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 Dame et Damoiselle [Maélyne de Lourmel]

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Aliénor de Wenden
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MessageSujet: Dame et Damoiselle [Maélyne de Lourmel]   Jeu 12 Mar 2015 - 1:40

Voilà quelques jours qu'Aliénor avait reçu une missive urgente de la Dame de Lourmel pour demander l'hospitalité le temps d'une nuit. La jeune femme n'en fut pas surprise, étant donné ce que lui avait rapporté son frère de leurs mésaventures, lorsqu'il avait lui-même escorté la dite Dame lors de son voyage vers Arétria-la-ville. Il n'était donc pas surprenant que, cette fois-ci, le cortège cherche la sécurité d'un hôte à la demeure fortifiée. Et bien sur, en plein Malelande, le choix était restreint.
Mais bien que non surprise, cette visite de la ravissait pas pour autant. Aliénor n'était pas franchement heureuse ou à l'aise en ce qui concerne le protocole et les rapports étouffés par les politesses.
Pendant longtemps les hommes de la famille et l'épouse de Roderick étaient sur le devant de la scène, et elle se contentait la jeune fille silencieuse et “charmante”. Puisqu'une damoiselle était parfaite dés lors qu'elle décorait et agissait telle une marionnette prête à être vendue au plus offrant. Rien dire lui convenait face aux personnalités politiques qui se présentaient de temps en temps. Ça évitait au franc-parler d'Aliénor de choquer cette bande de puritains. Mais ce temps était révolu, non seulement elle était depuis longtemps en age de faire réception, mais en plus, elle était la seule Wenden au château cette fois-ci. Elle avait essayé d'échapper à la corvée en la refilant au père Feidel, mais celui-ci lui avait fait un sermon interminable et tristement vrai sur son rang, ses responsabilités, et son besoin d'expériences...

C'est donc pour la première fois qu'Aliénor participa à l'organisation du château. Et ce ne fut pas aisé, d'autant plus qu'ils n'avaient aucune idée du nombre et du rang des personnes qui accompagnaient Dame de Lourmel.
Il avait fallu choisir des chambres d'invités et les faire nettoyer, sans savoir combien d'entre elles allaient réellement servir. Prévoir des chambrettes pour quelques serviteurs, dépoussiérer un dortoir militaire inutilisé depuis plusieurs mois, et libérer et ravitailler des boxes pour les chevaux à venir.
Mais aussi faire quelques commandes de vivres plus raffinés que l'habitude.
Ainsi que veiller à ce que toutes les bougies du château soient neuves, en utiliser des parfumées pour les pièces où viendraient leurs invités, décorer les salles austères avec quelques fleurs et végétaux.
Bien qu'il ne s'agisse pas d'une visite réellement éminente, il fallait donner une bonne image. Et Aliénor, qui, pour la première fois, s’intéressait à l'apparence du château, ne put s'empêcher de penser que plus d'efforts devraient être fournis tout au long de l'année. Jusque là elle ne prêtait aucune attention à la tenue du bâtiment, mais se pencher dessus lui révéla que le rôle de garnison avait dominé la forteresse. Les temps étaient troubles, ils étaient un avant poste, la famille Wenden était guerrière, mais il ne fallait pas pour autant oublier sa noblesse. En bref, cette expérience des plus commune laissa notre jeune femme à de nouvelles réflexions sur son rôle de femme et de fille de Wenden.

Mais Aliénor de Wenden restait égale à elle même. Et si elle essayait de tenir son rôle d'hôtesse agréable, ce serait à sa manière.
Dés qu'on vint lui rapporter que Dame de Lourmel était à moins d'un jour de cheval. Elle donna des ordres pour que mets et bains soient prêts à être servi à tout instant.
Voulant faire acte de présence au moins pour les derniers kilomètres qui menaient la dame en son domaine, Aliénor était pressée de les rejoindre. La bienséance la poussa à mettre une jupe fendue de lin par dessus son pantalon. Bien que ce dernier soit apparent dans ses mouvements, cette tenue était plus féminine, moins choquante en fonction de son rang social. Mais sa tenue restait celle de la chasseresse, et elle serait à l'aise pour une chevauchée.
Aliénor entraîna quatre chevaliers et une dizaine de soldats à sa suite pour aller accueillir leurs visiteurs à plusieurs lieues de là. Ce n'était pas très conforme aux traditions, mais il était tellement plus logique de se rajouter en protection plutôt que de rester “planquer” derrière sa muraille...
C'est donc harnachée comme une amazone prête à la guerre, que la damoiselle de Wenden alla au devant de ses invités. Fière d'afficher ses origines de combattantes, et décidée à se montrer telle qu'elle est.

A leur approche, quelques soldats de Serramire parurent tendus, mais la plupart semblaient avoir reconnu Aliénor seulement par sa chevelure rougeoyante. Le petit cortège avait l'air fatigué, les chemins de la malelande étaient boueux et glissants. Une bruine incessante couvrait le territoire depuis trois jours. Et de façon évidente, les visiteurs en avaient fait la triste expérience.
« Aliénor de Wenden vous souhaites la bienvenue, amis de Serramire ! Nous venons à votre rencontre pour nous assurer de votre bon voyage jusqu'à la forteresse "au cheval cabré d'argent “. »
La jeune femme fit un geste respectueux et un sourire d'accueil vers la Dame de Lourmel. Elle s'était attendu à une femme plus âgée, ou du moins moins jolie. Elle remit en perspective l'idée qu'elle c'était faite d'elle, ainsi que le voyage partagé avec Roderik. Ce dernier avait semblé mal à l'aise sur le sujet...
Se retrouver face à quelqu'un du même age qu'elle, loin de rassurer Aliénor, la mit d'autant plus mal à l'aise quant à son rôle d'hôtesse.

Après quelques échanges, ils prirent la route vers la forteresse de Wenden. Cette dernière apparaissait de plus en plus proche au fur et à mesure de leur avancée. Se découpant au milieu des plaines humides, la forteresse de pierres grises argents se dressait sur le sommet d'une haute butte tapissée d'arbres et arbustes au feuillage grenat. De loin, les visiteurs pouvaient apprécier le jeu des couleurs et l'architecture simple et solide du haut château et de son enceinte sinueuse. La citadelle s'élevait vers le ciel, braquant son regard loin sur la malelande.


