessageSujet: Re: L'art de la guerre et son contraire. [Jérôme de Clairessac]   Mar 29 Avr 2014 - 6:55

Jérôme portait les cernes indiquant qu'il avait passé une nouvelle nuit blanche. La chance ne lui faisait pas défaut mais il semblait qu'une force surnaturelle ou une malédiction pesait sur lui et que chaque fois qu'il faisait un pas, un obstacle de taille se mettait sur son chemin. Il s'en sortait toujours mais il n'arrivait jamais à atteindre les pleins objectifs qu'il s'était fixé. Pour Sainte Berthilde, il avait du affronter un seigneur qu'il avait trouvé plus que sympathique et dont il pensait pouvoir se faire un allié. A Serramire, un revirement total des seigneurs, passant de farouches opposants à amis de longue dates réunit tous contre le baron avait faillit le faire trébucher mais il était parvenu à rebondir, s'octroyant Bastylle, une amitié avec Lourmel, un rapprochement par le biais d'un mariage avec Versmilias et le retour à une stabilité qui semblait hors d'atteinte auparavant. Aujourd'hui c'était le couple qu'il avait amené au pouvoir qui le trahissait et se retournait contre lui. Le sort s'acharnait mais Jérôme n'était pas du style à s’apitoyer sur son sort, au contraire, il se débattait toujours comme un lion pour s'en sortir.

Contrairement à lui, les troupes étherniennes étaient reposées, les soldats, surtout les vétérans qu'ils étaient maintenant, savaient profiter de chaque instant à leur disposition pour les mettre à profit et récupérer, ne sachant pas quand ils pourront de nouveau se reposer paisiblement. Les quelques jours passés avaient donc été très calme pour eux et ils s'étaient adonnés avec plaisir aux joies qui s'offraient à eux lorsqu'ils n'étaient pas en guerre, à sa voir le jeu et la boisson ainsi que les femmes. Aujourd'hui pourtant, l'effervescence était de mise car le campement était en train d'être plié afin que la marche reprenne. L'excitation et la tension d'un nouveau champ de bataille tordaient les boyaux de certains soldats, les moins aguerris alors qu'un stoïcisme professionnel s'était emparé des plus vieux. Ils pensait tous, à tord que la direction les emmèneraient plus au nord, en Sgardie.

Jérôme avait donné deux jours au couple baronnial pour garder leur serment envers sa personne. C'était très magnanime de sa part car nombre de seigneurs bafoués comme il l'avait été, auraient puni cette trahison de mort sans possibilité de retour. Pourtant, il n'avait pas dit qu'il attendrait sagement sans bouger la réponse tant attendue. Il avait décidé de ramener les troupes sous les murs de la capital afin de mettre la pression sur les deux parjures. Il réfléchissait donc activement, ses aides de camp démontant sa tente, il lui fallait convoquer les seigneurs alonnais afin de voir ou allaient leur allégeance. Il se doutait qu'il pourrait en rallier une bonne partie à lui, certains ayant compris qui avait la puissance aujourd'hui et étant revanchard de leur défaite qu'ils octroyait au baron d'Alonna alors que c'était bien à cause de Jérôme qu'ils avaient été défait.

Se faisant, un de ses hommes arriva, suivit de très prêt par un émissaire du capitaine royal pour lui annoncer que la baronne d'Alonna se trouvait au camp. L'envoyé d'Oschide expliqua qu'elle se trouvait actuellement dans la tente de son officier. Un accès de rage s'empara de Jérôme, non seulement, elle le trahissait sans vergogne mais en plus elle se permettait de venir le narguer dans son propre campement, voila qui dépassait tout ce qu'il entendait. Une fois seul, il prit quelques secondes pour se calmer, il souffla bruyamment et longuement, ferma les yeux et se concentra. La colère était toujours mauvaise conseillère bien qu'il soit tentant de se laisser aller. Il prit soin de relire une énième fois la lettre qu'il avait reçu, il la plia et la prit avec lui la rangeant puis il se mit en marche d'un pas vif en ayant prit soin de faire venir son frère et de convoquer quelques hommes d'arme.

Une fois en vue de la tente du capitaine royal, Jérôme ordonna à ses hommes de l'entourer à la surprise des gardes présents qui ne savaient pas quoi faire. Personne ne devait sortir sans son accord, si la baronne avait décidé d'offrir sa capture sur un plateau, le baron n'allait pas cracher dessus. Une fois ceci fait, il regarda son frère, fit un signe de tête indiquant qu'il était prêt et il ouvrit le rabat de la tente et entra, aussitôt suivit de son cadet. Un courant d'air froid s'engouffra dans la tente, reliquat de l'hiver mais aussi en raison de l'arrivée du principal concerné. Sa cape vola dans le mouvement qu'il avait fait pour ouvrir la tente. Le silence se fit à l'intérieur, comme une preuve de leur culpabilité. Sa flamberge parait son dos et il portait son armure de cuir, plastron, avant-bras et jambière. Il ne portait bien évidemment pas toujours son armure de plate, surtout lorsqu'il n'y avait pas de combat en perspective. Sa posture était statique, immobile tel une statue de marbre froide, l'image du seigneur de guerre dans toute sa splendeur. A l'inverse, l'on pouvait voir dans ses yeux les flammes qui couvaient, le magma de feu liquide qui coulaient dans ses veines.

Juste avant de franchir le "pas de porte", il avait entendu la voix de la baronne parlant aux personnes présentent. Il découvrit alors les protagonistes, la baronne donc, Oschide et son oncle ainsi que le comte d'Aretria. Ainsi non seulement, elle venait le narguer mais en plus elle se permettait de comploter avec ses alliés d'aujourd'hui, ou peut être devrait il dire, d'hier. La discussion qu'il avait eut avec Oschide l'avait amené à se poser de nombreuses questions. La où il semblait fort, entouré d'un capitaine royale et d'un comte comme allié, avec la régente derrière lui, il paraissait qu'au final, il était peut être plus isolé qu'il n'y paraissait, à moins que l’aîné des Anoszia ne mente éhontément. Jérôme semblait au bord de la paranoïa, comprenant qu'il n'était pas si puissant que cela si tout le monde lui faisait défaut et s'emmurant dans un isolement qu'il semblait devenir son lot. Pourtant les dernières campagnes, il les avait gagné de sa seule force, sans aide, même la forteresse de Serramire était tombée, certes grâce à une aide inattendue mais le résultat était qu'il s'en était emparé. Il ne montra donc rien de ses doutes et se para de la force qui était la sienne, tentant par son charisme de vainqueur, d'en imposer à son entourage. Après avoir fait le tour des personnes présentent de son regard, il focalisa toute son attention sur la baronne d'Alonna. Il ne dit que quelques mots, ceux-ci prononcés comme le tranchant d'un fil de rasoir, froid et distant mais maître des émotions contradictoires qui l'envahissaient.

