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 Quand un chat se voit lion....

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Rihan
Humain
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MessageSujet: Quand un chat se voit lion....   Dim 8 Fév 2015 - 18:30

An huit du onzième cycle
Première ennéade du mois Bàrkios
Deuxième jour...



Un silence de mort régnait sur les lieux. A peine les gonds avaient grincé qu'il n'avait pas fallu une seconde aux occupants pour épinglés les arrivant comme étrangers. Enfin, étrangers dans le sens non marin.

Hayle, dit L'Oiseau, ex-fauconnier de métier, se tourna vers Rihan. Plus vieux que ce dernier, il était souvent avisé. L'oeil exercé, au moins autant que celui de son volatile, peu de choses lui échappaient. Il avait ainsi estimé qu'il ne survivrait pas s'il lui venait l'envie de prendre le pouvoir dans la bande. Il n'aurait pas eu tort. Mais depuis, il était le premier conseiller du chef bandit.


-A moins d'être marin ou sirène, on obtiendra rien d'eux...

Rihan hocha la tête avec un petit sourire avant de s'avancer dans la salle principale, les murmures à peine dissimulés le gratifiant de pas mal de sobriquets. S'il n'y avait eu Le Roc, véritable montagne de muscles assortie d'une hache à deux mains, aux doubles tranchant, dans son dos et son acolyte L'Acier, espèce de magasin ambulant de lames en tout genre qu'il prenait un malin plaisir à afficher ouvertement, Rihan n'en aurait pas mené aussi large. Non qu'il se sente démuni dans cette taverne hostile, mais si un incident devait se produire, il préférait que ce soient ses hommes qui attirent l'attention le temps de sa fuite.

Arrivé à une table, près d'une fenêtre donnant sur une ruelle, il s'y installa avec Hayle, L'Acier allant vers le comptoir, et le Roc s'adossant sur la poutre porteuse à proximité de la table. Les regards continuaient de converger sur eux avec toute la discrétion dont sont capables des marins. Rihan déposa alors une bourse bien pansue sur la table, dénoua le nœud et laissa quelques pièces sonnantes et trébuchantes réduire l'attention de l'assemblée sur sa personne. L'Acier revint alors avec de la bière qu'il déposa violemment sur la table. Annonçant le dernier acte de la mise en scène.

Rihan déclara alors :


-Une bière pour chaque nouvelle de la région ! Cinq pour chaque nouvelle que je jugerais intéressante ! Une tournée générale pour LA nouvelle !


Trois heures passèrent, et avec elles un flot ininterrompu d'informations de tout genre. Rihan ne pouvait révéler celles qu'il recherchait, et les marins ne pouvaient deviner ce qu'il était. Un mercenaire ? Un bandit ? Des hommes de mains ? Au final peu leur importait du moment que la bière suivait. Bien qu'il y ait eu des révélations d'adultères, des faillites de capitaine, des rumeurs de mutineries, d'aucun intérêt pour le bandit, il y eu aussi de bonnes informations : Un convoi pour tel ou tel endroit, un noble de passage et bientôt sur le départ par voie de terre, des vagues de mercenaires partant pour tels lieux, mais ce fut bien cette nouvelle en cours qui retint l'attention de Rihan.

En face de lui, un marin qui en était à sa troisième ou quatrième révélations, et autant de bières, ne cessait de jacasser à tout va, jusqu'à :


-Y paraît qu'le navire d'la baronne a été r'trouvé pas loin d'ici ! L'en reste pu rien ! 'fin à c'qu'on dit !

La baronne d'Olyssea disparue, il y aurait une guerre de succession. Des pillages, des massacres, des nobliaux en vadrouilles dans toute la région. De quoi faire fructifier un peu plus la cagnotte de la bande, mais Rihan comme toujours voyait plus loin.

Après avoir congédié son ami marin, il se pencha vers L'Oiseau.


-Confirme moi la rumeur et rejoint moi au camps.

Intrigué son second haussa un sourcil.

-A quoi tu penses ?

Rihan se contenta de sourire. Énigmatique. Et Hayle n'insista pas. Jusque là, rares avaient été les arrières pensées de son chef s'avérant désastreuses pour la troupe.

Le lendemain, Hayle accrocha un message à chacune des pattes de son faucon. Dressé pour rejoindre les deux points de chute de la bande, près d'Etherna et en terre Arétanne, il délivrerait le message de leur chef.


" Qui pour succéder à Arsinoé d'Olyssea ? Prétendant ? Héritier ? Famille ? Envoyé messager et hommes à Sharas ! "


An huit du onzième cycle
Première ennéade du mois de Bàrkios
Neuvième jour...


Ils arrivèrent dans la matinée en ce jour.

Accompagné de L'Oiseau et de Le Roc, Rihan se présenta devant la porte principale du castel de Dame Vaea d'Olyssea. S'adressant aux gardes en poste.

-Votre maîtresse aurait-elle l'amabilité de m'accorder une audience?

Et pour appuyer cette requête, pas moins de dix bandits, montés sur des chevaux pointaient lances et flèches vers les gardes visibles, tandis qu'une vingtaine d'autres partaient de chaque coté du castel.

-S'il vous plait...


Dernière édition par Rihan le Jeu 26 Fév 2015 - 14:27, édité 2 fois
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Vaea d'Olyssea
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MessageSujet: Re: Quand un chat se voit lion....   Dim 15 Fév 2015 - 20:26

Le castel était souvent en effervescence, il ne l’était pas moins aujourd’hui. Même si ce n’était pas pour les mêmes raisons. Fébrilité et inquiétude régnaient en maîtresses au fond des cuisines et parmi chacun des domestiques, et ce depuis plusieurs jours déjà. La nouvelle était tombée comme un couperet : Arsinoé, Baronne d’Olyssea et Marquise de Sainte-Berthilde avait disparu. Le navire échoué sur les côtes, portant l’étendard de la Baronnie laissait peu de place à l’espoir quant au sort de la dame, et pourtant, les spéculations allaient bon train. Peut-être était-elle morte… Ou peut-être avait-elle été secourue. Peut-être même n’était-elle pas vraiment à bord. Quoiqu’il en soit, il n’y avait plus d’autre sujet de commérages.

On évitait néanmoins d’aborder le sujet devant la maitresse de maison. Personne ne savait sur quel pied danser en sa présence. Vaea d’Olyssea était la tante d’Arsinoé, mais l’inquiétude qu’elle manifestait officiellement, ainsi que l’espoir de voir un miracle se produire, s’évanouissaient tous deux dans le privé. Là, elle affirmait que la Marquise était morte, et rabrouait ceux qui se risquaient à insinuer le contraire…

Enfermée dans sa chambre, la jeune femme s’adonnait à l’une de ses activités favorites. Elle admirait le reflet que lui renvoyait le miroir accroché au mur et qui lui permettait de se mirer de la tête aux pieds. Ce qu’elle y voyait la ravissait d’ailleurs, de la pureté de ses traits aux formes gracieuses de sa silhouette, mises en valeur par la robe de laine noire que lui imposait le deuil de sa nièce. Oui, se disait-elle, même avec des atours aussi ingrats elle était parfaite. C’était ennuyeux, mais les apparences étaient primordiales en ces circonstances, et Vaea savait qu’agir autrement serait nuisible au projet qui était le sien.

Les temps étaient troubles, mais en réalité, les choses n’avaient plus été aussi parfaites depuis bien longtemps. La Dame repensa à la surprise qu’avait été la sienne lorsqu’un messager était venu lui annoncer le naufrage. Le sang avait déserté son visage, la laissant aussi pâle qu’une morte, et offrant à tous ceux qui étaient présents,  la vision d’une parente abasourdie et horrifiée. Et pourtant… Pourtant, il n’en n’était rien. La jeune femme avait simplement pris conscience de tout ce que la nouvelle impliquait pour elle,  et de toutes les portes qui étaient susceptibles de s’ouvrir désormais. Tant de choses…

Mais une agitation soudaine mit fin aux douces rêveries de la jeune noble. On criait en bas. Ou plutôt, on pleurnichait comme une dinde en invoquant les Dieux. Qu’y avait-il encore ? Ces domestiques avaient l’art de s’émouvoir d’un rien et de lui mettre les nerfs à vif. Agacée et réprimant à peine un grognement de frustration indigne d’une dame, Vaea quitta sa contemplation et rejoignit le couloir en ouvrant la porte sans douceur. Son pas était nerveux lorsqu’elle s’avança sur le tapis de laine, et elle aurait rapidement gagné l’escalier si une curieuse scène n’avait pas attiré son attention alors qu’elle jetait un coup d’œil machinal par l’une des fenêtres donnant sur l’entrée. Des cavaliers. Beaucoup de cavaliers…




En voyant l’étrange procession arriver, Lothain avait laissé apparaître une grimace contrariée. Son instinct ne le trompait jamais, et son instinct lui soufflait que le freluquet à sa tête était porteur d’ennuis. D’un discret signe de main, il avait néanmoins imposé à ses camarades de ne pas esquisser le moindre geste. Ainsi, personne n’avait bougé. Geoffray et March étaient respectivement restés postés sur le perron de pierre, à droite et à gauche de la lourde double-porte en bois, tandis que Fynn et lui occupaient les mêmes positions, au pied de l’escalier.

Depuis qu’il était au service de Dame Vaea, Lothain n’avait jamais eu à faire face à ce genre de situation. L’emploi était assuré, et se voulait relativement paisible au vu du manque d’importance de sa maitresse, mais voilà que cet homme, sorti de nulle part réclamait audience. Se raclant la gorge et réprimant l’envie de passer la main dans sa barbe grisonnante comme à chaque fois qu’il était contrarié, faisant fi du cri d’effroi provenant de l’arrière-cour, le garde prit finalement la parole après avoir suivi des yeux chacun des déplacements.

- Dame Vaea porte le deuil de sa regrettée nièce, et ne souhaite recevoir personne…

Les quatre hommes trépignaient intérieurement, mais il fallait se rendre à l’évidence. L’affrontement, s’il devait avoir lieu, ne tournerait pas en leur faveur. L’écart était bien trop grand. Néanmoins, l’étranger pourrait voir toute la détermination qui animait leurs regards. Personne ne devait passer, et personne ne passerait.

Néanmoins, alors que les prises se resserraient sur les lances, les doubles portes s’ouvrirent.


- Je n’ai pas souvenir de vous avoir rencontré auparavant Monsieur, et vous ne ressemblez pas à un ambassadeur, vos mauvaises manières en témoignent… Que me voulez-vous exactement ?

Lothain étouffa un juron en entendant résonner la voix de la châtelaine. C’était bien la peine d’interdire les visites et de faire surveiller l’entrée si elle se gaussait des règles élémentaires de sécurités… Mais il n’aurait rien à dire et il le savait déjà. La jeune femme se tenait là à présent, droite et fière, les yeux rivés sur l’importun. Il le savait sans même avoir à la regarder.

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Rihan
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MessageSujet: Re: Quand un chat se voit lion....   Mer 18 Fév 2015 - 18:50

-Ses chances de survie Messire L'Oiseau ?
-Aucune Messire Le chef !
-Est-il idiot Messire L'Oiseau ?
-Sans nul doute Messire Le chef !
-Devrions-nous le tuer Messire L'Oiseau ?
-Sa lance le fera peut-être pour lui Messire Le chef !
-Il la tient pourtant dans le bon sens Messire L'oiseau !
-Même les idiots peuvent avoir de la chance Messire le chef !
-Vous êtes clairvoyant Messire L'oiseau...


Tous deux fixaient le garde en poste à la porte. Cinq flèches et deux lances pointaient dans sa direction et celles de ses acolytes, mais l'homme d'arme jouait courageusement, ou stupidement selon les bandits, avec sa vie.

Rihan ne prit guère la peine de dissimuler son sourire espiègle après la petite scènette. Il ne comprenait rien à l'héroïsme et au sens du sacrifice. Deux vertus suicidaires ni plus ni moins. Mais ce qui l'intriguait à cet instant, c'était que d'après ses informations, la maîtresse des lieux n'avait pas la réputation de mériter autant de bravoure de la part de ses gens. On la disait arrogante, hautaine, indifférente à la populace et superficielle. Même une solde conséquente ne pouvait acheter la détermination à la défendre qu'il décelait dans les regards de ses gardes. Etrange...

Et alors qu'il allait ordonner qu'on abatte la résistance, contraire à son plan initial vu qu'il n'avait pas prévu une défense loyale à ce point, les doubles portes s'ouvrir.

Seul Rihan réussit à détacher son regard de la beauté froide qui fonçait vers eux comme en territoire conquis. Une main posée nonchalamment sur une de ses dagues, il se recula légèrement, l'air de rien. Une lance partait si vite parfois. Et vu l'attention de ses hommes, dévorant chacune des courbes de la demoiselle, il était plus prudent de concéder un peu de terrain aux gardes. Il soupira, en fixant les deux gardiens.

-Les gars... Arrêtez de baver et gardez moi ceux là à l'oeil !

Même L'oiseau, qui n'avait pas touché une femme depuis un moment, lassé des viols et incapable de séduire, dut s'y prendre à plusieurs reprises pour éviter à sa langue de pendre piteusement comme un chien en rute. Le Roc lui n'essayait même pas. Quand aux cavaliers, si les arcs visaient de nouveau les gardes, ils ne les calculaient même plus.

Dépité, le chef de bande secoua légèrement la tête de gauche à droite. Il avait fallu que ce soit une beauté fatale. Même vêtue du deuil, l'envie charnelle qu'elle suscitait était à la limite du supportable. Le peu de peau qui échappait au vêtement ne demandait qu'à être caressé, ses lèvres appelaient un baiser fougueux, sa chevelure ne demandait qu'à être humée, et son corps... à être damné.

Louchant imperceptiblement vers les gardes, il voyait bien là une raison de mourir pour garder un tel bien. Ses yeux revenant à temps pour accueillir le fantasme fait chaire, il parvint à prendre un air détaché.


-Je n’ai pas souvenir de vous avoir rencontré auparavant Monsieur, et vous ne ressemblez pas à un ambassadeur, vos mauvaises manières en témoignent… Que me voulez-vous exactement ?


Il la fixa, la reluquant sans gêne pendant une longue minute avant de se noyer dans ses yeux.

-Jouir de votre or et de votre corps ma dame...

Le ton était ce qui il y avait de plus neutre. Ni menaçant, ni hésitant, nullement lubrique mais surtout sans une pointe d'innocence. Il était sans appel. Comme on énonce un fait et non un désir. Qu'elle le veuille ou non. Qu'ils résistent ou non. Il en serait fait ainsi selon sa déclaration.

-Que vos hommes se séparent de leurs armes et se mettent à disposition de mes compagnons. Et faîtes prévenir vos gens que le manque de coopération se traduira inévitablement par le sang... Celui des enfants puis des femmes. Nous ne sommes pas des monstres.  Nous ne pouvons les laisser assister à un tel massacre...


