AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Où la Dame Blanche reçoit le Soleil Blanc [PV Margot]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Milynéa Lythandas
En attente de validation..
avatar

Masculin
Nombre de messages : 57
Âge : 176
Date d'inscription : 15/10/2010

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  121
Niveau Magique : Arcaniste.
MessageSujet: Où la Dame Blanche reçoit le Soleil Blanc [PV Margot]   Ven 10 Oct 2014 - 16:45

C’était une invitée rare que recevrait ce jour la Princesse-Marchande, une visite au combien singulière, car si on avait l’habitude d’en recevoir les émissaires et ambassadeurs, il était peu commun d’en voir les seigneurs eux-mêmes, bien que cette dernière soit à ce jour déchue de l’ensemble de ses titres, dans les faits. Le droit du sang avait laissé la place au droit de conquête en Pays Soltaar, soutenu par la félonie déclarée du Duc Asdrubal et par le désordre qu’elle avait occasionné, le pillage autant que la fuite de ses partisans.
Aujourd’hui régnait la Princesse d’Ys qui avait intégré son domaine au territoire ducal pour satisfaire certains seigneurs, là-bas, de l’autre côté de l’Olienne.
Bien que déchue de ses titres, la Princesse lui réserverait les honneurs d’une invitée de son rang, mais l’entrevue qui se déroulerait serait une première pour elle, et elle avait bien l’intention de profiter de cette occasion. Tout fut donc apprêté pour sa venue, que ce soit ce qui tient du normal que du superficiel, du jeu des apparences, et les serviteurs parurent pour des courtisans par la qualité des tenues, bien que ces dernières demeurent sobre et taillé pour l’efficacité dans la tâche, si ils n’étaient pas marqués et identiques.

Vint le moment où le jeune garçon qu’elle avait chargé de l’avertir de l’imminence de l’arrivée remplit son office, et où la Princesse Marchande, Eärnil à ses côtés, en retrait, se plaça en haut de l’escalier menant à la porte principale de son palais.
La Demeure de Milynéa était un grand terrain situé sur les hauteurs, fermé par un mur d’enceinte et divisé en deux partis, une fois à l’intérieur. De l’extérieur, l’on pouvait voir se dresser le palais lui-même sur une moitié, tout du moins une partie, imposant et dans un style hybride, entre le thaari d’il y a plus d’un siècle, et le nisétien ancien.
Un serviteur accueilli le cortège de l’ancienne duchesse, et les portes s’ouvrirent, donnant sur une allée droite pavée et une grande cour ouverte, parsemé ça et là d’arbres mais aussi de statues qui, pour l’initié, représentaient des maîtres dans leurs arts, ayant autrefois fait la fierté, le renom et la fortune de la Maison.
Des sentiers couraient le long des murs d’enceinte, et à la droite, se dressait un autre mur délimitant le domaine propre au palais lui-même, laissant entrevoir la présence d’autres bâtiments aux toits plats au-delà. C’était là-bas que se logeaient, s’exerçaient, se formaient les artistes, tout du moins une partie, que possédaient la Marchande, l’ensemble partitionné en fonction du domaine d’art, et pour lequel des ouvertures dans les murs, sans portes, permettaient la circulation.
Enfin, au bout de l’allée bordée se dressait le Palais lui-même, surélevé par rapport au sol et rendu accessible par un grand escalier où l’attendait Milynéa Lythandas. Du gros du bâtiment se détachait deux ailes dont l’architecture trahissait légèrement une construction plus récente. L’ensemble du bâtiment semblait reposer sur une base élevée, des colonnes régulièrement couvrant le bâtiment lui-même, soutenant le toit et offrant des chemins extérieurs, et sur les murs du bâtiment des fresques de toutes horizons.
En surface, le bâtiment n’aurait pas paru si grand, il se trouvait même assurément à Thaar des palais s’étalant bien plus que ce dernier, mais ça n’avait jamais été la volonté de ses ancêtres, ni la sienne. Seul comptait l’effet, cette impression de petitesse, renforcé par cette Dame Blanche, aussi grande que la plupart des mâles humains, attendant en haut des escaliers, vers qui l’on devait s’élever si on désirait l’atteindre.

Quand elle fut parvenue à son niveau, le serviteur commença à énoncer les titres auxquels prétendaient encore la femme qui se tenait devant elle, "Duchesse légitime de Soltariel, Maîtresse de la Tour Bleue, Epouse du Royaume des Mers, Astre Blanc du levant, Madone bienfaitrice du Soltaar..." , mais la Marchande l’interrompit bientôt d’un « Je crois que cela suffira, merci. ». L’opulence de titres et la volonté de les faire le plus long, si bien qu’en dévoiler la liste devait assommer l’audience. C’était sûrement l’effet recherché en Soltariel, en mettre plein la vue, et surtout plein les oreilles, et avoir la plus longue…  introduction.

« Je suis Milynéa Lythandas, Princesse-Marchande et Dame Blanche de Thaar, c’est un honneur, mais surtout un plaisir de recevoir enfin un représentant de la noble lignée de Soltariel, tant d’années à traiter avec les vôtres par l’entremise d’émissaires avaient fini par émoussé l’espoir de pouvoir un jour accueillir l’un de vous en cette demeure. »