Dernière édition par Aliénor de Wenden le Mer 25 Mar 2015 - 1:37, édité 3 fois
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Maélyne de Loutremel
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MessageSujet: Re: Dame et Damoiselle [Maélyne de Lourmel]   Jeu 12 Mar 2015 - 13:58

6ème jour de la 3ème ennéade de Bàrkios, an 8 du 11ème cycle.

Cela allait être la quatrième journée de présence dans la Malelande. La Dame put s’entretenir avec le comte. Leurs échanges dura une bonne journée, cet ainsi qu’Alwin de Karlsburg invita la Dame de Lourmel à loger au château ne serait-ce qu’une nuit. Il fallait dire qu’elle avait besoin de récupérer un peu au vu de l’escorte qui s’était assez mal passée. Roderik était d’ailleurs presque immédiatement repartit. Maélyne espéra donc que son message lui avait été transmis.

C’est au lendemain que le convoi reprendra la route. Il était temps de rentrer à Lourmel mais il était hors de question de parcourir le pays d’Arétria durant la nuit. Ils pouvaient une nouvelle fois être attaqués et il était inconcevable que d’autres de ses soldats soient blessés. Elle se permit donc de consulter la carte représentant le pays Arétan et se rendit compte qu’à mi-chemin se trouva la seigneurie de Wenden.


« Hors de question » dit-elle à son ami Roland, seigneur de Dorour.

Pourquoi donc ne voulait-elle pas s’arrêter là ? N’avait-elle pas envie de revoir Roderik ? Elle soupira à cette idée. Cette escorte…  ces blessés, cet incident mais surtout leurs moments passés à deux. Maélyne serait gênée de se rendre en sa demeure après cela. Gênée du sentiment qu'elle ressentait dès qu'elle pensait à lui. Elle ne se l'expliquait pas et cela l'énervait.

« Maélyne. Je me suis renseignée. Le seigneur de Wenden n’y sera pas, il sera déjà repartit. Nous serons donc accueillit par sa sœur, la damoiselle Aliénor de Wenden qui s’occupe de la régence en son absence. »

Un autre soupir. Non, elle n’était vraiment pas convaincue.

« Ne peut-on pas continuer jusqu’à Dorour ? » Proposa-t-elle.

Dorour n’était pas si éloigné de Wenden, il n’y avait que quelques heures qui séparaient ses deux seigneuries ainsi qu’une frontière entre le Comté d’Arétria et le Marquisat de Serramire.

« Non, ce sera trop loin, en plus nous avons des blessés, nous ne pouvons risquer de chevaucher plus d’une demi-journée à la fois…. Maélyne, je t’assure qu’il n’y sera pas. » Continua Roland en essayant de rassurer la Dame.

« D’accord. Envoi donc une missive à la Dame de Wenden. » Finit-elle par accepter.

Il ne fallut que quelques secondes pour qu’il s’en aille. Il savait que la Dame pouvait encore changer d’avis, alors autant sauter sur l’occasion et envoyer un messager au plus vite.

Les cartes étaient rangées et la Dame prit congé. Elle bénéficiait d’une chambre pour les invités. Très coquette. La décoration était plutôt à son goût et elle bénéficiait d’une belle vue. Pas aussi belle qu’à Lourmel mais rien ne remplacerait sa chambre qui surplombait la cité et les plaines alentours.

La lune était plutôt timide, et une pluie commença à s’abattre sur Arétria-la-ville. Alors qu’elle était éclairée par des bougies un des soigneurs vint à sa rencontre pour inspecter une dernière fois sa jambe. Tout semblait correct et le bandage semblait tenir. Elle pouvait donc se reposer sereinement. Pourtant, elle n’y arriva pas. Il fallut quelques heures pour que son corps réclame enfin du sommeil. La forçant ainsi à s’endormir.


7ème jour de la 3ème ennéade de Bàrkios, an 8 du 11ème cycle.


Au lendemain, la journée s’annonça radieuse si on se référait au soleil qui avait déjà baignée la chambre qu’occupait la jeune femme. Bien qu’elle s’habillait plutôt rapidement, la Dame prit son temps de prendre un bain, de remercier les servantes qui s’occupa d’elle avant de rejoindre le comte et la comtesse. Maélyne les remercia pour leur hospitalité et prit la route.  C’est ainsi que le château d’Arétria s’éloigna encore et encore. Doucement ils s’éloignèrent de la cité. Maintenant il fallait compter une demi-journée avant d’arriver à leurs prochaine destination ; Wenden.

Le voyage se passa plutôt bien et le soleil qui les accompagna réconforta un peu l’escorte même si les routes restèrent plutôt boueuses et difficilement praticable. La Dame passa la temps comme elle le pouvait. Au départ elle avait amené des livres mais ceux-ci n’ont pas survécu à la boue dans laquelle ils étaient tombés lors de l’accident. Elle les avait néanmoins gardés, peut-être qu’elle arrivera à les récupérer. Les livres étaient assez important pour elle, bien plus que les robes qui s’étaient abîmées.

Une discussion débuta entre Maélyne et Roland qui chevaucha à côté de la calèche. Cela aida fortement à passer le temps. Lui qui était un ami d’enfance et vassal de la Dame, elle pouvait compter sur lui pour avoir de francs échanges.

Alors que le soleil semblait être attiré par le sol, laissant doucement sa place à la lune, les soldats en tête d’escorte furent un peu tendus. Il semblerait que des cavaliers approchaient. Le malaise fut bien vite dissipé dès ils reconnurent les couleurs de la maison de Wenden.

Les soldats chevauchant aux côtés de la régente voulurent les accompagner pour la dernière ligne droite. La Dame sortit alors de la calèche pour accueillir son hôte. Cette femme, qui semblait avoir son âge dégagea un air qui lui rappelait directement une personne. On ne pouvait pas se tromper. Cette femme était bien la sœur du seigneur qui avait accompagné Maélyne. Elle était si belle, si droite…

Il fallut du temps pour que la jeune femme ne lui adresse la parole mais au final le naturel revient bien trop vite et Maélyne la remercia de l’accueillir au sein de ses terres.

