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 Quand sureté prime

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Erol
Humain
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MessageSujet: Quand sureté prime   Dim 24 Aoû 2014 - 17:28

Nous retrouvons après de longs mois d'absence l’inénarrable Tournebroigne, en plein milieu des bois, sur un chemin aussi étroit que le fondement d'un jeune éphèbe. Pourtant, sur cette piste sinueuse - et fort crottée, pour filer la métaphore - progresse un chariot richement pourvu. L'époque troublée obligeant, la carriole de ces négociants pas trop avare lorsqu'il s'agit de la suretés de leurs miches était pourvue d'une escorte honorable. Et avec à sa tête, Erol donc, alias Tournebroigne.

Comment ce beau diable s'était il retrouvé ici ? Alors qu'abandonné dans la cale du Quinteux Tourtiaulx lors de ses dernières aventures ? Lui seul sait, et ma foi ce serait bien long à conter. Le roué distillait d'autant plus à l'envi le récit de ses quelques frasques, qu'elles lui permettaient parfois d'obtenir fallacieusement un peu d'attention. À n'en pas douter, les explications qu'il donnerait sur sa survie étaient toutes à moitié fausses - ou à moitié vrai, c'est selon.

Mais retournons prestement aux affaire de ces gens de biens, dont la fortune requerrait qu'elle soit protégée par une bonne douzaine de roublards. Il était singulier, voire saugrenu, de s'aventurer si loin de ses pénates, dans des territoires si misérables. Chaque jour, Jehan Lescalier - c'était son nom, mais la compagnie qu'il s'était adjugés pour le défendre l'avait baptisé "Tête-bêche" - se demandait quelle folie le poussait à continuer cette périlleuse entreprise. Fort heureusement, l'escorte de Tournebroigne et ses joyeux drilles le fortifiait dans sa décision de s'en aller importer quelques bijoux elfiques. Attrapés par des coupe-jarrets, les bourgeois ne devaient leur salut qu'à l'intervention d'Erol et ses gars, que la providence avait placé non loin au moment de la rixe. Dont acte, ils avaient été engagés.

Parlons en un peu, de ces braves! Gens d'épée et de magie, tous portés par les hasards de la vie sur ce chemin boueux. Certes, il aurait été chicanier que d'exiger d'eux une droiture morale trop importante, mais au diable, ce n'étaient pas de mauvais bougre. Il pouvait s'en trouver un ou deux ayant rompu le ban, enfreint la règle de son cloître, ou que sais-je, culbuté la fille de son voisin. Baste! Tout le monde a ses errances, et il aurait été bien malvenu à Tournebroigne - portant parangon de probité comme on le sait - de les en blâmer.

Ainsi donc cheminait paisiblement la compagnie, sautant d'une discussion sur la beauté de la gent elfique à celles moins raffinés sur les putains de Sharas. Quand soudain ! Soudain ! Le regard alerte mais surtout fort avide d'Erol s'attarda sur une grosse pierre, dont l'éclat lui avait tapé dans l’œil. "Hé là Tête-bêche ! toi qui t'y connais, que vaut cette belle escarboucle ?" Et sans attendre, le gaillard de sortir son employeur de la carriole pour qu'il ausculte l'objet. Mais à peine Erol put il écouter le verdict, qu'un bruit fuyant attira  son oreille de zouave.

"Hola, y'a quelqu'un ?" déclara-t-il, fort de sa verve prodigieuse.

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Anaëlle Silmarien
Elfe
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Date d'inscription : 30/07/2014

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Âge : 800 ans
Niveau Magique : Non-Initié.
MessageSujet: Re: Quand sureté prime   Lun 25 Aoû 2014 - 14:13

8ème année,11ème cycle,Favriüs
___________________________________________________________________________

Les prunelles noisettes d'Anaëlle erraient dans la pièce sans véritable but. Les hommes et les femmes qui étaient là perdaient de plus en plus leur lucidité. L'alcool coulait à flot, les rires étaient plus cristallins et les gueules plus grandes. L'ambiance de cette petite taverne d' Ithri'Vaan était festive. La femme aux oreilles pointues pris une gorgée de la choppe de bière qui était devant elle. Dès l'aube, elle devait rejoindre la contrée d'Anaëh pour y retrouver son atelier. Les livraisons qu'elle avait effectuée à Sol'Dorn avaient étés faîtes. Elle c'était donc accordé une soirée de repos avant de reprendre la route. Les jours de chevauché pour retourner à son domicile étaient nombreux et la bijoutière ne ressentait pas la force de commencer maintenant.

