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 La loi des corbeaux

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MessageSujet: La loi des corbeaux   Lun 26 Jan 2015 - 18:42



Début de la deuxième ennéade de Bàrkios
An Huit, Onzième cycle


Ils descendirent la colline et traversèrent un champ parsemé de buissons épineux, projetant des mottes de terre dans leur sillage. Des aventuriers, jetés sur les routes pour des raisons diverses. L'appât du gain pour certains, la perspective d'une vie dangereuse mais facile pour d'autres. Ou simplement pour se trouver du côté des oppresseurs plutôt que des opprimés.

Ils étaient remplis de cette détermination froide qui précède le chaos. Ils n'en étaient pas à leur coup d'essai ; le départ du comte avec son armée pour marcher sur Diantra avait enhardi ceux qui craignaient encore des représailles, et les canailles de la pire espèce commençaient à avoir la part belle.

Émergeant de la brume par dizaines, telle une armée arrivant tout droit des enfers, les aventuriers fondirent sur le village.

La suite était inévitable. On se défendit dans le village, et l'on se battit avec l'énergie du désespoir, mais la lutte était inégale. Les bandits, galvanisés par la soif du sang et la cupidité, laissèrent les fermiers morts, gisant à terre avec leurs armes de fortune, baignant dans le pourpre ; puis ils brûlèrent les récoltes, pénétrèrent de force dans les maisonnées, dérobèrent les biens, les épouses et les jeunes filles.
Les survivants furent pendus aux arbres ; et lorsqu'il n'y eut plus assez d'arbres, on les massacra purement et simplement.

Alors les aventuriers s'en furent, laissant le soin aux corbeaux d'investir les lieux.
Mais, tôt ou tard, ils frapperaient à nouveau.

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MessageSujet: Re: La loi des corbeaux   Ven 6 Fév 2015 - 15:43

Des lyronois sans aucun doute à entendre leur rire gras. On ne savait pas sous quelle bannières ils se battaient, on ne savait même pas s’ils devaient allégeance à qui que ce soit. Ils avaient rompu le ban depuis plusieurs ennéades pour la plupart, supportant mal la défaite de leur duc devenu plus que l’ombre de lui-même. C’est avec plusieurs camarades qu’ils franchirent la frontière velterienne, pour des pillards, ils étaient bien équipés. Frispouille Bras-Long avait « volé » des montures au seigneur Norbert, et après avoir brûlé un hameau au sud d’Erac, ils décidèrent de descendre plus au sud, là où il n’y avait plus de soldats pour les prendre en chasse d’après les rumeurs.

C’est ainsi qu’ils traversèrent une partie des plateaux de l’ouest, il était triste de constater que les champs avaient été abandonné pour la plupart, les hommes du pays étaient à la guerre, et leurs femmes allaient bientôt pleurer leur absence. Frispouille avec ses hommes étaient passé par trois villages, l’un semblait abandonner, le deuxième avait déjà été pillé et au troisième, pauvre, certains jeunes garçons l’avaient prié de les prendre avec eux. Frispouille devint alors Frispouille Bouche-Trou.

Sur les routes, on les évitait, parfois quelques brigands esseulés venaient grossir leurs rangs. La témérité de Frispouille le poussa à un quatrième village non très loin de la ville fortifié de Beltrod. Les vilains attendirent la tombée de la nuit pour s’abattre sur le pauvre village comme des furies. Ceux qui étaient montés arrivèrent au galop torche à la main, ils les jetèrent sur les masures et épée à la main, ils attendirent que le feu prenne. Très vite des cris, d’abord de surprise puis de frayeur. Les portes des plus grosses maisons furent défoncés, les femmes trainaient dehors par les cheveux, les enfants égorgés par les plus sadiques ou laissés apeurés au coin. On prit tout ce qui avait de la valeur, on prit la nourriture également, et on mit le feu à ce qu’on ne pouvait pas prendre, dont les vieillards dont certains prirent un malin plaisir à les voir gigoter tout en flamme.

Les pauvres femmes furent violés, même la grosse bertha qui avait dit-on assommé son époux avec sa bedaine un jour. Celles qu’on jugea bonne furent enlevés, et les autres tuées. On les pendit ensuite à des arbres tout autour, d’autres accrochés à des troncs, ceux-là, on leur avait cloués une main qui pointait vers Beltrod. Ultime provocation de Frispouille, le Porc de Harren.

