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 Neïra n'a foutre, Dandy minutes j'suis dehors!

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Altiom d'Ydril
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MessageSujet: Neïra n'a foutre, Dandy minutes j'suis dehors!   Dim 25 Mai 2014, 22:15

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Fin.
Les dernières lettres de l'œuvre se dessinaient à la surface du parchemin granuleux. À regret le vélin se laissait écrire, témoin d'une vie de lutte qui se concluait, d'une existence vouée à la justice que la justice avait condamnée à la ruine. Des Mémoires que l'on oublierait bien vite. Une main preste, refrénant ses tremblements, achevait son ouvrage, terminait un combat, et renonçait à l'avenir. Immobile d'abord, laissant les minutes glisser sur elle sans oser déranger le silence qui l'entourait, sans vraiment pouvoir accepter cette fin si vaine et vide de sens, elle se résigna à reposer sa plume. Doucement, elle vint saisir la feuille ternie et usée, l'élevant lentement pour laisser deux yeux humides y promener leur regard fatigué. Deux lagons jadis si pleins de vie, pétillants et enjoués, rieurs face aux tourments, moqueurs devant l'impossible. Ces deux mêmes yeux qui avaient vu une mère mourir et Ydril brûler par trois fois dans les feux de la guerre. Ces deux mêmes yeux qui avaient soutenu les milles regards pétrifiants de l'Hydre, qui avaient vu l'Homme chasser ses frères Elfes, abattre leur forêt ancestrale comme ils avaient abattu les fondations de siècles d'entente, qui avaient vu tant de royaumes tomber, tant d'amis se trahir, tant de frères se déchirer. Et ces mains, caleuses et tremblantes, qui tant d'années durant avaient brandi bien haut la bannière de la paix, qui tant de fois avaient levé le bouclier contre les forts pour protéger les faibles, qui tant de fois avaient tiré les armes pour que tous rengainent les leurs. Ce visage aux traits las et tirés, rongé par la barbe comme son oeuvre s'était vue rongée par l'ambition des hommes, souillé comme ses rêves s'étaient vus souillés par la traîtrise d'une poignée. Lui qui s'était juré dans le secret de ses pensées d'endurer toute la peine du monde pour que chacun puisse entrevoir sa beauté. Voilà donc où tout cela l'avait conduit, voilà comment tout finissait. Voilà comment le Royaume remerciait son plus fidèle serviteur et fervent défenseur. Voilà comment une vie d'honneur et d'abnégation trouvait sa fin. Dans l'opprobre et l'infamie. Dans la solitude et l'oubli. Toute sa vie il avait craint de faillir à sa tâche, à ses pairs, à son Royaume. Mais en fin de compte c'est ce même Royaume qui lui aurait failli.
Déposant le parchemin sur une épaisse pile avant de la tasser et de la lisser soigneusement, presque tendrement, pour enfin la retourner, Altiom laissa échapper un soupir apaisé. Il avait échoué certes, mais il était allé jusqu'au bout. Il ne pouvait être fier, mais quelque part il était soulagé. Jamais il n'avait renoncé, jamais il n'avait trahi ses principes ni ses amis. Amis qu'il ne reverrait plus désormais. Dredren, cet apôtre de Ninis, Rico et Liwa, Halvy, Vavar la rouxstar, Didis, Gilou et ce bon vieux papy Nakou, son arlequin favori le Dandy masqué, Glennouille, le Seigneur libre d'Estrévent avec un grand S! Et Isabelle, sa petite bulle d'écume pour qui il s'était fait rempart, érigé face à un monde que tous deux ne comprenaient plus. Lui mourrait bientôt, mais eux vivraient, et peut-être honoreraient-ils son sacrifice, peut-être apporteraient-ils à sa vie le sens qu'il n'aurait su lui donner. Alors pour eux il souriait, heureux maintenant que tout prenait fin, maintenant qu'il pouvait goûter à cette paix pour laquelle il s'était battu toute sa vie durant. Heureux, et serein.
¤Fin de la zic¤

Du moins, encore aurait-il fallu pour cela que le sadisme de l'auteur connaisse une quelconque limite! Altiom avait touché le fond soit, mais honorant cette sempiternelle marotte qui par la force des choses avait pris valeur de véritable tradition, le pauvret se permit de creuser encore un peu. Une cellule personnelle, un lit décent, de la jaffe à peu près mangeable, de quoi écrire et pas même l'usuelle visite nocturne du tôlier venu consoler ses accès de solitude? Allons allons, on logeait déjà le parjure aux frais de la princesse, pourquoi ne pas lui payer du Carruw et faire rappliquer les danseuses zurthanes à l'heure du repas tant qu'on y était? Et puis qu'est-ce que c'était que ça, un archonte? Il avait encore fallu que ces tarés de Soltarii lui dégottent le titre le plus biscornu du fin fond d'Estrévent! Du diable si les notaires et jurisconsultes péninsulaires savaient à quoi équivalait un tel rang! Dans le doute: direction la basse-fosse. Les délibérations avaient été brèves, les loyalistes ydrilotes semblaient se tenir tranquilles et éviter la révolte ouverte tant que leur bien-aimé régent restait en un seul morceau, rien n'empêchait de l'envoyer croupir avec le bas peuple après tout.
Cinq ennéades. Déjà. Et combien de mois avant ça? Pah, c'était à se demander ce qui poussait encore le suderon à graver l'affligeant décompte sur la paroi poisseuse des geôles. Lui-même aurait été bien en peine de répondre à pareille question, et ce n'était pourtant pas le temps de réflexion qui manquait. À vrai dire c'est tout ce qui lui restait au monde. La joie, il l'avait oubliée. L'espoir, il l'avait perdu.