Il la fixait toujours pour bien montrer que ce n'était pas des paroles en l'air. Bien souvent la menace de s'en prendre aux proches calmait rapidement les plus ardents défenseurs. Rares avaient été les fois où la menace était entrée en vigueur. Rihan répugnait à tuer plus que nécessaire. Mais c'étaient des bandits aux tempérament de feu qu'il commandait, et non des paladins aux nobles cœurs. De temps à autres, des victimes devaient détourner l'attention de ses hommes pour éviter une mutinerie. Un peu de viande fraîche aux chiens pour qu'ils ne vous mordent pas fut l'image qui lui vint à l'esprit en y repensant.

-Ensuite, si vous aviez un lieu d'intimité à me proposer en votre compagnie, je vous en serais reconnaissant.

Comme auparavant, il ne fit aucun effort pour cacher l'intérêt qu'il portait au corps de la jeune femme. Bien au contraire. Et toujours ce même constat. Aucun refus ne serait toléré.


Dernière édition par Rihan le Jeu 26 Fév 2015 - 14:25, édité 1 fois
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Vaea d'Olyssea
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MessageSujet: Re: Quand un chat se voit lion....   Ven 20 Fév 2015 - 0:50

Le regard de la jeune femme s’était posé sur chacun des animaux présents avant de s’arrêter sur le chef de troupeau, réprimant un soupir dépité, et l’interrogeant presque du regard. Étaient-ils tous incapables de réfléchir autrement qu’avec ce qui se trouvait entre leurs jambes ? Un regard extérieur ne décèlerait aucune crainte chez Vaea, on pourrait même targuer son calme de pure folie. Mais elle n’était pas folle, non. Elle refusait simplement de montrer la moindre faiblesse.  Qui aurait pu l’en blâmer en pareilles circonstances ?

Lothain l’aurait pu. Lui aussi voyait la façon dont ces imbéciles lorgnaient sur les courbes de la châtelaine, et il avait failli s’étouffer en entendant la déclaration du blanc-bec. Un tel oiseau méritait d’être pendu, ou mieux encore, d’être embroché sur sa lance. Le garde n’esquissait pas un mouvement, mais les jointures de ses mains avaient blanchit tant il serrait son arme. Mais au final, ce n’était pas tant l’attitude de ces individus que celle de sa maîtresse qui le mettaient en colère. Elle n’écouterait rien, elle n’en ferait qu’à sa tête pour peu qu’elle s’amuse. Et il savait qu’elle s’amusait déjà.

- Jouir de votre or et de votre corps ma dame...

- Dame Va…

- On ne jouit que de ce qui nous est accessible. Répondit la Dame en coupant court aux protestations du vieux bougre.

Son regard balaya à nouveau l’étrange assemblée, et elle sembla réfléchir à ce qu’il convenait de faire.

- Quitte à ce que ces messieurs doivent camper ici, veillez à ce qu’ils reçoivent de quoi boire et manger. Je veux pas d’eux à l’intérieur… Rhain… Demandez aux garçons de s’en charger.

Aux garçons, pas aux bonnes. Le jeune garde avait bien saisit la nuance, et après un signe de tête, il quitta son poste pour s’acquitter de la tâche confiée. Vaea en avait fini avec eux, le seul qui méritait encore son attention était le chef.

- Face à de telles promesses, il m’est difficile de résister Monsieur...

Elle avait pris la peine de le détailler tandis qu’elle s’exprimait, de la même façon que lui l’avait fait quelques instants auparavant. Elle avait apprécié les traits harmonieux de son visage, quoiqu’un peu banal, le hale de sa peau lisse, et chaque parcelle du corps dont elle semblait imaginer les formes. Non, ce genre d’effronteries n’étaient pas réservées qu’aux hommes. Puis, la jeune femme s’était détournée et avait regagné son logis.

- Suivez-moi…

Elle ne prendrait pas la peine d’exiger que le bandit lache ses armes. Ce serait peine perdue, et dégradant d’essuyer un refus qui plus est. S’assurant d’un regard bref qu’il la suivait, elle guida son invité au travers du hall principal aux hauts murs de pierre, et emprunta une porte au fond du mur droit pour atteindre un petit salon. Si l’ameublement était de qualité, la sobriété restait tout de même de mise, preuve du bon goût de la propriétaire des lieux. Deux fauteuils et un sofa en velours carmin entouraient une table basse en chêne et s’accordaient aux deux tapisseries striées d’or qui pendaient aux murs latéraux. Le mur du fond, lui était plongé dans une obscurité suffisante pour qu’on n’en distingue pas les détails. Sur celui de droite, se découpait également une fenêtre de taille appréciable, donnant sur la cour du castel.

- Avant toute chose, je tiens à connaître ton nom.

Vaea tournait encore le dos à son invité lorsqu’elle prononça ces mots. Peut-être cherchait-elle à dissimuler un certain malaise ? Quelle femme apprécierait de se trouver seule avec un perfait inconnu alors que son domaine regorgeait d’assassins ? Sa voix pourtant restait calme et posée.
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Rihan
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MessageSujet: Re: Quand un chat se voit lion....   Dim 22 Fév 2015 - 12:03

En ce jour le soleil s'était levé à l'ouest pour Rihan. Du moins, la surprise n'aurait pas été plus grande que si cela avait été le cas. S'attendant à se trouver en face d'une midinette paniquée, ne connaissant que couverts en argent et grandes réceptions, d'après les informations glanées ces derniers jours, il en fut pour ses frais.

C'était comme s'il n'avait été qu'un amant ayant répondu à son invitation. Il n'avait pu voir assez longtemps ses yeux pour y déceler un semblant de peur. Elle devait en ressentir, le contraire était impossible à moins qu'elle ne soit folle. Et si c'était le cas, il la prendrait puis mettrait fin à sa folie...


-Suivez moi...

Alors qu'elle s'avançait sans attendre un quelconque assentiment de sa part, il se pencha vers son second, L'Oiseau.

-Fais autant de groupes que tu trouveras de gardes, et place s'en un dans chacun d'eux avec femmes et enfants pour compagnie.

Il aurait été inconscient de rassembler les hommes d'armes dans un unique groupe. Vu leur dévouement et le peu de jugeote qu'ils manifestaient, ils auraient été capable de tenter de s'en prendre aux bandits, quitte à y perdre la vie du moment qu'ils emportaient quelques assaillants avec eux. Hors, Rihan ne pouvait se permettre de réduire son cheptel. Ainsi, en présence d'innocents bambins ou de fragiles femmes, même les plus dévoués serviteurs ne prendraient le risque que leur tentative de rébellion n'en vienne à coûter la vie de ces gens. Ils se tiendraient à carreau. Il en a toujours été ainsi.

Cherchant du regard un des siens dans les cavaliers à l'entrée. Il retint un sourire de justesse en le hélant.

-Rouge-gorge !

Voyant le jeune homme descendre de cheval, la mine renfrognée, il se souvint du jour où ce surnom lui avait été assigné. Dans cette bande particulière, quand une recrue était jugée assez apte à l'intégrer en tant que membre à part entière, elle devait se choisir un surnom, lié à ses capacités, à employer devant des non-initiés. Etant l'apprenti du fauconnier Hayle, dit L'Oiseau, il lui en fallait un d'oiseau ou évoquant le vol ou le ciel.
Sauf qu'au moment du choix, le rouge-gorge fut évoqué. Innocemment ? Non. Puisque Hayle expliqua ce nom de volatile par sa particularité à égorger ses victimes. Une appellation bien tentante pour un bandit, qui plus est suggérée par son propre mentor. Il l'adopta donc. Et il le porta fièrement, confiant, sans jamais faire attention aux petits sourires espiègles d'Hayle.
Jusqu'au jour où quelques énneades plus tard, lors d'un raid sur un convoi d'une petite noblesse en déménagement, on lui révéla que son homonyme était le petit volatile se trouvant dans une des cages. Beaucoup moins impressionnant...

-Le Roc et toi, vous garderez la porte !

Une promotion pour le jeune homme. Jusque là, comme toute nouvelle recrue officialisée, il n'avait que les missions subalternes. Rihan fronça néanmoins les sourcils en voyant son promu sourire. Ce n'était pas ce qu'on attendait d'un bandit chevronné. Le petit se reprit immédiatement. Rihan se retourna alors pour dissimuler son sourire amusé.

Il emboîta finalement le pas à la châtelaine. Puis pensant à quelques choses au dernier moment, il se pencha vers rouge-gorge.

-Préviens L'Oiseau. La ceinture reste bouclée !

Mieux valait prévenir que guérir. Comment garder docile les gens du domaine si on violait celles avec qui on les menaçait ? Les gars ne comprendraient pas tous, mais Hayle sauraient les tenir. La discipline était indispensable dans cette troupe. Surtout pour ce que leur chef prévoyait pour elle.


A la suite de la jeune femme, il entra dans le petit salon. Il prit bien son temps pour étudier les lieux, toujours méfiant de l'assurance de son hôte. Ne décelant à première vue aucun danger, il s'approcha d'elle et se plaqua contre son dos, l’enserrant par la taille d'une main, l'autre venant l'empoigner au cou.

Sa voix fut froide, acérée. Une châtelaine assiégée devait être remise à sa place.


-Rihan.

Rien de plus. Juste un long silence où il n'esquissa plus un seul geste. Puis soudain, la prise se fit caresse sur le cou, et sa taille fut libérée en douceur alors qu'il s'éloigna pour aller s'adosser près de la fenêtre. Autant pour la vue sur les opérations en bas que pour l'issue en cas de fuite impromptue.

Après un rapide coup d'oeil au dehors, il posa de nouveau son regard sur la jeune noble. Elle pouvait y voir aucune hostilité, et à peine une infime part de lubricité. Difficile de rester insensible à ses charmes après pareille étreinte.

Son ton était alors plus léger, plus civilisé, voire taquin.


-Je te croyais folle petite... Mais ton raté de battement de cœur m'a rassuré...

Mimant son geste précédent quand il avait la main sur sa gorge. Il s'était assuré qu'elle avait effectivement peur. C'était essentiel. Il fallait qu'elle le prenne au sérieux, et lui, devait estimer dans quelles mesures elle lui serait utile. Et tout se jouerait dans cet instant. Sur cet échange de regard.

Elle n'était pas sur une couche. Il n'était pas sur elle. Nul doute qu'elle comprendrait alors que ce n'était pas son corps qui était en jeu. Et que les évènements de ce jour pourraient avoir des conséquences ou des biens faits  pour les années à venir. Mais qu'en fera-t-elle ?

Car ce n'est pas un bandit qui se tient en face d'elle, c'est une ambition...


Dernière édition par Rihan le Jeu 26 Fév 2015 - 14:19, édité 1 fois
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Vaea d'Olyssea
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MessageSujet: Re: Quand un chat se voit lion....   Mar 24 Fév 2015 - 15:53



Le Castel ne foisonnait pas de personnel. En plus des quatre gardes postés à l’entrée, les hommes de Rihan trouveraient une cuisinière, deux filles de cuisine, deux bonnes une dame de compagnie et une femme de chambre rassemblées dans la cour arrière et attendant d’en savoir plus sur ce qui se passait. Avec elles, une fillette et deux garçonnets qui avaient entre six et douze ans, et un enfant en bas-âge, réfugié dans les bras de celle qui devait être sa mère. Si tous se tenaient tranquilles, le garçon le plus vieux les regardait avec un air à la fois craintif et farouche. Peut-être avait-il peur, mais il ferait tout pour se comporter en homme.

D’un geste de la Main, Lothain apaisa tout ce petit monde. Il valait mieux éviter les excès de panique ou de bravoure… Que pouvaient-ils faire dans l’immédiat sinon attendre ? Les ordres de Vaea avaient été clairs. Sous-entendus, mais clairs. Coopérer. En promenant son regard parmi ses trois autres camarades, le vieux soldat y lisait la même impuissance. Mais il savait qu’ils obéiraient. Il avait été un bon professeur, et il ne permettrait pas que le danger soit amplifié…


- Que tout le monde se tienne tranquille.
...


Allait-elle mourir ? Sans doute oui. Qui serait assez fou pour assiéger un castel et quitter l’endroit en espérant ne pas être poursuivi par la garde ensuite ? Prise dans ses sombres pensées, Vaea n’avait rien entendu. Elle fut donc surprise par cette soudaine étreinte. Comme elle n’avait pu réprimer un sursaut lorsque la main de son assaillant s’était refermée sur sa gorge, elle ne pouvait pas non plus dissimuler les tremblements qui l’agitaient. Cela ne se voyait pas à l’œil nu, mais avec une telle proximité, Rihan les percevrait-il ? Quelle ironie… Elle avait tout fait pour dissimuler son appréhension, et voilà que son propre corps la trahissait.

La Châtelaine n’osa pas briser le silence. Elle en aurait été incapable de toute façon. Elle retenait son souffle, attendant l’issue. De toutes les façons de l’exécuter, pourquoi avait-il fallu que cet homme choisisse la plus lente ? Vaea imaginait déjà la main qui l’emprisonnait se resserrer encore et encore, jusqu’à ce que… Mais pourtant, rien. Rien de plus qu’une caresse, qui eut été agréable en d’autres circonstances. Et puis l’agresseur s’écarta.

- Je te croyais folle petite... Mais ton raté de battement de cœur m'a rassuré...

Ainsi c’était cela. Un test. Alors qu’elle se retournait pour comprendre les agissements de l'intrus, Vaea avait surpris son geste. Pendant un bref instant, il pourrait la voir telle qu’elle était réellement. Apeurée, incrédule… Jusqu’à ce que la demoiselle se reprenne. S’il fallait mourir, elle mourrait debout. Mais ce n’était pas vraiment le moment de se montrer trop romanesque.

- Bien… Rihan… Souffla-t-elle en achevant de retrouver ses esprits. Je pense qu’il est inutile de me présenter…

Vaea ne souhaitait pas baisser les yeux face à l’hôte insolent, et pourtant il était parvenu à la déstabiliser plus qu’elle ne l’avait jamais été. Peu nombreux étaient ceux qui avaient pu déceler une faiblesse au-delà de l’image hautaine qu’elle renvoyait. Elle avait donc pris le parti de vaquer à l’une ou l’autre occupation. À savoir, se diriger lentement vers le guéridon qui se trouvait juste à côté de la fenêtre, ouvrir son petit tiroir, et en sortir une dague. Tout aussi lentement, sans se cacher.

La Dame d’Olyssea pouvait sentir sur elle le regard insistant du bandit, mais au moins elle n’était pas obligée de le fixer pour le moment. Son visage se fendit alors d’un petit sourire ironique tandis qu’elle observait sa lame sans pour autant se montrer menaçante.


- Une bien maigre défense, n’est-ce pas… ?

