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 Halte belle au chemin mignon

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Veole
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MessageSujet: Halte belle au chemin mignon   Sam 30 Aoû 2014 - 10:22

On l'appelait la route des sables, pourtant c'était une jolie herbe folle d'un vert éclatant qui cernait cette longue trace brune striant les collines de la région. Elle constituait le lien le plus rapide pour qui désirait rallier les provinces d'Estrevent depuis la Péninsule, et elle était de fait très empruntée. On y croisait régulièrement des convois de marchands et de voyageurs, toujours sous bonne escorte de quelques marauds à l'épée vive, ainsi que parfois des patrouilles rutilantes en ronde entre les différents postes de garde dressés ça et là pour rappeler aux éventuelles canailles qu'il valait mieux s'abstenir.

Ce jour là c'était une bien étrange voiture qui s'avançait, sans trop de hâte, bringuebalant de droite et de gauche en petits sursauts de bonne humeur. De taille modeste et parée de couleurs vives, la roulotte avalait fièrement la route en direction de la péninsule. Elle était guidée par une toute petite mule qui ne semblait pourtant pas peiner de trop sous la charge à tracter. L'animal, par ailleurs, portait un chapeau. Un grand chapeau de paille tressée aux bord effilochés et percé de deux trous afin de laisser à ses longues oreilles majesteuses toute la liberté qu'elles méritaient.

Aux commandes de ce curieux appareil se tenait une femme seule, assise sur le siège de conduite comme si il s'agissait du trône royal. Elle était vêtue d'une simple tunique à franges aux couleurs aussi improbables que le reste, et d'une longue jupe constituée d'une multitude de voiles de tissus hétéroclites. Le tout était assemblé avec un goût... certain. Sa chevelure hirsute d'un roux éclatant semblait s'être enflammée sous le soleil de cette chaude après midi et lui donnait, même avant qu'elle ne commence à parler, l'air d'une folle à lier.

De toute la journée, elle n'avait croisé qu'un trio de soldats montés à cheval qui l'avaient dépassée en lui jetant des regards à la fois perplexes et intrigués. Elle les avait salués de la main avec la chaleur propre aux itinérants tout en leur envoyant des baisers enjoués. A celui qui avait laissé son oeil s'attarder, elle avait remonté sa jupe pour lui laisser entrevoir un morceau de cuisse pâle et avait accompagné sa fuite rougissante d'un joyeux éclat de rire. Elle aimait tant voyager. Ces rencontres fortuites, souvent aussi brêves que celle-ci, la laissaient rêveuse lorsque la solitude revenait à nouveau l'embrasser de son étreinte paisible.

Le jour était encore lumineux lorsqu'elle décida de faire halte. Dans un long sifflement mélodieux qu'elle modula sur la fin pour le faire sonner comme une stridule de corneille, la drôle de saltimbanque freina la mule sous un arbre esseulé dont l'ombre suffisait à peine à couvrir la petite maison à roulettes. Elle sauta à terre et s'occupa rapidement de libérer l'animal chapeauté pour lui permettre de s'ébattre aux alentours. Celui-ci agita les oreilles un instant puis pencha l'encolure pour entreprendre de désherber le bas-coté. Veole versa un fond d'eau dans une large plate d'argile et se débarbouilla vivement en grognant de plaisir avant de l'abandonner à son compagnon de voyage.

Elle allait déballer la tambouille lorsqu'un bruit de pas en provenance de derrière le chariot attira son attention. Aussitôt elle leva le nez à la manière d'un animal surpris. Pas, pas, pas, marche. Seul ? Peut être. Gentil ? Fallait voir. Gratte la terre, une, deux. On allait lui faire le coup de l'apparition subite, oui ? Ah, la belle surprise ! Quelles drôles de figures ça tirait toujours en face ! Elle attendit donc d'apercevoir les chausses du visiteur par dessous la roulotte pour surgir sur la route tel un diable à ressorts et lui faire face fièrement.

- Ayoult !


Dernière édition par Veole le Lun 1 Sep 2014 - 18:26, édité 1 fois
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Rosanel
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MessageSujet: Re: Halte belle au chemin mignon   Sam 30 Aoû 2014 - 21:47

Quelle idée de connasse elle avait eu, la Rosa... A s'en mordre les doigts sous ce soleil de plomb qui malmenait sans ménagement sa peau fragile de rouquine. Pourtant c'était elle qui avait subtilement proposé à son chef d'étendre leur activité de combat de coq vers l'Estrevent, et Naelis en particulier, afin d'y insuffler un peu de fraîcheur et d'en revenir avec quelques bestioles exotiques. De quoi faire augmenter la somme des paris. De là à se douter que ça serait son p'tit cul qu'on enverrait sur place... Enfin, elle n'était pas tout à fait seule, on lui avait assigné un vieux clébard boiteux pour l'aider à garder les cages.

Cela faisait trois mois qu'elle avait rejoint un convoi de marchandise avec une vieille charrette, tirée par deux vieux boeufs et dérobée à quelques bouseux aux alentours de Diantra, et que le caquètement des nobles gallinacés embarqués lui mettaient les nerfs à vif. Les autres commerçants l'avaient d'ailleurs surnommé "La folle aux poulets" à force de l'entendre hurler des insultes pour intimer à la volaille de la fermer à moins de finir à la broche au repas du soir. Menaces auxquelles on ne lui répondait que quelques "clôôôc ?" choqués.

Ce voyage la mettait en rogne, son fessier était perclus de douleur causées par les cahots de la route, ses joues et épaules étaient rougies, pelées, cloquées par le soleil et tout son corps luisait de sueur. Elle n'avait pas l'habitude de courir les routes comme une manouche et ne s'en portait que mieux. L'atmosphère humide et étouffante des caves, l'odeur des fientes et les plumes volant dans l'air... Tout ça lui manquait... Que n'aurait-elle donné pour retourner dare-dare à Diantra et d'apprécier le spectacle de coqs qui se déchirent dans l'arène avant d'envoyer les pattes des perdants aux mauvais payeurs ! Au moins, les membres de la caravane lui foutaient la paix, un fils de porcher avait bien tenté une approche mais la gifle monumentale retournée avait fini de décourager les quelques courageux de lui adresser la parole.