"Bonjour, madame la baronne, que peut on pour vous ?"
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Alanya de Broissieux
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MessageSujet: Re: L'art de la guerre et son contraire. [Jérôme de Clairessac]   Jeu 8 Mai 2014 - 19:58


Des bruits de pas se firent entendre tandis que les yeux curieux parcouraient les lignes du papier. Des bruits de pas, cela n'avait rien d'alarmant lorsqu'un campement de soldats se levait. Mais cela devenait intéressant quand le principal protagoniste du Nord devait arriver. Qu'est-ce que Jérôme faisait? Certes, on ne m'avait pas loué sa ponctualité cependant, on ne m'avait pas vanté le contraire non plus. Mais voilà de longues minutes qui s'écoulaient. Et moi, j'étais là, dans cette tente, à tendre l'oreille pour savoir, à l'instar d'un condamné, quand viendrait son bourreau. M’offrirait-il un dernier repas? Voilà qui serait bien une chose ironique si c'était le cas. J'avais pensé à tout les scénarios possibles et probables, mais celui où il m'invitait à sa table était bien trop idyllique. J'eus une pointe de regret, songeant aux fioles bien cachées dans mes appartements du castel. Dedans, les plus beau, les plus parfaits et les plus mortels poisons qu'il m'ait été donné de créer.
D'ailleurs, l'apprentissage de ces derniers était obscure pour moi même. Je me souvenais de cette journée, âgée de quelques printemps, où mon oncle vint se présenter à moi. Il était toujours aussi bienveillant et je me doutais que son regard grave n'ai plus à dire qu'à l’accoutumée. Là, il s'abaissa à ma hauteur. C'était dans les jardin de Broissieux, près de la forêt de nos terres orientales. On y croisait toujours un petit animal ou une fleur jamais vu avant: un vrai lieu d'émerveillement et d'aventure lorsqu'on est jeune. Mon oncle planta ses yeux dans les miens et m'avertit d'un nouveau professeur qu'il me faudrait écouter avec attention et respect. Vous trouvez certainement cette histoire banale à pleurer ou bien trop surfaite pour être réelle, et je ne vous en tiendrais pas rigueur car moi même je n'ai jamais réellement su la raison de ce mélodrame.
Mon professeur était petit et vieux. Il avait un nez imposant et de petits yeux rapprochés. Il venait souvent à l'aube, là où le château s'éveille à peine. Et lorsqu'il venait, j'avais le droit de trier son grand herbier, regardant chaque plantes, chaque feuilles. On ne faisait rien d'autre qu'apprendre chaque végétal dans son entiereté. Un travail long et fastidieux. Dès que je su à peu près toute les plantes de son grand livre, il me délivra les secrets cachés de ces dernières, un à un. Les doses et les effets. Le temps d'agissements, et les précautions pour qu'ils soient le plus efficace possible. J'apprenais une arme subtile, que personne ne pouvait voir mais dont tout le monde se méfiait.
Et à vrai dire, dans la situation actuelle, je n'aurais été contre un mélange meurtrier afin de l'administrer à l'homme que nous attendions. Mais l'heure n'était pas aux complots, ni même à quelconque divagations. J'observais les têtes devant moi. Ils venaient de finir la lecture et observait une mine surprise. Il ne me restait plus qu'à savoir si cela était bon ou mauvais, mais seul le temps pourrait nous indiquer la teneur de leurs pensées. Un bruissement attendu se fit entendre. Des pas déterminés et hâtif suivirent. Je n'osais réellement tourner la tête. Mon palpitant s'était accéléré par l'appréhension du moment. A partir de maintenant, aucune faute ne devrait être commise. Un faux pas et je me jetais dans l’abime de la disgrâce au mieux, de la mort pour le pire des cas. Néanmoins, avec une retenue et un charisme particulier, j'offrais la vue de mon visage à l'arrivant. Murée dans mon impassibilité, j'observais l'homme de guerre. Il n'avait pas changé depuis le sacrement, certes, mais ses traits semblaient tirés à l'extrême. La fatigue et l'incertitude se lisait dans son visage, bien qu'il essayait de se contenir. Une sorte d'aura de colère était palpable tout autour de lui. Le baron d'Etherna n'était pas là par plaisir, et ne semblait pas ravi de m'avoir sous les yeux.  C'était un homme bien fait, aux muscles taillés pour le combat. Il avait mérité sa place en tant que guerrier, il en va de soi. "Bonjour madame la baronne, que  peut-on pour vous?". Ces mots venaient d'être prononcé avec un tranchant digne de la meilleure des épées.

Je regardais celui qui aurait dû être mon suzerain dans les yeux, me tenant droite et fière. Je n'avais pas l'intention de montrer une quelconque faiblesse d'âme ou de corps. Je restais bien campée près de la table, ne prêtant guère d'attention à mes anciens interlocuteurs. L'entrée de leur meneur, dans cette guerre du moins, avait sans doute coupé quelques commentaires sur ma lettre. "Mon seigneur, je vous attendais". Mon ton était glacial, sans variation. Un vague moment de silence s'ensuivit et alors que quelqu'un reprenait sa respiration pour parler, je le coupais dans son élan. "Ma venue ici n'est pas dans l'objectif de passer du bon temps, vous l'imaginez je suppose, bien que la compagnie que vous avez choisit -ou du moins rallié, est charmante. Ces seigneurs m'ont traités avec égard et respect, j'attends de vous, Seigneur d'Etherna, que vous en fassiez de même". Je m'avançais en sa direction de quelques pas, laissant une distance d'un bras entre lui et moi. Il pouvait se montrer vif et me saisir, mais là n'était pas son intêret, et il semblait assez intelligent pour le comprendre. "Vous manquez de sommeil, vous et vos hommes. Vous avez triste mine. J'espère que cela n'entâchera pas votre jugement". Une lueur d'interrogation se sentit dans ses yeux. En effet, je n'étais pas très claire et j'allais m'expliquer par la suite. "Mon seigneur, je suis en ces lieux pour vous faire part d'une offre de l'Alonna concernant notre serment. Il me semble que vous nous aviez laissé trois jours, et me voilà à la chute du premier". Je reculais et esquissa un sourire en coin, semblable à un animal se délectant de la proie qu'il tenait encore vivante entre ses pattes. "Le comte vient de briser le sceau de cette missive à l'instant, preuve du consentement de mon mari le baron". Je lui tendais le vélin, attendant qu'il s'en saisisse au plus vite pour s'informer de sa teneur -ce qu'il ne tarda pas à faire. Alors que ses yeux parcourait les lettres manuscrites, je reprenais mon discours: "Nous n'avons pas rompus ce serment en vain. Vous nous avez aidé et nous vous en sommes reconnaissant. Pour autant, nous n'avions pas toutes les cartes en main ni même le recul nécessaire pour vous offrir une qulconque allégeance. Aussi, nous avons conclut, le baron et moi même, que ce n'était pas le meilleur des serments à apposer sur nos terres, tant les votres que la notre. Le Nord s'est toujours tenu par des alliances et une entente mutuelle et non sur un serment de vassalité. Vous savez mieux que quiconque ce qu'il en résulte une fois brisé. Est-ce que l'Odélian vous apprécie toujours autant, maintenant que vous guerroyez dans le Nord, parjurant leur nom? Pourquoi devrait-on imposer à l'Oësgard et l'Alonna pareils actes, alors que nous savons tous ô combien la guerre les a meurtris. Entendez moi, Mon Seigneur. Je vous porte en respect et je ne doute pas que sous votre brouillard de colère se cache un sentiment équivalent envers moi". Je me tournais un peu, regardant chacun des membres de la petite assemblée. "En venant ici, je sais ce que j'en cours et je ne doute pas qu'il y a dehors une dizaine d'hommes en armes près à me prendre sous un simple murmure de votre part. Mais je sais aussi que vous êtes un homme réfléchit qui prendra en considération mon offre". Je me focalisais de nouveau sur le beau chevalier aux cheveux long, observant la moindre de ses réactions. "Je souhaite, au nom de l'Alonna, non pas redonner mon serment mais en établir un nouveau où ces terres sur lesquelles vous siégez actuellement et celles du royaume de Sgarde, soient unis à jamais, qu'importe leur meneur, qu'importe le climat géopolitique Péninsulaire. Je vous offre, mon Seigneur, un serment plus fort encore que celui qui nous liait auparavent. Je vous propose une économie stable et fructueuse, une armée d'hommes braves pour défendre nos frontières. Je vous propose de nous traiter en ami plutôt qu'en soumis. J'ai entendu de vous que vous êtes un homme bon, et je prie pour que ce bruit soit avéré". Je me tournais vers le capitaine, espérant de lui le moindre appui. Il avait jusqu'à présent montré le plus d'aptitudes positive à m'aider dans ma tâche ardue. En espérant que sous sa beauté Anoszienne se cache une entité capable de penser juste.