Après avoir laissé la parole à Margot, elle l’invita d’un geste à l’intérieur joint par un « Si vous voulez bien me suivre ». Et toujours avec Eärnil en retrait mais jamais loin, elle conduisit Margot à travers un large couloir, comme une galerie d’art, où se trouvait de nombreuses œuvres, portraits et scènes historiques embellis, voir mythologiques, des Dieux-Dragons, des Cinq, des Eälas comme des Dieux Sombres, petites sculpture reposant sur des supports en bois.
Contrairement à Ptolémée qui perdait dans un dédale pour suggérer l’immensité de sa demeure et l’indénombrable quantité de pièces, le chemin était court, bien qu’il eut fallu gravir un autre escalier , mais elle le jugeait suffisant pour impressionner, émerveillé celui qui viendrait la visiter.
Et c’est dans un salon fermée se situant au cœur du Palais, dont l’éclairage était assuré par des bougies et un plafond en verre coloré imitant la frondaison des arbres filtrant la lumière et assurant une atmosphère lumineuse déconcertante qu’elle avait achevé de faire décorer récemment qu’elle accueillit l’humaine.  Ce dernier avait pour thème l’Holimion, et les murs étaient peints pour reproduire un panorama dont elle n’avait qu’un vague souvenir d’enfance, les bois des deux côtés, et face ou derrière, selon où l’on s’installait, le rivage de la Mer Nordique, avec à l’horizon l’île se situant au nord, de l’autre le jardin des statues ainsi qu’une fantomatique représentation de la Dame Blanche d’Holimion et ancienne Dame Protectrice.
Le mobilier lui-même n’échappait pas à la règle, provenant directement d’Anaëh, ou tout au moins une partie, l’autre étant l’œuvre d’un ébéniste elfique. Les pieds étaient comme des branches autour desquelles serpentaient et remontaient des lianes, avec ce réalisme et cette imitation de la nature dont les elfes étaient passés maître.

« Installez-vous je vous prie. »

Et la Marchande fit de même, récupérant une tablette d’argile et un stylet laissé sur la table, y apposant quelques instants sa main et laissant sa magie œuvrée pour la rendre malléable de nouveau.

« Si vous désirez quoique ce soit, n’hésitez pas à le demander, mes serviteurs vous l’apporteront prestement. »

Là-dessus, s’installant le plus confortablement, un coup d’œil à Eärnil qui, comme si souvent, servait de véritable perchoir aux deux reptiles curieux, elle reporta son attention sur son invité.

« Il est dommage que vous ne soyez pas l’actuelle occupante du trône soltaar, quel honneur plus grand encore aurais-je eu de vous recevoir ici… D’autant que là-bas règne l’instabilité, les petits seigneurs et les enfants se disputent et jouent à la guerre, et un second soleil, d'ébène celui-ci se dresse dans son ciel, ce qui n’est pas sans tracasser les marchands. Mais dites-moi, que puis-je faire pour vous servir, Dame Margot ? »
Revenir en haut Aller en bas
Margot de Soltariel
Humain
avatar

Masculin
Nombre de messages : 46
Âge : 23
Date d'inscription : 25/09/2014

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  24 ans (né en 983)
Niveau Magique : Arcaniste.
MessageSujet: Re: Où la Dame Blanche reçoit le Soleil Blanc [PV Margot]   Dim 12 Oct 2014 - 16:13

Il faisait trop chaud pour Margot. Soltariel, bien qu'aussi méridional que l'Estrévent, était largement rafraîchi par les vents venus de l'Eris et si le reste du soltaar ainsi que le langecin étaient plus chauds, aucun n'atteignait le climat de Thaar. Une épaisse chaleur provenait des terres, et le tout cuisait sous un soleil ardent. Elle aimait beaucoup l'astre diurne, lui vouait même une sorte de culte, mais elle n'aurait jamais cru qu'il put la blesser à ce point. Elle n'aimait pas ce pays, chaque jour le lui rappelait et lui donnait plus de motivation encore dans son œuvre.
Il fallait dire que si la dame du soleil-levant avait chaud, c'était aussi à cause de sa tenue. Ne désirant aucunement se plier aux coutumes locales, restant désespérément une péninsulaire dans son cœur et sa façon d'être, elle ne portait pas les étoffes de soie fines et aux épaules largement découvertes qu'arboraient la plupart des femmes thaaries -quand ce n'étaient pas également les hommes- mais bien l'une de ses tenues péninsulaires, une longue robe jaune recouverte d'un gilet blanc. Rien d'étonnant à ce qu'elle cuise là-dessous. Mais cet aspect était voulus et, quelque part, même son inconfort était recherché : en restant résolument péninsulaire dans son comportement, elle affermissait sa volonté de reprendre son trône. Elle refusait de s'acclimater de peur de perdre de son obstination. S'adapter, c'était un peu renoncer.

Ils arrivaient au palais de celle qu'elle devait aujourd'hui rencontrer. Qu'est-ce qu'une duchesse en préparation de guerre pouvait bien gagner à aller voir une princesse marchande spécialisé dans l'art ? De l'or bien sûr. Elle avait besoin d'or pour mener son projet à bien. Et les princes marchands, peu importe leur inclinaisons économiques, étaient les plus à même de lui en fournir de grandes quantités. Qu'elle devrait rembourser. Mais elle était prête à se saigner aux quatre veines si cela lui permettait de récupérer son trône.
En connaisseuse du protocole et de la mise en scène, elle ne put qu'apprécier l'ingéniosité de l'architecte des lieux. Sans être particulièrement imposant, la seule hauteur du palais suffisait à mettre celui qui venait négocier en position de faiblesse. L'on ne pouvait que se sentir petit devant autant de marches. C'était un procédé simple, qu'elle avait elle-même sur-utilisé, mais il était efficace. Devoir lever la tête pour contempler celui à qui l'on demandait des choses faisait toujours ce petit effet sur la perception. En Péninsule on se contentait de trône ou d'exiger des quémandeurs qu'ils posent genoux à terre. Ici, les rapports étaient toujours plus égaux, les arrangements se discutaient dans le confort d'un sofa ou d'un petit salon. Rare était les princes à effectivement posséder un trône. Alors on se faisait un peu plus subtil. Une petite estrade, un balcon, une pente à gravir, une tapisserie représentative géante... tout était bon pour gagner ce petit surcroît de hauteur qui pouvait faire la différence. Dans le cas présent, il y avait presque exagération. S'il y avait pu avoir exagération dans ce domaine.
Elle parvint finalement auprès de la Dame Blanche, comme on la surnommait, qui la dépassait allègrement en taille. Comme quoi, il n'y avait réellement pas besoin de tous ces escaliers. Mais le besoin n'avait sans doute rien à voir dans cette construction. Elle ne se vexa pas lorsque la marchande interrompit l'énumération de ses titres. Elle continuait de se prêter à ce petit jeu de la même façon qu'elle portait des robes beaucoup trop couvrantes et épaisses pour ce climat. Mais elle n'était plus d'humeur depuis longtemps pour ce passe-temps de courtisan. Seul un titre lui importait et elle était prête à tout pour l'obtenir. Les autres n'étaient que de la décoration dont elle n'avait que faire.

