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 le phoenyx et le magicien (PV Nimmio)

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Nakor
Humain
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MessageSujet: le phoenyx et le magicien (PV Nimmio)   Jeu 17 Juil 2014 - 12:29

Nakor avait décidé de quitter les abords des ruines de Kirgan. Il y avait rencontré un jeune elfe et avait discuté magie avec lui, aussi longuement que possible. Des échanges, un début d'amitié, des conseils et un au revoir plus tard, Nakor avait décidé de rebrousser chemin, il avait croisé les nains de Lante et son ami Valek, roi auto désigné. Il avait poussé en direction du nord-ouest vers l'ancienne Kirgan. Aller encore plus au nord ne servait à rien, si ce n'est revoir de prés les ruines d'un moment de sa vie, au service de la lignée de l'arbre blanc. Il prit la direction du sud, vers Thanor, afin de continuer à conserver des liens cordiaux avec le conseil de la cité naine. Voyageant sur ses deux vieux pieds ou par magie à l'aide de sa grande maitrise de l'air, le périple était long mais les embuches pouvaient aisément être évitées. Il prit la direction de la cité elfique d'Eldarinwa, sur les terres de l'Epine dorée, fief de son plus vieil ami dans le monde immortel : Timérion. Les nouvelles qu'il parvint à obtenir à l'aide de rumeur et d'oreilles trainantes ne plurent absolument pas au vieux sorcier. Il semblait ne pas être en grande forme, ni mentale ni physique par voie de conséquence. Il se demandait s'il ne fallait pas qu'il se tourne derechef vers le nord-est et qu'il parte en direction de la cité même de l'Epine Dorée. Mais la cité d'Eldarinwa était à égale distance du monde elfique que des grandes cités proches des humains. Daranovar ou Serramire étaient distancés de la même manière depuis ici. Et c'est à grand renfort de discussions et d'échanges avec les marchands qu'il obtint de bien pires nouvelles des terres humaines. En quittant l'auberge dans laquelle il s'était restauré, Nakor se mit à réfléchir, bâton au poing, perdu dans ses pensées et marmonnant dans sa barbe

"La guerre, le feu, le sang et la mort ... peste soit des forces du mal, jamais elles ne laissent de répits aux terres humaines. Rébellion, trahison, régence remise en question, guerres intestines ... cela ne finira-t-il donc jamais?"

Puis laissant le silence l'envahir, Nakor se passa longuement la main sur la barbe, avant se prendre enfin sa décision, appuyé par ses souvenirs, ses émotions, ses craintes, sa magie, sa force de vie et sa haine du mal dans sa grande généralité.

"Timérion n'est pas en danger de mort immédiat ... ce n'est pas le cas des autres."

Puis, sans hésiter, le Magistère du Firmament se tourna vers l'Ouest. Le chemin était long mais il lui éviterait des embuches. Le vieux fol savait se défendre, à n'en pas douter, mais il n'avait nullement envie d'affronter et de blesser des soldats qui, ne le connaissant pas, s'en prendrait à lui. Il allait avancer en ligne droite vers l'Ouest, passerait au nord des Monts d'or, tout en restant au sud des montagnes des Wandres. La cité de Bastylle lui permettrait d'en apprendre un peu plus sans trop risquer pour sa propre vie. Ensuite la côte jusqu'à Lün, puis direction au sud en prenant bien garde de longer la côte afin d'éviter Sainte Berthilde. Puis il lui faudrait passer par dessus les monts Corbeaux, dans la chaine d'Avoshe jusqu'à la cité d'Harren. A ce moment là seulement, il devrait en apprendre plus sur la position exacte du Comte qui l'intéressait. Nimmio de Velteroc devait se trouver non loin de ses terres et chercher à les défendre du mieux qu'il pouvait. Peut-être avait besoin de conseils? D'Aide? De rien de ce que le vieil homme pouvait lui apporter? Il ne le savait pas, la dernière fois qu'il l'avait vu, de ses yeux vu, il lui permettait de prendre la fuite du palais royal en Diantra, alors qu'il affrontait pour se faire, le Sénéchal Noir Hans. Cela semblait faire une éternité autant qu'une seconde que tout cela s'était passé. Ne perdant pas de temps, il déploya son étoffe violette, ses pouvoirs et s'envola de la ville elfique aussi vite que possible. Sur son long chemin, c'est de folles nouvelles qu'il entendit, des histoires extravagante comme sans doute malheureusement réelles : des morts par milliers, des seigneurs tombés dans les mains des autres, des morts revenant à la vie pour venir manger les petits enfants dans les fermes, des animaux plus grands que des châteaux, sortant des mers pour venir dévaster le monde impie ... en un mot comme en sang : des fadaises. Les jours s'enchainaient et Nakor pressait le pas, qui sait ce qu'il avait vraiment put se passer, ce qui était réellement arrivé à Nimmio? A Hanegard? A Altiom? A Jérôme de Clairssac? Et à l'autre bout du monde, qu'advenait-il de Glenn? De Glinaina sa chère petite gourgandine? Et de tant d'autres. Le vieux cœur du mage n'y tint plus, il poussa plus en avant et descendit sur la route : il lui fallait des informations fraiches. Trois cavaliers arrivaient du nord et se rendaient en ligne droite dans la direction opposée. Comme une folle chevauchée vers Erac justement ou peut-être plus au sud, Velteroc. Il fallait prendre le risque : était-ce des cavaliers ennemis? Des amis? Nakor resta là au milieu du chemin et secoua sa vieille main comme pour faire signes aux gens d'armure de cesser leur cavalcade un instant. Et quel immense soulagement quand de loin, il reconnu le blason sur fond de rouge sang, portant en son sein un phoenix en envol, noir. Les armoiries de Nimmio! Les dieux étaient-ils enfin avec lui? Nakor prit la parole

"Holà chevaliers. Des nouvelles pour un vieil homme inquiet? Savez-vous où peut se trouver Sa Seigneurie le Comte de Velteroc?"

Les hommes se regardèrent quelques instants, échangeant des regards douteux, afin de laisser la parole à celui en position de domination. Qu'allait-il donc faire? Rire de lui, volter et partir? L'attaquer? Répondre? Nakor allait bien vite le savoir. Il se tenait prêt à toute éventualité de toutes les manières.
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Nimmio de Velteroc
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MessageSujet: Re: le phoenyx et le magicien (PV Nimmio)   Mer 20 Aoû 2014 - 15:30

1er jour de la 6e ennéade de favrius, premier mois d'été


Le premier chevalier parut interloqué et se tourna, incrédule vers son compère. Que faisait cet vieil homme à la frontière entre Erac et Velteroc ? Ne savait-il point que la guerre était partout au nord d'ici et que les tensions étaient désormais palpables entre les deux territoires ? Que faisait-il dans une tenue pareille, digne des magiciens de comptes et légendes ?

Oh la maraud ! Qui es-tu et que viens tu faire par ici ? Comment oses-tu demander audience à sa grandeur le Comte Nimmio de Velteroc ?

C'est alors qu'un troisième cavalier fit son apparition de derrière les deux premiers. Il revenait de derrière les fourrés, sans nul doute occupé à une quelconque affaire d'importance. Voyant le magicien, il se figea net.