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Oschide d'Anoszia
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MessageSujet: Re: L'art de la guerre et son contraire. [Jérôme de Clairessac]   Ven 9 Mai 2014 - 0:33


Avant que le maréchal arrive en trombe sous la tente royale, l’allure de marbre et le regard glacial. Oschide s’était penché vers la table ou reposait ce qui semblait bien être un nouveau serment. Le capitaine lu la lettre avec attention en faisant en sorte de ne pas louper le moindre mot. Bien qu’il ait été du côté de Clairssac depuis le début de la campagne, il ne put que comprendre l’envie des nouveaux barons de vouloir gagner leur indépendance. Il essaya alors d’imaginer si son père aurait fait une telle chose. Cela ne l’aurait pas étonné, mais le vieux dragon aurait surement attendu un peu plus longtemps avant de sortir son atout. Au moment où il finit de lire le serment, Clairssac entra donc comme le dernier invité de la fête alors qu’il était bien le premier concerné. Il ne savait pas si cette arrivée si tardive avait été préméditée ou si son messager s’était égaré sur la route, mais en tout cas, sa présence fit son effet.

Il assista alors à l’échange qui eut lieu entre le maréchal et la baronne. Et il fallait dire, qu’en écoutant la baronne, son argumentaire avait été bien pensé voire réfléchit depuis longtemps. Voilà que Clairssac affrontait une situation imprévue et il n’aurait pas aimé être à sa place. Mais Oschide garderait la sienne et il ne put que réagir aux mots de la baronne lorsqu’elle annonça qu’une dizaine d’hommes devaient surement l’attendre à l’extérieur de la tente. Si c’est cela que comptait faire le maréchal, alors pas de doute qu’il trouverait une résistance en sa personne. Jamais il n’autoriserait qu’on se saisisse d’une femme venue parlementer avec seulement deux gardes pour l’accompagner. Non, trois jours avaient été accordés pour réfléchir. Le capitaine ferait tout pour que cela soit respecté, mais s'il pouvait faire en sorte qu'il ne suffise que d'une soirée, alors il s'y emploirait corps et âmes.

-Ma Dame, n’ayez nulle crainte pour votre sécurité. Nous sommes ici sous ma tente de commandement et en tant que capitaine de l’armée royale je n’autoriserais jamais une telle chose. Voyez cet endroit comme une zone neutre, dit-il sur un ton rassurant vis-à-vis de la baronne mais cela sonna aussi comme un avertissement pour le maréchal, dix de mes hommes vous escorteront lorsque nous en aurons fini.

Son ton s’était voulu sec et ses mots avaient été calculés. Le maréchal devait comprendre que même s’il ne pouvait s’impliquer dans cette affaire, il pourrait néanmoins agir comme l’unique représentant royal. Cela eut aussi pour but de calmer la situation et de réduire tout espoir d’une décision malencontreuse. Il regarda alors le maréchal une nouvelle fois, espérant qu’il le regarderait à son tour. Evidemment, ce serment ne lui plairait qu’à moitié et il leur faudrait le revoir e modifier quelques termes. Mais il fallait néanmoins faire un point sur la situation qui se présentait à eux.

-Il va de soi que nous pouvons prendre notre temps pour analyser ce serment qui est très certainement discutable, mais qui reste tout de même modifiable j’en suis sûr, il regarda fixement Clairssac qu’il commençait à bien cerner, mais notre temps nous est compté et chaque jour ou nous nous attarderons un peu plus à nous quereller, notre ennemi « commun » aura un peu plus de temps pour s’organiser et préparer notre arrivée. Il jeta un œil à son oncle, au comte d’Arétria et à la baronne, il nous faut trouver un compromis maintenant !

Il n'avait pas frappé son poing sur la table, mais ces derniers mots firent échos dans la tente. Son oncle était resté silencieux jusque là, mais il savait qu'à travers ces yeux bleu perçant, c'était le régent qui regardait la scène. Et s'il était resté muet, c'était bien parce qu'Ydril ne prendrait pas part au litige, du moins, pas avant que Clairssac n'ait apporté sa réponse au dragon ydrilote. Et cette réponse, autant dire qu'elle était très attendue.