- M'seigneur l'archonte, on vous mande! déclama l'un des matons avec moult courbettes et moulinets de la paluche, dans une singerie d'accent de la Haute digne d'un valeton langecin. Deux hôtes de marque s'il en est, dois-je descendre dans les cuisines demander à ce qu'on rajoute deux couverts pour le dîner de ce soir, votre rayonnante archimajesté céleste? Le voilà parti d'une esclaffade qu'il communiqua à tout l'auditoire, taulards et garde-chiourme de même, trop heureux qu'ils étaient de pouvoir railler un sang bleu.
- Ah par les Cinq Clodobert vous voyez bien que j'suis accablé de travail! Dérangez-moi encore une seule fois et j'vous mène moi-même au cachot par la peau du fion! rétorqua l'intéressé d'un ton faussement outré, arrachant un dernier rire au dénommé Clodobert qui s'en retournait à sa ronde. La joie, il l'avait oubliée. L'espoir, il l'avait perdu. L'humour? Soit, il lui en restait peut-être un peu en réserve.
Curieux, et n'ayant de toutes façons pas grand chose d'autre à tourner, le luron se traîna jusqu'à la grille, pendant ses bras aux barreaux. Frôlant un claquage des paupières tant il dut plisser les yeux pour espérer percer pareille pénombre, il parvint à distinguer une masse informe dans le fond de la cellule opposée. Et, plus proche, une silhouette féminine à la chevelure flamboyante, étrangement familière.. l'Ardente?

- Condra? laissa-t-il échapper dans un souffle, stupéfait. Mais la nouvelle venue tourna la tête et le fantôme du passé s'évanouit comme dans un songe. Par les balloches pendouillantes de Mogar le bougre avait la berlue! Encore une ennéade à moisir dans ce trou et il finirait à moitié frappadingue! Voilà que l'autre se relevait à son tour et.. non, pas lui? Ça y était! Tous les spectres de ses amis disparus revenaient le hanter, le drôlet avait complètement tourné la carte! Bientôt il verrait les rats tenir des conférences sur la thermodynamique des fluides et les murs de sa prison s'évanouir dans le néant le plus absolu! Dandelo, ici? À qui le tour ensuite? Un Nakor furibard débarquant de nulle part sur son tapis volant en faisant exploser tout un pan du Fort de la Vaillance d'un claquement doigt, crachant la foudre et faisant pleuvoir tous les feux de l'enfer sur la racaille Régentiste? Quoique.. non, la chose aurait encore été plausible. Pourtant.. ses yeux ne le trompaient pas cette fois-ci. Et il ressentait bel et bien cet effluve magique si caractéristique en se focalisant, non il n'y avait pas de doute possible!
- FOUTREDIEU D'BORDEL À QUEUE D'BONTCHÛ D'INNOCENT!! beugla tout haut l'animal.
- HOOO, ON LA FERME LÀ-D'DANS!
- Dandy!! Par le Saint-Con d'Néera t'as encore foutu le feu à une auberge? gouailla-t-il tout rigolard. Eeeh toujours aussi bien accompagné à c'que j'vois! Mademoiselle, mes hommages, ajouta le loustic avec un bref hochement du chef, son éternel sourire espiègle en coin.

HRP:
 


Dernière édition par Altiom d'Ydril le Mer 05 Aoû 2015, 19:27, édité 2 fois (Raison : EAURTEAUGRAF + MIZANPAJE + corrections)
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Dandelo
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MessageSujet: Re: Neïra n'a foutre, Dandy minutes j'suis dehors!   Ven 30 Mai 2014, 10:51


La vie était vraiment une belle salope. Une de celles qui vous chauffent pour le simple plaisir de voir vos espoirs décapités un peu plus tard. Oui la vie était une belle salope et Dandelo faisait le con parfait, toujours prêt à se replonger tête la première dans les profondeurs bourbeuses du destin, cette vaste blague dont les dieux semblaient seuls apprécier l'ironie.

Bref, une fois de plus Dandelo était dans la mouise. Venu à Diantra pour refaire ses finances et profiter un peu de la capitale, il ne s'était certainement pas attendu à être jeté sans vergogne dans une geôle puante de la capitale péninsulaire et encore moins pour un motif si absurde. Merde alors 'Tiom, maugréait-il en silence, qu'est-ce que t'as encore foutu.

Ça faisait une éternité qu'il n'avait pas croisé le joyeux drille. Leur mésentente en Yrdil - lorsque le nobliau œuvrait pour récupérer le fief - avait sérieusement entaché leur amitié et, s'ils avaient eu l'occasion de se réconcilier depuis, il n'en demeurait pas moins un léger malaise. Cela-dit, Dandelo appréciait toujours ce gaillard pour sa bonne humeur communicative, son bigarré bagou et son expertise solide en matière de femmes. Seulement voilà, si cette camaraderie lui coûtait sa liberté, il ne tarderait probablement à virer aigri.

« Tu mériterais que je t'éclates la tronche contre le sol. »
* Ben ouais c'est ça ma grande, le clou est pas encore assez enfoncé. *
« Mais je suis trop fatiguée pour ça. Plus tard. »
* Pétasse. *

D'autres jurons muets suivirent les répliques mentales du magicien. De son côté la rousse n'eut droit qu'à un grognement - qui sembla lui suffire puisqu'elle ne reprit pas tout de suite la parole. Merde, cette histoire était d’une connerie sans nom. Un ou deux jours de plus et Dandelo serait reparti vers le nord comme il l’avait initialement prévu. Il avait fallu qu’il se foute dans de nouvelles histoires, toutes aussi pourries que les précédentes, et voilà ce qu’il récoltait. Une place humide à l’ombre d’un cachot diantrais.

* C’est peut-être pas un hasard toute ces emmerdes, murmura une petite voix dans sa tête, p’t’être que les Cinq ont décidé de pourrir quelqu’un et que c’est tombé sur toi.
-  Ça me remonte vachement le moral.
-  À ton service, péquenot.
*

« Je sais pas de qui tu leurs a parlé, reprit la rouquine, mais j'ai pas l'impression qu'ils l'apprécient plus que ça. On est pas dans la merde maintenant. »

Un frisson glissa le long de l’échine du saltimbanque. Une colère sourde montait doucement en lui, bouillonnante. Quelques répliques bien senties lui vinrent mais ce n’était pas assez non. Il avait envie de faire mal, de les faire souffrir, toutes ces putes et ces connards qui semblaient décidés à faire croisade pour le simple plaisir de le pourrir. Ils ne savaient pas qui il était, ils ignoraient quel pouvoir coulait dans ses veines, ils seraient bien surpris quand leurs corps voleraient en morceaux et s’éparpilleraient au gré des explo-

« FOUTREDIEU D'BORDEL À QUEUE D'BONTCHÛ D'INNOCENT !! »

Dandelo sursauta et se redressa péniblement alors que le garde beuglait un avertissement. À l’autre bout de la cellule un type se tenait collé aux barreaux pour le dévisager. Son visage était sale, ses traits creusés et son regard terni mais Dandelo le reconnut aussitôt.