Attends Azvig, je crois que c'est Nakor, le conseiller du roi. J'étais à Diantra auprès du Comte quand cet homme lui a sauvé la vie... A fini par nous sortir d'un bien mauvais traquenard en détournant l'attention de la garnison qui nous était tombée dessus.

Le premier homme stoppa net sa vindicte et sa mine se fit moins autoritaire. Le dernier venu s'avança alors, l'air  solennel.

Mon seigneur, c'est avec un grand honneur que je vous escorterais auprès de sa grandeur le Comte Nimmio.

Amenant un cheval de transport et répartissant les bagages de ce dernier sur ceux de ses camarades, le chevalier invita le magicien à monter à leurs côtés afin d'effectuer le trajet qu'ils auraient à faire ensemble. En route, Nakor put ainsi apprendre qu'ils se rendaient au sud de Beltrod, pour les rassemblement des armées du Médian, sous les ordres du Comte en personne. Il put également apprendre que ce dernier s'était réveillé il y a peu après un long comas consécutif à une tentative d'assassinat.  Après une grosse journée de cheval et avoir traversé Beltrod, ils arrivèrent en vue du camp où se rassemblait l'ost Veltero-Hautvalois.  La tente de commandement du Comte était caractéristique et ne fut pas difficile à trouver. Le magicien fut donc introduit auprès du maitre des lieux.

Nakor ! Mon vieil ami, comme je suis heureux de vous revoir ! Je vous ai cru perdu lorsque vous m'avez sauvé à Diantra ! Est-ce le destin qui vous amène une fois de plus vers moi en ces temps décisifs ?
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Nakor
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MessageSujet: Re: le phoenyx et le magicien (PV Nimmio)   Jeu 21 Aoû 2014 - 15:34

Mais quelle audace! Les chevaliers s'adressèrent à Nakor avec tout le rustre qu'il était possible d'invoquer dans pareil situation. Le vieux fou allait balbutier qu'il n'était absolument pas un maraud, mais par là même il abaissa son visage sur son accoutrement. Et il dû bien se rendre à l'évidence qu'il ne faisait pas grand seigneur terrien, mais plutôt un pauvre hère sur le retour, trop vieux pour avoir encore toute sa tête. A moins que ce ne soit la barbe? Il n'eut pas le temps de se poser la question plus avant qu'un autre émergea des profondeurs des bois et sembla réfléchir avant de donner quelques précieuses indications à ses compères. Le magistère se mit alors à sourire et hocha vigoureusement la tête, en marmonnant dans sa barbe

"Oui, oui c'est moi, oui, oui c'est bien moi oui ..."

Puis il fut nommé avec bien plus de politesse et de révérence, trop d'ailleurs pour Nakor, qui détestait le protocole et l'étiquette qui mêlait les titres et les caractéristiques d'une personne.

"Ho, je ne suis le seigneur de rien, ni de personne mon bon ami, mais je suis heureux d'entendre votre proposition. Je vous suis chevalier!"

Et ils lui présentèrent un cheval vigoureux. Le sorcier roula un peu des yeux, il n'avait jamais aimé monter à cheval, parce qu'il ne voyait pas pourquoi il devait faire payer son propre poids au fardeau déjà non négligeable de ces pauvres animaux. Mais il ne pouvait se permettre de refuser. Il se saisit des rênes comme un expert, glissa son pied dans l'étrier et bondit pour se retrouver assis ...

"Mais qu'est-ce que? ... Hooo Pale-sang-bleu ... qui diantre a fait volter le cheval pendant que je montais hein?"

Nakor se retrouvait dos à la tête du cheval, face à la queue balançante de l'équidé tranquille. C'est donc dans un mélange de gesticulations incroyables, d'injures outrés et de râles que le vieux fou se mit correctement en place, pivotant bien malgré lui d'une fort étrange manière. Tentant de reprendre le peu de contenance qu'il pouvait lui rester aux yeux des chevaliers, il rabaissa son chapeau et dit en se raclant la gorge

"Et bien ... allons y chevaliers!"

Et une fois mis en route il demanda si la santé du bon Comte était au beau fixe. Il apprit alors plus précisément les conditions du conflit, la tentative d'assassinat qui lui avait fait sortir les yeux de ses orbites. Dés l'instant, il avait cessé de passer pour un vieil imbécile ne sachant pas monter à cheval, il avait talonné la garde en intimant de presser le pas d'une voix très autoritaire. Tous suivirent et ils arrivèrent enfin dans l'immense camp qui concentrait les forces du Médian tout entier. Le Magistère du Firmament repéra la tente du Comte et fut amené rapidement auprès de son jeune ami. Il entra et fut accueillis avec chaleur par un Nimmio qui semblait bien aller, pas de cicatrice supplémentaire bien en vu, pas de membre en moins que ceux qui lui restaient à Diantra. Sans même hésiter une seule seconde il s'approche du Comte et lui donna l'accolade

"Mon cher Nimmio, je suis heureux de voir que je n'ai pas déployé force de magie pour rien à Diantra. Je craignais moi-même au départ que ma diversion ne suffise. Je ne sais pas si le destin m'amène de nouveau vers vous au bon ou au mauvais moment ... seul l'avenir nous le dira. Mais je vous en supplie dites m'en plus sur votre santé."

Reculant pour lui laisser de l'air et pour calmer la tension des gens dans la pièce qui semblaient ne pas apprécier la trop grande proximité du vieux taré avec leur cher maitre, il se passa la main sur la barbe et continua

"L'on m'a dit beaucoup de choses en route, vous remercierez les chevaliers qui m'ont mené jusqu'à vous. Je vois des troupes nombreuses dans ce camp, je vois le médian et donc la guerre qui approche. Mais une tentative d'assassinat. Par tous les dieux du ciel Monseigneur, dans quelle position êtes-vous?"

Puis plongeant sans trop savoir pourquoi dans de vilains souvenirs, Nakor souffla longuement, en regardant dans le vide. Avant que son ami et seigneur lui réponde et dresse un bilan précis de la situation, des tenants et des aboutissants, afin qu'ensuite il puisse le conseiller au mieux, il repensa au Diantra d'il y a quatre cent ans, un roi fort, des nobles unis contre l'ennemi commun. Puis la folie, la maladie, les trahisons, les soulèvements. Folie que son long combat contre le mal. Il devait en savoir plus avant de continuer.
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Decado
Humain
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MessageSujet: Re: le phoenyx et le magicien (PV Nimmio)   Dim 31 Aoû 2014 - 16:12

    Spoiler:
     