Chaque halte au crépuscule était comme une bénédiction pour elle, malgré les courbatures témoignant de l'inconfort de sa dure journée. Et quand le chef de file indiqua une belle zone herbeuse et intima l'arrêt plus tôt que prévu pour passer la nuit, elle accueillit la nouvelle avec un râle de soulagement. Après avoir conduit ses boeufs avec maladresse à l'écart du cercle formée par les chariots, elle descendit du siège de sa charrette avec précaution en poussant des gémissement et en se tenant les reins comme une vieille femme. Elle détacha les boeufs et leur planta un piquet dans le sol meuble pour leur permettre de brouter, vu leur état initial, elle préférait ne pas prendre le risque de les voir clamser. Déjà que la route était pas bien agréable, elle virerait au cauchemardesque si elle devait tirer sa charriotte à la main.

Ce n'est qu'une fois s'être longuement étirée en grommelant des insultes et malédictions à l'égard de son chef, qu'elle remarqua un gros point de couleur près de la route qui serpentait les collines en contrebas. Plissant les yeux et main en visière, elle détailla l'étrange véhicule bariolée près duquel un âne se prélassait. Un truc recouvert de pigments aussi vifs devait appartenir à quelqu'un qui avait les moyens, Rosanel apprécia cette occasion en se frottant les mains avec enthousiasme et dévala la colline.

- Reste ici et surveille, Machin ! ordonna-t-elle au corniaud qui s'assit fièrement près de la cargaison en gonflant le poitrail.

Il lui fallut 20 bonnes minutes pour approcher la roulotte, ralentissant son pas sur la fin pour éviter de se faire repérer par son propriétaire. Une fois sur la route, elle se colla au bois peint et essaya d'y trouver un interstice pour apercevoir quels objets de valeur la bizzarerie sur roues pouvait contenir. C'est à ce moment-là qu'une drôle de bonne femme haute en couleur jaillit de derrière la caravane en beuglant. Rosanel sursauta violemment et bégaya quelques excuses :

- Je r'gardais, je r'gardais juste ! Tout le drôle de bazar ! Je... Moi j'volais rien !
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Narzum Zharr-Zaki
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MessageSujet: Re: Halte belle au chemin mignon   Lun 1 Sep 2014 - 7:47

« Rrrrrrrr…..rrrrrrr……rrrrrrrrrrrrrr…pfu’.»

Une grosse glaire brunâtre vola en direction du sol. Voila, Narzum venait de baptiser la route des sables comme il avait coutume de faire. Une route ou on avait craché, c’était une route ou il était impossible de se cracher. Une petite superstition personnel qu’il s’était inventé avant de partir, mentalement il pouvait presque ce rappeler de chaque endroit ou il avait craché ses vingt dernières années, un petite sourire s’afficha sur son visage marqué de noir. Il avait fait bien du chemin depuis. Alors qu’il était plutôt habituer aux luxes et aux conforts des grands halls, on l’avait poussé sur la route, fatalité de la vie, mais il y avait trouvé une seconde maison. Plus dangereuse certes, mais aussi bien plus propice à l’imagination et a la liberté d’action et de pensé.

Les yeux perdus dans le vide, le nain rouge réfléchissait tout en se laissant bercer par le cahotement régulier de sa vieille carriole. Il avait décidé de rejoindre Naelis, peut être trouverait t’il du travail las bas ? Les humains étaient de bon client, friand des petits miracles que permettait l’alchimie, habile à flouer aussi car très impressionnable…Vraiment, de très bon client en somme. Comme s’il avait deviné ses intentions vénales, le poney qui lui servait de bête de somme et de principal compagnon se retourna et lui lança un regard sévère… oui, sévère même pour un poney ! Le nain tira sur les rênes d’un coup sec.

«Par les couilles de Mogar me regarde pas comme ça ‘Chuf ! Si t’avances plus on va s’faire bouffer par les loups !»

Son fort accent du nord trahissait ses origines, mais le nain parler l’humain, il avait appris dans les tavernes et en s’exerçant pendant ses longues journées de marche. Quoiqu’il en soit, la pseudo-menace sembla fonctionner, la vieille bête flegmatique se remit en marche de son pas lent mais sur, bien sur, jamais Narzum ne laisserait un de ses sac à puces à longues dents attaquer son compagnon de route le plus précieux. Se menacer, c’était leur petit rituel à eux…
Un grognement sourd lui indiqua que la faim arrivait. Il fallait trouver une place pour faire une petite halte, une heure ou deux sinon il n’arriverait pas avant la nuit.

Le nain conduisit son petit attelage sur encore un mile, il scrutait le paysage pour trouver le meilleur endroit, la route était fréquenté et il vallait mieux éviter la foule quand l’on était un nain seul aussi loin au sud, il existait toujours une foule d’envieux qui par manque d’éducation croyait que les nains chier de l’or. C’était vrai mais sous certaines conditions ! Et Narzum ne remplissait plus ses conditions aujourd’hui. Puis le vent tourna et d’un coup tout se passa très vite. Le vieux poney huma l’air bruyamment et s’ébroua une nouvelle fois en tendant les oreilles, le nain ne remarqua le changement que lorsqu’il fut trop tard pour changer le court des choses…

« Oh non ‘Chuf…Fait pas le c… ! »

Il ne put finir sa phrase, dans un hennissement digne d’un étalon,  le vieux Chuf retrouva une vigueur de poulain et s’élança en avant. Tout en tenant fermement les rênes pour ne pas être jeté à terre ou finir dans le fossé, le nain ne connaissait qu’une chose capable d’un tel miracle…Une femelle dans le coin ! Après une bonne minute d’une course folle, Narzum distingua enfin la silhouette qu’il attendait. Une mule gambadait dans le champ, une mule non attaché, pleine de grâce qui devait représenter pour le vieux poney sa dernière chance de lignage, le nain pouvait le comprendre.
Il n’aperçut qu’au dernier moment la caravane bariolée qui appartenait surement au propriétaire de la dite mule. Quand il arriva enfin au niveau de celle-ci il put voir deux femmes qui semblaient méduser, du moins de son promontoire brinquebalant. Il se fendit d’un énorme sourire et prit le temps de lancé un petit signe de la main aux donzelles.

« B’jouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuur »

Puis le chaos stoppa, le nain se sentit plus léger, trop léger. Il venait de décoller dans les airs ! Le poney avait brusquement freiné quand la jolie mulette lui avait décoché une ruade digne des plus grands champions de boxes miradelphiennes ! L’instant d’après il râpait le sol, bouffant l’herbe et s’écorchant les genoux. Il se releva en trombe et loua ses ancêtres, il avait ôté ses fioles de sa barbe et heureusement, sinon il serait mort, tout simplement mort ! Il pesta un nombre d’injure incroyable mêlant le khuzdul et la langue des humains. Une fois la colère passait il prit la direction du poney et leva un doigt accusateur, mais il ne le frappa pas, au contraire il prit le temps de lui enlever son attirail pour qu’il puisse brouter en paix. Le vieux Chuf était assez puni, une fois libre il prit grandement ses distances avec la mule. Le nain quand à lui se dirigea vers les deux femmes.