« J'aurais préféré vous rencontrer en des temps plus favorables et des circonstances plus heureuses. J'ai toujours entendus le plus grand bien de vous et de vos merveilleux artistes. »

Un peu de flatterie n'était jamais totalement perdue. On l'entraîna ensuite le long d'un large couloir où étaient alignés des œuvres mythologiques sur tous les panthéons que l'on pouvait trouver autour du continent. Certains lui étaient connus, d'autres pas et quelques uns lui auraient inspirés une moue de dégoût si elle n'avait pas fait attention à rester aussi admirative que possible. Non pas que les œuvres ne soient pas à la hauteur des lieux, leur finition était exemplaire. Simplement elle supportait mal de voir des caricatures de dieux comme ceux des drows élevés au même titre que les Cinq. Elle pénétra finalement dans un salon à la décoration étrange. Elle savait qu'elle était au cœur du bâtiment mais le jeu de lumière donnait l'impression que le soleil n'était qu'à quelques mètres. Et autour, des bois, la mer et d'étranges statues qu'elle n'avait jamais vues. Jusque dans les meubles ont aurait pus se croire au milieu de la forêt. Cela dit lorsqu'elle s'assit, sur invitation de la propriétaire des lieux, ce n'est pas un tapis de feuilles à moitiés décomposées et humides qui l’accueillit mais un sofa rembourré tout à fait confortable.

« Cela ira pour le moment, merci. »

Elle attendit que son hôte ait finit de s'épancher sur les troubles en Soltarii. Aucun ne lui était inconnu. Elle avait brisé presque toutes les poteries à sa portée quand elle avait appris les manœuvres de cette putain estréventine pour lier son fier pays à cette ridicule bande de terre pompeusement nommé pays d'Ys. Elle refréna sa colère au moment de répondre, chose qui lui fut difficile et l'on pouvait le deviner à son ton beaucoup trop neutre pour être naturel :

« Je pense, madame, que vous vous doutez de ce qui m'amène. Vous l'avez dit, je ne suis plus la duchesse de Soltariel, exilée de mon trône sur des motifs fallacieux par une bande de traîtres sans honneur ni respect. Mais j'ai jurée de récupérer mon bien et de faire tout ce qui est en mon pouvoir dans ce but. Je ne puis supporter de voir l'héritage de mes ancêtres bafoué par une ingénue qui ignore tout de leur culture et de leur glorieux passé. »

Si la décoration de la pièce ne la trompait pas, ce genre d'arguments saurait toucher la princesse marchande :

« Malheureusement je ne puis simplement me présenter à Soltariel pour réclamer mon dû. Il ne se passerait pas plus d'une heure avant que je ne sois emprisonnée en vue d'être jugée par les plus corrompus des hommes. Si tant est que je ne sois pas surinée dès que j’eus posé le pied à terre, cela va de soit.
Non, pour l'honneur de mes ancêtres, de mon peuple, je n'ai d'autres choix que de recourir aux armes. C'est par les armes que Maciste m'a volé mon trône, c'est par les armes que je le récupérerai. Mais pour cela, j'ai besoin de combattants, d'hommes prêts à risquer leur vie. Je compte encore des soutiens en Soltariel, parmi les marchands ou quelques nobles encore fidèles, essentiellement les victimes de l'injustice des félons, mais cela ne suffira pas, j'en ai conscience.
Si je viens à vous, c'est dans l'espoir que vous pourrez m'aider. Vous possédez de l'or, et vous savez sans doute mieux que moi toutes les allégeances que l'on peut acheter. Vous avez mentionné à mon arrivée les années de commerces qui ont unis mon duché et vos possessions. Que pensez-vous qu'il adviendra de cette bonne entente désormais qu'un baron terrassé de maladie et une enfant gâtée, héritière d'une autre maison d'Ithri'Vaan, tirent les ficelles du pouvoir ?
Bien entendu, lorsque j'aurai récupérer Soltariel, vous en tirerez vous-même de substantifiques bénéfices, outre le remboursement de toute l'aide que vous m'aurez apportée. »
Revenir en haut Aller en bas
Milynéa Lythandas
En attente de validation..
avatar

Masculin
Nombre de messages : 57
Âge : 176
Date d'inscription : 15/10/2010

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  121
Niveau Magique : Arcaniste.
MessageSujet: Re: Où la Dame Blanche reçoit le Soleil Blanc [PV Margot]   Mar 14 Oct 2014 - 18:37

La présence de la femme qui se tenait face à elle, tout autant que ses intentions, était une opportunité parmi les plus précieuse depuis bien des décennies de voir sa fortune autant que son influence croître dans des proportions inattendues. De plus, cela pourrait résoudre un problème qui était apparu, et qui annonçait des temps troublés pour la Principauté de Thaar, à supposer qu’elle ait vu juste, mais dont elle ne voyait pas d’elle-même encore d’approche satisfaisante : Kahina d’Ys.

