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 Guerre guerre, vente vent...

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Enrico di Montecale
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MessageSujet: Guerre guerre, vente vent...   Lun 5 Jan 2015 - 12:42

Guerre guerre, vente vent


Fin de la seconde ennéade de Bàrkios

A Azalie, une flottille fut réunie à la sortie du port, composée de magnifiques dromons et galéasses. De braves dockers avaient travaillé toute la journée d'hier pour les préparer à un voyage en mer qui durerait quelques jours, et à un séjour à terre qui durerait beaucoup plus longtemps. Sortant de son manoir, juché sur une élévation de la ville, Henri de Montecale s'entretenait avec l'amiral Vellencour, s'aidant d'une canne pour marcher. L'homme aux traits à présent émaciés par la maladie avait reçu des ordres clairs, et en discutait avec son nouveau bras droit. Ce dernier avait d'ailleurs fait ses adieux à sa famille, n'emmenant que son frère Pisard sur les lattes de bois des quais d'Azalie. Il ferait le voyage avec lui, bien qu'aux commandes d'un autre navire. Il en aurait besoin, une fois la mission accomplie.

Sur les quais, un homme et une femme étaient allés à la rencontre des marins langecins. Le premier, Henri le connaissait; il s'agissait d'un des lieutenants du Trait, dont il avait malheureusement oublié le nom. Un homme à l'haleine répugnante. La femme, quant à elle, se présenta comme la capitaine des Aigles Rouges, une compagnie de mercenaires qui les accompagneraient. Tous les quatre se saluèrent, avant que l'amiral ne prenne la parole:

"Nous embarquerons demain à l'aube. Nous longerons la côte jusqu'à Anderran, après quoi nous ne reverrons plus la terre jusqu'à notre destination. Les hommes du Trait monteront à bord des galéasses, et ceux de l'Aigle Rouge dans les dromons, nous pourrions avoir besoin de leurs arbalètes. Je suis un peu fatigué, voyez le reste des préparatifs avec mon vice-amiral ci présent."

Une quinte de toux s'échappa ensuite de la bouche de l'homme à la santé déclinante, qui s'en alla vers la capitainerie. Laissé seul avec les deux guerriers, Henri leur expliqua ce qu'il se passerait après le débarquement, qui impliquait la construction d'un camp provisoire, où tout le monde devrait s'y mettre afin de le faire au plus vite. En disant cela, le vice-amiral regarda bien entendu la capitaine des Aigles Rouges, s'étant présentée en tant qu'Atanae. Il savait que les hommes du Trait feraient ce qu'il ordonnerait, mais il n'était pas sûr que des mercenaires soient enclins à s'organiser dans des travaux tenant plus du génie que de la castagne. Malgré tout, s'ils étaient payés, peut être le feraient-ils sans rechigner...

Une fois les derniers préparatifs achevés, les officiers se retirèrent pour une dernière nuit dans la ville côtière, petite perle aux toits orangés par le soleil couchant, bercée par le calme et lancinant roulis des vagues.




Le voyage ne fut pas spécialement long. Partis vers la fin de la seconde ennéade, la flottille langecine aperçurent les côtes de leur destination vers le milieu de la troisième ennéade. C'était le matin, et après avoir passé une nuit de plus en mer, le dromon de tête, le Lion d'Or, fut réveillé par l'euphorique et caractéristique "terre!" lancé depuis le nid de pie. Des centaines de marins purent alors apercevoir avec joie les rivages luxuriants d'une île; Nelen. Des exclamations, des hourras retentir dans l'escadre navale, positionnée en quinconce, les dromons équipés de catapultes à l'arrière, ainsi que les galéasses, placées un peu en retrait de la formation. Les navires étaient garnis d'une pavesade sur leurs gabies et leurs bastingages, en prévision d'un éventuel assaut. L'amiral Vellencour était un homme prudent, ce qui plaisait beaucoup à son bras droit à la jambe de bois.

Apparemment, cette prudence porta ses fruits, lorsque des silhouettes familières se découpèrent à l'avant-plan de l'île. Beaucoup de sourires carnassiers se dessinèrent sur les visages des mercenaires. Après une demi-semaine d'oisiveté, un peu d'action ne ferait pas de mal; des navires venant de Nelen étaient en approche. Avec un sourire excité, Henri de Montecale s'exclama à son bosco:

"Tu n'imagines pas à quel point j'ai attendu ce moment, Dino! J'ai l'impression de me sentir revivre! Comme si ma bonne vieille jambe était encore là!"


Dernière édition par Henri de Montecale le Lun 5 Jan 2015 - 19:09, édité 5 fois
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Oschide d'Anoszia
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MessageSujet: Re: Guerre guerre, vente vent...   Lun 5 Jan 2015 - 12:43


Rodrik Vellencour
Jonché sur le second pont, là où tous ses officiers attendaient ses ordres, Rodrik regardait la ligne d’horizon et tenter d’éviter de tousser devant les hommes. Pourtant, tous ici savaient que leur amiral était fiévreux et en proie à des quintes de toux toujours plus fortes. S’il avait pu, il serait resté dans son lit de mourant comme l’avait préconisé son épouse, mais les ordres du nouveau duc étaient tombés. Un duc qu’il n’avait vu qu’une fois lors du sacrement et qui ne lui avait inspiré aucuns sentiments, bons ou mauvais. Néanmoins, lorsque le capitaine Montecale était arrivé en se présentant comme le nouveau vice-amiral, il n’avait fait qu’un tour dans son lit et s’était senti sur la sellette. Rodrik n’était pas mort, son heure n’était pas encore venue. Toute sa vie, il l’avait passé sur un navire et sa place était sur la mer, pas sur la terre. Voilà pourquoi il était malade, à cause de cette foutue attente en port.

Même s’il n’approuvait pas toutes les méthodes du nouveau duc, il devait au moins reconnaître que celui-ci ne suivait pas la traditionnelle stratégie d’encroutement du duché s’était-il dit avec une pointe d’ironie.

Alors que les navires qu’il commandait étaient en position de quinconce, il jeta un œil au vice-amiral qui lui avait été présenté. Un homme du sud, il l’avait entendu à son accent, pourtant en quelques jours et après quelques tête-à-tête il avait dû reconnaître que ce Montecale était aussi un homme de la mer tout comme lui.

Il vit les hommes du Trait menés par le lieutenant Elmond s’afférer plus qu’à la normale sur le pont. En jetant un œil à l’horizon vers les terres de Nelen qu’on lui avait annoncé auparavant, il reconnut des silhouettes bien familières. Sans attendre, il ordonna à ses hommes de préparer la catapulte mise en tête de son vaisseau. Au même moment, il constata que le deuxième dromon doté de catapulte avait fait de même et se préparait d’ores et déjà à ajuster ses tirs.

« Si je dois mourir, ce sera aujourd’hui », se dit l'amiral, « Mais pas avant d’avoir dit mon dernier mot ! ».

A présent, l'amiral presque mourrant s'était réveillé pour montrer à ses hommes qui il était, et surtout pour qu'ils sachent qu'il ne les abandonnerait pas.


Dernière édition par Oschide d'Anoszia le Lun 5 Jan 2015 - 12:50, édité 2 fois
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Atanae
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MessageSujet: Re: Guerre guerre, vente vent...   Lun 5 Jan 2015 - 12:44

Lors leur arrivée à Azalie, le moins que l'on puisse dire, c'est que la blonde capitaine était un peu perdue. Dromons, galères, galéasses, tout cela n'était que bateaux à ses yeux, et la mercenaire aurait été bien en peine de distinguer bâbord de tribord. Il lui semblait cependant, et elle en avait discuté longuement avec Lyderic qui partageait la même opinion, que la proue, c'était devant.
Prêtant une attention toute particulière aux discussions des marins et autres dockers tandis qu'elle s'avançait dans les ruelles, elle releva en outre que les termes « gréement », « étai » et « accastillage » relevaient du domaine marin, bien que leur signification exacte lui paraisse encore un peu floue. C'est donc forte de cette toute nouvelle expertise qu'elle écouta les directives de l'amiral, puis celles du vice-amiral, dans un silence religieux. Elle répondit au regard du second par un hochement de tête assuré et professionnel.

« Ne vous en faites pas, Messire, mes gens feront le boulot. »

A contrecœur, peut-être, mais ils le feraient. Et puis elle avait comme dans l'idée que de toute manière, le combat ne manquerait pas. C'était le genre de plan qui avait tendance à se casser la figure dès qu'on le laissait voler de ses propres ailes.

Une fois la réunion terminée, ils repartirent chacun de leur coté et Atanae en profita pour héler Gabriel, son ordonnance.

« Un sou pour toi, gamin, si tu t'arranges pour me dire avant demain matin lesquels sont les dromons, et lesquels sont les galéasses », murmura-t-elle discrètement en jetant un rapide coup d'oeil à l'eau glauque ou flottaient les diverses coquilles de noix.

« Et deux si j'vous l'dis dans moins d'une heure ? » demanda-t-il crânement.