    Il arrivait parfois que Decado Salyrann, à l’indépendance farouche, se retrouve en un lieu et une époque où il n’avait guère sa place, et dont il ne pouvait s’échapper sur-le-champ.
    Il en avait été ainsi dès mois plus tôt, lorsqu’il avait atteint les Portes d’Anaëh, après avoir fuis les saynètes sanglantes d’une vie de haine et de misère. À cette époque, son existence était encore calquée sur les arpèges de la vaste lie des guildes estréventinnes, et leur lot d’intrigues perpétuelles…
    Ce genre de déconvenue s’était souvent répété lorsqu’il était plus jeune, entre les coulisses d’un groupuscule d’elfes noirs à Sol’Dorn. Dans les débuts de sa carrière, l’assassin avait fait ce qu’on lui demandait, au moment où on le lui demandait. Lorsque les missions qui lui étaient confiées n’étaient pas à son goût, le tout jeune Decado se contentait alors de hausser les épaules et d’obtempérer ; quel autre choix avait-il ?
    L’âge et l’expérience aidant, combinées à une réputation qui rendait nerveuses même les crapules les plus sauvages, il n’acceptait désormais que les missions qui lui convenaient, à lui et à personne d’autre. Pourtant…de temps en temps…il se retrouvait dans un endroit où il ne désirait pas être comme ce matin-là, sous les pans gondolant d’une vaste tente immaculées, au cœur d’un campement Veltero-Hautvalois, à rouscailler intérieurement.
    Ses iris, d’un rouge d’aniline, balayaient le Conseil de guerre réunie au grand complet dans la guitoune de commandement tandis que sur son doux minois, une expression hautaine masquait son air narquois coutumier. Il avait troqué ses nippes de voyage contre un tabard comédon aux longues basques tombantes jusqu’à mi-chevilles. Son torse était frappé du phénix veltérien, et un large ceinturon enserrait sa taille fine. Il arrivait parfois qu’un regard, tantôt nerveux, tantôt intrigué, en effleure le cuire et les armes exotiques qu’il ceignait dans leurs fourreaux ouvragés. Des lames que l’on ne retrouvait pas même dans les marchés d’Ydril, à la croisée des chemins, ni sur les râteliers du fort de la Vaillance, au cœur de la médina militaire de Diantra. Des lames qu’il était impossible d’acquérir au royaume du Sud-Ouest, mais qu’il était courant d’exhiber, loin à l’Est, là où le soleil se couchait. Là où l’espèce humaine était méprisée parmi tant d’autres races. Là où la nuit était éternelle…
    L’assassin avait remarqué que les vassaux du Comte se tenaient à distance respectable de sa personne, lui accordant d’avantage d’espace qu’aux autre soldats malgré sa taille moyenne et la sobriété de sa tenue.
    Il haussa les épaules et s’adossa dans un coin de la tente contre un piquet cardinal, un avant-bras posé sur la poignée de son épée, l’autre le long du corps, tout en faisant tourner entre ses doigts une pomme verte inentamée qu’il lançait et rattrapait de temps à autre, sans même la regarder.

    Si ses prunelles demeuraient figées sur le faciès du Comte, et les ébauches de campagne politique, de stratégies suggérées, de prise de pouvoir, de conflits avenirs…son esprit vagabondait toujours entre les limbes de sa dernière confrontation avec Istovir, plus tôt dans la matinée.
    Un infime rictus vibra sur sa lèvre supérieure lorsqu’il remonta encore plus loin dans le temps, dans les premières semaines qui avait précédé son entrée au service des Velteroc.
    Decado Salyrann avait rarement été déconcerté au cours de sa vie tumultueuse. Il avait traversé des épreuves qui auraient rendu fébriles n’importe quel guerrier aguerri, on l’avait plongé dans des intrigues dont les ruses sophistiquées avaient été imaginées et perfectionnées par une race pour qui le terme « cruauté » raisonnait en concordance avec « spontanéité ». Il avait affronté presque n’importe quel type d’adversaire, toutes races confondues et il avait survécu aux pièges d’Estrévent. Comme toujours lorsqu’il menait un combat contre ce monde qui l’avait façonné, il s’était montré alerte et prévenant.
    Pourtant, rien ne l’avait préparé à retrouver un jour, dans le miroir de ses appartements, le reflet d’un Drow qu’il avait assassiné de ses propres mains, et laissé pour mort dans les égouts de Sol’Dorn. Un Drow dont le trépas marquait un point final à une époque où il n’avait été qu’un tueur à la solde d’un groupuscule scabreux comme il en existait des centaines en Ithri’Vaan.
    Durant les quelque seconde qui avaient suivi il était demeuré impuissant face à l’image dimensionnelle, à la merci du sorcier qui aurait pu le tuer à tout instant.
    Au lieu de cela, Istovir avait engagé la conversation avec sa gouaille habituelle, soulignant subrepticement à quel point l’assassin avait été à sa merci, lui dévoilant mots pour mots, syllabes après syllabes, comment il avait maquillé sa mort après leur affrontement dans les ruines du manoir Khalazza, et comment il avait suivi dans l’ombre ses agissements jusqu’à ce point précis, en Velteroc. À l’épilogue d’une conspiration qui avait manqué envoyer Nimmio dans les embrumes du royaume de Tyra. Il lui avait également exposé son intérêt pour le Comté, et fait peser sur ses épaules la précarité de sa position en Péninsule si le Comte venait à succomber à ses blessures, juste comme ça, par un étrange coup du sort, malgré les soins drastiques de Darius.
    Decado ferma les yeux, laissant ses pensées se disperser dans mille directions, dont aucune ne menait à une conclusion agréable, sa fuite d’Ithri’Vaan et son épopée jusqu’à Velteroc avaient formé l’une des périodes les plus heureuses de sa vie.
    Mais même ça, cet infime détaille, n’avait été qu’une farce.

    Solaufein et Istovir lui avaient tout pris.
    Mais y avait-il seulement quelque chose à prendre ?
    …et Decado Salyran avait-il jamais été réellement libre ?
    Decado Salyrann de Velteroc.

    Cette dernière pensée fit naître un sourire méprisant vis-à-vis de lui-même sur son minois d’albâtre.
    Après une dernière inspiration, l’assassin rouvrit les yeux, laissant ces souvenirs stériles s’évaporer lentement dans les volutes de sa conscience.
    Istovir ne tarderait pas à se manifester. Le plan était en place…
    …à un détail prêt.


    « Nakor ! Mon vieil ami, comme je suis heureux de vous revoir ! Je vous ai cru perdu lorsque vous m'avez sauvé à Diantra ! Est-ce le destin qui vous amène une fois de plus vers moi en ces temps décisifs ? »

    « … »

    Le visage parfaitement neutre, Decado détailla la silhouette familière de l’archimage au moment où ce dernier écartait les pans de la tente velterienne pour s’approcher du Comte, le traitant avec une familiarité insoupçonnée.
    Rompu aux coups de théâtre, l’albinos du faire appel à des décennies de concentration, de discipline martiale, et de maîtrise de sois pour conserver cette tranquillité impériale qu’il avait toujours su cristalliser au point d’en faire sa marque de fabrique.


    « Mon cher Nimmio, je suis heureux de voir que je n'ai pas déployé force de magie pour rien à Diantra. Je craignais moi-même au départ que ma diversion ne suffise. Je ne sais pas si le destin m'amène de nouveau vers vous au bon ou au mauvais moment ... seul l'avenir nous le dira. Mais je vous en supplie dites m'en plus sur votre santé. »

    Nakor n’avait pas changé. Toujours aussi prévenant, il laissait planer dans son sillage cette aura de plénitude prompte à calmer le plus obscure des cœurs ; intense et lumineuse, comme une fenêtre ouverte sur une prairie ensoleillée.
    Un Eden aux antipodes de la grande nuit étoilée qui se cachait dans l’âme de Decado Salyrann.

