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 Ô fortune, ouvre moi tes bras ! [Milynea]

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Eliphas
Humain
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MessageSujet: Ô fortune, ouvre moi tes bras ! [Milynea]   Dim 8 Juin 2014 - 14:23

La canicule s'était abattue sur Thaar, terrible, implacable et plongeant la cité sous une chape de plomb. Fait exceptionnel, le quartier des merciers avait fermer les devantures plus tôt que d'habitude. Les étuves ne désemplissaient plus tandis que devant celles-ci, des enfants appâtaient le chaland à grand renfort de clochettes. Les citoyens de la ville se désaltéraient au bord des fontaines publiques et la multitude de la plèbe, qui occupait d'habitude la piazza centrale de la cité, sorte de vaste agora pavée de longues briques de toutes les couleurs, avait désertée les lieux à part de rares passants. Certains, parmi ses clients et ses obligés, le reconnurent et le saluèrent, et de par les rideaux entrouverts de sa litière, portée à bout de bras par une dizaine d'esclaves à la peau d'ébène, Eliphas leur rendait un signe ou un regard las, lui-même assommé par la chaleur ambiante.
Celui qu'à Thaar l'on surnommait le Furet ne sortait qu'entouré d'une cinquantaine de pages d'une grande beauté, d'une cohorte de sbires et de quelques unes de ses concubines. Autant dire un véritable défilé !
Au devant de ce cortège, afin de ne pas être trop incommodé par l'odeur du bas peuple, des hommes, habillés de pagnes et munis de grands bâtons, se chargeaient de dégager les rues à grand renfort de canne, frappant de droite et de gauche et annonçant l'arrivée de leur maître. Alors, nombreux, les chalands s'écartaient et observaient passer celui qui, dans la cité, exerçait la charge redoutée de collecteur des taxes.
Mais la chose était aujourd'hui inutile : les rues étaient désertées par la foule et le Furet n'avait pas souhaité s'embarrasser plus que de nécessaire par une longue suite. Après bien des détours, il avait gagné la ville haute et ses demeures les plus riches, où régnaient les princes et les princesses de Thaar, véritables maître en la cité avec la Grand Conseil.
Dépassant un portail de hauts murs blanchis à la chaux, le cortège pénétra dans de grands jardins, avec des palmiers et des cyprès en terrasses, parsemées de myrtes et d'autres plantes sur lesquels veillaient des esclaves aux colliers de corail et une grande allée, menant au palais lui-même. Songeur, Eliphas admira un instant les lieux pendant que ses esclaves déposaient sa litière et que des serviteurs accouraient, le visage tatoué d'un corbeau. Les ailes du bâtiment étaient d'une facture assez récente, comme l'on en voyait souvent à Thaar. Mais le cœur de l'édifice, lui, reflétait un passé plus ancien de la cité. Un passé vieux de plusieurs siècles et qui remontait à l'antique empire de Nisétis. Car telle était la noblesse des maîtres de ces lieux que ceux-ci se flattaient de faire remonter leur ascendance à l'ancien sang : aux illustres familles Dracennes.
Parmi la foule des serviteurs, un, en particulier, attira l'attention du percepteur. C'était un Sang-Mêlé elfique très marqué, d'environ deux mètres et svelte, mais dont les traits, virils, trahissait le sang humain. L'homme s'inclina devant le visiteur et le pria humblement de le suivre à travers les jardins, jusqu'au cœur du palais.
Chemin faisant, Eliphas admira des baladins et des jongleurs, nombreux, qui s'entrainaient dans les jardins du palais. Il lui faudrait, pensa-t-il, passer commande de quelques uns de ceux-ci pour son futur banquet, au retour de son expédition. Voilà qui à coup sûr, ravirait ses invités !
Peut-être également ferait-il appel à eux lors des grandes fêtes de la cité, où il était coutume que les riches financent des spectacles, des banquets et des beuveries pour la plèbe. La plèbe, à Thaar, était le cœur du pouvoir, quoi qu'en pensent les princes...
Gravissant le parvis et les marches du grand palais, on introduisit finalement le marchand dans le vestibule et on lui apporta quelques rafraichissements. La maîtresse des lieux, lui assura-t-on, allait arriver dans un instant.

