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 Lorsque le vent d'Ouest mène à l'Aurore [PV Nakor]

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Timérion Adantar
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MessageSujet: Lorsque le vent d'Ouest mène à l'Aurore [PV Nakor]   Ven 25 Juil 2014 - 22:28



Le Flot de l'Olya avait porté les nefs avec une indifférence propre aux fleuves. Toujours coule l'eau vers l'océan et jamais ne s'émeut longtemps de ce qui la traverse. Le printemps avait gonfler les voiles et puis emporté la poussière soulevée par les chevaux. Le temps s'était écoulé à son rythme inaltérable depuis qu'il avait quitté sa retraite de Malereg, si loin au nord. Si d'autres races auraient estimé que naviguer à la fonte des neiges était une folie, Timérion avait confiance dans les vaisseaux antiques fabriqués par son peuple. Rien ne pouvait fendre les eaux comme la proue blanche de ces étranges cygnes.

Et à l'ondée avait succédé les plaines de l'ancien Nisetis. Tellement majestueuse et pourtant si chargée de souvenirs déplorables. Personne ne savait ce qui troublait les nuits du Seigneur Protecteur, mais il n'était pas difficile de le deviner. Du fond des âges, des images revenaient, des bribes d'une rencontre atroce et décisive qui avait ici scellé son destin. Et le soleil couchant, si beau dans son écrin doré, ne faisait qu'exacerbé ces angoisses nocturnes et la morosité diurne.

Il ne fut capable de réaliser l'incroyable vérité qu'une fois que le bruit et l'odeur de la mer vinrent accompagner la chevauchée. Il s'était à ce jour éloigné au plus loin de la forêt qu'il ne l'eut jamais fait. Et ce sentiment étrange et oublié qu'était celui de l'aventure et de la curiosité de la découverte lui permis d'atténuer un temps le manque de la Symphonie, tellement moins présente ici. Les broussailles ne murmuraient que peu et des paroles tellement futiles, ils étaient bien loin du discours complexe et subtil des frères arbres de la Prime Forêt. Le chant de la mer, lui, emplissait l'air d'une fraîcheur fort bienvenue dans ce silence si pesant.

Au loin, il pouvait apercevoir l'orée de la Maudite. L'endroit qu'il lui savait mortel et qu'il avait eu tant de mal à contourner. Et ce lieu qu'il ne pouvait visiter hantait pourtant son esprit. Il avait peur, peur de voir Ardamir sombrer dans la même folie, peur de voir disparaître toute once de raison dans le chant de ces frères-arbres si cher à son cœur noueux.

Mais il était loin de la guerre, loin du feu et loin des cris. Dans un océan de vert tendre ponctuée de fleur dans les journée encore fraîche d'un printemps timide, la délégation fendait le vent d'ouest comme les nefs d'argent avait fendu les flots pour l'amener en Ithri'Vaan. Ils étaient trop au Sud, tous le savaient, mais c'était là son choix. Il avait choisi de passer un instant rendre une visite au combien bienvenue à un vieil ami. Après seulement, ils guideraient leurs chevaux vers Naelis.

Enfin, il la vit, surgissant hors des flots sur son rocher, ce matin où le soleil éclairait la rosée. L'Aurore flamboyait face à la monté de l'astre du jour, surplombée par la l'astre d'or que la Malenuit avait laissé derrière elle. Impassible comme les Gardes d'Ebène qui l'encadraient et sans doute comme la cohorte de cavalier qui le suivait, il obliqua légèrement, sans ralentir sa course pour être dans l'alignement de la porte principale. A ces coté, les étendards et oriflammes de sa maison, feuille d'or sur l'ondée blanche, claquait dans le vent au coté de la bannière du trône blanc.

Le bruit des sabots sur le pavé de la cours, au rythme décroissant à mesure que les Elfes se mettaient en position pour descendre de selle. Au centre, flanqué des deux étendards, il regarda quatre mages montés prendre leur marque, le premier cercle de Gardes d'Ebène se mettre en place et les autres cavalier faire de même dans une chorégraphie parfaitement exécutée. Insensible à ce qu'il avait vu mainte fois répété, il descendit de cheval et s'avança, instantanément flanqué de deux mages et de quatre Gardes d'Ebène aux regard suspicieux et à la bouche close.

Ils respectaient leur voeux de silence, faisant que le voyage avait été d'un agréable silence pour le Seigneur Adantar. Le mutisme l'aidait à supporter la douleur, à supporter l'absence, à surmonter le vide. Il avait beau voir fleurir un nouveau printemps, il ne pouvait s'en émouvoir. C'était un renouveau, oui, un renouveau semblable aux huit-cents-cinquante-neuf autres. Nimuë aimait le printemps, surtout les torrents glacés de la fonte des neiges, c'est peut-être pour cela que son odeur lui était si amer. Désormais, il ne pouvait plus voir qu'une chose dans les arbres en fleur: il était seul et elle ne s'émerveillerait plus.

Un mage le précéda pour demander à être mené au maître des lieux. Il n'échangea mot avec personne, avançant simplement, de marbre face aux regards qui se tournaient vers lui, vers son visage difforme. Surtout les Elfes, les Nains et les Hommes, en soit, n'étaient pas si étranger que cela aux mutilations. Il entrevit une drow, peut-être une demi. Mais cela ne l'arrêta pas, il était au fait des visées de son ami et il n'avait pas autorité en ces lieux. Alors ses yeux vides passèrent et il continua sa marche à travers couloirs et escaliers jusqu'à la porte de bois où on les laissa.

"Laissez-moi entrer seul"

Il serait plus en sécurité dans cette pièce que ses gardes à l'extérieur. Il entra une fois invité. Il était vide, c'était tout, mais cette vieille voix arrivait encore à lui arracher un faible sourire sans vie. Il poussa le lourd battant, son entrée ponctuée par le rythme de sa canne. Face à lui, le seul humain qui avait jamais trouvé un peu de grâce à ses yeux, son visage marqué par un âge bien trop avancé pour son espèce. Désormais, il avait la certitude que celui-là serait peut-être le seul qui lui survivrait.

"Nakor, cela me fait plaisir de vous revoir cher ami..."

L'entretiens serait en elfique, non pas qu'il voulut l'imposer. Mais à la force du flot du temps, il y avait des habitudes qui s'ancraient de plus en plus profondément. La langue devenait l'une d'elle apparemment, et il lui fallait plus d'effort pour parler un langage qui ne fut pas cette elfique devenu de plus en plus ancien à mesure des siècles et qui constituait sa langue maternelle. Il n'y pensa de toute façon pas, son interlocuteur le comprenait quoi qu'il advienne...
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Nakor
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MessageSujet: Re: Lorsque le vent d'Ouest mène à l'Aurore [PV Nakor]   Dim 27 Juil 2014 - 22:29

Nakor était à son office. Alfirin avait amené les papiers que le Magistère avait réclamé, il voulait s'assurer de donner certains ordres et de signer certains papier avant son départ. La guerre en Péninsule, le temps qui s'était écoulé depuis la création du Firmament et le front elfique ... il était grand temps que le vieux fou sorte de son château et arpente le monde. Il avait besoin de mouvement, il avait besoin de monter voir les nains dans le grand nord, il fallait qu'il passe par la Péninsule pour prendre des nouvelles des gens qu'il affectionnait et qui étaient encore en vie, il fallait qu'il prenne aussi des nouvelles des rares elfes chez qu'il était le bienvenu, denrée plutôt rarissime avec les temps qui courraient. De sa plus belle et antique écriture, Nakor griffonnait quelques lignes, signait, cachetait puis aboya

"Alfirin!"

Le secrétaire personnel du Magistère, qui changeait assez régulièrement, non pas par défaut de compétence, mais parce que Nakor aimait croiser le chemin de la plupart des membres de sa guilde. Il pouvait alors se faire une idée des magiciens, parler avec eux, vérifier les idées, les manières de chacun. Et depuis plus de douze jours, c'était un elfe de passage au château, qui avait investi les lieux dés le début de la création de la guilde, une connaissance de Celindel. Un magicien d'un grand talent qui avait finit par apprécier la folie douce du vieillard sénile.

"Prenez donc ces missives mon jeune ami. Je passerai voir les membres de la guilde avant l'entrainement à la méditation perturbée prévue aujourd'hui. Savez-vous qui va mener l'enseignement?
- Oui Magistère, c'est vous même qui m'en avez confié la tâche hier matin.
- Absolument Alfirin ... alors pourquoi est-ce que je vous pose la question?
- Pour me rappeler que mon office de secrétaire général se termine ce matin.
- Excellent Alfirin. Vous avez mené votre tâche avec application, comme tout ce que vous faite au sein du Firmament. Je tenais personnellement à vous informer que j'ai bien noté tout cela et que je suis heureux de vous avoir avec nous mon jeune ami. Je vous espère parmi nous encore le plus longtemps possible.
- C'est ... c'est un grand honneur Magistère, je vous remercie."

Abasourdir un elfe, voilà un sacré tour dont Nakor n'était pas peu fier. C'était un brave mage, compétent dans le domaine de la manipulation de l'élément eau, très calme. Le grand sylvain se retourna en s'inclinant puis prit congés. Arrivé à la porte du bureau, au sommet de la grande tour, il fut arrêté. La barbe blanche venait de se lever et de lui dire

"Ho Alfirin ... attendez, j'ai une lettre pour nos deux Princeps. Veuillez les apporter sur le champ à Y'Shahinn et Celindel. Merci!"

Puis Nakor lâcha les missives et usa de ses pouvoirs pour les faire voler en douceur jusqu'aux mains de son secrétaire éphémère. Ce dernier sourit et s'en alla. Maintenant qu'il était debout, le vieillard leva ses bras pour s'étirer, souffla longuement et se déplaça jusqu'à sa fenêtre, un brin fourbu. Il ouvrit les vitres, laissa le vent le fouetter par faute de dépression soudaine à cette hauteur là. Puis se reposa sur le rebord large de l'ouverture vers l'extérieur. C'est alors qu'il finit par poser les yeux sur un immense cygne blanc portant comme couleur une feuille d'or sur ondée blanche. Il dit alors tout haut et d'un ton badin au possible, comme s'il ne comprenait pas vraiment ce qu'il disait

"Hoo, la feuille d'or de Timérion ... voilà longtemps que ... "

Puis il ouvrit des yeux si grands qu'ils manquèrent de sortir de leurs orbites. Au même moment Alfirin venait d'ouvrir la porte en grand, des yeux au moins aussi ronds que ceux de son maitre

- Magistère vous ... le ... c'est ...
- Oui ... Le Seigneur Protecteur de l'Epine Dorée Timérion Adantar."