    Ainsi l’assassin se tue et assista aux retrouvailles, anticipant l’instant où le regard pétillant du vieillard accrocherait les braises du sien.
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Nimmio de Velteroc
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MessageSujet: Re: le phoenyx et le magicien (PV Nimmio)   Jeu 11 Sep 2014 - 9:17

1er jour de la 6e ennéade de favrius, premier mois d'été

Mon vieil ami, je ne puis malheureusement que vous confirmer tous les dires qui vous ont étés rapportés. C'est hélas vers la guerre que nous cheminons. Léandre le félon a été intronisé Duc par la Régente et cela est un pied de nez au souvenir du bon roi Trystan que de nommer sen ces terres une homme qui s'éleva jadis contre lui et son fils. Sa présence est une insulte pour le médian. L'heure est donc venue de le pousser vers la sortie et de réunifier nos terres sous une seule et même autorité. Par ses actes a Diantra et en attentant à nos vie, la régente a montré son vrais visage et je suis persuadé qu'elle trame de sombres complots contre nous à présent.

Il marqua une courte pause, invitant de la main son vieil ami à s'asseoir à la table sur laquelle des cartes du Médian étaient dépliées. Il fit ensuite de même, se posant sur son fauteuil et demandant à son échanson d'apporter une coupe de vin Hautvalois à son invité.

Pour ce qui est de la tentative de meurtre dont j'ai été victime, j'ai bien peur de ne pas avoir le commencement du début d'une piste qui mènerait à son commanditaire. Tout ce que je sais, c'est que les hommes qui sont venus pour moi étaient issus d'estrevent et que parmi eux se trouvait un homme qui me sauva finalement la vie... Mon demi-frère, Decado ici présent.

Il montra alors à son invité l'homme qui demeurait à l'écart dans la discrétion qui lui était propre. Sand doute cela faisait-il partie de l'enseignement d'assassin qu'il avait reçu auprès des plus dangereux d'entre eux. A vrais dire, le Comte n'en savait pas grand chose. Depuis son réveil, ils n'avaient que peu eu le temps de parler seul à seul car les événements s'étaient précipités. Les retrouvailles réelles attendaient dès lors, mais une chose était certaine : un lien réel et très puissant unissait les deux hommes.

Mais a part tout cela, je me remet étonnamment bien de tout cela. Mon corps portera a jamais quelques traces de plus, héritées de cet affrontement qui faillit me coûter la vie, mais il ne semble pas en garder de quelconques séquelles handicapantes. Rien à voir donc avec la créature qui m'estropia, il y a de cela quelques mois. Et puis, Darius veille encore et toujours à ce que je reçoive les meilleurs soins possibles et que je ne forces pas trop durant ma convalescence...

C'était dit avec une légère pointe d'irritation. Celle d'un homme qui ne cessait de se faire rappeler à l'ordre par son colosse de médecin à chaque nouvelle tentative de se dérober au repos qui lui était imposé. Le prêtre de Mogar répondit par un sourire amusé et envoya un clin d'œil furtif en direction de Decado qui était chargé de la protection du Comte, mais aussi de s'assurent en son absence, que ce dernier ne forçait pas trop.

Mais revenons en à ce qui me préoccupe. Comme vous le savez, Bohémon, fils de l'Ivrey a été imposé en tant que roi sans l'assentiment des vassaux de la couronne et sa mère est en train de manœuvrer dans l'ombre pour éliminer les forces qui s'opposent à sa mainmise sur la péninsule. J'essaye pour ma part de rallier les fidèles aux idéaux du roi Trystan, mais je ne dispose pas de suffisamment de poids où d'arguments pour réellement faire pencher la balance de notre côté. Serait-il abusé, mon cher ami, que de vous demander de m'aider dans cette entreprise ? Nul doute que, de par votre passé, vous disposiez de toutes les connaissances et preuves nécessaires pour convaincre les indécis...
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Nakor
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MessageSujet: Re: le phoenyx et le magicien (PV Nimmio)   Dim 14 Sep 2014 - 13:36

Nimmio se décida enfin à prendre la parole après les suppliques du vieillard quand à l'obtention de nouvelles sur sa santé et sur sa position critique ou non, au sein des forces humaines. Nakor savait que le Royaume était une fois de plus dans une situation délicate, la guerre, les félons, les prises de pouvoir, les tourne-casaques ... un quasi éternel recommencement. Cela fit faire une petite moue au vieux magicien, qui jeta très discrètement un regard à chacun des subalternes de Nimmio, présent sous cette grande tente de commandement. Tout en écoutant, il fallait bien qu'il se décide à savoir qui était là avec lui et son jeune ami, seigneur de Velteroc.

##Un grand, un plus petit, un costaux, un lourdaud, des chevaliers, des nobliaux, et un jeune albinos aux pupilles flamboyante .... hein? Mais ... ##

Nakor n'avait passé son regard qu'un très bref et court instant sur chacun des membres de l'équipée, tout en écoutant précieusement les informations du maitre des lieux. Et c'est un léger sourire qui s'afficha après avoir passé ses yeux sur Decado. Le jeune et athlétique garçon qu'il avait rencontré voilà longtemps à la grande bibliothèque du côté de Thaar et qui s'intéressait de très très prés à la lignée des Velteroc. Pour ne pas attirer l'attention, il continua de passer ses yeux sur tout un chacun, mais son esprit était tourné vers le jeune spadassin. Beaucoup de questions vinrent au Magistère, quand aux raisons de sa présence ici, mais il les garda pour lui et rejeta un coup d'œil, tout à la fin, sur Decado, son petit sourire étrange sur les lèvres. Mais déjà il se faisait inviter à prendre un siège. Un bref coup de tête pour confirmer qu'il acceptait et il avança, bâton frappant le sol, jusqu'au siège. Il plongea alors dans la carte et observa les différentes positions connues des troupes alliés comme ennemies. C'est alors qu'il fut "présenté" à Decado, sous l'appellation de demi-frère du seigneur de Velteroc. Cela fit s'élargir encore plus son sourire de vieux fou conspirateur et hocha lentement la tête, les yeux un peu exorbité, comme s'il était étonné d'entendre qu'un tel lien de famille était reconnu là où d'autres auraient employé un terme moins élogieux, sans aucun doute. Il allait prendre la parole pour en dire plus mais Nimmio enchaina, malmenant son soigneur, ce qui amusa encore plus la vieille barbe blanche qu'il était. Mais les affaires sérieuses revinrent au galop et il fut question de Trystan, de l'Ivrey, peste soit de sa dépouille mille fois maudite, et de sa descendance. Nakor fit claquer sa langue en se tassant au fond de son siège

"Malédiction sur lui et les siens! Si seulement je n'avais pas été envoyé en mission diplomatique en nannie ... bien des choses auraient été évité Nimmio."