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MessageSujet: Re: La loi des corbeaux   Ven 6 Fév 2015 - 18:50


« Combien ?! »
« Trois cents k’il a dit’ l’vioc ! »
« Par la sainte’ mère y délire. »
« Je crois aussi. »
« Allez lui r'd’mander m’rde ! Bien sûr ki délire ! S’doit être tout flétri dans sa kaboche d’puis longtemps, mais k’ess vous voulez, c’est l’seul survivant, on n’a pas l’choix. »

Les hommes présents hochèrent la tête, résignés à l’annonce de cette simple vérité. Peu de personne osait contredire Barral, non pas parce qu’il était effrayant et aussi puissant qu’un auroch, non, simplement parce qu’il avait souvent raison. Ils se dirigèrent tous en direction du « vioc », c’était un surnom bien sûr mais personne ici n’aurait pu le nommer par son vrai nom.
Très tôt dans la matinée il avait déboulé sur la place centrale du village en hurlant à la mort. Gildric le marchand qui commerçait souvent avec le village voisin l’avait reconnu à vu mais même lui n’aurait pu éclairer plus les villageois au sujet de cet homme.

On avait essayé de le raisonner mais le vieux était hystérique. Il saignait, blesser à de nombreux endroits,  sans parler des traces de brûlure qui recouvraient sa peau.  Alors les villageois du hameau de Bassegrange non loin de Rochenoir, c’étaient occupés de lui. On lui avait trouvé un endroit calme, on avait pansé ses plaies et on lui avait même servit un chope d’alcool forte. Puis les hommes avaient décidé de se réunir afin de tirer au clair cette histoire. Le vieux avait toujours le regard fuyant, semblable à celui d’un lapin coincé dans un collet, mais son état c’était « stabilisé ». Il était temps de l’interroger.

Barral prit les devants, il s’approcha doucement et prit une chaise pour s’assoir en face de lui, puis le géant posa sa lourde main sur la frêle épaule.

« Raconte moi l’vioc, raconte moi tout. »

«Tout ? Tu veux tout savoir ? Je vais tout te dire alors moi ! Ils sont arrivés dans la noir nuit, piaillant criant, hurlant tel les loups du Royaume de Tari. Oh par les cinqs Martha est morte…Yovrik est mort ! MORT tu entends ?! Avant même d’avoir levé le petit doigt !  J’étais la moi, j’ai tout vu, tout entendu. OUI j’étais la moi ! Tu y étais toi ? Non ! J’étais le seul encore éveillé à cette heure de la nuit, je sors surveiller les cochons de Rosa avant de m’endormir…Oh…Les cochons ! Ils sont morts eux aussi. Rosa AUSSI ! …. Quand les premiers gaillards sont enfin sortit des maisons à cause du bruit, ils ont déchainés les feux de Othar sur nous ! Les maisons brûlaient, les gens hurlaient, les gens brûlaient, les maisons hurlaient, les cochons hurlaient en brûlant. TOUS MORT ! Personne encore debout…Les femmes…Oh par les cinqs….Ma fille ! Pendu violé, violé pendu voila comment elles ont toutes finis. J’ai assisté à tout ça…Par le trou. La vieille barrique. Mais le feu ma retrouvé ! La barrique à brûlait ! Ocrepuy. Détruite. Course dans la nuit. Ocrepuy…… »

Le vieux marmonna encore quelques phrases que personne ne put déchiffrer. Son regard était vitreux, perdu dans le vide. Il n’avait plus toute ça tête et ça tout le monde pouvait en être témoin se soir. Un silence de plomb était tombé dans la Grande Maison.

« Dit moi l’vieux, dit moi, c’était ki’ ? Ta rien r’connu ? »

Pas de réponse mais à l’extérieur, quelqu’un hurla. Le vieil homme sembla retrouver toute sa vigueur, il saisit Barral par le col, plongeant ses grands yeux terrifiés dans ceux du géant.

« Ils arrivent ! Les chiens ! Ils arrivent ! »


Et ce fut le chaos.
Le lendemain, les corbeaux volaient haut dans le ciel, tournoyant dans les volutes de fumée qui s’échappaient encore des ruines de Bassegrange.

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MessageSujet: Re: La loi des corbeaux   Sam 2 Mai 2015 - 15:28


Fin de la cinquième ennéade de Bàrkios
An Huit, Onzième cycle




Une troupe grossie et grouillante comme un immonde amas d'insecte roulait sa bosse sur la plaine, ne s'arrêtant que le temps voler, bruler, tuer, violer, rafler.

Les hurlements résonnaient encore dans sa tête.