« Eh vous ! C’ va pas non ? Par Mogar, Ikthor et les couilles de tous mes ancêtres, j’aurai pu mourir dans s’coin pommé  à cause d’vot mule ! Regardez ma barbe elle est toute abimé ! … Vous ‘auriez pas d’quoi bouffer ? »

Il avait plus faim que mal à vrai dire et plus la force de chasser…De plus le nain repensa à sa maxime personnel, il était peut être temps de tordre le coup au superstition personnel.
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Veole
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MessageSujet: Re: Halte belle au chemin mignon   Lun 1 Sep 2014 - 20:22

- Rien ? Rien du tout que tu dis ?

Les deux poings sur les hanches, fermement, Veole s'approcha de la jeune femme toute tristement vêtue à grandes enjambées. Elle feignait très bien la colère et la surjouait juste assez pour conserver sa précieuse cocasserie.

- Evaporée demoiselle, pousse vite l'entrechat par ici ! La malheureuse !

D'une poigne étonnamment solide, la saltimbanque saisit la prétendument honnête personne par le bras et la tira vivement vers elle afin de l'écarter du chariot. L'acte aurait pu être interprété de façon regrettable si un "VLAM !" sonore n'était venu poignarder l'instant pourtant jusque là relativement quiet. Des deux femmes il n'y en eut qu'une pour sursauter, tandis que l'autre tendait la main de l'évidence vers le vilain responsable de cette frayeur : le volet. Ce dernier venait en effet de se refermer brusquement sur la fenêtre qu'il était chargé de protéger, précisément à l'endroit où se trouvait quelques secondes auparavant le crâne de Rosanel. Pour sûr, elle y serait restée, elle s'en serait vue pousser une belle.

- Vois-tu ? Souvent grincheux qu'icelui et ça le mécontente quand on y jette un oeil... Ou une main, ajouta-t-elle en coulant un regard malicieux à la voyageuse. Mais que... ?!

Le regard de Veole, papillon toujours, avait voleté jusqu'à la silhouette pataude de sa mulette festoyant plus loin et sur l'étrange attelage qui s'y précipitait dans un indicible chaos.

- Hiiii Fleurette ! Gare au mâle en goguette !

Elle avait gueulé la mise en garde en agitant furieusement des bras et des volants, digne d'un épouvantail de luxe. L'effort porta ses fruits puisque la brave bestiole au couvre-chef accueillit le fringuant poney comme il se devait - cul devant mais talon d'abord. L'un dans l'autre il y eut déroute et vol de nain, mais ceci n'avait rien de très exceptionnel dans le quotidien Veolien. La rousse amuseuse se délecta de la scène et applaudit l'épique envolée à grands gestes enthousiastes.

- Bravo ! Bravo ! Ca c'est du spectacle ! Oui !

Amusant le nain, mais robuste aussi comme c'est de coutume de l'être par chez eux. Bientôt debout et presque frais, il salua les deux femmes et réclama mangeaille. Le petit visage fin de Veole s'anima soudain d'une inspiration enjouée et se fendit par le centre - et un peu en biais vers la pieuvre - dans un large sourire. Celui-ci la quittait-il jamais ?

- Glouton le nain aura satisfaction. *hoche, hoche* Par ici pour la bectance ! Toi aussi la musaraigne !

Elle avait lancé ces dernières phrases après avoir fait volte-face pour se diriger vers l'avant de la roulotte tout en agitant de la main pour les inciter à la suivre.

Quelques minutes lui suffirent pour déployer un copieux dîner autour de ses invités providentiels. Il y avait là diverses victuailles, dont certaines exotiques et d'autres - parfois les mêmes - qui inspiraient autre chose que de l'appétit. Ici un épais saucisson aux noix, là un brouet verdâtre qui sentait la chèvre. Des pioche-au-doigt dégoulinants d'huile, des petits bocaux de fruits confits de toutes les couleurs, du pain mou, du pain dur, des groseilles fraîchement cueillies, des bâtonnets de ce qui semblait être du poisson mais qu'on en était pas trop certain...Et pour arroser le tout, une cruche d'une affreuse piquette piquante dont la curieuse saltimbanque semblait raffoler.

Tout ceci avait été offert spontanément et dans une bonne humeur extravagante, comme si les deux compères avaient été attendus avant même qu'ils n'aperçoivent eux-même les ensorcelantes nuances de la petite roulotte esseulée.
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Rosanel
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MessageSujet: Re: Halte belle au chemin mignon   Dim 14 Sep 2014 - 8:57

Assise près du feu avec un morceau de saussiflard recouvert de fromage de chèvre, Rosanel restait coite tandis que ses yeux ronds fixaient ses deux nouveaux camarades de souper.
Difficile à croire qu'à peine cinq minutes avant, elle cherchait simplement une babiole colorée à voler et qu'à présent, une saltimbanque babillait sans discontinuer tout en lui servant le pire jus de pieds qu'elle ait jamais goûté... Ce qui n'était pas peu dire vu les festins faisandés que l'on mangeait dans les bas-fonds de Diantra.
La bouche légèrement entrouverte, la jeune rouquine acquiesçait poliment quand on lui parlait et profitait de l'inattention de la cinglée habillée comme un rideau pour vider son verre par dessus son épaule, guettant la moindre occasion pour s'éclipser.

Son esprit était obnubilé par ses pauvres poulets, laissés seuls et sous la garde d'un clébard boiteux... Et si un des peigne-cul du convois lui piquait ?! C'était tout son gagne-pain qui s'évaporerait et son p'tit cul qu'on rosserait sitôt la nouvelle parvenue aux oreilles de son chef. Merde merde merde, elle avait bien autre chose à foutre que participer à un pique-nique champêtre avec deux bêtes de foire. Le nain volant n'avait pas l'air aussi préoccupé qu'elle, trop concentré à entreposer le plus de victuailles dans sa bouche... Elle doutait qu'il lui reste encore assez de facultés cognitives pour penser à autre chose, ou penser tout court. Pourtant vrai que c'était sacrément bon ces bizarreries, trop habituée qu'elle était à la viande bouillie, au pain sec et à l'eau. Tant de nouvelles saveurs pour ses papilles, son estomac criait famine depuis trop longtemps pour abandonner là de quoi le remplir, même pour ses précieux poulets.