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Milynéa Lythandas
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MessageSujet: Re: Ô fortune, ouvre moi tes bras ! [Milynea]   Dim 22 Juin 2014 - 20:07

C’est en des jours comme celui-ci qu’elle regrettait le plus ces terres d’où prenait une partie de ses racines… En Holimion, assurément, jamais pareille chaleur, ni pareil soleil ne venait frapper les Éternels qui s’épanouissaient autant au Nord, sur les rivages de la Mer de Glace, pourtant, la Princesse Marchande n’était pas la plus à plaindre, il était des hommes et des femmes, esclaves ou non d’ailleurs, pour trimer et souffrir même en ce jour… Certains mourront sans doute, car c’était là le quotidien des classes laborieuses, mais nulle crainte à se faire, c’était une population aisément remplaçable, tant leurs valeurs étaient communes.
Elle profitait d’un bain parfumé, totalement immergé, à l’exception de la tête reposant sur un cousin, laissant filer ses pensées, qui erraient au hasard, jusqu’à ce fixer un temps lorsqu’elles trouvaient un sujet digne d’intérêt… C’était une idée à creuser, se disait-elle, avant de se laisser emporter à nouveau dans le courant. A présent, et en cet instant, la canicule, la souffrance des uns, et même le manque à gagner d’une pareille journée lui semblèrent des sujets peu préoccupants. Inconsciemment, elle s’essayait à un exercice dont elle n’avait qu’une idée théorique, sondant l’espace, comme si son esprit était capable d’en toucher un autre… C’est celui du dräke Monarth qu’elle cherchait à atteindre, encore. Il était toujours affecté, et bien qu’il demeurait dans sa propriété, s’y absentant quelques heures, parfois plus d’un jour, mais y revenant finalement, il semblait qu’il n’était pas encore prêt à se lier à un autre être - la chose était naturelle, n’avait-il pas vécu près d’une décennie avec cet Arthur ? -, sinon avec sa semblable Itarillë, dont elle tenait l’état de santé de celui qu’elle désirait pour compagnon.

“Maitresse ?”

La voix de la jeune femme la ramena à son corps instantanément, et elle ouvrit les paupières pour poser son regard vairon sur l’humaine qui se tenait devant elle, le regard baissé pour ne pas avoir à soutenir le sien. Il semblerait que son évasion se termine, elle ne l’aurait pas dérangé autrement.

“Qu’y a t-il ?”

“Un homme est venu nous avertir de la visite dans la journée du Marchand Eliphas.”

Le Marchand Eliphas, le Furet disait on, élevé à l’honneur d’occuper la fonction de percepteur de taxes à Thaar. Elle faisait travailler sa mémoire, se remémorant tout ce qu’elle avait pu apprendre sur un tel personnage, après tout, on lui avait toujours apprit à en savoir autant qu’il était possible sur ceux qu’on pouvait être amené à rencontrer, plus encore lorsqu’il occupait pareille fonction. Elle se leva, sans pudeur vis à vis de la servante qui avait l’habitude de voir la sang-mêlée dans le plus simple appareil, et laissa cette dernière chasser les dernières traces du bain, avant d’enfiler une robe légère et somme toute assez simple dans sa conception, sinon dans le choix du tissu, épousant la ligne fine et les courbes peu marquées de son corps.
Bien sûr, et malgré sa chaleur, il lui plaisait de concevoir une mise en scène… Si elle avait préservé ses précieux artistes de la chape de plomb et de la violence du soleil, elle allait les mettre au travail, ne fusse que le temps pour le Maitre Marchand de parcourir l’allée. Ils faisaient parti de son image, et même dans ces conditions rudes, il était hors de propos de manquer à cette dernière. Elle fit préparer le salon dans lequel elle avait décidé de le recevoir, et exigea qu’on serve de l’eau fraîche pour toute boisson, en ce jour, se serait un plaisir aussi grand et précieux que le meilleur cru.
Et c’est ainsi qu’un enfant tout ce qu’il y avait de plus anonyme fila en courant quand il vit l’escorte légère du marchand, pour aller prévenir, ce qui fit office de signal pour les saltimbanques pour quitter l’abri de l’ombre et faire quelques tours, tandis que passait auprès d’eux la litière de l’invité “surprise”. Eärnil fut chargé de le recevoir, et lui fit servir un premier rafraîchissement alors qu’on avait fait mine de prévenir la Princesse Marchande déjà au courant. Elle ne tarda toutefois pas, l’accueillant avec une chaleur courtoise.