Les cris de sa mère. Son père le jetant derrière l'armoire près de la cheminée, là ou la fissure que Sam n'avait jamais réparée permettait de se cacher derrière le conduit. La porte qui éclate. Les rires déments des soudards. Le dernier souffle de son père. Les appels de sa sœur puis ses cris de douleur jusqu'à ce que ses cordes vocales lâchent. Les suppliques de sa mère derrière les cris rauques des brigands. Les larmes lui brouillaient les yeux.

Pendant ce temps, d'autres avaient envahi la bâtisse comme une armée de verres grouillants. Dépouillant pièce par pièce la chaumière du moindre morceau de métal. Des bougeoirs aux couteaux en passant par coffret de grand-mère. Une a une les lattes du parquet furent arrachées pour trouver des cachettes. Les quelques meubles explosaient pour livrer leurs secrets, éventrés à coup de masse. Au-dessus, on ravageait le grenier à foin.

Une voix bourrue ordonna de récupérer toutes les provisions. Aussitôt dit, aussitôt fait. Pain, légume, farine, bétails s'envolèrent, jusqu'à la soupe même qui trônait toujours dans son chaudron accroché à la crémaillère. Dans la cheminée. Près de l'armoire.

Un gémissement lui échappa. Le profil de la montagne crasseuse au tarin aplati qui avait le nez dans la marmite se redressa. Il fronça ses sourcils broussailleux en une mine terrible. Mais les cris persistaient.

" Va ! Feme l'race d'ta bachelette ! "
" Jaloux boursemolle ?! "Grogna l'autre.
" J'ai entendu que'q'chose. "

Ses gros godillots s'écrasèrent sur le sol alors qu'il s'approchait de l'armoire grande ouverte. Elle s'étala sur le sol sans un fracas immense. Les petits yeux de l'homme apparurent distinctement. Un sourire mauvais balafrait sa trogne.

" On allait oublier un 'tit rat ! "

Un hurlement de plus s'ajouta au choeur lorsque le battoir de l'aventurier se referma sur son col.

Au matin, tout n'était plus que cendre et silence. Sam, Sylvain et le vieux Bernard avaient été cloués à l'arbre des pendus pour ne pas perdre les bonnes habitudes. Les corbeaux pouvaient continuer leur festin.




Lorsque le Barlin arriva avec son chariot pour se réapprovisionner en fourrage, il n'eut que le temps de sauter à bas de son attelage pour vider son estomac avant de faire demi-tour au grand galop tant l'odeur lui retournait les sens. Jamais il n'oublierait le visage de cet enfant figé dans la plus pure terreur, la peau craquée par les flammes.

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MessageSujet: Re: La loi des corbeaux   Mar 26 Mai 2015 - 19:01


Durant Calimehtarus de la 7ème ennéade de Bàrkios
La 8ème année du 11ème cycle...

Plusieurs grandes roulottes tirées par deux chevaux mal nourris. La peinture était vétuste mais on pouvait tout de même lire ceci : «  La Joyeuse troupe » suivit d’un « Là où ils passent, personne ne se lasse ». Un semblant de bouffon était aux commandes des rênes. Son expression était plutôt maussade alors qu’on pouvait aisément entendre des rires.

Il tapa du pied trois fois lorsqu’ils s’approchèrent enfin d’un petit village ce qui eut comme effet de faire taire la gaité qui s’échappait des fenêtres des maisons ambulantes. A vu de nez, il ne devait pas y avoir plus de deux cents âmes qui habitaient ce lieu. Lorsqu’ils furent enfin sur la petite place, les adultes semblaient perplexes alors que les enfants criaient déjà leurs joies en se rassemblant autour des chevaux et du bouffon.

Un fou sortit alors sa tête par la fenêtre et se mit à grimacer, faisait rire à pleins poumons les gamins. « On ne veut pas de vous ici ! Partez ! » Pouvait-on entendre de la bouche d’un ancien, lui qui soupçonnait déjà le montant fastidieux qu’ils allaient devoir payer pour leurs services. Après tout, n’avaient-ils pas déjà du mal à se nourrir ? Il était donc hors de question de payer quoi que ce soit pour de la distraction bas de gamme.