- C'est... C'est goûteux toutes ces machines-là ! finit-elle par lâcher après un profond mutisme avant de virer au rouge.

Ses doigts qui n'étaient pas occupés à tenir quelques amuses bouches tapotaient nerveusement sa cuisse, mal à l'aise qu'elle était par cette situation. Son visage était un concentré de tics nerveux et elle ne cessait de se racler la gorge ou de toussoter, avant de changer de position. Un observateur extérieur aurait pu penser que quelques problèmes d'ascaris lui causaient du soucis au fion. Ragaillardie par tout ce qu'elle venait d'ingurgiter, elle esquiva une nouvelle tentative de socialisation.

- Y... Y fait sacrément bon ce soir hein ? Hahahahaha hum...

Et elle plongea à nouveau le museau dans sa pitence, l'air honteux.
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Narzum Zharr-Zaki
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MessageSujet: Re: Halte belle au chemin mignon   Dim 14 Sep 2014 - 18:20

Par la barbe du Premier Ancêtre,  ou était il tombé ? C’était une question qui résonnait encore dans la tête de Narzum. L’humaine semblait fantasque, elle se déplaçait agilement et semblait être illuminée, enfin c’était une conclusion rapidement faite par le nain, car une fois qu’il gouta son ragout, ses soupçons s’effacèrent, elle pouvait bien être folle à liée qu’il se resservirait encore une fois. C’était une excuse valable pour lui, sur la route on trouvait toujours toute sorte de personne, il était aussi un nain atypique selon les normes des siens, alors il décida de ne plus juger pour la soirée, il avait était bien accueillit. Au début il pensait simplement quémander une pitance après avoir jouer une fausse outrance pour sa barbe, mais maintenant il se dit qu’un peu de compagnie pour la soirée était agréable, du moins plus agréable que celle d’un poney aux tendances libidineuses. Il renifla un bon coup et ouvrit la bouche.

« BROOARP ! »

Un rôt sonore qui fit presque trembler la roulotte. Pas du tout confus pour un sous, il lança un regard à la jeune femme qui avait partagé le repas avec eux, elle semblait timide et pas du tout à l’aise. Le nain ne comprit pas trop pourquoi, la boustifaille était bonne. Il se concentra sur la cuisinière.

« Chapeau femme, y a pas un nain qui résisterait à se mélange d’épice, la bouffe était bonne ! »

C’était un bon compliment venant de sa part. Il réagit du tac au tac quand on parla climat.

« Assez bon pour qu’on allume un brûle gueule jeune humaine. »

Il se fendit d’un sourire et mêla l’action à la parole. Pour les deux voyageuses présentes cela ne ressemblerait qu’à un mélange d’herbe différente dans des pots de fer ou de terre cuite, pourtant c’était tout un art pour lui, Maitre Tabatier du clan Barbefeu . Il fouilla dans sa sacoche, il sortit son petit brûle gueule portatif et une boite de pierre noire. Du granit des montagnes, une boite très caractéristique. Il l’ouvrit et soupira, elle était presque vide.

« Hum…Or dar ek anu dum..ha ha ! »

Une petite prédiction pour lui-même dans la langue de son peuple. Il partagerait une nouvelle fois l’herbe « Feu-de-Dragon » se soir. La meilleure herbe à pipe produit par les nains de son clan. Sa robe était vert sombre et on trouvait de nombreux petits reflets orange vif, blanc et jaune. C’était un trésor vert, une richesse bientôt épuisé. Ses effets étaient nombreux, elle avait un pouvoir euphorisant, détendant les muscles et rendant la médiation agréable. Une surdose provoquait généralement une longue sieste. Le nain était amusé, il n’avait encore jamais vu d’humain consommer se type de produit. Il tira une première bouffée, l’odeur particulière du souffre se fit sentir. Il relacha le panache de fumée vers le centre du feu. Fumée si spéciale car elle était d’une blancheur opaque, striée de reflet rouge et orange, une véritable flamme du dragon !
Le nain émit un nouveau rire gras.
Il tendit sa pipe à la dame habillée de rouge.


« Voila de quoi vous remerciez, il ne sera pas dit qu’un Barbefeu ne remercie pas ses hôtes ! Je suis Narzum, le nain rouge et vous ? »
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Veole
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MessageSujet: Re: Halte belle au chemin mignon   Jeu 25 Sep 2014 - 18:42

Trois compères les voilà déjà, de concert ripaillant de mets douteux mais assurément délicieux. La rousse femme piaille et babille, sans jamais ça cesse. Elle envoûte l'instant de sa chantante litanie, accompagnant la lente chute du soleil vers les lointaines étendues de flammes.

- Peu et poux que la Garde des Sables, vous ça sait ? Charmants les garçons mais vides de la chausse, ah ça vérifia la donzelle ! Tenir la pique il le savent, mais c'est pas la bonne ! Grand le désespoir des filles du pays, ah... Pour sûr le vaillant ça court pas la caillouteuse !

Et rit et rit et sert encore la piquette ! L'aurait pas fallu que ça se sente lésé en face. Avec une sorte d'autorité un peu gauche, la Veole fourra proprement un godet de beuvance amère au creux des mains timides de la petite et lui fit lever le nez d'une pichenette.

- Ayoult, compagnonne ! Fais verser la brûletripe au dedans du boyau ! C'est par ici que ça va le mieux !

Papillon de chair et de parures cliquetantes, elle s'évapora jusqu'au nain et le gratifia d'une bourrade digne du haut-peuple des grands-de-peu - comme elle se plaisait à les qualifier.

- Quoi tu contes, poil-de-joue ? Un cadeau ? C'est cadeau qu'as-tu dis ? Prend ta garde, belle promesse qu'on la fait pas à la Veole sans qu'on s'y tienne, et sous très peu ! Fais donc voir quoi tu tiens au dedans.