« Et une taloche s'il te faut pas moins de temps qu'ça, surtout », répliqua-t-elle. Il fila aussitôt.


***


Toute sa science maritime fraîchement acquise (Les dromons, c'était ceux avec une bouche à feu) ne fit guère de bien à Atanae lors des deux premiers jours de voyage, car la pauvresse était bien trop occupée à restituer périodiquement le contenu de ses intestins et à souhaiter mourir pour mettre toute cette belle expérience à profit.

Les premières quarante-huit heures passées, cependant, elle put enfin trouver le courage et la force de monter sur le pont. Le lendemain, elle était pratiquement revenue à un état présentable, et le jour suivant, elle marchait presque sur le pont avec aisance. Nul parmi les gens de mer n'aurait pu décemment la prendre pour l'une des leurs, mais lorsqu'ils arrivèrent enfin en vue de Nelen, la houle ne l'incommodait plus que très peu, et elle avait même appris à aimer se tenir sur la proue (qui était définitivement bien devant) et à observer l'étrave fendre les vagues telle une lame puissante.

L'idée de reposer le pied sur la terre ferme avait cependant encore de quoi l'enthousiasmer, et elle se permis un sourire au cri de la vigie. Un plancher qui ne gigote pas sans arrêt était devenu un luxe qu'elle avait hâte de retrouver.

Un nouveau cri, plus tard, la tira de sa rêverie, et elle plissa les yeux pour apercevoir les silhouettes des navires qui approchaient. Toute langueur disparut aussitôt de son corps. L'esprit du guerrier, l'assurance du commandant, reprenait le dessus. Terrain instable ou non, une bataille était une bataille.

« Holà les gars, on se bouge ! A vos carreaux, à vos lames ! On a de la compagnie ! »

Elle récupéra rapidement épée et bouclier. Elle se sentait un peu nue, un peu dépouillée, à l'idée de partir au combat sans enfiler son harnois, mais s'enferailler avec toute cette eau sous ses pieds ne lui disait rien décidément qui vaille. Le cuir devrait suffire.

Une courte prière à Othar, et tandis que les bâtiments ennemis se rapprochaient inexorablement, la blonde était prête à en découdre.
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Enrico di Montecale
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MessageSujet: Re: Guerre guerre, vente vent...   Mer 7 Jan 2015 - 8:55

Sur la mer, un homme risque sa vie tous les jours. Telle était la volonté de Tyra, de rendre le quotidien dur aux marins. Mais pour Henri, c'était une façon d'endurcir ces gens, de les rendre plus forts et plus aptes à la survie dans ce dur et vaste monde. Il se retrouvait donc sur un navire, entouré de ses hommes, au sein d'une flottille sur le point d'en rencontrer une autre. Il commençait à se sentir revivre, à se sentir entier de nouveau. Ça lui grattait même à l'endroit où il n'avait désormais guère plus que du bois en guise de gambette. Un sourire démoniaque sur le visage, les mains crispées sur le bastingage et la tête tournée vers la future action, il jubilait, murmurant des exclamations en bon vieux patois suderon. Lorsqu'il était excité, ses origines modestes semblaient reprendre le dessus. Chassez le naturel, il revient au galop.

Les hommes tout autour de lui, bien que la plupart des rameurs soient trop occupés pour le voir, étaient à la fois perplexes et heureux d'avoir un tel personnage à proximité. Son euphorie faisait du bien au moral, mais peu étaient habitués à voir un homme trépigner à l'envie d'affronter d'autres navires. Aussi, le bosco Dino Pizzi posa une main sur l'épaule du vice-amiral à la jambe de bois, et lui demanda timidement:

"Heu... Vous... Vous vous sentez bien, messire?"

Lorsque Henri se retourna, il étudia du regard son homme à tout faire d'un air neutre, puis reprit le même sourire que dans sa contemplation, avant de lui claquer une main sur l'épaule et de s'exclamer:

"Ha! Jamais je ne me suis senti mieux que dans mon élément, Dino! L'attente avant l'engagement est tellement... enivrant, tu ne trouves pas?"

"C'est... Ma première escarmouche navale, sir."

"Et bien, il y a un début à tout! Et j'aimerais beaucoup être à ta place, redécouvrir cette sensation de nouveauté... Cette douce et saine peur de l'inconnu. Vivifiante!"

Même s'il avait l'air de passer pour un dangereux malade, Henri s'en foutait. En réalité, il était redevenu le très célèbre Enrico di Montecale, pourfendeur de pirates et défenseur des côtes. Se présentant au côté bâbord de son navire, il regarda en direction de l'autre dromon à côté de lui. Pisard, ou Piezarre, son frère, le regardait. Aussi, levant un bras, l'estropié lui répondit:

"Puisse Tyra t'être favorable, Piezarre! Aujourd'hui, nous sommes tous égaux devant elle!"

Puis, tournant son regard vers l'équipage, et savant pertinemment que le choc était proche, il dégaina sa rapière, vestige de son passé soltaar, puis harangua ses marins.

"Entre nous et Nelen se trouve de misérables bouts de bois qu'ils osent encore appeler navires! Ici, je ne vois que de fiers hommes de la mer, taillés par les vagues et les embruns! Tyra vous a façonné pour que vous puissiez passer ce jour en toute quiétude, compagnons! Et aujourd'hui, votre Foi vous sera aussi importante que vos armes! Alors adressez ensemble des prières à notre déesse, et au reste du Panthéon si vous le souhaitez, et après, partez au combat le cœur léger et prêts à faire couler le sang ennemi! Ils sont proches, je veux vous entendre dégainer vos armes et hurler votre envie d'en découdre! Faites leur peur!"

Un grondement sourd céda la place à des acclamations enthousiastes. Le discours avait eu son effet, ce qui fouetta encore plus le sang du vice-amiral. Tournant la tête vers les autres navires, il s'accrocha à quelque chose de solide. En effet, le plan était de faire rentrer les rostres dans les coques adverses, les rostres ayant été alourdies et allongées à Azalie, sur sa suggestion. Mais avant cela, il tenait tout de même à mettre toutes les chances de son côté, et hurla aux archers du château:

"Archers, parés à faire feu!"

Il attendit alors quelques secondes, le temps que tous les tireurs soient prêts, puis, sa rapière levée, il abaissa celle-ci et hurla de nouveau:

"Donnez-leur la mort!"

Et les sifflements retentirent au-dessus de sa tête, douce mélodie mortuaire des ennemis.
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Oschide d'Anoszia
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MessageSujet: Re: Guerre guerre, vente vent...   Mer 7 Jan 2015 - 15:01


Rodrik Vellencour
Sortant progressivement de la brume, les navires Langecins firent face aux vaisseaux ennemis.

De son côté aussi, ses hommes étaient prêts à l’engagement. Malgré les quelques élans de fièvre qui l’assaillaient, sa concentration était au maximum et ses ordres n’allaient pas tarder à fuser. Il jeta un œil derrière et demanda à ce qu’on fasse signe aux capitaines des galéasses. Cela faisait longtemps que Langehack n’avait pas été engagé dans un combat naval et il avait ressenti toute cette frustration de rester à quai. Mais aujourd’hui, voilà qu’on leur servait sur un plateau ce qu’ils étaient venu chercher. Il regarda alors son second qui semblait vacillé entre l’excitation et la peur.

-Je veux qu’une ligne soit formée avec les autres vaisseaux.

Son ton était autoritaire et ne manquait pas de faire ressortir une certaine noblesse.

-Si les catapultes sont ajustées, feu à volonté. Je veux que les hommes du Trait se tiennent également prêt à recevoir l’assaut.

La compagnie du Trait n’était pas réputée pour ses talents de corsaires, son espace d’engagement était plus généralement le plancher des vaches. Mais il existait un début à tout comme on disait et même si certains avaient pu être malades au début du voyage, ils paraissaient tous à être empreint d’une excitation comme si on les avait tenus en laisse trop longtemps. Les mercenaires préparèrent leurs arbalètes et bandèrent leurs arcs. Lorsque les navires d’en face furent assez proches, il était temps de passer à l’action.

-Décochez !

Chacun de ses navires alignés étaient rentrés de plein fouet en contact avec un navire ennemi. Les mercenaires envoyèrent plusieurs autres volées de carreaux et de flèches, tandis que d’autres s’occupaient de les protéger avec leurs boucliers. Rodrik sentait en lui toute cette adrénaline qui lui avait tant manqué, mais même avec ça, il restait droit et rigoureusement concentré sur l’action qui se déroulait. Les autres dromons avaient exécutés le plan comme il l’avait prévu avec son vice-amiral. Bientôt, ils pourraient passer à la seconde phase du plan.
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MessageSujet: Re: Guerre guerre, vente vent...   Jeu 8 Jan 2015 - 0:24


Commandant Hildegard du Frippone
« Les fustes nous ont dit QUATRE navires ! QUATRE ! Pourquoi j’en vois plus ? »
« La brume monseigneur, elle est traitresse. »
Le commandant de la flotte nelenoise balaya la remarque d’un mouvement de la main. Il avait réveillé la garnison aussitôt qu’il apprit l’approche de navires ennemis. Il n’était pas bien aux faits de la péninsule, le comte-régent et vicomte des Deux-Bosses malade, le conseil lui avait demandé de tenir les îles de l’archipel et de se tenir prêt pour toute éventualité. La défaite des troupes scylléennes à Christabel était connu de tous à présent, et personne ne souhaitait réitérer les mêmes erreurs.