La jeune fille démontrait un féroce appétit pour le pouvoir, et une certaine impatience quant il s’agissait de l’obtenir. Les récits des évènements qui avaient amené son père à perdre son titre de Prince d’Ys en sa faveur, avec le support de troupes de Soltariel et Sybrondil étaient des plus parlants quant à ses méthodes. Et Milynéa craignait que la gourmande n’ait des vues sur Thaar, seulement retardée dans ses desseins précipités que par les troubles ydriotes et la fragilité de son emprise actuel sur le Soltaar. Mais une fois ces désagréments passés, il n’était pas impossible qu’elle tente par la force ou par un amoncellement de promesses et de faveurs accordées aux uns et aux autres, de s’emparer de cette ville et de ses richesses, ce à quoi la Princesse Marchande se refusait d’adhérer.

Aussi, l’intention de Margot, autant que sa venue entre ses murs, lui donnait une occasion en or pour éclipser la menace tout en raflant une somme de bénéfices divers, et gagner là, peut-être davantage que d’autres prince-marchands, les amitiés de la future duchesse de Soltariel, et pour peu qu’elle y mette un petit peu plus que son or, afin de s’assurer le succès de l’entreprise, elle sortirait grande gagnante de cette histoire.
Toutefois, il ne fallait pas trop offrir, trop se réjouir. Les intérêts de Thaar, autant que les siens, demeuraient en jeu, et si elle était peu au fait des choses du jeu guerrier, elle n’était pas sans ignorer certains de ses effets, dont elle voulait se garder, elle-même ainsi que la Principauté. Aussi devait-elle conditionner fermement son soutien, tout en le garantissant, en offrant peut-être même un petit peu plus, afin d’en convaincre la jeune femme. Celle-ci voulait juste récupérer son titre… Mais ce n’était là qu’une vision à court terme, et la sang-mêlé voulait anticiper et couper court à ce qui pouvait être une suite.

“ Je comprends votre envie, tout autant que votre souci de préserver votre héritage. Nos cultures ont beau possédé quelques communes racines, l’une et l’autre, soeurs, se sont toutefois développées chacune à leurs manières, il serait dommageable de les voir, l’une et l’autre, détérioré par la volonté de cette seule jeune femme, et nos relations souffrir de sa gloutonnerie.
Aussi suis-je prête à vous soutenir, et à vous faire profiter de ma fortune, tout du moins, d’une partie, afin que vous puissiez vous acheter les épées et les allégeances qui vous seront nécessaire, mais pas seulement.
A l’heure où nous parlons, entre deux tentatives pour régler les disputes de ses vassaux si dissipés et désireux de justifier les dépenses militaires, votre adversaire tente de se faire bonne image… Je pourrais vous prêter, à titre gracieux, quelques uns de mes artistes officiant chez vous, afin qu’ils véhiculent ici et là, au cours de leurs errements, par la chanson et la comédie, une toute autre image d’elle à votre peuple, sans toutefois jamais parler de vous.”


Ca n’était pas cela qui permettrait de faire gagner la guerre, mais c’était un petit bonus, de la générosité avant d’exposer ses conditions les plus sérieuses. Mais que la jeune femme y voit une participation plus personnelle de la Princesse Marchande dans l’entreprise qu’elle voulait conduire.

“Bien sûr, cela ne sera pas sans contrepartie, à l’évident remboursement de la somme engagée et des intérêts que j’entends percevoir dessus, j’aspire à certaines autres faveurs dont nous pourrons discuter ultérieurement. J’ai toutefois en tête deux conditions que je considère non-négociable pour que nous parvenions à un accord, qui concerne davantage les intérêts de la Principauté que les miens.
Premièrement, si il fallait qu’au cours du conflit Kahina d’Ys et quelques partisans parviennent à quitter par la mer le Pays Soltaar pour trouver refuge en Ithri’Vaan, vous devez vous engager à ne pas poursuivre là vos manoeuvres militaires. Si je vous apporte mon or, je refuse de le voir servir à lâcher une armée brandissant quelques bannières péninsulaires, guerroyer dans nos campagnes et piller l’une de nos cités, car nous savons fort bien ce qu’il advint des cités prises dans l’exercice de la guerre.
Secondement, et pour d’identique raison, vous devez vous engager à renoncer à toute prétention que vous auriez pu nourrir, ou qui pourrait vous venir, par intérêt ou par esprit de revanche, sur le Domaine d’Ys, ni ne soutiendrez, ni ne permettrez à l’un de vos seigneurs d’en nourrir de semblables et à prétendre à quelques droits que ce soit sur ses terres et ses richesses. Le Domaine d’Ys, lorsque Kahina aura été déchu du trône soltaar reviendra naturellement dans le domaine et sous la seule souveraineté de la Principauté de Thaar.

Sur le premier point, évidemment, il n’est pas exclus l’usage d’assassins, si vous deviez désirer, dans un tel scénario, mener à son terme votre revanche. Et de façon tout aussi évidente, Kahina d’Ys ignorera tout de la nature et du contenu de notre accord, et donc, de l’existence de cette condition.”
Revenir en haut Aller en bas
Margot de Soltariel
Humain
avatar

Masculin
Nombre de messages : 46
Âge : 23
Date d'inscription : 25/09/2014

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  24 ans (né en 983)
Niveau Magique : Arcaniste.
MessageSujet: Re: Où la Dame Blanche reçoit le Soleil Blanc [PV Margot]   Mer 15 Oct 2014 - 21:47

Margot jaugeait silencieusement la situation. Visiblement, la princesse était suffisamment intéressée par sa situation pour non seulement envisager un accord mais proposer d'elle-même des solutions supplémentaires. Il était vrai que la confiance du peuple, en particulier de sa frange bourgeoise impliqué dans l'économie, pouvait-être une arme. Surtout lorsque viendrait l'heure de réunir les vassaux sous son autorité, il était plus facile d'obtenir l'allégeance des seigneurs si leurs gens vous étaient déjà acquis. Mais affaiblir la position de Kahina et son emprise sur le soltaar serait également un avantage non négligeable. Bien sûr tout cela allait pas mal dépendre de sa réaction. Elle pouvait décider de faire pendre tout saltimbanque la conspuant. Elle pouvait engager ses propre artistes. Elle pouvait les ignorer. L'exilée ne connaissait pas assez son adversaire pour deviner ses futures réponses.