Puis plantant son regard dans celui de son interlocuteur, il continua et développa

"J'étais absent quand Aetius d'Ivrey a décidé d'ourdir ses plans infâmes afin de prendre de force la couronne, sous le couvert d'une sorte de rébellion des nobles, mécontent de la politique du roi Trystan. Mais au dernier moment, juste avant la fin, le roi aveugle à trouvé la force de pousser un dernier cri du cœur. J'ai ressenti jusqu'aux abords des ruines de Kirgan cet appel et j'ai usé d'un très puissant et dangereux sortilège de transport pour me retrouver à Diantra quelques instants plus tard. Mais il était trop tard, Trystan s'était vidé de son sang, aux pieds d'un Aetius d'Ivrey plus que satisfait de ce qu'il venait de faire. J'étais là Nimmio, c'est dans mes bras qu'est mort Trystan de Diantra sous les rires gras du rat usurpateur. S'en est enchainé une suite d'événements interminables : la folie de nouveaux pouvoir du pseudo régent-monarque qu'était le tyran d'Ivrey, sa disparition tout aussi foudroyante, quand il a voulu jouer avec des forces que même ses magiciens ne pouvaient maitriser. Puis la prise de pouvoir de sa compagne Arsinoé et maintenant cette mascarade d'enfant roi ... oui, une suite d'événements bien tragiques je vous l'affirme! Mais nous ne pouvons lutter contre les événements produits dans le passé. Il faut vivre avec et agir en conséquence."

Il respira alors un grand coup et passa les troupes présentes en revu.

"Je me réjouis que vous soyez encore de ce monde Nimmio, et vous devriez remercier vos soigneurs plus que vous n'avez l'air de le faire. Si vous perdez la vie, qui restera encore dans le Royaume pour rappeler que l'ordre et la justice sont des notions importantes, tout comme l'honneur et l'honnêteté. Vous pouvez sans doute finir par rallier à vous des nobles d'importance non négligeable, ceux qui étaient de vrais fidèles du dernier Fiiram couronné."

Puis un petit sourire vint s'afficher de nouveau sur la figure burinée du vieillard

"Car oui Nimmio, je connais de nos jours, peu d'hommes qui nommerait ouvertement leur demi-frère comme vous le faite avec Decado ici présent!"

Puis il se tourna vers l'albinos en question

"Voilà longtemps que nous nous sommes croisés n'est-ce pas mon jeune ami? Et voilà que je vous retrouve aux côtés du Seigneur de Velteroc ... ne vous l'avais-je pas dis? La vie réserve toujours quelques surprises! Il faut simplement y croire."

Et voilà que Nakor se mit à faire ce qu'il faisait bien souvent sans que personne ne comprenne vraiment pourquoi : il gloussa en sautillant dans son siège. En tout cas le jeu serait clair, pour Nimmio et Decado : Nakor savait quel était le lien réel entre les deux garçons et il trouvait touchant qu'ils soient tout de même unis et que l'un protège l'autre autant que l'inverse. Redevenant alors très sérieux, le Magistère conserva la parole encore un peu.

"J'ai enfin mené à son terme un très vieux projet. C'est sans doute l'aboutissement de mes plus de six cent ans de vie : le Firmament. Ma guilde regroupe en son sein, des mages de toutes les races de notre monde, qui cohabite ensemble dans l'entente et le respect. Cette guilde possède en elle de grandes ressources, et je fais ce qu'il faut pour que cela grandisse doucement mais surement. A l'heure actuelle, ce projet est encore trop jeune et sur la corde raide pour que je puisse prendre un partie prenant en son nom. Je me dois de laisser la guilde en dehors des politiques conflictuelles de la Péninsule. Mais Nakor n'est pas le Firmament. Rien ne m'empêche d'agir à ma guise moi seul, et de vous venir un peu en aide, comme je le fis lorsque je vous permettez d'échapper au sénéchal noir en Diantra. Et permettez-moi de dire que mon aide seule n'est pas à négliger. Demandez-moi et je vous aiderai autant que possible. Je suis certain que, aussi bien protégé que vous l'êtes, vous avez eu tout le temps nécessaire pour bâtir des plans ... je vous écoute donc Monseigneur, à qui pensez-vous?"

Comme à son habitude, avec quelques insinuations par ci, par là, Nakor était tout de même très direct et allait droit au but. La situation cependant, lui plaisait un peu plus qu'à son arrivée : un solide prêtre de Mogar pour soigneur, un assassin très doué gagné à sa cause en tant que garde personnel et des plans plein la tête, avec beaucoup d'énergie et d'envie de faire ... au point d'être soumis à un repos de force de la part de tous. Il fallait que de nombreux hommes de cette trempe voient le jour en Péninsule, sans quoi le chaos continuerait de régner longtemps.
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Decado
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MessageSujet: Re: le phoenyx et le magicien (PV Nimmio)   Lun 22 Sep 2014 - 19:48

    L’alizarine rougeâtre de ses iris resta un instant figé sur la silhouette paisible du vieil Archimage, et, sans hâte ni rudesse, Decado Salyrann s'ouvrit à ses sensations ; comme une Avirine s'épanouissant sous les timides rayons d'un soleil matinal. Il éprouva ce qui émanait du vieil homme, prenant lentement conscience du caractère irréductible de cette présence impartiale qui vibrait à travers le flux bariolé du campement comme une immense gemme de cristal. Son calme, et sa force tranquille ressemblaient beaucoup à ceux de Nimmio, mais avec plus de fractures, nota Decado...conséquences d'une existence tout entière à endurer les eurythmie du monde sans jamais vraiment y succomber. Car sous l'apparente fragilité du patriarche vibraient les échos d'un grand chant ; inaltéré, impérissable et opiniâtre.
    Une euphonie façonnée par les mains cauteleuses d'un géant dans son art.

    *Un géant fatigué.*, murmura cette intuition tranchante qui distinguait si bien l'esprit inflexible de Decado, tandis que les crevasses, les poches sous les yeux, et les taches de vieillesse lui apparaissaient plus nettement à son approche. Pourtant, si le visage était âgé, le regard, lui, ne l'était pas.
    Il brillait comme du zircon sur la nacre poudreuse de ses cornées ; vif, rusé, et attentif au moindre détail, reflétant subtilement la grande contradiction qu'était cet homme.
    Et à travers les reflets miroitants qui ondoyaient sur l'océan infini de ce regard, l’albinos ne décela aucun point de rupture. Du moins pas concrètement...
    À plus de six cent vingt-huit ans, le vieil homme était simplement devenu un virtuose dans l'art de masquer ses failles.

    ...et accessoirement les combler ?