Une maigre défense qui acheva de lui faire prendre conscience de la précarité de la situation. Il n’y avait rien qu’elle puisse faire. Cependant, alors que la jeune femme finissait par poser à nouveau les yeux sur Rihan, elle comprit. Ou plutôt, elle devina. S’il avait voulu s’en prendre à elle, ne serait-ce pas déjà chose faite ? Il y avait quelque-chose de palpable chez cet homme, quelque-chose qu’elle ne comprenait que trop bien. L’ambition. L’envie de s’élever et d’obtenir plus que ce que l’on possédait déjà. Il n’en fallut pas plus pour qu’une étincelle d’intérêt ne s’allume dans les prunelles brunes de la Dame. Peut-être y avait-il quelque-chose à tirer de cette situation finalement.

- Vous ne m’en voudrez pas de ne rien vous proposer… Il m’est difficile de recevoir correctement lorsque mes gens sont retenus en otages par une horde de malotrus…

Disant cela, Vaea quitta la fenêtre pour contourner le sofa et s’y installer tout en posant son arme inutile sur la petite table qui se trouvait devant elle. Ensuite, elle indiqua à Rihan d’un signe de tête qu’il était libre d’en faire autant, et greffa un nouveau sourire sur ses lèvres délicates.

- Pourquoi êtes-vous ici exactement ? Ce n’est pas pour me dépouiller… Du moins pas comme je l’aurais craint…
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MessageSujet: Re: Quand un chat se voit lion....   Jeu 26 Fév 2015 - 14:16

De la forteresse inébranlable, il ne restait qu'un pauvre petit donjon perdu, seul, et sans défense. Une simple brèche et la noble demoiselle s'écroulait. La façade se fissurait, l'arrogance s'effritait et l'assurance s'envolait sous le regard critique du bandit. Une habitude.

On pouvait avoir le plus vaillant des cœurs, l'âme la plus courageuse, il suffisait d'un simple doute de défaite pour que nos forces s'évanouissent soudainement. Et que l'envie de fuir se fasse plus grande. Alors le coup de grâce arrivait : il n'y avait plus d'issue.

Dès lors la victime entrevoyait sa mort prochaine. Les hommes, leurs entrailles fouillées par des lames. Les femmes, leurs corps souillés et meurtris par les coups. Le désespoir les gagnait rapidement et deux réactions se manifestaient : l'abandon ou la rage. Fermer les yeux et attendre, ou courir vers la mort dans un ultime acte suicidaire.

Mais généralement, si Rihan permettait à des victimes d'atteindre ses deux stades, ce n'était pas pour écourter leurs vies. Il n'était pas sadique. De vivants ne restaient que les personnes potentiellement utiles, dans le présent ou dans l'avenir. Tous les autres périssaient.

Ainsi quand il apparaissait devant eux, il devenait leur dernier espoir. La planche de bois dans la mer déchainée. La lumière dans la nuit oppressante. Dans l'esprit de ces naufragés, inconsciemment, l'agresseur devenait le sauveur. Ils se sentaient reconnaissant, redevables. Et dans leurs esprits brisés, l'image de la mort et de l'espoir était réunis en une seule silhouette. Dans ces moments de flottements où la raison n'était plus, une seule idée subsistait. Cet homme, Rihan, avait le droit de vie ou de mort. Il était le salut ou la faucheuse.

Et cette image. Il comptait bien l'imprégner profondément dans l'esprit de la jeune femme.


Il ne l'avait pas quittée du regard pendant son petit manège. De toute évidence, elle essayait de se reconstruire. Elle tentait de replacer l'illusion d'une grande dame, ayant tout vu et tout vécu. Que rien ni personne ne saurait dompter. Mais c'était peine perdue. Il l'avait percée à jour. Elle était jeune, inexpérimentée, insouciante, inconsciente et bien trop imbue d'elle-même pour son bien. Une  noble qui suçait encore la cuillère d'argent avec laquelle elle était née.

Rihan inspira grandement. Il y avait du travail à faire. Beaucoup de travail. Peut-être même trop...


-Tu n'es rien... Un jolie corps sur un tas d'or...

Il devait mettre les choses au clair. Il n'était pas venu prendre le thé. Il était un homme de terrain et elle adoptait des manières de réception. Élégance et raffinement face à un chef de bandits, qui pouvait l'offrir comme catin à ses hommes, n'avaient aucun sens.

-Jusqu'à ce que ces terres perdent leur propriétaire, même nous, pourtant avides des proies faciles ne connaissions ton existence et ta vulnérabilité.

Il quitta la fenêtre pour se rapprocher d'elle, lorgnant sur la dague, actrice de sa scène récente, tout au long de son déplacement. Arrivant près de la table basse, il saisit l'arme en fixant la jeune femme, joua un temps avec, puis l'envoya au pied de la fenêtre.

-Idiote de bout en bout...

S'asseyant sur l'accoudoir près d'elle, il la saisit par le menton, sans douceur, pour river son regard dans le sien. Puis du dos de l'autre main, il lui caressa la joue, lui effleura le nez et vint dessiner le contour de ses lèvres.

-Une délicieuse idiote néanmoins...

Sa main quitta ses lèvres pour descendre le long de son cou, l'explorer un temps, avant qu'un doigt ne descende pour ne s'arrêter qu'à la naissance de la poitrine. Ses yeux pourtant ne s'intéressaient qu'à ceux de sa charmante compagnie.

-Ta dague aurait été utile... Ne me crois pas ton ami parce que je ne t'ai pas prise... Tu vois bien que c'est avec difficulté que je lutte contre cette envie...

Après un petit silence à la fixer pour qu'elle imprègne bien ce fait, il s'écarta d'elle pour rejoindre le sofa d'en face. Prenant une grande inspiration, autant pour chasser le désir primaire que pour regagner un air plus cordial, il balaya la pièce d'un air distrait.

-Il me faut tes terres...


Revenant sur la damoiselle pour juger de sa réaction, il afficha un air des plus sérieux. Il se doutait bien qu'elle en resterait coi. Elle n'avait qu'un castel dirait-elle peut-être, ayant surement oublier dans ces circonstances qu'une baronnie attendait une nouvelle propriétaire. Il enchaina, en prenant soin de toujours laisser un temps en suspens pour rajouter de l'effet. Tant que la demoiselle était très clairement en sa possession, l'impressionner ne pouvait s'avérer que bénéfique, surtout quand ce n'était pas par la violence.

-Celles d'Olyssea...

Toujours ce regard intense posé sur elle. Prompt à juger. Le salut ou la faucheuse. Elle serait une alliée coopérative, ou elle ne serait plus. Qu'elle pense que même baronne, marquise ou reine, en sa présence, elle serait la frêle jeune femme, seule et sans défense. Et que de lui seul dépendait son avenir. La peur incarnée.

A laquelle, toujours dans ce double jeu, il fallait qu'il apparaisse aussi comme son espoir. Que contre lui, elle chuterait, mais qu'avec lui, elle s'envolerait. Et que d'un rêve, d'une ambition, dans ce regard d'émeraude, elle y verrait une réalité.


-Celles de Dame Vaea... Baronne d'Olyssea...
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MessageSujet: Re: Quand un chat se voit lion....   Ven 27 Fév 2015 - 3:32

Un joli corps sur un tas d’or, oui… Cette image arracha un sourire amer à la châtelaine. C’était bel et bien ce qu’elle était en cet instant. Et pire encore. Un trophée ? Non. Une marchandise plutôt, que cet homme jaugeait tel un connaisseur. Et pourtant, qui était-il lui, pour porter un tel jugement ? Il fallait en tout cas lui reconnaître ceci, il était le premier à la déstabiliser à ce point. Peut-être parce-qu’il ne faisait pas partie des sphères dans lesquelles la demoiselle avait l’habitude d’évoluer.

Ainsi elle n’était qu’un instrument aux yeux de ce Rihan. L’ironie sans doute, puisqu’elle-même avait tendance à considérer comme tels la plupart de ceux qui l’entouraient.


- Vous ne me connaissiez pas, et pourtant vous voilà… Murmura-t-elle froidement.

Et tandis que le prédateur approchait, s’emparant au passage de l’arme qu’elle avait cédée, la jeune femme gardait les yeux rivés sur lui, étudiant le moindre de ses mouvements en prenant peu à peu conscience de toute la précarité de sa situation. Elle ne pourrait pas jouer cette fois, ou en tout cas pas tout de suite. Mais qu’espérait-il ? La voir se prosterner à ses pieds ? Implorer sa clémence en lui promettant monts et merveilles pour épargner cette « misérable » vie ? C’était au-delà de ses forces, contraire à tout ce qui lui avait été enseigné.

La dague fusa, s’écrasant bruyamment contre le plancher, et Vaea tressaillit. Puis, avant qu’elle ne puisse se remettre de sa frayeur, la main du mécréant s’empara de son menton pour la forcer à le fixer, et la seconde entama un lent et périlleux voyage. Que pouvait-il lire dans ses yeux ? Y verrait-il son mépris ? Sa fureur ? Ou cette petite fragilité qui montrait, ô combien elle avait parfaitement perçu le message…

La proie n’osa pas briser le silence qui s’était imposé, elle attendit que tombe le couperet, qu’enfin cet individu n’expose les motifs de sa visite. Mais elle avait détourné le regard cette fois, oscillant entre malaise et colère. Il n’y avait pas encore de soumission dans l’attitude qu’elle offrait. La surprise par contre, fut de taille.

La Baronnie ? Était-il encore plus fou qu’elle ne l’avait imaginé ? À ce stade, il ne s’agissait plus d’une simple ambition,  cet homme tentait de décrocher la lune. Pourtant, alors qu’elle le fixait à présent avec autant d’intensité que lui le faisait, Vaea ne put que constater à quel point il était déterminé. Il n’y avait plus de rêve, seulement un projet qui attendait d’être réalisé. Son projet, à elle. Ce projet que Rihan venait lui dérober sans vergogne en donnant l’impression d’y croire plus encore qu’elle ne l’avait jamais fait.

Il ne renoncerait pas, quoi qu’elle dise. Qu’importe les menaces qu’elle profèrerait, les promesses qu’elle minauderait, il prendrait ce qu’il veut prendre. Ou elle n’y survivrait pas. Cette certitude nouvelle arracha un amer rictus à la demoiselle tandis qu’elle détournait le regard. Qu’importe sa réponse, elle perdrait. Le tout étant à présent de savoir si elle préférait perdre une partie de son rêve, ou la vie. Et le reste… Lâcher du lest était malheureusement le seul moyen de garantir sa survie. Pendant de longues minutes, elle ne dit rien. Et puis finalement, une longue inspiration souleva sa poitrine.


- Et toi… Tu pourrais m’offrir tout ça sans doute ? Car peut-être ne l’as-tu pas remarqué, mais Dame Vaea n’est que Dame Vaea à l’heure actuelle… Comment peux-tu envisager de me dérober une chose que je ne possède pas encore ?

Ne supportant plus de rester en place, la jeune femme se leva brusquement, commençant d’abord à arpenter la pièce, cherchant visiblement ses mots, et rejoignant finalement le sofa dans lequel l’indélicat avait pris place. Malgré le trouble palpable qui ne la quittait plus, ses mouvements restaient emprunts de dignité. Elle s’accroupit lentement, afin de ne pas prendre de haut son interlocuteur, et à nouveau soutint son regard. Sa voix se fit plus basse, presque un murmure sans toutefois l’être réellement. Le ton de la confidence. La proximité pour étouffer la facette hautaine de sa personne, tandis que sa main se posait sur l’accoudoir du sofa. Proche de lui, sans le toucher.

- Comment pourrais-tu m’aider à l’obtenir… ? Car c’est bien ce que tu prévois, n’est-ce pas ? C’est la seule raison pour laquelle tu luttes contre tes instincts… Pour le moment…

Elle l’écouterait oui, mais avant, elle voulait des certitudes. C’est pourquoi elle ne lui laissa guère le temps de répondre immédiatement.

- Et quand bien même j’accepterais de te donner ce que tu veux, qu’adviendrait-il de moi ? Finirais-tu par me faire assassiner ? Ou peut-être t’en chargerais-tu toi-même, te débarrassant de moi comme on se débarrasse des instruments d’un méfait ?

Il ne pourrait pas lui en vouloir de s’interroger à ce sujet. C'était son rêve, qu'il mettait en jeu.


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MessageSujet: Re: Quand un chat se voit lion....   Mar 3 Mar 2015 - 18:45

Ses yeux passèrent au travers de la demoiselle, au travers du temps et de l'espace, des années et des lieues.

Quand ils revinrent vers elle, ils furent accompagnés d'un petit sourire confiant. Il lui saisit la main et y déposa un baiser, loin de la poigne oppressante qu'il avait exercé sur elle jusque là. Si la chienne ne tirait pas sur la laisse, il n'aurait pas à l'étouffer en tirant à son tour. Il lui épargna néanmoins cette formulation.


-Si j'obtiens ce que je veux de ton vivant, tu n'auras pas de plus ardent défenseur que ma personne...


Plaçant un sourire énigmatique sur ses lèvres, il relâcha sa main et l'invita à prendre place en face de lui. Qui recevait qui déjà ?

-Tâche de rester une tête régnante et celle-ci restera sur tes jolies épaules. Mais pour cela, il va falloir que le petit oiseau festif devienne le rapace impitoyable ! Sais-tu que ton nom, celui des Olyssea, te place héritière légitime pour la plupart des gens influents ? Mais que Dame Vaea te discrédite aussitôt après ?

Ses hommes avaient parcouru dans un temps imparti, plutôt court vu l'urgence, les terres environnantes de la baronnie, et lâché au « hasard » des conversations l'éventualité qu'une certaine Vaea d'Olyssea deviendrait la nouvelle baronne. De ces entrevues, dans les basses castes, marchands à l'étal, cette héritière leur était totalement inconnu. Rien d'étrange jusque là, pour ces gens, la vie dépassait à peine leur cité.

Alors il avait fallu grimper les échelons de la société, à coups de gros investissements, pour pouvoir échanger quelques mots avec des fournisseurs officiels des grands de ces terres. Et à l'évocation de la demoiselle, il y avait deux réactions. Les opportunistes y voyaient des dépenses faramineuses pour l'organisation de fêtes, très rentables à court terme, alors que les plus posés y voyaient un désastre économique, et ni plus ni moins que l'annexion de la baronnie par une autre puissance à long terme. Pour ces derniers, Dame Vaea ne saurait que dilapider...


-Tu as une réputation catastrophique ma belle... Mais tu as une chance, tu es bien née... Le nom d'Olyssea s'impose auprès du peuple simplement parce qu'il est celui de la terre qu'ils foulent. Bien plus qu'un gamin hypothétiquement héritier ou qu'un conquérant. Pour eux, il n'auront pas plus de réticence à être taxé pour Olyssea...


Il la fixa un temps. S'il y décelait de la cupidité, il abandonnerait son idée première et la mettrait dans un de ses chariots qui approchaient en ce moment du castel. Elle ne vaudrait pas mieux qu'une catin. Et comme telle, elle obtiendrait l'or convoité à la sueur de son corps... Par contre, s'il percevait quelque chose de bien plus subtile, comme un esprit calculateur, où l'or n'est qu'un moyen et non une fin, il s'estimerait chanceux. Il continua, en levant la main pour lui intimer le silence, sans paraître trop condescendant.


