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 De l'amour de deux êtres

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Glinaina
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MessageSujet: De l'amour de deux êtres   De l'amour de deux êtres I_icon_minitimeSam 7 Mar 2015 - 23:53

Troisième jour de la deuxième ennéade de Barkios, an 8 du XI° Cycle.


Assise près d'une grande fenêtre ouverte des appartements royaux je regardais, pensive, l'immensité de la forêt qui se dessinait à l'occasion. La grande Aduram, forêt dévastée par la souffrance il y a de cela de nombreux siècles et qui encore aujourd'hui criait autant sa peine, sa souffrance que sa colère aux oreilles de ceux qui pouvaient entendre la Symphonie des Arbres. Cette vue, mêlée au bruit de la mer, me rappelait que j'étais dans un endroit vraiment différent de celui qui m'avait vue grandir depuis mon premier jour en ce monde : l'Anaëh. Je ne regrettais aucunement le choix que j'avais fait de suivre des humains et encore moins celui de me lier avec un guerrier de cette race si étrange pour nombre d'elfes. Instinctivement je posais une main sur mon ventre désormais bien arrondi, geste qui était plus devenu une habitude qu'autre chose. Une habitude qu'il me faudrait abandonner d'ici quelques temps, à savoir combien encore. L'enfant (ou les) ne devrait plus tarder à naître et, supposais-je, mon instinct maternel ne se porterait plus sur là où il se trouvait pendant plusieurs mois mais bien sur l'être chétif qu'il sera. Fille ou garçon, je m'en fichais complètement. Le tout était qu'il soit en bonne santé et qu'il ait la chance de grandir dans une relative quiétude. Malheureusement, toutes les guerres qui avaient lieu depuis plusieurs années ainsi les problèmes liés à la politique des différents peuples n'auguraient aucune quiétude, surtout pour un petit royaume tel que Naelis. Cela me refit d'ailleurs penser au Seigneur-Protecteur Timérion Adantar, venu il y a seulement quelques ennéades de cela en compagnie de Nakor - vieux mage qui était toujours présent dans la cité...

Ma main se crispa sur mon ventre tandis que mes yeux se fermaient et que ma bouche se fendit en un rictus de douleur : l'enfant qui avait tapé du pied dans mon ventre, c'était tout... ce n'était pas la première fois que cela arrivait depuis quelques ennéades, comme si le petit être avait besoin de montrer qu'il existait avant même de naître. J'attendis quelques secondes : rien. Aucune raison de s'alarmer donc. Je me levais donc du fauteuil, refermais la fenêtre et prit le livre posé jusqu'alors à côté de moi avant de me diriger vers le bureau afin de l'y reposer. Je ne fis que quelques pas lorsque soudainement la même douleur vint me percuter de plein fouet, ce qui en plus d'être douloureux était fort désagréable, et ce une, deux, trois fois... puis je sentis mon esprit vaciller, tout autour de moi se mit à tourner et... d'une seconde à l'autre, sans savoir, je compris que j'étais tombée à terre - sur le dos, fort heureusement. En mon sein je sentis qu'il en était de même, que tout se retournait... Sur le coup je ne comprenais pas, mon esprit était dans un tel état que je ne pouvais même pas commencer à être en état de stress malgré la situation. J'entendis du bruit dans la pièce, des sons de voix, mon esprit en même temps essayait en vain de comprendre ce qu'il se passait en essayant de poser quelque question à Ust'kor. Mon esprit ne réussit à rien formuler dans ma tête, je sentis que l'on me prenait... puis plus rien.


*Réveille-toi idiote ! C'est pas le moment !*

Les claques mentales que m'infligea Ust'kor eurent au moins le don de me faire revenir parmi les êtres humains, ce qui me fit une impression bien étrange. Voir des visages penchés vers moi au-dessus du mien était assez impressionnant pour quiconque n'y était pas habitué et il fallait dire que cette habitude, je ne l'avais jamais réellement prise.

"Glenn..."