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Jérôme de Clairssac
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MessageSujet: Re: L'art de la guerre et son contraire. [Jérôme de Clairessac]   Mar 13 Mai 2014 - 11:37

Jérôme avait la flamme en lui mais extérieurement, il était tel un roc glacial, il attendait que la baronne s'explique et il réfléchissait encore à ce qu'il allait lui faire selon ce qu'elle dirait. L'emprisonner ou la faire tuer sur le champ, voir la laisser repartir, trois solutions très claires qui attendaient que Alanya choisisse la route qu'elle emprunterait. Seuls son visage laissaient paraître la fatigue qu'il avait accumulé, il n'en montrait rien dans son maintien. Le baron avait son regard fixé sur l'intruse et il devait avouer qu'elle ne manquait pas de sang froid. Jérôme ne dit rien de plus, attendant donc qu'on lui réponde, les deux nobles se regardaient yeux dans les yeux, la baronne fière et très droite. Ils se toisèrent donc avant qu'elle ne prenne la parole. Elle lui donna du mon seigneur sur un ton glacial. Un silence s'installa mais Jérôme décida de ne pas le rompre, laissant la balle dans la camp de son interlocutrice. Elle reprit et demanda du respect, un sacré toupet pour quelqu'un qui l'avait insulté (car rompre un serment était une insulte envers son seigneur doublé d'une félonie ou trahison) mais il resta stoïque, attendant qu'elle dévoile ses cartes qu'elle ne devait pas manquer d'avoir dans sa manche. Elle avança alors vers lui en prenant garde de s'arrêter à une certaine distance. Jérôme lui faisait il peur ? avait il la réputation d'être un sanguin qui s'en prenait aux gens ? Elle continua et parla maintenant de sa mine, avait elle peur de se lancer ou alors elle n'avait pas d'arguments ? mais dans ce cas, pourquoi être venu jusqu'ici pour parler ? ou alors elle sortait une arme, faisant penser que la fatigue serait fatale en cas de conflit. Les hommes étaient reposés en tout cas, il n'y avait pas de soucis à se faire de ce côté la et les deux batailles, l'une n'étant qu'une escarmouche, ne les avaient pas fatigués énormément. Enfin elle en vint au fait, expliquant qu'elle était venue pour faire une proposition concernant leur serment, elle parla même du délai, se trompant sur un détail qui fit ouvrir la bouche au baron

"En fait, c'est deux et non trois"

La voix était calme et mesurée mais le ton refroidissait l'intérieur de la tente tellement il était glacial. Il semblait qu'en plus, on ne l'avait pas attendu et que les personnes présentent dans la tente avaient eu la primauté de la lecture du courrier attestant l'accord de son baron de mari. Elle tendit le vélin à Jérôme qui s'en saisit très délicatement, ne lâchant toujours pas Alanya des yeux. Il les baissa ensuite afin de prendre connaissance de ce qui était écrit sur la lettre. Elle profita de sa lecture pour plaider sa cause. Jérôme lut la missive puis la relu encore, cherchant les pièges ou encore réfléchissant et laissant par la même occasion la baronne parler, l'écoutant, essayant de savoir si elle parlait vrai ou lui montait un mensonge de plus. La tension semblait prête à retomber, du moins à s'atténuer alors que la baronne ne semblait pas vouloir juste rompre son serment mais trouver une issue de sortie. La température allait sans doute commencer à remonter alors que la discussion allait s'engager quand Oschide prit la parole. La moindre des choses à dire, c'était qu'il aurait mieux fait de réfléchir avant de se jeter entre les deux principaux protagonistes et les regards acérés qu'ils se lançaient. Jérôme tourna ses yeux vers lui, le froid s'intensifia brutalement, et il lui lança un regard assassin

"Capitaine, je vous prie de rester à votre place ! Révisez vos bases sur la hiérarchie et n'oubliez pas que je suis maréchal de la couronne et que vous êtes sous mon commandement. Si je décide de lui faire couper la tête sur le champ, il en sera fait ainsi et vous ne pourrez rien y faire alors ne dites pas des choses que vous serez bien en peine de tenir"

Si le ton du capitaine avait été sec, celui de Jérôme sonnait comme un glas donnant une sentence. Jérôme était bon en effet et c'était connu mais il était temps de remettre certaines choses en place. Il était aussi noble et il était temps pour lui de perdre sa naïveté coutumière pour endosser le rôle qu'il s'était donné et d'en prendre l'envergure. Un silence inquiétant et oppressant s'installa, le capitaine aurait loisir de répondre s'il le souhaitait. Ensuite Jérôme tourna de nouveau son attention sur la baronne qui devait bien rire de la situation, voyant les alliés du baron d'Etherna pas si proche que cela. Jérôme reprit la lecture du vélin une énième fois, se remémorant également les mots qui avaient été couché sur la lettre que le couple lui avait envoyé pour rompre leur serment. Il réfléchissait, le capitaine avait raison dans la fin, le temps leur était compté et précieux, surtout si certaines rumeurs qu'il avait entendu étaient vraies. La baronne avait appuyé sur un autre point sensible, c'est à dire le fait que lui même avait rompu son serment envers Odélian. Jérôme pouvait se cacher derrière un édit royal, le résultat était le même. L'interruption du capitaine avait donc refroidit de nouveau l'ambiance et Jérôme n'était pas apaisé lorsqu'il prit la parole, cette fois pour répondre à Alanya. Son ton était toutefois mesuré et neutre bien que l'on ressentit tout de même la sécheresse

"Madame, vous venez donc me proposer ce que j'ai de droit en tant que suzerain ? quel avantage aurais je à vous laisser votre liberté ? Aujourd'hui, j'ai la possibilité de vous écraser et de vous faire sortir de ma mémoire, pourquoi est ce que je ne le ferais pas pour trouver quelqu'un de plus reconnaissant qui saura ou est sa place ?"

Une entrée en matière peut sympathique qui n'augurait pas un bel avenir mais il était curieux de connaitre les réponses de son interlocutrice. Pourtant il ne la laissa pas répondre, enchaînant car il avait une deuxième interrogation du même calibre

"Et si j'accédais à votre requête, qu'est ce qui me prouve que vous honorerez votre parole alors que vous l'avez déjà rompu des plus rapidement ?"

Il laissa un temps d'arrêt afin d'entendre la baronne lui répondre, voir si elle saurait plaider sa cause et trouver les mots justes. Il était important pour elle de ne pas faire d'erreur dans ce qu'elle dirait.

Il continua ensuite

"Quelle latitude avez vous pour négocier ? votre époux à consigné la lettre, preuve de son engagement mais si nous discutons, qu'est ce qu'il vous est possible d'accorder sans concertation avec le baron ? ou devrais je vous garder à mes côtés pendant qu'un héraut porte mes conditions ?"

La menace d'une prise en otage pesait maintenant. Jérôme n'était pas non plus un abrutit (du moins il l'espérait) borné qui ne réfléchissait pas. Il avait tenté de prendre un ascendant sur la conversation et de marquer son territoire, ramenant en tête sa position aux yeux de tous et le fait qu'il ne fallait pas le prendre pour le gentil chevalier blanc. Il était temps maintenant d'entrer dans le vif du sujet et la négociation. Car il était clair que le temps leur manquait et que des dangers les guettaient. Si sa dernière discussion avec le capitaine se révélait exact, il n'avait pas d'alliance si forte que cela et il pouvait se retrouver isolé rapidement. De plus, une nouvelle guerre pour détrôner la baronne serait surement couronnée de succès mais il y perdrait encore des soldats et Alonna aussi, affaiblissant les parties en présence en avantageant la sgardie. Cracher sur une entente n'était pas ce qui était la meilleure des choses à faire vu l'état des choses. De plus, l'offre n'était pas si ridicule que cela bien qu'il manqua des éléments pour la rendre acceptable à ses yeux. Après tout, pourquoi est ce qu'il était venu à Alonna ? était ce pour sa gloire personnelle et son ambition qui était en train de le dévorer ?  non c'était pour ramener cette baronnie dans le giron de la couronne. La suzeraineté était un bonus non négligeable qui lui permettrait de gagner une tranquillité certaine et du prestige. Son principal soucis était surtout de savoir si la parole du couple était encore bonne à prendre. Il reprit donc, abordant cette fois les conditions

"Vous proposez donc une entente supérieure au serment ? une économie liée entre nos terres, stable et fructueuse et une amitié. Un pacte de non agression et une liberté de ne pas aider en cas de conflit débuté par l'un de nous. Enfin une primauté sur cette alliance en cas de conflit avec d'autres alliés ? c'est bien cela ?"

