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 Chrystabel [MdO 2015]

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Arsinoé d'Olyssea
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MessageSujet: Chrystabel [MdO 2015]   Dim 19 Oct 2014 - 1:15


Septième ennéade de Favrius de Printemps, An 8,  Cycle XI


La nouvelle était venue avec l’aube frisquette, dans les pleins et les déliés d’un vélin froissé. Elle avait cloué les pennes des scribouillards, étouffé l’escarbille des tractations. Ce qu’elle avait de lapidaire exaspérait son gout amer : il s’agissait de cet homme délaissé par les dieux, l’odieux manchot de Velteroc. Lequel, pour usurper son picotin de pouvoir, n'avait pas manqué de tirer parti de la mort d'Eliam et de son régent. Déjoué dans ses menées, voilà qu'il s'élançait tel un Picrochole sur ses marchissants. Déjà, ses grivetons s’ébaudissaient dans l’Eracon, où ils étaient hostilement entrés sans cause ni raison.

Ceux qui avaient cru que les dieux torpides préserveraient le bien se voyaient cruellement désabusés, Arsinoé la première. On l’avait dit alité, pourrissant dans ses sanies, plongé dans une narcose aux rêves inféconds. Il n’en était rien. Ce cœur qui vivait obscurément, enclot dans un corps à la coupable débilité, il battait vigoureusement. « A défaut de justice immanente, argua Tiburce d’Erdhleim, il nous faut le frapper comme on frappe le seigle vert, le sarcler comme on sarcle un kyste ! » La suggestion fut reprise en cœur par le cénacle, puis par les fifres qui piaulent, et c’était l’océan des fer-vêtus qui se trainait vers l’Avosne. A la vérité, l'ost lambinait, sa cadence déjà besogneuse s’interrompant sans cesse sous le coup de nouveaux contingents ; et aux Scylléens de se mêler aux gens de Diantra, du Berthildois et d’Odélian. Miracle, l’ost Mervallois ne les avait pas encore rejoint quand ils eurent atteint Chrystabel, où Estaria patientait déjà.

Chrystabel s’étale sur une saillie oblongue, qui s’avance sur des piémonts prospères, quadrillés de champs, de pâtis et de taillis. Au premier coup d’œil, on devine une rusticité semi-montagnarde, une opulence rurale, un enracinement au terroir qui tranche avec le chancre Diantrois ; ses clochetons, combles tréflés et pinacles parodient le chef-lieu de l’humanité, piquent l’horizon de cinq-cents-soixante-quatorze alènes et poinçons. Encaquées derrière des murailles trapues, les demeures bourgeoises sont tiraillées entre leurs fondements en pierre de taille et leurs pignons à redans ; au-dessus, le château hausse ses murs noircis des trainées pluviales, flotte orgueilleusement la rose tigée et feuillée.

La ville est en fait suspendue au plus excentré d’une chaîne d’antiques cônes de scories. Serré par ces coteaux forts raides, où s’accrochent vergers et sarments, un maar placide s’enfonce ; seuls les plus téméraires s’aventurent à l’orle de sa gueule à jamais refroidie, appâtés par la promesse de bagatelles semi-précieuses entre les lapilli. D’un côté,  les campagnes dénivellent jusqu’à des horizons bleutés qui sentent la mer. De l’autre, tout se fait brume et grisaille, et on y voit des ruisseaux vagabonds s’acheminer jusqu’au fleuve qui mouille Aspremont puis Estaria. Au nord, les croupes trapues des monts de Veltres s’amoncellent en contreforts, ressauts et redans. Les routes s’y étranglent, deviennent sentes muletières et chemins de crêtes, sous la farouche surveillance de nids d’aigles perchés sur les éperons. Par éclaircies, on aperçoit des tapis argentés dans les lointains, des névés aux neiges éternelles.

Mais c’était surtout un taudis de guitounes fangeuses et d’auvents billebarrés qui, au jour d’adonc, jumelait Chrystabel la gironde. Plusieurs en fait, étalés en contrebas ; l’ost avait agencé ses tentes selon un ordre prédéfini qui, sans témoigner d’un gout tatillon de la précision, soulignait sa nature coalisée. Un farrago grouillant où se bousculaient soudoyers et chiffonniers dans le remugle des latrines. Ce qu’il avait de provisoire appelait un avenir. Si l’on avait tracé les contours de la Charte dans la ouate de Néera-Aventine, c’était d’un coup rageur de pal qu’on la parapherait.
 
Les bourgeois l’avaient bien senti à en juger par l’accueil qu’ils réservèrent à nos héros : des perdrix à plenté, en brouet, au verjus, parfois truffés de morilles. Mais quand on s’enquerrait sur le coût de tous ces bienfaits, il s’élevait un feulement indigné parmi les échevins et maitres jurandes : une jérémiade de « Nenni, doux sires, nenni ! », « Las ! Dolens ! Damedé ! » et autres « Auri sacra fames ! ». Ils étaient d’honnêtes prud’hommes, pas des margoulins! Et en sacrant, ils se vouaient à Sainte Berthe, Sainte Deina, Saint Remacle, Saint Mercatouille, et milles autres bons petits saints. Ils ne voulaient rien, rien d’autre qu’un menu quartier, un affiquet, un fifrelin. A cet effet, les bourgeois avaient fait monter une esse de boucherie au fronton de la porte nord ; elle avait la morgue de son acier Sgardien, défiait vertement l’ogre du médian de son exergue : « foin de ta bombance, je t’embrocherai ! »
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Cléophas d'Angleroy
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MessageSujet: Re: Chrystabel [MdO 2015]   Lun 20 Oct 2014 - 14:41

Il fallait se rendre à l’évidence : on t’avait pris par surprise.

Depuis les hauteurs du palais, Diantra paraissait immobilisée dans son sommeil. Balancées par la brise qui s’engouffrait dans les ruelles, seules quelques lanternes donnaient à voir un spectacle envoûtant d’ombres danseuses, offrant à la ville un semblant de vie nocturne. Pourtant, une étrange ambiance y régnait ; comme si une chape d’angoisse s’était abattue sur la capitale. Entre les tuiles qui dans la nuit brillaient d’un éclat de jet, on devinait quelques silhouettes qui s’avançaient dans un même mouvement, mues par une volonté invisible et pourtant aussi palpable que le malaise pesant. Encore, les chœurs d’ivrognes qui s’élevaient des bas-fonds apportaient-ils à ce tableau une dimension toute mystique mais quoi qu’on pensât, Diantra ce soir-là vibrait d’une énergie toute particulière. La dernière fois que tu avais ressenti cela, tu avais vu un régent et les flèches du palais être happées dans la gueule béante d’un vortex couleur-de-mer et qui dans sa grande générosité avait recraché le chaos. De toute évidence, cette nuit te réservait son lot de surprises et quoique le balancier des encensoirs fût hypnotique, ton esprit n’arriva pas à se départir de cette agitation larvée.

Dans le feutre de tes quartiers, tu étais loin d’imaginer que l’ombre informe qui filait entre les caniveaux s’était faufilée derrière les lignes de gardes et emprunta une ancienne poterne à peine plus large qu’une archère pour se retrouver dans un garde-manger à l’abandon. Loin d’imaginer que sur ses voussoirs de pierre brune reposaient les fondations de tes appartements. Loin d’imaginer que sous le couvert de sa tunique de coutil il était en train de gravir les marches qui te séparaient de lui. En vérité, tu étais bien loin d’imaginer qu’à une heure aussi tardive l’on pût seulement s’introduire dans le palais. Dans la longue galerie qui longeait la courbure de la tour, tu te mis à vérifier que les bougies ne s’étaient pas éteintes tandis que dans tes appartements tu avais multiplié les offrandes à la Damedieu, redoublant de litanies, proférant des formules sacrées dans une langue ancienne en espérant qu’elles feraient descendre sur toi la bénédiction des cieux. Leur réponse fut sévère : nenni !

Usé par la fatigue, tu finis par te laisser submerger par la réalité. L’informe chafouin, la main pleine de tracas, s’approchait irrémédiablement de toi et la Damedieu dans sa clémence avait décidé de te laisser à ton destin. Il fallait tout de même admettre que la fourbe araigne n’avait pas le pas feutré, aussi le cliquetis de sa broigne contre le fourreau d’un glaive l’avait vendu dès qu’il eût atteint les étages supérieurs. Habité par un calme qui t’étonna le premier, tu avais vu luire sous une étoffe la lame nue de ton épée, qu’un maître-forgeron t’avait faite parvenir dans la journée. La main stable, tu t’étais empoigné du fourreau où la pyrite, l’or et le corindon se mêlaient en des motifs complexes, et dans l’embrasure de la porte tu t’étais posté dans l’attente de se voir profiler la silhouette de l’intrus. Quelle ne fut pas ta surprise quand il se mit à murmurer ton nom avec une déférence qui frôlait la débilité. Faisant contrepoids d’un pied l’autre tu t’étais retrouvé nez à nez avec une figure artisonnée par la vérole et comprit aussitôt que l’inquiétude dont il s’agissait n’avait rien de proprement vital. Le sicaire n’en était pas un !

La nouvelle ne te fit pas moins sourciller. Exupère –car c’était son sobriquet- te confia qu’il traversa toute la lande en regardant par-dessus son épaule, craignant que l’on ne veuille le réduire au silence. Barricadé dans le palais royal, les informations pouvaient facilement se perdre en route et n’atteindre les oreilles du curieux que plusieurs mois à la traîne. Celle-ci était arrivée fraîchement, tirée d’un berger qui promenait sa troupe lorsqu’il en vit une autre, vêtue d’autre chose qu’une toison de laine. Comme tout innocent, il n’avait pas hésité à partager sa rencontre à la taverne ce qui, au-delà des points de vue géopolitiques du simplet pécore, n’avait pas manqué d’attirer l’oreille d’un de ces gens que tu te plaisais à envoyer parcourir la péninsule.

Ainsi donc le félon-manchot avait-il brandi les armes. Non content de s’être déclaré félon et d’avoir entraîné toute sa lignée dans sa chute, il avait souhaité s’arroger le duché d’Erac, son cidre, ses fourrures et ses bosquets de merisiers. Ce qui te parut irréel te devint très vite vraisemblable : le désespoir est le moteur d’actions sans raison. Et celle-ci était foutrement sotte ! Sans t’en rendre compte, tu laissas échapper un soupir chargé de tout ce que le monde pouvait imaginer d’abattement, toi qui avais laissé filer entre tes doigts ce traître couillu. Si l’aliboron s’en allait en guerre, il te paraissait évident qu’il n’irait pas seul, et c’est ainsi que tirant ton séant d’une moelleuse bergère tu donnas ordre à Exupère de rentrer en Merval. Cette tienne terre, repue de tourlourous s’allait vider la panse sur les basques de l’uraniste. Et toi, tout diplomate que tu te réclamais, depuis la première fois depuis la douloureuse campagne Berthildoise tu allais seller un destrier et monter au combat.

Tout du moins la pensée te traversa-t-elle l’esprit.

Bien loin de tes soucis citadins et des relents de fange, de ferraille et de fruits mûrs, tu ne pouvais t’en douter mais tout un peuple était en pleine effervescence. Derrière la ligne azurine des Verdesmonts, on voyait les routes hérissées de flammes et de piques coruscantes sous le soleil, le fort de Velyn engorgé d’une soldatesque luisante et braillarde et l’arsenal de Merval portes grandes ouvertes laissant aller et venir sous l’œil torve des Silentiaires, des colonnes de légionnaires aux casques rehaussés de couleurs. Le bon Exupère-au-leste-pas avait délivré ton message au Consistoire et il ne fallut que peu de temps avant que ne débaroulent dans les lices des détachements de chacune des divises de la baronnie. Vu depuis les murailles, ce labyrinthe de tentes et de baraquements branlants ressemblait vaguement à un centon qu’on aurait déroulé sur plusieurs toises. On reconnaissait à l’ouest du campement le régiment descendu de Beyze à sa taille modeste et à ses hauberts cuivrés, suivait alors la vouivre d’Aulée plantée au milieu du champ comme une idole et encerclée par un régiment dont on ne distinguait que les brigandines mordorées. Mais le véritable point de mire dans ce salmigondis était la marée de toiles céruléennes qui occupait le milieu du champ. Le régiment de Lagashe était le premier à être arrivé et s’était installé au bas des portes. Soulevés par une brise marine, les fanions brodés des trois lauriers cachaient le gros de l’ost qui en ce jour d’avant-guerre semblait parader dans ses plaques polies. En dépit de la chaleur écrasante on pouvait apercevoir dans les rangs quelque godelureau se faufilant de tente en tente, un morion ciselé vissé sur la cabèche. En s’appesantissant sur sa dégaine, on pouvait déceler l’outrecuidance d'un sergent. Pourtant, malgré leur nombre conséquent, les bonshommes ne se mêlaient pas au reste de la foule : les Lagashi étaient connus pour être d’un tempérament étrange, presque insulaire. Tout en eux semblait trahir leurs origines de leurs yeux amandins à leur dialecte qui refluait d’accents estréventins. Ce qui, de tout temps, leur valait leur part d’ostracisme.

Soudain, une clameur monta parmi les soudards quand de l’Est on vit briller les montures bardées d’Adunance. Sous le chahut des vivats, les adunatiens traînaient leurs emblèmes vermillon avec une fierté non-contenue, suivant les traces du non-moins pédant Nicéphore dit l’Améthyste. Celui qui allait les mener à la bataille était connu par-delà l’Olienne et s’était taillé une réputation de fieffé bretteur et stratège au fil des années. Plus à l’aise sur terre qu’en mer, le cuistre n’en était pas moins habile sur une nef et ses qualités lui valurent de prendre la tête du régiment d’Adunance et de ses soldats luisants. Etant le dernier à être arrivé le bataillon se vit cantonné entre les fosses d’aisance et une combe plutôt large bordée de saules et de peupliers ce qui ne manqua pas de déplaire au jeune homme. L’espoir de Merval coincé entre la vase et la merde : son rêve d’épopée fut contrarié avant même qu’il ne commençât.

Décision fut prise de se mettre en marche à l’aube, moment où sortiraient de la cité les régiments de Merval.

La nuit fut calme et sans heurts, les bidasses silencieux s’attelaient aux préparatifs d’avant-départ tandis que la ville vomissait inlassablement des chariots de marchandises et de denrées de toutes sortes. L’arsenal luisait dans l’horizon nocturne comme un incendie dans le lointain : les forges étaient constamment en action, les écuries actives et les baraquements bruissaient de l’entrechoc des lances et des plates. Quand vint la lueur mordorée qui précède le lever du jour, les alchimistes jetèrent dans le feu de Clavel un mélange de poudres qui le fit virer de couleur : de jaune la flamme vira au pourpre puis à l’indigo. Les carillons des temples néeréites se mirent à chanter leurs hymnes célestiels, les mogarites allumèrent des brasiers au sommet de leurs tours ; le jour ne s’était pas levé que déjà Merval scintillait de mille feux. Au cours d’une cérémonie fastueuse, le clergé local donna sa bénédiction à l’ost, l’aspergeant successivement d’eau de mer, de cendres et d’huile parfumée comme le voulaient les coutumes mervaloises alors s’enchaînèrent les tropaires et les cantiques repris par une assemblée de soldats dont la piété rivalisait avec l’ardeur. Puis, le rituel se clôtura par une longue litanie invoquant l’aide de tous les saints mervalois et des pharétans bienheureux.

L’ost enfin se mit en branle au rythme des tambours et des chants de guerre. La colonne s’étirait le long de la route-aux-lions comme un serpent aux écailles multicolores. Au midi, on pouvait du haut du Porphyrion apercevoir à l’horizon l’éclat des cuirasses et les paillettes chamarrées des oriflammes. Oui. Merval s’en allait en guerre.

Mais tout ça, toi tu ne le savais pas. Pendant ce temps tu t’étais apprêté à un long voyage, enquis de la situation du Royaume, étonné du mariage précipité de la Régente avec son comparse du Nord, plus étonné encore lorsque tu entendis parler du rapt d’Edelys. Toutes tes occupations multiples t’avaient éloigné d’une réalité pourtant bien présente : la Couronne était plus branlante qu’une soubrette affamée. Le mot était de retrouver la régente en pays Chrystabelain, à l’orée de l’Eraçon et de ses landes maudites. Parce que tu ne tenais pas particulièrement à prendre de l’avance, tu décidas que quelques affaires requerraient encore ta présence dans la capitale : ainsi tu laisserais le temps à ton ost d’avancer et tu n’aurais pas à passer de longues heures de solitudes terré dans les massifs basaltiques du pays-des-gemmes. Mais il fallait te rendre à l’évidence : la cour déserte, la Régente sur le départ, et la guerre en passe d’être consommée, il n’y avait rien pour te retenir à la capitale. Comme chancelier on te voulait près des combats, comme baron on te voulait à la tête de tes troupes. Ton engagement même dans ce conflit te parut compromis par le reflux d’une cagnardise ancienne, toutefois ta conscience te rappela au devoir et au temps et aux deniers perdus s’il fallait dire à tes hommes de rebrousser chemin.