    Statut de gypse sans piédestal, Decado ne répondit pas au sourire du magicien – du moins pas physiquement- il se contenta de le fixer avec intensité, l’espace d’un bref instant, puis coula son regard sur le faciès rayonnant du Comte, lorsque son demi-frère fit étalage des évènements récents survenus en Eraçon. Comme toujours, il était question d’honneur restauré, de justice souillée, et des réminiscence passées à évoquer la noblesse d’un roi trahit par l’ambition excessive d’un homme de pouvoir. La routine pour Decado…
    Toute fois, l’assassin fut troublé de constater à quels points les mœurs en Péninsules divergeaient des us estréventins ; là ou les complots étaient omniprésents, et à une échelle très différente de ces petites conjurations entre baronnies, aucun ne se serait affligé du romantisme inspiré par la mort d’un souverain au paradigme du roi Trystan. À Sol’Dorn, les arpèges de la plèbe se fondaient justement sur le changement et la trahison, ainsi les vétilles tels que la cruauté, et le pragmatisme, étaient considérés comme des vertus déifiées. Plus que cela... Elles étaient indispensables au fonctionnement des communautés.
    Qui s’attardait sur le sort d’une époque révolue… ?

    *Ainsi allait le monde.*, souffleta dans l’âme de l’épéiste, cette voix froide et morte qui l’avait conduite sur les sentiers du nihilisme, sur une route qui frisait l’espoir autant que le découragement jusqu’à lui faire éprouver ce genre de mépris blasé qu’il ressentait à chaque fois qu’il avait pu observer les déprédations de la société.
    Une valétudinaire qui ne frappait pas seulement l’espèce humaine ; Les elfes noirs en était l’archétype le plus tangible.

    Nimmio enchaîna sur la tentative d’assassinat déjoué, et l’adonis s’inclina à la mention de son nom, plus par politesse que par circonstance. Ses yeux se plissèrent lorsqu’il songea aux cycles qui avaient précédé la convalescence du Comte, aux longues journées passées à converser avec Darius, mais au peu d’intimité qui lui avait été accordée avec Nimmio lorsqu’il avait émergé des limbes. Pour ainsi dire, son rétablissement tenait presque du miracle. La lamme qui avait porté le coup honni contenait l’ichor d’un Toxeurove, créature myriapodes que l’on ne trouvait que dans les profondeurs de Faëlia, parmi les sphaignes nauséabondes, ou entre les aspérités géantes des cavernes du Puy d’Elda. Son venin mortel avait d’abord été employé par les Drow, puis s’était répandu par-delà les frontières du Puy, au sein des tueurs estréventins. S’il en connaissait les effets, Decado avait rarement fait figure d’empoisonneur au cours de sa carrière sulfureuse. Bien sûr, il lui arrivait de tuer par frappes éclairs suite à une infiltration…une poursuite…une traque lambda, mais la plupart de ses assassinats ses soldaient à l’épilogue de joutes sauvages face à des cibles qu’il avait lui-même choisit ; des Sart’glin renégats, des pirates zhurtanides, des gladiateurs, des despotes locaux, d’autres assassins…
    Sa période la plus active s’était déroulée durant les heurts qui avaient ponctué la chute du Quatrième Ost, il y a trois ans. Sol’Dorn étaient alors devenu le théâtre d’un chaos homérique qui en avait perturbé les fondations jusque dans ses embranchement les plus inviolables.
    Decado avait été le témoin – et parfois même l’acteur – d’évènement dantesque…il avait assisté à des horreurs qui auraient fait passer Aetius d’Ivrey pour un chérubin.
    Cet Aetius dont le nom semblait souvent revenir au cours de l’entrevue…


    « … »

    …cet Aetius dont la brutalité et l’ambition impitoyable ne surpris ni n’ému Decado Salyrann, qui enfant avait été vendu en esclavage dans une ville occupé par plus de vingt mille elfes noirs, qui avait passé sa jeunesse à vivre et respirer dans la cruauté et la violence infinie de cette race malveillante. En réalité il était peut-être le plus à même de comprendre ce type de raisonnement. La peur inspirée à autrui, la force, la passion, le désire de puissance, et la victoire qui aveuglait pour pousser jusqu’à l’inconscience. L’épéiste avait jadis connu l’ivresse de la notoriété sur le sable du B’aed, puis dans les quartiers Doeb, lorsqu’il s’était imposé par la violence et le mépris.
    Oui.
    Il fut un temps où Decado avait été, lui-même, un Aetius d’Ivrey en puissance.
    Mais là où Aetius avait cherché le pouvoir pour le pouvoir, le tueur n’avait tenté de s'élever que par la propension que lui inspirait son propre désire de survie, et surtout, il avait su voir par-delà le voile des illusions.
    L'albinos avait servi de nombreux despotes à l’image de l’ancien régent, et la plupart avaient connu une fin brutale, voire similaire…
    L’excès de pouvoir conduisait toujours à l’autodestruction ; c’était une suite logique et ininterrompue.

    L’espace d’un instant, il se demanda si les actes de Nimmio allaient servir à quelque chose, et pour combien de temps. Aetius avait laissé un héritage derrière lui, et cela n’impliquait pas seulement la présence de loyaux sujets tels qu’Arsinoé et Léandre d’Erac.
    Qu’adviendrait-il de Bohémon ?
    Qu’adviendrait-il des bâtards qu’il avait engendré ?
    À quand la prochaine coalition ?
    Le destin avait parfois un sens de l’humour assez risible…
    D’un point de vue pragmatique, la solution semblait couler de sources ; tuer Léandre, tuer Arsinoé, détruire tout ce qu’Aetius s’était évertué à bâtir, et abattre les enfants.
    "Abattre les enfants".
    Il poussa un soupir en prenant conscience du caractère inexorable d’un tel jugement. Quelques années auparavant, cette idée ne l’aurait pourtant pas révulsée.
    Il n’aurait pas hésité une seconde.
    Or il avait un regard différent sur les choses aujourd’hui. Et l’avenir lui semblait infiniment plus compliqué. Il leva les yeux sur le duo particulier qui conversait en face de lui, prêtant une oreille attentive aux bribes de chaque propos, et sentit une lourdeur poindre au creux de ses reins. Nakor et Nimmio étaient des hommes d’altruisme ; juste et généreux, il étaient motivés par des desseins que Decado peinaient encore à appréhender. Lui, voyait toujours les choses à travers le prisme de la méritocratie Doeben. Il ne se sentait pas vraiment proche des coutumes Péninsulaire… En pur produit estréventin, l’albinos s’était rendu à Velteroc dans le but égoïste d’assouvir ses ambitions personnelles, la suite des évènements avait pris une tournure imprévue ; Coriandre, les combats dans le palais, cet instant propice où il avait tenu Nimmio, inconscient, dans ses bras, et pour la première fois, cette émotion désagréable qu’il n’avait pas l’habitude de ressentir, lorsqu’il avait été frappé par leur ressemblance commune.
    Le jeune homme aux traits satinés et à la chevelure délavées avait fait vibrer une corde sensible chez l’assassin, lui faisant entrevoir, l’espace d’un bref instant, les possibilités vraisemblables sur ce qu’il aurait pu devenir si Alexine n’avait pas fui la Péninsule. S’il n’avait pas vu le jour au milieu des ordures, dans les taudis de Thaar. S’il n’avait pas été vendu en esclavage.
    Au lieu de détruire cet odieux rappel de son existence, il avait emmené le Comte en sûreté et laisser docilement la garde Velterienne prendre la suite des évènements.
    Aujourd’hui, il était là, au cœur d’une tente d’état-major, à temporiser dans un conflit qui n’était pas le sien.