Mon esprit s'étant enfin bien réveillé, je commençais à ressentir toutes les contractions qui ne se languissaient pas de revenir à la charge, l'impression qu'entre mes jambes avait coulé un liquide peu habituel, que mon cœur battait la chamade comme s'il se préparait à courir un cent mètres, qu'Ust'kor avait un certain stress plus ou moins contenue, que moi-même je commençais sérieusement à stresser parce que je comprenais maintenant pleinement ce qu'il était en train de se produire et enfin... Glenn était là. Il était là, à me tenir la main, l'air inquiet. Pourquoi ? A cause de ma chute ou parce qu'il allait devenir père là en cette fin d'après-midi, pour la première fois ? J'essayais de lui sourire, qu'il trouve plus de calme que moi. Mais déjà une douleur plus intense que jusque là me fit me mordre les lèvres et alors un long calvaire commença, les empressements de l'enfant à vouloir découvrir notre monde m'obligeant à contracter tous les muscles nécessaires pour le faire sortir de mon ventre. Le problème ? Je suppose que cela venait du sang humain qu'il devait y avoir dans l'enfant... les jeunes humains naissant avec une plus forte carrure que les petits elfes, il me paraissait logique - même si non souhaitable - que physiologiquement parlant j'ai quelques difficultés (la largeur du bassin par exemple...). Aussi la sortie du ventre ne fut pas sans grande douleur et des cris, il y en eut. Quand enfin le premier cri résonna dans la pièce et que l'une des femmes qui m'assistaient dans cette dure épreuve annonça qu'il s'agissait d'une fille, je laissai reposer ma tête sur le lit sur lequel on m'avait allongée pendant ma perte de connaissance. Enfin... pourvu que ce soit terminé, j'étais à bout de souffle et très épuisée.

C'était sans compter sur le deuxième être qui grandissait également dans mon corps, au même titre que le premier. A peine la première dans les bras de la dame que déjà de nouvelles contractions se faisaient sentir ! J'avais raison, je l'avais bien ressenti que deux petits êtres étaient en mon sein... mais après la naissance de la petite je n'en pouvais plus, mon énergie s'était transformée déjà en sueur. Autour de moi j'entendais l'étonnement quant au fait que le roi attendait des jumelles (ou jumeaux ?) et, je supposais, beaucoup devaient espérer que le deuxième soit un garçon. Ah ces manies humaines ! Quoi qu'il en soit, il fallait qu'à nouveau je "pousse", serrant à nouveau la main de mon mari le plus fortement possible pour palier la douleur - si je ne l'avais pas brisée en mille morceaux avant tant j'avais dû la serrer - mais même là je sentais que je n'avais plus la force du début. Je contractais mes muscles, seule la douleur venait gratifier mes efforts autre que les mots. Le temps me parut long, long... je n'en pouvais plus, n'y arrivais pas... puis un nouveau temps de latence pour mon esprit, où je ne compris pas ce qu'il se passa : une coupure dans le temps, tout d'un coup je me retrouvais la tête reposée sur le lit, sans ces affreuses contractions, l'atmosphère plus saine tout d'un coup. Puis j'entendis "C'est un garçon !" et d'autres paroles plus ou moins compréhensibles par la suite. Enfin, c'était réellement terminé, j'allais pouvoir me reposer, dormir après l'effort... mes yeux se laissèrent un peu tomber sur le côté, sans regarder de direction précise, alors que mon esprit commençait à se laisser emporter par le sommeil.


*Merde l'elfe non !
-Hein ?
Ust'kor me donna une claque pour me réveiller.
-Tu ne dors pas, sinon aucun de nous ne reviendra. Là je ne peux plus prendre le contrôle, si tu te laisses partir c'est fini ! Tu comprends ou tes oreilles sont bouchées ?!

