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 D'Apreplaine à Diantra, il n'y a qu'un pas...

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Niklaus d'Altenberg
Humain
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MessageSujet: D'Apreplaine à Diantra, il n'y a qu'un pas...   Jeu 26 Mar 2015 - 23:52



D'Apreplaine à Diantra, il n'y a qu'un pas...


Ou comment deux rencontres personnifient un changement d'époque pour l'Apreplaine.



Drôle de couleur que celle d’un matin brumeux de printemps en Apreplaine. Niklaus n’avait jamais vraiment aimé ce moment de la journée en cette saison tant il était rare de voir une journée au climat franc. L’hiver apportait toujours en Apreplaine un froid dur et de lourdes chutes de neige qui rendaient le paysage esthétique, l’été quant à lui apportait soit des nuées orageuses, soit de magnifiques levés de soleil sur un paysage d’un vert Véronèse. L’automne quant à lui était la saison préférée de Niklaus car on pouvait y admirer les plus spectaculaires couleurs qu’un homme pouvait concevoir : les forêts se transformaient en des champs multicolores d’ocre, de grenat et de rouille tandis que les de vignes semblaient devenir des mers houleuses d’or massif.

Mais c’était à présent le printemps. Et en Apreplaine, au printemps, l’océan charriait des flots de brumes compactes et glacée. Ce matin comme chaque matin depuis quatre semaines, les silhouettes fantomatiques des arbres formant l’orée de la forêt entourant le manoir semblaient avoir du mal à s’extirper de l’obscurité de la nuit. Le lugubre du moment était amplifié par l’humidité de l’air, presque palpable et qui semblait vouloir entrer dans les poumons des êtres pour ne plus jamais en ressortir. Si Niklaus était amoureux de la contrée qui l’avait vu naitre, il devient bien avouer que des jours comme celui-ci lui faisait parfois douter.

Niklaus était nerveux. Toute la matinée il s’était contenté de quelques phrases et quelques moues pour échanger avec ses serviteurs, ce qui tranchait avec ses habitudes joviales. Pour cause de sa contrariété, un accident grave était intervenu dans un village proche et un incendie avait détruit plusieurs granges et deux silos de grains. A cela s’ajoutait que ses correspondants à Diantra l’avaient averti que son nom avait circulé dernièrement parmi les nouveaux maitres de la ville, bien qu’il n’ait pas réussi à savoir si c’était en mal ou en bien. Son instinct lui dictait la prudence et il avait convoqué plusieurs des membres de son conseil à Apreplaine tout au long de la journée. Il avait également demandé à tous les échevins de villages d’Apreplaine de mettre le cap sur la cité pour un audit surprise.

Niklaus savait que malgré sa discrétion, des choses avaient été dites sur lui dans la capitale. Pour cause, la rumeur avait courue – avec justesse – que  Niklaus d’Altenberg n’avait jamais cautionné la guerre civile qui avait mis le pays sur les genoux.  Respectueux des traités et du respect qu’il devait à la Couronne, il n’avait jamais objecté, et n’avait jamais pris position, d’autant qu’il ne devait sa position de Baron qu’à sa capacité à prouver sa fidélité à la Couronne. Il avait fallu réussir des prouesses de rentrées fiscales et subventionner l’effort de guerre au-delà des contributions imposées par l’impôt pour arriver à  sauver sa place, surtout pour un baron dont la contribution militaire n’était pas exceptionnelle.

Voilà qu’après ces sacrifices Niklaus constatait que la fin tragique prédite était arrivée... Après une guerre sanglante, l’heure du bilan était arrivée. Cette guerre avait tué un nombre incalculable de braves, laissé l’économie exsangue, contribué à la dégradation rapide de la sécurité du royaume, laissé un vide politique important et avait déstabilisé l’ensemble des fonctions régaliennes. Mais ce qui était fait était fait.

Mais l’on ne pouvait changer le passé. Il fallait maintenant tirer profit de la nouvelle situation pour essayer d’améliorer la condition du royaume. Niklaus se mit en route entouré de ses deux gardes du corps, et prit le chemin de la petite citée. Comme pour renouveler son optimisme, le brouillard semblait vouloir se lever. Les oiseaux commençaient également à se réveiller et une famille de corbeau se sentit obligé de croasser maladroitement.

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La matinée était passée à une vitesse totalement insoupçonnée. Heureusement que le baron avait passé la journée précédente à préparer ses innombrables entrevues. Rien ne semblait lui échapper, et ses subordonnés avaient vites compris que cette fois, tout serait épluché. Non pas que le baron n’avait pas confiance, mais il souhaitait avoir un compte absolument méticuleux de la situation des terres que la Couronne lui avait confié. L’heure de présenter des comptes approchait à grand pas, il le savait bien, et s’il voulait espérer jouer un rôle moteur dans le futur, il fallait déjà être exemplaire dans le présent.

Outre le décompte de la population, le baron avait préparé les calculs de dégression des effectifs familiaux liés aux pertes de la bataille, de nombreux conscrit n’étant jamais revenus. Avait également couché sur le parchemin l’essentiel des calculs qu’il avait réalisé concernant les ressources agricoles de son domaine et plus généralement des domaines conquis, ainsi qu’un rapide calcul de balance monétaire.

Plus prosaïquement, il avait également préparé les bilans financiers, militaires et fonciers de son domaine pour les nouveaux maitres des domaines, afin de pouvoir rendre compte de son action. Les  nouveaux arrivants allaient également certainement être très intéressé de connaitre les réserves des trésor royaux encore disponible en Apreplaine. Tout cela était en cours de finalisation, et le baron était confiant sur le fait qu’il devait être parmi les seuls à avoir fait preuve d’un tel excès de zèle dans la mise au carré de son administration. Ces éléments concrets permettaient de donner des exemples tangibles pouvant accréditer les propositions qu’il souhaitait faire. Ne prenant même pas le temps de déjeuner, il se replongea dans la lecture des rapports qu’il préparait, dictant également à deux de ses clercs un certain nombre d’ordres, loin de se douter qu’à quelques encablures, les premiers signes du destin l’attendaient.

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Apreplaine était une petite cité à la fois riante et quelque peu simple. Rien d’extraordinaire n’était réellement à noter dans cette petite bourgade nichée au milieu d’une très grande plaine balayée par le vent. On sentait que sans l’entretien méticuleux des hommes, les lieux se seraient rapidement transformés en une lande peu accueillante et impropre à la colonisation.

La route que l’on empruntait pour arriver à Apreplaine traversait ainsi la contrée du même nom et qui se trouvait être une succession de bocages et de forêt. Les forêts étaient d’ailleurs plantées selon un plan que le passant observateur comprenait ne pas être le fait des Dieux mais bien celui des hommes. En effet on comprenait vite que les forêts avaient été réalisées de manière à couper le vent. A l’inverse du reste des plaines où le défrichage était souvent utilisé pour gagner des terres arables, on sentait qu’en Apreplaine les forêts étaient devenues un allié de premier plan pour lutter contre l’érosion des sols.

A cela s’ajoutait que l’ensemble des champs en bocage de la plaine étaient irrigués, preuve supplémentaire que les lieux n’étaient pas naturellement riants. Ce besoin constant d’attention et de travail pour assurer de faire sortir la pitance de la terre était une preuve du grand besoin de gestion rigoureuse du territoire. Pendant des siècles l’Apreplaine avait été une terre  oscillant entre des marais et de grandes étendues de terre craquelée, balayée par un mauvais vent. Tout cela était à présent oublié, et les lieux n’avait pas à envier à des régions agricoles fertiles du royaume.

Les patrouilles de la milice locale étaient assez nombreuses, et une troupe de cavalier d’importance ne pouvait faire autrement que de finir par tomber sur l’une d’entre elles au détour d’un chemin. On sentait néanmoins qu’en ses temps difficiles, les miliciens n’osaient pas poser beaucoup de question à des troupes en manœuvre, et se contentait de regarder passer sans poser de questions si le nombre était imposant.

La cité d’Apreplaine était situé à cheval sur les deux seules véritables collines de la plaine. D’une taille moyenne, la bourgade était ceinturée de remparts bien entretenus mais où le nombre de guetteurs était visiblement très réduit. Au-delà des remparts, les maisons étaient blotties les unes contre les autres et l’on pouvait de loin tracer le chemin des grandes rues traversant la ville et menant pour la plupart soit vers le château surplombant l’une des deux collines, soit menant vers une sorte de grande place autour de laquelle on pouvait reconnaitre plusieurs temple et d’un très grand bâtiment ayant visiblement vocation à être un lieu officiel.

Entre les deux collines, un petit cours d’eau s’avançait dans la ville. Trois ponts dont l’un en pierre enjambaient avec grâce le paresseux petit affluent. Les portes de la ville étaient facilement reconnaissables, d’abord parce que les routes y menaient, ensuite parce qu’elles étaient systématiquement encadrées de deux tours de garde. Un petit pont en bois permettait d’enjamber la fosse creusée le long des remparts et d’accéder aux portes. A la porte principale, une dizaine d’homme semblaient monter la garde, veillant à garder un regard vigilant sur la route y menant.
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Théobald de la Courcelle
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MessageSujet: Re: D'Apreplaine à Diantra, il n'y a qu'un pas...   Ven 27 Mar 2015 - 16:27






L'effondrement de la régence et la prise de Diantra avaient donné à la coalition de nouveaux rôles, dont ceux de réorganiser et de contrôler les anciens domaines royaux. Les discussions furent nombreuses entre les divers alliés, on cherchait notamment à évincer les plus fervents soutient à la régente.Les seigneurs des domaines royaux étaient bien entendu au centre de l'attention. L'un des seigneurs fût l'objet d'un intérêt tout particulier, le seigneur d'Altenberg. L'homme semblait être un administrateur compétent et n'avait pas soutenu la guerre de feu la régente. Certes, il avait envoyé troupes et argents, mais il s'agissait de son devoir et nul ne pouvait le lui reprocher. Le duc Oschide Anoszia estima donc qu'une rencontre, ainsi qu'une petite enquête, était nécessaire afin de connaitre contre Niklaus d'Altenberg ainsi que la contribution qu'il pourrait apporter à la Coalition. Au vu du titre de baron du seigneur d'Altenberg, de l'objectif de la visite, le duc chargea le baron de Missede de cette mission. Le choix se porta sur Théobald pour des raisons moins officielles, le baron avait réussit à obtenir la confiance du duc mais surtout le baron avait besoin de chevaucher et de découvrir les terres royales.