-Pour ce qui est de la haute noblesse, tu t'y connais forcément bien mieux que moi. Et j'ose espérer que tu as pris tes dispositions pour leur faire entendre raison...


Voilà la grande lacune de Rihan. Il ne connaissait strictement rien à la hiérarchie en place en ces instants de crise. Nul prétendant signifiait que le vrai pouvoir de la baronnie attendait une nouvelle lumière pour les garder dans l'ombre des manigances. Généralement, les plus avisés restaient conseillers, généreux donateurs ou courtisans, laissant les risques d'assassinats, de révoltes ou de rébellions à une tête couronnée. Contre leur relative sécurité, ils soutenaient, rarement ouvertement, leur souverain, se gardant ainsi l'occasion de se désengager quand la couronne vacillait.

Cependant, dans ce jeu d'influence, il fallait savoir à qui s'adresser. Il y a toujours des meneurs et des suiveurs. Mais il ne fallait surtout pas faire prendre conscience aux uns ou autres à quel genre ils appartenaient. C'était là que la jeune fille devant lui devrait exceller.

Il inspira grandement en posant de nouveau les yeux sur la frêle jeune femme en face de lui. Mais dans quoi s'était-il lancé ? Il ne connaissait d'elle que des rumeurs, une réputation. Il n'avait qu'une ébauche de la femme sur laquelle il misait son avenir. Et pourtant il avait déjà exposé des points de vues comme si elle était celle qu'il fallait.

Non, quelque chose clochait. Et il ne tarda pas à vite mettre le doigt dessus. Elle l'attirait. Enfin, son corps, cette posture tantôt hautaine, tantôt soumise, parfois forte, parfois fragile. Et sans s'en rendre compte, son regard devint plus carnassier, comme ses pensées. Ces courbes parasitaient le cheminement de son esprit. Serait-ce toujours le cas s'il la prenait, là, sur le sofa ? Certes, il y perdrait surement une certaine coopération et le peu confiance qu'il avait gagné, mais il retrouverait certainement la concentration qu'il avait perdu en la voyant à l'entrée du castel.

Cela n'avait duré qu'un instant après ces derniers mots, à peine le temps de l'inspiration, comme s'il réfléchissait à la suite de son exposé, mais finalement il se contenta d'expirer en un long soupir rageur. Sa décision était prise.

-C'est le cas, non ?

Le ton était plus tranché. Et si la jeune femme pouvait se questionner sur ce changement soudain, elle ne pouvait se douter que de sa réponse dépendait la suite de la journée.

Sera-t-elle sous lui ? Ou sera-t-elle avec lui ?
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MessageSujet: Re: Quand un chat se voit lion....   Jeu 5 Mar 2015 - 16:20

Dire que cet homme est difficile à cerner était un euphémisme. Il était capable de souffler le chaud et le froid dans la même minute, tant et si bien que Vaea ne savait plus sur quel pied danser. Sachant pertinemment que chaque déclaration était choisie et prononcée avec soin, elle était néanmoins incapable de prédire quoi que ce soit. Une première. Pour une fois la situation lui échappait totalement, et ses armes habituelles ne manqueraient pas de se retourner contre elle. Il fallait attendre, guetter la faille pour pouvoir espérer reprendre la main. Alors, la demoiselle réprima les remarques acerbes qui lui venaient en tête au moment où Rihan l’invita à prendre place. Elle se releva lentement, et tout aussi lentement, gagna le siège d’en face où elle s’assit, droite, fière comme elle se devait de l’être, mais sans toutefois se montrer hautaine. Ce qu’il voulait c’était donc ça. Une réputation qui lui permettrait d’œuvrer dans l’ombre tout en en tirant bénéfice.

« Dame Vaea te discrédite ». La jeune femme encaissa le coup sans broncher, et pourtant cette déclaration semblait assenée par une massue. Les choses étaient-elles à ce point désastreuses ? Certes, elle ne s’était pas réellement inquiétée de l’image qu’elle renvoyait aux yeux de ses fournisseurs, mais il serait bien difficile de l’en blâmer. Il n’y a pas deux ennéades Arsinoé était encore en vie, à la tête du marquisat et de la baronnie, affublée d’un rejeton héritier qui respirait la bonne santé. En l’état, Vaea n’aurait jamais pu espérer une quelconque amélioration de sa situation. Il n’y avait donc aucun mal à se faire plaisir. Quand bien-même ces plaisirs passaient-ils par la dilapidation de son héritage. Elle n’aurait pas pu le mettre à profit d’une autre façon. Avant les évènements récents, c’était un fait.

Un soupir franchit les délicates lèvres de la dame, tandis que le bandit poursuivait son exposé et qu’elle détournait le regard, blessée plus qu’elle n’aurait voulu l’admettre. Aujourd’hui les choses étaient toutes autres, et si elle voulait rattraper la mauvaise réputation qu’elle s’était forgée, Vaea aurait beaucoup de pain sur la planche. Tandis que le silence s’installait un instant et que les yeux de l’indélicat semblaient fouiller son âme, elle regretta. Pas exagérément, mais tout de même… Cette méfiance à son égard, elle ne l’avait que trop côtoyée. Tous semblaient s’accorder sur un point : Elle ne serait pas capable de faire prospérer quoi que ce soit, et encore moins une baronnie. Mais ils se trompaient. Du premier au dernier, parce-que du plus petit fournisseur au plus grand seigneur, aucun n’avait jamais été capable de voir plus loin que le bout de son nez. Toutes ces réceptions… Quel autre moyen avait-elle de se sentir exister ? L’ombre de la Baronne était bien trop présente pour lui permettre d’agir différemment. Ces fêtes étaient un étau autant qu’un exutoire à l’amertume. Mais ça, il n’avait pas besoin de le savoir.


- Et les taxes sont nécessaires, nous le savons tous les deux... Ajouta-t-elle finalement en s’affublant d’un petit sourire.

Vaea acquiesça elle-même avant de laisser au bandit le temps de répondre. Une affirmation facile. Elles l’étaient oui, pour permettre à la Baronnie de prospérer. Renforcer l’armée, étendre le commerce… Faire d’Olyssea un territoire envié et respecté, offrir à son dirigeant les opportunités de s’élever et d’élever sa populace avec lui… Cela nécessite des moyens. Inspirant, la jeune fille laissa planer un petit silence, et se perdit dans ses pensées. Si ces taxes étaient utilisées avec intelligence, le territoire ne s’en trouverait que grandit. Déjà la châtelaine entrevoyait toutes les possibilités qui s’offraient à elle, et elles étaient toutes autres que celles que ces imbéciles lui prêteraient. Il n’y avait qu’à admirer l’expression concernée de son visage pour s’en rendre compte. L’héritière dépensière n’était plus qu’un lointain souvenir, et la Baronne se profilait déjà.

Mais il était temps d’en revenir au présent. Vaea inspira, et finalement reprit la parole.


- Prendre mes dispositions… Ne serait-ce pas bien trop raisonnable ? Demanda-t-elle d'un petit air moqueur tandis que son sourire se reformait. Bien entendu… Puisque ces réceptions que tout le monde semble désapprouver m’auront au moins permis d’approcher certaines personnes influentes.

Se levant gracieusement, la demoiselle quitta son assise pour rejoindre la fenêtre et s’y appuyer, bras croisés, le regard tourné vers l’extérieur.

- Mon nom est célèbre, tu l’as dit. On recherche ma compagnie pour cette raison, et cela n’ira qu’en s’amplifiant à partir de maintenant. Tu n’es pas le seul à avoir de l’ambition, Rihan, et à l’espoir de m’avoir dans leur couche, mes… Amis… Ajouteront celui de pouvoir s’élever à mes côtés.

Comme si elle ne tenait pas en place,  Vaea se déplaça encore. Elle s’éloigna de la vitre, lentement, et contourna le sofa, tout aussi lentement.

- Qu’on me croie incapable d’assumer un titre, et plus stupide que je ne le suis, ne peut donc que jouer en ma faveur… On me dira que cette Baronnie m’appartient, on proposera de m’aider à l’obtenir. On cherchera à m’influencer, à m’épauler… À me rendre la tâche moins éprouvante, pour peu que je continue à maintenir l’illusion. On cherchera à m’épouser, et on fera ce qu’il faut pour y parvenir.

La châtelaine se trouvait à présent juste dans le dos de son invité. Proche, très proche.

- Convaincre les puissants de m’apporter leur soutien ne sera pas un problème, il me suffira de leur imposer ma vision des choses tout en leur laissant croire que les idées sont les leurs. D’endormir leur méfiance en leur laissant miroiter ce qu’ils désirent sans jamais le leur offrir, mais en leur laissant l’espoir qu’ils pourraient l’obtenir. Pour les femmes ce sera différent, mais pour les hommes… Nobles et roturiers fonctionnent souvent de la même manière.

Les mains de la demoiselle se glissèrent finalement sur les épaules de Rihan, douces au possible, et se mouvèrent jusqu’à entourer son cou, glissant finalement sur son torse.

- Leur plus grande faiblesse ne diffère pas de la tienne… Lui souffla-t-elle à l’oreille. Et cette faiblesse-là les pousse à être moins prudents et plus manipulables.

Non, l’air carnassier du bandit ne lui avait pas échappé même si elle n’en n’avait soufflé mot, et elle tenait à ce qu’il le sache. Il y avait longtemps que Vaea avait compris que son apparence pouvait se révéler une arme redoutable. Elle lui avait déjà permis d’apprendre de nombreuses choses sans jamais avoir été souillée pour autant.

Cette nouvelle proximité ne durerait que quelques secondes, car Vaea savait qu’en cet instant, son arme favorite pouvait se retourner contre elle. Elle s’écarterait donc finalement, tout aussi lentement qu’elle s’était approchée, pour ne pas braquer l’homme.


- Oui Rihan, je sais comment les rallier à ma cause. Je connais les usages, et c’est pour ça que tu as besoin de moi. Tu auras fort à y gagner si je reste en vie suffisamment longtemps pour que mon nom retrouve son éclat… Ces terres peuvent s’élever, devenir une valeur sûre du nord et d'ailleurs...Celles-ci et pourquoi pas, celles du Marquisat…

Car à bien y réfléchir, telle était sa véritable ambition.

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MessageSujet: Re: Quand un chat se voit lion....   Ven 6 Mar 2015 - 14:04

La glace, parfois, peut s'avérer brûlante. Mais la chaleur, elle, saurait-elle glacer ?

Vraisemblablement. Surtout si cette ardente attention venait d'une jeune demoiselle maladroite ayant oublié que son environnement n'avait plus rien à voir avec ce qu'elle connaissait.

Il se redressa lentement, tout comme elle s'était écartée, puis se leva du sofa sans un mot. Un pas sur la droite, lent, comme en pleine réflexion, puis un autre, hors du temps, comme en plein jugement. Le sofa fut contourné, et son regard, plus glacial qu'une tempête hivernale, se braqua sur la jeune femme. Il fit un pas vers elle.


-Brillante idée...

Sa voix était d'outre-tombe, celle qu'on emploie pour parler aux défunts devant leur sépulture. Il avait même baissé un instant les yeux en signe de recueillement. Un nouveau pas.


-Montre à un homme ses faiblesses et il s'empressera de te contredire...

Le ton se réchauffait subitement, mélange de désir et de lubricité. Ses yeux parcourant le corps de se proie, dégustant mentalement chacune de ses parties appétissantes. Il fut sur elle. Se saisissant de son épaule, il la fit rapidement reculer jusqu'à la plaquer sans douceur contre le mur derrière elle. La fixant intensément, son autre main alla se placer dans son dos pour la coller à lui alors que son corps faisait pression pour la coincer sur le mur. Il s'humidifia les lèvres.

-Sans rien obtenir tu disais ?


La main de l'épaule la quitta pour aller caresser le haut de sa cuisse, remonter sur la hanche, agrippant un peu du tissu, puis finir sa course sur son cou. La saisissant par le menton, il lui fit pivoter la tête, et plongea alors lui mordiller la zone ainsi libérée. La marquant légèrement, il ajouta en une voix étouffée par son office :


-Il n'y a plus d'ombre pour te protéger petite...

Maintenant toujours son menton, il la ramena face à lui. La fixant intensément, un brûlant désir l'envahissant, il s'autorisa un baiser au coin des lèvres. Il susurra.

-Personne pour te venger... Personne pour laver ton honneur... Personne pour toi... Tu es seule...


Changeant de coté, passant tout près de ses lèvres, il lui donna un second baiser sur le coin. La main  dans le dos descendant légèrement.

-Ce jeu ne marchera plus... Les plus fourbes exigeront un dû immédiat en TE faisant espérer qu'ils te soutiendront... Tu feras plus d'une couche en obtenant moins qu'une professionnelle...


Assurant une prise plus forte à l'arrière, vint forcément le baiser délicat, puis fougueux, sans qu'il ne  lui laisse le choix. Se retirant, il lui sourit, une lueur espiègle dans les yeux.

-Et ils ne seront pas tous aussi tendres que moi...

Il la relâcha sans pour autant s'écarter plus d'un pas d'elle, ses doigts venant replacer une mèche rebelle avec douceur.


-Il faudra leur démontrer qu'il serait préférable que vos relations restent charmantes, courtoises... Et avantageuses.


Ses yeux se durcirent, froids, calculateurs, sans pitié.

-Sinon... Une malchance désastreuse, aussi bien sur les biens que sur les personnes pourrait survenir plus que de raison...

Il prit alors à son tour le chemin de la fenêtre pour prendre l'air. Elle pouvait s'estimer heureuse, elle n'avait eu qu'un baiser. Mais l'important était le message. Son charme se retournerait souvent contre elle si rien ne veillait à tenir les plus audacieux loin de son intimité sans son accord.

Il avait nulle besoin de la catin du nord. Lui, voulait une puissance du nord. De celle qui n'aurait aucun mal à tenir la bride de ceux qui désapprouveraient qu'un repaire de bandit se dresse dans leurs terres. Qui saurait accorder la clémence à un criminel sans déclencher une révolte. Mais pour cela, il fallait rassembler plus de partisans que d'ennemis. Plus d'alliés fidèles que de traîtres.

Oui, elle avait les connaissances. Elle avait ses entrées. Ses contacts. Mais pour des soutiens, des alliances et des amis, il faudrait fourbir d'autres armes que son corps.

Aussi dangereux soit-il...
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Vaea d'Olyssea
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MessageSujet: Re: Quand un chat se voit lion....   Sam 7 Mar 2015 - 4:47

« À jouer avec le feu, on se brûle les doigts ». Aucune autre expression n'aurait pu mieux résumer la situation actuelle. Alors que le visiteur se levait à son tour avec une lenteur trop étudiée pour être innocente, Vaea prenait conscience de toute la dangerosité de ce qu'elle venait de faire. Du regard glacial se plantant dans le sien à l'intonation morbide de la voix qui s'adressait à elle, tout semblait lui crier de se méfier. Danger.