“Maître Marchand Eliphas, c’est une joie que de vous recevoir en ma demeure, bien que je sois surprise que vous ayez choisi un tel jour pour venir jusqu’ici. Si vous voulez bien me suivre, je vais vous mener où nous pourrons discuter plus posément.”

Elle était connue pour son sérieux en affaire, mais surtout, elle ne désirait pas qu’après un tel trajet, les courtoisies d’usages n’entament son invité. Ils auraient le temps pour les banalités une fois au salon… Mais au delà, c’était la santé de ses artistes qu’elle avait à l’esprit… Moins elle les exposerait à de telles conditions, mieux ils se porteraient, et ils représentaient un trop gros investissement pour qu’elle les risque inutile trop longtemps. Aussi fit-elle un signe entendu à Eärnil après avoir invité le marchand à la suivre à travers les couloirs et les pièces du palais, où était exposé tableau et sculpture, fresques peintes au mur, illustrant ses ancêtres, ou bien des passages et scènes mythologiques librement inspirées, qu’ils fussent des Cinq, des Dieux-Dragons, d’Anaëh et même, plus osés, du Panthéon d’Elda.
Le salon qu’elle avait choisit se trouvait dans l’une des ailes du Palais, c’était la première extension construite, et la pièce dans laquelle elle fit pénétrer son invité était ouverte sur l’extérieur par une grande terrasse donnant sur une vue de Thaar, sa ville et son port… Le bénéfice de se trouver sur les hauteurs. Sur le mur opposé se trouvait une fresque où était représentée une vue, comme un reflet à ce que la terrasse offrait, mais légèrement différent, d’un autre temps, la Thaar telle que l’artiste avait pu la contempler ici même il y a plus d’un siècle.

Une carafe d’eau fraîche et deux verres, ainsi que quelques agréments avaient été disposé sur une table basse au centre de la pièce, cerclé de confortables divans où l’on pouvait s’asseoir ou s’allonger à loisir, des servantes, le tatouage au corbeau présent mais bien plus discret et stylisé, par souci esthétique, se tenaient en retrait, attentives et prêtes à répondre à la moindre demande.

“C’est mon père qui en a fait la commande, alors que j’étais encore en Holimion, il y a plus d’un siècle de cela… “Un reflet passé, pour apprécier d’autant plus la grandeur de notre cité, pour les siècles à venir.”. Une Thaar que je n’ai jamais contemplé de mes propres yeux, ainsi, et même si il ne l’a jamais dis en ces termes, je crois qu’elle m’est également destinée, afin que je me souvienne que le monde change, que le Temps s’écoule, même si il m’épargnera pendant plusieurs siècles.”

Elle demeura à contempler l’oeuvre qu’elle connaissait parfaitement pour l’avoir étudier et apprécier si longtemps, avant de finalement inviter le maître-marchand à s’installer sur un divan. “Mais je vous en prie, prenez place. J’ai décidé de faire servir de l’eau fraîche, au vue de la chaleur qui nous accable, mais si vous désirez autre chose, demandez, vous serez servi.” Et elle s’installa elle-même, se servant un verre d’eau avant d’en apprécier quelques gorgées, pour finalement se recentrer sur le marchand, et sur le motif de sa venue.
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