C'est ainsi qu'une troupe de 100 cavaliers, accompagnée de quelques clercs, quitta la capitale en direction d'Apreplaine. Une section des gardes de la bibliothèque faisait partie de cette expédition. Les bannières des de la Courcelle, de Missede et de Langehack flotter en tête du cortège. En ces temps troublés où l'on risquait de croiser des déserteurs, des brigands ou quelques troupes adverses, valait mieux ne pas prendre de risque. Cette mesure semblait avoir été superflue, à moins que le nombre de cavalier ai dissuadé d'éventuels agresseurs, lorsque les cavaliers de tête aperçurent de la fumée s'élever d'un petit village. Il aurait pu s'agit d'un banal incident, mais une trentaine d'hommes armées apparurent non loin des cavaliers. Chargés d'un peu de butin , n'arborant aucune bannière et ayant l'air de parfait brigands, il fallut bien peu de temps pour comprendre le lien entre ces hommes armées et les flammes qui s'élevaient du village. Avant que ces brigands ne prennent réellement conscience de la situation Théobald rangea sa troupe en ordre de bataille. Les cavaliers légers sur les flancs et les chevaliers au centre. Les brigands aperçurent les cavaliers prêts à fondre et commencèrent à reculer prudemment, mais c'était trop tard et le baron ordonna la charge :


SUS AUX MARAUDS ! AUCUNE PITIE ! AUCUN QUARTIER !

La charge fût superbe, l'entrainement de ces derniers temps portait ses fruits. En effet depuis le début du conflit l'armée avait fait énormément de manœuvre, et le contact avec les hommes du médian avait aidé à améliorer la qualité des troupes missedoise. Mais il manquait encore aux troupes le choc de vrais combats. Ce petit accrochage n'était hélas qu'un moyen de s'entrainer tout au plus. D'ailleurs les brigands cherchèrent plus à s'enfuir qu'à combattre, ainsi aucun mort missedois ne fût à déplorer mais cela n'avait eu pour effet qu'habituer ces hommes à la vue du sang ainsi qu'a renforcer la cohésion de l'armée. La cuirasse couverte de sang, une armure aurait été trop lourde pour ce voyage, Théobald se retourna vers Lambert de Marnoir :

Couper les têtes de ses hommes sans honneurs, certains portent encore les couleurs royales, je veux que tout le monde sache ce que je fais aux déserteurs. Brulez les corps et entassez les têtes devant. Ah et envoyez un cavalier prévenir les villageois afin qu'ils viennent recueillir leurs biens.


Une fois que tous ces ordres fût exécuté la troupe reprit sa marche vers Apreplaine. Le jeune baron et Lambert parlèrent de territoire qu'ils étaient en train de découvrir. Il était manifeste que les gens qui vivaient ici étaient besogneux et ingénieux. Malgrés ces mauvaises terres ils arrivaient à prospérer. De toute évidence la réputation du baron d'Aprelaine n'était pas usurpée, il s'agissait d'un bon gestionnaire. Enfin les 100 hommes arrivèrent devant Apreplaine en fin d'après midi, la ville semblait paisible et bien entretenue. Un pont en bois menait à une porte encadrée par deux tours de garde, une certaine agitation semblait par ailleurs prendre les soldats présents. Afin de faire connaitre ses bonnes attentions Théobald envoya Lamberts avec aux portes de la ville :


LE BARON DE MISSEDE SOUHAITE RENCONTRER LE SEIGNEUR DE CES LIEUX, LE BARON NIKLAUS D'ALTENBERG ! IL EST ICI AU NOM DU DUC DE LANGEHACK ET NOUS SOMMES VENUS EN PAIX !
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Niklaus d'Altenberg
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MessageSujet: Re: D'Apreplaine à Diantra, il n'y a qu'un pas...   Sam 28 Mar 2015 - 2:25



L’équipage avait sans aucun doute fait remonter d’un cran la nervosité des gardes à l’entrée de la ville. Le sergent en charge de la porte avait bien réagi  conformément à son entrainement. A l’annonce de l’arrivée d’une troupe à cheval par le guetteur, il avait évacué les quelques civils qui traversaient la porte et avait fait fermer la herse, il réunit le peu d'hommes qu’il avait sous sa charge et leur donna l’instruction de se préparer à fermer les portes, s’il en donnait l’ordre. Laissant là ses hommes, il fit donner l’alerte au lieutenant en charge des remparts à cette heure de la journée et qui se trouvait dans le corps de garde de la porte.

La garnison placée par les belligérants victorieux avait déjà causé un certain trouble dans la population et avait jeté une froide incertitude dans la milice en charge de la sécurité sur les terres de l’Apreplaine, mais l’arrivée d’une conséquente force supplémentaire était inattendue. Naturellement les gardes n’avaient pas de raison d’empêcher ces hommes d’entrer, d’autant qu’ils avaient reçu pour instruction du baron de ne pas interférer avec les soldats en charge de l’occupation des domaines. Pour autant leurs instructions avaient été de redoubler de prudence et de faire tomber les herses à l’approche de toute force suspecte, de manière à éviter des raids.

Deux tours à la toiture conique marquaient l’entrée de la ville qui était conçue en deux parties. Remontant quatre à quatre les marches des escaliers montant vers les remparts, le lieutenant en profita pour féliciter le guetteur pour  sa vigilance et prit place entre deux crénaux du chemin de ronde séparant les deux tours encadrant l’entrée de la bourgade. Ne quittant pas les cavaliers des yeux, il reconnut au bout de quelques minutes que les couleurs arborées par ces derniers étaient celles de corps de l’armée ayant remportée la bataille contre la régence.

Il fit un signe à son sergent.

    «  - Sergent allez prévenir la garnison que des troupes appartenant aux leurs sont arrivées. »


Le sergent disparut instantanément pour porter la nouvelle aux occupants. Ces derniers seraient certainement intéressés d’apprendre que des leurs allaient de se présenter.

Moins de deux minutes plus tard, la troupe était au pied de l’entrée, et le lieutenant entendit les dires de l’homme à leur tête. Répondant par l’affirmative, le lieutenant répondit.


    «  - TRES BIEN VOTRE HONNEUR. JE VAIS DESCENDRE ET VOUS FAIRE OUVRIR LA HERSE. UN INSTANT. »

Le lieutenant se retourna pour prendre le temps d’expliquer la situation à l’un de ses hommes qui avait lors de l’alerte prit la charge du mécanisme de contrepoids. Il lui donna son assentiment pour relever la herse et entreprit de descendre du chemin de ronde vers l’entrée. Une fois arrivée au niveau des rues, il s’approcha d’un cheval parqué un peu plus loin pour l’enfourcher. Pendant ce temps-là, le balancier et le contrepoids se mettant rapidement en mouvement, la herse fut relevée permettant à l’équipage d’entrer.

L’entrée était tout ce qu’il y avait de plus classique. Par-dessus un ouvrage grossier de maçonnerie dans la fosse faisant le tour de la petite bourgade, une superstructure en bois avait été posée pour faire office de pont de passage entre la route et la structure encadrant la porte faisant saillie dans les murs et servant à défendre cette dernière. Les deux  bretèches centrales faisant directement face à la porte étaient supportées par de gros corbeaux lisses et assez simples. Les deux bretèches latérales, qui couvraient les flancs du talus des fondations du mur étaient quant à eux supportés par des consoles dont la finition avait été réalisée de manière à faire penser à des feuilles d’arbres, preuve que cette extension du mur était plus récente. La console, placée de manière centrale par rapport à la bretèche, permettait d’évaser de manière intelligente le puits du mâchicoulis. On pouvait comprendre par cela que la protection initiale centrale, jugée certainement insuffisante, ne devait pas être bien pratique pour le tir fichant et que c’était à présent depuis les structures latérales que les archers pouvaient officier en cas de siège.

L’ouverture dans la partie frontale du mur était munie de la glissière pensée pour faire retomber la herse en cas d’urgence et en arrière de cette protection se trouvait la porte en elle-même. Cette dernière était découpée en deux battants et avait, pour l’érudit curieux des choses, une technique étonnante puisqu’elle ne semblait pas avoir de chambranle ni de pentures.

Laissant là ces curiosités architecturales et la porte de la ville, le groupe entra dans la bourgade en elle-même, retrouvant de fait le lieutenant à présent sur un cheval.

    «  - Bienvenue en Apreplaine Messire. Nous ne vous attendions pas, d’où notre surprise. Si vos hommes souhaitent récupérer, Son Honneur a mis à la disposition des troupes victorieuses de Christabel l’ancienne garnison royale et ses écuries. Des hommes de l’armée coalisée y stationnent déjà. La milice de l’Apreplaine en assure néanmoins l’intendance et vos hommes trouveront là-bas de quoi se sustenter. Ils peuvent se présenter au capitaine qui mettra tout en œuvre pour tenter de répondre à leurs besoins.  Un de mes hommes peut les y mener si vous le souhaitez, la garnison se trouvant à côté du château. Pour ma part, je vais vous conduire vers la maison du conseil, où M. le Baron tient son office aujourd’hui. Je pourrai ainsi vous faire annoncer. Je suppose que Son Honneur repoussera ses travaux pour vous recevoir. »


Devant le cortège du baron, la milice avait déjà commencé à faire écarter les badauds et les différents véhicules qui encombraient la rue principale. A cette heure de la journée, les entrées et les sorties de la ville étaient importantes et un grand nombre de charrettes encombraient les allées pourtant bien rangées de la ville.