Répondit tout aussi étonné, Nakor. Plus de bruit, personne ne bougeait, ils ne respiraient même plus, puis ils se mirent à parler en même temps, l'un disant que les cavaliers étaient aux abords du château, l'autre demandant s'il avait reçu un satané maudit courrier qu'on avait oublié de lui donner, balbutiant autant que possible. C'était une cacophonie lamentable. Puis le Magistère poussa de sa voix

"Hooohoho! Assez! Nooooon mais."

Il se remit la barbe en place, tentant de la lisser, il replaça son chapeau bien comme il fallait, saisit son bâton, releva le menton, puis frappa du pied sur le sol.

"Allez accueillir le Seigneur Protecteur comme il se doit. C'est un très vieil ami et
- Vraiment?
- Mais enfin oui puisque je vous le dis! Je vais le recevoir ici. Interdiction formelle à quiconque de poser le pied sur ce palier du château dés que Timérion y sera. Je ne veux aucune oreille qui traine. Ensuite allez vous occuper vous même de proposer à vos homologues elfes de quoi se restaurer à l'ombre de l'astre Sol.
- Oui Magistère."

Alfirin partit comme un dératé accueillir un dignitaire elfique, même si, au sein du peuple immortel, la hiérarchie n'avait absolument pas la même définition. L'esprit du sorcier était alors en ébullition, pourquoi donc son vieil ami avait quitté les remparts surpuissants de Malereg pour venir le voir? Lui qui souffrait depuis tant de siècles, tiraillés par les souvenirs mortifères de sa torture et la perte de Nimuë. Un ennui? Un regain d'énergie? Par tous les dieux du ciel, Nakor allait exploser sur place. Il entendit enfin des bruits de pas dans les escaliers et se tint solidement derrière la porte qu'il garda clause, il fallait malheureusement un semblant de procédure. C'est Alfirin qui frappa trois fois à la porte puis se retira en s'inclinant. Nakor dit tout haut

"Entrez donc!"

La porte s'ouvrit lourdement et laissa voir l'elfe torturé, appuyé sur une canne. Il était l'image des opposés : la beauté fabuleuse des elfes, renforcé par les siècles qui faisait de lui plus qu'un adulte dans son monde mais seulement sur la moitié du visage. L'autre moitié brulé, marqué à vif par des séances sans aucun doute insupportables et noires comme les ténèbres. L'image qu'il avait sous les yeux, réchauffa autant le cœur de Nakor qu'elle le serra le plus fort possible. Il y avait quelque chose qui manquait dans son ami, quelque chose qui n'était pas là. Etait-ce la féroce étincelle de vie qu'il y avait malgré tout en lui? Etait-ce autre chose? Le vieillard ne savait pas, mais peu importait : il était là, loin de ses terres naturelles, il avait donc pensé à lui et ça, c'était une marque d'amitié incroyable qui touchait le vieux fou jusqu'au coeur de ses vieilles entrailles. Et après avoir entendu les premiers mots elfiques de Timérion, Nakor ouvrit ses bras et lui donna l'accolade. C'était fort peu protocolaire, absolument pas en vogue chez les elfes mais ... tellement Nakor! Gardant les mains sur ses épaules, le vieux sorcier se recula un peu, plongea son regard dans celui de son ami et prit la parole en elfique, sans aucun accent humain.

"Mon cher ami ... c'est un plaisir encore plus grand qui s'éveille en moi. Il est bon de vous voir et de vous avoir avec moi."

Puis l'invitant à s'assoir, il continua

"Les escaliers sont hauts et fatiguant, prenez donc ce siège, il est d'un confort sans borne. Quelle surprise, je ne peux le cacher Timérion. Voir en bas, votre navire et qu'on me prévienne alors que vous êtes sur le point de monter les marches de ma tour ... ça alors! Quelle joie oui!"

Puis posant son menton sur ses deux mains, paumes ouvertes, coudes sur le bureau, il continua de scruter son invité surprise, tout en souriant légèrement

"Vous auriez dû voir la tête de mon secrétaire personnel ... je ne sais pas ce qui l'étonnait le plus, qu'un seigneur protecteur elfe vienne de sa lointaine contrée jusqu'au Firmament, ou que nous soyons tous les deux amis!"

Puis le vieillard ne put se retenir d'exploser de rire. Un rire franc, sincère et direct. Puis se calant au fond de son siège, il continua

"Mais je dois avouer que c'est un secrétaire intelligent ce jeune Alfirin, car alors il s'est sans doute poser une question que je me pose moi même."

Nakor savait que Timérion était un être extrêmement intelligent, il comprendrait donc par là que le Magistère se demandait aussi pourquoi donc il avait ainsi fait un tel chemin, lui, l'elfe autant protecteur de sa contrée que protégé par elle. La barbe blanche s'était d'abord dit que, quelque soit la raison de sa venu, cela ne pouvait être qu'une bonne raison puisqu'elle permettait de réunir deux amis en un même lieu, mais finalement, il pouvait y avoir de biens noires raisons qui menaient à des situations appréciable. Il valait donc mieux ne pas être ni trop positif, ni trop négatif, mais simplement poser la question. Timérion savait que Nakor n'était pas faux, qu'il l'avait de toutes les façons accueillit comme un frère, heureux de le voir jusqu'au fond de l'âme, mais en tant que tel, il se souciait aussi de l'état de santé de cet ami inhabituellement voyageur. Une inquiétude fraternelle touchante et coutumière de la part du maitre du Firmament. Sans permettre une réponse, Nakor proposa

"Mais je manque à tous mes devoirs! Un peu de vin? Il est léger et rafraichissant, gouteux ... un délice de tous les instants. J'ai pour aller avec, un fromage ... à faire tondre la barbe d'un nain!"

Un petit rire une fois de plus. L'expression était connu chez les humains et les elfes, c'est ce que l'on disait quand on était plus que prêt à tout pour obtenir un petit morceau d'un met exquis.
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Timérion Adantar
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MessageSujet: Re: Lorsque le vent d'Ouest mène à l'Aurore [PV Nakor]   Lun 28 Juil 2014 - 23:03



Assurément, il voulait savoir. Il avait beau ne pas le dire clairement et masqué sa curiosité sous quelque sous entendus, Nakor voulait savoir. Il voulait toujours savoir. Un aspect remarquable de sa condition d'humain qu'il n'avait pas perdu malgré les siècles. Timérion, lui, ne voulait plus savoir, il ne voulait plus rien voir même. Il avait vu passer les siècles et trépasser les amis par dizaine. Il avait vu les guerres, il avait connu l'amertume de la défaite comme de la victoire. Il savait qu'au final, la politique se résumait à un statu quo d'où ne sortait qu'aigreur. En près de deux cycles, il avait eu l'impression de tourner en rond. Pire, de faire une spirale vers le bas, vers la fin inéluctable de ce en quoi il avait cru et de ce pour quoi il s'était battu.

Il accepta poliment le verre offert par Nakor. La chevauchée depuis les rives de l'Olya avait été rude. Fort heureusement, il n'avait pas parcouru toute la distance sur le Mehera que la Mère lui avait envoyé comme précieux secours. Cela ne l'aurait peut-être pas tué, mais son moral ne s'en serait pas porté mieux avec un corps fourbu. Il s'assit sur le siège qu'on lui avait présenté, ou plutôt il se laissa tomber. Il ne voulait pas montrer de signe d'harassement, encore moins que de dépit, mais sa jambe n'en pouvait plus de la station debout. En fait, ces derniers mois, elle ne supportait plus grand chose.

Il prit le verre qu'on lui présenta et en sirota une gorgée, avoir soif ne signifiait pas qu'il fallait s'abreuver comme une bête. Le vin était bon, mais pas plus que ces milliers de breuvages qu'il avait eu dans sa coupe. Le siège était confortable, comme tant d'autre dans lesquels il avait pu s'asseoir. Ce genre de considération était sans intérêt aucun pour le Seigneur Protecteur désormais. L'inconfort passait aussi sûrement que le confort. A la soif succédait l'ondée et à l'ondée la soif. Un cycle dans un autre, éternel, comme son calvaire.

Il posa son oeil valide et inspira paisiblement l'air du bureau de Nakor. Qu'il était pénible d'être loin de chez soi en de telles heures. Mais le devoir restait le sens de son existence désormais, et ce devoir le menait à Naelis. L'amitié avait elle seule eu le pouvoir de le dévier un instant de sa course pour s'arrêter ici sous le ciel printanier de l'Ithri'Vaan. Après tout, qu'est-ce qu'un ou deux jours de délais, une étape de plus, ou un échange superflu dans une existence qui dépassait les cycles?

"Eraison est tombée, Nakor."

La phrase avait passé ses lèvres comme dans un murmure. A lui seul, pourtant, ce murmure fit s'abattre une ombre glaciale sur la pièce. La simple évocation du nom de cette cité jadis splendide et du temps de paix qui s'y écoulait sans que nul ne puisse s'en apercevoir suffisait à raviver la douleur de sa perte. Il n'avait pas su prévoir ce coup là et il s'en voulait terriblement. Les éclaireurs avaient fait leur travail, c'était indéniable, mais nul ne pouvait voir à travers la roche.

"La première cité a avoir connu un tel sort de l'histoire de Miradelphia. Tu sais à quel point nos villes et citadelles sont des lieux de savoir inestimables. Et bien, c'est une de ces étoiles de cultures et de beauté qui vient de s'éteindre sous la hargne des Sombres. C'est un choc pour l'entièreté de la Prime Forêt, les arbres ne murmure qu'a ce propos. Le sanctuaire a été violé, la marée est à nos porte et rien ne peut l'arrêter, c'est ce qu'ils commencent à se dire. Nous sommes au bord de la panique. Tant d'effort pour éviter le pire et voir que les volontés opposées ont mené à cette chute cruelle.

Les soldats ont été pris au dépourvu, à revers. Le temps qu'ils se ressaisissent, ils n'ont pu qu'assurer la retraite des civiles encore libre. La moitié de la population a pu quitter la cité cahin-caha, seulement la moitié. Tous les autres sont poliment qualifié de "disparus" mais nous savons tous ce que cela signifie, les chanceux seront les morts."