    Et malgré tout, il n’avait pas l’intention de se débiner.


    « Voilà longtemps que nous nous sommes croisé n'est-ce pas mon jeune ami ? Et voilà que je vous retrouve aux côtés du Seigneur de Velteroc ... ne vous l'avais-je pas dis ? La vie réserve toujours quelques surprises! Il faut simplement y croire. »

    « Des surprises saisissantes … », rétorqua l’assassin, sur un ton suaves, en songeant au caractère opportun des paroles de l’Archimage, mais pas exactement au sens escompté. « …et je suis sûre qu’elles n’ont pas finit d’abonder. », il y avait un double sens dans ces dernière paroles, comme un avertissement. Une mise en garde.
    Un détail que le vieil homme ne tarderait pas à constater dans les minutes qui suivraient.
--------------------


    À plusieurs centaines de kilomètres de là, loin en Ithri’Vaan, quelque part dans les faubourgs qui jouxtaient la périphérie mouvementé des venelles de Sol’Dorn, Istovir se préparait à intervenir ; observant d’un œil amusé la curieuse comédie entre les trois comparses aussi atypiques l’un que l’autre.

    « Les choses se passent comme je l’avais prévu. »
    « Elles sont aussi dangereuses que je l’avais prévu. » Lui répondit la voix rauque de Brack’thal, son second, avec un soupçon de défiance.
    « Aussi prometteuses que je l’avais prévu. »
    L’autre soupira.
    « Tu n’as pas abandonné ton dessein de fonder une faction dans le royaume de l’Ouest. »
    « Un point d’accès pour Akh d'Barra*. (*L’Enclave des Ombres), corrigea Istovir. – son interlocuteur haussa les épaules. « Je ne répèterais pas les erreurs commises à la chute de Saulofein, mais je ne laisserais passer aucune occasion. »
    « Une occasion sur les terres d’un Comte dont les aspirations sont à l’opposé de ce qu’Akh d’Barra recherche ? »
    « Une occasion où qu’elle soit. »
    Brack’thal secoua lentement la tête.
    « Tu peux toujours sous-estimer à loisir Nimmio de Velteroc et ses amis... », l’avertit le guerrier. « Selon tes instructions j’ai envoyé des espions pour les observer de loin. Ce ne sont pas des arriérés qui prendraient tes histoires pour argent comptant. Et Nakor… Connais-tu la réputation de l’Archimage ? Sais-tu ce qu’il a fait à l’ancienne reine dans les ruines de Nisétis ? As-tu entendu parler du Firmament ? », il considéra un instant Istovir. « Bien sûr que non, tu n’ignores rien. »
    « Je serais déçus s’ils ne se montraient pas à la hauteur. », rétorqua le sorcier avec désinvolture, comme si la question importait peu.
    « Je t’avertis, Istovir, veille à manœuvrer prudemment, et ne te retourne pas contre eux. »
    « J’ai lutté dans les abysses de Sol’Dorn. »
    « Mais Sol’Dorn est régis pas des lois qui n’entrent pas en concordance avec les principes du Comte. Nimmio est un homme droit qui se laisse d’avantage guider par son credo d’honneur et d’équité que par l’opportunisme. Ses desseins sont toujours limpides. Il est aux antipodes de nos us ! » De la colère couvait dans ses iris solaires. De son côté, Istovir, silencieux, se contentait de l’observer sans se départir de son sourire énigmatique.
    Brack’thal soutint son regard un moment, puis secoua la tête avec fatalisme.
    « Tu essais de bâtir une œuvre là-bas. », proféra t’il sur un ton las en se détournant. « Tu cherches à créer quelque chose dans le monde des Homme ; pourtant, ta réussite, quelle qu’elle soit, jamais n’égalera celle qui t’ouvre les bras à Sol’Dorn. J’essaie de te comprendre, mais ma logique peine à rivaliser avec ton imprévisibilité. Que cherches-tu en Péninsule qui ne te soit pas déjà acquis dans notre patrie ? »
    « La liberté. », déclama le sorcier, sur un ton faussement débonnaire. « Ça m’a l’air d’être un motif assez valable. »
    Le guerrier Drow l’observa quelque instant avant d’acquiescer lentement.
    « La liberté n’existe pas… », finit-il par déclarer. « …il n’y a que la survie. »

    Istovir ne répliqua pas et observa son comparses disparaître dans l’embrasure de la porte.
    Ses prunelles se rivèrent sur le miroir de scrutation et la silhouette familière de Decado.


    *Et bien…toi et cet humain que tu dédaignes tant, avez au moins un point commun. *, songea-il, suppurant de cynisme.
    Pourtant il y avait, dans les paroles du combattant, une infime part qui ne sonnait pas totalement creuse aux oreilles du thaumaturge.
    Et l’espace d’un instant, Istovir redouta que Brack’thal n’ait raison.
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Nimmio de Velteroc
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MessageSujet: Re: le phoenyx et le magicien (PV Nimmio)   Jeu 9 Oct 2014 - 13:51

Ainsi, Nakor connaissait-il Decado, rencontré lors de l'un de ses périples. Il était amusant en effet de découvrir à quel point le hasard des dieux pouvait influencer les destins. Qu'es-ce qui pouvait bien les lier ? Nimmio n'en savait rien. Mais il connaissait suffisamment les deux hommes pour savoir qu'il y avait en eux une certaine alchimie qui les amenait à s'entendre.

Le Magicien présenta la sordide histoire de la mort du Roi Trystan, avec toute l'éloquence d'un conseiller royal et, malgré quelques essais de retenue, on pouvait sentir dans sa voix toute l'étendue de la douleur encore présente en son cœur. Une blessure qui jamais ne se refermerait y avait été pratiquée par la lame d'Aetius d'Ivrey.

Vint alors le moment pour l'Archi-mage de proposer son aide pour soutenir le Comte de Velteroc contre les vils projets de la Régente et de ses sbires.  Cette aide serrait d'un grand secours en ces temps incertains.

Mon bon ami, je ne peux que vous remercier de cette confiance que vous l'accordez et de ce soutien sans faille que vous m'apportez depuis que nous nous sommes rencontrés. Essayant de faire subsister dans les cœur, la noblesse et les idéaux du Grand Roi Trystan, je ne puis qu'être honoré que celui qui fut l'un de ses plus proches conseillers voit en moi une personne digne de ses conseils et de son soutien. Nous avons en effet réfléchit à quelques plans que je ne peux malheureusement vous dévoiler ici. Des oreilles mal intentionnées peuvent se cacher parmi nous, mais soyez certain que nous ne sommes pas désarmés face à la puissance des traitres coalisés.

Profitant de cette annonce, il fit alors signe aux hommes qui l'entouraient de sortir, ne laissant en ces lieux que Nakor, Decado, Darius et lui-même. Si d'aventure, quelques confidences devaient s'échanger ici, il faudrait que le sceau de la discrétion en assure la protection.