- Qu'est-ce que tu...

L'instinct de la jeune fille l'avait incitée à rechercher une échappatoire, mais il n'y en avait aucune. La porte était hors d'atteinte, et quand bien même elle ne l'aurait pas été, qu'aurait-elle pu faire une fois dehors ? Rien. Ils étaient trop nombreux, et pour une raison qui lui échappait encore, elle ne pouvait de toute façon se résoudre à fuir, seule. Alors elle avait reculé, puisque c'était la seule chose à faire. Pas assez vite néanmoins pour échapper à l'agresseur.

Tandis que la main de Rihan la poussait durement contre le mur, la châtelaine n'avait pu réprimer un frisson d'effroi. Son souffle s'était suspendu, et son coeur avait manqué un nouveau battement. Avait-elle déjà été à ce point effrayée auparavant ? Non. Non tout simplement parce-que jamais Vaea d'Olyssea ne s'était trouvée dans pareille situation. Aucun autre n'aurait osé se comporter de la sorte, et aucun autre ne se serait jamais retrouvé totalement seul avec elle. Lothain y aurait veillé. Mais aujourd'hui, ce n'était pas à un noble qu'elle avait affaire, et elle était seule. Son erreur avait été de l'oublier

Une vulgaire poupée au main d'un marionnettiste, voilà ce qu'elle était. Elle avait d'abord tenté de lui échapper, mais le plus probable était qu'il ne l'aie même pas remarqué. Ou alors il n'en n'avait eu cure. Elle n'était pas assez forte pour cela et avait donc cessé. Sans pour autant s'abandonner réellement à lui. « Plutôt mourir », avait-elle pensé... Mais pas trop fort, de crainte de voir son souhait exaucé beaucoup trop vite.


- J'ai compris...

De caresses en baisers Rihan s'appropriait ce corps qu'elle avait prétendu refuser aux autres, comme s'il cherchait à prouver à l'arrogante demoiselle à quel point elle avait eu tort d'imaginer qu'elle aurait toujours toutes les cartes en main. Du moins était-ce ce qu'il lui susurrait en marquant sa peau, et elle ne pouvait que lui donner raison.

- Arrête...

Une nouvelle fois il l'avait ignorée. Ou il ne l'avait pas entendue. Il faut dire que la voix de la victime manquait cruellement de portée tant son trouble était palpable. À la honte de se voire traiter comme une vulgaire catin s'ajoutait celle de se voir instruire par un homme dont elle ne connaissait que le nom, pour peu que celui-ci soit vrai. Incapable de détourner le regard, forcée par la main qui s'était emparée de son menton, Vaea avait senti le rouge lui monter aux joues. Cette proximité, cette audace... Et le reste.

En cet instant, Rihan pouvait remercier le ciel de n'avoir pas été seul. Sa jolie tête aurait vite fait de se retrouver plantée sur une pique, accompagnée d'autres attributs soigneusement découpés au préalable. Que son trépas aurait été lent et douloureux... Mais malgré tout, tandis que se terminait le sermon et que s'approchaient les lèvres coupables par avance, la châtelaine ne pouvait totalement réprimer ce que son corps lui soufflait.

Le baiser scella ses lèvres sans qu'elle puisse rien y faire, la laissant se débattre entre ses émotions contraires. D'un côté la colère et la haine que vouait Vaea à son assaillant, et de l'autre, l'insidieuse certitude qu'en d'autres circonstances, elle ne l'aurait pas trouvé désagréable. Le trouvait-elle réellement désagréable d'ailleurs ? Elle ne pouvait même pas le jurer, et ne le put pas d'avantage lorsque le bandit s'écarta. Quelle humiliation ! Quel trouble... Elle aurait voulu fuir. Au lieu de cela, elle planta son regard dans celui de son vis-à-vis tandis que ce dernier se permettait de la recoiffer. Et lorsque la froideur vint à nouveau, elle ne détourna pas non plus les yeux. Mais quel soulagement ce fut lorsque le prédateur s'éloigna...

Pour ne pas perdre totalement la face, la demoiselle prit la peine de remettre de l'ordre à sa tenue avant de prononcer le moindre mot.

- Je me demande bien de quelle malchance pourrait être responsable un coeur aussi tendre que le tien... Asséna-t-elle, acerbe au possible et plus ironique que jamais.

Une inspiration après l'autre, une expiration après l'autre, il s'agissait à présent de retrouver un semblant de sang froid. S'énerver et jouer les hystériques capricieuses ne servirait à rien.

- Trêve de plaisanterie, cette farce n'a que trop duré... Tu m'as bien fait comprendre ce que tu exigerais de moi et nous savons tous deux que je ne suis pas en mesure de te le refuser.

Marquant une pause, Vaea prit le parti de rejoindre l'homme, d'un pas rapide. Elle se planta devant lui, droite et furieuse, mais surtout, déterminée.

- Je t'aiderai donc. Tant que je le peux du moins... Mais avant, je veux savoir dans quel jeu sordide tu m'entraînes. Le pillage ne fait aucun doute, mais à quoi d'autre suis-je sensée m'attendre ? À retrouver des cadavres aux quatre coins du territoire ? À voire la populace Olysseenne décimée par ta horde ? Les femmes usées par des assauts tels que ceux que tu as eu la grande bonté de m'épargner ?! Dis-moi !

Pour ce qui était du calme, c'était raté. La tirade posée s'était envolée au profit d'un questionnement beaucoup plus nerveux. Aussi la jeune femme fit elle une nouvelle pause pour inspirer profondément avant de se détourner pour rejoindre le guéridon dont elle avait sorti la dague quelques temps auparavant, y posant les mains comme pour s'empêcher de vaciller.

- Autre-chose... Puisqu'il semble que nous soyons amenés à nous revoir, je tiens à ce qu'une chose soit claire... Quel ordre as-tu donné à tes hommes tout à l'heure déjà ? Ah oui... « La boucle reste bouclée »... Veille à ce que la consigne reste d'actualité.

Pourquoi avait-elle dit cela, elle n'en n'avait pas la moindre idée. C'était sorti simplement, et cette requêtes pontanée, puisqu'en ces circonstances il ne pouvait décemment pas s'agir d'un ordre, fit perdre à Vaea le peu d'assurance qu'elle avait pu récupérer. Le rouge avait de nouveau gagné ses joues, et elle remercia le ciel de tourner le dos au bandit à cet instant précis. Ce sentimentalisme soudain n'avait rien à faire là. Aussi s'empressa-t-elle de modifier sa déclaration, comme si en réalité, sa phrase attendait une fin.

- ...J'ai eu suffisamment de mal à trouver des gens suffisamment compétents pour avoir envie de faire remplacer mes filles...

Cette scène, cette situation, cette journée... Tout ceci était aberrant. Tout lui échappait. Au profit d'une ambition qui semblait déjà ne plus lui appartenir. Cet homme ne ressemblait à aucun de ceux qu'elle avait déjà croisés auparavant. Lui, semblait ne reculer devant rien pour obtenir ce qu'il voulait. Et pourtant elle aurait juré qu'il ne s'agissait pas uniquement d'un monstre... Comment un homme pouvait-il être si contrasté...

- Comment peux-tu être certain que je ne ferai pas mander la garde immédiatement après ton départ...? Interrogea-t-elle dans un souffle emprunt d'amertume.

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MessageSujet: Re: Quand un chat se voit lion....   Dim 8 Mar 2015 - 12:39

Il avait vu juste.

Elle était celle qu'il fallait. Suffisamment perdue pour être guidée, suffisamment sentimentale pour être menacée. D'elle, se dégageaient une force et une ambition encourageante, un peu brouillonne et improvisée mais indéniablement présente. S'il maniait les bons fils, il pourrait la faire avancer loin et longtemps. Il lui sourit légèrement quand elle annonça la garde campée à quelques lieues de là.


-Si je suis mauvais, tu le feras un jour... Mais pas encore... Quel ordre donneras-tu à l'armée ? Chassez un bandit à capuche ? Tuez tout cavalier vêtu de vert ? Et ensuite, si par malchance je me fais abattre, que te restera-t-il ? Des seigneurs et vassaux attendant que tu tournes suffisamment le dos pour t'y planter une lame ? Une armée qui agira seulement pour la baronnie, se fichant de celle ou celui qui la commande ? Tu seras de nouveau seule...

Quittant la fenêtre pour retourner sur le sofa, un flot de pensées vint lui tourmenter l'esprit. Une fois installé, comment se prémunir d'une attaque massive sur leur repaire acquis aujourd'hui ? Il s'était pourtant résigné à y penser le moment venu, quand il verrait les lieux, leur emplacement, ses effectifs, mais la petite remarque de la jeune femme lui ramena tout ça à l'esprit. Il n'était pas homme à éprouver sa chance. Il se devait d'anticiper un maximum d'éventualités, de les analyser, et d'y trouver une solution ou une parade, les combinant toutes avec le plus d’homogénéité possible sans qu'elles se périclitent entre elles. Un exercice des plus stimulant mais lui filant de sacrées migraines parfois. Il soupira en parvenant à chasser sa réflexion vers un instant plus approprié.


-Si j'étais venu piller et massacrer les tiens comme un vulgaire paria, nous ne serions pas entrain de... gentiment... discuter autour d'une table. Tu baignerais déjà dans le sang et la semence, à jamais épargnée de tes nouvelles responsabilités. Mais non, s'il y a pillage, il sera dans notre intérêt. Oui, j'ai bien dit dans le notre ! Un mauvais payeur, un dissident ou un récalcitrant. Et s'il y a massacre, ce sera pour un traître ou un opposant trop virulent...

Il avait bien vu que bien qu'ambitieuse, elle rechignait à verser le sang. Mais le monde n'était pas rose, il était d'or et de carmin. Elle serait l'or, il serait le sang. Elle serait la lumière, il serait l'ombre. Elle serait le velours, il serait la main de fer.

-Tu n'auras pas à te salir les mains, mais tes ennemis devront comprendre que d'autres le feront pour toi. La subtilité est infime mais elle fait toute la différence. Il sauront qu'ils ne périront pas d'un coup de sang lors d'une négociation désastreuse mais qu'ils auront tout intérêt à arrondir les angles avant que la malchance se fasse trop sentir. Là est le pouvoir d'une ombre, imprévisible. Et l'imprévisible côtoie la peur. Quand on ne sait pas d'où le coup va venir, on en fait des cauchemars chaque nuit. Cela facilitera les ententes...

Il pensa un instant à la façon qu'il gérait ses hommes. Partant du même principe, aucun d'eux était certain d'être intouchable. Les plus jeunes tremblaient d'un simple froncement de sourcils, alors que les plus anciens sursautaient encore parfois lorsqu'il apparaissait dans leurs dos. Et pourtant, ils avaient pleinement confiance en lui. La crainte et le respect. S'ils venaient à être châtié, ils ne s'en prenaient pas au bourreau mais à eux seuls parce qu'ils avaient fauté. S'ils ne le faisaient pas, bien souvent, si ce n'est toujours, ils périssaient au cours d'une embuscade pourtant estimée sans risque. Son monde était impitoyable. Il devait l'être aussi. Même aujourd'hui...

Il hésita un peu. Juste le temps d'entendre quelques exclamations au dehors. Il ferma les yeux un instant. Pourquoi fallait-il qu'elle fasse cette demande à ce moment précis ? Soupirant, il se leva pour aller jeter un œil au dehors. La vision confirma sa prévision.


-Je crains ne pouvoir accéder à votre... demande... concernant vos filles...

Quittant la fenêtre, il se dirigea vers la porte. Hélant Rouge-gorge et Le Roc pour qu'ils ne viennent pas à lui trancher la tête sous l'effet de la surprise, il quitta le salon quand ils ouvrirent la porte. D'un léger signe de tête, il confia au jeune promu la surveillance de la demoiselle, non de sa sécurité à elle, mais plutôt vis à vis de lui. Le Roc ouvrit la marche.

Il savait déjà ce qu'il se passait à l'extérieur. C'était prévu. Enfin, il y avait un plan, qui dépendait tout de même de plusieurs variables. Mais vu l'agitation, il estima que ce devait être une réussite.

Quand ils arrivèrent dans la cour, ils se dirigèrent vers l'un des cotés de la bâtisse, là où devait se trouver un des groupes formés plutôt dans la journée. Si L'Oiseau avait respecté ses consignes, ce petit groupe devait être formé d'un virulent, de la plus jolie fille, d'une femme mûre, deux gens sans importance et forcément d'un garde. Et pour ce qui était des responsables de ce groupe, il devait y avoir les trois recrues venues aujourd'hui, La Flèche, aussi habile à l'arc qu'à cheval si bien qu'on ne savait à quelle qualité on devait son surnom, ainsi que Le Loup, excellent pisteur et d'une ruse arrivant à rendre méfiant Rihan, et surtout l'Etalon, le plus rapide de ses coursiers, mais pas seulement...

En arrivant, ils virent le soldat en rage, invectiver de tous les noms l'Etalon, qui lui souriait de son côté, fier, tandis que La Flèche et Le loup menaçaient la femme mûre, crachant des flammes par les yeux. Les trois recrues tenaient en respect le reste du groupe. Sauf une.


-Que se passe-t-il ici ? On ne s'entend plus avec la demoiselle ! L'Etalon, tu sais pourtant que les cris sont importants ! Alors pourquoi m'en a t-on privé de quelques uns ?!

Il n'avait pas besoin de se retourner pour savoir que la demoiselle, après le rejet de sa demande, devait avoir l'air pâle et rougeoyant, sans parler des marques sur le menton et des lèvres encore chaudes du baiser, pour que tout ce petit monde pense qu'ils venaient de terminer leurs ébats.

L'Etalon, à son regard, s'était sûrement perdu dans ses pensées en reluquant la jeune femme. Rihan en profita pour consulter Le Loup du regard, qui hocha presque imperceptiblement la tête.


-J'attends !

Le cavalier revint  à son chef, se détachant difficilement de l'hôte du jour. Il arborait un grand sourire fier, et bombait même le torse.

-Justement Rihan, je n'ai pu résister à l'envie d'entendre aussi quelque cris ! Je sais que L'Oiseau a dit « Ceinture bouclée », mais à mon avis, il doit s'en faire une aussi. C'est un bon petit coin à poulettes ici ! Non mais « ceinture bouclée » ! Le vieux perd la tête...


Ne prêtant aucune attention au petit groupe qui s'agitait, et scrutant derrière lui que Rouge-gorge veillait à retenir la future baronne, il s'approcha de l'Etalon pour lui donner une bonne claque dans le dos. Il sentit le court malaise de l'homme en y posant sa main, mais le vit se relâcher soulagé ensuite.


-Tu as bien fait mon gars ! Tous les bons fruits doivent être cueillis ! Mais tu as respecté la première règle, n'est-ce pas ?