Une nouvelle claque pour me réveiller. Une claque ? Mais depuis quand pouvait-il me frapper physiquement ? Je regardais avec attention et je remarquais un détail qui n'avait jamais paru jusqu'alors : nous étions tous les deux dans cet espace qui sert de "pièce" pour celui qui ne contrôle pas le corps et je me voyais comme si je voyais mon propre corps... et Ust lui était dans un autre corps, celui d'un sombre grand et finement sculpté, aux longs cheveux argentés. Je fronçais les sourcils : il était d'une étrange beauté que me disait vaguement quelque chose, sans arriver à trouver quoi ou qui exactement... mais surtout j'avais l'impression de me retrouver en lui, ce qui était fort particulier. Dérangeant en un sens. J'entendis des mots prononcés à "l'extérieur" ; visiblement on essayait de me maintenir éveillée de l'autre côté, au moins ne m'étais-je pas déjà endormie. Ust'kor me fit signe de partir en direction de la voix qui continuait à me parler, m'aida à me relever et me poussa fermement mais sans brusquerie dans cette direction, me lançant après quelques pas :

-Et pense aux p'tits !*

Je revins pleinement à moi pour me retrouver face au médecin. L'épuisement revenait à la charge, à nouveau je sentais que mon corps souhaitait abandonner... mais j'entendais également deux bébés crier à plein poumons leur vie. L'instinct maternel qui était encore en moi fut pleinement éveillé par ce sont cher à mon cœur mais tout à fait horrible pour mes fines oreilles. Je regardais donc l'homme dans les yeux et hochais positivement de la tête pour lui signifier que je resterai, geste qu'il comprit et qui lui permit d'arrêter de me parler. Alors qu'on mettait les deux nouveaux-nés sur mon torse pour qu'ils entendent battre ce cœur qui les avait accompagnés pendant plusieurs mois, je tournais ma tête vers Glenn tout en repensant aux paroles d'Ust'kor : "Et pense aux p'tits"... j'avais une autre personne à laquelle penser, une qui devait avoir eu une frayeur des plus intenses, ce qui se voyait d'ailleurs dans sa façon d'être.

"Je suis désolée, Glenn..."
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MessageSujet: Re: De l'amour de deux êtres   De l'amour de deux êtres I_icon_minitimeLun 16 Mar 2015 - 18:45


Confortablement installé dans un un canapé d'un luxe peu commun à Naelis, Glenn écoutait son Sénéchal, Trimack Malfer, lui parler des mésaventures que lui causait sa nouvelle compagne. Glenn connaissait Trimack depuis plus de dix ans et avant d'être son Roi, il était son ami. Quand ils le pouvaient, les deux hommes n'hésitaient pas à se retrouver pour discuter de tout et de rien ensemble, et non pas de stratégie ou de politique comme on pouvait s'y attendre dans une discussion entre un Roi et son Sénéchal. Pourtant aujourd'hui, Glenn écoutait son ami d'une oreille distraite. Non pas que les histoires de la nouvelle compagne de Trimack ne l'intéressait pas, mais que cela le faisait justement penser à sa femme, Glinaina. Cela faisait maintenant plusieurs mois qu'elle était enceinte, la naissance devait être pour bientôt. Le salon de Trimack était des plus convivial, du moins l'était-il pour un nordique. Les peaux de bêtes semblaient ramper sur le sol, les têtes de monstre empaillés étaient accrochés au mur en guise de trophée, et diverses armes et bouclier traînaient de ci et là. En parlant de trophée, une tête de loup semblait le fixer d'un regard des plus vivants, ce qui était quelque peu troublant si on considérait que la bête était mort depuis plusieurs années. Glenn se leva du canapé pour observer l'animal de plus près.

- Je te vois envier mes trophées, mais j'attends toujours que tu viennes à la chasse avec moi ! » Lui fit remarquer Trimack.
- Tu sais ce qui devrais y avoir dans le hall de mon château ? Une tête de dragon ! »

Le dragon était une créature des plus mythiques qu'il soit, on les dit disparus avec l'Empire de Nisétis mais pourtant depuis ces dernières années les rumeurs ne cessent de parler de leur réapparition. Glenn allait poursuivre la conversation quand il entendit plusieurs bruits suspects qui provenaient du rez-de-chaussé. Trimack les avaient entendus aussi et lorsqu'il ouvrit brusquement la porte du salon, il fit face à un chevalier de Naelis. L'homme avait retiré son casque et paraissait tout essoufflé.