Tel un sillon s’avançant lentement, les gardes avaient déjà pris une centaine de mètres d’avance et avait fait faire place au cortège. Mettant son cheval au pas, le lieutenant leur fit signe de le suivre tandis qu’il s’attaquait à la rue légèrement en pente. Bien que de nombreuses personnes, entendant les injonctions des gardes, aient désertées leur lieu de travail afin de satisfaire leur curiosité, la rue n'était pas noire de monde.

La rue en elle-même, recouverte de gros pavés grossiers, était très propre en comparaison de la moyenne des villages du royaume. En particulier on ne retrouvait pas dans le caniveau les habituelles ordures et autres déjections humaines. Hormis les déjections liés aux bêtes tirant des charrettes, rien ne recouvrait la route. Posés à la manière d’un V, on devinait que les pavés étaient placés de manière à récupérer les eaux de pluies pour les canaliser vers le centre de la rue en évitant en cas de forte pluie les inondations des rez-de-chaussée alentours.

Les maisons étaient quant à elles de grandeurs inversement proportionnelle à la hauteur de la rue. On se retrouvait ainsi avec certaines maisons de quatre à cinq étages à l’approche des portes tandis qu’il semblait que celles en haut de la côte ne faisaient pas plus de deux étages. Grandes structures à colombage et aux grandes toitures très pentues, on sentait par l’épaisseur des murs, et le doublage des fenêtres bien visible que la zone était prompte au froid en hiver et aux intenses chutes de neige.

Des échoppes cossues s’étalaient le long des façades, faisant face à la rue. Mais l’activité y était clairement réduite. Chose étonnante, la plupart de ces magasins étaient tenus par des femmes, ces dernières laissant des regards tristes se balader sur les cavaliers. Une sorte de gêne extraordinaire existait clairement. Les étendards de la ville étaient tous attachés par un cordon de couleur noire, et les quelques drapeaux présentant les armes de la ville étaient en berne. La ville était clairement en deuil, et ce n’était pas la joie d’une libération qui se faisait ressentir.

Au détours de quelques-unes des maisons, les rues bifurquaient sur des placettes ombragées d’arbres, bien qu’en cette saison, personne ne se pressait pour tenter de recherche de l’ombre, bien au contraire. De nombreuses petites fontaines et points d’eau se faisaient connaitre çà et là, le bruit blanc de l’eau ne parvenant néanmoins pas à recouvrir le bruit que faisaient les sabots des montures des cavaliers remontant vers la place centrale.

Cette dernière n’était pas bien grande, mais se trouvait au sommet de la plus haute des deux collines sur lesquelles la bourgade avait grandie, il fallait bien dire que la cité n’était pas bien grande non plus, et que ses dirigeants n’étaient pas du genre à favoriser le fastueux au pratique. Cette place était donc vide de tout monument autre qu’une petite statue représentant la justice et le savoir au centre de la place entourée d'une fontaine. Entourant la place, plusieurs temples se faisaient face, représentant les grands courants religieux ayant trouvés place à Apreplaine. Fermant un côté complet de la place et faisant face au travers de celle-ci à la rue qu’avaient empruntée les cavaliers, la maison du conseil était un grand bâtiment en pierre de taille de quatre étages de haut.

La grande toiture du bâtiment formait un damier de tuiles rouges et noires. Sous deux fenêtres au centre de chaque aile du bâtiment, de grands étendards représentant les couleurs de l’Apreplaine flottaient au vent, eux aussi noués en son centre par un ruban noir. Au-dessus de l’entrée, une pierre encastrée dans le mur représentait les armes de la famille Altenberg, le bâtiment ayant par le passé servi d’habitation aux barons de l’Apreplaine.

Le lieutenant passa la porte cochère pour entrer dans la cour du bâtiment où un gazon fermé planté de buissons faisait face aux visiteurs à l’image d’un cloitre. Une colonnade fermait avec clarté la partie jardinet. Entre les brins d’herbes, un nombre incalculable de perces neige avaient fait leur apparition et éclairaient de leurs fleurs blanche ce tableau gris-vert. Le lieutenant mit pied à terre.


    «  - Si vous voulez bien vous donner la peine et laisser les rênes de vos montures aux gardes, ces derniers veilleront à les attacher et à veiller sur elles. »


Puis il se dirigea vers la réelle porte d’entrée principale, une vénérable porte de bois bardée de métal. Les deux battants de la porte furent ouverts pour laisser passer les personnes, leur permettant d’entrer au chaud.  Le couloir d’entrée donnait, après le passage de deux portes recouvertes de larges pièces de laine disposées pour garder la chaleur à l'intérieure, sur une pièce de petite taille où une chaise et un bureau avaient été installés pour faire face aux nouveaux arrivants. Ce lieu était visiblement un passage obligé pour continuer vers le reste de la maison. Là un gardien semblait attendre et qui se leva à la vue des nouveaux arrivants.


    «  - Son Honneur le baron de Missène, pour Monsieur d’Altenberg, fit savoir le lieutenant.


    - M. le baron est en audience avec MM. le bourgmestre et l’échevin général à la maison du bourgmestre, répondit l’autre d’un ton informatif et poli, il a quitté la salle du conseil où il avait travaillé ce matin depuis plus d’une heure pour retrouver ces Messieurs. Mais il a ordonné que l’on laisse ses documents et son travail en l’état.  Je vais immédiatement le faire chercher.


    - Votre honneur, je vais vous laisser entre les mains très capables de M. Auguste Waldman, ici présent. Ce dernier est l’intendant de la maison du conseil et va s’occuper de vous. Avec votre permission, je vais me retirer et retourner à ma fonction. »


Pendant que le lieutenant prenait son congé du baron, l’intendant était allé chercher un clerc dans un office où plusieurs clercs travaillaient visiblement donnant directement sur la salle où les hommes se trouvaient et lui avait donné l’instruction de chercher le baron.


    « - Messires souhaitent-t-ils changer de vêtements pendant que nous prévenons Monsieur d’Altenberg ?, proposa toujours poliment l’homme. Je peux faire quérir sur le champ plusieurs tenue à s’ils le souhaitent. »


Laissant le baron décider entre un changement de tenue pour lui ou pour ses hommes, l’intendant fit également signe poliment aux personnes de le suivre. Il quitta la petite pièce pour passer dans un hall ouvrant sur un escalier en colimaçon, et entreprit de monter vers l’étage. Là ils suivirent un couloir qui encadrait la cour centrale et prirent la direction du corps de maison principal, qui faisait front à la place qu’ils avaient traversé tantôt.

Arrivant devant une grande porte, l’intendant s’arrêta et fit un signe vers une porte plus petite et dérobée vers la droite.


    « - Une salle d’eau est également disponible derrière cette porte à droite. Si vous souhaitez vous y rafraichir. Des cruches d’eau froide y sont disposées ainsi que des bassines. Vous pouvez également les faire réchauffer en les plaçant dans l’alcôve que vous verrez directement en face de vous. Je peux également vous faire appeler un page pour vous aider si vous le souhaitez. En face de la salle d’eau se trouve également une salle avec des pots de chambre si vous souhaitez en profiter.»


Arrivant dans une grande salle aux poutres apparentes, de grands bancs sièges en cuir, recouverts de coussins, encadraient une vaste cheminée où craquait un feu de buches de la moitié de la taille d’un homme. La température dans la pièce était particulièrement agréable, approchant celle d’un beau jour d’été, surtout à proximité de l’âtre.


    «  - Messires, je vous prie de vous installer. Je vais vous ai fait ordonner une rapide collation, qui se trouve sur la table basse, pour vous faire patienter. Il s’agit d’une tourte locale servie habituellement froide. Puis-je vous servir une tisane, de l’eau fraiche ou bien une autre boisson pour vous faire patienter ? Nous avons ouvert avant-hier pour les invités de marque une bouteille d’un alcool de prune de l’Apreplaine vieux de plus de vingt ans. Je m’offre de vous en servir un verre si vous le souhaitez. »


Après avoir répondu à toutes leurs attentes, l’intendant s’était éclipsé en leur laissant savoir qu’il laissait un serviteur derrière la porte s’ils avaient besoin de quoi que cela soit. Les vingt minutes suivantes se passèrent rapidement dans cette atmosphère accueillante, laissant le temps aux nouveaux arrivants de faire ce qu’ils entendaient, soit de se changer, de se sustenter ou bien encore de simplement se décontracter après une chevauchée tout de même assez longue. Finalement, on frappa à la porte et l’intendant refit apparition.


    « - Messires, je suis confus. M. d’Altenberg était resté introuvable, et il est finalement revenu avant que nous le trouvions. On a annoncé votre présence et il arrive. »


Effectivement, quelques minutes plus tard, Niklaus faisait son apparition au travers de la porte se trouvant à la gauche de la cheminée, à l’opposé de la porte où étaient entré le baron et ses hommes. Habillé d’une tenue assez simple, de couleurs très sobres, mais bien taillée, le jeune homme arborait un sourire plaisant mais sérieux. L’intendant fit les introductions, et le jeune baron s’inclina poliment à l’intention de ses invites et plus précisément du baron avant d’entreprendre de serrer les mains des personnes présentes.


    «  - Messires. Votre Honneur, permettez-moi en mon nom et au nom des sujets de la Couronne dont j’ai la charge de vous souhaiter la bienvenue à Apreplaine. J’espère que l’accueil que M. Waldman vous a réservé était digne de votre satisfecit. Je vous propose néanmoins de me suivre dans la salle du conseil de la ville, où nous serons plus à l’aise pour discuter. Je vous rassure de suite, la température y est aussi agréable qu’ici. Si vous voulez bien vous donner la peine… »


Le jeune baron se retourna et repris la porte par laquelle il était arrivé,  avançant d’un pas sûr. Ils passèrent au travers de deux autres salles de tailles diverses et qui meublées de manière sobre. Elles étaient meublées de manière assez similaires, visant à accueillir des hôtes et les faire attendre.