« Lèves le drapeau bleu Iscard, que les autre se mettent en formation ! »

Les cinq galéasses scylléenne se mirent en triangle, la galéasse du commandant en tête. Il avait participé à des batailles navales, dont celle avec la flotte mervaloise lorsque le comte Aetius s’était disputé les îles avec la baronne Eulalie. Il arma lui-même une baliste.

« Que les navires se déploient pour se refermer sur eux par les côtés ! »

Un drapeau rouge fût levé, tandis que la brume finissait par se dissiper pour laisser apercevoir toute la flotte ennemie. Les deux navires aux extrémités de la flèche se mirent à avancer plus vite, tandis que ceux de tête ralentissaient pour pouvoir se refermer sur les langecins, Iscard avait enfin reconnu une bannière.

« BOUCLIERS »La volée de flèches transperça une voile et un pied principalement. « FEUUUU »

Un drapeau vert fût levé, et les deux galéasses entourant le navire-amiral actionnèrent les catapultes. Le commandant lui, arrivant à hauteur du premier navire ennemi, tenta de viser un capitaine avec sa baliste avant d’ouvrir le feu à son tour. Ses autres bateaux se mirent en position également, et déjà les premiers soldats envoyèrent une volée de carreaux tandis que d’autres lançaient des grappins.

« A l’abordage mes coquins ! J’ai cru apercevoir des femmes à bord, violez tant que vous voulez et capturez moi des navires ! »Les premières effarouchées eurent lieu.

_________________
Ombre fugace
Maître de ton destin

-Crédits de l'avatar: ETERNAL RETURN - Art of pierre / Alain D.
Site de l'artiste: http://www.3mmi.org/v9/
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MessageSujet: Re: Guerre guerre, vente vent...   Jeu 8 Jan 2015 - 13:56

Elle avait décidé qu'elle n'aimait pas les batailles navales.

Son esprit analytique ne rechignait jamais devant une situation tactique compliquée. Elle connaissait bien ses troupes et ce qu'elle pouvait en tirer, elle savait comprendre rapidement les forces et les faiblesses d'un ennemi et se débrouillait généralement pour exploiter toute situation à son avantage. Manœuvres, coups fourrés, ruses audacieuses, rien de tout ça n'avait de secrets pour elle et elle jouait sur le clavier stratégique comme un musicien chevronné sur celui d'un orgue, avec une adresse consommée. Elle aimait plus que tout cet exercice qui mobilisait toutes les ressources de son esprit et l’entraînait à rester alerte, à ne rien manquer de la situation.

Non que tout cela ne lui soit d'une quelconque utilité pour l'instant.

Déjà, elle était totalement coupée des deux tiers de ses hommes, qui naviguaient sur d'autres dromons. Elle savait bien que Mahaut et Lyderic connaissaient parfaitement leur affaire et feraient leur boulot à la perfection, mais quand même, elle n'aimait pas ça. Et puis de toute manière, eut-elle disposé de ses gens au complet, les possibilités qui s'offraient à elle étaient extrêmement réduites. Elle était coincée sur un amas de planches de bois dont la solidité lui paraissait discutable, et qui fonçait à grande vitesse sur un autre amas de planches de bois qui ne lui inspirait pas davantage de confiance. La seule position stratégiquement enviable était l'espèce de plate-forme surélevée à l'arrière des navires, avec la maisonnette dessus, mais la collision frontale qui s'annonçait rendrait difficile toute tentative de s'en emparer sur le bâtiment ennemi : Il leur faudrait traverser le pont dans toute sa longueur, ce qu'elle doutait de pouvoir exécuter facilement.
Elle ne pouvait donc ni manœuvrer, ni, à vrai dire, faire quoi que ce soit hormis se jeter au combat (à condition qu'ils survivent au choc) dans un environnement exigu et encombré, ou la moitié de ses gars ne pourraient pas se battre par manque de place, et ou le moindre faux pas conduirait à une chute mortelle dans les eaux sombres et menaçantes qui les entouraient de toute part.

Vraiment, elle aurait préféré être ailleurs.

Elle se força à repousser ces pensée négatives et à se concentrer sur l'instant présent. Autour d'elle, ses arbalétriers étaient prêts.

« Tiens bon les gars, tiens bon.... attendez...  plus près, plus près... TIREZ ! »

Les traits volèrent droit sur l'ennemi, perçant et embrochant ce qu'ils trouvaient de toile, de bois et parfois de chair à malmener. La blonde leva ensuite son bouclier, s'en protégeant tandis que la réponse ennemie leur parvenait sans tarder. Les premiers cris s'élevèrent, et elle sentit l'impact sourd d'une flèche s'enfonçant dans le chêne solide de sa rondache. Elle en brisa la tige d'un coup sur le bastingage et se redressa, se préparant pour le choc de l'abordage. A sa grande surprise, elle constata que contrairement à ce à quoi elle s'attendait, les navires semblaient partis pour se rencontrer flanc contre flanc. L'arrière du bateau ennemi semblait donc bien moins inaccessible. Elle aurait peut-être une chance d'agir sur l'issue de la bataille, finalement.

Juste avant l'abordage, elle lança un rapide coup d’œil à Thibert, qui commandait l'arrière de ses troupes. Ils avaient discuté longuement de leurs maigres possibilités stratégiques lors des derniers jours, et le fantassin hocha la tête. Tandis qu'elle mènerait l'assaut sur l'embarcation ennemie, à lui le soin de tenir le Lion d'Or. Elle lui laissait une partie des arbalétriers, qui, rassemblés sur la maisonnette d'arrière (laquelle avait probablement un nom bien plus spécifique dans cet autre langage que parlaient les marins), changeraient en pelote d'épingles tout ceux qui passeraient leurs rangs.

« En avant, tous ! Tue, tue ! Qu'ils regrettent le jour ou ils ont pris une arme, ces chiens ! »

Elle trancha net d'un revers de l'épée le filin d'un grappin qui s'était accroché juste devant son nez, et n'attendit pas que les deux navires soient exactement bord à bord pour bondir agilement sur le pont ennemi. L'absence de son regretté harnois la laissait au moins libre d'exécuter ce genre d'acrobaties. Un premier adversaire l'accueillit d'un grand coup de fendoir qu'elle esquiva de justesse avant de répliquer en lui envoyant la tranche de son bouclier dans les dents. Les hommes de sa petite escouade de tête n'avaient pas attendu qu'elle ait fini son mouvement pour sauter à leur tour, et ils la protégèrent au mieux de leurs capacités. Les secondes qui suivirent ne laissèrent aucune place à une quelconque réflexion aboutie. Frapper, esquiver, parer et repousser l'ennemi : Quoi qu'elle veuille entreprendre par la suite, la priorité était de se rendre maîtres de quelques mètres carrés de pont adverse afin d'y débarquer plus aisément. Le reste n'était pour l'instant que chimères.
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Enrico di Montecale
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MessageSujet: Re: Guerre guerre, vente vent...   Ven 9 Jan 2015 - 14:28

Les navires se rapprochaient inexorablement, gagnant du terrain à chaque seconde. Des volées de flèches et de carreaux venaient se ficher sur les embarcations, emportant quelques marins avec eux, ainsi que quelques morceaux de voile. Henri sentit d'ailleurs le souffle glacé de la mort passer à un mètre de lui, sous la forme d'un immense carreau de baliste. Lorsqu'il se retourna pour voir où il avait été se ficher, il vit avec une pointe d'amertume que son bosco, toujours à traîner dans ses pattes, était à présent partie intégrante du mât. Du sang s'écoulait de sa bouche, et ses yeux étaient grand ouverts, emplis de surprise. Plus un son ne sortait de son gosier, hormis le gargouillis répugnant du liquide vermeil. Arrachant le projectile du poitrail de son ancien second, le vice-amiral posa le jeune homme mort à terre et fit une rapide et taciturne prière à Tyra. Se relevant, il se saisit plus fermement de sa rapière, et se prépara au choc des navires, alors que les projectiles commençaient à se faire rare, du fait de l'impact prochain. Cramponné au bastingage, il observa alors le point culminant de cette course maritime intense.

Les puissantes rostres langecines percèrent les coques des galéasses nélénoises. Ces dernières purent également faire pénétrer les leurs, à entendre le craquement des planches des vaisseaux. Plus encore que le bruit, le choc d'être stoppés net fit s'ébranler les équipages entiers, certains marins mal aguerris tombant même à l'eau. Henri, malgré sa jambe, était habitué à ce genre de choses, et ne bougea que très peu. Lorsque les craquements retentirent, il ordonna aux rameurs:

"On recule!"