Les mots filaient sans qu'il ait besoin de réellement y penser. Ils étaient l'expression de ce sentiment tacite alors qui l'avait frappé lorsque lui-même avait appris la nouvelle. Les autres protecteurs avaient certainement réagi en essayant de garder cela secret. Lui avait juste tenu que l'annonce soit fait par son jeune intendant, plus proche de ses contemporain, une fois qu'il serait parti. Il n'en pouvait plus de voir des prédictions se réaliser. Il avait dépassé l'amertume et pester sur les autres Seigneurs qui n'avaient pas été assez vifs n'aurait en rien servi sa cause. Qui aurait pu le prédire? Personne, mais cela ne voulait pas dire que ça n'aurait pas pu être évité.

"Nous avons dangereusement perdu la main depuis ce soir où les fanatiques ont mis le feu à la forêt et que des soldats du second ost ont franchi les frondaison. Nous avons tout fait pour les bouter hors de la brèche mais la jonction entre mon armée et celle d'Elrendil Silad, lieutenant des épéistes, a malheureusement échouée. Nous avions deux Haut-Prêtres hérétiques et un Obok Senger contre nous, nous n'étions pas assez nombreux. La diversion était parfaite pour faire passer cette galerie sous nos lignes.

Mais soit... il faut rétablir le statu quo, au pire. C'est la raison de mon voyage. Comme il m'amenait par ici, j'ai pensé que tu aimerais savoir..."
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MessageSujet: Re: Lorsque le vent d'Ouest mène à l'Aurore [PV Nakor]   Mer 30 Juil 2014 - 20:44

Du rire, du silence, des questions, voilà ce qui pouvait rapidement résumer le vieux Nakor. C'était sa manière de faire, ses façons, sa vision de l'amitié et de la réception, aussi surprise qu'elle pouvait être. Que cela soit le grand seigneur protecteur de la forêt toute entière, ou un clochard péninsulaire, du moment qu'il était un ami, il n'y avait aucune distinction dans l'esprit du vieux sorcier. Il avait offert le logement, le vin et aux soldats le pain. Tout était donc tranquille, dans la quiétude et l'apaisement de la forteresse des magiciens, ici à l'Aurore. Et le temps du savoir été venu, le Seigneur Protecteur de Malereg allait enfin prendre la parole. Sans trop le dire, le Magistère craignait qu'il ne donne des raisons de santé personnelle, comme s'il sentait que sa fin était proche, ou alors un voyage ressemblant à un exil suite au conflit drow? Une simple visite de courtoisie, comme si les derniers mots que Nakor avait laissés à l'Epine dorée avaient été entendus par l'elfe Adantar. L'invitation du vieil ami mainte fois répétés, même si jusque là, c'était chez lui dans sa très vieille maison en Nisetis parmi les ruines d'une civilisation perdue. Maintenant c'était dans un immense château, acheté rubis sur l'ongle grâce à Celindel et à l'amitié entre la barbe blanche et Glenn Hereon. Mais alors que le son commençait à sortir de la bouche de l'elfe, Nakor en resta bouche bée. Signe cuisant de sa vilaine humanité, les mains du vieillard se mirent à trembler, ce qui arrivait rarement. Et c'est la tête pleine d'images épouvantable et le cerveau en ébullition que tous deux, restèrent dans un silence de plomb. Se passant machinalement sa main gauche sur la barbe, il ne put retenir dans la langue humaine cette fois

"Par tous les dieux du ciel!"

Puis Timérion Adantar expliqua ce qui était véritablement advenu, donna des informations sur les manœuvres maudites des drows. Ils n'y étaient pas allés de main morte et ces satanés prêtres ne devaient pas y être pour rien. Nakor reprit à la suite de son vieil ami, en elfique cette fois

"Yutar, Ellyrion et maintenant Eraison ... la soif des sombres est sans limite, ils quittent le Puys sans cesse ni trêve, jour et nuit, afin de prendre possession de tout ce qu’ils considèrent comme étant dans des mains de gens plus faible qu'eux. La haine qu'ils entretiennent votre égard, vous leur cousin des arbres est sans borne. J'ai demandé à Y'Shahinn, ma collègue ici, de mettre des espions de son choix dans les hordes drows. Mais les têtes pensantes, qui ordonnent aux Obok Senger sont trop malin pour être facilement bernés. Quand à ces prêtres maudits, les chiens de Bol d’Jiv’elgg je parie? Lui et son infâme culte de Kiel Elghinn ... j'aurai dû le combattre et tenter de le tuer quand je l'avais devant moi ... peste soit des drows et du mal. N'en auront-ils donc jamais assez? La Péninsule subit le revers d'un changement trop rapide au niveau du trône et l'idiote disparition du rat d'Ivrey. Tu affrontes les drows et le peuple nain se relève trop difficilement de la colère de leur dieu premier. Une fois de plus un cycle de malheur et de guerre ... nous en avons trop vu et trop connu n'est-ce pas mon vieil ami?"

Les mains du vieillard tremblaient encore plus alors qu'il invoquait son éternité et la déjà très longue vie du Seigneur Protecteur torturé.

"Paix éternel sur les âmes défuntes ... et paix rapide pour ceux qui sont tombés entre les mains maléfiques des plus fous d'entre vos ennemis. Je n'ai aucun conseil de guerre à te donner, encore moins à tes autres collègues Seigneurs Protecteurs mais ... Ardamir ne doit pas tomber. Daranovar est bloqué au sud par des montagnes, ils n'auront pas le temps de porter secours à votre capitale que les drows saccageront le Trône Blanc d'Alëandir. Dyarque est puissant mais pas invincible, aucun de nous ne l’est. Et le duché de la Quatrième Saison a aussi une géographie difficile, une fois Ardamir gagnée, ils avanceront plus vite que vous tous."

Nakor frappa alors avec violence son vieux bureau en chêne. On aurait presque cru qu'il allait le fendre, mais le bois s'acharnait à résister à toutes ses attaques depuis qu'il était devenu Magistère ... un peu comme son propriétaire qui résistait malgré tout aux attaques de la vie. Il se leva d'un bond et alla ouvrir en grand sa fenêtre, puis prit une longue goulée d'air frais.

"Vos pertes sont-elles nombreuses mon ami? Demande mon aide et je te la donne sur le champ! Bon sang Timérion ... notre combat est-il fait pour durer jusqu'au bout du bout? Jusqu'à la toute fin? La vie semble parfois, vu d'ici, plus difficile que la mort ... mais jamais! Jamais il ne faut la laisser gagner, jamais il ne faut la laisser vaincre. Elle doit perdre! La mort, le mal, la tristesse ... rien ne doit enserrer notre cœur de trop prés sans que nous mettions toutes nos forces à l'œuvre pour s'y opposer."

Les mains du vieillard ne tremblaient plus du tout, il avait retrouvé la solidité légendaire qui l'entourait, la force absolue et l'envie de vivre incroyable qui le caractérisait depuis six cent vingt huit ans. Il avait connu le malheur, la perte d'enfants, et d'amis, cycles après cycles, mais il était toujours là, à se battre.

"La vie doit l'emporter. C'est plus que le statu quo qu'il faut à la forêt d'Anaëh Timérion, c'est repousser les drows vers le Puys et leur faire perdre une bataille si féroce qu'ils partiront la queue entre les jambes, éhonté et honteux d'avoir si lamentablement échoué. C'est tout ce que le mal mérite."

Puis soudain, étrécissant son regard, Nakor posa une dernière question, comme si d'un seul coup, quelque chose lui était revenu en tête

"Mais ... tu parlé de raison de voyage ... où donc te rends-tu mon ami? Où donc te rends-tu réellement?"

Oui, Nakor venait de comprendre, Timérion n'avait pas juste fait la route pour informer le Magistère de la déroute d'une grande partie des troupes des Seigneurs Protecteurs coalisés, non, c'était pour autre chose, pour quelqu'un d'autre plutôt. Mais qui? Y'Shahinn ici? Non, jamais d'alliance avec un drow, quel qu'il soit. Un seigneur humain ... oui c'était bien plus probable. Une alliance? Nakor eut soudainement un peu de malice dans les yeux et attendit que son ami réponde à sa suite.
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Timérion Adantar
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MessageSujet: Re: Lorsque le vent d'Ouest mène à l'Aurore [PV Nakor]   Sam 2 Aoû 2014 - 15:53



"Tu as raison Nakor, la vie doit l'emporter... Mais je suis las de voir la mienne s'étirer pour connaître la misère et la mort. De ceux que j'ai connu et apprécié, il n'en reste pour ainsi dire aucun, même parmi mes semblables. Je dis aucun parce que, qu'est qu'une poignée en regard de ces milliers d'âmes que j'ai côtoyé et que j'ai appris à apprécier? Que la vie l'emporte et qu'elle me laisse donc m'éteindre. Mes siècles s'étalent comme trop peu d'eau sur une terre aride. Mais tant que ma mission n'est pas achevé, je suppose qu'on me refusera les bras de la Voilée que j'appelle pourtant de mes prières...

Je le sais, tu souhaiterais venir en aide à mon peuple. Mais peux tu désormais le faire? Je connais la vocation de ta guilde, créer un point de convergence entre les peuples. Louable projet, mais ne deviendrait-il pas caduque si, du jour au lendemain, on te surprenait à carboniser des Eldéens à nos cotés? Ta guilde est peut-être une chance qui ne s'offrira plus à Miradelphia, ne la brisons pas maintenant. La Prime Forêt a encore bien des ressources et le temps de demander de l'aide n'est pas encore venu, enfin pas encore au Firmament en tout cas."

Il s'agissait là de fausses questions, il en connaissait très bien les réponses. Si le vieux sorcier avait pu se leur venir en aide, ce serait déjà chose faite. Mais une fois de plus le devoir faisait obstacle à la simplicité. Et le sien obstruait jusqu'à l'idée de sa propre mort. Que le monde avait changé et qu'il était devenu laid... A moins que ce ne soit lui qui ait perdu le goût de chose de ce monde? L'éternité était bien un fardeau, quoi que puisse en penser ces pauvres fous d'humains.

"Mais ... tu parlé de raison de voyage ... où donc te rends-tu mon ami? Où donc te rends-tu réellement?"