    «  - Ce bâtiment est laissé par ma famille à la cité. Avec la croissance d’Apreplaine, un lieu permettant de centraliser la vie publique et ses administrations était devenu nécessaire. Nous nous sommes réfugiés dans les bois, à l’inverse des gens toujours plus nombreux rejoignant la bourgade, ajouta-t-il avec le sourire. J’impose, comme mes aieux, que les officiers civils que je nomme pour la ville ne travaillent pas depuis chez eux mais depuis ce bâtiment. Je souhaite contribuer symboliquement à marquer les esprits de mes officiers civils afin qu’ils comprennent bien que les affaires privées ne doivent pas  influer sur les affaires de la cité. »


Ils prirent à nouveau un escalier, toujours en colimaçon, et redescendirent d’un étage pour arriver dans un grand couloir. Il menait directement à une grande salle prenant tout le rez-de-chaussée de la maison. Haute de trois mètres de plafond, outre les grandes fenêtres donnant sur la place, la salle était pourvue d’innombrables trophées de chasse sur ses murs. Là aussi deux grandes cheminées officiaient, réchauffant le volume dont le plafond laissait apparaitre de magnifique poutres.

Tout du long de la salle, une grande table entourée de grandes chaises permettait à au moins une cinquantaine de convives de s’asseoir. Niklaus laissa le baron et ses hommes s’asseoir à la table, Niklaus contournant la table s’assit en face du baron de Missène. Au bout de la table, sur le dernier tiers, étaient disposés en colonnes bien rangées un grand nombre de document en liasses bien définies. Un encrier et des parchemins terminaient le tout, visiblement le propriétaire de cet attirail s’était interrompu au milieu d’un travail sérieux.

    « - Vous devrez excuser tout cet attirail. Je n’attendais pas votre venue, et j’utilise la salle du conseil pour m’étendre lorsque j’entame de grands travaux d’inventaire. A vrai dire vous avez eu de la chance d’arriver à Apreplaine et m’y trouver immédiatement, je passe le plus clair de mon temps ces dernières semaines à aller d’un village à l’autre pour faire le point sur les soucis harassant la population. Sans compter que j’ai préparé la comptabilité annuelle de la baronnie afin de pouvoir présenter à vos maitres l’état exact des lieux. M'attendant à devoir ainsi rendre des comptes sous peu. »


Niklaus eu un sourire, et avec une tranquillité maitrisée, laissa quelques secondes planer cette dernière phrase avant de continuer.

    « - Dans tous les cas un certain nombre de sujets importants vont devoir être abordés dans les temps prochains. »


Niklaus laissa son sourire s’estomper quelques peu et croisa les bras.

    « - Je ne sais pas ce que l’on vous a dit sur moi Monsieur de Missène. Je suis d’habitude une personne très diplomate. Mais malheureusement ces derniers temps mon sens de la patience et de la mesure a été mis à rude épreuve… Cette guerre épouvantable et fratricide a durement touché mes gens. Moi qui ai été élevé dans le plus strict respect des engagements que ma famille a prise avec la Couronne, et avec une confiance pour la sagesse de mes pairs, je ne sais plus trop quoi penser...Je dois bien avouer que je suis on ne peut plus déçu des dernières semaines.  Le chaos dans lequel le royaume a plongé n’est pas digne d’un pays civilisé. J’ai toujours été opposé à cette guerre idiote bien que je ne m’en suis pas, par respect pour mes obligations, targué jusqu’à présent. Presque mille braves d’Apreplaine sont morts à Christabel face à vos armées. Principalement des archers. Je ne vous reproche rien, mais je le déplore néanmoins. Cela représente presque un homme sur six en Apreplaine. Les conséquences sont et vont continuer à être dramatique. Si vous espérer rester maitre des contrées que vous avez prises, il va vous falloir beaucoup de travail pour regagner les cœurs de la population, surtout dans les domaines plus touchés que les miens.


    Tous les jours que les Dieux font, je dois vivre avec les larmes des veuves et des enfants de ces hommes que j’ai été sommé de mettre à la disposition de Diantra. Nous sommes ici en deuil et payons au prix fort la folie de nos dirigeants. Outre les écrasants impôts exigés par la régence pour satisfaire ses besoins militaires, mes gens ont payé un impôt bien sombre par leur sang coulée et leur chair meurtrie à Christabel. J’ai décrété que tous les étendards de l’Apreplaine prendraient les couleurs du deuil pour un mois. Nous ne pleurerons pas la régence, mais nous n'oublierons pas nos morts.


    Chaque jour je dois composer avec une foule de gens qui au final n’étaient que peu préoccupés par les histoires des grands. Mais à présent que ces personnes ont perdues leurs frères, leurs pères, ou leurs enfants, la tristesse se fait terrible à contenir. Je vais être honnête avec vous Monsieur de Missène, à ce stade rien de m’importe moins que de savoir qui des anciens maitres de la capitale ou des nouveaux maitres de Diantra sont dans le vrai. Ce qui m’inquiète à présent, c’est simplement d’éviter que mes terres ne tournent à l’insurrection contre vos troupes qu’elles considèrent comme un occupant. Si nous ratons les récoltes de cet été, alors que les Dieux nous viennent en aide !


    Ma famille s’est faite beaucoup d’ennemis dans le royaume et dans les domaines à force de conserver sonttitre. Et s’il est vrai que nous avons des défauts, celui d’être irresponsable n’en fait pas parti. Au jour d’aujourd’hui je n’espère plus qu’une seule chose, c’est que les nouveaux maitres de Diantra soient des gens sensés… Alors dites-moi Monsieur de Missène, quelles nouvelles proviennent de la capitale ? Dois-je terminer de ruiner l’économie de ces terres pour faire le lit d’une autre guerre ou bien puis-je espérer des nouveaux maitres du royaume qu’ils se préoccupent de tenter de reconstruire ce qui a été durement détruit ? Si c’est le cas, et que vous venez m’annoncer que vos maitres cherchent à reconstruire, alors vous êtes au bon endroit et vous trouverez en moi une personne prête au service. Si vous cherchez les clefs du trésor, alors prenez les quelques richesses qui restent à cette terre, continuez d’écraser mes pauvres gens d’impôts et partez avec votre or, mais conseillez à votre maitre de me remplacer par un vautour car je ne saurai continuer encore longtemps dans cette voie. »

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Théobald de la Courcelle
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MessageSujet: Re: D'Apreplaine à Diantra, il n'y a qu'un pas...   Dim 29 Mar 2015 - 14:19




A la grande satisfaction de Théobald les portes s'ouvrirent rapidement  et  la troupe fût accueillit par un des officiers de la ville. Mais à la grande surprise du jeune baron aucun homme du duc d'Erac n'était visible, comme à Edelys la force d'occupation se contentait de vivre sur la ville. Les propos  du lieutenant ne l'aidèrent pas à penser le contraire.

Nous vous remercions pour votre accueil sir.  Je suis ici en mission extraordinaire, c'est pourquoi nous n'avons pas eu le temps de vous mettre au courant.  Nous acceptons votre offre d'hospitalité mais ne nous ne resterons pas très longtemps. Nous ne souhaitons pas être un poids supplémentaire pour cette ville.

La troupe partit ensuite en direction de la maison du conseil. Une grande partie de la troupe se dirigeait vers le château tandis que Théobald et 10  hommes de confiance se dirigeaient vers la maison du conseil.  Le baron ne put que remarquer la propreté de la ville, après avoir vu l'état actuel de la capitale  la différence était la bienvenue.  Théobald parla avec Lambert de la ville. Les deux hommes étaient agréablement surpris par l'organisation de la ville, les habitants de cette contrée étaient plus qu'ingénieux.  Les places ombragées faisaient aussi bonne impression, la ville devait  être plus qu'agréable lorsque les premières chaleurs arrivaient.

A contrario les habitants étaient moins accueillants.  Quelques personnes étaient venues  regarder le cortège, mais aucun enthousiasme n'était visible. Par ailleurs la plupart des échoppes étaient tenues par des femmes,  le lien fût rapidement effectué avec les bannières  en bernes et attaché à un cordon noir. De toute évidence la ville avait souffert de cette guerre et ne semblait pas porter les hommes de la coalition dans leurs cœurs. Théobald se demanda aussi si les hommes de Nimmio avaient eu le comportement adéquat avec les vaincus. Mais si cette visite se déroulait comme prévu,  Apreplaine devrait connaitre des jours meilleurs.

La troupe arrive  devant un imposant bâtiment qui brillait par sa sobriété.   Après avoir confié son cheval aux hommes de la ville Théobald et ses hommes pénétrèrent dans le bâtiment. Ils furent la encore entre de bonnes mains, en particulier celle de l'intendant Waldman.   Ce dernier leur proposa même de se changer. Sur le coup Théobald refusa poliment, ne souhaitant pas faire attendre le baron d'Apreplaine.  Mais cette question n'était pas anodine, les hommes étaient boueux et il restait encore du sang sur certains d'entre eux.  L'intendant avait eu la politesse de ne pas le faire remarquer, Théobald et ses hommes ne faisaient même plus attention à leur état.

Laissé à eux même pendant 20 minutes les hommes profitèrent de l'excellent alcool de prune du baron. Certains comme Théobald profitèrent de la salle d'eau pour se rendre un peu plus présentable. Avec le confort les langues commencèrent à se délier. Mais le bon mot vint d'un garde de la bibliothèque du nom de Clovis :


Pour sur, on est quand même bien mieux accueillit ici qu'a Edelys.

A cette phrase les hommes, se mirent à rire à ne plus pouvoir s'arrêter. Théobald lui se contenta de sourire. C'est à ce moment que le baron d'Apreplaine entra dans la salle et salua les hommes présents.  Le baron de Missede le suivit ensuite dans son bureau. Le baron était manifestement en plein travail, et selon ses dires il gérait avec la plus grande attention les terres royales.  Mais  les discussions sérieuses pouvaient enfin commencer, perdant son sourire Niklaus d'Altenberg prit l'initiative.  Théobald fût quelque peu surpris par le long monologue du baron, qui  avait manifestement beaucoup de chose sur le cœur,  mais s'empressa de lui répondre.

