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 Deux pour le prix d'une.

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MessageSujet: Deux pour le prix d'une.   Lun 20 Oct 2014 - 13:32


8ème année du 11ème cycle
Dernier jour de la 7ème ennéade de Fävrius, premier mois de printemps
Ancenis-la-Cité

L'étoffe de la paillasse du bon baron souffrait de son malheureux état, recroquevillée, rejetée et rabattue au gré de l'infirme. Dévasté par un mal qui le rongeait depuis bien des semaines, l'angoisse qui minait les partisans d'Aemon les empêchait de se souvenir des temps heureux où il n'était point souffrant. Lui même n'en avait nul souvenir, une entrevue du bonheur dans un océan de malheur, alors que sa respiration difficile le trahissait, provoquant des quintes de toux si violentes et si grasses qu'il en jaillissait quelques gouttes de sang. Il lui fut administré tous les baumes, tous les remèdes qu'on trouvât dans le royaume. Les élixirs et les potions furent préparées avec les mixtures dont les profanes et les néophytes ignorent jusqu'à l'existence ; mais rien de ce qui fut fait ne permit au baron de sentir son mal battre en retraite. Il réclama le calme absolu - l'unique visite qu'il tolérait était celui de ses proches parents, sa fille Bathilde, ou son frère Beaucent.

La fenêtre fut voilée, et même les pâles rayons du soleil ne filtraient à travers l'opaque couche sombre appliquée aux carreaux. L'air saturé, chaud et oppressant, ne permettait pas de deviner l'heure de la journée, qu'elle soit avancée, qu'il fasse jour ou nuit - le baron l'ignorait. Depuis combien de temps demeurait-il ainsi, figé à sa paillasse, crucifié à son édredon ? Il ne le supporterait plus ; il se redresserait, et ferait face au monde. Difficilement, et luttant contre sa toux, il plia ses jambes, et les défit de la couveuse qu'était sa couverture. Avec prudence, il posa ses pieds sur le sol, appréciant jusqu'à la simple sensation de la pierre froide. Il se leva, non sans manquer de se rasseoir, pris d'une toux qui le poussa à s'appuyer sur la petite table qui se trouvait là. L'esprit embrumé, il fit quelques pas en direction de la fenêtre. Il n'entendit point les filaments d'une corde, qui, soumis aux lois de la gravité, atteignaient le point de non-retour. Il n'entendit qu'un son claquant. Ses yeux se tournèrent vers le haut, une immense forme noire s'abattant à toute vitesse sur lui. Il n'eut que le temps de fermer les yeux - et ce fut la fin.

* * *

Il ne fut point plus de quelques minutes pour que le vacarme ne fasse sursauter tous les servants du domaine. On se précipita vers la source de ce bruyant fracas, et l'on pénétra dans la chambre du baron après qu'on eût frappé et prononcé son nom par trois fois, sans réponse. On ouvrit la porte, et on découvrit ce qui restait du corps d'Aemon d'Ancenis. Sa tête et son torse avaient été broyés par la chute du lustre, et une petite rivière de sang coulait entre les reliefs de la pierre jusqu'au pas de la porte - d'où il continuait de couler. On poussa moult cris, et certains s'en furent pour aller vomir. On cria au château « Le baron est mort ! » et ceux qui dans la basse-cour demeuraient, répondait : « Mortecouille, mort ! Vérifie, et reviens me voir ! » mais on ne prenait pas la peine de répondre : mort, assurément il l'était. « Maraud ! Mande tes reîtres dans les bois, ils y trouveront le frère du baron, qu'il apprenne la nouvelle ! » Un messager s'en alla, talonnant sa monture comme si les démons des enfers étaient à ses trousses. Il trouva rapidement les premiers soldats de l'arrière garde de l'escorte de Beaucent, chassant le sanglier afin d'ôter de son esprit l'image de son frère infirme. Il fit renâcler jusqu'à sa monture, le faquin ! Et, criant - beuglant ! à tout va dans la forêt, il s'en allait informer l'intéressé de la nouvelle désastreuse :

« Messire, messire ! Oh, Messire, je vous trouve ! Votre frère - que les Cinq me pardonnent de vous l'informer - votre frère, messire, le sort l'a vaincu ! Il est mort, et gît dans son logis, sous le lustre qui, hier encore, tenait droitement sous le plafond ! » »

Mais lorsque le cavalier hurla ces paroles de malheur entre les arbres - et qu'elles furent entendues par le baron, celui ci poursuivait sa proie, un sanglier bien dodu ! Il tourna son regard l'espace d'un instant, déjà embrumé par la douleur et les premières larmes. Mais lorsqu'il refit face devant lui, il ne vit une branche qui lui asséna un coup si violent qu'il chuta à terre. Le nez en sang, aveuglé, il ne fut qu'une proie pour sa proie qui devint le chasseur : malgré les assauts des guerriers accompagnant Beaucent, son côté et son ventre furent perforés par les défenses du sanglier, qui, se vengeant d'avoir été ainsi coursé, traîna le corps meurtri du reître sur plusieurs mètres, avant de déchirer la peau du ventre pour libérer ses défenses carmines. Hoquetant et ainsi s'étouffant avec son propre sang, les mains posées sur son côté ouvert d'où s'écoulaient un petit ruisseau pourpre, Beaucent s'en alla rejoindre son frère, Aemon, dans le royaume de Tari.
Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Deux pour le prix d'une.   Mer 21 Jan 2015 - 16:52

Dernier jour de la 8ème ennéade de l'an 8

Un sort funeste frappa la baronnie d'Ancenis. Aemon IV poussa son dernier souffle écrasé par un massif lustre de bois qui fut brûlé comme pour chasser le malin de cet objet qu'on croyait possédé. Tous avait juré que la maladie qui le rendait alité depuis déjà de longues semaines l'aurait emporté. Ils avaient tord ! Le destin frappa à nouveau et l'on put admirer tout le sadisme de la Dame de l'Au-delà, lorsqu'elle décida d'emporter avec elle, Beaucent, le frère d'Aemon et héritier désigné. Le glas des rumeurs les plus effrayantes emplit les couloirs de Vielmot. Était-ce là, le fruit d'une malédiction ? Était-ce là, la mascarade d'un assassinat déguisé ? Suspicieux, terrifiés, le clan Ancenois avait d'abord voulu garder la nouvelle secrète à cause du climat de guerre qui régnait au sein de la Péninsule. Le royaume humain était déchiré et on crut qu'il fut plus sage de garder cette funeste annonce en huit-clos, le temps que les hauts dignitaires ancenois s'organisent. Seuls les loyaux conseillers avaient été mis au courant, autant que la famille du défunt et du Grand Prêtre de Néera. La question brûlait désormais toutes les langues : qui serait l'héritier ?

De longues et interminables réunions s'en suivirent jusqu'à statuer sur les conditions d’héritage. Bathilde d'Ancenis, fille d'Aemon IV d'Ancenis et de sa seconde épouse serait l'héritière de la baronnie d'Ancenis. Le haut conseil consentit à annoncer au peuple et aussi à l'entièreté de la péninsule le funeste décès d'Aemonv IV après cette décision. Pour autant, les détails n'étaient pas encore réglés. On organisa dans un premier temps les funérailles du feu baron afin de lui rendre hommage et de saluer ses hauts faits et la bravoure qui l’accompagnât tout au long de sa vie. La Grande Prêtresse de Tyra fit son office secondée par le Grand Prêtre de Néera qui malgré la mainmise du culte de la mort sur les enterrements veillait toujours à garder l'hégémonie du pouvoir religieux. Ce jour fut décrété comme jour de deuil national.

Après la tristesse, les pleurs, la douleur, l'heure était désormais à la politique. Tous avaient leurs cartes en main et jouèrent de leur atout jusqu'à ce qu'il fut décidé ceci : Bathilde d'Ancenis est l'héritière en titre de la baronnie Ancenis. Trop jeune pour gouverner, elle devra attendre l'âge de raison qui la destine à prendre le pouvoir baronnial. La baronnie sera, en attendant, sous la juridiction d'un conseil de régence comprenant Raymond d'Ancenis, dernier frère encore vivant de la lignée d'Ancenis, d'Aemon le borgne, les plus hauts et loyaux dignitaires de la baronnie, le Grand Prêtre de Néera chapeautant la régence. Et si il advenait que le dernier fils disparu d'Aemon le borgne soit vivant, il y aurait aussi sa place. De plus, Blanche d'Ancenis, baronne de Hautval et comtesse de Velteroc devient à ce jour, la tutrice et protectrice légale de Bathilde d'Ancenis ne laissant pas le choix aux seigneurs.

Tous signèrent et marquèrent de leur sceau ce présent parchemin scellant désormais l'avenir des terres ancenoises.

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