« Bordel, ‘Tiom !
- Dandy !! Par le Saint-Con d'Néera t'as encore foutu le feu à une auberge ? »

Un sourire échappa à Dandelo. Ce connard se permettait de la ramener avec sa gueule de condamné à mort. Il se releva et s’approcha du bord de la geôle où se tenait le sûderon pour s’adresser à la fauvette qui avait essayé de lui refaire le portrait plus tôt dans la journée.

« Tu te demandais de qui je leur avais parlé, ben voilà ta réponse. Voici Altiom d’Ydril. ‘Tiom, Neïra (d’une voix faussement basse), attention elle est plutôt sauvage. »

Il laissa le ladre apprécié la barbare et reprit d'un ton plus morne :

« Bon, et si tu nous expliquais ce que tu fous ici ? Ce qu'on fout ici même. »

La vie était une belle salope mais au moins Dandelo n’était pas le seul à se la taper.
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Neïra "Fortune"
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MessageSujet: Re: Neïra n'a foutre, Dandy minutes j'suis dehors!   Ven 30 Mai 2014, 16:06

Le clown n'eut aucune réaction ou peu s'en faut -il lui sembla percevoir un grognement-, ce qui irrita Neïra. Elle voulait se passer les nerfs sur quelqu'un, mais insulter une loque vivante ne lui donnait aucune espèce de défouloir. Elle se mura donc dans le silence. Elle détestait viscéralement les prisons et tout ce qui s'en rapprochait. Elle se doutait pertinemment de ce qui l'y attendait et n'avait donc aucune intention d'y moisir. Si au moins elle savait pourquoi on les avait mis là. Ça ne l'aiderait probablement pas -les geôliers ne faisaient guère de différences entre les prisonniers de toutes façons- mais elle enrageait d'être ainsi dans l'ignorance.
Elle entendit qu'on appelait quelqu'un, depuis la cellule d'à côté. Elle ne comprit pas vraiment le nom prononcé mais tourna la tête puisqu'il lui semblait que c'était elle qu'on désignait ainsi. Elle se retrouva à contemplé un visage émacié, visiblement occupant de longue date de la cellule, mais qui lui était totalement inconnu. Semblait-il qu'elle lui était tout autant inconnue puisque ses yeux montrèrent un instant la confusion, avant que son regard ne se déplace sur le saltimbanque.
Il se mit alors à beugler, elle fronça les sourcils et se allait invectiver l’énergumène braillard pour lui dire de la fermer, mais Dandelo fut plus rapide qu'elle et il sembla reconnaître le fauteur de troubles, puisqu'il l'appela par son nom. Tiom. Altiom d'Ydril après de plus amples présentations, et apparemment la cause de leur présence ici. Il était trop loin pour qu'elle lui décoche un coup de poing, aussi se contenta-t-elle de lui jeter un regard qui en disait long sur l'estime qu'elle lui portait présentement.

« Tu n'as même pas idée à quel point. » rajouta-t-elle à la mise en garde du saltimbanque.

Néanmoins elle se tourna un plus vers la grille pour observer ce qui s'avérait finalement un compagnon d'infortune, quand bien même il était sensiblement la cause de la dite infortune. Il était étonnant de trouver du sang bleu ici -si c'était bien ce qu'indiquait ce 'd'Ydril' dans son nom, toutefois- mais au moins ça avait le mérite de l'éclairer sur la raison de leur présence.

« Ouais, vous leur avez fait quoi pour finir ici ? C'est pas commun de voir vous autre si bas. Vous avez perdus une guerre ? »

Elle avait bien entendus dire que ça avait été violent dans le sud. Il lui revenait également les rumeurs d'un assaut au cours duquel on avait capturé des traîtres, puis qu'on les avait écartelé et traîné à travers les rues. Le type en face de lui semblait bien vivant pour un écartelé, mais après tout la populace avait toujours tendance à exagérer ce genre de choses.
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Altiom d'Ydril
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MessageSujet: Re: Neïra n'a foutre, Dandy minutes j'suis dehors!   Ven 30 Mai 2014, 23:17