Nos clercs regarderont avec le plus grand intérêt la comptabilité de votre domaine, mais au vu de votre réputation nous pensons que tout ira pour le mieux.  Mais la raison première de ma venu n'est tant pas l'état de votre domaine, mais l'interet que vous porte mon seigneur, le duc Oschide d'Anoszia. Ce dernier s'intéresse beaucoup à votre personne pour des raisons plus que louable. Croyez que ses ambitions se rapprochent des votre.  Le duc souhaite reconstruire le royaume, cette guerre à détruit beaucoup de chose, il faut maintenant que les seigneurs travaillent ensemble pour le bien de nos gens.

Croyez aussi que la mort de nombre d'habitant de vos terres nous attriste au plus haut point. Nous ne souhaitons pas voir des gens mourir pour des causes absurdes. Et je suis agréablement surpris que vous soyez encore en deuil. Beaucoup de seigneurs ne s'occupent par de leurs gens avec autant de cœurs et d'intérêts que vous. Mais vous parlez de risque de revolte, les hommes de Velteroc auraient ils eu un comportement inapproprié ?  De plus je n'en ai vu aucun aux portes de la ville, que font-ils exactement dans cette ville ?  Si vous avez des doléances ou des reproches à faire n'ayez aucune crainte. Mon suzerain est un homme juste, il pourra parler en personne au duc d'Erac.

Mais voici la raison de ma venue. Vous avez bien compris que mon duc s'intéresse à vous. Et au vu de ce que j'ai vu de vos terres, ou ce qui pourrait devenir vos terres, il a bien raison. Nous cherchons des hommes compétents et pour qui les serments ne sont pas de simples mots afin de reconstruite le royaume. Nous allons remettre en marche les administrations et même chez les anciens adversaires nous voyons de futurs amis. Je suis convaincu que nous pouvons faire de grandes choses. Ce qu'il vous propose c'est de venir servir le royaume au plus haut niveau. Ceci pour le bien de vos gens ainsi que de tous les hommes du royaume.

Ainsi vous deviendrez notre ami et une garnison serait alors absurde. Qui serions nous pour menacer un ami avec des troupes ?  Pour l'argent ne vous en faite pas, je pense même que vous pouvez baisser la pression fiscale. En effet mon duc ne cherche pas l'argent dans cette guerre, mais la encore justice. Et si vous manquer de bras sur vos terres, le Langecin n'en manque pas.

Voici les deux questions qui ont motivé ma venue sur vos terres. Niklaus d'Altenberg, baron d'Aprelaine, souhaitez vous rencontrer le duc Oschide Anoszia pour le plus grand bonheur du royaume ?

Et pour moi, simple baron de Missede et détenteur des plus belles collections d'ouvrages du royaume, puis je voir votre bibliothèque ?
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Niklaus d'Altenberg
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MessageSujet: Re: D'Apreplaine à Diantra, il n'y a qu'un pas...   Dim 29 Mar 2015 - 23:03


Le jeune baron laissa son homologue s’exprimer, analysant en silence les dires de l’homme. Visiblement l’homme avait-il au moins compris la situation bien délicate dans laquelle se trouvaient les domaines royaux en général et Apreplaine en particulier. Bien que le baron de Missède confirma qu’un audit était prévu des finances de l’Apreplaine, la révélation de la raison de la venue du baron était en elle-même une surprise pour Niklaus. Naturellement avait-on du parler de lui dans la capitale, mais il était étonnant d’apprendre qu’un personnage aussi illustre que le duc d’Anoszia puisse s’intéresser à lui. Gratifiant, mais étonnant. Restant stoïque, le jeune homme se permit néanmoins de froncer légèrement les sourcils pour marquer sa surprise à ses invités.

Apprendre que le duc cherchait à reconstruire le royaume était une information intéressante puisqu’elle sous-entendait que la victoire n’entrainerait pas son lot de pillage. Concernant en revanche l’affliction des belligérants pour la mort de ses hommes, le baron n’y croyait pas, car on ne pleurait pas des victoires. Mais au moins le baron de Missède avait-il eu le bon goût de rester diplomate et de faire preuve, au moins en façade, de compassion.

La seconde partie du dialogue fut en revanche bien plus instructive, car descendant plus en profondeur dans les projets que les vainqueurs avaient pour le royaume. Il était clair que ces derniers cherchaient non seulement à recouvrir la grandeur passée du royaume, mais semblaient également volontiers proposer la réforme du royaume. Une proposition il était vrai bien instructive et surtout bienvenue. Niklaus se demanda néanmoins fugitivement si la remarque du baron concernant la garnison et son départ avait pour but de rappeler l’épée de Damocles qui se trouvait au-dessus de lui.

Niklaus ne put s’empêcher néanmoins d’écarquiller les yeux à la dernière demande du baron  concernant le ‘trésor de guerre’ des Altenberg. Ainsi cela était arrivé aux oreilles du baron. Pourtant les Altenberg n’en faisaient pour changer pas la publicité. Niklaus joua avec ces doigts quelques secondes.

    « - Mon cher baron vous me prenez de court… Je m’attendais à tout sauf à cette déclaration. »

Le baron se leva et alla vers le fond de la table où étaient empilés les documents.

    « - Pour commencer, voici le document résumant la comptabilité que j’ai vérifié au cours des dernières semaines. »


Niklaus déposa le document signé et scellé par sa main devant le baron, et ne se rassit pas immédiatement, laissant quelques secondes son regard se perdre au travers des grandes fenêtres, méditant tout en regardant la grande place presque vide qui leur faisait face.

Jusqu’à présent, dans ses quelques années de pouvoir en Apreplaine, Niklaus n’avait jamais réellement prit de position ou ne s’était lancé dans des jeux de pouvoir à l’échelle du royaume. Administrateur fidèle et diligent, il s’était contenté de faire ce qui avait été attendu de lui, espérant ainsi dans un premier temps sauver le titre que sa famille avait pendant si longtemps préservé. Mais à présent que la situation avait évoluée, et que les choses s’étaient précipitées, il fallait prendre position.

Il revint s’asseoir.

    « - Votre Honneur, pour répondre dans un premier temps à votre question concernant les troupes de vos alliés, je peux vous rassurer, elles se sont très bien comportées. A vrai dire leur officier supérieur a été très compréhensif et s’est laissé convaincre de limiter la présence de ses troupes en ville pour éviter de trop grands problèmes avec la population. C’est la raison pour laquelle la milice a conservé pour le moment ses prérogatives sur les portes et pour le maintien de l'ordre. Je me suis en échange porté personnellement garant que la milice ne viendrait pas en aide à une insurrection ou une résistance envers vos troupes. »


Le jeune baron se tut quelques secondes de plus avant de se jeter à l’eau.

    « - Je suppose que si votre maitre est aussi enclin que vous l’affirmez à reconstruire le royaume, je ne peux qu’accepter l’invitation de ce dernier. J’ai certainement un certain nombre de remarques à formuler qui pourront, je l’espère, intéresser votre maitre. »


Il eut un faible sourire.

    « - Concernant la bibliothèque, j’ai bien peur que cette dernière ne se trouve dans ma résidence, qui se trouve à une demi lieue d’ici. Je ne savais pas que notre collection de manuscrits était si connue. Nous ne souhaitons pas en faire une publicité trop importante, de peur d’exhumer certaines peurs pour certains écrits. Les temps ne sont pas toujours faciles pour certains écrits. Si vous souhaitez vous remettre en route pour la capitale immédiatement, alors je vais faire préparer mon départ. Si vous souhaitez néanmoins être mes hôtes pour ce soir, je peux vous proposer de vous amener à mon domaine et vous y faire passer la nuit. »


Dernière édition par Niklaus d'Altenberg le Mer 2 Sep 2015 - 22:36, édité 1 fois
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Théobald de la Courcelle
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MessageSujet: Re: D'Apreplaine à Diantra, il n'y a qu'un pas...   Mar 7 Avr 2015 - 16:35




La surprise du baron d'Apreplaine était visible et cela fit grand plaisir à Théobald. Amateur de livre ,il aimait voir les collections présentes dans le royaume, et peut être hors du royaume un jour.  Mais Théobald souhait aussi trouver un terrain commun avec le baron d'Apreplaine, hormis les objectifs politiques qui semblaient se rejoindreMais bien vite la discussion redevint sérieuse, Niklaus d'Altenberg venait en effet de remettre les documents de comptabilité au baron. Pendant que Niklaus rêvassait en regardant par la fenêtre, le jeune baron de Missède feuilleta les documents.  Il fût agréablement surpris de voir le sérieux et la précision du travail de l'administration d'Apreplaine.  Ces documents permettaient en effet d'avoir une vue d'ensemble de l'économie ,mais aussi du pays. Ainsi on pouvait connaitre les revenus de la baronnie mais ces principales activités. Aucune administration du royaume ne semblait être capable d'un tel travail, en tout cas rien qui soit parvenu aux langecins. Cette administration d'une grande efficacité était peut être aidé par la population réduite de cette baronnie. Quoiqu'il en soit ce baron d'Apreplaine ne faisait que monter dans l'estime  de Théobald, il était sans conteste un atout indispensable à la bonne marche du royaume.

Je vois que votre baronnie est plus que bien administré et je le ferai savoir à mon duc.  Mais je laisserai la validation de ses comptes à mes clercs qui sont plus au fait de la comptabilité des terres royales, mon esprit étant  hélas préoccupé par des sujets militaires et politiques.

Niklaus revint s'assoir et répondit aux diverses sollicitations du jeune baron.