Sans trop attendre, tu fis atteler deux montures et emporter suffisamment de victuailles pour tenir le voyage. Dans ta pittoresque chevauchée, ta garde t’accompagnait si bien que tu te trouvas vite encombré d’une suite d’une soixantaine de personnes : spadassins, chevaliers, écuyers, échansons et porteurs, ainsi qu’un prêtre versé dans la pyromancie qui avait abandonné le clergé pour se consacrer à la théurgie. Bien que Chrystabel fût proche de Diantra, tu t’étonnas toi-même de n’y avoir jamais mis les pieds et c’est avec une surprise très contenue que tu découvris ce panorama insolite. Décrochée de l’horizon comme le furoncle d’un membre glabre, la cité paraissait te narguer derrière ses murailles sombres et sa silhouette épatée, toi le suderon qui n’avait connu que les loggias, la dentelle de pierre et les tuiles vernissées. A la vue d’un pareil spectacle, un souvenir te remonta le long de la colonne vertébrale et parcourut ton corps de frissons : le Berthildois. Sous ses airs austères et massifs, Chrystabel préfigurait l’architecture des cités du Nord de la péninsule et cela ne put que te susciter une humeur maussade. Pourtant le pays te réservait des surprises et ce n’est qu’en passant une crête que tu les pus apprécier : aux pieds du bourg s’était développé un faubourg composite où s’entassaient pêle-mêle baraques, abris et ateliers de tous arts. Cette vision, loin de te refroidir te ragaillardit et ce fut au trot que tu rejoignis la ville. Aux portes, le fumet de viandes rôties et de fer battu te mit en appétit et ce fut d’un œil envieux que tu avisas la forteresse qui dominait le morne piton. La Régente s’y réjouissait-elle au milieu de tourtes aux pigeons, de cassates et de massepain ? Ta raison s'était tue et laissa pour un temps tes tripes commander à ton corps.

La coterie lestée de moitié s'engagea dans les rues sinueuses et pentues de la Perle de l'Erac
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Madeleyne d'Odélian
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MessageSujet: Re: Chrystabel [MdO 2015]   Dim 26 Oct 2014 - 21:28

Septième ennéade,
Du Favriüs printanier,
De la huitième année,
Du onzième Cycle.


On devait être à une demi-lieue au nord du campement principal et à un quart de lieue à peine avant une courte rivière, pas même une voie d'eau, mais la somme d'une multitude de rus qui tractaient l'eau bruissante des fontes printanières. Sur elle, un pont de pierre l'enjambait prudemment, reliant un fort à un autre. L'ouvrage, bien connu des Chrystabellains, contrôlait la grande route donnant accès direct aux landes qui s'étendaient jusqu'à la "frontière" entre le comté de Velteroc et le comté de Chrystabel. Les Odélians, inspirés par leur rectitude, l'avait surnommé le quolibet bien peu fantasque de Porte du Nord, ne prêtant attention qu'à la fonction tactique qu'il servait. Le prochain passage, situé à une demi-journée de marche, était tout simplement plus excentré, et le comte de Chrystabel ne s'y était pas trompé quand il peaufina les fortifications de ses deux filles ces derniers ans. Car une demi-journée, c'était assez de temps pour vider les faubourgs de sa cité avant qu'il ne soit trop tard. Trop tard pour quoi ? Mais la guerre, mes bons, car c'était ici les terres du Chrystabellain, comme le rappelaient les bannières à la rose pourpre qui claquaient sous les vents érisiens. L'état d'alerte d'Hautval et de Velteroc lors des derniers mois, l'hostilité grandissante entre le seigneur Nimmio et la couronne ainsi que la convoitise de ce dernier sur les comtés d'Estaria et de Chrystabel n'avait pas laissé de marbre le comte local, lequel avait préféré investir dans la pierre plutôt que de verser dans les atermoiements.

Les événements des derniers jours avaient conforté le seigneur dans sa politique immobilière. Ses hommes n'avaient néanmoins pas vu dans d'un oeil très malveillant l'arrivée des armées royalistes. Et le séjour des Estrelins dans les châteaux de la Porte du Nord, leur ardeur à recevoir badauds, marchands et espions, à aviser les hérauts en partance vers les bourgades de la plaine velterienne et à fourbir les armes ou vérifier une énième fois l'équipement exerçaient sur la soldatesque locale une fièvre putride. Ca allait porter la dévastation auprès du sire sang mêlé. D'aucuns prétendaient croire encore à la voix de la négociation, mais ils étaient accueillis au mieux par un rictus goguenard, au pire par une des dernières chansonnettes des plus explicites sur la fin que l'on réservait au vampire de Velteroc et le nécromancien Nakor. Toutes les rumeurs avaient été gonflés, et la propagande faisait son chemin sur tout et n'importe quoi : les chefs d'accusation du concile royal à l'encontre de Nimmio n'était qu'une base qui relativement au reste de la fresque passait pour modeste. Le reste mêlait beaucoup de choses fausses à des semi-vérités. Les hommes tissaient la grande tapisserie généalogique de l'inmourant, sur les similitudes frappantes de cet état avec celui de Nakor dévorateur d'orphelins et les sinistres sorcelleries qu'on prêtait à feu la comtesse de Velteroc mère de Nimmio et nécromante s'il en est.

La démonisation était exhaustive, et des parents du seigneur jusqu'à l'union sacrilège dont il aurait été le fruit, en passant par diverses accusations d'empoisonnement des seigneurs alentours comme la réincarnation de la Nécromancienne Velterienne en Blanche d'Ancenis, les hommes avaient coincé dans la tête cent chansonnettes sur les bains de sang, les ancêtres noirelfiques et les pactes contre-nature.

Mais l'anecdote la plus dérangeante n'était pas la plus crue ni la plus merveilleuse. Elle vint des Odélians et portait sur Nakor. Ces derniers déclaraient mordicus que Nakor n'était nul autre que le meurtrier du bon comte Gaucelm le Gras. Il était difficile de tirer les vers du nez aux hommes du nord sur cette accusation, mais tous le soutenaient aveuglément. Le sénéchal Philinte des Berdevin lui-même avait promis devant l'assemblée des barons de la Marche de donner sa fille et des domaines à celui qui tuerait le nécromancien et libérerait ainsi l'âme de son frère Gaucelm de ces maléfices.
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Nimmio de Velteroc
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MessageSujet: Re: Chrystabel [MdO 2015]   Lun 27 Oct 2014 - 12:11


Un air songeur, c'est ce qui était apparu sur le visage du Comte de Velteroc lorsqu'il avait appris l'arrivée d'un Ost Estarien aux portes de Christabel. Ainsi, la régente et ses sbires étaient-ils si assurés de leur victoire qu'ils venaient se rassembler sous son nez, à portée de main. Ils semblaient avoir mordu à l'artifice Eracien, pensant que la cible du médian était bel et bien Léandre et que Nimmio n'était rien de plus qu'un vulgaire usurpateur de terres. Plus  grosse est la supercherie et plus elle s'avère efficace, pensa-t-il tandis qu'il repliait la carte stratégique du Christabelois. Les hommes qui l'entouraient s'affairaient déjà à rassembler les outils, articles et ustensiles nécessaires aux voyage qui s'annonçait. Le campement, fourmillait d'activité et, même s'ils ne savaient pas où ils allaient, les hommes de velteroc se ragaillardissaient à l'idée de prochainement passer à l'action.

De son côté, le Comte avait commis moult artifices afin d'exhorter l'ennemi de la présence de son armée  aux porte de Trymoins et Merene - si bien que ces derniers, pendant le délais de réflexion qu'ils avaient demandés, s'étaient calfeutrés chez eux, hourdant leurs murs et rendant d'autant plus crédible l'imminence de la menace. Il était à croire que le faite de mettre en place suffisamment de feux pour réchauffer dix mil hommes et de haranguer les éclaireurs du nord en leur expliquant que leur travail de repérage était primordial pour l'avancée de l'armée en campagne, s'était avéré aussi efficace qu'espéré. Pourtant, le gros des cohortes Velteriennes ne s'était jamais approché de l'Eraçon à moins de dix lieux et avait, au dernier moment, bifurqué vers un tout autre destin.

Cela faisait à présent plusieurs ennéades que ses éclaireurs, arpentaient les terres du sud, chassant leurs homologues royaux et recueillant de précieuses informations sur le territoire, son peuplement et les différentes routes d'accès qui mènent à sa capitale. Nul point stratégique n'était négligé et toute vallée, toute colline, ruisseau, hameau, écart, pinède, futaie et autre boqueteau étaient doctement inventorié. Les rapports issus de ces recherches étaient envoyés à différents points de chutes prédéterminés par le biais de bisets et chaque coterie, s'était vu confié une aire spécifique et des charges sui generis. Il était ainsi possible, en fonction des différents retours, d'avoir une vue d'ensemble des territoires inventoriés.  

Lorsque l 'Ost Estariens s'était présenté, il installa son camp,  montant guitounes, auvents et autres tentes,  au pied de la citadelle de Christabel. Cela avait le mérite d'indiquer par la même occasion où viendraient s'agencer les bataillons suivants. Il était intéressant de constater ce choix que de s'installer en contrebas de la colline castrale où l'orgueilleuse citée trônait majestueusement. N'aurait-il pas été plus sage que d'investir le sommet de la colline voisine ? En cas d'attaque, devoir gravir la colline pour s'abriter risquait fort de sceller le destin de bon nombre. Cette information n'avait pas manqué d'interpeler le Comte. Autant de négligences de l'ennemi appelait à la prudence. Il était toujours possible que l'on tentât de la sorte de l'attirer dans un odieux piège et il comptait bien s'en prémunir. La guerre était affaire de coups et contre-coups, de feintes et d'attaques. N'était-il pas conseillé dans d'obscures et anciens manuels, « feindre la faiblesse pour pousser à l'erreur » ?

Néanmoins, le lendemain, l'armée du Comte se mettait en marche pour aller culbuter les forces ennemies là où elles avaient prévues de se rassembler. Il fut décidé, afin de faciliter et d'accélérer le périple que de ne s'encombrer que du strict nécessaire. Ainsi, ne furent emmené que le ravitaillement pour six jours, de quoi faire l'aller-retour si d'aventure, ils devaient rebrousser chemin sans guerroyer. Cela permit de se passer de nombres de chars qui eurent ralentis le voyage. Le temps n'était plus d'argent, mais bien de sang et la lenteur pouvait devenir synonyme de mort.

Si la distance entre le camp royal et les confins du médian était faible, les forces du médian mirent trois jours à s'en affranchir, évitant les passages exposés où elle aurait pu se faire repérer. Les équipes d'éclaireurs récupérés en chemin étaient alors récupérées et réassignées à la surveillance des points stratégiques sur le trajet et éventuellement, à l'élimination de leurs homologues royaux si certains de ces derniers avaient réussi, par chance à éviter les équipes qui écumaient la région depuis plusieurs ennéades. Ne s'arrêtant qu'a la nuit tombée pour monter un camp rudimentaire et exempt de tout feu qui aurait permit de les repérer, l'Ost voyagea rapidement.

Le trajet se fit ainsi sans heurt tant le quadrillage du territoire semblait avoir été efficace.  Au soir du   troisièmes jour, ils se trouvaient dix kilomètres des positions ennemies, dissimulés dans un val entre deux collines, loin de toute vue. Au milieu de la nuit, et  après quelques heures de sommeil, l'ordre fut donné de se préparer pour le combat. Les hommes se rassemblèrent non sans avoir revêtu leurs armures et le matériel dont ils auraient sans doute besoin d'ici quelques heurs. Des équipements supplémentaires, nécessaires à ce qui se préparait avait étés briqués où fabriqués selon les besoins et les hommes les portaient désormais sur eux.

La marche de nuit fut calme et sans heurs.  Dans la pénombre, et sous une pluie battante il n'avait pas été difficile de se montrer discret. Les rudes gaillards de Velteroc, avaient étés habitués à combattre dans le massif des dents de Veltre, dans des conditions souvent difficiles et cette pluie, dont la fraicheur n'était pas des plus agréable en ce temps printanier, ne remettait pas en cause leurs capacité martiales... Et ils sauraient bientôt s'il en serrait de même pour leurs adversaires d'avantage habitués à la vie de palais.

Les éclaireurs s'étaient disséminés dans toute la région, par groupes de trois, toujours. Chaque groupe secondé par un autre, afin d'avoir un maillage aussi serré que possible.  Chacun d'entre eux s'était vu attribué un cor et un code afin de permettre, en cas de danger, d'en indiquer la position au Comte et à ses généraux.  Ainsi, toutes les collines des environs étaient-elles désormais couvertes et aux aguets.

Le  lendemain de l'arrivée de l'Ost royal, alors que le jours allait se lever, le Comte était en position pour une attaque surprise contre un ennemis dont l'orgueilleux avait fait compromettre la sécurité. Du moins c'était ce que les apparences suggéraient.

De son côté, l'armée Velterienne s'était approchée au plus près qu'il était possible tout en restant discrète, la nuit et la pluie aidant grandement à la discrétion. Un kilomètre la séparait désormais du campement ennemi où les hommes devaient se reposer des longues journées de marche qui les avaient amenés jusqu'ici et du temps passé à monter une ébauche de campement.

La pluie était lourde en cette matinée de Favrius et si l'astre solaire commençait sans doute à se lever, au loin derrière les collines, il ne parvenait pour l'heure que légèrement à traverser la, couche nuageuse dense qui se dressait tel un gardien mouvant, entre lui et la terre. Le coq n'avait pas encore songé à s'égosiller, lorsque les choses sérieuses commençaient.  Arrivée, après un détours, face au campement de l'ost royal, les cohortes velteriennes étaient désormais à portée de vue des guetteurs de Christabel qui ne manquèrent pas faire de sonner le tocsin, provoquant moult émoi dans les environs et réveillant ceux qui dormaient toujours.

L'avant-garde Velterienne lança alors l'assaut sur les campements ennemis tandis que le reste des troupes prenait position comme prévu sur le plan de bataille. Les premiers cris d'agonie s'élevèrent alors et le fracas des armes résonnait avec violence. Mais il en fallait plus pour intimider l'infanterie lourde, fer de lance de l'armée du médian et rompue à l'exercice de la guerre.
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MessageSujet: Re: Chrystabel [MdO 2015]   Ven 31 Oct 2014 - 20:21


Un épi de blé entre les dents, adossé contre un arbre centenaire, Flocel-Longues-Jambes mal éveillé était de garde à cette heure-ci, le campement venait d’être dressé et lui devait se tenir là à quelques kilomètres du rassemblement. Il pleuvait, et lui était abrité sous les branches du grand chêne, Flocel pour passer le temps taillait un morceau de bois avec sa dague. Il n’eut juste le temps de relever la tête lorsqu’un carreau lui transperça la gorge. Un peu plus loin….  

« Hého Gaston, lèves-toi ! Nous sommes attaqués ! Hého ! »

Un tout autre appel que celui des coqs réveillaient le campement en ce matin printanier. Gaston de Brussey ne rechigna plus à se lever lorsqu’une flèche transperça sa tente partagé avec Guy de Monflère.  Leurs deux écuyers se relevèrent rapidement et tentèrent de les habiller de leurs armures lorsqu’un homme entra par la feinte et transperça de son glaive l’écuyer le plus proche. Gaston prit alors sa lance posé à sa droite et la plonger dans l’œil de l’ennemi tandis qu’il retirait son épée. Ils sortirent en trombe de leur tente, devant eux, la panique saisissait les royalistes. Ils étaient attaqués, le chevalier reconnut une bannière de Carruw, et plus loin celle de Beltrod. L’Ogre du Médian était parmi eux. Gaston para d’un coup d’épée l’attaque d’un cavalier, leurs tentes étaient au milieu du campement et les phalanges ennemies accompagnées des hallebardiers venaient les séparer du reste.

« Que fait-on ? Hurla-t-il. On fait quoi ?! »

Gaston déposa les armes lorsque son ami Guy tomba à terre, et qu’un peu plus loin Philinte des Berdevin se rendit à celui qui devait être Jesbel de Beltrod. D’autres chevaliers, sans armure, réussirent à atteindre l’enclos des chevaux.