Mais de lumière il manquait, forçant l'énergumène à disparaître un quart de seconde au sein de l'impayable caroulotte dont les relents opiaciés ne laissaient aucun doute sur son potentiel de mystère. Elle revint brandissant fièrement une généreuse coudée de petit bois, qu'elle arrangea avec l'habitude de toute une vie d'errances baladineuses. Combustible dressé, ce fut la première Magie de la soirée. Cérémonieuse comme un prêtre à l'urinoir, elle dénicha dans l'une de ses nombreuses poches trouées une petite boite métallique qui opposa brièvement l'éclat d'une rutilance mutine à la pénombre envahissante. L'objet intriguait mais ne semblait pas d'humeur à révéler son secret tout de suite. Sa joyeuse propriétaire se contenta d'un geste anodin, presque - presque - discret en le secouant au dessus du foyer comme si elle y saupoudrait du sel. Au lieu des flocons nacrés attendus ce furent de petites esquilles de lumière qui dégringolèrent jusqu'au foyer pour l'enflammer aussitôt. Des étincelles !

Elle s'en était déjà retournée auprès du nain, nez sur le vif, pour aller quérir ce qu'on lui avait fait reluire.

- Montre à voir ? Montre à voir ? Quoi que c'est ?

Son empressement avait quelque chose de frénétique. Elle s'empara de la pipe du nain et la porta aussitôt à son nez pour en humer l'odorance. Ses traits se tendirent un instant avant de s'étirer aux pommettes pour marquer la joie fulgurante.

- Fut l'herbe triviale, tu aurais gagné l'accolade, Seigneur Du Poney, mais de celle-ci tu gagnes davantage ! Une étreinte, qu'est-ce à dire, on fait mieux, je CONGRATULE !

Et elle se leva pour le soulever lui dans un étau d'enthousiasme reconnaissant puis le reposa sans douceur et entama autour de lui une petite danse frétillante.

- Feu-de-dra-gon-feu-de-dra-gon-feu-de-dra-gon !

Cul à terre et pieds aux flammes, la parure d'étoffe à l'échine à l'essieu, l'essieu caroulotte et caroulotte au chemin. Tout était bien. D'une bouffée, Veole envoya bourlinguer son mi-esprit jusqu'aux confins obscurs qu'il connaissait si bien, à l'endroit où Dame Lucidité faisait révérence au Dieu Rêve.

D'une main presque lascive, elle tendit la pipe-au-dragon à la Musaraigne. Après tout, ces bonnes choses là se partageaient.

- La Veole qu'on me nomme, la Veole c'est mon nom.
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Narzum Zharr-Zaki
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MessageSujet: Re: Halte belle au chemin mignon   Mar 14 Oct 2014 - 7:50

En voila une femme étrange. Narzum n’avait en fait que rarement discuté avec une humaine, il avait bien plus l’habitude de partager parole avec les femmes de son peuple et il en était sûr, il n’avait jamais rencontré de naine givrée. En y réfléchissant bien, peut être que si, mais au sens propre alors. Les hivers dans la vallée de Nerania était rude ! Il s’ébroua

-Baruk ! Mais qu’est que tu racontes Zaki ?!-

« La tragique vérité ! »

Il partit dans un rire tonitruant, une façade pour cacher sa propre folie. A chaque fois qu’il repensait à son antique vallée, lieu de refuge, sanctuaire souillé, souvenir presque oublié, le nain avait la larme qui coulait. C’est se genre de moment particulier que choisissait son esprit pour dérouter des chemins, préférant vagabonder dans une époque passé plutôt que dans la triste réalité.
Narzum posa les yeux le brûle gueule que tenait la maitresse du feu.
Il fit alors le lien, voila bien longtemps qu’il n’avait pas gouté l’herbe sacré, sa crise nostalgique était peut être aussi du au fait que le pot de tabac était bientôt vide. Dernier vestige de la grandeur de son clan, cela marquerait pour sûr la fin d’une époque. Quoi qu’il en soit les effets méditatif de l’herbe Feu-de-Dragon ce faisait ressentir. A en croire les expressions de la Veole, il n’était pas seul dans ce cas. D’ailleurs quand elle le souleva du sol, il n’émit aucune résistance –a part un gros juron de surprise-, la femme avait plus de force que ce qu’il pensait. Il retomba lourdement au sol.


« Bmprf….La Veole donc….Enchanté ! »

Ses yeux ne quittèrent pas la pipe des yeux, elle partit se glisser dans les mains de la petite dame rousse au visage de musaraigne. Il la distingua à peine gouter au brûle gueule, peut être ne fumait t’elle pas ? Enfin, il ne s’en plaint pas car la pipe revint plus rapidement entre ses mains.
D’ailleurs, à peine cela fait, l’inconnu décida de quitter le camp en baragouinant quelque chose que Narzum n’entendit pas dans les détails, son esprit était concentré sur une seule chose : Tirer une nouvelle bouffée.
C’est ce qu’il fit, une longue inspiration, remplissant entièrement ses poumons jusqu'à la suffocation complète. Puis, un énorme nuage fila de sa bouche grande ouverte en direction du feu. Une vraie flamme de fumée ! Il ferma les yeux profitant des effets de l’herbe sur son corps, enivrant, transfigurant.

« La musaraigne à ptè’ pas aimé la bouffe… Pas possible…»

Il allait de soit qu’elle n’est pu qu’apprécier le calumet, c’était donc forcément la nourriture qui clochait, pourtant le nain n’était pas sur de son hypothèse, lui il avait adoré !
Il se redressa et pointa un doigt sur la jeune femme, quelque chose l’avait interpelé un peu plus tôt.


«Alors, t'es une de ses magiciennes qui parcourent les routes ? Que Mogar me brûle la barbe si jn’ais pas vu le feu partir tout seul ! Ou bien une marchande ? Une cuisinière de campagne ... ? »

Il détacha une bombe en terre cuite de sa ceinture

« Voila de la magie ! »

Il lança l’objet avec force à quelques pas du campement, un peu trop prêt des roulottes peut être. L’explosion qui s’en suivit fut très bruyante mais sans danger, c’était en fait un puissant fumigène. Une colonne de fumée grise s’éleva dans l’air éclairé pas les lueurs lointaines du feu de camp, cela donner un coté mystique à la scène. Le vent tourna légèrement envoyant des volutes dans leurs directions, le nain fut prit d’une quinte de toux.

« Harf harrf harf ! Putain d’harf harf ! »

L’alchimie était une science exacte, mais le nain ne maitrisait pas la force du vent, surtout dans cet état. Mais la toux se transforma en rire, tout cela l’amusait beaucoup en fait, il aimait voir des explosions et leurs résultats.