Je suis heureux d'apprendre le bon comportement de nos alliés.  Je dois cependant vous avouer que je suis surpris de cet accord.   Si cette troupe était présente chez un seigneur sans parole, le résultat aurait put être terrible.  La ville d'Edelys nous en offre un triste exemple.  Mais comme il n'y a guère eu de conséquence ici, nous ne pouvons que vous remercier de votre compréhension.  Surtout que cette garnison n'aura surement bientôt plus raison d'être.

Malgré un calme apparent Théobald bouillonnait. Les garnisons de Nimmio montraient encore leur inefficacité à contrôler le territoire.  Des complots étaient possibles sous les yeux des soldats, des messages ennemis pouvait pénétrer dans la ville, les portes être ouverte à une armée adverse... Mais quand le baron accepta la proposition de son duc, Théobald se calma.

Mon duc sera ravi de vous rencontrer en personne. Nous pourrons ainsi mettre en place de bases saines et durables pour notre royaume. La stabilité est un trésor que nous devons obtenir, ainsi la prospérité  pourrait enfin revenir. Et Oschide Anoszia est aussi un homme qui sait écouter, si ce que vous dite peut aider le royaume il en prendra compte. Et il vous en sera surement gré.


Le baron d'Apreplaine revint alors à la bibliothèque.

Je ne souhaitais nullement vous surprendre, de nombreux ouvrages arrivent et partent de Missède, il est tout à fait logique que l'importance de votre bibliothèque nous soit connue.  Mais sachez que nous n'avons pas d'apriori sur certaines connaissances détenus dans les ouvrages.

Mes hommes sont fatigués et nous avons combattu en arrivant ici, je pense que se reposer avant de repartir leur fera le plus grand bien. J'accepte donc votre hospitalité et j'espère bien pouvoir vous rendre le pareil un jour.  Ainsi vous aurez aussi tout le temps de préparer vos affaires ainsi que votre escorte.
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Niklaus d'Altenberg
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MessageSujet: Re: D'Apreplaine à Diantra, il n'y a qu'un pas...   Jeu 9 Avr 2015 - 21:37




Niklaus fit un signe d’acquiescement au baron de Missède.

« - Je comprends votre fatigue. Je serai heureux de vous accueillir sous mon toit. Je vais faire prévenir mes gens que nous aurons de la visite pour ce soir. Je vous propose de laisser votre escorte à Apreplaine, tout du moins pour l’essentiel, je ne serai pas dans la capacité d’accueillir dans des conditions correctes plus d’une dizaine de vos gardes du corps.  Je m’occupe à ce titre de vous fournir un abri pour tout le reste de votre escorte ici. »


Il se leva pour aller à la porte de la salle du conseil et convoqua un homme qui attendait là.

« - Allez me faire quérir le bourgmestre, et Waldman ! ordonna Niklaus à l’homme qui partit séance tenante.


Revenant vers la table, il poursuivit :

« - Je vais faire mettre à la disposition de vos clercs les inventaires et actes qui ont permis de préparer la synthèse dont je vous ai fait part. Dans le cas où des contrôles ponctuels devaient être réalisés, je laisserai vos clercs prendre audience avec M. Waldman, qui nous rejoint. »


En effet l’homme d’âge mûr était de retour, précédent un homme bedonnant habillé avec attention et force de moyens. On devinait au grand visage rond de l’homme que ce dernier était bon vivant. Bien qu’ayant l’air un peu bête au premier abord, on devinait à la lueur de ses petits yeux porcins qu’il avait de la suite dans les idées. Niklaus fit les présentations.

« - Votre honneur, vous connaissez déjà M. Waldman, fit-il en présentant de la main le plus âgé,  et voici M. Kleinschneck, le bourgmestre d’Apreplaine. Messieurs, voici M. le baron de Missède et ses hommes. Ils sont ici pour le compte des nouveaux maitres de Diantra… »


L’énorme bourgmestre croisa les bras son regard se faisant un peu plus dur.

« - Waldman, je vous laisse vous occuper de nos hôtes le temps que je termine mon travail ici.

- Kleinschneck je vous laisse vous occuper de mettre à disposition de ces messieurs accompagnant M. de Missède l’entièreté des actes de la ville. Une fois qu’ils en auront fini, vous vous occuperez de leur présenter les actes liés à la province complète Waldman. Ces messieurs sont nos hôtes le temps de leur mission. Kleinschneck vous vous occuperez de mettre à leur disposition des chambres à l’auberge de Selnar, aux frais de la ville. »


L’homme broncha, faisant une moue entendue. Le baron lui intima silencieusement de se taire, le fusillant du regard.

« - Sur quoi, M. de Missède, tout est arrangé. M. Waldman va vous organiser un peu de repos et dans une demi-heure, je vous proposerai de nous mettre en route vers ma demeure. »


Ainsi fut fait, l’intendant les fit retourner dans la pièce où ils étaient installés quelques minutes plus tôt. Leur proposant à nouveau de la nourriture ou des boissons pour les faire attendre puis s’éclipsant. Le feu de bois dans la cheminée s’était consumé entre temps et un simple tas de braise ronronnait doucement dans l’âtre. La pièce, qui se trouvait au-dessus de la salle du conseil était d’un calme olympien. Pourtant rapidement les bruits feutrés d’une discussion vive vinrent aux oreilles du baron de Missède et de ses hommes. Un débat troublé avait lieu sans aucun doute dans la salle du conseil. Le bruit semblait non pas provenir du sol, mais du foyer, le conduit de cheminée devait être commun avec la grande cheminée de la salle du conseil, ce qui laissait l’occasion à qui aurait laissé ses oreilles à proximité du foyer d’entendre l’houleuse discussion.

En effet, plus bas, dans la salle du conseil, le baron d’Altenberg s’était assis en silence une fois que les hommes de Missède étaient partis. Pendant ce temps-là, le bourgmestre, hors de lui, bouillonnait de rage. Rouge comme un homard trop cuit, ce dernier trainait pesamment sa carcasse autour de la table.

« - Messire je ne vous comprends pas… Comment pouvez-vous ainsi recevoir dans votre maison avec autant d’égard ces bouchers… Nos gens sont écrasés sous la charge des impôts. Ils sont … »


Le reste se perdit, le baron n’ayant que faire d’écouter les jérémiades de l’homme. Il avait sans aucun conteste franchi le Rubicon. C’étaient là des temps bien troublés, et le baron, même s’il savait au plus profond de sa chair qu’il faisait son devoir envers le domaine de l’Apreplaine et de ses habitants, les sauvant des affres d’une occupation qui pourrait tourner au pillage, ne pouvait s’empêcher de ressentir une amertume oppressante à l’idée qu’il avait potentiellement trahi ses vœux de fidélité à la Couronne. Mais la défaite était la défaite, et il fallait maintenant reconstruire et faire preuve de courage. Il ne pleurait pas pour les anciens maitres de Diantra. La régence avait été une catastrophe sans précédent, l’Histoire l’avait prouvé. Mais il aurait préféré que ses allégeances changent avec un peu plus de continuité légale.

Kleinschneck continuait son monologue, désespérant le baron. Niklaus n’en avait cure, même s’il savait qu’un recadrage serait nécessaire à la sortie. Il jugea préférable de laisser le bourgmestre sortir ce qu’il avait sur le cœur avant de le remettre dans le droit chemin. L’homme avait le droit d’être énervé, ses deux fils qui avaient été conscrits comme capitaines lors de la levée des troupes, étaient mort à Christabel. Le deuil n’était pas passé, et le bourgeois qui était un homme simple et une force de la nature sous ses airs replets, ne savait pas toujours contenir les flots de tristesse qui l’accablaient. L’homme était brave, d’ailleurs Niklaus l’avait reconduit cette année dans ses fonctions, mais très triste. Et la colère l’emportait souvent sur la tristesse pour un homme de sa trempe. Deux longues minutes passèrent.

« - Vous avez fini Kleinschneck ?, fit Niklaus d’un air énervé. Parce que si vous n’arrêtez pas immédiatement, je vais moi-même m’énerver, et cela ne se passera pas bien pour vous… Maintenant asseyez-vous, vous me donnez la nausée à force de brailler. «


Le baron regarda d’un œil noir son subordonné. D’une voix forte, il se lança dans ses précisions.

« - Kleinschneck je vous laisse passer bien des choses parce que vous êtes un homme compétent, mais je ne suis pas dénué de limite. Et je ne supporte pas le manque de respect. J’approuve le débat, mais pas la chienlit. Vous êtes blessé, soit. Mais si cela vous empêche de raisonner, alors vous n’avez plus rien à faire dans ce bâtiment. Maintenant baissez d’un ton avant que je vous fasse sortir définitivement.

Bien… Je vois que vous êtes raisonnable finalement. Je n’ai pas à m’expliquer de mes actes Kleinschneck, mais sachez que ces messieurs sont là pour une bonne raison. La guerre est perdue et nous n’y pouvons rien. Cette guerre était inutile et stupide et cela aussi nous n’y pouvons rien. Je suis triste pour vous et pour votre perte. J’espère que vous arriverez à retrouver la joie de vivre qui vous caractérisait, mais cela aussi je n’y peux rien. Vos fils sont morts bravement, et les Dieux les ont reçus comme les justes qu’ils étaient.

Maintenant que nous avons établi le fait que j’étais un mortel vivant seulement avec ce que la Providence m’a donné, écoutez-moi bien : oui je vais accueillir ces gens chez moi. Oui je vais faire payer le moindre écu qu’ils dépensent à la commune. Oui je vais demander à nos gens de rester calme et d’accepter l’occupation. Et vous allez faire pareil. Et c’est la dernière fois que je vous le répète en tant que bourgmestre. Je n’ai pas le temps de me préoccuper de vos états d’âmes. Ces gens veulent reconstruire ? Et bien je vais en juger par moi-même mais je me refuse à laisser passer une telle opportunité. Les comparaisons que vous faites avec mon père sont abscondes, et je ne veux plus en entendre parler. Ne vous opposez pas, car pour ce qui est de ces sujets, je n’entendrai pas qu’on me désobéisse. Est-ce bien clair ? »


Niklaus baissa la voix, constatant que le ton sec de ses remontrances, inhabituel, avaient fait mouche chez l’homme qui s’était calmé et paraissait simplement atterré et au bord des larmes.