Le malaise revint, Rihan ne quittant pas son dos, le jeune homme se recroquevillait légèrement sur lui-même.

-Juste maintenue chef... Aucun coup ! J'te le jure !

Rihan lui tapota l'épaule gauche, gentiment.

-Bien, bien ! C'est l'essentiel...

Et la main droite lui planta une dague dans le flanc droit. La douleur fut fulgurante, comme à chaque fois, si bien que la victime ne pouvait riposter tant elle était tétanisée par la souffrance. S'écroulant dans un cri effroyable, le jeune cavalier gardait néanmoins un regard d'incompréhension. Il avait été nommé, intégré et respecté en tant que cavalier. Rihan fit la moue en le voyant. Oui, il perdait un bon élément.

-Un ordre est un ordre mon ami... La demoiselle s'est offerte contre la sauvegarde de ses gens... Tu m'as fait me parjurer... Dommage...

Il y avait du regret dans sa voix, feint évidemment, mais détectable seulement par quelques complices.  Une pierre deux coups. Il flattait le sens du sacrifice de son hôte, tout en se débarrassant d'un membre ignorant trop souvent les ordres, inculquant une leçon aux recrues et montrant à Vaea qu'il userait de tous les moyens jugés nécessaire pour atteindre ses objectifs. Il capta son regard.


-La Flèche, accompagne madame ! Désignant la femme mûre, surement la cuisinière. Et assure toi que la jeune fille se porte bien...

Un dernier regard vers Le Loup. Aujourd'hui, il aurait une plus grosse part du butin. Convaincre l'Etalon de désobéir une nouvelle fois devant leur éventuelle nouvelle associée était sa mission. Un, pour faire passer le message qu'il ne pardonnait rien, deux pour exécuter avec une bonne raison le jeune rebelle. Autant la première raison était un bonus plus qu'un but, autant la deuxième devenait indispensable. Il y avait eu trop d'écarts mais toujours avec des « on dit », rien pris sur le fait par Rihan. Jusque là...

Il revint sur Vaea.


-Rouge-gorge, je crois que notre hôte souhaite juger de l'état de son personnel... Suivez La Flèche. Retrouvez moi avec L'Oiseau ensuite.

Il fixa la demoiselle. Un presque « désolé » se lisait dans son regard. Presque...
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MessageSujet: Re: Quand un chat se voit lion....   Ven 27 Mar 2015 - 1:57

La porte s'était ouverte et elle avait suivi le mouvement, suivie de près par le gardien improvisé qui ne manquerait sans doute pas de se rincer l'oeil. Obtempérer semblait la seule chose à faire. Elle avait donc ravalé sa colère et son dégoût, retrouvé le visage fermé et distant qui convenait à cette situation, et caché la crispation de tout son corps. Une future Baronne qui se devait de préserver les apparences, tant aux yeux de ses assaillants qu'à ceux de ses gens, voilà ce qu'elle était. Et pourtant, alors qu'elle devinait que le rouge de ses joues ne s'estomperait pas de sitôt, elle ne se souvenait pas avoir déjà été plus inquiète.

« Qui ? » était la seule et unique question qui lui taraudait l'esprit. Qui faudrait-il ramasser à la petite cuillère... Qui faudrait-il venger ? Les couloirs et escaliers s'étaient succédés sans que la jeune femme ne desserre les dents, dans un silence pesant, jusqu'à ce que la procession ne regagne enfin la cours d'où étaient montées les protestations et les cris. De la petite troupe informe, Vaea reconnaissait chacun des visages. Elles les côtoyait pour la plupart depuis plusieurs années déjà. Malgré son silence, Carenza la cuisinière ressemblait à une louve dont on aurait attaqué l'un des petits. Les flammes dans ses yeux lui donnaient un air encore plus rougeaud que d'ordinaire, et son gros visage semblait plus disgracieux que jamais. À ses côtés Loreleï et Denian, respectivement fille de cuisine et garçon de ferme, restaient cois, le regard fuyant et le teint pâle.

Et finalement, il y avait Geoffrey. Geoffrey qui n'avait jamais été facile et dont les accès de colère étaient connus de tous. Il vociférait nombre d'insultes en tous genres et luttait visiblement avec lui-même pour obéir aux ordres donnés plus tôt. Son envie d'en découdre était palpable et malgré son sale caractère, Vaea savait qu'il ne se serait pas mis dans un tel état sans une bonne raison...


-Que se passe-t-il ici ? On ne s'entend plus avec la demoiselle ! L'Etalon, tu sais pourtant que les cris sont importants ! Alors pourquoi m'en a t-on privé de quelques uns ?!

Cette déclaration lourde de sous-entendus délivra la future Baronne de la torpeur distante dans laquelle elle s'était enfermée, comme une décharge. À quoi jouait-il cet enfant de... ?! Du calme... Ce mensonge, aussi grossier soit-il semblait avoir fait mouche, et déjà le jeune garde redoublait de fureur. Si elle voulait éviter que toute cette triste comédie ne finisse en drame, il fallait réagir immédiatement.

- Cesse. Tout de suite.

Il n'y aurait pas besoin de hausser la voix, l'autorité que Dame Vaea exerçait sur ses gens était sans appel. Comme une gifle, l'ordre avait coupé l'insurgé dans son élan. Se raidissant, Geoffrey avait tourné un regard médusé vers sa maîtresse, prêt à protester. Mais l'expression de la jeune femme le dissuada de s'y risquer. À moins de se prénommer Lothain, et d'avoir une excellente excuse pour le faire, on ne discutait pas les ordres de la châtelaine. Jamais. Toujours raide, il se résigna néanmoins et détourna le regard.

Celui de Vaea se posa tour à tour sur les recrues, méprisant au possible, et sur leur chef tandis qu'il réclamait une explication. Pratiquement identique, mais agrémenté d'une intensité toute autre. Elle le jaugeait, le jugeait comme on juge un accusé, attendant une réaction, jusqu'à ce que le coupable se dénonce. Elle en revint alors à lui, toisant ce jeune paon des pieds à la tête, oscillant entre fureur et dégoût, et redoutant de découvrir dans quel état se trouvait la victime.


-Tu as bien fait mon gars ! Tous les bons fruits doivent être cueillis ! Mais tu as respecté la première règle, n'est-ce pas ?

Ce fut la colère qui l'emporta, Pendant un bref instant, plus forte que la raison. Ils finiraient au bout d'une corde. Tous ! Ou presque... Quelle imbécile elle avait été. Comment avait-elle pu imaginer un seul instant que ce Rihan serait aussi digne de confiance qu'il le prétendait ? Elle le tuerait de ses propres mains. Elle tordrait son misérable cou jusqu'à ce qu'il se rompe ou jusqu'à ce que ses poumons se vident complètement.

- Espèce de... !

Après coup, elle jurerait que son corps s'était déplacé sans son consentement. Elle n'était plus qu'une furie que la recrue avait failli laisser échapper avant de réagir in extremis, et malgré sa hargne, Vaea n'était pas assez forte pour échapper à sa prise, même en se débatan. Et puis la lame avait fusé, comme un éclair dans l'obscurité, coupant court à l'accès de fureur de la demoiselle sans qu'elle comprenne réellement ce qui venait de se passer puisque le reste de la conversation lui était littéralement passée au dessus de la tête. Désormais immobile, elle vit le corps sans vie s'effondrer sur le sol, et l'incompréhension gravée à jamais sur le visage figé. Elle non plus n'y comprenait plus rien, le regard qu'elle adressa à Rihan pouvait en témoigner.

-Rouge-gorge, je crois que notre hôte souhaite juger de l'état de son personnel... Suivez La Flèche. Retrouvez moi avec L'Oiseau ensuite.
Oui. C'était ce qu'il y avait à faire. Agir, prendre les choses en main, comme toujours. C'est ce qui lui permettrait de garder son sang froid et un certain contrôle sur ce qui se passait. Aussi illusoire que ce soit. Vaea acquiesça brièvement en direction de Rihan, comme pour le remercier de lui accorder cette faveur. Mais juste « Comme si »... Elle emboîta finalement le pas à ses guides improvisés, non sans avoir adressé un dernier avertissement muet au garde qui ne décolérait pas. Dés lors, quelques minutes suffirent pour atteindre l'une des granges de l'arrière-cour.


Durant tout le trajet, Carenza avait cherché à accrocher le regard de sa maîtresse. Mais il semblait que la jeune femme refusait obstinément de lui accorder la moindre marque d'attention. Que craignait-elle ? Quoi que ce fut, ce ne serait jamais pire que ce que la cuisinière avait à lui dire...


- Qui est-ce... ?


Enfin. La question tant attendue fusa dans un souffle, juste avant que la porte de bois ne soit poussée. Les deux femmes se figèrent un instant sans tenir compte des éventuelles protestations de leurs accompagnateurs. Il n'y avait qu'à voir la difficulté qu'avait la domestique à trouver ses mots pour comprendre que la réponse ne plairait pas.

- Qui ?!

- Adeline...

Le couperet tomba, plus violent que prévu. De toutes, il avait fallu... Non. Vaea secoua la tête. Aucune ne méritait un tel traitement... Mais pour celle-ci, il y aurait beaucoup de comptes à rendre. Après une inspiration, la Dame poussa finalement la porte. On entendit d'abord, plus qu'on ne vit la victime. Quelques sanglots étouffés s'élevaient d'un petit coin mal éclairé, et en avançant à pas lents et feutrés, Vaea aperçut enfin l'adolescente recroquevillée dans un tas de paille et se racla la gorge pour attirer son attention. Comme elle avait l'air fragile... Pathétique même lorsque, relevant la tête, cette dernière aperçut les deux hommes. Il n'en fallut pas plus pour qu'elle ne se remette à hurler.

Tandis que Carenza laissait libre court à ses instincts maternels en se précipitant vers l’éplorée pour l'entourer de ses bras protecteurs, la Dame d'Olyssea se tourna vers les bandits. Peut-être un peu brusquement. Peut-être un peu hargneusement. Mais toujours fidèle à elle-même et à son rang. Pour qui se prenaient-ils à la fin ? Ils étaient chez elle, et s'y étaient présentés sans y avoir été invités. Peut-être n'étaient-ils que des larbins à la solde de cet autre grand dadais, mais ils n'en n'étaient pas moins des indésirables.


- À défaut de quitter cette grange, ayez au moins l'obligeance d'aller vous terrer dans un coin quelconque pour permettre à cette fille de se remettre de sa frayeur.

L'autorité n'était sans doute pas de mise dans ces circonstances, et ces deux-là auraient très bien pu décider de lui couper la langue pour lui faire regretter son ton agressif, mais Vaea n'en n'avait cure. Elle se contenait depuis bien trop longtemps. Avant de reporter son attention vers ses domestiques, la châtelaine avait d'ailleurs aperçu du coin de l'oeil l'indignation de l'oisillon, mais elle avait feint de ne pas s'en soucier. De plus, le plus âgé des deux avait rapidement fait valoir son autorité pour inciter son benjamin à obéir à la requête.

Une fois le danger éloigné, la Dame s'approcha encore de quelques pas. Si son expression restait aussi neutre que de coutume, son coeur lui, battait à tout rompre. Colère et angoisse semblant se disputer la part la plus importante du gâteau. Jamais il ne pardonnerait. Jamais il n'oublierait. Comme si les choses n'étaient pas déjà assez compliquées, il avait fallu en rajouter une couche.

Rapidement, la jeune femme s'assura que sa dame de chambre ne présentait aucune blessure. Physique du moins... On ne sortait jamais indemne d'un tel traumatisme. Soulagée de n'en découvrir aucune, elle s'autorisa enfin un soupir imperceptible alors qu'Adeline levait vers elle ses yeux baignés de larmes.

- Mademoiselle... ! Je suis tellement désolée ! Mon Oncle... Il va... Il va...



☼ ☼ ☼


- Damoiselle Vaea… êtes-vous sûre de vous ?

- Tu m’ennuies… Va me chercher cette fille, simplement.


Tandis que l’adolescente avachie dans son sofa mimait son ennui à la perfection, Lothain avait échangé un regard avec Lucia d’Orfélie. D’un vague haussement d’épaule, la Dame avait fait comprendre que sa fille faisait ce que bon lui semblait.

- Bien… Mademoiselle… Souffla-t-il en dissimulant difficilement un petit sourire.

- Oh ne prends pas cet air-là… Au moins je saurai à qui m’en prendre si le service de ta nièce ne me plaît pas…



☼ ☼ ☼


- Je m'occuperai moi-même de prévenir ton oncle. Pour l'heure, relève-toi et remet de l'ordre à ta tenue. Coupa-t-elle d'une voix froide. Il est inutile d'accorder à ces hommes la moindre satisfaction. Surtout celle de te voir dans cet état...

Ignorant les regards respectivement perdus et désapprobateurs de l'adolescente et de la doyenne, Vaea se détourna.

- Nous pouvons y aller...

Nous. Le message était clair, limpide même. Malgré qu'elle désapprouve cette dureté inutile, Carenza se releva en attirant à elle Adeline, l'entourant de ses bras comme si elle avait été sa propre fille. La Châtelaine fendit la grange sans s'arrêter, et sans même se soucier d'attendre qui que ce soit. Il était temps de rejoindre le maître de cette mascarade. Le dégoût menaçait de la submerger à chaque instant, et contenir sa nausée était un véritable combat.

À nouveau, quelques minutes suffirent. La demoiselle chercha Rihan des yeux, et ne baissa plus le regard une fois qu'elle l'eut trouvé. S'il avait commis une erreur, c'était celle de penser qu'elle rechignait à verser le sang. Elle en mourait d'envie à l'heure qu'il était, et l'expression de son visage suffirait à le prouver.


Mais elle se contiendrait. Il y avait bien trop à perdre.

- Il me semble que vous avez obtenu ce que vous vouliez... Et plus encore. Et maintenant ?

S'approchant jusqu'à ce qu'on l'arrête, elle promena son regard autour d'elle pour tenter de repérer le reste de ses gens.
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Rihan
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MessageSujet: Re: Quand un chat se voit lion....   Sam 28 Mar 2015 - 11:41

-Et maintenant ?

Maintenant, il devait lui montrer qu'il ne pouvait laisser passer aucune provocation. Surtout que vis à vis de ses hommes, cette offense venait d'une captive. Alors, en captive elle serait remise à sa place.

Secouant la tête, désolé de la voir réagir de cette manière, il attendit qu'elle s'approche suffisamment, et lui décocha une gifle monumentale, sans se retenir, pour que la violence, même avec le plat d'une main, transparaisse dans le geste. La force, combinée à la surprise, suffirent pour jeter la jeune femme au sol.

Un coup d'oeil à L'Oiseau pour qu'il maintienne l'ordre et il s'accroupit près de sa victime, puis posa un genoux à terre pour s'approcher de son visage. De ses lèvres sortirent des murmures seulement destinés à la demoiselle.


-Ta retenue est admirable, mais encore insuffisante... Si tu veux sauver les apparences, poignarde moi du regard en privé... Ou je devrais encore te corriger...