Les portes s’ouvrirent dans un fracas. Bouffons, troubadours, mimes, acrobates, musiciens et saltimbanques prirent possession de l’espace qui les entourait. Un dernier homme sortit vêtu proprement et arborant une jolie moustache en crocs. Celui-ci semblait prendre un air hautain mais il ne faisait que jouer un rôle. L’homme fit le tour de ses roulottes, invitant les habitants à venir observer le spectacle. Il parlait clairement, dans un langage compréhensible de tous et séducteur, utilisant les mots nécessaire pour attirer ses proies. Au final, la majorité du village se retrouvait en cercle autour de la vingtaine d’artistes. Les musiciens commencèrent alors à faire résonner les notes alors que les bouffons et les fous amusaient la galerie en se chamaillant. Les acrobates jouissaient de la liberté que leurs offraient leurs corps alors que les mimes et les saltimbanques faisaient chambre à part. Les spectateurs ne savaient plus où donner de la tête alors que la joyeuse troupe se donnait à cœur joie pour les distraire.

Un signal fut alors donné par l’un des saltimbanques qui jeta l’un de ses instruments en l’air. Des cavaliers pénétrèrent alors dans le village et se mit à massacrer les habitants. On entendit des cris et l’amas de paysans distraits pour les artistes ne s’attendaient pas à ce que ceux-ci sortent les armes. Vieillards, enfants et femmes étaient des proies faciles alors que les jeunes hommes se défendaient tels qu’ils le pouvaient. Le pillage viendrait par la suite. Une demi-heure passa et plus aucun cri ne fut poussé. Les artistes entrèrent alors dans chaque chaumière et en vida leurs contenu. Les cavaliers n’hésitèrent pas à s’amuser avec les quelques femmes et gamines qui restaient.

Le village fut laissée telle quelle alors qu’en son centre, sur la fameuse petite place, quiconque pouvait lire, en lettres de sang, sur les portes des chaumières : « Là où ils passent, personne ne se lasse. »

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Nimmio de Velteroc
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MessageSujet: Re: La loi des corbeaux   Ven 10 Juil 2015 - 11:09

La lame émit un bruissement sanguinolent tandis qu’elle s’extirpait des chaires meurtries dans lesquelles elle s’était fichée quelques seconde plus tôt. Après un léger mouvement dans les airs, voici qu’elle rencontrait un chiffon déjà fort maculé de sang et dont l’ambition n’était autre que de la nettoyer de toute souillure.

Funérailles, car tel était le nom qu’on lui donnait, était des plus méticuleux avec son équipement. Il savait qu’un équipement bien entretenu ne faisait que rarement défaut à son porteur et ce n’étaient pas ses adversaires qui pourraient dire le contraire.

Autour de lui, la curée avait lieu et les hurlements des mourants se cumulaient au bruit au tintement des haches qui venaient leur donner le coup de grâce. La bataille qui s’était déroulée dans la bourgade de Niften n’en avait pas été une. Les coupe-jarrets n’avaient eu aucune chance et leur résistance fut bien plus symbolique qu’autre chose avant qu’ils ne cèdent à la débandade et ne soient cueillis comme des fruits murs.

Il fallait bien avouer que le piège avait été parfaitement tendu. Qui se serait douté que le village paisible de Bourleoin pouvait accueillir en son sein un régiment de la garde velterienne fraichement revenu de campagne ?

Les pillards avaient étés repérés la veille par des guetteurs tandis qu’ils prenaient la route du lieudit. Trop confiants en la réussite de leurs rapines, du fait du peu de résistance rencontrée jusqu’ici, ils ne se dissimulaient presque plus et préféraient la rapidité du déplacement à sa discrétion.

La Garde Velterienne était donc arrivée de nuit afin de se dissimuler dans les habitations du village, parmi les habitants et, lorsqu’au petit matin, la bande passa a l’attaque, ils se retrouvèrent rapidement pris de cours et encerclés sur la place du village… Où venait de se dérouler un véritable carnage.

Sur plus de soixante pillards, une vingtaine étaient déjà morts, une dizaine les rejoindraient bientôt, une dizaine de plus souffrait de blessures plus où moins grave et les autres avaient déposés les armes dès que l’issue du combat fut inéluctable. Leurs chefs qui avaient survécus furent amenés sur la place centrale du village et livrés à la fureur de la population qui exprima là ses plus bas instincts. Leurs corps meurtris furent ensuite trainés dans toute la bourgade avant que leur tête ne finisse en haut d’une pique à l’entrée de cette dernière.

Les autres, seraient incarcérés, sans doute en vue d’être vendus en tant qu’esclaves en Estrevent où dans les Wanres… A moins qu’ils ne soient employés dans les mines de fer où de charbon.

Mais le travail de la garde Velterienne n’était pas terminé. Il fallait à présent poursuivre les derniers petits groupes de pillards qui tenteraient certainement, à l’annonce du sort de leurs compères, de disparaître dans la nature. Mais nul n’échapperait à la justice Velterienne, la Garde y veillerait personnellement.