Plus au sud, les fantassins royalistes tentèrent de se réunirent, leurs capitaines étaient soit tombé, soit tétanisés par une attaque de cette ampleur. Aucun n’arriver à donner ses ordres, aucun ordre n’était communiquer aux miliciens et soldats, quelques uns tentèrent de résister mais individuellement, ils ne faisaient pas le poids. C’est au bout d’une demi-heure où les premiers groupes royalistes commencèrent à déserter du campement, des fuites dans tous les sens dans la compagne environnante. Un survivant racontera plus tard comment ceux qu’il qualifiait de « cavaliers de Tari » les pourchassèrent.        

Les corps armés n’arrivèrent pas à s’organiser, aucun ordre ne leur parvenait si bien qu’ils ne savaient que faire, des meneurs improvisés tentèrent tant bien que mal de fédérer des hommes autour d’eux mais ceux qui arrivèrent se virent fracasser sous la charge d’une armée disciplinée, ordonnée et commandée.  Dans la partie Olysseane, un tout autre spectacle avait lieu, dont les bardes chanteront surement la scène. Celui qu’on appelait le Kerkand de Sharras, un guerrier aussi haut qu’un arbre et aussi musclé qu’un bœuf tenait en respect cinq velteriens et à ses pieds le cadavre de trois autres. Armé de deux haches, il distribuait la mort, un autre velterien tomba au sol, la tête retenu par un mince filament, c’est alors que des piquiers vinrent à la rescousse. A genoux, il arriva à en tuer un autre avant que deux hallebardes lui pourfendirent les épaules.

Des régiments battirent en retraite vers la ville de Chrystabel dont les portes restèrent fermées. En haut, sur les remparts, les gardes assistèrent le cœur serré à la mort de leurs frères. Aucun ordre ne leur furent donner, on tenta bien de prévenir les nobles en charge mais n’eurent que le silence en guise de réponse. La ville aux milles joyaux n’avait jamais connu une bataille sur ses terres, et déjà on priait pour que celle-ci soit la dernière.  
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Nimmio de Velteroc
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MessageSujet: Re: Chrystabel [MdO 2015]   Dim 2 Nov 2014 - 21:31


Le carnage était à son comble. Les cris d'horreur raisonnaient aux quatre coins du champ de bataille, entre le fracas des armes qui s'entrechoquent et des cors qui résonnent pour exiger le rassemblement. Les troupes royales, désorganisées, tentaient de se sortir du merdier dans lequel leurs généraux, par orgueil et inconscience, les avaient fourrées. Quelle idée que de rassembler une armée aux porte du territoire ennemi et de les faire camper au pied d'une colline, là où il serrait impossible de se défendre ?

Rapidement, l'infanterie légère Velterienne laissa la place à l'infanterie lourde qui vint culbuter les vestiges d'un semblant de défense dans le centre du camp. La Phalange de piquiers, forte de mil cinq cent hommes n'eut aucun mal, par sa capacité de poussée à percer, puis disloquer l'amas disparate de soldats qui lui faisait face. Ligne après ligne, rang après rang, les hommes tombaient à terre et se faisaient achever d'un coup de hache une fois dépassé par la formation. Les quelques tentatives de repousser l'assaillant se noyaient dans une marée de pics  et ne permettait même pas aux soldats royaux d'atteindre les boucliers ennemis. Après quelques minutes de reflus, ils se disloquèrent définitivement.  A ce moment là, le centre était perdu et cet élan coupa le campement en deux.

La partie droite se vit alors assaillie par l'infanterie légère, les hallebardiers hautvalois et la phalange qui se retourna pour leur faire face. Impatients d'en découdre, les hommes des montagnes ouvrirent la danse, chaque homme fauchant les ennemis qui lui faisaient face avec la régularité d'un métronome et le soutien de celui qui le suivait. Le premier, à l'aide du crochet de sa hallebarde abaissait le bouclier de la cible tandis que le second embrochait le malheureux ainsi découvert sur la pointe de la sienne. La boucherie avait ici un tout autre style, mais cette danse macabre donnait les mêmes résultats que partout ailleurs.

L'autre flanc n'eut pas plus de chance, pilonné qu'il était par les archers de Hautval etles arbalétriers Beltrodois, ils payait un lourd tribut à la guerre. Tout regroupement représentait une cible de choix sous ce tir croisé. De plus, les hommes désorientés, désorganisés se retrouvaient chargés, à la fois par l'infanterie lourde de Velteroc et la cavalerie coalisée. Forte d'un millier d'homme et commandée par Nimmio en personne, elle prélevait son tribut de victimes. Chaque nouvelle charge faisait trembler la terre et provoquait l'effroi chez les survivants, à chaque fois moins nombreux, de l'ost royal.

Rapidement, toute tentative de regroupement cessa et le sauve qui peut fut entamé dans tous les sens. Les hommes coincés et sans possibilité de replis se rendirent sans condition, lâchant leurs armes à leur pied, tandis que leurs compagnons refluaient massivement vers Christabel, espérant y trouver refuge. Mais les sages gardes de la citée, conscient que cela ouvrirait la possibilité à une invasion velterienne, décidèrent, la mort dans l'âme que le sacrifice de leurs alliés était nécessaire à la préservation de leur propre vie.

Rapidement, les troupes velteriennent arrivèrent dans le sillage du ban de soldat agglutiné aux mur de la cité  et ces derniers, comprenant que les portes ne s'ouvriraient pas, jetèrent les armes à leur tour, conscient que l'autre solution était une mort aussi futile qu'inutile.  Certains tentèrent alors de s'enfuir néanmoins, mais rencontrèrent leur destin sous les haches de leurs ennemis.

Dans la plaine, les combats touchaient à leur fin. Le flanc droit avait été repoussé jusqu'aux flancs de la colline suivante, et pensa un instant que la fuite par cette dernière était possible. Ils redoublèrent d'effort pour échapper à leurs poursuivant, jetant leurs armes, armure et boucliers pour accélérer leur course. Mais a peine arrivée à la mi-montée, ils se rendirent compte que la crête était cernée d'arbalétriers Velteriens prêts à les accueillir. Ainsi, le  Comte de Velteroc avait-il gardé des troupes en embuscade au cas où la bataille ne se serrait pas déroulée selon ses plans initiaux. Pris entre le marteau et l'enclume, ils furent à leur tour faits prisonniers.

Dans la plaine, les fuyards étaient à présent poursuivis par la cavalerie coalisée, à la tête de laquelle flottait l'étendard de Velteroc, le Phoenix et le sang, cruellement thématique en ce jour maudit pour la couronne. Cette bataille marquait le retour des Trystaniens sur le devant de la scène, telle une renaissance, contre les comploteurs qui avaient succédé au régicide d'Ivrey. Groupes après groupes, la cavalerie broyait sans difficulté les hommes qui essayaient de couvrir le retrait de leurs camarades vers des positions moins exposées. Mais devant eux s'étendait une plaine désespérément vide qui les mènerait aux confins de l'Eris.

Les cadavres détrempés se comptaient par milliers dans les rangs de la couronne, de même que les prisonniers. Quelques centaines étaient parvenus à sortir de la nasse, mais sans équipements lourds, organisation où ravitaillement, ils étaient condamnés à se disperser et n'avaient désormais plus de raison de se battre. Leur guerre était perdue et il fallait prévenir tout le monde de cette catastrophe.

Le calme retomba finalement tandis que le soleil parvenait enfin à percer les nuages, révélant toute l'horreur que l'obscurité avait cachée jusqu'ici.  Le campement royal ne ressemblait plus a grand chose et seuls les lieux où avaient étés entreposés le bétail et les vivres,  relativement excentrés pour des question d'hygiènes, avaient étés relativement épargnés par le carnage.  Les Tentes étaient pour la plupart en lambeaux, piétinées par les soldats des deux camps.

Nimmio rassembla alors ses hommes afin de faire le point sur les pertes. La bataille avait été violente et bien que la victoire fut écrasante pour lui, le Comte savait que les pertes parmi les siens seraient néanmoins lourdes. Il fallut près d'une demie heure pour discipliner les hommes dont certains avaient commencé à piller le campement ennemi. Lorsque ce fut finalement fait, le bilan était là. Nombre d'hommes manquaient à l'appelle et gisaient là parmi les innombrables cadavres de l'armée royale. Cette dernière s'était finalement bien battue malgré l’inéluctabilité de son destin.  Les troupes d'infanterie légères avaient étés de très loin les plus affectées par ces pertes. Plus de mil d'entre eux n'avaient pas survécu à la bataille. La phalange avait également payé le prix du sang, ainsi que nombres d'autres combattants qui avaient due faire face à la fureur du désespoir des fuyards. Il avait gagné largement cette bataille, mais déplorait plus de deux mil morts dans ses rangs et près de deux mil blessés.

Jesbel, son frère et seigneur de Beltrod s'avança alors. Il amenait avec lui un homme qui, s'il n'avait pas eu le temps de revêtir ses atours, était néanmoins d'extraction noble. Il fut présenté en tant que sénéchal de l'armée ennemis, Philinte des Berdevin. Il tendit alors son épée en signe définitif de reddition et fut traité avec les honneurs dus à son rang par celui qui l'avait vaincu.

Une ambassade fut ensuite mandée auprès de Christabel la ville dont la garnison peinait à se remettre des horreurs dont elle avait été témoin. Une demande de reddition fut formulée en échange de la vie sauve pour les forces occupantes de la ville et l'assurance d'être bien traités pour les hommes qui se rendraient. La demande fut néanmoins rejetée pour le moment et se prépara alors un siège qui nécessiterait de nombreux aménagement et sans doute un certain temps.

Les éclaireurs furent redéployés selon un nouveau schéma et de nombreuses missives furent expédiées pour annoncer aux seigneurs des terres royales et d'ailleurs la grande victoire dont les cinq avaient gratifié le Comte de Velteroc face à la coalition de l'usurpatrice, signe du bien-fondé de son action. Des pigeons furent ainsi envoyés à Parmepeyre d'où la péninsule fut ensuite inondée de cette annonce. Cette dernière était d'ailleurs accompagnée de demandes de ralliement au mouvement du médian pour l'instauration d'un nouveau système de gouvernance dont auraient à discuter les grands seigneurs du royaume. D'autres demandes, plus stratégiques furent envoyées afin de préparer le siège en cours et de redéployer les effectifs du médian afin de répondre aux nouveaux besoins qui se faisaient jours.

En attendant, les hommes du comptes avaient fait main basse sur tout ce qui pouvait être prélevé dans le campement ennemi et sur les hommes qu'ils avaient combattus. Les armes, armures, équipements, vivres, animaux, rien de ce qui demeurait utilisable ne resta bien longtemps sans propriétaire velterien.  L'inventaire fut tenu et révéla de bonnes surprises. L'armée royale avait amenée avec elle de nombreux équipements qui serraient désormais utilisés contre Christabel. On récupéra aussi le bois qui avait été préparé en vue d'ériger d'éventuelles palissades pour le camp royal, afin d'accélérer la construction de celui de velteroc au cas où d'autres troupes ennemies se présentent dans le secteur.  

On passa ainsi la journée à faire de la récupération et à ériger une contrevalation autour des différentes portes de la ville, renforcées de balistes et postes de défense, et à monter un campement sur la colline, en face de la cité. Les blessés furent soignés par les apothicaires et un grand nombre de prisonniers, délestés de leurs équipements et attachés les uns aux autres furent emmenés sous escorte en Velteroc. Les nobles et autres gens de valeur, échappèrent aux cordes  contre leur parole de demeurer prisonniers, comme le voulaient les règles de la guerre, jusqu'à ce que rançon soit payée pour leur libération. On commanda à Jesbel de les emmener, jusqu'à Beltrod, accompagné de cinq cent hommes d'escorte et des blessés pouvant êtres rapatriés. Le reste s'installa dans ses quartiers, parés à toute éventualité. D'autres prisonniers, au nombre de deux mil furent conservés sur place afin de participer à la réalisation du siège.

Dans les prochains jours, les travaux allaient êtres nombreux. Il faudrait tout d'abord fortifier définitivement le camp, relier les points de contrevalations afin de définitivement cerner la cité en tout points. Construire les armes de siège lourdes, les chats et autres bretèches nécessaires à la suite des opérations. Les renforts, quand à eux, arriveraient d'ici trois jour pour renforcer les effectifs en vue d'un éventuel assaut.



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Hanegard Kastelord
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MessageSujet: Re: Chrystabel [MdO 2015]   Lun 3 Nov 2014 - 13:19

Du haut d’une petite butte, j’observais d’un œil las les troupes en marche vers le Sud. Près de deux milliers d’hommes, des miliciens en provenance de Velteroc ou de Hautval, allaient renforcer les armées du comte Nimmio dans sa lutte contre la décadente coalition Diantraise. Archers, arbalétriers, piquiers, infanterie légère, les bataillons se suivaient au pas cadencé, encadrés par des sergents à la grande gueule qui reformaient régulièrement les rangs. Nous étions bien loin de la rigueur martiale des légions noires de Serramire lorsqu’elles existaient encore du temps du duc Merwyn, mais ces jeunes gens qui partaient en guerre faisaient de leur mieux pour ressembler à des vétérans.

Un messager arrivé quelques heures auparavant nous avait apporté des nouvelles stupéfiantes : attaquant par surprise le campement de l’ost royal, le comte de Velteroc venait de remporter une grande victoire, une de ces victoires qui entrent dans l’histoire et deviennent des classiques de l’enseignement militaire. Nous ne disposions pas de tous les détails, mais le message indiquait que des milliers de soldats ennemis gisaient raides morts sur le champ de bataille, et que rares étaient ceux à avoir pu fuir la furie des Velteriens. La nouvelle s’était répandue dans l’armée comme du feu dans la paille, déclenchant cris de joie et de bravade parmi les miliciens. Partout ce n’était que promesses d’actes de bravoures à venir ou rêveries à des pillages, et le moral était depuis lors au beau fixe. Pour un peu, on aurait pu croire que nous partions pour de simples manœuvres.

Je poussais un soupir désabusé en pensant à ce qui les attendait. Que savaient-ils de la guerre, ces jeunes gens dont ce n’était pas le métier ? Si ces miliciens s’entrainaient au combat lors des périodes qu’ils devaient à leurs seigneurs, je savais que rien ne remplaçait jamais l’expérience de la bataille. Les petits accrochages locaux contre des bandits ou des monstres en maraude endurcissaient un homme, mais l’horreur de la guerre peut briser les plus vaillants.

La guerre est une chose sale. La guerre, ce ne sont pas de belles chevauchées oriflammes au vent, comme le montrent les tapisseries. La guerre, ce ne sont pas non plus des charges épée au poing ou des duels héroïques sous le soleil au zénith. La guerre, c’est la peur, l’interminable attente du combat qui vous noue les tripes. La guerre, c’est le fracas des boucliers brisés, les hurlements de douleur des blessés qui se vident de leurs entrailles au pied de leurs camarades, l’odeur insoutenable du sang et de la merde qui jonche le sol. La guerre, ce sont des mêlées confuses où l’on n’y voit qu’à quelques mètres, où l’on tente de survivre quelques secondes de plus sans penser à rien d’autre. L’idée de voir de nouveau ces scènes de carnage que j’espérais derrière moi expliquait mon air sombre qui contrastait avec le moral global des troupes.

Depuis mon retour des Wandres où j’avais aidé le comte de Velteroc à établir un comptoir à Fort Norkan et à nouer des relations auprès des tribus locales, je ne m’étais plus guère éloigné de mes terres à Renhanda, sauf pour quelques voyages avec ma famille jusqu’à Val-Néera, en Alonna. Lorsque la guerre avait fini par éclater entre mon seigneur et les royalistes, je m’en étais tenu à l’écart, ne souhaitant pas souiller une nouvelle fois mes mains de sang. Pendant des années, j’avais combattu sur tous les fronts, tuant et massacrant sans scrupule ni remord, mais depuis que Jena était entrée au service de Néera, je répugnais à donner la mort. Sans pouvoir prétendre disposer du lien qui unissait ma femme à la déesse, j’avais ressenti le doux contact de la main divine, et depuis lors ma vision du monde en était profondément changée.

Le comte avait parfaitement compris mes convictions religieuses et n’avait pas insisté pour que je l’accompagne à la guerre. Mais je ne pouvais refuser à mon seigneur-lige de mener ces troupes de renfort jusqu’à lui.