Étrangement, il prit alors conscience du vide. Le vide que laissait la Symphonie absente dans tout son être. Un silence qu'il trouva bienvenu au moment où son devoir devait s'extirper de toute forme d'émotions. Les messages de haine, de peine ou de douleur des arbres ne pourraient venir obscurcir sa raison ici, loin des frondaisons d'Anaëh. Son œil parcouru un instant le visage du vieillard devant lui. Il pouvait lui faire confiance, il avait toujours pu la lui accorder. Il répondrait sans détour, Nakor saurait mieux que de divulguer ce genre d'informations à toutes les oreilles.

"Tu voulais savoir pourquoi j'avais quitté ma demeure? Je m'en viens à Naelis par ordre royal, même si il s'agit plutôt d'un commun accord entre Dyarque et moi-même. Nous savons la cité ennemie des Drows, de part son histoire et sa position. Nous pensons également qu'avec le soutiens que nous pouvons lui apporter dans sa logistique, il lui sera possible de combler les manquements à sa force militaire. Je suis donc ici pour négocier l'instauration d'une entente entre le Trône Blanc et le Roi de Naelis. Pour parler franchement, il s'agit de faire de la cité un avant-poste qui accueillera des forces armées d'Holimion. L'Olyia n'arrêtera pas ces Elfes là... Enfin, ce n'est qu'en partant du principe que j'estime les terres idéalement situées pour en faire un point d'une quelconque valeur stratégique.

Inutile de te dire que ce genre de mots n'est pas à mettre en la possession de n'importe qui. Que Ce Glenn Heroen, ou que sais-je, soit au fait de ce que signifie en clair ma proposition m'importe peu. Mais je ne veux pas avoir affaire à des Drows avant que tout ne soit décidé. Pour être honnête, tant que nous y sommes, je pense que le Trône Blanc se contrefiche de l'avis du roitelet. Ou en tout cas, je sais qu'il y a suffisamment d'Elfes qui sont prêts à s'en passer que pour que ce soit le même. Enfin, reste à savoir si il s'agit ou non d'une zone d'intérêt pour nous... Mais j'ai bien peur que le conflit ne s'exporte et ne s'étende mon pauvre ami..."

Il soupira. Le souffle de l'épuisement peut-être. De nouveaux maux s'écouleraient bientôt sur la paisible Ithri'Vaan. Les plaines verraient passer des armées et les rivières se teinteraient bien assez vite du sang des frères aliénés. L'ironie était d'autant plus cruelle que ce fut lui qui vint annoncer ces catastrophes, en ce lieu où lui-même vit sa vie prendre un tournent radical. Trouverait-il jamais le sommeil au bord de ces rivages?
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MessageSujet: Re: Lorsque le vent d'Ouest mène à l'Aurore [PV Nakor]   Jeu 7 Aoû 2014 - 11:00

Nakor était à sa fenêtre et écoutait le monologue de Timérion. Pauvre folie furieuse que la trop longue vie des elfes. Ils n'avaient pas dans le cœur, la flamme puissante et vivace des humains. On leur avait donné l'éternité, mais pas la force de la vivre aussi dignement que voudraient la vivre les autres peuples. Le Seigneur Protecteur avait vécu de très difficiles épreuves et l'âme des sylvains gravait au fer rouge la souffrance et la perte. Des émotions trop vives et trop peu exacerbées pour pouvoir être un jour évacuées. Il voulait mourir et ne restait de ce monde que parce qu'on lui donnait des missions. Il regrettait les amis, les amours perdus? Mais il ne respectait pas ce manque par une vie pleine et appréciée autant que faire se peut. C'était là l'unique et immense différence entre lui et Nakor. L'un humain, qui n'aurait jamais dû être éternel, et vivait chaque jour avec suffisamment de cœur à l'ouvrage pour honorer la vie. L'autre, elfe, éternel par nature, mais qui avait trop souffert et refusait de continuer à vivre. C'était finalement la même chose, la même ambigüité chez chacun des deux compères : ils luttaient ardemment pour obtenir ce que la vie ne leur donnait pas normalement, à savoir la mort, ou la vie. Il fut question de ressources, d'aide impossible du Firmament, tout cela était bien trop vrai, et le vieux sorcier ne put qu'hocher de la tête lentement, un brin dépité par la simple et terrible réalité. Le projet établis ici à l'Aurore était une folie, une étrangeté dans ce monde et il luttait pour que cela fonctionne, jour après jour, en accueillant et en trouvant le moyen de faire vivre entre eux des elfes sylvains, des drows, des nains et des humains. Il avait trouvé le seul facteur unifiant à ces yeux et assez fort pour dépasser les clivages interraciaux : la magie. Sa bonne vieille, chère et désirable amie. Ne répondant à rien à tout cela, Nakor avait posé sa question et après un petit silence, Timérion reprit la parole, pendant que le Magistère retrouva sa chaise, face à son ami de la forêt. Il écouta avec une grande attention et finit par exploser de rire. Un rire tonitruant, franc, direct et frais. C'était bouche ouverte, dent dehors et visage vers le plafond qu'il riait, avant de se calmer subitement et de planter son vieux regard dans les yeux de son confrère elfique

"Haaaaa Timérion ... vous n'avez jamais vraiment appris n'est-ce pas?"

Il n'y avait pas de moquerie là dedans, pas de mépris non plus, juste une malheureuse conclusion

"Vous méprisez trop les humains pour que ce genre d'alliance donne le meilleur de ce qu'elle pourrait donner. Vous ne voulez voir en Gleen Hereon qu'un misérable roitelet incapable, qui a simplement pour lui d'avoir à sa disposition des fortifications proche d'un lieu où vous aimeriez en avoir, et de la chair à canon. Il n'aurait donc ni sont mot à dire, ni sa place à vos côtés. Le seigneur de Naelis est un homme bon, il s'emporte un peu car il a pour lui la fougue de la jeunesse et le tempérament d'un humain bien senti, mais il est plein de qualités. L'une d'entre elle est essentiellement sa haine de l'injustice et du sang versé inutilement. Il sera heureux de vous aider à combattre les drows et affaiblir la position du Puys, si tenté que vous lui montriez un peu plus de respect que celui que l'on peut ressentir dans tes propos mon noble ami. La diplomatie humaine et elfique est par trop, différente et éloignée ..."

Puis Nakor resta là, en suspend, il n'avait fait qu'émettre ses réflexions à vive voix et mener ses conclusions à son terme. Tout cela arrivait à une même décision, cela correspondait de toutes les manières avec son besoin de partir ensuite pour le grand nord. Parfait! Le choix était fait, il fallait l'indiquer à Timérion. Et pour l'ennuyer un peu, il prononça la phrase suivante d'abord en humain, afin de réveiller un peu le Seigneur Protecteur de son apathie au monde, puis reprit en elfique, afin d'être sur qu'il avait bien été compris

"C'est décidé Timérion! Je viens avec toi."

Il n'y avait pas de question, plutôt une indication, un peu amusé, un peu sérieuse. Il compléta cependant son point de vu, ne voulant pas non plus, forcer la main d'un compagnon de route et de longue date

"Tu vas avoir besoin d'un humain de confiance avec toi pour mener à terme tes échanges avec le seigneur Hereon. Il se trouve que je suis un humain, même si certaines de mes caractéristiques tendent à faire croire que je n'en suis plus un et surtout, je suis un ami du roi de Naelis. De plus, avant que tu n'arrives, je finalisais un départ pour le nord, il me faut aller me quérir du devenir des nains de Lante et de Thanor, puis que je redescende par l'Ouest jusqu'en Velteroc, j'y ai un ami qui a sans doute besoin d'un peu de soutien. Puis retour à la maison ... mais sans doute pas sans de nouvelles aventures à raconter j'en ai conscience."

Puis un nouveau silence, avec un grand sourire sur les lèvres, comme si le vieux fou était de nouveau heureux de repartir arpenter le monde et courir aux défis et aux combats contre les forces du mal. Il termina ici, avant de laisser la parole à son interlocuteur

"Alors qu'en dis-tu Timérion? Un peu de ma compagnie te siérait-elle? Je l'espère car, même si cela m'écorche la bouche de le dire, je pense que Dyarque a eut une bonne idée, Naelis est une position de choix pour venir contrecarrer les plans de vos ennemis."
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MessageSujet: Re: Lorsque le vent d'Ouest mène à l'Aurore [PV Nakor]   Dim 10 Aoû 2014 - 21:03



Aux mots du vieil humain, il ne put s'empêcher de songer à Daenor Thorandrion. Héro elfique, maître d'arme inégalé et être d'un savoir immense... Autant de qualité dans ce grand personnage qui ne l'avait pas empêché d'échouer dans sa mission de diplomatie à Diantra. Les Hommes et les Elfes ne partageaient en effet pas grand chose de commun. D'autant moins quand l'âge les séparait de plusieurs siècles. Le deuil, ils ne le vivaient pas comme eux. La guerre, ils ne l'appréhendaient pas de la même manière. Quant au temps, il était inutile d'aborder la question.

Un interprète n'était pas une mauvaise idée. Un arbitre en somme ne serait pas de trop non plus. Comment pourrait-il juger des besoins si immédiats de cette race si impatiente? Sa jeunesse lui manquait. Étrangement, ne plus sentir le cours du temps passait de la bénédiction à l'handicape sans concerté la logique. Il aurait aimé se souvenir de l'ennui, de la faim ou de l'emportement. Non, ils ne reviendraient pas. Désormais, la vie s'écoulait sans qu'il n'y prenne garde. La faim ne le torturait plus, tout au plus se rappelait-il d'un repas frusque et journalier par habitude. Et l'ardeur avait quitté son coeur avec les hectares calcinés d'Ardamir.

Son regard se perdit dans l'immensité des plaines comme il réfléchissait à tout ce qui ne reviendrait jamais, à ce fleuve impétueux qu'était l'éternité et qui ne revenait jamais à sa source. Lorsque son visage se détacha des nuages qui chevauchaient dans le ciel blanc, il ne sut pas exactement combien de temps avait duré le silence. Il y avait des mesures que l'âge perdaient et celle de l'horloge n'était plus sienne désormais. Il posa son regard moitié émeraude, moitié déchiré sur le sorcier et répondit à sa demande. Enfin, ou déjà, il ne pouvait le dire, tout dépendrait du temps que son vieil ami avait pensé qu'il mettrait pour formuler sa réponse.