« Impressionné et impressionnant non ? Un simple mélange de souffre, de potasse et de sucre, magnifique… »

-Oh Zharr-Zaki, si tes ancêtres te voyaient…-

« Ta gueule ils sont tous morts ! »

-….-

« Vous disiez donc ? »
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Veole
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MessageSujet: Re: Halte belle au chemin mignon   Sam 27 Déc 2014 - 21:13

Un rire cliquetant salua les questions empressées du compagnon barbu. Veole s'amusait beaucoup des effets produits par ses abracadabrioles sulfureuses. Après tout, il s'agissait là de son gagne-pain. L'une s'était envolée mais le second restait, assis là dans la poussière de semelles, les yeux brillants de curiosité. L'amuseuse n'aurait pu rêver d'un meilleur public pour ses tours facétieux.

- Des routes la magicienne, si fait ! Marchande tout autant, mais d'étoiles cependant, et de toutes les choses qui brillent. Cuisinière il faut bien, car si la Fleurette elle sait tirer, plucher les patates c'est moins là son domaine !

Dodeline la tête contre la caroulotte et mirant le surplombant scintillant, elle plia du genou pour planter ses orteils dans la terre. Tige souple et robuste, cela sautait à l'oeil, mais laissait paraître parfois entre deux ramures l'étoffe de l'arbre centenaire aux souvenirs entremêlés.

- Il faut dire plus, rassembler les pierres pour monter le mur sinon tu l'as faux. Sourcière et cherche-à-pique la Veole, aussi bringuebalante clocharde, lointaine bâtarde, demi-esprit aux ailes roussies, pieuvre amputée et faite de rêves... Oui... Ca on aime quand s'assoupe et que la Mélodrame elle revient, parfois...


Elle ferme les yeux un instant pour les rouvrir aussitôt, flamboyants d'un éclat d'égarement.

- Jolie fille d'un soir, ombre trapue dans le noir ! Flammes au dessus de la tête et cendres au dedans, ça croustille, émoustille. Tu t'endors ? Surgit la bestiole et elle grapille, croquedille ! C'est vif et ça sursaute. BOUM !

Le gazouilli continu de Veole marquait une sorte de rythme, une mélopée fluide de sons heurtés, de mots sifflés, d'expirations mâchées. Il prit fin sur cette dernière exclamation, presque un cri, et elle se redressa brusquement.

Avait-elle anticipé l'éclat du nain ? La bombe explosa comme un écho à sa litanie tandis qu'elle sautait sur ses pieds pour applaudir l'exploit. La fumée blanchâtre dévala la pente herbeuse vers sa silhouette efflanquée et l'enveloppa d'un doux cocon cotonneux. Spectre.

La tension retomba. Le temps de la fête venait de s'éteindre, laissant place à des préoccupations plus mystiques. L'astre lunaire salua sa fille d'un clin d'oeil appuyé. Après quelques secondes d'immobilité, celle-ci se retourna vers le nain et jeta dans le feu une poigné de poudre puisée au fond de son escarcelle. Aussitôt les flammes prirent une teinte bleuté dans un souffle ténu comme venu des braises malmenées. Le silence soudain fit part belle au chant des félanes nocturnes qui chantaient pour leurs mâles, quelque part dans la prairie voisine.

- Souffre, potasse... Mélasse ! La magie de Veole est autrement.

Elle s'agenouilla à coté de lui. Les billes dorées qui lui servaient de pupilles esquillaient d'indigo.

- Ton destin, elle le connait. Il est écrit là. Tout simple. Juste ici.

A quel moment sa main était-elle allée chercher ceci ? Les étrangetés du soir n'étaient définitivement plus à lister. Veole venait d'étaler devant lui une rangée de grandes cartes élimées décorées de dorures dans un grand geste magistral.

- Tu veux savoir ?

Cela sonnait comme un défi.
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Narzum Zharr-Zaki
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MessageSujet: Re: Halte belle au chemin mignon   Dim 8 Fév 2015 - 20:59

Les humains étaient t’ils tous ainsi ? Le nain ne pouvait cesser de se poser la question en tirant frénétiquement sur son petit brûle gueule fétiche. Les effets de l’herbe étaient particulièrement forts en cette sainte soirée, son esprit vagabondait loin en dehors des chemins tracés. Il pouvait presque sentir la folie qui le guettait dans un coin sombre de son âme, semblable à une pulsation étouffée qu’il parvenait à peine à contenir. L’ermite rouge n’était pas devenu ermite pour rien. Mais en cette douce nuit sur la route des sables, il semblait heureux de côtoyer un être qui évoluait dans des sphères que lui-même jugeait bien haute à atteindre.

Le nain s’amusait donc bien en cet instant, observer l’étrange femme était pour lui une distraction cocasse. Son esprit retord se souviendrait longtemps de cette rencontre et il n’hésiterait pas à la narrer encore et encore à qui voudrait bien l’entendre -Autant dire que la pauvre mule qu’il possédait la connaitrait bientôt par cœur-
Pourtant, il n’aurait pas pu prédire que la suite des évènements deviendrait encore plus intéressante. Le fumigène, mêlée à la fumée opaque du Feu-de-dragon nain avait eu pour effet de crée une ambiance propice au mysticisme. Narzum pourtant bien déconnecté de la réalité pu sentir le changement. Les drus poils de son avant-bras s’hérissèrent et il put sentir une goutte froide lui couler le long de la colonne vertébrale. Il y avait de la magie dans l’air !


« Par ma moustache… » Murmura le nain rouge quand la jeune femme aux cheveux de feu s’approcha de lui. Créature farouchement féline aux yeux d’or à considérer comme un trésor. Dans cette brume familière, Narzum se sentit réellement perdre pied, sentant sur ses épaules le lourd poids du passé et le gouffre sans fond de son avenir qu’il voyait lui-même bien noir.

S’il avait était un nain avisé, il aurait fuit les lieux. Les sorcières et diseuse de bonne aventure n’attirait que la méfiance des siens. Mais son esprit malade et curieux avait depuis bien longtemps dépassé le raisonnement primaire de son peuple natal. L’ermite rouge était plutôt fasciné car jamais il n’avait était confronté à une telle chose et il brûlait de connaitre le dénouement de cette soirée.
Il tira une bouffée de tabac bien lourde qui lui arracha un quinte de toux. Complètement fasciné il soupira en tendant la main tel un enfant.

« Dit moi la Veole. Dit moi tout. »

Son fort accent trancha nettement avec le murmure qui dépassa ses lèvres. Et puis il comprit pourquoi enfin, c’était la peur qui lui serrait le cœur. Que pouvait t’il bien craindre de se futur qui se révèlerait à lui ? Aucune réponse ne lui vint à l’esprit. A moins bien sûr, que tout cela ne soit qu’une simple supercherie…
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MessageSujet: Re: Halte belle au chemin mignon   Sam 14 Fév 2015 - 10:29


    [Toutes les images linkées sur ce post sont tirées du Tarot universel fantastique de Paolo Martinello]

    Il n'en fallut pas davantage.