Le restant du voyage, elle décida de le faire en chevauchant sa jument. Celle qui avait causé bien des problèmes lors du voyage qui séparait Lourmel à Arétria-la-ville. Pourtant en voyant Aliénor chevaucher, cela lui donna envie de faire de même à ses côtés. La fin du voyage ne fut pas longue. Les Dames arrivèrent à destination sans encombre. Le domaine était fortifié comme la plus part des lieux-dits du nord. Encore l’était-il bien moins que Lourmel mais la comparaison n’était pas faisable.


« Cette chevauchée m’a été bénéfique. Je vous remercie de vous être déplacée jusqu’à notre rencontre. Je devrais monter cet équidé bien plus souvent. » Dit-elle à l’encontre d’Aliénor alors qu’elle venait de descendre de sa jument.

Elles avaient eu assez de temps pour les politesses habituelles durant leur retour au château. D’ailleurs la première impression qu’elle avait à propos de cette régente était plutôt bonne et cela pouvait facilement se sentir aux nombreux sourires qu’offrait la jeune Lourmelloise à la Damoiselle de Wenden.

« Je trouves votre domaine des plus charmants. » Finit-elle par lui dire alors qu’elles entrèrent à l’intérieur.


Dernière édition par Maélyne de Lourmel le Mer 18 Mar 2015 - 15:53, édité 3 fois
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Aliénor de Wenden
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MessageSujet: Re: Dame et Damoiselle [Maélyne de Lourmel]   Lun 16 Mar 2015 - 1:06


Un peu sur la défensive et tendue au début, Aliénor se détendit en constatant que la Dame de Lourmel ne paraissait pas prendre en compte son apparence de chasseresse. Elle ne lut aucun mépris, rejet, ou dégoût venant de la Serramissoise. Comme le faisaient certains devant une jeune femme de noble lignée habillait, certes avec des éléments de qualité, mais non comme une damoisselle le devait. La rouquine apprécia d'autant plus Maélyne quand celle-ci sortit de sa calèche, n'hésitant pas à mettre pied à terre, ou plutôt pied à boue, pour monter son cheval comme le faisaient ses hôtes. Un geste simple, mais qui lui fit gagner l'estime de la damoiselle de Wenden. La Dame de Lourmel n'était pas aussi prude qu'Aliénor l'avait imaginé, elle n'était pas de ces nobles qui ne vivaient que pour le luxe et méprisaient tout ce qui sortait de leur schéma de pensée et leurs coutumes.

Les jeunes femmes échangèrent quelques mots pendant le trajet avec le sourire et un certain naturel. Mais il était difficile d'échanger davantage tout en chevauchant.
Ils chevauchèrent ainsi un peu plus d'une heure. Des torches avaient été allumées pour y voir clair dans la nuit qui avait finit par tomber, et au loin, le château c'était lui même peu à peu éclairé. Il tombait quelques gouttes, mais tout le monde s'en accommoda.

Ils franchirent les grandes portes. Quelques regards curieux se levèrent sur leurs passages. Ils se dirigèrent directement vers l'entrée principale du château, de la paille avait été dispersée en guise de tapis de sol pour que le terrain ne devienne pas un bourbier.



Aliénor ne sut comment réagir lorsque la Dame de Lourmel complimenta « son domaine ». Elle se raidit, et ne put s'empêcher de la dévisager quelques secondes, cherchant la preuve d'une moquerie. Mais elle n'en vit rien, et se contenta, gênée, de murmurer un remerciement. On ne peut pas dire que le château de Wenden ou que la malelande qui l'entourait, pouvaient s’enorgueillir d'être « charmants »...

La jeune Wenden changea de sujet en s’intéressant aux paroles antérieures de Maélyne :
« Il est tout à fait naturel que nous soyons venus à votre rencontre, j'avoue même que j'aurais été plus rassurée de vous faire escorte depuis Arétria-la-ville. Mais il m'était difficile d'en prendre seule l'initiative sans votre accord ou celui du comte de Karlsburg. Et malheureusement je n'avais pas le temps de vous en faire la demande...»
Aliénor trouvait étrange que la Dame fût escortée pour l’allée, et non le retour. Ce n'était pas très galant de la part de son Comte, et elle se demandait même si ce n'était pas un choix politique. Mais peut-être était-ce pour une tout autre raison ? Peut-être que le simple passage à Wenden avait rassuré tout le monde, même si Aliénor trouvait cela un peu naïf. Que le chemin soit long ou non, une fois des briguants rencontrés, cela ne changeait rien. Peut-être que la Dame de Lourmel l'éclairerait sur cette affaire. Dans tous les cas, Aliénor désapprouvait.

Pour éviter de laisser peser ses paroles comme un reproche ou une accusation, elle enchaîna, d'un air désinvolte sur un sujet qui la passionnait davantage :
« Pardonnez moi, mais passant beaucoup de temps avec les chevaux, je n'ai put m’empêcher de remarquer que votre jument était un peu nerveuse non ? On dirait qu'elle a subi un traumatisme. Elle a l'air toujours inquiète... Quel est son nom ? »
Aliénor tendit la main vers la jument, celle-ci hésita, puis rapprocha doucement son museau vers la main tendue pour la renifler. La rouquine, sans gestes brusques, lui caressa doucement la peau fine entre les naseaux.

Autour d'elles, des garçons d'écurie prenaient les autres chevaux par la bride, deux d'entre eux se tenaient à l’écart des deux jeunes femmes, attendant qu'elles leur fissent signe d'en faire de même avec leurs montures.
Des serviteurs invitaient les gardes à les suivre vers les cuisines pour se restaurer ou d'aller dans leur dortoir pour dormir ou simplement déposer leurs affaires, selon leur convenance à chacun. Un soigneur se proposa d'aider les deux blessés présents dans la petite troupe.


Dernière édition par Aliénor de Wenden le Mer 25 Mar 2015 - 1:38, édité 1 fois
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Maélyne de Loutremel
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MessageSujet: Re: Dame et Damoiselle [Maélyne de Lourmel]   Mar 17 Mar 2015 - 17:01


Une première remarque sur l’escorte Arétane inexistante pour le retour vers Lourmel pour ensuite enchaîner sur un sujet qui plaisait encore moins à la jeune Dame.