Retirer les rostres pouvait être fatal aux navires, et c'est d'ailleurs là-dessus que comptait Henri. Les dromons étaient plus grands, plus larges, et mettraient plus de temps à couler, voire ne couleraient pas du tout, si les marins parvenaient à colmater la brèche. Ce fut d'ailleurs une petite équipe de quelques hommes qui se dirigea à fond de cale vérifier si l'eau n'entrait pas de trop. Alors que le navire reculait, les rostres furent dégagées des coques respectives. Un glouglou caractéristique informa de la teneur des dégâts. L'estropié sourit. Objectif accompli. Il leva alors son bras, et s'adressa de nouveau aux rameurs:

"On avance! On les flanque! Plus vite que ça!"

Puis, levant haut sa rapière, il s'adressa une dernière fois aux hommes amassés autour de lui, armés et prêts à l'abordage:

"Montrez leur la fureur du Langecin! Sus! Renvoyez-les à Tyra!"

Au prix des efforts des rameurs, les deux navires, dromon et galéasse, se flanquèrent dans un bruit de rames qui éclatent. Sur les châteaux, les archers des deux navires faisaient pleuvoir la mort sur les équipages, tentant vaillamment de lever planches et bouclier pour se protéger. Et enfin, les navires furent  assez proches. Henri jeta un dernier coup d’œil aux autres navires; la plupart avaient effectué la même manœuvre que lui, mais le dromon nélénois semblait ne pas avoir eu à souffrir d'un éperon, son abordage étant déjà bien commencé. Avec verve, il hurla un cri de guerre, et se dirigea vers le bastingage. Grapins, planches, sauts désespérés et périlleux, ou même corvus... Toutes les manières étaient bonnes pour parvenir à atteindre le navire adverse. Des hommes resteraient défendre le dromon, tandis que d'autres iraient semer la désolation sur la galéasse.

L'homme à la jambe de bois agrippa un jeune gars par le bras. Il voulait plutôt rester défendre le dromon, même s'il avait été convenu qu'il se battrait dans le groupe d'abordage. Aussi, hurlant un juron suderon, il le poussa par le dos sur le corvus, et, courant derrière lui, du mieux qu'il le put avec sa jambe, il le fit rentrer dans le lard d'un marin ennemi armé d'une gaffe. Ce dernier, déséquilibré par le jeune lâche, tomba sur un autre de ses camarades, ouvrant une voie aux assaillants. De partout, les marins se déversaient sur le navire adverse. Mais cela fonctionnait dans les deux sens, bien entendu. Henri se jeta alors à corps perdu dans la bataille, sa fougue de jeunesse se ravivant telle un tison ardent. Faisant face à un homme armé d'un sabre, il esquiva son coup de butoir, avant de lui enfoncer la pointe de sa jambe de bois dans le pied, le faisant hurler de douleur. Un coup de rapière dans les tripes mit fin à ses cris, et il s'effondra sur le pont. Mais déjà un autre homme semblait venir le remplacer.

Le vice-amiral eut le temps d'apercevoir le capitaine, derrière les lignes de marins hostiles. Il gesticulait dans tous les sens en donnant des ordres avec une voix haut perchée. Henri le détesta tout de suite. Parant un coup de gaffe, il attrapa la dague à son flanc et se jeta sur son adversaire pour lui enfoncer dans la poitrine. Aussi près, il put sentir son odeur fétide et sa respiration difficile. Il venait de lui transpercer un poumon. Le rejetant en arrière, Henri se trouva un autre adversaire, un homme immense, armé d'un cimeterre estréventin. L'homme frappa d'estoc et de taille, chaque fois paré par le vice-amiral. C'est alors que le marin parvint à passer la garde d'Henri, lui entaillant le bras. Tout cela pour récolter une dague dans le flanc, qui arracha un grognement plaintif au géant. Reculant de l'engagement, la main appuyée sur le pommeau de l'arme, il voulut l'enlever, mais s'arrêta net, comme foudroyé.
Une flèche venait de lui rentrer dans la tempe. Son corps s'affaissa avec une lenteur morbide, la main toujours posée sur l'arme enfoncée dans son corps. A la couleur des plumes, rouges, elle appartenait à Godfrid, le meilleur archer du Trait selon les dires du lieutenant.

Mais le capitaine se replongea dans la fureur de la bataille. Partout, les hommes du Trait se battaient comme des démons, bien qu'il ne puisse voir ce qu'il se passait sur le dromon. Il vit le château de la galéasse pris d'assaut par des hommes armés de dagues, grimpant avec agilité sur le mât et se jetant à l'intérieur de la petite construction de bois. La bataille faisait rage, partout, et lui-même se taillait un chemin sanglant vers le capitaine, qui reculait toujours plus. Couvert de sang, Henri se battait sans relâche, accompagné de ses hommes et de sa foi. Face à lui, les marins diminuaient en nombre, tombant sous les coups des gaffes, sabres, braquemarts et autres armes que le Trait savait manier.
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Nilah
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MessageSujet: Re: Guerre guerre, vente vent...   Dim 11 Jan 2015 - 22:25

Après deux longs mois passés à Thaar, la trépidante Nilah en avait oublié les raisons de sa venue ; la seule chose dont elle était certaine était qu’elle n’y avait pas perdu son temps. L’Estrévent était telle qu’elle l’avait toujours imaginée ; une contrée surprenante, pleine de promesses et… d’opportunités. Les gens s’y promenaient aussi avec des bourses plus remplies et elle avait pu les en délester avec une malice. Les longues explications de Fouineur sur le vol à la tire — elle se souvenait encore de tout le sérieux que le petit homme avait mis à lui détailler ses techniques personnelles — n’avaient en rien été vaines.


S’il n’avait pas eu la mauvaise idée de mourir après son départ forcé de Diantra, elle l’aurait amené avec elle. Il aurait aimé Thaar au moins autant qu’elle et les Thaariies bien plus.


« La corneille rêvasse encore ? » l’apostropha-t-on dans son dos. La voix était de celle qu’on n’oubliait pas : elle semblait sortir d’une grotte, tant elle était grave, rauque et profonde. Quant à l’accent… Ce n’était plus au couteau qu’il était coupé, mais à la hache. Et pour cause… Nilah se redressa et, d’un mouvement souple, pivota sur ses pieds avant de s’appuyer négligemment contre le bastingage. Elle regarda droit devant elle, sans rien trouver, puis baissa deux yeux pleins de malice sur son improbable compagnon. « Combien de fois tu me feras ce petit tour, hein ?


Jusqu’à ce que tu te décides à monter sur ces échasses que je t’ai offertes. Tu sais, celles qui…


Bah ! Garde tes mots pour peupler ta bouche, m’encombre pas plus mes oreilles avec. »


Gueule-Brisée lui lança un regard noir avant de se poster à côté d’elle. Même pour un nain, il n’était pas bien grand, mais il avait des bras larges comme deux cuisses humaines et Nilah avait vu de quoi étaient capables ses poings. S’il n’avait pas volé son surnom — sous sa barbe hirsute, il lui manquait plusieurs dents et son visage était cabossé d’avoir reçu trop de coups —, il le distribuait malgré son âge déjà avancé.


Un croassement attira leurs regards : un corbeau les narguait du haut de la vigie. « Combien qu’il nous a coûté en passager, ton foutu piaf, déjà ?


Il m’aurait suivi quoi que je fasse.


Pas mauvais, le corbeau. Tu savais ? »


Nilah lui lança un regard horrifié ; elle avait ressenti beaucoup de choses contradictoires à l’égard de ses inséparables compagnons, jusqu’à finalement finir par les apprécier. Entendre Gueule-Brisée parler si crûment de les rôtir n’était pas pour lui plaire. « Un autre aurait pris sa place.


Tu parles. » Il lâcha un juron dans sa langue, un que Nilah avait appris à reconnaître ; elle lui donna un coup de pied dans les tibias qui ne lui arracha pas l’ombre d’une grimace. « Alors, combien ?


C'est moi qui paie !


— Combien ?


— Le double.


Foutu piaf. »




Ils avaient fait halte sur Achid Kamil, comme cela se faisait beaucoup. Parce qu’elle ne faisait pas confiance à l’équipage de leur navire, qui n’avait eu de cesse de la reluquer avec des regards qui témoignaient de leurs dilemmes moraux — devaient-ils la violer ou la tuer ? dans quel ordre ? —, Nilah avait jugé plus sage de garder avec elle ses différents objets de valeurs. Gueule-Brisée l’avait conduite dans une taverne qu’il connaissait bien et ils s’étaient saoulés comme j’avais elle n’avait été saoule. Elle ne savait plus très bien où elle avait dormi, ses souvenirs n’étaient plus très clairs, mais ce qui était certain c’était qu’à leur retour au port, ils n’avaient pas vu l’ombre d’une voile familière.


Ça avait été une très bonne occasion d’apprendre de nouveaux jurons dans une langue étrangère.