Retournant auprès de mes officiers, je vérifiais une énième fois l’itinéraire qui devait nous amener depuis les forts de frontière jusqu’au pied des remparts de Christabel en passant par les plaines de l’Ouest. Entre ces troupes de miliciens insuffisamment aguerries, ces ingénieurs transportant de l’équipement de siège et ces lourds chariots de ravitaillement qui ralentissaient notre marche, je préférais éviter tout accrochage avec des forces hostiles.  J’avais donc donné des ordres particulièrement stricts pour que des éclaireurs surveillent en permanence la route ainsi que nos flancs, interceptant tout cavalier inconnu et identifiant toute troupe un tant soit peu conséquente. Ces batteurs d’estrade devaient nous éviter de faire de mauvaises rencontres, quand bien même je n’avais pas reçu d’information relative à la présence dans la région d’un ost pouvant encore nous menacer, les restes de l’armée royale ne constituant plus une force opérationnelle dans l’immédiat. Mais j’avais trop bourlingué à travers les guerres pour sous-estimer l’importance du renseignement, comme venaient de le faire les commandants de l’armée royale.
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Nimmio de Velteroc
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MessageSujet: Re: Chrystabel [MdO 2015]   Jeu 6 Nov 2014 - 11:58


3e jour de la 8e ennéade de favrius, premier mois de printemps.

Le mi-journée approchait quand pointa à l'horizon le scintillement d'une armure. Les guetteurs sonnèrent alors le rassemblement tandis qu'un messager approchait à cheval. Les cohortes qui approchaient, rassemblant troupes fraiches et ravitaillement en quantité arrivait de Velteroc et venait renforcer le dispositif de siège. Elles étaient menées par nul autre que Hanegard Kastelord, ancien Baron d'Alonna et désormais conseiller du Comte de Velteroc. Mais d'ailleurs, était-il toujours Comte ?

Ses hommes l'avaient acclamés avec une ferveur incroyable après l'extraordinaire victoire à laquelle ils les avaient menés. Nombreux furent alors ceux, parmi ses suivants qui lui remirent le titre de Duc, protecteur du Médian et défenseur de l'honneur du royaume. S'il n'avait pas revendiqué le titre officiellement, Nimmio avait néanmoins accepté que ses hommes le lui donnent. Et de toute façon, ce n'était pas Léandre qui pourrait désormais contester sa puissance. Si l'usurpatrice n'avait pas su le soumettre, ce ne serrait pas le vieil homme empêtré dans la guerre civile qui le pourrait.

Tandis que les hommes d'Hanegard approchaient, le siège continuait de s'opérer. Les contrevalations étaient désormais terminées et les défenseurs ne pouvaient plus s'échapper de la nasse qu'était devenue Christabel. Des bretèches avaient étés dressées aux points stratégiques de cette fortification et une ligne de circonvallation était venue parachever l'ouvrage.

Sur la colline, en face de la ville, les ingénieurs avaient montés un Trébuchet et deux Mangonneaux qui bombardaient et détruisaient sans relâche les hourds de la cité, apportant un tir de couverture salutaire aux équipes de sapeurs qui approchaient des murailles à grand pas. Ces derniers, protégés par un ingénieux systèmes de chat étaient difficilement atteignables par les défenseurs et étaient de plus, principalement constitués de prisonniers capturés après la bataille.  Du coup, les défenseurs y réfléchissaient à deux fois avant de tenter d'abattre ceux qui, il y a peu étaient leurs frères d'armes.

Tout cet équipement permettait de constituer une énorme rampe dont le sommet atteindrait, d'ici quelque jours le sommet de la muraille et permettrait aux hommes de Velteroc de prendre pied sur la muraille. Sans aide extérieure, la ville était ainsi condamnée... Et de l'aide, il n'en venait point.

En contrebas de la pente qui devait atteindre les cent mètres de long et s'élevait déjà, à son culminant, à près de six mètres de haute, se tenait un beffroi d'un gabarit suffisant pour faire jeu égal, ici bas, avec les tours de la ville. Un système de poulies lui permettrait, en temps voulu, de gravir la rampe et ainsi de prendre l'ascendant sur les défenseurs et de couvrir les troupes qui mèneraient l'assaut sur les murs. Recouverte de peaux de bêtes fraiche set équipée en son sein d'une baliste lourde, elle fournissait déjà un point de tir intéressant qui forçait l'ennemi à s'abriter en permanence derrière les merlons du chemin de ronde sous peine de subir un destin funeste.

Par ailleurs, des ambassades avaient été dépêchées une nouvelle fois auprès de Trymoin et Merene, ainsi qu'Estaria et les autres Comtés des terres royales avec un mot d'ordre simple : L'armée de l'usurpatrice est tombée. Les cinq ont montré par cette victoire leur soutien aux desseins du Comte de Velteroc et la justesse de sa cause. Rejoignez le dès à présent et préservez vos terres des affres de la guerre. Sa Grandeur est magnanime, il sait que les duperies de l'Olysséenne étaient bien ficelées et très difficiles à percer à jours. Mais il sait aussi que désormais, elle n'est plus en position de vous aveugler. Faites le choix de la justice, faites le choix de la grandeur. Embrassez sa cause et participez au redressement de ce royaume. C'est en ami que le Comte de Velteroc souhaite vous recevoir et il serrait attristé de devoir amener cette guerre jusque sur vos terres pour des malentendus et des mensonges fomentés par une sorcière dont le pouvoir est désormais éteint.

C'est vers midi que les colonnes Velteriennes arrivèrent enfin au camp et entamèrent la construction d'une nouvelle rangée de tentes et d'une seconde palissade pour les protéger. Le campement semblait ainsi s'agrandir en cercles concentriques, au fur et a mesure que de nouveaux contingents arrivaient. Le morale était au beau fixe et les nouveaux venus apportaient leur fougue et leur bonne humeur, tandis que les vétérans de la bataillent trouvaient en eux un public conquis à qui raconter leurs exploits.

De son côté, Hanegard fut invité, comme toujours, dans la tente du Comte où des victuailles l'attendaient pour fêter son arrivée. Le confort était spartiate, mais pas d'avantage que celui qu'ils avaient connus dans les wandres quelques mois plu tôt.

Mon cher ami ! Que je suis content de te revoir ! Et que je suis fier de t'accueillir en ce lieu où les cinq m'ont gratifiés d'une victoire que je n'osais espérer. As-tu fait bonne route ?
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Hanegard Kastelord
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MessageSujet: Re: Chrystabel [MdO 2015]   Dim 9 Nov 2014 - 14:48

Ce n’est pas sans un soupir de soulagement que je vis apparaître au loin les murailles de Christabel et le camp de l’armée assiégeant la ville. Arrivées à destination, les troupes de renforts furent immédiatement envoyés dans différents secteurs pour aller renforcer les compagnies les plus éprouvées par la bataille. Cela fait, je pus aller rejoindre le comte de Velteroc sous sa tente de commandement, un endroit spartiate qui reflétait bien la rigueur morale de son occupant. Nimmio n’était pas de ces seigneurs décadents qui se prélassaient dans leurs divans de soie tandis que leurs hommes allaient mourir en leur nom. Que ce soit par tactique ou tout simplement parce qu’il aimait être proche de ses soldats, je savais que le comte jouait gagnant à se placer ainsi lui-même en tête de l’armée. Un soldat combat pour un seigneur lointain, mais il meurt pour celui qui se tient à ses côtés dans la bataille.

Votre Altesse, c’est toujours une joie pour moi de vous revoir.

Votre Altesse ? J’avais hésité quant à la formule qu’il me faudrait employer pour m’adresser à mon seigneur-lige, mais depuis mon arrivée au camp j’entendais nombre de soldats le désigner ainsi, et ce changement de statut au moins par le nom semblait de bon augure suite à l’éclatante victoire qu’il venait de remporter. Plusieurs de ses capitaines se trouvant avec nous, mieux valait se placer dans la mode du moment et le désigner par un titre qu’il ne possédait pas… ou tout du moins pas encore.

La route a été calme, nous n’avons même pas croisé de bande de mercenaires en maraude, votre victoire a été telle que la région s’est vidée d’un coup. Je n’ose toutefois critiquer ces pleutres de Diantrais, car face à un dieu de la guerre tel que vous, la fuite est la solution la plus intelligente qui soit.

Lorsque nous étions en public, je donnais toujours dans l’habituel formalisme de cour envers Nimmio, ne m’autorisant à lui parler en ami qu’en privé. Ce n’est qu’une fois les autres capitaines sortis, nous laissant en tête à tête, que je pus parler à l’ami et non au seigneur.

Tu as l’air exténué. Pour un peu, on jurerait qu’un Norkan vient de te bouffer l’autre bras.

Attrapant une carafe de vin, je nous en servis deux verres. Jamais je ne me serais permis d’agir avec une telle familiarité si d’autres nous avaient vu, mais nous avions traversés tant d’épreuves ensemble lors de notre voyage dans les Wandres, le comte et moi, que je pouvais me l’autoriser.

J’ai vu la rampe que tes hommes sont en train de construire. Bel ouvrage ! Ta victoire a assommé tes adversaires, mais ils ne resteront pas longtemps inactifs et je parierais qu’ils tentent déjà de mettre en place une nouvelle coalition. Un siège est le pire moment pour se faire prendre à revers.

A la guerre, l’initiative constitue un élément décisif, et j’espérais que Nimmio saurait la conserver dans les semaines à venir, semaines qui allaient déterminer l’avenir du Médian, voire du royaume. Et pour conserver l’initiative, il lui fallait faire tomber Christabel rapidement.
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Nimmio de Velteroc
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MessageSujet: Re: Chrystabel [MdO 2015]   Mer 12 Nov 2014 - 0:55

Un rire de bon cœur, c'est ce qui répondit à l'aimable plaisanterie d'Hannegard sur les Norkan, les bras et tout le reste. Tout ce temps écoulé lors du siège de Christabel sans réel moyen de décompresser et voici que son plus fidèle ami venait de lui redonner le sourire l'espace d'un instant. Il n'y avait pas à dire, l'ancien Baron d'Alonna était un homme d'une trempe exemplaire. Il ne tarda d'ailleurs pas à exposer son point de vue sur la situation. Et une fois encore, il voyait clair. Chaque jours passé à ce siège était un répit accordé à la couronne pour rassembler ses hommes au nord.

Mon Cher ami, nous lancerons prochainement l'assaut si d'aventure cette ville continuait à nous refuser l'ouverture des portes. Mais tu me connais, je ne suis pas de ces hommes qui aiment les pillages et la cruauté gratuite. Aussi, si une issue diplomatique pouvait éviter les effusions de sang, je serrais particulièrement preneur. D'ailleurs, à ce propos, je me disais que vos naturels talents de diplomate, qui nous ont tant servi dans les Wandres pourraient à nouveau nous aider à obtenir la reddition de Christabel. Pourrais-je compter sur votre aide ?

Il n'y était pas allé par quatre chemins. A peine arrivé, Hannegard se voyait honoré du titre de diplomate de velteroc pour négocier les conditions de reddition de la ville. Parviendrait-il a faire plier la ville alors que les injonctions du vainqueur de l'ost royal n'y étaient pas parvenues ?

D'autre part, se trouvait devant le seigneur de Velteroc une lettre en provenance d'Erac, à l'intérieure de laquelle, le seigneur Léandre demandait une audience au Comte afin de pacifier la situation dans le médian. Il n'oubliait pas de mentionner la présence à ses côtés de Raymond d'Ancenis, invité de dernière minute dont la liberté, si l'on lisait entre les lignes, n'était plus d'actualité. Ce genre de manœuvres bassement déloyales eurent le don de courroucer celui que ses hommes considéraient comme le Duc légitime du médian. Si à la vérité, Léandre ne représentait pas grand chose pour lui et restait un voisin tolérable, chacune de ses actions semblaient chercher à remettre cette tolérabilité en cause. Retenir Raymond d'Ancenis, envoyé diplomatique, en otage était la dernière des bassesses. Comment un homme qui se prétendait Duc pouvait-il recourir à ce genre de manigances sans penser qu'elle remettaient en cause les derniers soupçons de sa crédibilité ?

Nimmio entreprit alors une réponse qui, si elle restait courtoise, n'en démontraient pas moins une certaine remise en cause de l'autorité que Léandre semblait encore posséder.

Citation :
A sa Grandeur Léandre d'Erac,

Mon seigneur, j'ai bien reçu votre invitation à ouvrir des pourparlers afin d'envisager que nous nous ingénions à définitivement rassembler le Médian. Je m'étonne cependant d'apprendre que mon beau-père puisse figurer parmi vos invités raisonnablement conviés à rester chez vous. Je pensais qu'il était d'usage de respecter la liberté des ambassadeurs afin de faciliter les relations diplomatiques et montrer sa respectabilité aux yeux des gentils hommes. Sachez messire que je n'ai point de réels griefs à votre encontre et suis tout à fait disposé à vous recevoir ici, à Christabel où j'ai établi mon camp, afin de discuter de votre éventuel ralliement à ma cause. Nous avons tout intérêt, vous et moi à former un médian uni et indivisible.Je fais serrement sur mon honneur de vous garantir la liberté à vous ainsi qu'à vos éventuels accompagnateurs le temps des négociations et cela jusqu'à votre retour en Erac.

Que les cinq veillent sur vous,

Nimmio de Velteroc, Comte de Velteroc, Baron de hautval et protecteur du médian.
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MessageSujet: Re: Chrystabel [MdO 2015]   Mer 12 Nov 2014 - 12:59

Mes talents naturels de diplomate ? Des fois, il en avait de bien bonnes, le patron. Dans les Wandres, il s’agissait de négocier avec des clans dont j’étais issu, dont je connaissais les coutumes, le code d’honneur et la meilleure manière de traiter avec eux. Là, il s’agissait de traiter avec une ville assiégée, dirigée par des nobliaux locaux et des bourgeois que je ne connaissais absolument pas. Pour autant, commencer refuser cet ordre, surtout si cela permettait réellement d’éviter une effusion de sang lors de la prise de la ville ? Car pour avoir déjà assisté à bien des sièges, je ne doutais pas un seul instant qu’en cas d’assaut la violence des soldats ne pourrait pas être retenue, quand bien même Nimmio le souhaiterait. Ainsi donc, j’acceptais et je pris une bonne heure pour discuter avec le comte du contenu du message qu’il me faudrait porter.

Une fois les détails réglés, je remontais à cheval, récupérais au passage un tambour pour annoncer mon arrivée et pris la direction de la grande porte de la cité. Une fois passé nos premières lignes, un léger mais néanmoins sensible sentiment de malaise m’envahit. Je n’étais certes pas un lâche, mais se retrouver dans ce grand espace entre les tranchées velteriennes et les murailles me rappelait méchamment ma propre mortalité. La cotte de mailles que je portais pouvait arrêter un coup d’épée, pas un carreau d’arbalète. En général, les émissaires étaient considérés comme intouchables, mais j’espérais que personne derrière les créneaux n’allait tenter de se faire un nom en m’ajustant. Jena affirmait que Néera m’aimait bien, toutefois je doutais qu’une main divine apparaisse devant moi si je me faisais attaquer.


Tambour, musique !

Le tambour se mit à jouer une marche guillerette, plus adaptée aux défilés militaires qu’à un champ de bataille. Inutile de tomber dans le funèbre lorsque l’on essaye de sauver des vies. Voyant des têtes apparaître aux créneaux de la ville, je fis signe au tambour de cesser ses roulements, et m’avançant je hurlais d’une voix assez forte pour porter jusqu’aux assiégés :

Bons citoyens de Christabel ! Le comte Nimmio de Velteroc n’a point de grief envers vous ! Vous êtes les victimes innocentes des ambitions hégémoniques d’une caste de hauts seigneurs qui ont fui lâchement avant même que leurs troupes ne soient écrasées sur le champ de bataille.

Commencer par leur rappeler ce qu’il venait de se passer quelques jours plus tôt pouvait aussi faire prendre conscience aux assiégés qu’ils étaient désormais seuls face à une armée portée par sa dynamique de victoire. Pas une situation très plaisante pour eux.

Bons citoyens de Christabel ! Votre résistance héroïque force l’admiration, mais la prolonger ne peut que causer des morts que nul ici ne veut. Voulez-vous voir vos portes forcées, vos maisons pillées et vos femmes forcées dans vos propres lits ? La prétendue-régente ne vous sera nul gré d’un tel sacrifice, pas plus qu’elle n’a tenté de briser ce siège, terrifiée qu’elle est par son vainqueur. Pourquoi continuer le combat alors qu’il ne peut plus rien vous apporter que de la douleur ?