Soupirant, il se redressa tout en posant un pied sur la future baronne pour qu'elle ne songe même pas à se relever. Le coté théâtral du héros ayant vaincu la bête étant quant à lui un petit plus.

-Rouge-Gorge ! Fais amener les chariots à l'intérieur. Puis embrassant l'assemblée, de bandits victorieux et de prisonniers colériques ou apeurés. Le corps est à moi... Il ne reste donc que l'or à prendre... Bien aimable demoiselle, si vous voulez bien...

Et bien évidemment, sans attendre son consentement, et sans douceur, il attrapa son col fermement pour la traîner à même le sol, dévastant les parties les plus fragiles de sa tenue. Un peu de chaire visible pour compenser la frustration de ses hommes devant ce met délicieux est la moindre des choses après son ordre d'abstinence.

Le poids plume fut tirer jusqu'aux marches, où là, il lui laissa le temps de se redresser légèrement avant de la pousser à l'intérieur. Sans un mot, et ne lui laissant pas l'occasion d'en placer un, il pénétra plus profondément dans la bâtisse jusqu'à être assez hors de vue de ses hommes. Repérant une porte en bois à demi-ouverte, il l'enfonça d'un coup de pied avant d'y jeter son fardeau, puis il la referma derrière lui en la claquant.

A première vue, la pièce semblait être une chambre de bonne. La clochette suspendue au plafond confirma sa pensée. Regardant la masse au sol, il ne sut si elle allait se relever d'elle-même ou attendre son ordre. Dans le doute.


-Debout !

Il n'y avait nulle colère. Juste de l'exaspération. Oui c'est un drame quand on brutalise un être cher. Sauf que cet être n'aurait jamais dû paraître tant compter pour une future baronne. Tout comme une colère ne se manifeste qu'en position de force, si elle ne veut pas finir en humiliation.


-A quoi tu t'attendais ? Que je baisse les yeux que tu voulais m'arracher ? Que je m'excuse ? Il faut que tu sortes de ton monde merveilleux où l'on t'obéit aveuglément, par reconnaissance ou par crainte. Car ton monde dépasse aujourd'hui celui de ton castel ainsi que l'ombre de la précédente baronne ! Il te faut reconstruire tout cela ! L'armée doit devenir comme tes gardes, le peuple comme tes gens... Et seulement là je pourrais te craindre...


Ce serait inévitable. Son pouvoir grandissant, la demoiselle gagnerait en assurance. Et elle aurait de quoi menacer et se faire respecter. Et le faire exécuter. Il sourit à cette perspective. Se faire passer la corde au cou n'a jamais été dans ses projets.

-En attendant, tu n'as rien. Comble de l'ironie, c'est un bandit qui t'apprend les bonnes manières... Tes futurs vassaux ne seront pas aussi miséricordieux. Il te faudra les cajoler un temps. Le temps de devenir plus puissante. Tout comme tu aurais dû le faire avec moi au lieu de me montrer ouvertement ton hostilité...

Posant la main sur la poignée de la porte, il l’entrebâilla légèrement, quelques uns de ses hommes ayant pris l'initiative de fouiller eux-même les lieux, il lui restait peu de temps d'intimité avec la jeune femme.

-Je ne suis pas ton ennemi... Ni ton trône, ni ton titre n'ont d'intérêt pour moi... Juste un coin de terre que tu cèderas que officieusement en échange de services qui nécessitent qu'on se salisse les mains... Et ce serait du gâchis que les tiennes soient souillées, non ? Réfléchis-y...

Les hommes approchaient.


-Mais avant, nous allons te piller. Seulement ton or et un peu de victuailles. Il serait désastreux que tu apparaisses démunie quand des hôtes de marque viendront te soudoyer, te séduire ou te menacer...


Il ouvra la porte, et en galant homme ouvrit le bras droit pour l'inviter à sortir, un grand sourire jovial sur les lèvres.


-C'est par où ?
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Vaea d'Olyssea
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MessageSujet: Re: Quand un chat se voit lion....   Jeu 2 Avr 2015 - 3:49

De mémoire de domestique, personne n'avait jamais levé la main sur Vaea d'Olyssea. Pas même sa propre mère. Ce n'est pas qu'elle ne l'aurait jamais mérité, c'est simplement qu'elle avait toujours été suffisamment rusée et sournoise pour l'éviter. Jusqu'à aujourd'hui. Parce-qu'aujourd'hui, la jeune châtelaine s'était laissée aller à un travers dont personne, et elle la première, ne l'aurait crue dotée. Le sentimentalisme n'était pas dans ses habitudes. De l'un à l'autre spectateur, les réactions différèrent. Certaines femmes se cachèrent le visage dans leurs mains, d'autres détournèrent seulement le regard. Les enfants, fondirent en larmes, et les hommes se montrèrent aussi virulents qu'on aurait pu le craindre. Vociférations, insultes, rage... Il fallut le concours de tous les hommes de Rihan pour contenir leur colère.

Jusqu'à ce que Lothain ne crache un ordre suffisamment sonore et sans appel pour que tous se tiennent finalement tranquilles.Il était d'ailleurs le seul à ne pas avoir tenté de se rebeller. De là où il se trouvait, il avait pu voir, comme chacun des autres petits groupes formés. Il avait donc vu approcher la procession de femmes. La colère de la châtelaine, la désolation Carenza, et surtout, le désarroi d'Adeline. Comment ne pas comprendre...


- Le premier qui bouge, je l'embroche !

Le ton employé par l'ancien soldat était tellement inhabituel qu'il figea sur place même les plus vaillants des employés. Difficile de dire si Rihan avait entendu ou non, mais à vrai dire, le vieux garde s'en moquait. Sa retenue n'était plus qu'un relent de déformation professionnelle, toute son attention étant à présent accaparée par les coupables et leur victime. Les coupables, oui... Il ne pardonnerait pas. Elle aussi était responsable.

Elle, d'ailleurs, ne bougeait plus du sol où la gifle l'avait expédiée. À la fois sonnée et choquée, les joues rougies, tant par la honte que par la violence du coup. Comme si elle n'avait pas réellement réalisé ce qui venait de se produire. Et pourtant, elle avait parfaitement réalisé. Elles étaient là ses limites, et il faudrait veiller à ne plus les dépasser. La différence entre ces hommes et les autres ? Le milieu. Ils n'étaient rien ici, et ils agissaient donc comme des moins que rien. Un terrain glissant qu'elle devrait s'empresser de maîtriser. Si elle en avait encore l'occasion... Ne pas se laisser envahir par la peur... Pas devant eux...

Rihan serait donc le seul à peut-être percevoir le réel désarroi de la jeune-femme lorsqu'il se pencha sur elle. De toute façon, il l'avait déjà perçu... Et cette leçon qu'il lui murmura fit monter en elle une furieuse envie de lui arracher la langue ou de lui crever les yeux. Mais elle la réprima, aussi difficile que ce soit. Aux yeux de tous, elle ne serait qu'une victime apeurée.


- Cois-moi bien, je ne m'en priverai pas... Souffla-t-elle.

Il s'écarta ensuite pour mieux se positionner en chasseur triomphant. Jamais la châtelaine n'avait été traitée de la sorte, et il semblait que l'humiliation ne prendrait jamais fin. Le pied lui écrasant la cage thoracique en témoignait. En apparence un peu perdue, Vaea laissa son regard voyager frénétiquement entre les spectateurs, jusqu'à tomber sur celui de Lothain. Elle en aurait frémi si Rihan n'avait choisi ce moment pour la saisir au collet.

- Non, att... !

Être traînée au sol comme un vulgaire sac de son était à la fois dégradant et douloureux. La jeune femme eut beau s'agripper des deux mains au poignet du bandit pour tenter de se redresser, rien n'y fit. Vaea pouvait entendre craquer le tissus de sa robe, sentir les gravillons qui, petit à petit, commençaient à entailler sa peau délicate, et cette brutalité nouvelle lui fit redouter que Rihan aie finalement décidé de ne plus lutter contre lui-même.

Les quelques minutes qu'il fallut pour atteindre la chambre de bonne dans laquelle Rihan jeta son fardeau semblèrent durer une éternité. La jeune châtelaine aurait eu besoin de quelques instants pour se remettre de ses émotions, mais ce n'était visiblement pas au programme. La colère grondait en elle, prenant le pas sur la peur précédente, et sans la méfiance que lui inspirait cet individu, elle aurait désobéit. Mais il n'était plus temps de jouer les princesses. Alors elle se remit sur pieds, incendiant l'homme du regard puisqu'ils étaient seuls à présent, écoutant froidement les remontrances qu'il se permettait de lui adresser en rêvant de voir son corps se balancer au bout d'une corde.

Le pire dans tout cela ? Qu'il aie raison. Elle-même ne pouvait réellement expliquer ce qui l'avait poussée à réagir de la sorte. Ou plutôt si. Il l'avait prise pour une imbécile. Voir son expression faussement désolée avait suffit pour comprendre. Ce qui s'était passé, il l'avait prévu, avant-même de commencer à lui servir toutes ses belles paroles sur ce qu'ils pourraient accomplir ensemble.

- Et toi, qu'est-ce que tu attendais exactement ?! Tu m'as prise pour la reine des imbéciles... Tu n'as pas idée de la situation dans laquelle tu m'as mise, et tu n'as pas idée de ce que ça pourrait impliquer. Je ne sais pas ce qui me retient de... !


Vaea ne poursuivit pas. À quoi bon ? La retenue était sa seule chance d'éviter une nouvelle correction. Elle l'avait compris, et il le lui avait dit. Détournant le regard, la jeune femme riva les yeux au sol comme pour contenir sa hargne et se forcer à retrouver un ton plus... Courtois.

- Tu n'es pas mon ennemi, et ni mes terres, ni mon or ne t'intéressent, mais tu t'apprêtes à me dépouiller... Siffla-t-elle tandis que les pas se faisaient entendre dans le couloir. Les apparences avant tout, n'est-ce pas... ? Il ne faudrait pas que tes fidèles compères se retournent contre toi... Tu es encore plus fourbe que moi en réalité...

La porte ouverte, la future Baronne resta un instant plantée au centre de la pièce. Jusqu'à quel point devrait-elle encore s'écraser devant cet individu sordide ? Elle s'avança finalement alors que Rihan lui tendait le bras tout croisant ses mains contre elle en une posture perceptiblement défensive, pareille à une dame dont l'honneur aurait été souillé. « Le corps était à lui », n'est-ce pas ? Quitte à jouer le jeu, autant le faire jusqu'au bout.

La demoiselle marqua une pause néanmoins alors qu'elle se trouvait juste à côté de son prétendu bourreau. Elle leva les yeux vers lui et le fixa sans détourner le regard.


- Tu as raison sur un point... Un jour, c'est toi qui auras à me craindre. Et je te préviens dés aujourd'hui, je n'ai pas l'intention de me laisser tuer...

Une déclaration murmurée à lui seul, une promesse tout autant qu'un défi.

Elle se mit en marche après cela, traversant les couloirs d'un pas lent sans avoir l'air d'oser regarder qui que ce soit. Elle guida Rihan et ceux qui l'accompagneraient jusqu'à une porte scellée et dont elle était la seule à posséder la clé, cette dernière étant en réalité pendue au bracelet qu'elle portait au poignet droit, dissimulé sous sa manche.

S'écartant ensuite, elle s'interposa subtilement entre Rihan et ceux qui se chargeraient d'aller récupérer l'or qu'ils convoitaient. Bien que subtil, le message était donc clair. Elle avait encore quelque-chose à lui dire. Et pour cela, elle attendit que les autres soient affairés. Nul doute que leur cupidité serait comblée avec le fonds qu'ils découvriraient.


- C'est terriblement généreux à toi de vouloir m'aider à préserver les apparences, murmura-t-elle, ironique. Mais dis-moi... Comment suis-je sensée faire si je ne dispose plus de suffisamment d'argent pour me déplacer ? Je ne recevrai pas seulement des visites, je devrai en prévoir également pour obtenir les soutiens nécessaires à la revendication, certaines étaient déjà en préparation...

Sans compter la façon dont il faudrait recevoir les éventuels visiteurs. Loin d'être cupide, la demoiselle avait au moins l'esprit pratique. Et comme partout ailleurs, elle estimait que les apparences ne feraient pas tout.

Elle soupira finalement, et s'écarta, sans laisser au bandit le temps de répondre immédiatement.


- Les visites ne devraient plus tarder désormais, puisque la nouvelle est répandue...

Elle termina finalement en secouant la tête, redoutant par avance et bien malgré elle, la réponse qu'obtiendrait sa requête. Car c'était bien une requête qu'elle avait formulé. Celle de garder suffisamment de fonds pour mener à bien ses futures négociations.

- Pour le reste je suppose qu'il n'est pas utile de vous indiquer les cuisines...
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Rihan
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MessageSujet: Re: Quand un chat se voit lion....   Jeu 9 Avr 2015 - 16:05

Cela se passe...


Les fonds se vidaient à vu d'oeil avec une rigueur méthodique, acquise au fil des années où Rihan avait pris la tête des bandits. Ses hommes jugeaient, triaient, et chargeaient sans hâte. L'efficacité d'une organisation était bien souvent plus efficace qu'une razzia désordonnée.

Ils négligeaient les trésors volumineux, qui encombreraient les chariots, obligeant à renoncer aux menus fretins, qui bien supérieur en nombre dépassaient largement l'imposant trésor. L'or seul et les pierres précieuses étaient tous séparés avec autant de précision possible pour qu'une part égale soit réparti dans les trois chariots. Ensuite étaient ajoutés les différents objets précieux, surement entreposés ici parce que jurant trop dans le décor du castel.

Honnêtement, Rihan ne s'attendait pas à tant de richesse. Et bien malgré lui, il s'imagina couler des jours heureux dans cette opulence s'il parvenait à rassembler pour lui seul ce butin. Si bien qu'il n'écouta que d'une oreille distraite ce que pouvait lui dire la châtelaine. Du peu qu'il avait vu, le trésor semblait avoir plus de valeur que sa propriétaire. Etait-il trop ambitieux ? Certes le trésor ne se dilapiderait pas si rapidement, lui laissant le temps et l'occasion d'exécuter son larcin même si son entreprise venait à échouer. Mais à quoi bon ? L'oisiveté n'était pas dans ses gênes. Il avait besoin d'action, de réflexion, de défi. Comme un requin, s'il s'arrêtait de bouger, il en mourait...

Il observa de nouveau son infortunée partenaire. D'une humeur massacrante, elle restait un ravissement pour les yeux. Mais la beauté ne faisait pas tout. Il décelait parfaitement son caractère sous-jacent. Assez ambitieuse pour paraître cupide, mais suffisamment empathique pour devenir loyale. Ou son ennemi juré...