Il marqua une pause, ressentant un sentiment de culpabilité sur l'une des clauses qu'il allait donner. Il comprit alors tout le poids qui reposait sur les nobles et les chefs de famille. Il espérait aussi que sa sœur ne lui en voudrait pas.

"Si vous voulez trouver un accord, voila ce que moi j'exige !" le mot était fort mais il ne souffrirait pas beaucoup de discussion "Pour débuter, l'accord concernera Alonna et toutes les terres que vous pourriez avoir dans le futur et toutes mes terres. Cela englobe donc la sgarde, Etherna et Bastylle ainsi que toutes celles que je pourrais avoir ultérieurement. Je suis d'accord pour l'économie, c'est évident tout comme le pacte de non agression. Je veux bien vous laisser la liberté de ne pas suivre si c'est moi qui engage un conflit ou part aider quelqu'un d'autre, de même que je ne vous aiderais que si je le veux si c'est vous qui partez guerroyer. Par contre, je demande l'obligation d'aide en cas d'agression. Alonna viendra donc en aide si qui que ce soit, outre sur un ordre royal bien entendu, attaque l'une de mes terres et il en sera de même pour mes terres en cas d'agression sur les vôtres. Vous ferez bien entendu serment à la couronne comme vous l'avez dit dans votre première lettre. Votre frère et ma sœur se marieront pour sceller notre accord. Alonna restera à mes côtés pour la campagne contre la sgarde et votre frère restera à mes côtés. Il va de soit que le respect sera de mise entre nous, par contre vous comprendrez que pour l'amitié, vu ce qu'il vient de se passer, elle se forgera dans le futur et non immédiatement, j'ai quelques réserves pour le moment et j'attends de voir votre sincérité. De même que de mon côté, lorsque je donne mon amitié, c'est pleinement et entièrement."

Voila la façon de voir un pacte pour Jérôme. Il espérait n'avoir rien oublié mais il ne pensait pas. A la baronne de dire si cela lui convenait ou non mais la marge de manœuvre était des plus mince. Son frère servirait bien entendu d'otage mais si la baronne ne comptait pas rompre ce serment alors il n'avait rien au contraire et même au contraire, beaucoup à gagner.
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Alanya de Broissieux
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MessageSujet: Re: L'art de la guerre et son contraire. [Jérôme de Clairessac]   Jeu 15 Mai 2014 - 20:45


Je gardais mes yeux sur l'homme blond en armure. Il avait une prestance à la hauteur de son rang, et dans cette tente régnait une atmosphère suffocante. Nul n'aurait su dire quand l'orage exploserait, parsemant de ça de là quelques bout de chair dégoulinante. La bataille n'était pas celle que l'on croyait, loin de nos frontières. Elle n'était pas là où les hommes d'armes tournaient les yeux, dans l'espoir d'un jour en revenir vivant. Elle était plus discrète. Muette, si l'on omettait les quelques semonces de tirades acerbes et glaciale comme un long hiver sans soleil. Et de sa discrétion naissait le plus grand des dangers. Lorsque les mots, affutés comme des lames et puissants comme la portée d'un chevalier, alors il n'y avait nul place pour l'échec. De quelques dialogues pouvaient dépendre la mort de centaines de guerriers. Et sans que rien n'eut été annoncé, le but premier oublié, les cendres d'un guerre devenait amère dans la bouche des Glorieux et triomphante dans celle de l'instigateur de la folie. Pourquoi donner à un seul homme le pouvoir de tuer ses sujets les plus loyaux et les plus combatifs alors qu'au final, l'anarchie en ferait autant? La raison ne tient pas d'une déduction logique mais d'une appréhension globale. Est-ce que ces folies mènent toujours à la perte? Certes non. Est-ce qu'elles sont aussi violentes qu'éphémères? Bien entendu. Alors le rôle qui incombait chaque dignitaire nous paraissait mieux fondé que jamais. Il fallait des décideurs pour un peuple, car le décideur serait toujours plus apte de choisir le sort de plusieurs personnes, villages ou terres que ces même personnes, villages ou terres ne seraient jamais aptes à choisir pour leur propre intêret. Telle était l'inévitable vérité, et même si cela pouvait paraitre apaisant pour la majorité, il subsistait dans mon coeur un poids plus lourd qu'une montagne. Les vices politiques étaient les batailles les plus horribles et cruelles à mener. Un mouvement se fit sentir, relâchant la pression ambiante. Le jeune capitaine, dans sa jeunesse vigoureuse s'interposa d'une voix chargée de sous entendus. Ses yeux brillaient d'intelligence et derrière son impassibilité, une grande torpeur le happait. Son geste chevaleresque et inattendu me soutira un sourire intérieur. N'était-ce pas là le signe touchant d'une défection des alliés les plus proches de Jérôme? Certes, ses revendications bien que nobles n'étaient en rien justifiée. Et le maréchal du Nord s'empressa de lui rappeler à son bon souvenir que toute place doit être observée sous peine de subir un sort peu enviable. Son intelligence était donc une fausse lumière? Après tout, rares étaient ceux qui pouvaient se vanter d'avoir la beauté et l'esprit. "Votre nom Capitaine n'a d'égale que votre noblesse d'âme. Mais n'oubliez jamais que votre nom ne fait pas de vous un qui-de-droit et vous n'avez apparemment pas hérité de la sagesse de votre père. Quant à vous mon Seigneur, n'oubliez pas non plus que si vous êtes mandaté par la Régente, il n'en est pas moins son représentant le plus juste. Vous seriez un homme avisé d'écouter votre subordonné si vous ne voulez pas entacher votre gloire d'un incident diplomatique majeur". Un petit accent sarcastique venait appuyer ma dernière phrase. A l'intérieur, tout n'était qu'exaltation, palpitation et appréhension. L'extérieur ne montrait qu'un faciès glacial et peu avenant.
Le maréchal lisait avec attention le vélin que je lui avais transmit. Les lettres manuscrites étaient visibles avec la transparence de la lettre, les quelques rayons lumineux de l'âtre permettant ce phénomène. Tandis que je lui exposais avec précision et conviction le contenu, il s'évertuait à parcourir de ses yeux la moindre lettre, tentant certainement d'y trouver quelques réponses à ses interrogations. Le reste de l'assemblée était aussi bavarde qu'un menteur à qui le suzerain aurait fait couper la langue. Un silence général abrégé par quelques palabres cinglantes du Baron d'Etherna. Des questions qui paraissaient anodines et piégeuse. Il souhaitait me voir marcher sur des oeufs,  pour sûr, et e ne le décevrais pas. De toute façon, avais-je la possibilité de me dérober? "Mon seigneur, je me doute que ma parole soit pour vous aussi peu recevable que du venin, mais prenez garde à ne pas vous méprendre sur les intentions de l'Alonna. Il est vrai que vous pourriez d'un revers de main balayer une nouvelle fois l'Alonna. Vous le pourriez mais vous êtes un homme judicieux et un stratège de combat. Inutile de vous préciser que cet acte ne serait pas sans conséquence. A l'ouest, Serramire n'attend qu'un mot, qu'un geste. Au sud, c'est l'Odélian, la terre de votre parjure qui réclame justice. Certes, ils ne seraient pas là avant plusieurs jours mais qu'importe si vous êtes en train de croiser le fer en Sgardie. Seriez-vous apte à vous battre sur deux fronts sans vous faire totalement écraser par l'un de vos assaillants?". Je restais de marbre et mon ton ne sonnait pas comme une menace mais comme une mise en garde. Le Seigneur de Clairessac était en fâcheuse posture, à plus grande échelle que la mienne et il devait s'en rendre compte au plus vite s'il ne voulait pas subir quelques désagréments. "Il va de soi que si je n'avais voulu que votre perte, j'aurais patiemment attendue votre sortie vers la bataille". Mes yeux furetaient le moindre de ses mouvements. Comment prétendre à une quelconque clairvoyance dans ces traits tirés et inexpressif. La dureté et les faux semblants semblaient l'ombre des plus Grands de ce Royaume. Très peu avaient la stupidité ou l'audace de révéler leurs idées telles quelles à quelconque réunion -comme l'avait auparavant démontré le Capitaine Anoszia. Il avait encore beaucoup à apprendre, tout comme moi, des ficelles de la politique.