Résistance héroïque de mes fesses, ouais. Jusque-là, les défenseurs de Christabel se contentaient de se terrer peureusement derrière leurs murailles, mais donner l’impression aux bourgeois qu’ils avaient été de vrais héros leur permettrait peut-être d’accepter de se rendre sans honte. Et pour le cas où ils en douteraient, ce petit rappel de ce qui les attendait en cas d’assaut pourrait briser leur volonté combative. A la guerre, on ne s’improvise pas héros.

Bons citoyens de Christabel ! Ouvrez vos portes, et le comte s’engage devant les Dieux immortels à ce que nul ne soit spolié de ses biens, à ce que nulle violence n’ait lieu à l’endroit de quiconque, même de ceux qui ont levé les armes contre lui ! Cette main tendue, ce n’est pas celle du vaincu qui cherche à se sauver, mais celle du plus illustre général de notre temps, du vainqueur qui ne veut qu’une chose : éviter des destructions inutiles à cette belle cité qu’il aime !

Après la menace, l’ouverture. Combattez et mourrez, ou rendez-vous et vivez. Choix simple, surtout pour la population. Je m’étais entendu avec le comte pour que notre message ne porte pas qu’aux soldats qui se trouvaient en ville, mais aussi et surtout à la masse de la population qui pourrait faire pression sur ses leaders pour qu’ils acceptent de négocier un compromis de paix. Un noble pouvait refuser notre offre et faire un point d’honneur de lutter jusqu’au bout, mais les milliers de citoyens étaient-ils prêts, eux, à mourir pour la cause de Diantra ? J’en doutais fort… ou alors Christabel n’était qu’un refuge de fanatiques.

Bons citoyens de Christabel ! Je suis autorisé par le comte à négocier avec vous la reddition dans l’honneur de votre ville. Ouvrez-moi une poterne, et travaillons ensemble pour que ce siège se termine sans que le sang ne coule !

Le message était passé, il appartenait désormais aux défenseurs d’y donner suite ou pas.
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MessageSujet: Re: Chrystabel [MdO 2015]   Mer 12 Nov 2014 - 21:36


5ème jour de la 8ème ennéade de l’an 8

Derrière les créneaux, des soldats s’amassaient pour entendre ce que l’émissaire velterien avait à leur dire. Le plus haut gradé présent demanda à ce qu’on appelle un seigneur apte à négocier, mais l’émissaire ne semblait ne pas vouloir attendre. Le capitaine se pencha pour écouter et répéter si besoin est, mais de Hanegard il n’entendait pas grand-chose.  Se penchant mais en prenant garde à ne pas tomber, il s’époumona.

« Répéteeeez ! Quoi donc ? Plus fort messire ! »

Hanegard haussa le ton en même qu’un des sires de la ville arriva sur les murailles. L’émissaire souhaitait que la ville se rende, mais celle-ci coupé du reste des domaines royaux n’avait pas eu vent des dernières rumeurs. La régente avait fui Diantra avec sa maisonnée et le roy pour Sharas ! En bon vassaux qu’ils étaient, Christabel devait tenir jusqu’à ce que les renforts de la couronne viennent briser le siège. Depuis que celui-ci avait été posé, les prisonniers royants du comte manœuvraient à la construction d’une rampe, l’exercice était lent et fastidieux, certains périrent sous des flèches ennemies, d’autres périrent en tentant de s’enfuir et d’autres encore y arrivèrent. Les défenseurs de la ville poussèrent même un jour un hourra de joie lorsqu’une arbalète à tour transperça l’un des chats qui servaient à abriter des servants.  Mais Christabel subissait les assauts des armes de siège ennemies depuis quelques jours maintenant, parfois des pierres ne percutaient pas les défenses et se perdaient derrière, détruisant des chaumières. Prenant la parole, le sire Nestor de Castel-Pic fit par de ses conditions.

« Retournez d’où vous venez félons ! Christabel ne négociera pas sa reddition tant qu’un siège est établi, brisez-le et nous parlerons ! »

Un carreau d’arbalète se planta à terre près des sabots du cheval de Hanegard le faisant hennir et mettant fin à la discussion. Christabel tiendra encore, patiente, elle attendait des nouvelles de Diantra.
9ème jour de la 8ème ennéade.

Un émissaire de Léandre arriva au campement du Comte de Velteroc. Il l’informa que son duc Léandre du Lyron avait accepté son invitation, qu’il était sur les chemins menant à Castel-Pic, à l’ouest de Christabel en terrain neutre pour parlementer. Il l’informa également que Raymond d’Ancenis, otage à Erac, était correctement traité et qu’il n’attendait plus que la fin des hostilités. Son armée à lui, était déjà aux portes de Morène.  

_________________
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MessageSujet: Re: Chrystabel [MdO 2015]   Ven 14 Nov 2014 - 11:04

Le carreau d’arbalète se ficha en terre juste à côté des sabots de mon cheval, qui en hennit de peur et faillit se cabrer. Serrant les rênes, je maitrisais ma monture puis fis signe au tambour de rester calme, la gaillard semblait prêt à filer pour aller se mettre à l'abri. Non pas que je critiquais cette attitude, il avait été engagé pour battre la mesure des régiments montant au front, pas pour servir de cible sous les murs de Christabel.

Si vous revenez à la raison, nous accepterons une journée de trêve afin de mener la négociation.

Tournant bride, je me laissais aller à mes pensées tandis que nous reprenions la route du campement. Les tentatives de négociations semblaient mal embarquées puisque les assiégés se refusaient à négocier une reddition qui seule aurait pu sauver leurs biens et leurs vies. Je ne pouvais manquer de regretter cet acharnement à combattre pour une cause perdue, mais au moins nous avions essayé. Cette main tendue, cette offre d'une trêve d'une journée, constituerait devant les Dieux et devant les hommes notre réponse aux atrocités qui ne pouvait désormais manquer de se produire à la chute désormais inévitable de la ville. Une fois de retour sous la tente du comte, je le retrouvais là où je l’avais laissé, en train de lire des missives qu’un messager avait apporté.

Ils refusent de négocier tant que le siège ne sera pas levé. Suivant vos instructions, je leur ai malgré tout indiqué que nous accepterions une trêve d'une journée pour négocier.

Le siège de Christabel continuerait donc, et seuls les corbeaux en seraient les vrais vainqueurs. Une fois sorti, je pris la direction de mes propres quartiers dans le campement afin de me reposer un peu, tandis que le comte reprenait sa lecture et méditait sur ses prochains mouvements.
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MessageSujet: Re: Chrystabel [MdO 2015]   Sam 15 Nov 2014 - 16:30

7ème jour de la 8ème ennéade de l’an 8

J’avais été assez surpris en apprenant que les assiégés acceptaient la trêve afin de négocier. Le seigneur de Caste-Pic ne me paraissait pourtant pas homme à accepter aisément une reddition, quand bien même cela lui couterait la vie et celle des siens, mais peut être fallait-il y voir un éclair de lucidité face à une situation dont il ne pouvait se dépêtrer. Quoi qu’il en soit, à la deuxième heure suivant l’aube, nos armes de siège cessèrent de tirer, et un calme assez surprenant s’abattit sur la région.

La trêve commençait.

Plusieurs chevaliers et nobles accompagneraient le comte de Velteroc pour cette entrevue. Nous étions les premiers sur place, veillant à rester hors de portée des éventuels tirs en provenance des remparts. Au bout de quelques minutes, la herse se releva pour laisser sortir dix chevaliers en armure à cheval qui restèrent en arrière près des murs, l'étendard royal hissé au bout des lances. Nestor de Castel-Pic, s'avança jusqu'au point où je m’étais arrêté lors de ma première venue, c'est à dire à portée de flèches des défenseurs de la ville. Haussant la voix pour se faire entendre, il cria :


Je suis en charge de porter à bien cet entretien.

Il avait été convenu que si l’entrevue devait se dérouler à portée de tir des murailles, le comte n’irait pas en personne. Abattre notre chef aurait quasiment assuré la victoire des assiégés, nous ne pouvions donc prendre un tel risque. Sur ordre de Nimmio, je fis avancer mon cheval et m'approchais de l'homme dont dépendait la destinée de Christabel, m’arrêtant à mi-distance des deux groupes armés qui se regardaient en chiens de faïence.

Seigneur de Caste-Pic, je suis Hanegard Kastelord, anciennement baron d'Alonna et aujourd’hui vassal du comte de Velteroc. Rejoignez-moi, je n'ai pas l'habitude de parler de loin. Je ne suis pas armé, vous n'avez pas à craindre une traitrise de ma part.

La dizaine de chevaliers de Christabel s'avança de quelques mètres, et Nestor fit de même pour arriver à ma hauteur, jetant au passage un coup d'œil par dessus mon épaule.

Les traitres sont partout de nos jours, Hanegard Kastelord.

Haussant les épaules comme pour montrer que ces excès de prudence m'indifféraient, je repris :

Seigneur, regardez autour de vous. Regardez la puissance de l'armée qui vous assiège. Quelques jours, quelques heures encore, et l'assaut sera lancé. Votre résistance ne changera en rien le cours de cette guerre, elle ne provoquera que la destruction inutile d'une cité. Il vous appartient d'éviter cela, et vous verrez que le comte de Velteroc sait être magnanime dans la victoire.
Vous parlez avec l'assurance du vainqueur. Nous avons vu le carnage de la bataille des Herbes Rouges de nos remparts. Votre armée est affaiblie, oserez-vous lancer un assaut sans même savoir à combien se monte notre garnison derrière nos murs ?
Croyez vous donc qu'une armée ayant affronté quinze milliers de soldats peut craindre les quelques centaines d'hommes dont vous disposez ? Quand à vos milices bourgeoises, elles s'effondreront au premier choc, tentant en vain de défendre leurs maisons et leurs femmes. Je ne doute pas que vous soyez prêt à mourir au combat, seigneur, mais pouvez-vous en dire autant de tous ceux qui vous suivent ?

Du regard, je lui désignais les têtes qui apparaissaient aux créneaux de la ville. Nestor de Castel-Pic ne devait guère douter de la loyauté de ses chevaliers qui le suivraient jusqu’à la mort, tenus par leurs serments, mais fallait-il qu’il soit bien sur de lui pour sous-estimer la peur qui nouait les tripes de ses simples soldats. Affronter la mort en face peut briser un homme, et plus d’un assiégé devait déjà sentir le souffle glacé de Tyra se poser sur lui.

Quand à nos pertes, les renforts avec lesquels je suis arrivé les ont plus que comblées. Notre armée est plus nombreuse qu'avant la bataille... et désormais elle sait qu'elle est menée par un grand général. Oui, seigneur, nous lancerons l'assaut, sans hésiter, sans crainte, sans remords si vous persistez à combattre.
Vous venez en conquérant sur nos terres, et vous pensez réellement que nous n'allions pas résister ? Si vous étiez si sûr de vous Hanegard, vous ne seriez pas venu négocier.

Ce disant, Nestor regarda le comte de Velteroc, qui restait en arrière, hors de portée des tirs. Espérait-il que notre suzerain viendrait se mettre à un endroit où un maître-archer pouvait l’atteindre ?

La victoire nous tend les bras, mais le seigneur Comte ne souhaite pas détruire Christabel. Il n'est pas protecteur du Médian que par les mots, cette négociation est la preuve qu'il offre sa chance à tous, même à ses ennemis. Et ne me parlez pas de faiblesse, Nestor, si vous doutez de nous, allez compter les morts de l'armée Diantraise et vous verrez de quelle "hésitation" nous faisons preuve !

Petit rictus de mon interlocuteur.

Protecteur du Médian alors que celui-ci est plongé dans le chaos depuis des mois ?
Par la faiblesse de Léandre, par l'avidité de la régente, qui a fui bien loin. Le Médian mérite mieux qu'eux. Mais n'ergotons pas, je ne suis pas venu pour discuter du bien-fondé de la guerre, les philosophes en parleront sans doute un jour, mais pas nous. Le comte vous offre la vie. A vous. A vos soldats. Aux habitants de la ville. Nul ne sera blessé, nul se sera spolié. Pas de pillage, pas de viol, pas d'exécution. Il vous suffit pour cela de cesser le combat et de vous rendre.
Nous cesserons de nous battre à la condition que vos armées quittent les terres de la couronne.
Belles paroles, seigneur, mais elles sont creuses. Il ne s'agit pas ici de la couronne, des ambitions d'Arsinoé ou de ces fadaises ! Il s'agit de savoir si des milliers de vie seront perdues demain par votre faute. Je vous offre cette reddition dans l'honneur, comme je vous l'ai offert lors de la première venue. Je ne vous l'offrirai pas une troisième fois.
Christabel ne se rendra pas à Velteroc, ni aujourd'hui, ni demain. Pas tant que des armées sont sur ses terres.
Quelles armées ? Espérez-vous l'aide de la régente ? Ne vous leurrez pas, elle n'a plus d'armée et n'est plus en mesure d'en lever. A moins que vous ne rêviez aux quelques forces de Léandre, qui n'ose même pas sortir de son château tant la peur le paralyse.
Il n'est plus question de la régente Messire. Aujourd'hui nous nous battons pour nos terres et nos masures, Nimmio de Velteroc ne s'emparera pas de nos terres ou de la couronne.

La folie fanatique qui brillait dans les yeux du seigneur de Castel-Pic ne me laissait aucun doute : cet homme là ne céderait que contraint et forcé. Engoncé dans de stupides notions d’honneur dont se gargarise la noblesse, il préférait tomber que s’agenouiller.

Alors vous êtes un fou, Nestor. Valeureux, mais un fou. Je crois que n'avons plus rien à nous dire.

Faisant volter mon cheval, je m’apprêtais à repartir lorsque je m’arrêtais pour lui lancer ma flèche du Parthe.

Oh, j'ai omis de vous dire une chose. D’ici une heure, nos catapultes vont reprendre leurs pilonnages, mais certains tirs ne seront pas des rochers. Ce seront des nasses emplies de missives reprenant notre offre de reddition sans pillage ni spoliation et indiquant que vous les avez refusé, et que par votre faute la cité va être pillée et détruite. Je crains que vous n'ayez une révolte populaire sur les bras d'ici demain... êtes vous sur de ne pas vouloir reconsidérer notre offre ?

Éclatant de rire, Nestor tourna bride à son tour, sans répondre, et regagna les portes de la ville fortifiée, ses chevaliers fermant la marche.