«  - Voyez Frank. Le meilleur moyen de corriger la mort inutile de vos fils, c’est de préparer un meilleur futur pour les orphelins qu’ils ont laissé derrière eux. C’est à cela que je souhaite travailler. Si vous voulez continuer la violence et la haine, vous ne le pourrez longtemps, car je m’y oppose catégoriquement. Si la lutte avait été contre un ennemi voué à nous détruire et à détruire notre façon de vivre, alors j’aurai été des vôtres. Mais en l’occurrence, je souhaite plus que tout que le royaume se réforme, et je ne vais pas laisser nos gens s’enfoncer dans la haine. »


Le baron se leva.

« - Je vais faire venir les clercs. Ils devront ranger tous les documents que j’ai fait sortir pour mon travail et archiver les actes que j’ai signés aujourd’hui. Portez-vous bien et rappelez-vous de ce que je vous ai dit. Je compte sur votre loyauté. »



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Le baron prit le temps de s’isoler dans son bureau quelques minutes. Il ne comptait pas faire languir longtemps ses invités, mais il lui fallait quelques minutes de tête à tête avec le silence et avec les Dieux. Dehors, les fumées moutonnantes d’une centaine de cheminées donnaient à la bourgade qui l’avait vu grandir des airs féérique sous le soleil du printemps. L’antique verre poli des carreaux déformait un peu la vue, ce qui renforçait encore plus l’aspect irréel.

La guerre était un mal nécessaire, et Niklaus n’était pas de ces naïfs qui pensaient que la violence quitterait cette terre de si peu. Si les Dieux eux-mêmes ne savaient pas éviter la violence, comment les humains le pouvaient-ils ? Mais dans l’esprit de ce jeune homme raisonnable, la guerre devait être le fruit d’un intérêt suffisant, et surtout devait l’être face à l’intérêt commun d’un royaume. Le féodalisme de la Péninsule avait fait éclater au grand jour les intérêts divergents de certaines familles, et cela avait créé le lit ces flots de violence. Il fallait maintenant s’en extirper coûte que coûte. Un royaume divisé était une proie facile.

On frappa. Décidément on ne pouvait être en paix longtemps. Niklaus autorisa la personne d’entrer. L’intendant Waldman était là, stoïque comme à son habitude. Voyant que son baron était à la fenêtre, visiblement fatigué, l’intendant entama un poème connu :

« - Aigles qui passez sur nos têtes, Allez dire aux vents déchaînés… »


Le baron eut un sourire

« - Que nous défions leurs tempêtes, avec nos mâts enracinés. »


Il se retourna vers son homme de confiance.

«  - Je vais être absent pendant peut-être une semaine. Je ne sais pas ce que Diantra ou ce duc me réservent. Soyez prudent en mon absence Auguste.

- Monsieur Kleinschneck ?

- J’ai été obligé de le rabrouer. Cette fois il est allé trop loin.

- La moitié de la maison a du vous entendre Votre Honneur… Mais vous avez eu raison. Vous lui laissez passer trop de chose.

- Peut être. Mais c’est un homme de valeur qui connait son affaire et qui a su remplir son office. De plus il est populaire auprès des bourgeois de la ville.

- Vous aussi Votre Honneur, et cela ne change rien.

- De toute manière je n’y changerai rien immédiatement. Tenez-le à l’œil. Je le pense fidèle, mais je préfère prendre mes précautions. Vous avez ma confiance.

- Concernant les troupes Votre Honneur.

- Essayez d’éviter l’esclandre et continuez de parler tous les jours à leur commandant. Je souhaite qu’ils évitent de trop se mêler à la population. La douleur est trop vive et un accident pourrait tout escalader.  Nous n’avons pas besoin de cela en ce moment. Comme vous l’avez si bien dit, nous n’avons pas peur des tempêtes, mais je préfère éviter celles qui sont évitables.

- M. de Missède semble avoir rendu justice tout seul sur vos terres.

- Ne parlons pas des choses qui fâchent Auguste. J’ai bien compris la situation. Nous n’allons pas commencer à nous offusquer pour des histoires de juridiction. Ces gens ont agi honorablement. C’est ce qui compte.

- Fort bien Votre Honneur. Y-a-t-il autre chose ?

- Oui… Demandez à l’échevin d’organiser une garde permanente devant les établissements de Mme Mantia. Connaissant la propension des conscrits de passage à oublier leurs obligations maritales, j’ai peur pour ses filles. Ce matin j’ai été obligé de me rendre sur place en raison d’une bagarre ayant eu lieu. Je ne souhaite pas que les choses dégénèrent. Ces pauvres filles remplissent surement un rôle que je regrette, mais il est hors de question qu’on commence à les égorger pour cela. Et ce matin nous en étions à deux doigts. Les hommes qui ont vu trop de sang s’y habituent parfois dangereusement. Mettez-vous en relation avec le capitaine des occupants pour organiser une garde bipartite.



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L’attente ne fut pas insoutenable pour les hôtes de Niklaus. Comme à leur arrivée, les petits plats avaient été mis dans les grands, et  après une si longue chevauchée, il était clair qu’un peu de repos ne tuait personne, surtout dans d’aussi confortables fauteuils. Le baron d’Apreplaine refit son apparition avec un sourire qui cachait mal sa fatigue.

« - Messieurs, si ceux qui dorment chez moi souhaitent bien se donner la peine de me suivre. »


Le baron les fit redescendre dans la cour, où leurs chevaux les attendaient. Le baron mit pied à l’étrier et en une fraction de seconde, fit signe à ses invités de le suivre, mettant sa monture au pas vers la place centrale, passant le porche de la maison du conseil.

« - Apreplaine ne vit pas ses meilleures heures. Je peux vous assurer que malgré le peu d’intérêt de notre petit domaine, les jours de fêtes en notre petite bourgade méritent d’être vus. »


Le  baron prit la direction de la porte de la ville, les deux gardes qui l’avaient rejoint ayant pris de l’avance pour rouvrir la voie au travers de la foule, plus nombreuse qu’à l’arrivée des visiteurs. Un certain nombre de personnes, voyant passer le cortège firent chapeau bas, à quoi le baron répondait invariablement par un signe appuyé de la tête ou un signe de la main, interpellant parfois certaines personnes que visiblement il connaissait. L’endroit faisait penser, malgré la taille, à l’atmosphère d’un petit village.

Arrivant à la porte, il fit un signe aux gardes et passa les protections externes de la petite bourgade. Mettant alors sa monture à allure soutenue, il rattrapa ses gardes pour leur donner une instruction à voix basse, l’un des deux mettant sa monture au galop pour prendre de l’avance. Revenant vers le baron de Missède, Niklaus s’expliqua.

« - J’ai demandé à mon homme d’aller prévenir mes domestiques que nous arrivons. Que les derniers préparatifs soient terminés à notre arrivée. »


Ils quittèrent la route principale pour se retrouver sur un chemin très discret partant entre deux petites élévations. Il fallut couvrir une demi-lieue de chemin avant d’arriver à l’orée d’une grande forêt cintrée d’un grand mur en pierre. Une grande maison à colombage se trouvait dans la continuité du mur. Il s’agissait sans aucun doute de la maison des gardiens, car une personne s’empressa de venir ouvrir la grande porte en fer forgée qui marquait l’entrée du domaine.

« - Bienvenue M. de Missède, dans ma demeure. Mon arrière-grand-père a décidé de quitter la sécurité de la ville au profit d’une vie qui ressemble certes plus à un ermitage, mais qui a ses avantages. Je peux vous assurer que nous ne sommes pas réveillés par le bruits de sabot sur les pavés l’été ici. »


Passant le portail, il continua le long de la route qui faisait rapidement un angle, permettant d’ouvrir la vue sur une longue allée menant à un petit manoir blotti au milieu d’une grande clairière.

« - Le parc est très giboyeux, c’est assez agréable lorsque l’administration de l’Apreplaine ne prend pas tout mon temps… Si vous voulez vous donner la peine… Nous arrivons. »


Le manoir était conçu selon un plan en trois grandes ailes, visiblement construit à des époques différentes. Son architecture était très simple, sans fioriture, ce qui lui donnait un air austère. Mais les murs en pierres saillantes, et le fait que le manoir, une fois vu de plus près, était assez grand, donnait tout de même une note honorable à l’ensemble. Si les Altenberg avaient su rester simple dans leur construction, ils n’étaient visiblement pas pauvres pour autant. Recouvert de petites fenêtres, le manoir semblait permettre à beaucoup de lumière d’entrer en son sein.

Le jeune baron d’Apreplaine mit pied à terre devant la grande porte d’entrée du manoir, un domestique arriva immédiatement pour prendre les reines des chevaux.

« - Mettez-les à l’écurie Jacques, et faite les nettoyer et nourrir par Jean. Vous les placerez dans le paddock. Faites vérifier les harnachements et les selles. Nous repartirons demain matin, une heure après l’aube, vous le préviendrez de tout préparer en conséquence. Messieurs si vous voulez également laisser vos armes à mon maitre d’arme, qui viendra se présenter à vous toute à l’heure. Il peut les faire ré-aiguiser… J’ai cru comprendre que vous en avez eu l’utilité aujourd’hui. »


Le jeune baron entra dans la bâtisse à proprement parler. L’intérieur était d’une propreté absolue, et était chauffé de manière bien étonnante pour une bâtisse de cette taille. Le hall d’entrée faisait face à un grand escalier de pierre en colimaçon montant vers les étages. Les murs en pierre étaient recouverts par endroit de grandes tapisseries présentant des motifs floraux bien exécutés. Le baron rendit sa cape et ses gants à un autre domestique se présentant à l’intérieur. Un homme de petite taille un peu précieux se présenta également. D’un air de connaisseur, il analysa chaque personne de la tête au pied d’un regard rapide avant de faire une messe basse à un page qui était derrière lui et qui partit instantanément.