Le maréchal du Nord n'avait pas finit de mener les négociations. Qu'espérait-il? Reprendre un semblant de puissance, qu'il s'accorde tout seul? Il va sans dire que la crédibilité ne vient pas en essayant de piéger ou en induisant des menaces dans un discours à son hôte. Je n'étais pas là pour bavasser des formalités de notre échange, auquel cas j'aurais sans doute préféré la chaleur du chateau Alonnais. Je le toisais sans pudeur, défiant son regard où brulaient des flammes de ressentit. S'il ne parlait que peu, ne laissant transparaitre que froid et impassibilité, son être entier se consumait. Mais il n'était pas sot. Une menace d'otage n'était là que les aléas du jeu. Si je devais en passer par là, et bien je m'y plierais mais qu'il n'attende pas de moi une coopération sans faille. J'irais, insidieusement, le pousser à la faute, à la bévue diplomatique qui le punirait en me graciant. S'il avait une tête bien faite derrière ses long cheveux à la couleur du blé, je n'en réfléchissais pas moins.
"J'ai l'entière confiance du Baron mon mari. Je saurais répondre en son nom à n'importe quelle condition. Si je n'ai certes pas son autorité de part son sexe, je suis sa parole en ce lieu. Prenez-moi comme si j'étais seigneur de ces terres". J'avais gardé un sang froid étonnant. Si parmi toute les injustices une seule devait me mettre hors de moi, il s'agissait sans nulle réflexion de la position de la femme. J'avais été élevé pour diriger et ce n'est pas un arriviste du Sud qui m'apprendrait jusqu'où je peux aller. J'étais une bien meilleure penseuse que mon mari qui, à mon opposé, était doué pour la stratégie de guerre, les armes et ce que j'aimais appeler la "politique virile". Mon cousin était on-ne-peut-plus avisé, et m'était de très bon conseil. Pourtant, j'étais la gestionnaire. Et là dessus, nous nous étions accordé une confiance par delà l’existence. De toute façon, l'un sans l'autre, nous ne subsisterions pas. Telle avait été notre éducation, dans la parfaite complémentarité. Le temps sembla flotter un instant avant que le seigneur de Clairessac ne reprenne, d'une voix forte et sans détour: "Si vous voulez trouver un accord, voilà ce que j'exige! Pour débuter, l'accord concernera Alonna et toutes les terres que vous pourriez avoir dans le futur et toutes mes terres. Cela englobe donc la sgarde, Etherna et Bastylle ainsi que toutes celles que je pourrais avoir ultérieurement. Je suis d'accord pour l'économie, c'est évident tout comme le pacte de non agression. Je veux bien vous laisser la liberté de ne pas suivre si c'est moi qui engage un conflit ou part aider quelqu'un d'autre, de même que je ne vous aiderais que si je le veux si c'est vous qui partez guerroyer. Par contre, je demande l'obligation d'aide en cas d'agression. Alonna viendra donc en aide si qui que ce soit, outre sur un ordre royal bien entendu, attaque l'une de mes terres et il en sera de même pour mes terres en cas d'agression sur les vôtres. Vous ferez bien entendu serment à la couronne comme vous l'avez dit dans votre première lettre. Votre frère et ma sœur se marieront pour sceller notre accord. Alonna restera à mes côtés pour la campagne contre la sgarde et votre frère restera à mes côtés. Il va de soit que le respect sera de mise entre nous, par contre vous comprendrez que pour l'amitié, vu ce qu'il vient de se passer, elle se forgera dans le futur et non immédiatement, j'ai quelques réserves pour le moment et j'attends de voir votre sincérité. De même que de mon côté, lorsque je donne mon amitié, c'est pleinement et entièrement.".

Je l'écoutais avec calme et retenue, le laissant exposer toute ses conditions. Sa colère s'était-elle dissipé pour que le serment sois si bien accepté par son parti? Cela me semblait étrange mais je ne laissais rien transparaitre. Je m'attardais sur chacune de ses paroles, mesurant avec soin leur importance. "Mon seigneur, il est déjà stipulé que l'accord englobera toute les terres en nos possessions à l'heure actuelle et les futures acquises par notre propre personne". Je le regardais, un sourire en coin se profila sur mon visage, un sourire dangereux."L'Alonna répondra présent à la moindre de vos attaques extérieures. Soyez-en assuré. Il n'y a là que de la logique simple". Je posais ma voix, parlant doucement, en fixant Jérôme dans les yeux. "Je vous offre mon frère, le plus jeune de la fraterie et héritier de mon nom. J'attends de vous que vous le traitiez comme votre fils jusqu'aux noces. Il m'est cher et vous comprendrez que cette union n'est pas une simple liaison de familles: votre soeur héritera avec lui, lors de la mort de ma mère, les terres du castel. Il s'agit d'un chateau ancien, veillant sur trois villages et une petite ville, aux frontières sud de nos régions".
"L'Alonna est réduite dans l'effectif de ses hommes qui se sont battus avec bravoures. Vous n'écoperez que de rescapés à moitié secoué par la guerre. Ils ne seront que présence parmi vos rangs. La plupart ne sont que de simples paysans, et afin de ne pas aggraver la situation de nos terres, je vous propose la moitié de mes hommes. Les plus aguerris et les plus aptes à partir en guerre une seconde fois. Les autres resteront à travailler aux champs et à ensemencer les femmes afin de redonner un souffle à notre baronnie. Vous comprendrez mon Seigneur, qu'il est dans notre intérêt à tout les deux de préserver quelques uns des Alonnais mâles". Je souriais franchement en récupérant la missive de ses mains. "Vous avez notre respect, et nous comptons sur le temps pour nous offrir l'amitié, soyez-en certain".[/color]