- Votre Majesté vous voilà !Vite il faut… La Reine… Elle est en train d'accoucher ! »

Bon sang ! Glenn se précipita au dehors de la maison pour enfourcher son cheval et galoper en direction du château. Heureusement la maison de Trimack n'était pas loin du château, si bien qu'il arriva dans la cour après quelques minutes de courses. Déboulant dans le château tel un ouragan, les domestiques firent bien attention de ne pas le heurter dans les couloirs tout en courbant bien la tête. Il monta les escaliers d'un pas vif pour enfin arriver à ses appartements.

- Glinaina ! »

L'elfe était allongée sur le lit et semblait être en proie à une douleur immense. Déjà, les domestiques s'affairaient autour d'elle et suivaient les instructions du maître guérisseur. L'homme se voulait confiant et rassura Glenn sur la situation en lui montrant que la situation était sous son contrôle. Supportant difficilement de voir sa femme dans cet état, Glenn resta pourtant à ses côtés pour la soutenir. Trimack arriva peu après lui, accompagné de Raymond, le maître de l'ordre des chevaliers de Naelis. Ils ne voulaient rien rater de l'heureux événement. Glenn tenait fermement la main de son épouse quand celle-ci poussa un cri de déchirement, le guérisseur tenait le bébé dans ses mains.

- C'est une fille ! »


Pourtant, les souffrances de Glinaina ne semblaient pas s'être arrêtés, et elle s'écria de plus belle quand un nouvel être sorti de son corps.

- C'est un garçon ! »

Glenn déposa un baiser sur le front de sa femme avant de prendre ses enfants dans ses bras. Délicatement, il les porta haut et fort, les exhibant fièrement devant la petite communauté qui s'était rassemblée dans l'antichambre. Naelis avait maintenant des héritiers, des jumeaux ! Le Roi de Naelis laissa les nouveaux-nés aux soins du guérisseur et de ses apprentis, un terrible doute s'insinua dans son esprit : il fallait que Glinaina survive. Il retourna à ses côtés. Aux traits de son visage, elle semblait lutter contre des forces intérieures qui tentaient de lui prendre sa vie. Glenn s'agenouilla près d'elle et lui murmura des mots doux à l'oreille, tout en lui tenant fermement la main : « Ne pars pas ! » lui disait-il. Finalement l'elfe sortir de sa torpeur quelques heures plus tard. Mais lui n'avait pas fermé l’œil pendant tout ce temps. Elle prononça son nom.


- Elheria et Aldarian… Ce sont bien les prénoms que nous avions choisis ? Et bien maintenant les voilà, tous les deux ! »

Des nouveaux nés sangs-mêlés, fruit de l'amour entre un homme et une elfe, ces êtres étaient généralement exclus tant par les humains que par les elfes eux mêmes. Pourtant cette race hybride a bien une place en ce monde, et cette place c'est Naelis. La fille paraissait plus robuste que le garçon, sans doute que contrairement à son frère elle détenait en majorité du sang humain. Les deux enfants n'allaient donc pas évaluer en même temps, ce n'était pas un problème car les deux seraient éduquer pour une seule chose : régner.
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MessageSujet: Re: De l'amour de deux êtres   De l'amour de deux êtres I_icon_minitimeMar 24 Mar 2015 - 13:35