« Vous avez bien fait de ne pas être venu jusqu’à Arétria car j’aurais de toute manière refusé votre aide. Non pas que je doute de vos qualifications en termes d’escorte mais je considère qu’une dizaine d’hommes passe plus inaperçu qu’une trentaine. » Répondit elle à la remarque de la damoiselle de Wenden.

« Croyez-moi que cela ne rassura pas le Comte que je reparte sans escorte supplémentaire mais il m’était impossible de risquer de blesser des hommes supplémentaires. »

Elle se remémora les blessures de ses hommes ainsi que ceux des hommes Arétans qui accompagnèrent le frère de son interlocutrice. Vint ensuite un moment d’hésitation lorsqu’il fallut enchaîner sur la deuxième prise de parole de la part de la belle rousse.

« Elle se nomme Kaya. Cette jument appartenait autrefois à ma sœur. » Commença-t-elle hésitante.

Comment pouvait-on déjà se retrouver dans des confidences alors que cela ne faisait même pas un quart de jour qu’elle connaissait cette femme ?


« Elle a vécu pas mal d’évènements qui l’on certainement choqués. » Finit-elle par dire sans pour autant entrer dans les détails. Il y avait bien évidemment la capture de Lyanna par les seigneurs du nord et de la maltraitance qu’a connue la jument dont certaines traces étaient encore visibles. Vint ensuite la perte de sa maîtresse qui l’avait vu naître et qui s’en est occupé alors que la jument n’était encore qu’un poulain.

Il était difficile pour elle de comprendre pourquoi elle voyait une femme qui ressemblait en tout point à sa maîtresse sans comprendre pourquoi Maélyne n’avait pas la même odeur.

La jeune Dame décida de s’en occuper du mieux qu’elle le pouvait ce qui calmait déjà fort bien la bête. Un nouveau lien était tissé mais ce lien était pour autant très fragile.


Parlons ensuite de l’attaque du Kerkand qui marqua fortement la jument aussi. Ces quarante cadavres baignant dans leur sang alors que certains de leurs membres ne tenaient plus à leurs corps étaient déjà difficile à supporter pour les chevaliers qui avaient plusieurs fois participé à des guerres. Cette nuit-là Kaya s’était enfuie et Maélyne la retrouva alors qu’elle était recouverte de sang humain. La jeune femme comprit bien vite que la jument avait vu l’horreur tout comme elle. Depuis ce jour-là, Kaya n’était plus la même et avait un comportement plutôt nerveux.

Cela expliqua aussi sa fuite lors de sa venue en Arétria durant l’attaque des brigands. Maélyne n’avait pas hésité à s’élancer à sa poursuite, cette jument était tout ce qui restait de sa défunte sœur.

La Dame s’était perdue dans ses pensées. Elle ne se rendit pas compte que plusieurs garçons d’écuries s’étaient déjà attelés à la tâche. S’occupant ainsi des autres chevaux. Des serviteurs invitèrent même les gardes à les suivre pour les réorienter vers différentes ailes de la demeure.

Avait-elle passé autant de temps à avoir un regard qui fixait le vide et à caresser l’encolure de sa jument? Tant-pis, c’était trop tard de toute façon. La Dame reprit alors ses esprits et afficha donc un léger sourire. Maigre justification quant à l’état dans lequel elle était mais elle se devait de faire quelque chose qui puisse un tant soit peu rassurer la Damoiselle.

« Je pense l’avoir déjà fait mais je préfère insister. Je vous remercie pour votre hospitalité. Je ne pense pas que mes hommes auraient pu tenir plusieurs heures supplémentaires pour atteindre le premier domaine en Serramire. » Lui dit-elle alors que les deux jeunes femmes étaient encore en train de s’occuper de Kaya.

« Non seulement votre frère a su faire en sorte que nous arrivions indemne à Arétria et vous, vous assurez que nous arrivions en bon état à Lourmel. Je suis donc doublement redevable auprès de votre famille. » Finit-elle avec un sourire bien plus prononcé.
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Aliénor de Wenden
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MessageSujet: Re: Dame et Damoiselle [Maélyne de Lourmel]   Mar 24 Mar 2015 - 12:46


Aliénor fut un peu vexée sur le coup ;“refuser son aide”. Voilà qui n'aurait pas manqué de l'humilier et de la mettre en colère. Mais, bien évidemment, la situation ne c'était pas présentée, alors inutile de faire des conjectures. Elle ne laissa donc rien paraître.
Quant aux nombre de cavaliers, malheureusement, qu'il s'agisse d'une personne ou de mille, la Malelande cachait difficilement ceux qui la parcouraient. Mais la jeune femme préféra ne rien ajouter non plus. La dame de Lourmel avait l'air convaincu de ses choix, et Aliénor pouvait comprendre sa répugnance à mettre en danger autrui. Elle se contenta donc d'un bref mouvement de tête, en signe de compréhension.
De toute évidence la jeune noble avait été quelque peu choquée par son premier voyage. Il fallait avouer qu'Aliénor n'avait pas non plus aimé voir les hommes revenir avec des blessés dont un jeune soldat amputé. Il n'y avait rien de pire que l’amputation. Mieux valait une mort propre, à un tel charnier et à un avenir d'unijambiste. Les amputés n'étaient pas faits pour la vie rude du nord...


Lorsque Aliénor comprit que le sujet de la jument était difficile à la Dame de Lourmel, elle se félicita de ne pas avoir insisté sur le sujet précédent. Mais ne put s'empêcher de remarquer que, comme à son habitude, elle avait mis les pieds dans le plat.
La gêne qu’éprouvait Maélyne fit comprendre à la rousse damoiselle qu'il ne valait mieux pas l'interroger sur sa sœur. Il est facilement déductible que, si un propriétaire n'est plus avec son cheval et qu'un autre le monte, il y a des chances qu'il soit arrivé malheur à l'ancien maître. Les paroles concernant des “événements choquants”, ainsi que le comportement et les anciennes cicatrices que portait l'équidé ne faisaient que renforcer les suppositions d'un drame.
Alors que la Dame de Lourmel semblait perdue dans ses souvenirs, la tristesse relevant sa beauté, Aliénor laissa glisser sa main sur l'encolure de la jument. Le poil dru lui râpa la paume de la main, tandis qu'il dégageait une douce chaleur.
Elle parla doucement ;
« Bonjour Kaya. Moi c'est Aliénor. Tu es chez moi, à Wenden. Ta maîtresse et toi êtes les bienvenues. Tout se passera bien. Nous avons des carottes et des pommes pour toi. »
La belle rouquine sourit lorsque le cheval dressa ses oreilles en attendant les derniers mots, des mots dont il connaissait visiblement le sens.
Les doigts des deux femmes se frôlèrent alors qu'elles caressaient toutes deux la jument. Comme la Dame de Lourmel sembla revenir à elle après ce contact, Aliénor se contenta de quelques mots simples et sincères pour donner le change :
« Elle est très belle, elle semble vous porter une affection particulière ».