"Tu as sans doute raison. Unité d'homme n'est pas unité d'elfe. J'ai toujours eu du mal à saisir la profondeur du besoin logistique humain, ou leur placement moral. Enfin, il n'est pas si différent du nôtre en somme, mais disons qu'il a une variabilité un peu trop libre pour que je puisse vraiment m'en faire une idée nette. Et puis, il y a les secondes... Tu le sais autant que moi, les Elfes n'utilisent pas cette mesure, elle ne nous sert pour ainsi dire à rien.

Je suis donc favorable à ce que tu te joignes à notre ambassade. Ne serait-ce pour que des éventuelles closes qui pourraient naître ne découle aucun conflit. Je compte bien pérenniser autant que faire ce peut ces échanges. Je ne souhaite pas les voir mourir avec Hereon. Trop souvent j'ai vu les rois balayés les serments sous prétexte que Tari avait enlevé la vie à celui qui les avait proféré. Pour nous, la mort n'est pas une excuse au parjure..."

Dans ses mots, l'ombre de la Communauté de la Lumière passa. Et il se souvint du Roi qui siégeait là bas, seul, à Aléandir, sur un trône blanc qui se faisait prématurément vieux et vivait un triste hiver. Il pensa au fond de lui qu'il enterrerait peut-être bien ce roi là également. Il ne les comptait même plus. Tant d'êtres d'exception, de serments renouvelés et de corps inhumés. Tari semblait le vouloir à toutes ces cérémonies. La question restait de savoir ce qui se passerait une fois que la Voilée aurait repris son dû auprès du Roi-Mage d'Aléandir.
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MessageSujet: Re: Lorsque le vent d'Ouest mène à l'Aurore [PV Nakor]   Mar 12 Aoû 2014 - 20:16

La petite réunion entre Timérion et Nakor fut interrompue par l'ouverture impromptue de la porte du bureau, l'intermède silencieux laissant place à l'arrivée d'une Sombre revêtue des symboles du Firmament mais également des plus puissants sorciers du Puy.
L'Elfe accablé par le poids des âges se retrouva en présence d'une personne qui incarnait bon nombre de ses traits. Belle et redoutable, jeune et emprunte à la fougue qui caractérisait ceux qui se tournaient vers l'avenir plus que vers le passé, la sorcière était le fruit de ce qui incarnait ses ennemis et le témoin de ce que les millénaires avaient édifié d'un schisme au sein d'une race entière.

Depuis combien de temps était-elle à la porte du bureau de Nakor ? Nul ne le savait. Peut-être le vieil humain savait qu'elle avait une certaine manie à écouter aux portes de temps en temps mais la raison de la venue de celle qui régna sur la magie du Puy était plus d'ordre protocolaire plus que formel, la lettre qu'elle tenait dans sa main, celle-la même que Nakor lui avait envoyé quelques minutes plus tôt en était la preuve.


En vérité elle avait écouté la discussion entre les deux personnes et ce qu'elle avait entendue amenait dans son esprit d'arcanes bon nombre de considérations. Timérion était abattu par le poids des âges mais la mélancolie était sa mélodie en ce moment. Les Elfes subissaient le joug de ses congénères et Y'Shahinn se demanda si le destin amenait une fin à ce qui fut le Premier Peuple. Drow ou Elfe, au final rien ne les différenciaient. Les premiers avaient soufferts tout comme les seconds, soufferts d'avoir perdu le lien qui les unissaient à la Forêt. Mais, alors que les Elfes s'immobilisaient dans un écrin de tranquillité, les Sombres se sont adaptés et ont comblé le vide en eux par un large panel d'émotion que leurs cousins ne peuvent ressentir. La mélancolie et le désespoir des premiers Drows ont laissé place à la rage de l'existence et aux excès de l'âme. Qui sait ? les Elfes empruntaient peut être finalement le même chemin que leurs cousins honnis ?


Mais quoi qu'il en soit, la vision des Elfes sur le monde n'avait guère changée. Pensaient ils toujours que c'était la volonté du Puy qui était en train de ravager leurs terres ?

Nul Sombre n'est actuellement assis sur le Trône d'Obsidienne, nulle volonté n'a unie depuis des années déjà les armées du Puy. Car les Sombres ne se rattachent plus à cette conception monolithique du pouvoir. Encore une fois, contrairement aux Elfes, ils sont allés de l'avant et se sont extirpés du Puy. Sol'dorn, Thaar, les Doebiens, Yutar, tels étaient les nouveaux noms dans les esprits Sombres. Chacune des factions tente actuellement de vivre par elle-même, certaines s'entraidant ou même s'affrontant. Une nouvelle aube s'offre à eux : une vie à la surface et en dehors du Puy. C'était là une chose que les Elfes ne pouvaient concevoir, eux qui étaient restés enfermés dans leur forêt depuis le commencement du monde.


Et ce vieil Elfe était venu quérir l'aide d'une guilde improbable afin de renouer des liens avec des humains éphémères. Il allait devoir conjurer certains de ses démons intérieurs car celle qui s'offrait en ce moment même à sa vue l'observait en profondeur, comme si certains ses échos intérieurs trouvaient réponse dans ce lien interdit qui unissait deux races qui autrefois n'était qu'une.

Bien le bonjour messieurs. Pardonnez mon intrusion mais peut être ma présence vous est-elle d'une aide quelconque ?
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MessageSujet: Re: Lorsque le vent d'Ouest mène à l'Aurore [PV Nakor]   Lun 18 Aoû 2014 - 13:10

Nakor observa le long silence de son ami elfique avec intérêt. Timérion était vieux, même chez les elfes, il avait longuement vécu, plus de deux fois le temps de vie du vieillard à barbe qui s'attardait aussi sur ce monde. Mais là où la fougue du sang humain assurait encore au Magistère la force de ne pas trop se perdre dans ses six siècles de vie, ce n'était pas le cas du Seigneur Protecteur. Etrangement il garda même le silence plus de deux fois le temps auquel s'était attendu Nakor. Cela lui donna même envie de griffonner sur un coin de papier, quelques mots, afin de peut-être, plus tard dans sa vie d'érudit d'une guilde de mage, d'écrire un essaie sur la corrélation entre les silences perdus des vieillards et la durée de vie de ces derniers. Et puis, de con côté, n'affectionnant pas plus que cela la souffrance pure et dure, Nakor évitait tant que possible de se replonger trop en avant dans des souvenirs de début de vie, plus douloureux et tristes les uns que les autres. La perte d'un proche, d'un enfant, d'un ami, d'un amour, les empires qui tombent, les guerres, le sang sur les mains ... folie de l'âme autant que du corps. Timérion donna sa réponse et son accord. Le maître du Firmament hocha lentement la tête et à plusieurs reprises quand il fut question des unités de temps et de la seconde, avec une pointe de sourire sur le visage. De l'amertume revint à la fin du dialogue et sans attendre, il enchaîna à sa suite.

"Le problème chez nous autres humains est que, dernièrement, nos rois ont constamment été remplacé, non pas par la faute d'une vieillesse trop avancée et naturelle, mais bel et bien par l'épée et la trahison. Des félons sur le trône n'auront aucun intérêt ni aucun respect pour les règles et les alliances établis précédemment. Mais il existe sans doute des moyens de faire en sorte que cela dépasse l'appel de Tari. Une position aussi délicate que peut l'être celle du seigneur Hereon sera délicate pour l'ensemble des rois qui prendront sa suite. Cela sera peut-être plus fort que le sang et la vie ... en tout cas pouvons nous l'esper ... "

Et soudain le sorcier ouvrit de grands yeux. Si grands qu'ils risquaient de tomber de leurs orbites. Y'Shahinn venait d'entrer, un parchemin à la main et semblait fort satisfaite de son effet. Peste et malédiction! C'est Nakor lui même qui venait de faire parvenir cette lettre à ses deux Princeps. Il aurait dû se douter que l'un ou l'autre viendrait le trouver et évidemment encore plus la sorcière d'Elda s'il était question d'elfe, de drow et d'alliance. Satanée petite curieuse, elle devait même avoir attendu exprès que Timérion entre pour venir écouter aux portes avec ses vilaines oreilles en pointe. Et qu'allait faire le Seigneur Protecteur, lui qui était déjà tellement affligé d'une vie de souffrance, plongé dans les souvenirs de tortures drows et de mort. Là, il avait devant ses yeux la Prime Sorcière en personne. Cela pourrait vite se gâter et Nakor se tenait prêt à réagir au quart de tour si nécessaire. Le vieux fou savait bien qu'il devrait un jour ou l'autre assumer pleinement l'ouverture de sa guilde aux drows et à l'accession d'Y'Shahinn comme bras droit du Firmament. Et il était largement prêt à le faire, ses arguments étaient fort et sa confiance sans faille en direction de celle qui avait donné sa parole. Mais il pensait plutôt devoir le faire auprès du seigneur Hereon, pas ici, chez lui, en son propre bureau, au sommet de sa propre tour! Et la garce eut l'insigne vigueur de demander s'il se pouvait qu'elle soit utile à quelque chose. Comme le vieux bougon qu'il était Nakor commença par exploser

"Enfin Y'Shahinn, ne vous a-t-on jamais appris à frapper aux portes avant d'entrer? Vous êtes impossible ma chère! Et bien ... ne restez pas sur le pas de la porte maintenant que vous ... êtes entrée."

L'allusion serait très claire entre les deux magiciens mais heureusement pas pour Timérion. Nakor indiquait qu'il se doutait de la présence plutôt ancienne d'Y'Shahinn derrière la porte!

"Timérion Adantar, Seigneur Protecteur de l'Epine Dorée, je vous présente mon bras droit dans la guilde, en qui j'ai toute et pleine confiance, Y'Shahinn Nehlëan."

Et le vieux fou s'arrêta là. Son compagnon elfique savait sans aucun doute qu'elle était autrefois la Prime Sorcière du Puys d'Elda, peut-être d'ailleurs poursuivra-t-il lui même la phrase de Nakor afin de citer le titre et tous les crimes qu'elle avait commis. Allait-il exploser? Hurler? Se battre? User de magie? Par tous les dieux, comment cela allait-il tourner, après seulement deux phrases prononcées par la barbe blanche, tout pouvait être chambouler en quelques fameuses secondes si peu chères au cœur du sylvain.
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MessageSujet: Re: Lorsque le vent d'Ouest mène à l'Aurore [PV Nakor]   Dim 31 Aoû 2014 - 13:39



Il aurait pu conserver le fil lent et serrein des innombrables souvenirs qui noyaient ses pensées. Il aurait pu laisser parler la sagesse des siècles et se rappeler qu'en ce lieu nulle n'était considéré par sa race. Mais il est parfois des instincts plus fort que tout autre raison. Près de dix-huit siècles à combrattre le sombre, trois mois de guerre et l'absence de symphonie pour l'avertir des dangers avaient exacerbé ses sens. Et le retour du printemps lui permettait sans grand heurt de déployer un arsenal plus large que lorsque l'hiver étalait ses plus froides heures.