La trêve était rompue, la guerre reprenait.


~~~~~

Une heure plus tard, sous la tente de commandement du comte de Velteroc.

Mettant la dernière touche au message, je le tendis au comte qui attendait avec curiosité de voir ce que j’étais en train de faire. Sur le message se trouvaient ces mots :

Citation :
Habitants de Christabel ! Le comte de Velteroc s’est engagé devant les Cinq Dieux à ce qu’aucun pillage n’ait lieu en échange de la reddition de la ville. Il n’y aura ni viol, ni destruction, ni rançon, vous resterez tous libres. Mais Nestor de Castel-Pic a refusé cette offre, vous condamnant à la mort ou à la ruine ! Refusez sa folie, et forcez-le à accepter la paix !

Hmm… ce texte me plait, mais que comptes-tu en faire ? Les partisans de Nestor ne céderont pas juste en le lisant, à moins que tes mots ne soient magiques.
Sauf ton respect, mon ami, tu commets la même erreur de jugement que Castel-Pic ou que la plupart des nobles de naissance.
Quelle erreur ?
Celle de croire que seule la noblesse et la haute bourgeoisie savent lire. Cette missive n’est pas pour eux, mais pour la masse du peuple.
Peuple qui ne sait pas lire.
Vrai… et faux. La masse du peuple ne sait pas lire, c’est exact. Mais il existe à Christabel des dizaines de personne qui le savent, en dehors des partisans de Castel-Pic. Clercs, prêtres, compagnons, bardes, maîtres-artisans, crieurs-publics, apothicaires, marchands, tous ces gens qui sans être dans les sphères du pouvoir font des affaires, voyagent ou sont amenés à échanger au-delà des murailles de leur cité. Et je ne compte même pas ses ennemis politiques qui seraient trop heureux de nous voir le mettre dehors. Tous ces gens seront nos relais en ville, sans même en être totalement conscients.

Intéressé, le comte de Velteroc s’assit sur une petite escabelle et m’invita à continuer mon explication.

Peu importe que ces missives soient ramassées essentiellement par des illettrés. Quelle sera la première réaction d’un habitant de Christabel, terrifié par le siège et qui voit que l’armée adverse envoie des messages ? Il cherchera quelqu’un pour le lui lire, et je prends le pari que ce ne sera pas si difficile. Une fois que quelques dizaines de personnes les auront lues, ces missives auront joué leur rôle et la rumeur se répandra par le bouche à oreille.

Reposant ma plume dans l’encrier, je poursuivis :

Castel-Pic tentera d’en ramasser le plus possible et d’en limiter la diffusion, il y arrivera peut être, ou peut être tout simplement que la rumeur manquera de force pour l’obliger à bouger. Je ne peux garantir que ces missives vont provoquer des émeutes qui amèneront Christabel à capituler, je pense même que nos chances sont au mieux d’une sur trois. Mais à tout le moins, elles affaibliront le moral des défenseurs qui en apprendront le contenu et qui comprendront qu’ils auraient pu s’en sortir indemnes.

Me levant, je m’approchais de la tenture qui séparait le comte de Velteroc du brouhaha ambiant inhérent à un camp de guerre.

Je vais donner des ordres à tous les clercs dont nous disposons d’en recopier autant que possibles afin que les premières nasses soient envoyées dans les prochaines heures. D’autres seront diffusées dans les villages alentours pour montrer que tu n’es pas le tyran que les royaux se plaisent à décrire. Mais sois sur d’une chose, mon ami, une fois tes conditions rendues publiques, elles te lieront comme une corde et tu devras les respecter. Et si malgré ces missives la cité ne se rend pas, il faudra la livrer au pillage et ne pas retenir tes troupes. A la guerre, l’excès de cruauté comme l’excès de pardon sont des faiblesses.

Arrivé à l’entrée de la tente, j’en saisis le rabat puis m’arrêtait. La décision ne m’appartenait pas de condamner à mort la cité si elle refusait de se rendre, pas plus que d’en épargner l’ensemble des habitants si elle nous ouvrait ses portes. Seul le maître de Velteroc pouvait prendre une telle décision.

Dois-je donner les ordres ?

Nos deux regards se croisent et le silence s’établit quelques secondes avant que le comte ne réponde :

Oui.
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MessageSujet: Re: Chrystabel [MdO 2015]   Mar 18 Nov 2014 - 14:31


Dernier jour de la première ennéade de Barkios, second mois de printemps


Depuis plusieurs jours, des tonneaux d'eau avaient étés disposés dans des chats de petits taille positionnés de chaque côté de la rampe, afin de s'assurer qu'aucun travail de sape n'était à l'œuvre pour empêcher l'assaut. La rampe quand à elle avait atteint le sommet du mur adverse, au niveau des créneaux et seuls les merlons dépassaient encore au sommet du monticule de terre, bois et pierre , agencé à grands efforts de prisonniers.  Bien des merlons manquaient à l'appel, victimes qu'il avaient étés du feu nourrit des trébuchets et autres mangonneaux. Les hourds quand à elles avaient définitivement disparut des tours et murs avoisinants depuis bien longtemps. Il n'y avait ainsi que peu de couverts possibles pour les défenseurs de Chistabel qui risquaient leur vie à chaque fois qu'ils tentaient de passer la tête pour voir si l'ennemi lançait l'assaut.

En effet, en plus des armes sus nommées, Le Comte de Velteroc avait fait monter des arbalètes à tour et avait avancé d'énormes pavois de part et d'autre de la rampe, afin que les émérites arbalétriers Beltrodois puissent prélever leur due en toute tranquillité où presque. Montés sur roue, ces pavois étaient en permanence positionnés et repositionnés de manière ne jamais laisser aux armes lourdes adverses la possibilité de les cibler précisément, accentuant la pénibilité du siège pour les défenseurs qui avaient décidément une impression intense de frustration. Quand c'était possible, des contrebatteries d'armes lourdes étaient positionnées pour faire taire leurs homologues lorsque ces dernières disposaient d'un point de tir intéressant sur la rampe. Le procédé était simple : Enfumer l'ennemi à l'aide de tonneaux emplis de poix jetés en contrebas de sa position, puis, on avançait les pavois à roue jusqu'au point de mise en place et enfin, on envoyait les traits souhaités sur la position de ennemies dès que la fumée s'était dissipée et avant que ce dernier n'ait pu définir la position de la nouvelle batterie.

Ce genre de jeu était largement à l'avantage de l'attaquant qui disposait de bien plus de possibilités de mouvement vis à vis du défenseur qui se retrouvait obligé de positionner ses armes sur les murs (arbalètes à tour où lances projectiles légers) où juste derrière pour l'artillerie lourde.

Une fois certain de la non réalisation d'un travail de sape par les défenseurs et l'assurance d'avoir asséné de lourds dommages à l'artillerie de défense adverse, l'assaut fut ordonné. Les hommes de Velteroc se rassemblèrent alors en face de la rampe, équipés pour l'occasion.  Une phalange fut à nouveau organisée, mais cette fois-ci équipée de lances plus courtes afin de favoriser la flexibilité. Les miliciens du rang n'avaient plus grand chose de vulgaires miliciens. La plupart d'entre eux avaient participé à la bataille des champs pourpres et tous avaient récupérés les équipements perdus par l'ost royal. Jamais de mémoire de Velterien une milice n'avait elle été aussi bien équipée.  Les hommes d'armes de velteroc virent renforcer la phalange de leur présence et de leur expérience. De part et d'autre de la rampe, les chats furent rehaussés pour couvrir les flancs de la colonne d'assaut.

Des tonneaux remplis de poix et enflammés furent alors lâchés sur les flanc des tours ennemies et le long du mur afin que ce dernier ne puisse faire guère mieux que de tirer à l'aveugle sur ceux qui s'apprêtaient à gravir la pente qui les séparait des défenseurs. A peine la fumée commençait-elle à s'élever qu'un dé luge de feu en provenance des arbalétriers et de l'artillerie Velterienne vint s'abattre sur les remparts. Les armes avaient étés calibrés pour tirer précisément sur les créneaux et ainsi prélever leur tribut dans les rangs ennemis si d'aventure ces derniers essayaient de riposter malgré la visibilité nulle.

Une fois le brouillard de guerre mis en place, deux chats mobiles furent amenés en bas de la pente, hors de portée des armes des défenseurs. Ils avaient étés lourdement renforcée et rehaussés afin de devenir une véritable palissade mobile derrière laquelle se protègeraient les assaillants. Une centaine de prisonniers furent alors amenés pour les pousser jusqu'aux murs de la ville, suivis de près par la phalange qui était chargée de culbuter les défenseurs.

Tandis que tout ceci se mettait en place, le beffroi hérité en face de la rampe, comme s'il devait la gravir se mit en branle et, contre toute attente, tourna pour longer ledit monticule et se mettre en face de la tour mitoyenne. Ce mouvement inattendu permettait à l'édifice de bois de sortir de l'angle de tir de l'artillerie lourde des défenseurs et ainsi de grandement diminuer les risques qu'il ne soit détruit avant d'arriver à bon port. Ainsi, le léger dénivelé créé en contrebas de la tour n'avait pas uniquement servi à prélever de la terre pour la rampe, mais servirait également à assurer la stabilité de la tour une fois cette dernière en place.  Elle était manœuvrée par une bonne centaine de prisonniers et contenait déjà près de cinquante hommes en son sein, prêts à prendre pied sur le sommet de la tour dont il faisait à présent face. Un étage supplémentaire avait été créé pour permettre à un groupe d'arbalétrier de surplomber leur cible de quelques mètres et ainsi d'apporter un tir de couverture bienvenu à leurs camarades.

Nimmio quand à lui s'était mis en position d'observateur du combat avec un groupe d'officier. Darius lui avait justement conseillé de ne pas prendre part à la bataille en personne comptes tenus du faite que lors de la dernière bataille, il avait bien faillit y passer et que sa vie étaient bien trop précieuse pour être gaspillée de la sorte. A ses côtés se tenaient Hanegard, Darius, une dizaine de chevaliers de Velteroc et Léandre qui avait été « convié » à assister à l'assaut sur la ville. L'idée était aussi de s'assurer qu'il ne cherche pas à utiliser le divertissement ainsi proposé pour s'enfuir.

Les soldats Hautvalois quand à eux reçurent la mission de maintenir les positions défensives et de contrer d'éventuelles sorties et/où renforts inopportuns qui auraient réussis à s'affranchir de la surveillance des éclaireurs de Velteroc.  

Le cor sonna enfin, lançant les festivités. Tous en coeur, les hommes de Velteroc laissèrent s'exprimer leur entrain. Devant eux se dressait une gloire nouvelle. Après avoir détruit l'ost royal, ils s 'apprêtaient à prendre pied sur les remparts de Christabel l'insoumise. Cognant leurs boucliers, il laissaient échapper leur désormais célèbre cris guttural.

YAWP  ! YAWP ! YAUP !

L'assaut fut alors lancé en simultané sur la rampe et par la tour, tandis qu'un déluge renouvelé de carreaux d'arbalètes, de boulets de pierre et de traits de balistes venait harasser les défenseurs dont le moral ne devait pas être au beau fixe.

Malgré cet entrain, le mot d'ordre avait été de jouer sur la prudence. S'il était évident qu'une phalange ainsi formée de cinquante rang n'aurait aucun mal à repousser des défenseurs qui ne pouvaient en compter qu'une dizaine tout au plus, il fallait aussi imaginer une situation plus complexe que celle-ci et anticiper d'éventuelles ruses de leurs adversaires.



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Nakor
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MessageSujet: Re: Chrystabel [MdO 2015]   Sam 22 Nov 2014 - 16:13

Nakor avait mit du temps à entendre les rumeurs, il était après tout, résidant de l'autre bout du monde. Une visite chez les proches voisins de Naelis et une guerre sur les bras à gérer entre elfes, drows et humains. Et voilà maintenant qu'en plus la Péninsule donnait des signes inquiétants. Il avait donc fait ce qu'il pouvait puis avait prit la route afin de rejoindre le centre de toutes les histoires actuelles. Nimmio qui massacrait tous ses opposants, Nimmio, seigneur noir d'une magie occulte, aux commandes de troupes revenus du royaume des morts et toutes les fadaises possibles que l'on pouvait entendre de la bouche de gens qui "avait entendu dire qu'on avait entendu dire qu'on avait dit" et ce, sur des centaines de kilomètres de distances et de bouches déformatrices autant que d'oreilles rompus à n'entendre que ce qu'elles veulent entendre. Choisissant un chemin direct mais sur, il parvint enfin aux abords de la grande cité de Christabel au nord-est de Diantra cité mère du royaume humain. En surplomb d'une proéminence il put voir alors : une fois de plus la folie, le sang et l'odeur de la mort.

"Par tous les dieux du ciel!"

Nakor avança aussi vite que possible, en usant d'artifice magique de sa création, essentiellement son bon vieux système de tapis volant propulsé aussi largement que possible à des vitesses quasi insoutenable pour toute autre créature. Arrivant aux abords du camp, il chercha un soldat et l'attrapa alors que le jeune homme semblait hurler de joie et de force, avant que le combat ne commence. Il était quasiment en transe quand Nakor le bouscula

"Soldat! Cesse de vociférer. Je suis le Magistère de la guilde du Firmament! Nakor le sorcier, mène-moi immédiatement auprès de ton maitre!
- Mais je ... et puis qui êtes vous ... je ne ..."

Et cela en fut trop! Nakor fit appel à sa magie, des éclairs, crépitèrent autour de lui, des flammes firent leurs apparitions aussi, dans un tourbillon de vent naissant de nul part.

"Obéis sur le champ!
- Son Altesse est là bas, vous l'y trouverez promis je ..."

Mais Nakor l'avait déjà lâché et était parti d'un pas hâtif. D'autres soldats reconnurent cette vieille barbe blanche qui arpentait le monde depuis tant d'années. Le sorcier vit enfin là où se trouvait le grand donneur d'ordre de toute cette immense compagnie. Il était entouré de Darius et de ...

"Hanegard de Kastelord? Ca alors!"

Le magicien accéléra avant de prendre la parole suffisamment fort pour être entendu par tous ces hauts dignitaires.

"Monseigneur de Velteroc, ainsi certaines rumeurs disaient vrais loin dans l'Est!"

Tous les officiers tournèrent vivement la tête, certains même menant main à l'épée, prêt à tuer ce fou qui osait s'approcher si prés des hauts sphères Velteriennes. Puis ils reconnurent le vieux cinglés et restèrent en suspend, attendant des ordres de Nimmio sans doute, alors que Nakor terminait ainsi

"Que donc se passe-t-il? Tout ce sang, toutes ces morts, ces cadavres là bas, qui amèneront la maladie sous peu si rien n'est fait ... "

Puis redescendant d'un cran au niveau de la tension qu'il éprouvait, il demanda,

"Et vous, comment allez-vous mon ami?"

Puis il glissa un regard de sympathie en direction de Hanegard avant d'en apprendre plus de la bouche de ceux qui pourraient seuls lui dire la réalité, la vérité et non les rumeurs folles qu'il avait dans les oreilles.
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Hanegard Kastelord
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MessageSujet: Re: Chrystabel [MdO 2015]   Jeu 27 Nov 2014 - 9:47

Communiqué officiel a écrit:
Nous sommes conscients, chers et fidèles spectateurs, que vous attendez avec impatience les scènes d’actions du film lorsque les vaillants combattants velteriens prendront pied sur les murailles de Christabel pour faire tomber la cité insoumise. Malheureusement, un conflit social avec les scén@ristes nous impose le décalage de votre programme préféré. La direction de la chaîne s’en excuse et s’engage à tout faire pour ramener chacune des parties à la table des négociations afin de trouver au plus vite un accord de sortie de crise. En remplacement de votre épisode journalier, nous vous proposons un passionnant documentaire sur la poterie naine à travers les âges, suivi d’un débat entre le comte de Velteroc et le baron de Merval sur l’intérêt d’installer des nichoirs à dragon dans notre belle cité de Diantra. En dernière partie de soirée, nous diffuserons un téléfilm érotique « Hautval ou les fleurs du plaisir ».
 
Le programme ne m’intéressant pas outre mesure, sauf en ce qui concernait le téléfilm, je jetais nonchalamment derrière mon épaule le communiqué de la chaîne pour me concentrer de nouveau sur le siège de la ville. A défaut des grandes scènes de batailles annoncées dans le trailer, il fallait admettre que l’armée du comte de Velteroc avait fière allure en montant à l’assaut. L’intransigeance coupable de Castel-Pic nous amenait à ce qui ne pouvait se finir qu’en bain de sang, personne n’ayant réussi à éviter le pillage d’une cité une fois les murs tombés. Portés par leur grande victoire quelques semaines plus tôt et par l’attente durant le siège, les soldats de Nimmio devaient n’avoir qu’une envie : se payer sur la bête.
 
Sans faire partie du culte de Néera, je me sentais proche des préceptes édictés dans le dogme depuis que ma femme était devenue prêtresse, et désormais Gardienne, de la déesse. A ce titre, les massacres occasionnés par cette guerre ne pouvaient que me dégouter, et je déplorais qu’aucune solution pacifique n’ait pu être négociée. Mais Néera nous apprenait aussi à voir les conséquences d’un acte de manière globale, et j’étais sincèrement persuadé que le renforcement de l’autorité de Nimmio sur le Médian amènerait une période de stabilité que cette région ne connaissait plus depuis la mort du roi Trystan. Si ma présence à ses côtés pouvait éviter un excès de souffrance, alors à ma façon et avec les moyens dont je disposais, j’aurais servi la déesse.
 
