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 Vendetta velterienne, ou la Brune au crépuscule. [Daneva]

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Decado
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MessageSujet: Vendetta velterienne, ou la Brune au crépuscule. [Daneva]   Sam 4 Oct 2014 - 17:59

    Spoiler:
     

    L’après-midi était sillonnée d’éclaires et vomissait des trombes d’eau ruisselantes dans la grisaille, au-dessus des toitures détrempées, comme un préambule cafardeux à la vaste lie scylléenne qui vaquait malgré tout entre les venelles discursives de la cité. De là où il était, Decado Salyrann de Velteroc observait sombrement le spectacle homérique, par-delà les carreaux emperlés de la chambre miteuse, et le reflet de son propre faciès qui se réverbérait sur le verre souillé. Un minois policé, voir séduisant selon certains critères, mais exempt de toute chaleur. Le regard, rogue et tranchant, luisait d’un rouge vermillon, étrangement fixe sous ses mèches rétives d’une pâleur délavée. Il était vêtu de cuire et d’étoffe, mais sa tenue était semée d’accros. Une cape déchirée ponctuait le panel ; autrefois incarnat, elle virait désormais sur le bordeaux sombre et les vestiges d’un capuchon pendaient tristement à la naissance de son dos. Ainsi attifé, l’assassin pouvait aisément passer pour ce qu’il souhaitait prétendre être aux yeux de la société du Langecin ; un traîne-épée lambda, comme il en existait des centaines dans cette partie de la Péninsule.
    Pourtant certains détails juraient avec la trivialité de son apparence; l’albinisme, peu répandu à Scylla, et un maintien qui n’avait rien à voir avec la lourdeur habituelle des hommes d’armes du Comté. Lentement, l’adonis se détourna de la fenêtre, il se déplaçait avec la grâce charnelle des bretteurs, à pas souples et mesurés.


    « Toujours fidèle à tes idiosyncrasies, n’est-ce pas ? », lui parvint une voix mélodieuse du fond de la pièce. Sans répondre au ton, ouvertement narquois, Decado s’avança jusqu’à la commode pour saisir les armes qui y reposaient. Une dague et une épée dont la facture, trop précise pour être humaine, avait été forgée et perfectionnée dans les abysses d’un monde très différents des us péninsulaires, loin vers l’Est, à des milliers de lieux d’ici. La poignée ouvragée de Jiv’undus avait été camouflée par des bandes de cuire bouillie, soigneusement nouée entre elles. « Je savais que tu me tarauderais un jour sur la nature des employeurs de Coriandre, mais j’ignorais qu’une fois le nom d’Hincmar de Crion mentionné, tu te précipiterais derechef pour prendre la clef des champs jusqu'à Scylla… avec l’assentiment du Comte bien entendu. », il faisait référence à la tentative d’assassina manqué en Velteroc, à l’encontre de Nimmio. « Quoique, je me disais bien qu’une chose finirait par te manquer tôt ou tard. La routine du sang et des voyages peut-être… ? »
    « Istovir sait… », rétorqua le tueur, l’air faussement évasif. « …Istovir sait tout. »
    « C’est ce qui nous maintient en vie, tous les deux. »
    « Mais une fois de plus, c’est un choix d’Istovir. »
    « Tu commences à me fatiguer. »
    Decado fit volte-face, ses iris brûlantes dardées sur le miroir poussiéreux. Chose étonnante, le reflet qui s’y réverbérait n’avait rien à voir avec l’agencement spartiate de la petite chambre désuète, louée dans l’une des tavernes modestes de Pharembourg… mais dépeignait l’ambiance mondaine d’un vaste appartement, meublé à l’estréventinne.
    Et l’image d’un elfe noir au sourire goguenard.
    De l’autre côté du miroir de scrutation – un artefact lui permettant d’entrer en contacte avec Decado par l’intermédiaire de n’importe quelle substance réfléchissante – Istovir croisa les bras.