    L'instant d'après, Veole disparaissait dans la pénombre comme si on avait soufflé sur la bougie. Ce qui réapparut à sa place lui ressemblait un peu, mais pour quiconque se servait de sa sensibilité pour sonder au devant, il était évident que ce n'était plus vraiment elle. Le petit corps pointu frissonnant dans le vent de la route était celui de la saltimbanque, le visage en revanche avait changé. Il s'agissait désormais d'une grimace de bois, une simple planche peinte en rouge, percées de deux larges trous circulaires pour les yeux, à laquelle était rattachée, au niveau du nez et à l'aide de trois cordelettes verticales une autre lamelle, plus fine, qui descendait jusqu'à la base du cou. Un autre cercle était percé en bas de cette dernière, signifiant une bouche ouverte. La figure ainsi montrée n'avait rien d'humain. Il était le messager d'obscurs oracles et lorsqu'elle s'exprima à travers lui, sa voix avait changé pour quelque chose de plus guttural. Les mots aussi n'étaient plus les siens.

    - Que soit révélée ce soir la vérité de Parole.

    Elle rassembla les cartes dans sa main puis tendit le paquet au nain, attendant vraisemblablement qu'il le coupe. Ceci fait, elle recula vivement et s'assit en tailleur non loin des flammes violacées. La lumière crépitante de magie donnait au moment une valeur presque surnaturelle. Tout autour, c'était comme si la nuit avait fait silence.

    Elle retourna une première carte.
    [ 10 deniers ]:
     

    - Nous parlerons de ta route, Narzum le nain, et d'où elle te conduit. Voici le constat des cartes te concernant.

    Le masque dodelina, produisant un cliquetis agréable. L'étrange créature se pencha en avant et tira deux autres cartes, qu'elle plaça face découverte de part et d'autre de la première, légèrement surélevées.
    [ Valet de coupes ] & [Arcane majeur XVI : la Tour ]:
     

    - Comme chacun, tu es à la fois mâle et femelle. Elle sait reconnaitre en autrui les valeurs et les idéaux bénéfiques et juger ainsi de leur force, tandis que lui est suffisamment sage pour grimper au sommet de la montagne par le coté le moins escarpé. Ce sont tes acquis, repose-toi sur eux lorsque tu parcours la route.

    Une autre carte vint rejoindre le tirage, à la droite du valet de coupe.
    [ 9 épées ]:
     

    - Voici cependant une chose que tu ignores.

    Elle glissa vers l'avant, recouvrant les cartes de sa silhouette gracile pour porter son étrange visage tout près de celui du nain. Les yeux de Veole qu'on devinait par les ouvertures dans le bois pétillaient d'un éclat malicieux.

    - Une ombre large et menaçante n'est parfois que celle d'un bébé qui braille. Ainsi sont tes démons, le nain. Tu les perçois bien plus inquiétants qu'ils ne le sont réellement. Apprend que tes chaînes sont en réalité de simples lambeaux de papier, tu as juste besoin de les déchirer afin d'aller de l'avant sur la route.

    Aussi furtivement qu'elle s'était approchée, elle retourna s'asseoir à sa place dans un bruissement d'étoffe et tira une cinquième carte pour la placer à gauche de la Tour.
    [ 10 coupes ]:
     

    - En revanche, ta façon de chercher est la bonne. Tu sais que le bonheur est dans ton quotidien, et non à la place du vainqueur sur le champs de bataille rougi par le sang. Le croisement n'est pas si loin derrière toi et la route est encore longue, mais tu as choisi la bonne.

    Avec délicatesse, elle retourna une autre carte pour la positionner à droite des neufs épées.
    [ Chevalier de bâtons ]:
     

    - Le conseil des cartes pour Narzum, le nain qui sait jauger les autres mais qui le fait bien pauvrement pour lui-même, est le suivant. Garde-toi des désirs trop ambitieux, car ils induiront l'insatisfaction. La simplicité de vie sera pour toi le fardeau le plus léger.

    Enfin, une septième et dernière carte s'ajouta aux autres, à gauche des dix coupes. Elle terminait ainsi la forme de flèche, dont la pointe était la toute première carte, celle qui parlait du voyage. Il s'agissait de la plus puissante d'entre-elles, et la créature veolienne marqua un temps d'arrêt en la découvrant.
    [ Arcane majeur XXI : le Monde ]:
     

    - La révélation des cartes pour Narzum, le nain malin tant dans l'épreuve qu'au quotidien, est la suivante. Si tu sais réaliser la véritable valeur de ton âme et trouver le juste équilibre entre l'au-dehors et l'en-dedans, lorsque, enfin, tu seras maître de toi, il n'existera pas de limites à ce que tu pourras posséder.

    Il y eut un long silence avant qu'elle ne reprenne, religieusement, tout en tapotant la toute première carte.

    - Telle est la finalité de ta route. Tu ne dois pas emprunter les raccourcis faciles mais la parcourir dans son entièreté si tu espères un jour parvenir au bout.

    Dans un chuintement fatigué, les dernière petites flammes du feu s'éteignirent, plongeant la scène dans une obscurité qui s'était faite grandissante au fur et à mesure du tirage. Les astres nocturnes prirent rapidement le relai et rendirent aux formes leurs contours, bien qu'imprécis, tandis que les bruits de la nuit revenaient progressivement. Veole était redevenue Veole, drôle de frimousse et rire au bord des lèvres. Elle attrapa un morceau de pain et mordit dedans à pleines dents, comme si elle n'avait pas mangé depuis des lustres.

    - Alors ? Quoi dirent-elles ?
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Narzum Zharr-Zaki
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MessageSujet: Re: Halte belle au chemin mignon   Dim 8 Mar 2015 - 10:21

Un frisson parcouru l’échine du nain. Le monde autour de Narzum était devenu froid, vide, et quelque chose à l’intérieur de lui n’hésitait pas à hurler que le danger était bien présent. Malgré tous, l’ermite rouge avait acquis la caractéristique d’être plus têtu que sa vieille mule et quand il avait décidé une chose, il ne revenait que rarement dessus. Il resterait donc du début à la fin, sans prendre ses (petites) jambes à son coup, sans user de sa hache et de ses fioles et surtout, sans dire un mot.