« Votre offre est très généreuse, un travail de sape sur la population pourrait en effet porter de juteux fruits. Je suis ravie et honoré de vous voir autant touchée par ma cause. »

Puis la princesse énonça ses conditions. Margot n'aimait pas vraiment ce qui était à négocier plus tard. Elle se méfiait un peu des transactions de dernières minutes, lorsque la situation était intenable et qu'elle pourrait plus négocier. Mais sa vis-à-vis avait une réputation d'honnêteté dans le milieu des princes marchands et, de manière plus globale, Thaar reposait sur le commerce : celui qui se montrait trop enclin à l'arnaque risquait vite de devenir un paria. Il fallait savoir trouver le juste milieu de coups fourrés et d'accords honnêtes. Elle acceptait donc l'idée de s'autoriser un surcroît de confiance. Elle comptait quand même demander quelques précisions.
Les exigences suivantes lui convenaient plutôt bien. Elle aurait largement assez de travail en Péninsule pour ne pas s'encombrer d'aller chercher querelle de l'autre côté de la mer. Elle avait certes l'esprit de vengeance, mais il y avait des moyens plus discrets d'y arriver. Elle avait faillit capturer Kahina d'Ys une fois, et y serait probablement parvenue si ses préparatifs n'avaient pas été éventés -par qui du reste, elle ne le savait toujours pas, mais il allait le payer cher si elle le retrouvait- aussi les choses pourraient-elles se passer de meilleure manière la seconde fois. Bien sûr s'engager à rester neutre vis-à-vis d'un territoire potentiellement intéressant était toujours dommage mais elle ne doutait pas un instant qu'elle se trouverait bien assez d'ennemis en péninsule pour ne jamais avoir à imaginer l'option de tourner ses lances vers l'Ithri'Vaan.

« J'accepte de m'engager devant les Cinq et l'Astre à ne jamais agresser le territoire de la Cité d'Ys et à le protéger des appétits de tous ceux qui me servent et me serviront. Cela vous convient ?
« Toutefois, je vous avoue ne pas être une grande amatrice des conditions à négocier dans un second temps. J'apprécierais que vous m'éclairiez un peu sur ce que vous pourriez me demander. Et sur le montant des intérêts que vous souhaitez, également. Vous comprendrez sans problèmes que ces informations me seront précieuses pour planifier mes futures actions. »


Si le remboursement devait lui coûter la moitié de la fortune du duché, elle devrait la jouer plus fine. Soltariel tirait essentiellement son profit de son expertise marine et de son commerce, l'argent ne restait jamais très longtemps en place. Ce qui pouvait poser problème lorsqu'il s'agissait de grosses dépenses soudaines. Il restait bien la solution des mines d'argent, moins usité depuis que les grands vassaux n'avaient plus le droit de frapper leur monnaie. Il y restait peut-être assez de richesses. Mais elle ne gageait pas là-dessus. Sans compter qu'entre l'insurrection à son égard et celle qu'elle allait instiller, les investisseurs ne se bousculeraient sans doute pas aux portes.

« Je me demande également à quel point vous désirez être tenue au courant de mes projets. Je sais que certains investisseurs aiment connaître les détails de ce qu'ils financent, mais je ne crois pas que vous ayez de grande appétence pour l'art de la guerre, si j'en juge à votre réputation. »
Revenir en haut Aller en bas
Milynéa Lythandas
En attente de validation..
avatar

Masculin
Nombre de messages : 57
Âge : 176
Date d'inscription : 15/10/2010

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  121
Niveau Magique : Arcaniste.
MessageSujet: Re: Où la Dame Blanche reçoit le Soleil Blanc [PV Margot]   Sam 18 Oct 2014 - 19:46

Que pouvait-elle réellement se permettre de demander ?

C’était une question qu’elle s’était posé, dès lors qu’elle avait reçu la demande à être reçue de celle qui se tenait face à elle. D’aucuns demanderaient certainement des terres, mais de celle-ci, elle ne saurait quoi en faire, et cela la contraindrait par un serment… Elle qui se trouvait au sommet de ce petit monde qu’était Thaar, elle considérait avec un certain dégoût la seule idée qu’une personne se trouve au dessus d’elle, plus encore une issue de cette noblesse péninsulaire dont elle était un adversaire pour ceux qui se revendiquait de leur héritage, ici, en Ithri’Vaan. Elle pourrait demander nombre d’avantages, si elle était gourmande, mais existait la possibilité qu’elle y voit le prix trop élevé et n’aille trouver l’un de ses homologues, et ainsi, à trop en désirer, elle perdrait le plus petit bénéfice de ce qu’elle aurait pu tirer de cette dispute pour le Trône Soltaar.
C’était finalement une considération mesurée qui l’emporta… Elle avait le temps… Tout le temps.

“Cela conviendra pour ce jour…”

C’était la réponse qu’elle offrit à la jeune femme, à la promesse qu’elle exigeait. Il y manquait un morceau essentiel… La reconnaissance par le Domaine Soltaar, à travers sa suzeraine, de la seule souveraineté de Thaar sur le domaine d’Ys. C’était peut-être seulement des mots, mais ils trouvaient un écho agréable à ses oreilles, et pouvait être étendu à l’ensemble du Duché, baronnies et comtés inclus. De toute façon, la chose serait intégrée à ce qui concluera réellement l’accord. La Princesse-Marchande accordait peu d’intérêt aux mots… Considérant les serments et les accords oraux soumis et en proie à une défaillance volontaire ou non de la mémoire, tandis que ceux qui se couchaient sur un papier dûment rempli, signé, eux, ne souffraient pas de ce problème. Aussi n’était-ce là que la mise au point des termes, l’accord serait véritablement conclu lorsqu’elle soumettra à son sceau le document qui en découlerait.