    « Je te fatigue… », s’enquit l’assassin tandis qu’un rictus cynique déformait son faciès harmonieux. « …pourtant tu me manipules. Tu as maquillé ta mort, puis tu m’as pisté jusqu’en Péninsule. Aujourd’hui tu m’entraînes encore avec toi, mais pourquoi faire ? Pour donner à un Drow de la crédibilité parmi les humains ? Pour des trésors que tu ne peux pas porter tout seul ? C’est ce qui t’a poussé à transiger avec mon frère ? »
    « De tels trésors n’existent pas. »
    « Alors pourquoi faire ? », murmura Decado, dont le ton calme couvait le mépris et la menace.
    « Pourquoi faire ? », répéta le Drow avec un petit rire. « Et bien pour rien et pour tout à la fois. »
    Les paupières de l’assassin se plissèrent dangereusement.
    « Tu n’avais pas de but, pas de direction… », expliqua Istovir. « Je connais Decado Salyrann mieux qu’il ne puit l’imaginer lui-même. Depuis qu’il était un raton d’égout s’amusant à chasser les intrus à coup de pierre en compagnie d'autres morveux. Et aujourd’hui encore, des mois après ton arrivé à Velteroc, même après la gratitude de Nimmio et son consentement à t’accepter tel que tu es pour ce que tu es, tu te promènes à maugréer dans ta barbe. Tu n’as pas de route parce que tu n’en vois aucune devant toi. Ton esprit est encore piégé dans les venelles de Sol’Dorn, et je te rendrais un fier service en te tuant. »
    La colère perça le masque impassible derrière lequel l’albinos se retranchait.
    Briser le miroir devenait trop tentant…

    « N’est-ce pas vrai ? N’est-ce pas ton propre vide qui t’as mené pendant toutes ces années à rechercher le combat contre des individus de l’acabit de Coriandre ou d’Hincmar de Crion, comme un exutoire à tes propres collapsus ? Bien sûr, tu me détestes…parce que je te force à te regarder tel que tu es, et que tu n’aimes pas ce que tu vois. Mais est-ce une raison pour me tuer ? Parce qu’en te conduisant jusqu’à Nimmio, je t’ai donné l’occasion de faire le tri dans ton existence chaotique ?
    « T’ai-je demandé de l’aide ? »
    « Les amis viennent en aide sans qu’on le leur demande. »
    Le terme ne lui aurait pas parut plus déplacé qu’en cet instant, surtout lorsqu’il était formulé par les lèvres d’un Drow. Istovir était-il seulement capable d’appréhender la profondeur d’un tel adjectif ?
    Un ami.
    Decado soupira et secoua la tête tandis qu’un silence gêné s’installait entre eux. Enfin, il leva les yeux sur l’énigme vivante qu’incarnait le sorcier Drow.
    Son visage avait repris sa sérénité habituelle.

    « Clotaire est-t-il déjà parti pour Trymoin ? »
    « Dans la mâtiné, mais il a eu quelque revers avec le Seigneur local. », il ricana. « Hubert de Trymoin est un homme vaniteux, et borné, qui plus est… les négociations ont pris une tournure telles que Nakor se doit d'interférer. Il est en route pour Trymoin en ce moment-même. »
    Decado acquiesça en laissant poindre un sourire sombre. « Tu sembles apprécier ce vieux barbon. »
    « Ses méthodes sont désarmantes… », rétorqua l’autre, énigmatique. « …et en presque deux siècles d’existence, je n’avais jamais rencontré d’humain hexa-centenaire. Cet homme est une anomalie, une anomalie puissante qui plus est, même selon les standards de ma race. »
    « Laisse tomber… », murmura le tueur dont le regard acéré semblait passer le Drow au crible.
    « Laisser tomber quoi ? », Istovir leva les mains, l’air déconcerté, mais Decado ne mordit pas à l’hameçon.
    « Nakor est d’un calibre légèrement différent de feu-Saulofein. Il est impartial et incorruptible. »
    « Brack’thal m’a tenu un discours similaire il n’y a pas si longtemps. »
    « Pour une fois que cet imbécile fait preuve de discernement… »
    « Il a déjà dit la même chose de toi. »
    « Par certains points, lui et moi nous ressemblons beaucoup. »
    « Ce qui ne m’avance pas dans mes décisions... »
    « Dois-je formuler les choses différemment ? »
    « Hmm... ? »
    « Si tu touches au vieillard, je te tue. », le Drow éclata de rire.
    « Grand dieu, serait-ce de l’affection ? »
    « Ne dis pas de sottises. », siffla l’assassin agacé.
    Istovir lui décocha un sourire insolent.