La date fatidique approchait à grand pas et évidemment le vieux fou ne pouvait être qu'à un seul endroit en ce monde, peut importait ce qui pouvait se passer ailleurs, le monde fut-il à feu et à sang. Car bientôt la vie allait être donné et pas par n'importe qui, ni encore moins à n'importe qui. Glinaina allait engendrer et amener dans ce monde difficile, celui ou celle qui régnerait sur Naelis comme deuxième roi de ce royaume émergeant et tellement prometteur dans sa mixité et son ouverture vers l'extérieur et les autres. Nakor se promenait donc, avec l'accord de Glinaina et malgré le mauvais œil de certains, dans les jardins du palace royal. Le jardinier avait fait des merveilles ici, en amenant dans cette contrée, des plantes feuillus et autres arbustes et arbres qui n'étaient pas originaire de la zone géographique. Passant sa main sur quelques fleurs magnifiques aux couleurs aussi vivaces et bariolés que son propre accoutrement, le Magistère était tout de même pensif. Il y avait tant à penser, Nimmio de Velteroc, nouveau maitre de plus de la moitié de l'ancienne Péninsule telle qu'elle existait sous les Fiiram. Glenn Hereon et son alliance dans le conflit entre elfes sylvains et drows. Kahina d'Ys et ses intentions douteuses, les lointains nains des montagnes, Nisetis l'antique, les dragons, le Firmament, la magie, la vie ... hochant doucement la tête, il marmonna dans sa barbe

"La vie oui ... la vie ... "

Cela le ramena à sa chère petite Glinaina, lointain était la première fois qu'ils s'étaient rencontrés, lors d'un conflit dans une partie de la forêt elfique alors qu'il se rendait au chevet de Timérion Adantar pour prendre de ses nouvelles. Le chemin avait ensuite était tortueux mais la voici, empli d'une sorte de deuxième personnalité en elle, due aux machinations diaboliques et infâmes de Bol le Haut-Prêtre fou furieux aux chaines effroyables le long du corps.

"Peste soit de ce fou ..."

Mais d'un seul coup un jeune page arriva en courant et en hélant Nakor

"Heyyyy papy!! Papyyyyyyy!"

Nakor roula des yeux, peste soit aussi de l'impudence des jeunes. Il avait donné une petite pièce au garçon pour qu'il le prévienne dés que le travail commencerait. Il était proche des accoucheuses du palais, c'était donc l'espion parfait. Le jour J était pour peu, mais tout le monde savait que bien souvent, les enfants venaient avant. Le sorcier avait par contre trop peur que, de par sa présence magique, il perturbe la pauvre enfant dans cette épreuve notable. Il restait donc à l'écart du palais, sans en être trop loin.

"Alors cela a commencé?
- Oui papy, ça y est, les hommes ont été mis dehors à part le roi, les femmes font leur travail et ..."

Mais déjà Nakor s'en allait quasiment au pas de course. Les jardins étaient plutôt éloignés de la salle de travail. Il fallait se hâter, la vie arrivait, et c'était quelque chose d'important. Surtout dans un monde aussi fou que celui de Miradelphia. Il arriva devant les portes bloquées, protégés par des gardes qui donnèrent de la menace sourde au vieux fou

"Aucun homme n'a permission d'entrer dans cette salle sauf le maitre guérisseur. La reine est en plein travail.
- Savez-vous seulement qui je suis fieffés gredins? Je ne partirai pas! Je veux voir ces enfants parmi les premiers et leur donner la bénédiction qu'il se doit.
- On s'en fiche de ce que tu racontes vieux cinglé en robe!
- Hein ... que ... quoi???? Mais comment? Et ... "

Nakor était tout simplement outré, mais cette mascarade lui permettait surtout de faire passer le temps. Il serait là quand Glenn montrerait à ses proches l'enfant. Des cris pleins d'une nouvelle vie retentirent et le magicien ne put s'empêcher de sourire d'une oreille à l'autre.

"Héhé ... la vie ... la vie bon sang!"

Mais la douleur sembla continuer et le magistère fronça les sourcils. Par tous les dieux du ciel Glinaina allait-elle bien? Nakor était sur le point d'enfoncer la porte, la moitié du mur et le château tout entier quand on entendit le deuxième enfant.

"Des ... des jumeaux? Ho ça alors!"

Les enfants furent présentés, alors que sans pouvoir se départir de son sourire, Nakor donna un petit clin d'œil à chacun des enfants en marmonnant

"Que la vie et la magie vous guide sur des chemins apaisés et heureux mes chers enfants. Que votre vie soit longue et bien remplie!"