“Quant aux autres conditions… L’organisation de négociation, en vue d’une baisse des taxes auxquelles sont soumises mes marchandises dans les ports du domaine soltaar, ainsi que cela se fait entre amie, j’entends. De plus, j’aspire à croire, et nourrit l’espoir que cette amitié que nous nouons ici me vaudra d’être davantage sollicité à l’avenir, lorsque viendront les grands évènements et les fêtes qui s’organiseront dans vos terres, vos villes et vos châteaux.”

La jeune femme comprendrait aisément ce que signifierait la seconde, et que derrière l’espoir se cachait finalement la volonté d’une certitude. Non pas qu’elle veuille monopoliser ensuite la scène, mais y figurer sans plus avoir à approcher d’elle-même pour se réclamer le droit d’y jouer. Être réclamée, invitée dans la danse et venir concurrencer ses homologues soltaar quand il s’agit de divertir et d’animer, et ce, par le Soleil Blanc lui-même. Elle ne doutait pas qu’ensuite, l’attrait de l’exotique et du nouveau ne l’invite dans de nombreuses cours.
Ainsi se trouvait la manière dont elle entendait s’insinuer, pour plus tard s’imposer, espérait-elle, au sein de la société soltaar.

“Enfin, mais il s’agit là d’une chose moins formelle, d’avantage une dette d’honneur… J’ose espérer que si vous veniez à l’emporter avec mon aide, vous ne refuserez pas de me porter assistance si le destin devait m’opposer un obstacle que je ne saurais abattre seule.”

C’était peu de chose, en définitive, mais c’était une porte qu’elle désirait ouvrir, et bien davantage, c’était l’amitié de Soltariel… A terme, elle pourrait tenter d’obtenir des avantages que n’auraient pas d’autres Princes avec ce partenaire commercial si important pour Thaar… A cela, elle devra ajouter des efforts pour améliorer encore ses rapports au Langecin.
Restait à régler la question des intérêts… Et pour cela, le stylet traçant des sillons dans l’argile maléable remplaça les mots. Et prenant quelques minutes, la Princesse Marchande y posa la somme conséquente qu’elle était prête à engager dans ce projet, ainsi que les intérêts, un peu plus élevé que la normale, mais là encore, elle se montrait sans excès… Elle continuait de considérer les choses sur le long terme.
Elle posa la tablette sur la table basse qui les séparait, la fit pivoter et la fit glisser vers la jeune femme.

“Puisqu’on ne peut décemment pas concevoir de la voir remise en espèces sonnantes dans sa globalité… Je vous propose qu’une partie vous soit versé de la sorte, la part que vous demanderez. Pour le reste, je vous attacherais l’un de mes hommes qui sera habilité à remettre des lettres de garanties en mon nom, certifiant le versement de l’intégralité des sommes dues, dans la limite de ce que j’offre de vous prêter.
Les intérêts s’appliqueront tout d’abord sur la liquidité qui vous sera directement remise… Ensuite, sur les sommes et les dépenses que vous engagerez à mesure qu’avancera votre campagne. Ces derniers seront à verser chaque mois, dès lors que la guerre sera achevée… En attendant, ceux-ci s’ajouteront à ce que vous me devrez déjà.
Cela vous convient-il ?”


Compte tenu de certaines choses, c’était la plus sûre manière de procéder pour elle. Car elle gardait à l’esprit la possibilité d’une défaite, et ne considérait pas la possibilité d’inclure la clause classique qu’elle incorporait à ses contrats… Se saisir des biens de la duchesse en cas de défaite ne suffirait probablement pas, et elle ne pouvait concevoir l’idée de la réduire en esclavage… Ni même que celle-ci accepte de signer un document qui pourrait permettre de l’y condamner.
Ainsi donc devait-elle se résoudre à faire un pari… Celui de la victoire de Margot. Mais au cas où, elle espérait perdre le moins dans le cas d’une défaite. Ce moyen était possible par ce qu’elle avait bâti… Au delà du seul renom et du simple fait qu’elle était Princesse-Marchande, titre qui évoquerait la fortune et donc l’assurance qu’il y ait des liquidités derrière, c’était sa réputation… Honnête et respectable… Se tenant aux accords et aux termes de ces derniers, scrupuleusement, et même auprès des épées-loués… Et cette réputation valait tant pour ce qu’elle devait que pour ce qu’on lui devait…

“Quant à me tenir au courant des manoeuvres… De vos plans… Inutile. Comme vous semblez le savoir, les choses de la guerre souffrent d’un désintérêt complet de ma part. De ce qui touche aux armes, je ne me soucie que de celle qui assure ma sécurité, celle de mon palais et celle de mes navires, de leurs marchandises contre les pirates. J’ai confiance en le fait que vous désirez récupérer votre dû, et que vous ferez au mieux pour y parvenir, que vous ne flamberez pas, car c’est là la seule opportunité que vous aurez.”
Revenir en haut Aller en bas
Margot de Soltariel
Humain
avatar

Masculin
Nombre de messages : 46
Âge : 23
Date d'inscription : 25/09/2014

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  24 ans (né en 983)
Niveau Magique : Arcaniste.
MessageSujet: Re: Où la Dame Blanche reçoit le Soleil Blanc [PV Margot]   Lun 27 Oct 2014 - 23:42

Margot ne trouva rien à redire aux demandes de la princesse marchande, qui semblait plus désireuse de profiter de contacts avec un soltaar grandiose que d'exploiter une région qui aurait une dette. Tant mieux, car cela lui évitait de devoir répéter le même manège chez un de ses concurrents pour espérer obtenir une oreille plus amicale. Elle ne trouverait sans doute pas de bien meilleure offre que celle-ci. Confirmation qu'elle eut en lisant la tablette d'argile. La somme était importante, les intérêts corrects -élevés, mais après tout s'engager dans une guerre demandait de solides contreparties- tout cela lui allait plutôt bien.