Il se leva d'emblée, faisant grincé sa chaise sur le sol et saisissant sa canne comme s'il s'était agit d'une arme. La magie pulsait dans son oeil révulsé pour reformer un semblant de pupille verte qui signalait à l'importune que seule un vague souvenir du lieu le retenait d'envoyer danser à travers la pièce les raies d'un filet de lierre meurtrier. Timérion ne pouvait se résoudre à faire confiance à une Drow, pas maintenant. Et encore moins celle-là dont la parole lui semblait falacieuse. Comment une Prime Sorcière du Puy d'Elda pouvait-elle tourner le dos à son peuple et à ses privilèges pour oeuvrer à la paix entre les espèces au coté d'un Elfe et d'un humain?

Lui aurait plutôt dit que le pouvoir sans pareil mesure de Nakor y était pour beaucoup dans cette affaire. Il existait bien des secrets sur Miradelphia et plusieurs mage d'une envergure quasi divine mais il était suffisamment ardu de les trouver que pour ne pas tenter de s'approcher de ce qui était à porter. Le Seigneur Protecteur était sceptique quant à ses desseins et il ne baisserait pas sa garde face à l'importune. Il la fusilla du regard en lui adressant la parole dans cet elfique un peu arcaïque qu'il n'avait pas quitté depuis son arrivée.

"Qu'avez vous fait de mes gardes, Prime Sorcière? Je connais ma Garde d'Ebène et jamais elle n'aurait failli sans y laisser son dernier souffle."

Pour lui il ne pouvait y avoir qu'un piège, une tentative de le coincer. Après tout, il était une proie de choix. Mais il ne pouvait vraiment avoir la vanité de penser être le centre de son attention. C'était d'ailleurs la seule raison qui faisait que son art ne s'était pas déployé encore. Le manque de certitude quant à ses intentions. Il attendait une réponse et peu importait les vaines tentatives du vieil humain de calmer le jeu.
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MessageSujet: Re: Lorsque le vent d'Ouest mène à l'Aurore [PV Nakor]   Mar 2 Sep 2014 - 13:15

Le regard courroucé de l'Elfe ne fut pas évité par la sorcière, il était même soutenu mais la réponse n'était pas habillée de la même hostilité. Le visage féminin était des plus calmes et un sourire était même affiché. Y'Shahinn n'entrait absolument pas dans le jeu de menace de Timérion, tout juste elle semblait s'en désintéresser. Comme si un adulte observait avec amusement un enfant lui proférer les pires malédictions du monde.

Ceci dit elle pouvait se douter de ce qui passait par la tête du seigneur protecteur mais cette scène était pour ainsi dire vue et revue pour celle qui avait incarné une part de la puissance du Puy. Elle ne savait que trop bien que Timérion ne serait pas le dernier à vouloir dégainer face à elle mais entretemps elle s'amusait de contempler ceux qui recevaient la vérité en face, une vérité qu'ils ne pouvaient accepter encore.


La sorcière laissa l'elfe à ses questions tout en se dirigeant vers l'un des fauteuils de la pièce. Nakor venait de l'inviter à se joindre à eux et elle entendait bien participer à cette petite réunion. Cela ferait peut être une sorte d'exercice d'entraînement pour le vieil humain lorsque celui-ci devra rendre compte à Glenn Hereon.
Mais elle devait d'abord éclaircir certains points sur son entrée, le seigneur Elfique semblant plus inquiet du bien-être de ses soldats.

Vos gardes font et continueront à faire leur devoir lorsque vous les retrouverez en dehors de cette pièce .. du premier au dernier vous accompagnant aujourd'hui sur le sol de l'Aurore.
Le temps n'est pas venu pour eux de vous rendre ce dernier souffle dans un combat héroïque signant la fin de votre existence.
De la manière dont vous en parlez je ne doute pas que vous avez partagé des moments forts avec vos soldats. La loyauté des Gardes Elfiques est très certainement l'une des dernières choses que votre Peuple conservera dans son déclin. Je suis certaine que mes Gardes Noirs se feraient un honneur de tester leurs compétences sur un champ de bataille ... si nous étions ennemis.


Car oui, la Prime Sorcière et le Seigneur Protecteur, tout ennemis de race étaient-ils, n'étaient pas adversaires sur le moment. Nulle magie n'emprisonnait l'esprit de la Sombre en ce moment pour la guider sur une voie de paix, elle était pleinement sérieuse dans ses gestes et paroles tout en restant celle que laissait entendre les histoires racontées avec crainte dans la pénombre d'auberges par des clients mus par la curiosité, les fantasmes et la peur. 
Timérion semblait répondre à la hauteur des ces rumeurs et surtout du rang de la Prime Sorcière. On pouvait dire et raconter bon nombre d'histoires sur la malice de la Sombre, sa beauté, ses dépravations ou sa puissance, du fait qu'elle ne laissait derrière elle que mort et désolation ou qu'elle hantait cauchemars et désirs de ceux qui l'avaient entraperçus un jour, elle n'en avait cure.

Venait-elle jouer avec le visiteur de Nakor ? ou était-ce elle en réalité qui dirigeait le Firmament, ayant réduit l'un des mages les plus puissants du continent à sa botte ? L'esprit de l'Elfe pouvait fourmiller de questions qui resteraient probablement sans réponses mais aujourd'hui il aurait comme interlocuteurs deux des dirigeants du Firmament, peu importe que l'un d'eux soit la Prime Sorcière en personne.

Vous pouvez vous détendre, Seigneur Timérion. Nulle magie ne sera lancée dans ce bureau. Je suis certaine que vous pourrez converser avec la Sombre que je suis. Après tout, l'ancienne famille régnante de l'Epine Dorée ne comportait-elle pas une hybride à sa tête ? Nul doute que vous pourrez tolérer ma présence le temps de cette rencontre tout autant que vous avez toléré la nature de vos prédécesseurs.
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Nakor
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MessageSujet: Re: Lorsque le vent d'Ouest mène à l'Aurore [PV Nakor]   Jeu 11 Sep 2014 - 20:39

Nakor se disait qu'il avait une fois de plus en face de lui l'impossibilité de voir un jour le monde évoluer. La différence, la haine, la rancœur, l'envie de vengeance, tout cela paralysait l'ensemble des êtres vivants sur Miradelphia et l'espoir de voir un jour, une situation plus agréable. Mais dans le même temps ... ces deux là, en d'autres lieux, en d'autres circonstances, auraient déchainé des puissances dangereuses et dévasté sur des kilomètres à la ronde ce qui leur aurait servi de terrain d'affrontement. Finalement, après tant de siècles, après tant d'efforts, ne parvenait-il pas lentement à mettre en place un petit début d'évolution. Une impulsion! La plus infime qui soit, mais qui devait bien être un début à quelque chose. Le Firmament, son vieux et grand projet ... était-il sur la voie? Mais Nakor revint sur terre, chassant de son esprit ses réflexions et ses idées pour entendre les derniers propos de sa collègue sincère même si tout le reste du monde en doutait. Il planta un regard mi figue mi raisin dans ceux de la Princeps puis de Timérion et indiqua

"Ho non, aucune forme de magie ne serait déployée ici dans mon bureau. Cela, vous pouvez en être certain tous les deux!"

Cela n'était même pas une menace, c'était une information et chacun des deux elfes présents aux côtés du vieillard savaient qu'il avait les moyens de mettre en œuvre son indication. Puis, afin de s'assurer qu'ils pouvaient tous deux continuer, il demanda, en elfique toujours

"Timérion?"

Il demandait si la conversation pouvait se continuer mais ne prendrait pas réellement la peine de s'arrêter là, même si son vieil ami sylvain lui répondait par la négative

"Usons de la chance que nous avons d'avoir à nos côté celle qui, si elle n'avait pas rejoint le Firmament, serait actuellement au sommet absolu de la hiérarchie drow et ordonnerait à des osts entiers d'ennemis encore plus dangereux puisqu'alors entourés de mages noirs formés et dans les rangs. Nos ennemis communs à tous ici n'ont plus rien d'autre comme tête pensante qu'un Haut-Prêtre terrible d'un ordre qui se conforte dans la torture et le sadisme. Même chez les drows il y a des limites à de telles folies et de telles pratiques."

Puis il alla droit au but

"Y'Shahinn ma chère ... et je vous prierai de nous épargner vos sarcasmes à propos, à la fois des elfes sylvains et des humains ... que pensez-vous des mouvements de troupes des drows et de la possibilité de reprendre la main en les repoussant d'Anaëh puis de fortifier le chemin qui amène jusqu'au Puys à l'aide des forces de Naelis?"

Nakor était, comme à son habitude, direct et sans détour. Sa collègue sombre comprendrait qu'il lui demandait de ne pas faire trop d'esprit à propos des forces en déclins des elfes et de l'éphémère mais toujours aussi cuisante sottise des humains. Par contre elle comprendrait aussi qu'il lui demandait de donner sa vraie vision de la bataille en cours. Il avait besoin de ses connaissances, de son point de vu, de sa façon d'appréhender l'univers drow pour mieux visualiser la situation globale avant de partir pour trouver Glenn Hereon. Et puis peut-être qu'en voyant à quel point elle allait répondre sans détour, Timérion serait encore plus troublé de voir que finalement oui, Nakor et Y'Shahinn, aux côtés de Celindel formaient une réelle alliance, sans tromperie ni manipulation les uns des autres. Il se passa alors longuement la main sur la barbe, comme plongé dans un silence méditatif, avant de s'appuyer lourdement sur le fond de son siège, comme fatigué par tout cela.

"Nos problèmes ne sont sans doute pas seulement stratégiques mes amis. Le nombre ne fait pas tout, mais si le Puys a libéré l'ensemble de son courroux ... pourrons nous seulement y faire face dignement?"