Soupirant, je me fis la réflexion que mes convictions religieuses étaient décidément bien compliquées pour un noble. Je ne disposais pas d’une influence suffisante pour éviter une guerre, tout au plus pouvais-je tenter d’ouvrir la voie à la négociation, comme je l’avais fait à deux reprises avec Castel-Pic, ou à tempérer les ardeurs des soldats après les combats. Je me souvenais encore des épouvantables batailles d’Oësgard ou de Naelis, et des cadavres atrocement mutilés qui jonchaient les rues. Hommes, femmes, enfants, une armée ayant gouté au sang ne se connait plus de limites, et je me refusais à laisser notre action souillées par d’inutiles excès.

 
Monseigneur, avec votre permission, je souhaiterais me rendre dans la cité dès lors que les murs seront tombés. Le pillage est inévitable, mais la présence d’un de vos proches évitera peut être les atrocités qui suivent trop souvent les sièges.
 
Le comte de Velteroc m’ayant donné son accord, je m’apprêtais à rejoindre les troupes menant l’assaut de Christabel lorsqu’une voix familière retentit.
 
Nakor ?
 
Oui, il était bien là, le vieux sage (ou le vieux fou, cela variait selon les sources), l’ancien conseiller et fidèle ami de Trystan, l’archimage le plus puissant de la péninsule. Je ne tirais pas l’épée, et fis signe à ceux qui ne connaissaient pas le nouveau venu qu’il s’agissait d’un ami, et non d’une quelconque attaque contre la personne du comte. Nakor n’avait jamais pu se résoudre à adopter les manières de courtisan et à demander poliment une audience, mais cela faisait partie de son charme pour ceux qui savait quel cœur d’or se cachait sous les dehors du vieux magicien bougon. Sans doute les rumeurs de la guerre qui déchirait Erac l’avaient-elles amené à quitter son lointain Ithri’Vaan pour nous rejoindre, comme le confirma Nakor en s’interrogeant sur ce qui se passait en ces lieux.
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Nimmio de Velteroc
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MessageSujet: Re: Chrystabel [MdO 2015]   Mar 9 Déc 2014 - 16:19

L'assaut avait débuté quand un bruit de chahut proche de lui interpela le Duc du Médian. Ce dernier, reconnaissant soudain la voix qui s'était adressée à lui se retourna avec un sourire de soulagement. Lorsqu'il avait quitté le magicien, il était encore en terres velteriennes et se préparait à la guerre qui s'annonçait avec la couronne. Depuis bien des choses avaient changées et il devaient bien une explication à son vieil ami. L'ai fatigué et psychologiquementé prouvé, mais néanmoins résolu, Nimmio lui répondit.

Nakor, mon ami, tu ne peux pas savoir à quel point je suis heureux de te voir. Je vais bien, rassures-toi. Mais je ne peux pas en dire autant pour notre royaume malheureusement. J'ai été contraint par la nécessité d'intervenir aux pieds de Christabel afin de défaire l'Ost d'Arsinoé l'usurpatrice qui s'apprêtait à fondre sur le médian. Je dois avoué que l'efficacité de mon attaque surprise a dépassé mes espoirs les plus fous, mais le nombre de mort causés par cette bataille est des plus désolant. J'aurais espéré que les hommes de la couronne eussent été capable de se rendre au lieu de sceller leur destin en si grand nombre. Comme tu peux le voir, aujourd'hui, Christabel nous impose, par son refus de se rendre, de nous lancer à l'assaut de ses murailles afin de ramener la ville et ses terres à la raison et de les soustraire à l'influence de l'usurpatrice. Encore des morts inutiles à mes yeux, imposées par l'irresponsabilité des hommes.

Tendis qu'ils parlaient, la phalange entamait sa montée vers les murs de la ville, précédée par les chats. Les tirs sporadiques en provenance des défenseurs n'avaient que peu de chance de causer le moindre dommage à une formation ainsi protégée et les premières dizaines de mètres furent parcourut sans difficulté. Les trébuchets, balistes et arbalétriers criblaient les défenseurs de leurs traits meurtriers, obligeant ces derniers à se dissimuler derrière les merlons pour éviter une mort certaine. La tour de son côté se mit en branle et commença son approche pesante de la porte ennemie.

Mais alors que tout se beau monde s'approchait des murs avec une vitesse de croisière des plus acceptable, l'ennemi révéla ses ultimes contremesures afin de se défendre. Depuis la tour de la porte, un mage pyromancien envoya coups sur coups des sorts enflammés sur la beffroi dont les peau de bêtes ne pouvaient bien longtemps résister à la puissance de sa magie. A contre cœur et alors que des gerbes de flammes parvenaient finalement à s'attaquer au bois de l'édifice, le capitaine qui dirigeait l'assaut de ce côté prit la décision de reculer afin d'éteindre l'incendie.

Sur la rampe, c'est un autre stratagème qui vit le jour. D'énormes pierres taillées en formes de boulets furent amenés face aux chats qui gravissaient la pente. En temps normal, ces armes auraient étés inefficaces, mais une fois de plus, les christabelois allaient faire appel à la magie pour jouer un mauvais tour à les assaillants. Propulsées tel des boulets de trébuchets par les vents d'un éomancien, elles accélérèrent au delà de ce qui aurait été naturellement possible et vinrent percuter les chats velteriens avec une telle violence qu'elles les disloquèrent complètement dans une gerbe d'échardes et de poutres, dont certaines vinrent s'abattre sur la formation qui suivait. Le nombre des morts et des blessés augmenta alors singulièrement tandis que l'assaut s'avérait définitivement brisé. Rapidement et alors que les défenseurs commençaient à prendre pour cible les hommes dont la défense était désormais réduite, l'ordre fut ici encore donné de se replier. Les hommes ne demandèrent pas leur reste et rebroussèrent chemin plus vite qu'ils n'étais montés, mais en bon ordre néanmoins, emmenant les blessés qui pouvaient l'être, avec eux.

Les cris de joie s'élevèrent alors des murailles d'où les Chrystabelois célébraient bruyamment leur victoire momentanée. Leur moral était remonté d'un cran, tandis que celui des Velteriens, sûrs de leur victoire, s'était légèrement émoussée. C'est alors que la capitaine des hommes d'armes, se tournant vers l'estrade de commandement pour demander ses ordres, identifia la silhouette qui discutait avec son seigneur. Nakor le Magicien était revenu auprès de son Duc et sans aucun doute allait-il les aider lors du prochain assaut. Une magie aussi puissante à leurs côtés aurait tôt fait de reléguer celle des défenseurs au rang de vulgaires tour de passe passe aisément dissipables. Son courage remonta d'un pas et il entonna alors un cri qui lui venait du fond du coeur :

NAKOR, NAKOR, NAKOR !

Ses hommes l'imitèrent bientôt mécaniquement, suivis d'autres et encore d'autres. Finalement, toute l'armée Velterienne reprenait en cœur ces cris qui couvrirent bientôt ceux des christabelois. L'aura du magicien semblait imprégner chaque homme et une effervescence parcourut l'armée qui se remit instinctivement et plus courageuse que jamais en position d'attaque au pied de la rampe.

De leur côté, les Christabelois mirent quelques minutes à comprendre ce qui se passait, puis, les magiciens de la ville, sondant la magie purent enfin percevoir la toute puissance de Nakor dans le camp qui leur faisait face. Leur inquiétude fut instantanément palpable et très vite, la rumeur de la présence du légendaire conseiller du Roi Trystan auprès du Velterien se transmit de soldat en soldat et bientôt, les vivats des défenseurs cessèrent. Les capitaines de la ville coururent d'un côté à l'autre, cherchant des ordres qui ne venaient pas. Le Comte de Christabel et son Héraut discutaient âprement de la suite des événements.

Conscient de la situation et même si jamais il n'aurait osé demander à Nakor de salir sa magie afin de lui faire remporter une guerre, Nimmio ne démentit pas l'implication du magicien, laissant ses hommes...et ses ennemis se persuader de l'intervention du magicien. La ruse sembla fonctionner car, alors que les soldats Velteriens s'apprêtaient à se lancer à l'assaut pour une seconde fois, un drapeau blanc fit son apparition sur la muraille. Nimmio fit alors sonner le cor afin de demander à ses hommes de ne pas lancer l'assaut et il envoya un chevalier annoncer une trêve.

Après quelques minutes d'attente, les portes de la ville s'ouvrirent et Nestor de Castel-Pic sortit de la ville, accompagné d'une petite escorte diplomatique. Nimmio descendit alors de son estrade, accompagné de ses conseillers et s'avança à sa rencontre.

Seigneur de Velteroc, nous avons prouvés devant vous notre valeur et avons repoussés vos armée. Vous comprenez à présent que la prise de Christabel n'est pas la formalité que vous pensiez de prime abord. Cependant, force est de constater que malgré nos effort et notre loyauté, nous avons étés abandonnés par la Régente et qu'aucune armée ne se porte à notre secours. C'est afin d'éviter des morts inutiles que je viens négocier la reddition de la ville devant vous.

Nimmio ne put s'empêcher de grimacer. Cet homme ne manquait pas d'air. Les morts inutiles, il venait à peine d'en causer en le forçant à lancer cet assaut contre les remparts de la ville. En réalité, c'est la présence de Nakor et l'assurance que leur propre magie ne leur serrait plus d'aucune utilité qui avait hâté leur prise de conscience. Mais malgré cet apriori, la reddition de la ville était une victoire en soit et lui évitait de sacrifier d'autres vies.

Bien, je vois que vous n'êtes finalement plus si déraisonnables que vous ne me le paraissiez de prime abord... Énoncez vos conditions de reddition.

Nestor déplia alors devant lui un parchemin qu'il se mit à lire à haute voix afin qu'il fut intelligible depuis les murs de la cité où était certainement posté le Comte de Christabel en personne.

La citée de Christabel accepte de se soumette aux conditions suivantes :
- La ville doit être épargnée de tout pillage.

Accordé, trancha Nimmio.
- La vie et la liberté de la garnison doivent êtres garantis.
Accordé
- Les propriétés des habitants et des seigneurs doivent être garantis.
Accordé
- Le Comté reconnaitra l'autorité de Nimmio de Velteroc, mais à la condition qu'il ne lui soit pas demandé de participer militairement à la suite de la campagne contre les frères de Diantra.
Accordé, mais le Comté aura pour devoir d'accueillir et de ravitailler les troupes velterienne et alliées pendant la durée de la campagne.
- Nimmio de Velteroc renonce à toute poursuite judiciaire à l'encontre des défenseurs de la ville, qu'ils soient roturiers, nobles , clercs où magiciens.
Accordé
- Le Comte de Velteroc et son armée pourront entrer dans la ville ce jour, quatre heures après midi après que la garnison soit sortie.

Les hommes se séparèrent alors, après que Nestor eu donné symboliquement les clefs de la ville à Nimmio, le nommant de faite maitre des lieux. Les heurs passèrent et les hommes de Velteroc se rangèrent en rang face à la port principale de la ville. A quatre heur précises, ces dernières s'ouvrirent en grand et les défenseurs sortirent en bon ordre et au pas cadencé. Ils avaient fière allure et on aurait pas dit qu'ils venaient de passer quatre semaines d'un siège épuisant. Ils s'alignèrent alors devant le mur et les troupes de Nimmio se mirent en marche, pénétrant dans la ville en grande pompe et au son des cor.

Ce rituel symbolique explicitait le changement de main de l'autorité de la ville aux yeux de tous. La population se massait aux fenêtres afin d'observer ces étranges hommes venus de Velteroc. L'inquiétude était palpable. Jamais de mémoire de Christabelois, des troupes ennemies étaient entrées en ville. Mais force était de constater que les hommes de Velteroc avaient fière allure et montraient ostensiblement la grandeur qu'ils comptaient bien incarner.

Arrivés sur la place du marché, ils s'immobilisèrent, en formation pour une minute symbolique d'attente. Puis, ils firent demi-tour et ressortirent comme ils étaient rentrés. La garnison de la ville reçut congé et fut remplacée par des troupes velteriennes afin d'assurer la sécurité de la citée. Fut ensuite entreprise la destruction de la rampe et des installations de sièges tandis que la grande armée du médian se préparait à repartir pour sa prochaine étape.

Pendant ce temps, les familles nobles de Christabel purent payer les rançons peur ceux de leur famille qui avaient été fait prisonniers lors de la bataille qui avait eu lieu au pied de la ville et des missives furent envoyées en Velteroc afin que ces derniers soient libérés et puissent rentrer chez eux en paix.

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MessageSujet: Re: Chrystabel [MdO 2015]   Ven 19 Déc 2014 - 10:31

Ainsi donc ce qui était parvenu à ses oreilles loin dans l'Est était vrai : le combat avait fait rage dans le Médian. Nakor écouta donc le jeune Nimmio faire le récit de tous ces événements. Coulant son regard du Comte vers Hanegard, ainsi que les autres membres présents, puis en revenant sur Nimmio, il prit une profonde respiration à la fin de la discussion et ne put s'empêcher de s'emporter quelque peu!

"Peste soit de la folie du pouvoir! Et peste soit de la guerre Nimmio ... Je suis heureux que vous soyez encore de ce monde et que vous meniez les actions nécessaires pour un jour peut-être ramener le calme et la paix sur notre vieille Péninsule troublée. Mais prenez garde mon enfant, la guerre amène des mécontents et des inimitiés. Avec le temps elles vont grandir et devenir une haine sourde puis tenace."

Nakor fit silence et se plongea au fond de lui, tous les regards braqués sur le vieux magicien qui osait donc être si familier avec leur seigneur et maitre. Il était si profondément entré en réflexion qu'il n'entendait même plus la bataille ni les mouvements de petite magie qui se mettait en branle derrière lui. Il finit par replanter un regard perçant dans ceux de Nimmio, avant de dire

"Vous venez de pénétrer loin en avant sur un chemin tortueux Nimmio ... un chemin qui vous amènera même sur des sentiers auxquels vous ne pensez pas actuellement ... et ... je serai là le moment venu ..."

Puis il les entendit : les vivats hurlant son nom de plus en plus fort, jusqu'à devenir presque un ras de marée reprit par toutes les forces Velteriennes. Le vieux fou se tourna alors lentement, son œil droit arqué par la surprise en faisant alors face à ceux qui demandait l'aide du sorcier humain. Il comprit alors ce qui se passait, des flammes magiques, de l'aéromancie ... Chrystabel et ses sorciers. Les troupes de Nimmio avaient besoin d'aide. Reprenant une longue respiration, il glissa un regard entendu au Comte de Velteroc, hocha de la tête et avança vers le promontoire. Il leva les mains vers le ciel, pour calmer les troupes et pointa du doigt la cité à prendre. Il allait commencer à incanter ses forces arcaniques quand un drapeau blanc se leva doucement. Les troupes hurlèrent de délire. Peut-être pensèrent-ils pour certains, que le vieux magicien avait lancé un sortilège ultra puissant pour que les troupes rebelles se rendent. En tout cas, Nakor ne perdit pas de sa superbe, baissa lentement le bras et parla tout bas à direction de son jeune ami.

"Je ne comptais tuer personne mon cher Nimmio, simplement donner un coup de pouce ... mais je vois que je n'ai pas même besoin de me fatiguer ... et bien je crois que nous n'avons plus qu'à aller à la rencontre des belligérants. Il vous faut passer devant!"

Nakor invita d'un geste, tout ce beau monde à prendre la route. Il se glissa alors parmi les dignitaires et se mit au niveau de Hanegard afin de prendre de ses nouvelles.

"Ainsi, vous voici de nouveau Hanegard ... voilà longtemps que nous ne nous sommes vu. Comment va votre famille? Et qu'êtes vous devenu depuis notre ultime discussion en Diantra?"

Ils continuèrent ainsi un peu avant d'arriver, dignement devant les forces de Chrystabel. Les dignitaires étaient proches et l'un d'eux déplia un long parchemin afin de lire ses petites conditions. Comme à son habitude éternelle, Nakor, un peu plus petit que les autres, s'approcha de Nestor de Castel-Pic ce gredin aussi hautain qu'énervant et plongea sa tête sur le parchemin comme une petite fouine presque aveugle qui avait besoin d'être à dix centimètre des écritures pour pouvoir les déchiffrer. Ou comme un enfant voulant savoir ce que faisaient les grands adultes ! Sans se laisser déstabiliser, Nestor prit la parole, en bon noble qu'il était et fit accepter ses conditions, un amas de chapeau, de cheveux et de barbe sur ses mains et son parchemin. La scène était sans aucun doute cocasse, amusante et en même temps sérieuse. Comme toujours, Nakor dénotait, mais il n'en avait cure, cela l'amusait secrètement. Une fois les consignes édictées et acceptées par Nimmio en bon gagnant, ils repartirent tous, chacun dans son camp. L'archimage en profita pour poser une dernière question

"Et maintenant Nimmio ... quelle sera la prochaine étape?"

