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 Brisée [RP SOLO]

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Castielle
Humain
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Nombre de messages : 169
Âge : 23
Date d'inscription : 13/09/2012

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  32 ans
Niveau Magique : Non-Initié.
MessageSujet: Brisée [RP SOLO]   Sam 14 Juin 2014 - 3:37


Plusieurs jours avaient passés depuis sa nuit avec le capitaine d'Anoszia. Chaque fois qu'elle osait y repenser, Castielle rougissait violemment et son cœur s'emballait rapidement et tambourinait très fort contre sa poitrine. Évidemment, elle avait tenté de se changer les idées avec le travail qu'elle devait accomplir mais rien ne pouvait effacer les images embarrassantes qui se déroulaient sous ses yeux quoiqu'elle ne souhaitait pas réellement s'en défaire. Le moment intime qu'elle avait vécu avec le capitaine ne lui avait pas déplût, mais cet évènement lui avait donné l'impression de renaître et elle connaissait maintenant la joie de se sentir réellement comme une femme. Parfois, elle repensait aux paroles qu'elle lui avait dit. Oui, la demi-elfe lui avait clairement fait savoir qu'elle l'aimait. Elle avait admiré cette homme, elle s'était entichée de lui, puis l'avait finalement aimé. Même s'il n'avait pas avoué l'aimer, il lui avait clairement fait savoir qu'il ressentait quelque chose pour elle. Castielle avait un profond respect pour ce capitaine et lui faisait confiance, peut-être un peu trop. Cependant, même s'il s'était avéré être un homme malhonnête, l'ayant séduite habilement pour profiter de sa chair, elle ne regrettait pas ce qu'elle avait vécue avec lui.

Toutefois, depuis quelques jours, à la suite d'un vilain cauchemar qui l'avait éveillé au beau milieu de la nuit, Castielle arborait une expression plutôt inquiète et était distraite dans son travail, au point où certains guérisseurs l'approchèrent pour le lui faire savoir à voix haute. Embarrassée de paraître aussi négligente, l'herboriste s'était réfugiée dans sa tente, parmi ses propres affaires, à faire ce pourquoi elle était venue initialement, c'est-à-dire concocter quelques remèdes et divers onguents afin de soigner les blessés qui se faisaient plus nombreux à chaque jour. Et chaque jour, elle priait pour ne pas voir le visage de son beau capitaine parmi les miséreux qui se vidaient de leur sang ou son nom sur une liste de décès...


-Vous allez bien, Castielle? entendit vaguement la demi-elfe à ses côtés.

Castielle sursauta au ton de la voix, puis elle tourna la tête vers une femme d'âge mûre qui s'était faufilée à ses côtés. Sa charge de travail auprès des blessés accomplit, l'herboriste avait rejoint un groupe de femmes faisant partie de l'intendance afin de les aider dans leurs tâches. Celles avaient reçus plusieurs paniers remplit de vieux draps qu'elles découpaient habilement pour en faire des bandages. Distraite, Castielle avait laissé un drap sur ses genoux, le regard perdu dans le vide, les mains crispées sur le précieux bout de tissu.

-J-Je... oui, je vais bien, rétorqua la demi-elfe qui s'affaira à nouveau à sa tâche, mais avec une certaine lenteur qui ne lui ressemblait pas.

La servante haussa des épaules et s'engagea dans une conversation avec d'autre collègue. Les bavardages se firent plus forts au bout d'un moment, chaque servante ayant des potins ou des histoires à raconter. Elles jasaient de sujets typiquement féminins avant de poursuivre avec des sujets plus sérieux tels que la guerre et tout ce qui s'y rapportait. L'une était fondue en larme pour ne pas avoir reçu de nouvelle de son fils depuis quelques temps, une autre l'avait réconforté du mieux qu'elle le pouvait. Décidément, cette guerre faisait plusieurs victimes et elle pensait pas qu'aux morts.

-Vous avez entendu parler du siège de la ville de Nulhadon? demanda l'une des femmes avec une expression excitée au visage.

Castielle baissa les yeux, bien qu'elle se souvint avoir lu le nom de cette ville quelque part, elle ne s'intéressait que très peu aux conversation de ce groupe de femmes. Ses pensées étaient obnubilées par un certain capitaine qui guerroyait elle ne savait où.

-Notre armée a gagné, non? rétorqua une autre. J'ai cru comprendre qu'il y a eu un siège de plusieurs jours, mais ils ont réussi à créer une brèche dans les murailles..

À quoi bon se réjouir ouvertement pour une telle victoire? Castielle fronça des sourcils, sachant que cette cause n'était pas tout à fait la sienne. Tout ce qu'elle savait, c'est que le champ de bataille devait s'être transformé en boucherie et plusieurs hommes étaient morts des deux côtés. Des images particulièrement sanglantes se formaient à nouveau sous ses yeux et elle dû inspirer longuement pour se calmer. Les mauvais rêves ne voulaient rien dire, ils n'étaient que le résultat de ses craintes se manifestant la nuit.