Sans attendre la réponse, pour éviter de créer un malaise, Aliénor se détourna légèrement. Elle dé-serra la selle de Kaya pour soulager la jument dans l'immédiat. Si ce n'était pas franchement son rôle, elle faisait le travail des palefreniers sans même plus y penser. Elle releva l'étrier, souleva le quartier, et décrocha les sangles pour les mettre en position moins serrée en attendant que la selle soit enlevée définitivement une fois la monture à l'écurie. L'opération fut un peu maladroite, exécutée avec des doigts rougit et gonflés par le froid. Non qu'il fasse vraiment de basses températures, mais la pluie fine combinée à la cavalcade, au vent, et au crépuscule, avait refroidi les extrémités de la jeune femme.

« Je pense l’avoir déjà fait ….. redevable auprès de votre famille. »
Aliénor effaça l'ardoise d'un geste face à tant de remerciements :
« C'est un devoir que de vous protéger sur nos terres ma Dame. Ne vous sentez redevable de rien.
Un bain chaud doit vous attendre dans vos appartements, je vous invite à vous mettre à votre aise avant de nous rejoindre pour le dîner. Prenez votre temps. Je veillerais à ce que Kaya soit au calme et correctement bouchonné. »



Il ne restait quasiment qu'elles devant la grande porte d'entrée, le père Feidel avait déjà accaparé le seigneur de Dorour.


Dernière édition par Aliénor de Wenden le Jeu 16 Avr 2015 - 10:04, édité 1 fois
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Maélyne de Loutremel
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MessageSujet: Re: Dame et Damoiselle [Maélyne de Lourmel]   Lun 30 Mar 2015 - 16:16


La damoiselle de Wenden invita la jeune femme Lourmelloise à rejoindre ses quartiers, là où un bon bain chaud l’attendait sûrement. Cette idée fit tout de suite sourire la Dame. Même si être trempée et être recouverte de boue ne la dérangeait pas, elle adorait néanmoins se relaxer dans l’eau chaude. Elle laissa donc Aliénor avec Kaya, Maélyne avait toute confiance en elle et le comportement de sa jument la rassura aussi. L’équidé était moins stressé que durant le voyage, signe qu’elle avait donné sa confiance à la belle rousse.

C’est donc décontractée qu’elle rentra dans le château. Très vite le personnel vint à son encontre pour la conduire à ses quartiers. Elle parcouru alors les couloirs dont les murs étaient complètement dénudés de décoration. Il y avait quelques fleurs par-ci par-là signe que la venue de Maélyne a tout de même été préparée. La Dame trouvait ses couloirs biens triste mais ce sentiment la combla, bizarrement. Comme si le contraste avec le château de Lourmel lui faisait du bien.

Elle suivit donc une servante, s’engageant dans des escaliers pour finir à l’étage là où se trouvait surement la chambre qui avait été préparée pour elle. Les couloirs de l’étage ressemblaient en tout point à ceux du rez-de-chaussée. Néanmoins il y avait deux tableaux, deux portraits plus précisément. Maélyne s’arrêta alors, la servante faisant de même. La jeune femme regarda les deux chefs d’œuvre et vit un trait de ressemblance avec Roderik et Aliénor. La qualité du dessin et de la peinture était supérieure à ce qu’on pouvait trouver en ville.

Quelques secondes passèrent avant que la blonde ne continue sa route. Elles arrivèrent donc à la chambre. Il y avait tellement de portes qui se ressemblaient chacune que Maélyne se demanda où se trouvait la pièce où logeait la belle rousse. Une fois dans la pièce, Maélyne ne put s’empêcher de regarder en détail chaque recoin. Non pas pour juger ou pour critiquer mais elle aimait connaître la disposition de la pièce dans laquelle elle passerait la nuit vu qu’elle se levait parfois plusieurs fois et ce sans spécialement allumer de bougie.

Le mobilier était simple, mais elle ne manquerait de rien. Ses affaires ont déjà été montées et un feu avait déjà été allumé dans la petite cheminée.  Il y avait donc le lit au bout de la pièce, une chaise près de la fenêtre, un grand meuble servant certainement de garde-robes, et un bain se trouvant dans le dernier coin disponible. Un tapis se trouvait près du feu et Maélyne s’imaginait déjà y passer une bonne partie de sa soirée à lire ses livres… Jusqu’à ce qu’elles se souviennent que les siens étaient recouverts de boue et donc elle chassa cette idée de la tête.

Vint ensuite l’heure du bain. On pouvait apercevoir un peu de vapeur s’échappant de la baignoire, preuve que l’eau était bien chaude et il n’en fallut pas plus pour que Maélyne commence à se déshabiller. Elle demanda l’aide à la servante pour lui défaire son corset avant de la remercier avec un sourire. La robe qu’elle portait était confortable mais cela procura un bien non négligeable lorsqu’elle se retrouva à terre. Quoi de mieux que de se promener librement sans aucun habit pour mouler le corps.

La servante toujours présente sembla gênée de ne pas être partie avant que Maélyne ne soit nue mais la dame la rassura quelques peu en se lançant une blague que l’on pouvait qualifier d’humour noir. Alors qu’elle se trouva seule, elle s’avança vers la baignoire pour y glisser une main, sentant ainsi la température de l’eau qui était idéale. Il ne fallut que quelques instants pour que l’eau la recouvre totalement posant sa tête sur le rebord en fermant les yeux. Le crépitement du feu ainsi que le silence qui engloba la pièce ainsi que le couloir lui fit le plus grand bien. Un tas de choses lui vint à l’esprit mais au bout de quelques minutes elle décida de les chasser en inspirant une bonne bouffée d’air se laissant alors aller à une relaxation bien méritée.