La question était très sérieuse et directe.
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MessageSujet: Re: Chrystabel [MdO 2015]   Sam 20 Déc 2014 - 18:08

La seule présence de Nakor permit de faire basculer le combat, les défenseurs n’osant affronter le plus puissant archimage du monde. Ayant repoussé le premier assaut, les christabelois estimèrent avoir obéi à l’honneur et hissèrent le drapeau blanc de la reddition. Intérieurement, je maudis l’imbécile qui les commandait, et qui venait de causer des morts inutiles. Pour Castel-Pic, l’honneur valait sans doute bien la vie des quelques dizaines de morts lors de ce court assaut. Une virgule dans l’histoire de la guerre, mais une vie entière détruite pour les familles dont le mari ou le père venait de périr. Crétin de nobles !

Alors que nous avancions vers la ville pour accepter sa reddition, je pus m’entretenir quelques minutes avec Nakor. Nous ne nous étions pas vu très souvent, vivants loin l’un de l’autre, mais notre loyauté envers le défunt roi nous rapprochait. Je ressentais un grand respect pour cette barbe grise qui jouait les vieux fous, bien persuadés que de tous les présents, Nakor se trouvait être le plus intelligent… et de loin. Combien de nobles trop imbus d’eux-mêmes l’archimage avait-il dupé avec son air de vieille chouette déplumée et ses bougonnements, tout en les amenant exactement là où il le souhaitait ?


Comme vous le savez, mon vieil ami, j’ai abdiqué de ma charge de baron depuis des années. L’Ivrey, ce régicide qui voulait la couronne sans oser la prendre, régnait à Diantra et je ne me voyais pas lui renouveler l’allégeance que Trystan pouvait exiger de moi. J’étais fatigué de ces complots incessants, de ces ambitions mesquines, de ces nobles nés avec une cuillère d’argent dans la bouche et qui pour de ridicules questions d’honneur n’hésitent pas à envoyer à la mort des centaines d’hommes innocents. Je pensais à l’époque pouvoir vivre paisiblement sur mes terres, explorer de nouvelles contrées, pourquoi pas retourner à Naelis ou aller vous voir à l’Aurore.

Sans doute cela aurait-il été en effet le cas, sous d’autres cieux, et peut-être en aurais-je été heureux ? Il ne servait à rien d’imaginer d’autres futurs possibles, seul comptait nos actions, et jusqu’à présent je n’avais pas à avoir honte des miennes.

Mais c’est alors que j’ai rencontré le comte de Velteroc. Il ne le sait sans doute pas, mais il me rappelle le roi Trystan dans sa belle époque, lorsque l’avenir ne nous paraissait pas si sombre. Ceux qui ont hérité de Diantra après lui ne portent plus rien de son idéal, mais Nimmio l’a reprit. Oh, pas à l’identique bien entendu, il ne rêve pas d’un royaume unifié et prospère… pas encore, du moins. Ses ambitions se limitent au Médian, où il a toujours vécu. Alors je l’ai suivi, désapprouvant parfois tel ou tel acte, tout en restant persuadé que nous avons besoin d’un chef tel que lui.

Je vérifiais que personne ne pouvait nous entendre avant de reprendre :

Ne le jugez pas trop sévèrement, Nakor. Cette guerre, il ne l’a pas voulu et même encore pendant ce siège, il a proposé à deux reprises aux assiégés une reddition dans l’honneur et sans pillage. Son seul souhait est la paix, mais il sait que seules ses victoires militaires et son influence grandissante obligeront les nobles à baisser les armes. Il porte un poids considérable sur les épaules, et nous devons l’aider dans sa tâche, le soutenir dans sa cause… et parfois lui rappeler que certaines limites ne doivent pas être franchies.

Saisissant le bras du vieux magicien, j’ajoutais :

Il aura besoin de vous avant la fin, Nakor. Le Royaume, ou ce qu’il en reste, aura besoin de vous.

Peu de gens pouvaient encore comprendre ce que je venais de dire. Trystan nous avait légué le rêve d’une paix qui s’étendrait au-delà même des frontières du Royaume. Enfermés dans leurs rêves de gloire, la noblesse en oubliait ce rêve, et il fallait que des hommes comme Nakor ou moi, qui avions connu le feu roi, continuions de le porter.

Quand à moi, eh bien je vais retourner dans les Wandres. Notre comptoir commercial de Fort Norkan a besoin d’être achevé et nos alliances avec les tribus locales ainsi que la ville de Lante renouvelées. Puis j’espère pouvoir retourner à Renhanda, mes enfants me manquent, et leur mère aussi… même si je sais que Jena ne m’attend pas avec eux. Néera a exigé de nous un lourd sacrifice.

Je faisais là allusion au statut de Gardienne que ma femme détenait. Un don, selon tous ceux qui l’apprenaient, mais aussi un terrible fardeau. Avatar terrestre de la déesse, réceptacle de son pouvoir, ma femme ne vivait plus à Renhanda mais arpentait le monde pour accomplir la volonté divine. Je chassais la douleur que cette perte me causait pour revenir au moment présent et assister à la reddition de la cité.

Le siège de Christabel venait de prendre fin.
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Nimmio de Velteroc
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MessageSujet: Re: Chrystabel [MdO 2015]   Lun 22 Déc 2014 - 23:59

Nakor , mon vieil ami. Si l'on m'avait dit, lorsque j’eus hérité de mon Comté à la mort de mon père, que j'aurais à faire face à de telles situations, je me serrais volontiers exilé au loin, si tant est que des terres où les êtres qui y vivent le soient en paix existe. Mais aujourd'hui, il me faut terminer ce que le destin a dressé en travers de ma route. Il me faut démettre l'usurpatrice de ses fonctions et essayer de redonner à la péninsule une sérénité qui l'a quittée voilà bien longtemps.

Cette guerre est un mal, Nakor, je vous l'accorde, mais elle est un mal nécessaire. Il y a des êtres que seul la force peut déloger et qui obligent les gens de bien à faire couler le sang. J’espère qu'après cette guerre, une ère de paix et de prospérité s'ouvrira.

Quand à ma vie, je ne suis pas passé loin de la perdre voilà peu. Mon infirmité ne me permet plus de mener mes homme comme il serrait digne pour quelqu'un comme moi qui les mène à la mort de le faire. J'ai été désarçonné au combat comme un vulgaire écuyer. Je ne sais comment remédier à ça. Ne pourriez-vous pas, grâce à votre magie, me façonner une prothèse métallique ? On m'a parlé de choses semblables existantes en estrevent...


Nimmio fit une pause, songeur. Il regarda alternativement Nakor et Hannegard, cherchant dans leurs yeux un réconfort qui vint rapidement. Nakor avait prononcé des mots étranges qui résonnaient dans sa tête. Quel chemin pouvait-il emprunter qu'il n'ait pu anticiper pour l'heure ? Où Nakor était-il en train de l'emmener dans sa pensée ? Puis, soudain, une lumière se fit dans son esprit. Ne pensait-il tout de même pas à...

Nakor, quels chemins me demeurent cachés ? Que veux-tu dire ?

N'ayant peut-être pas entendu ses propos, Nakor s'avança vers la balustrade, levant les mains. Nimmio voulut l'empêcher, mais alors qu'il s'avançait, il vit les drapeaux blancs s'élever et signifier la fin des hostilités. Ouf, il était sauvé et n'avait pas obligé Nakor, par son inaction, à souiller la magie dont il était le détenteur.

Je suis soulagé que vous n'ayez pas eu à user de votre magie pour de si basses besognes. Je suis toujours triste de voir à quel point certains sont prêts à utiliser ce don des dieux pour causer de la souffrance et du malheur à leurs contemporains. J'espère qu'un jour, la magie servira exclusivement à améliorer la vie des habitants de ce royaume. Mais peut-être est-ce que je rêve tout haut.


Il marqua une courte pause tandis que le Magicien lui demandait quelle était l'étape suivante de son plan. Cette dernière était mûrement réfléchie depuis le début de la campagne. Christabel était l'étape capitale pour le plan. Une fois la ville dans son camp, il ne restait plus qu'à...

Esteria. La prochaine étape est d'obtenir la reddition d'Esteria et forcer Diantra à ouvrir les négociations de fin de conflit. J'espère que d'ici deux ennéades, cette guerre sera terminée et qu'enfin, la Régente aura été bouté hors de la capitale.

Nakor et Hannegard échangèrent alors quelques paroles tandis qu'il donnait les ordres à ses capitaines afin de préparer la passassions de pouvoir dans l'ex-ville royale et désormais ville du Duché du Médian. Faute d'avoir un royaume uni, le Médian l'était désormais et il se renforçait à présent d'une nouvelle terre qui assoirait d'avantage sa puissance et son autorité. Cela lui permettrait de peser sur les décisions qui concerneraient l'avenir du Royaume... Du moins, il l'espérait. Revenant, vers ses amis et conseillers, il surprit involontairement une phrase d'Hannegard, concernant l'avenir du Royaume. Cela dépassait de beaucoup ce qu'il pensait pouvoir porter sur ses épaules.

Mes amis, puis-je participer à votre conversation ? Je suis désolé de mon intrusion, mais il me semble que vous parliez à l'instant de l'avenir du Royaume. Avez vous des nouvelles intéressantes ?

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Nakor
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MessageSujet: Re: Chrystabel [MdO 2015]   Mar 23 Déc 2014 - 22:58

Nakor n'y était, comme à son habitude, pas allait par quatre chemin. Qu'il s'adresse à un roi, un mendiant, un jeune, un vieux, un homme, une femme, un nain, un elfe, un drow, peu importait, le vieux fou n'aimait guère le protocole et, à son âge, n'y prêtait plus aucune attention depuis longtemps. Mais preuve venait encore de faire Nimmio de son humilité : il répondit aux remarques fortes et vives du vieux bougon avec encore la flamme éternel de l'humanité dans la voix, avec cette fugacité, cette envie pleine et totale, ce besoin d'avancer, de ne pas rester immobile. Nakor avait le visage légèrement penché sur le côté, l'œil gauche très arqué, le droit froncé, presque fermé, comme s'il passait au peigne fin les remarques du jeune noble du médian. Un très fin et léger sourire accompagna la suite du dialogue

"Je ne vous impute pas cette guerre Nimmio, je l'impute à la bêtise de la régente, à la folie du pouvoir d'Aetius le rat d'Ivrey, et à tant d'autres choses que j'ai vu au cours des six derniers siècles auxquels j'ai pris part plutôt activement. Il est évident qu'il faut maintenant aller jusqu'au bout de la démarche. Pour votre infirmité ... je vais voir ce que je peux faire pour vous!"

Puis c'est à ce moment là que Nakor parla de chemin emprunté et de voies secrètes pour Nimmio, et s'en alla faire un peu de magie de manière non utile puisque la reddition eu lieu. Pourtant son jeune ami le Comte de Velteroc sembla s'inquiéter d'une utilisation malsaine et idiote de la magie. La remarque fit sourire la barbe blanche, qui glissa, les deux mains solidement attachés à son bâton

"Ce rêve s'appelle le Firmament Nimmio ... j'ai mis plus de six cents ans à le rendre possible, tangible, réel! J'y travaille encore activement ... mais tout comme une épée qui se lève pour espérer faire le bien, la magie devra sans doute aussi payer son tribut malheureux, verser ses litres de sang et dévaster des bataillons! C'est une situation qui doit vous être actuellement familière mon cher petit! Jamais un sorcier, aussi puissant soit-il, ne doit oublier que de grands pouvoirs obligent à de lourdes responsabilités et que chaque acte doit être murement réfléchi avant son exécution ... un peu comme vous actuellement."

Et encore une fois Nakor se tut et invita Nimmio à se rapprocher de la cité qui venait de se rendre. Il faisait ce qu'il adorait faire depuis de si longues et passionnantes années : guider, mettre sur la voie, évoquer sans jamais dire clairement. Faire réfléchir en quelque sorte. La situation s'y prêtait bien, la magie était un grand pouvoir, qui permettait de grandes choses, mais forcément aussi, des choses terribles. Ce n'était pas pour cela qu'il fallait cependant s'en priver. Nimmio faisait ici la guerre, dans l'espoir que la paix arrive enfin, il était dans l’exacte position d'un grand mage, sauf que son pouvoir était ses hommes, fidèles et valeureux. L'archimage profita des obligations du vainqueur pour se rapprocher du sympathique et très noble Hanegard. Il donna de ses nouvelles, de ses choix, des raisons de son rapprochement avec Nimmio.

"Quel bonheur cela aurait été de vous recevoir dans mon lointain et modeste château Hanegard! N'y manquez pas."

La discussion continua et il fut question de besoin d'être guidé, de ne pas juger trop durement les actes du Comte, la voix baissa même jusqu'à ce que la pression se fasse forte sur le bras du sorcier éternel. Les choses étaient très sérieuses et à cet instant précis, Nakor l'était comme il l'était rarement

"Rassurez-vous, je ne suis pas ici pour rien. Je me suis rapproché de Nimmio il y a déjà de nombreuses années, ayant senti en lui tout ce qu'il pouvait y avoir de prometteur. La Péninsule vient de connaitre l'une de ses plus grandes ères d'instabilité ainsi je ne peux que vous l'accorder, le Royaume a besoin d'aide! Et nous nous devons au Royaume dans ce moment décisif!"

Puis le ton redevint un peu plus léger une fois que chacun des deux hommes en messes-basses hocha doucement de la tête comme pour bien confirmer qu'ils avaient tous deux compris tout ce qu'il y avait à comprendre. La route n'était pas terminée et il fut question de Wandres et de Gardienne. Nakor ne put alors s'empêcher de donner un grand coup de poing dans l'épaule gauche d'Hanegard, comme un ami le ferait à un autre. Bien sur, on pourrait s'attendre à ce qu'un vieillard décrépi ne parvienne même pas à froisser une feuille d'automne, mais le magicien avait une force plus que non négligeable. Et à peine le coup de poing donné, si ce n'est pendant, il prit la parole

"A propos des Wandres, j'entends des choses par ci, par là, qui me font froid dans le dos! Il va falloir que je mette certaines choses au clair là dessus ... alors avant de trop m'avancer mon bon Seigneur de Kastelord, je serais votre obligé si vous rappeliez à vous même comme à tous les membres de votre équipée, toute l'humanité qui habituellement vous caractérise!"

Puis Nakor fit les gros yeux, comme un enseignant qui enguirlandait un élève rarement mauvais, mais de temps en temps, récalcitrant. Puis, prenant une grande respiration, il ajouta

"Quand à votre épouse ... je ne peux que compatir à votre douleur ... vous le savez sans doute, je ne suis pas très en règle avec les dieux ... je ne les apprécie guère, tout comme eux ne m'apprécie que sans doute peu. Je ne leur veux aucun mal, ni ne leur manque de respect mais cela s'arrête là ... et pour tout dire, je les évite un peu."

Puis Nakor fit une moue colossale, plongeant immédiatement dans un méandre de souvenirs aussi fous que douloureux. Chrystabel tomba, les gardes en prirent possession dans le calme et après toute cette folle journée, Nimmio ne put s'empêcher de vouloir poser une petite question à ses gentils camarades, avant d'indiquer la suite de ses plans

"Ho ... l'avenir de la Péninsule ... euuu ... et bien oui, nous en parlions sans doute en effet ... des nouvelles? Oui ... des nouvelles oui ... euu haaaa des nouvelles! Bien sur des nouvelles! J'arrive de l'Est Nimmio, du palais de Monseigneur Hereon que vous connaissez sans doute au moins de nom. J'ai travaillé à l'élaboration d'une alliance entre les forces elfiques de la forêt sylvaine représentées par Timérion Adantar, Seigneur Protecteur de l'Epine Dorée, mon plus vieil ami elfe, et Glenn Hereon qui compte parmi mes amis aussi, afin de permettre, si tout se passe bien, une union entre la forêt et Naelis pour repousser les troupes drows jusque dans leur infernal Puys et s'assurer qu'ils n'en ressortent pas!"

Et enfin, en prenant son ton de conspirateur, il ajouta

"C'est donc ce qui m'a mené jusqu'à vous Nimmio ... étonnant ce lien non? Une alliance pour remporter une guerre et pacifier une région entière ... on se demande bien pourquoi je crée un pont entre vous et eux! Encore plus quand vous parlez de Diantra et de la régence Nimmio! Vous ne pouvez pas avoir vécu tout cela et penser encore que vous allez rester le grand duc du Médian et quoi? Plus rien d'autres? Diantra ne pourra pas avoir à sa porte un noble qui a su soulever contre Arsinoé plus de la moitié du Royaume et signer avec lui un traité de paix qui sera respecté! Si vous allez jusqu'à obtenir la seule chose à laquelle vous aspirez, la seule chose qui mettra vraiment un terme à cette guerre, alors vous devrez enfin vous en rendre compte mon jeune ami. Ce dont je parlais tout à l'heure, les chemins empruntés mais encore masqués ... pensez-y bien, pensez-y de manière plus large et sincère. Si vous éjectez Arsinoé de Diantra, il faudra quelqu'un pour prendre sa place. Et la seule personne qui pourra le faire, c'est vous! Les hommes sont derrière vous, l'ancienne noblesse aussi, les derniers imbéciles qui ont ployés le genou devant la régence actuelle prendront leur air hautain, ou leur faux sourire et chercheront à vous planter une épée dans le dos dés que cela sera possible. Non Nimmio, cette guerre ne mènera pas à une simple paix dans le Médian. C'est une paix totale ou rien du tout et au fond de vous, vous le savez! Il fallait simplement que quelqu'un vous le dise à voix haute, voilà qui est fait!"

Pouvait-on faire moins clair?
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