-Oui, mais j'ai cru comprendre que les soldats ont prit un grand coup, car l'homme qui était en charge du siège est mort, ajouta une femme rousse qui étendait un drap sur ses genoux. Je crois pas qu'on m'ai dit son nom...

La demi-elfe attrapa une paire de ciseaux, puis se mit à découper des banderoles qui serviraient plus tard de bandages pour les blessés qui se faisaient plus nombreux à chaque heures. Une femme semblant être la plus âgée du groupe redressa la tête comme si elle avait été prise d'une idée soudaine.

-Ah oui, j'en ai entendu parlé de celui-là, c'était un capitaine! dit-elle, fière d'avoir l'information désirée. C'était un beau morceau lui, si seulement j'étais plus jeune...

Le cœur de Castielle s'était alors emporté, distraite comme elle l'était, elle ne remarqua pas que ses ciseaux avaient dérapé négligemment et qu'elle s'était ouverte la main gauche. Elle redressa vivement la tête, soudainement très attentive à ce qui se disait autour d'elle. Le mauvais pressentiment qu'elle avait ressentit quelques jours plus tôt lui revint en force. Ses doigts se crispèrent sur le drap, ses mains devinrent moites.

-Oh, ce capitaine! lança une adolescente dont les joues s'empourprèrent doucement. Moi, je ne me souviens que d'un séduisant capitaine! ajouta-t-elle ensuite avec excitation. Si c'est lui... alors quel dommage...quel était son nom déjà...

Les femmes autours d'elle gloussaient sous son commentaire, sauf Castielle qui lança un regard effaré dans la direction de la jeune fille. Pourquoi paniquait-elle à ce sujet? Des capitaines, il y en avait plusieurs et il y en avait certainement plus d'un qui était séduisant, n'est-ce pas? Il n'y avait pas que le sien. Cependant...

-J-Je, balbutia la demi-elfe dont la main gauche commençait à lui faire mal. Ne connaissez-vous pas le nom de cet homme? demanda-t-elle sans avoir l'air plus intéressé qu'il ne le fallait.

L'adolescente se mit à réfléchir, fit une moue tout en découpant des bandages dans le vieux bout de tissu qu'elle avait entre ses mains.

-Capitaine d'Anos... d'Anoszie... quelque chose comme ça? répondit-elle vaguement, très peu sûre de sa réponse.

Castielle devint soudainement blême, les ciseaux quittèrent ses mains et tombèrent sèchement sur le sol à ses côtés.

-Oh, c'était ça, Capitaine Oschide d'Anoszia! s'exclama la plus vielle. Un noble si je me souviens bien! Ah, si seulement j'avais du sang riche et que j'étais plus jeune et qu'il était vivant aussi.

Certaines femmes sourirent poliment, d'autre se contentaient d'hocher la tête. Castielle, de son côté, c'était soudainement levé, le regard dans le vide, des gouttes de son propre sang s'écoulant sur son tablier. La jeune femme près d'elle lui jeta un regard alarmé, surprise de la voir se lever aussi rapidement et d'apercevoir sa belle main ensanglantée.

-Castielle, mais vous saignez! s'alarma-t-elle.

La demi-elfe l'ignora et elle sortit en trombe de la tente où s'étaient regroupés les femmes de l'intendance. Son cœur semblait étouffer dans sa poitrine, elle avait mal, si mal. Elle ne courrait  pas, sachant fort bien qu'elle aurait pu trébucher sur la plus petite des pierres, mais elle marchait vite, trop vite pour avoir l'air normalement pressée. Son corps entier tremblait, ses jambes voulaient lâcher sous son poids, mais il lui restait assez de force pour ne pas se donner en spectacle devant tout ses étrangers qui parcouraient le campement. Il se dirigea d'un pas rapide vers sa propre tente, elle eut à peine le temps de faire trois pas après avoir refermé les pans derrière elle qu'elle s'effondra à genoux sur le sol froid. Un gémissement traversa ses lèvres et des larmes se mirent à couler le long de ses joues. «Ah, mon bel amour, pourquoi, pourquoi», pensa-t-elle désespérément, complètement à l'agonie face à cette nouvelle perte.

Castielle resta prostrée dans cette position inconfortable pendant plusieurs minutes. Des larmes coulaient encore sur ses joues lorsque Thomas pénétra dans la tente. En voyant la jeune femme par terre, il s'approcha d'elle prudemment, accompagné de près par Robert. L'animal s'approcha d'elle et se mit à lui lécher le visage.


-Je... vous allez bien, mam'zelle? demanda-t-il d'une petite voix embarrassée.

L'apprentie soupira doucement, puis inspira pour se forger un nouveau courage. Le visage recouvert de ses boucles brunes, Thomas s'approcha et voyant le sang dans la main de Castielle, il attrapa un chiffon propre et un bol remplit d'eau fraîche, puis s'agenouilla  devant elle. Il ne comprenait pas d'où venait les larmes de cette femme, elle devait avoir appris une mauvaise nouvelle ou quelque chose du genre, pensait-il.