Elle était encore en train de décider de la robe qu’elle porterait ce soir qu’elle entendit quelqu’un toquer à la porte. C’était la même servante qui revenait vérifier si tout se passait bien. Maélyne l’invita alors dans la pièce car elle avait besoin d’aide pour, non seulement choisir, mais également se sécher les cheveux.
Il fallut encore une demi-heure pour que la dame soit totalement prête, se dirigeant ainsi vers le rez-de-chaussée où la damoiselle de Wenden l’attendait sûrement. Son bain lui manquait déjà. Dévalant les escaliers telle une louve affamée, car c’est ce qu’elle était, Maélyne se demandait si elle pourrait visiter le restant du château même si aux fond, ils se ressemblaient tous.

Elle fut conduite dans une pièce qui semblait être la pièce principale de la bâtisse. Une table était dressée et un large sourire apparut sur les lèvres de la Dame. Aliénor l’attendait et l’accueillait chaleureusement. La jeune Lourmelloise s’était finalement simplement vêtue d’une légère robe violette sans corset. La Dame voulait se sentir à l’aise ce soir et elle était certaine qu’elle pourrait l’être en compagnie de la belle rousse.

Maélyne arriva alors à sa hauteur et lui dit alors :
« Ce bain m’a fait le plus grand bien. »
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Aliénor de Wenden
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MessageSujet: Re: Dame et Damoiselle [Maélyne de Lourmel]   Ven 17 Avr 2015 - 19:37



Aliénor donna congé à son invitée, et conduisit elle-même la jument Kaya aux écuries. Son propre cheval suivit par habitude et par attrait de l'avoine qui devait l'attendre dans son box comme à chacun de ses retours. Il y rentra d'ailleurs de lui-même, autonome et gourmand.
La jeune noble choisit de mettre son invité équidé dans un box plus à l’écart, pour qu'elle soit au calme. C'est donc dans l'une des grandes stalles, prévues pour les juments en gestation, qu'elle fit entrer la belle. Juste à coté de celle de Scendra qui venait de mettre bas, la magnifique jument grise était calme et son poulain découvrait le monde. L'enclos permettrait à Kaya de se mouvoir à son aise, et de hauts panneaux en bois la coupaient des courants d'air et du stress. Aliénor eut tôt fait de lui enlever sa selle et son mors, pour enfin lui donner les fruits et légumes, promis il y avait peu de temps de cela. Elle caressa la jument et lui donna quelques coups de brosse pour la soulager des poils morts et redresser ceux qui avaient été écrasés par la selle. Il fallait lui enlever la boue des jambes, lui curer les sabots, et la brosser entièrement. La jeune femme avait envie de s'occuper de la jument, mais elle n'en avait pas le temps. Il lui fallait se rendre présentable avant le dîner. Elle laissa donc Chase se charger de la Lourmelloise, passa rapidement voir Silma'k. Ce dernier sembla la bouder un peu, habituellement sa maîtresse s'occupait de lui après une chevauchée. Mais il n'avait pas l'air bien malheureux, à machonner une carotte.

C'est donc l'air grave qu'elle se dirigea vers le château, représentante de l'ultime voyage du condamné... Dieu ! Qu'elle n'aimait pas s’apprêter ! Elle aurait préféré travailler dans les écuries, puis faire un tour des animaux pour vérifier que tout allait bien, pour ensuite manger dans les cuisines au côté de ses gens et amis. La vie était belle à Wenden. La vie y était rude aussi, mais le bonheur était peu de chose et les difficultés rapprochaient. Elle avait grandi dans une ambiance fraternelle, et elle ne se voyait pas un jour s'en passer, même si la grandeur du monde l'attirait comme le ciel attire le papillon. Elle soupira à l'idée qu'elle devrait probablement partir, quitter tout ce qu'elle aime...
Ho bien sur ! Elle était curieuse de son invitée, et elle la trouvait même plutôt sympathique ! Elle avait très envie de passer du temps à la connaître, mais le protocole voulait que ce soit dans de jolis habits, dans la salle de réception, et avec une certaine convention. Alors qu'Aliénor aurait préféré un repas en compagnie de tous ses invités, profitant ainsi des histoires de soldats étrangers. Elle regrettait de ne pas pouvoir partager l'ambiance chaude de la majorité, là où on rigolait à gorge déployée, parlait sans retenue, et avec trivialité. La vie de cour n'était décidément pas pour elle.



Elle monta le grand escalier en pierre, ses pas raisonnèrent entre les hauts murs. Les couloirs étaient embaumés d'une senteur florale, ce qui était inhabituel. Au moins avait-elle fait de son mieux pour accueillir ses convives.
Elle se glissa dans ses appartements, il y faisait une chaleur étouffante. Les domestiques savaient depuis longtemps quelles étaient ses préférences, et la grande cheminée abritait un feu imposant. Une grande bassine était installée devant l’âtre. Aliénor retira sa cape et l'accrocha à une fixation au mur prévue à cet effet. Elle se réchauffa les mains sur les flammes, sous le massif manteau arrondi, la brûlure qui remplaça l’engourdissement du froid la fit grimacer. Quand ses doigts lui semblèrent plus agiles, elle commença à se déshabiller.
Délasser ses bottes lui prit un certain temps, et les enlever fut comme toujours une épreuve de force. Elle déboutonna son gilet de cuir, enleva la fine doublure en fourrure puis la chemise en coton, ensuite vint le tour de la jupe aux hautes fentes et du pantalon. Elle retira ensuite la combinaison en soie servant de sous-vêtement, et, enfin, se libéra patiemment du bandage qui lui soutenait la poitrine. Cela fait, nue comme un ver, elle poussa un soupir de soulagement.
Aliénor mit les deux pieds dans la bassine remplie d'eau, et commença une toilette rapide avec un tissu et un savon qui étaient posés sur la petite table juste à coté. Elle trempait le tissu au niveau de ses pieds, et se frottait vigoureusement. Sa peau frissonnait du coté de la pièce, tandis que la cheminée gardait l'autre coté brûlant. Une fois sa peau immaculée, la jeune femme se roula dans une douce fourrure noire et s'installa dans un fauteuil prés du feu. Elle libéra ses cheveux pour les brosser, la tête penchée pour éviter que la poussière en tombant ne la salisse de nouveau.
Une fois entièrement propre, elle prit quelques minutes pour se reposer. Ainsi lovée dans la chaleur, elle sursauta quand elle commença à s'assoupir. Elle ne s'était endormie qu'une brève seconde, mais comme celui qui prend conscience du temps perdu, elle se leva d'un bon pour s'habiller.