Foutredieu c'était fabuleux, le drille revivait! Il s'en était fallu d'un visage, d'un mot, pour qu'il recouvre soudainement toute sa jovialité d'antan! Un sourire tout bonnement béat lui étirait la face d'une esgourde à l'autre, ses deux billes écarquillées -où lui montaient déjà des larmes de rire- étincelaient d'un élan nouveau! Cette gaieté, cette ardeur flamboyante, presque palpable, jadis si prompte à réchauffer les cœurs et consoler les âmes, enfin retrouvée!
- Tu te demandais de qui je leur avais parlé, ben voilà ta réponse. Riche idée! Se fringuer comme un arlequin et se réclamer du parjure le plus en vogue du moment, le zouave n'avait pas perdu sa propension quasi surnaturelle à se foutre dans les merdes les plus noires à ce qu'il semblait! Dans quelle bourgade perdue était-il encore allé crécher pour échapper ainsi aux rumeurs de la guerre? Voici Altiom d’Ydril. ‘Tiom, Neïra, attention elle est plutôt sauvage. Le luron, toujours aussi friand des galéjades décalées, offrit la courbette de rigueur à la belle, une patte en l'air, l'autre sur le torse, ployant du chef à s'en crépir le tarin de la mouscaille jonchant le sol.
- Tu n'as même pas idée à quel point.
- Haha! Comme tu les aimes vieux filou, hm? badina-t-il encore en se redressant.
- Bon, et si tu nous expliquais ce que tu fous ici ? Ce qu'on fout ici même. Aoutch, l'instant fatidique.
- Ouais, vous leur avez fait quoi pour finir ici ? C'est pas commun de voir vous autre si bas. Vous avez perdus une guerre ?
- Ma foi j'avais besoin d'une petite pause -la vie d'archonte peut être si éreintante-, et notre bonne Reine-Régente, dans son infinie bienveillance, a gracieusement concédé me prêter une chambrée, fit-il, masquant toute la rage qui l'habitait d'un sourire amer. Bien-sûr il leur devait cette explication, leur sort n'était-il pas lié au sien? Mais les mots ne venaient pas. Ses habituels traits d'esprit, ses sempiternelles farces, rien cette fois ne pourrait cacher toute sa peine, effacer d'un éclat de rire tout ce qu'il avait perdu, faire oublier d'un ton léger les horreurs du monde dans lequel ils vivaient tous. Oui j'ai perdu une guerre, parce que je l'ai refusée. Parce que jusqu'au bout j'ai cru à la paix. Vous avez raison Neïra, c'n'est pas commun d'nous voir descendre au fond du trou d'la sorte, ç'la demande même un faisceau de compétences hors du commun. Il faut d'abord être assez naïf pour faire confiance à ses pairs, et doublement idiot pour croire que l'on n'vous traitera pas comme le plus ignoble des pendards à la première occasion, que vous ayez toujours fait preuve d'honneur et d'intégrité ou non. Bref, on peut dire que j'l'ai cherché! La voix pleine de regret, comme affligé par la peine de tous ceux qu'il avait entraînés dans sa chute, il continua après quelques secondes: si t'étais pas au parfum pour toutes ces broutilles j'imagine que tu n'sais rien de la situation d'Ydril, Dandy? On n'm'a absolument rien dit. Je pensais finir la tête au fond d'un panier au bout d'la première ennéade.. que nenni. On s'est contenté de v'nir me parquer ici au bout d'un temps, je devais sûrement prendre trop d'place. Foutredieu et mon duc! Vous n'avez rien entendu à propos du duc de Soltariel? Une évasion, une exécution, n'importe quoi! Le pauvret se raccrochait au peu qui lui restait désormais, de bêtes nouvelles, voilà tout ce qu'il demandait. Il ne connaissait pas vraiment le Soltari, ne l'avait que fugacement côtoyé, mais il ne pouvait s'empêcher de ressentir pour Asdrubal une étrange camaraderie. Leur sort commun rehaussé d'un soupçon de désespoir sans doute.
- Et toi alors, qu'est-ce qui t'amenais dans les parages, une pénurie de baronnes en détresse? questionna-t-il enfin pour couper court à toutes ces tristes souvenances et se remémorer une époque plus heureuse. Une époque où deux insouciants fanfarons devenaient frères, où les auberges flambaient, où les baronnes invitaient le manant en leur castel, où l'on traquait les bâÿtes et où l'on chopinait en riant autour d'un bon feu.


Dernière édition par Altiom d'Ydril le Mer 18 Juin 2014, 22:15, édité 1 fois (Raison : EAURTEAUGRAF)
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Dandelo
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MessageSujet: Re: Neïra n'a foutre, Dandy minutes j'suis dehors!   Lun 02 Juin 2014, 11:48


« J’ai traversé Ydril et Soltariel pour rallier Diantra mais j’ai rien su, lâcha Dandelo d’une voix étrange, comme dégoûtée, je me suis arrêté dans des coins peuplés pourtant mais je sais pas, je m’en rends compte maintenant, mais j’ai pas tellement laissé traîner l’oreille. Alors que d’habitude je suis le premier à colporter les rumeurs de grands chemins. »

Peut-être avait-il eut la frousse, tout simplement. À force de se retrouver embarqué dans d’inextirpables galères, peut-être avait-il pensé qu’en baignant dans l’ignorance il se préserverait des misères du monde. Peut-être avait-il été con à ce point.

Il sourit :

« Une chose est sûre c’est que je te cherchais ‘Tiom, je suis tombé sans le sou lors d’une mésaventure à Méca – les femmes y sont sulfureuses mais bigrement crapuleuses – et j’ai pensé te réclamer ce salaire que tu m’avais offert il y a quelques années, pour cette nuit à Ydril. »

Cette fameuse nuit. La Notte delle lame comme on l’appelait dans le patois local du comté sûderon. Un vrai massacre auquel Dandelo avait livré de nombreuses vies. C’étaient tous de parfaites ordures, aucun doute là-dessus mais malgré tout, l’espace de quelques heures Dandelo avait dû se muer en une machine aveugle et mortelle dont la magie tua sans distinction tous les habitants d’une villa pégreuse. Les images du carnage habitait toujours ses nuits et le réveillait dans un sursaut imbibé de sueur alors qu’il lui semblait sentir la fragrance écœurante de la chair brûlée.
Dégoûté de lui-même et furieux qu’Altiom lui ait plus ou moins forcé la main dans cette affaire morbide, il s’était séparé du nobliau alors même que ce dernier accédait au pouvoir, sans prendre la peine de recevoir la récompense qu’on lui avait promis, jugeant l’or salit par la besogne qu’il rémunérait. Seulement voilà, avec le temps, la disette et les galères, un vieu diction s’était doucement imposé à sa conscience tourmentée, reléguant ses remords au second plan derrière la nécessité.

* L’argent n’a pas d’odeur. *

Et en l’occurrence, après avoir coûté tant de vie, celui-ci pourrait peut-être en sauver une autre.

« Avec ça j’espérais pouvoir me la couler douce et marcher doucement vers ces contrées d’Estrévent auxquelles on prête tant de vertus pour gaillards de mon espèce. »

Un sourire triste flotta sur ses lèvres et il désigna la rousse d’un geste mou :

« Neïra a eu la mauvaise fortune de se trouver sur mon passage et s’est retrouvée entraînée dans les affres de mon destin tourmenté. »

Voilà qui devait sonner bougrement nombriliste. Mais à force d’enchaîner les mauvaises fortunes et de se coltiner les pires merdiers, Dandelo en arrivait peu à peu à s’imaginer comme un élu de la misère faisant pénitence pour le reste du vaste monde. Il ne pensait pas réellement ça comme ça bien sûr mais il noircissait volontiers le trait : quitte à avoir une sale existence, autant qu’elle ait un peu de cette élégance qui sied au drame. Il n’était pas saltimbanque pour rien, après tout.