Par dépit, Nilah avait proposé qu’ils visitassent. Elle n’y avait après tout jamais mis les pieds. Gueule-Brisée avait alors cessé d’insulter le capitaine de leur ancien navire pour déverser ses trésors de langage sur la sorcière… avant de lui faire un tour plus que complet des trois îles, prouvant par la même occasion qu’il n’était pas un lieu dans ce coin du monde qu’il n’eût pas déjà découvert. Leur périple s’était finalement terminé dans la ville qui avait donné son nom à l’archipel. Pour l'occasion, la sorcière avait sorti sa plus belle cape et son plus beau chapeau.


« Donc, la Margot, c’est ton ancienne patronne ?


— Non, son mari était le patron du patron de mon patron… Ou quelque chose comme ça.


Si tu veux.


Ah non, ce n’est pas que je le veux, mais il faut savoir être précis, dans la vie !


Ouais, ouais. Donc. Pourquoi tu as choisi le camp de ta nouvelle patronne et pas celui de l’ancienne ? »


Nilah lui lança une œillade complice. La réponse à cette question était relativement simple : elle se moquait bien des atermoiements de la noblesse soltarie. Que Kahina gardât son trône ou non ne changeait absolument rien pour elle, ses projets se languissaient d’elle à Diantra. Tout ce qu’elle avait besoin du Duc, c’était de l’or pour les financer.


« Tu sais quoi, c’est encore un peu tôt pour… » commença-t-elle avant de s’interrompre. Pourquoi quatre navires scylléens quittaient-ils le port ? « Qu’est-ce que c’est que ce broc de lait ? »


La suite devait devenir limpide, quand surgissant de la brume, une armada menaçante se découvrit. Ce fut au tour de Nilah de lâcher un juron. Elle était trop loin, malheureusement, pour reconnaître les bannières. « On a choisi notre jour pour flâner à Nelen.


Ton idée, la corneille.


Oh, ça va !


C’est grave, si les méchants gagnent ?


Pour nous, j’en sais rien. Disons que j’apprécie rarement que de la soldatesque avide de sang débarque quand je suis dans les parages. » Un coup d’œil vers son insolent ami à plume valait plus qu’un long discours. « Mais si Nelen se fait attaquer, c’est que les choses vont vraiment très très mal. Ces îles appartiennent au Roi et même s’il ne sait pas encore marcher…


On s’en carre. Je dis : on prend nos cliques, nos claques et on va se faire un petit tour en forêt. »


Cela semblait être la solution la plus sage, mais pas forcément la meilleure. Bien entendu, il était difficile de prendre une décision quand les seules nouvelles de la Péninsule qu’elle avait reçues avaient systématiquement deux ennéades de retard. « Je vais essayer de trouver le gouverneur, ou peu importe comment se fait appeler l’homme qui gère la boutique. Je veux être sûre qu’ils feront ce qu’il faut pour que la nouvelle se répande. » L’Estréventine avait parié sur la Couronne, du moins c’était ce qui se murmurait. Elle pouvait bien essayer de lui faire savoir que son choix n’était peut-être pas le meilleur. « Ensuite, on pourra envisager d’aller barboter dans les fougères, je ne sais pas. »


Il lui emboîta le pas avant de s'arrêter, apparemment dubitatif. « Pas compris. Pourquoi on ferait ça ?


— Mais parce que... parce que... J'en sais rien, moi ! Parce qu'on est tous Nelen ?


— Bordel. »





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Oschide d'Anoszia
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MessageSujet: Re: Guerre guerre, vente vent...   Mar 13 Jan 2015 - 14:20


Rodrik Vellencour
Le vent était contre eux, il le savait. Mais les voiles avaient étaient relevées depuis longtemps. Garder les voiles durant un affrontement était le signe annonciateur d’une défaite proche pour fuir plus vite. Mais lui n’était pas un couard et ferait face, il le devait. Toute la progression n’avait été faite qu’à la force des bras de ses rameurs. Et tandis que son vice-amiral avait engagé les hostilités avec trois galéasses nélenoises, deux autres s’apprêtaient à les contourner pour les prendre à revers.  Etaient-ils fous ? Etaient-ils stupides ? Rodrik n’aurait su dire véritablement quelle folie avait gagné le commanditaire de cette manœuvre vouée à l’échec.

S’ils n’avaient pas le vent pour eux, ils avaient pu bénéficier de la brume, mais ce n’était pas tout. La bataille avait lieu proche des côtes de Nelen et les galéasses adverses, peut-être plus rapides, avaient dû braver le courant qui avait été indubitablement contre eux. Rodrik ne mit alors pas longtemps avant de comprendre que les marins qui lui faisaient face étaient non seulement plus fatigué que les siens, mais peut-être même surpris par leur supériorité numérique.

Rodrik jeta un œil du côté des mercenaires qui se battaient présentement à coup de lances, de carreaux d’arbalètes et de flèches. Il vit aussi son vice-amiral se battre comme un lion et tenir la position face aux soldats adverses. Tout comme la capitaine des aigles rouge qui se battait sur un autre appareil et qui ne manquait pas de bravoure avec ses hommes.

Lorsque la galéasse ennemie présenta son flanc lors de sa tentative de contournement, Rodrik saisit cette belle occasion.

-Ce marin d’eau douce nous offre son flanc, EPERONNEZ-LE ! cria-t-il.

Au même instant, à l’autre extrémité de la ligne des dromons Langecins, la manœuvre se répéta comme si le capitaine avait lui aussi saisit l’occasion. Ni une, ni deux, les dromons plus petits que les galéasses et donc plus maniables se mirent à tourner pour éperonner les vaisseaux adverses en leur cœur tandis que les navires langecins restées à l’arrière profitèrent de cette manœuvre pour aller à la rencontre de leurs ennemis trop orgueilleux. Sur les trois galéasses dont ils disposaient à l'arrière, celle du centre vint alors renforcer la ligne des dromons en rajoutant une centaine de mercenaires du trait dans la mêlée tandis que les deux autres sur chaque flanc faisaient d'ores et déjà leur manoeuvre pour rencontrer les fourbes nélenois.


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MessageSujet: Re: Guerre guerre, vente vent...   Ven 16 Jan 2015 - 19:18



Il était évident, aux premières escarmouches que les mercenaires du trait n’étaient pas à l’aise sur un navire, eux les spécialistes des batailles urbaines. Les carreaux nelenois balayaient plus de trait que d’aigles rouges, reconnaissable aux uniformes différents. Sur le navire de tête, la lutte se faisait sur les deux navires. Un scylléen, armé d’une rapière et d’une masse repéra celle qui donnait les ordres. Une blonde, une femme. Le bougre en rit, et ne garda qu’un sourire torve en s’approchant d’elle. Balayant un mercenaire ennemi de sa masse, le jetant ainsi par-dessus bord. Le scylléen était connu par ses comparses par le doux patronyme de Mange-Moules, et là tout de suite, il n’avait qu’une envie, violer la capitaine des aigles rouges sur le rebord du dromon langecin.
 
« Par là, ma jolie ! Par là ! Cria-t-il à son adresse, en écartant un arbalétrier, nelenois ou langecin ile en avait aucune idée. Un coup de masse brisa le bouclier d’Atanae. Viens par là, que je te défonce le conin. »
 
Un premier coup de rapière vers les épaules, suivi d’un coup de masse vers les jambes pour tenter de la renverser.
 
Un peu plus loin, sur le navire du commandant Hildegard, la galéasse éperonné par le dromon langecin n’était tenu que par quelques soldats, la plupart d’entre eux étaient sur le navire ennemi entrain de gagner du terrain. Les archers avaient cessé de faire pleuvoir la mort pour laisser leurs camarades se jeter dans la mêlée. Epées contre épées, boucliers contre boucliers, les scylléens ne démordaient pas.
 
« Montrez leur à qui appartiennent l’Olienne ! Montrez leur qu’ils n’auraient pas dû quitter leurs boudoirs ! GUERRE ! »
 
Malgré son âge, Hildegard s’époumonait comme un jeune myyrnak. Des esclaves avaient été envoyés en bas pour boucher là où l’éperon avait fait mal. Mais un hourra trop sonore les fit sursauter, lorsque les scylléens arrivèrent à prendre possession du dromon. Les cadavres sur le pont ne gênaient pas, des mercenaires préférèrent sauter par-dessus bord que de passer par le fil de l’épée. Aussitôt, Hildegard donna l’ordre aux navires de se retirer tandis que des flammes s’élevèrent sur un navire plus loin, non pas vers Nelen mais vers Scylla. Son plan avait fonctionné.            
 