Quand à votre aide mon bon ami, je pensais vous demander de devenir un de mes ambassadeurs dans un premier temps. Je préfèrerais, à moins d'y être contraint par la nécessité, ne pas avoir à vous demander d'utiliser la magie pour tuer mes semblables. Je suis de ceux qui pensent qu'elle devrait, autant que possible rester bénéfique pour les êtres vivants de notre monde. Ainsi, aurais-je besoin de vous prochainement pour défendre ma cause auprès de seigneurs dont je pense qu'ils ne sont pas opposés à nos idéaux, mais dont la motivation est engourdie par la peur suscité par l'implacable ennemi qui nous fait face. Voir un conseiller du Roi en personne pourra peut-être leur insuffler une lueur d'espoir, les amenant à  nous rejoindre.


Nimmio fit alors une pause dans son récit. Il venait de ressentir quelque chose. Une présence, une puissance. Quelqu'un observait, où quelque chose. Une sorte de sixième sens venait de se mettre en alerte.  Inexplicable, inintelligible pour lui, ce sens s'était toujours activé lorsque planait un danger sur sa vie. Cependant, il ressentait qu'aujourd'hui, c'était différent. La menace n'était pas précise, où du moins pas immédiate. Elle semblait potentielle.

Instinctivement, le Comte se tourna vers son demi frère, comme si quelque chose lui disait que ce dernier pouvait ressentir ce qu'il sentait. La chose semblait magique. De légers picotements venaient parcourir la moelle épinière du jeune noble. L'air se chargeait d'une présence mystique. Sans doute Nakor lui aussi l'avait ressenti.

Est-ce lui ?  Dit alors le Comte à son demi-frère.
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Nakor
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MessageSujet: Re: le phoenyx et le magicien (PV Nimmio)   Mar 14 Oct 2014 - 18:21

Nakor tiqua quelque peu lorsque le jeune Decado répondit. Un ton tranquille, presque enjôleur et de fait, suffisamment de froid dans les yeux pour sonner une sorte de petite alarme dans l'esprit du vieux fou. Il gardait son sourire en toute circonstance mais hocha encore plus qu'à son habitude la tête. C'était une manière d'être, il hochait la tête quand on lui parlait, comme pour signifier qu'il avait bien entendu et que la personne en face de lui pouvait continuer à prendre la parole sans crainte de devoir répéter ou éclaircir un point à cause d'un quelconque manque de concentration de la part de la barbe blanche. Mais avec une pointe de malice dans les yeux, il indiquait qu'il saisissait un double discours. Sans plus s'en soucier, car sous ses faux airs de vieux fou complètement détraqué, Nakor était un sorcier et de la vieille école en plus : vigilance constante et esprit vif étaient les maitres-mots de son éducation. Réactivité, adaptabilité, surprise aussi, mais chaque chose en son temps. Sans que Nimmio ne prenne garde au manège des deux acolytes du moment, il remercia les quelques qualificatifs avantageux dont le mage avait fait preuve à son égard et continua avant de démontrer toute son autorité sur ses gens. D'un simple geste, il commanda à ses hommes de quitter la tente et de laisser en paix le Seigneur des lieux. Naturellement, tout ceux qui devaient partir, le firent sans demander leur reste. S'attardèrent donc le Comte bien sur, mais aussi son soigneur de prêtre aux allures de gentil colosse, son frère bâtard et le Magistère. Nakor se fit toute oreille et écouta les propos et les demandes du jeune seigneur terrien, sans pouvoir s'empêcher de se mettre à sourire. La magie et sa non utilisation pour la tuerie, voilà bien quelque chose qui était on ne peut plus évident pour le vieillard à chapeau pointu. Oui, le magicien utilisait certainement plus que quiconque la magie, aussi souvent qu'il lui était possible de le faire et seulement dans de très rares cas de manière offensive. Tout le monde pensait toujours que, étant du côté des forces du bien, il ne pouvait pas tuer, refusait de se battre et d'affronter les forces du mal. En sommes, les gentils ne pouvaient rien faire si ce n'est attendre qu'on les tue, bien placidement. C'était un raisonnement d'une sottise sans borne et par dessus le marché, ce raisonnement et ce mode de pensée avait traversé les âges sans discontinuer. Le vieillard était tout sauf un faible idéaliste qui attendait la mort, mais il n'était pas non plus un fauteur de trouble, meurtrier à ses heures perdues. Il allait donc répondre et expliquer son point de vu point par point quand il ressenti une vibration qui lui fit regarder dans absolument tous les coins de la tente en un seul coup sans même bouger la tête. Etrangement ses mains ne bougeaient plus du tout, alors que souvent on pouvait percevoir un léger tremblement mis sur le compte de l'âge avancé du vieux fou. Oui, Nakor était toujours prêt à toute éventualité, étant lui même un homme surprenant, il était difficile de le prendre totalement par surprise ou de le faire sur une trop longue durée. Mais il repéra aussi le petit manège de Nimmio et demanda juste à sa suite

"Lui qui? Y a-t-il aussi à votre service, un sorcier que je ne vois pas parmi nous?"

Le sourire du vieillard en disait long : il n'aimait pas forcément ce qui se passait, ne sachant pas s'il allait devoir faire face à un ami, ou un ennemi qui était légèrement attendu, avec l'espoir justement, que le vieux fou pourrait prêter main forte pour y faire obstacle. Nakor se leva lentement de sa chaise, les sens aux aguets en gardant la parole

"Vous savez que je suis plus que d'accord avec vous, c'est même ma raison de vivre : la magie n'est pas un art mortifère. Je combats l'utilisation des arcanes noires depuis plus de six siècles et si je passe ma vie à faire appelle à mes pouvoirs, je le fais aussi rarement que possible pour détruire et tuer. Aussi, si votre demande va dans le simple sens d'aller parler de ce que j'ai vu de mes propres yeux pour réveiller les nobles seigneurs endormis dans leurs châteaux, qui ont trop peur pour se souvenir eux même de leur idéaux en ces périodes troublés ... et bien je suis votre homme. Si je dois entrer en guerre cela sera véritablement quand il n'y aura plus aucune autre option et encore ... je préfère l'utiliser si votre vie en dépend, la votre ou celle d'une personne qui m'est proche, peu importe qui. Ce n'est pas de l'espoir dont vous avez besoin Nimmio, ni vous ni vos nobles endormis ... c'est de courage dont il est question : le courage d'assumer ses propres idées et d'en assumer les conséquences directes! Je peux tenter de l'éveiller, mais aucune magie ne peut en fabriquer."

Puis restant ainsi en suspend, il hocha lentement la tête avant de continuer à regarder dans tous les sens. Oui, le courage était une arme puissante et nécessaire quand on était noble, le courage d'être juste, le courage de protéger les faibles, de ne pas penser qu'à son propre bien et ses avantages sur le reste de la population, le courage aussi d'aller contre des ordres inacceptables. Et malheureusement, même les forces arcaniques du vieillard ne pouvaient rien y faire : si les gens vers qui Nimmio se tournait étaient des lâches, Nakor n'y changerait rien. Il fallait donc que le jeune seigneur fasse des choix intelligents mais le Magistère ne doutait pas de la qualité des choix faits par ce dernier. Il n'avait cependant toujours pas eu sa réponse mais il se tenait prêt à toute éventualité quand à cette bizarrerie magique.
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