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Oschide d'Anoszia
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MessageSujet: Re: L'art de la guerre et son contraire. [Jérôme de Clairessac]   Sam 17 Mai 2014 - 11:47

Evidemment, il fallait s’attendre à recevoir des retombées. Ses propos n’avaient pas plu à tout le monde et bien qu’il s’en feignait comme d’une guigne, il écouta le maréchal le remettre à sa place parce qu’il avait tout simplement raison de le faire. Dans sa logique, jamais il n’aurait laissé cette femme mourir de la sorte, mais il se doutait qu’il ne l’empêcherait pas si cela devait se produire. Au moins grâce à cela, il avait pu juger De Clairssac et voir jusqu’où pouvait allait ses limites. Perdre son sang-froid devant la baronne ne pouvait que faire surgir aux yeux de tous, les tensions qui subsistaient entre les différents commandants de la campagne. Oschide aurait préféré régler ça en privé, mais le maréchal en décida autrement. Un sourire crispé apparut sur son visage au moment ou il prononça ces mots et il ne put qu’hocher la tête brièvement pour dire qu’il avait compris.

-A votre guise messire, dit-il sur un ton on ne peut plus formel.

Mais au moins, tous ces propos n’avaient pas été pris à la légère et il put se vanter intérieurement d’avoir mis un petit coup d’accélérateur aux négociations. Ses objectifs avaient juste été cela : tester Jérôme et faire avancer les choses. Ni plus, ni moins. La baronne intervint alors en le remettant à son tour à sa place. Oschide prit la pique avec sourire et parcimonie même s’il trouvait très culotté la baronne de lui prononcer ces mots en finissant par aborder la très élogieuse sagesse de son père. Oschide aurait voulu rire, mais il s’en empêcha. Il aurait voulu rappeler à la baronne qu’ils n’étaient montés sur leur trône seulement grâce à eux et qu’il était lui-même rentré avec le baron dans Alonna pour lui donner la place qui avait été décidée pour lui. Le capitaine de l’armée royale regarda alors de Clairssac et la baronne un à un avant d’ajouter :

-J’espère que les dieux m’accorderont un jour d’hériter de la sagesse légendaire de mon père. Je saurais à présent rester à ma place. Veuillez poursuivre je vous prie !

Inutile de s’emporter, inutile de dire plus, Oschide resterait silencieux jusqu’à ce qu’une solution soit trouvée. Les minutes passaient, les heures passeraient aussi surement et pendant ce temps-là au loin, leurs ennemis se regroupaient, s’organisaient et préparaient la défense. Mais si seulement, il n’y avait eu que la Sgardie. Comme le disait la baronne, Serramire et Odélian se préparaient aussi surement à leur tour et si cela continuait ainsi, ils se retrouveraient encerclés. Mais les mots de la baronne n’est en aucune façon des mensonges et De Clairssac devait en être le premier conscient. Il adressa un bref regard à son oncle qui avait dû se délecter de la soufflante qu’il venait de recevoir même si son regard était toujours aussi impassible. Et il regarda par la suite le comte d’Arétria, resté totalement silencieux depuis l’entrée du maréchal. Cela n’était plus vraiment un secret que le comte et le maréchal se méfiaient l’un de l’autre.
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Jérôme de Clairssac
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MessageSujet: Re: L'art de la guerre et son contraire. [Jérôme de Clairessac]   Mar 20 Mai 2014 - 11:18

La baronne resplendissait de charisme propre à son rang, bravant Jérôme du haut de son apprentissage. Les regards s'affrontaient alors que les mots pleuvaient, marquant l'histoire de sa pierre. En effet, de cette rencontre viendrait ou une nouvelle campagne, ou un accord qui pourrait durer une éternité et sceller le destin des deux familles ainsi que leurs terres. La première réponse d'Alanya fut à l'intention du capitaine, elle abonda dans le sens du baron mais celui-ci n'était pas dupe, elle devait bien rire sous cape, forte de cette dissension flagrante. En fine politicienne, la baronne revint vers le maréchal et commença à avouer la faiblesse de sa terre avant de nommer un par un les bâtons qui risquaient de se mettre en travers de la route du châtelain de Bastille. Jérôme était bien conscient de cela, surtout qu'il avait entendu que l'ost d'Odélian se levait et surement pas pour venir l'aider. Elle revint ensuite sur les conditions que le seigneur d'Etherna venait de faire, en commençant par le rassurer sur le fait qu'elle avait pleins pouvoirs pour négocier au nom de son mari de baron également. Elle parla également de la différence en raison du sexe, Jérôme se moquait de cela et n'avait jamais prit une femme à la légère. Il avait déjà rencontré des femmes qui géraient de main de maître leurs terres, tel Jeanne de Sephren ou encore Blanche de Hautval entre autre. Pour lui, le sexe n'avait rien à voir la dedans et il n'était pas de ceux qui sous-estimaient la gente féminine bien au contraire. Il se souvenait encore de sa brève rencontre avec celle qui était maintenant la duchesse de Soltariel. Celle-ci s'était révélé redoutable et il ne doutait pas qu'elle porterait loin ses terres, sauf si elle tombait dans un excès de confiance qui lui aliénait les nobles. toujours est il que la dame d'Alonna se montrait sous un bon jour et que si les accords qu'elle proposait n'étaient pas feints, il venait peut être de trouver une alliance de poids. Il avait besoin d'avoir autour de lui des gens de cette trempe afin de le guider, Jérôme avait toujours écouté son entourage pour pallier à ses faiblesses et Néera savait qu'il en avait, surtout en politique. Chaque condition fut accepté sans même un sourcillement, à la grande surprise du baron qui n'en montra toutefois rien. Il devait avouer qu'il pensait que tout ce qu'il demanderait serait de trop et que l'accord n'aboutirait pas mais qu'ainsi il aurait fait montre de magnanimité en ayant tendu la main. Le voila maintenant piégé à son jeu mais alors que tout ce qui était dit faisait son chemin jusqu'à son cerveau, il devait admettre que cela en valait la chandelle, en plus elle semblait croire que l'amitié finirait par parvenir. Ou elle était une fine menteuse comme bon nombre de noble ou elle était sincère, ce qui ajoutait du piquant. Jérôme, comme à son habitude lorsqu'il réfléchissait, se mit à marcher en cercle, le menton entre le pouce et l'indexe droit. Il savait que ce n'était pas du tout la bonne attitude à avoir mais il n'arrivait pas à s'en empêcher. Le capitaine fit amende honorable, ce qui apaisa le baron si c'était possible maintenant qu'il était submergé par les questions.