Effectivement sur les flancs, les deux galéasses qui avaient tenté de contourner s’étaient vu couper la route par un dromon qui brisa sa ligne, et des galéasses langecines venues les bloquer. Le capitaine Amàdan sourit de toutes ses dents, il demanda au maigre équipage présent de sauter sur une barque et de rejoindre la cote, ne restèrent avec lui que cinq archers, les meilleurs de l’archipel dont les rumeurs couraient sur l’un d’entre eux d’avoir fait parti des Silencieux. Les navires ennemis étaient encore éloignés pour pouvoir remarquer ces petits corps se jetaient à l’eau. Le dromon était de plus en plus proche. Amàdan patienta encore, jusqu’à ce que le dromon soit trop proche pour faire demi-tour. Les catapultes envoyèrent deux tonneaux de poix qui allèrent se briser sur le pont ennemi. A ce moment, là, il décocha sa flèche enflammée, de même que ses archers, et comme ses hommes, passa par-dessus bord juste après. Le capitaine Eusiphes, fit de même sur la galéasse du flanc droit. Les langecins étaient tombés dans le piège du commandant. En effet, les galéasses des flancs étaient en fait de vieilles embarcations commerciales, aménagé sommairement pour apparaitre comme des navires de guerre de loin, mais n’avait qu’un but servir de brûlot. Les flammes montèrent très vite sur les galéasses, et se propagèrent sur les deux dromons, ne faisant aucune différence entre bois et chaires humaines. Aucune chance pour les langecins d’éteindre l’incendie. L'autre navire nelenois, ainsi que le dromon capturé arrivèrent se dégager et prendre donc la fuite vers Scylla, seule la galéasse de tête restait engagé avec la galéasse de gauche toujours flanqué. Les langecins avaient donc un choix à prendre, soit poursuivre les nelenois et prendre le risque d’alerter la flotte scylléenne, soit continuer vers Nelen. Les dés étaient jeté, las de trop de guerres, Guerre, guerre, vente, vent.

_________________
Ombre fugace
Maître de ton destin

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Atanae
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MessageSujet: Re: Guerre guerre, vente vent...   Dim 18 Jan 2015 - 13:33


Lydéric
Pont de l'Albatros, galéasse Nelenoise

Il retire sa pique en un à-coup violent, et son adversaire, qui l'instant d'avant hurlait d'une rage féroce, le fixe d'un air ébahi avant de s'écrouler sur le pont en se tenant les entrailles. Du sang sinue sur le font de l'officier, s'étalant dans ses sourcils broussailleux et gouttant devant ses yeux. Il l'essuie d'un revers de la main, tout en se demandant distraitement quand et comment il à écopé de cette blessure en particulier. Il ne peut rappeler l'instant à sa mémoire. Il y avait trop de chaos.

C'est un de ces instants de pause presque surnaturels qui arrivent parfois en plein cœur d'une bataille. Il lui suffirait de trois pas pour rejoindre le fracas des armes, mais là, juste là, à cet instant précis, nul adversaire à portée, nul danger immédiat. Il s'accorde quelques précieuses secondes pour reprendre son souffle. Il y a dix ans, ça n'aurait pas été nécessaire.
Je deviens un vieil homme.
Demain, il le sait, ses articulations protesteront conte le traitement violent qu'il leur fait subir. Mais il commence à s'y accoutumer. Dans le feu de l'action, malgré tout, il peut encore faire confiance à ses muscles et à ses réflexes, et la poigne de ses mains sur son épée reste assurée. C'est après les combats que son âge se rappellera à lui. C'est à dire, si je n'danse pas devant Tyra d'ici-là.

Son regard d'oiseau de proie, qui n'a pas faibli non plus malgré les ans, se porte autour de lui. Le combat stagne, aucun des deux camps ne semble prendre le dessus. Du moins c'est ce qui lui semble ressortir de la mêlée. Son œil est entraîné à percevoir les changements, les flux et les reflux de la bataille. Il les connait comme un gabier comprend le vent et les courant, il les lit comme d'autres, plus érudits que lui, parcourent les livres. Pourtant, malgré toute son expérience, il sait qu'il peut se tromper. Et que  les vagues et les marées qui forment le combat peuvent toujours changer, s'inverser et le renverser comme un frêle esquif.
Pas le moment d'se faire du lard.
«  Vaille ! Vaille ! Allez mes salauds, coupez-les-y donc en tranches, ces maudits pourceaux ! Tondez-les ! Fichez-leur les couilles à la place des mirettes, foutredieux ! »
Il relève un mercenaire tombé à coté de lui, l'épaule ensanglantée.
« T'as encore tes putain de guibolles, mon couillon, j'me gourre ? Te reste un bras ? Alors sers-t'en, feignasse, pourfends, poignarde, ratiboise, tu t'crois ou, dans le pucier d'ta pute de mère ? »
Et pour montrer l'exemple, comme toujours, il repart au combat.  

Jenora
Pont du Lion d'Or, dromon Langecin

Elle est terrorisée. Rien de ce qu'elle a lu ou de ce qu'on lui a raconté ne l'a préparée à ça. Ou peut-être que si. Une phrase, juste une, lancée en riant autour du feu, le soir de son arrivée. « Quoi que tu imagines, crevette, ça sera pire ».

C'est pire. C'est bien plus affreux que tout ce à quoi elle avait pu penser. Comment a-t-elle pu imaginer qu'elle serait ici à sa place ? Dans ce cataclysme, ce tumulte de fin du monde, plongée au sein de cette foule grouillante qui ne cherche qu'à s’entre-tuer ? Il y a tellement de sang, tellement de cris, tellement de mouvement qu'elle en a envie de vomir. Ses chausses sont humides et ce ne sont pas les embruns. Elle tremble.
Un gaillard chauve aux bras plus larges que ses cuisses s'approche d'elle avec un sourire torve et, d'un large coup de sa hache d'abordage, tente de la fendre en deux. Elle a sans trop savoir comment le réflexe de se jeter au sol. Il donne un nouveau coup, elle roule sur le coté. Elle ne pense même pas à la lame dans sa main, il ne lui vient point à l'idée qu'elle pourrait se défendre. Elle est comme une souris piégée que la terreur la plus totale empêche de réfléchir. Il retire son arme du bastingage, dans lequel elle s'était plantée avec une gerbe d'échardes, et s'apprête à frapper dans sa direction une fois de plus. Elle ne parvient qu'a le fixer d'un regard fou.
Au moment ou il arme le coup, alors qu'elle sait qu'elle va mourir, le nelenois interrompt brusquement son mouvement. Il reste immobile quelques instants avant de s'effondrer inexplicablement aux pieds de la jeune femme avec un grand fracas. Jenora ne comprend que quelques secondes plus tard, en voyant les plumes de gueules et d'argent qui dépassent de sa nuque, qu'il vient de se prendre un carreau d'arbalète juste en dessous du crâne.

Gabriel
Gréement du Lion d'Or, dromon langecin

« Yiiiiiiii haaaaaa, quel tir, c'est c'que les dieux eux-même appellent la perfection ! Gab', t'es vraiment le meilleur ! »

Il regarde un peu autour, pour voir si quelqu'un a remarqué la beauté de ce qu'il vient d'accomplir, un tir exemplaire, droit entre les cervicales,  mais se retrouve déçu. Il est seule sur la petite hune de misaine, qui de toute manière est trop exiguë pour contenir plus d'un tireur, et encore, un petit. A sa hauteur, sur l'autre mât, la plate-forme plus vaste accueille quelques arbalétriers, mais ils sont trop occupés par leurs propres tirs pour s'intéresser à lui.

Dommage. Tant pis pour eux. Il s'affale derrière la palissade crénelée qu'on a installée à la hâte et commence à recharger.

Venir se positionner là-haut était décidément l'idée du Cycle. Ou au moins de la journée. Gabriel mon vieux, tu es un génie. D'ici, il a une vue parfaite sur le champ de bataille, les voiles relevées le laissent libre d'observer à sa guise ce qu'il surplombe et ce qui l'entoure, même l'avancée du combat sur les autres navires. Il jette un rapide coup d'oeil en contrebas. Sur la galéasse ennemie, la Capitaine est en train de remonter lentement le long du pont, une petite troupe à sa suite. Ils se taillent un chemin dans le sang jusqu'au gaillard arrière. Ils vont sans doute tenter de le prendre. Derrière, il entend un nouveau grondement : Une de leur galéasses s'est arrimée au Lion dOr et commence a déverser des renforts, qui ne tardent pas à rejoindre le bâtiment ennemi. Malgré le vent et le fracas de la bataille, la voix tonitruante de Lyderic, qui aborde un autre bâtiment sur sa gauche, lui parvient. Impossible de se tromper sur le propriétaire, personne n'a un vocabulaire si étendu en matière de jurons, et personne ne beugle si fort.

Son arme enfin opérationnelle, il se redresse, et tel un Spectre de Tyra, se met en quête de sa prochaine victime. Je suis l'ombre de la Mort, je suis votre destin implacable. Tremblez ! Là ! Il l'a trouvé. Un peu en retrait, un grand bonhomme qui crie des ordres tout en s'agitant. Un officier, avec un peu de chance. Le gamin prend le temps de soigneusement viser, puis son doigt enclenche le mécanisme. Le carreau fuse.