« Absolument. C'est un marché honnête et plus commode qu'un coffre plein d'or. »

Et puis, des lettres de change garantissait qu'elle avait le soutien d'une princesse marchande. C'était un petit plus qu'appréciaient les mercenaires de tout poils. Au moins étaient-ils à peu près certains de récupérer l'or qu'on leur avait promis, les princes marchands n'aimaient pas du tout qu'on leur colle l'étiquette de pingre sur le front. Leur puissance reposait sur leur richesse et la croyance qu'avaient les autres de pouvoir en profiter. Briser l'illusion de profit, c'était briser sa propre puissance. Impensable, donc.

Elle sourit. Elle n'aimait pas rendre des comptes, et qu'elle n'ai pas à le faire pour justifier ses futures dépenses lui convenait pleinement, c'était fastidieux et inutile. La plupart des estréventins n'entendaient rien à la guerre de toute façons, les dernières d'envergures remontaient à plusieurs siècles même si l'occupation drow avait vus son lot de petits affrontements. La plupart de leurs officiers, bien que cultivés, n'avait aucune autre formation que théorique. Même avec le peu d'expérience du combat qu'elle avait pus voir en Péninsule, elle se faisait une meilleure idée qu'eux des contraintes d'un véritable affrontement.

« Vous ne serez pas déçue, je vous le garantit. »
Revenir en haut Aller en bas
Milynéa Lythandas
En attente de validation..
avatar

Masculin
Nombre de messages : 57
Âge : 176
Date d'inscription : 15/10/2010

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  121
Niveau Magique : Arcaniste.
MessageSujet: Re: Où la Dame Blanche reçoit le Soleil Blanc [PV Margot]   Lun 24 Nov 2014 - 9:37

Il semblait que les deux femmes avaient su trouver un accord réciproquement profitable, sans avoir à disputer quelques points de détails ennuyeux pour certains mais qui représentaient généralement le terrain favori de la Princesse Marchande. Mais elle avait préféré ne pas se prêter un tel jeu en de telle circonstance… Mais nul doute qu’elle suggèrerait à l’homme qu’elle attacherait à la Duchesse d’être pointilleux sur les garanties, surtout lorsqu’il faudrait traiter avec des épées-loués… Il ne faudrait pas en venir à payer des morts pour des jours où ils n’ont pas servi, n’est-ce pas ?

Elle récupéra la tablette d’argile, et durant quelques minutes, y grava silencieusement quelques éléments supplémentaires, afin d’y faire comporter tant les éléments propres à cette transaction que les clauses « classiques » qu’elle voulait y voir figurer, une fois achevée, et l’argile solidifié par la magie d’une main apposée, elle attira l’attention de l’une des servantes qui vint récupérer la tablette.

« Qu’on m’en prépare deux exemplaires. »

La jeune fille tatouée au visage d’un corbeau stylisé acquiesça et se retira immédiatement après avoir récupéré la pièce de bois et d’argile. Là était une des petites « excentricités » de la Dame Blanche, marquant ses esclaves par le tatouage plus ou moins apparent selon la fonction, car il fallait, pour ses artistes que celui-ci disparaisse sous le maquillage employé.

« Il va leur falloir un peu de temps pour préparer les documents, que diriez-vous de visiter les ateliers de mes artistes, en attendant ? »

Cela serait l’occasion de se dégourdir les jambes et à la Marchande de faire ce que ses semblables apprécient tant, faire l’étalage de leurs richesses et promouvoir leurs « marchandises ». Car après tout, elle avait mis en avant sa volonté de voir sa présence, et celle de ses artistes, sollicitée en Pays Soltaar, c’était une bonne façon de convaincre la dame que de lui faire voir l’envers du décor, et ce en quoi consistait concrètement ce terme évoquer plus tôt.
Bien sûr, c’était une péninsulaire nourrissant quelques desseins guerriers, elle n’avait peut-être pas l’esprit à ce genre de distraction, mais elle appartenait autant au Soltaar qu’au Langecin, aussi espérait-elle qu’elle soit sensible à ces choses là.

La réponse positive fut accueillit par un sourire, et la Dame Blanche se leva, invitant la jeune humaine à marcher en sa compagnie. Et elles entamèrent ensemble un chemin, le quittant pour sortir sur l’une des terrasses avant d’emprunter un escalier plus doux.
De là, elles ne tarderaient pas à atteindre l’ouverture dans le mur intérieur qui permettait de passer du Palais aux divers ateliers annexes. En attendant, et tandis qu’elles marchaient, la Princesse Marchande entama la discussion sur un autre sujet.

« De là où je me tiens, j’entends de nombreuses choses venant de votre Péninsule… Comment en êtes-vous arrivée là ? L’on parle d’Œil Bleu, de régent, de roi et princesse disparus dans d’étranges circonstances, d’un bébé roi et d’une fronde et de l’emprisonnement de votre époux… On parle du sybrond époux de la Princesse d’Ys chassant les soltarii du pouvoir.
Racontez-moi votre histoire, Margot de Soltariel, si vous le voulez bien. »


Car la vérité revêt de nombreux visages, et elle avait reçu des récits divers… De l’un ou de l’autre des partis qui semblaient divisés la région. Aussi voulait-elle précisément comprendre les choses du point de vue de son invitée, d’autant que dès lors, elle se saurait elle-même plus ou moins engagé… Les péninsulaires prendraient prétexte du prêt, faisant l’amalgame, à dessein ou non, entre un geste qu’elle considérait neutre pour la mettre dans l’un ou l’autre des paniers, et bien que légèrement indifférente à ces soucis, elle pourrait précisément déterminer de qui pourrait plus tard venir la menace.