Puis il tourna la tête et vit le visage fort pâle du maitre guérisseur. Il poussa donc négligemment une grosse dame en train de glousser puis tomber presque sur le pauvre homme en disant

"Que diantre se passe-t-il?"

Puis il la vit. Glinaina était livide, presque sans vie. Il poussa violement le guérisseur qui tentait d'interdire au vieux fou d'approcher

"Elle a besoin de repos vieil homme, vos tours n'y pourront rien! Elle vient de donner la vie et ce n'est pas rien.
- Et vous? Êtes-vous aveugle à ce point? Elle a donné la vie, mais est en train de la perdre! Deux enfants dans un corps si faible ... elle ne passera pas la nuit avec vos artifices! Laissez moi donc faire.
- Qu'allez-vous lui faire imposteur? Vos simagrées ne changeront rien! Partez! Elle a besoin d'air et de repos.
- Sur ce point nous sommes d'accord, alors taisez vous!"

Puis Nakor n'hésita plus, le cas était grave et tant pis s'il fallait que la créature en elle se réveille ensuite à son contact. Mais les elfes sylvains n'étaient pas des êtres faits pour donner la vie sans contrepartie, et encore moins deux d'un coup. Il lui fallait un regain de chaleur et d'énergie. Etant magicien, Nakor pouvait manipuler sa propre énergie et les elfes avaient forcément un lien, même très léger mais naturel avec les arcanes. Il saisit la main froide au possible de la pauvre reine et déploya ses pouvoirs. Une aura violette entoura Glinaina allongée et Nakor à ses côtés. Le Magistère ferma les yeux et se concentra. D'abord sur sa propre énergie, puis sur son lien avec la jeune mère. Il lui fit alors doucement glisser un peu de force. Glinaina sentirait petit à petit, une chaleur familière, de la joie et une très grande force de vie pleine de conviction sans faille. Cette chaleur bienveillante et réconfortante dont il pouvait faire preuve avec ses proches. Il retira sa main lorsque la chaleur était revenue dans le corps de sa chère petite, et alors qu'il sentait de nouveau une autre Glinaina en elle, ce drow quasiment crée en elle, cette deuxième personnalité. Il craint un instant qu'elle n'ouvre des yeux animés d'une lueur rougeâtre malveillante mais ce ne fut pas le cas, elle parvint simplement à balbutier le prénom du vieux fou sous les yeux ébahit du maitre guérisseur et d'un Glenn pas forcément très rassuré de voir là un magicien faire des tours qu'il ne comprenait pas. C'est donc avec un immense sourire, que le vieillard passa une main tranquille sur le front de Glinaina en disant

"Tu m'as fais peur petite gourgandine de mon cœur ... pour un peu et tu me laissais seul! Je ne pouvais pas te laisser me faire ça."

Il gloussa un peu, puis se releva en forçant plus que d'habitude sur son bâton. Cet échange d'énergie l'avait bel et bien fortement fatigué.
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Glinaina
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MessageSujet: Re: De l'amour de deux êtres   De l'amour de deux êtres I_icon_minitimeJeu 9 Avr 2015 - 16:02

"Tu m'as fais peur petite gourgandine de mon cœur... pour un peu et tu me laissais seul ! Je ne pouvais pas te laisser me faire ça.