    « Nous verrons… », murmura-t-il tandis que l’image rémanente de sa silhouette s’évaporait graduellement. « …nous verrons cela. »

    Des brumes opaques vivotèrent sur la surface translucide du miroir, et Decado se retrouva seul avec son reflet.
    Au-dehors, un coup de tonnerre ébranla la cité de Pharem.


    --------------------

    Spoiler:
     



    La pluie avait détrempé sa cape et les vestiges de ce que l’on pouvait encore appeler un capuchon. Il pouvait sentir le froid et l’humidité s’insinuer entre les replis de sa tunique pour lui glacer les os.
    Decado s’en fichait.
    Plusieurs badauds se retournèrent sur son passage, sans même dissimuler leur expression de mépris pour ce qu’il percevait comme un mendiant ou un bohémien.
    Decado s’en contrefichait.
    Le domaine de Crion se trouvait à moins de deux kilomètres, le long du littoral, entre la Vesne et Pharembourg. Il était juché sur un promontoire où il dominait les eaux calmes de la mer Olienne. L’assassin avait passé l’après-midi à en explorer les reliefs. Il avait poussé jusqu’à la structure modeste de la petite forteresse dont il avait fait trois fois le tour, sans se faire voir, puis, à l’approche du crépuscule, avait regagné Pharembourg en toute discrétion.
    La cité fourmillait malgré l’heure tardive et le temps bruineux.
    Il sortit d’une venelle qui donnait sur les docks, voyageur anonyme de passage dans la région ; un homme simple, de taille moyenne, qui marchait avec assurance, et entra dans une taverne pour consommer un verre de rhum. Une boisson fort puissante, très prisée par les marins en raison de son faible coût, et dont le goût était si abominable que peu de gens se donnait la peine d’en voler.
    Pour Decado qui l’avala d’un trait, le rhum constituait une transition, au cours de laquelle tout son être se fondait dans un état de conscience plus intense ; toutes ces années d’entraînement et de travail d’expert se cristallisant dans ses pensées. Il ferma les yeux peu après et sentit l’inévitable engourdissement dû à l’absorption d’une boisson si forte, avant de se concentrer sur son attention à de nombreuses reprises, jusqu’à déchirer cette lourdeur d’esprit et se trouver dans les meilleurs dispositions possible.


    « Vous en voulez un autre ? », lui demanda le tavernier.
    « Tu parles, il s’écroulerait ! », intervint une brute odorante.
    Cette remarque fit bruyamment rire ses trois compagnons, tous nettement plus lourds que Decado.

    Le tueur, qui déjà, avait anticiper la suite des évènements, considéra l’inconnu avec curiosité, se demandant s’il lui serait possible de tuer les quatre truands sans que cela l’empêche de mener à bien sa tâche, comme prévu.

    « Qu’est-ce que tu en penses le blanc ? »
    L’albinos ne cilla pas, ne laissa pas transparaître le plus petit sourire, ni la moindre expression. Il reposa son verre et fit mine de s’en aller.
    « Ah, mais prends-en donc un autre. », dis l’un des voyous en s’approchant. « Voyons si tu peux l’avaler cul sec sans tomber par terre ! »
    L’autre se figea, l’espace d’une fraction de seconde, mais ne se tourna pas vers l’inconnu.
    S’estimant insulté, l’ivrogne le frappa sur l’épaule, ou du moins il essaya. À la seconde où la main agressive le toucha, l’assassin leva la sienne et agrippa le pouce de son vis-à-vis, avant de le tordre vers le bas avec une telle force que le truand s’effondra, la main retournée en arrière.


    « As-tu besoin de tes deux mains pour hisser tes filets à bord de ton esquif ? », lui demanda calmement Decado.
    Voyant l’autre chercher à se dégager au lieu de lui répondre, le tueur accentua adroitement la torsion d’un quart de tour, puis modifia la pression de sa prise, juste assez pour empêcher son adversaire de reprendre son équilibre.
    « J’imagine que oui, aussi, par égard pour ta famille… », conclu-t-il en relâchant sa victime.
    Tandis que l’homme se redressait en titubant, l’épéiste se dirigea vers la porte.