« - Bonsoir Pierre.

- Votre honneur, fit il en s’inclinant légèrement. Nous avons reçu vos instructions, tout est en ordre.

- C’est parfait. Faites présentez à ces messieurs leurs appartement. M. de Missède, ici présent, est naturellement invité à séjourner dans l’appartement bleu. Mon cher baron, vous devrez m’excuser mais vos hommes devront partager leurs appartements. Je ne dispose que de deux appartements pour les invités, et si l’un est prévu pour une seule famille à la fois, l’autre dispose d’une vingtaine de chambres mais dont le salon, les deux salles d’eau et la salle à manger sont communes.

- Il en était prévu ainsi Votre honneur… Jacques, présentez à ces messieurs leurs appartements. M. le baron si vous voulez bien me suivre.

- Je vous ferai chercher avant le diner mon cher baron. Nous pourrons prendre un verre et quelques tranches de victuailles devant le feu avant d’aller diner dans la salle des banquets. Vous verrez que mon échanson, qui a beaucoup voyagé, sait de quoi il parle.

- Vous me faites beaucoup d’honneur M. le baron.

- Bien… A toute à l’heure M. de Missède.


----------

Emporté par le petit homme, le baron monta les escaliers et au détour d’un long couloir sur les murs duquel trônaient d’innombrables trophées de chasse,  le baron fut invité à entrer dans une grande pièce dont les tapisseries aux murs reflétaient un bleu à nul autre pareil. Dans la cheminée un feu ronflait doucement, et sur le sol dont les dalles blanches avaient été recouvertes d’un épais tapis aux motifs elfiques, de grands meubles siégaient.

On retrouvait là deux grandes armoires et des sièges dont le confort se voyait au visuel tant leur cuir semblait rembourré. Des coussins aux motifs élégants, visiblement en lin blanc, semblait parfaire l’équilibre terne du cuir d’un noir de jais. Une grande table entourée de quatre chaises très simples bien qu’imposantes était disposées là, avec du matériel d’écriture. Une pile de dix parchemins était placée sur la table, ainsi que des plumes, de l’encre, de la mie de pain et un canif. Un domestique était là, terminant de travailler à placer quelque chose dans l’armoire.

«  - M. le baron, voici l’appartement bleu, j’espère qu’il vous donnera pleinement satisfaction, fit le petit homme. La porte peut se barrer à l’aide de cette pièce de bois, si vous souhaitez vous enfermer pour la nuit. Mon page est en train de terminer de ranger des vêtements de rechange dans l’armoire. J’ai estimé votre taille et je pense être juste à un pouce près. Cela vous ira très bien. J’ai placé là un assortiment de style, afin que vous puissiez trouver quelque chose à votre goût. Ne connaissant pas votre pointure, vous trouverez des chausses de plusieurs taille dans le tiroir du bas, afin que vous puissiez faire votre choix en toute quiétude.

Derrière cette porte se trouve une salle d’eau. Nous y avons fait couler un bain chaud si vous souhaitez vous reposer. Cette corde au coin de la pièce vous permet d’appeler un domestique à n’importe quel moment. Mais passons à votre chambre. »


Ils passèrent une porte pour entrer dans une grande chambre où un imposant lit à baldaquin prenait la moitié de la pièce. Les murs étaient dans cette pièce recouverts de grandes boiseries très simple, sans aucune représentation. Mais le bois noble donnait malgré tout un certain cachet à la pièce. Les tableaux des portes des meubles ainsi que le lit étaient recouverts d’un velours du même bleu que la pièce précédente, faisant un joyeux rappel. Le sol quant à lui était recouvert d’une mosaïque élégante de peau de bête, a priori de l’ours. La pièce n’avait pas de foyer ouvert, mais était agréablement chauffée.  

« - J’espère que tout est en ordre. Si M. le baron désire quoi que cela soit, qu’il le fasse savoir, nous mettrons le plus grand soin et le meilleur effort pour répondre à toutes les demandes. »


S’inclinant, le domestique laissa le baron à lui-même.


----------

Le soleil de printemps s’était couché au dehors lorsque l’on frappa à la porte de l’appartement, plus de deux heures plus tard. Un fumet discret avait emparé le manoir, signe que les cuisines commençaient à chauffer du repas du soir. Les indices olfactifs laissait à deviner que le diner ne serait pas dénué d’intérêt.

Un petit page était venu chercher le baron. Le gosse était assez amusant à regarder, visiblement honoré de la petite tache qui reposait sur ses épaules, car il prenait son rôle très au sérieux, se mettant en quatre pour être poli et bien élevé. Il guida le baron vers une pièce au même étage, petite, assez bien fournie et ou crépitait là aussi un feu d’une agréable stature. Le baron était là, devant un grand verre en cuivre posé sur une petite table.

«  - Ah ! M. de Missède ! J’espère que vous avez récupéré. Avant toute chose je sais que vous avez été intéressé par notre bibliothèque, elle se trouve dans la pièce d’à côté. Je vous y  emmène. »


Il ouvrit une petite porte menant vers une grande salle attenante. On accédait là à une terrasse d’une bibliothèque prenant deux étages de murs.

«  - C’est la plus grande pièce du manoir, et de loin. Les deux ailes de l’avant du manoir servent à la vie journalière, mais le mausolée que nous protégeons est ici. »


Il s’avança vers la balustrade en bois grossier pour embrasser la pièce du regard, cette dernière étant à moitié plongée dans la pénombre, seule la lueur de la lune entrant par quelques fenêtres et quelques puits de lumières permettait d’y voir. Il détacha sur le côté de la porte une lampe à huile et alla chercher du feu dans la pièce d’â côté. Il protégea rapidement la flamme sous  un chapeau de verre.

«  - Parcourons si vous le souhaitez… »


Il se mirent ainsi en marche.

« - Ma famille a commencé la collection avant même d’être barons d’Apreplaine. Le plus vieux document d’achat de manuscrit que nous possédons est daté d’il y a quatre cent trente-huit ans. Mon aïeul était alors un simple ambassadeur dans une contrée maintenant perdue dans les méandres de l’Histoire. Au fil des siècles nous avons accumulé deux mille quatre cent cinquante ouvrages uniques, ce qui fait plus de trois milles manuscrit si vous comptez les doublons, principalement parce que nous avons fait traduire des ouvrages étrangers après avoir fait l’achat de l’original dans sa langue. Les plus anciens et les plus difficiles à conserver sont à la cave dans un endroit sec. J’ai actuellement trois cent manuscrits en prêt aux abbayes de Syriac et au monastère de Waldhouse, où ils sont copiés.

La plupart sont des traités de théologie, de philosophie, de mathématiques ou encore de physique, mais on y trouve aussi de la poésie, des fables ou encore du théâtre, une mode qui s’est perdue je le crains. »


Ils restèrent ainsi plus d’une demi-heure dans la bibliothèque, mais la fraicheur ambiante fit vite revenir les deux hommes vers la petite salle. La température dans la bibliothèque ne devant pas excéder les quinze degrés, ce qui était très peu en comparaison du chauffage massif présent dans le reste des pièces.

Le baron de Missède fut invité par Niklaus à prendre un verre de bière avec lui avec quelques tranches de charcuterie et du pain en attendant le diner, qui se fit annoncer un peu plus tard. Niklaus proposa au baron de ne pas parler de sujet concernant la guerre ou leur entrevue de demain, ne souhaitant pas troubler leur détente du soir par ces sujets.

Le diner fut excellent. Les entrées étaient des sortes de terrines de poissons sous une forme de mousse inconnues aux convives. Les condiments de la terrine, aux goûts inconnus, se mariait néanmoins à ravir avec le poisson à la chair blanche dont Niklaus assura qu’il avait été pêché dans l’étang du domaine la veille.

Le plat principal, ou plutôt les plats principaux, étaient également assez saisissant car il s’agissait ni plus ni moins que d’une succession de plats fabriqués à l’aide d’un seul et même composant. Les pauvres animaux qui avaient servi de base à ces mets délicats étaient des grands volatiles, apparemment assez courants dans la région, mais délicats à chasser et dont trois couples étaient tombés sous les flèches du baron et de ses auxiliaires de chasse la semaine passée.

En premier lieu fut servie dans une brioche de farine de seigle la peau des volatiles qui avait été frite dans leur propre graisse. Une sauce fabriquée à partir de racines et d’herbes médicinales venait compléter le plat et si chaque élément ne semblait pas très ragoutant pris à part, l’ensemble était un plat haut en couleur et au goût très gourmand.

Vint ensuite dans une terrine les foies des animaux qui préparés au vin d’Apreplaine prenait un goût assez proche du raisin sec.

Pour finir on servit les animaux rôtis en eux-mêmes, et ils furent découpés par l’échanson directement sous les yeux des convives, ce dernier démontrant une connaissance impressionnante des gestes nécessaire à la découpe d’aussi imposants volatiles.

Le dessert, bien que plus simple, fut très agréable au palet puisqu’il s’agissait d’un pain d’épice accompagné d’un fromage sucré étonnant et de tartes de fruits de printemps.

Le tout fut bien arrosé, à la fois par du vin du pays, mais également de barriques que le seigneur avait soit récupéré de ses aïeux, soit commandé lui-même, et provenant d’autres endroits de la Péninsule. Le tout fut clôturé par une tournée générale d’un alcool local qui n’était pas fait pour les personnes de peu de bravoure. Il était fait d’un assemblage de fruits rouges ce qui lui donnait des airs de sang très liquide.

Après toutes ces réjouissances, accompagnées de longues discussions et histoires, principalement de chasse ou des anecdotes familiales, chacun put partir se coucher en ayant le sentiment d’avoir passé une excellente nuit, loin des troubles de la Péninsule. Le lendemain, les choses sérieuses allaient reprendre.  

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