Elle entendit toquer à sa porte, c'était Ilya, la servante qu'elle avait assignée à Dame Maélyne. Elle lui fit un bref compte rendu des quelques instants qu'elle avait passé avec la Lourmelloise, ce qu'elle avait pu observer, et comment la jeune noble s'était conduite. Aliénor sourit lorsqu'elle vit l'adolescente rougir quand elle aborda la nudité de la magnifique blonde. La petite était facilement mal à l'aise, d'ailleurs depuis qu'elle était rentrée dans la pièce elle regardait ses pieds alors que sa maîtresse était recouverte d'un seul grand châle. Il faudrait qu'elle se déride, à Wenden on était peu pudique !
Elle congédia la jeune fille. La renvoyant auprès de leur invitée, pour l'aider si besoin, et la guider jusqu'à la salle du repas.

Aliénor fit le choix d'une robe confortable bien que gracieuse. Sa coupe était simple, d'une légère mousseline cuivrée. Sobre, les jambes, les bras, et la gorge, étaient couverts. Le tissu mettant en valeur la silhouette. Autant la jeune femme était une vraie fille du nord pour les divertissements extérieurs et la chasse, autant ses goûts féminins allaient vers des étoffes plus exotiques. Par dessus la robe elle mit son médaillon cadran solaire.
Après un regard au miroir, elle se contenta d'un peu de rouge sur les joues, et décida de laisser ses cheveux libres, simplement tenus par un cerceau d'or.
La rouquine jeta un châle de laine sur ses épaules, prévoyant des couloirs plus frais. Des bottines noires finissaient la tenue.



En attendant la Dame de Lourmel, Aliénor perdit son regard dans le feu qui crépitait sur le foyer. Un valet était venu la prévenir que le seigneur de Dorour présentait ses excuses, mais qu'il était exténué et dormirait tantôt. Le père Feidel, comme souvent, avait lui aussi décliner l'invitation au repas, son grand âge réduisant de plus en plus sa mobilité. Les deux jeunes femmes mangeraient donc en tête à tête. Ce qui réjouissait et angoissait la damoiselle de Wenden.
Elle entendit son invitée entrer.
Aliénor tourna sur elle-même, et avec un grand sourire souhaita la bienvenue à Maélyne :
« Bonsoir ma Dame. C'est un réel plaisir de vous avoir à Wenden. J'espère que vos appartements vous conviennent... »
Pendant qu'Aliénor disait ces quelques mots, la jeune femme blonde c'était rapprochée, et son hôte put apprécier son choix d'une robe également simple et sans corsage. La rouquine s'en sentit soulagée. Pas de chichi ! C'est tout ce qu'elle désirait.
Son sourire s'élargit davantage, moins anxieux.

Code:
« Ce bain m’a fait le plus grand bien. »


« Je suis ravie de vous l'entendre dire ! Il faut avouer que voyager dans la Malelande n'est pas toujours une partie de plaisir.
Le seigneur Dorour et l'intendant Feidel nous présentent à toutes deux leurs excuses, mais ils sont indisposés et ne nous rejoindront pas pour le dîner. Nous n'aurons donc malheureusement pas le bonheur de leur présence, mais nous pourrons ainsi bavarder pleinement.
Comment s'est passé votre voyage ? Vous devez avoir hâte de rentrer chez vous... »

Tout en essayant d'engager la conversation Aliénor invita d'un geste son invitée à s'installer, le couvert étant disposé au plus près du feu. Deux serviteurs tirèrent des chaises, tandis qu'une soupe crémeuse était servie.
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MessageSujet: Re: Dame et Damoiselle [Maélyne de Lourmel]   Sam 18 Avr 2015 - 12:48


Vêtue d’une robe simple mais très élégante la beauté de son hôte ravi les yeux de la Lourmelloise.  La rouquine l’accueilli chaleureusement et lui fit savoir que Roland n’assistera pas au repas. Maélyne s’interrogea, d’ordinaire il était le premier à participer à un bon repas surtout si celui-ci se déroulait en bonne compagnie. Peut-être était-il réellement fatigué ou alors il était en train de s’amuser aux cartes avec ses hommes.  Bref, la jeune femme passa très vite à autre chose lorsqu’Aliénor l’invita à s’assoir. La pièce était plutôt chaleureuse grâce au feu de cheminée qui non seulement réchauffait la pièce mais qui de plus, offrait une belle lumière orangée. La décoration était quelque peu différente de ce qu’elle avait croisée dans les couloirs ou même dans la chambre qu’on mit à sa disposition. Entourée de peaux de bêtes, on pouvait aisément deviner l’activité principale ou préférée des Wenden, entre autre, la chasse.

Des serviteurs virent leurs servir une soupe crémeuse et l’odeur qui s’en dégageait donnait envie d’y plonger dedans. Pourtant la jeune femme s’abstint et attendit que son hôte l’invite à la déguster. On ne pouvait jamais savoir s’il y avait quelconque tradition avant de commencer un repas.

La première cuillère portée à sa bouche réchauffa l’estomac de la Dame et réveilla les papilles de celle-ci. Une bonne soupe... cela changeait des escargots que lui avait servis le comte. La belle rousse lui demanda alors si son voyage s’était bien passé.