    « Je n’ai plus de famille ! », hurla soudain le voyou, comme s’il avait été insulté.
    Decado l’entendit se lancer sur lui.
    Il se retourna au dernier moment, mains levées pour détourner les frappes maladroites de l’ivrogne, puis, d’un coup de genou, stoppa net la charge de son agresseur. Les nombreux clients de la taverne ne surent préciser ce qui se produisit, néanmoins il constatèrent que le voyou avait été brusquement coupé dans son élan et se trouvait désormais plié en deux.


    « Tu n’en auras sans doute jamais plus. », lui murmura Decado. « Et le monde ne s’en portera que mieux. » Il le repoussa avec douceur, l’aidant même à conserver son équilibre.
    Le regard vide et les pensées certainement embrouillées, le malheureux se pencha en avant, ses mains tremblantes pressées sur son entrejambe.
    L’assassin ne lui accorda plus le moindre intérêt et sorti de la taverne. Il entendit un bruis sourd. – son adversaire venait de s’effondrer. – Puis, de façon prévisible, les cris de colère des trois compagnons de ce dernier, après le choc provoqué par son audacieuse réaction.
    Ils envahirent les docks et crachèrent des insultes, bondissant de tous les côtés et hurlant dans la nuit. Agitant les poings, ils promirent de se venger et rentrèrent dans la taverne.
    Assis sur le toit d’un bâtiment, les jambes suspendues dans le vide, l’albinos renifla, consterné par leur idiotie si prévisible. Il attendit un instant, et dans un habile enchaînement de prises acrobatiques, se laissa glisser le long de la structure pour atterrir sur les pavés avec souplesse.

    À quelques lieux de Pharembourg, dans un châtelet paisible, une vie attendait qu’on la prenne.
    Et non loin d’ici, dans un endroit bien trop proche, une rencontre attendait de se faire.

    La seconde conjoncture étant d’ordre parfaitement imprévu…
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Daneva
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MessageSujet: Re: Vendetta velterienne, ou la Brune au crépuscule. [Daneva]   Dim 12 Oct 2014 - 20:37

Il y avait eu tout d'abord un murmure, une rumeur dans le vent. La vieille chaumière avait doucement craqué, comme un avertissement. La brune avait levé la tête comme un animal dérangé. Malgré l'heure tardive, elle était encore loin de sa couche. A vrai dire elle se trouvait encore les pieds dans la boue, à nettoyer l'auge des porcs... C'est ce qui lui avait sauvé la vie. Lorsqu'elle avait distingué les premières silhouettes à la clarté lunaire, elle avais compris tout de suite qui ils étaient. Cette sorte d'instinct étrange qui planait au dessus d'elle et dont elle n'avait jamais compris la provenance l'avait subitement envahie et elle s'était cachée derrière Gros Jean, silencieuse comme une ombre. Ils s'étaient approchés de l'habitation solitaire, nombreux, une meute de loups de la ville. Jamais ils ne s'étaient aventurés jusque dans ces basses-ténèbres. Les deux sorcières avaient toujours tout mis en oeuvre pour décourager ce genre d'entreprises, et elles avaient plus d'un maléfice dans leur jeu. Pourtant cette nuit-là sonna leur fin. Peut être étaient-ce les relents de la guerre lointaine ou bien la disette de plus en plus préoccupante... Au feu les pièges de magie ! Au feu les vieilles terreurs ! Ils étaient venus, ils étaient là, il n'y avait plus à penser. Seulement à fuir.

Les hurlements de Mélune et Crécerelle poursuivirent la brune aussi longtemps qu'elle courut. Au croisement du buisson doré, elle s'arrêta brusquement et porta la main à son cou pour effleurer l'épais collier de cuir grossier qui lui couvrait la jugulaire. Son regard se fit inquiet. Elle se retourna pour apercevoir au dessus de la cime des arbres la rougeur flamboyante de ce qui était désormais un immense bûcher. Les sorcières brûlaient. La jeune femme n'eut pas l'air peinée... Au lieu de ça son visage se tendit un instant et ses yeux brillèrent d'espoir. Se pourrait-il que ... ? La peur revint bien vite. Non. Non, non, non, plus jamais. Au souvenir de cette atroce sensation d'étouffement, elle ne put réprimer un frisson d'horreur. Elle n'en avait réchappé que de justesse la dernière fois, et Mélune l'avait battue ensuite. Elle avait juré de ne plus tenter de s'enfuir et on l'avait prévenue : si elle ne tenait pas parole, elle mourrait de toute façon. Elles avaient demandé au sortilège d'être plus cruel cette fois. Elles avaient resserré les liens.