Il ne silla pas d’un pouce quand la créature Veolienne se retourna. Oui, créature, le nain n’avait pas peur d’utiliser ce mot car c’était bien le cas. La malicieuse jeune femme au cheveux de feu avait disparut, laissant place à une entité masquée ne partageant plus grand-chose en commun avec cette dernière, si ce n’est son propre corps…Tout cela était à peine croyable mais Narzum en grand curieux se posait déjà des centaines de questions. Caché derrière ses sourcils broussailleux, son regard était pourtant celui d’un gibier que l’on traque. Ses pupilles étaient dilatées et il essayait surtout de ne pas quitter la jeune femme des yeux. Machinalement il tira une nouvelle bouffée de tabac, sur estimant un peu trop la capacité de remplissage de ses poumons, il du ravaler une grosse toux pour ne pas gâcher le moment par une série de bruit inopportun.

L’être au visage de bois annonça le début de la divination en lui tendant un paquet de carte.
La clairière semblait s’être murée dans le silence, attendant elle aussi sans aucun doute le dénouement de cette soirée.
Le nain coupa et retint son souffle.

La première carte apparut et l’oracle parla


-Ma route…Je foule les routes de ce monde depuis une demi vie d’homme maintenant, jusqu’ici j’aurai pu moi aussi faire ce constat… -

Il était toujours difficile de convaincre un nain. Même si pour l’instant tout cela lui semblait teinté de magie et très ésotérique, Narzum émettait encore quelques réserves sur l’authenticité de ce tirage. Il était pourtant déjà troubler, assez en tout cas pour qu’il se dise à lui-même de la fermer afin de se déconcentrer sur la suite.

Deux cartes apparurent cette fois ci, plaçaient de chaque coté de la première. La devineresse s’exprima.
Cette fois ci, il ne put retenir un sourire


-Même les cartes semblent savoir que les nains débusquent les meilleurs sentiers dans la montagne ! Mais je me sens bien plus mâle que femelle… Que savent-elles d’autre ?-

Le nain avait pourtant retenu l’essentiel : Avoir confiance en ses acquis et en son savoir. Il opina donc du chef pour lui-même, il ne manquait pas d’acquis, ni de savoir, mais il avait toujours doutait de sa confiance personnel depuis le jour ou…

Une nouvelle carte, placée à la droite de la seconde. La Veole au masque s’approcha de lui avec l’agilité d’un chat. Le nain distingua alors rapidement l’éclat de ses yeux mais n’émit aucun son, aucune remarque.

-Mes chaînes…-

Cette fois ci, le nain fut soufflé. Les cartes semblaient effectivement bien lui parler à lui et à lui seul. Depuis des années, il portait le lourd fardeau de l’exil. Exil qu’il avait lui-même choisit après qu’on lui est brûler la barbe et saccagé son laboratoire par deux fois. L’ermite rouge fuyait les siens et il ne pouvait cesser de se sentir coupable tout en sachant qu’il avait fait le bon choix. Il était peut être temps de briser ses chaînes. Oui, il était temps.

Une carte apparut et fut placé à gauche de la troisième suivit de son interprétation.


--

Cette fois ci, il resta sans voix. Cela devenait de plus en plus troublant. La dernière carte semblait confirmait le choix qu’il venait de faire une dizaine de seconde plus tôt tout en lui rappelant que la route était encore longue et en sous entendant que tout n’était pas encore gagner sur ce cheminement de la pensée. C’est ce moment que le nain choisit pour tirer d’un coup sec sur son brûle-gueule.

Encore une carte. Très jolie par son dessin, le nain appréciait. Il apprécia pourtant un peu moins l’interprétation que la Veole en fit.


-L’ambition à causé ma perte, la jalousie des autres à causé mon tourment et me voila aujourd’hui moi le dernier des miens, récompensé par le simple droit de vivre…Cela me suffit… D’autres n’ont plus cette chance.

Défilèrent mentalement devant lui tous les membres de son clan. Les Barbefeu, fiers nains de la Nérania aux barbes rousses. Ses ancêtres, ses aïeux, ses parents, ses frères, ses sœurs, ses fils et ses filles. Tous morts, retournés à la boue et la poussière. Montagne d’os brillant sous le feu du soleil et les rayons de la…

La dernière carte mit fin à ce douloureux souvenir qui lui avait presque valut une crise de démence, comme à chaque fois qu’il se lançait lui-même sur le sujet. Contre toute attente, la révélation qui en fut faite apaisa son âme et il resta suspendu aux paroles de l’oracle.


-Véritable valeur…Pas de limite possible…-

Quelque chose avait changé en Narzum. Il n’aurait pas pu l’expliquer à ce moment précis, mais en était convaincu.

Retenu en haleine, il fut presque déçu de voir que la magie quittait peu à peu la scène. Ils étaient plongés dans le noir. Le nain n’avait presque pas remarqué que le feu c’était éteint, trop absorber par ses déductions personnels. La Veole semblait être redevenu elle-même et ne portait plus le masque à la mystique voix. Narzum s’ébroua comme pour se forcer à revenir à la réalité de l’instant.
Une nouvelle bouffée de tabac lui signala que son brûle gueule était bientôt vide. Il le posa doucement à coté de lui et prit à son tour un morceau de pain qu’il enfourna sans demander son reste. Il ne répondit pas de suite à la jeune femme, appréciant ce petit moment de plénitude qu’il n’avait pas connu depuis ce qui lui semblait être des siècles. A vrai dire il n’avait pas très envi de revenir sur les détails, jugeant la chose encore trop personnel.


« V’la un don bien peu commun la Veole. Les cartes m’ont annonçaient ce que j’voulais entendre et p’te même plus…Beaucoup plus. »

Une nouvelle fois le nain farfouilla dans les restes de nourriture. Il en dénicha de quoi se sustenter afin de décider de rallumer le feu. Très silencieux, il semblait réellement avoir du mal à quitter sa réflexion. Après quelques minutes, il reprit sa place et décida de bourrer une nouvelle fois sa pipe avec un tabac un peu moins précieux que le précédent.

« Je crois que ce sont les Dieux qui t’ont mit sur ma route se soir. Qui es tu réellement et d’où viens-tu jeune femme ? Jamais encore je n’avais à faire à une telle chose… J’ai en moi la conviction qu’il me faut en savoir plus sur tout cela… Pour…Pour devenir moi.»

Ses propres paroles lui semblaient étrangères mais ils les avaient pourtant prononcés.
Que c’était t’il donc passé à l’intérieur de Narzum ?
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