« Et maintenant, demanda-t-il finalement, c’est quoi le programme ? Vu ta trogne tu dois être ici depuis un bail, t’as dû réfléchir à la situation. Il y a plan ? Quelque chose ? Ou on doit juste attendre que le caprice de la captivité s’estompe et qu’on nous livre à un bourreau ? »

Merde à la fin, si pourrie qu’ait pu être son existence récente, il n’avait sûrement pas envie de l’abandonner de sitôt. Pas avant d’avoir essayé chacun de ses espoirs tenaces, d’avoir traversé les miasmes de leurs illusions pour toucher la quintessence de leur fruit. Le plaisir doux d’une vie heureuse, comme celle qu’il avait pu vivre quelques années auparavant. Mais avant quoi ? Etait-ce son enfance orpheline ? Son éducation arcanique ? Ses premiers voyages sur la Péninsule ? Les lendemains de la guerre civile ? À chacune de ces périodes il avait souffert de d’épineux problèmes et pourtant aujourd’hui il les regrettait fermement. Ces jours d’incarcérations subiraient-ils le même revirement d’appréciation après quelques années reléguées aux couleurs du passé.

Peut-être que oui, peut-être que non. La réponse varierait certainement selon l’étroitesse des liens rapprochant son avenir de sa mort.
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Neïra "Fortune"
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MessageSujet: Re: Neïra n'a foutre, Dandy minutes j'suis dehors!   Sam 07 Juin 2014, 17:33

Neïra ne fit pas vraiment d'efforts et laissa échapper un bâillement tandis que l'autre s'épanchait tout son saoul. Bah, peut-être en avait-il besoin, la compagnie ne devait pas être fameuse par ici et il avait l'air d'un incorrigible bavard. Il devait sauter sur l'occasion d'avoir d'autres compagnons que les rats pour écouter ses discours. Mais bon sang, s'il pouvait dire quoique ce soit qui leur permettrait de sortir d'ici ! Une information sur laquelle échafauder un insensé plan de secours.
Le clown essaya de répondre à quelques questions de l'instoppable bavard et, peu attentive, Neïra tiqua toutefois sur la mention d'une nuit à Ydril et d'un certain salaire. Elle regarda en biais le saltimbanque, se demandant ce qu'elle avait pus louper qui rendrait cette conversation tout à fait normale. Au décor près, bien entendus. Elle secoua la tête pour se débarrasser de ses pensées parasites et, s'aidant de la grille pour se relever, elle scruta le couloir tant bien que mal. Il était vaguement éclairée par quelques torches à intervalles réguliers dont la lumière jaune et huileuse dansait sur les parois. Un renfoncement moins sombre que les autres, à une vingtaine de mètres, pouvait être l'escalier menant à l'étage supérieur. Ce qui ne résolvait pas le problème de la grille. C'était du bon acier, épais comme il le fallait. Elle se laissa retomber au sol, tandis que le saltimbanque finissait de parler.

« Hors de question de rester planter là à attendre. Et puis attendre quoi ? Même le bourreau ils n'y penseront pas, ils se rappelleront de nous que lorsqu'ils voudront coller d'autres types dans la cellule. » Elle jaugea encore un moment la porte de la cellule, son épais verrou et les gonds -à demi-cylindre- solidement fixés : « Si on veut sortir va falloir qu'on réussisse à attirer un garde. A moins que... » son regard dérivé sur le saltimbanque : « Ton truc de l'auberge, tu peux le refaire ? Sur la serrure ? »

Elle le scruta de ses yeux où on lisait un regard dur et presque accusateur qui le défiait de se rendre utile, pour une fois. C'était bien peu comme échappatoire et, si tant est que cela marche, resterait la difficile tâche de s'occuper des matons, probablement alertés par le bruit. Mais elle avait tenus tête à bien pire qu'un garde de prison sous-payé, et elle avait l'avantage du tunnel étroit où ils ne pourraient la prendre en tenaille. Elle était aussi désarmée et à moitié blessée. Mais baste ! A Tyra ce genre de considérations, si elle devait rejoindre son royaume que ce soit en combattante plutôt qu'en condamnée.
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Altiom d'Ydril
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MessageSujet: Re: Neïra n'a foutre, Dandy minutes j'suis dehors!   Sam 11 Oct 2014, 16:45