Un dernier cri fusa dans la nuit, plein de haine. Il y eut une explosion formidable et le sol trembla. Les voix reprirent de plus belle, mais cette fois-ci elles étaient masculines. La brune quant à elle s'était figée, hébétée, fixant sans y croire le collier de cuir qui venait de tomber inerte à ses pieds. Elle était libre.

*** Pharembourg ***

La première ennéade fut la plus difficile. La seconde le fut un peu moins. En fait, tout alla beaucoup mieux quand elle fut accueillie dans une petite maison chaleureuse sur les rives de la Gavria. On lui permettait de dormir sur une paillasse plus confortable que celle de la chaumière et on lui servait un repas chaud par jour. Parfois même on lui glissait une ou deux pièces dans la poche. Elle ne cessait de s'émerveiller de tant de bonté. Tout ce qu'elle avait à faire en échange, c'était sourire, être aimable et s'allonger avec les hommes qu'on lui désignait. Ce n'était pas bien difficile, et puis ainsi elle n'avait plus froid.

Ravie de sa nouvelle situation, la brune n'avait pas manifesté le désir de prendre la route. Les jours se mirent à défiler sans qu'elle tienne le compte. Peut-être était-elle tout simplement effrayée par l'idée d'affronter à nouveau l'inconnu, mais il lui fallait tout de même admettre que cette ville l'intriguait. Il y avait quelque chose, une sorte de poids nerveux dans son ventre à chaque fois qu'elle levait les yeux vers les hautes murailles de la forteresse. Qu'y avait-il là haut pour provoquer en elle cette tempête émotive si confuse ?

La brune venait d'ailleurs, la brune venait de nulle part et elle n'était jamais parvenue à raconter quoi que ce soit de vraisemblable concernant ses origines. Quelque chose bloquait le flux de ses souvenirs et elle avait depuis longtemps cessé de lutter pour ouvrir ce passage, qu'elle considérait désormais comme définitivement clôt. Ses amies la pensaient sotte, mais tout le monde s'accordait à dire qu'elle était belle. Elle était loin d'être la plus jeune ou la plus gironde de la joyeuse bande mais elle avait de la prestance, une certaine fluidité dans ses mouvements qui donnait l'impression qu'elle dansait à toute heure du jour. A vrai dire, il n'y aurait eu ces affreuses cicatrices rougies dans son dos, elle aurait sans doute eu droit à une chambre privée. Seules les plus jolies filles de la pension pouvaient y prétendre et elles étaient très enviées par leurs camarades, mais la brune ne s'y trompait pas : on n'était jamais longtemps seule dans cette maison.

Un soir que la pluie avait fait fuir la plupart des passants, la brune s'était portée volontaire pour "donner en devanture" comme on disait. C'était une bonne excuse pour être dehors et fuir la tenace moiteur de ces sombres salons imbibés de parfum. En outre le perron offrait une splendide vue sur le fleuve que jalousaient beaucoup de bourgeois du quartier supérieur.

C'est ainsi que, accoudée à l'abri des intempéries sous l'auvent de la maison de passe, elle héla l'étrange silhouette qui s'approchait depuis la ruelle adjacente. Vêtue d'étoffes légères et colorées, les joues rosies par le froid et les yeux pétillants de bonne humeur, la brune comptait bien rabattre celui-ci à ses gloussantes amies calfeutrées près de la cheminée.

- Holà joli seigneur ! Que vous presse-donc tant ? Je n'ai pu voir votre visage dans son entier, daignerez-vous me le dévoiler ?
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Daneva
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MessageSujet: Re: Vendetta velterienne, ou la Brune au crépuscule. [Daneva]   Ven 2 Jan 2015 - 23:15

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MessageSujet: Re: Vendetta velterienne, ou la Brune au crépuscule. [Daneva]   

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