Des patrouilles avaient été mises en place dans toute la région et surveillaient désormais étroitement les villages. Il ne serait dès lors plus possible de les piller sans grand risque. La vie de brigand de grand chemin devenant impossible, il ne faisait nul doute que les choses se calmeraient bien vite.
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MessageSujet: Re: La loi des corbeaux   Mer 26 Aoû 2015 - 12:20


Le ciel gronde, la terre tremble. Les pluies torrentielles transforment les champs en boue. Certaines récoltes sont perdues. Le peuple s’inquiète, les réserves s’épuisent, les hommes sont absents des champs ; partis à la guerre.

Non loin de l’orage, les chevaux s’agitent, des hommes approchent…

Au-delà de la petite colline, une ferme était la proie des flammes. Les hommes avaient faim, les pillards se multiplièrent, les paysans furent volés de leurs biens mais également de leurs maigres récoltes, se retrouvant sans rien. Il ne leur restait que leurs bouches pour jurer leurs seigneur. Une autre ferme au loin subit ainsi le même sort, puis une autre, et encore une autre.

Une trentaine d’hommes, voilà leur nombre. Des cavaliers en proie à un estomac vide qui réclamait trop souvent. Ils attaquèrent surtout les fermes isolées; des patrouilles rôdent. Ils n’étaient pas seuls, d’autres groupes s’étaient formés, d’autres hommes et femmes se devaient de voler pour survivre.

La rumeur se répand, le comte déploie des hommes mais qu’importe ! Des attroupements eurent lieu dans différentes places publiques. Ils se rassemblèrent, pour parler, pour jurer. Le peuple manquait. Le peuple s’inquiétait.


« L’orage ! L’orage a tout détruit ! » Pouvait-on entendre plusieurs bouches prononcer.  « Les récoltes ! Nous n’avons plus rien ! »

Le peuple revendiquait.

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Blanche d'Ancenis
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MessageSujet: Re: La loi des corbeaux   Jeu 22 Oct 2015 - 13:23

En dépit du fait que Velteroc n’était pas concrètement sa terre, Blanche de Hautval mettait un point d’honneur à faire régner la justice partout où sa « juridiction » était valable et face à cette instabilité croissante, la Comtesse avait décidé d’aider quelque peu son mari. Après tout, ce n’était pas la faute du peuple et pourquoi devait-il payer sans cesse ? Blanche avait encouragé ses chevaliers à venir aider leurs « frères » d’arme en dépit des différends séparant désormais le couple. Certains étaient venus, guidés par les valeurs chevaleresques afin de faire croître leur renom autant que celui de leur Maîtresse, si bonne et généreuse, n’est-il pas ? La Baronne avait aussi fait dépêcher deux petites escadrilles de soldats et deux officiers de son armée dans le but d’aider davantage la garde Velterienne. A cela fallait-il ajouter le grondement sourd du peuple crevant de faim. Fort heureusement la récolte d’automne avait été bonne et l’hiver n’avait pas été foncièrement trop froid ce qui avait laissé à Hautval de bonnes réserves. De plus les tensions des guerres avaient obligé Hautval à revoir à la hausse sa productivité en terme de récolte et avait forcé à demander des grains d’Ithrii’Vaan en raison d’un potentiel blocus qui s’avéra réel en provenance des plaines d’Atral.


Quoiqu'il en soit la machine était en marche. Les finances de Hautval avait toujours été stable. En une décennie, la Dame avait eu le temps d'implanter une économie aux rendements réguliers et continus malgré les soubresauts des guerres silencieuses. Alors que l'été commençait, viendrait alors le temps des récoltes. Et des sacs de grains et de semoules arriveraient bientôt. A cela, il y aurait les vendanges aussi fin des mois estivaux, début automne. En dépit de l'amorce révolutionnaire paysanne, Blanche avait aussi demandé de l'aide à son père qui accepta de financer avec une partie de sa fortune l'achat des bases de la pitance ajoutant à cela que c'était un coup de pouce d'Ancenis même si la baronnie n'avait pas déboursé une seule couronne.
Mais il ne fallait pas non plus se leurrer, le contrecoup de la guerre, l'aménagement d'une retraite pour les blessés qui étaient reconvertis en fermiers et paysans avait, le blocus des plaines d'Atral avait un côut. Néanmoins, Hautval saurait subvenir à ses besoins.


En sainte bergère, Blanche d'Ancenis avait su écouter le bêlement de ses petits agneaux apeurés. Mangez. Mangez mes petits.
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