Alors ils en étaient là. Un clown triste, un arlequin défraîchi et une rouquine furibarde. Coupés du monde, abandonnés de tous et impuissants face à leur sort. Altiom opinait du chef, entendant plus qu'il n'écoutait l'arsouille confesser son ignorance, privé des salutaires nouvelles de l'au-dehors. Ici-bas il n'était déjà plus rien soit, mais sans ce lien ténu avec l'extérieur c'est le monde entier qui disparaissait. Dès lors n'existaient plus que sa cellule, Dandy et Neïra.
- (...) Neïra a eu la mauvaise fortune de se trouver sur mon passage et s’est retrouvée entraînée dans les affres de mon destin tourmenté.
- Ma foi il a plutôt été clément avec ta donzelle! Le bougre avait bien failli m'coûter le bras et un bout du cuissot la dernière fois! jaspinait le gandin, un sourire qu'on sentait las et terne accroché vaille que vaille à ses lèvres.
- Et maintenant, c’est quoi le programme ? Le programme? Allons bon leur situation laissait pourtant peu de place au suspense. Vu ta trogne tu dois être ici depuis un bail, t’as dû réfléchir à la situation. Aaah l'innocent ingénu. Altiom, réfléchir! Il y a plan ? Quelque chose ? Ou on doit juste attendre que le caprice de la captivité s’estompe et qu’on nous livre à un bourreau ?
- Eh bien tu t'serais réclamé d'Asdrubal.. ouais on aurait sûrement pu faire quelqu'chose pour toi. Écorchement, écartèlement, empalement. Pour peu qu'la régente ait été d'humeur festive t'aurais même eu droit à ton p'tit bûcher en place publique pour animer la soirée. Mais là.. j'suis désolé mon Dandy, m'semble qu'on est bien partis pour croupir ici jusqu'au prochain Cycle au moins, se lamentait le bélître, feignant un regret sans borne.
- Hors de question de rester planter là à attendre. Et puis attendre quoi ? Même le bourreau ils n'y penseront pas, ils se rappelleront de nous que lorsqu'ils voudront coller d'autres types dans la cellule. Et encore! La pauvrette faisait déjà là preuve de trop d'optimisme! Si on veut sortir va falloir qu'on réussisse à attirer un garde. A moins que... Ton truc de l'auberge, tu peux le refaire ? Sur la serrure ?
- AH-HAH! jubilait l'autre fat dans sa cellule. T'as bien cramé une auberge, je l'savais! Mais coupant sitôt court aux palabres, voilà qu'il affecta un air concentré, manifestant la chose de force froncements des sourcils avant de clabauder tout soudain: par les nibards pendigolants d'Tyra c'que j'suis CON! Dandy fais-nous péter ces lourdes, fais-les fondre, envoie-les-moi valser d'par les neuf Enfers, c'que tu veux mais vite! J'ai d'quoi accueillir la piétaille une fois dehors! Et t'arrêtes pas en ch'min derrière, ça grouille de vermine ici, doit bien y avoir quinze-vingt bougres qu'attendent que l'occasion d'aller s'faire embrocher sur les piques des matons rien qu'dans c'couloir! Le v'là ton plan: on les submerge d'un coup d'un seul! On les saigne avant même qu'y s'mettent tous à couiner comme des gorets! Paraît qu'les mages sont pourchassés par les compagnies royales dans tout l'domaine? On nous accuse de nigromancie, d'avoir ourdi la chute d'Aetius, d'avoir pulvérisé par Dieux savent quel prodige l'Arcanum, d'avoir conspiré pour ébranler les fondations mêmes du Royaume et je n'sais quels odieux crimes encore? Eh bah mon Dandy on va leur donner raison aujourd'hui! On va s'faire plaisir foutredieu, on va s'les rôtir sur place, t'les intégrer aux décorations murales à grands coups d'sortilèges désintégrateurs, incanter j'sais pas quelles couillonnades alambiquées en gesticulant comme des guenauds zurthans jusqu'à c'qu'ils en crépissent leurs braies!! La face illuminée, les mirettes exorbitées, les veines du front prêtes à lâcher, la barbe même du forban semblait vouloir s'animer d'une mouvance propre pour frétiller toute son impatience! Alors ce pitre de pyromancien, estimant sans doute avoir suffisamment ménagé ses effets, consentit mettre fin à l'insoutenable attente. L'homme de spectacle qui sommeillait en lui s'éveilla enfin pour offrir à son public la représentation d'une vie. L'on épargna rien à ces pauvres serrures! Monsieur donna dans le dramatique, dans le grandiose! Monsieur fit voleter bluettes et rougeoyer acier, montant crescendo pour entamer son concert de déflagrations dans les grandes largeurs! La porte de sa cellule éventrée, le voilà dehors! Défonçant la sienne déjà amollie par les bons soins ésotériques du loubard d'un coup de pied rageur, Altiom s'engouffra en trombe dans la coursive. Laissant à nouveau la magie s'écouler en lui, ouvrant corps et esprit à l'irrésistible vague, sentant son être emporté tout entier dans l'effarant déchaînement à l'entour, malmené par la tempête, violenté, secoué, ébranlé au plus profond de lui, effleurant de ses pensées la fabrique magique vacillante sous telle pression, les ondes et les remous chaotiques menaçant de déchirer le frêle voile à tout instant. Tant d'énergie que c'en devenait aveuglant, douloureux.. mais si bon! Il le sentait à travers le Flux même, spirale de désespoir enragée au-delà de toute raison, Dandy n'était plus qu'instincts bouillonnants, il était le feu et plus rien maintenant ne l'empêcherait de consumer leuuu môôÔÔônde! Bon soit, mais avouons tout de même qu'ainsi plongé dans son abyssale colère, même ce zouave bariolé en devenait terrifiant! Une colère diablement communicative. L'amoureux de la fatalité et le parangon bafoué, belle paire vengeresse à n'en point douter! Tandis que barreaux et ferrailles valdinguaient en tous sens, chaque cellule déversant son flot d'immondes canailles comme tant d'abcès crevés, le suderon déchu barrissait à la cantonade: Cloodoobeeert.. J'ARRIIIIIVE POUR TON CUUUUL MON POURCEAAAAAUUUU!! VIENS DONC GOÛTER LA FUREUR OCCULTE!! VIENS, ET SOIS TÉMOIN DES PREMIÈRES HEURES DE LA CHUTE DE LA PÉNINSULE!! VIENS CONTEMPLER LES COHORTES DÉMONIAQUES DÉFERLER SUR TON PAYS, QUE S'OUVRENT LES PORTES DES ENFERS ET QUE CHOIE TA PATRIIIIIE BAHAHAHAHAHAHAHAAAARH!! Ça, le drille prenait son pied, pour sûr! Cillant à peine au travers des détonations enflammées, les premières gouttes de sueur perlant à ses tempes sous les vagues de chaleur ininterrompues, ses nippes déguenillées déjà à moitié roussies, il avançait, une Frappe d'Æther naissant dans chaque paume, ses bras tremblotant sous l'effort. Au loin quelques couânées suraiguës annoncèrent les réjouissances tant attendues.
- V'NEZ VOUS-EN ÇA CAPONS!! Cinq, dix, VINGT, CINQUANTE, AM'NEZ TOUT UN OST TANT QU'À FAIRE, ON VOUS PREND TOUS!! ESTRIPEZ-NOUS DONC, MAIS PRENEZ GARDE, PREUUUUNEZ GÂÂÂÂRDE! CAR NOS ÂMES DAMNÉES REVIENDRONT PEUPLER VOS CAUCHEMARS ET VOS RÊVES! VOS NUITS ET VOS JOUUURS!! Excitée par la diatribe et ne se sentant tout bonnement plus pisser -flanquée qu'elle était de ces deux foldingos d'arcanistes-, la truandaille agrémenta le tout de quelques "ON VOUS PENDRA TOUS PAR LES COUILLES!!", "MILLE MORNIFLES L'ARGOUSIN, CRAINS-Y PÂS J'M'EN VIENS T'TÂTER L'LARD!" et autres "PAYS D'ACK INDÉPENDAAAAAAAAAAAAANT!!!" Alors au détour du couloir se profila la grasse bedaine du Clodobert et sa demie-douzaine d'acolytes mi-figue mi-raisin.
- Les.. les renforts, on aurait pas dû attendre les renforts? fit l'un des sergents, voyant la horde mugissante lui venir droit sur le museau.
- Ça va v'nir, ça va v'nir. T'nez vot' position d'ici-là, on les laisse pas sortir vivants d'c'te foutu cachematte z'entendez! Vous m'embrochez tout ça bien comme y faut, ça f'ra que'ques têtes de plus à caler au-d'sus des portes de la ville, tenta bravement le pauvre homme pour motiver les troupes, perdant à chaque syllabe un peu plus de sa contenance. Dressant quelques lances tremblotantes en un mur improvisé, solidement ancrés au sol, les gaillards se tenaient prêts à encaisser, espérant bien briser net la charge et n'avoir plus qu'à poinçonner les pendards qui remueraient encore au sol. Seulement les lances n'arrêtent pas les sorts. Décochant ses Frappes chargées à pleine puissance sous les fulminations pétaradantes de l'arlequin possédé, cet animal d'Ydrilote sentit venu le moment de vagir l'inimitable cri de guerre, l'épouvantable hurlement barbare, que dis-je, L'ULTIME ET ATEMPORELLE SENTENCE!
- MEUAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAR!!! Fracassant une paire de côtes à l'un des troupiers, il encastra cervelle et cervelière à un autre, mêlant le craquement typique au froissement métallique en une note si douce à l'oreille! Bien décidé à parachever l'oeuvre, Dandelo se pressa d'y apporter sa rythmique endiablée, qu'un des reîtres eu même l'urbanité d'accompagner d'un tremolo déchirant -qui aurait tiré une larme d'homme au plus endurci des Velteriens- lorsqu'une des déflagrations ésotériques l'amputa inopportunément d'un bras! Le madré toutefois, désireux certainement d'entrer dans la légende et parader pour un dernier coup d'éclat, n'eut pas la décence de se garder de ces effets dramatiques dignes d'une tragédie estréventine, et macula sans retenue aucune tout l'auditoire d'un carmin poisseux. Que pouvait-on attendre d'autre de la part d'un Diantrais après tout? Pour autant, toute la galante compagnie s'en vit un instant déstabilisée, et lassés de toutes ces politesses, on s'accorda à rentrer dans le vif du sujet!
- NEÏRA!! héla un Altiom empêtré dans une sauvage lutte au sol avec l'un des soudards, couché d'une charge à l'épaule un tantinet plus bourrine que de raison. J'T'EN AI DÉGOTTÉ UN TOUT FRAIS! GRINCHE-LUI SA DAGUE ET PLANTE-MOI C'T'ENFLURE TANT QU'J'LE TIENS! Tout autour on essayait de rapiner qui une targe encore sanglée au bras de son précédent propriétaire, qui une pique encore fourrée dans les entrailles de son camarade agonisant, et ragaillardi par un premier assaut dévastateur, l'on se battait le cœur léger en attendant la mort.