Le silence qui s'installa commençait à peser alors que le temps passait. Jérôme venait de perdre une carte maîtresse qui était le défection de la baronne et il avait devant lui une proposition des plus honnêtes qui n'avait que pour seul défaut que le serment rompu juste avant. Il avait aussi relevé qu'elle semblait vouloir s'occuper du futur de sa terre et de son peuple, chose qu'il apprécia. Peut être n'était il pas en position de force pour se permettre de refuser, il était frustrant d'être dans le flou total depuis sa conversation avec Oschide. Jérôme finit par s’arrêter devant la baronne et pour la première fois depuis le début, il lui attribua la marque de respect à son rang

"Votre honneur, je pense que tous ceux ici présents, seront d'accord avec moi pour dire que si je refuser, ce serait une grossière erreur. Je vais donc me laisser amadouer par vos talents de négociatrice et je vais accepter l'accord que nous venons de trouver et qui semble nous convenir à tous les deux. J'accepte vos hommes à la place de ceux de votre frère tant que celui-ci est présent à mes côtés. Je prends à témoin le comte d'Aretria et le capitaine royal ainsi que le représentant d'Ydril et mon frère pour ce qui a été convenu en attendant que tout cela soit proclamé et écrit. Comment voyez vous les choses maintenant ?"

Pure formalité que de lui demander la suite des événements, la seule chose importante était que la chose soit scellé le plus rapidement possible afin de pouvoir continuer la campagne contre le Sgarde. De toute façon, il pensait bien laisser partir les troupes en avant histoire de ne plus perdre de temps.

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Alanya de Broissieux
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MessageSujet: Re: L'art de la guerre et son contraire. [Jérôme de Clairessac]   Mer 21 Mai 2014 - 13:43


"Votre honneur, je pense que tous ceux ici présents, seront d'accord avec moi pour dire que si je refuser, ce serait une grossière erreur. Je vais donc me laisser amadouer par vos talents de négociatrice et je vais accepter l'accord que nous venons de trouver et qui semble nous convenir à tous les deux. J'accepte vos hommes à la place de ceux de votre frère tant que celui-ci est présent à mes côtés. Je prends à témoin le comte d'Aretria et le capitaine royal ainsi que le représentant d'Ydril et mon frère pour ce qui a été convenu en attendant que tout cela soit proclamé et écrit. Comment voyez vous les choses maintenant ?". Ces paroles étaient tombés sans enjolivure, et pour la première fois depuis que j'étais arrivée, l'on m'offrait le titre qui me revenait. Ce n'était certes pas grand chose, mais cela signifiait énormément. J'avais gagné son respect et même si je gardais un air grave, mon coeur était apaisé.
Jérôme de Clairessac avait finalement accepté ce que la baronnie lui avait proposé et malgré ses suspiçions, il n'y avait pas de doutes à avoir quant à ses mots prononcés. D'ailleurs, l'atmosphère tendue de la tente de commandement s'évapora peu à peu pour laisser place à une tout autre ambiance: une ambiance d'accord et de soutient. Nous n'étions plus l'un conte l'autre mais l'un avec l'autre. J'avais longtemps hésité sur mes talents de négoce, mais la présente me prouvait que le doute est une chose bénéfique pour assurer nos dires. Alors que je regardais une fois de plus toute l'assemblée, les traits s'étaient détendus, et revenant à Jérôme, je m'autorisais un sourire en coin, bref et amical. "Je souhaite signer de ma main cet accord, afin que nul doute ne plane sur ce que nous venons de dire. Ensuite, j'espère de vous que vous aposerez votre nom, et que nos témoins vous suivent". A ces mots, j'ajoutais au Capitaine de m'apporter de quoi écrire. Je n'attendis que peu de temps pour obtenir une plume et de l'encre. Je m'empressais alors d'ajouter à la suite de ce que j'avais déjà noté les édits suivants:

Les deux représentants des terres devront s'aider dans la mesure du possible en cas d'attaque, qu'importe sa nature. Ils seront tenus de la protection des autres frontières contre toute invasion ou marche. Cet édit ne peut être ignoré que si deux attaques simultanées des deux régions sont menés. Auquel cas, chaque décideur devra en priorité défendre sa terre et ses frontières, dans l'optique que son voisin n'en est aucune répercussion et puisse mener à bien son combat.
Par la présente, la baronne Alanya de Broissieux, représentante du baron son époux, accorde au baron d'Etherna et maréchal du Nord Jérôme de Clairessac la main de son jeune frère, héritier d'Entiane et futur Régent de Broissieux, premier dans l'ordre de succession, à sa soeur afin d'unir les deux familles.
L'Alonna accorde à Jérôme de Clairessac la moitié de ses effectifs armés pour sa guerre de conquête du trône de Sgarde, dans le respect des précédents sujets.

Serment fait en la présence de la baronne d'Alonna, Alanya de Broissieux
Du baron d'Etherna et futur comte de Sgarde, Jérôme de Clairessac
Des témoins Wenceslas de Karlsburg, comte d'Arétria
Ansaldo d'Anoszia, représentant des troupes d'Ydril
Capitaine Oschide d'Anoszia, représentant des troupes de Diantra
Ainsi que sous le regard des Cinq.


J'apposais mon simple nom en dessous, n'ayant pas de quoi y mettre le sceau de le famille Broissieux. Je regardais tour à tour les hommes signer, après avoir vérifier une dernière fois le contrat. "J'enverrais ce serment à Diantra, accompagné d'une missive afin qu'il sois gardé par la Régente, garante de l'application des peines encourues s'il venait à ne pas être respecté". Je posais mes mots avec fermeté mais calme, et le son de ma voix ne semblait plus aussi dur qu'auparavent. "Dès ce soir, le baron mon époux rassemblera nos hommes et, dè que cela sera possible, les enverra à vos troupes. Quant à moi, je vais convoquer mon frère pour qu'il se rende à vos côtés". Je regardais le Capitaine Anoszia, qui avait sans doute fait peser la balance de mon côté. "Que les Cinq vous protègent, et que la guerre ne verse pas trop le sang de nos fils". Après avoir salué la petite assemblée, récupérer le vélin que je rangeais soigneusement, je prenais la route de retour du castel. La nuit n'était pas tout à fait tombée et un doux voile bleu commençait à apparaitre...

[Rp Clos]
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