La question était autant pour Y'Shahinn que Timérion ou personne, comme s'il avait réfléchit à voix haute. Il fallait bien que le nombre de soldats à disposition soit précis et connus à l'avance. La logistique était souvent un point plus que non négligeable dans l'art de la guerre. La ruse, la surprise, les coups d'avances étaient autant de caractéristiques techniques qui donnaient un avantage flagrant mais un surnombre de l'ennemi, aussi intelligent et prêt à tout qu'étaient les drows ... cela pouvait être ravageur pour l'alliance en train de se mettre en place dans ce bureau et prochainement dans la salle d'audience du seigneur de Naelis. Même si, là bas, il aurait d'abord à défendre le Firmament, avant de penser pouvoir apporter son aide à qui que ce soit.
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MessageSujet: Re: Lorsque le vent d'Ouest mène à l'Aurore [PV Nakor]   Dim 14 Sep 2014 - 17:29



A l'évocation de son nom comme la demande d'un assentiment le vieil Elfe acquiesça de la tête. Il signifiait que la conversation pouvait donc reprendre où elle avait été laissée. De toute façon, la drow avait sans doute écouté une grande partie de l'échange et Nakor lui ferait part de la suite, à n'en pas douter. Ils étaient après tout collègues, membres d'un étrange triumvirat qui nourrissait un idéal un peu fou et pourtant si enviable.

Le flot de pouvoir se tarit comme il avait cru et le blanc de son œil droit redevint laiteux. La Sorcière n'attaquant pas, lui ne jetterait pas la première pierre, pas ici en tout cas. Las des conflits, il l'était certainement, mais le temps ne l'avait pas ramolli et encore moins ébréché. Son moral avait peut-être cesser de se briller au fil des siècle, mais son mental n'avait rien perdu de sa force. Son maître lui avait inculquer une valeur essentiel pour tout mage du peuple éternel: la tempérance.

Prendre le temps, ne jamais se lancer dans des expériences plus grosses que soi-même et ne jamais abusé de son pouvoir. Des principes simples qui l'avait maintenu en vie et évitait qu'il ne se retrouva cloîtré en sa cité comme Dyarque dans son palais, attendant qu'un autre déploiement de l'énergie du monde ne lui coûte la vie. Après tout, n'était-il pas un des mages, si pas le plus vieux d'Anaeh? Il respira lentement comme le discours de cet autre mage coulait dans ses oreilles. Sous la révolte et la répugnance instinctive que provoquaient en lui la présence de la drow effrontée, la raison vit en effet un avantage au tournant dans cette entrevue.

"Nos problèmes ne sont sans doute pas seulement stratégiques mes amis. Le nombre ne fait pas tout, mais si le Puys a libéré l'ensemble de son courroux ... pourrons nous seulement y faire face dignement?"

Une question singulière, une interrogation folle, et pourtant au combien pertinente. Qu'adviendrait-il si le Puy venait réellement à se vider? Si d'un battement tellurique, le volcan tel un coeur minéral expulsait d'un bloque toute les nuées ardentes qu'il abritait? les cinq Osts, les civiles, les bandits, les esclaves, les sorciers et les prêtres... Des milliers de drow prêts à les étriper tous. Que vaudrait Anaeh face à cela? Cependant, il était fort peu probable que l'entièreté du peuple sombre quitta sa demeure ancestrale. Même si cet exode n'était pas d'actualité, le nombre de belligérants mobilisables, lui, restait encore une interrogation parmi tant d'autre. Avant de répondre, il choisit avec soin ses mots. Il ne voulait pas divulguer ici de détails sensible sur sa nation.

"La Prime Forêt est une forteresse autant qu'un foyer. La véritable force de notre peuple réside d'avantage en les arbres, la faune et le Noss que dans la pierre des cités. Déloger autant de pièges et les gardiens millénaires qu'ils cachent ne sera pas chose aisée et on peut avancer sans trop se tromper que le Puy en a conscience au vu de la manière dont il s'en est pris à Eraison. Ce qui fait notre faiblesse dans la division de notre peuple est donc en quelque sorte une force face à Elda. Même si Aléandir, Malereg, Eterniril ou même Holimion étaient rasées, les Sombres ne viendront pas à bout de notre peuple. Ils ne pourront mener le génocide que certains d'entre eux visent.

Il est en plus à noter que chaque victoire leur donnera en guise de trophée, une coupe plus amer à boire de combats plus âpres encore. Chaque fois perte renforce nos troupes, chaque massacre attise la colère de la forêt et chaque crime augmente la cohésion des miens. Mais la question de la survie n'est pas la seule à poser, je dirais même qu'elle est secondaire. Ce qui m'inquiéterait plutôt serait les dégâts que de telles extrêmes peuvent amener."

Il s'humecta les lèvres et déglutit. Profitant de cette pause pour revoir un instant certaines de ses plus sombres théories défilées dans son esprit. Jamais encore il n'avait réellement pu les exposer. Elles tenaient toujours le rôle de peurs cacher dans l'ombre, de prédateur invisible encore trop lointain pour réellement être redouté mais bien trop proche que pour être ignoré. Lentement, cependant, ces idées faisaient leur chemin et il en était qui se faisaient de plus en plus réelles à mesure que le temps marquait le monde et ne le changeait pas.

"La Symphonie ne survivra pas à cette guerre si elle s'éternise. Et cette nouvelle est bien pire que tout autre conséquence du conflit qui se joue. J'ai vu des Elfes devenir fous au retour d'Aduram, j'en ai vu emportés par la rage et la soif de sang que leur susurraient des arbres ivre de douleur et de colère. Je redoute qu'à un moment, les drows n'aient plus en face d'eux des Elfes mais une autre version d'eux-mêmes. Une vision qui rappellerait leurs ancêtres aux premiers jours du schisme. Et la coupe sera amère alors pour tous les peuples parce que la vengeance tombera sans distinction pour tout ce qui a pu bafouer l'oeuvre de la Mère un jour. La devise des druides sera pitoyable en comparaison, parce qu'il ne sera plus question d'os, mais on dira alors: à chaque feuille coupée, une vie fauchée."
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MessageSujet: Re: Lorsque le vent d'Ouest mène à l'Aurore [PV Nakor]   Ven 19 Sep 2014 - 12:39

Il était illusoire de trouver des solutions simples à un concours de circonstances complexes. Le conflit qui de déroulait en ce moment n'était que la prolongation d'une guerre initiée des millénaires auparavant. La situation était complexe de chaque coté des camps et tout ceci amenait à la déperdition d'un camp. Rien de plus normal dans un conflit, c'était là même l'engrenage existentiel de la guerre, mais le Firmament était désormais voué à jouer le rôle du grain de sable.
Timérion venait chercher aide et conseils auprès d'une de ses connaissances mais les paroles d'une ancienne figure politique Sombre pouvait l'amener à un désespoir plus grand. Ceci dit la sorcière allait s'acquitter de son rôle d'oeil extérieur, elle restait encore la mieux placée pour parler de son peuple et de ses aspirations.

Occupons nous d'abord des évidences : il est impossible d'espérer trouver une issue rapide à votre problème. Si les Elfes se sont laissés enfoncer leur frontière malgré l'avertissement que préfigurait Ellyrion alors il est certain que leur situation interne est des plus précaire. Nul Roi ne commande actuellement la puissance du Puy comme ce fut le cas lors de la chute du fort. Toutes les armées des Sombres étaient alors réunies, même mon étendard a flotté au dessus des rangs alors que les portes étaient détruites. Et pourtant ce jour là nulle incursion en forêt ne s'est produite, les Elfes se sont vus donner une chance de se ressaisir en prévision des raids futurs.
Maintenant ils font face à un Haut-Prêtre qui use de stratégies déviantes des voies de la guerre. Ce n'était nullement une action planifiée comme les plus grand généraux peuvent les imaginer. C'était une étincelle, amenant un torrent de flammes dans son sillage, un feu brûlant de toute sa puissance et cherchant à se répandre le plus loin possible.

J'entends par là que la situation est complexe du coté de vos assaillants Seigneur Timérion. Bol d'Jiv'legg n'est guère une figure durable de la guerre, l'embrasement guerrier qu'il provoque est comme cette fameuse explosion évoquée plus tôt : peu importe sa puissance, ses actions sont brèves et les dégâts durables. Lorsque ses envies seront satisfaites ou qu'il tombe sur plus fort que lui, il quittera votre territoire.

Cela amènera à d'autres attaques, plus militaires celles-ci, des stratégies de sièges et de manoeuvres comme les soldats les aiment tant. Eraïson en est la preuve : la voie tracée par Bol d'Jiv'legg est ouverte aux charognards.

Face à cela vous souhaitez utiliser les humains de Naelis. Je n'ai aucun doute quand à la haine que voue le seigneur Hereon envers ceux de mon peuple, même envers moi tout particulièrement. Quand bien même vous pourriez le convaincre de vous aider, Yutar serait votre plus gros problème car cette place forte alimente toutes les bandes armées du Puy en Anaëh.
Quelles seraient vos stratégies pour détourner l'attention des Sombres de la forêt ? car cette forêt n'est rien de plus qu'un eldorado pour les envies guerrières de mon peuple. Si vous souhaitez mettre un terme au conflit alors il vous faudra en créer un autre ailleurs ou faire baisser l'intérêt du combat en Anaëh.
Ne voyez pas vos adversaires comme des gens unis. La figure qu'occupait autrefois le Puy n'est plus d'actualité et les nouveaux noyaux de croissance des Sombres se trouvent dans des terres situées à l'air libre. Bol d'Jiv'legg et moi-même avons initiés ce mouvement : celui de trouver nos eldorados en dehors de cette montagne rigide et monolithique.

Mais vous comptez encore compliquer les choses en rameutant les humains. Si Glenn souhaite vous aider alors il se peut qu'il exige terres et tributs en retour. Si Anaëh paraît faible dans vos négociations alors le prix à payer pour obtenir de l'aide amènera d'autres blessures. Que les Elfes ravalent leur fierté je n'ai rien à redire, mais que ceux-ci prennent garde à ne pas payer le coût déraisonnable d'une arrogance passée.


La question de la Symphonie avait également attiré une attention particulière de la part de la sorcière. Il était sensible autant pour les Elfes que pour les Drows car les derniers avaient vécus ce que les premiers subissaient en ce moment même.