(Désolé pour le délai :/, j’espère que ça suffira)
Revenir en haut Aller en bas
Margot de Soltariel
Humain
avatar

Masculin
Nombre de messages : 46
Âge : 23
Date d'inscription : 25/09/2014

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  24 ans (né en 983)
Niveau Magique : Arcaniste.
MessageSujet: Re: Où la Dame Blanche reçoit le Soleil Blanc [PV Margot]   Ven 5 Déc 2014 - 21:50

Bon, c'était fini. Ne restait plus que paperasse et formalités à régler et elle aurait l'argent qu'il lui fallait. Elle venait de s'endetter pour longtemps mais elle restait convaincue que c'était une bonne idée. Et puis certaines conditions avaient des airs de cadeaux, notamment ce qui favorisait le commerce. Tout cela faisait que la duchesse exilée était d'une bonne humeur plutôt rare depuis le début de son séjour dans la cité estréventine et que, lorsque son hôte lui proposa de lui faire visiter les lieux de formation de ses artistes, elle accepta avec un sourire plus naturel qu'à l'accoutumé.

En d'autres temps et d'autres lieux, qu'elle espérait d'ailleurs voir revenir rapidement, elle aurait certainement pris grand plaisir à la chose. Mais là elle n'était pas suffisamment concentré pour ça et son esprit était déjà affairé à réfléchir à ses futurs actions. L'or n'était après tout qu'une première étape, il fallait ensuite trouver les contacts nécessaires, engager les mercenaires, rassembler ses quelques alliés et surtout prévoir une stratégie. Tant de futurs problèmes dont elle n'arrivait pas à se débarrasser l'esprit. Malade ? Oui elle l'était certainement, mais pour rien au monde elle n'aurait laissé quelqu'un la soigner.

Avant qu'elles n'aient réellement pénétré les pièces où étaient logés les esclaves, la princesse marchande lui posa une question simple mais à la réponse très complexe.

« Pourquoi pas. Je ne vais pas m'attarder sur la manière dont j'ai pris le pouvoir à Soltariel. Honnêtement, je n'étais qu'un passe-plat pratique pour ma famille. Moi ou n'importe laquelle de mes sœurs, c'eut été du pareil au même. Mais j'étais l'aînée, alors, c'est moi qui ai du prendre mes responsabilités.
Les premières années étaient... banales. Ma tante se chargeait des questions complexes, j'ai épousé un lointain cousin pour stabiliser mon assise politique, lequel c'est ensuite chargé de faire respecter notre nom avec une efficacité, je dois dire, assez exemplaire. C'était à peu près sa seule qualité en tant que dirigeant. C'est pourquoi nous le maintenions aussi loin que possible des affaires importantes, le laissions nous jouer avec les terrains dont il avait l'habitude, avec les mages et les marchands. Ironiquement, ce sont ceux qui me sont désormais les plus favorables.
Et puis le Roi est mort. Je ne saurais vous dire comment vu que personne ne le sait. L'Oeil Bleu comme on l'a appelé. Aucun des mages de Soltariel -et pourtant nous n'en manquons, même si une trop grande part à mon goût tiens plus du bouffon prestidigitateur- n'a su trouver une explication convaincante. D'un coup plus de Roi, plus de régent, plus rien. Juste une veuve qui prétendait que son fils, le fils d'un bâtard à la généalogie obscure, un nourrisson même pas assez grand pour ne plus téter le sein de sa mère, était fait pour régner. Mais elle avait quelques alliés puissants, quelques accords secrets... Quelque part tout est de sa faute. Enfin, pas tout, elle n'a certainement rien à voir dans l'Oeil Bleu. Mais tout ce qui en a suivit. Elle voulait voir son fils Roi, et bien, soit, qui ne le voudrais pas après tout ? Nous aurions accepté de la soutenir si elle ne nous avait pas forcé la main. Si nous avions obtenu de justes compensations. Au lieu de ça elle a préféré monté les seigneurs les uns contre les autres en promettant aux plus petits ce qu'ils n'auraient jamais du avoir. Ces guerres sont la conséquence directe de son irresponsabilité.
Lorsque nous avons refuser de prêter serment, l'un de nos vassaux, qu'elle avait liée à elle par quelques promesses traîtresses, s'est rebellé, alors que nous lui avions pourtant accordé toute notre confiance. Une bêtise de mon époux. Lequel moisissait d'ailleurs en geôles à Diantra, puisque la régente, non contente d'attiser les feux de la guerre, ne prenait même pas la peine de respecter les règles de l'honneur.
Ce qui est ironique, c'est que malgré tous ces ennemis, aucun d'eux n'est responsable de ma défaite. Car oui, si l'on dit par ici que Maciste a chassé les de Soltariel du pouvoir, sachez que c'est faux. J'avais un plan pour neutraliser Maciste, un plan qui fut malheureusement éventé à mes rivaux au sein de mon propre duché. Avant que je n'ai le temps de prendre des mesures, ils s'étaient tous embrasés et une insurrection générale me contraignit à prendre la fuite. Ceux que je pensais mes alliés ont saisis la première occasion pour essayer de s’accaparer mon pouvoir. Tout ce qu'a fait Maciste, c'est de s'imposer à une bande de nobles affamés et sans aucune unité. Quel exploit ! »
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Où la Dame Blanche reçoit le Soleil Blanc [PV Margot]   

Revenir en haut Aller en bas
 
Où la Dame Blanche reçoit le Soleil Blanc [PV Margot]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Manifestation pour la paix a Cite-Soleil
» Cité Soleil, Evens serait le plus riche des pauvres
» Fort-St Michel lieu macabre devenu le Cité Soleil du Cap-Haitien
» L'intervention ratée à cité soleil, à qui la faute ?
» Jeune artiste kidnappé , blessé par balle et laissé pour mort à Cité Soleil

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Miradelphia :: Ithri'Vaan ~ CENTRE :: Principautés de Thaar :: Thaar (Cité)-
Sauter vers: