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 Où le Chevalier rencontre une Gardienne... de nouveau. [Jena]

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Arthur
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MessageSujet: Où le Chevalier rencontre une Gardienne... de nouveau. [Jena]   Lun 29 Déc 2014 - 21:45

[titre merdique, mais on s'en fout, j'en trouvais pas xD]

Depuis quelques jours, le sommeil semblait lui échapper, ne lui accordant qu’un vague répit tout juste suffisant pour le remettre sur pied le lendemain, laissant aux vertus des herbes revigorantes la tâche de combler les manques… Ce qu’elles faisaient fort bien, jusqu’à maintenant. Il allait toujours plus vers le sud, respectueux du contrat qui le liait à quelques marchands descendant jusqu’en Olyssea, mais tout son être lui criait de remonter plus au nord et de retrouver l’apparition, et le souvenir fugitif du Blanc s’évaporant dans la brume aussi rapidement qu’il était apparu ne cessait de le hanter.
Cette quête, ce voyage… Tout cela continuait de le poursuivre quand il n’aspirait qu’à tourner la page, à rebâtir un semblant d’existence pour le temps qu’il lui appartiendrait encore de vivre, ne pouvant se résoudre à se donner la mort. Ce Blanc, Johann… Il était revenu des Terres Stériles avec une obsession pour les dragons, et quand il essayait de mettre le plus de distance entre elle et lui, elle venait à sa rencontre. Mais il irait, il ne pouvait qu’y répondre de toute manière… Une fois son contrat remplit, il retournerait là-bas et rechercherait les traces du Blanc.


Nous étions aux premiers jours de la seconde ennéade de Barkios quand le convoi aborda les chemins olysséens, une dernière nuit a passé et le lendemain, ils arriveraient à destination. Il avait déjà averti les marchands de son intention, ensuite, de remonter au nord, aussi ne les accompagnerait-il pas au-delà, bien qu’ils se soient montrés intéressés, une fois leurs négoces effectués.
Ce jour là, il contempla les montagnes au sud… L’Ancenois était si proche, et pourtant, à présent de nouveau entre les mains des Chouettes d’Argent, il y serait totalement étranger. Par certains aspects, ce dragon était une bénédiction, il repoussait le moment de retrouver un monde qu’il connaissait réellement, de fouler de nouveau ce pays qu’il avait quitté et tant changé, comme lui-même. Ces montagnes étaient la frontière qu’il devrait franchir, tôt ou tard…

Le soir venu, on monta un campement, et Arthur ordonna un surcroît d’attention à ses hommes qui monteraient la garde. L’Olyssea était une baronnie en guerre, et la défaite de sa baronne à Christabel pouvait donner des idées à certains groupes mal intentionnés, d’autant que la frontière heldiroise n’était finalement pas si loin, et il avait plus d’une fois eu à faire à leurs habitudes ancestrales et doutait que la guerre et sa tournure ne les décourage, un surplus de prudence était donc de mise aussi longtemps qu’ils se trouveraient dans cette région.
Comme chaque soir depuis le début du voyage, il partagea la compagnie des marchands et des quelques aventuriers, puisant en eux de plus ou moins précieuses informations et rumeurs, récentes comme anciennes, sur telle ou telle région que ces itinérants avaient parcourus, leur offrant le dîner en échange, c’était un échange de compromis simple, et ceux là se plaisaient à étaler l’étendue de leurs expériences, à faire le récit de voyage qui, à les croire, ferait baver d’envie le noble terré dans son château et rêver la jouvencelle qui tombait sous leurs charmes pour quelques croustillantes aventures supplémentaires. Et si le dragon apparu avait fait l’objet de nombreuses discussions agités, débattant de la réelle nature de ce qu’ils avaient vu, la chose semblait pour l’heure calmer, le groupe restreint avait échangé ses théories diverses et variées, et il n’y avait plus matière à avancer à présent, mais dès demain, la nouvelle risquait de se répandre davantage.

Quand la soirée fut davantage avancée, l’un de ses hommes vint l’avertir qu’ils avaient de la visite, des voyageurs isolés, semblait-il, venus bénéficier de la protection qu’offrait le campement pour la nuit. Il remercia le mercenaire et le renvoya à son poste, annonçant à ses compagnons de bavardage que le devoir l’appelait, leur souhaitant la bonne soirée, et alla vers “l’entrée” du campement provisoire, accueillir les nouveaux venus, une torche dans la main.
En l’occurrence, et il maudit son homme de ne pas lui avoir donné cette information autrement, il aurait davantage pressé le pas et prit quelques dispositions supplémentaires, il s’agissait d’une jeune femme portant un jeune bambin qui ne devait pas être bien vieux un mois, peut-être deux, tout au plus...

“Bonsoir, et pardon de vous avoir fait attendre là… Il semble que je possède au moins un homme un peu trop sérieux et peu sensible à l’image d’une mère portant un nourrisson.” Il avait dit cela avec un léger sourire, un ton autant teinté d’un regret que d’une légère plaisanterie. “Venez vous mettre au chaud.” Et il fit demi-tour, se dirigeant vers ses propres affaires et du feu proche, mais à peine quelques pas et il se figea avant de se retourner, considérant la jeune femme et ce qui semblait être une relative difficulté à le suivre, et son hésitation, peut-être… Il se rapprocha alors, et put apprécier les yeux légèrement voilés… Une jeune mère, aveugle de surcroît, en pleine nuit dans la campagne olysséenne… La scène curieusement lui évoqua sa rencontre avec la jeune soeur de Clairssac, Mathilde, et l’insouciance dont elle avait fait preuve.
“Je vois…”, songeur. Pour quoi pouvait-il être pris, dans pareilles situations… Pour celle qui n’a pas la vue, deux hommes, dont un probablement bourru lui ayant donné du “Attendez là m’dame, j’vais chercher mon chef”, et pas d’indice quant à la nature du campement pouvait suggérer de nombreuses choses. “J’aurais du m’en rendre compte, excusez-moi…” Et là dessus, il envisagea de clarifier autant que possible la situation, même si elle devrait pour cela lui faire confiance. “Je suis Arthur de Melasinir, chevalier errant et chef d’une petite troupe de mercenaires chargée de l’escorte de marchands, et vous êtes à l’entrée du campement que nous avons établi… Permettez-moi que je vous prenne le bras pour vous conduire auprès du feu.” Et il attendit son consentement pour s’executer, non sans ajouter à l’adresse d’une autre personne. “Réchauffe un peu de lait et apporte le moi.” Qui fut suivit d’une réponse positive et de bruits de pas précipités, s’éloignant.
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Jena Kastelord
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MessageSujet: Re: Où le Chevalier rencontre une Gardienne... de nouveau. [Jena]   Mar 30 Déc 2014 - 8:52

    Une journée épouvantable, voilà ce que ça avait été. J’aurais dû rejoindre Olyssea en début de soirée et voilà où j’étais, en pleine campagne, à des heures de la ville. Ce n’était absolument pas un endroit pour une femme et un enfant voyageant seul mais je n’avais guère eu le choix. Mon cheval avait fait des siennes et j’étais complètement frigorifiée. Le printemps était encore doux et à la nuit tombée l’air commençait à se refroidir sérieusement. J’avais continué d’avancer et les pas de mon cheval m’avait conduit tout droit vers ce qui semblait être un campement. J’entendais les discussions des hommes, je sentais l’odeur de la viande grillée mais par-dessus tout j’entendais le crépitement d’un feu bienvenu.
    Je mis pieds à terre, pris les rênes de mon cheval dans la main et passais mon bras sous l’épais tissu qui retenait mon fils contre moi. Elyan s’était endormi, enfin ! Après une heure à pleurer toutes les larmes de son corps, ce sommeil était aussi réparateur pour lui que pour moi. Il fallait dire qu’il avait été aussi trempé que moi le pauvre…

    Un homme me repéra alors que je m’approchais. Il vint à ma rencontre et m’observa en silence.


    - Bonsoir. J’ai eu quelques soucis sur le chemin menant à Olyssea et j’aimerai…
    - Veuillez attendre là. Je vais chercher l’chef.
    - Ah…. Euh…

    L’homme avait fait demi-tour et je restais plantée là, à la limite du campement. Je fronçais légèrement les sourcils tandis que je me concentrais pour compter le nombre d’homme qui se trouvait près de moi. Je ne me sentais pas en danger mais il fallait reconnaître qu’une femme voyageant seule ce n’était pas courant. La caravane n’était composée que d’hommes et ils étaient une bonne douzaine. Je ne percevais pas leurs intentions mais je savais qu’en cas de problème je pourrais m’en tirer sans difficulté… C’était moins sûr pour eux. Je n’avais pas eu besoin d’utiliser mes pouvoirs pour cela jusqu’à présent, mais si je n’avais eu aucune crainte à voyager seule jusque-là, c’était bien parce que je me sentais parfaitement disposée à me défendre.

    Un homme revint bientôt. Quelqu’un l’accompagnait et sans une parole il vint prendre les rênes de mon cheval pour le conduire avec les autres.
    Celui qui me parla s’excusa de m’avoir fait attendre. Il parlait avec un langage que l’on ne rencontrait pas chez les paysans ou les simples soldats. Cet homme avait reçu une éducation. Il m’invita à le suivre au coin du feu et je restais quelques secondes sans bouger. J’aurais pu le faire sans trop de difficulté, mes yeux étaient aveugles mais je « voyais » différemment, mais il lui suffirait de croiser mon regard pour se rendre compte de mon handicap et comment réagirait-il en se disant qu’une aveugle s’était déplacée sans la moindre aide dans un lieu qu’elle ne connaissait pas.

    Mon hésitation le stoppa et il remarqua alors ce qui m’avait bloqué. Il revint alors sur ses pas pour me proposer son bras après s’être présenté. Là encore j’hésitais, mais je comblais ces quelques secondes en me présentant à mon tour.


    - Bonsoir, je m’appelle Jena. J’ai eu quelques ennuis sur la route aujourd’hui… J’aurais déjà dû arriver à Olyssea et je commençais à m’inquiéter de devoir passer la nuit seule.

    Il attendait que je m’approche pour qu’il prenne mon bras, je le savais, je le sentais. Mais depuis que j’avais perdu la vue, je rechignais également à toucher les gens. Leur âme m’apparaissait trop profondément, je pouvais lire leur cœur et parfois, trop fréquemment en fait, ce n’était absolument pas agréable. Mais je ne pouvais pas rester indéfiniment comme ça aussi je tendis bientôt ma main et il l’attrapa pour me conduire vers le feu. Je m’étais attendue à tout sauf à ça. Ce chevalier avait une âme tourmentée certes, mais….pure.
    Les hommes assis autour du feu de camp n’étaient que des ombres pour moi, mais son aura à lui était différente. Je restais silencieuse jusqu’à ce qu’il m’indique un endroit où m’asseoir.


    - Mon cheval a eu peur d’une vipère d’eau et je me suis retrouvée dans la rivière la seconde d’après… Merci de me laisser profiter de la chaleur de votre feu.

    Un homme revint bientôt avec une tasse de lait chaud. Je détachais l’écharpe qui retenait mon fils presque aussitôt après il ouvrit ses petits yeux ensommeillés. Il grogna un peu mais finis pas se taire lorsque je lui présentais doucement le lait.

    - Merci encore pour votre hospitalité Chevalier Arthur. Puis-je vous demander vers où faites-vous route ?

    Question anodine, mais plus j’y réfléchissais, plus il m’apparaissait clair que cet homme pouvait être utile à la quête surprenante que m’avait confié un Être tout aussi surprenant.
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Arthur
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MessageSujet: Re: Où le Chevalier rencontre une Gardienne... de nouveau. [Jena]   Mar 30 Déc 2014 - 9:52

S’il releva la surprise lorsqu’il lui prit la main, il n’y accorda pas une réelle importance, le contact soudain pouvait l’expliquer, et il ne voulait pas se focaliser sur des détails aussi… insignifiants. Il la conduisit auprès du feu, à un endroit où on avait disposé, pliée, une couverture qui offrirait davantage de confort que la terre, et après quelques instants, son homme revint avec le lait chaud demandé, pour le petit.

« Eh bien… Demain, nous devrions arriver à Olyssea, vous pourrez donc nous accompagner si vous le souhaitez, jusque là, ensuite… Mes hommes et moi repartons vers le nord, quant à ces marchands... J’ignore leurs prochaines destinations, après qu’ils aient opéré à quelques transactions là-bas. »

Un jour encore avant d’entamer une légère variation d’une quête qu’il menait depuis plus de deux ans… Mais ce n’était plus après le même dragon blanc qu’il courait, désormais.

« Puis-je à mon tour vous posez une question… Que fait une femme seul portant un nourrisson et aveugle de surcroit dans la campagne olysséene ? Ces routes ne sont pas sûres, surtout avec la tournure que prennent les conflits au sud… »

Mais en réalité, la jeune femme soulevait bien plus de questions que cela… Beaucoup plus orienté, prudente, méfiante même, tandis qu’il déroulait intérieurement l’ensemble des possibilités…
Etait-elle une diversion ? Il n’imaginait pas une aveugle s’orientant seule, les terres ne sont pas une demeure dont on peut apprendre la disposition, les pas et donc la distance entre les choses… Cela nécessitait des repères, auditifs pour certains, c’est vrai, mais surtout visuel, et elle n’en disposait pas. Aussi devait-il considérer qu’on l’avait dirigé là, peut-être pour abaisser sa vigilance et le prendre par surprise, et ce, même si elle-même semblait hors de tout soupçon… Il n’est pas si difficile de leurrer une aveugle.

« Et, si vous me permettez de pousser jusque là… Y a-t-il quelqu’un qui vous attend, là-bas ? Un lieu où vous devez vous rendre ? »

Si ça n’était pas un piège, hypothèse qui n’était pas encore totalement écarté, bien que la jeune femme ne lui inspire aucune malveillance, alors il lui fallait savoir, ne concevant pas de laisser la jeune femme aux portes de la cité en lui disant « Vous voila à Olyssea, bon vent ! », il devait savoir où la conduire, et si elle voulait continuer son voyage, il lui trouverait peut-être un guide, si elle acceptait ce petit coup de pouce.
Mais tout ceci paraissait trop étrange… Cette jeune femme représentait une véritable énigme, un non sens pourtant bel et bien réel.

Il fit un geste à l’un de ses hommes, figurant parmi ses « officiers », et doucement lui dit.

« Envoie quelqu’un surveiller les alentours s’il te plait. »

Il espérait, si elle comprenait sa démarche, qu’elle n’en prenne pas ombrage… Il vaut mieux prévenir que guérir, prudence est mère de sûreté, ce genre de chose.

« Vous devez avoir faim ? Soif ? »

A trop se poser de questions, il allait manquer à ses devoirs d’hôte, même dans cette situation. Une énigme, comme une personne, se doit d’être correctement traité, plus encore quand ces deux natures se mêlent.
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Jena Kastelord
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MessageSujet: Re: Où le Chevalier rencontre une Gardienne... de nouveau. [Jena]   Mar 30 Déc 2014 - 10:19

    Olyssea. Et bien voilà une bonne chose. S’il prenait le même chemin que moi, peut-être que je pourrais tenter de cerner un peu mieux ce mystérieux chevalier errant. Peut-être que je pourrais m’assurer définitivement qu’il était exactement le type d’homme qu’il allait me falloir trouver. Mais avant cela il fallait évidemment que je me plis au jeu des questions-réponses. J’avais débarqué dans la nuit, seule et forcément cela pouvait éveiller quelques soupçons.
    J’avais pesté toute la journée contre mon cheval capricieux mais peut-être que Néera avait provoqué ce retard pour que je rencontre maintenant cet homme.
    Je ne pouvais pas me permettre de lui répondre aussi précisément qu’il l’aurait souhaité mais je n’allais pas lui mentir non plus. A quoi bon de toute façon.


    - Je me rends au temple d’Olyssea. Personne ne m’y attend mais c’est l’une des étapes de mon long voyage. Je me rends en réalité en Velteroc, près de Beltrod. Peut-être y êtes-vous déjà allé. Ils construisent là-bas un monastère. Quoi qu’il en soit, je serais ravie de faire un bout de chemin avec vous jusqu’à Olyssea.

    J’en avais suffisamment dit pour répondre clairement à sa question mais je sentais qu’il n’était pas tout à fait tranquille. Son esprit était agité. Il demanda à l’un de ses soldats, bien plus nombreux qu’il ne m’était apparu, de surveiller les alentours. Il devait craindre que je ne sois pas venue toute seule aussi glissais-je doucement à son attention.

    - Mon cheval est capricieux, mais il est mes yeux. Ce n’est certes pas très prudent en ces temps troublés mais … je sais très bien me défendre.

    Aucune menace dans ma voix, bien au contraire, un léger amusement avait étiré mes lèvres. Cela devait paraître complètement absurde qu’une aveugle sache se défendre, mais il devait commencer à se douter que j’étais plus que ça.
    Elyan termina son lait et je le berçais pour qu’il se rendorme.
    Après notre chute dans la rivière, je l’avais enveloppé dans la couverture de laine que je gardais dans mon sac. Il s’était réchauffé pendant le reste du voyage mais j’avais encore le bas de ma robe humide. J’étendis un peu mes pieds vers le feu pour réchauffer mes orteils glacés et restais un instant silencieuse.

    Les marchands et les soldats vaquaient à leur occupation, certains dormaient déjà. Je me tournais donc vers lui, mes yeux voilés balayant son visage. Je ne pouvais pas laisser cette chance m’échapper, surtout si cet homme avait prévu de repartir vers le nord dès le lendemain.


    - Je pense savoir ce que vous recherchez … Et je peux peut-être vous aider.

    Doucement je tendis ma main vers lui et posais mes doigts sur son avant-bras. J’invoquais à mon esprit l’image du Blanc. Comme je l’avais vu. Son aura scintillante, sa tête, son bec et ses puissantes ailes. Sur ma main il y avait encore les traces de la morsure qu’il m’avait infligée. Je n’avais pas mal mais je la sentais sur ma peau, comme je sentais l’aile de Néera sur mon cou, juste sous mon oreille.
    Une fois l’image bien nette, j’enveloppais le chevalier de ma magie, le tout en douceur car je savais que certaines personnes pouvaient se sentir agressées – bien que ce soit rare.
    Généralement on se sentait serein, l’âme apaisée. J’envoyais l’image dans son esprit pour que lui seul sache de quoi je parlais.
    Je ne savais absolument pas comment il allait réagir mais ce nouveau contact m’avait confirmé ma première impression. Cet homme devait faire partie du voyage.
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Arthur
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MessageSujet: Re: Où le Chevalier rencontre une Gardienne... de nouveau. [Jena]   Mar 30 Déc 2014 - 14:51

Cette femme semblait avoir un attachement certain envers le Culte de Néera, ce qui ne manqua pas de mettre une certaine distance. Il évitait le culte, ses symboles et ses représentants depuis la mort de Trystan, la disparition de Roxane, répugnant à y avoir recours, et s’épargnant quelques prières qui aurait pu attirer sur lui une attention qu’il considérait avec moins de plaisir qu’autrefois. Mais il l’aiderait, tel était son devoir, la conduirait à ce temple, si ce n’était pas en personne, au moins y enverrait-il quelqu’un.

« Je n’y suis jamais allé, de Velteroc, je ne connais que son comte, et tout ce qui est nécessaire pour entretenir des relations avec son voisin. »

Peut-être ferait-elle d’elle-même le rapprochement entre le nom qu’elle avait donné et l’Ancenis… Si elle était proche du Culte, elle ne pouvait ignorer Primepreste, probablement la plus ancienne construction péninsulaire dédiée à la Déesse encore debout, et si elle n’ignorait pas ce temple… Elle devait savoir, pour ce baron qui avait épousé une prêtresse, réaffirmant au passage le lien étroit qui existait entre la noblesse locale et le culte.
Elle parlait de son cheval comme de ses yeux, et si il ne doutait pas de la vue de l’animal, il doutait néanmoins du sens de l’orientation et de sa connaissance des cartes… Mais la jeune femme était honnête, si elle cachait des choses, ça n’était pas malveillant… Ce n’était pas un piège, ce devait être autre chose.

Puis il y eut ces mots pour le moins surprenant, quelque chose s’était modifié dans l’air, dans cette atmosphère, dans cette échange, et puis…

Ce contact… C’était tout à la fois surprenant et familier… La surprise venait de celle qui l’avait établi, à mesure que les mots étaient prononcés, intégrés, il avait supposé avoir à faire à une mage… En cela, certainement, même aveugle, elle aurait pu se prémunir contre quelques bandits de passage. Mais ce qui suivit lui parut pour le moins familier… La nuance se trouvait dans la manière, dans d’infimes détails qui mirent en avant le savoir faire de son compagnon. Si ce contact n’était pas dérangeant, il lui apparaissait moins subtil, moins naturel que celui du dräke.

Et l’image lui apparut… Le Blanc. Naturellement, sans qu’il ait d’emprise là-dessus, le film de sa propre rencontre lui revint, et avec lui, de nombreuses questions… Qui était cette femme au juste ? Cette fois, ça n’était pas comme les signes dont il tentait habituellement de trouver un sens, et dont la plupart, devait-il admettre, n’était probablement qu’une coïncidence… Cette fois, c’était une chose qui lui était adressé, directement… Elle savait ce qui l’obsédait, ce qu’il voulait trouver dans le nord… Elle savait et voulait lui offrir son aide…

« C’était autrefois l’un des secrets les plus gardés… » Dans un murmure… Elle était dans la confidence, d’une façon ou d’une autre… Mais à quel point… Et si il savait ne pas pouvoir toucher à l’esprit de cette jeune femme, il la sentait l’observant, pas profondément, pensait-il, Monarth lui aurait dit, comme d’Enju, qu’elle effleurait probablement la surface, y glanant ce qu’elle pouvait… Et c’est là que traînèrent l’idée du souvenir, de Roxane et de Leirn, la Blanche, des sentiments qui y sont associés.

Il sentit le contact se rompre, et enfin, il put laisser libre court à davantage d’émotions, à nouveau seul dans son intimité… Cette femme réveillant en lui de nombreuses choses, suggérant tant et plus…Il soupçonnait l’identité de celle qui se trouvait devant lui, sans oser le croire, sans savoir comment il devait réagir… Une aveugle avec de tels talents, capable de se défendre, d’attirer même sur elle le regard d’un dragon à priori sauvage…

Pour toute réaction, il soupira… Et curieusement, devant cette situation, il se mit à sourire, et finalement, à rire, à rire comme il n’avait plus rit depuis plus de deux ans, il ne rigolait pas de la jeune femme, de ce qu’elle venait de lui montrer, et il espérait qu’elle le perçoive… Non, c’était cette situation, et tout ce qui l’accompagnait, la précédait… Il avait fuit… Dans cette quête insensée pour tenter de retrouver sa compagne, il avait tourné le dos à Néera, à ses symboles, ne lui offrant aucune prière, sinon parfois, par désespoir, la maudissant devant ces évènements dont il ne trouvait pas le sens depuis deux ans. Il avait parcouru plus de la moitié du continent, errant dans les territoires les plus hostiles à l’homme, vestige d’une civilisation bien plus ancienne que le Royaume Péninsulaire… Et alors qu’il avait fini par renoncer, admettant son échec… Alors qu’il lui semblait préférable de tourner la page, en attendant que sa fin vienne, pour la retrouver, c’était Elle, tout du moins, celle qui semblait l’incarnation de Sa volonté qui venait à lui, le rappelant à demi à tout cela...
Il était divisé, entre considérer la chose insensée, ridicule même, mais il y avait là peut-être autre chose… Elle semblait vouloir le mettre sur la piste de ce dragon, l’aider à le retrouver, était-ce un cadeau ou bien une nouvelle épreuve… Une nouvelle tâche qu’Elle lui attribuait ?

« Je suis désolé… Tout cela me parait irréel après tout ce que j’ai traversé… Je ne suis pas totalement certain de qui vous êtes, Jena, je crois le deviner. Je ne sais quel sens donner à ce qui se passe, à la main que vous me tendez pour le retrouver, mais je veux l’espérer. »

En somme, et peut-être n’était-ce pas là un message que pouvait saisir la jeune femme, mais la Déesse, s’il ne se trompait pas, comprendrait… Il était prêt à croire à nouveau, à lui faire confiance, à avoir foi en elle, même si il devait le regretter… Tel était, d’une certaine façon, son serment, après tout.
Soupirant, et d’une certaine manière un peu plus léger… Il reporta toute son attention sur la jeune femme, et reprenant son sérieux, il redevint ce qu’il était naturellement.

« J’accepte votre aide, ma Dame… Dites moi ce qu’on attend de moi, dites-moi en quoi vous pouvez m’aider à le retrouver. »

Peut-être était-il irrécupérable, à accepter de servir plutôt que de se servir de la Déesse, comme tant le faisait, mais malgré les évènements, il n’oubliait pas la dette qu’il avait envers Elle…
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Jena Kastelord
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MessageSujet: Re: Où le Chevalier rencontre une Gardienne... de nouveau. [Jena]   Mar 30 Déc 2014 - 20:16

    Le temps que je passais à lui transmettre l’image du Blanc, je sentis son esprit réagir. Je vis alors des visages, des sourires, des paysages mais je détournais mon regard aveugle. Ces souvenirs ne me regardaient pas, je n’avais pas à m’immiscer dans ses pensées. Dès que je fus certaine qu’il eut compris mon message, je me reculais pour rompre le contact et le laisser « seul ».
    Après un long silence, il eut une réaction tout à fait inattendue, mais plutôt rassurante. Je sentis mes lèvres s’étirer tandis qu’il riait toujours autant. Les hommes du campement s’étaient arrêtés pour nous observer quelques secondes.
    Quand je retournais mon regard vers le chevalier, quelque chose avait changé.
    Je savais déjà que son âme était pure, mais à présent son aura était différente. Je pouvais voir à travers son ombre cette petite flamme qui pouvait tout changer. La foi. Il avait retrouvé la foi. Certes cette flamme était infime mais j’étais certaine qu’elle ne cesserait pas de croître à compter de ce jour.

    Les mots qui suivirent me firent sourire davantage. A peine deux jours après ma rencontre avec le Blanc, j’avais déjà trouvé le premier chevalier au cœur pur qu’avait demandé le Dragon.
    La tâche serait compliquée aussi je préférais me réjouir de chaque petite victoire.


    - Je pense que vous savez parfaitement qui je suis et je vous remercie déjà d’accepter de m’aider, car oui chevalier c’est moi qui ait besoin de votre aide.

    Je marquais une pause pour redresser légèrement mon fils. J’embrassais son petit front et repris lentement le doux balancier qui le berçait jusqu’alors.

    - Il s’est adressé à moi il y a deux jours pour me confier une quête très spéciale. Si vous m’aidez à la mener à bien vous pouvez être certain que votre route croisera la sienne. Il m’a promis qu’il ne serait jamais loin.

    Je ne voulais pas trop rentrer dans le détail sachant qu’il y avait toute une troupe autour de nous et que pour l’heure il était le seul digne de ce que je lui confiais, mais je savais parfaitement que sans un minimum de détail il pourrait perdre cette foi retrouvée.

    - Il m’a demandé de trouver des hommes d’acier au cœur pur et à la foi intacte. Pour ce qui est du cœur pur je n’avais aucun doute vous concernant, mais pour votre foi intacte… Cela ne fait que quelques secondes que je suis convaincue. Pour l’heure Néera veut que je me rende à Beltrod, mais dès que j’aurais remplie ma mission là bas je me mettrais en route. J’ai besoin d’un homme comme vous pour rassembler les hommes dignes de la quête que m’a confié Le Blanc.

    C’était une sacrée responsabilité, et il aurait très bien pu me tourner le dos. Seulement une fois de plus je voulais tenter ma chance, elle m’avait plutôt sourit ce soir.
    Je restais un moment silencieuse, laissant le chevalier réfléchir à ma proposition. Il avait sûrement d’autres projets et voilà que j’arrivais au beau milieu de la nuit et que je chamboulais tout.
    Je sentais la fatigue s’appesantir sur mes épaules, la route avait été longue aujourd’hui et il me tarde de m’enrouler dans une couverture chaude. Le silence s’éternisait mais je tournais mon visage vers celui de mon hôte.


    - Elle fait de cette quête une priorité… Votre aide me sera précieuse et elle sera grandement appréciée.
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Arthur
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MessageSujet: Re: Où le Chevalier rencontre une Gardienne... de nouveau. [Jena]   Jeu 1 Jan 2015 - 10:05

Il resta sans voix, songeant à ce qu’elle lui demandait là… Que ce soit cette femme ou la Déesse qui se cachait derrière. A ses yeux, elles lui demandaient de trouver ce qui n’existait pas, du moins, pas en ces termes, sans absolu.

“Les cœurs purs, ça n’existent pas…”

Murmura t-il, pour lui-même ou pour la jeune femme, qui sait. Les cœurs purs n’existaient plus, passés un cap… Certains enfants en possédaient un, probablement, jusqu’à ce que l’adulte y déverse un poison, lui enseigne une manière d’être et de se comporter, un poison bénéfique, dans la plupart des cas, car il prépare à un monde peuplé de loups. Les naïfs, les simples d’esprits, peut-être aussi, mais ce n’était pas là le résultat de quelques convictions mais d’une faiblesse que d’autres exploiteront sans vergogne et ils s’y plieront, sans résistance aucune.
Non, les cœurs purs, ça n’existent pas…

“Les intentions peuvent l’être, toutefois…”

Celui qui agit sans exiger quoique ce soit en retour, sans prétendre ni désirer asservir par la dette, d’argent ou d’honneur, de faveur ou de service… Bref, celui qui sait faire preuve d’abnégation, mettant de côté ses intérêts dans ses intentions, qui agit pour aider et soutenir, d’une manière ou d’une autre… Telle était à ses yeux la manière d’un homme dont les intentions sont dites pures, tout autre comportement n’est pas forcément critiquable… Il est dans la nature de l’Homme d’être égoïste, et ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose, dès lors qu’on ne tombe pas dans l’excès inverse.

“J’ignore ce qu’est un cœur pur, Jena, et je ne pense pas en posséder un. Mes intentions, ce qui motive mes actions, pour la plupart sont bonnes, parfois complètement désintéressés, mais je reste un homme, je demeure assujettis à la manière d’être de ce monde, de ce royaume, à des choses aussi élémentaire à présent que l’argent... J’ai connu, vécu, apprit à exploiter même les rouages de cette noblesse qui en est dépourvue, et face à de tels milieux, je sais que la naïveté est une faiblesse… Sois pur, généreux sans aucune réserve et il en sera des biens moins pour l’exploiter, pour la détourner et la corrompre à leur avantage… Oh, assurément, tu pourras dire l’être demeuré, mais quel en aura été le prix… En ce sens, tu te seras montré finalement plus égoïste que tout autre, car tu auras préféré sauvegardé ton image, ton éclat et ta prétendue pureté. Je sacrifie sur l’autel du devoir et du service, mon honneur et mon éclat, car ce pour quoi je me bats est bien plus élevé que moi-même, plus important que ces considérations, cela demande d’offrir davantage, et même parfois à se salir les mains.”

" Contemples le monde, et vois cette noblesse se targuer de tant de belles intentions… Vois même la chevalerie empoisonnée par les promesses qui lui sont faites… Richesse, honneur, gloire et chanson, domaine… Tel est votre prix, chevaliers, pour oublier vos beaux idéaux, prêtez serments, servez mes intérêts avant de servir ceux qu’incombent vos obligations à la Déesse. Guerroyez, faites couler le sang, fauchez les vies par dizaines, par centaines au seul profit de ma cupidité, de mon appétit, et je vous couvrirais d’or et de gloire.
Et les chevaliers mirent genoux à terre."


La critique était violente, mais prononcé avec un détachement certain, même si cela ne manquait pas d’une certaine acidité, adressée à ces chevaliers qui n’en portaient plus que le titre, sans la vision, la philosophie d’antan.C’était sorti naturellement, comme une réponse à cette mention des “hommes d’acier”… Peut-être craignait-il au fond, qu’elle fasse appel à des chevaliers moins marginalisés que lui… Devait-il lui faire confiance ? La réponse aurait été oui, mais chaque personne qui serait recruté était susceptible de vendre l’information, et elle ne pourrait rien y faire… Les coeurs purs, ça n’existent pas, et même les meilleurs intentions du monde, chez celui qui n’a pas tourné complètement le dos à un tel appétit, peuvent être détourné par la perspective d’une fortune à portée de main… Car après tout, la Déesse n’a jamais puni les traîtres et les parjures, en quoi cela serait-il différent cette fois ?

« Ce royaume n’est pas celui de Néera, Jena… Il est celui d’Othar, du guerrier. »

Mais tout cela ne semblait pas appeler à la moindre réponse immédiate, d’autant qu’observant la jeune femme, il coupa court à toute réponse.

“Vous êtes fatigués, vous devriez aller vous reposer… Je vais réfléchir, et pendant le chemin que nous ferons demain, je vous donnerais ma réponse.”

Il avait exposé une partie de sa vision, si vraiment la Volonté de Néera voyait là un coeur pur, soit, il ne la contredirait pas davantage, sans toutefois accorder un véritable crédit, il ne se gonflerait pas la poitrine, n’y verrait aucun motif de fierté… Cela ne pouvait que l’encourager à persévérer même dans cette voie qui rejette une telle idée. Il se releva, non sans lui offrir un dernier “Je vous souhaite la bonne nuit, ma Dame.” Ses pas dès lors, l’éloignèrent du feu, du campement même dont il sortit, il avait besoin de réfléchir, et eu une pensée jetée au loin, comme si il espérait que son destinataire la saisisse J’aimerais tant que tu sois encore là…

Demain, il devrait donner une réponse qu’il savait déjà positive, il n’avait pas le choix, en définitive… Mais elle lui devrait des réponses, demain. Après tout, comme lui-même pouvait-il les découvrir, ces perles rares ? Combien de temps exigerait-elle qu’il lui offre, cette fois ? Contemplant les lueurs du campement, il devait également considérer cela… Il avait une responsabilité auprès de ses hommes, et si lui pouvait s’en passer, l’ayant déjà fait, eux ne se priverait pas de salaires au nom de la seule mission divine… Ils ne comprendraient pas. Demain, il confronterait la Gardienne a des problématiques plus… terre à terre mais pourtant essentiel.

Le camp s’anima tôt au matin, mais il préserva la jeune femme aussi longtemps qu’il le put, et c’est lui-même qui la tira du sommeil, la secouant très légèrement d’une main sur l’épaule, un petit déjeuner frugal, pour elle et le petit auquel il avait ajouté pour elle une infusion au vertu énergisante, pour le petit, à nouveau du lait.

“Nous partons dans moins d’une heure, ainsi, nous devrions être à Olyssea-la-Cité au début de l’après-midi. Prenez le temps de manger, j’ai pris soin personnellement de préparer votre monture et d’y attacher le reste de vos affaires.”

Et sur ces mots, il la laissa à son repas, après avoir pris doucement son poignet pour guider sa main vers le plateau, et indiqué chaque élément, par sa position, retournant s’affairer au derniers préparatifs avant de lever le camp, jetant un coup d’oeil à la jeune femme… Il soupira doucement et s’en détourna, il aurait bien assez de temps pendant le voyage pour les questions et résoudre certaines problématiques.
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MessageSujet: Re: Où le Chevalier rencontre une Gardienne... de nouveau. [Jena]   Ven 2 Jan 2015 - 12:47


    Mes paroles avaient troublé le chevalier. Son esprit bouillonnait et je n’avais pas besoin de le toucher pour m’en rendre compte. Je restais silencieuse, mon regard voilé rivé sur le feu. Je n’avais peut-être pas eu les mots qu’il fallait, peut-être qu’il aurait fallu que je lui présente les choses autrement. Mais j’étais épuisée et je n’aspirais qu’à dormir. Pourtant je ne bougeais pas d’un cil, laissant les pensées de l’homme s’exprimait enfin. Visiblement c’était la notion de « Cœurs Purs » qui le rendait perplexe. Je l’écoutais sans l’interrompre, à plusieurs reprises j’aurais pu rectifier ces propos mais je n’en fis rien. Il avait besoin de ça : dire tout haut ce qui le gênait, ce qui le bloquait vis-à-vis de cette quête.
    Quand il eut terminé, il se rendit compte de mon état de fatigue et sans plus tarder il m’invita à me coucher avant de s’éclipser loin du feu… loin du camp. Quelqu’un avait étalé mes couvertures et je m’y enveloppais avec plaisir en serrant contre moi un Elyan tout endormi. Dès que mes yeux furent clos je la vis. Rayonnante, souriante et attendant que je m’avance vers elle. Cette nuit ne serait pas reposante je le craignais. Et en effet dans cet « autre endroit » que créait Néera lorsqu’elle voulait m’apparaître en songe, nous avons eu une longue conversation au sujet du Chevalier. Elle avait entendu ses mots et elle m’avait réprimandé de ne pas lui avoir exposé les choses autrement.
     
    Avait-il raison ? Ce monde était-il celui d’Othar ?
    La douce main de la Déesse-Enfant caressa mon visage et je me sentis apaisée. Non ce n’était pas seulement celui d’Othar, c’était le monde des Cinq. Donc il s’agissait aussi du monde de Néera. Il fallait seulement choisir la Voie que l’on souhaitait suivre.
    Notre échange dura encore… Mais combien de temps exactement ? Je ne savais pas compter les heures lorsque j’étais là. Mais je sentis une main me secouer doucement et je m’extirpais de ce lieu paisible. A peine avais-je ouvert les yeux que je sentis que ma nuit avait été…. bien trop courte. Il me faudrait dormir à mon arrivée à Olyssea, ce genre d’expérience était particulièrement épuisant.
     
    Arthur était près de moi, il m’expliquait que nous serions en route d’ici une heure. La suite me surprit mais je tâchais de ne rien montrer. Il avait pris ma main pour m’indiquer chaque élément qui composait mon déjeuner. C’était une attention parfaitement surprenante, je n'avais jamais fait l'objet de ce genre d'attention durant long voyage, et cela me permit de voir à nouveau à travers lui. Il était moins perturbé qu’hier mais je le sentais toujours tendu…
    Il s’éloigna avant que j’ai pu le remercier.
     
    Une heure plus tard, j’avais fixé l’écharpe autour de mon cou et Elyan jouait à tirer les mèches de mes cheveux. Je m’avançais vers ma monture et trouver du bout des doigts les rênes, je l’entraînais avec moi vers un autre cheval près duquel s’affairait la personne qui cherchait visiblement à m’éviter.

     
    - Je sais que mes paroles vous ont troublé hier. J’étais fatiguée et je n’aurais peut-être pas du vous présenter les choses de cette manière. Mais croyez-moi lorsque je vous dis que vous possédez un cœur pur Chevalier. Je respecte votre vision de voir le monde et je peux la comprendre, mais la pureté d’une âme et d’un cœur ne se mesure pas seulement comme vous le pensez. Il ne faut pas vivre une vie de moine, d’ascète et de vierge pour être pure aux yeux de la Déesse. La nature de l’homme est faite ainsi. Nous avons des désirs et des pensées égoïstes mais cela n’assombrit pas notre âme. Le destin nous amène à faire de nombreux choix dans une vie, et parfois, il faut choisir entre ce qui est bien et ce qui est mal. Un chevalier, un soldat comme vous reste un enfant de Néera même ses actes l’ont conduit  à ôter des vies. Vous n’y avez jamais pris de plaisir et vous l'avez fait au nom d'une cause que vous avez cru juste. Peut-être l'était-elle vraiment, peut-être pas, mais vous l'avez fait parce que vous aviez la Foi. Mais je peux difficilement vous donner tort, un coeur pur n'existe pas. Pas dans votre conception en tout cas. J'ai vu en vous, j'ai vu votre âme et malgré vos paroles d'hier, je reste persuadée que vous êtes le genre d'homme qu'appelle cette quête.
     
    Je fis une brève pause, cherchant  comment formuler mes paroles sans le perdre une nouvelle fois.
     
    - Le Blanc m’a demandé de trouver des hommes au cœur pur et je sais que je viens d’en trouver un. J’ai eu tort de vous demander d’en trouver d’autres… en revanche, je peux vous demander de trouver des hommes en qui vous avez confiance. Des hommes d’honneur qui accepteront de vous suivre vous. Peut-être même ceux qui vous accompagne actuelle s’ils ont votre confiance. Après tout je n’ai pas besoin d’une armée de cœur pur Chevalier Arthur. J’ai besoin de quelqu’un qui ai foi en cette quête. Etes-vous cette personne ?
     
    Ma main glissa le long de la sangle de cuir, je trouvais l’étrier et montais en selle. Je fermais quelques secondes les yeux. Pour l’heure j’étais pressée par le temps… Mais après mon passage à Beltrod je pourrais me consacrer entièrement à cette quête. Je l’aiderai à trouver les bonnes personnes… Encore fallait-il qu’il accepte.
    Je ne voulais pas le presser et de toute façon j’étais certain qu’avant notre arrivée à Olyssea je serais fixée.
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MessageSujet: Re: Où le Chevalier rencontre une Gardienne... de nouveau. [Jena]   Mar 6 Jan 2015 - 8:03

Il n’allait pas contester l’affirmation. Si, à ses yeux, il possédait un tel coeur, soit, qu’il en soit ainsi. Cela, au moins, le confortait dans l’idée qu’il devait demeurer sur cette voie qu’il s’était choisi, que sa démarche était la bonne. Le reste n’était qu’une variation dans la définition des termes. Et si elle était la Gardienne, si elle avait pu voir cela en lui, c’est probablement qu’elle disposait de sens au delà de toute mesure, de ce qu’il pouvait concevoir, comme la Noblegriffon qui avait vu en lui un homme sensé être mort.
Il y avait un malentendu, d’autant qu’il n’appréciait pas faire dire à quelqu’un qu’il avait tord alors que les propos de chacun trouvait un écho de vérité. Elle n’avait pas eu tord, comme elle n’était pas à l’origine de son trouble. C’était cette rencontre plus que tout autre chose… Celui qui se considérait abandonner se retrouvait en présence de celle qu’il avait maudit pour cela, et malgré cela, continuait d’affirmer sa “pureté”, de requérir ses services… Oui, il avait été troublé, mais pas pour les raisons que pensaient Jena.

“Vous n’avez pas eu tord, ce n’est pas ce que je voulais vous dire, Jena… Le retour des dragons est une chose dont je garde le secret depuis près de dix ans, pour protéger ceux et celles auxquels ils se sont liés, pour ceux que j’ai connu, autant, finalement, que ces derniers. Cette quête, je la mènerais, pour vous, la Déesse et le Dragon, je l’aurais mené, même si je ne vous avais pas croisé, c’est devenu évident quand le Blanc est apparu brutalement par accident je présume… La rumeur se propagera, à l’instar de certaines il y a quelques années, en Estrévent, et des hommes aux intentions et ambitions diverses se mettront sur sa trace, pour un dont on pourrait considérer qu’il est louable, nombreux seront ceux qui auront un intérêt bien plus néfaste à l’encontre de ce dragon… Et même si je ne doute pas de sa capacité à se défendre, bien qu’il semble en définitive qu’il n’en soit pas pleinement capable si il est venu à votre rencontre pour trouver des hommes, je ressens le besoin de le trouver, pour l’aider ou pour comprendre…”

Comprendre quoi ? Lui-même l’ignorait, au fond… Il était attiré par ce dragon, par ce qu’il représentait…

“Aussi ai-je foi en cette quête, et je ne doute, ni de vous, ni de la Déesse… Mais je me méfie des hommes, car j’ai vu leur réaction, car je les connais… Nuls d’entre eux n’est préparé pour les temps à venir, je tiens ma position vis à vis des dragons car dès le premier instant où j’ai été mis dans la confidence, protéger les dragons et leurs secrets, c’était aussi protéger celle à qui je dois la vie, celle que j’aimais, et même aujourd’hui, alors qu’un monde nous sépare, je demeure attaché à la promesse qui fut faite, c’est la seule chose qu’il me reste d’elle… Aussi, je doute des hommes et de leurs intentions, même du meilleur d’entre eux car il se retrouverait dans une situation pour laquelle ni lui, ni ses idées, ni ses principes ne sont préparés… Aussi, je doute de ma capacité à les trouver… A supposer que j’en recherche… Comment savoir ? Il ne suffit pas de le demander.
Et puis, pour être totalement franc, je n’ai pas envie de parcourir l’entière Péninsule, voir même de m’égarer plus loin encore à la recherche de ces quelques exceptions, alors que la rumeur va enfler et se répandre.”


Il lui coûtait déjà d’avoir poursuivi sa route vers le sud alors que toute sa raison l’appelait au nord, là où il avait croisé le dragon. Même si à présent, il y trouvait un soulagement et une justification involontaire, il ne concevait pas de poursuivre davantage sa route, de s’éloigner plus pour trouver ce qu’il craignait de ne pas trouver. Il bénéficiait d’une avance aussi longtemps qu’on se concentrerait sur les guerres davantage que sur les rumeurs fantaisistes, mais ensuite…
En attendant, il y avait un autre sujet, qu’elle avait elle-même introduit.

“Que veut ce dragon ? Qu’exigera-t-il des hommes que vous choisirez ? Les hommes qui m’entourent sont des braves, peut-être pas prêt pour une révélation telle qu’un dragon, mais celle-ci s’imposera d’elle-même, je crois, mais j’ai confiance en eux, je les ai choisit et je sais où je peux les conduire, ce que je peux leur demander, mais si il devait s’agir d’une épreuve comme celle qu’imposa Néera à ses Enfants à l’heure du Voile…” il laissa couler un silence qui signifiait pour partie qu’il refuserait d’engager ces hommes. “Et il en sera de même pour quiconque correspondrait à votre définition de la pureté.”

Il lui importait peu, pour lui-même, de savoir ce qu’il devrait faire, il avait déjà répondu. Il avait déjà bravé la Folie qu’elle distillait à l’époque, et il n’imaginait pas la tâche pire que cela, et en ce temps, il avait encore quelque chose à perdre. Aujourd’hui, il n’y avait plus qu’une vie dénuée de cause et une ancienne promesse qu’il tiendrait jusqu’au bout, quoiqu’il arrive, quoiqu’elle exige de lui. Si il devait perdre la raison ou mourir, au moins trouverait-il le réconfort de la retrouver plus tôt, et nul ne souffrirait de le voir perdu pour de bon… Mais aucun de ces hommes ne s’était engagé comme lui. Ils cherchaient un moyen de subsistance, pour eux, leurs familles, une façon de se racheter, de refaire leurs vies. Il ne pouvait exiger d’eux un sacrifice pur et simple, si il devait les embarquer avec lui, quitte à leur mentir sur le véritable objet de leurs actions à conduire, il devait être certain qu’ils étaient adaptés.
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MessageSujet: Re: Où le Chevalier rencontre une Gardienne... de nouveau. [Jena]   Ven 9 Jan 2015 - 12:22

    Je restais silencieuse, intégrant les paroles du chevalier et les méditant au passage. Il avait raison. Le cœur de l’homme était ainsi fait. Quelque chose dans sa façon de parler me permettait d’entrevoir clairement qu’il n’était pas de ceux à faillir à son devoir, mais combien de temps cela me prendrait-il d’en trouver un autre à son image ?

    « - Trop longtemps » murmura une voix dans mes pensées.

    Néera était donc là, penchée par-dessus mon épaule pour écouter cet échange. Elle murmura d’autres paroles à mon oreille qui me laissa surprise. J’essaie de masquer le fait que mon attention était entièrement tournée vers elle en cherchant l’étrier de mon cheval pour monter en selle. Une petite minute après, je resserrais les pans de ma cape devant moi pour protéger Elyan du vent frais.

    Je sentais l’agitation du départ autour de moi mais je savais qu’il était toujours près de moi. Il devait attendre une réponse de ma part…. Qu’avait-il dit déjà ? Ah oui c’était à propos des demandes du dragon et des hommes qui le suivraient.


    - A votre avis… combien faudrait-il d’hommes pour composer un groupe discret qui se déplacerait rapidement ?

    Ma question était peut-être surprenant parce qu’elle donnait l’impression que je changeais totalement de conversation. Or ce n’était pas le cas bien au contraire. Mais il fallait peut-être que je détaille davantage mes propos pour qu’il comprenne ou je voulais en venir.

    - La quête qu’Il m’a confiée ne nécessite pas vraiment qu’une troupe entière se déplace. C’est même totalement l’opposé puisqu’il faudra se rendre à un endroit précis rapidement et discrètement. Mais il faudra également que les hommes présents soient capables de se défendre et de protéger ce que je dois ramener. Je vous l’ai dit hier… Le Blanc me suivra mais ce qu’il me demande de faire n’implique pas forcément qu’il se montrera…
    Si vous jurez de m’aider à mener à bien cette quête… je vous aiderai à mon tour à trouver ce que vous cherchez.


    Je savais déjà qu’il acceptait de m’aider, mais je lui demandais là un serment plus solennel et je m’engageais également à l’aider à échange. Je tendis ma main dans sa direction, attendant qu’il accepte pour sceller cette promesse.
    Je profiterai également de ce contact pour lui montrer l’objet exact de cette quête et le mettre ainsi dans la confidence. C’était une manière supplémentaire de lui prouver que j’avais confiance en lui.

    « - Le Calice d’abord, l’œuf ensuite. »

    Une petite manière de me rappeler que la demande du Blanc n’était pas encore ma priorité. Je devais me mettre en route et regagner Beltrod rapidement… Aussi rapidement que ma cécité le permettait du moins.

    « - Tu trouveras de l’aide au temple d’Olyssea. »

    Les paroles de la Déesse me rassurèrent autant qu’elles m’intriguèrent. Mais je chassais ces pensées de mon esprit. De toute façon je serais fixée dans quelques heures.
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MessageSujet: Re: Où le Chevalier rencontre une Gardienne... de nouveau. [Jena]   Mer 14 Jan 2015 - 10:11

“Une dizaine d’hommes, peut-être une vingtaine, tout dépend de la capacité à demeurer discret quant à l’objet de la tâche et la destination… Si le secret est ébranlé, si un bruit, un murmure s’échappe, si une rumeur devait se répandre, eh bien… Il faudra alors prier qu’aucun seigneur ne s’en soucient… Gérer les éventuelles individualités, les groupes improvisés sera possible, à supposer que le minimum fuite… Et en supposant que la petite troupe garde sa cohésion.”

Mais encore fallait-il déjà en trouver autant qui colle au profil… Et plus ce nombre grandira, plus les risques de fuites et de trahisons augmenteront… Et plus il aurait à considérer la quantité de vies à prendre au cas où les choses tourneraient mal. Restait l’énigme de ce qu’elle était censé ramener, et où, mais il n’en saurait pas plus de toute façon. De toute manière, sa réflexion laissa la place à la surprise du serment qu’elle exigeait de lui, et ce qu’elle s’engageait à lui offrir en contrepartie.

“Sur tout ce qui me reste dans cette vie, je vous jure de vous aider à mener à bien cette quête, quoiqu’il faille faire.”

Il n’engageait finalement pas grand chose, que pouvait-il encore avoir à perdre dans cette existence ? Mais il se fixait plutôt sur ce qu’elle s’engageait à lui offrir en échange, et il se demanda un instant si elle avait la moindre idée de ce qu’elle venait de “promettre”. Ou pensait-elle qu’il ne cherchait que le dragon ? Qu’une nouvelle apparition de ce dernier suffirait à le contenter et à remplir cette condition, à l’aider à “trouver ce qu’il cherchait” ? Il cherchait quelque chose de bien plus complexe, à ses yeux tout du moins… Une raison à tout ce qui fut, une raison de continuer, à vivre, à se battre, lui qui n’en avait plus. Mais il considérait la nécessité de prévenir la jeune femme, il ne se laisserait pas tromper, duper en laissant à la jeune femme décider de ce qu’elle estimait être l’objet de sa recherche.

“Savez-vous seulement ce à quoi vous venez de vous engager, Jena ? Ce que je recherche, ça n’est pas ce dragon, du moins, ça n’est pas là la finalité… Ainsi sommes-nous à égalité… Engager l’un et l’autre pour une tâche dont nous ignorons le véritable aspect, le véritable prix.”

La chose était conclut, et elle ne pourrait désormais plus prétendre remplir sa part par la seule apparition du dragon. En temps et en heure, il formulerait le véritable objet de sa recherche, le véritable objet de sa quête. A ce moment là… Eh bien… Il aura quoiqu’il arrive une réponse à ses attentes, sous une forme ou une autre.

Le départ fut donner et il demeura au côté de la Gardienne, réfléchissant aux différentes choses déjà exprimé, mais surtout sur l’ensemble de ce qu’il ignorait encore, et auquel elle n’avait pas répondu. Au delà des serments, des engagements divers et variés, il y avait d’autres paramètres, touchant à des sujets plus terre à terre, en définitive…

“Vous vous rendez à Beltrod, cela, je l’ai bien compris, mais que dois-je faire en attendant votre retour ? Chercher ces aiguilles, je n’en suis pas capable, pour toutes les qualités que je verrais en des hommes, j’y apposerais la méfiance de l’inconnu la prudence qui est mienne. Mais plus que cela… Combien de temps ? Je sais le temps qu’il vous faudra pour arriver là-bas, pour en revenir, à pied, à cheval, et même vaguement par Lui. Mais combien de temps chercherez-vous ces individus d’exception ? Combien de temps me demande t-on d’offrir dans cette quête ?”

Il ignorait si elle en avait la moindre idée, ou même si elle éprouvait l’envie ou le besoin de lui répondre, mais il avait éprouvé le besoin de l’exprimer. Une manière également de lui faire comprendre qu’elle ne pourrait pas flâner… Elle avait voulu des hommes prêts à se consacrer à cette quête, il en était, aucun souci avec cela… Mais pour cela, il devrait plus ou moins mettre son existence entre parenthèse, sa propre quête, puisque celle-ci pouvait s’en trouver lier à ces évènements. Et puis, il y avait ses hommes, sa troupe, qu’il devait entretenir et payer, il ne doutait pas trouver du travail, mais qu’en serait-il si elle débarquait en plein milieu de l’un d’eux…? Il devrait renoncer à tout, à sa réputation même dans ce milieu, et ses hommes à leurs soldes ?
Il était en attente de réponse qu’il espérait suffisamment précise pour pouvoir en tirer un cap à suivre pour les temps à venir, en attendant son retour.
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