Lui souriant comme s'ils se rencontraient pour la première fois, il se rapprocha d'elle. Il n'avait rien contre elle, et n'éprouvait rien si ce n'est qu'une attirance physique. Il fallait le lui faire comprendre. S'ils devenaient de réels alliés, uniquement liés par un but commun, elle n'aurait plus à craindre de s'exprimer comme face à son égal. Seule la trahison pourrait se révéler dangereuse. Et encore, Rihan, à ce jour, n'avait pas encore expérimenter le sentiment de rancune. Pour lui, s'il y a eu une trahison, c'est qu'il avait fait une erreur de jugement. Il était donc le seul responsable. Et n'étant pas enclin à se flageller, il oubliait bien vite de se venger.

Assez éloigné de tous, il l'empoigna par la taille et la colla à lui comme en une étreinte bestiale. Ou plutôt comme un prédateur dominant sa proie. Mais malgré les apparences, cela resta doux pour la jeune femme. Ses hommes comprendraient cette envie de ne pas lâcher la jolie prise, et ainsi Rihan évitait toute suspicion. Ses complices, L'Oiseau, aspirant lui aussi à une retraite paisible, et Le Loup, trop perspicace pour être dupé, veillaient quant à eux à occuper le reste de la troupe.


-Ravi que ton sens pratique refasse surface, tu m'inquiétais...


Ses mains parcouraient délicatement son corps, l'effleurant comme on caresse une jolie plante sans la briser. Comédie et réelle envie se mêlant dans ces gestes.

-Un chariot prendra la direction du nord est. Quand on s'en ira, suis cette direction... Tu le retrouveras après environ une lieue. Avec un tiers de ta fortune...

Humant sa chevelure, il y passa une main, laissant les cheveux glissaient entre ses doigts. Tout comme eux, elle aussi s'échapperait de son emprise ?

-Encore une fois, je ne suis pas ton ennemi... Et si tu penses que c'est un piège, souviens toi que vous étiez tous à notre merci... Et qu'il y aurait eu plus de victime que la malheureuse Adeline si j'étais un simple bandit...


En effet, le temps qu'elle aille prendre des nouvelles de la jeune fille, il s'était renseigné sur le sacrifice nécessaire du jour. Sait-on jamais, peut-être un jour se sentira-t-il repentant. Mieux valait se rappeler de ses victimes.

Surtout que bien souvent, mis à part les morts, essentiellement des mercenaires, les marchands épargnés grâce à leur générosité forcée, devenaient peu à peu des partenaires commerciaux. Car Rihan et ses hommes se contentaient seulement de prélever la somme qu'aurait dû toucher les mercenaires, et un petit plus pour le risque de l'attaque. Souvent surpris et effrayés, les marchands payaient, ravis d'être en vie, et de garder leurs marchandises. Rihan leur offrait alors les services gratuit d'un éclaireur pour prévenir de toute nouvelle attaque sur tout leur territoire de chasse.
L'éclaireur à la frontière leur suggérait alors de venir se présenter à différents points de passage, où contre une somme un peu plus basse qu'aurait coûté une troupe de mercenaires, ils s'assureraient un passage sécurisé.

Depuis, les attaques sont devenues moins fréquentes que les escortes. Et les recettes bien plus grandes. Pour un même butin, une attaque nécessitait une dizaine d'hommes contre un seul éclaireur pour une escorte...

Une victime gardait toujours un lien indéfinissable avec son bourreau ou son sauveur. Ne restait alors qu'à le rendre tangible et bénéfique. Pour Adeline, il était le pourfendeur de son agresseur, le sauveur, pour Vaea, le bourreau charitable. Du moins c'était sa vision des choses.

Il baissa les yeux pour attraper le regard de la jeune femme.


-Je connais les hommes. Leur nature, leur peur, leur méfiance. Un bandit n'est pas différent d'un noble. Tout deux utilisent la force pour voler le labeur des autres. Seulement l'un est coutume, l'autre crime. Mais de nous deux, je suis celui qui mène les bandits alors que tu cherches encore tes nobles...


S'écartant d'elle, il lâcha, avec dans le regard une sincérité pour appuyer son propos.

-Le chariot est à toi quelque soit ta décision... Mais tu devras la prendre avant notre départ, au crépuscule... Si c'est un refus, le hasard des routes nous amènera peut-être à nous revoir... Si c'est un accord, le hasard n'entrera plus jamais en compte dans ta vie...


La saluant de la tête, il héla Rouge-Gorge pour qu'il reprenne son rôle de gardien.

-Si tu me cherches, tu me trouveras dans ton salon...

Il la fixa un long moment pour tenter d'y déceler une décision avant l'heure.


Ou cela se casse...
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Vaea d'Olyssea
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MessageSujet: Re: Quand un chat se voit lion....   Sam 18 Avr 2015 - 22:08

Si la jeune femme grimaçait en jetant un coup d'oeil aux vas-et-viens des pilleurs, ce n'était pas tant parce-qu'ils la dépouillaient que parce-que la situation lui échappait de plus en plus. Être à ce point dépendante du bon vouloir de quelqu'un d'autre n'était pas dans les habitudes de Vaea, et elle en arriva à la conclusion qu'elle ne pourrait l'accepter encore longtemps. Quand au sourire de Rihan, il fut assez inattendu et surprenant pour qu'elle ne songe pas à s'écarter lorsqu'il l'empoigna.

Ca non plus ce n'était pas courant. Non pas qu'elle soit une sainte n'y touche, loin de là même. Mais encore une fois, habituellement elle était la seule à tenir les rennes. Pourtant, elle le laissa faire. Il s'agissait de préserver les apparences, et c'est ce qu'elle avait voulu en l'isolant de ses petits camarades. De plus... Il fallait bien reconnaître que l'étreinte n'était pas désagréable. Mais ça, plutôt mourir que de l'avouer.

Elle écouta donc l'exposé de la situation, le visage toujours fermé, cherchant à déceler le vrai du faux dans ce que Rihan lui assurait, tâche rendue difficile par le petit manège auquel il se livrait. Vaea détourna la tête au moment où l'homme glissa sa main dans ses cheveux, protestation muette, mais en réalité, sa décision fut prise à cet instant. Elle lui ferait confiance, tant que ce serait possible. Et lorsque ça ne le serait plus, elle aviserait.

Un soupir souleva la poitrine de la jeune femme tandis que le bourreau s'écartait. Adeline. Il faudrait régler ce problème au plus vite, sans quoi elle ne pourrait garantir une totale coopération. Soutenant le regard de Rihan lorsqu'il chercha à croiser le sien, elle acquiesça. neutre, visiblement plus encline à se montrer pragmatique quoique sans laisser rien paraître de ce qu'elle avait décidé.

- N'oublie pas que malgré tes belles paroles, tu n'as pas hésité à me piéger. Fit-elle remarquer calmement. Tu me demandes de te faire confiance, mais tu te sers de moi pour donner une leçon à tes recrues récalcitrantes...

Elle s'écarta encore un peu plus, les bras croisés contre sa poitrine, laissant son regard se perdre finalement, comme en proie à une grande réflexion.

- Ta petite mise-en-scène, aussi ingénieuse fut-elle, a aussi eu un impact sur mes gens. Et pas forcément bénéfique. Hors, tu sais sans doute mieux que moi à quel point il est important de ne pas s'attirer les foudres ou la haine de ceux qui pourraient nous être utiles.

Il n'y avait aucun ressenti dans cette déclaration, il ne s'agissait que d'un constat. S'il voulait qu'ils s'entendent, il faudrait bien qu'il ne lui mette pas de bâtons dans les roues. Autrement, ils seraient forcément perdants tous les deux.

La châtelaine soutint à nouveau le regard du bandit lorsque ce dernier prit finalement congé, mais si elle répondit à son signe de tête, elle ne laissa encore rien transparaître de ses intentions. Pour sa réponse, il devrait attendre. Savoir qu'elle ne se trouverait pas totalement démunie fut néanmoins un réel soulagement. À condition que le chariot se trouve effectivement à l'endroit indiqué... Ce serait la preuve qu'elle attendait encore.

À nouveau seule avec son gardien, Vaea resta silencieuse quelques instants, tout en essayant d'ignorer les regards en coin de son gardien improvisé. Que faire? Questionnement purement rhétorique puisqu'il n'y avait qu'une seule chose à faire dans l'immédiat. Secouant la tête, elle héla finalement la recrue.


- Accompagne-moi, j'ai quelques consignes à donner à mes gens.

Le ton employé, bien qu'il ne soit pas méprisant, ne souffrait d'aucune protestation. La Dame se mit d'ailleurs en route sans attendre. Elle traversa les couloirs d'un pas rapide et machinal et en quelques minutes, se retrouva dans ladite cour. Encore disséminés dans leurs groupes respectifs, gardes et domestiques accueillirent le retour de leur maîtresse avec un soulagement plus ou moins palpable. Hormis sa robe malmenée et sa joue toujours écarlate, cette dernière semblait indemne. Mais au delà de ce premier soulagement, il y avait aussi l'angoisse et l'incertitude, la colère, l'envie d'en découdre... Tant de réactions logiques en pareille situation. Et c'est pour cela qu'elle était là.

D'abord, la demoiselle s'adressa encore à son gardien.


- Tends l'oreille, et ne manque pas une seule de mes paroles... Ainsi tu rapporteras tout ce que j'aurai dit à ton chef, et on ne pourra m'accuser d'aucune manigance.

Et finalement, elle haussa la voix pour que les otages s'approchent.

D'abord hésitants, ces derniers obtempérèrent finalement et formèrent bientôt un semblant d'arc de cercle autour d'elle. Son regard balaya le groupe, prenant soin de s'arrêter sur chacun d'entre eux durant une fraction de seconde.

- J'ai conscience du fait que cette journée aura été particulière.

Une entrée en matière pour le moins bancale, mais il semblait à la châtelaine qu'aucune autre ne remporterait meilleur succès. Et tandis qu'elle marquait une pause, son regard se posa plus précisément sur Lothain, qui la fixait également. Elle ne s'était pas trompée en imaginant quelle serait sa fureur.

- Et j'ai également conscience du fait que certains d'entre-vous n'attendent que l'occasion de se venger de l'affront qu'ils ont subit... Je vous l'interdit.

Elle ne s'était pas non plus trompée en redoutant que la requête soit mal accueillie. Mais ce n'était pas une requête, et elle tenait à ce que les choses soit claires à ce sujet. Certains blêmirent, d'autres soufflèrent quelques marmonnements incompréhensibles, mettant en doute les facultés mentales de la future Baronne, mais le seul à réellement oser s'exprimer fut celui qu'elle attendait.

- Seriez-vous en train de nous demander de fermer les yeux et de faire comme si personne n'avait été blessé... ?

La rage du vieux garde transpirait par tous les pores de sa peau, les jointures de ses doigts blanchissaient sous l'effet de la crispation et sa voix semblait provenir d'outre-tombe.

- Je vous l'ordonne.

La nuance était importante, et se devait d'être précisée. Elle eut d'ailleurs l'effet d'un véritable boulet de canon sur la légendaire placidité de l'ancien soldat. Seul un relent de bon sens l'empêcha de s'avancer vers l'arrogante demoiselle pour lui décocher une gifle qu'il espérerait aussi monumentale que celle qu'elle avait déjà reçue aujourd'hui.

- Auriez-vous perdu l'esprit ?! Cette fille a été souillée ! Et vous espérez que je laisse cette vermine s'en sortir simplement parce-que vous n'avez pas trouvé votre sort déplaisant ?! Si votre mère... !

Cette fois, c'en était trop. Vaea hausserait donc la voix puisqu'il semblait que ce soit la seule chose à faire pour avoir le dernier mot. Ainsi, l'imprécation fusa, aussi sèche que tonitruante, figeant sur place tous ceux qui n'avaient pas l'habitude d'une telle altercation. En l'occurrence, tous les employés présents.

- Silence !

Elle inspira.

- Ma très chère mère n'est plus de ce monde, Lothain. Aujourd'hui c'est à moi que vous obéissez, et si les décisions que je prends ne vous conviennent pas, vous êtes libre de quitter vos fonctions immédiatement. Pour l'heure, vous êtes tenu de ne rien tenter, et si vous veniez à me désobéir, considérez que ce sera de votre propre chef et que vous ne serez plus à mon service.

Dire que le ton fut glacial serait encore trop éloigné de la vérité, et à présent, c'était une véritable joute qui se jouait silencieusement entre les deux protagonistes. Le silence s'éternisa, et finalement, après un long instant, l'homme recula d'un pas, se mettant au garde-à-vous.

- Bien... Madame.

Le silence se réinstalla ensuite, mais Vaea savait déjà qu'il ne s'agissait que d'une trêve. Elle n'était même pas certaine que cette bataille puisse être remportée un jour. Et elle n'était pas la seule à en avoir conscience, il en était de même pour tous ceux qui connaissaient le tempérament de Lothain.

Fermant les yeux durant une fraction de seconde, la demoiselle prit le temps de retrouver un semblant de calme avant de reculer et de se détourner. Il serait encore temps de donner ses ordres concernant le chariot au crépuscule. Certitude acquise que ses gens coopéreraient au moins jusqu'au départ des assaillants, elle reprit le chemin du castel, et ensuite, du salon.

Vaea n'adressa d'abord qu'un bref coup d'oeil à Rihan, debout près de la fenêtre. Elle n'avait qu'une hâte, s'asseoir. Ce qu'elle fit d'ailleurs, croisant les bras et laissant son regard se perdre dans le vide un instant, sourcils froncés, silencieuse.

Les secondes s'égrainèrent, une minute même, avant que la jeune femme ne lève finalement les yeux pour accrocher ceux de son « invité ».


- Trois de mes gardes se mettront en route ce soir pour récupérer le chariot, et je ne doute pas de les voir revenir en un seul morceau... Il faudra d'ailleurs m'indiquer comment je pourrai te contacter... Puisque nous sommes associés...

Quittant son assise, la châtelaine prit finalement le chemin de la fenêtre, elle aussi, et se planta devant le bandit. À présent il avait sa réponse, et c'était à son tour à elle de tenter de déchiffrer son regard.

- Mais je je te préviens, je ne suis pas encore certaine de te faire confiance...

S'approchant encore, Vaea réduit considérablement la distance qui subsistait entre elle et Rihan. Toujours aussi consciente de l'attirance que l'homme éprouvait à son égard, la Dame d'Olyssea prenait à nouveau le risque d'en jouer. Un sourire se dessina sur ses lèvres tandis qu'elle glissait une main autour de la taille de Rihan, et que la seconde allait effleurer sa nuque.

Elle se hissa sur la pointe des pieds en laissant sa main glisser de la nuque à la joue, et sans le quitter des yeux, laissa encore fondre les centimètres qui séparaient leurs deux visages. Seuls quelques millimètres subsistaient à présent. Et puis la gifle partit. Suffisamment vigoureuse pour être « Appréciée », sans pour autant être d'une violence inouïe.

- Celle-la, je te la devais...

Elle ne s'écarta pas, mais son sourire fondit pour laisser place à un visage plus neutre.

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