Dernière édition par Altiom d'Ydril le Sam 07 Mar 2015, 15:21, édité 1 fois (Raison : EAURTEAUGRAF)
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Neïra "Fortune"
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MessageSujet: Re: Neïra n'a foutre, Dandy minutes j'suis dehors!   Dim 06 Déc 2015, 11:57

Visiblement Neïra avait su motiver ses deux compagnons de galère. Ce n'était pas une échappatoire qu'ils lui offraient, mais un véritable spectacle son et lumière. Le clown démontrait une formidable efficacité quand il s'agissait de faire fondre ou exploser des trucs et il n'y eut rapidement plus une porte intacte à vingt pieds à la ronde. Quant au nobliau braillard, qui épanchait visiblement tout son saoul de paroles que personne n'écoutait sur les geôliers qui n'avaient pas tardé, elle n'arrivait pas à bien comprendre ce qu'il faisait mais les matons en étaient très littéralement tout retourné. C'est à moitié portée par la vague de racailles et autres vermines qui croupissaient dans les cachots avant eux et désormais libre d'assouvir leur vengeance qu'elle arriva dans la mêlée.
Elle évita avec plus ou moins d'adresses les premiers coups, cherchant une quelconque arme qu'elle pouvait piquer. C'est encore cet étrange Altiom qui lui offrit une occasion. Emmêlé avec un des matons, il lui beuglait dessus de prendre l'arme du pauvre bougre. Ne se faisant pas prier, elle se laissa tomber à genoux et le délesta rapidement de son arme avant de la lui planter dans la gorge sans aucune forme de remords. Elle se redressa rapidement. Maintenant qu'elle avait une arme en main et un paquet de types sur qui l'utiliser, elle allait pouvoir leur montrer de quoi elle était capable.

Un pauvre garde à deux pas d'elle en fit les frais le premier : en deux pas elle fut sur lui, évitant d'un pas souple un vague coup de lance supposé la tenir à l'écart. La dague zébra l'air, frappant le pauvre malheureux en plein visage, laissant une large trace écarlate du bas de la joue jusqu'au front et le privant définitivement d'un œil au passage. Il cria à s'en décrocher la mâchoire, avant que la duelliste ne ramène son arme contre elle et d'un vif coup d'estoc glisse la lame sous ses côtes et lui transperce un poumon. Il s'étouffa rapidement dans son propre sang et s'effondra au sol tandis qu'elle passait déjà à un autre adversaire.
Neïra n'aimait pas cette dague, elle était trop épaisse et trop courte, une arme de boucher dépourvue de subtilité ou d'efficacité. Un scintillement à sa gauche attira son attention. Là, l'un des gardes se battait avec un sabre qu'elle reconnut rapidement : son sabre, ou plutôt celui qu'elle avait piqué à un pirate mort lors d'une de ses mésaventures précédentes. Et ce rustre diantrais tapait comme un sourd avec, pensant sans doute que l'on s'en servait comme d'une vulgaire épée. Elle se glissa entre deux pugilats, évita un coup de hampe inopportun et arriva finalement devant le vil faquin qui osait se servir de son arme.
Qu'il la reconnut ou pas, elle s'en foutait, elle ne lui en laissa guère le temps avant de passer à l'attaque, tentant un coup d'estoc au bras droit. Elle battit en retraite d'un pas quand son adversaire agita en tout sens la lame qu'il tenait. S'agissait de ne pas se faire bêtement ouvrir en deux par un bourrin maladroit. Elle repassa à l'attaque, se glissant sous ce qui lui tenait lieu de garde. A quelques centimètres l'un de l'autre, son arme devenait inutile et il n'avait pas la présence d'esprit de se désengager -si seulement il avait pu-. La dague de Neïra vint s'enfoncer dans son crâne, frappant sous la mâchoire et perforant sans difficulté le palais. La mort était quasiment instantanée. Elle retira l'arme avec un bruit de succion dérangeant et la passa à ce qui lui tenait lieu de ceinture. Elle se pencha sur le nouveau cadavre et retira de la main encore chaude le sabre. Autour d'elle le corps-à-corps commençait à se calmer, tandis que les gens qui tenaient encore debout se comptaient sur les doigts d'une main.
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MessageSujet: Re: Neïra n'a foutre, Dandy minutes j'suis dehors!   Jeu 17 Mar 2016, 23:05