La Symphonie est, de ma position, un problème interne pour les Elfes. Soyez fataliste et dites-vous que vous suivez le chemin que vos prédécesseurs ont pris malgré eux. Devenez comme ceux que vous avez combattus depuis leur naissance en tant que peuple. Peut être est-ce cette peur qui vous tétanise en ce moment.
Ou alors soyez réaliste et dans ce cas j'abonderais en votre sens. Il faut éviter l'apparition des velléités vengeresses des druides et de ceux qui tombent dans la folie car cela ne fera qu'attiser de nouveaux combats destructeurs, autant avec les Sombres qu'entre les Elfes.

Mais il reste à poser l'évidence : même si vous parvenez à détourner vos assaillants de la forêt, cela ne résoudra pas automatiquement les braises allumées par la dégradation de la Symphonie. Les Elfes risquent de se consumer même si nous les sauvons des lames qui les guettent.
Pensez-vous Seigneur Timérion que vos élites fassent encore suffisamment preuve d'autorité pour garder votre peuple dans les rangs ?


Dernière édition par Y'Shahinn Nehleän le Mar 30 Sep 2014 - 10:25, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Lorsque le vent d'Ouest mène à l'Aurore [PV Nakor]   Lun 29 Sep 2014 - 20:02

Nakor écoutait, presque heureux d'avoir pu initier par des interrogations simples mais précises, un échange entre un elfe sylvain et drow. Décidément, le Firmament était un terreau fertile pour l'ouverture. Mais voilà que l'un comme l'autre ils abordèrent des notions qu'il n'avait pas premièrement envisagé. Il se mit même à miroiter dans les yeux du vieux sorcier, le reflet pugnace d'une crainte profonde et endormi qui émergeait lentement. Une vibration dans son regard, un battement de cœur un peu plus fort que le précédent. Une vieille main qui tremble très légèrement, chose commune quand on peut prétendre à six cent vingt huit ans de vie en tant qu'humain. Il laissa donc les paroles de Timérion et d'Y'Shahinn entrer complètement en lui et attendit que le silence revint. Il arqua son sourcil gauche avec intensité avant de demander à voix haute

"Bol d'Jiv'legg ... se pourrait-il que ... par tous les dieux de notre monde!"

Il n'osait pas énoncer une chose qu'il craignait être une vérité. On aurait pu penser qu'il chercherait à se cacher d'une pensée fugace par peur de passer pour un imbécile, mais ce n'était pas le cas, il avait juste peur que la réalité soit pleinement ouverte devant lui. La diminution de la symphonie, une guerre sans plan précis ... la folie qui amènerait le plan du Haut-Prêtre fou à lié à son terme. Il avait commencé avec Glinaina, testé, et peut-être maintenant amélioré ou revu son plan à la hausse.

"Y'Shahinn, vous vous souvenez de la longue discussion que nous avons eu ce fou de Bol et nous deux à propos de ma petite protégée Glinaina ... peut-on imaginer qu'il ait agrandi ses plans à une échelle plus vaste, qu'il mène de manière aussi disparate les troupes drows afin de saccager les derniers remparts de maintient des elfes, et que doucement mais surement, nos amis de la forêt se transforme en équivalent drow? Glinaina aurait alors été un test qu'il met maintenant à l'œuvre grandeur nature."

Puis Nakor se leva assez précipitamment, saisissant son bâton à pleine main. Il donna machinalement un coup sur le sol

"Par ma barbe, nous n'avons pas beaucoup de temps à perdre. L'alliance avec les humains pourraient coûter cher ... ou rien du tout, si nous faisons preuve d'intelligence et de respect mutuel les uns avec les autres. Rester ici à imaginer des plans d'avenir ne sert à rien non plus. Plus le temps passe plus les risques sont fort chez les elfes sylvains. Y'Shahinn ma chère, vous avez raison, les élites elfiques de l'Anaëh vont devoir sortir de leur torpeur fratricide. Merci pour votre éclairage, je n'avais pas vu l'étendu de toutes ces choses ... mais à vos côtés je progresse dans la conpréhension des drows, leurs manières et leurs habitudes."

Puis se tournant, d'un air moqueur en direction de Timérion, il termina

"Nous avons tous tellement à apprendre de nos proches n'est-ce pas Timérion. Si tu es d'accord, je crois qu'il est temps pour nous de quitter mon bureau. Mettons nous en route, j'aurai autant fort à faire là bas pour faire accepter le Firmament au monde que pour permettre la réussite de négociations mutuelles entre toi et Glenn ... "

Nakor garda le silence puis explosa de rire

"Cela va être une grande aventure!"

Et il attendit, comme un enfant pressé, de voir si les autres avaient quelque chose à rajouter. Les deux elfes pourraient le railler, ou croire en son point de vu, argumenter à l'envers, donner de derniers conseils peu importait, car ils en étaient, de toutes les façons, tous arrivés au même point : la discussion n'avancerait plus beaucoup, si ce n'est par spéculations. Il fallait maintenant prendre la route et, plutôt que d'émettre des hypothèses, entrer en action et agir en fonction. Voilà ce qui plaisait au vieillard sénile après une bonne argumentation : de l'action!
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MessageSujet: Re: Lorsque le vent d'Ouest mène à l'Aurore [PV Nakor]   Sam 11 Oct 2014 - 13:11



Attendre et écouter n'étaient plus un problème depuis longtemps. Mesurer les dires valait bien n'importe quel autre passe-temps. Et corriger les erreurs pouvaient encore attendre que les interlocuteurs aient achevé leurs phrases. Mais la patience n'enlèverait pas ce coté farouche que l'ancienne Prime Sorcière avait réveillé dans le coeur du millénaire. Il ne pouvait pas lui accorder sa confiance. Non pas qu'il ne le voulait pas, cela lui était tout simplement impossible.

"La Symphonie n'est pas encore en si mauvais état. Si nous parvenons à lui donner le temps de penser ses plaies et de faire son deuil, elle retrouvera sa quiétude. Mais le problème est justement là, elle ne dispose aucunement de ce temps. En ce qui concerne Bol d'Jiv'elgg, je n'ai rien à dire à son sujet. Mais j'espère que ces plans ne sont pas aussi vastes que ce que tu prétends Nakor. Et je l'espère autant pour mon peuple que pour les autres. Le Clergé de Kiel avait au moins la décence de n'avoir pas de leader suffisamment charismatique pour donner véritablement corps à son potentiel. Si la chose a réellement changé, alors ce Haut-Prêtre devient une drow à abattre au plus vite. Il y a dans ce culte une folie qui dépasse notre entendement."

Et il parlait bien en connaissance de cause pour avoir revécu son propre contact avec les servants de la Cruauté tant de nuits durant. Quant à la pseudo leçon de l'archimage, il ne pouvait qu'en être témoin. Ses proches lui avaient appris à quel point vivre ne pouvait devenir qu'un calvaire solitaire. Trop peu de confiture qu'on tente d'étaler sur une tartine par trop longue. Il se releva difficilement, sa jambe n'étant parfois pas très docile. Il n'avait pas quitter la Drow des yeux de tout l'entretien bien entendu, comment aurait-il pu en être autrement?

"Nakor est dans le vrai, nous devons partir. La guerre ne souffre pas l'attente. Ce fut un plaisir de m'entretenir avec vous, drow. J'espère que notre prochaine rencontre se fera dans de meilleures dispositions..."

Des politesses, mais il était certain que les "meilleures dispositions" ne seraient autres que l'absence de cette prochaine rencontre. Il boitilla vers la porte du bureau. Il devrait donc convaincre Glenn Hereon de se placer comme pion sur son échiquier. L'avenir seul jugerait de l'importance de la pièce...
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MessageSujet: Re: Lorsque le vent d'Ouest mène à l'Aurore [PV Nakor]   Ven 17 Oct 2014 - 21:11

Y'Shahinn n'avait nullement oublié le Haut-Prêtre de Kiel. A vrai dire l'avait-elle déjà fait ne serait qu'une fois depuis leur première rencontre ? Elle n'était pas du genre à oublier les formes et les visages, surtout quand ces derniers avaient partagé les mêmes moments qu'elle, les plus publics et les plus intimes. Des trois personnes personnes dans cette pièce elle restait la seule à pouvoir parler de Bold'Jiv'legg en profondeur. Eux le voyaient comme une menace et un ennemi, le regard de la Prime Sorcière était bien plus analyste et intime, mixé de sentiments plus partagés. Seulement elle restait ce qu'elle était au plus profonde d'elle-même et son regard se reposa sur l'Elfe qui lui ne l'avait pas quitté des yeux. Il avait eu raison de le faire, Y'Shahinn n'était pas devenue un vulgaire agneau, même au sein de l'Aurore elle restait une louve aux aguets qui ne tolérais pas la faiblesse. Désormais elle faisait partie du Firmament et le Haut-Prêtre de Kiel était devenu une menace et, en tant que tel, elle pourrait l'affronter sans animosité.

"Bold'Jiv'legg est autant le jouet de Kiel que celui de ses propres désirs. Qu'il ait une vision aussi loin dans le long terme et à une aussi grande échelle est du domaine du possible comme de l'impossible ... et c'est ce qui le rend aussi dangereux pour n'importe qui."

L'esprit d'aventure de Nakor s'était embrasé. Ce vieux fou était plus du genre à aller là où son coeur le guidait plutôt que sa raison, un esprit d'aventures et de justice. Etait-ce une faiblesse ou une force chez les humains ? le débat durait depuis des siècles et n'avait toujours pas trouvé de réponse. Restait désormais à savoir la réaction de Glenn Hereon mais sur ce terrain la Prime Sorcière était impuissante. Il fallait que Nakor se débrouille sans elle, sa simple présence allait faire échouer les négociations, la faute à une certaine petite guerre qu'elle avait menée voici quelques temps ..

"Dans ce cas je vous laisse le soin de tenter de convaincre le Roi de Naelis. Ce ne sera pas une partie gagnée d'avance et les circonstances exigent que je reste au sein du Firmament. Je vous rejoindrais probablement sur le terrain une fois l'aide des Humains obtenue.

Seigneur Timérion .. Je ne dirai pas que notre rencontre fut plaisante mais plutôt enrichissante. Si vous vous souvenez de mes paroles et de mes analyses alors peut-être arriverez-vous à trouver des solutions pour votre peuple. Je doute que la Symphonie se satisfasse d'un simple arrêt des combats et d'une convalescence. Notre prochaine raison sera plus de raison que de circonstance.
Sur ces paroles je vous souhaite à tous deux la meilleure réussite dans votre entreprise à Naelis
"
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