Pont de la Bellaria, galéasse nelenoise

Atanae eut à peine le temps de lever son bouclier quand le guerrier l'apostropha d'un ton obscène, et se protégea in extremis du terrible coup qu'il lui asséna. La rondache peinte de blanc et d'écarlate vola en éclats, envoyant des échardes sur les deux combattants qui ne les sentirent qu'à peine. Elle dévia un estoc de rapière d'un rapide mouvement de son épée, et bondit sur le coté pour esquiver une frappe de la masse qui tentait de lui faucher les jambes. Son regard croisa celui du nelenois et elle sourit férocement. La masse était une arme lente, exigeant de la force, tandis qu'une rapière demandait vélocité et adresse. Oscillant entre deux styles de combat diamétralement opposés, son adversaire avait peu de chances de trouver un équilibre ou d'avoir une défense efficace, et elle n'eut qu'a attendre. Il enchaîna quelques attaques à l'assommoir, qu'elle évita en reculant jusqu'au bastingage, puis il se fendit pour l'empaler. C'était l'occasion qu'elle attendait : passant sous la garde de la brute, elle empoigna le fort de sa propre lame dans son poing ganté et en enfonça la pointe, des deux mains, dans le large torse de l'ennemi, poussant jusqu'à la garde. Il la fixa d'un air ahuri, et elle s'écarta d'un mouvement sec en retirant l'épée. Le sang gicla de la plaie et de la bouche du soldat, aspergeant copieusement la blonde. L'homme s'écroula.
Voilà que toi aussi t'en as un, de con, et en plein milieu du torse encore. Comme quoi...

Elle fit un pas de coté et se débarrassa des restes de son bouclier brisé. Sur ses flancs, ses compagnons qui avaient été un instant dispersés par la mêlée formèrent à nouveau un rempart autour d'elle, lui permettant de se concentrer davantage sur l'évolution de la bataille.

Sa première constatation fut qu'ils avaient du soutien. Une des galéasses langecines avait établis une passerelle entre elle et leur dromon, et les mercenaires du Trait se déversaient, venant renforcer les rangs des Aigles Rouges. C'était le moment de tenter une percée. Elle agrippa le mât sur sa gauche et se hissa sur le socle qui le maintenait, surplombant un instant la mêlée. Se retenant d'une main, elle brandit son épée et s’époumona :

« Les renforts sont là, les gars, en avant ! C'est le moment de leur foutre une raclée, à ces chiens ! On fonce ! »

Ses « gardes du corps » lui lancèrent un regard mauvais, qu'elle ignora ostensiblement. Ils détestaient qu'elle s'expose ainsi aux tirs, et ce n'était pas la première fois qu'ils le lui faisaient savoir, mais ce genre d'initiatives téméraires étaient une nécessité pour que les hommes gardent du cœur au ventre. Tant qu'elle les menait, tant qu'elle se dressait au milieu d'eux telle un étendard, invincible, intouchable et confiante, veillant sur les combats, leur confiance en elle les poussait en avant mieux que n'importe quelle promesse de paie. Le jour viendrait bien ou elle se prendrait une flèche, si Othar et Tyra en décidaient ainsi, mais jusqu'à présent ils l'avaient épargnée, et le risque en valait la peine.

Portés par les cris de leur capitaine, soutenus par leurs alliés qui arrivaient en nombre, les mercenaires des Aigles poussèrent leur avantage, et petit à petit, mètre après mètre, se mirent à gagner du terrain. Ils étaient pratiquement maîtres du navire quand deux déflagrations, presque simultanées, firent sursauter tant langecins que nelenois.

Ca avait tout à fait les airs d'une catastrophe, là au loin, mais Atanae se força à ne pas y penser et exhorta ses guerriers à reprendre le combat. Ils n'était pas en mesure de faire quoi que ce soit pour l'instant et ce qu'elle n'avait pas les moyens de changer ne pouvait que la distraire. Ils contrôlaient maintenant la maisonnette à l'arrière du navire et tout ses alentours, et les dernières poches de résistance nelenoises étaient matées peu à peu. Elle ouvrit la gorge d'un  soldat qui, bien que blessé, tentait désespérément de l'occire, puis se jeta littéralement sur un autre déjà aux prises avec un de ses hommes, le transperçant par derrière sans cérémonie. L'honneur n'avait jamais aidé qui que ce soit à gagner une guerre, à sa connaissance, et elle le laissait volontiers aux chevaliers des chansons.

Quelques minutes de carnage encore, et puis le fracas des armes mourut lentement sur le navire, remplacé par le silence hébété de ceux qui réalisent, toujours un peu surpris, qu'ils ont survécu à une bataille de plus. Le mutisme général fit pourtant rapidement place à une clameur d'abord sourde, puis de plus en plus vive, un hurlement de victoire rageur, bestial, s'élevant soudain d'une centaine de gorges. Ils avaient gagné. Le navire était à eux.

La blonde capitaine se laissa aller un instant à l'ivresse de la victoire, gueulant avec les autres, mais ça ne dura pas. Une victoire sur ce navire ne signifiait pas que le combat était terminé, loin de là. Elle héla un marin du Lion d'Or posté sur le gréement.

« Comment se présente le reste de la bataille ? »

« Ils ont foutu l'feu à deux de leurs navires, et autant des notres avec, à voir, m'dame ! Ca se bat encore sur bâbord, et on dirait bien qu'ils ont pris le dromon de tribord... Et ils s'en vont ! Ah les lâches, les fumiers, ils sont en train de filer avec notre dromon et leur méchante galéasse ! »

« Est-ce qu'on peut les rattraper ? »

« La galéasse, pas sûr, mais le dromon se traîne, ils doivent pas avoir tant de monde à ramer. »

« Alors faites passez à vos officiers, et faites en sorte de nous amener bord à bord ! On va reprendre cette coque de noix ! »

Si le marin fut offensé par le dernier qualificatif utilisé par la mercenaire, il n'en montra rien. Les ordres furent transmis avec diligence, et il ne fallut que quelques minutes pour que la galéasse prise aux nelenois se mette à la poursuite du fuyard pris aux langecins. Atanae, elle, en profita pour grimper à nouveau sur un poste en hauteur, cette fois une caisse de matériel.

« Ho les gars ! » beugla-t-elle pour attirer leur attention. « On leur a donné une sacrée leçon ! »

Un rugissement d'acclamations lui répondit. Elle le laissa perdurer jusqu'à ce qu'il s'apaise naturellement, puis repris la parole. Au dessus d'elle, les voilent s'étaient gonflées et l'embarcation prenait de la vitesse.

« Y'a bien qu'les macaques nelenois qui soient assez cons pour être surpris ! » Nouvelles acclamations. « Mais c'est pas tout à fait terminé, garçons ! Ces enfoirés ont réussi à nous piquer un navire... Mais vous savez quoi ? On va le leur reprendre ! C'est l'heure de la deuxième raclée pour ces chiens, alors prenez vite le temps de souffler et puis on se remet au boulot. C'est notre jour de chance, on vient de le prouver, et on va recommencer ! Chargez vos arbalètes ! On va leur offrir une seconde danse ! »

Les embruns leur fouettaient le visage tandis qu'ils se rapprochaient du dromon capturé, lent et pataud avec ses rameurs insuffisants. Au signal d'Atanae, une pluie de carreaux et de flèches s'abattirent une fois de plus sur le pont ennemi. Elle s'abrita ensuite derrière la pavesade pour se protéger de la salve nelenoise. La galéasse monta progressivement à hauteur de sa proie, la dépassa légèrement, puis le bosco ordonna aux esclaves de rentrer les avirons, et d'un brusque à-coup, ils percutèrent leur cible.

Sans perdre une minute, les mercenaires se précipitèrent sur l'embarcation volée en hurlant, et la mêlée reprit, sauvage et indiscernable. En contrebas, Atanae entendit monter des encouragements et des cris.

« Ils ont des prisonniers là-dessous ! Lauris, Arnelf, prenez dix hommes avec vous et libérez-les ! Qu'ils viennent nous prêter main forte ! »

On n'a jamais trop d'aide dans une bataille.
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Enrico di Montecale
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MessageSujet: Re: Guerre guerre, vente vent...   Lun 26 Jan 2015 - 20:10

Le râle d'un dernier ennemi retentit sur le navire, les entrailles déchirées par une gaffe adverse. Les autres s'étaient rendus, lâchant lourdement leurs armes au sol, ou dans la mer, et se mettant à genou devant l'équipage langecin victorieux. Des cris de liesse retentissaient alors que déjà des membres du Trait s'en allaient libérer les esclaves, au nom de la miséricorde du duc d'Anoszia. Henri de Montecale, quant à lui, était encore dans la fièvre de la bataille, se cherchant un nouvel adversaire à tailler en pièce. Il fallut l'intervention d'un marin, qui lui dit:

"Messire de Montecale! Messire! On a gagné, c'est bon!"

Le suderon regarda autour de lui, à la fois euphorique et déçu. Depuis tant de temps qu'il ne s'était pas laissé aller à un honnête combat, voici qu'il fut trop court à son goût. Malgré tout, il posa les yeux sur les prisonniers à l'air résigné, gardés par quelques membres du Trait et quelques esclaves déjà remontés des banquettes de la couverte. L'ire de ces anciens serviteurs envers leurs maîtres se lisait sur leurs visages. Un homme à l’œil ensanglanté vint le trouver, puis dit au vice-amiral:

"Que fait-on des prisonniers, sir?"