La demi-elfe força un sourire pour le bien-être du garçon et lui offrit sa main. Intimidé par la détresse visible de la jeune femme, le garçon conserva un silence puis essuya le sang séché après avoir trempé le chiffon. Castielle grimaça en sentant le tissu humide sur sa plaie, mais une blessure de la sorte n'était pas comparable à ce qu'elle ressentait présentement.


-Oui, je vais bien, mentit-elle simplement sans éprouver aucune honte. J'ai seulement... trop de travail.

Le gamin lui sourit et une fois sa besogne terminée, il replaça le tout sur la table de travail. N'étant pas d'humeur à retourner travailler en public ou de s'occuper de Thomas, elle le congédia rapidement après avoir eu recourt à son aide pour déplacer quelques boîtes. Une fois à nouveau seule, elle se réfugia sur son lit de fortune. Elle appliqua un peu d'onguent sur sa plaie, puis se coucha sur le dos, observant le plafond sans même le voir, une main crispée sur sa poitrine et l'autre pendant dans le vide, des larmes silencieuses ruisselant à nouveau sur ses joues livides.

Elle reprit ces esprits que quelques heures plus tard. Les yeux rougies, elle se retourna sur elle-même et glissa sa main droite sous son oreiller, elle en ressortit la précieuse liasse de lettres que le capitaine lui avait donné sous le ton de la confidence. Ses mains tremblèrent lorsqu'elle prit la sienne entre ses doigts. Elle hésita un moment, espérant une bref seconde qu'il arriverait sous sa tente et lui avouerait qu'il n'était pas mort et qu'il lui avait causer ce terrible chagrin par erreur, mais non... cela n'arrive pas et n'arriverait jamais.

Castielle inspira, puis expira doucement et décacheta l'enveloppe d'un mouvement sec de la main. Elle se mit instantanément à lire les précieuses lignes, la dernière chose qu'il lui restait de cet homme qu'elle avait osé aimer.
 

«Castielle,

Si vous lisez ces mots, c’est que je ne suis plus et que vous avez suivi mes dernières volontés. Mes maladresses et ma dureté ont creusés un profond fossé entre nous et cela m’a profondément attristé, mais j’ai cependant toujours gardé une lueur d’espoir de vous voir sourire à nouveau. Ne soyez pas peiné par ma disparition puisque chaque Homme doit un jour partir pour rejoindre les dieux. Les guerres peuvent être brutales et je ne serais surement pas le seul homme qu’elle emportera, mais gardez à l’esprit que vous devez continuer votre combat pour la survie des blessés, pour la vôtre et que vous n’en sortirez que plus forte.

Je vous ai transmis deux autres lettres qui sont destinées à des amis qui me sont proches. Celle avec la lettre « A » est pour Angelina de Solaria et celle avec le « R » est pour Rhys Dora'an. Restez ou vous êtes et faites parvenir ces lettres en envoyant des messagers à Soltariel et à Thaar.»

Castielle ferma doucement les yeux, au cours de sa lecture, elle avait lu les lignes avec le ton de sa voix à lui, bien conservée en mémoire. Elle sentit de nouvelles larmes lui piquer les yeux, mais elle retint ses émotions puis se releva afin de s'installer à sa table de travailler. Elle attrapa deux morceaux de papier de qualité décente, trempa le bout de sa plume dans une encre de bonne facture et écrivit le même message sur chacun des morceaux.

«À qui de droit,

C'est en ces temps troublés que moi, Castielle de Sombrerue, apprentie herboriste au service du maître Adrian de Vynelle et soigneuse au sein de l'armée royale, transmet ce message de la part du capitaine de l'armée royale, mon seigneur Oschide d'Anoszia. Il était de son désir le plus cher que ce message soit envoyé à son destinataire.
Amicalement, Castielle de Sombrerue.»

Malgré son chagrin et sa détresse, elle s'était appliquée et avait écrit deux fois ce message avec sa calligraphie la plus soignée. Elle attendit patiemment que l'encre sèche convenablement, puis plaça chacun de ses courts messages dans des enveloppes distinctes accompagnées chacune d'une lettre du capitaine. Une fois cela terminé, Castielle se leva et sorti de sa tente en trombe. Le ciel était orangé, mais cela ne l'empêcha pas de se rendre à l'endroit où tout les messagers s'arrêtaient pour se reposer ou trouver d'autres clients. Une fois là-bas, elle trouva non sans quelques difficultés, deux messagers récalcitrants à l'idée de devoir transmettre ses lettres. La demi-elfe sortit alors une petite bourse que son maître Adrian lui avait offerte de force avant son départ contenant quelques précieux souverains. Elle paya le triple que ce qui était demandé habituellement et c'est avec un certain sentiment de paix qu'elle vit les deux messages monter sur leur cheval après leur avoir donné les instructions nécessaires pour retrouver les destinataires désirés.

Castielle les observa ensuite s'éloigner et elle ne les quitta des yeux que lorsqu'ils disparurent à l'horizon. Une triste pensée l'envahit alors qu'elle se détourna pour retourner à sa tente. «Il semblerait que tout les hommes de ma vie soient condamnés à disparaître...» songea-t-elle tristement.


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