Je tournais faiblement la tête en entendant la voix familière du bon vieux Nakor. Il était entré dans la pièce ? Mais quand ? Je n'arrivais pas à m'en souvenir... peut-être pendant les quelques secondes où j'avais été "ailleurs", ou peut-être pendant l'accouchement alors que mon esprit était rivé sur la dure tâche de faire naître les enfants. Aucun souvenir, de près comme de loin. Par contre un détail me fit vaguement froncer les sourcils : il se relevait en s'appuyant fort sur son bâton, ce qui ne lui était pas habituel. "Nakor ?" fut le seul mot que je fus capable de prononcer, ne pouvant comprendre tout ce qu'il s'était passé. De mon point de vue je ne pouvais que constater les actions d'Ust'kor quant à sa propre survie - et donc la mienne - ce qui ne faisait aucun lien avec le mage debout à côté de moi. Mais j'étais contente de le voir, son côté paternel avait toujours su trouver une place dans mon cœur, se frayer un chemin alors même que j'étais au bord du chaos. La présence de Trimack ne me laissa pas indifférente non plus, m'étant liée d'amitié avec mon ancien commandant au fil des années, même si notre relation semblait bien moins forte que celle qui semblait le lier à Glenn. J'étais touchée par si peu de choses... cela ne me ressemblait guère, moi au contraire pouvait rester froide face à des événements qui m'auraient marquée il y a encore dix ans. Mon regard retourna sur le beau visage de mon aimé : il semblait plus paisible de ce que me laissaient me remémorer mes derniers souvenirs, heureux même. C'était une bien bonne chose qui avait le don de me réchauffer le cœur. Auprès de moi, me tenant toujours la main, il prononça des mots qui achevèrent ma sensibilité.

-Ehleria et Aldarian… Ce sont bien les prénoms que nous avions choisis ? Et bien maintenant les voilà, tous les deux !

Ehleria, Aldarian... deux prénoms qui jusque là étaient creux, portés par aucune personne que nous connaissions. Deux prénoms qui aujourd'hui s'associaient à deux petits êtres de nos deux sangs, deux êtres que je chérissaient déjà bien plus que tout. Je voulu répondre par des paroles, ne serait-ce qu'un simple "oui", mais l'émotion me submergea tellement qu'au lieu de cela je me mis à pleurer, pleurer d'une joie et d'une tendresse infinies, pendant que ma main moite caressait doucement celle de Glenn. Il fallut un moment avant que je n'arrive à prononcer correctement quelque chose, ne pouvant cesser pour autant le roulement des larmes sur mes joues. Je tendis la main vers l'un des deux chérubins que je pouvais apercevoir, signe que je souhaitais le prendre dans mes bras mais que j'étais encore trop faible pour prendre toutes les dispositions nécessaires à l'accueil de moi-même.

Les deux enfants dans mes bras et des coussins sous mon dos pour que ma tête soit un peu relevée, je me rendis compte que la petite avait une plus forte carrure que son frère jumeau, plus forte que celle qu'aurait eu un nourrisson elfe, même si elle arborait les mêmes petites oreilles en pointe. Aldarian lui avait une carrure plus habituelle. C'est en les regardant que je me mis à penser, à vouloir même une vie plus stable, rester auprès de mes deux enfants, ne plus enchainer les missions qui me faisaient parcourir le monde. Ne plus risquer ma vie autant de fois que ces dernières années, aussi. Instinctivement je prononçais quelques phrases dans ma langue maternelle à l'intention des deux princes, bénédiction d'une mère qui souhaitait le plus grand bonheur pour sa famille.

-Que les deux Mères vous protègent Ehleria et Aldarian et que l'Amour vous bénisse. Puissent les étoiles vous guider là où nous ne saurions le faire, là où pour nous même tout n'est que ténèbres.

J'eus un petit sourire avant de regarder Nakor puis Glenn. Je m'attardai sur le visage de ce dernier, dont les yeux et la joie m'avaient longtemps manqué et, malheureusement, me manqueraient à nouveau à cause de la guerre qui ne tarderait pas à emmener dans sa danse Glenn.


-Une bonne étoile veille déjà sur eux... mais puissent-ils pouvoir se remémorer les êtres qui les auront aimés, la famille que nous formons. Ils tiendront de toi, Glenn, et ce sera en bien."

Ma voix était encore faible, ceux qui se trouvaient de l'autre côté du lit n'avaient certainement pas entendu mes paroles. Mais le plus important était que Glenn les ait comprises, qu'il comprenne également mon désir de porter tout l'amour dont j'étais capable sur lui et nos enfants. Oh il devait déjà l'avoir compris et ce depuis bien longtemps... mais à savoir pourquoi, le besoin de l'exprimer s'était fait suffisamment ressentir pour que ces dernières paroles franchissent mes lèvres.
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