Les pensées de l'elfe à la chevelure ténébreuse vagabondaient d'un sujet à l'autre. Ses yeux continuaient de caresser les murs et les visages de son bref passage. Les éclats de voix des occupants de la pièce se brouillèrent jusqu'à former un écho lointain. L'heure avançait et la fatigue commençait à envahir chacune des parcelles du corps de la jeune femme. Ses muscles endoloris lui rappelaient ses jours interminables de chevauché et la dureté de son métier. Peut-être pourrait-elle songer à s'associer avec un autre bijoutier? Anaëlle n'avait encore jamais songé à cette possibilité. Après tout, deux têtes valent mieux qu'une.

Un mot attira alors son attention. À la table voisine, deux hommes semblaient discuter de perles et de joyaux. Sans les regarder, Anaëlle prêta plus attention aux dires des voisins de table. Tout le reste ne devînt qu'un faible brouhaha sans importance. Ils abordèrent son métier ainsi qu'un homme dénommé Tête-bêche. Celui-ci irait à Anaëh dans le but d'acheter de la marchandise elfique, des bijoux pour la noblesse. Un sourire se dessina lentement sur les lèvres de la belle. Cet opportunité était comme un cadeau tombé du ciel. Le groupe devait arriver en terre elfique d'ici quelques jours. Ils emprunteraient la forêt d'Aduram.

Il fallait aller à leur rencontre. C'était la chose à faire pour être certaine d'obtenir ce contrat. Une fois arrivée en Anaëh, la compagnie de Tête-bêche aurait une multitude de choix d'artisan. Anaëlle n'était pas la plus populaire, mais extrêmement douée. Il ne fallait pas attendre.

[...]

Le soleil traversait lentement la cime des arbres, colorant le ciel de belles lueurs rouges. Les oiseaux prenaient plaisir à chanter sous les lumières du matin et les animaux se risquaient hors de leur habitat. Anaëlle était couchée sous un arbre feuillus. Son fidèle destrier n'était pas bien loin, allongée dans l'herbe mouillée. La chevelure foncée de la jeune dame lui collait au visage et son corps était raide. La petite couverture de laine qui lui avait servi de lit était sale et trempée. L'elfe s'étira longuement avant de se redresser. Les traits de son visage démontraient que la nuit avait été dure, mais ils ne lui enlevaient rien à sa beauté.

Ses pas étaient maladroits et somnolents. La boue qui avait pris possession du sol collait sur sa semelle, rendant sa démarche plus difficile et moins gracieuse. Estragon hennit en la voyant s'approcher. Anaëlle ne put réprimer un doux sourire et un regard affectueux à l'égard de la bête. Elle caressa son dos quelques secondes avant de prendre la sacoche qui se trouvait un peu plus loin au sol. La main blanche de l'elfe en ressortit une pomme. Des bruits.

Les oreilles pointues de l'elfe se redressèrent. Enfin! Après trois jours d'attente, ils étaient là. Anaëlle passa rapidement une main dans ses noirs cheveux afin de leur donner un peu plus d'allure. Une brève inspection de ses vêtements trempés la fît quelque peu paniquer. Elle ne ressemblait pas à une bijoutière, mais à un clochard. Elle retourna vers la sacoche et elle fouilla vivement dans celle-ci.

Une robe. Parfait. Sans regarder autour d'elle, la bijoutière retira les pantalons qu'elle portait ainsi que son chemisier avant d'enfiler le vêtement blanc de satin. Pas trop invitant, juste ce qu'il fallait pour une occasion comme celle-la. La femme se dirigea ensuite rapidement vers la source du bruit. Une voix parvint à sa fine oreille. Un homme. Pas âgée, pas jeune. Trentaine. Des roues, un charriot. Plusieurs voix. Un autre homme. Anaëlle fît encore quelques pas jusqu'à se retrouver face à la charrette. C'était bel et bien la compagnie.


- Je vous prie de pardonner cette intrusion et cette fâcheuse présentation messieurs.

Son regard foncé se balada sur les deux hommes devant elle. Des humains. Les hommes dans la taverne n'avaient pas abordés le sujet de la race. Les humains n'étaient pas des êtres mauvais ni agressifs, mais certains d'entre eux avaient mauvaise réputation. De plus, lier une amitié avec un humain n'était pas commun dans la famille Silmarien. Et puis? C'était pour le boulot.

-Je me nomme Anaëlle et je suis bijoutière en Anaëh. J'ai cru entendre que vous désiriez des bijoux pour la bourgeoisie de vôtre contrée.  Il me ferait plaisir d'être votre artisan. Si vous désirez m'employer, vous trouverez mon atelier en terre de l'Épine Dorée.

Sans éternisation, l'elfe retourna à son campement. Elle espérait avoir fait bonne impression. Lorsqu'elle s'apprêta à sceller son cheval, des pas se firent entendre dans son dos.
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