Sans hésitation, l'estropié répondit:

"Pas de poids logistique, soldat. Je ne souhaite conserver que le capitaine. Faites ça vite, et jetez tout à la mer."

Se tournant pour voir le reste de la bataille, il constata alors qu'elle tournait sans surprise en leur faveur, bien que l'embarcation de l'amiral brûlait. Il remarqua le dromon de tête s'extirper du champ de bataille, prenant en chasse un autre à la traîne. Henri fut à la fois étonné par la rapidité dont avaient dû faire preuve les marins de ce navire pour le dégager de là, et également outré par leur lâcheté. S'en aller en plein combat? Filer à la thaari en plein escarmouche? Parfois, c'était à se demander si l'homme à la jambe de bois n'était pas le dernier représentant courageux de la gente maritime. En regardant de plus près le navire amiral, il serra les dents. Une part de lui-même souhaitait que Vellencour s'en sorte, et l'autre qu'il ne soit jamais retrouvé, le laissant maître des opérations, le laissant à son heure de gloire personnelle.

Il fut dérangé dans ses contemplations par le même homme à l’œil blessé, qui lui fit un bref rapport de la situation:

"Nous sommes maîtres du champ de bataille, sir. Nous avons perdu deux navires, dont le dromon amiral. On a repêché le corps de l'amiral Vellencour. Il est... On l'aurait pas reconnu sans sa chevalière. Un dromon et une galéasse qui ont été prises par l'ennemi sont en train de..."

"Oui, ça j'avais remarqué. Maintenant, il faut réagir vite. Je vois que des bateaux sont en train de courser les deux autres, c'est très bien. Ils pourront prendre le traînard, mais la galéasse semble définitivement perdue. Etant donné que l'amiral n'est plus de ce monde, je dirige les opérations. Ne gardez qu'un nombre limité de prisonniers, je ne veux pas avoir à nourrir trop de monde, même si on ne leur donne que les épluchures. Que les officiers soient séparés les uns des autres et subissent le même traitement que leurs hommes. Nous allons accoster sur la plage et réparer les dégâts, ainsi que mettre en place un camp de base. Tout cela doit être fait au plus vite. Transmets moi ça à tous les autres navires."

"A vos ordres."

"Tiens, au fait! Quel est ton nom, soldat?"

"Sigebert, sir. Sergent dans le Trait."

"Arrange-moi cet oeil, Sigebert."

Le soldat acquiesça de la tête, puis fit mine de partir, avant de s'arrêter dans son mouvement et de dire au vice-amiral:

"Au fait, vous avez une flèche dans la jambe."

"Laquelle?"

"Celle du bas."

"..."

"Heu... Je ferais mieux d'aller donner vos ordres, messire."

Le sergent salua brièvement, avant de se diriger vers le bastingage, afin de transmettre les ordres. Henri baissa son regard, et vit une flèche plantée dans sa jambe de bois. Avec un sourire lugubre, il retira la pointe d'airain fichée dans sa prothèse. Ensuite, il regarda en direction du mat et siffla. Une petite silhouette s'en détacha, noire aux reflets bleutés. Elle glissa dans les airs, jusqu'à se poser sur l'épaule d'Henri. Lazaro émit un croassement, regardant son maître avec insistance. Le vice-amiral lui caressa le poitrail pensivement, avant de voir trois hommes s'approcher de lui.

L'un était le capitaine du navire capturé, avec une épaule en sang et genoux à terre. Les deux autres étaient des marins armés. Avec un sourire satisfait, il dit aux deux hommes:

"Emmenez-le dans ma cabine. Il va pouvoir me dire tout ce qu'il sait, et tout ce que j'ai envie d'entendre. Car les corbeaux aiment les yeux, pas vrai Lazaro?"

Le croassement, lugubre, fit frissonner d'angoisse le capitaine du navire...


HRP:
 
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Oschide d'Anoszia
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MessageSujet: Re: Guerre guerre, vente vent...   Sam 31 Jan 2015 - 14:26


Helmond
La bataille avait fait rage, et était sur le point de se terminer. La capitaine des Aigles rouge avait prise en chasse le dromon fuyard tandis qu’eux faisaient déjà le bilan des hostilités et se préparaient pour la suite. Le lieutenant Helmond de la compagnie du Trait passait les hommes en revus et regardait s’ils étaient amochés ou encore aptes au combat. Au prix d’un lourd sacrifice, la victoire leur avait été acquise, mais pour combien de temps encore ? Maintenant ils y étaient jusqu’à l’os de toute façon et leur seule alternative était de continuer. Un de ses hommes vint alors l’interpeller.

-Lieutenant, on a retrouvé le corps de l’amiral.

Sans répondre, le lieutenant alla à l’emplacement indiqué et découvrit le corps calciné de Rodrik Vellencour. Privé de la plus haute autorité, cela ne voulait dire qu’une chose : le vice-amiral passait au niveau supérieur et c’était avec lui qu’il devrait préparer la suite, en plus de la capitaine mercenaire qui avait été engagé.
Helmond fit alors face aux hommes qui avaient été désarmé et fait prisonniers. Ils étaient alignés et l’on pouvait en compter une dizaine. Il n’avait que du mépris pour eux, mais pouvait-il vraiment les blâmer d’avoir voulu défendre leur île ? Dans tous les cas, il n’avait même pas à penser ça, ce genre de chose était réservé à la hiérarchie, mais il eut tout de même un petit pincement au cœur.

-Le vice-amiral…euh…le nouvel amiral est parti interroger un prisonnier. Qu’est-ce qu’on fait des autres, lieutenant ?

-On les fera parler si besoin, et s’ils ne coopèrent pas, nous mettrons un terme à leur vie.

-Bien.

Helmond regarda alors en direction de la course poursuite qui était en train de se dérouler au large.

-Préparez un navire et qu'il fasse route vers celui du capitaine des aigles s’ils sont en difficulté. Pour ce qui est des autres, attendons les ordres de l’amiral de Montecale.

Depuis le départ d'Azalie, la mer lui avait foutu la gerbe, mais à présent il ressentait presque une certaine sérénité à s’y trouver. Ignorant encore comment les choses se dérouleraient pour eux dans l’avenir, Helmond aurait presque aimé rester un petit plus longtemps. Néanmoins, les hommes à bord de la compagnie semblaient enjoués et encore prêt à en découdre. Certains pillaient les cadavres des nélenois, d’autres buvaient quelques coupes de vin, mais tous ici savaient très bien que le combat durerait.
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MessageSujet: Re: Guerre guerre, vente vent...   Mar 3 Fév 2015 - 19:26

Au cours des trente dernières années, on racontait bien des choses à propos de Nelen avant que celle-ci ne se fasse convoiter par les puissances maritimes de la Péninsule avec Diogène d’Ydril, Eulalie de Merval et Aetius de Scylla. Et aujourd’hui, des années après l’effarouchée de Port-Cinglant, Langehack affrontait Scylla pour l’archipel où les langecins devait compter trois centaines de pertes humaines au moins. Même si le nouveau duc arrivait à débarquer à Nelen, la bataille navale qui l’aurait précédé n’aurait pas été mentionnée comme une victoire de la part des péninsulaires avec deux navires en feu, et un troisième se faisant la malle.

D’ailleurs tous les regards étaient tournés vers ce dromon capturé, le navire de la capitaine mercenaire était en route pour le reprendre, et de ce fait aucun ne prêta attention à l’eau où une ombre de plus en plus grande commençait à apparaitre. Depuis plusieurs ennéades à présent, dans les eaux entre Thaar et la Péninsule, des navires avaient été porté disparu, ou inexplicablement coulés. On rapportait des rumeurs, des rumeurs qui allaient bientôt être confirmé par un millier d’hommes car ce qui allait suivre n’était pas le fait d’une rêverie collective.

A première vue, on aurait dit un Norkan mais s’en était pas un pour les marins aguerries. La crête dorsale de la créature tranchante comme mille rasoirs érafla le flanc du navire d’Atanae lorsque celle-ci aborda le dromon devenu scylléen. Mais au moment où le fer se croisait, la créature apparue à travers les lattes de bois, divisant le navire en deux. Sa grande gueule fondit le navire de guerre comme si celui-ci était fait de beurre, sa gueule grande ouverte happa un homme et d’autres purent voir trois rangées de dents bien acérés tandis que les lambeaux du navire tombaient sur chaque côté de la gueule de la créature qui déployant ses ailes dorsales monta à une hauteur de cinq mètre avec un morceau du pont dans sa gueule et une Atanae accrochait à son museau. La créature, dont on pouvait deviner une longueur dépassant les vingt mètres agita sa gueule pour replongeait dans l’océan non sans donner un coup de queue au deuxième navire encore « intact ».

Luin Delth venait de prévenir les hommes que les mers étaient son royaume.


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