SPLEUAAAAARTCH ! Ou équivalent. D'un coup de surin d'un seul, la rouquine débarrassait le braillard de service d'une bonne cent cinquantaine de livres de bidoche. À peine le temps d'adresser un bref "bien aimable !" à la diablesse qu'elle s'en retournait éclabousser tout l'auditoire de sa mesmérisante maestria martiale. Et accessoirement d'un demi-gallon de sang. S'extirpant du tas de viande morte qui lui restait pesamment sur les bras, le drille à son tour s'affaira à dégotter quelque lame dans les parages. Farfouillant la masse de carcasses qui s'entassait déjà tout autour, crapahutant entre deux bedaines proéminentes, escaladant les corps informes comme tant d'éminences et de monts infranchissables, voilà qu'il ripait gauchement sur une flaque poisseuse - de pisse ou de carmin l'acrobate n'en voulait pas plus savoir -, s'étalant dans la mélasse jusqu'au menton, le tarin assiégé d'une myriade de miasmes à lui faire gerber le peu de bile qui lui restait encore de ces ennéades de privation. Pourtant toute la merde à l'entour n'avait plus prise sur lui. Il était libre. De mourir, surtout, soit, mais ce qu'il en avait à secouer ! Il ne se démenait plus pour survivre, plus par rage, par principe ou quelque ultime réflexe de bête acculée, non. Il prenait son foutredieu de panard ! Arrachant la pointe d'une pique brisée d'un flanc crevé de part en part, l'animal se redressait d'un mouvement mal assuré, les yeux fous et incertains, embrassant toute la scène sans savoir où se fixer. Et sans réfléchir, déchirant tout le couloir d'un cri inhumain en s'applatant à moitié la face au sol, balançait le vestige de lance dans le poitrail d'un maton furibard lui venant droit sur le museau.
- HAAAAH TIENS VIEILLE SALOPE !! MANGE-LA BIEN CELLE-LÀ !! clabaudait-il encore les quatre fers en l'air, emporté par la démesure de son geste. Et puis ricanant encore et encore jusqu'à frôler l'asphyxie, le mâtru se releva tout soudain en ouvrant deux grosses billes, inspirant bien vigoureusement des naseaux avant de se rejeter hardi-petit dans la marave ! Filant à tout berzingue sur le tas de matons tétanisés, le drille n'omit pas pour autant la plus élémentaire des politesses lorsque la bretteuse enragée vint croiser son chemin en sus du fer, lui laissant dans un réflexe bien de chez lui la priorité et agrémentant tant qu'à faire le tout d'une brève courbette (parce que merde, Ydril rpz maggle). Et puis repartit aussi sec tataner du taulier ! Multipliant les Frappes d'Æther, les charges à l'épaule, les feintes et les esquives d'un poil de fion, l'animal se vit soudain flanqué de part et d'autre des deux barjots de service, le pyromancien cramé du ciboulard et sa mercos ardente de tignasse comme de cœur. Alors c'en fut fait de la vacillante coterie d'argousins, et l'on vit le dernier d'entre eux s'affaler sur ses camarades, face lacérée, aisselle percée, babines déchirées, et pour fignoler le tout délesté d'une paire de burnes. Ainsi tombait Clodobert, matuchard émérite des geôles de la Valliance et Grand Glavioteur de la Soupelette du Soir - c'est qu'il avait de tout temps mis un point d'honneur à gâter ses pensionnaires le bonhomme.
- Ah merde, déjà ? lâchait un Altiom tout esbaudi, quoiqu'un tantinet déçu. Et soufflant encore comme un veau après tel effort, d'ajouter : Dandy tu continueras d'libérer tous les zigotos en route, sont sûr'ment d'jà en train d'sonner l'tocsin là-haut mais on a une p'tite chance d'forcer la sortie en leur tombant sur l'râb' en masse. À vrai dire le loustic n'y croyait guère lui-même, mais cette haine sombre de l'Arsinoé et toute sa clique de parjures Régentistes qui n'avait fait que croître et le ronger dans le fond de sa cellule comme une sale gangrène l'alimentait aujourd'hui d'une audace qui dépassait toute crainte. Et toute raison.
Finalement ceints de tout ce qu'ils esbignèrent de broignes, bassinets et autres baudriers, les évadés de justesse s'en allèrent gravir le colimaçon au bout du couloir, après avoir vidé ceux adjacents de toute leur truandaille. Une sourde rumeur de grelintements et de ronchonnades belliqueuses enhardies par l'effet de foule emplissait déjà les corridors de mort du fort ; et c'est alors qu'il le vit. En pleine course, du coin de l’œil à peine, dans l'embrasure d'une porte mal fermée, vaguement éclairé par quelque torchère dégoulinante de suif, un coup du sort ! Une petite mesquinerie des Cinq pour parachever toute cette épopée de déchéance sans doute, allez savoir.

- Foutredieu Aarnis, laissa échapper le déchu en se précipitant auprès de lui pour délier sangles, liens et attaches, s'acharnant au chevet d'un ami harnaché à son chevalet. Battu, fouetté, brûlé, tailladé, à demi écartelé et laissé en plan pour vaquer à plus urgente occupation, le sort une fois de plus ne lui avait rien épargné, sinon la délivrance. À cela ne tienne, l'archonte s'en chargerait à sa place ! Soutenant son vieux frangin de galère sur l'épaule, il se mit à maudire, à vagir dans les entrailles de la Valliance au trépas et à la ruine de toute cette progéniture de démons des neuf Enfers ! Il aurait la peau de la régente et son roi-chiard, il aurait la peau de Deux-Gueules, il aurait la peau de tous ces traîtres, d'Ydril à Diantra, de la Péninsule à l'Estrévent s'il le fallait ! Il irait les débusquer tous au fin fond de leurs repaires, de leurs grottes ! De leurs tombes.
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