« Nous avons eu plus de chance au retour qu’à l’aller je dois dire. Je regrette que plusieurs hommes se soient blessés lors de mon escorte. J’espère qu’ils se portent bien. J’ai effectivement hâte de rentrer à Lourmel. » Lui répondit-elle avant de porter une nouvelle cuillerée à ses lèvres. « Non pas que la Malelande ne soit pas accueillante, j’aurais souhaitée pouvoir y séjourner plus longuement. Mon impatience est surtout nourrie par le désir de revoir ma fille, Aline. » Continua-t-elle. « Il m’est difficile de la quitter longtemps surtout que ces dernières ennéades m’ont conduit à beaucoup voyager et a donc la quitter très souvent. »

D’ailleurs elle remarque l’absence d’enfants nobles dans le château mais elle ne s’autorisera pas à poser des questions là-dessus.
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Aliénor de Wenden
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MessageSujet: Re: Dame et Damoiselle [Maélyne de Lourmel]   Sam 12 Sep 2015 - 18:06


Aliénor convia son invitée à entamer le repas et en fit de même. Ce n'est qu'en avalant la première goulée de soupe qu'elle se rendit compte à que point elle était affamée. La jeune Wenden était gourmande et ses dépenses physiques lui donnaient bon appétit. On aimait bien à la taquiner avec ça dans le château.

Sa compagne de tablée semblait se détendre et apprécier le repas, Aliénor n'en fut que plus décontractée elle même. Pour ne pas rompre le charme, elle préféra taire les blessures infligées à certains hommes de l'escorte, tout en ayant un pincement au cœur en pensant à l'homme qui y avait perdu un membre. Rabâcher ce qui a été fait n'aiderait personne, il n'y avait rien de pire que de se rendre malade pour ce qui ne pouvait être changé. Elle préféra résumer la situation en quelques mots: « Ils ont fait leur devoir », des mots qu'elle avait souvent entendu pour résumer la tragédie des guerres.

Les flammes rougeoyantes donnaient une teinte chaude au teint et à la belle chevelure de la lourmelloise. Son visage exprima une profonde inquiétude lorsqu'elle parla de sa fille. Aliénor ne put s'empêcher de penser que l'expression presque douloureuse ne rendait la jeune noble que plus ravissante. La rouquine se sentit immature face à cette jeune femme qui n'avait que quelques années de plus qu'elle mais qui avait fait l'expérience du mariage, de l'enfantement, et de la responsabilité d'un petit royaume. Bien sur, ce n'était pas la vie qu'elle voulait, mais tout de même, elle se sentait inexpérimentée. Elle n'aimait pas constater le manque d'évolution dans sa vie.

« Je dois vous avouez que pour ma part j'aimerais voyager, découvrir de nouvelles contrées. Mais j'ai toujours eut le bonheur et le malheur d'être surprotégée par les hommes de la famille. J'aurais pensé qu'en vu de votre situation, et désolée si je suis indélicate, vous pouviez vous permettre de mener votre vie avec davantage de liberté. Mais je me rends compte que vos obligations, qu'il s'agisse de votre devoir ou de l'amour pour votre fille, est une autre forme de contrainte.
Quel âge à votre fille ? Parlez moi un peu d'elle. Mais aussi des curiosités que vous avez rencontrés au cour de vos voyages. Aline ne vous demande pas de venir avec vous ? Enfant je passais des heures à écouter mon père me raconter le monde extérieurs.... »


Être dégoutté par sa propre stagnation n'empêche en rien de ressentir une profonde nostalgie du passé.
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Maélyne de Loutremel
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MessageSujet: Re: Dame et Damoiselle [Maélyne de Lourmel]   Ven 2 Oct 2015 - 13:58

Elle écouta attentivement son hôte, elle se sentit légèrement crisper lorsqu’elle lui parla de « liberté ». Ce mot lui était tellement indésirable qu’elle détourna le regard. Quelques secondes passèrent avant qu’elle ne prête à nouveau son attention sur la belle rousse.

« Vous portez le nom de la maison des Wenden. Il est clair que votre vie ne sera sans doute pas celle à laquelle vous vous attendiez. Et encore, je vous envie tellement… Habituellement les femmes de nobles familles sont promises en mariage dès leurs plus jeunes âges, mariée de force par leurs parents qui trouveront sans doute un bénéfice dans cette union. Alors non seulement nous sommes élevées pour être de parfaites petites épouses mais en plus, on nous laisse rarement le choix de l’être avec qui on passera le restant de notre vie. Profitez donc de la liberté que vous –elle insista sur ce mot- bénéficiez encore et soyez heureuse que les hommes de votre famille ont été égoïste de vouloir vous garder pour eux seuls. Qui sait, si cela n’avait pas été le cas, vous seriez peut-être déjà mariée et mère d’une flopée d’enfants. »

Elle reprit une gorgée de soupe avant de rougir légèrement.

« Veuillez m’excuser de la franchise dont je vous fais part, je n’ai pas à juger votre vie, encore moins la comparer à la mienne. »

La Dame reprit une gorgée, un peu gênée de ses propos.

« Il est certain que mes obligations m’emmènent loin de chez moi, mais j’y suis habituée. C’est ainsi que l’on procède chez les Lourmel. Ce sont les femmes qui sont au pouvoir, ce qui, je dois avouer nous empêche souvent de nous marier. » Elle afficha un léger sourire. « Rare sont les hommes qui accepte d’abandonner leur nom pour ainsi correspondre aux lois matrilinéaires qu’est soumis Lourmel. »

Elle fit une légère pause, prenant une nouvelle gorgée de soupe qui était délicieuse, soit dit en passant.

« Concernant Aline, elle a actuellement 5 ans et ne me demande jamais de m’accompagner. Certes, elle souhaiterait me voir plus souvent mais elle comprend l’importance de ses déplacements et préfère rester entourée de ses amies et du restant de la famille. Et puis, je pense, qu’elle sait pertinemment le rôle qu’elle aura à endosser lorsque je ne serais plus là et la… dangerosité –Elle repensa à ses soldats blessés- que peut avoir certains déplacements. »

Ses mains virent se poser sur ses genoux pendant un instant.

« D’ailleurs, je souhaiterais que vous remerciez votre frère, Messire de Wenden, d’avoir endossé cette escorte. »

Lorsqu’elle repensa à Roderik, ses joues se remirent à rougir sans qu’elle puisse le contrôler. Forte heureusement, la pièce n’était pas si bien éclairée que cela, et les cheveux de la Dame l’aideront sans doute à masquer cet état.
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